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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 13:27

moi, livre machado donjon  Il est né à Séville, mot qui pétille, ville aux berges de l'Afrique.

Il dort, doux euphémisme aragonesque, à Collioure : c'est qu'il est bien vivant. Dans nos souvenirs, nos coeurs amers et nostalgiques, dans ses livres.

 

C'est un décor de montagnes bleues et dispersées, sous les rougeurs d'un ciel immense. Un pays de cannes à sucre, au temps de son enfance. A six ans - il conserve ce souvenir - il se trouvait plaza de la Magdalena avec, en main, une canne sucrée...

 

"Chemineur, il n'y a pas de chemin. Le chemin s'invente en marchant."

 

Il découvre le printemps castillan aux rives du Duero -ou Douro, mot portugais-.

En 1909, il se marie avec l'infortunée Leonor, âgée d'à peine quinze ans.

Il ne retient que "l'émotion des choses".

 

Le 14 juillet 1991, à Paris -déshonneur e la France- Leonor est victime d'une hémorragie. C'est la tuberculose : Paris n'est pas une fête ! Elle meurt le premier août 1912 à l'âge de 18 ans...

 

Voici Baëza, 1912/19, près de Jaén, au fin fond de l'Andalousie.

 

Puis Ségovie, à 90 km au nord de Madrid. Sa modeste pension est devenu un musée : le triste touriste le visite.

 

Il écrit Juan de Mairena, sentences d'un professeur humaniste, livre apocryphe, usant d'un hétéronyme; ce personnage, tolérant, est ouvert au dialogue : un ami de la vérité. 

   "Pour autant que vaille un homme, il n'aura jamais de plus haute valeur que celle d'être homme."

 

Nombreux écrits dans la presse, des articles dans le journal "El Sol", dans "La Vanguardia".

 

Le 18 juillet 1936, comme un obus absurde, éclate la guerre civile. Exode : Barcelone, Figueres, Port-Bou le 27 janvier 39 ( Voir le livre de souvenirs de son frère José)

 

Collioure. José découvre un vers dans la veste d'Antonio; celui-ci lui avait demandé la veille un bout de papier : "Estos dias azules y este sol de la infancia."

 

En un éclair, il opère un retour furtif, ému, tragique sur l'enfance sévillane.

Son enfance, ce sont des parfums d'orangers et de citronniers. Ce sont des jardins d'or, images de lumières. C'est une gloire jaune, de vermeil...L'arôme de l'iris, sous un soleil torride qui aveugle...

 

Machado dort à Collioure... Encore. Toujours...

 

(écrit à l'occasion de l'exposé de Jacques Issorel, le 1/12/2012, au Centre d'art contemporain de Saint-Cyprien)

 

* Machadou, de Séville à Collioure, biographie poétique par les chemins d'AM  (J.Pierre Bonnel, 14 euros, chez l'auteur- 0468559639)

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:26

visu-theatre-22-02.jpg  200 ans  de théâtre à Perpignan (C) L'Archipel contre-attaque / Jordi Vidal / Michelle Pernelle. (remerciements)

Dimanche 3 mars à 11 heure inauguration.

livre.jpg ¨

A première vue, quoi de plus paisible et consensuel qu’une exposition d’archives sur les 200 ans de théâtre à Perpignan ? Tout le monde s’y retrouve, et le Perpignanais, féru de culture, d’histoire et de théâtre est déjà convaincu d’en connaître les grandes lignes, d’en avoir une représentation assez nette. Le travail de l’archive (vous savez ces expositions que l’on traverse à grandes enjambées sans jamais interroger le détail ni le général) apparaît alors comme l’alibi à une certaine fausse (bonne) conscience.

   Ce que l’époque contemporaine demande le plus souvent à l’archive s’apparente à une forme ultra spectaculaire de storytelling : les documents rassemblés ne sont là que pour valider un point de vue prédéterminé. On ne nous demande pas vraiment de partager une même vision, mais une même fiction.

 

    Lors de la préparation de l’exposition « Le théâtre : toute une histoire ! » nous n’avons pas souhaité raconter une nouvelle histoire en prenant pour prétexte l’histoire. A l’inverse, nous avons voulu témoigner pour l’histoire et au nom de l’histoire, à partir de la masse des documents rassemblés et, pour certains, retrouvés. Quoi de plus instable que le témoignage humain, quoi de plus vulnérable qu’une trace archivée, quoi de plus fragile que l’histoire elle-même.

   Il est des histoires dont on nous dit qu’elles n’existent pas, qu’elles n’existent plus, qu’elles n’ont jamais existé ; d’autres qu’elles sont inventées, d’autres, enfin qui subissent les cours d’une forme particulière de spéculation, à la hausse ou à la baisse.

 

   Le théâtre de Perpignan n’échappe pas à ces étranges mouvements de flux et de reflux, à l’alternance de périodes éclairées et d’autres plus sombres d’où aucune lueur ne provient. La recherche prend alors, confrontée aux anomalies historiques et aux incertitudes contemporaines, un caractère obsessionnel. Les vides, les blancs, les zones d’ombre, les absences font de l’histoire du théâtre de Perpignan une histoire lacunaire qui nous parle, sur un mode délicat et poétique de la fragilité des traces de notre passage dans le cours du temps historique.

 

Pour compléter le fonds existant aux archives nous sommes partis à la recherche de documents complémentaires ; nous sommes partis à la recherche d’affiches, de gravures, de photographies. Au cours de cette recherche, qui a pris la forme d’une quête, nous avons suivi des pistes incertaines, jusqu’à retrouver le petit-fils de l’ancienne habilleuse du théâtre qui a conservé pieusement les précieuses photographies de l’époque dans des boîtes en carton.

