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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 10:04
Visions de la foire de Perpignan
Visions de la foire de Perpignan
Visions de la foire de Perpignan
Visions de la foire de Perpignan
Visions de la foire de Perpignan
Visions de la foire de Perpignan

Visions de la foire de Perpignan

Foire Saint-Martin, fantasmagories de la ville hors les murs

 

Les enfants l'attendent en novembre. Elle est là, faisant oublier, avec son aura, ses couleurs, ses bruits, sa foule serrée, le temps gris de Toussaint, le temps des morts et des souvenirs...

 

Dès l'entrée de cet espace de jeu et de défoulement, elle vous prend aux narines, la foire, avec ses relents de sucre, venus des barbes à papa bariolées et de ses pommes d'amour, rouges de désir de bouche...

 

Ensuite, c'est la ronde dans un autre monde, c'est la fête, avec les machineries qui vous envoient en l'air ou vous expulsent l'estomac en vous entraînant dans des valses diaboliques et des montagnes russes insoupçonnées...

 

Les gosses préfèrent les élastiques, puis les labyrinthes, les trains fantômes, où il faut crier, c'est la règle, même si on n'a pas peur. On se force parfois à faire la fête, poussé par le nombre, les amis, la petite amie...

 

Les ados optent pour la vitesse, se grisent dans les airs, propulsés par des bras d'acier, que les couples anciens regardent avec méfiance...

La foire Saint-Martin, c'est le retour de l'enfance * l'enfance retrouvée, réinventée une fois l'an... Pour le jeune sans mémoire, il s'agit d'un bonheur présent, spontané, sans signification, mais plein de sensations.

 

Pour les aînés, c'est illumination soudaine dans la mémoire, un rêve de bonheur éternel, qui hélas, a saisi, désormais, la réalité.

 

Les fantasmagories de la ville, hors de la ville, nous séduisent et nous piègent, mais le charme opère toujours...

 

J.P.B.

 

* Lire L'infini de l'enfance, de J.P.Bonnel, publié aux éditions Cap Béar. 

Chez l'auteur : 06 31 69 09 32

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 10:51
l'écrivain Renaud Camus

l'écrivain Renaud Camus

Renaud Camus, homosexuel identitaire, à Perpignan, ville triste : mensonges du Grand Remplacement - Journal d'un voyage en France

 

La publication, ce 10 novembre, d'une enquête de deux pleines pages sur l'écrivain Renaud Camus, m'a permis de revenir sur son journal dans le midi de la France, lu il y a quelques semaines.

 

Il ne s'agit pas de tourisme approfondi, ni de quête ou d'étude patrimoniales, à la Mérimée, pas un voyage dans les Pyrénées en méditant sur l'histoire ou la géographie, tel V.Hugo, mais un circuit rapide, superficiel, où la traque homosexuelle est la motivation première. Surtout, il s'agit de tout dire, de façon rapide, sans retouches stylistiques : raconter tous ses faits et gestes, ce que voit l'auteur, ce qu'il pense, ce qu'il rêve...Ce journal fait des milliers de pages et l'oeuvre de l'écrivant Camus est énorme; quant à l'écrivain Camus, loin de notre préféré, Albert, c'est autre chose.

 

Les notations sont superficielles et souvent méchantes : Perpignan, signalée aux pages 25, 368, 369, 372, est visitée en raison d'un certain "Jourda", ami ou relation sexuelle : le nom d'amis est souvent noté, sans explication, pour préserver l'intimité...Or, sur Vingrau (p.368, il donne le patronyme "Je suis ici pour Dieudonné Jourda" et cite aussi H. "Je pense à H. le long des routes et aussi à Claude, son imaginaire sosie, son double." Là, il s'agit de l'écrivain Claude Delmas, qui habitait à Vingrau; Claude m'a souvent parlé de R.Camus, qu'il appréciait, ce qui et étrange de la part d'un homme de gauche, face à un extrémiste identitaire... Tous deux étaient publiés à Paris chez POL...

D'ailleurs, à la page 383, il cite Billy, prénom figurant dans un titre des derniers romans de c. Delmas (Trabucaire éditeur).

 

Avant Vingrau, au Pas de l'Escale, il ironise sur ces maisons prétentieuses...Ensuite, à Salses, il se trouve devant la maison de Claude Simon, prix Nobel, absent...

A Perpignan, donc, il revient à la brasserie Le Vauban, en quête d'un garçon dont il ne se rappelle pas le nom; lieu agréable, à l'opposé des cafés sinistres du Palmarium et de la Loge, lieu de passage et d'observation...

Le soir, il s'installe à l'hôtel Windsor, brd Wilson, pour son appartenance au guide Michelin et surtout en raison de son emplacement à un lieu de drague "indiqué par Le Spartacus : le Jardin des platanes...

 

Il fait connaissance avec un homme assis sur un banc: ils se rendent au Vauban, car l'autre lui confie que,

"à l'instar de tous les achriens de Perpignan, il a pour thème principal la tristesse de la vie dans sa ville, et comme elle est morte, et combien chacun y est coincé, et à quel point on ne s'y amuse peu." (page 372 du Journal, Hachette POL, 1981).

 

Pour le pays catalan, on apprend, page 381, que la plage de l'Ouille (entre Le Racou et Collioure) est un lieu de rencontre gay...que le Roussillon est "une méchante plaine", qu'Elne est "une vilaine petite ville de la plaine littorale (p.375), mais que la vue, depuis la ville haute, est belle. "L'intérieur de a cathédrale n'a rien d'extraordinaire, quant au clooître, il n'a pas le charme de celui de Fontfroide ou du Thoronet...

 

Ensuite, entre l'évocation de l'Ariège (page 402) et de Narbonne (p.366), R.Camus Aborde le nom du Canigou. Il n'est pas tendre, là non plus; il voudrait procéder, ici aussi, à un grand remplacement :

 

"Je regrette que cette montagne ne porte pas un nom plus digne : Canigou me fait penser à des caramels mous, que j'achetais, pour cinq francs de l'époque, en 1952, place Delille, à Clermont, et qui s'appelaient plutôt Caribou..."

 

JPBonnel

 

 

Théorie du « grand remplacement » : Renaud Camus, aux origines de la haine
Par 

Publié hier à 06h13, ENQUÊTELe concept qu’il a popularisé vaut à l’écrivain d’être devenu une figure de l’extrême droite identitaire en France et dans le monde.

Le château gascon perché, la cloche à faire tinter pour s’y engouffrer, la vue sur un paysage presque caricaturalement français… Le panorama tourne à l’avertissement dès l’entrée : s’aventurer sur le terrain de Renaud Camus, c’est prendre le risque de tous les clichés. Château de Plieux, Gers, octobre 2019. « Fête de Saint-Juste », précise l’écrivain. Allure et verbe distingués, veste en laine et barbe sel, le septuagénaire joue avec le photographe en offrant le profil que, selon lui, on attendrait de lui. Nous serions venus rendre visite au diable en sa demeure, qu’il fait visiter sans ambages. Une vieille habitude dans ce monument classé qu’il occupe depuis plus de vingt-cinq ans.

A 73 ans, c’est un vieux monsieur courtois qui prend le thé en s’amusant de notre venue, laquelle se finira forcément par « des horreurs »imprimées. Pourquoi nous permet-il donc d’entrer ? « Pour les 1 % qui pourraient se dire en vous lisant : “Il n’a pas tout à fait tort.” » Lui est donc là pour convaincre, nous pour tenter de comprendre comment cette figure de la littérature gay des années 1970-1980 au talent justement remarqué à l’époque est devenue, aujourd’hui, l’icône de ceux qui jurent au « grand remplacement », rengaine de l’extrême droite selon laquelle une « population française traditionnelle »« de souche » disparaîtrait à la faveur de son « remplacement » par une autre, extra-européenne.

« On peut difficilement penser que moi, je promeus une idéologie de la haine »s’affranchit-il d’emblée. Certains dans le monde ont pourtant pris son « combat » au mot et retourné leurs armes contre les« occupants » désignésLe terroriste australien responsable du massacre de 51 personnes dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars 2019, avait ainsi intitulé son « manifeste » : « Le grand remplacement ».

(C° Le Monde du 10 novembre 2019

Renaud Camu

 

Naissance

10 août 1946 (73 ans)

Chamalières

Nom de naissance Jean Renaud Gabriel Camus

Pseudonymes

Denis Duparc

Tony Duparc

Denis Duvert

Antoine du Parc

Denise Camus

J.-R.-G. du Parc

Renaud Camus, né le 10 août 1946 à Chamalières, est un écrivain et militant politique français.

Il est notamment l'auteur d'un journal intime, publié chez divers éditeurs depuis les années 1980, et animateur culturel au château de Plieux.

Après avoir été membre du Parti socialiste dans les années 1970-1980, il fonde en 2002 le Parti de l'in-nocence. Il devient influent au sein de l'extrême droite identitaire en introduisant le concept du grand remplacement. En 2015, il rejoint le parti Souveraineté, identité et libertés. Candidat aux élections européennes de 2014 puis de 2019, il désavoue toutefois la liste qu'il mène quelques jours avant ce dernier scrutin.

 

Issu d'une famille bourgeoise de province, fils de Léon Camus, chef d'entreprise, et de Catherine Gourdiat, avocate, Jean-Renaud-Gabriel Camus1 a un frère aîné, Hubert (dit Patrick), et une sœur, Florence.

Il est scolarisé à l'école Sainte-Thècle à Chamalières (1950-1952), puis à l'école Massillon à Clermont-Ferrand (1952-1963), ville où il obtient la première partie du baccalauréat général (alors passée en classe de première) en 1962, puis le baccalauréat de philosophie en 1963.

Il entreprend ses études supérieures à la faculté de droit de Clermont-Ferrand, puis quitte l'Auvergne pour la faculté de droit de Paris (Assas et Panthéon) et la Sorbonne (1963-1973), après un passage à St. Clare's, près d'Oxford, en 1966-1967. Il est licencié ès lettres (1969), diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section politique et sociale, promotion 1970)2, titulaire d'une maîtrise en philosophie (1970)3, et diplômé d'études supérieures en science politique (1970)4 et en histoire du droit (1971)5.

Pendant un temps, il a « vaguement » envisagé de présenter le concours d'entrée à l'École nationale d'administration et de devenir diplomate, avant d'y renoncer6.

Après avoir tenté de refouler son homosexualité, il l'assume et rompt avec ses parents, qui le déshéritent. En 1968, de gauche, il participe aux défilés au sein de la « composante homosexuelle », se rangeant derrière le slogan « Envoyez-vous en l'air »7.

 

De 1970 à 1976, il est lecteur et conseiller littéraire aux éditions Denoël, ainsi que rédacteur d'articles de science politique pour lesencyclopédies canadiennes Grolier.

Il habite successivement Chamalières (1946-1959), Clermont-Ferrand (1959-1965), Oxford (1965-1966), Paris (1966-1992), lesÉtats-Unis (New York, l'Arkansas où il enseigne la langue et lalittérature françaises comme chargé de cours à Hendrix College (en), Conway, en 1970, San Francisco en 1978), Rome, où il est pensionnaire de la villa Médicis de 1985 à 1987, et, depuis 1992, dans le Gers, au château de Plieux, où il a organisé des expositions de Jean-Paul Marcheschi (1993), Eugène Leroy(1994), Jannis Kounellis (1995), Joan Miró (1996), Christian Boltanski (1997) et Josef Albers (1998). Il a été également responsable de colloques, « Les Devisées de Plieux », sur le « thème du château » (1996, avec Robert Misrahi, Danièle Sallenave, Alain Vircondelet, etc.), le « thème de la flamme » (1997, avec Pascal Quignard, Emmanuel Carrère, Jean-Paul Marcheschi, Michel Cassé, etc.), ou l'idée d'« Habiter en poète » (avec Michel Deguy, Jacques Roubaud, Paul Louis Rossi…). Il a fondé et dirigé un festival à Lectoure, « Les Nuits de l'Âme » (1997-1998), consacré à la musique contemporaine, à la musique ancienne et aux « musiques du monde ».

Il connaît au cours des années 1970 une vie culturelle intense (rencontres avec Roland Barthes, Louis Aragon, Bob Wilson, Robert Rauschenberg, Cy Twombly,Gilbert et George, Andy Warhol, Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet, Michel Chaillou ou encore Marianne Alphant…). Durant ces mêmes années, il est chroniqueur pour la revue Le Gai Pied8 (articles réunis ultérieurement dans Chroniques achriennes) et l'une des voix de la communauté homosexuelle de l'époque, notamment au travers de ses livres Tricks et Buena Vista Park, où il raconte ses rencontres amoureuses et décrit plusieurs de ses relations sexuelles. Il crée à cette époque le néologisme « achrien » pour désigner les hommes homosexuels.

