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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:02

NadalaCAT     L'histoire belge de l'acteur nous désole, c'est sûr !      C'est minable, comme la qualifie notre héros premier bien français ! 


   Et Gérard est de plus en plus vulgaire et gras, lui qui qualifie notre président premier de "porcelet" !!

 

Il achète les commerces de la rue du Cherche Midi, à Paris,  et se plaint d'avoir payé 500 millions euros depuis quarante ans à l'Etat français...

 

Bien sûr son exil n'a rien à voir avec celui de Victor Hugo (en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes) à la suite du coup d'état de Louis-Napoléon "le petit". Gérard, lui, quand Sarko, l'autre petit, a pris le pouvoir, il est pas parti, mais a acheté des vignes occitanes dans l'Aude et d'autres, catalanes, à Montner...Il avait la passion de Niko et l'érection pour la Carlita... Chacun ses idoles...

Son évasion fiscale, c'est pas l'exil d'Ovide, ni celui des dissidents russes durant le stalinisme ! C'est petit, mais, que voulez-vous, c'est Noël, et on a les contes qu'on peut : après la franche rigolade grâce à Fillon et Copé, franchoullards Laurel et Hardy, voire Depardieu, putain de dieu !!!

 

Nous le jugeons, mais il a raison: "Qui êtes-vous donc pour me juger ainsi?" Ne lui jetons pas la première pierre, car que ferions-nous, à sa place..? 

Et vous, seriez pas tentés par le pays des frites, lle aux caïmans ou le luxe du bourg..? Et Monaco, la Riviera, la dolce vita..?

 

En effet, nous sommes tous des petits Depardieu(x), justedieu ! Nous faisons fi de l'intérêt national, de la communauté générale, de l'amour de la mère patrie ! Sommes des égoïstes, des poujadistes, de tristes sires... Nous allons faire nos courses au Perthus pour gagner quelques centimes; courons en Andorre pour neuf euros de plein et l'achat de cigares cubains... Quelques éditeurs du Roussillon (et auteurs à compte d'auteur) font imprimer leurs chefs-d'oeuvres à Barcelone, à Gérone, chez Zamora...mort aux rats !!! Des éditeurs français et parisiens font imprimer leurs ouvrages d'art en Italie...Et l'évêché de Lyon, il y a quelques années, a fait imprimer en Chine la Bible pour la revendre à un prix dérisoire...

 

Nous essayons de tricher sans cesse; les commerçants planquent leur liquide, les artisans travaillent au noir...Les agriculteurs ne déclarent pas trop de bénéfices, non plus...

   Et je ne dirai rien des Corses, par crainte des représailles... Catalans ou Français, nous sommes des mesquins, des gagne-petits, des mange-merde...Et nous faisons de la morale !!! Ah! Je me dégoûte ! Et vous, vous, les donneurs de leçons depuis votre salon, vous sentez bien dans vos charentaises.?

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 19:46
  • 273513_100001729503717_1308870803_q.jpg  Eric Maneval  le thème est le sujet de mon dernier livre, je profite de ta conference pour faire un peu de pub pour mn polar initiatique http://www.lindependant.fr/2012/08/27/roman-noir-dejante-entre-abbe-sauniere-et-bugarach,160980.php
  • safe_image.php.gif
  • Roman noir déjanté entre abbé Saunière et Bugarach : Le baroudeur Luc Schaeffer, malgré son prénom d'apôtre, n'est pas très charitable pour ses frères humains. Et Aurore Saintal, sa copine, une intellectuelle sexy, malgré son prénom qui respire...
  • Le baroudeur Luc Schaeffer, malgré son prénom d'apôtre, n'est pas très charitable pour ses frères humains. Et Aurore Saintal, sa copine, une intellectuelle sexy, malgré son prénom qui respire l'espoir, est l'objet d'angoisses crépusculaires ; jadis, elle a été violée par son oncle.
  • Drôle de couple. Il est né dans l'imagination du romancier Éric Maneval. Son polar, intitulé "Rennes-le-Château, tome sang", se lit à la vitesse d'un météore : style dense, alerte, pulsatile, en phrases courtes où les caractères humains sont taillés par la serpe d'une ironie tendre et désabusée.Roman noir ? Illuminé plutôt : d'abord au niveau météorologique grâce au soleil de l'Aude, et psychiatriquement via des personnages quasiment tous en "état-limite" cérébral. Les uns croient au trésor de l'abbé Saunière, d'autres au tombeau du Christ et de Marie-Madeleine.
  • Mais Luc, lui, découvre la grande vérité universelle en faisant sauter à la dynamite une partie du Pic de Bugarach. Le tout est conté par un narrateur, bouquiniste de son état, et qui finit dans un fauteuil roulant.
  • Étrange et fulgurant roman : Son atmosphère plane entre "Rosemary's Baby", le film de Polansky, et "L'exorciste", le livre de William Blatty, avec un zeste de commissaire Lavardin (inoubliable Jean Poiret) ou Laviolette (créé par feu Pierre Magnan), deux policiers désabusés, cyniques en surface, mais restés très humains dans quelque zone intime d'une pudeur aussi profonde qu'insoupçonnée.
  • Trésors fantasmés : Éric Maneval, qui habite Marseille, s'est-il livré à une autobiographie ? À Limoux, on se souvient qu'il vendait des livres sur le marché chaque vendredi. Comme son personnage, il était bouquiniste (après avoir été enseignant). Il a longtemps vadrouillé dans la Haute-Vallée prenant le temps de saisir la psychologie de tous ces chercheurs mystiques de trésors fantasmés. Il a pris le temps de découvrir cette société parallèle qui erre dans ce "triangle des Bermudes" formé par le Bugarach, Rennes-le-Château et Quillan.
  • Et il l'a reproduite dans son roman : bourgeois rentiers, intellectuels raffinés amateurs de sensations fortes ; cas sociaux à la dérive ; "baba cools" en fin de vie d'illusions ; misanthropes fatigués de leur accès de lucidité mal gérée ; clandestins politiques... La gamme est variée de ceux qui la déclinent. Quelques-uns sont attachants dans leur quête d'un graal qu'au fond d'eux-mêmes ils savent insaisissable. Ils sont à la recherche d'une autre dimension que seul le narrateur découvrira à sa manière, du fond de son fauteuil roulant... En devenant poétiquement fou (pléonasme) !
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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 16:46

canal du midi (C) J.P.Bonnel

 

Juvénile ballerine (jeune mouette en l’air dans mon être)

Seule

En l’azur tendre

Au-dessus de la crête                                                                                  

Une jeune plume va dansant

A son humeur

Sur l’air doucereux du matin

Comme une feuille d’automne

A son ivresse de couleurs

Et sa folie semble la rendre heureuse

Loin au-dessus des yeux admirateurs

Qu’on entend parfois venir de la mer

Cette jeune plume égarée improvisait    sa musique

Sa poésie    l’égarant au-dessus de la crique

Vrillant    tournoyant elle ne savait où

Peu importe quelles œuvres arabesques

Grandes et belles elle dessinait

Peu importe qu’elles fussent évanescentes fresques

Calame en la main du vent

Suspendu à l’imaginaire

D’un elfe tenant un cerf-volant

Tango    Alchimie frénétique

D’un pas de deux    baroque

S’oubliant au bandonéon de l’oubli

A l’improvisation du vent

Expiration inspiration       

Séquentielles mesures et contretemps

Laissent à la plume

Pas et ganses à l’impromptu

D’une communion corporelle   délice                   

En détours malicieux d’un voyage                        

Le regard en ciel de liberté                         

Plongé dans le miroir indompté         

Puis    la ballerine lasse s’interrompt

Pose sa chorégraphie triomphante              

Parmi l’éparse barbe de Jupiter et les galets

Il se peut qu’elle y soit seule

Grise et blanche panachée

A l’abri de l’enthousiasme des vagues 

Immobile comme un rocher

Plus tard    d’un somme renaîtra le souffle

D’un vent qui fait chanter les muses

Blanches et nobles

Qui jamais ne se lassent

Dans le levant et le couchant

Comme à l’azur

De faire danser le ciel                                                                 Lou Nissart

 

Intériorité

 

