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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 11:50

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"Eté 66" est fini, de façon grandiose (et gratuite !) avec le concert de Jean-Philippe Collard; hier soir au Château Royal de Collioure. Reste le festival Casals de Prades et les découfletteries des jeudis de Perpignan...

 

Il faut, quand on aime la musique, aller à Céret : 

MuSIC, Un nouveau Musée à Céret

Je vous propose de faire connaissance avec ce nouveau blog culturel : merci à lui !!  leblogcultureldyl

 Nouveau musée à Céret 

 

MüSIC, un lieu de haute culture musicale

 

Aménagé dans les vastes et solides locaux de lhôpital Saint-Pierre, au cœur historique de la Cité, jouxtant la Capelleta, ce musée est né dun premier projet vieux de dix-huit ans qui  sest  développé et a grandi par étapes. Autour dune collection senrichissant sans cesse dinstruments catalans (environ 300 pièces actuellement) et de partitions musicales de même origine sont venus sajouter la collection Herzka-Nil, du nom du couple qui a recueilli des hautbois et instruments voisins dans le monde entier, et le fonds Gendron, constitué  de 43 heures de films sur les sociétés et leurs rites, tournés dans les années 60 et 70 et 18000 prises de vues photographiques.  « Cest une collection dinstruments populaires, fait remarquer Paul Macé, son directeur, alors que généralement les musées existants ne présentent que des instruments savants ». Ce qui nexclut pas la présence dinstruments savants dans la collection catalane car la musique de cette région a évolué selon les époques.

 

Le hautbois : une anche double, un tube, une perce conique

 

Les Zurichois Heinz Stefan Herzka et Verana Nil se sont intéressés au hautbois lors dune rencontre avec un musicien grec au cours dun voyage à Thessaloniki. Ils ont alors collecté des instruments sur trois continents, de la Bretagne au Japon et à lAfrique du Nord, et ont rassemblé la collection probablement la plus complète du monde. « Le hautbois cherche lautre, écrivent Herzka Nil, il est un instrument double dans lAntiquité, (…) il dialogue avec le tambour, la cornemuse, entre en relation avec le public, les danseurs, les castels. (…) Il provoque léchange. Son pouvoir de mobilisation émotionnelle, ressenti magique par le grand public, est probablement à la source de lambiguïté de la société envers les instruments à anche double anche ayant des ressemblances aux cordes vocales et envers les musiciens qui la maîtrisent. …Pourtant deux faits étaient évidents, il ne fallait pas se limiter aux instruments à anches mais les considérer comme éléments de cultures complexes. Cest pourquoi nous avons toujours intégré dautres objets, comme les tissus ou les bijoux traditionnels ainsi que dautres instruments typiques. »

 

Une scénographie qui crée une ambiance de spectacle vivant

 

Lorsquon entre dans le hall du Musée on pénètre dans une atmosphère étrange. Une vaste carte stylisée montre les trois continents où les instruments ont été collectés. Des projections sur les murs font vivre des lieux populaires, généralement en plein air et montrent la vie des populations où la musique se joue. Le principe de base de MüSIC cest dêtre un lieu vivant : non pas montrer des vitrines statiques, mais installer les objets présentés dans des ensembles animés. On a pour cela fait appel à des professionnels des arts du spectacle.  Guillaume Lagnel, avec son groupe théâtral de lArche de Noé, a pris en charge la réalisation de la scénographie. « Nous voulions, nous dit-il montrer le visible et linvisible des civilisations qui portent les instruments, construire des dramaturgies, créer des cheminements. Il a fallu pour cela jouer avec les contraintes, celles de larchitecture, celles du contenu les instruments et faire entrer le monde des hommes et de la musique dans ce lieu »

 

Au préalable Paul Macé, directeur de la structure, Laura Thomas, professionnelle en gestion de linformation, Christine Macé coordinatrice, avaient travaillé avec Jean-Luc Respaud, informaticien, développeur web et Laure Foulquier, secrétaire et comptable à la mise en place du projet. Guillaume Lagnel, de son côté a œuvré  avec Chab, artiste peintre, décorateur et créateur de masques et Michel Roy, architecte et scénographe.  Le résultat, ce sont, dans des salles à la luminosité très atténuée pour protéger les collections, soutenues par un accompagnement de musique discret, et variable, des projections sur les murs latéraux de scènes de la vie dans les lieux où sont joués et collectés les instruments. S’y ajoutent beaucoup dautres types de documentation, stations dinformation utilisant les moyens audiovisuels, défilement dimages, visite de sites Internet et un important fonds documentaire. Le Musée abrite en outre du 20 Mai 2013 au 17 Mai 2014 une exposition temporaire « Voyage aux origines » qui propose un itinéraire partant des instruments à anches actuels et remontant jusquà lépoque médiévale.

 

Organisation de la structure

 

Le Musée comprend deux départements : Spectacle Vivant, qui porte les projets culturels et artistiques et Recherche et ressource pour lexploitation des fonds documentaires et la valorisation des recherches. Un Conseil scientifique présidé par M. Jean-Pierre Dalbéra y est associé.

 

Une équipe permanente de huit personnes assure le fonctionnement du Musée, géré par lAssociation CIMP (Centre International de musiques Populaires).  MüSIC accueille largement les scolaires, usagers depuis longtemps déjà des animations proposées par léquipe. Afin dassurer une visite fructueuse, le musée naccueillera en même temps que 30 personnes.

Yvette Lucas

 

MuSIC. Musée des instruments Céret. Collections dinstruments du monde et patrimoines vivants 14 rue Pierre Rameil 66400 Céret 04 68 87 40 40.www.music-ceret.com

Tarifs 5 et 3 , - 7 ans gratuit. Groupes 4 , scolaires 2 

Horaires du 2 mai au 14 septembre : ts les j. de 10h30 à 13h30 et de 14h30 à 19h.

 

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 12:05

album-1-.jpg  Jordi Barre et les poètes catalans... 

 

Mercredi 16 février 2011 en soirée, en don domicile de Ponteilla, entouré de l'affection des siens, la voix de Catalogne Nord s'éteignait. Jordi Barre, chantre héraut de la poésie et de la chanson catalane nous quittait. Deux ans déjà... Malgré le temps, la peine reste intarissable et le respect infini quand le cœur s'épanche et quand il évoque l'homme, le musicien, le chanteur...le symbole. 

 

Bienheureux celui qui en peignant jour après jour son coin de ciel parvient à atteindre l’Eternité. Cette éternité-là, Jordi Barre l’a conquise à la force de ses chansons. Jordi Barre était la générosité et l’humanité incarnées… Cet homme de cœur donnait tout, tout sans compter, et ce sans rien attendre en retour… La poésie – et la poésie catalane en particulier- se plaçaient au cœur-même de sa démarche. 

 

    Jordi Barre a fait beaucoup plus que défendre ou que préserver la chanson, la poésie et la langue catalanes. Il en a enrichi le patrimoine en plaçant au devant de la scène, avec un respect des autres et une générosité exemplaires, les poètes du côté nord des Pyrénées catalanes. Pour le passé, les poètes de Catalogne Nord - ceux qu’on avait oubliés ou qu’on méconnaissait - ont quitté l’ombre et l’oubli, et ce grâce à Jordi Barre. Pour l'avenir que Jordi Barre avait défini dans la perspective lucide qu'on lui reconnaissait, trois auteurs nord-catalans ont compté et ont été – dans son parcours artistique - mis en lumière comme il se doit : Jordi Pere Cerdà (lequel de par sa stature n'en avait aucun besoin..), Joan Cayrol et Joan Tocabens... 