Il relate dans son journal des relations avec de jeunes hommes d'origine arabea. Par la suite, l'écrivain Didier Lestrade l'accuse d'avoir trahi l'époque où l'homosexualité constituait un pont entre des hommes d'origines différentes9.

Accusations d'antisémitisme

Dans son journal de 1994 — paru en 2000 sous le titre La Campagne de France —, Renaud Camus émet des remarques sur ce qu'il percevait comme la sur-représentation de journalistes juifs traitant du judaïsme dans une des émissions de radio de France Culture, Le Panorama, ayant pourtant une vocation généraliste et non confessionnelle ou communautaire. Il écrivait à ce sujet : « Les collaborateurs juifs du Panorama de France Culture exagèrent un peu tout de même : d’une part ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six ou cinq sur sept, ce qui, sur un poste national ou presque officiel, constitue une nette sur-représentation d’un groupe ethnique ou religieux donné ; d’autre part, ils font en sorte qu’une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et de par le monde, aujourd’hui ou à travers les siècles. C'est quelques fois très intéressant, quelquefois non ; mais c'est surtout un peu agaçant, à la longue, par défaut d'équilibre. »

La parution dans Les Inrockuptibles d'un article de Marc Weitzmann accusant Renaud Camus d'antisémitisme lance ce qui deviendra l'« affaire Renaud Camus ». Celui-ci se défend de ces accusations dans Corbeaux, le journal de « l'affaire », puis en 2002 dans Du sens, et enfin dans K.310, le journal de l'année 2000 (paru en 2003)10. Il est soutenu, entre autres, par Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy, Emmanuel Carrère, Camille Laurens et Marianne Alphant11. En revanche, divers éditorialistes et personnalités, notamment Bernard-Henri Lévy et Philippe Lançon, maintiennent l'accusation d'antisémitisme à l'égard de Renaud Camus11, quoique certains l'aient nuancée plus récemment (ainsi Jean Daniel)12. Le 13 mars 2019, Yann Moix, qui avait affirmé en juin 2017, dans l’émission On n'est pas couché, que Renaud Camus était « assez antisémite », est condamné par la cour d'appel de Paris à 1 000 euros d'amende et 2 000 euros de frais de procédure pour diffamation13,14.

Son œuvre peut être très approximativement divisée en quatre catégories : prose « traditionnelle » (écrits de voyage,romans, récits, et surtout le considérable journal), écrits « expérimentaux » (parmi lesquels les Vaisseaux brûlés15, une bonne partie demeurant inédite sur papier), écrits sur l'art et la culture, et, enfin, essais polémiques et politiques. Ami et disciple de Roland Barthes, dont il a suivi un temps les séminaires et qui lui a donné une préface pour Tricks, c'est autour du concept de bathmologie16, « science à demi plaisante des niveaux de langage », que s'organise la plus grande part de sa réflexion. Influencé à ses débuts par le Nouveau Roman et par l'œuvre théorique de Jean Ricardou, il poursuit avec lesÉglogues, « trilogie en quatre livres et sept volumes » (dont le sixième, Travers, Coda, Index & Divers est paru en 2012), une entreprise pan-littéraire de fusion de la lettre et du site, de l'air et de la phrase, de l'heure et du signe. Ses Vaisseaux brûlés sont une des toutes premières exploitations littéraires des voies et moyens de l'hypertexte. Mais le grand public le connaît surtout par son journal qui, chaque année depuis 1986, donne lieu à la parution d'un volume.

Il vit depuis 1992 au château de Plieux, dans le Gers. Son amour des « lieux » et son goût pour la topographie l'ont ainsi amené à rédiger, au cours des dernières années, des guides touristiques sur les départements du Gers, de la Lozère et de l'Hérault. Chroniqueur des usages de l'époque – qu'il nomme les « manières du temps » – et auditeur vigilant de l'évolution de la langue, il a écrit des livres sur la civilité (Éloge du paraître, Notes sur les manières du temps), la grammaire et la linguistique (Répertoire des délicatesses du français contemporain, Syntaxe ou l'autre dans la langue), mais aussi un petit essai sur l'économie (Qu'il n'y a pas de problème de l'emploi).

Il est candidat malheureux à l'Académie française aux fauteuils de Julien Green (1999)17, Jean Guitton (2000)18 et Maurice Rheims (2009)19.

Dans ses Églogues, il utilise des pseudonymes ou hétéronymes qui évoquent l'écrivain Tony Duvert : le deuxième livre est signé Denis Duvert, le troisième Renaud Camus et Tony Duparc, le quatrième Jean-Renaud Camus et Denis Duvert, le cinquième de J.R.G Le Camus et Antoine Duparc et le sixième de J-R-G du Parc & Denise Camus.

 

Renaud Camus est membre du Parti socialiste dans les années 1970-1980, vote pour François Mitterrand en 1981 et pour l'écologiste Noël Mamère en 20027.

Il est également proche du chevènementisme à travers le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES)20.

 

Grand remplacement

C'est dans l'Abécédaire de l'in-nocence que Renaud Camus introduit, en 2010, son concept du grand remplacement. Il le développe ensuite au travers de trois allocutions, intitulées « Le Grand Remplacement », « La nocence, instrument du Grand Remplacement » et « Que peut être une pensée libre aujourd'hui ? », réunies avec un entretien accordé au Nouvel Observateur dans l'ouvrage Le Grand Remplacement, publié en 201121. Il détaille encore cette « théorie du remplacement » dans Le Changement de peuple, auto-édité et paru en 201322.

Dans l'entretien accordé au Nouvel Observateur, au journaliste qui lui demande de développer ce qu'il entend par grand remplacement, Renaud Camus répond en s'inspirant d'une boutade de Bertolt Brecht, qu'il modifie quelque peu23 pour l'adapter à son discours :

« Oh, c'est très simple : vous avez un peuple et presque d'un seul coup, en une génération, vous avez à sa place un ou plusieurs autres peuples. C'est la mise en application dans la réalité de ce qui chez Brecht paraissait une boutade, changer de peuple. Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que rend seule possible la Grande Déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours21. »

Outre l'insistance sur la rapidité du phénomène et son importance au regard de l'histoire de France — pays dont se préoccupe l'auteur en premier lieu — est évoquée la notion de « Grande Déculturation »22,24. Cette notion, déjà développée par Renaud Camus dans l'ouvrage du même nom, La Grande Déculturation, qu'il appelle encore« enseignement de l'oubli » ou « industrie de l'hébétude »25, est ici présentée par lui comme l'indispensable moyen du grand remplacement22,24. Considérant que, parmi de multiples causes, les médias et surtout l'éducation nationale sont directement impliqués dans cette entreprise de déculturation26, l'auteur présente en une phrase, souvent répétée sous une forme ou une autre dans ses interventions, les raisons pour lesquelles il y voit le principal moyen du grand remplacement :

« Un peuple qui connaît ses classiques ne se laisse pas mener sans révolte dans les poubelles de l'histoire25,27. »

Renaud Camus affirme qu'il y a « mensonge » et « silence » sur « ce qui survient » par « les deux pouvoirs, médiatique et politique »28. Il parle d'ailleurs de « parti remplaciste au pouvoir »29,30. Il estime que la France est en guerre mais qu'aucun de ces deux pouvoirs ne veut le dire, cette situation lui rappelant le début de laguerre d'Algérie31. Il affirme s'inscrire dans la lignée du Britannique Enoch Powell, auteur du célèbre discours des fleuves de sang sur les conséquences du multiculturalisme32.

La formule de « grand remplacement » s'est répandue dans la sphère politique et médiatique, notamment dans la mouvance identitaire, des membres du Front national, dont Jean-Marie Le Pen, Stéphane Ravier ou Marion Maréchal33,34, auprès de journalistes comme Éric Zemmour et Ivan Rioufol, ou encore auprès de magazines comme Valeurs actuelles et Causeur.

Un certain nombre de journalistes et d'intellectuels se sont fait l'écho des thèses de Renaud Camus depuis 2010, avec des regards très critiques, comme un article du Nouvel Observateur qui parle de la « bouillie xénophobe de Renaud Camus »35, un article du Monde qui parle du « grand boniment »22, ou encore le journaliste Aymeric Caron, qui consacre une section au grand remplacement dans son livre Incorrect : Pire que la gauche bobo, la droite bobards, paru en 201436.

 

La déclaration du Parti de l'in-nocence paraît au Journal officiel le 29 novembre 200239. Son secrétaire général est l'essayiste Paul Mirault et son trésorier Marcel Meyer39.

En 2012, Renaud Camus s'associe au projet « Notre antenne », porté par Gilles Arnaud et Philippe Milliau, qui donne naissance en 2014 à TV Libertés40.

À l'occasion de la sortie de son livre Abécédaire de l'in-nocence, qui lui sert de manifeste et de programme politique, il se déclare candidat à l'élection présidentielle de 201241. Faute des parrainages nécessaires, il appelle à voter pour Marine Le Pen42, en détaillant sa position dans un article du journal Le Monde intitulé « Nous refusons de changer de civilisation »43. Cette prise de position décide son éditeur d'alors, Fayard, de mettre fin à sa collaboration avec Renaud Camus, quelques mois après une décision similaire de P.O.L.44. Dans le cadre de la campagne des élections législatives de 2012, le Front national (FN) de Marine Le Pen lance le Rassemblement bleu Marine (RBM) avec le soutien (sans participation) du Parti de l'in-nocence45.

Renaud Camus se présente aux élections européennes de 2014 dans la circonscription Sud-Ouest à la tête d'une « liste antiremplaciste », qui réunit 1 350 voix, soit 0,05 % des suffrages exprimés46,47. La même année, il prend part aux Assises de la remigration organisées par le Bloc identitaire48.

Les opinions politiques de Renaud Camus sont ainsi classées par plusieurs journalistes à l'extrême droite37,49,50,51,52. L'écrivain Benoît Peeters indique ainsi : « Renaud Camus avait été très proche deRoland Barthes, lequel avait évoqué l’idée d’une science des degrés du discours, qu’il proposait d’appeler la bathmologie. En 1980, Renaud Camus a développé cette idée dans un remarquable petit livre, Buena Vista Park. […] Pourtant, quel que soit le degré de raffinement de l’interprétation, il vient un moment où il faut choisir, c’est-à-dire agir concrètement de telle ou telle façon. À cet égard, rien n’est moins bathmologique qu’un bulletin de vote. Quand Renaud Camus décide de soutenir Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2012, quelle que soit la signification éventuellement sophistiquée qu’il prête à ce choix, au bout du compte, c’est bien Marine Le Pen et le Front national qu’il rejoint53. »

Renaud Camus considère ne pas être d'extrême droite, affirmant : « Je ne trouve, pour me valoir ce qualificatif, que mon opposition résolue à l’immigration, au changement de peuple et de civilisation, au Grand Remplacement. Pour le reste je n’ai aucune sympathie particulière ou complaisance pour le totalitarisme, le nazisme, le fascisme, le négationnisme, Vichy, la collaboration, les différents types de dictature civile ou militaire ; je n’ai pas le moindre goût pour les groupes ou les activités paramilitaires et n’ai jamais fréquenté le moindre ; j’éprouve une nette répulsion à l’égard de la violence et suis très attaché à l’État de droit54. » Il qualifie Marine Le Pen, qu'il a soutenue aux élections présidentielle de 2012 et 2017, de « candidate la moins remplaciste » du paysage politique, tout en constatant que le Front national contredit sa théorie du grand remplacement37.

Non au changement de peuple et de civilisation

Tract du NON au changement de peuple et de civilisation pour la manifestation « Jour de colère » du26 janvier 2014.