 

C’est à Madame Marguerite Sarris que nous devons les témoignages des années 1930 : elle fut, dès 1927, habilleuse au théâtre. Comme quoi, cette histoire de théâtre à Perpignan respecte jusqu’au bout le cadre d’une bonne dramaturgie.

 

André Breton écrivait déjà, à la même époque, combien il est difficile de partir à la recherche de l’or du temps. Pour cet or du temps retrouvé, cette exposition est dédiée à Madame Sarris.

 

Après l’aventure des photographies, il y a eu celle des costumes, avec une conséquence immédiatement positive : cette exposition va permettre de les préserver pour l’avenir. C’est en ce sens qu’on peut parler aujourd’hui d’archives dynamiques. Il est sain pour la démocratie que le passé vienne interroger le présent, et parfois même le mette en doute.

 

   Les archives dynamiques ont le privilège de ne jamais abandonner la proie pour l’ombre. Ainsi une exposition sur le théâtre pose la question artistique du théâtre, la question culturelle du théâtre, la question politique du théâtre.

 

A observer la situation du théâtre de l’Archipel et du théâtre municipal, est-il possible d’imaginer une action qui innove sans pour autant détruire ? Est-il possible de concilier la préservation avec la modernité ? Ce qu’il y avait d’ancien et d’obsolète dans le théâtre municipal a conduit le politique à penser le projet du théâtre de l’Archipel sans intégrer le théâtre municipal dans son dispositif.

 

Quel avenir pour l’ensemble des structures du spectacle vivant à Perpignan ? C’est une question que pose, de manière encore indirecte, cette première exposition sur les 200 ans du théâtre à Perpignan. L’archive n’existe donc pas pour justifier une lecture contemporaine du passé, mais bien pour questionner le présent au nom de l’histoire.

 Ce fut le souhait de Walter Benjamin, celui d’Abby Warburg, c’est toujours le nôtre. Nous n’en sommes qu’au premier acte.

 

   * Voici un autre texte rédigé par Michelle Pernelle des Archives :

 

La tradition théâtrale à Perpignan est très ancienne puisqu’elle remonte au XVe siècle. On représentait alors les mystères (longs drames religieux) sur la place de la Loge. Plus tard, une salle de spectacle dite « casa de las comedias », où l’on donnait aussi des représentations dramatiques, s’implanta dans le quartier Saint-Jean, quelque part dans l’artère qui relie la rue de la main de fer à la rue Foy, connue au milieu du XIXe siècle sous le nom de « carrer de la comedia », puis « rue de l’ancienne comédie » à partir de 1870.

 

Vers le milieu du XVIIIe siècle, dans cette ville en pleine francisation où l’empreinte des Lumières commençait à poindre, le comte de Mailly, gouverneur de la province, pour distraire et égayer son entourage, fit édifier une magnifique salle de spectacle dans la belle et vaste salle du consulat de mer. Pour ce faire, en 1752, la façade et l’intérieur de la Loge de mer furent totalement bouleversés. Ensuite, pendant soixante-trois ans, ce théâtre connut une existence chaotique, avec pas mal de relâches et même sans représentation pendant une campagne entière. La salle fut alors louée pour des bals, à des troupes de passage ou à des comédiens ambulants. En 1813 les trois dernières représentations y furent données : « La Flûte enchantée » de Mozart, « La Vestale » de Spontini et « Le siège de Corinthe » de Méhul.

 

Pour des questions de sécurité et d’accueil, ce lieu posait des problèmes. Ainsi, le 22 avril 1810, 57 bourgeois perpignanais, amateurs de spectacles, formèrent une société d’actionnaires et ouvrirent une souscription pour financer la construction d’un nouveau théâtre dans les locaux du collège des Jésuites, place Napoléon (actuelle place de la République).

Le conseil municipal de Perpignan vota ce projet le 5 mai 1811, avec plans et devis, et la construction démarra fin 1812. Ce nouveau théâtre entra en fonction en novembre 1813, un an avant l’achèvement des travaux. Le public perpignanais ne fut donc pas un seul instant privé de spectacles.

 Pendant une dizaine d’années, le théâtre fut géré par cette société, de plus en plus fortement financée par la ville de Perpignan, jusqu’à ce qu’en 1820 cette dernière achève le rachat de la totalité des actions émises, commencé cinq ans auparavant, et le théâtre devint ainsi municipal.  

L’activité du théâtre municipal, toujours très intimement liée au conservatoire de musique (les professeurs du conservatoire formaient l’orchestre du théâtre), fut plutôt florissante malgré la création de deux nouveaux théâtres, d’un style différent, plus « coquins », implantés dans le faubourg : celui des Variétés en 1877, et celui de l’Alcazar, en 1900. Cependant, au début du XXe

siècle, l’apparition du cinéma captiva rapidement une grande partie du public, et il fallut attendre les années 1950-1960 pour que le théâtre retrouve une place de choix dans la cité.  1813-2013 : 200 ans de vie théâtrale dans la ville, animés par de nombreux artistes, comédiens et musiciens, d’ici et d’ailleurs. Et le spectacle continue !

