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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 12:18

 

Lecture : "Libertalia, une utopie pirate", de Daniel Defoe (éditions Phébus et  Libertalia, Paris, 2012)

 

Dans cet extrait de "L'Histoire générale des plus fameux pyrates", D.Defoe (1660-1731), auteur du célébrissime "Robinson Crusoé", relate les aventures du capitaine Misson, "l'homme le plus doux dans ses manières qui eût jamais sabordé un navire ou tranché une gorge", et de son complice, l'hérétique Carraccioli qui, las de courir les mers, décident de s'installer à Madagascar pour y fonder une république égalitaire, tout en continuant à piller les navires passant à leur portée. La propriété est abolie, les ressources mises  en commun; les distinctions de classe, de sexe et de race disparaissent. Le rêve sera cependant de courte durée...

 

"...La république utopique appelée "Libertalia" à Madagascar renvoie à l'ancienne prophétie selon laquelle le paradis se trouverait sur la côte est de l'Afrique; elle s'inspire déjà des idéaux révolutionnaires de liberté, d'égalité et de fraternité. Les habitants seraiet en effet les "gardiens vigilants des droits et des libertés du peuple"; ils se dressent telles "les barrières contre les riches et leur pouvoir..." (extrait de la postface, page 129, qui contextualise de façon historique le mythe "Libertalia" et atténue les bondieuseries et remarques ethnocentrées, voire racistes, de Daniel Defoe.

 

Extraits : La défense des valeurs humanistes : "..Il lui incombait de leur recommander un amour fraternel. Il fallait bannir moqueries et rancunes personnelles, instaurer entre eux l'entente et l'harmonie..." (page 33) - "...On affecta les Nègres, un par un, aux cabines des Français, et ils témoignèrent par des gesticulations toute leur reconnaissance de se voir libérés de leurs chaînes..." (page 53) - 

 

-La description de ce paradis, page 57 : "On y trouve une eau pure, une abondance de poissons et de nourriture fraîche qui leur fut fournie par les naturels en échange de marchandise du bord. DE plus, l'endroit est abrité..."

 

-La libération des esclaves : "Les Nègres de Misson furent mariés de la sorte. On traita les naturels avec beaucoup d'égards, et on leur fit comprendre par signes que liberté leur serait rendue...On les confia aux soins de Blancs qui tâchèrent de leur faire comprendre, de toutes les manières possibles, qu'ils abhorraient l'esclavage..."(page 97). "Ces voyages autour de l'île  permirent de donner aux Nègres récemment délivrés les rudiments de la navigation. Ils montraient beaucoup de bonne volonté, tant pour apprendre le français que pour se rendre utiles..." (page 100).

 

-Le bien commun : "A bord de la prise, Misson avait trouvé abondance de couronnes anglaises; on les serra dans le trésor général, puisque là où tout était mis en commun et où n'existait nulle barrière pour borner la propriété privée, l'argent était inutile..." (p.99)

 

-Le pouvoir pour tous, par tous : "Bâtir la maison commune... Ils avaient en vue un régime démocratique : quand le peuple édicte et juge à la fois ses propres lois,on a affaire au régime le plus convenable; en conséquence ils demandèrent aux hommes de se répartir par dix et d'élire, par groupe, un représentant à l'assemblée constituante chargée de voter des lois saines dans l'intérêt public..." (page 112) 

 

** DuoJatekok4-copie-1.JPG  Les amis d’Alain Marinaro souhaitaient commencer la nouvelle année par un acte de générosité. Ce sera bientôt chose faite grâce au club des Lions Perpignan Méditerranée Orientale qui nous a proposé un concert humanitaire au profit de l’Eléphant vert, une association qui œuvre pour le respect de l’enfant et la prévention de la maltraitance. La Ville de Toulouges a mis généreusement la belle salle du Mil.lénari  à notre disposition le vendredi 18 janvier à 20h30. Nous recevrons le Duo Jatekok composé par les deux pianistes Adélaïde Panaget et Naïri Badal. Certains d’entre vous ont déjà eu l’occasion d’apprécier leur sensibilité artistique et leur entente musicale, l’été dernier à Montner ou en mai à Collioure. Rappelons que ce duo est lauréat du Concours international de Valberg et du Concours Grieg où elles obtinrent le prix spécial Borodine. En 2011, elles ont décroché le premier prix du Concours Roma. Enfin, elles sont invitées par René Martin aux prochaines « Folles journées de Nantes ». Elles nous interprèteront du Debussy, du Ravel, quelques danses slaves de Dvorak et les danses polovtsiennes de Borodine.

Prix des places 15 €. Ces places peuvent être réservées dès à présent en s’adressant à  Daniel Koehler au 04 68 95 01 45 ou au 06 15 38 51 72, ou par mail à  danielkoehler@orange.fr , ou par voie postale à Daniel Koehler – Cami de Bages - 66620 BROUILLA.

Bref, une occasion de conjuguer la solidarité et le plaisir personnel !

 

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 15:03

WBenjamin.jpgPour une utopie positive

 

 

        "Une carte du monde sur laquelle ne figure pas le pays d'Utopie ne mérite pas le moindre coup d'oeil." Oscar Wilde.

 

On s'intéressera ici au sens positif d'utopie; non à l'acception péjorative qui vise à disqualifier tout projet jugé irréalisable et dépassant les frontières du possible; on se souvient du slogan de Mai 68 : "Soyons réalistes, demandons l'impossible!", qui prenait à rebrousse-poil et de façon poétique l'idéologie frileuse de la société bourgeoise... 

