Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:20

 

    * Exposition  Question d'Art

Serge Pey

du 28 Novembre au 04 Décembre 2012

à la Bibliothèque Universitaire UPVD

 

 Vernissage-débat le 28 Novembre à partir de 17h30

 

  Plasticien, poète visuel, romancier, philosophe du poème, Serge Pey est un des représentants les plus singuliers du mouvement français d’avant-garde de l’art-action.

 France-culture fait régulièrement l’écho de son œuvre. De nombreuses anthologies aux éditions Gallimard, Il est l’auteur d’une cinquante d’ouvrages parmi lesquels  « Lèpres à un jeune poète » (Délit édition)  sur le mouvement de la performance et de la poésie action.

 Dernières publications : Ahuc, poèmes stratégiques, (Flammarion) Chants électro-néolithiques pour Chiara Mulas, (Editions du Dernier Télégramme), Les poupées de Rivesaltes (Quiero).

 Théoricien des relations entretenues entre l’écriture et le corps, penseur des rituels de la parole et des espaces subversifs de la poésie publique, Serge Pey dirige le séminaire/atelier de poésie d’action et le Chantier d’art provisoire de l’université de Toulouse-Le Mirail.  Il est membre du groupe de recherche en esthétique sur les arts de la performance Sorbonne-CNRS.

 

 

*Carton  d'invitation <http://www.univ-perp.fr/cmsstatics/mail/culture/carton-QdA10.pdf

 

** cine--29-nov.jpg  jeudi 29 novembre 2012 à 19h15

Cinéma  Jaurès  - 66 Argelès sur Mer - Cinémaginaire

accueille le réalisateur JORDI VIDAL 

 

Download.html.jpg

pour la projection en avant-première du film

HISTORY MINUS ZERO_NO LIMIT

un film de Jordi Vidal en collaboration avec Andreïna Mastio

 

Disqualification du politique devant les puissances de l’argent, retour du religieux, domination masculine, pauvreté accrue d’un plus grand nombre au regard de l’habitat, de l’alimentation, instruction en chute libre : le monde perd connaissance... De chapitre en chapitre, le film dessine la scène de crime planétaire : une réalité que nous ne voulons pas voir.

Les experts inventent d’autres fables qui doivent rendre vaine ou honteuse toute réflexion critique sur un projet de domination général. Ils ont les moyens de transformer la planète en cette terre gâtée.

Le film révèle aussi l’existence peu connue de la société du Mont Pèlerin (huit prix Nobel d’économie),

laboratoire idéologique de la prédation différenciée en territoire chaotique.

 

Andreïna Mastio est vidéaste, auteure de Quand le temps sort de ses gonds (2011).

Jordi Vidal est auteur de Servitude et simulacre en temps réel et flux constant (Allia, 2007), et d’un film homonyme (2008), où il intègre des oeuvres d’artistes dans une mise en abyme et en dialogue.

 

Tarif unique pour tous : 4 euros - La projection sera suivie du pot de l’amitié

 

Cinémaginaire

réseau cinéma de proximité en Pyrénées Orientales

<http://www.cinemaginaire.org> 

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 12:30

POURindependance.jpg  Affiche :  Le 25 novembre, vote pour l'indépendance.

 

 

CONTRE : Le réalisateur Pedro Almodovar, l'écrivain Mario Vargas Llosa et "plusieurs centaines d'intellectuels" ont signé un manifeste, publié dimanche par El Pais, contre l'indépendantisme prôné par le Generalitat de Catalogne. "Plusieurs centaines d'intellectuels et de professionnels ont signé en Catalogne un appel en faveur de la gauche et du fédéralisme, en réponse au sécessionnisme croissant stimulé" par le gouvernement catalan et "d'autres forces politiques proches du nationalisme", débute le manifeste, publié dans le journal de centre gauche. "Les indépendantistes convertissent leur idée particulière de l'Espagne en bouc émissaire sur lequel faire peser tous les malaises", dont les grandes difficultés provoquées par la crise économique, poursuivent les signataires, parmi lesquels figurent des écrivains, des acteurs, des économistes et des responsables politiques de toute l'Espagne.