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 21:18

Grand-mere.jpg  Pour la fête des grands-mères 

 

Grand-mère

Lorsque j’évoque ma grand-mère, c’est comme un boomerang qui me revient en plein cœur…

Fragilité et force  : deux termes en constante opposition, définissant ce qu’on peut éprouver au tréfonds de soi, tant l’enfance est importante dans une vie humaine. La fragilité d’une grand-mère, c’est celle du petit chaperon rouge que le loup dévore et à laquelle il se substitue, dans la symbolique de Perrault, c’est encore celle que la petite marchande d’allumettes ressuscite au plus froid de l’hiver, dans le conte d’Andersen, c’est en outre celle de Pagnol qui dit à Naïs, « le bossu », que « les bosses dissimulent des ailes qui conduisent sans ambages les bossus au ciel… » Un jour, par malheur, lorsque les grands-mères disparaissent, les bossus ne sont plus les anges que l’on s’appliquait à décrire…

La force que m’a donnée ma grand-mère, c’est cet océan d’affection qui déborde, m’envahit et me bouleverse et qui a forgé de tendresse, de douceur et de droiture l’enfant que j’ai été. La fidélité, la mémoire, le respect, la tolérance, l’honnêteté affective ou intellectuelle sont autant d’éléments qui ont participé à ma construction et dont je ne saurais jamais me départir, pour avoir connu jusqu’à 23 ans révolus la personne que j’ai sans nul doute le plus aimée au monde et dont le souvenir me permet aujourd’hui de me conduire comme un enfant, avec toutes ses qualités et ses défauts.

Au-delà de la peine, il y a par ailleurs cette dimension proustienne : temps passé et temps retrouvé ne font qu’un…la saveur d’un café au lait, l’écorce d’une mandarine, la madeleine que l’on redécouvre rappellent à la vie la grand-mère enfuie… Dans le jeu des correspondances baudelairiennes, les souvenirs affleurent, remontent à la surface. Mais à la surface de la vie, comme une plaie béante qui ne se refermera plus, il y a la disparition de sa grand-mère, événement terrible qui nous donne, sans que nous le sollicitions, un avant-goût du malheur, celui que nous n’imaginons aucunement et que nous souhaitons moins encore mais que nous connaîtrons peut-être demain au départ d’un être cher. Le sort nous vole un être aimé et, sans que l’âge apparaisse comme un facteur déterminant, en cette douloureuse occasion, la mort ne connaît pas d’explication, ni de motif, ni de prétexte, ni d’alibi. Perdre sa grand-mère, c’est explorer le « paradis perdu » du poète Milton, c’est s’y replonger comme pour un triste baptême, c’est avouer que « le temps passé, jamais ne reviendra », c’est se dire, à l’instar de Malherbe, dans les stances qu’il formula à Monsieur Du Périer, au moment même de la disparition de sa fille, « qu’elle était du monde où les plus belles choses ont le pire destin et, qu’en tant que rose, elle a vécu ce que vivent les roses : l’espace d’un matin… »

Il y a en outre cet instant intime,viscéral, vide sidéral et temporel qu’il est impossible de traduire, d’exprimer et qui est comme une écharde plantée en soi, incrustée dans sa chair. Quand le malheur survient, c’est une éclipse de la réalité, de la vérité, de la sincérité des choses les plus simples que l’on ressent. Lorsque sa grand-mère s’en va pour toujours et à jamais, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel qui a béni l’aube de notre naissance. Souffrance qu’on a du mal à taire, mais qu’il faut par pudeur et de par sa responsabilité d’individu assumer. Ne rien dire, accuser le coup et montrer tête haute, voilà ce que l’on doit observer…car faire étalage de ce deuil qui invite au tournis, qui laisse pantois et donnerait le mal de mer aux navigateurs les mieux rompus au roulis, au tangage et aux grains les plus violents n’est pas de mise. Il faut garder le cap, faire face et combattre, même si l’on ne se consolera jamais de cette perte. Si l’on faillait à sa mission, à sa propre personne, comme Pagnol l’exprimait : « ça ferait pleurer les enfants ». Je me permettrais de renchérir : cela aurait certainement fait encore plus de peine à ma grand-mère…celle que j’aime et aimerai jusqu’à mon dernier jour, qui sait ? celui de la fin du monde… certainement celui de ma propre fin…

Lorsqu’une grand-mère quitte cet univers de plus en plus indistinct, c’est à nouveau et encore ou une fois de plus la mienne que je perds.

 

Grand-mère                               La douceur du sucre candi,

Le parfum de l'orange amère

Evoquent dans l'après midi

La silhouette de grand-mère.

 

Alors la robe d'organdi

Valse dans le soir éphémère,

Frôlant le regard enhardi

Que tu faisais naître, grand-mère.

 

Moi, je ne sais de tout ceci

Qu'un épilogue assez sommaire :

Une retraite sans souci

Qui te voyait vieillir, grand-mère.

 

Les châteaux-forts que l'on bâtit

Et les contes qu'on énumère

Débordent d'un cœur trop petit

Quand on se souvient de grand-mère.

La vieille dame

Le miroir dans lequel, depuis plus de trente ans,

Son regard plonge chaque jour

Ne reflète plus les visages espérant

De ceux qui lui faisaient la cour.

 

Les poèmes courtois et les tendres chansons

Qui se disputaient son oreille

Sont partis témoigner ailleurs de leurs passions

Le jour où elle s'est crue vieille.

 

Le parfum des pensées et l'éclat de l'argent,

Tout ce qui semblait naître d'elle,

A cessé d'exister au départ de ces gens

Qui lui murmuraient : "tu es belle. "

 

Elle était jeune hier et, l’œil un peu crédule,

Découvrait les bonheurs de l'aube.

Le temps de vivre et c'est déjà le crépuscule

Qui vient s'éteindre sur sa robe.