 

On sait aussi que notre société "vit sous l'empire de la haine de l'utopie; haine née dans les années 1840 à l'encontre de l'effervescence utopique de l'époque et qui culmina lors de la répression meurtrière de juin 1848, où, d'un même élan des forces conservatrices cherchèrent à assassiner l'utopie et la révolution... 

 

Selon l'opinion du jour, l'utopie serait le berceau de la domination totalitaire. N'est-ce pas confondre gravement l'utopie et le mythe ? A considérer l'histoire du XXème siècle, ce n'est pas l'utopie qui est le berceau du totalitarisme, mais c'est bien plutôt le totalitarisme qui est le cercueil de l'utopie ou de tout ce qui s'en rapproche..." M.Abensour, "L'utopie, une nécessaire technique du réveil", article paru dans le dossier "L'Atlas des utopies" (Le Monde/La Vie, novembre 2012)

 

Le mot utopie revêt une signification positive car il désigne une voie spécifique de nature à changer la société et à transformer le monde.  (se reporter aux études de Miguel Abensour : "Le procès des Maîtres rêveurs, Utopiques 1", 2011)

 

         L’utopie selon W. Benjamin

 

L'auteur de "Paris, capitale du XIXème siècle", a étudié les phénomènes utopiques en les replaçant dans leur contexte social et historique. Il a compris que, tenter de comprendre une époque, c'est aussi expliquer ses rêves en montrant la"conscience onirique du collectif." Pour lui, l'utopie, c'est le rêve d'un collectif, d'une communauté, d'un peuple : "Le collectif exprime ses conditions de vie dans le rêve.", écrit le philosophe juif allemand. 

Un peu plus tard, en 1964, Ernst Bloch et Adorno, ami de Benjamin et animateur de "L'Ecole de Frankfort", ont montré que la conscience utopique dans le rêve "exprime à la fois l'insatisfaction de ses conditions et le désir d'en surmonter les limites." 

 

W. Benjamin, "guetteur de rêves", interprète des désirs de changement, doit considérer les aspirations collectives tout en refusant la séduction du rêve ou la fascination de l'utopie; le philosophe s'est toujours voulu historien "objectif", tentant d'étudier la société avec le recul voulu; être impartial constituait, pour W.Benjamin, une forme d'engagement politique. Il a su faire la différence entre l'image mythique qui nous replonge de façon passive dans le rêve originel de l'âge d'or et l'image utopique, qui nous mène vers un devenir nouveau, en rupture avec le passé et les ambiguïtés de l'univers du mythe. 

 

Le mythe, c'est le regard en arrière, la pensée qu'on endort. L'utopie, c'est le rêve en avant, c'est le regard prospectif, qui va permettre la libération, la prise de conscience, le réveil : "Le rêve attend secrètement le réveil.", note W. Benjamin.

 

Au rêve individuel, à la jouissance personnelle passive, le philosophe oppose le projet collectif, encore à l'état de sommeil, mais qui tend vers la rupture, la révolution; avec la dialectique, l'homme doit surmonter ses contradictions : l'image dialectique contenue dans l'utopie doit contrecarrer les faussetés du mythe, miroir aux alouettes... 

 

W.Benjamin, dans le contexte de la montée du nazisme, entre 1933 et 1940, savait que la catastrophe allait venir; il fustigeait la naïveté, l'aveuglement ou, pire, la collaboration des élites et des intellectuels. Il savait que la meilleure façon (ou la moins pire!) consistait à proposer de nouvelles utopies...

 

Il mourut en septembre 1940 à Port-Bou, parce que l'utopie semblait, ce jour-là, impossible. Il fut tué par les réalistes de tous bords, nazisme et pétainisme au-delà des Pyrénées, fascisme et franquisme en deçà. 

 

Sur la crête des Pyrénées, il pensait se trouver à la frontière entre mythe et utopie. Le funambule arpentait en fait la limite fantomatique entre deux réalismes exterminateurs du XXème siècle.

 

 

 

 

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:17

images-copie-7.jpeg    De notre ami Jacques GAUTRAND (***), correspondant à Paris :

Ce fut une très intéressante conférence hommage à Jordi Pere Cerdà au Centre dEtudes Catalanes.

Ont participé à cette soirée Marie-Claire Zimmermann (Paris-Sorbonne), le poète, traducteur et homme de théâtre Jep Gouzy (que jai découvert à cette occasion) ainsi que luniversitaire et poète Alex Susanna (que je ne connaissais pas), qui a fait un très bel  éloge de JP Cerdà.

 

Bel hommage à Paris, dans le quartier du Marais ! Et en Catalogne ????

 

 

  (Ce fut pour moi loccasion de découvrir lexistence des « Caravanes catalanes en Méditerranée », association basée en Roussillon et qui organise des lectures littéraires sur le pourtour méditerranéen.

 

http://www.caravanecatalane.eu/caravanes.html )

 

 

   * Àlex Susanna : est né à Barcelone en 1957; il a été directeur des éditions Columna, directeur culturel de l’Institut Ramon Llull. Il dirige actuellement la Fondation Caixa Catalunya à La Pedrera de Barcelona.

      Il a publié plusieurs recueils de poésie

dont certains ont été traduits en français : Palais d’hiver dans Carnet

vénitien (Mare Nostrum, 1993), Principe

du froid (Les Cahiers de Royaumont,

Créaphis, 1998), Les Cernes du temps

(fédérop, 1999), et Inutile poésie

(fédérop, 2001). Il a traduit : Le con

d’Irène de Louis Aragon, Monsieur Teste

de Paul Valéry, Calligrammes

d’Apollinaire, les Four Quartets de T.S. Eliot.