 

En 1977, une chanson phare : « Crec » (Credo vell i sempre nou) de Joan Amade (fondateur du mouvement régionaliste Nostra Terra en 1934) donne le la et Jordi Barre va, en proposant un 33 tours hardi et remarquable, s’imposer comme le héraut de la langue et de la culture nord-catalanes. Du héraut au héros, il n’y a qu’un pas à accomplir que Jordi franchit allègrement avec ce vinyle, prenant, face à une vague musicale franco-française qui envahit les médias et les consciences, tous les risques qu'il a toujours eu le courage de prendre, et adaptant musicalement les textes de Jordi Pere Cerdà (dont on retiendra« Canta canta Perpinyà », « El meu país » et « Sóc un mariner ».)...

 

   Il adapte ensuite un poète qui va compter dans sa carrière : Joan Cayrol. Cet homme – mû par un humanisme surhumain, oscillant entre l'émotion, l'abnégation et l'amour de la vie – se déclarera au plus près du peuple, de ses petites joies et de ses grandes peines, mais surtout des gens qu'il aime et qu'il souhaite comprendre et faire parler... En quelque cinq ans, Joan Cayrol va offrir à Jordi Barre ses plus grands succès. L’empathie sera telle entre Jordi Barre et Joan Cayrol que les titres – baignés de flammes et de lumière - vont se multiplier.

      Qu'ils soient des cris de foi, de révolte ou des soupirs de sagesse,, tous seront identifiés sous le sceau de la passion cayrolienne. On ne peut oublier, lancés pêle-mêle « Toquen les hores », « Torna venr Vicens », « El xiprer vert », « La nit on vam fugir » (un hymne à la Retirada), « Tant com me quedarà », « Jo sóc de Perpinyà », « Deixeu-me el temps »…. 

 

    Nouveau tempo, nouvelle verve offerte par les années 80 : rendez-vous intergénérationnel – avant l'heure dite -: avec le groupe « Pa amb oli » que Jordi forme et dirige. Les textes et leurs musiques vont devenir plus revendicatifs. Les chansons de « Pa amb oli » révulsives ou épidermiques, exaltent une saine révolte, abandonnant une mélancolie passéiste pour affirmer une identité qu’elles iront au final réclamer jusqu’à Paris-même. En effet, en1983, « Pa amb oli » prend d'assaut« la capitale », pour « faire l’Olympia ». Ce seront « Parlem català », « La cançó del vent », « Llibertat condicional », « Titelles » et bien d'autres… 

 

   Cayrol disparu en 1981, Jordi Barre va rencontrer en la personne de Joan Tocabens un poète et un parolier avec lequel il va parcourir un intense et fusionnel nouveau bout de chemin. Trente ans de collaboration vont donner naissance à « Una revolta dins el ventre », « Amb la força de l’amor », ainsi qu'à plusieurs spectacles historiques mis en scène avec talent par Jean-Pierre Lacombe-Massot (« L’épopée des Rois de Majorque » et « les Angelets de la terra » obtiendront chacun un succès amplement mérité…). Au terme de deux ans d'absence, Jordi Barre se place plus que jamais dans la mémoire collective de ce pays qui nous est cher, avec sa foi, ses espérances et son identité...une identité si forte que rien ne semble encore aujourd'hui pouvoir altérer ni le sang, ni l’or qui le symbolisent et l'incarnent au cœur de chacun d'entre nous. Pour tous ceux que tu as rencontrés, que tu as regardés, que tu as entendus et dont tu as su révéler ce qu’il y avait de plus vrai, de plus juste, de plus beau, c'est à dire de meilleur en eux et en nous… voilà un an déjà que tu nous manques... Gràcies, Jordi…i no Adéu però a reveure... (Merci, Jordi... et non Adieu mais au revoir...) 

 

Jean Iglesis

 

Du 1ier au 24 août, Prades, la ville de Pablo Casals et de Pompeu Fabra sous le souvenir de Jordi Barre

 

Ce Samedi 3 août à 11 heures à la Médiathèque de Prades dans le cadre de la quatrième « Trobada des Éditeurs du Pays catalan » qui se déroulera à Prades du 3 au 10 août 2013 aura lieu l’inauguration de l’exposition « Jordi Barre l’enchanteur »

Ce samedi 3 août  donc Jordi Barre sera de la fête aux côtés de Pau Casals et de Pompeu Fabra avec l’inauguration - à 11 heures-  d’une exposition qui lui rend hommage : «Jordi Barre l’enchanteur» , inauguration qui aura lieu à la Médiathèque Pompeu Fabre et qui sera accompagnée dans les jardins de la Médiathèque d’un concert de Loic Robinot qui mêlera Brassens à la fête, par un concert mais aussi par la présentation de l’ouvrage qu’il lui a consacré !

L’exposition « Jordi Barre, l’enchanteur » sera présentée du 1ier au 24 août 2013 à la Médiathèque de Prades. Résidents de Prades, festivaliers et étudiants de l’UCE pourront prendre connaissance de celui qui à travers musiques et chansons a su défendre la langue Catalane sur ce versant des Pyrénées !

Deux ans après le départ de l’artiste la vie et la biographie de Jordi Barre (publiée chez Balzac Editeur) est devenue une exposition !

Cette exposition qui devrait faire le tour de nos villes et villages permettra à ceux qui ont connu et côtoyé Jordi tout au long de sa longue vie d’artiste  de se souvenir d’un homme qui, au-delà de l’artiste, était devenu pour beaucoup un ami, presque un parent et à travers le parcours de Jordi Barre de se remémorer leur propre existence ! Cette exposition permettra à tous ceux qui n’ont pas connu Jordi de découvrir combien cet homme, par son engagement chaleureux pour la défense du catalan, a apporté à ce « pays ».

C’est pourquoi cette exposition était un devoir pour tous ceux qui savent combien Jordi a marqué notre territoire et combien nous lui devons !

Durant tout ce mois d’août la ville de Prades qui résonne des accents du festival Pablo Casals  et de l’Université Catalane d’été résonnera aussi de la musique et des accents de Jordi Barre

Pour tout renseignement : Robert Triquère 06-72-71-10-02

 

*** Ce soir mercredi 31 juillet à 20h30, concert, 12 euros ( 04 68 89 64 61  -   www.prieureduvilar.free.fr  ) : 

PHILIPPE MOURATOGLOU

 

 

Formé par Pablo Marquez, Wim Hoogewerf et Roland Dyens, Philippe Mouratoglou développe une approche authentiquement personnelle de la guitare, caractérisée par son ouverture tant instrumentale (guitares classique, folks 6 et 12 cordes, électrique) que stylistique. Parallèlement au répertoire classique qu’il explore dans toute son étendue et sa richesse- de la Renaissance aux musiques contemporaines, en passant par le Baroque et les musiques d’Amérique latine et d’Espagne-, il pratique l’improvisation et le chant à travers ses propres arrangements d’œuvres de Egberto Gismonti, Ornette Coleman, Robert Johnson...

