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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 09:57

garcia-Fons.jpg (C) P.Garcia-Fons.

 

 

 Mar, Massilia, la réécrire, la ville, et la mer qui bouge, dans les deux sens. Vers l’Afrique : désir de désert. Mouvement vers l’Europe des pauvres, des sans-papiers : après le péril jaune, la peur de l’Arabe…De l’autre, du Noir, de l’immigré…

 

 

  *  J'étais au sommet comme un corail profond. Je voyais le bout des terres, la pointe rouge de la mer depuis mon nid préhistorique. Je dévorais la montagne des calanques, vertes de thym et de lumière d'incendie. Soleil dans les yeux, soufre au fond du nez.

 

  Les feux étaient pourtant morts d'angoisse à l'idée de lécher la conque de la mer, de peigner la douce ennemie, de brûler de plaisir les bateaux...

 

  Victoire, tu prêtais le soleil comme un premier matin sur une terrasse d'ifs, insérée dans une baise grise endormie, inhumaine...

 

   Ile hypothétique d'un nouveau monde. Je restais là, prostré dans la chaleur du Bengale, prisonnier des mâchoires du spectacle solaire... Hébété jusqu'au soir, jusqu'au cercle ocre de la mort inscrite dans les pins dégénérés de Cassis.

 

   Redescendre vers l'embrun, vers la pluie des rivages, avec des espoirs de plein midi réitérés. Ecouter ton chant, montagne, suivre ta loi inflexible, Nausicaa, à la triple roche élevée. 

   Demain, je planterai la tente à la crête du chemin de ronde. Pour une randonnée farouche sur l'immobilité du temps...

 

  * Marseille, porte de l'Orient dessinée par Puvis de Chavanes. Je n'ai pas vu Marseille simplement de l'intérieur des rues, des terrasses du Vieux-Port. Je me souvient de la ville depuis la mer, la vision acquise depuis le bateau africain...

 

  * Marseille transit ? Fille à voyous, à femmes faciles ? Cité violente, chaude ?

   Non, Marseille la poétique, entre Garrigue et Afrique.

 

  * Visite à Sud, revue de poésie, rue Saintes, en plein Midi de Marseille, sous la pluie. 

 

  Lettre à Sud. Les épreuves du bac au lycée Thiers me donnent l'opportunité d'écrire sur la cité. Je vous laisse à voir ces pages extraites d'un Bel été (recueil Méditerriennes). Sont-ils publiables ? Peu importe. Là n'est pas la question, la gestion du temps, de l'argent, de la diffusion, de la notoriété : la poésie a tout son temps. Le temps du monde. Le chant du monde ! 

 

  Je veux, tout simple, vous dire ma fatigue d'avoir arraché à la ville, à la plage, au soleil artiste, à la foule phocéenne, ces quelques mots ramassés en des pages compactes...

 

  La boîte à poèmes annonce "Sud, Broussard et Lovichi". Pas de minuterie, les clairs-obscurs de la poésie. Le sol est inégal dans cette mansarde énorme et labyrinthique. Mais, du sud au nord, de la cour intérieure aux escaliers des terrasses, délabrement, délitement. Littérature absente, du diminuement...

 

  *  A Marseille, le vieux port, qui semble sans issue vers la mer...Valéry Larbaud.

 

 

 

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 09:19

fauteuils.jpg (C) Jean-pierre Bonnel - L'été dans un fauteuil : un transat pour Marseille

 

  * Mar, Massilia, la réécrire, la ville, et la mer qui bouge, dans les deux sens. Vers l’Afrique : désir de désert. Mouvement vers l’Europe des pauvres, des sans-papiers : après le péril jaune, la peur de l’Arabe…De l’autre, du Noir, de l’immigré…

 

   * Le bel été, le beau Rimbaud. Une trace sur la plage qui parle d’une ultime empreinte. Dernière aventure à Marseille : sa mort.

 

  *  J'étais au sommet comme un corail profond. Je voyais le bout des terres, la pointe rouge de la mer depuis mon nid préhistorique. Je dévorais la montagne des calanques, vertes de thym et de lumière d'incendie. Soleil dans les yeux, soufre au fond du nez.

 

  Les feux étaient pourtant morts d'angoisse à l'idée de lécher la conque de la mer, de peigner la douce ennemie, de brûler de plaisir les bateaux...

 

  Victoire, tu prêtais le soleil comme un premier matin sur une terrasse d'ifs, insérée dans une baise grise endormie, inhumaine...

 

   Ile hypothétique d'un nouveau monde. Je restais là, prostré dans la chaleur du Bengale, prisonnier des mâchoires du spectacle solaire... Hébété jusqu'au soir, jusqu'au cercle ocre de la mort inscrite dans les pins dégénérés de Cassis.

 

   Redescendre vers l'embrun, vers la pluie des rivages, avec des espoirs de plein midi réitérés. Ecouter ton chant, montagne, suivre ta loi inflexible, Nausicaa, à la triple roche élevée. 

   Demain, je planterai la tente à la crête du chemin de ronde. Pour une randonnée farouche sur l'immobilité du temps...

 

** Festival Été 66 :

Soirée avec l'Orchestre de Catalogne et Recoveco 

Mardi  16  juillet   2013 à 2  1  h  (entrée libre et gratuite)


Palais des Rois de Majorque 

- Perpignan - 

Mardi 16 juillet à 21h, le festival Été 66 propose un concert complètement 

décalé au Palais des Rois de Majorque ! La rencontre entre Accordzéam, 

des solistes de l'Orchestre de Catalogne, et le groupe latino Recoveco va 

bousculer les codes, avec un programme où se croiseront Star Wars et 

Bach, Pirates des Caraïbes et Mozart... Entrée libre et gratuite (dans la 

limite des places disponibles), places assises dans les gradins, buvette. 

L’Info en plus... 


Du 22 juin au 25 août, la 6e édition du festival Été 66 fera vibrer les P.-O. 

avec 37 soirées toutes gratuites ou presque : concerts, mais aussi danse, 

théâtre et humour, dans les cadres exceptionnels du Palais des Rois de 

Majorque, du Château Royal de Collioure et du Prieuré de Serrabona.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 14:18

images-copie-10.jpeg Monument à Rimbaud à Marseille  

 

* Villégiature tranquille dans un transat du Prado. A Marseille, la drôle de mort de Rimbaud. Dans le jeu de quilles de la vie, il perd la sienne. Mort d'une jambe, perte d'un poète...

 

  Arthur toujours ivre sur sa dune d'olive. Harar, Roucas blanc, Lolla Touareg. Il peut écrire tous les déserts des pages, ailleurs la vraie mort...

 

   L'écriture rimbesque court sur le sein des vagues. Elle est happeuse, pressante, exigeante, sans concession : elle est la mer, dirait Rimbald le Marin, elle écrit du haut de ses épées d'écume !