Le 11 septembre 2013, Renaud Camus fonde, par un appel éponyme publié sur le site de « réinformation » Boulevard Voltaire, le NON au changement de peuple et de civilisation (NCPC), qu'il définit comme « un front du refus, le mouvement de tous ceux qui disent NON au Grand Remplacement28. » Le grand remplacement, concept initialement introduit dans l'Abécédaire de l'in-nocence en 2010 puis développé dans Le Grand Remplacement en 2011, est présenté dans cet appel comme « à la fois la plus grave crise de notre histoire et le problème le plus sévère que nous devions affronter aujourd'hui. » Considérant que les pouvoirs politique et médiatique nient la réalité du changement de peuple et decivilisation, Renaud Camus estime que « la première urgence est de rendre aux mots leur sens et aux Français la foi dans leur propre regard : le droit de constater par eux-mêmes ce qu’on leur interdit de nommer. »

Sur le site internet du NCPC, un certain nombre d'écrits mis en ligne permettent de retracer la genèse du mouvement55. Un lien est ainsi fait avec le suicide de Dominique Venner le 21 mai 2013 par le « Discours de Notre-Dame », prononcé par Renaud Camus le 31 mai en hommage au défunt56. Renaud Camus y rappelle notamment que Dominique Venner a cité son concept de grand remplacement dans ses écrits testamentaires, considérant qu'il faut « faire un point de non-retour » de la mort de Dominique Venner, et appelle à l'union pour « empêcher ce qui survient de survenir plus longtemps57. » Vient ensuite, au cours de l'été 2013, une période d'élaboration d'une « Confédération du NON »58,59, à laquelle contribue notamment Paul-Marie Coûteaux58. Puis, à la suite de l'appel fondateur du 11 septembre, l'association est déclarée en préfecture le 24 septembre, et publiée au Journal officiel le 5 octobre60. Outre son président Renaud Camus, le premier bureau comprend l'écrivain Gérard Pince et Marcel Meyer.

Le 10 avril 2014, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris condamne Renaud Camus, pour les propos tenus le 18 décembre 2010, lors des Assises internationales sur l'islamisation qui se sont tenues à Paris, à 4 000 euros d'amende ainsi qu'à 500 euros de dommages et intérêts à verser auMRAP pour provocation à la haine et à la violence contre un groupe de personnes en raison de leur religion. Le tribunal correctionnel a estimé que les propos de Renaud Camus « constituent une très violente stigmatisation des musulmans, présentés comme des « voyous », des « soldats », « le bras armé de la conquête » […] des « colonisateurs » cherchant à rendre « la vie impossible aux indigènes », à les forcer « à fuir », « à évacuer le terrain » […] « ou bien, pis encore, à se soumettre sur place ». » Pour le tribunal, les propos de Renaud Camus font preuve d'« une stigmatisation d'une rare outrance […] sans mesure ni réserve autre que de pure forme », présentant les musulmans « comme des guerriers envahisseurs dont le seul objectif est la destruction et le remplacement du peuple français et de sa civilisation par l'islam »61,62,63. En mai 2014, il publie Discours à la XVIIe chambre, dénonçant « l'éclatante mésinterprétation qui a commandé ce jugement, et que soulignent expressément ses attendus ». En avril 2015, la cour d'appel de Paris confirme sa condamnation64.

Souveraineté, indépendance et libertés[modifier | modifier le code]

En octobre 2015, Renaud Camus affirme à la journaliste Marie-Pierre Bourgeois ne pas « savoir grand-chose du Front national » et n'avoir « aucun lien » avec lui65. Pourtant, le mois suivant, il adhère au parti Souveraineté, indépendance et libertés (SIEL), un parti proche du FN et membre du Rassemblement bleu Marine66.Laurent de Boissieu présente cette adhésion comme « l'aboutissement de [la] radicalisation du SIEL »67.

Le 30 mai 2016, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, estimant que les autres candidats sont « résignés au changement ethnique et culturel » : il constate notamment que le Front national ne se rallie pas sa théorie du grand remplacement. Le SIEL indique alors qu'il « soutient la candidature deMarine Le Pen tout en regardant avec bienveillance celle de Renaud Camus »68. Renaud Camus se prononce finalement pour Marine Le Pen après avoir échoué à rassembler les parrainages pour valider sa propre candidature37.

 

Le 9 novembre 2017, Renaud Camus et Karim Ouchikh fondent depuis Colombey-les-Deux-Églises le Conseil national de la résistance européenne (CNRE). Composé de chefs de mouvement ainsi que de personnalités indépendantes telles que Philippe Martel, Paul-Marie Coûteaux, Sébastien Jallamion et Frank Buhler69,70, le conseil se veut comme un rempart au « remplacisme global » théorisé par Renaud Camus et vise à « s'opposer au phénomène de substitution de peuples actuellement à l’œuvre sur notre continent, y compris dans sa dimension islamique »70. Le15 novembre 2017, la formation politique annonce l'adhésion au conseil de Václav Klaus, président de la République tchèque de 2003 à 2013, Jean-Yves Le Gallou, anciendéputé européen, et Christian Vanneste, ancien député et président du Rassemblement pour la France69.

Élections européennes de 2019[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2019, Renaud Camus est à la tête de la liste « La Ligne claire », avec Karim Ouchikh en troisième position. À cette occasion, les deux hommes publient une Lettre aux Européens, dans laquelle ils prônent la remigration et défendent l’Union européenneb. Faute de moyens financiers suffisants, la liste n’est pas en mesure d’imprimer des bulletins de vote72. Le 22 mai, à quatre jours du scrutin, faute de pouvoir la retirer ou la modifier, Renaud Camus annonce « désavouer » sa liste après avoir pris connaissance d'une photographie privée de Fiorina Lignier — qui occupe la deuxième position — traçant une croix gammée dans le sable72,73. « La Ligne claire » obtient finalement 1 578 voix, soit 0,01 % des votes. Sur trente-quatre listes candidates, elle arrive trente-deuxième74.

Prix

Ouvrages

  • I. Passage, Flammarion (1975)
  • II. Échange (signé Denis Duparc), Flammarion (1976)
  • III. Travers
    1. Travers (signé Renaud Camus et Tony Duparc), Hachette (1978)
    2. Été (Travers II) (signé Jean-Renaud Camus et Denis Duvert), Hachette (1982)
    3. L'Amour l'automne (Travers III) (signé J.R.G. Le Camus et Antoine du Parc), P.O.L. (2007)
    4. Travers coda, index et divers (Travers IV) (signé J.-R.-G. du Parc et Denise Camus), P.O.L. (2012)

Élégies

  • I. Élégies pour quelques-uns, P.O.L. (1988)
  • II. L'Élégie de Chamalières, Sables (1989) et P.O.L. (1991)
  • III. L'Élégie de Budapest in Le voyage à l'est, ouvrage collectif, Balland et La Maison des écrivains (1990)
  • IV. Le Bord des larmes, P.O.L. (1990)
  • V. Le Lac de Caresse, P.O.L. (1991)
  • VI. Vie du chien Horla, P.O.L. (2003)
  •  

Journal

 

Couvertures de NON : Journal 2013.

  • Journal romain (1985-1986), P.O.L. (1987)
  • Vigiles. Journal 1987, P.O.L. (1989)
  • Aguets. Journal 1988, P.O.L. (1990)
  • Fendre l'air. Journal 1989, P.O.L. (1991)
  • L'Esprit des terrasses. Journal 1990, P.O.L. (1994)
  • La Guerre de Transylvanie. Journal 1991, P.O.L. (1996)
  • Le Château de Seix. Journal 1992, P.O.L. (1997)
  • Graal-Plieux. Journal 1993, P.O.L. (1998)
  • La Campagne de France. Journal 1994, Fayard (2000)
  • La Salle des pierres. Journal 1995, Fayard (2000)
  • Les Nuits de l'âme. Journal 1996, Fayard (2001)
  • Derniers Jours. Journal 1997, Fayard (2002)
  • Hommage au carré. Journal 1998, Fayard (2002)
  • Retour à Canossa. Journal 1999, Fayard (2002)
  • K.310. Journal 2000, P.O.L. (2003)
  • Sommeil de personne. Journal 2001, Fayard (2004)
  • Outrepas. Journal 2002, Fayard (2005)
  • Rannoch Moor. Journal 2003, Fayard (2006)
  • Corée l'absente. Journal 2004, Fayard (2007)
  • Le Royaume de Sobrarbe. Journal 2005, Fayard (2008)
  • L'Isolation. Journal 2006, Fayard (2009)
  • Une chance pour le temps. Journal 2007, Fayard (2009)
  • Au nom de Vancouver. Journal 2008, Fayard (2010)
  • Kråkmo. Journal 2009, Fayard (2010)
  • Parti pris. Journal 2010, Fayard (2011)
  • Septembre absolu. Journal 2011, Fayard (2012)
  • Vue d'œil. Journal 2012, Fayard (2013)
  • NON. Journal 2013, chez l'auteur (2013, lire en ligne [archive])(ISBN 979-10-91681-08-7)
  • Morcat. Journal 2014, chez l'auteur (2014) (ISBN 979-10-91681-18-6)
  • La Tour. Journal 2015, chez l'auteur (2016)
  • Insoumission. Journal 2016, chez l'auteur (2017)
  • Juste avant après. Journal 2017, chez l'auteur (2018)
  • L'Étai. Journal 2018, chez l'auteur (2019)

 

Plusieurs tomes des recueils photographiques Le Jour ni l’heure etPaysages préposthumes.

  • Tricks (préf. Roland Barthes), Mazarine (1978), Persona (1982) et P.O.L. (1988)
  • Buena Vista Park, Hachette (1980) ; chez l'auteur (2014)(ISBN 979-10-91681-16-2)
  • Journal d'un voyage en France, Hachette/P.O.L. (1981)
  • Notes achriennes, P.O.L. (1982)
  • Roman roi, P.O.L. (1983)
  • Chroniques achriennes, P.O.L. (1984)
  • Notes sur les manières du temps, P.O.L. (1985)
  • Roman furieux (Roman roi II), P.O.L. (1987)
  • Esthétique de la solitude, P.O.L. (1990)
  • Voyageur en automne, P.O.L. (1992)
  • Le Chasseur de lumières, P.O.L. (1993)
  • Qu'il n'y pas de problème de l'emploi, P.O.L. (1994)
  • Sept sites mineurs pour des promenades d'arrière saison en Lomagne, Sables (1994) et Onze sites mineurs pour des promenades d'arrière saison en Lomagne, P.O.L. (1997)
  • L'Épuisant Désir de ces choses, P.O.L. (1995)
  • Éloge moral du paraître, Sables (1995) et Éloge du paraître, P.O.L. (2000)
  • Le Département de la Lozère, P.O.L. (1996)
  • El (ill. François Matton), P.O.L. (1996)
  • Le Département du Gers, P.O.L. (1997)
  • Discours de Flaran, P.O.L. (1997)
  • P.A. (petite annonce), P.O.L. (1997)
  • Le Département de l'Hérault, P.O.L. (1999)
  • Etc. (abécédaire), P.O.L. (1998)
  • Incomparable, avec Farid Tali, P.O.L. (1999)
  • Roumains en regard (photogr. Jean-Jacques Moles), Jean-Jacques Moles (1999)
  • Nightsound (sur Josef Albers) suivi de Six prayers, P.O.L. (2000)
  • Corbeaux. Journal de l'affaire Camus suivi de quelques textes rebutés, Impressions nouvelles (2000, (lire en ligne [archive])
  • Ne lisez pas ce livre !, P.O.L. (2000)
  • Répertoire des délicatesses du français contemporain, P.O.L. (2000) et Seuil (2009)
  • Killalusimeno, P.O.L. (2001)
  • Du sens, P.O.L. (2002)
  • Est-ce que tu me souviens ?, P.O.L. (2002)
  • L'Étrangèreté (entretiens avec Emmanuel Carrère et Alain Finkielkraut), suivi de La Mort d'ailleurs, extraits de textes inédits, Tricorne (2003)
  • L'Inauguration de la salle des Vents, Fayard (2003)
  • Syntaxe ou l'autre dans la langue, suivi de Éloge de la honte et de Voix basse ou l'autre dans la voix, P.O.L. (2004)
  • La Dictature de la petite bourgeoisie (entretiens avec Marc du Saune), Privat (2005)
  • Comment massacrer efficacement une maison de campagne en dix-huit leçons, Privat (2006)
  • Commande publique, P.O.L. (2007)
  • Le Communisme du xxie siècle, précédé de La Deuxième Carrière d'Adolf Hitler, suivi de Que va-t-il se passer ? et de Pire que le mal, Xenia (2007)
  • Journal de « Travers » (1976-1977), deux tomes, Fayard (2007)
  • Demeures de l'esprit. Grande-Bretagne I, Fayard (2008)
  • Demeures de l'esprit. France I, Sud-Ouest, Fayard (2008)
  • La Grande Déculturation, Fayard (2008)
  • Théâtre ce soir, Jean-Paul Bayol (2008)
  • Demeures de l'esprit. Grande-Bretagne II, Écosse, Irlande, Fayard (2009)
  • Le Jour ni l'heure, chez l'auteur (2009)
  • Loin, P.O.L. (2009)
  • Demeures de l'esprit. France II, Nord-Ouest, Fayard (2010)
  • Demeures de l'esprit. Danemark Norvège, Fayard (2010)
  • Demeures de l'esprit. France III, Nord-Est, Fayard (2010)
  • De l'in-nocence. Abécédaire, David Reinharc (2010) (ISBN 978-2-35869-015-7)
  • Décivilisation, Fayard (2011) (ISBN 2-2136-6638-5)
  • Demeures de l'esprit. Suède, Fayard (2011)
  • Le Grand Remplacement [détail des éditions] (2011)
  • Demeures de l'esprit. France IV, Sud-Est, Fayard (2012)
  • Demeures de l'esprit. Italie I, Nord, Fayard (2012)
  • L'Homme remplaçable, chez l'auteur (2012) (ISBN 979-10-91681-00-1)
  • Journal d'un autre (signé Duane McArus), chez l'auteur (2012, lire en ligne [archive])
  • Les Inhéritiers, chez l'auteur (2013) (ISBN 979-10-91681-04-9)
  • Le Changement de peuple, chez l'auteur (2013) (ISBN 979-10-91681-06-3)
  • La Civilisation des prénoms, chez l'auteur (2014) (ISBN 979-10-91681-14-8)
  • Demeures de l'esprit. France V, Île-de-France, Fayard (2014)
  • Discours de chambre, chez l'auteur (2014) (ISBN 979-10-91681-12-4)
  • France : suicide d'une nation, Mordicus (2014)
  • Révoltez-vous !, chez l'auteur (2015)
  • Entre vivre ensemble, il faut choisir, chez l'auteur (2016)
  • La Tour. Journal 2015, chez l'auteur (2016)
  • Tweets II, chez l'auteur (2016)
  • Une chance pour la France. Programme 2017, chez l'auteur (2017)
  • Le Mot “race”, chez l'auteur (2018)
  • Le Mot “musique”, chez l'auteur (2018)
  • Lettre aux Européens : entée de cent une propositions (avec Karim Ouchikh), chez l'auteur (2019)