 

Et, quand les fils de ses enfants viennent la voir,

Elle éprouve une joie amère,

Elle qui ne vivait que d'amour et d'espoir

Et qu'on nomme aujourd'hui grand-mère.

 

Textes de Jean Iglesis

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 00:13

TE - FOLKLORE - TRADITION - CARNAVAL

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Fête de l'ours à Saint Laurent de Cerdans - du 1er au 3 mars 2013 - Le rendez-vous d'un village avec son ours...

Fête traditionnelle carnavalesque.

La Fête de l'Ours dans ce village du haut Vallespir (canton le plus au sud des P.O) est une tradition dont les origines remontent à plusieurs siècles.
Cette fête inaugure les festivités carnavalesques de St-Laurent.


Dans le passé, elle avait lieu le 2 Février, date de la chandeleur, qui marque la fin de l'hibernation de l'ours. Le dicton affirme que s'il fait beau ce jour-là, la bête replonge dans sa caverne pour 40 jours supplémentaires, s'il fait sombre au contraire, elle rompt son sommeil de l'hiver et annonce le printemps.

  Jadis, les jeunes garçons des villages pyrénéens voulant prouver leur bravoure, partaient en forêt pour capturer un ours qu'ils exhibaient ensuite dans les villages de la vallée. Le moment était bien choisi et la tâche facilitée car l'animal était affaibli par sa longue hibernation. La tradition s'est perpétuée, mais faute de bête féroce, c'est un jeune villageois qui se déguise et la capture devient simulacre.

 

Programme : VENDREDI 1er Mars

15H30 : Fête du Viel Ours (fête de l'ours pour les enfants)

Départ de Notre Dame de la Sort jusqu'au terre plein du syndicat avec rasage de l'Ours.

20h00 : Repas Spectacle suivi d'un Bal Disco animé par Pascal Philadelphia. Halle Polyvalente

 

SAMEDI 2 MARS : 15h00 : Corso départ de la place publique

17h00 : Bal d'enfants Halle Polyvalente animé par Pascal Philadelphia

22h30 : Grand Bal Masqué Halle polyvalente avec l'orchestre "AL Chemist"

Monôme, Echelle, Tio-tio

Journée animée par la banda Els Tirons.

 

DIMANCHE 3 MARS : 15h00 : Départ de la grande Chasse à l'Ours de Notre Dame de la Sort.

Animée par la Banda Els Tirons & la cobla Principal del Rossello.

17h30 : Sardanes avec la cobla Principal del Rossello suivies de l'incinération de sa Majesté Carnaval.

Renseignements : Office de tourisme - 5 rue Joseph Nivet
66260 Saint Laurent de Cerdans - Tél : 04 68 39 55 75

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 10:55

images-copie-24.jpeg    L'homme est un cochon pour l'homme.

 

Télescopage fâcheux dans l'actualité : S.Hessel et DSK.

 

 

 

La mort a choisi Hessel le Juste. Elle est rarement juste, elle, la camarde, mais il est vrai que l'ancien Résistant était vieux et qu'il attendait la fin sans appréhension, sans révole ni indignation; avec curiosité, plutôt :vivre sa mort serait peut-être aussi passionnant que vivre sa vie...

 

Et puis, voilà, l'actualité nous apprend une autre triste nouvelle : la justice a choisi DSK. Elle permet de condamner un hebdomadaire, Le Nouvel Observateur, un éditeur, Stock et un auteur, juriste subtile, Marcella Iacub, à des sommes importantes. A afficher aussi la décision de justice sur la couverture du journal et par un encart dans le livre. 

 

Sous prétexte d'atteinte à la vie privée d'un homme, qui n'est jamais cité dans l'ouvrage incriminé !

 

L'homme est un loup pour l'Homme, paraît-il; il est surtout un cochon pour ses frères, et ses soeurs...

 

En effet, n'est-ce pas cet homme riche et puissant, un ancien "maître du monde", qui, par ses maladresses et ses errements aisément identifiables, a exhibé sa vie sexuelle la plus intime..? Viols, ou tentatives, violences, proxénétisme avec des policiers qui s'affichaient francs-maçons... Derrière les idées généreuses, une réalité sordide. 

 

On assiste là à un retournement des valeurs. Les médias et les décideurs ont mis du temps à s'avouer le peu d'humanisme de l'ancien directeur du FMI... Sa philosophie, c'est le "truisme", cette part maudite du cochon dans l'Homme : la romancière Marie Darrieussecq l'avait déjà montré dans son livre "Truismes", paru en 1996, chez POL.

 

Mme Iacub décrit aujourd'hui, dans "Belle et Bête", cette tentative de définir le désir brut, sans préliminaires, ni bornes. Cette envie d'aller vers la jouissance absolue sans entraves, ni morale.

 

Le truisme ou cochonnerie sexuelle, fait partie de ces "expériences des limites" analysée par Georges Bataille. Dans le cas du porcinet en question, il s'agit d'aller plus loin dans le mépris de la femme et la quête du plaisir égoïste. DSK est un héros de nos temps perturbés, magnifié en littérature et bientôt par le cinéma, incarné par Gérard Depardieu, autre cochon sublime qui, pour faire parler de lui, se complaît à faire sortir de son groin des déclarations provocatrices...

 

Les deux petits c... Mais revenons à l'autre versant de l'actualité : à son adret, à sa lumière, à son étoile qui montre le chemin de l'espérance et de la fraternité, avec Stéphane Hessel !