La Catalogne est en conflit ouvert avec le gouvernement central espagnol qui a opposé en septembre une fin de non-recevoir à sa proposition visant à obtenir une plus grande autonomie budgétaire, avec la possibilité de lever l'impôt. Au pouvoir depuis fin 2010, son président Artur Mas, de la coalition nationaliste et conservatrice Convergencia i Unio (Ciu), a convoqué des élections anticipées le 25 novembre. En cas de victoire, il affirme vouloir organiser un référendum sur l'autodétermination de la Catalogne . Selon un sondage publié dimanche par le journal catalan El Periodico, 50,9% des 2.000 personnes interrogées dans la région est en faveur d'un "état indépendant" catalan. Ce pourcentage tombe cependant à 40,1% si l'indépendance s'accompagne d'une sortie de l'Union européenne, selon l'enquête réalisée du 29 octobre au 1er novembre par Gesop, pour la chaîne de télévision Telecinco.

 

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 12:40

images-copie-34.jpeg François Bernardi

JEUDI 29 NOVEMBRE A PARTIR DE 17H A LA LIBRAIRIE TORCATIS

RENCONTRE AVEC LE ROMANCIER

FRANCOIS BERNADI

AUTOUR DE SON LIVRE

"L'OEIL DE MER" ed. Publications de l'Olivier

 

"Francois Bernadi nous donne, sur la guerre d'Espagne, un roman sincère, puissant et âpre.

Non pas la guerre des combattants,vécue au jour le jour,sur le terrain, mais celle qui se poursuit

dans la tête et le coeur des exilés..."

 

Download.html.jpg

Téléthon

Chaque jour est un marathon

Où, seul dans ta chaise roulante,

Tu regardes fuir les moutons

Dans le pré bleu que tu inventes.

Tu sais qu'il avance à tâtons,

Le Téléthon.

 

Tu parles sur le même ton

De princesses que tu enchantes,

Sans crainte du qu'en-dira-t-on

Des elfes qui, dans les soupentes,

Surveillent le long feuilleton

Du Téléthon.

 

Tous les musiciens du canton,

Livrés à leurs fêtes galantes,

Dans leurs flûteaux, leurs mirlitons,

Soufflent aux lendemains qui chantent :

"Mais quand donc le gagnera-t-on,

Le Téléthon?"

 

Les danseuses, de leurs petons,

T'offrent une ronde incessante,

Des roses plantées en boutons

Dans leur chevelure enivrante,

Leurs rires dans le peloton

Du Téléthon.

 

Jean Iglesis

 

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 10:34

   Une conférence passionnante de Noëlle Châtelet sur le "divin" marquis. Un beau livre de Robert Vinas sur les Almodovares, ces mercenaires "fous furieux" partis à la conquête de la Sicile, sous la houlette des Catalano-aragonais.

 

moi.jpg

   La rencontre avec Stéphanie Jaeger, qui a publié, il y a quelques semaines, un livre rempli de rires et d'observations pittoresques sur l'esprit du temps et sur une jeune femme divorcée, prise entre ses occupations de mère et ses conquêtes amoureuses... stand-bear.jpg  (J.Pierre Gayraud, JP.Bonnel, N.Yrle, MC.Bacp-Baeza, Stéphanie Jaeger)

 

Au stand de Cap Béar, la bonne ambiance : on présente les dernières parutions, de Nicole Yrle et de Marie-Claire Baco-Baeza. On fait connaissance avec la dernière "recrue", Geneviève Rouanes (photo ci-contre) qui vient de publier ses carnets de voyage en Asie : belle écriture, aquarelles colorées, un beau livre d'art et de poésie pour les fêtes ! Elle a en tête d'autres voyages (Inde, Birmanie...) et donc de nouveaux livres. Les lecteurs sont ravis ! Nous aussi !!!genevieve-rouanes.jpg

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 09:33

   La fin justifie les moyens. Cynisme pas mort. Machiavel toujours en forme ! En Israël, la droite au pouvoir bombarde Gaza pour être réélue. En Catalogne, pour être reconduite, la droite d'Artur Mas, le président, prône, pour les élections du 25 novembre, un vote aux allures de référendum d'autodétermination.

 

   Le président de Catalogne n'a pu obtenir de Madrid un accord pour son "pacte fiscal" : Barcelone voulait réduire sa contribution à la solidarité nationale :% d'euros sont prélevés en Catalogne et n'y reviennent pas. La Catalogne est riche, dirigée depuis des décennies par des bourgeois et entrepreneurs qui croient pouvoir diriger leur territoire tout seuls.

 

   Pourtant, la Catalogne manque d'énergie (eau, électricité...), le chômage est de 23%, la dette représente 21% de son PIB...l'économie est catastrophique, l'implosion sociale n'est pas loin...