Notes et références

Notes

  1. « Et je fus bien content, mais enfin pas plus que cela, deux heures plus tard, de rencontrer certain jeune Maghrébin remarquablement bien bâti, qui passa tout de suite une capote, lui, que je suçai quelque peu dans cet appareil, et qui, promptement imité par moi, jouit en se branlant tandis que je lui léchais les pectoraux. Bon : pas désagréable, ce jeune homme — il m'a dit au revoir bien poliment. Mais enfin les Arabes sont trop mécaniques pour moi, décidément. ».
  2. Dans leur Lettre aux Européens, Renaud Camus et Karim Ouchikh font cent une propositions, qu'ils résument ainsi : « L'Europe, il ne faut pas en sortir, il faut en sortir l'Afrique. Jamais une occupation n'a pris fin sans le départ de l'occupant. Jamais une colonisation ne s'est achevée sans le retrait des colonisateurs et des colons. La Ligne claire, […] c'est celle qui mène du ferme constat du grand remplacement […] à l'exigence de la remigration »71.
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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 09:50
Idées pour la culture à Perpignan (suite)
Idées pour la culture à Perpignan (suite)

Suggestions pour la culture - Elections municipales à Perpignan

 

Après les premières idées lancées dans le blog du 29 octobre,

 

il faudrait ajouter à ce qui "marche" et qu'il s'agit de conserver, avec l'Archipel, scène nationale, Visa pour l'image, de renommée internationale, le festival d'art sacré, les ateliers et spectacles de la Casa musicale et les activités des associations (jazz, J.Vigo, musiques...), un centre culturel par quartier (sorte de "Maison du peuple"), une maison des arts, une autre pour les écrivains avec une fête de la rose revue et plus ambitieuse, en dialogue avec Barcelone...

 

Comme l'écrit Jean-Paul Alduy, ancien maire et auteur d'un livre-programme, auquel il faut toujours se reporter (il existe si peu de livres sur la politique municipale perpignanaise...), "Perpignan 2020", publié en 2007 éditions du Rocher) : la ville a raté l'occasion de se faire connaître en utilisant Dali et sa fameuse phrase sur "le centre du Monde".

 

J.P. A. voulait "installer sur le parvis de la gare l'oeuvre surréaliste contemporaine qui rappellerait le célèbre discours du maître." (page 166). S'il a réussi l'Archipel (malgré l'endettement) et le conservatoire (il faut ajouter que la communauté urbaine a repris la culture, ses grandes structures: théâtre, conservatoire...), ce qui veut dure que le maire de Perpignan a intérêt à être aussi président de l'agglo, ce que M.Pujol a fait, en dépit de son engagement contraire !)... l'ancien maire n'a pas réussi à faire de Perpi, grâce à la culture, une destination primordiale entre Montpellier et Barcelone, ni à rivaliser en notoriété avec Sophia-Antipolis grâce au triangle Université-Technosud-Agrosud, bien modeste...

 

C'est aussi l'échec quant à la patinoire et à un stade de 30 000 places hors de Perpignan (page 179 de son livre). C'est l'échec aussi de la municipalité en place qui, a simplement réalisé les voeux de JPA  : la passerelle de l'Archipel, la rénovation du musée Rigaud.

Il manque bien sûr un musée d'art contemporain : tout près de l'Archipel, sur le parking actuel (en en construisant un nouveau, souterrain), cela créerait un ensemble culturel d'envergure à deux pas du coeur de ville...

Après avoir fait 

1. ce bilan : ce qu'il faut garder, ce qu'il faut créer, il s'agit de 

2 chiffrer le programme, de donner sens et cohérence au projet culturel, qui doit aider le social (accès du plus grand nombre, participation, ateliers, pédagogie, initiation dans tous les quartiers) et considérer les retombées touristiques  et économiques. 

3. il faut aussi considérer les moyens matériels (quel budget est-on prêt à allouer à la culture ?) et humains (structure, par exemple, de la Casa musicale), dont on dispose : embaucher pour la culture (dans les bibliothèques, surveillance des musées, formation, actions en faveur de la lecture : jeux, représentations, nuit de la lecture…)

4.Distinguer entre animation (fêtes, salons) et culture (arts vivants/muséographie). Agir en faveur de l'enseignement artistique (écoles primaires, école d'art, aide aux écoles et galeries privées, subvention au Filaf), initiation à l'architecture (aide au festival de l'art nouveau), dialogue avec la population avant d'entreprendre des créations ou des destructions (ex. de St-Jacques)…

 

Perpignan, "ville d'art et d'histoire" doit mériter ce titre :quid du fonctionnement de Ruscino (archéologie), quoi de l'Histoire (créer un musée). Créer des parcours historiques et culturels, de la cathédrale à Ruscino, du Castillet à d'en Vaquer…) avec du personnel compétent, formé, des intellectuels, artistes, personnels de l'université…

 

En conclusion, le but n'est pas d'imposer un modèle culturel dominant, bourgeois ou autre. Il s'agit d'associer les citoyens à la vie culturelle : que chacun soit créateur dans une ville multiple, vivante et non dans une ville-musée, lieu de mort. 

 

La ville, en ses salles, places, quartiers doit être un lieu d'échange, de création, de représentations théâtrales, musicales…La culture doit être considérée comme une nourriture essentielle et de proximité. Que Perpignan soit un espace d'échanges culturels multidisciplinaires. Que la municipalité accompagne les actions des citoyens de bonne volonté !

 

JPBonnel

Municipales à Perpignan : un programme pour la culture. 

"Une culture de qualité pour tous."

 

Comme le droit au travail, au logement, à la sécurité, l'accès à la culture pour tous les citoyens est une liberté fondamentale.

 

La culture, ce n'est pas seulement le savoir, l'ouverture pour obtenir un diplôme et un métier, c'est un plaisir (animations, fêtes, spectacles...) et l'ouverture à l'autre, à l'étranger, à d'autres langues et civilisations. C'est, pour les habitants, la possibilité de rencontrer des voisins ou, au contraire, des lointains, dont, sans l'activité culturelle, ils n'auraient jamais soupçonné l'existence et la faculté créatrice.

 

La culture, c'est une façon agréable de devenir citoyen averti et de s'insérer dans le tissu urbain, associatif, collectif...

 

Si la culture coûte cher, elle peut devenir aussi le moteur d'une économie, d'un territoire et, grâce à sa spécificité, son originalité, faire de la ville une "destination", susceptible de faire venir des touristes, des publics nouveaux, permettant de valoriser la cité et de développer le commerce, l'hôtellerie...

 

Avant tout, la culture doit permettre de "ré-enchanter la ville", quand elle ronronne dans ses événements traditionnels (les feux de la Saint-Jean, la Sant-Jordi...), quand elle est est morte et désertée le dimanche...

 

Pour les habitants pauvres ou marginalisés, la bibliothèque (médiathèque centrale, bib. de quartiers, antennes, foyers culturels) est primordiale pour accueillir le public et lui permettre d'accéder aux livres, revues, journaux et médias informatiques.

 

*Première initiative :

La municipalité doit ouvrir la médiathèque le dimanche et tous les jours de la semaine non-stop: cela demande la création d'emplois et le recours à des bénévoles, jeunes ou retraités, animateurs culturels, etc...

 

*Sans revenir en détail sur les suggestions avancées lors de la campagne de mars 2014, que j'ai rassemblées dans un livre (365 jours avec J.M.Pujol, chroniques des Municipales à Perpignan -Les mots en scène éditeur, 14 euros., suivi, en mars 2018, d'un autre Perpignan, une ville en sursis, 18 euros.), je proposerais quelques idées pouvant alimenter le programme d'un candidat et d'une liste citoyenne audacieuse :

 

*Parallèlement à une culture populaire de qualité (accent mis sur les bibliothèques, les actions dans tous les quartiers et surtout les "ghettos" (voir texte), la nouvelle équipe fera de Perpignan une "ville culturelle, catalane et méditerranéenne, ouverte sur l'Europe et le monde" :

 

-Maintenir une création et diffusion culturelle de qualité grâce au théâtre de l'Archipel (collaboration avec d'autres théâtres, création sur place, avant Avignon comme en 2019, ouverture sur les scolaires, comme cela est déjà fait).

 

-Inventer une culture hors du local pour que la ville ait un rayonnement national: Perpignan en a-t-elle les moyens ? 

S'inspirer de Montpellier : création du MOCO, qui offre son musée à des collections privées, à des musées étrangers, pour réduire les coûts.

-Conserver et développer le Centre d'art contemporain Walter Benjamin, mis à l'arrêt et même à la vente par l'équipe de 2014. Arrêter ce processus et relancer ce centre unique en France (que j'animerais bien volontiers et de façon bénévole,connaissant déjà la pensée du philosophe juif allemand, en tant que président d'une association WB sans frontières, exilée à banyuls, en raison d'une incompatibilité avec le maire actuel...). Un budget de fonctionnement devra être voté pour assurer des expos, la venue de films et de conférenciers. Par là, une voie pour faire de Perpi une destination intellectuelle !

 

-Ressusciter une école d'art municipale. S'inspirer de l'exemple de Sète (voir texte plus bas). Le fonctionnement des anciens BA coûtait un million d'euros, les salaires des professeurs étant réglés par l'Etat. Sète paie les intervenants et bénéficie d'une aide de la mairie...Pourquoi pas Perpi ?

 

-Faire du Théâtre municipal un théâtre local, destiné aux troupes d'ici, du département et du territoire catalan (inviter les acteurs du Sud); après la "rénovation" entreprise par la municipalité en place, il faut voir comment articuler spectacle (le soir), répétitions et cours pour les étudiants en droit...Surprises..?

 

-La culture de haute qualité gratuite pour tous : installer un écran géant sur la façade de l'Archipel (puis du théâtre municipal) pour qu'un public nouveau assiste depuis la rue à des spectacles. Il faudra voir avec la direction, la Sacem, les troupes concernées pou trouver un arrangement: cette offre inédite sera possible, sans doute, pour les spectacles affichant complet. Ce qui est possible pour l'opéra de Vienne (Autriche) ne serait-il pas possible à Perpignan..? Ne soyons pas frileux !!! La culture, c'est aussi l'innovation, la révolution permanentes..!