 

Avec ces contes porcins et malsains, on voudrait nous faire oublier le message humain et humaniste de l'auteur de cette petite bombe livresque : "Indignez-vous !"... Revenons vite à lui, à ses exigences d'éthique et de solidarité ! Indignons-nous face à l'hypocrisie de la société du spectacle et à la toute-puissance de l'argent !

 

Tant pis si je tombe dans la morale ! Excusez-moi, mais je trouve indignes les hommes qui exaltent l'instinct de verrat qui sommeille, peste brune, en chacun de nous !

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 12:35

   * Au moment où l'on vient, dimanche dernier à Collioure, de rendre hommage, lors de la commémoration de la Retirada, au poète andalou, l'écrivain et journaliste Xavier Febrés (connu pour son livre, avec Quéralt et Grando, sur les camps de la honte) vient de publier "Les derniers jours du poète A.Machado". (La traduction de ce livre en français devrait être publiée par les éditions Mare Nostrum)

 

 

(C) Remerciements au journal El Punt et à Aleix Renyé.



  On se souvient que le professeur Jacques Issorel, il y a plus de vingt ans déjà, avait décrit les ultimes instants du poète mort dans la pension Quintana (éditions Mare Nostrum). Ce livre était une analyse historique au plus près de la vérité. X.Febrés articule, de façon originale, fiction et histoire. 

 

(PS. Je me permets de signaler la réédition de ma "biographie poétique" de Machado : De Séville à Collioure - 14 euros, chez l'auteur : 06 31 69 09 32- J.Pierre Bonnel, éditions Cap Béar)

 

** Els últims dies del poeta Antonio Machado

El periodista i escriptor Xavier Febrés publica un llibre sobre l'estada i la mort a Cotlliure del poeta republicà espanyol, enterrat en aquesta població de la Costa Vermella

19/02/13 02:00 - COTLLIURE - ALEIX RENYÉ

 

(photo : site de "El Punt")

 

Xavier Febrés davant la casa Quintana de Cotlliure, on va morir Antonio Machado Foto: A.R.

Enllaços relacionats

 

Al cementiri de Cotlliure la tomba del poeta Antonio Machado és lloc de peregrinatge per a molts espanyols i sud-catalans. S'ha convertit en un actiu memorial de l'èxode de mig milió de republicans per la frontera pirinenca l'hivern del 1939 com es pot llegir en la contraportada del llibre que el periodista Xavier Febrés acaba de publicar a l'editorial La Mansarda.

En Els últims dies de Machado Febrés relata la vida i el compromís del poeta en els darrers mesos a l'Estat espanyol i el seu pas cap a l'exili a la Catalunya Nord. A través de la figura de Machado el llibre fa un relat detallat i documentat de la Retirada, els camps d'internament on van anar a parar el republicans i de les mesures preses per les autoritats franceses. La documentació citada amb la que s'ha construït el llibre en fan una referència per aquest període de la història recent de Catalunya, nord i sud. Com diu el subtítol de la portada del llibre el poeta republicà encara viu exiliat a Cotlliure. En un epíleg en clau personal l'autor explica la seva relació amb les comarques nord-catalanes, sobretot ambPerpinyà i la Costa Vermella.

Xavier Febrés va entrar en relació amb l'actualitat de la Catalunya Nord i de França quan va esdevenir corresponsal del diari perpinyanès L'Indépendant a Barcelona, corresponsalia que va exercir durant força temps. Ha escrit una vintena de llibres, alguns d'ells de temàtica nord-catalana en col·laboració amb autors rossellonesos com Jaume Queralt. Enguany també ha publicat un llibre sobre l'escultor de Banyuls de la Marenda Maillol l'escultor carnal, entre altres.

 

Darrera actualització( Dimarts, 19 de febrer del 2013 08:19 )

 

 

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 14:33

* Pour lire mon article sur le site des ECHOS : LE CERCLE +

VOIR TOUS LES ARTICLES

  • bio_claude_simon.jpg
  • 25/02 | VERJOUL | Critiques | Lu 111 fois
  • Célébrer le centenaire de la naissance de Claude Simon
  • Faut-il rendre hommage au romancier Claude Simon, Prix Nobel de littérature, dans sa région d'inspiration, le Roussillon ? La biographie n'est qu'un prétexte, disait-il !Lire la suite
  • http://lecercle.lesechos.fr/cercle/livres/critiques/221166478/celebrer-centenaire-naissance-claude-simon

     

    http://lecercle.lesechos.fr/221132650/jean-pierre_bonnel

     

     

    ** Martine Camiade, professeur à l'Université de Perpignan

     Jordi Font, directeur du MUME
    Michel Cadé, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Perpignan

    DEPLACEMENTS FORCES ET EXILS EN EUROPE AU XX SIECLE

    paru aux éditions Talaia, en collaboration avec ICRESS et l'UPVD

    "La première partie a pour cadre la guerre civile espagnole (1936/39) et l'exil des

    républicains espagnols. Dans la seconde partie, les communications s'inscrivent dans

    le contexte de la seconde guerre mondiale, les processus de décolonisation -en particulier

    l'indépendance de l'Algérie en 1962- et les convulsions vécues par les pays de l'Europe

    de l'Est aux années 1990, à travers le cas des guerres balkaniques."


    images.jpg


    ***Concert

    Public · Par Pedro Soler - lundi 25 mars 2013 - 20:00

 