En 1984, il a fondé le Festival international de Poésie de Barcelone, qu’il a dirigé jusqu’en 2000. Son oeuvre a été traduite en de nombreuses langues. Il est membre de l’Académie européenne de Poésie et en 2008 a été nommé Chevalier des Arts et des Lettres.

En français

Inutile poésie. Traduction Bernard Lesfargues (bilingue). Gardonne : Editions Fédérop, 2001

Angles morts.Traduction Bernard Lesfargues (bilingue).

Co-édition Fédérop / Écrits des Forges, 2008

Les Cernes du Temps. Traduction Jep Gouzy. Lyon : Editions Fédérop, 1999.

 

 

          -----------La beauté du monde de Cerda-------

 

Jordi Pere Cerda a vu le jour en 1920 à Saillagouse (Pyrénées-Orientales) et il vient de mourir à Perpignan. (article du 14 novembre 2011 by les lettres francaises)

Antoine Cayrol, il avait accepté le pseudonyme que le directeur de Tramontane lui avait suggéré. C’était en un temps où les activités frontalières et nocturnes du jeune Cayrol mettaient sa vie en danger. Ces activités, dont à juste titre il était fier, l’entraînèrent vers des prises de position politiques, mais là n’était pas sa voie. En dehors de la Catalogne, la « française » et « l’espagnole », peu nombreux sont ceux qu’aura émus la disparition de cet écrivain. Il était bien plus connu à Barcelone qu’il ne le fut jamais en France. Une grande partie de son œuvre a été publiée chez des éditeurs de l’autre côté des Pyrénées, et c’est là qu’il a obtenu des récompenses importantes comme le prix d’honneur des lettres catalanes en 1995. C’était un homme de frontière, il aimait se définir ainsi. La stupide frontière coupe en deux le haut plateau de sa Cerdagne natale, et là il était chez lui. À Perpignan, mille mètres plus bas, il n’avait pas que des amis, certes, mais ces dernières années il avait vu son nom s’imposer et il avait enfin été apprécié à sa juste valeur. De là venait qu’une sorte de comédie ridicule avait été jouée par la municipalité de la vieille capitale de la Catalogne du Nord ; on s’était imaginé qu’il suffisait de présenter la candidature de Jordi Pere Cerda au prix Nobel pour qu’il l’obtienne.

Jordi Pere Cerda avait débuté comme dramaturge et tout au long de sa vie il écrivit pour le théâtre; malheureusement il fut trop peu joué par des professionnels : misère des langues dites régionales. Quelques titres : Angeleta (1952), la Set de la terra (1955), Quatre done i el sol (1964).

Jordi-pere-Cerda-clip-1.png

Jordi Pere Cerda

Jusqu’à la veille de la mort de Franco il ne fut pas de tout repos d’obtenir des relations, littéraires ou autres, entre les deux tronçons de la Catalogne. N’oublions pas, d’ailleurs, que la Cerdagne elle-même, où Cerda était né et dont il portait le nom, était elle aussi divisée, à tel point que Llivia constituait une enclave imbriquée dans le territoire français. On ne s’étonnera pas que Cerda et d’autres intellectuels des Pyrénées- Orientales aient tenu à conserver des relations suivies avec leurs « frères » occitans. L’excellente collection « Messatges », qui contribua fortement à insérer les écrivains occitans dans la modernité, fut ouverte par un choix de poèmes catalans de Joseph-Sébastien Pons, roussillonnais, à qui ont tellement dû Max Rouquette, Robert Laffont et tant d’autres, dont Cerda en ses commencements.

Le premier recueil de poèmes de Cerda, la Guattla i la garba (la Caille et la gerbe), fut publié en 1951. Trois ans plus tard paraissait à Toulouse, édité par l’Institut d’études occitanes, le beau livre de Cerda, involontairement mais superbement appelé Tota llengua fa foc (Toute langue s’embrase). L’œuvre entière est une première fois regroupée en 1966, Obra poetica, aux éditions Barcino de Barcelone. La remarquable introduction est signée par Pierre Verdaguer. Une autre Obra poetica, cette fois presque complète, est réalisée en 1988 chez Columna (Barcelone). L’éditeur, Alex Susanna, écrit : « Ce que j’aimerais, c’est que ce corpus poétique puisse être lu et apprécié comme ce qu’il est en réalité : pas tellement l’œuvre du poète vivant de plus d’envergure en Catalogne du Nord, mais comme une des aventures poétiques les plus personnelles, les plus intéressantes et les plus suggestives parmi celles qui se sont produites dans la littérature catalane de la deuxième moitié du vingtième siècle. »

L’aventure, donc, a débuté avec la Guattla, c’est-à-dire les textes dionysiaques de célébration de la terre natale. La beauté du monde, l’exalta- tion de la belle saison, la profonde respiration de la nuit, ces thèmes de toute lyrique, Jordi Pere Cerda ne les abandonnera pas, mais d’étape en étape sa pensée s’affine, s’aiguise, son écriture se fait de plus en plus poignante. Il faut lire ces textes inoubliables que sont Machado, Rosen- berg, Tot llegint, pons, Tota la nit d’Espanya.