 

   * Je ne raconterai pas l'histoire de la sardine qui a bouché le vieux port, ni son enterrement : lire Fernando Arrabal.

 

  * Clair soleil aux débarcadères du poème, eau douce pour navire.

Zeugma, fusion du rêve et du réveil.

 

   * Marseille, ville-espace à conquérir, la maîtriser, la quadriller par le plan et les pièges de la mémoire. Jaillissent les souvenirs de Jules Esperandieu aux pied romano-byzantin de Notre-Dame, phare d'une mer cosmopolite.

 

   Plus bas, dans les caves de la nuit, le jazz mêle-pêle, mille-pattes aux mille couleurs, chante le Panier, le Rose et le Merlan sur les linges de la Charité. D'autres ont écrit la chanson de la révolte : "A quand la rénovation ?"

 

   Partout, rien que toiles et poésies, au coeur cafardeux de tous ces taudis !"

 

   Clair soleil, vert printemps. Air-Bel, poésie marine, villa commune délaissée pour la paix des Amériques. 

 

 

 

---------------- Rencontres ciné de Prades : Du 16 au 24 juillet

 

Deuxième Festival français par sa longévité après celui de Cannes, Le Festival de Cinéma de

 

Prades, créé en 1959, sous la présidence d’honneur de René Clair et Pablo Casals, est devenu

 

aujourd’hui Les Ciné-Rencontres de Prades.

 

Situé au pied du mont Canigou dans les Pyrénées-Orientales, dans un cadre convivial, c’est un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles et le grand public régional, national et international.

 

Nous avons accueilli, entre autres François Truffaut, Joseph Losey, Bernardo Bertolucci, Roman Polanski, Fabrice Luchini, Claire Denis, Bertrand Tavernier, Michel Piccoli...

 

 

L'édition 2013, définitivement européenne, sera tournée vers l’Allemagne, avec Werner Herzog à l'honneur et un coup de projecteur sur le nouveau cinéma allemand. Nous fêterons les 50 ans desFilms du Losange, partenaire de longue date du festival et la part belle sera faite aux avant –premières cannoises et aux courts-métrages avec le prix du public Bernard Jubard.

 

Le Festival est avant tout un lieu d'échange qui mise sur la convivialité et la beauté de son cadre

 

pyrénéen, aussi, les 9 jours de programmation sont entrecoupés de débats et de repas en extérieur avec les invités et le public.

 

Séances :

Au cinéma Le Lido, 174 avenue du Général de Gaulle, 66500 Prades.

4 séances quotidiennes (9h/14h/17h/21h).

1 seule salle de projection numérisée 186 places.

Repas festifs sur place.

Un espace détente et rencontres géré par l’association au 2ndétage du cinéma.

Contact et réservations :

Tarifications, billetteries : de 4€ (prix réduit séance) à 75€ (pass complet + catalogue).

Tarifs réduits pour adhérents, groupes, étudiants et chômeurs.

 

 

LES CINE-RENCONTRES.

174, avenue du Général De Gaulle - 66500 PRADES - Tél/FAX : 04.68.05.20.47

www.cine-rencontres.org infos@cine-rencontres.org

 

 

 

 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:28

jbs114.jpg   * Villégiature tranquille dans un transat du Prado. A Marseille, la drôle de mort de Rimbaud. Dans le jeu de quilles de la vie, il perd la sienne. Mort d'une jambe, perte d'un poète...

 

  Arthur toujours ivre sur sa dune d'olive. Harar, Roucas blanc, Lolla Touareg. Il peut écrire tous les déserts des pages, ailleurs la vraie mort...

 

   L'écriture rimbesque court sur le sein des vagues. Elle est happeuse, pressante, exigeante, sans concession : elle est la mer, dirait Rimbald le Marin, elle écrit du haut de ses épées d'écume !

 

   * Je ne raconterai pas l'histoire de la sardine qui a bouché le vieux port, ni son enterrement : lire Fernando Arrabal.

 

* Basalte bleu des solitudes. Solivage de tes hanches qui chantent dans l'amour de la nuit, ô soleares sentimentales !

 

   "J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité." (Robert Desnos)

 

  * Clair soleil aux débarcadères du poème, eau douce pour navire.

Zeugma, fusion du rêve et du réveil.

 

   Marseille, ville-espace à conquérir, la maîtriser, la quadriller par le plan et les pièges de la mémoire. Jaillissent les souvenirs de Jules Esperandieu aux pied romano-byzantin de Notre-Dame, phare d'une mer cosmopolite.

 

   Plus bas, dans les caves de la nuit, le jazz mêle-pêle, mille-pattes aux mille couleurs, chante le Panier, le Rose et le Merlan sur les linges de la Charité. D'autres ont écrit la chanson de la révolte : "A quand la rénovation ?"

 

   Partout, rien que toiles et poésies, au coeur cafardeux de tous ces taudis !"

 

   Clair soleil, vert printemps. Air-Bel, poésie marine, villa commune délaissée pour la paix des Amériques. 

 

 

 

*** A débuté « Perpignan sur scène ». Jusqu’au 27 juillet, cet événement a pour ambition d’être une oasis festive et suspendue, une bulle de fraîcheur au cœur de l’été. Tous les talents se conjuguent pour que musique et théâtre portent haut les couleurs de nos artistes et leur ouverture au monde. Au cadre magnifique du couvent des Minimes, à la convivialité chaleureuse de la guinguette Tapas’n music, aux tarifs modiques, vient s’ajouter cette année un « passeig de vila musical » qui enflammera rues et terrasses de café à l’heure de l’apéritif, quand la ville bruisse encore de l’activité de ses commerces. La rue, la guinguette de la cour du Figuier, le patio du couvent : trois espaces, trois temps, un rythme de sardane en somme pour des soirées « trois en un » inoubliables… 


 Entrée : de 5 à 8 euros. Renseignements : 04 68 62 38 82.

 

 images-copie-9.jpeg  Enrique SALVADOR

 

PERPIGNAN SUR SCENE : Dimanche 15 juillet :  Enrique Salvador (chanson latino et cubaine - Patio 22 heures -)

 

      Enrique est musicien depuis 1982 et, de façon plus professionnelle, depuis 1991 : trouvant son activité d'artisan d'art trop solitaire, il se dirige vers la musique, aux percussions d'abord, à la batterie ensuite, dans un orchestre de bals. Ensuite, c'est une nouvelle expérience avec la trompette.

 

 Les amis forment ensuite un autre groupe, mixte, les "Matous-souris", la fanfare s'acheminant vers des influences latines et jazzies... Une rencontre importante a lieu avec des musiciens de jazz originaires de Paris : "Avec le Crakitos, on a fait craquer Perpignan, de 83 à 87", se .rappelle Enrique. "C'était une époque extraordinaire, en compagnie d'une amie contrebassiste, Monique Guillouët; native de Bretagne, mais installée à Estagel, elle motive les "Parisiens" qui se décident à venir dans la région pour la saison..."