Sur la mer de l’existentialité

Les vents se croisent

Ma barque aux voiles alourdies

Par les embruns de mon passé

Me transportent vers un avenir

Où s’est noyé le désir

Pas de sirènes pas de Circée

Mon erre n’est point une épopée

Enfant

J’ai déjà tout connu

Tout expérimenté

Même immobile

J’ai déjà tant voyagé

Ni je n’implore ni je quémande

Respiration d’humilité

Vie dans la vie

Tu es en moi

Tant que la vie est là

En moi

Tel le froid tranchant du couteau

Et le charbon ardent

Marquant sans cesse la plaie

De chaque absence

Afin que maux et soupirs

Jamais ne s’apaisent

Chaos d’éternité

Portant le monde sur ses épaules

Mûrissant mes entrailles

Jusqu’à la fin des temps

 

         Sur la mère Méditerranée

         Les temps se croisent

         Mon corps léger s’évade 

Aux doux vents de mon passé

Me transportent vers un avenir

Où s’est ouvert le secret de la vie

 

Et

L’air remue la queue

Et me lèche le visage

A chaque retour

                                                                                                                     Lou Nissart


Les mots "chants oubliés *

 

 

Qui croirait

Les mots

Echos de contrées ancestrales 

Parfums de juleps oubliés

Qu’ourlent  mimosas en saveurs d’auréoles

Enlace d’essence des premiers feux

Oubliés   

 

Qui croirait

Les poètes

Vents de lointains aléatoires

Ensemencent les champs des possibles

Portent en eux l’essence

La saveur des premiers dons

Délaissés

 

Qui croirait

Le sens des mots                                  

A leur tintement de monnaie

 

Qui croirait

La mer

Quand les vagues mugissent

 

Qui croirait

Les vagues

Libertines sous le joug de l’éperon

Quand les dunes avancent

Sable

En  un flot de sommeil

Linceul

Où les pas rejoignent l’empreinte

Jusqu’à étreindre la destinée

L’hagard souffle de vie           

Egaré

 

Qui croirait

La mer

Essence  de vie

Quand l’eau est saline

 

 

Qui croirait

Les vagues

Chant roulant des galets au temps

Rapproche la distance de l’exil

Je ne peux venir qu’avec le silence

Puisque seuls les mots parlent

Les images s’accomplissent

Cartomanciennes nuptiales

De vérité              

 

Qui croirait

La mer                                             

 

 

La dernière feuille du cerisier

 

 

Le temps dévore le jardin

Bientôt nu

Et il ne reste qu’une feuille

Verte

Au  cerisier dénudé

Même la lune s’est cachée

Suivant son arc

Pour ne pas la voir tomber

Même le soleil ne s’est découvert

De son couvre-chef

Craintif au devoir de la saluer

Un bourdon traînard

Sourd à l’annonce de  l’hiver

Echappe aux crocs de Nébla

Pour suivre la route du temps

Que la nature lui a trotté

Dans ce beau gris éclairé

Présage qui précède l’humide

Avant les grands froids

 

         Soleil éteint

Nuages en morne plaine

Poussent charrettes à l’éblouissement

 

Seule

Sur l’arbre de vie

Sans aucune congénère

Sans aucune amie

Seul

Pourrait lui rester

A l’innocence de la pensée

Le bonheur d’être en vie

Seul

Lui reste la rêverie

Qu’aussitôt ce bonheur s’évanouit

A la précaire réalité

Qui semble viendre

Avec ce gris qui paraît

Dans l’air                                                                                     

Du temps

 

Vert soleil

Dernier des Mohicans

Mot- rai du Yelkouan

 

Un rouge gorge vint à se poser

Ecarlate soleil

Sur la branche à ses côtés

Avant

De s’envoler

                           

L’âme ailleurs

 

Voilà que nous marchons dans le réel

Silence

Que nos pas craquellent l’encre nocturne qui nous invite à  réfléchir l’état de la perception    et à ce ruisseau tapi dans l’ombre véline dont les reflets ne nous sont audibles que par la face et l’étincelle du chuchotis clamant la sourdine de l’éclat argenté en timbres vocaux à la lueur diffuse d’une floraison lointaine qui projette son empreinte derrière les hanches de la lande                                         ombre et contraste la ligne de crête fuyant les arbres posés en bosquets épars semblant   porter le deuil du résolu désambulesque    que même l’acte suprême de promesse blanche ne    laisse sur le rivage qu’un sable de sel noir

L’air bruine une peine si légère que ses pleurs n’atteignent le sol

A peine le haut des haies en défroques d’hiver aussi dépouillées de l’ensoleillement des elfes aux moteurs si prompts tels des astres partant noyer à notre passage leurs atours de couleurs invisibles dans les poussières des ténèbres que les bras de la nuit enserrent

Muets sont les mots dans la parole de l’obscurité 

Où est cette humanité qu’on ne voit soleil    qui se repose dans les interstices du muret monté en pierre de sociabilité à défendre les valeurs d’un royaume que l’être semble protéger et        s’échange en même temps    créant un univers de dupes    irradié d’illusions et mystifié des propres valeurs ostensibles prônées et leurs induits frontaliers coulant d’une source qui abreuve un ciment déstructurant toujours plus l’humanité à chaque regroupement d’humain qui même à s’abreuver à une source divine que les dieux descendent de l’Olympe des bacchanales ne rehausse

Murés les non-dits dans le silence du passage des secondes    vagues qui ramènent bois et roulent pierres au rivage    s’agglomère pierre sur bois et bois sur pierre que demain sculptera en  mur ou passe le vent qui altère

Muets sont les mots dans le silence de la voie   

Ainsi rêvait l’enfant passant entre la haie et le muret dans le mirage béant du clin d’œil de la       nuit    étincelante au tintement velouté du médaillon de sa chienne

Retournant à la lumière du labour d’autrui qui convient au supplice

Et entrant

Dépose fusils et pieux au seuil de la porte

Qu’il ferme doucement

 

De l’intérieur

Il regarde la fenêtre opaque                            

Son âme est ailleurs

Partie

Peut-être vers les rives d’un pays

A regarder ailleurs    vers le lointain

Le feu de l’âtre réchauffait son corps

Quelqu’un lui fit l’amorce d’un sourire    connivence sociale qu’il rendit

Dehors quelque part un oiseau devait voler

Et d’autres ailes s’exclamer

Doux peuple d’effervescence libertine

Peut-être à rejoindre dans une haie

L’apaisement

Sauvage

Et il lui voyageait

Le phare rai du Yelkouan

A pouvoir discerner les couleurs

 

Serait-il autre que contrée

Là où va l’indien

 

Respiration

Au cœur de la mobilité

Où l’objet du temps                                          

         Serait expliqué

         Et non donné par la montre

Pur pays intuitif

A l’orée des rumeurs

Ou le regard porte

L’étincelle

Fruit de l’âme

Que silence et parole

Dévoile paysage    

 

naissance d’un matin d estive à’Elne, Nébla déambulant autour

Navire    ville haute

 

Navire forteresse      ville haute   sereine

A la vue imprenable s’éveille

Au  vrombissement balayant mécanique  

Rugissante Tarasque de rue s’ébroue

Dont les soubresauts de vapeur donnent     

Un air de départ

   Face à la proue

Des rubans s’entremêlent   tissées

Aux liserés d’ors fins

Teintés de violines évanescentes   et                       

Que pourpres enchevêtrent lentement

De limbes jaunies et d’incarnats          

Semblant une arche de bienvenue

Nous accueillant

   De bâbord

L’interminable vague des Albères secoue

Au ciel   son drap de mousseline bleuté

Et lève le voile à une journée

D’un calme majestueux

Les minutes sont sereines

Comme le ciel qui déjà traîne sa ouate

L’ambre grise du matin s’étire   bâille         

Langoureusement se teinte

Peu à peu

Parcimonieusement s’estompe

Se mirant d’une clarté   d’un bleu

Où plutôt de bleus changeant et alternant

Mimant et semblant

Vouloir tenir tête à son miroir alter et go

Qu’est la mer

Chacun sonnant et multipliant

Les tonalités de bleus et nuances                

Les gommant

Les estompant   les ravivant

Chaque instant se superpose

Chaque tonalité aussi

Qu’on finit par se croire au bout d’un moment

Revenu à l’instant précédent

On ne saurait dire si

C’est une querelle d’amoureux

Ou une danse nuptiale

Telle la parade de deux seiches se livrant

Un combat de sentiments amoureux

Exalte

Une palette aux multiples et extravagantes couleurs

Tour à tour flamboyantes et plus nuancées

A chaque fois   dans l’instantanée

Comme une flèche touchant le cœur

Mais rien n’est moins sûr

Défilent cyans   céruléens et azurs

Tours de garde et collines

Nuages bleus et nuages blancs

Chapelet Catalan   s’égrenant

Comme ces étourneaux sous les palmes d’un dattier               

Ainsi les mots du poète fourmillent

Bruissent ressentis   en son âme

Suivant des yeux

L’instantané d’une queue rousse

Rasant Lantanas et Laurettes

Puis   glisse dans la chaleur humide d’un figuier

Tandis que de chaque côté du navire

Dansent de juvéniles hirondelles

Dans la claire lueur du soleil

De ce matin   galet poli par la douceur du temps

La marée

A posé le contenu de ses filets devant le Cara Sol

Les fenêtres de son âme encore closes

Des conversations de couverts prolongées   au-delà 

Le pot au noir de la nuit

A aucun des marins passant la coursive   ne viendrait

L’idée de l’aubaine d’une maraude

Tel dans le courant   chacun tire son vent                     

Ainsi dans le vent   chacun borde son courant

De vertus

Fier impression de puissance

Sorte de Titanic immuable

Vestige d’un passé tellement présent

Et ce bateau-là ne coule pas              

Son bastingage émietté    terni

De bric et de broc   subit                             

Les outrages du temps   l’abandon

Las    juste échoué

Entre deux villes

Vile préretraite pourtant mérité

Et moi    passager clandestin

Capitaine d’un instant

Au rappel sautillant du médaillon de Nébla            

Rechausse humbles semelles et rêverie de vent

Quête de nuages blancs et crêtes d’écume

Les arcanes du temps                               T.Mahaut                   Lou Nissart

 

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 11:07

GSC_0009.JPG (C) André Roger.

 

          Intellos sur la scène catalane

 

      On ne les entendait guère (le fameux silence des intellectuels de gauche !) depuis des années, les intellos de ce côté nordiste de la Catalogne... Un ou deux s'étaient mêlés à la liste municipale pour les élections à Perpignan (je pense à Marie-Ange Falquès, sur la liste de la gauche unie)...Il y a bien sûr les chanteurs "engagés" comme Pere Figueres ou Teresa Rebull, à l'opposé de la nostalgie passéiste d'un Jordi Barre...

 

   Il y eut les écrivains, mais depuis le départ de Jordi Pere Cerda, l'ame semble insondable : les derniers "grands" littérateurs d'ici profitent de l'exil de la vieillesse (Claude Delmas, Pere Verdaguer)...Seule, la romancière et linguiste Renata Portet a encore la faconde d'une jeunette, même si le décès de son époux, artiste reconnu ( en Catalogne, c'est difficile, mais du moins à Saint-Pétersbourg, le musée de l'Ermitage abritant un de ses tableaux !))

 

Surtout, il y a, discrète et installée dans le ghetto de la faculté, l'Université populaire (UPP), où officient des profs de talent, tels Robert Sulpice, Henri Solans, Marion Poirson...mais le cercle est restreint et le public, âgé et issu du monde enseignant ou libertaire (comme Cinémaginaire qui, à Argelès, diffuse des films d'art et d'essai).

 

Les revoici donc, les intellos de Catalogne, mobilisés pour défendre l'idée d'une Catalogne indépendante; pour rétablir la vérité quand un média n'est pas objectif ou défigure la vérité historique et politique. Il s'agit du collectif "Oliba", du nom d'un fameux curé catalaniste, le groupe "El Col-lectiu Oliba" prouvant ainsi qu'on peut être laïque, anar et bouffeur de curés sou violeur de nonnettes, tout en respectant l'oeuvre d'un brave pacifiste catholique...

 

Ils sont intellos pour la plupart (J.Quéralt en est la tête de pont indiscutable !), artistes (Daniel Tosi, S.Lopez, par chance n'y figure pas Cali, peu catalaniste, il est vrai, et trop marqué : socialiste ségolénien, puis alduiste, à présent..?), commerçants (mais cultivés, tels Jacques Font et Roger Coste), éditeurs (Balzac, Trabucaire) et écrivains de talent : J.Luis-LLuis et J.Daniel Bezsonoff...

 

Leur site, qui s'adresse à la presse mondiale et surtout francophone, afin de reprendre les erreurs et interprétations pernicieuses d'au-delà des Pyrénées, est très intéressant.

 

Un autre groupe d'intellos, loin des préoccupations langagières et indépendantistes, donne rendez-vous au public perpignanais, ce dimanche, même s'il est conscient que le promeneur dominical est plus motivé par l'achat d'un chapon que par la lecture d'une analyse de l'extrême droite (lire Nicolas Lebourg, "historien des extrêmes-droites" !). Ces penseurs "libres" (l'appellation est du libraire R.Coste, la préférant à "libres penseurs", référence aux "esprits forts" du XVIIIème siècle, aux philosophes des Lumières, aux anars et autres francs-maçons...). N.Lebourg trouve l'expression trop "formatée", connotée, c'est vrai : "penseurs libres", c'est plus vaste, sans attache, sans référence historique... Voici l'événement :

 

*Signature publique pour des citoyens qu'on empêchera pas de penser:

 

Dimanche 16 Décembre de 14h30 A 18h00 : Rencontre avec DES PENSEURS LIBRES QUI INVESTIRONT L'ESPACE PUBLIC, 10 Rue Mailly de la Librairie TORCATIS

 

NICOLAS LEBOURG historien à l'université de Perpignan spécialiste des extrêmes droites

 

DOMINIQUE SISTACH sociologue à l'université de Perpignan directeur temporaire de redaction de la revue RUIXAT

 

GREGORY TUBAN journaliste, auteur de livre sur la retirada et l'exili ainsi que le rock Perpignanais.

 

JORDI VIDAL théoricien, cinéaste, Conseller de Cultura de Perpinyà.

Autour de leurs ouvrages

 

SERVITUDE ET SIMULACRE / RESISTANCE AU CHAOS / TRAITE DU COMBAT MODERNE Ed.Allia J.V.

 

MORT AUX BOLCHOS Ed. Les Echappées / DANS L'OMBRE DE LE PEN Ed. Nouveau monde/

 

FRANCOIS DUPRAT Ed. Denoel / LE MONDE VU DE LA PLUS EXTREME DROITE Ed. PUPN.L. 

 

REVUE TRANSDISCIPLINAIRE EN SCIENCES SOCIALES : RUIXAT Ed. TrabucaireD.S.

 

LES SEQUESTRES DE COLLIOURE Ed. Mare nostrum/ FEVRIER 1939 Ed. Mare nostrum/

 

CAMP D'ARGELES 1939/1942 Ed. Cossetania/ DALI Ed. Mare nostrum / PERPIGNAN ROCK Ed.Trabucaire G.T.

 

(à suivre) photo Jean-Pierre Bonnel : Dominque Sistach (à gauche) et Nicolas Lebourg (à droite...)gilda--lebourg--sistach.jpg

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 12:00

 buga.JPG (C) Jean-Pierre Bonnel (Bugarah sous la neige vu depuis Rennes-le-Château)


 Avant la conférence (galerie "àcentmètresducentredumonde", av. de Grande-Bretagne, Perpignan, 18h30) du jeune et brillant anthropologue de l'Université de Perpignan, un extrait de son analyse : 

 

 

Bugarach, le village de l'apocalypse

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Vincent Basset (Université de Perpignan) - 26 Jul 2012

 

Le pic Bugarach, situé dans le Sud de la France dans le département de l'Aude, attire depuis quelques années de nombreuses personnes en quête de spiritualité (New Age, paganisme occidental), de trésors (chercheurs de trésors des Templiers, du tombeau de Jésus), mais aussi d'extraterrestres. Selon les croyances récemment énoncées par des groupuscules ésotériques, la montagne serait l'une des 12 portes intersidérales d'accès au monde parallèle, l'un des rares endroits sur terre à être sauvé de la fin du monde, le 21 décembre 2012. Au cours de ces dix dernières années, ce lieu est devenu un symbole de référence dans les réseaux dits de pratiques néo-ésotériques et néo-chamaniques. 


Le petit village de Bugarach et ses 153 habitants sont le théâtre d'une affluence croissante de touristes mystico-spirituels. La réinterprétation de la prophétie maya par des réseaux New Age, présentant le pic Bugarach comme refuge avant l'apocalypse du 21 décembre 2012, est venue bousculer la tranquillité de ce village. Les télévisions du monde entier se succèdent dans la région, les autorités locales disent être débordées par ce phénomène, craignant une ruée de milliers de personnes pour la soirée du 21 décembre. Le maire J-P. Delord se déclare inquiet de risques de dérives sectaires, «il faudra peut-être faire appel au militaire afin de bloquer l'accès au village». Des personnes venues du monde entier viennent s'installer dans la vallée de Bugarach, des Américains, des Finlandais, des Polonais, des Anglais, des Canadiens... Certains y ouvrent des hébergements, des restaurants, d'autres surfant sur la vague ésotérique proposent des stages de méditation et de guérison en tout genre.

 

Mais comment s'est construite la réputation de ce village?

 

Le mythe Bugarach

 

Plusieurs éléments ont participé à la mythification de ce lieu. Tout d'abord, le passé cathare de la région et les interprétations historiques du début du 20ème siècle, liées à leurs connaissances spirituelles supposées, suscitent une fascination collective toujours d'actualité. Le mythe de la présence du Saint Graal dans les environs de Bugarach, notamment à travers la mystérieuse histoire du trésor de l'abbé Saunière dans le village de Rennes le Château, a participé à la renommée internationale de ce site pour les passionnés de trésors et d'ésotérisme. De nombreux ouvrages viennent alimenter les spéculations au sujet de trésors cachés: selon certains de ces auteurs, les soubassements du pic de Bugarach abriteraient le «fabuleux trésor des Wisigoths».

 

Dans les années 70, un nouveau thème vient se mêler aux croyances liées à ces lieux: un habitant de la région Jean de Rignies, est le premier témoin de la manifestation d'êtres extraterrestres. Les apparitions d'OVNIS se succèdent alors au-dessus du pic de Bugarach. Jean D'Argoun, auteur ésotérique et prophète du New Age, va développer le mythe extraterrestre en affirmant être rentré en contact direct avec des êtres divins venus d'une autre planète. Ces derniers lui auraient révélé l'existence d'une base extraterrestre ou plus exactement un «vaisseau issu de l'ancienne Atlantis» abritant le corps en léthargie du «dernier roi d'Arkha». Selon cet auteur, cette montagne fonctionne comme «un terminal qui permet de se connecter à la banque de données cosmiques «l'Akasha», la mémoire universelle, cette montagne représenterait donc le 7ème chakra de la planète, une porte suprême qui s'ouvre tous les 25000 ans» («Bugarach, le village qui attend l'apocalypse», France Culture, 22/07/2011).

 

Sous l'impulsion des publications de Jean d'Argoun, le tourisme spirituel se développe très vite au début des années 2000. Il ne faut pas attendre longtemps pour que certains New Agers fassent correspondre la fin du calendrier maya, le 21 décembre 2012, avec l'ouverture du vortex de Bugarach, qui permettrait d'ouvrir un tunnel dimensionnel, c'est-à-dire «une porte vibratoire» sur un autre univers. Le réseau internet diffuse ce mythe cosmogonique à tel point que le nombre de visiteurs se rendant au sommet du pic Bugarach est passé entre 2010 et 2011 de 10'000 à 20'000.

 

D'autres éléments, tels que l'originalité de différents lieux naturels de la région, concourent à la mythification de cette région. Le rapport à cette nature prétendue «magique» représente un véritable support de valeurs identitaires pour ses visiteurs. La forêt de Nébias, par exemple, ou chemin des fées, abriterait des formes de vies surnaturelles telles que des elfes, des lutins et des fées. De nombreux témoignages recueillis attestent en effet de la manifestation de ces êtres au travers de photos où apparaissent «d'étranges lumières bleues». Les «esprits gardiens» de cette forêt se seraient matérialisés sous forme de roches ou d'arbres aux formes anthropomorphiques. Le Mont Bugarach recèle aussi de nombreuses formes originales, certains y voient un bouddha, un personnage allongé regardant le ciel, un phallus... Ces éléments naturels conditionnent le regard et les représentations collectives, et ce rapport magique à la nature semble être partagé par la majorité des visiteurs.

 

 

Il faut dire que ce pic occupe une situation géostratégique dans la cosmogonie New Age, puisqu'il représente le point culminant d'une zone «magique et mystérieuse» s'étendant sur 80 km 2: Rennes le château et les mystères de l'abbé Saunière, le Mont Cardou où se trouverait le tombeau du Christ, Rennes les bains et ses lieux «d'énergie» (le fauteuil du diable, les roches à cupules).

 

Plus récemment, d'autres propagateurs du «mythe Bugarach» sont venus l'amplifier, notamment les différents guides spirituels officiant dans la région, qui mythifient cet espace à travers une publicité sensationnaliste sur internet. De nombreux auteurs ésotériques ont aussi su profiter de ce phénomène: des ouvrages comme Bugarach: la montagne sacrée, L'appel du Bugarach, Et Dieu créa Bugarach, La pierre noire du Bugarach, ont connu un succès étonnant. Selon Ph. Marlin, libraire à Rennes le Château, un nombre important d'ouvrage vont encore paraître durant l'année 2012. De nombreux DVD signés Debowska Production, installée à Rennes les Bains, traitant de la spiritualité et des mystères de Bugarach, contribuent à entretenir l'imaginaire mystico-spirituel relatif à cette région. À la fois vidéaste et acteur de ce phénomène, cette maison a invité de nombreux Amérindiens du Mexique et du Canada à venir sur les terres du Bugarach «afin de réveiller la mémoire des lieux» et y proposer des stages néochamaniques.

 

Cette construction mythologique contemporaine renvoie à deux démarches distinctes. La première relève de ce que l'on pourrait appeler des «sciences secrètes» à caractère conspirationniste, notamment de type ufologique, puisque de nombreuses personnes ont été témoin d'apparitions extraterrestres dans la région. On peut y ajouter les chercheurs de trésors développant les théories les plus étonnantes sur les trésors enfouis (Arche d'Alliance, trésors des Wisigoths, trésors des Templiers...).

 

La seconde peut se définir comme le courant de la spiritualité, de l'éveil, de la prise de conscience mystico-ésotérique, dont les acteurs sont issus principalement de la génération post-hippie. Cette population regroupe des néo-ruraux qui se sont installés principalement à Rennes les Bains et des touristes qui alimentent et diffusent les croyances et théories New Age dans le monde entier.

 

Les activités mystico-spirituelles

 

L'ascension du pic de Bugarach représente une des activités centrales des touristes mystico-spirituels de la région. Certains disent y monter pour «se ressourcer» et «se charger en énergie», d'autres y organisent des rituels néochamaniques. La montagne représente le centre névralgique de tous ces curieux, «là où nous pouvons changer notre attitude, et laisser derrière nous tous nos problèmes». D'ailleurs de nombreux autels, inscriptions gravées sur la roche, et autres offrandes attestant de l'activité au sommet du pic. Ces traces sont quotidiennement «nettoyées» par les autorités locales. Les habitués ont coutume de dire: «il faut se préparer psychologiquement avant l'ascension du pic, c'est bien plus qu'une montagne, c'est une entité qui permet à chacun de se recentrer sur lui-même».

 

Claudine, serveuse au Relais du Bugarach, est arrivée depuis six mois dans le village; elle avait entendu parler de Bugarach à la radio, «ça était comme une révélation, rien que la sonorité du mot Bugarach m'attirait, j'ai quitté mon mari, ma région, et je suis venu ici sans savoir ce que j'allais trouver. J'ai pris conscience que le temps était précieux, et qu'il fallait vivre pleinement ses rêves». Comme elle, de nombreux curieux en quête de sens ont répondu présent à «l'appel du Bugarach» (pour reprendre le titre d'un livre de Genny Rivière publié en 2011), mais la difficulté pour nombre d'entre eux était de trouver une activité économique leur permettant de s'installer à l'année à proximité du Bugarach. Comme dans le village de Wadley au Mexique, où j'ai pu étudier le phénomène du tourisme mystico-spirituel s'organisant autour du «Mont Quemado», certains nouveaux arrivants «formés» à la radiesthésie, à la géobiologie, au chamanisme, au reiki, au Qi gong, ont décidé de proposer leurs services de guides spirituels lors de stages «initiatiques». Moyennant 350 euros pour un stage de trois journées, l'ensemble des activités proposées oscillent entre des pratiques culturelles indo-asiatiques, amérindiennes, mais aussi néo-païennes et néo-cathares.

 

 à suivre...

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La fontaine des amours (Rennes les Bains) (© 2012 Vincent Basset).

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Témazcal ou bain de sudation en face du pic Bugarach (© 2012 Vincent Basset).

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 11:11

         commentaire.pdf-0235.JPG (photo Jean-Pierre Bonnel)

 

COMMENTAIRE DANS LEBLOGABONNEL (par Jaume G.)


 

 

Au moment où lEurope nexiste quà travers une vision financière et économique, il est normal que les diverses bourgeoisies européennes fassent tout pour continuer à diviser ce continent, ce qui augmente leurs pouvoirs qui eux sont transnationaux. La bourgeoisie catalane a tout intérêt à défendre lindépendance de la Catalogne pour avoir plus de poids et elle joue sur une fibre identitaire consensuelle, de gauche comme de droite. Est-ce une raison pour défendre ce projet ? Non parce quune Espagne sans la Catalogne sera plus faible et ça narrangera encore une fois que la finance et léconomie capitaliste et certainement pas les peuples. Dautant que dans lEspagne actuelle la Catalogne bénéficie de beaucoup de prérogatives. La Yougoslavie était une puissance politique qui pouvait peser. Que pèse par exemple la Slovénie à la botte du capitalisme allemand ? Le Slovène moyen est il plus heureux maintenant quil est souverain ? Il me semble quil y a beaucoup de perversité derrière « ce narcissisme des petites différences » qui caractérise souvent les projets nationalistes! 

 

( POSTÉ PAR JAUME AUJOURD'HUI 12.12.2012)

 

 

   La France va ratifier la Charte européenne des langues "régionales" ou "minoritaires", a réaffirmé le Ministère de la culture et de la communication, sans préciser quand.

"La France mettra en œuvre le processus de ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, conformément à l'engagement du président de la République," a répondu ce jeudi 15 novembre le Ministère de la culture  à une question écrite déposée fin août au Sénat par Roland Courteau, sénateur de l'Aude (Languedoc-Roussillon)

"Ce travail sera fait de manière transversale et coopérative, et visera, en liaison étroite avec les parlementaires et l'ensemble des élus, à assurer un plein développement aux langues de France," a ajouté le ministère, sans préciser quand il mettra en oeuvre le processus de ratification.

Jusqu'à aujourd'hui, la France apparaît, par rapport à ses partenaires européens, comme très en retard dans le domaine de la reconnaissance des droits linguistiques.

La Charte européenne des langues "régionales" ou "minoritaires" a été signée en 1999 par Lionel Jospin, lorsqu'il était Premier Ministre. Mais Jacques Chirac, alors président, avait refusé d'engager le processus de ratification. La France est l'un des rares pays membres du Conseil de l'Europe (47 membres) à ne pas avoir ratifié cette Charte.

Lors de la campagne électorale des élections législatives, la plupart des candidats du Pays Basque s'étaient prononcés en faveur de la ratification de la Charte européenne. En mars 2012, 7.000 personnes ont défilé dans les rues de Bayonne pour réclamer la reconnaissance de la langue basque comme langue officielle.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 14:53

canigou de loic   Mercredi  12 /12 /12

 

  Bonjour, chers voyants et mal-voyants,

 

   Vous avez été nombreux à nous demander l’adresse d’un bon voyant.  Nous vous avons présenté en novembre, à la maison de la Région, jean-pierre écrivain (et médium pur... ) Il s'est exprimé samedi dernier, au centre d'art contemporain, devant une assemblée élitiste de cinquante personnes et lecteurs passionnés...

 

  Excellent voyant (et poète rimbaldien ) depuis 35 ans, reconnu pour sa modestie et son talent.   Vous souhaitez avoir une réponse à vos questions.

  Exceptionnellement pendant 18 jours, vous pouvez profiter de 50% de réduction sur une consultation par correspondance, et plus si affinités raffinées, 12 € seulement au lieu de 15€ et cela pendant 18 jours.

Temps illimité pour la durée de la consultation.  Offre valable jusqu’au 31 décembre 2012.

  Profitez-vite de votre  remise en suivant ce lien, ce chemin vers le destin…

 

  Pour bénéficier de votre remise, une seule direction, suivez le chemin ultime de Walter Benjamin… (12 euros port compris)

  Nous restons à votre disposition pour tout renseignement. L'auteur vous conseillera, étant nègre parfois (et juif, arabe, catho et boudhiste par intermittence)

 

  Nous vous souhaitons une agréable visite. J.Pierre BONNEL (06.31.69.09.32)

 

 

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 23:25

cadaques.jpg   Col·lectiu Oliba

Message à la presse française et francophone (Col·lectiu Oliba)

Recomanem el comunicat Message à la presse française et francophone que publica el Col·lectiu Oliba i els felicitem per la seva iniciativa.

Observez la Catalogne, cest passionnant

P
ourquoi, le 11 septembre dernier, plus dun million et demi de Catalans ont-ils manifesté à Barcelone en faveur de lindépendance de la Catalogne?

Ce jour-là, cest un raz-de-marée populaire qui a pris de court la plupart des observateurs. Cette manifestation a surpris par son volume (cest la plus importante de lhistoire de la Catalogne, et lune des plus imposantes de lhistoire récente de lEurope), par son caractère pacifique (pas un seul incident na été déploré), par sa transversalité (tous les courants politiques, toutes les catégories sociales et toutes les générations y étaient représentés) et par sa détermination (un seul slogan était scandé: « Independència!»).

Des analystes du monde entier se sont alors penchés sur cette Catalogne jusquici si discrète. Force est de constater que dans bien des cas leurs commentaires ont montré quils navaient pas saisi la pleine mesure de ce qui se passe en Catalogne. La plupart des observateurs ont, en effet, localisé lorigine de cette manifestation autour de la crise économique mondiale. Ce faisant, ils ont ignoré une donnée fondamentale: la Catalogne nest pas une création ex nihilo destinée à canaliser un prétendu égoïsme économique régional. La Catalogne a toujours cultivé la conviction dêtre un pays et, depuis la perte de son indépendance par la force des armes au début du XVIIIe siècle, elle a toujours essayé, peu ou prou, de retrouver les chemins de sa liberté. Elle a une histoire particulière, une langue propre officielle, un corpus juridique millénaire et, surtout, elle a conscience delle-même en tant que nation. Ce quelle na pas: un Etat qui lui soit spécifique. La revendication de cet Etat nest pas nouvelle: voilà plus dun siècle quexistent en Catalogne des mouvements politiques indépendantistes, toujours pacifiques, qui furent réprimés par la dictatures de Primo de Rivera et par quarante ans de franquisme.

Or, voilà que depuis quelques années lindépendantisme fait un retour en force. Une force sans violence. Une force pacifique, dont le respect pour la démocratie saute aux yeux, ainsi que le fort désir dintégration à la destinée commune forgée par lUnion Européenne.

B
ien sûr, la crise économique a eu un effet démultiplicateur, mais la coupe était déjà pleine et ne demandait quà verser. LEtat espagnol démocratique, depuis plusieurs années, na eu de cesse de sappliquer à saboter lautonomie de la Catalogne, à limiter ses domaines de compétence, à porter gravement préjudice à sa langue, à la priver des investissements structurels nécessaires à son développement, à spolier son économie par des ponctions fiscales démesurées.

Nul ne sait si la majorité qui, selon tous les sondages, demande aujourdhui lindépendance de la Catalogne aura gain de cause, nous en serons tous témoins quand les urnes auront parlé. Ce quil est important de savoir est que réduire la volonté de cette majorité au contexte économique est une erreur. Une grande partie des citoyens de Catalogne veut aujourdhui cette indépendance pour participer de plein droit au concert des Nations. Ni plus, ni moins. Et ce dans le respect le plus strict du débat démocratique.

La Catalogne est devenue un sujet dobservation passionnant parce que cest aujourdhui la société civile qui rythme le tempo de sa propre histoire et quelle le fait avec un sens du civisme qui force le respect. En Catalogne, aujourdhui, tous les citoyens font de la politique, en cela quils débattent quotidiennement de ce quil adviendra de ce pays dans les mois et les années à venir. Les élus ont pris acte de ce mouvement et y participent, que ce soit pour aller vers lindépendance ou pour maintenir lunion avec lEspagne.

En fin de compte, cette Catalogne si passionnante pourrait devenir bientôt le nouveau voisin de la France. Il faudrait donc que la France commence à apprendre à la connaître. Elle ne pourra que lapprécier.

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:15

images-copie-1.jpegCes quelques textes, extraits de « Poèmes et proses », recueil anthologique d’Albert Bausil (Editions Tramontane –dernière revue – 1980).

 

Un poète incontournable dans la renaissance littéraire du XXème siècle, en Roussillon. Après les « jeux floraux de la langue catalane », célébrés à Barcelone, au début du XXème siècle, la bourgeoisie roussillonnaise s’exprime, non sans relents de quelque catalanité sous-jacente au long des « jeux floraux du Genêt d’Or ». La guerre de 14-18 a apporté son tribut en charnier, douleurs, velléités d’identité nationale, un message belliciste lourd d’émotions réfrénées…

 

Il faut se souvenir de revues telles « Le coq catalan », « Tramontane »... des publications réservées à des « initiés », aux rémanences bourgeoises, qui ont permis de découvrir et de diffuser des écrivains nord-catalans aussi célèbres que Joan Amade, Josep Sebastià Pons, Jordi Pere Cerdà, Carles Grandó, Joan Cayrol, « Oun Tal » (Albert Saisset) et bien d’autres...

 

Chez Bausil, on trouve des licences parfois sur le style, des hardiesses au niveau de la forme... mais quelle pureté sur le fond !

 

La terre catalane, la vie, l’amour, la foi et la fidélité... des thèmes récurrents que l’on rencontre chez les vrais serviteurs de la poésie. Si Stendhal exprimait qu’un poète « ce n’est finalement qu’un cœur qui explose, d’amour ou de révolte... », plus près de nous, « el Mestre, Pau Casals » s’est fort justement plu à le traduire t : « un artiste au bout du compte, ce n’est que quelqu’un de sincère »

 

Puissiez-vous prendre autant de plaisir à lire, découvrir ou redécouvrir ces quelques textes d’Albert Bausil que j’en ai pris et que j’en prends à les lire, relire et apprendre, depuis plus de trente ans Comme dans « La terrasse au soleil » : « J’avais vingt ans, j’avais une âme de vainqueur » et j’ai découvert son oeuvre. Une œuvre brève dans la fulgurance, mais dense cependant dans la permanence. Bausil, ça ne s’explique pas, ça se savoure, ça s’entend, ça se sent…

 

Plût au Bon Dieu que nous soyons encore quelques irréductibles à défendre la poésie. Il ne nous restera que ça lorsque l’on nous aura tout enlevé… Et bordel pour les bonimenteurs, tricheurs et sodomites de tout poil… La poésie ne se comptabilise pas, c’est elle qui nous comptabilise !...

 

Comme une chanson, un poème détient un rôle social... un poème ça nous aide bien souvent à mieux vivre... et parfois tout simplement à vivre. Bausil est de ces Amphitryon qui nous invitent à leur table, sans goûter aux mets qu’ils nous ont concocté… un ce ces hôtes qui nous font goûter, désirer et passionner… ce qui ne se boit, ni ne se mange : la poésie.

 

Très cordialement...  Jean Iglesis

 

 

 

 

Mon pays !...

 

Mon pays, c’est mon ciel, ma ville, ma grand-route

c’est le clocher qu’on voit de loin, quand on revient,

c’est le dîner qui fume et c’est l’âne qui broute,

tout le décor qui se souvient !

 

Mon pays, c’est ce mas ombragé de platanes,

c’est la garrigue et ses buissons de romarin,

ce sont les cris de la hurlante tramontane,

la voix triste du vent marin.

 

Mon pays, c’est la mer, la vigne, la montagne,

les cyprès bleus où les moineaux vont se blottir,

les pommiers du Conflent, les blés de la Cerdagne,

les cerisiers du Vallespir !

 

Mon pays, coiffé de ses tuiles vives,

c’est l’automne roux, clair et triomphal,

c’est l’hiver traînant des roses hâtives,

sous les chars joyeux de son carnaval ;

 

c’est le doux printemps de l’heureuse Albère

où l’on voit des bois de micocouliers,

des pêchers fleuris dans tous les halliers

et des mimosas dans les cimetières !

 

Mon pays, c’est ça, ce sont ces trésors,

ces sommets neigeux, ces plages vermeilles,

c’est ce Roussillon des fruits et des treilles

jeté sur la mer comme un bouquet d’or.

 

-Et mon pays, c’est toi, toi ma petite amie !

ta chanson, ta gaîté, ta voix, ta bouche en fleur,

tes yeux brûlants qui font du soleil sur ma vie,

tes cheveux noirs qui font de l’ombre sur mon cœur.

 

Albert Bausil (1881-1943)

 

 

 

 

 

La terrasse au soleil

 

Comme tous, j’ai rêvé de conquérir la Ville.

J’avais vingt ans. J’avais une âme de vainqueur.

Je croyais arracher à la Gloire indocile

Tous les baisers, tous les lauriers et tous les cœurs.

 

Chaque jour, éveillé par l’appel des chimères,

Je frémissais d’impatience sur mon seuil.

Paris m’apparaissait là-bas dans ses lumières,

Comme une citadelle ouverte à mon orgueil.

 

De triomphes parmi la foule qui m’acclame

Et de la griserie exquise des encens

Je m’enivrais déjà. Je portais dans mon âme

Des rêves fous d’imperators adolescents.

 

-Un soir, que fatigué d’espérer et d’attendre

J’étais allé m’asseoir sur la route d’été,

Une enfant a passé, grave, amoureuse et tendre...

Mes yeux ont rencontré ses yeux. Je suis resté.

 

Alors, pour moi, la gloire a perdu son mirage.

Mes espoirs ont fleuri vers une autre clarté :

Je n’ai plus eu devant ma foi que son image,

Je n’ai plus eu d’autre flambeau que sa beauté.

 

Et, parmi la torpeur de la petite ville,

Près de la mer, parmi la lumière et les fleurs,

Je me suis endormi dans mon rêve tranquille,

Bercé d’insouciance et de calmes bonheurs.

 

Je suis resté. Les voix du sol et de la race

Ont retenu l’essor au moment de l’éveil.

Le Soleil a doré la treille et la terrasse,

Et j’ai chanté devant la terrasse au soleil.

 

Albert Bausil (1881-1943)

 

 

 

 

 

Hélène

 

 

Qu’êtes vous devenue, Hélène,

petite Hélène aux longs yeux gris, que chaque soir, j’allais attendre à la sortie du Cours,

le cœur battant, les poches pleines

de billets et de vers d’amour ?...

 

Je me souviens de vous à peine,

petite Hélène.

Votre père était officier

- officier de gendarmerie ! –

Vous étiez sans coquetterie,

tout devenait plus bleu, plus blond, quand vous passiez.

J’avais treize ans, vous n’en aviez pas douze,

vous portiez un manteau de drap bariolé

et quand j’allais vous voir, je cachais sous ma blouse

un bouquet que j’avais volé.

 

Qu’êtes vous devenue, Hélène,

petite Hélène de la rue de la Réal ?

Que le cœur me faisait du mal

quand je ne voyais pas votre manteau de laine

venir de loin, parmi le groupe matinal,

le groupe qui sortait de classe avec des livres

et des cartables sous le bras...

Jamais ce temps, ce beau printemps ne reviendra.

 

Je ne vous parlais pas, je n’osais pas vous suivre,

mais lorsque je rentrais dans ma chambre, le soir,

et qu’on ne pouvait pas me voir,

je mettais devant moi votre photographie

et j’écrivais des vers de flamme, de folie,

des vers que je n’écrirai plus...

 

Mon Dieu : comme vous m’avez plu,

petite Hélène aux jambes nues !

Qui me dira ce que vous êtes devenue,

ce que vous faites, maintenant,

vieille fille – ou jeune maman ?

 

J’imagine vous voir, douce, modeste, mince,

dans une calme préfecture de province,

accompagnant à la Musique, le Jeudi,

une petite fille en robe d’organdi

qui vous ressemble.

La nuit descend. Je vous regarde. Et il me semble

qu’un jeune lycéen passe à côté de moi,

avec ma silhouette, avec mes yeux qui brillent,

avec ma foi,

et qu’il laisse glisser aux doigts de votre fille

la rose que j’avais aux doigts...

 

Albert Bausil (1881-1943)

 

 

Ta jeunesse

 

Ta jeunesse a l’odeur des muguets ! Ta jeunesse

Est fraîche comme une grappe d’acacia.

Il monte de ta voix des sources d’allégresse

Des rumeurs de jardin et des alléluias !

 

Quand tu rentres, c’est comme un matin qui m’éclaire,

Après la nuit, la triste nuit, quand je t’attends.

Ton geste autour de toi répand de la lumière

Et tes bras nus ont l’air de porter le printemps !

 

Ô ta jeunesse ! Ô ta jeunesse que j’envie !

Tes cheveux fins, tes cheveux fous d’enfant de chœur !

Tes yeux surtout, tes yeux amoureux de la vie,

Tes yeux joyeux, tes yeux fleuris, tes yeux vainqueurs !

 

Je suis tout ébloui de toi. Quand tu te penches,

C’est comme une douleur heureuse que je sens...

Un trouble naît de l’étroitesse de tes hanches,

De tout ton petit corps souple d’adolescent.

 

Et puis, ce sont tes doigts, tes mains longues et pâles,

Tes mains jointes, tes mains vagabondes, tes mains

Qui se ferment sur toi comme de longs pétales

Etreignant le hâtif battement de tes seins.

 

Demeure. Embaume-moi de tout ce que tu touches.

Ne t’en va pas – Il fait si bon ! – mon cœur est lourd.

Toute la volupté du monde est sur ta bouche.

Reste là, mon trésor ! mon petit ! mon amour !

 

Albert Bausil (1881-1943)

 

 

 

 

 

 

Voyages

 

Je n’ai pas fait, même en désir, le tout du monde.

Je suis resté chez moi, paisible et ignorant.

Je me suis contenté d’avoir la mappemonde

Sur ma table, entre Jules Verne et Paul Morand.

 

Rien que la terre. Et c’est bien vrai ! Rien que la terre

Et que la mer, et que le ciel toujours pareils.

Toujours les mêmes paysages sans mystère,

Toujours les mêmes soirs et les mêmes soleils.

 

Je ne partirai pas pour les Indes profondes,

Pour les jardins des héroïnes de Loti.

Je ne verrai jamais les îles de la Sonde,

Ni les colliers de fleurs des filles d’Haïti.

 

Je ne verrai jamais grandir sur l’océan

Ces villes d’ombre et d’or que les palmiers couronnent.

Je ne cueillerai pas les roses d’Ispahan

Ni les verveines bleues au balcon de Vérone.

 

Mais m’en suis-je créé, des ciels, des floraisons,

Des palais infinis où l’âme vagabonde.

Et m’en suis-je conquis des havres, des toisons,

Des forêts où chantaient tous les oiseaux du monde !

 

 

.../...

 

 

M’en suis-je rappelé des voyages d’amour,

De frémissants départs, de lyriques escales,

Et m’en suis-je ébloui d’aurores boréales,

De flammes, de réveils, d’adieux et de retours !

 

Je te plains, visiteur des mornes capitales ;

Touriste insatisfait qui te traces, l’hiver,

Des paradis d’affiche et de carte postale

Aux bornes de ton âme et de ton univers !

 

Ce matin, en ouvrant la lettre bleue et sage

Qui n’était qu’un morceau de ciel sur ma prison

J’ai fait le plus fervent, le plus ardent voyage

Vers le plus radieux de tous les horizons.

 

J’ai choisi librement la route la plus belle,

Je suis le pèlerin le plus halluciné,

Parce que, chaque jour, des étoiles nouvelles

Fleurissent pour moi seul un ciel imaginé.

 

Et parce que, sans but, sans boussole, sans voiles,

Mais, sous le pavillon de l'Indéterminé,

Je cingle avec amour, au gré de ces étoiles,

Vers les eldorados que je me suis donné !

 

 

Albert Bausil (1881-1943)

 

 

 

 

 

Hymne au Roussillon

 

Je t’aime pour ta plaine onduleuse et féconde,

Pour l’éclat de ton ciel, la tiédeur de ton air,

Ô Roussillon, blotti comme une crèche blonde

Entre la Montagne et la Mer !

 

Je t’aime pour tes champs où la luzerne pousse,

Pour tes forêts de pins où la lune s’endort,

Pour tes coteaux escaladés de vigne rousse,

Pour tes sommets irradiés de neige d’or !

 

Je t’aime pour les clairs villages que tu poses,

Au bord des flots, le long de tes golfes latins,

Pour ton soleil qui fait chanter les tuiles roses,

Dans le rutilement joyeux de tes matins !

 

Je t’aime pour ta ligne souple de montagne,

Pour les vallons de ton Vallespir enchanté,

Pour les moissons de ta lumineuse Cerdagne,

Pour ton Albère heureuse où Virgile a chanté !

 

Pour tes commencements d’automne dans la plaine,

Lorsque les vendangeurs regagnent les maisons

Sur les lents chariots et les comportes pleines,

Debout dans la splendeur des rouges horizons !

 

Je t’aime pour ta race ardente, en qui ruisselle

Et bout le jeune sang des robustes espoirs,

Pour tes filles, qui sous les coiffes de dentelle

Ont le soleil enclos dans leurs yeux de jais noir !

 

Je t’aime pour tes soirs de fête, après la danse,

Lorsque les couples las, par les chemins ombreux,

S’égarent pour unir leurs bouches, en silence,

Dans la complicité des crépuscules bleus...

 

Je t’aime aussi pour tes romances populaires,

Musique qui m’émeut de son murmure ami,

Cantiques envolés d’un rêve de grand’mère

Qui voletez autour des berceaux endormis...

 

Quand le dernier sommeil aura clos ma paupière,

Lorsque j’aurai tracé mon suprême sillon,

Je veux que ma poussière unie à ta poussière

Dorme sous l’olivier natal, ô Roussillon !

 

Je veux que ma substance emmêlée à la tienne

Soit un ferment nouveau de ta fécondité,

Et je veux que ta voix méditerranéenne

Me berce dans la mort et dans l’éternité.

 

Albert Bausil (1881-1943)

 

 

 

 

Aux morts de mon pays

 

Poème dit par Madeleine Roch, sur la scène

de la Comédie Française, le 18 novembre 1922

 

...Vous n'aurez même pas de place au cimetière.

Vous êtes tombés, seuls, sur des champs inconnus.

Aucune main d'ami n'a fermé vos paupières.

On ne sait pas ce que vos corps sont devenus...

 

Quand Novembre viendra sur les grands jardins blêmes,

Quand la Toussaint fera tomber ses feuilles d'or,

Vos mères n'iront pas, avec des chrysanthèmes,

Pleurer devant la tombe où repose leur mort.

 

Vous ne dormirez pas en terre catalane,

Près du petit chemin paisible où nous passons,

Et le vent familier qui berce les platanes

Ne vous bercera pas de sa bonne chanson.

 

Inconnus, confondus dans l'immense hécatombe,

Nul ne peut, maintenant, vous sauver de l'oubli.

Le glas ne sonne pas pour un soldat qui tombe,

Et c’est le soir venu qu'on vous ensevelit !...

 

Sans cercueil, sans adieu, sans larmes, sans prières,

Sans le dernier baiser de ceux que vous aimez,

Sans la petite croix où s'enroule le lierre,

Dans la nuit, par les bois, sous la fange, dormez...

 

Dormez ! Votre sommeil est beau comme une aurore.

Demain, les angélus du bonheur sonneront ;

Vous ne serez pas là pour voir les blés éclore,

Mais ce sont vos épis que nous moissonnerons !

 

.../...

 

 

 

 

Le monde avait besoin pour que tout s'accomplisse

De son sang le plus pur et le plus vigoureux.

Vous êtes la rançon de ce grand sacrifice,

Et c’est par vous que nos enfants seront heureux.

 

De ce sang répandu dans les sillons d’éteules,

De ce ferment sacré monte déjà la fleur,

Et les peuples, un jour, assis autour des meules,

Béniront la besogne obscure du semeur.

 

Et nous, les survivants de la grange et de l’aire,

Nous qui recueillerons aux champs de l’avenir,

Le prix de ces printemps et de ces ossuaires,

Nous ne t'oublierons pas, martyr !

 

Nous ne t'oublierons pas. Dans la plaine arrosée,

Quand nous verrons le grand retour de Messidor,

Nous nous rappellerons que c'est votre rosée

Qui fit épanouir pour nous la moisson d'or.

 

Nous ne t'oublierons pas. Car c'est avec ton rêve

Que nous entrons vivants dans la réalité,

Que nous reforgerons le soc avec le glaive,

Et que nous cueillerons demain le blé qui lève

Dans les champs rajeunis de la fraternité.

 

Albert Bausil (1881-1943)

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 22:44

photos-0615.JPG   (photo Anaïs Bonnel ) Au départ de Puig del Mas, pour le chemin Walter Benjamin (reportage pour Pyrénées Magazine, à paraître, été 2013, au milieu : Patrice Teysseire-Dufour), avril 2012.

 

 

 

   - - -  Extraits de Le chemin ultime de Walter Benjamin - La mort à Port-Bou  (J.P.Bonnel - Cap Béar éditions)

 

Frontière tu nous tiens dans tes entrelacs dans les entre-deux du proche et du lointain dans tes jeux d’ouverture et de fermeture d’espoir et de désespoir

d’offrande et d’anéantissement fille offerte fille fermée

 

Frontière tu es dérobade tu te joues de notre folle balade

Tu n’es pas femme tu n’es pas sexe mais inconcevable concept ange et démon

Sommet d’existences qui ne mènent qu’à la mort

Bout de tout bout de rien

Tu oses te nommer Port-Bou...

 

 

Les ronces nous écorchent les mains les genoux le visage

Je sens des filets de sang sur mes joues

A tout instant mes lunettes sont près de tomber 

Je regarde mes pas où poser les pieds

Mais pas les branches qui viennent me gifler me fouetter

Sous mes minces semelles je sens les affleurements aigus des schistes

Pendant ce temps le soleil doit se montrer sur la mer 

j’éprouve déjà la chaleur des premiers rayons

L’escarpement est interminable je respire mal je halète fort je perds les poumons le cœur et le cerveau qui est appliqué tout entier à l’évitement des obstacles

Le corps n’est plus qu’une machine qui essaie d’avancer...

 

Je m’assieds sur la crête je suis sur la frontière exactement 

quel effet cela peut-il faire

Cette frontière devrait symboliser la séparation entre deux pays entre l’oppression et la liberté 

elle n’est qu’un point culminant 

 

La raideur du paysage il s’agit du maquis de l’Albera succède à celle du cirque de Banyuls

 

La frontière séparant deux territoires deux espaces marins 

En réalité je viens de le comprendre n’a pas cette vocation

elle n’existe que pour nous éblouir deux fois

Nous trompant avec cette illusion de limite naturelle de division géographique 

Elle n’est là que pour livrer le spectacle de deux pays qui dans le jugement esthétique n’en font qu’un 

 

Cette fausse dualité ne fait qu’enrichir son unité

 

 

Cette frontière pour moi s’invente sommet mythique

J’allais écrire mystique

Je me rappelle en une foudre fugace de mémoire

L’ascension du Mont Ventoux par Pétrarque 

 

Je suis dans la réalité des frontières idéologiques et raciales

Je suis entre quatre murs comme dans un parallélépipède de planches mortuaires à l’odeur trop prononcée d’un bois de sapins 

je suis et j’existe encore ici en ce moment dans cette pièce sale aux vitres douteuses aux visages fangeux comme dans un cercueil de pauvre dans une bière dépourvue d’espérance 

Suis comme dans une niche parmi les niches d’un mur peint à la chaux 

dans l’enceinte d’un cimetière qui se moque de la beauté d’une colline verte et blanche au-dessus de la mer

Dans le brouhaha dans le dialogue obscur anglo-castillan et franco-catalan je perçois les expressions d’apatride de sans nationalité de juif allemand de philosophe marxiste 

ou bien j’invente car je comprends mal je saisis mal la situation présente l’immédiateté

J’étais libre et plein d’espoir

En un instant im Nu me voici rien me voilà mort

Le roi est nu

Je suis allé à la frontière je suis arrivé à la limite à l’extrême limite physique géographique mentale et je dirais même philosophique 

la borne dernière

de la frontière

pierre milliaire 

d’une mort de millénaire

est là et la frontière désormais est intérieure entre vie et mort néant radical et questionnement sur l’infini l’impermanence

elle a une réalité maintenant je sais depuis les entrailles les tripes ce remuement de sang cette excitation morbide

ce qu’est la frontière

mais ne peux te l’exprimer improbable lecteur inconnu à jamais et peut-être impossible si ce manuscrit meurt aussi 

enfoui dans la mer la chaux vive l’argile pyrénéenne 

ou dans les oubliettes de l’histoire des hommes de ces millions de passants sans voix sans visage dont les écrits les lettres les mots d’amour les courtes phrases ont été arrachés à leur génie méprisé 

...

 

Port-Bou tu n’étais rien dans ma vie une inexistence une virtualité insoupçonnable

Pourtant j’ai tourné à plusieurs reprises autour de toi sans te respirer sans te subodorer 

quand je venais à Barcelone dans la fièvre artistique d’une ville capitale 

taillée au cordeau pour mieux convier le passant à onduler dans les ruelles arbitraires de son centre gothique sombre reclus dans sa fraîcheur et son histoire à lire dans les patios des hôtels particuliers

Jusqu’à l’ouverture du port qui faire croire que la ville regarde en arrière parce que trois vieilles colombes hantent encore les eaux des bassins

 

 

 

Et ici de l’Espagne de la Catalogne de Port-Bou

Où je ne suis pas sensible à la frontière entre les langues puisque j’ai vite compris que ce qu’ils voulaient ces voleurs de grands chemins ces trabucaires buveurs de sang et emprunteurs de citations 

Ce qu’ils veulent c’est ma peau d’ours de marginal d’étranger de nulle part

Ma peau de juif

 

Je ne suis pas non plus sensible à la frontière entre les cultures ou les nations

Mon sentiment de la frontière se situe dans l’opposition séparant l’humain et l’inhumain l’amour et la haine l’humanisme et le fascisme la volonté d’aider l’autre ou de le dégrader 

Ce n’est que cela et ne me parlez pas d’autres frontières d’états de géographies de races de patrimoines nationaux de chasses réservées de drapeaux de douanes de curés de rabbins ou d’imams

Même s’il faut à Israël des frontières un Etat une armée des lieux de culte et une langue

 

...Elle va dormir là elle va veiller le moribond la mort 

jusqu’à ce qu’il soit vraiment mort ce corps 

 

Elle fera son travail jusqu’au bout du port la mort

Elle sera la dernière compagne de la vie d’ un homme

Elle n’est pas prématurée elle est la mort du bon moment

Puisque je n’en peux plus de vivre puisque je veux le plein le plus le tout de la mort

 

Elle n’est pas nouvelle cette présence

Puisque je suis mort depuis des lustres

 

C’est ridicule la mort d’un déjà mort

le décès d’un moribond errant dans les forêts dévastées par des bombes 

fuyant les avancées d’une modernité casquée

sautant de frontière en frontière...

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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