Jordi Pere Cerda est aussi un prosateur. Espérons qu’un jour seront rassemblés les nombreux articles en français ou en catalan, qu’il a écrits dans diverses revues. Mais on peut prendre connaissance de sa prose à la lecture des livres qu’il a publiés, enrichissant ainsi un genre jusqu’à lui assez pauvre, quasiment inexistant. Cant alt, Sens profond (1988), est une très intéressante autobiographie. Col.locacio de personatges en un jardi’ tancat (Emplacement de personnages dans un jardin fermé) est un riche recueil de nouvelles et Passos estrete terres altes (Columna, 1998), traduit en français par Voies étroites pour les hautes terres, a été publié par les éditions Cénomanes ; on peut regretter que ce texte que Cerda a beaucoup travaillé à la fin de sa vie soit demeuré confidentiel.

Jordi Pere Cerda n’a jamais oublié sa Cerdagne, alors que pour des raisons de santé il était contraint de vivre à Perpignan. Il est l’auteur de plusieurs éditions de contes de sa région, dont la dernière est la Dona d’aigua de Lano (la Fée de Lanos), édité par le Trabucaire en 2001. Des « contalles » dans lesquelles la voix populaire se marie heureusement à la voix de l’écrivain.

Ces lignes que je viens de consacrer à l’auteur le plus important de la Catalogne-Nord sont bien insuffisantes pour qui voudrait s’intéresser à lui. Important, il l’est pour la Cerdagne, mais surtout pour la Catalogne du Sud qui lui a permis de s’exprimer, de se faire connaître et qui, en 1955, lui a décerné le prix d’honneur des Lettres catalanes.

Bernard Lesfargues

 

   *** Jacques Gautrand

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:30

FILE0696.jpeg   L'Association Frontières * crée un événement :


André Roger propose une première approche méthodologique pour évaluer les pratiques des chamanismes et les états de consciences modifiés. 

 

Première rencontre-débat, le vendredi 18 janvier, 18h30, à Villelongue de la  Salanque, salle Jean-Pierre Françès (près de l'église) -Entrée libre-

 

 

    Les états modifiés de la conscience et les chamanismes

 

"La réalité seule ne donne pas l'impression de réalité", propose Henri Michaux, à la suite de multiples observations sous mescaline. Les modifications de l'état habituel de la conscience induits par les états hypnotiques, de transe, d'extase ou par des hallucinogènes, ouvrent des espaces mentaux peu compréhensibles, énigmatiques et encore largement inexplorés.

 

    Les chamanes,depuis la nuit des temps, pénètrent et explorent , avec maîtrise, un vaste domaine de "mondes autres" à des fins religieuses ou thérapeutiques. Les descriptions extraordinaires qu'ils en rapportent donnent du sens au vécu précaire des groupes sociaux dont ils  sont les prêtres et les thérapeutes.IIs seront longtemps assimilés, indûment, à nos sorciers du Moyen-Age.

 

   L'anthropologie récente a proposé des analyses bien plus complexes de ce phénomène socioculturel encore largement pratiqué dans le monde.

      "On comprend ainsi que la pensée mythique, bien qu'engluée dans des images, puisse ètre généralisatrice, donc scientifique..", démontrera Levy-Strauss "Elle n'est pas sans analogie avec le bricolage sur le plan pratique".

 

      "A la maniière du bricolage, ils décomposent et recomposent les ensembles événementiels (sur le plan psychique, socio-historique et technique) et s'en servent en vue d'arrangements structuraux tenant lieu alternativement de fins et de moyens."

 

* Association animée par J.Pierre Bonnel et André Roger

  (brochure sur Maillol, site "frontières-catalogne.com" - séries de conférences : Bugarach... Artaud, W.Benjamin... à venir en 2013)

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 15:38

images-copie-6.jpeg    La droite, copéenne ou extrême, manifeste contre le projet de "Mariage pour tous" (en fait contre le mariage des homos et la possibilité d'adopter). Je ne me sens pas concerné; je trouve même la revendication des gays absurde à l'heure où un couple sur deux divorce ! Mais si c'est par amour, si c'est pour avoir des droits nouveaux, j'acquiesce !

 

Quant aux opposants qui défendent la famille, l'enfant (un père et une mère), ils ne voient pas combien la société est chamboulée : nombreuses cellules monoparentales, à cause des séparations, divorces, veuvages, unions libres...Combien d'enfants ont leur père et leur mère originels à temps complet..?

 

La famille traditionnelle a éclaté et la "nature" a du mal à suivre ! Je pense toutefois qu'un enfant sera plus assuré psychologiquement s'il est éduqué par son père et sa mère (j'ai moi-même été élevé par ma mère et je sens qu'il me manque "quelque chose"...mais je suis peut-être, là, trop traditionaliste !); ainsi je comprends que l'adoption pour un couple d'homos ou de lesbiennes puisse choquer).

 

Quant à faire un bébé in vitro, cela existe depuis longtemps pour les couples qui ne peuvent enfanter; faire un enfant de façon "extérieure" peut également choquer, mais si le désir est motivé par l'amour, par le choix d'une "porteuse" amie, saine, pourquoi pas..?

 

Ce qui choque dans l'affaire, c'est -outre l'idéologie fasciste de groupuscules droitistes- c'est le mot d'ordre "moral" de l'église et son hypocrisie : les curés cathos demandent le mariage pour eux-mêmes; au lieu de maintenir le clergé dans une continence impossible (on sait que les religieux ont des liaisons sexuelles, que les papes avaient des amants et maîtresses et que les cimetières, depuis toujours, sont remplis d'enfants d'évêques ou d'abbés !).