 

Les aventures se poursuivent : Enrique va jouer avec Anne (de 1991 à 2005) dans un ensemble latino-jazz; la petite formation "Ana y succombo" ("combo" signifiant justement "petite formation") va écumer la région Languedoc-Roussillon. C'est, au départ, un duo, puis le groupe musical devient un trio, se transforme en quartet, évolue en quintet : ce sera là sa forme la plus stable.

 

Au départ, cette Espagne, il ne l'a pas aimée. Puis cette histoire l'a rattrapé, une mutation s'est opérée; il s'identifie alors avec le pays de ses racines. Pourtant, enfant de l'exil, il se souvient du rejet de ces gens de l'exode par les autochtones français, qui "accueillaient" ces Républicains dans...des camps de concentration !

 

C'est avec cette double inspiration qu'il réalise en 1998, le premier spectacle musical "Souffle al-Andalous", une vidéo en témoigne : le compositeur fait alterner la mémoire familiale (avec la tragédie de La Retirada), et une mémoire plus imaginaire, celle de l'Andalousie, terre natale de ses parents, obligés de fuir et de s'exiler en 1939, lors de la guerre civile espagnole. Enrique fait cohabiter l'histoire familiale et une évocation poétique de l'Andalousie rêvée. Cette création s'est inscrite dans le cadre d'un "Itinéraire bis", puis dans la programmation de la région : elle est diffusée dans le réseau des communes de moins de dix mille habitants.

 

Ce spectacle a déterminé une autre création sur Boris Vian, intitulé "Aux Mages des mots, Claude Nougaro". 

 

C'est en octobre 2011 qu'il enregistre, à la Casa musicale, un disque comme auteur-compositeur : "Les beaux bleus de mon âme": treize morceaux aux inspirations andalouse, cubaine, "musiques du monde", en sextet, avec piano, percussions, bugle, contrebasse, batterie; Enrique est, lui, au chant, mais il a tout écrit -texte et partie mélodique-, l'harmonie faite par un pianiste de talent, Christophe Puccio.

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 14:48

 

bonnel-juin 0777 (C) Olivier Mosset 

 

 

  * Eté arrivé. Sur la mer aussi, bleu étalé, loin des orages de montagnes...

Pour anticiper l'arrivée à Marseille, écrire sur le chemin marin, invisible, vie effacé.

 

  * Chemins de l'été. Carrières abandonnées. Ardoises de la maison liquide. Nomadisme de par les plaines. Camis ramaders de Catalogne. Canaïres de Provence. Trazzere de Sicile. Drumul oilor de Roumanie. Canadas de Castille. Drailles du Languedoc...

 

   Chaque jour, le plein midi, malgré l'embrun, malgré la pluie.

  Les textes apparaissent comme à une crête de chemin de randonnée.

  Ce juin assoupi qui se surprend à guetter la foule et la venue de l'été...

  Tandis qu'à la ville, des rues, des marchés, des lycéens...

   Je me souviens, Le Lavandou...Ces gens multicolores, hôtels éventrés, cuisses boursouflées, coquillages blancs, mondes du large, des nuits humides et des sexes ouverts...

  Devanture sans vitrine, un décor de sable et un café posés dans un théâtre fin de siècle...

 

 

   L'été des oiseaux sur la plage. Pattes et poitrines calcinées par le soleil. Les ailes dans le goudron du vent. La cage noire des cheveux.

Quelques filles, qui détiennent la vocation du bonheur, voltigent dans leurs dentelles, dont le geste aérien est charnel. La peau se lit à la pointe d'un sein qui cogne à l'enveloppe de l'air. Un désir nu se visse dans cette rougeur à la chair de poule.

 

   Eté des arbres crachés à la mer; elle rend pourtant un jour, toujours, ses excréments d'hommes et d'objets. Au-dessus des têtes, un manège de cuivres. Une musique d'eau sur l'enclume du sable. La chaleur habite la surface des lèvres, tout à leur récitation du silence. Sculptures immobiles des corps marins. L'été referme ses demeures de noix sous une rapide voûte de bras.

  Il se tient où navigue l'écriture. Il mine le crayon de la parole..

 

 

  * Malgré toute sa force brutale, bestiale, fractale, le vent ne peut rien contre les ventouses du jecko, lézard des préhistoires exposant son silence d'orgueil au soleil de minuit. 

 

   *  Eté : atteindre le gouffre plein du savoir, cette mer de vase dévoreuse, mère mouvante. Aller jusqu'au désert compact, la mériter pour obtenir la récompense d'un enfant, la pureté d'un mirage, la gourmandise de l'indicible plaisir du rien, du non-savoir des origines. (Collioure, 12.7.1992)

 

   * Mire la mer (avant de l'écrire ?). Se caler entre les galets qui font le dos rond. Etre mouillé par le vent salin qui vient humecter la plage. Ses jambes implorent une impossible marée.

 

 

** Piano :

 

«Le Piano s’invite à Juhègues» le dimanche 14 juillet à 21h et ce sont les deux professeurs de la master class de Banyuls sur Mer qui nous font l’honneur d’un récital dans la délicieuse chapelle de Torreilles.

 

Née en 1982, Véra Tsybakov est lauréate du prestigieux Concours Marguerite Long en 2004. Depuis, son parcours professionnel est jalonné de prix, de récitals, de tournées à l’étranger et d’émissions radiodiffusées ou télévisées. Dans sa discographie, deux album en solo «Chopin» et «Rhapsody in blue» pour le label Intrada, chaleureusement salués par la critique, ainsi que trois CDs de contes musicaux. www.veratsybakov.com 

 

"Romain Hervé possède un secret, celui d'ouvrir une lucarne sur le paradis. En effet, le regard interrogateur de ses yeux si bleus et si pleins de bonté, c'est le regard d'un ange, mais d'un ange sans illusion" (Midi Libre). Né en 1977, Romain Hervé a reçu l’enseignement de Pierre Froment, disciple d’Alfred Cortot, et de Bruno Rigutto, disciple de Samson François. Premier prix du Concours de Radio France, il s’est produit en récital à Singapour, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et au Japon. Ses enregistrements consacrés à Liszt et à Chopin ont été largement récompensés. Dans «Le Monde de la Musique», Michel Le Naour certifie : «Pour l’élégance, la pudeur et la grâce, Romain Hervé montre que le piano français a encore de beaux jours». www.romainherve.com .

A Torreilles, Véra Tsybakov jouera des études-tableau de Rachmaninov et Romain Hervé des études de Chopin.