 

-Conserver les associations qui gèrent le cinéma, le jazz, le disque : à ce propos, grâce à l'action de Jean Casagran (festival du disque, expos Dali...), pensons à l'installation, enfin, d'un musée du disque (des origines à aujourd'hui); il serait installé place du Puig dans l'admirable site de l'ancienne caserne, hélas dans un état lamentable, car les HLM et la ville n'ont pas veillé à une gestion propre de ce bâtiment devenu un immeuble insalubre jonché d'immondices.

Il s'agit du problème général de la propreté à St-Jacques. Il s'agit aussi de reloger les 62 familles qui habitent en ce lieu. La création d'un lieu culturel (le musée du disque et, dans une autre aile, d'un musée des arts et traditions gitanes, ou Roms, ne sera possible que dans la concertation et après une rénovation totale du quartier...

 

-Créer une Sant-Jordi du livre plus ambitieuse, avec colloques, invitations d'écrivains catalans, au lieu de se contenter d'offrir des roses et d'installer des stands. André Bonet serait partant pour développer cet événement culturel de tous les Suds et, en particulier, de toute la Catalogne, en avril...

 

-Créer une nuit blanche ouverte à l'inspiration des artistes locaux. Un nocturne par mois permettant à la population de découvrir gratuitement le musée Rigaud et ses expos temporaires.

 

-Mettre en place un "pass jeunes et un "pass étudiants", comme cela se fait nationalement : une carte annuelle permettant d'accéder à tous les musées, à un spectacle de l'Archipel, du Th. municipal, du Médiator...à trois séances de cinéma (J.Vigo, Le Castillet)...

Actions à décider avec les associations et les partenaires privées. Une grande concertation, une assemblée de tous les acteurs culturels est à envisager rapidement pour aller de l'avant ! 

Pour des assisses de la culture !

 

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 09:18
Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...
Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...
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Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...
Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...

Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)· Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...

L'autre côté du mur

 

Le livre de souvenirs du poète, musicien engagé Wolf Biermann vient de sortir, traduit en français par Olivier Mannoni (Calmann-Lévy, 342 pages, 21,50 euros) 

 

Dissident célèbre de la RDA, il est né à Hambourg de parents juifs et communistes. Il s'installe en RDA en 1953. Communiste convaincu, i va prendre peu à peu ses distances avec le régime; il est interdit dans son pays à partir de 1965, avant d'être banni et déchu de la nationalité est-allemande.

 

Il vit actuellement à Hambourg, et vient régulièrement dans le midi de la France: à Banyuls surtout, ou à Palau del Vidre, où j'ai pu le rencontrer en juin dernier (photos jointes).

 

Dans son autobiographie, il parle bien sûr du passé, mais pour éclairer le présent, cet état d'esprit allemand, qui se sentent "malheureux du fait même qu'ils sont heureux"... Sans doute parce qu'ils vivent "depuis des décennies dans l'auto-culpabilisation".

 

Le mur : le poète constate avoir pris sa part dans le "processus qui a conduit à l'effondrement de la RDA"...Puis ce fut la réunification et le slogan célèbre : "Nous sommes un peuple !" 

 

L'alternaïve et non l'alternative

 

Or, Wolf B. n'a jamais cru au bonheur de la réunion des deux frères ennemis, au paradis de cet objet nouveau : les intellos et la gauche étaient naïfs...

 

Il voit la persistance d'une idéologie extrémiste à l'Est, mais pour lui "la démocratie la plus imparfaite est toujours préférable à la meilleure des dictatures"...

 

Il pense que le problème des anciens Allemands de l'Est, c'est d'avoir été humiliés par ceux de l'Ouest pour avoir reçu de leur part des milliards...Ils sont traumatisés : "ils ont payé le plus cher pour les crimes commis par l'Allemagne tout entière."

 

jp bonnel

 

Photos : Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...

 

 

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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 09:58
Agnès Langevine - Salon du livre de St-Paul de Fenouillet ce samedi
Agnès Langevine - Salon du livre de St-Paul de Fenouillet ce samedi

Agnès Langevine - Salon du livre de St-Paul de Fenouillet ce samedi

Municipales Perpignan : des potins politiciens avec Agnès Langevine, Jordi Vera, Loup Aliot...

 

Le vieux monde est toujours là : les candidats présentent des personnalités ayant fait parties des anciennes écuries, d'Alduy père et fils, de Pujol, le saint esprit...

La plus saine, c'est peut-être Langevine, l'écolo, connue plus à la région qu'au local... Son mouvement, c'est le Nouveau Monde ! La compagne de l'avocat Codognès a installé son local de campagne à St-Mathieu, rue de la lanterne. Elle n'en est pas une...Elle va nous éclairer...

Mais depuis des mois, elle ne répond pas à mon invitation sur Facebook !! Elle est trop occupée ..?

 

Au sujet de local politique, celui du loup Aliot est bourgeois, dans un bel immeuble rue Mailly.

Je le connais ce patio et cet escalier d'artistes (Mme Joguet y expose grâce à son époux, mon cher ex-dentiste).

Au premier étage, Louis a loué un grand appartement qui a servi à plusieurs activités : école de peinture, expo de photos des prisonniers indépendantistes, par Jordi VERA...

Le loup non étiqueté va sur les traces de l'allié de Romain Grau, ce Jordi futur directeur de la culture (tu penses à moi, Jordi pour le CAC W.benjamin, à sauver !!!????)

 

Pujol et Aliot se renvoient des amabilités : toi, le corrompu, toi le mis en examen...Puis quand ils se rencontrent, ils se parlent longuement autour d'un verre, comme à la fête gitane, j'y étais. C'est là qu'il a failli me mettre sa main sur la gueule ! Mais à Paul-Loup Bassole, qui le bassine sur les réseaux, il lui fait la bise, le Pujol...

Ah, on commence à s'amuser, avec les municipales...

- - - 

 

**Madame LANGEVINE Agnès

Groupe politique : Nouveau Monde - Date de naissance : 24 octobre 1968 - Département : Pyrénées Orientales - Statut au sein du Conseil Régional : Vice-présidente - 3ème vice-présidente en charge de la Transition écologique et énergétique, de la biodiversité, de l’économie circulaire et des déchets.

Fonction au sein de la commission permanente : Vice-présidente -Commissions :
• N° 7 : Transition écologique et énergétique, Biodiversité, Economie circulaire, Déchets -Membre de droit
• N° 11 : Aménagement du territoire, TIC et politiques contractuelles - Membre
• N° 20 : Prévention des risques, Eau - Membre

Délégations :
• Biodiversité
• Déchets
• Economie circulaire
• Transition Ecologique et Energétique

Déclaration de transparence : Consulter la déclaration de transparence de l’élu-e - PDF, 209.6 ko

 

- - -

*JM.Le Pen a 91 ans :  c'est les pires qui ne partent pas...

 

*Raconter et analyse l'esprit du temps, les effets de mode, les tics langagiers, les livres pour les nuls, les prêt-à-penser, le petit livre rouge des moutons de Panurge, les cultures vénales, médiatiques, audimatiques, de la société du spectacle…

 

*A la lumière de l'histoire locale, française, européenne…et des passages, nous allons de l'avant mais ne connaissons pas nos limites…Nous voulons dépasser nos frontières, sauter les murs, bousculer les habitudes aliénantes…

 

*Nous irons le plus loin possible ! Avec vous, lecteurs, nos frères complices et mécènes rien qu'en lisant…

 

JPB

L'automne du livre (on espère pas "l'hiver du livre"...)

 

Salon de saint-Paul samedi 9 novembre à partir de 9h30

 

Audrey JAMMET

Adjointe à la culture

66220 ST PAUL DE FENOUILLET

Tél.: 0673571086

audrey.jammet44@orange.fr

 

BIBLIOTHEQUE DE ST PAUL DE FENOUILLET

bibliotheque-stpaul@orange.fr

 

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 09:42
Lee Miller - La biographie d'Anthony Penrose
Lee Miller - La biographie d'Anthony Penrose

Lee Miller - La biographie d'Anthony Penrose

Lee, une mythologie moderne

 

On aime ces personnages devenues "people" ou éternisés par les mythes quelque peu trompeurs. L'actrice aimée des Kennedy mais au destin tragique... Comme celui de Lady D. qui refusa une vie royale conformiste et hypocrite... On aime ces jeunes Lolita, à la Nabokv, on admire ces actrices parties trop tôt, telle Jan Seberg...

Le roman de Marc Lambron va plus loin...

 

Mannequin, vedette de vogue, égérie des Surréalistes (on pense à Gala, passée d'Eluard à Dali, à la fin tragique de cette autre photographe aimé par Picasso...), amie de Man Ray, interprète de Cocteau...elle sera une photojournaliste, une des 2 seules photographes, en 1944 accréditée auprès de l'armée américaine pour suivre les combats de la libération de Paris et d'Alsace.

 

Le romancier M.Lambron dresse le portrait poétique de cette femme libre, active, refusant d'être résumée figée, immortalisée dans sa beauté. A partir de ce personnage, l'auteur décrit tout un contexte, la France de la guerre et de la Libération, l'arrivée des soldats américains, beaux comme des dieux et admirées par les Françaises.

 

Celles-ci, souvent pauvres, se prostituent, vont ce donner à eux pour quelques billets et un souvenir exotique...Les premiers chapitres montrent ces "merveilleuses Françaises" qui "auraient la peau de cet appelé, allaient 'étouffer, l'enlever, l'entrainer, le consommer..." (p.46, livre de poche). Ils font le tableau d'une liesse incroyable dans Paris, comme un fleuve en crue : "toutes les lumières de Paris embrasaient la ville."

 

Le narrateur, ce soldat américain émerveillé, réalise son rêve de Paris: "Je marchais seul dans ce bonheur et Paris était là, dans sa blessure et dans sa gloire, avec ses porcges de pierre taillée et ses enfants lâchés dans la nuit..." Il célèbre aussi les putains, estimant le pacte équitable, sans hypocrisie...Cependant, ces femmes sont pauvres et affamées, et il ne peut qu'exprimer de la tristesse face à un sexe humide de Française qui s'ouvre et se soumet à un uniforme... face au sexe d'une fille qui se donne pour une plaquette de chocolat...

 

Quelques pages plus loin, ce sera la rencontre avec Elisabeth Miller et un très beau portrait, page 62, et l'amour, cette rencontre qu'elle fomente au fond d'un "bedsitting room", muni d'un lit encastré, qui servira aux ébats amoureux du couple...

JPB

Prix Femina 1993

 

- - -

*Marc Lambron : son récit biographique, L'Œil du silence raconte la vie de Lee Miller, modèle du magazine Vogue devenue photographe, l'une des deux femmes accréditées par l'US Army pour couvrir la Libération de Paris et de l'Alsace.

 

Le récit de Marc Lambron saute d'un épisode à l'autre de sa vie. Mannequin dans les années 20, amie de Man Ray et interprète de Cocteau, on la retrouve mariée à un riche égyptien au Caire, puis photographe de guerre...

Fasciné par la destinée de Lee Miller, Marc Lambron fait le récit de sa vie à travers les yeux d'un homme amoureux de cette femme insaisissable. L'Œil du silence a obtenu le prix Femina en 1993.

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 07:31
Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -
Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -
Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -

Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -

 

Carte blanche à la Filmoteca de Catalunya

 

Du 5 au 14 novembre

Films de Catalogne

à l'institut jean Vigo

 
Films de Catalogne à l'institut jean Vigo

 

 

Avec Esteve Riambau, directeur de la Filmoteca et Francesc Bertriu, réalisateur

Esteve Riambau a choisi un programme d'archives sur la Guerre civile en Catalogne et 3 long-métrages, devenus des classiques du cinéma catalan qui les uns à la suite des autres, dressent un portrait de l’Histoire de la Catalogne.

Vous y trouverez un parcours en tramway dans Barcelone à l’époque du cinéma muet ainsi que des documents de propagande pendant la Guerre d’Espagne produits par Laya Films. On y découvrira aussi Une vie dans l’ombre (1949), un poétique chant d’amour au cinéma, récemment restauré, ainsi que La Peau brûlée (1967) le chef- d’oeuvre de Josep Maria Forn qui parle de l’immigration, un sujet toujours actuel et enfin, La Place du Diamant (1982), adapté d’un roman classique de la littérature catalane sous la forme d’un mélodrame historique tourné en catalan.

 

Francesc Betriu, réalisateur, présentera son film La Place du diamant.