 

Pour s'opposer à la manifestation de dimanche, la chaîne ARTE avait programmé, de façon perfide, (d'autant plus que ce n'était sans doute pas voulu!) le film antibourgeois, anticlérical (scènes à propos du Secours catholique, portrait mielleux du curé) de Claude Chabrol "La cérémonie" : film très dur, radical sur la vie bourgeoise et l'hypocrisie de la société des bien-pensants...

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 11:45

Utopie-Ecologie-au-Quotidien-2013-recto-418-ko.jpg utopies-Rencontres-de-l-Ecologie-au-Quotidien-2013.jpg XIème rencontres à DIE (Drôme), du 25 janvier au 4 février - Salle polyvalente-

 

Ensemble imaginons un futur vivable pour tous. Partageons des initiatives locales - Suscitons l'émergence de nouvelles alternatives - Vivons l'écologie civile comme un projets de société ouvert sur le monde...

 

"L'utopie, c'est la vérité de demain." Victor Hugo 

 

** Utopie à Tordères (66) :

Tordères : commune autogérée, mode d’emploi

 

Avec 180 habitants, le petit village de Tordères dans les Pyrénées-Orientales s’est fait connaître pour son fonc­tion­ne­ment muni­ci­pal inha­bi­tuel : le pou­voir y est aux vil­la­geois, et la démo­cra­tie, par­ti­ci­pa­tive. Une expé­rience d’auto-ges­tion dis­crète mais bien rodée. 

Interview de la mairesse porte-voix, Maya Lesné.

Tordères est connu pour sa démocratie par­ti­ci­pa­tive. Comment le projet et l’équipe muni­ci­pale se sont-ils cons­ti­tués ?

Aux dernières élections, le maire sortant en avait ras la cas­quette, et le précédent (qui était resté 14 ans à la mairie), plutôt procédurier et bétonneur, voulait y retourner. On a alors organisé une grande réu­nion publi­que, ouverte à tous, même aux enfants et aux ados. On n’a pas réfléchi à qui était de droite, qui était de gauche, même s’il faut bien avouer que la majorité du village vote à gauche. Nous voulions d’abord déci­der ensemble de ce que nous sou­hai­tions défendre et ensuite déter­mi­ner qui serait can­di­dat, dis­posé à défen­dre le bien commun et pas ses pro­pres inté­rêts.

Très vite, des idées essen­tiel­les se sont impo­sées, quant à la cons­ti­tu­tion de la liste et au fonc­tion­ne­ment de l’équipe muni­ci­pale : 1. Que la popu­la­tion soit tou­jours impli­quée dans les décisions du conseil municipal. 2. Que la liste ne soit pas exclu­si­ve­ment com­po­sée de nota­bles ni de retrai­tés (qui ont sou­vent soit le temps, soit l’argent – voire les deux), mais de « gens nor­maux » : hommes et femmes à parts égales, de tous âges, sans exclure les chô­meurs, les pré­cai­res ni les per­son­nes arri­vant de l’étranger.

Comment se sont déroulées les élections ?

Des 20 personnes rete­nues, seules 11 se sont finalement pré­sen­tées, afin de pou­voir faire face à la liste adverse malgré le panachage électoral. Nous avons obtenu 86 voix contre 20. Au final, la moyenne d’âge se situe autour de la qua­ran­taine, ce qui n’est pas sans poser problème : beau­coup ont des acti­vi­tés, une famille, alors que la participation au Conseil prend du temps et de l’énergie. J’ai été désignée comme mairesse, tout sim­ple­ment parce que j’étais au chômage à l’époque et que j’avais donc plus de temps. Il faut aussi dire que je suis assez grande gueule… L’important étant que ça aurait pu être n’importe lequel d’entre nous.

La suite à lire sur : article11-info-1785e604faa8e42b41027c773fe7fed7.png http://www.article11.info/?Torderes-commune-auto

Affiche-Utopie2013.Web.jpg
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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:30

 

 

 

JOEL DICKER LUNDI 14 JANVIER 2013 A LA FNAC PERPIGNAN  (16:00 18:00, à 

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert", Joël Dicker et l'affaire DSK 
Le second roman du jeune écrivain suisse Joël Dicker, « La vérité sur l'affaire Harry Quebert » (Éd. de Fallois/L'Âge d'Homme) raconte l'histoire d'un écrivain trentenaire en panne d'inspiration, qui décide de défendre son mentor, accusé du meurtre d'une jeune fille. Ce thriller, star de la rentrée littéraire, a reçu le grand prix du roman de l'Académie française et le Goncourt des lycéens.
La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker et l'affaire DSK - vidéo © Abaca

 Dans ce thriller sur l’Amérique des excès – littéraires, religieux, judiciaires, médiatiques –, Joël Dicker brosse le portrait de Marcus Goldman, écrivain trentenaire, atteint du syndrome de la page blanche. Contre l’avis de ses partenaires professionnels, il fuit New York pour Aurora, ville a priori sans histoire du New Hampshire. Il entreprend alors une enquête sur le meurtre de la jeune Nora Kellergan, disparue 33 ans auparavant mais dont le corps vient d’être découvert. Pour aider son mentor Harry Quebert, accusé du meurtre de la jeune fille avec qui il aurait eu une liaison alors qu'elle était mineure. 

Bref, les ingrédients parfaits pour un polar à succès alliés à une écriture très personnelle, rythmée, avec de nombreux flash back. Un roman qui a su séduire la jeune garde de l’institut Goncourt comme les vieux loups de l’Académie française.