 

   Le gouvernement, avec son plan de rigueur, s'attaque peu aux riches, et les gens populaires, sans emploi ou travaillant au noir, glissent vers la xénophobie  diffusée par le parti d'extrême-droite "Plate-forme pour la Catalogne"...

La gauche et les socialistes, opposés, de façon molle et trouble, au rêve d'indépendance, sont en recul et incapables de soutenir leur projet de fédéralisme espagnol.

 

      Les entreprises de Catalogne redoutent l'indépendance car leurs principauxbouchés sont dans le reste de l'Espagne. Les éditions Planeta menacent de se délocaliser : un public de 60 millions est préférable aux 6 millions de lecteurs catalans ! Une pétitions d'intellectuels, d'écrivains, de cinéastes (Almodovar...) circulent depuis des semaines pour montrer les dangers d'une Catalogne indépendante...

   L'Europe refusera d'accepter un nouveau pays créé à la suite d'une sécession; pourtant le slogan repris par les manifestants du 11 septembre était "La Catalogne, nouvel Etat d'Europe"; cette région devenu Etat restera-t-elle isolée, "trou noir" du continent ou zone franche, à l'image d'Andorre ou du Luxembourg..? Qui récupérera la Catalogne ? Le marché, les finances, les grands groupes bancaires, sans aucun doute ! Pour éviter la faillite... Au détriment du peuple, des plus faibles, des "exilés" (travailleurs andalous ou marocains) poussés à revenir chez eux...

 

Pourtant les atouts ne manquent pas : industries pharmaceutique et automobile, un des plus grands ports méditerranéen, quatre aéroports internationaux, implantation de fortes multinationales à Barcelone...Et le tourisme !

 

Pourtant, ce pays, aux racines lointaines, à la civilisation raffinée, à la langue qui a donné de forts écrivains, aux arts originaux (Dali, Miro, Gaudi, Picasso, Tapiès, Barcelo...) mérite d'être reconnu sur la scène internationale...

 

Pourtant, pourtant...

venus-catalane.jpg

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 15:47
  • photo Jean-Pierre Bonnel -Ermitage de Consolation (66) IMGP7104.JPG  La Dame de Consolation Un polar existentiel  -    

Un homme à la mer comme un livre à la mer.

 

Depuis le Casino de Collioure, où un solide cocktail a été offert aux auteurs et organisateurs du salon « Un livre à la mer », Julien monte vers Consolation. Vers Notre-Dame des pêcheurs, des pèlerins, des inconsolables. La nuit profonde lui permet admirer les lumières du village, du port, du château royal, en bas, près de la mer. Mais la route est étroite, il n’est pas question de se laisser aller à la contemplation du paysage. Il faut se dire que la beauté sera demain, comme depuis cent millions d’années, au rendez-vous…

 

Julien monte dans la nuit ; à droite un parapet naturel de schistes ; à gauche, l’abîme, un vertige de vignes et de terrasses cultivées. En outre, à cette heure avancée du déjà petit matin et vu son état quelque peu miné par l’ébriété, il doit faire attention…

 

Il laisse le hameau du Rimbau, aux accents poétiques, signalé tout droit, et il vire à gauche, toutes, dans le petit chemin qui descend allègrement dans une obscurité d’onyx. Le parcage est rempli de touristes, des trente et un, des quatre-vingt-treize, des Allemands, des Anglais…D’autres plaques d’immatriculation, qu’il n’arrive pas à identifier. Voici l’entrée de briques ; Julien suit l’allée qu’il ressent majestueuse, avec ses platanes centenaires, même si sa vue n’est pas très nette. Sans se heurter aux chaises et aux tables de la terrasse ni aux arcades et piliers en pierre de l’hôtel, mais en faisant un bruit agaçant, en marchant sur le chemin bourré de galets, il atteint la chambre numéro trois.

 

La clef est, comme convenu, dans la serrure. Il découvre la pièce à deux heures du matin et il doit se lever à sept ! Il n’a le temps de se familiariser qu'avec la douche et il s’abat, souche humide, sur le lit qui ne lui semble pas des plus moelleux. Peu importe…Et puis, une odeur familière habite, lui semble-t-il, cette chambre. La réglisse, le bois de chêne, le pruneau d’un vin de Banyuls… Mais un Banyuls de Collioure ; oui, c’est ça, il le reconnaît, il en est assez imbibé : La Tour vieille.. !

 

La nuit est un ange qui passe... 

* Dédicaces au salon du livre de Cabestany, samedi 24 et dimanche 25 novembre 2012, au centre culturel.