 

Mardi 5 novembre 19h30 Guerre civile en Catalogne

Jeudi 7 novembre 19h30 Une vie dans l'ombre Llorenç Llobet Gracia, 1949

Mardi 12 novembre 19h30 La Peau brulée Josep Maria Forn, 1967

Jeudi 14 novembre 19h30 La Place du diamant Francesc Bertriu 1982

 

 

Sébastien RONGIER :

 

Très heureux d'annoncer la parution prochaine de ce livre : Alma a adoré. Psychose en héritage, aux éditions Marest le 22 novembre 2019.

 

Voici donc un film, Psycho, et une séquence qui n’en finissent pas de hanter l’histoire du cinéma. Comment concevoir cet « effet cinéma » qui se prolonge encore ? C’est l’objet de ce livre qui traverse l’élaboration du film, l’influence de la télévision pour constituer le moment Psycho et tous les effets qu’il produit. Des suites cinématographiques aux séries prequel en passant par les citations, parodies et remake, on ne revient toujours dans cette salle de bain, y compris l’art contemporain.

Voici donc l’annonce de ce livre où tout commence à Perpignan, la ville la plus hitchcockienne de France.

 

Ce livre, publié chez Marest Editeur est accompagné d’une cinquantaine d’illustrations.

Il paraîtra le 22 novembre 2019.

http://www.marestediteur.com/livre/alma-a-adore-psychose-en-heritage/

 

 

Premiers rendez-vous :

 

Vendredi 15 novembre 2019, ouverture du festival Cinémiroir : Où va le cinéma ? 7 films, 7 invités, 7 livres ou revues.

A 19h30 : projection de Psycho d’Alfred Hitchcock et débat atour avec de ce film avec présentation du livre

https://www.facebook.com/events/1171954286334374/

 

Samedi 30 novembre 2019, soirée autour des éditions Marest à Ground Control - Librairie Charybde, 8, rue du Charolais, Paris XII

 

Mardi 3 décembre 2019, à 19h, rencontre à la librairie Les Guetteurs de Vent, 108, avenue Parmentier, 75011 Paris

 

Jeudi 19 décembre 2019, Institut Jean Vigo, Perpignan, présentation de Alma a adoré et projection de Psycho d'Alfred Hitchcock

Vendredi 20 décembre 2019, 16h30 Librairie Ombres Blanches à Toulouse, présentation de Alma a adoré, interrogé par Yves Charnet

 

Et déjà un premier article à signaler dans le numéro de la revue Transfuge de novembre 2019 : 

"Hitchcock aurait adoré" par Jean-Christophe Ferrari  

https://www.transfuge.fr/actu-livre-hitchcock-aurait-adore,1283.html

 

*** ORÉ PSYCHOSE EN HERITAGE

Sébastien Rongier

EN LIBRAIRIE LE 22 NOVEMBRE 2019

 

« Jamais aucun couteau n’a touché le corps d’aucune femme dans cette scène. Jamais. »

 

couv. : Bande-annonce de Psychose

L’AUTEUR

C’est sans doute la scène la plus célèbre de toute l’histoire du cinéma, la fameuse « scène de la douche » de Psychose ; son influence est telle que ne cessent de se multiplier les hommages, de Brian De Palma à Francis Ford Coppola, de Gus Van Sant à David Fincher, des séries Bates Motel aux oeuvres d’artistes contemporains tels Douglas Gordon, Pierre Huyghe, Cindy Sherman.

Le phénomène est décortiqué, sous toutes ses coutures, par Sébastien Rongier dans Alma a adoré, où il met en lumière l’importance du film d’Alfred Hitchcock, en faisant appel aux réflexions de penseurs tels qu’Emmanuel Kant ou Roland Barthes, tout est en démontrant la primauté de ce véritable emblème de la Pop Culture, un pur « effet cinéma ». Par ailleurs, ce texte, traversant les prolongements littéraires et cinématographiques du film, développe une vision très personnelle de cette oeuvre, l’auteur étant l’une des premières victimes de cet « Effet Psycho ».

 

Sébastien Rongier est né, vit et travaille.

 

Il écrit des romans et des essais. Il s’intéresse aux croisements des formes artistiques et aux logiques esthétiques du double. Il aime autant écrire sur la littérature que le cinéma, les arts ou la philosophie.

Il aime aussi regarder la mer.

 

On lui doit notamment les romans 78 (Fayard) ou Ce matin (Flammarion), ainsi que des essais : Cinématière (Klincksieck), Théorie des fantômes (Belles-Lettres), Duchamp et le cinéma (Nouvelles Éditions Place) et, dernièrement, le récit Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou, (Pauvert-Fayard).

LE LIVRE

Alfred Hitchcock

Samedi 9 novembre, à 11h.

 

Route Littéraire Walter Benjamin à Port-Bou

en collaboration avec le programme "Som Cultura" ("Nous sommes Culture")

du Patronat de Tourisme "Côte Brave"

 

Avec la présence de l'acteur

Marc Martínez

Point de rencontre: Gare de Port-Bou, à 11h.

 

https://somcultura.com/pla-victor-catala-o-muntaner-protagonistes-de-les-rutes-literaries-del-som-cultura/

 

Prix: 10€

 

Inscriptions:

info@passatgescultura.org

T:+34 660 827023

 

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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 09:18
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -

Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -

LA VOIX HUMAINE avec Hanna Fiedrich / Cie Franlia

 

Nous sommes heureux de vous annoncer les prochaines représentations de LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau par Hanna Fiedrich au Théâtre du Réflexe :

- Vendredi 1er novembre à 20h30

- Samedi 2 novembre à 20h30

- Dimanche 3 novembre à 17h

Théâtre du Réflexe : 17 rue de la Couloumine - 66680 Canohès 

Entrée : 12 € - Réservation : 06 52 19 49 69 - theatredureflexe@hotmail.fr

Si vous le pouvez, merci  de diffuser l'information auprès de votre réseau.

Espérant vous y rencontrer,

Bien cordialement.

Pour la Compagnie Franlia : Olivier Giraud, président

LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau (drame)

Public adulte / durée : 1 heure

Une rupture, un ultime coup de téléphone, une femme et son chagrin…

« Allô, c’est toi ? » Une femme parle au téléphone pour la dernière fois avec son amant. Elle est seule avec sa voix et sait qu’il va la quitter, épouser une autre femme.

Le téléphone est le dernier contact qu’il lui reste avec son bien-aimé. L’homme est absent, ses réponses sollicitent notre imagination.

La voix humaine est le portrait touchant d’un amour. Il pose la question de l’absolu de l’amour, et de l’insoutenable.

Seule la femme parle, déchirée entre ses efforts pour rester forte et ses doutes, entre une indifférence apparente et des accès de sentiments. Elle dissimule, trompe, ment, mais pourtant dit tout. Va-t-elle s’effondrer sous la rupture ou bien peut-elle se libérer de l’objet de son désir ? Le combiné tombe....

 

Jorge Semprún - H(h)historia y M(m)emoria del siglo XX - le 6 novembre 2019 à Madrid

    

Jorge Semprún en 1966.
Foto incluida en Augusto M. Torres, 300 directores malditos.Con el permiso del autor

       _________________

Residencia de Estudiantes

C/Pinar, 21-23

Miércoles, 6 de noviembre de 2019

ORGANIZA

Departamento de Historia, Teorías y Geografía Políticas Facultad de Ciencias Políticas y Sociología de la UCM

 

PROGRAMA

Sesión de la mañana

10.00-10.30. Presentación: Mercedes Cabrera (UCM), Jordi Canal (EHESS), Scheherezade Pinilla Cañadas (UCM). 10.30-12.30. Moderador: Jordi Canal (EHESS).

Felipe Nieto (UNED): “Comunismo y poscomunismo en Jorge Semprún”.
Jordi Gracia (UB): “Los límites de la militancia: Federico Sánchez en el espejo de Javier Pradera”. Scheherezade Pinilla Cañadas (UCM): “Me moriré en París con aguacero... Los poetas de Jorge Semprún.”

12.30-12.45 Descanso
12.45-14-30 Moderadora: Mirjam Leuzinger (Universität Passau)

Marta López Vilar (UAM): “Experiencia y ficción como forma literaria del Holocausto en La escritura o la vida, de Jorge Semprún, y Nit i Boira, de Mercè Rodoreda”.

Javier Sánchez Zapatero (USAL): “Jorge Semprún en el contexto de la literatura concentracionaria”

Xavier Pla (UdG): “La muerte de Maurice Halbawchs en Buchenwald y el testimonio de Jorge Semprún: historia y literatura.”

__________

Sesión de la tarde

16.30-18.30 Moderadora: Scheherezade Pinilla (UCM)
Mirjam Leuzinger (Universität Passau): “Adiós a la luz de veranos: el exilio y la memoria cultural de Jorge Semprún”.

Manuel Aznar Soler (UAB): “Literatura, historia y política en la literatura dramática de Jorge Semprún”.

Jordi Canal (EHESS): “¿El escritor comprometido como dinosaurio? Diálogos entre Jorge Semprún, Mario Vargas Llosa y Sergio Ramírez”.

19.00-20.30 Mesa Redonda: Jorge Semprún en perspectivas Moderador: Felipe Nieto (UNED)

Participantes: Thomas Landman, José María Ridao, Claudio Aranzadi y Carmen Claudín

Onfray, Fassin, Bruckner… ce que les intellos médiatiques pensent des médias

 

Peut-on penser dans les médias ? (DR)

La pensée est-elle soluble dans le journalisme 

 

Récemment, sur Canal+, Michel Onfray a accordé à Thierry Ardisson ce qui était annoncé comme une «dernière interview avant le silence médiatique». Un peu avant, il avait confié au «Point» une «grosse lassitude» devant «l’hystérie» que suscitent ses prises de position. Il a décidé de ne pas sortir son nouveau livre, «Penser l’islam» (Grasset), de«fermer [son] compte Twitter», sur lequel il était très actif, et de«retourner dans son bureau». «Le Monde» a titré: «Michel Onfray annonce son retrait du paysage médiatique». Il n’a pas répondu à notre sollicitation. Nous voulions l’interviewer sur son refus d’être interviewé.

Chez Thierry Ardisson, après le visionnage d’un medley de ses déclarations les plus tonitruantes («Les vraies civilisations se constituent avec les gens qui peuvent mourir, qui veulent mourir, qui font la défense de la guerre»), Onfray a évoqué plus précisément cette lassitude de l’intellectuel médiatique:

“Si vous pensez qu’en deux secondes, on peut dire quelque chose d’intelligent… En revanche, on peut dire quelque chose de fatal pour celui qui a parlé. Qu’on me fasse la grâce d’imaginer qu’il faut plusieurs phrases pour développer une idée.»

 

On le sentait fatigué depuis quelques temps. Il avait déclaré, au «Petit Journal» de Canal+, en juin dernier:

“Quand je dis des médias qu'ils formatent une pensée, une réflexion, ils nous invitent effectivement à ne pas penser. Parce qu'il faut aller vite, il faut être drôle, malin, marrant, hyper-réactif. On n'a pas le temps de développer une pensée, d'aller jusqu'au bout d'une phrase. Au bout du compte, ça marche à l'émotion. La plupart du temps, l'émission est montée. On garde les engueulades, les coups de gueule, les coups de griffe, les coups de patte. Si quelque chose est un peu complexe, ça disparaît parce que sinon les gens zappent et passent à autre chose.»

La complainte a quelque chose de frappant, venant de quelqu’un qui semble s’épanouir parfaitement dans les eaux médiatiques, et qui d’ailleurs se plaint des journalistes dans les émissions les plus journalistiques qui soient. Michel Onfray, auteur de tweets sanglants et de clashs mémorables, roi des intellectuels publics, dénonçant la machine qui l’a fait : il se passe quelque chose.

"Burn-out"

Interrogé en 2004, quelques mois avant sa mort, par Xavier de la Porte et Jade Lindgaard pour les besoins d’un livre sur Bernard-Henri Lévy, Jacques Derrida parlait déjà du désarroi des média-philosophes:

“Ils se sont rendus compte eux-mêmes, à un moment donné, que leur visibilité médiatique les discréditait. Ils le savent. C’est là l’ambiguïté de l’intellectuel médiatique, l’auto-immunité de la chose. Ils sont tous intelligents. Ils savent que plus ils ont de crédit médiatique, moins ils ont de crédit dans certains milieux qui sont des milieux créant des puissances d’évaluation.»