Entrée gratuite, pot convivial, renseignements au 04 68 89 65 96

 

Dans le cadre de leur festival d’été AMusikenVignes, les Amis d’Alain Marinaro reviennent au somptueux Monastir del Camp à Passa et ils y produisent un concert le lundi 15 juillet à 18h30 dans l’église. A cet effet, ils ont choisi le trio Mariana, constitué par les violonistes Julien Malait et Hanna Zribi, et par l’altiste Claire-Hélène Rignol. Ce trio naît en 2012 d’une forte amitié entre trois jeunes musiciens venus d’horizons différents et qui se perfectionnent aujourd’hui au Conservatoire Supérieur National de Musique de Lyon. C’est une formation inhabituelle pour laquelle de très belles œuvres ont pourtant été composées. Ces chefs-d’œuvre constituent l’essentiel du répertoire interprété par le Trio Mariana.

Entrée 5 €, dégustation gratuite des vins des vignerons de Passa et des douceurs offertes par la Toque Blanche Du JOA Casino du Boulou, Wesley Durand.

 

A Canet, Marie Pierre et Serge Baux ont admirablement organisé le mas Baux pour en faire un lieu de culture et de convivialité. Dans le cadre du festival d’été AMusikenVignes, les Amis d’Alain Marinaro y produiront le mardi 16 juillet à 18h30 deux jeunes et talentueux musiciens du pays. Le violoniste Yoann Guérin a fait ses études musicales en France et à la ‘Royal Academy’ de Musique de Londres. Pour la saison 2011-2012, il s’est produit régulièrement avec l’Orchestre National de Montpellier, l’Orchestre Centre Tours aux Folles Journées de Nantes, ainsi qu’avec l’Orchestre des Lauréats du CNSMD de Paris à la salle Pleyel, la Cité de la Musique et au Théâtre du Châtelet. Il a enregistré pour le film de Luc Besson et Olivier Megaton «Colombiana ». Le pianiste Nicolas  Licciardi commence l’étude du piano à Bourg-Madame. Médaille d’or du C.N.R. de Toulouse, il joue avec l’orchestre de chambre du conservatoire. Après un an de perfectionnement à Toulouse, il est admis second nommé au CNSMD Paris en 2003 dans la classe de G. Pludermacher et de Claire Désert. Il obtient le DES (mention TB) et le prix de piano en 2007. Il se perfectionne auprès d’Abderrahmane el Bacha et Vincent Coq, pianiste du trio Wanderer. Yoann Guérin et Nicolas Licciardi ont joué en duo plusieurs fois depuis 2007. Au programme,. Déodat de Séverac, Henri Collet, De Falla et Turina.

Entrée 5 €, dégustation gratuite, gourmandises offertes par la Toque blanche Jimmy Nicaud (le Don Quichotte), renseignements au 04 68 89 65 96.

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 12:10

12-juillet-cerbere.jpg  8-juillet--cerbere.jpg 

 

La goëlette des écrivains va son petit bonhomme de chemin en suivant l'arc du Golfe du Lion. Le promeneur du large peut apercevoir une dentelle de plages, les rares verdures de la Camargue, un fil de construction longeant le littoral. Cette vue depuis le large permet le recul, le regard un peu plus objectif, mais critique, aussi, sur le comportement mesquin des hommes sur leur lopin de terre...

 

Il nous tarde Marseille, et le souvenir d'un grand philosophe, en exil dans la cité phocéenne :

 

 

Sur les pas Walter Benjamin à Marseille :

 

En 1927, Walter Benjamin était venu à Marseille et avait tiré de ce voyage un recueil de courts textes publié dans une revue suisse à la suite d’un recueil semblable sur Weimar. À la ville de Goethe, celle du classicisme allemand, témoin d’une époque où, selon Benjamin, « le riche lui-même devait encore sentir la dureté de la vie sur son propre corps », avant de céder bientôt au confort de l’ère industrielle, succédait la ville du Sud, moderne, cosmopolite et prolétaire, terrain d’expériences surréalistes et réservoir des forces politiques du présent. 

 

Ces textes en tête, j'ai l'intention de suivre le parcours de Walter Benjamin dans Marseille. Ils dessinaient une géographie approximative : le quartier du Panier, la cathédrale de la Major, les quartiers de la Joliette et d’Arenc, la ligne tracée par la rue de Lyon en direction du nord, des environs de la station Bougainville, terminus du métro, jusqu’aux hauteurs de la Viste d’où l’on domine la ville...

 

 

--- Un évènement exceptionnel dans un lieu exceptionnel

INES BACAN CONCHA VARGAS PEDRO SOLER pour un concert au Belvédère du Rayon Vert de CERBERE

 

Pendant une semaine, du 8 au 13 juillet, les deux monstres sévillanes du flamenco l'une chante, INES BACAN ,  lautre danse, CONCHA VARGAS se sont installées avec leurs familles dans cet incroyable lieu quest le Belvédère du rayon vert à Cerbère. Elles y enseignent  leur art  avec PEDRO SOLER à des stagiaires venus de toute la France et dEurope. Cest dans létonnante salle de cinéma du Belvédère, quun concert  clôturera cette semaine le samedi 13 juillet à 20h. Aux maîtres se joindront RAFAEL ROMERO (chant), LORENZO RUIZ (danse) et JOSE VARGAS (guitare).

 

Tous les soirs pendant la semaine du stage, le Belvédère du Rayon Vert, cet hôtel monument historique qui à lui seul déjà vaut le déplacement,  se transformera en Bodega où on se retrouvera autour dun verre de vin, quelques tapas et un  « tablao » ouvert à tous les aficionados, aux élèves et aux maîtres. Il risque dy avoir des moments d’improvisation étonnants et chauds !

 

Jean Charles Sin, le propriétaire du Belvédère, sera lui-même au « piano » du restaurant (assiettes composées) et il accueille une exposition du peintre Erik Sutra.

 

Il s’agit là dune première édition dun rendez-vous annuel pour tous les passionnés de flamenco que PEDRO SOLER et un collectif organisateur, caché sous le nom de NO MANS LAND ont décidé d’implanter dans ce lieu magique.

 

Une occasion dassister à un concert dans des conditions extraordinaireet de rencontrer les artistes,  CONCHA VARGAS qui vient de danser à la Biennale de flamenco de Paris  et qui enseigne à Séville, au Japon et aux USA et INES BACAN qui chante dans le monde entier aux côtés dIsrael Galvan qui sera avec elle en octobre au théâtre de lArchipel de Perpignan.

http://hotelrvb.blogspot.fr/

 

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 11:11

plage-du-faubourg.jpg   Le bateau littéraire glisse vers Cap d'Agde. L'espace de la goëlette est compté mais les compagnons ulysséins font bon ménage et causent littérature méditerranéenne (André B) ou musique antique (Paul Macé). Eliane a pu faire griller au soleil des maquereaux : "La mer est un poisson bleu !", aime-t-elle chaner...

 

Le vent, héros homérique, personnage central de l'Odyssée, nous pousse dans le dos et souvent sur la gauche, nous poussant vers le large : la tramontane, glissant, surfant, soufflant sur les neiges des hauts plateaux, nimbe d'un linge vaporeux les moutons de la Méditerranée...