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 14:38

* Vendredi, samedi 24 (et dimanche 25) : Salon du livre de Cabestany. Invitée, par le CML : Noëlle Chatelet et ...


Jean-Pierre Bonnel (au stand des éditions Cap Béar), pour son "polar existentiel" : "La Dame de Consolation" (crimes à Collioure durant le festival du livre- édité par "Autres plumes", 10 euros) n-chatelet.jpg

 

 

 

 

 

  * Le samedi 24 novembre, à 17h30, à la salle de fêtes de Passa, conférence :
"Retour sur une restauration : le Maître de Llupia est-il l'auteur du panneau de saint pierre de Passa ?"
par Jean-Bernard Mathon, directeur du CCRP, conservateur des antiquités et objets d'art des P-O.

Le panneau peint représentant des scènes de la vie de saint Pierre est le chef-d'oeuvre conservé dans l'église de Passa. Ce panneau provient de l'ancien retable peint réalisé vers 1510 pour l'église de Passa et vraisemblablement démembré à la fin du 18e siècle pour être remplacé par un autre retable plus dans l'air du temps. Les autres panneaux ont disparu.
Ce panneau a subsisté, car il a été utilisé comme porte, puis accroché sur le maître-autel.
Jean-Bernard Mathon présentera le travail de restauration de cette oeuvre, sa place dans la peinture catalane du début de la Renaissance et proposera un rapprochement avec d'autres oeuvres retrouvées dans l'église de Llupia.
Ce panneau peint est actuellement présenté dans l'exposition "Le Maître de Llupia, un peintre du début de la Renaissance en Roussillon", à la chapelle Notre-Dame des Anges, à Perpignan.

Jean-Bernard MATHON

responsable du centre de conservation et de restauration du patrimoine

Conseil Général des Pyrénées-Orientales - 150, avenue de Milan - 66000 Perpignan

Tel: +33 468 85 89 40 -  N° interne : 58940 - Fax: +33 468 54 45 61  jeanbernard.mathon@cg66.fr

SAMEDI 24 NOVEMBRE 2012 A PARTIR DE 19H 45

MICHEL ONFRAY SERA PRESENT AU THEATRE DE L'ARCHIPEL

 Au travers de son oeuvre

que la LIBRAIRIE TORCATIS présentera avant le spectacle

"LE RECOURS AUX FORETS" : AU 24 NOSamedi 24 Novembre | 20h30 | 1h15

Théâtre de l'Archipel | le Grenat | tarif B Un bouleversant spectacle polyphonique sur la tentation de la solitude et le retour à l’essentiel, sujet rare fait de danse, d’esprit et d’arts.

Jean Lambert-wild et Michel Onfray ont longuement parlé ensemble de l’utopie et de la figure du rebelle à travers le mythe du Waldgänger,  être indomptable qui choisit de vivre libre en se réfugiant dans la forêt. De ces entretiens est né un texte écrit par Michel Onfray dans une langue incisive et poétique. Explorer ce personnage de révolté et considérer le recours à la protection de la forêt non pas comme un retour à la nature mais comme espace de résistance et de liberté pour fuir les contraintes de la vie contemporaine hyper-socialisée, sortir des conventions, des dogmes, de l’enlisement des idéologies.

Cette création réunit le talent de cinq créateurs aux univers à la fois différents et complémentaires, le metteur en scène Jean Lambert-wild, le philosophe Michel Onfray, le compositeur Jean-Luc Therminarias, la chorégraphe Carolyn Carlson et le réalisateur François Royet. Juha Marsalo, interprète sensible des chorégraphies de Carolyn Carson, incarne le Waldgänger dans une scénographie habitée d’eau et de brume. Une danse animale, explosive et engagée qui participe à cette sensation de liberté, génératrice de toutes les utopies.

Le Recours aux forêts est autant un cri de révolte à l’adresse du cynisme du monde contemporain qu’une tentative de restaurer une certaine chimère.

« Je veux simplement en finir avec le commerce de la folie, de la sottise, de la bêtise, de la noirceur des hommes. »

Michel Onfray, Le Recours aux forêts.

www.librairietorcatis.comwww.theatredelarchipel.org

 

 

THEATRE "SOUS LE SOLEIL DE FRIEDA"

Évènement public · Par Hanna Fiedrich - dimanche 25 novembre 2012 - 17:30

  • Port Vendres, Cinéma Vauban, Place de la Castellan "Monologue vitaminé de et avec Hanna Fiedrich".
Partager cet article
Repost0
21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 10:33

images-copie-33.jpegLa pensée politique  de Dali : “ idéologies ” ou “ idiologies ” ?, par Jean-Pierre Bonnel

 

 

Salvador sera tour à tour communiste, anarchiste de droite, franquiste, catholique papiste, et surtout… grand clown médiatique !