Dans « La Vérité sur l'affaire Harry Quebert », Joël Dicker raconte la descente aux enfers d'un célèbre écrivain à succès accusé du meurtre d'une adolescente. Pour MyBOOX, il explique les ressemblances troublantes et involontaires entre son intrigue et l'affaire DSK.

 

** VENDREDI 18 JANVIER A 18H00 RENCONTRE A LA LIBRAIRIE TORCATIS

 

Avec JEAN YVES TOURNIE pour son dernier livre

 

UNE OMBRE SUR LE CHEMIN Ed. Mas

 

Présentation par Serge Bonnery

 

Quel point commun y a t-il entre une terre rurale reculée dont le crépuscule est

annoncé et la grande, l'immense ville où le destin des hommes se joue désormais?

Aucun, sinon un grand fossé qui se creuse.

Comme nombre de jeunes provinciaux dans les années soixante, François a dû

quitter un jour sa terre natale de la Haute Vallée de l'Aude, la ferme familiale qui ne

pouvait plus nourrir ses enfants, pour "faire carrière" à Paris. Il y a rencontré l'amour

fou, connu les succès professionnels jusqu'au jour où...

 

images.jpg

 

●● Les affinités de midi : Le siècle de Rigaud : Jeudi 14 janvier 2013, de 12h30 à 13h15

 

Musée Hyacinthe - réserver : 0468515037

 

Entrée Musée Rigaud

Renseignements   04 68 51 50 37 

mediation.polemuseal@mairie-perpignan.com 

lesaffinites@gmail.com 

 

Bach/ Bodin de Boismortier/Telemann 


 


 


  • PERPIGNAN)

  • LE PRIX GONCOURT DES LYCEENS INVITE EXCLUSIF DU CML (André Bonet)
  • Joël Dicker, auteur de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, est bien la révélation littéraire de l'année (après Grégoire Delacourt et sa fabuleuse "Liste de mes envies" !) . Le 25ème Goncourt des lycéens le consacre, quelques semaines après l’Académie française l’ait déjà lauré. Lors de l’annonce, le jeune écrivain suisse, interrogé en duplex par les jurés réunis à la Fnac-Rennes, a confié : « Tout à fait entre nous, votre prix me fait (presque) plus plaisir que l’autre »… Il est vrai qu’il va comme un gant à son roman.
  • « L’originalité, puis la lisibilité, l’accessibilité, la fluidité, et enfin la cohérence narrative et la solidité de la structure ».
  • Son éditeur Bernard de Fallois, dont le flair est ici récompensé car il a porté ce livre à bout de bras dès le début de l’été, attend avant de céder les droits en langue anglaise : Hollywood est déjà en embuscade. On n’a pas fini d’entendre parler de ce roman et de son auteur.
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 17:37

 

couv_coquelicot-recto.jpg * Littérature :Ce vendredi 11 janvier à 18 heures la LIBRAIRIE TORCATIS en collaboration avec Balzac Editeur invitent l’écrivain Patrick FORNOS pour son  nouveau roman : LA BRAISE DES COQUELICOTS (Ed. Balzac)

 

Patrick Fornos est né à Perpignan de parents d’origine espagnole, venus l’un et l’autre en France à l’issue de la guerre civile. Il a passé son enfance et adolescence en Catalogne française. Après une carrière sportive qu’il a menée de front avec des études de médecine, il s’installe à Montpellier où il réside toujours où il poursuit en parallèle son activité de médecin et l’écriture.

 

Pour ce deuxième roman l’écrivain montpelliérain d’origine catalane nous entraîne dans une recherche d’identité sur les contreforts du Canigou, puis au chevet d’un vieil anarchiste espagnol !

« Aurélien, étudiant en architecture, reçoit chaque trimestre par la poste des bons du trésor de la part d’un expéditeur anonyme. Il s’interroge en subodorant un secret de famille, mais préoccupé par ses études, il encaisse les bons sans chercher à en savoir davantage

jusqu’au jour où ceux-ci n’arrivent plus. Aurélien se tourne alors vers sa mère qui ne veut parler de rien, mais qui lui griffonne une adresse sur un bout de papier

Commence alors pour le jeune homme une quête qui va le conduire d’un ancien village minier à un hospice de vieillard de Perpignan. Au terme de son voyage, Aurélien finira par découvrir l’identité de son mystérieux bienfaiteur, mais aussi par se découvrir lui-même. »

 

Patrick Fornos possède une écriture à l’élégance fluide et efficace qui rend tous ses personnages particulièrement attachants.

Après « Sambucus » qui narrait l’ascension et le déclin d’une grande marque d’apéritif en Catalogne française, l’auteur poursuit avec « La Braise des Coquelicots » son regard sur les forces qui entraînent les hommes à se surpasser et sur la perte des idéaux

 

Pour tout renseignement : Robert Triquère : 06.72.71.10.02

 

  
* Théâtre : Dimanche 13 janvier à 17h30
au cinéma le Vauban Place Castelane Port Vendre
 "Adélie Rose, chamallows et psychotropes"
Par la Compagnie Amnesiktheatre.
 
" L’harmonie n’est pas une fin en soi: cohabiter les uns à côté des autres est une manière de vivre tout aussi faisable"
 dixit Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe.
C’est en tout cas de cette manière qu’Adélie déconstruit sa vie de l’enfance à « l’âge des adultes »
 en grimpant cette pente bouleversante qu’est l’adolescence.
Mademoiselle Rose n’est pas avec nous mais à côté de nous, abandonnée dans la dualité permanente de son conflit inconscient l’emmenant doucement vers SA folie.
 Adélie touche cet être fragile et riche oublié de notre âme, celui qui ne demande qu’à bondir de notre poitrine à chaque moment que la raison le permet. 
L’enfant au cœur de chamallow que nous sommes au fond ne serait-il pas le remède de nos sombres existences
 « psychotropesques » ?

http://amnesiktheatre.blogspot.com
*** MUSIQUE :   Comment mieux commencer l’année 2013 que par un duo d’amour, qui plus est un duo d’amoureux ? C’est l’option qu’ont choisie les Amis d’Alain Marinaro pour leurs deux premiers concerts lyriques de l’année : le samedi 12 janvier à 20h30 à la salle polyvalente de Saleilles (elle jouxte la mairie) ; entrée gratuite – le dimanche 13 janvier à 17h au centre culturel de Collioure ; entrée 5 € et pot convivialGanizate2.jpg

En effet, pour ces concerts, ils ont sollicité une soprano belle comme le jour et pleine de tendresse, Eva Ganizate (photo)

  et un ténor vaillant et fonceur, Florian Cafiéro. A 26 ans, Eva est déjà lauréate de dix concours internationaux en France, en Allemagne et en Angleterre. En 2012, elle a été invitée au festival d’Aix en Provence où elle a pris part au projet d’opéra en création. Elle rejoindra en janvier 2013 l’académie de l’opéra comique de Paris. Florian a le même âge. Il a été admis à l’Ecole Normale Supérieure et à Polytechnique, mais l’appel du chant a été le plus fort. Un passage à l’académie Sir Georg Solti lui a permis de bénéficier des cours d’Angela Gheorghiu et de Richard Bonynge ; et voilà cette graine de Pavarotti choisie en 2012 par l’ADAMI comme Révélation de l’année. Précisons que ces deux chanteurs sont fiancés dans la vie et que leurs duos d’amour seront l’expression de leurs sentiments réels.

Pour l’accompagnement, ils ont choisi la pianiste Magali Albertini. Premier prix de piano et premier prix d’accompagnement vocal du CNSMD de Paris, elle a obtenu en 2009 le certificat d’aptitudes à l’enseignement du piano.

Gageons qu’avec ces trois là, nous aurons deux concerts mémorables pour éclairer notre nouvelle année !

 


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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 16:04

 

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Les organisateurs du

festival Maghreb si loin si proche

Boulevard laïque des cultures

 

Association Cinémaginaire, Villes d’Argelès sur Mer, Cabestany et Elne

Amis de Cinémaginaire, Coup de soleil, Institut Jean Vigo de Perpignan,

Ciné-Rencontres de Prades,  Cinémaude de Narbonne

 

ont le plaisir de vous inviter à 

l’ouverture du

16e festival Maghreb si loin si proche 12 sites dans l’Aude et les Pyrénées Orientales

 

et au

vernissage de l’exposition de

Gyps, caricaturiste et dessinateur de BD, qui signe l’affiche du festival 

 

le vendredi 11 janvier 2013 à 19h

Centre Culturel - (66) Cabestany

vernissage de l’exposition, paroles inaugurales, danse orientale

suivis d’un apéro buffet

organisé par Les Amis de Cinémaginaire

 la soirée d’ouverture se poursuit à 21h

par la projection du film en avant-première

Goodbye Morocco

de Nadir Moknèche, en sa présence !

 

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En savoir plus sur le festival :

<http://www.cinemaginaire.org>

Télécharger le programme complet du festival :

<http://www.cinemaginaire.org/www/images/contenu/cataloguemag2013.pdf>

 

Renseignements :

Tél : 04 68 29 13 61 et 04 68 08 22 16

Fax : 04 68 08 22 17

Mail : contact@cinemaginaire.org

Site : www.cinemaginaire.org

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 17:31

images-copie-5.jpeg (René Rougerie)

 

... Surtout sa poésie est reconnue par un éditeur qui fait référence dans le petit monde poétique : Il s'agit de René Rougerie qui, à Limoges, publie, de façon artisanale, "Poésie présente". Voici notre poète dans un recueil collectif, au côte d'Andrée Chedid, Pierre-André Benoît, Gérad Macé, Bernard Noël, Frédéric-Jacques Temple, Kean-Paul Klee ou Paul Pugnaud... Ce dernier, originaire de Lézignan-Corbières, il le rencontre à plusieurs reprises. Il rencontre surtout René Rougerie à Narbonne; cet éditeur veut publier un de ses recueils de poésie et une longue correspondance s'établit...

 

Hélas,  c'est l'heure du service militaire et le poète doit choisir ses armes; au lieu d'être parachutiste, comme prévu, il sera prof de français dans un gros collège du sud tunisien : à Maknassy, bourg perdu inconnu sur la carte, situé entre Sfax et Sidi Bouzid, d'où est partie, l'année dernière, la révolution arabe...

 

Voici une occasion perdue : il perdra de vue R.Rougerie et aussi René Char, à qui il venait d'écrire pour le rencontrer. Le poète de l'Isle-sur-Sorgue lui écrit qu'il accepte de l'accueillir pour parler du recueil "Les Matinaux" : le mémoire de maîtrise est réussi, à Montpellier, mais le jeune prof n'ira par chez R. Char. Il part vers le désert, où il écrira une suite de poèmes reprise dans le recueil "Méditerriennes"...

 

Avec le retour en France, je veux dire en Lorraine, pour sept ans, l'inspiration n'est plus poétique, malgré un pèlerinage au pays de Rimbaud, à Charleville ! 