Théâtre de l'Athénée

Paris


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  • Albéniz et le Flamenco
  • « Rumores de la Caleta »
  • Né de la rencontre entre Philippe Mouratoglou et Pedro Soler, le spectacle
  • « Rumores de la Caleta » est un dialogue entre deux puristes de la guitare -
  • classique pour l’un, flamenca pour l’autre –aux parcours très différents.
  • « Rumores de la Caleta » est l’extrait le plus connu de Recuerdos de Viaje op
  • 71 (1887) d’Isaac Albéniz, inspiré par la musique populaire espagnole et
  • notamment le flamenco. Certaines de ses suites semblent avoir été composées
  • pour et à la guitare alors qu’Albéniz composait au piano dans le plus grand
  • respect des formes originales (sevillanas, malaguenas, bulerias…) Ce sont
  • paradoxalement les transcriptions pour la guitare par Francisco Tarrega qui l’ont
  • rendu célèbre. Philippe Mouratoglou a fait à son tour une transcription
  • rigoureuse de l’oeuvre d’Albéniz.
  • Rigueur et talent caractérisent l’approche et le jeu de ces deux maîtres de la
  • guitare. Leurs cultures et leurs styles se révèlent formidablement
  • complémentaires. Avec « Rumores de la Caleta » ils partagent, communient et
  • leur bonheur sur scène est communicatif.
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:30

images-copie-23.jpeg       Pour répondre à la colère et à l'impatience manifestée dans un dialogue de B.Revel et N. Caudeville, dans le site "L'Archipel contre-attaque", du 17 février dernier, on doit se demander si le rôle de la ville de Perpignan est de rendre hommage à C.Simon. Celui-ci vécut rue de la clocher d'or (1), fréquenta le lycée Arago (2), puis ne revint en Roussillon qu'après la guerre, comme viticulteur à Salses. Ce gros bourg n'a pas les moyens de célébrer avec faste l'écrivain, et puis, les élus villageois de nos campagnes sont souvent incultes...

 

     Quant à la municipalité de Perpignan, qui préfère investir dans un musée d'extrême-droite, elle n'a pas l'intention de chanter le Prix Nobel (même si l'élu à la culture est un intellectuel raffiné, et le directeur de la culture un intello engagé !), qui se battit avec les Républicains, en 1936, à Barcelone. Peut-être le CML, qui prépare l'année Trénet (pour le grand public, un bateleur est plus accessible, au contraire d'un romancier qualifié d'hermétique), permettra-t-il une table-ronde autour de C.Simon... En effet, Perpignan apparaît souvent, sans être nommée, dans les romans tels que "Le vent", "Le tramway" (5)...

 

C'est l'Université, avec l'association des lecteurs de C.S. (3), les Cahiers C.Simon (6) et les "Cahiers de l'Université de Perpignan" (5), avec les éditeurs locaux (7), pour la San-Jordi, par exemple, qui doivent honorer la mémoire de celui qui vécut de nombreuses années en Catalogne, même s'il ne défendit jamais la langue catalane, mais son territoire (8)...

 

Pour l'instant, localement, c'est L'Indépendant, sous la plume de J.M.Collet, qui a impulsé une tentative d'hommage, avec un court dossier "C.S. ou l'art du collage" et un entretien avec la biographe du romancier (9)

 

En attendant de vagues et peut-être vaines commémorations, il vaut mieux lire CS dans l'édition de La Pléiade: le tome 2 vient de sortir, rassemblant les oeuvres que le romancier n'avait pas retenues pour le premier tome, en 2001.

    Il avait écarté à l'époque les romans fondés de façon visible sur un matériau familial; la biographie ou le local l'ont indifféré; en effet, pour lui : "Ces éléments biographiques sont des prétextes. le texte est autre chose."

 

Fi donc des hommages de la ville. Restons-en au texte, au seul texte !

                                                                                           J.P.B.

---

 

(1) voir Jean-Pierre Bonnel : Balades culturelles en Catalogne - Presses du Languedoc - un chapitre, page 26, est consacré à C.Simon en Catalogne.(Salses, Perpignan, Barcelone, Vernet)

 

(2) Cet établissement lui a rendu hommage en donnant son nom à une promotion d'élèves.

 

(3) voir son site, très riche. 

 

(4) revue annuelle depuis 2005, association dirigée par J.-Y.Laurichesse, qui fut prof. à l'Université de Perpignan.

 

(5) voir Jean-Pierre Bonnel : article sur le Tramway, par rapport à  la Marseille de Pagnol, dans "CatalognARTS", recueil d'études sur la peinture et la littérature.

 

(6) Voir le n°34, publié en 2005, dirigé par Paul Carmignani et le n°14 "Passages", 1993, avec un bel article de Maurice Roelens sur C.Simon et Vernet les Bains.

 

(7) rappelons l'anthologie "Promenade littéraire dans les rues de Perpignan"- Mare Nostrum - nov. 2004, où figure C.Simon - recueil publié avec le soutien de la ville de Perpignan.

 

(8) On se rappelle son article dans le journal "Le Monde", contre le projet d'autoroute (A9) : "Massacre dans les Corbières" !

 

(9) "Bol d'air", février 2013.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 13:11

 

 

 

ours.jpeg L'ours de Patrick Loste

 

*Fête de l'Ours et Carnaval à Prats de Mollo La Preste : tout le programme du 26 Février au 2 Mars 2011

 

Au cœur des murailles du Fort Lagarde, trois garçons, revêtus d’une peau de mouton, s’enduisent le visage et les bras d’huile mélangée à du noir de fumée. Escortés de leurs chasseurs, les « ours » descendent dans la ville et marquent de leur empreinte tous ceux qui se trouvent à leur portée avec une préférence marquée pour les jeunes filles.

En fin de journée, les barbiers, tout de blanc vêtus, les enchaînent au prix d’une lutte féroce et procèdent à un rasage symbolique redonnant ainsi forme humaine à ces êtres sauvages, héritiers des croyances et des légendes pyrénéennes.

Noirs de suie, d’huile et de sueur, griffant ou mordant tout sur leur passage, les trois derniers ours du Costabonne descendront dans la ville. Chacun aura sur le visage l’empreinte du plantigrade et celle d’une des plus anciennes et des plus authentiques traditions carnavalesques.

Exposition photos « Les 3 Fêtes de l’Ours du Vallespir »

 

Dimanche 27 Février  10h00 Passage du témoin “La patte de l’ours” (Office de tourisme)

10h30 Arrivée de Sa Majesté Carnaval

11h00 Contrapàs et sardanes (Place Trinxeria)

15h00 Grande chasse à l’ours

17h00 Rasage (Place du Foiral)

18h00 Sardanes (Place d’armes)

22h00 Grand bal (Foyer Rural)

Lundi 28 Février  10h00 Mascarade

11h00 Sardanes (Place d’armes)

15h00 Encadenat

16h00 Corrida

16h30 Ball de la Posta et Ball de Correr

18h00 Sardanes (Place Trinxeria)

22h00 Grand bal costumé

Minuit Echelle

Mardi 1er Mars

11h00 Sardanes (Place Trinxeria)

15h00 Bal d’enfants

18h00 Sardanes (Place d’armes)

22h00 Grand bal de clôture

Minuit Tió-Tió

01h30 Dernier tour de ville et Incinération de Sa Majesté Carnaval

 

** OURS des fictions, des contes :


L'ours était à l'origine présent dans une grande partie de l'Europe, mais fut abondamment chassé au cours du Moyen Âge, avec le soutien des autorités chrétiennes qui luttaient contre les survivances du culte de l'ours, en particulier chez les Celtes et les Germains. L'ours se retrouva peu à peu cantonné aux régions montagneuses telles que les Alpes, les Pyrénées, le Jura et les Vosges au xviiie siècle. À cause d'une pression toujours plus importante de l'homme sur leur habitat et leur population, le nombre d'ours français ne cessa de diminuer. Dès le début du XXe siècle, on ne trouve plus aucun ours en dehors des Pyrénées, où leur nombre est estimé entre 70 et 150. Le déclin est rapide, malgré l'intervention du gouvernement, et l'arrêt de la chasse à l'ours n'est effectif qu'en 1972. L'ours brun est inscrit sur la liste des espèces protégées en 1979 et le premier plan de sauvegarde remonte à 1984. On recensait une quinzaine d'individus dans les années 1980 et seulement cinq au milieu des années 1990.

 

L'ours des Pyrénées dans la culture
 

Carnaval de La Vijanera, en Cantabrie, où l'Ours (el Oso), incarnation du mal, est tué chaque année.

Les traces d'un ancien culte de l'ours sont nombreuses dans les Pyrénées, puisqu'il existe deux divinités directement liées à cet animal, qui furent vénérées localement dans le Comminges. Alors que partout en Europe, les différents cultes liés à l'ours furent sévèrement combattus afin de mettre un terme à des pratiques qualifiées de païennes, conduisant à une diabolisation progressive de l'animal, le prestige de l'ours semble s'être plus ou moins conservé dans les Pyrénées2.

 

Carnaval Les cultes de l'ours se retrouvent encore sous des formes « folklorisées » mais très ancrées dans la tradition locale. Ce sont généralement des manifestations liées au Carnaval et au renouveau du printemps, symbolisées par la sortie de l'hibernation de l'animal qui a lieu à la Chandeleur. Des chasses à l'ours très ritualisées ont lieu : un homme est revêtu de fourrures, le visage noirci ou masqué, il court les rues en donnant la chasse aux femmes, avec des simulacres sexuels très explicites : « L'Ours, allongé sur la route, se laisse aller à des mouvements extrêmement suggestifs — tout à fait adaptés, certes, aux recherches d'un ritualiste sur la fécondité — toujours enveloppé dans la peau de son animal sacré, car l'obscénité est un bon recours magique pour la fertilité »3. Puis il est pris en chasse par des chasseurs et divers personnages aux masques et tenues également très ritualisées, avant d'être mis à mort. La mort de l'ours n'est que provisoire, car chacun sait qu'il reviendra l'année suivante. Ces festivités ont lieu plus souvent en Soule, en Bigorre, en Andorre et en Roussillon4,5,6.

 

Mythologie et symbolique Comme en Bulgarie, en Roumanie, dans les Balkans, en Asie, en Yougoslavie ou chez les Indiens d’Amérique du Nord, les Pyrénéens ont longtemps considéré l’ours comme l’ancêtre de l’homme ou encore comme un homme sauvage, souvent même il avait le statut d'un dieu. Certaines attitudes proches de celles de l'humain lui ont valu cet anthropomorphisme. Ainsi les Béarnais le nomment « lou pedescaou », le va-nu-pieds, ou encore « lou Moussu », le Monsieur. On lui donne des prénoms comme Dominique et Martin.

Pour les Basques, c’est « Artza » (dont le prénom puis nom de famille García pourrait dériver) tandis que les bergers sont nommés « artzainak ». L’ours était autrefois un symbole de résurrection et de fertilité, l’Église s’est donc efforcée de lutter contre ces anciens cultes animistes. Dans d'anciennes légendes, le Pic d'Ossau représente la tête de Jean de l'Ours.