Le jeune Dali, c’est-à-dire, l’étudiant provocateur de 1925, est dadaïste dans l’âme, à l’avant-garde de la révolution artiste et proche des communistes ; il se lie d’amitié avec Luis Buñuel avec qui il collabore pour réaliser des films iconoclastes et surréalistes, et surtout avec le poète républicain Garcia Lorca, qui sera fusillé en 1936 par les milices fascistes. Ensuite, évoluant à Paris dans le groupe surréaliste dirigé par André Breton, il est l’un des membres les plus  remuants ; cependant, il va vite se heurter à Breton, grand “ pape ” du mouvement et qui adhère avec Eluard et Aragon au Parti communiste : c’est ainsi que l’effigie de Lénine, traitée de façon “ suspecte ” par Dali dans son immense tableau L’Enigme de Guillaume Tell n’est pas du goût d’André Breton et de ses fidèles. 

 

Il faut dire aussi –lire les Mémoires de l’ancien trotskiste surréaliste André Thirion- que Salvador n’arrête pas de parler de Hitler, affirmant que “  le dos d’Adolf me paraît très comestible : il faut manger Hitler ! ” Il représente le futur dictateur en… vache qui rit, face au tableau de Lénine ! Le groupe surréaliste estime que les propos de Dali sont dithyrambiques à l’égard de Hitler qui, selon Dali, aurait “ quatre couilles ” ! Le 5 février 1934 au cours d’une soirée loufoque chez A. Breton, et d’un procès inquisitorial, les surréalistes décident d’exclure Dali : “ Il s’est rendu coupable d’actes contre-révolutionnaires tendant à la glorification du fascisme hitlérien. ” S. Dali expliquera plus tard dans “ L’Express ” que sa fascination pour le Führer n’a jamais été d’essence politique, mais philosophique : “ Hitler était un pur masochiste. Il n’a entrepris toute cette action wagnérienne que dans le but inconscient de perdre et de mourir. ” Salvador est exclu mais continue d’écrire à Breton, lui annonçant qu’il fait des conférences antifascistes…

 

André Breton n’arrive pas à démontrer le fascisme en actes de Dali : il finira par l’accuser de “ capitaliste ” et inventera son fameux anagramme “ Avida dollars. ”  Si Dali avait placé face à face les toiles de Lénine et de Hitler, c’est qu’il ne voulait aucun de ces deux totalitarismes : il osait briser le consensus sur les régimes communistes et disait la vérité avant tout le monde ; en même temps, il faisait comprendre, dans cette confrontation insoutenable, qu’il ne voulait pas non plus du troisième individu, “ le pape du surréalisme ”, spécialiste des exclusions et des excommunications…Un autre grand peintre catalan, Joan Miró, qui flirtait à la même époque avec les surréalistes, ne put jamais supporter l’autoritarisme de Breton, “ cette discipline de caserne ” (1929- cf. catalogue de l’actuelle rétrospective du Centre Pompidou) Dali n’était pas communiste : il l’affirme implicitement à travers sa célèbre formule : “ Picasso est communiste, moi non plus ! ” Dali se disait “ anarchiste ”, de droite, sans doute, un anar fait d’égoïsme et d’individualisme, plutôt que d’idéal collectiviste…

 

On peut comprendre l’aspect provocateur de certaines déclarations “ fascisantes ” du Maître de Cadaquès ; cependant, comment accepter que l’auteur de Prémonition de la guerre civile (1936-Musée de Philadelphie) salue d’un joyeux “ Olé ! ” l’annonce, en 1936, de l’exécution de son ancien ami Federico G. Lorca ! Comment accepter que le créateur de Poésie d’Amérique (1943-Fondation Gala-Dali), toile encore prémonitoire et moralisatrice, montrant un Noir, nouvel Adam, symbole d’un monde à naître, horrifié par l’autodestruction irresponsable du frère blanc, se félicite, lors du procès de Burgos, en 1974, de la condamnation des membres de l’ETA à être garrottés par la justice de Franco ? Qu’il soit aristocrate et fait marquis, soit : “ Je suis monarchiste dans le sens le plus absolu du mot ” (Entretiens –1983, édition Belfond- avec Alain Bosquet, avec qui il s’explique sur la Croix d’Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, donnée en 1964 par le dictateur), mais qu’il se prostitue devant le Caudillo parce que celui-ci a réglé les dettes du “ génial Catalan ” contractées lors de son exil luxueux aux USA, cela donne raison à Breton et préfigure la dernière période de Dali, la moins riche en chefs-d’œuvre, mais pléthorique quant aux “ exhibitions ” pensées pour faire de l’argent… 