 

La plupart des intellectuels pratiquent ce genre de diète, notamment après une tournée médiatique trop mouvementée. On téléphone à Emmanuel Todd, qui en début d’année a déclenché la tempête avec ses ruades contre la France Charlie. «Ah non non non, s’écrie-t-il quand on se présente, je fais une pause là. Vous voyez, je fais des courses au supermarché, j’achète des légumes, je ne veux plus rien avoir à faire avec les journaux. Oubliez ma présence sur votre carnet d’adresse. Considérez-moi comme un personnage non-public.»

Pascal Bruckner, autre habitué des plateaux, parle d’un «burn-out»post-promotionnel. «Après un livre, on n’en peut plus, dit-il. Au bout d’un moment, on ne pense plus qu’à sortir du tourbillon.» Dans les périodes fastes, il reçoit plusieurs invitations par semaine. «Quand on accepte trop, c’est non-stop. Beauvoir racontait que, certains jours, Sartre pouvait signer vingt pétitions, sans les lire. On peut vite y passer son temps. Le matin à la radio, l’après-midi dans un journal, le soir à la télévision. Les médias ont un appétit gargantuesque. Ils ont besoin de remplir des cases. On vous demande d’intervenir sur tout. Les tsunamis, l’euro, les attentats. Une fois, on m’a convoqué d’urgence pour commenter un soulèvement dans un pays africain dont j’ignorais tout, supposant que j’étais un spécialiste.»

 

«Ces temps-ci, je reçois dix appels par jour pour parler de l’islam, dit l’historien Pascal Blanchard. Je travaille sur l’immigration postcoloniale. C’est censé me donner une compétence sur les Arabes, donc sur l’islam. Et comme je peux parler d’islam, je peux nécessairement parler de terrorisme, de la situation en Irak, des lois sécuritaires, etc. On vient vous chercher pour des raisons très particulières, qui ont généralement peu à voir avec ce que vous faites réellement. Les plateaux sont composés selon des oppositions droite/gauche, excités/calmes, jeunes/vieux. Vous remplissez une fonction.»

Christian Delporte, historien des médias et de la communication politique, regarde le métier du télé-intellectuel comme une performance théâtrale. «Il s’agit avant tout de tenir un rôle. Ce que les Nouveaux philosophes ont amené, dans les années 1970, c’est cette capacité à se plier au rythme et aux formes du spectacle audiovisuel. Le cœur du métier, ce n’est pas la profondeur de la pensée, mais l’incarnation d’un imaginaire immédiatement identifiable par le téléspectateur. Quand BHL apparaît à l’écran, on sait d’emblée ce qu’il va dire et comment il va se situer. L’intellectuel médiatique est celui qui se laisse entraîner là où le journaliste le souhaite, et qui accepte de former son personnage.»

 

 

- - -

L'intellectuel de gauche bouge-t-il encore ? 

"Le devenir-journaliste de l’intellectuel"

La consigne télévisuelle incite en somme à parler de tout, mais en disant tout le temps la même chose. L’école, la science, la technologie, le terrorisme, le tourisme, l’écologie : les questions les plus singulières sont rabattues sur des figures de pensée ultra-absorbantes.

Il existe, de ce point de vue, une sorte de hiérarchie, corrélée au degré de célébrité. Plus un intellectuel est célèbre, plus le domaine potentiel de son intervention est large. Un chercheur peu identifiable restera consigné à son domaine de compétence. Graduellement, on lui accordera de donner son opinion sur un nombre grandissant de sujets. Invité en 2010 chez Franz-Olivier Giesbert pour parler de Freud, auquel il vient de consacrer un livre, Michel Onfray est interrogé pêle-mêle sur les rumeurs d’infidélités dans le couple Bruni-Sarkozy ou sur l’attitude de Benoît XVI face à la pédophilie.

Le philosophe Michaël Foessel voit là un «devenir-journaliste de l’intellectuel, au moment où le journalisme, de télévision en particulier, n’est plus ce qu’il était». Christian Delporte note qu’en France, «les intellectuels rêvent d’écrire dans la presse et les journalistes rêvent d’être considérés comme des intellectuels, voire comme des guides. La partie la plus visible de la production journalistique, c’est l’opinion. Et aujourd’hui, les rôles se rejoignent. Le cas le plus caractéristique étant Eric Zemmour.»

 

- - -

Apprenons à penser comme Eric Zemmour

"Intellectuel médiatique" vs "intellectuel médiatisé"

Le sociologue Eric Fassin est venu aux médias au début des années 1990, par la presse écrite, à une époque où «l’impact d’une tribune dans ‘‘le Monde ou ‘’Libé’’ était beaucoup plus grand.» « C’est évidemment passé par des hasards, mais c’était aussi un choix. J’ai trouvé que c’était intéressant de pouvoir éclairer l’actualité à partir de mon travail. L’intellectuel a selon moi une mission de service public. Je suis sociologue, mon métier est de parler de la société, mais je dois aussi parler à la société. »

 

Il est fréquent d’entendre, dans le milieu universitaire, que le niveau du débat d’idées a considérablement baissé au cours des dix dernières années. Fassin estime toutefois qu’il garde en France une place importante.

«C’est un héritage auquel j’attache du prix, dit-il, et que j’aspire à préserver. Malheureusement, la redéfinition médiatique de la figure de l’intellectuel fait qu’on s’y retrouve avec des gens de mauvaise compagnie. Aujourd’hui, les médias classent comme intellectuels des personnages qu’aucun universitaire ne reconnaîtrait comme tels.  Ce n’est pas nouveau, mais ça prend de l’importance.»

Il distingue «l’intellectuel médiatique de l’intellectuel médiatisé», et définit le premier comme celui dont «l’existence intellectuelle est entièrement produite par ses interventions médiatiques». «J’aspire à être un intellectuel médiatisé. Le fait d’être reconnu dans mon champ scientifique, la sociologie, est important. Mon but n’est pas de me soustraire à l’université en allant chercher une reconnaissance ailleurs, mais de faire passer des choses d’un monde à l’autre.»

Il est principalement sollicité par les chaînes et radios publiques.«Manifestement, les émissions de divertissement ne doivent pas trouver que je suis un bon client, puisqu'elles font rarement appel à moi. D’ailleurs, elles ont raison. Quand je crains que ma parole se perde dans le bruit, ou que l’apport intellectuel se dilue dans le spectacle, je préfère refuser.»

La minute de parole

Pierre Bourdieu, qui entretenait des relations délicates avec le monde journalistique, jugeait «important d’aller parler à la télévision sous certaines conditions Il s’agissait notamment, pour lui, de «s’inquiéter de savoir si l’on pourra dire quelque chose», et donc de contrôler les conditions de sa prise de parole.

«L’accès à la télévision, écrivait-il dans «Sur la télévision», a pour contrepartie une formidable censure, une perte d’autonomie liée, entre autres choses, au fait que le sujet est imposé, que les conditions de la communication sont imposées et surtout, que la limitation du temps impose au discours des contraintes telles qu’il est peu probable que quelque chose puisse se dire.» Invité spécial du «Petit Journal» de Canal+, Michel Onfray a été interrompu dans ses réponses en moyenne toutes les 19 secondes. Sur l’antenne de France Inter au début du mois d’octobre, Alain Finkielkraut a eu 55 secondes, en moyenne toujours, pour répondre aux questions qu’on lui posait.

«Les émissions du service public laissent plus d’espace, dit Rony Brauman. C’est peut-être la dernière distinction qui existe entre le public et le privé.» La minute de parole reste toutefois un format qu’on retrouve dans la plupart des émissions grand public qui invitent des intellectuels. Dans les plus généreuses, où la conversation peut s’étirer, les journalistes interrompent presque systématiquement au bout de deux ou trois minutes. Ils coupent la parole, changent de sujet ou recentrent la conversation selon ce qu’ils jugent digne d’intérêt. Dans la presse écrite, la place accordée aux tribunes diminue.

«On vous demande de faire ‘‘Pourquoi la France est-elle au bord du gouffre?’’ en 3000 signes, dit Pascal Blanchard. C’est la condition: savoir causer en très peu de temps. Ce n’est pas un exercice évident. C’est comme le sport, ça se travaille. Il faut le faire en continu. Mais c’est la règle du jeu. On est prévenu.»

«On construit des émissions de telle sorte qu’il faut huit invités pour vingt minutes, dit Michaël Foessel. On sent la panique dans le regard de l’animateur dès qu’on s’embarque dans une phrase un peu longue. Mais c’est assez normal, au fond. Quand on enseigne, aussi, il faut simplifier. C’est la condition même de la pédagogie.»

Le succès des énormités

L’ultra-brièveté des formats médiatiques imposés pose un problème plus sérieux. «Ça a un impact indéniable sur le discours, juge Rony Brauman. Plus on doit être bref, plus on doit forcer le trait. Ça peut pousser à l’insulte ou à la caricature, qui sont dans l’ADN de cette forme de discussion.» Situation aggravée par le circuit de la reprise médiatique, qui a tendance à favoriser la parole agressive sur la parole intelligente. «Si on veut se retrouver dans le zapping, mieux vaut dire des énormités, dit Fassin. La provocation paie. Quand je dis, même en trois phrases, que tel problème est plus compliqué qu’il n’en a l’air, j’ai peu de chance d'être repris. Mais c’est une affaire de choix. Veut-on proposer des éléments pour ceux qui ont envie de réfléchir, ou bien faire du buzz, c’est-à-dire toucher le plus grand nombre, mais peut-être superficiellement ?»

Sur quels critères décide-t-on qu’une émission a été réussie ou ratée? Dans une récente interview accordée à «l’Obs», Yann Moix, chroniqueur chez Laurent Ruquier, a révélé que la production d’«On n’est pas couché», lui envoyait par SMS les audiences et le nombre de tweets. La recherche de l’influence dans cet écosystème hurleur pourrait expliquer ce phénomène nouveau: à mesure qu’un intellectuel gagne en visibilité, il se radicalise.

«C’est une dérive de la pensée, dit Christian Delporte. Le propre de l’intello médiatique, c’est qu’il est intéressant à l’origine. Puis il sombre dans la facilité, parce qu’il n’a plus le temps de penser. Il court les plateaux, il réagit sans cesse. Le travail intellectuel exige de consacrer du temps à la réflexion. Onfray, pour prendre son exemple, n’est pas seul responsable de ce qui lui est arrivé. Il est entouré de toute une machine de journalistes, d’éditeurs, d’attachés de presse.»

«J’aurais tendance à penser que plus on se radicalise, plus on passe à la télévision, dit Brauman. Si on prend Onfray, ou Finkielkraut, ou BHL : ce sont eux qui ont progressivement rétréci leur champ de pensée pour la limiter à des formules frappantes et des idées englobantes. Qui sont devenus de moins en moins intellectuels, et de plus en plus médiatiques. Je les crois intelligents. Mais je pense que le rétrécissement de leur parole est une pré-condition de leur exposition.»

 

Il est arrivé à Brauman de jouer le jeu de la phrase-choc, un jour où il évoquait l’usage de la torture par l’armée israélienne. «J’avais ajouté sous la pression du journaliste que les victimes d’hier étaient devenus les bourreaux d’aujourd’hui. Je me suis longtemps reproché cette phrase, qui est une généralisation abusive et stupide. Sur le coup, ça sonne bien. C’est une bouchée sonore, qui vous abrutit. Ce sont des formules frappantes qui assomment ceux qui les énoncent.»

Selon Pascal Bruckner, «on sort parfois du plateau avec des regrets. On a dit une connerie, ou on n’a pas réussi à dire ce qu’on voulait dire. A la télévision, et même à la radio, surtout depuis qu’elle est filmée, on est un corps contrôlé. On doit se mettre en scène, et éviter de déraper. Ça arrive parfois, et on peut nous y pousser. Certains journalistes sont à l’affut de la petite phrase qui va faire le délice des réseaux.»

«Au fond, un intellectuel, médiatique ou pas, est censé incarner un rapport à la vérité, dit Michaël Foessel. Si le système médiatique le refuse et s’en dédit, ça donne ce à quoi on assiste : la valorisation des opinions extrêmes, qui garantissent un buzz. Par exemple, la promotion incroyable donnée à la parole raciste. Si on me dit qu’un type a pété un câble et sorti une énormité, je vais aller regarder. Mais je ne vais pas adhérer pour autant. Ça peut aussi me désoler. On a intériorisé l’idée que les spectateurs sont défiants à l’égard du débat intellectuel sérieux, que tout devrait être dit vite, sans réflexion ni médiation. Mais le regard est biaisé. Il ne faut pas sous-estimer l’ironie avec laquelle le public voit ces choses-là. La demande n’est pas si formatée. Le plus grand score de Ruquier, c’est l’émission spéciale tournée après les attentats, sans rires, sans public, sans controverse.»