 

Le Sud est vers la poupe, et la Catalogne et Costa Brava. Adieu Béar, passe des pièges, heureusement que nous n'avons pas navigué vers le Midi, vers Cap de Creus et péninsules, vers les dents dorées des Baléares...

 

Adieu la mer baléarique. Vivent les eaux provençales... Vivement L'Estaque et ses picturales côtes. Un regard de mépris pour Agde, cap des orgies programmées, littérature pour des Catherines mouillées de pacotille...

 

 

 

 

---- Marseille la maudite et les écrivains (fin )

 

 

... L. Brauquier a été influencé par Emile Sicard, «le poète du Vieux-Port», mais loin des pochades et portraits convenus, il a donné une vision authentique de sa ville :

"La Marseille de Brauquier est la Marseille vraie, celle qui n'est pas faite pour l'amusement des galeries du théâtre, des alcazars ou du cinéma, mais pour l'intense mouvement du trafic navigateur, pour les puissantes pulsions du commerce de la mer: 

 

"Rue maritime"  (extraits)

Cent mètres de la rue Beauvau

Comme vous possédez le monde!

Les marins anglais qui fument

A la porte des Compagnies…

Les cent mètres de cette rue

Sont plus lourds sur le corps du monde

Que dix villes de cent mille âmes

Que n'agite aucun désir." (op.cit. p.8)

 

Il faudrait citer aussi "Nuit sur le Vieux-Port", "Litanies pour Notre-Dame de La Garde"…Il faudrait réhabiliter l'auteur de Eau douce pour navires (Gallimard,1930), rééditer ses recueils (chez Jeanne Laffitte, par exemple!), et le citer dans les guides touristiques, bleus ou verts, et culturels, où ne sont publiés que les auteurs extérieurs à Marseille ( collection Découvertes - Bouches-du-Rhône, de Gallimard, par exemple) …

 

Pourquoi Massalia n'est-elle pas un grand lieu littéraire -ou artistique: on connaît mieux le groupe de L'Estaque que Monticelli, et Daumier n'est représenté dans sa ville natale que par deux dessins!-, mais simplement un espace de transit: rappelons-nous le court séjour des Surréalistes, en 41, avant leur départ en Amérique..?

 

Personne ne peut être indifférent à Marseille. On la déteste souvent, car, on l'a montré, on ne considère que le théâtre extérieur de la vie: M.la maudite, la sordide ,la pestiférée, la noire, la maghrébine, la délinquante, la corrompue, la révolutionnaire, etc.…Et quand on en est amoureux, comme je le suis: 

 

"Elle est riche de vies multiples

cette ville

elle résume le monde

elle contient la terre et toutes les mers…"

 

(J.-P. Bonnel : L'été en Massalie, dans Le Regard en arrière - Ed. Les Alpes vagabondes-1991)

 

On éprouve tout de même le désir rapide de la fuir…

 

C'est peut-être parce que je ne peux accepter que Marseille ait servi de décor mortuaire à Rimbaud, échouant à l'hôpital de la Conception, après un voyage exténuant, depuis l'Abyssinie…

 

 

---Un évènement exceptionnel dans un lieu exceptionnel

INES BACAN CONCHA VARGAS PEDRO SOLER pour un concert au Belvédère du Rayon Vert de CERBERE

 

Pendant une semaine, du 8 au 13 juillet, les deux monstres sévillanes du flamenco l'une chante, INES BACAN ,  lautre danse, CONCHA VARGAS se sont installées avec leurs familles dans cet incroyable lieu quest le Belvédère du rayon vert à Cerbère. Elles y enseignent  leur art  avec PEDRO SOLER à des stagiaires venus de toute la France et dEurope. Cest dans létonnante salle de cinéma du Belvédère, quun concert  clôturera cette semaine le samedi 13 juillet à 20h. Aux maîtres se joindront RAFAEL ROMERO (chant), LORENZO RUIZ (danse) et JOSE VARGAS (guitare).

 

Tous les soirs pendant la semaine du stage, le Belvédère du Rayon Vert, cet hôtel monument historique qui à lui seul déjà vaut le déplacement,  se transformera en Bodega où on se retrouvera autour dun verre de vin, quelques tapas et un  « tablao » ouvert à tous les aficionados, aux élèves et aux maîtres. Il risque dy avoir des moments d’improvisation étonnants et chauds !

 

Jean Charles Sin, le propriétaire du Belvédère, sera lui-même au « piano » du restaurant (assiettes composées) et il accueille une exposition du peintre Erik Sutra.

 

Il s’agit là dune première édition dun rendez-vous annuel pour tous les passionnés de flamenco que PEDRO SOLER et un collectif organisateur, caché sous le nom de NO MANS LAND ont décidé d’implanter dans ce lieu magique.

 

Une occasion dassister à un concert dans des conditions extraordinaireet de rencontrer les artistes,  CONCHA VARGAS qui vient de danser à la Biennale de flamenco de Paris  et qui enseigne à Séville, au Japon et aux USA et INES BACAN qui chante dans le monde entier aux côtés dIsrael Galvan qui sera avec elle en octobre au théâtre de lArchipel de Perpignan.

http://hotelrvb.blogspot.fr/

 

 

 

 

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 10:08

st-cyp.jpg  Le projet Odyssea présenté au casino de Saint-Cyprien.

 

   Vers Marseille... (photo Julien Verjoul)

 

Vogue la goélette... A la barre un écrivain de Catalogne... Les compagnons s'activent sur le pont en tentant de trouver la sardine susceptible de boucher le Vieux-Port... Massalia est encore loin. La maigre brise ne nous a bercés que jusqu'à Gruissan...

 

Paul Macé, directeur du musée MUSIC de Céret orchestre les souffles rassemblés en pétales de rose...

 

Oublié le mur de béton de Canet-plage. Se contenter d'un regard vers les terres ocres de l'Aude occitane.... Et de l'éternité des étangs et lagunes : Sigean...

 

Voici l'opéra des embruns : le vent se lève, gargal, noroît, sirocco, on ne sait. On sait le bruit de l'eau qui explose sur la coque de l'esquif littéraire... Il glisse vers la porte de l'Orient. Je ne lis plus, pas de temps à perdre dans la big bleue. Je ne fais que jeter des yeux sur le littoral mince et lointain...Pour emmagasiner des rêves, des visions... Pour trouver belle cette frange terreuse et humaine, ne désirant rien connaître des corps allongés, inutiles, dans la vacuité des vacances encadrées... Ignorer les ventres obèses de la société de consommation. Passer sous silence, tel un geste de mépris, le règne de la finance et des marchés... 

 

Je voudrais à présent aller vers le large comme vers une mort...