 

Il collabore avec des musiciens et ensembles de tous horizons : il aborde la création contemporaine avec les ensembles Linea, Alma Viva et le festival Musica de Strasbourg, le répertoire symphonique avec l’Orchestre Philarmonique de Strasbourg et l’Opéra du Rhin, les musiques traditionnelles avec Bernard Revel et l’ensemble Convivencia ; il crée en 2009 au 43ème festival de la Chaise-Dieu un projet autour de John Dowland et Benjamin Britten avec son trio "So full of shapes..." (Jean-Marc Foltz, clarinettes/Juliette de Banes Gardonne, mezzo-soprano); il participe à divers projets avec le guitariste /arrangeur Bernard Struber, la soprano Ariane Wohlhuter, le guitariste flamenco Pedro Soler, le contre-tenor Leandro Marziotte…

 

Philippe Mouratoglou a été professeur de guitare assistant de Pablo Marquez au Conservatoire National de Région de Strasbourg de 2002 à 2007. Il a également enseigné la guitare et la basse électrique aux élèves comédiens, régisseurs et scénographes du Théâtre National de Strasbourg.

 

Il a enregistré en 2005 le CD « O Gloriosa Domina » qui parcourt cinq siècles de musique espagnole. Il publiera en octobre 2012 le disque "Steady rollin' man", dans lequel il revisite au chant et à la guitare le répertoire du légendaire bluesman Robert Johnson avec le contrebassiste Bruno Chevillon et le clarinettiste Jean-Marc Foltz; ce disque sortira sur le label Vision fugitive (www.visionfugitive.fr) qu'il a fondé en janvier 2012 avec Jean-Marc Foltz et Philippe Ghielmetti;

Philippe Mouratoglou est régulièrement invité par les festivals suivants: festival de la Chaise-Dieu, « Les Temps Musicaux » de Ramatuelle, «Nits de canço i musica » d’Eus, « Guitares en Montagne Noire », festival "Artes Vertentes" de Tiradentes (Brésil), festival du Vilar, festival "Jazzèbre" de Perpignan, Philarmonie de Berlin… Il est à l'origine, avec la fondation Musique et Patrimoine du Languedoc-Roussillon, du festival itinérant "Musique et Patrimoine", en activité depuis 2010

 


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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 13:54

Genegals.jpeg  Exposition de Michel Pagnoux au mas Génégals, musée Marcel GOLI, (non loin de Vringrau, sur les hauteurs, aller au pas deL'Echelle, puis suivre les panneaux "Musée M.Gili")

 

* Extrait d'un livre à paraître sur les communautés libertaires, agricoles et artistiques dans le 66 :

 

 

Témoignage de Michel Pagnoux, artiste-peintre installé à Opoul (66)

 

 

  M.Pagnoux est originaire de Dordogne; en mai 68, il est étudiant aux Beaux-Arts à Toulouse; il rencontre par hasard deux Bretons, deux frères, Albert et Hervé Mérour, installés dans le village d'Opoul. Ils étaient dans la mouvance surréaliste et situationniste. Appartenant au groupe "Phases", ils avaient des contacts ici, dans les Pyrénées-orientales, avec Georges Roquefort et Jean-Louis Roure, du  mouvement surréaliste et de "Cobra".  Ce fut une aventure fondatrice, essentielle, donc, avec le peintre Albert Mérour, déjà quelque peu confirmé dans sa Bretagne natale et même à Paris, par l'intermédiaire d'Edouard Jaguer, fondateur et animateur du groupe Phases, et l'autre grand poète (Hervé Mérour), lui aussi adoubé au sein de Phases" et passionné de théorie anarchiste au point d'avoir fréquenté de près le situationnistes de Guy Debord.

 

 C'est Albert, surtout, et tous leurs copains et amis de Brest et d'ailleurs, qui avaient dans l'idée de fonder une sorte d'atelier informel, communauté d'artistes et chercheurs d'absolu, un peu dans l'esprit de ce que ce pauvre Van Gogh souhaitait faire dans le Midi avec son collègue Gauguin...

 

" Echappé des Beaux-Arts de Toulouse, de l'Armée (réformé, bien évidemment), j'étais prêt à toutes les expériences...il faut dire que l'époque s'y prêtait : mai-68 nous avait laissé sur notre faim: moi, je venais de l'"underground" américano-britanique: Beatles,Dylan, Hendrix, Grateful Dead, une envie de liberté, d'expériences, de spiritualité, voyages en Inde, envie d'un autre monde, de beauté, d'amour, et je me retrouvais face à un autre monde, tout aussi intéressant et riche: celui de surréalistes et de leur "révolution" ,ratée peut-être, mais bien vivante encore, grâce à des individus, artistes, poètes, bien vivants......... J'avais abandonné les études, j'étais à l'époque une sorte de beatnik; un jour, alors que j'allais en Espagne, je faisais de l'auto-stop, et un artiste m'a pris...

 

C'est ainsi que je me suis installé à Opoul, à l'époque des vendanges, en 68; j'ai loué, puis acheté la maison où je vis actuellement et où j'ai installé mon atelier, Rue de la Tramontane.

 

Alors, avec mes nouveaux amis,nous avons fait équipe, à Opoul, autour de plats roboratifs, arrosées de vin rouge, enfumés de gauloises sans filtre, autour d'Artaud, Van-Gogh, Rimbaud, Duchamp, Dali, Breton, Tanguy, Debord, et j'en passe.....Au son de Jefferson Airplane, des Doors et même de Léo Ferré, version "il n'y a plus rien........"  Le soir, on s'entassait dans le bus Wolkswagen pour aller se délecter du dernier Fellini ou des westerns italiens à Perpignan (qui n'était pas encore "La Catalane"). On lisait Actuel, Pilote et Strange, et bien-sûr tous les surréalistes...


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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:44

JPBonnel--peintres-en-Catalogne.jpg  Vendredi 2 août, je serai au "tabac-presse-loto" du carrefour en plein centre d'Elne, de 9 h à midi, pour présenter mes livres ! En plus, c'est le jour du ùarché...

 

J'aurai dans mes bagages "Peintre en Catalogne" (couverture ci-dessus), Moi, Matisse à Collioure, 30 balades culturelles en Catalogne, Machado, de Séville à Collioure...

 

* Le lendemain, samedi, je serai au salon du livre de Prats de Mollo : j'aurai les livres cités et d'autres : alter Benjamin, L'Infini de l'enfance, Catalognarts...

 

Au plaisir de vous rencontrer !!!

 

 

JPB-a-la-maison-rose-de-Maillol.jpg  Jean-Pierre Bonnel sur la terrasse de la maison rose de Maillol à Banyuls.

 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 09:08

e40c447da563356495240ed0fee55ace_L.jpg  Les Nits d'Eus

 

Festival de musique, danse et théâtre du 28 juillet au 8 septembre 2013

 

Eus, village typique, véritable balcon sur le Canigou cher aux Catalans, organise ses "Nits d'Eus", festival de chanson, flamenco, danse, théâtre et poésie, musique baroque, romantique, jazz, électro...

L'éclectisme domine la programmation qui assure aussi une large place à la création.

Le tout est porté par des artistes aux talents divers venus d''horizons multiples pour des rencontres riches et intenses.