 

Adieu donc la poésie ! Voici le roman ! Il en écrira six ou sept, tous refusé par les éditeurs parisiens...

 

En quittant la Catalogne, je rate le rendez-vous avec l'éditeur unique des années 70/80, le Chiendent; le romancier devra donc attendre le retour en Roussillon pour trouver un éditeur...Apès sept ans passés en Lorraine et sept autres dans les Hautes-Alpes, c'est le retour en Roussillon, au collège de Saint-Laurent de La Salanque, puis à Jean Macé, à Perpignan. J'ai l'opportunité de rencontrer Dina Vierny plusieurs fois à Banyuls, dans la maison "rose" de Maillol : nous entamons un long dialogue qui donnera naissance à une plaquette, "D.Vierny, une grande dame au pays de Maillol, à l'occasion de la rétrospective du sculpteur au Palais des Congrès, en 2000. Tiré à huit mille exemplaires, ce livre aura du succès et sera en vente pendant plusieurs années à la fondation "Dina Vierny", à Paris.

 

A compte d'auteur, il publie deux livres sur l'art aux "Presses littéraires" de Saint-Estève. Il refuse la proposition de "L'Harmattan", car cet éditeur ne s'occupe pas de la diffusion des livres qu'il édite. Je rentre alors en contact avec Robert Triquère qui, de retour du Québec, lance en Catalogne les éditions Balzac. Ce sera la publication de "Moi, Matisse à Collioure", texte repris ensuite par l'acteur Fabrice Eberhart au château de Collioure, au musée Peské, puis au Conservatoire de Perpignan et à la cathédrale d'Elne, avec une musique (jamais éditée et pourtant lumineuse) de Daniel Tosi. Ce livre essaie de reconstituer les séjours de Matisse à Collioure, de 1905 à 1914, et la naissance du Fauvisme, avec l'arrivée d'André Derain en août 1905.

 

C'est aussi la rencontre avec Max Chaleil (Les éditions de Paris et Les Presses du Languedoc), à Montpellier; cet éditeur rigoureux accepte mes "Trente balades culturelles en Catalogne"; hélas, M. Chaleil, opposant farouche à Georges Frêche et à son projet de Septimanie, vend sa maison d'édition à un individu, venu du net, mais pas net du tout, et dépourvu de la moindre honnêteté; un contentieux est donc en cours avec M.Mignaval...

 

Enfin, ce fut la rencontre avec Jean-Pierre Gayraud, à l'occasion d'événements littéraires autour de l'ancienne librairie du Lycée et de l'association "Autres Plumes". Adhérent dès l'origine de cette association d'auteurs auto-édités fondée par Gérard Raynal, j'en fais toujours partie par fidélité à des amis  et à la défense d'auteurs non reconnus. Rimbaud et Proust furent des écrivains auto-édités et Faulker fut longtemps refusé par tous les éditeurs d'Amérique ! Je ne sous-entends pas que Rimbaud figure dans cette association; je veux simplement mettre le doigt sur la situation trouble d'éditeurs qui prétendent ne publier que des livres à compte d'éditeur...

 

Avec Cap Béar, c'est une belle suite de livres, très différents. Par exemple, ces "Reflets de vie", nés d'un atelier d'écriture avec des malades du sida, à l'hôpital de Perpignan, au service du SMT, dirigé par le docteurs  Hugues Aumaître et Ségolène Neuville.

 

Ce fut "Le chemin ultime de Walter Benjamin", découvert par la marche à travers les Albères et les oeuvres du philosophe allemand. Ce long poème tente de retracer les derniers jours du philosophe, de Marseille à Banyuls, puis la traversée des Albères et le suicide à Port-Bou. Il explique aussi le contexte de cette terrible année 1940. Pour ce livre, je fus encouragé par le romancier Jacques Henric (le mari de Catherine Millet), que je rencontre à plusieurs reprises à Perpignan et qui qualifie, dans une lettre, cette "mort à Port-Bou" de "belle reconstitution littéraire.

 

Ensuite "Machado, de Séville à Collioure", dont la biographie poétique, à travers les villes et les amours, sera jouée au château de Collioure, en août 2011, à l'occasion du festival "Un livre à la mer", créé par J.P.Gayraud.

 

Suivit "Rafales sur Cap Béar", un polar ironique et politique, l'auteur s'étant adonné à un genre à la mode. Cet essai fut suivi par un autre roman policier, inédit à ce jour, et se déroulant à collioure, pendant le festival du livre consacré à Malraux : La dame de consolation, faisant revivre la guerre civile espagnole, avec l'auteur de L'Espoir et avec le poète de la République espagnole, réfugié à Collioure et mort en février 1940.

 

Enfin est sorti en avril 2012 un roman intitulé de façon ironique Je te haine. Ce récit, en grande partie autobiographique, met en scène le lent déchirement d'un couple; le lecteur assiste à une décomposition qu'il a peut-être vécue lui-même : divorces et séparations étant désormais monnaie courante...Ces antihéros du XXIème siècle sont des solitaires disséminés dans la foule contemporaine; foule énorme qui rend les individus de plus en plus seuls et les conduit à une décadence de l'amour et de la solidarité.

 

(causerie prononcée à la maison de la Région Languedoc-Roussillon, à Perpignan, le 15 nov. 2012)

 

   * à paraître en 2013 : Maillol (édit. Cap Béar) - Communautés libertaires, agricoles et artistiques des Pyrénées-orientales (en quête d'un éditeur) - Dali et Persistance de la peinture (?).     Jean-Pierre BONNEL.

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

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