 

 

---- Littérature : Marseille la maudite vue par les écrivains 2 :

 

...De même, Gustave Flaubert, qui entreprend en août 1840, un Voyage aux Pyrénées et en Corse, a rédigé une partie de ce texte à Marseille. Ce qui l'attire, c'est ce que tout voyageur ressent: cette ville n'est pas "française", elle est en marge de la France, elle est un avant-goût de la destination africaine ou orientale qu'on entame ici, elle est l'exotisme même :


"Marseille est une jolie ville, bâtie de grandes maisons qui ont l'air de palais. Le soleil, le grand air du Midi entrent librement dans ses longues rues; on y sent je ne sais quoi d'oriental…Marseille est maintenant ce que devait être la Perse dans l'Antiquité, Alexandrie au Moyen Age : un capharnaüm, une Babel de toutes les nations, où l'on voit des cheveux blonds, ras, de grandes barbes noires, la peau blanche rayée de veines bleues, le teint olivâtre de l'Asie, des yeux bleus, des regards noirs, tous les costumes…le turban et les larges pantalons des Turcs. Vous entendez parler cent langues inconnues…"(Le Seuil- Collection L'Intégrale, p.425).

 

Flaubert reviendra embarquer à Marseille, le 4 novembre 1849,pour son célèbre Voyage en Orient. Cependant, comme dans Les souvenirs littéraires de Maxime Du Camp, les notes sur la cité phocéenne ne sont pas développées:"

 

La mer bleue ! Omnibus : deux vieilles dames…télégraphe. Bureau des paquebots, je me bourre de bouillabaisse et je vais au café : amateurs marseillais jouant aux dominos. Le lendemain matin, bain. La maîtresse des bains a mal aux yeux comme moi. Je cherche et je retrouve l'hôtel de la Darse (hôtel Richelieu, rue de la Darse, où Flaubert avait rencontré Eulalie Foucaud, en 1840, lors de son voyage dans le midi)…Jeudi, promenade au musée. Nouvelle visite à l'hôtel de la Darse. Les rues du vieux Marseille. Place du Puget….Les murs des maisons s'effritent. Rues en pentes !…Les femmes petites, noires, en cheveux, évidemment le style italo-arabe; pas une ne m'accoste, même de l'œil. Quel bel éloge de la police!"(p.706 - Voyage à Carthage -1858-Le Seuil).

 

Marseille, la pittoresque, est liée à un souvenir de femme, mais Flaubert est sensible surtout à la présence de la mer :

« La première fois que je suis arrivé à Marseille, c’était par un matin de novembre. Le soleil brillait sur la mer, elle était plate comme un miroir, tout azurée, étincelante…C'était une volupté virile comme je n'en ai plus retrouvé depuis. Comme je me suis senti pris d'amour pour cette mer antique dont j'avais tant rêvé!…L'air chaud qui circulait dans les rues sombres entre les hautes maisons m'apportait au cœur les mollesses orientales, et les grands pavés de la Canebière, qui chauffaient la semelle de mes escarpins, me faisaient tendre le jarret à l'idée des plages brûlantes où j'aurais voulu marcher… » (p.555-VIII -Voyage en Orient-Le Seuil)

 

Tous les écrivains qui ont séjourné à Marseille -il faudrait encore citer Melle de Scudéry, Stendhal, Giono- ont noté ces aspects valorisants : cité multiraciale, multiculturelle, qui dégénèrent souvent en violence, exclusion, délinquance. Il ne sert à rien d'occulter cette réalité et d'inverser l'image de Marseille, comme a pu le faire Francine de Martinoir (Marseille- Ed. Champ Vallon-1989).Il s'agit d'une ville laide, par la saleté de ses rues, la corruption de ses maîtres, le poujadisme de ses habitants. Mais c'est la ville des apparences, tout un théâtre, avec ses éternels acteurs (la marchande de poisson, la prostituée "hirondelle de la rue Tapis-vert",l'arabe, le fan de l'O.M.),avec sa déclamation (l'accent, la syntaxe ponctuée par des "putain, con"),avec sa dramaturgie (les luttes diverses : politiques, mafieuses, de classe, des banlieues…).La véritable beauté de ce lieu ne se donne pas au premier coup d'œil: la revue Impressions du Sud a d'ailleurs intitulé le dossier du n°21 (printemps 89) : « Marseille, la ville invisible ».

 

Le romancier, s’il préfère éviter la ville et évoquer la mer, s’empare de l'île fameuse qui fait face au vieux port: A. Dumas, dans Le Comte de Monte Christo, mène Dantès "du bruyant Marseille aux cachots du château d'If». A la fin de son livre, il situera la demeure de son héros, libre mais vieux, dans les allées de Meillan, non loin de la Canebière. Ce morceau de terre est devenu touristique, grâce à la littérature, mais sur la terre ferme, un lieu original aurait pu être exploité pour sa force romanesque: le pittoresque village des Catalans, à la rue unique, mais son souvenir ne subsiste que dans le nom d'une rue, sur la Corniche!

 

Marseille est en crise: ses dockers sont licenciés et ses littérateurs manquent de lieux où s'exprimer. Tout comme la revue Docks, les mythiques Cahiers du Sud sont morts (les éditions de l'Aube, c’est vrai, essaient de les ressusciter, mais "hors-contexte»: dans la Drôme):il est loin "le temps où les compagnies maritimes, Les Messageries, Paquet ou la Transat, soutenaient la revue par la pub, notamment!" (revue Méditerranée n°16, sept.96).De même, la revue de poésie Le Refuge, financée par la mairie et le centre de "La Charité «a disparu: son animateur et adjoint à la culture, Julien Blaine/Christian Poitevin a lancé une bouteille à la mer pour créer un "nouvel espace de liberté»: Aime comme (M)arseille…

 

Il manque à Marseille un Jean Ballard. Et un Louis Brauquier (1900/76), grand voyageur, mais dont G.Audisio dit la grande fidélité pour sa ville natale :

 

"Sa maison était située derrière l'église des Prêcheurs, à deux pas du Vieux-Port, rue Ste-Marthe, qui devait être démolie en 1925 avec ce qu'on appelait "les vieux quartiers"…Il est certainement peu de villes au monde, qui ont été l'objet d'une célébration aussi continue, qui peuvent aussi distinctement dire d'un poète qu'il est "leur" poète…Le 1er recueil de L.Brauquier : Et l'Au-delà de Suez, commence par un poème écrit à 18 ans et qui a pour titre "La fondation de Marseille"…

 

Marseille revient sans cesse comme l'objet d'une passion vers quoi tendent tous les désirs, qui s'exacerbent au moment du retour, pendant la dernière nuit en mer:

 

Vivrons-nous jusqu'au matin

 

Marseille, ma Désirade? (Louis Brauquier, par G.Audisio-"Poètes d'aujourd'hui-Seghers-1966)

 

à suivre

 

 

 

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 12:36

bateau-st-cyp.jpg Le bateau de la Catalogne du Nord, pour Marseille : les maires de Perpignan et de Saint-Cyprien en grande discussion - photo Julien Verjoul.

 

 

 

* Le bateau des écrivains 

 

La mer est bonne. La côte défile. La falaise de Leucate, montagne inattendue, interrompt la monotonie des plages sablonneuses...

 

J'écris, je regarde, je note la terre depuis la mer. Clair de mer.

Le cabotage est un inépuisable cinéma, un spectacle inspirateur... Eliane Comelade nous prépare un repas étique : on n'a embarqué qu'une boîte d'anchois ! Notre "prêtresse de la gastronomie" compte bien sur les prises d'Henri Quinta, armé de sa palangre...

 

Jean Sagols, subrepticement, filme Marie Costa, qui profite de la croisière homérique, pour se bronzer à la proue... Jean Cazagran a des pensées daliniennes et se risque à une BD satirique sur notre villégiature odysséenne...

 

André Bonet n'a pas oublié le livre des pensées et des orgasmes de Sainte Rita : il nous récitera quelques versets, ce soir, au crépuscule, quand la poésie et le chant, l'érotique et le mystique se mêlent intimement...

 

Julien Verjoul prend mille clichés sur le point de vue d'un marin qui a le notos, la nostalgie de sa patrie, de son pays de terre et de touristes agglomérés sur le littoral...

 

 

* Littérature en Massilia (J.P.Bonnel)

Marseille la maudite, à l’image de ses écrivains (1)

 

J’aime Marseille, et je regrette que les écrivains du crû, félibres, ou auteurs ayant opté pour la gloire parisienne, tel M. Pagnol, en aient donné une vision réductrice. Comme Daudet, racontant la Provence depuis la capitale, les auteurs marseillais privilégient la caricature: l’accent, la pétanque, la paresse, les noces passives avec le soleil, autant de mythes sudistes, qui confèrent à la belle et antique cité une image négative. Il faut dire que les responsables politiques n’ont rien fait pour redresser ce cliché, bien au contraire : de gauche ou de droite, de Gaston Defferre à Jean-Claude Gaudin, le citoyen a l’impression d’assister en permanence à une représentation de Marius ou de César.

 

   Bien sûr, nous préférons ces personnalités, qui ont la parole chantante et le sens théâtral, à ces histrions actuels, qui hantent, du Vieux-Port à Marignane ou Vitrolles, les scènes tragiques du chômage et de l’insécurité : leur verbe cynique et calculateur fait froid dans le dos. Face à ce maigrelet et nasillard nazillon, qui se fait élire maire dans le dos de sa femme, privilégions le personnage romanesque de Daudet, le rondouillard Tartarin, même s’il ne perçoit de Marseille que son désordre oriental ou son souk exotique:

 

"…Les Marseillais, effarés, virent déboucher sur la Canebière un Teur…C’était à perte de vue un fouillis de mâts, de vergues, se croisant dans tous les sens…Les navires au ras du quai, les beauprés arrivant sur la berge comme des rangées de baïonnettes…

Tout cela mangé par l’eau de mer, dévoré, ruisselant, moisi. De temps en temps, entre les navires, un morceau de mer, comme une grande moire tachée d’huile…Sur le quai, au milieu des ruisseaux, qui venaient des savonneries, verts, épais, noirâtres, chargés d’huile et de soude, tout un peuple de douaniers…

 

Partout un encombrement prodigieux de marchandises de toute espèce…Et puis, tout le temps, un tapage effroyable, roulement de charrettes, »oh! hisse » des matelots, jurons, chants, sifflets de bateaux à vapeur, les tambours et les clairons du fort Saint-Jean, du fort St-Nicolas, les cloches de la Major, des Accoules, de Saint-Victor…musique folle, sauvage…fanfare qui donnait envie de partir, d’aller loin, d’avoir des ailes… » (1er épisode, chapitre 14 de Tartarin de Tarascon)

J’adore Marseille, et je regrette ces visions péjoratives, cette idéologie, où, derrière la description pittoresque, pointent le racisme et ce romanesque des morceaux de bravoure, qui dit franchement : cette ville est originale, Marseille est le spectacle, la synthèse du monde, mais surtout une espèce de cour des miracles: mieux vaut ne pas rester ici ! 

 

En effet, ville ouverte, ville offerte, Marseille est fille facile, qu’on prend, vite, dans un coup de cœur, dans un élan de corps, mais qu’on quitte aussi rapidement. C’est la ville de la fuite, du passage furtif, du trait d’union entre la noble terre de Provence et les rêves illimités de la mer. Marseille aurait pu être le centre du monde antique méditerranéen. Elle aurait pu devenir une capitale européenne: elle ne fut qu’un nombril d’où partait l’utopie de la colonisation française, elle n’est qu’un sexe féminin, qui n’a rien de « l’origine du monde ».

 

Daudet et Pagnol -après l’éphémère existence de la revue Fortunio , fondée avec Jean Ballard, en février 1914, la fuient, c’est vrai. De même qu’Edmonde Charles-Roux, préférant Palerme et Une enfance sicilienne. Emile Zola, le voisin d’Aix, s’intéresse aux Mystères de Marseille, en voyeur bienveillant, mais préfère l’amitié de son compatriote Cézanne: L’œuvre se déroule à Aix-en-Provence; Marseille ne servira jamais de décor à un grand livre…

 

Albert Londres y écrira quelques reportages, mais ne fera que passer. De même, Isabelle Eberhardt préfèrera l’appel du large, et André Suarès, natif de la cité phocéenne, auteur prolifique et méconnu, celui qui aurait pu donner à Marseille une véritable dimension romanesque, a choisi de parler de l’Italie, dans son chef-d’œuvre: Voyage du Condottière (Ed. Granit-1984). Mais dans Marseille la maudite, l’écrivain marseillais ne peut devenir qu’un écrivain maudit…

 

Un contemporain, comme Henri-Pierre Roché, a préféré s’intéresser à Jules et Jim, tout comme Gabriel Audisio, publié par René Rougerie, la petite maison d’édition de… Limoges, s’est tourné vers la poésie sauvage du Cap Canaille.

Oui: dans Marseille la pestiférée, où trône la beauté convulsive de « La Charité », le romancier ne fait que traverser. Ainsi Casanova, au début de ses Mémoires, embarque à Marseille et note quelques impressions, mais ce n'est pas la ville qui l'attire, mais l'aventure amoureuse qui le fait ballotter, d'un port anonyme à une cité européenne. 

 

De même, Gustave Flaubert, qui entreprend en août 1840, un Voyage aux Pyrénées et en Corse, a rédigé une partie de ce texte à Marseille. Ce qui l'attire, c'est ce que tout voyageur ressent: cette ville n'est pas "française", elle est en marge de la France, elle est un avant-goût de la destination africaine ou orientale qu'on entame ici, elle est l'exotisme même :

 

"Marseille est une jolie ville, bâtie de grandes maisons qui ont l'air de palais. Le soleil, le grand air du Midi entrent librement dans ses longues rues; on y sent je ne sais quoi d'oriental…Marseille est maintenant ce que devait être la Perse dans l'Antiquité, Alexandrie au Moyen Age : un capharnaüm, une Babel de toutes les nations, où l'on voit des cheveux blonds, ras, de grandes barbes noires, la peau blanche rayée de veines bleues, le teint olivâtre de l'Asie, des yeux bleus, des regards noirs, tous les costumes…le turban et les larges pantalons des Turcs. Vous entendez parler cent langues inconnues…"(Le Seuil- Collection L'Intégrale, p.425).