 

Affichant des sympathies pour les régimes totalitaires, avant de se rallier, de façon peu discrète, après la guerre, au catholicisme romain, Dali a été accusé de “ raciste ” ; il a prétendu en effet, en 1939, que “ le malaise racial domine le monde ” ; comme Pierre Ajame (La double vie de S.D.- Ramsay- 1984), nous trouvons le propos monstrueux, mais : “ Qu’en est-il en 1971, quand il traite Karl Marx de “ cocu ”, pour s’être trompé sur la lutte des classes et n’avoir pas “ prévu la vraie lutte de notre époque, c’est-à-dire la lutte des races ” ?  Plus personne ne proteste… ” Dali va essayer de se racheter et soudain sous le charme de la papauté romaine, se rend auprès de Jean XXIII pour lui exposer le projet d’une vaste cathédrale œcuménique…Le brave pape ne pourra pas trahir un sourire discret. Alors, la religion qui lui reste, en guise d’idéologie ultime, c’est la quête et la célébration de l’argent. Le veau d’or ! Le vrai Dali c’est celui qui fera des faux et signera des feuilles blanches ; c’est “ l’homme-sandwich ” (Philippe Soupault) qui, en faisant de la réclame pour une marque de chocolat, organise sa propre publicité ! Dali l’avoue, avec le cynisme malsain qui le caractérise : “ Je vis à New York parce que je suis au milieu d’une cascade de chèques qui suivent comme une diarrhée. ”, déclare-t-il à André Bosquet. De retour d’Amérique, poursuivi par le fisc et harcelé, il est vrai, par la muse Gala qui exige un train de vie princier, le “ pauvre ” Salvador doit profiter de la société du spectacle et peaufiner son image cathodique ! Il mobilise Walt Disney, les magazines sur papier glacé, il soigne les mécènes de son temps et sa “ statue d’excentrique officiel ”, selon le mot de Michel Braudeau (cf. portrait de Dali dans Le Monde du 31-7-2002) Fortement médiatisé, il devient un produit de consommation, un cendrier, un calendrier, un tee-shirt, une gomme…mais là, encore, Salvador est précurseur, si on considère les produits tirés des artistes et vendus dans les boutiques des musées actuels… L’extravagant est devenu vénal, mais à qui la faute ? A Dali ou à la Société ? Aux deux, sans doute ! 

 

L’image du jeune Dali provocateur et généreux des années 1923/36, depuis sa révolte et son exclusion de l’Ecole des beaux-arts de Figueres, et son séjour aux beaux-arts de Madrid où il se lie d’amitié avec Lorca, jusqu’à la mort du poète andalou, est vite dépassée par la représentation qu’il ne cesse de donner de lui-même : saltimbanque au discours confus et pseudo-érudit ponctué par un accent artificiel censé imiter l’intonation des pêcheurs de Port-Lligat ; il ne pense qu’à créer, de son vivant, sa propre légende, “ sa principale œuvre d’art ”, comme l’écrit le critique Philippe Dagen, le jour de la mort du peintre (Le Monde du 25/1/1989). Derrière ces faux-semblants, il semble que la véritable idéologie de Dali suinte et se donne à sentir dans son unique roman, écrit en 1943 aux USA :Visages cachés (Stock-1944) : roman de la décadence, de l’avant-guerre, aux allures du roman de Huysmans A Rebours, ou aux relents malsains de Notre avant-guerre du perpignanais Robert Brasillach ! Traitant du thème de l’amour-dans-la-mort, il semble que le mythe sous-jacent de Tristan et Iseult traite en fait du roman d’amour de Gala et Salvador ; l’idéologie du “ héros ”, aristocrate très Vieille France se limite à retrouver son patrimoine foncier et à exalter, à l’approche de la guerre, les vertus militaires…Il est évident que ce Dali-là est plus que décevant ! La suite l’est encore plus, avec les délires systématiques et prémédités, malgré cette déclaration sincère de 1974 : “ Tout, en moi, est théâtral ! ” Le lecteur du Journal d’un génie, de 1952, est mal à l’aise devant telle affirmation: “ Hitler venait de mourir d’une manière toute wagnérienne dans les bras d’Eva Braun à Berlin. Dès que j’appris cette nouvelle, je réfléchis dix-sept minutes avant de prendre une décision irrévocable : Salvador allait devenir la plus grande courtisane de son époque. Et je le devins. ” 