Michel Maldonado 

 

Dimanche 28 juillet 

Les Nits à Baho - Eglise de Baho à 21h 

- Isaac Albeniz et le flamenco 

Isaac Albéniz, dans Iberia et sa Suite española a puisé dans les musiques populaires et notamment dans le flamenco . 

Ce récital met en évidence ces emprunts de façon naturelle et presque amusante. On découvre par exemple que "Malaga" a bien sûr ses sources dans les Malagueñas mais curieusement aussi dans les Bulerias.

Ainsi Philippe Mouratoglou ne change pas une note à sa partition, Pedro Soler reste strictement dans le flamenco et le dialogue s'établit évident et fluide.

 

- De Berenguer de Palol à Joan Pau Giné

Gisela Bellsolà et l'ensemble Saurimonda

 

 

Dimanche 4 août 

Festa Major à Eus - M.T.L. Eus

- 18h Cobla la Mil.lenària

Castellers i grallers

Ball i Sardana

 

- 21H Concert littéraire

L'étranger d' Albert Camus 

Maurice Ravel et Claude Debussy

Luis Gustavo Carvalho piano 

Charles Gonzales comédien

Michel Maldonado contrebasse 

Raphaël Dumas computeriste 

 

 

Mercredi 14 août  

Les Nits à Vinça - Eglise de Vinça à 21h

James Bowman et la Grande Fidelíssima baroque interprètent Purcell, Haendel & Dowland

James Bowman chant

Eva Scheytt violon 

Amandine Solano-Parer violon

Brigitte Clément alto 

Joël Pons violoncelle

Michel Maldonado contrebasse

Matthias Spaeter théorb

Carole Parer clavecin 

 

 

Jeudi 15 août 

Les Nits à Torreilles - Chapelle de Juhègues à 21h 

James Bowman et la Grande Fidelíssima baroque interprètent Purcell, Haendel & Dowland

James Bowman chant

Eva Scheytt violon 

Amandine Solano-Parer violon

Brigitte Clément alto 

Joël Pons violoncelle

Michel Maldonado contrebasse

Matthias Spaeter théorb

Carole Parer clavecin

 

 

Dimanche 18 août 

M.T.L. Eus à 21h 

Denis Campini et René Nan quartet

 

 

Jeudi 22 août 

M.T.L. Eus à 21h 

Raph Dumas & the Primaveras

Les Primaveras, groupe mythique de Catalogne Nord, fondés par Jo Dejuan, dans les années 50, à Port-Vendres, village de pêcheurs situé juste après Collioure. Composé de musiciens de jazz et des musiques traditionnelles venant pour la plupart de Barcelone, ils reprennent alors le répertoire de la musique de variété de lépoque afin de divertir les populations lors des fêtes et bals de village. Résolument axés vers la danse, utilisant des instruments électriques comme guitare ou farfisa, Les Primaveras nont jamais oublié leurs racines traditionnelles. Lapparition des disc-jockeys à la fin des années 60 met lorchestre en faillite et signe la fin de laventure.

 

En 2008, Raph Dumas, dj producteur et petit fils de Jo Dejuan, sinspire de lhistoire des Primaveras pour reformer le groupe, prés de 40 ans plus tard. Commence alors un long travail de recherche et de composition doublé par un casting méticuleux de musiciens. Deux ans après, pari gagné. Raph Dumas et la jeune génération de musiciens ont su allier avec intelligence musiques traditionnelles et sons électroniques. Cette nouvelle tendance musicale donne à la fois une grande qualité orchestrale et une ambiance festive où chacun peut se retrouver. Par la convivialité, ils vulgarisent une musique complexe au travers dune apparente simplicité.

 

Lesprit Jazz du premier album « Ode to Tanguy » de Raph Dumas & the Primaveras sinspire directement de latmosphère de la Nouvelle Orléans, tel un rêve à la Janko Nilovic découvrant la Louisiane au début des années 70 avec ses rythmes contemporains.

 

Raph Dumas & the Primaveras se nourrissent de ces racines groove et de sonorités ancestrales créant un mix dimpression jazz, funk, soul et électro dans une machine à explorer le temps. 3 ans après "ode to tangue Jo", Les Primaveras reviennent avec un album 100% soul, aux textures et sonorités catalanes, Catalunya Soul!

 

 

Lundi 26 août 

M.T.L. Eus à 21h 

Alice Ader et Le trio Achille interprètent Ravel, Boulanger & Stravinsky

Le sacre du printemps d'Igor Stravinsky, piano à quatre main 

Trio en La mineur,  Maurice Ravel

Pièce en trio d'un matin de printemps, Nadia Boulanger

Reculade duo violon, violoncelle,  Michel Maldonado 

Le trio Achille 

Bénédicte Trotereau violon

Gésine Queyras violoncelle

Simon Libens piano

Alice Ader piano 

 

 

Jeudi 29 août

M.T.L. Eus à 21h 

La face cachée de Pau Casals d'après Josep Maria Corredor

Charles Gonzales conteur

Vincent Malgrange violoncelle

Ambiance sonore

Michel Maldonado et Raphaël Dumas  

 

 

Samedi 31 août

M.T.L. Eus à 21h 

Romances sans paroles avec Jean-Marc Foltz trio + one

 

 

Samedi 7 septembre 

Les Nits au Prieuré de Marcevol à 18h

- Isaac Albeniz et le flamenco

Isaac Albéniz, dans Iberia et sa Suite española a puisé dans les musiques populaires et notamment dans le flamenco .

Ce récital met en évidence ces emprunts de façon naturelle et presque amusante. On découvre par exemple que "Malaga" a bien sûr ses sources dans les Malagueñas mais curieusement aussi dans les Bulerias. 

Ainsi Philippe Mouratoglou ne change pas une note à sa partition, Pedro Soler reste strictement dans le flamenco et le dialogue s'établit évident et fluide. 

Pedro Soler et Philippe Mouratoglou, guitares

 

- O mysticos Kipos  

Une création originale sur une idée de Frédéric Tavernier-Vellas, orchestration et harmonisation de Michel Maldonado à partir de mélodies byzantines anciennes, principalement des mélodies retranscrites par Maximos Fahmé.

Loeuvre se présente comme la visite du « Jardin de Marie », le jardin secret de la Femme célébrée à travers la liturgie byzantine depuis deux millénaires. La musique byzantine étant une musique purement vocale et modale, cette création ne fait que sen inspirer pour créer une oeuvre vocale, tonale et orchestrale. Les mélodies empruntées à la liturgie de Byzance sont le matériau dune antique mémoire et la nostalgie du Jardin Mystique. Elles ont largement inspiré cette création musicale contemporaine et ses thèmes intemporels.

Tous les musiciens de LIllustre Concert ont une connaissance et une expérience approfondies des répertoires traditionnels et des musiques anciennes du pourtour méditerranéen. Persuadés que les chants et mélodies voyagent dans les lieux mais aussi dans le temps, ils savent que les mélodies antiques demeurent une source dinspiration pour les musiciens daujourdhui. Cette création en est une manifestation. 

Frédéric Tavernier-Vellas chant, hautbois et flûtes à bec

Michel Maldonado vièle médiévale

Fouad Didi violon, chant et oud 

Gisela Bellsolà chant

Umit Ceyhan Doudouk, Diwan, Percussions, Chant

Carole Parer Clavicorde, Vièle médiévale

 

 

Dimanche 8 septembre 

M.T.L. Eus à 18h

LaTuna présente Orientales

Textes, chansons, instrumentaux et vidéos sur le thème de lOrient poétique.

Ce spectacle original écrit et composé par Miluc Blanc avec la complicité de Véronique Barrier, propose un point de vue sur un monde désorienté qui a perdu le contact avec les valeurs simples que sont la lenteur, la sensualité et la rêverie.

LOrient comme source dinspiration ou plutôt comme sens dorientation, loin des clichés et des lieux communs, avec une approche et des instruments contemporains.

LaTuna 

Miluc Blanc: Chanteur et guitariste, polyvalent et curieux il co-fonde le groupe de salsa Cachitos dans les années 90, puis joue avec lensemble de percussions Managua et enfin crée le groupe LaTuna pour lequel il écrit et compose.

Florent Berthomieu: Chanteur multi instrumentiste, tour à tour rockeur, comédien, danseur et chanteur des rues, il joue dans plusieurs spectacles de la compagnie Caravane et dans le groupe LaTuna ainsi quen solo. 

François Miniconi: Percussionniste et batteur, sa culture musicale riche et variée, lui permet dappréhender les rythmes les plus complexes. Son touché au cajon apporte une couleur unique à lensemble. Il joue dans le groupe LaTuna.

David Henry: Vidéaste tout droit sorti de lécole Supérieure dArts de Perpignan, David Henry travaille avec le monde du théâtre et de la danse, tout en proposant ses créations multimédias lors de nombreuses expositions dans le département. Il participe à plusieurs spectacles de la compagnie Caravane.

 

 

Renseignements: 

Les Nits dEus: 06 24 40 22 18 

Office du tourisme de Prades: 04 68 05 41 02 

http://lesnitsdeus.pasvu-paspris.net

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 09:50

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*El punt dinici de lactivitat serà lOficina de Turisme a les 19 hores.

* Una activitat oberta, participativa i gratuïta per a tothom;

>

>*inscripcions a Oficina de Turisme de Portbou, telèfon  972 125.161

> *

> Organitza:Projecte Benjamin Frontera de Portbou

>

> Coordinador de lactivitat: Santiago Vancells Gascons-

>

>*Més informació a   :http://blogwalterbenjamin.blogspot.com.es/*

>

> Durada de lactivitat dues hores -

> Recorregut: túnel de la ribera, estació,comissària de policia, fonda

> França, turó i cementiri, museu.

 

** 


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***  DIMANCHE 28 JUILLET, JOURNÉE PORTES OUVERTES au Musée de l'exil :

 

La programmation de tous les dimanches de fin de mois se poursuit, ce dimanche 28 juillet, le Musée mémorial de l'Exil offrira une journée Portes ouvertes de 10h jusqu’à 14h.

D'autre part, le MUME accueille l'exposition temporaire “La Shoah a Europa”. Cette exposition, à caractère itinérant, est une création du Mémorial de la Shoah de Paris dont le but est d'offrir une vision historique  précise de la signification de la destruction des juifs européens par le nazisme au cours des années de la Deuxième Guerre mondiale. L'exposition apporte des éléments pédagogiques pour la compréhension de la transcendance éthique des conséquences de la Shoah.

 

DIUMENGE 28 DE JULIOL, JORNADA DE PORTES OBERTES :

 

Seguint amb la programació de tots els diumenges de final de mes, el proper diumenge 28 de juliol el Museu Memorial de l’Exili oferirà Jornada de Portes Obertes de 10h a 14h.   

Per altra banda, el MUME acull l’exposició temporal La Shoah a Europa. Aquesta exposició, de caràcter itinerant, és una creació del Mémorial de la Shoah de París, que té com a finalitat oferir una visió històrica acurada de la significació de la destrucció dels jueus europeus a mans del nazisme durant els anys de la Segona Guerra Mundial. Així mateix, la mostra proporciona elements pedagògics per a la comprensió de la transcendència ètica de les conseqüències de la Shoah.

 

Museu Memorial de l’Exili
Major 43-47  -  17700 La Jonquera
www.museuexili.cat    0034 97255653

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:07

Rippl-Rónai, Maillol 1899 Maillol, par Rippl-RONAI, 1899, musée d'Orsay.

 

 

L'appel de la modernité" : la ville provinciale catalane aurait été une halte primordiale, sur le chemin de l'art, de Barcelone à Paris (Montmartre, Bateau-Lavoir...), de la fin du 19° siècle, à 1925 ? Qui s'y arrêta..? 

 

Picasso vint beaucoup plus tard, pour des étés chez Carlos de Lazerme...Et Dufy, rue J.D'Arc et place Arago... Déjà, en 1998, J.Pierre Barrou, commissaire de l'exposition du Palais des Congrès, influencé par les autorités locales, avait intitulé son catalogue (cité p.194), en usant de démesure et en ramenant l'universel au local "catalan" :  "Le Roussillon à l'origine de l'art moderne"

 

   Il avait déjà, c'est vrai, montré, avec courage, que le fauvisme était né à Collioure ! (édition Indigène, non cité), et que Matisse avait inventé l'art nouveau grâce à Terrus ("Matisse-Terrus, histoire d'une amitié" -Indigène, 2002- non cité). 


A Céret, aussi, Joséphine Matamorros défend depuis des décennies que le Cubisme est né dans la ville des cerises...Elle sait bien qu'il n'en est rien, mais défense du tourisme, éloge du local, fierté catalane...exigent une revisitation de la vérité et de l'histoire artistiques...

 

L'expo est intéressante; elle est l'occasion de montrer à Perpignan Maurice Denis, Odilon Redon et de nombreuses oeuvres très diverses de Maillol... Les articles sont parfois redondants et s'inspirent largement du catalogue de référence "Paris-Barcelone", Paris, Grand-Palais, ocobre 20O1/janvier 2002- cité).

 

 

Etudes claires, sans faute, mais on regrette que les textes en catalan (de Brigitte Manéra...) n'aient pas été traduits en français, voire en anglais : l'expo a la prétention estivale de s'ouvrir aux touristes, alors..? L'expo a la prétention de montrer que Perpignan fut une escale essentielle des artistes du sud et un foyer de création, alors..?

 

   Il y eut sans doute manque de temps et d'argent...De même le désordre d'une bibliographie bien mince est incompréhensible !!! Cependant, couverture, mise en page et rythme du livre sont très agréables...

 

Alors Perpignan "chaînon manquant"..? Et expo et catalogue présents constitueraient la passerelle entre les travaux de JPBarrou et J.Matamorros (années 1905/14 à Collioure et Elne - années 1950 à Céret), et ceux, essentiels, d'Eric Forcada, par exemple "Perpignan au coeur du XX° siècle" (1939/65), ville de Perpignan, 2007 - non cité !!!)..?

 

On en doute...

 

  A part Gustave Violet, l'action de Maillol (à Banyuls, avec la venue de Maurice Denis, pages 41 et 69)... A part les expos des artistes roussillonnais (aspect non développé), on voit bien que la création artistique se situe à la périphérie : à Béziers surtout grâce à l'argent de Fayet et à l'amitié entre Monfreid et Gauguin (venu jusqu'à Cerbère); à Sitges, autour de Rusinol; Saint-Cément/Corneilla de Conflent (où Matisse découvrira les Gauguin des mécènes et peintres Fayet-Monfreid- voir "Le miracle de Collioure" de JPBarou, poche Payot, non cité, ou "Moi, Matisse à Collioure, Balzac éditeur, de J.P.Bonnel ); Fontfroide (pages 17 et 78) acheté et restauré par Fayet, avec la venue d'O.Redon...

 

Malgré un titre "accrocheur", Perpignan n'apparaît pas comme un pôle pictural important à l'époque (1889/1925). Un lieu stratégique, peut-être, la cité catalane ayant toujours été un lieu de passages, d'échanges, d'influences, de réciprocité... mais ayant toujours manqué -comme Collioure, Céret- le vrai rendez-vous avec les grands artistes : très peu d'oeuvres de Matisse, Picasso, ou Dali... dans les musées locaux, aucune fondation dédiée à ces "Maîtres", alors que certains (Picasso) voulaient créer un musée dans le département...

L'art en Catalogne française, ou les occasions perdues...

 

 

* Expo rue de l'Ange, jusqu'au 13 octobre 2013- Catalogue (20 euros), sur place au musée H.Rigaud eu à la librairie Torcatis.

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 10:43

duro.jpg Maurice Durozier duroz.jpg   durozier-m.jpg   Rencontre avec Maurice Durozier - Il va jouer "Parole d'acteur" - 

 

Il aime Perpignan, où il est né.

 

 Il fait, avec son spectacle, une "PUB MONDIALE pour PERPIGNAN" !!! 

 

Et si M.Durozier était choisi comme parrain et (pro)moteur des Estivales de Perpignan..? Je lance la suggestion, bouteille à la mer (pas de l'indifférence, j'espère!). 

Il refuserait, d'abord, parce qu'il connaît trop bien la main mise des politiques locaux, sur la culture ; ensuite, parce que c'est un acteur et son ambition dans la vie, est de jouer…

 

 

 

Notre rendez-vous est fixé rue de l'Ange, là où Picasso passa plusieurs étés, dans la demeure de Carlos Delazerme, hôtel particulier devenu musée des Beaux-arts H.Rigaud. L'ange et la culture : en face de notre café "fouillis", la boutique d'Harmonia Mundi. La peinture et la musique, mais il est question ce matin de théâtre !

 

En effet, je suis venu m'entretenir avec un homme de théâtre, avec un acteur, un créateur, un des "soleils du théâtre" français actuel, originaire de Perpignan, mais qui, depuis trente ans travaille à Paris, avec Ariane Mnouchkine, au Théâtre du Soleil. 

 

Maurice Durozier poursuit l'aventure collective de cette troupe qui joue de par le monde. Il est resté fidèle aux valeurs qu'il découvrit dans l'enfance, au coeur de sa famille, et dans l'adolescence, avec son engagement politique libertaire : solidarité, communauté, défense des plus pauvres, des exilés... Cet esprit de générosité, cet enthousiaste pour les utopies concrètes et positives, il le porte toujours au plus profond de lui-même, avec humilité et sens du partage..

 

Cet été, il revient aux sources. Au pays. En Catalogne. Il a joué, hier, à Barcelone. A présent, il s'arrête à Perpignan, pour retrouver sa famille, ses amis, et pour "Parole d'acteur", pour notre plus grand bonheur, au Couvent des Minimes, rue Rabelais :  il nous offre une version de sa pièce, écrite avec sa fille, en français, jeudi 24 juillet, puis le lendemain en catalan...

 

"Parole d'acteur, ce fut comme un miracle, une adhésion immédiate ! "

 

Le café-antiquité-brocante nous suggère un retour sur le passé : "Partir de Perpignan, il a fallu s'arracher pour quitter le pays !"

 

Maurice raconte le premier échec, en 1973, à Paris : il n'était pas prêt à affronter la capitale et le monde du spectacle. Il y eut un second départ en 1970 : "J'avais accompli une espèce d'alchimie, entre désir de grandir et choses en nous qu'il faut vivre: il faut dire que j'ai baigné dans ce climat du théâtre car ma famille faisait du théâtre ambulant... Mais ce fut dur de "s'arracher" aux amis d'ici, de Perpignan et du quartier..." 

 

En effet, Maurice avait créé le Teatret del Vernet et avait tout donné à cette aventure théâtrale.  A la même époque, dans les années soixante-quinze, eut lieu la lutte pour la défense du Bourdigou, communauté libre entre mer et Salanque. L'homme était désormais bien armé pour aller à l'assaut de Paris !

 

"J'ai réussi à partir, mais, au fond de moi, j'ai dû vivre cette fuite comme une trahison : à l'époque, il fallait "vivre et travailler au pays" ! Pour ne pas perdre les racines, je me suis inscrit à un cours de catalan, de M.Dorrendeu, à la Sorbonne." 

 

Le Théâtre du Soleil - La Cartoucherie de Vincennes :

 

"J'ai eu cette chance de rencontrer Ariane Mnouchkine. J'ai eu aussi cette volonté de choisir cette troupe, mais il faut d'abord la chance d'arriver à cet endroit; c'était exactement le théâtre que je voulais faire, un théâtre engagé dans son temps. Une troupe qui s'interroge : Qu'est -ce que c'est faire du théâtre aujourd'hui ? Une troupe qui fournit un travail collectif.

 

En Inde, j'ai beaucoup appris. Appris que tout ce qui t'a été transmis, il faut le transmettre, à ton tour !

 

Pour écrire "Parole d'acteur", j'ai demandé à ma fille, âgée de vingt ans, de me poser des questions. Je raconte mon voyage initiatique, la voie du théâtre que j'ai voulu faire, pleine de surprises, de rencontres et d'enthousiasme ! En Europe, aujourd'hui, on manque cruellement d'enthousiasme...

 

De fait en racontant mon histoire, je fais, avec ce spectacle, une grande pub mondiale pour Perpignan. Pas de nostalgie de ma part ; j'essaie de rester dans l'esprit de générosité qui existait à cette époque, dans les années 70.

Je travaille avec une troupe qui a réussi gardé ces valeurs de joie, du collectif; je transmets cet esprit, du point de vue de l'acteur. Et l'alchimie gagne, le merveilleux s'instaure : les gens s'identifient à cette histoire, même les spectateurs qui n'ont jamais appartenu au monde du théâtre... Ils passent de l'autre côté du miroir, dans l'intimité de l'acteur; ce monde les intéresse. Dans ma pièce, les acteurs parlent du travail théâtral; ce fut un premier jet; ensuite, en tirant ce fil (d'Ariane..? remarque du questionneur), il faut reconstituer ce passé...

Je ne fais pas de bilan avec cette création, plutôt une analyse; surtout je veux partager le vécu en le formulant : c'est un projet littéraire, un texte écrit."

 

Maurice Durozier est généreux; il ne prendra pas de cachet pour ce spectacle; la recette financera le prochain disque de Pere Figueres. Pour clôturer sa tournée en Catalogne, Maurice a eu la volonté de contacter les gens d'ici, les responsables de la culture, dont Guillaume Lagnel : "J'ai choisi de venir, pour envoyer un signe de solidarité aux artistes et au public catalan".

 

Perpignan a bien de la chance...   (propos recueillis par J.P.Bonnel le 24.7.2013)

 

 

durozier-et-caudeville.jpg  M.Durozier, au milieu, place de la République, entre Nicolas Caudeville et Jean-Pierre Bonnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 09:50

durozier.jpg Maurice Durozier ©Amilcar Persichetti - Théâtre du Soleil, Paris.

 

Je rencontre ce matin Maurice Durozier, ce Catalan qui fait une carrière remarquable au théâtre (et dans quelques films).  Après l'entretien, je vous en dirai plus. Pour l'instant, je vous dis de vous rendre au patio des Minimes à Perpignan, pour "Perpignan en scènes" : 21h30, 5 euros, demain jeudi et après-demain...

 


Tu es ce que tu fais

La salle tout en bois sculpté où nous sommes invités à entrer ressemble à un salon. Le public s’y promène. Lambiance y est apaisante, intime, les deux hôtes nous servent du thé indien. Après quoi, la fille armée dun petit calepin, cherche les questions quelle a soigneusement notées pour les poser à son père. Lhomme a beaucoup à dire, elle lécoutera religieusement chaque fois jusquau bout et ne linterrompra jamais; ce qui, à terme, deviendra un procédé un peu systématique. Elle demande quand sait-on quon est acteur? Pourquoi les comédiens sont-ils si souvent en boucle après un spectacle? Faut-il être narcissique pour exercer ce métier? Quen est-il de ce mal incurable quon appelle légo? Est-ce difficile de sortir dun rôle? Comment gérer le trac? La superstition? Lacteur répond, abondamment, se raconte, en pointillés, il dit avec son charmant accent du Sud sa naissance à Perpignan, ses happenings exubérants avec ses amis de jeunesse, ses débuts tâtonnants au théâtre du Soleil, sa rencontre avec le masque de Polichinelle, il imite en passant la faconde dAriane Mnouchkine. Il revient sur ses voyages au Brésil, plus exactement dans la ville de Recife. Il parle de la confusion qui peut exister dans lesprit dun jeune acteur, de lillusion, de la vérité, lancien détaille ses multiples expériences de jeu, comment il a appris à gérer ses égarements et son enthousiasme, comment, au cours du travail, le corps peu à peu change de densité, comment sur scène il sagit à la fois et de perdre conscience et de trouver une énergie diabolique.

 

Lhomme est volubile, passionné, sincère. Son débit tourbillonnant fait un petit détour en Inde, passe par le N. York des années 60/70, le living, Grotowski. Il soliloque sur le long chemin de la répétition, sur la nécessité dexpulser lennemi intérieur pour soublier, faire le vide, pour qualors le personnage puisse jaillir. Il rappelle de garder la porte de lenfance ouverte. Il avoue les questions parfois vertigineuses, si souvent inutiles, qui peuvent mener au bord de la rupture.

 

Il invente le code secret des acteurs quil décline en 10 commandements. Cest dense, il danse avec ses convictions et ses interrogations, il est plus professeur que paternel, mais ce quil souligne avec force cest que le théâtre reste avant tout une aventure commune qui donne à tout ceux qui s’y engagent le sens du collectif.

Parole dActeur de et par Maurice Durozier
Avec la participation dAline Borsari
Théâtre de lépée de bois
Cartoucherie de Vincennes

 

z.gifPar Cyriel TARDIVEL

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t.gifz.gift.gifz.gift.gifz.gifParole dacteur 

Théâtre du Soleil (PARIS)

de Maurice Durozier

Mise en scène de Maurice Durozier

Avec Maurice Durozier, Aline Borsari

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Dis-moi papa, mais alors ton métier, cest de rêver et de faire voyager les gens ?

 

Acteur, comédien, saltimbanque, troubadour, artiste... Une activité controversée. Longtemps rendus diaboliques, les comédiens étaient excommuniés et rejetés. Pourtant, de tous temps, ce sont eux qui ont raconté l’histoire du monde, l’histoire des hommes. Ce sont eux qui ont ému leurs pairs, les ont fait trembler de terreur ou frissonner d’amour, rire aux larmes ou pleurer devant les passions et les destins de leurs personnages. Un métier merveilleux, magique, exaltant et exigeant. Un métier qui ne paraît pas en être un.

 

Comment le comprendre si on ne le pratique pas ? Comment comprendre et accepter que son amour ou son parent travaille pratiquement tout le temps ? Que cette personne préfère les planches sacrées à la douceur du foyer ? Que le soir, elle sera rarement présente pour l’histoire ou le baiser du soir ? Et comment se fait-il que ces comédiens, qui pourtant passent leur temps ensemble, dès qu’ils se retrouvent à la maison, n’ont de cesse de parler de leur métier, de leur passion ? La vie du comédien est intense. L’exigence que demande son travail est considérable ! Peut-être que quelques explications du point de vue d’un comédien qui passa plus de la moitié de sa vie dans la compagnie la plus célèbre et la plus exigeante de France, pourront lever le voile sur ce mystère.

 

Maurice Durozier est un enfant de la balle dirait-on. Sa mère était comédienne. Il grandit dans le milieu du théâtre, de la scène, des costumes, du maquillage et des projecteurs. Son père n’eut peut-être pas le courage de rester avec une femme de scène, quoi qu’il en soit, il quitta Maurice et sa mère alors que ce dernier n’était encore qu’un enfant. Ainsi, comme il le dit lui-même, le théâtre lui prit à la fois son père et sa mère. Il avait donc des comptes à régler. Aujourd’hui, après des années à exercer ce métier, et qui plus est dans la plus vieille compagnie de France, véritable trésor français, pépite de notre patrimoine culturel, il décide de transmettre sa vision de son art. Et quelle personne serait la plus intéressée par cette explication (confession ?) que sa propre fille ?! Sous forme de conférence théâtralisée, en premier lieu travaillée et représentée au Brésil, Maurice Durozier nous fait part de son histoire et de son ressenti.

 

L’influence du Théâtre du Soleil est présentee dès l’entrée du public. Un tapis oriental est le cadre sacré sur la scène consacrée. Une représentation de Ganesh à jardin et à cour avec encens et offrandes apporte sérénité et de bonnes énergies au comédien et au public qui s’installe. Avec sa petite table en bois et ses deux chaises, il nous semble que la scène est le salon ou le bureau de Maurice Durozier et qu’il nous invite dans l’intimité de son logis pour nous dévoiler l’intimité de sa vie.

 

La ravissante Aline Borsari interprète la fille de Maurice, lui posant des questions sur sa vie et son univers. Bien que sa présence sur scène soit agréable, elle n’est nullement indispensable. Maurice Durozier peut assurer tout le spectacle sans la moindre réplique. Les questions posées directement par sa fille, présente sur scène physiquement ou par bande sonore, seraient plus réalistes et touchantes.

 

Avec sincérité et simplicité, le comédien nous raconte sa rencontre avec le théâtre. De par sa mère en premier lieu, mais aussi de son envie personnelle de créer quelque chose de différent. Il nous raconte sa rencontre avec Ariane Mnouchkine et cette rencontre décisive avec son premier personnage, Polichinelle. Pour l’occasion, il ressort son masque découvert il y a maintenant un certain nombre d’années. Il raconte les voyages, les anecdotes. Les moments de doutes de l’acteur et ceux de bonheur. Il tente d’expliquer pourquoi ce métier, si particulier, est presque indéfinissable car tellement propre à chaque comédien et tellement intense. Le métier d’acteur est avant tout une grande histoire d’amour, ou amour et haine se touchent constamment. De l’amour pour les personnages, pour les copains avec qui l’on rit et l’on pleure sur scène, avec qui l’on s’adore et s’engueule dans la vie. Une histoire d’amour avec la metteur en scène, à la fois mère et bourreau. Une histoire d’amour avec le public...

 

Maurice Durozier nous dévoile une infime partie de tout cet univers riche et complexe. Dans son beau costume, il revit son histoire et devient parfois les personnages qui ont marqué sa vie. Les cheveux grisonnants et sa barbe blanche ne l’empêchent pas d’effectuer quelques pas de la danse de bharata-natyam (traditionnelle indienne) de la création du monde par le dieu Shiva. Un moment partagé, accentué par la dégustation de tchaï offerte et dégustée avec tout le public.

 

Certaine œuvres ont marqué les mémoires et sont incontournables pour toutes les générations de comédiens. On pensera à La Formation de l’acteur de Stanislavski ; Le Théâtre et son Double d’Antonin Artaud, L’Acteur et la Cible de Declan Donnnellan, et bien d’autres encore. Une grande majorité d’acteurs ont écrit leur expérience de la scène et de la vie d’artiste pour partager ce vécu si atypique et merveilleux. Comment oublier Les Carnets d’un jeune homme de Philippe Caubère et la série de spectacles qui s’en suivit ?

 

Parole d’acteur est dans cette lignée, comme une synthèse à la fois personnelle est universelle du métier d’acteur en Occident. Un témoignage émouvant que professionnels, amateurs et amoureux du théâtre ne devraient rater sous aucun prétexte.

Maurice

paroledacteur1302.jpg

 

Durozier

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 09:19

72095_442664642485939_696967429_n.jpg Xavier Febrés.

 

* Pour payer les droits de succession, après le décès de sa mère Dina Vierny, Olivier Lorquin, directeur de la fondation Dina V., va vendre quelques pièces importantes. Ainsi, la sculpture monumentale en plomb de 1938, La Rivière, sera au choeur de la vente du 2 décembre 2013, à la maison Artcurial, en collaboration avec Sotheby's.

Cette épreuve en plomb 140x200 cm est estimée autour de é,5 millions d'euros.

 

Oeuvres chargées de plus d'affection sont les quatre dessins de Dina par Matisse : sa plume trempée dans l'encre noire montre une épure d'Olympia moderne : chacun des quatre dessins est estimé autour de 50000 euros. Matisse avait bien, comme le lui avait écrit Maillol "réduit le modèle à un trait."

Un autre portrait, à l'encre, de Dina par Dufy sera vendu aux environs de 15000 euros... Dina vendue, les portraits dispersés, un seconde mort ? Le fils se libérant enfin de la mère, par ce meurtre symbolique..? 

 

 

*** A voir, de nombreux Maillol (peinture, sculpture, faïence, objets) au musée Rigaud de Perpignan : Exposition "Paris-Perpignan-Barcelone- (rue de l'ange).


 

 

** Le journaliste Xavier Febrés publie une biographie du sculpteur de Banyuls

La nuesa del paisatge

Xavier Febrés ressegueix el vincle d'Aristides Maillol amb la seva terra en una aproximació biogràfica editada per Curbet

 

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Maillol, treballant a Banyuls en l'Île de France', l'any 1932 Foto: GASTON KARQUEL.

 

Arístides Maillol va suspendre tres vegades l'examen d'ingrés a l'Escola de Belles Arts de París, i quan finalment va aconseguir entrar-hi, va ser per constatar que hauria hagut d'estar més atent als senyals inequívocs que li havia estat enviant el destí. Aquells ensenyaments definitivament no feien per ell, sobretot després de descobrir que, més que la pintura, el que li agradava era el tapís, i quan ja en dominava tots els secrets, que de fet no, tampoc no era el tapís: el que volia era dedicar-se a l'escultura. En realitat el canvi d'orientació que determinaria la seva autèntica vocació es va deure a un problema a la vista que li impedia atendre els detalls de l'ordit, potser per ai l'obra escultòrica per la qual passaria a la història és tan tàctil; les seves dones, tan turgents i voluptuoses, tan carnals. El Maillol que coneixem és doncs el que neix quan ja té els quaranta anys fets i es construeix vertiginosament en els quaranta anys següents, ben bé fins al moment de la mort, quan anava a recollir pedretes a la platja de Banyuls, com explica Josep Pla a l'Homenot que va dedicar-li, per continuar sentint el pes del món a la mà, amb la seva barba tolstoiana, el barret d'hortolà i la mirada embravida amb una centella blava cada cop que sentia a prop l'ardor juvenil de la musa dels últims anys, la coratjosa Dina Vierny.

 

Maillol, l'escultor carnal (Curbet Edicions), de l'escriptor i periodista Xavier Febrés, és la més recent aproximació a un artista que continua sent objecte de devoció i encasellament a parts iguals, probablement perquè sovint s'ha parat més atenció que no calia al seu vincle amb el mite del classicisme grec, oblidant, com ben encertadament observa Febrés, que Grècia no va ser per Maillol un descobriment, sinó un reconeixement, un calc i a sobre menys emocionant del seu Rosselló natal, el seu veritable humus creatiu, i s'ha passat per alt en canvi que era també un home rústec, un sensual, algú que podia replicar irat que no es podia entendre la forma precisa de la natura ni de tot el sistema que irriga la vida si abans no s'havia mesurat al palmell de la mà el pit o la vulva d'una dona. I ai que n'hi ha que afirmen que no va tenir relacions carnals fins ben bé a la trentena: abans estava massa ocupat a sortir de la misèria, com la majoria dels seus veïns, astuts contrabandistes en temps de penúria generalitzada, i no va sortir de penes fins que va conèixer Clotilde Narcís, la filla del flequer del poble, dotze anys més jove que ell, que va convertir en la model de les seves primeres obres monumentals i en el testimoni privilegiat de la seva consagració vertiginosa com el successor de Rodin, abans que aparegués una noieta de quinze anys d'origen rus, quan Maillol ja passava dels setanta, i la relegués al paper vodevilesc d'esposa gelosa i malhumorada. El llibre de Xavier Febrés, una àgil i amena introducció a la vida i l'obra maillolianes, té el mèrit afegit de plantejar alguns interrogants incòmodes; per exemple, per què l'obra d'un escultor nord-català que va fer professió de fe del seu catalanisme continua sent tan poc present als espais públics de Catalunya?

 

L'emoció de Pla.

Una de les poques vegades que Josep Pla confessa haver-se emocionat és quan va veure per primera vegada, l'any 1953 a Nova York, l'escultura Lle de France de Maillol. L'escultor hi havia treballat en la vellesa a l seu taller de Banyuls, i Pla no dubtava a qualificar-la de la peça més important produïda arran del Mediterrani els últims dos o tres segles. Aquell mateix any, Eugeni d'Ors afirmava que, a diferència del Balzac de Rodin, que podia ser la gàrgola despresa d'una catedral qualsevol, les Venus de Maillol només podien haver nascut al costat mateix de casa seva. El noucentisme, doncs, moviment al qual s'ha vinculat tan sovint l'obra de l'escultor, no va saber que tenia un profeta tan a tocar fins molts anys després de la seva liquidació.

(C) - EVA VÀZQUEZ - El Punt,  GIRONA.

 

 

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