En Aragon, l'Ome grandizo de la vallée de Onsera (toponyme lié à l'ours) était un géant armé d'une hache de pierre, toujours accompagné d'un ours.

 

Hagiographie : Aventin de Larboust ôte une épine de la patte d'un ours7. La légende très répandue de saint Martin de Tours obligeant un ours, qui avait dévoré sa monture, à remplacer celle-ci, et le nom de Martin fréquemment donné à l'ours, est largement connue dans les Pyrénées.

 

Contes: Jean de l'Ours, Juan ou Xan de l’Ours8 pour les Basques, Joan de l’Os pour les catalans est un conte à propos d’un garçon né de l’accouplement d’un ours et d’une femme.

 

180px-FroissartOurs.jpg Chasse à l'ours dans les chroniques de Jean Froissart, fin du XVe siècle.

L'histoire de Pierre de Béarn, demi-frère bâtard de Gaston Phébus, est rapportée par Jean Froissart et conte sa lutte sans pitié contre un ours gigantesque. Après avoir vaincu cette bête, l'homme fut frappé de somnambulisme. Dans les mêmes chroniques, le comte de Biscaye chassait un ours lorsque ce dernier se retourna afin de lui prédire une mort indigne pour avoir traqué un animal innocent9. Jean Froissart suppose que les ours pyrénéens sont d'anciens chevaliers qui furent changés en ours par les dieux païens en punition d'une faute10, et Michel Pastoureau pense que cette histoire fait écho à une survivance des rites de passages dans les Pyrénées, consistant à tuer un ours

 

Montreurs d'ours

Les montreurs d'ours pyrénéens, et notamment ceux de l'Ariège, ont acquis une réputation bien au delà de leurs frontières d'origines. Le village d'Ercé était réputé pour son école des ours. Des oursons capturés étaient élevés et dressés, puis ils partaient avec leur maître pour de très longs périples dans toute l'Europe et jusqu'aux Amériques.

 

Littérature : Boucle d'or et les trois ours : célèbre conte avec un grand ours, un ours moyen et un petit ours

Bande dessinée : Nestor, ours de Moky et Poupy (bande dessinée)

  • Petzi, ourson parcourant le monde à bord de son bateau
  • Pooky, ours en peluche de Garfield
  • Boule de poils, ourson adopté par Bernard Prince

Cinéma : L'Ours de Edmond Séchan (1960).



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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 09:17

** Utopie : L'Eldorado de Voltaire

 

Le XVIIIème siècle est sans aucun doute l'âge d'or de l'utopie, car c'est l'époque qui recherche le bonheur avec le plus d'obstination, dans son rapport avec l'ordre social. 

 

Le genre utopique : Voltaire n'a pas inventé l'Eldorado : c'est un mythe élaboré au temps des Conquistadors dont l'origine réside dans le contact avec la civilisation inca et les récits des Guaranis à la recherche de la "Terre-sans-mal" et de la "Terre d'immortalité". La quête du pays utopique s'inscrit dans un héritage mythique, celui de la quête d'un pays fabuleux ou d'un paradis perdu que l'imaginaire européen, après Colomb et la Renaissance, va situer à l'Ouest (mythe du Nouveau Monde et du symbolisme solaire).

C'est un souvenir de l'expérience millénariste des pionniers, rêvant de trouver en Améique la nouvelle "Terre promise".(cf. Mircea Eliade : La nostalgie des origines).

Le sens de l'Eldorado

 

Il est une "utopie crique", selon la formule de R. Trousson, "une critique de la réalité, dans la mesure où il est essentiellement le pays de la tolérance et de la liberté individuelle." Utopie et critique coexistaient dans des fêtes comme les Saturnales; celles-ci sont l'occasion de revivre les temps mythiques de l'âge d'or mais aussi d'inverser l'ordre social contraignant du quotidien; c'est aussi le cas des "fêtes des fous". Comme ces fêtes, l'Eldorado serait la figure inversée du réel, un miroir satirique.

 

En effet, le projet d'une cité, ou communauté, idéale implique la critique des pouvoirs en place et de l'ordre existant.

 

Pour Candide, il s'agit d'une étape essentielle pour sa maturation et sa quête du bonheur; cette utopie est synonyme de progrès, d'espoir.

 

Critique de l'utopie : 

 

On peut mettre l'accent sur "l'isolement" de l'Eldorado; comme l'écrit M.Duchet : "Les habitants d'Eldorado se sont arrêtés à ce point de perfection où les forces du Bien l'emportent sur celles du Mal. Ils vivent dans un temps immobile." Cette temporalité, on peut l'identifier à l'éternel présent du temps mythique, à la beauté parfaite et, en conséquence, impossible à perfectionner, du jardin des origines.

(J.P.Bonnel)

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A la Rencontre... de Voltaire !

 

Un week-end consacré au plus fin, au plus impertinent, au plus dangereux des auteurs du XVIII e siècle.

 

Deux lectures théâtralisées de

Cédric Debarbieux,

 

Samedi 23 février, à 20h30

Le Dictionnaire Philosophique

(Pages choisies)

Dimanche 24 février, à 17h

L'Affaire Calas,

d'après le Traité sur la Tolérance

 

 

Deux textes qui ont conduit la France à la Révolution de 1789. A écouter encore aujourd'hui...

 

 

Prix des Places : Lycéens 5€, Adultes 10€, les deux spectacles 15€.

 

 

au Théâtre de la Rencontre,

31, rue des romarins, à Perpignan.

Tel : 04 68 55 54 07 

 

 

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