On peut chercher une excuse finale à la trouble conduite dalinienne, dans le thème du double, qui l’a toujours obsédé.(*) En effet, l’artiste a toujours pensé qu’il n’était venu au monde que pour remplacer le frère que ses parents venaient de perdre prématurément ; d’où l’importance du prénom : Salvador, le sauveur. Dali n’a cessé d’endosser une personnalité autre, de se chercher, de se connaître, de se psychanalyser à travers ses écrits et ses toiles. Evoluant sans cesse entre le bien et le mal, le vrai et le faux, il passe d’une idéologie à une autre, sans vergogne. L’unique ligne cohérente de sa vie, à lire dans ses nombreuses élucubrations et dans ses tableaux d’une technique irréprochable, peut se définir comme “ le connais-toi toi-même ” intime, hélas le plus souvent occulté par l’orgueil, l’exaltation de son génie et la tragique ambition de survivre dans la postérité et de sortir vainqueur de ce combat qu’il avait déjà mené, dans le néant de la prénaissance, ou in utero, à travers son double, son jumeau de frère. Combat avec la mort, bien sûr, et “ ce sentiment tragique de la vie ”, analysé par un philosophe castillan, est aussi inhérent à l’homme catalan, et à l’individu, en général…

Photo : Dali reçu par le général Franco, le 16 juin 1956, en audience au Palais du Bardo.

 

(*) « En 1966, dans une collection intitulée « Lettre ouverte », Dali publie une lettre ouverte à...S. Dali. L'échange de correspondance entre « Dali anarchiste » ou « surréaliste » et Dali « avidadollars »... est l'artifice trouvé pour commenter des opinions qui circulent sur Dali, voire répondre à des attaques qui lui sont adressées, à lui ou à son double, assumer et retoucher l'image que d'autres se font de lui...A ceux qui s'en sont pris à Dali, ou qui l'ont trahi, ce sont plusieurs Dali qui répondent...La manœuvre est rusée... » Catherine Millet: Dali et moi (Gallimard- déc.2005).

 

Note ajoutée après la publication de l'article dans La Semaine du Roussillon, en mai 2004.

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:59

  images-copie-32.jpeg  Hannah Fiedrich

 

     Je vous conseille ce spectacle rempli de poésie et d'humour. La Catalogne vue par une jeune femme allemande dynamique et enthousiaste : un monologue qui capte l'attention du spectateur pendant une heure de plein bonheur !


THEATRE "SOUS LE SOLEIL DE FRIEDA"

Évènement public · Par Hanna Fiedrich

  • Port Vendres, Cinéma Vauban, Place de la Castellan
  • Monologue vitaminé de et avec Hanna Fiedrich
  • Mise en scène: Georges Pawloff/Christophe Chalard
  • Son et lumière: Benjamin Villanti et Manelle Gérard
  • Durée: 1h10
  • Frieda, étrangère, arrive au cœur des P.O., tombe amoureuse de ses paysages superbes et pose ses valises.  Mais, tragédienne, elle se rend compte que sous le soleil du Sud la comédie a acquis ses lettres de noblesse et l'oblige à changer son registre. 
  • Commence pour elle une métamorphose originale, elle lève de rideau sur les coulisses du théâtre.
  • Frieda embarque les spectateurs pour un voyage amusant...
  • Participation au projet: Harold Thibault, Aurélien Fossé
Partager cet article
Repost0
19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 21:59

 

 

 

 

 

 images-copie-31.jpeg

 

Le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis (Nord) et le Domaine départemental de Kerguéhennec (Morbihan) s’associent cet été pour présenter l’oeuvre de Christian BONNEFOI.

Cette coopération s’établit autour d’une démarche originale, un parti-pris qui consiste à proposer dans les deux lieux une lecture singulière du travail de Christian BONNEFOI, chacun conservant liberté et autonomie quant à l’approche de l’oeuvre de l’artiste.

Christian Bonnefoi est un artiste né à Salindre dans le Gard en 1948, il vit et travaille à Gy les Nonains (Loiret).