 

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Michel Onfray, penseur ou catcheur ?

La tentation médiatique

Foessel, qui a participé à cette émission, a 41 ans. Jeune enseignant, versé dans la philosophie politique, il est passé à la radio, où il s’est avéré être un de ces «bons clients» qu’on peut ré-inviter sans crainte. En 2013, il a été choisi pour succéder à Alain Finkielkraut à la chaire de philosophie de l’Ecole Polytechnique, ce qui lui a valu un surcroît d’exposition. «J’ai pris le parti de ne pas refuser d’intervenir, dit-il.C’est important d’aller parler à la société quand on travaille sur des sujets qui touchent au politique, de vouloir rendre son travail public au sens le plus fort du mot.» Il aime bien la radio, moins la télévision. «Les studios sont souvent très loin. On se fait maquiller, on attend beaucoup. Finalement, on parle deux minutes, mais ça prend cinq heures. Ca n’est pas forcément agréable.»

 

Positionné à gauche, il se plie à l’exercice par «stratégie». «Si on considère qu’une hégémonie culturelle se constitue et qu’on la déplore, dit-il, on peut choisir le repli, ce que font beaucoup de mes collègues, ou essayer modestement de la bousculer. Au bout d’un moment, il y a une tentation, que j’ai éprouvée. On se rend compte qu’entre un travail d’écriture laborieux, long, mal payé, et une intervention médiatique, le caractère coût-bénéfice est à l’avantage de la seconde. Le but du travail intellectuel est de produire un effet, et d’une certaine manière on en produit plus en parlant à tout bout de champ qu’en s’enfermant dans son bureau pendant un an. La tentation humaine de base est d’aller au plus facile. C’est là qu’intervient une dimension éthique et politique : choisir de ne pas participer au discrédit de sa propre position, et tenir à ce que la médiatisation soit fondée sur un travail.»

Le travail intellectuel, comme tout travail, repose partiellement sur des élans narcissiques, que la télévision sait flatter. Dans l’entretien cité plus haut, Derrida disait: «Aujourd’hui encore, à mon grand âge, et en ayant beaucoup publié, je me demande si c’est bien, si je n’ai pas publié parce que je suis trop exhibitionniste, si je n’ai pas publié pour faire l’intéressant.»

Tweets, trolls et insultes

L’exposition aux médias, et à la télévision en particulier, rend célèbre. Mais la célébrité intellectuelle peut être étrange et paradoxale. «La plupart du temps, quand quelqu’un m’interpelle, c’est pour me dire qu’il m’a vu, mais qu’il ne se souvient plus de ce dont j’ai parlé», dit Rony Brauman. Expérience confirmée par presque tous les intellectuels interrogés, vus à la télé, mais pas forcément entendus.

Dans le monde universitaire, l’épithète «médiatique» est plutôt perçue comme infâmante. «Bien sûr, ça rend beaucoup de collègues méfiants, dit Fassin. En même temps, les médias attirent. L’espace public compte. Le coût de la médiatisation est plus important quand on est jeune, et donc quand on travaille à établir sa légitimité dans le champ scientifique. L’avantage de vieillir, c’est qu’aujourd’hui, on m’embête moins.» La célébrité s’inscrit aussi dans le jeu économique de la recherche et de son financement. «La médiatisation peut amener les institutions à utiliser votre travail, ou à faire vivre votre laboratoire, à obtenir des budgets», dit Pascal Blanchard.

 

Et puis il y a les plaies inévitables de la renommée, intellectuelle ou pas. A commencer par les insultes. «Après avoir fait une émission, vous vous en prenez plein la gueule, continue Blanchard, dont le domaine de compétence, l’immigration, est de nature à déchaîner les passions. Un Taddeï, c’est 120 mails d’insultes. Ce qui est énorme, parce que les gens font l’effort de trouver votre adresse. On les jette le matin et on commence la journée.» Il n’est ni sur Twitter, ni sur Facebook. «Sinon vous passez votre temps à vous polariser là-dessus.»

Eric Fassin est actif sur Twitter, en guerre permanente contre «les trolls professionnels». «J’aime l’idée que ce soit entièrement public, et que n’importe qui puisse m’interpeller. On lit des réactions de gens qu’on ne croiserait pas autrement. Il n’y a pas que de la malveillance. Les reproches lancés me paraissent parfois injustes, quand on me critique à partir d’un contresens et que je n’arrive plus à m’en dépêtrer.» (Dans un texte sur le féminisme, il avait expliqué qu’il fallait «changer la notion de désirable». Des twittos en colère avaient compris qu’il appelait les féministes à être plus séduisantes, et le lui avaient fait savoir avec virulence.)

Fassin travaille beaucoup sur la question des Roms, autre thématique trollogène. «Ce que je reçois systématiquement, ce sont des tweets du type : il n’a qu’à les prendre chez lui, lui qui habite forcément dans les beaux quartiers. Je les reçois comme un matériau pour comprendre la logique à la fois sociologique et psychologique du ressentiment. En ce sens, Twitter ne me sert pas uniquement à diffuser des articles, mais aussi à avancer dans ma démarche en réfléchissant sur ce qui se passe dans les différents espaces publics.»

D’autres sont plus réticents. «Ça me sidère de voir des intellectuels qui insistent sur la rigueur de l’argumentation et du travail tout en utilisant Twitter, dit Rony Brauman. Michel Onfray par exemple, qui ne cesse de rappeler les milliers de pages qu’il a lues pour parler à son public. Ça me semble une contradiction intenable. Le tweet est un point d’orgue du débat télévisé, fait de petites phrases, de soundbites.»

Onfray a quitté Twitter, après la tempête déclenchée par son tweet posté quelques heures après les attentats du 13 novembre («Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l'islam politique récoltent nationalement la guerre de l'islam politique»). Sur son blog, il déclare: «Lorsque 80 livres comptent moins qu’un tweet de 140 signes, c’est le tweet qu’il faut arrêter.»

Brauman a quant à lui quitté Facebook, réseau social qui laisse pourtant libre de publier d’interminables pensums argumentatifs. «Je ne m’en servais pas pour commenter l’actualité, ce qui est une maladie grave. Je ne voulais pas céder à l’épidémie. Je mettais en ligne des choses qui m’intéressaient.» Puis, après la confirmation que Damas utilisait des armes chimiques, il défendu l’idée d’une réplique armée contre le régime syrien.

«Ça a provoqué un déluge de réactions qui m’ont étouffé, par leur nombre et leur intensité, dit-il. Je ne voulais pas répondre, mais je trouvais intenable de ne pas répondre. J’avais l’impression de mépriser les gens. J’ai fermé le compte. Les amis Facebook sont de drôles d’amis. Ils vous apprécient pour des raisons que vous n’appréciez pas. Mes critiques contre Israël sont des critiques, pas des systèmes. Là, certains réagissaient comme si j’avais rejoint le camp des démons. Ça m’a passé l’envie.»

David Caviglioli

Publié le 19 décembre 2015 à 19h02

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 09:17
Une rose sur le sable, où se trouvait le camp d'Argelès durant la Retirada

Une rose sur le sable, où se trouvait le camp d'Argelès durant la Retirada

Campagne molle des municipales à Perpignan

 

Pujol est investi par son parti: il va pouvoir annoncer ce qu'on sait depuis longtemps. Perpignan pourrait continuer de péricliter si les électeurs confirment sa clique de corrompus et d'idéologues nauséeux.

 

 

Amiel va-t-il se ranger à l'avis de son parti, le même que l'autre, alors qu'il a déclaré vouloir aller jusqu'au bout...Il est amer, tout fiel. Pas miel, pas désireux de fêter l'olivier de la paix...Il se montre peu, mais toujours en bonne compagnie: des femmes ravissantes et jeunes, Audrey et l'avocate des animaux...Là, il a raison ! Ah, si nos bêtes votaient, les résultats seraient moins bêtes...

 

 

Le loup Aliot ne peut que se féliciter du choix des Républicains : Pujol en tuant Perpignan fait le jeu du candidat d'extrême-incompétence !

 

 

Il reste, à droite, l'adroit Grau. Il apparaît beaucoup : affiches, textes, réseaux sociaux... si vous ne figurez pas chaque jour sur facebook, vous êtes fichus ! Il a des propositions pour la sécurité, chantier numéro 1. La culture, ce sera pour plus tard...Sa mayonnaise ne prend pas..? Comment le savez-vous ?

 

Alors, celle de Clotilde Ripoull, classée "divers droite"..? Après un départ en fanfare début juillet : "meeting salle des libertés", elle est plus discrète. Elle est entourée de "citoyens", mais manque sans doute de personnalités connues...A suivre sa réunion sur la culture le samedi 9, hôtel Mercure... Hermès, messager des bonnes nouvelles..ou signe luxueux que la candidate ne fédère que les bobos de centre-ville..?

 

 

A gauche, on apprécie le combat pour fonder une liste citoyenne. On sait que ces listes ne font pas plus de 3% (voir l'étude de Dominique Sistach, sociologue, prof d'université), mais on apprécie cet esprit utopique.

 

Faiblesse de poids, ce sont des partis de gauche radicale qui structurent cette liste, or les habitants de Perpi, ville bourgeoise et réactionnaire, n'attendent pas cela: on ne fait pas la révolution lors des municipales, on ne va pas changer le libéralisme à cette occasion.

 

Il faut être modeste, réformiste car les gens, le peuple, attendent des avancées sociales de proximité. P. Assens, qui trahit la FI pour rejoindre la liste de gauche, verte et socialiste, l'a compris. Mais non, ce n'est pas un traitre, mais un réaliste !

 

 

Malgré tous ces petits échos, ces candidats sont mous, et le Fabrice Lorente qui jette l'éponge... Et aussi le chef milliardaire de l'Usap... 

 

 

Vivement que ça remue : allez les juifs, et les musulmans, dans la rue, pour contrer les attaques du trio lupus : Ménard, Zemmour et loup à lier !!!!

 

JPB

 

 

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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 09:19
Vues de Portbou et de sa gare internationale
Vues de Portbou et de sa gare internationale
Vues de Portbou et de sa gare internationale
Vues de Portbou et de sa gare internationale

Vues de Portbou et de sa gare internationale

Port-Bou, oeuvre ouverte, Barcelone, ville ouverte

 

 

En assistant au vernissage de cette exposition, ces apparitions furtives m'ont rappelé les images de pensée, les images pensantes, tant présentes dans l'oeuvre de l'auteur des Passages...

 

En effet, cette installation, d'un côté frustrante car on ne peut y accéder, et elle apparaît tel un bloc d'objets signifiants, stockés dans une voie de garage, dans l'impasse d'une voie, est en réalité, à mon sens,  une allégorie de la catalogne...

 

Ce pays, impossible à pénétrer, ces jours-ci, avec sa population envahissant le centre de Barcelone, était comme une nation assiégée par ses propres habitants...

 

Les Catalans s'étaient faits murs, frontières, por s'éloigner de l'Espagne, pour devenir autonome. On espère que ce peuple et cette exposition, ici à la gare, vont s'ouvrir sur l'Europe, sur le monde...

 

On ne peut rester avec les images lugubres d'un Lluis Companys fusillé sur le mont des juifs...

On ne peut se résoudre à ce que la proclamation d'Indépendance soit toujours tué dans l'oeuf.

 

On ne doit pas redouter que cet élan solidaire soit récupéré par la bourgeoisie barcelonaise...

 

Ici, à Portbou, où flotte le fantôme fraternel de Walter Benjamin, nous ne pouvons que rêver à une Catalogne ouverte et internationaliste...

 

Avec Marc Berdet, je crois que la Catalogne anti-fantasmagorique et que l'oeuvre ouverte de WB sont bien incarnées dans les livres de notre ami...

 

* Texte lu par JPB, en la gare de Portbou, le dimanche 20 octobre 2019, en présence de Pilar Parcerisas, présidente de l'association Passatges et de la Fondation Angelus Novus, et de Marc Berdet, lauréat 2019 du prix européen W.Benjamin.

 

J.P.Bonnel, président de l'assoc. WB. sans frontières

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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