 

Flaubert reviendra embarquer à Marseille, le 4 novembre 1849,pour son célèbre Voyage en Orient. Cependant, comme dans Les souvenirs littéraires de Maxime Du Camp, les notes sur la cité phocéenne ne sont pas développées...

 

à suivre...


      --- Violence sur la plage des Catalans : Les faits se sont déroulés hier après-midi, lundi, sur la plage des Catalans, située en centre-ville de Marseille. Un policier a été violemment agressé par un groupe d'une vingtaine de jeunes. Le représentant des forces de l'ordre, âgé de 35 ans, a été roué de coups et a eu la tête maintenue sous l'eau par ses agresseurs. Il a été transporté à l'hôpital et souffre de multiple contusions. Un garçon et une fille mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue. Les autres membres du groupe ont réussi à prendre la fuite. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour tentative d'homicide.

En milieu d'après-midi, ce policier, chef de poste de la plage des Catalans est intervenu pour calmer une altercation entre un groupe de jeunes et un père de famille, dont le bébé de trois mois avait été atteint par des jets de sable. La situation a dégénéré lorsque le policier a tenté de calmer et de faire sortir de l'eau, une jeune fille du groupe, décrite comme "hystérique" par des témoins. Une vingtaine de jeunes se sont ensuite rués sur le jeune policier et ont essayé de le noyer. Un autre policier a dû intervenir avec sa bombe lacrymogène pour disperser l'attroupement et sauver son collègue. Il a du même coup généré un mouvement de panique sur cette plage, proche du Vieux-Port, souvent critiquée pour son manque d'accès et donc de solutions d'évacuation en cas d'urgence. 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 10:42

fenetre.JPG sur les chemins de la mer, vers Massalia...

 

  Etre méditerranéen aujourd'hui..?

 

 

Etre méditerranéen pour moi, c'est être en accord avec le territoire qui borde la mer intérieure"; c'est être riche d'une longue mémoire remplie d'antiques civilisations, de grands artistes et d'écrivains qui ont forgé des mythes éternels.

 

Je m'indentifie au héros d'Homère et je pense, pour la période moderne, à l' Ulysse de James Joyce, homme du Nord venu à Trieste, comme ces peintre nordistes -Matisse et Derain- venus à L'Estaque, à Collioure, à Nice ou en Corse...

 

La Méditerranée est le berceau de grandes cultures, en Egypte, en Crète, en Grèce, même si notre regard fut souvent ethocentriste : il a fallu les voyages de Marco Polo en Asie, la découverte des Amériques ou l'avancée de la science nous apprenant que l'origine de l'Homme se situait en Afrique de l'Est, pour apprendre (et accepter avec difficulté !) que nous n'étions pas au centre du monde et que le soleil ne brillait pas que pour nous...

 

En revanche, je ne m'identifie pas au guerrier Ulysse, même s'il invente la ruse du cheval de Troie. La destruction d'Ilion est une preuve du mépris du monde hellénique pour l'Orient; aujourd'hui, européens en crise, nous avons, à notre tour, peur de Troie, cette cité réelle et légendaire à la fois, située sur la rive orientale de la Turquie, pays moderne frappant aux portes d'une Europe convoitée par les sinistrés d'Etats en révolution...

 

Car Ulysse, marin et roi, guerrier et aventurier, est le symbole, de nos jours, de tous les exilés, immigrés, sans-papier, quittant par de moyens d'infortune (sous la carlingue d'un avion, sur une barque bondée...) leur pays pauvre ou déchiré par les conflits. Je m'identifie à cet Ylysse-là, modeste et marginal, filmé avec beauté par Angelopoulos...

 

Homère a créé un récit poétique, puissant, éternel; il a décrit la force de la mer et la malignité des vents, les merveilles des côtes dentelées et les passes tragiques... Il a décrit avec humour les disputes des dieux, causant la tragédie des hommes ballottés sur les flots...

 

De l'Hispanie andalouse de Lorca et Machado, en passant par les Algériens Saint-Augustion ou le Kabyle Mouloun Ferraoun, par l'Egyptien Naguib Mafouz et le serbo-croate Predrag Matvechevitch, la Méditerranée a été chantée dans toutes les langues issues de Babel. La diversité a engendré des oeuvres multiples, mais aussi les querelles et les guerres : on ne s'attardera pas sur les plaies encore ouvertes de la colonisation..

 

Dans la littérature française, il faut attendre le 19° siècle pour que l'espace méditerranéen soit arpenté par les plus grands qui se sont laissé séduire par la mode de l'orientalisme : Delacroix au Maroc, Flaubert en Egypte, Nerval, Chateaubriand... La Méditerranée, le Midi d'ici, c'est surtout Paul Valéry : lui suffit l'immobilité du Mont saint-Clair, à Sète, pour admirer et célébrer ce "toit tranquille où marchent des colombes..."

 

Au 20° siècle, j'ai une pensée pour les écrivains de Massalia, tels Gabriel Audisio, André Suarès, Louis Brauquier ou Jean-Claude Izzo, qui ont raconté la ville moderne, et non plus la "porte de l'Orient"... Surtout, je pense à Camus, Algérois et Français, partagé entre deux terres, entre deux mères (n'oublions pas la "Mère Méditerranée" si bien analysée par Dominique Fernandez !), deux civilisations : ses textes ont su, de façon si poétique, célébrer les "Noces" de l'Homme avec la nature méditerranéenne et méditer de façon pathétique sur la mort et le destin, au coeur ruiné de Tipasa...

 

Aujourd'hui, la grandeur "méditerrienne", comme le dit Predrag M., revenant ainsi à la véritable étymologie du mot, semble oubliée; avec le tragique conflit israélo-arabe, avec la déception des printemps arabes, avec la crise économique en Espagne et l'honneur grec perdu, le mythe, qui a pourtant vocation à unir les peuples, paraît bien fragile : l'union pour la Méditerranée est-elle une utopie..?

 

Il faudrait qu'un Eole nouveau se lève et permette à tous les Ulysses de revenir dans leur pays natal, afin de retrouver racine et bonheur !

 

On dit que la littérature s'enfante dans la douleur, et se nourrit du malheur... Bien qu'amoureux de la littérature, je souhaiterais pourtant qu'elle disparaisse, pour laisser place au bonheur de vivre simplement dans les champs virgilliens et les collines toscanes, pour que tous puissent enfin vivre en paix en Méditerranée...  JPB

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