Il développe, depuis les années 1970, un langage pictural à part, entre peinture, dessin, collage, et montage, mélangeant ainsi les formes et troublant les repères. Son travail se caractérise par une pratique singulière du collage utilisant deux matières de prédilection : la tarlatane et le papier de soie, dont l’assemblage produit une surface qui devient l’objet même de l’oeuvre. Christian Bonnefoi, historien d’art de formation, (doctorat en histoire de l’art obtenu à la Sorbonne), situe l’origine de sa démarche artistique lors de la découverte « des Dos » de Matisse présentés en 1970 à Paris au Grand Palais lors de l’exposition « Henri Matisse, l’exposition du

centenaire ».

 

Le musée Matisse du Cateau-Cambrésis fut créé en 1952 par Matisse. L’artiste fit don d'un superbe ensemble de peintures, sculptures, dessins et gravures, qu'il installa dans le Salon d'Honneur de l'Hôtel de Ville Renaissance de sa ville natale. Trente ans plus tard, le musée fut réaménagé dans un bâtiment du XVIIIème siècle, ancien Palais archiépiscopal.

La collection initiale fut alors considérablement enrichie par des dons généreux de la Famille Matisse, ce qui doubla l'importance du musée. Petit par sa dimension, mais grand par les oeuvres qu'il conserve, il fut toujours l'objet de sollicitude des descendants de Matisse, soucieux de prolonger le geste désintéressé de l'artiste.

Ainsi, grâce au don fait par la Famille Matisse des quatre plâtres originaux des basreliefs Dos, le musée Matisse possède ces sculptures réalisées en quatre étapes :

1909, 1913, 1916-17 et 1930-31, ainsi qu’un bronze du Dos I, exposé dans la cour du musée. Les quatre sculptures aboutissent à l'un des sommets de la sculpture de Matisse, à l'équivalent en volume des grandes réalisations en deux dimensions que sont la Danse de Chtchoukine et celle de la Fondation Barnes. Les tirages en bronze sont conservés dans les plus grands musées (MOMA, MNAM, Tate Gallery). Seul le premier état a été travaillé en terre. On sait que Matisse a travaillé les Dos II, III et IV à partir du moulage en plâtre de l'épreuve précédente. Il conservera dans son atelier niçois le Dos IV au milieu des dessins aux pinceaux et des gouaches découpées, comme une valeur de référence ou un point d'attache à un équilibre atteint en sculpture. Matisse sculpte quand sa peinture est travaillée en deux dimensions pour équilibrer son travail et retrouver un espace en profondeur, pour, dit-il, « mettre de l'ordre dans son cerveau », « organiser » et « ordonner ses sensations ».

 

 

Pour Christian Bonnefoi, cette découverte des Dos le pousse à fusionner le plan, la surface et le support. Il utilise dans ses collages la transparence, la souplesse, la porosité des matériaux. Il les manipule pour détruire l’unité de la surface et réintroduire « des profondeurs » révélatrices d’une complexification qui fait que l’oeuvre est « formée autant par ce qu’elle cache que par ce qu’elle révèle ». De même, se jouant de l’espace traditionnel de la peinture, il permet à l’oeuvre de sortir de son cadre en l’assemblant et en la punaisant directement sur le mur, démarche qui n’est pas sans rappeler les pratiques de Matisse avec les gouaches découpées. 

Le collage devient alors un moyen pour l’artiste de créer une surface se transformant en lieu d’expérimentation artistique et de réalisation de l’oeuvre. En collant et en entrecroisant des éléments en tarlatane qu’il fixe à l’aide d’épingles, il provoque une tension qui crée un dialogue entre le mur et les éléments peints.

 

L’exposition « Christian Bonnefoi, Dos à Dos », offre la possibilité de comprendre comment à partir d’un élément « déclencheur » : la découverte des Dos de Matisse, l’artiste s’engage dans un processus de création alimenté par de constants allers – retours entre ce questionnement central autour des Dos et des expériences renouvelées qui viennent enrichir sa pratique au quotidien. Christian Bonnefoi se plait à dire : « je me rends compte aujourd’hui que je travaille depuis trente ans à essayer de voir la face du Dos de Matisse », l’exposition nous donne l’occasion de voir comment l’artiste fait face à cette lancinante interrogation.

Le visiteur pourra poursuivre en allant voir, dans les collections permanentes, les Dos de Matisse exposés. De fait l’exposition répond à une préoccupation du musée départemental Matisse qui dialogue avec l’art contemporain en exposant des artistes dont le travail fait écho aux oeuvres de Matisse et Herbin : Claude Viallat, Pierre Buraglio, Monique Frydman, Christophe Cuzin, Philippe Richard, Norman Dilworth, Janos Ber, François Rouan, Bernard Piffaretti, Kees Visser, François Morellet…

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens