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21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 10:00
Moi Lion, elle Tigresse...
Moi Lion, elle Tigresse...

Moi Lion, elle Tigresse...

En recherchant sur le net avec le mot anniversaire, je suis tombé sur des textes insipides :

 

 

"Des activités qui vous font envie

Tout est possible, cela dépendra du temps que vous souhaitez consacrer à vos activités ainsi que votre budget, voici quelques exemples :

  • Se promener pour s’évader : rien de mieux que d’être en contact avec la nature pour se vider la tête et s’aérer les esprits.
  • Un film au cinéma : pourquoi ne pas en profiter pour regarder le film qui vous fait envie ? Installez-vous confortablement dans votre fauteuil, profitez-en pour acheter du pop-corn afin de vous détendre.
  • Un week-end dans une autre ville : ou une journée dans une ville proche de chez vous. Vous avez toujours eu envie d’aller visiter une ville ? Et bien c’est l’occasion, voyagez pour vous souvenir longtemps de votre anniversaire !
  • Une journée dans un parc d’attractions : en France, les parcs d’attractions sont nombreux, alors profitez-en pour faire toutes les activités dont vous avez envie.
  • Un moment cocooning : spa, hammam, massage… Un moment consacré à la relaxation pour ne penser à rien hormis qu’à votre plaisir.
  • Un road-trip avec ses meilleur(e)s ami(e)s : prenez la route et partez à l’aventure pour vivre une journée incroyable !

 

Que serait un anniversaire sans son repas ? Vous pouvez en profiter pour aller manger dans un restaurant, ou vous faire livrer. Vous pouvez aussi cuisiner mais je ne peux que vous conseiller de préparer le repas la veille. Et pourquoi pas un brunch ? Cela sort de l’ordinaire et c’est toujours un moment sympa.

Pour une fois, prévoyez une entrée, un plat chaud et un dessert. Bien entendu, ce dernier est très important car qui dit anniversaire, dit gâteau. Vous ne comptiez vraiment pas célébrer le jour de votre naissance sans un gâteau n’est-ce pas ? Et pourquoi pas en profiter pour souffler vos bougies ?

Mangez tout ce qui vous fait envie !" (nullissime !)

 

- - -publié dans le blogabonnel en 2015....déjà !

         Mais que faites-vous donc, le jour de votre anniversaire ?

 

    Vous allez me dire : ça dépend de l'âge...En effet et au mien, on a plutôt envie d'oublier ce jour peu glorieux, de faire l'autruche et d'aller se pendre...

 

Quoique... En effet, je rentre dans la décennie des sex-à-génère, alors c'est pas mal, ça stimule, ça donne de l'énergie, ça motive ! C'est 70 qui sera dramatique, mais n'en parlons pas, le temps passe assez vite comme ça !

 

Alors en avant, on the road, vers la route 66, puis 69... Pour l'instant, c'est l'incipit : on se calme !

 

 

Alors, vous me répondez : vous faites quoi, le jour de votre anni..?

Pour moi, c'est un jour comme un autre : je cours à ma boîte aux lettres m'emparer de ma drogue quotidienne "Le Monde"; j'écoute France-cul en me frottant le museau, je prends trois cafés sans sucre et je vais courir une demi-heure autour du lac ou dans les vignes. Mais, en ce fichu 21 août, le soleil cogne déjà fort ! Je rentre au 7 route de Bages et prends une douche. Je me raserai plus tard...

 

 

Je vais à présent passer plus d'une heure à lire mes mails et les nouvelles sur facebook : les nouvelles sont bonnes puisque plus de 50 amis me souhaitent mon anniv... C'est bon de ne pas être seul, même si tout cela reste virtuel... Certains "amis" de facebook meurent soudain et vous ne les aviez jamais vus...

 

 

   D'autres, qui se disaient vos "amis" réels depuis longtemps ne vous souhaitent rien : ils sont dans leurs occupations, leur vie, c'est le plus attristant...

 

 

Ensuite, je vais écrire mon article journalier pour mon blog : il me tarde de réunir enfin ces trois mille textes, écrits depuis sept ans... Bien sûr, aucun éditeur ne sera intéressé, et par les temps qui courent, ils ont d'autres chats à fouetter...

 

 

Enfin, je vais manger seul et puis espérer qu'une charmante copine m'invite à aller à la plage... Je lui offrirai alors, ce soir, chez Naudo, un repas inoubliable... Vous avez dit : sex...quelque chose..?

 

ce 21 août 2019 :

Merci à Martine de Banyuls, la première, la lève-tôt, puis à 8h25, la belle Zohra… qui me souhaite une belle journée… (avec elle ?)

 

Jean-Pierre B.

 

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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 10:48
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -
Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -

Narbonne, ville des grands buffets - Les Halles - Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne - Affiches politiques : Aliot, Grau -

Narbonne : ville des grands buffets - Les Halles -  Slogan pour les marchés - Le patrimoine de Narbonne -

 

Perpignan : Affiches politiques : Aliot, Grau -

 

Autrefois Narbonne misait sur le patrimoine: sa communication insistait sur la romanité, puis sur Trenet, ou sur le centre culturel A.Malraux...

Depuis quelques mois la pub est centrée sur la gastronomie, avec le succès des Buffets, bouffe à volonté mais de qualité...avec les Halles et la défense du commerce en coeur de ville. Cette campagne "Narbonne, ville des grands Buffets", à l'entrée de la ville, est plus populaire, à la thématique plus facile, optant pour le ventre plus que sur l'esprit... Narbonne, ville zolienne, des grands magasins, de la littérature rappelant "le ventre de Paris"...

 

Les municipales approchent et il ne s'agit pas d'être trop intello... Visons le grand public, l'électorat de base...

Au moment où "la gauche" réfléchit à qui est "de gauche", les partis qui s'auto-proclament "de gauche" (en paroles, c'est facile !) ont décidé que les Socialistes étaient "de droite". Ainsi, la division renaît et l'autoroute pour la droite, extrême ou pas, se déroule devant les yeux des citoyens, ébahis devant de tels débats...

 

Louis Aliot, lui, a compris, que l'idéologie ne devait pas apparaître, qu'il fallait ratisser large et parler à tous : son affiche pour mars 2020, donne à voir un gars à la bonne bouille, décontracté, en chemise (blanche, tout de même) au col ouvert, qui pose depuis la terrasse des Galeries Lafayette... Le slogan "l'avenir en grand" se déroule sur l'espace de l'arrière-fond de la photo qui montre la plaine jusqu'au Canigou. Une bonne affiche, non politique, sans étiquette, suggérant l'espoir pour notre ville... Cependant, c'est creux, aucune idée précise n'émerge.

 

Au contraire, Romain Grau a choisi un slogan plus politique, civique, sur les valeurs républicaines. Le parti qui le soutient est nommé : l'affiche est plus précise, engagée, courageuse...

 

Il manque cependant encore un bon slogan pour Perpignan, pour son image de marque... "La Catalane, la Méditerranéenne", c'est trop identitaire... Axer sur le patrimoine, la culture, les arts (comme Montpellier) ou la gastronomie, comme Narbonne..?

JPB

 

 

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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 08:30
Julien Agostini (C) Facebook - Communiqué de l'agende de J. A. -
Julien Agostini (C) Facebook - Communiqué de l'agende de J. A. -

Julien Agostini (C) Facebook - Communiqué de l'agende de J. A. -

JULIEN AGOSTINI

spécialiste du e-commerce à Perpignan

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Site web : https://www.ascens.fr
https://www.facebook.com/agostinijulien https://www.instagram.com/agostini_julien https://www.linkedin.com/in/agostinijulien/

 

 

Julien Agostini E-mail : info@ascens.fr 

Adresse : 13 Rue Marcel Aymé, 66100 Perpignan

🖥️ Fondateur de ASCENS

📸 Photographe pour le plaisir

💼 Entrepreneur par passion


Président/Fondateur, à Ascens

  • Alors que la réussite en France passe avant tout par l'obtention de diplômes prestigieux, il existe des contre-exemples qui montrent que les anciens schémas sont obsolètes.
  •  
  • Les Millenials sont passés par là et ils ont changé les codes ! Nés après 1980, ils ont grandi avec le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Et certains n'ont pas hésité à s'affranchir de tous les schémas pré-établis pour se construire leur propre avenir.
  •  
  • C'est notamment le cas de Julien Agostini, 34 ans, qui s'est passionné pour Internet dès les années 90. Il découvre les tout premiers modems et leur bruit assourdissant, mais aussi la formidable opportunité que représente cette porte ouverte sur le monde entier.
  •  
  • D'années en années, Julien se forme tout seul, expérimente, se perfectionne. Il n'a pas la chance d'intégrer une école comme HEC ? Tant pis ! Ou peut-être même tant mieux : c'est en franchissant chaque étape une à une qu'il va finir par devenir un expert du e-commerce.
  •  
  • Aujourd'hui, ses clients génèrent plusieurs millions d'euros chaque année sur Internet et dans tous types de secteurs.
  •  
  • Julien Agostini - info@ascens.fr - 09 83 59 50 03.
  • Pour en savoir plus
  • Site web : https://www.ascens.fr
  • Facebook : https://www.facebook.com/agostinijulien
  • Instagram : https://www.instagram.com/agostini_julien
  • A étudié à L'Idem Creative Arts School - France
  • Habite à Perpignan
    De Sainte-Marie-La-Mer, Languedoc-Roussillon, France
  • Célibataire

Téléphone : 06 09 72 06 95

 

Mine d’or dans l’Aude: 38 enfants surexposés à l’arsenic

 

Ils présentent des taux supérieurs à la valeur de référence. D’autres analyses sont attendues.

Longtemps, la mine d’or de Salsigne a fait prospérer la vallée de l’Orbiel, située à quelques kilomètres de Carcassonne. Désormais, elle est au cœur des inquiétudes. Mardi, l’Agence régionale de santé Occitanie (ARS) a publié les résultats des premières mesures d’exposition à l’arsenic réalisées chez des enfants résidant à proximité. Sur les 103 enfants âgés de 0 à 11 ans testés, 38 ont un taux d’arsenic supérieur à la valeur de référence, fixée à 10 microgrammes par gramme (µg/g), chez 10 d’entre eux, ce taux dépasse même 15 µg/g.

Les préoccupations autour de la pollution à l’arsenic dans cette jolie vallée de l’Aude ne sont pas récentes. L’exploitation minière tout au long du XXe siècle a fait ressortir d’importantes quantités de métaux naturellement présents dans le sous-sol (en majorité de l’arsenic), sans qu’il en soit fait grand cas jusqu’au début des années 1990. C’est d’ailleurs en partie pour des raisons sanitaires que la mine d’or - autrefois la plus grande d’Europe - a fermé en 2004. Mais des inondations survenues en octobre 2015 ont réveillé les inquiétudes. Un rapport du bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publié en mars dernier a pourtant affirmé que les crues n’avaient pas entraîné de surpollution, mais cela n’a pas suffi à rassurer les habitants.

Une myriade de troubles

Le 8 juillet dernier, l’ARS Occitanie a donc proposé aux familles de faire passer des tests urinaires à leurs enfants. Habitués à mettre leur main à la bouche, ce sont eux qui sont les plus susceptibles d’ingérer ce poison présent dans la terre. Or une intoxication chronique peut provoquer une myriade de troubles, parmi lesquels des lésions dermatologiques, une perte de poids, des nausées, ulcères ou encore des atteintes cardiaques et hépatiques. Quant à l’intoxication aiguë - qui nécessite une très forte dose -, elle suscite en général un décès dans l’heure.

Pour le moment, impossible de dire si les enfants de la vallée sont effectivement victimes d’intoxication chronique. «Un seul dosage ne peut montrer l’exposition au cours du temps, puisque c’est le reflet d’une exposition récente, et non d’une exposition chronique», explique l’ARS dans un communiqué. L’arsenic ne reste jamais bien longtemps dans l’organisme: en deux jours, la moitié a déjà été éliminée dans les urines. «Les enfants dont le taux dépasse 10 µg/g devront refaire un prélèvement de contrôle deux mois après avoir supprimé ou limité les sources d’exposition», explique un communicant de l’agence. À suivre, donc.

 

Par le passé, l’arsenic a durement frappé la vallée. Entre 1965 et 1970, plusieurs intoxications dues à l’eau d’alimentation ont été signalées. Par la suite, des études épidémiologiques ont révélé l’existence d’une forte concentration de cancers du poumon (80 % supplémentaires par rapport au reste de la population) et de cancers du pharynx (+ 110 %) chez les ouvriers du site. Un excès de mortalité qui n’a toutefois plus été observé depuis 1993, selon l’ARS.

(C)   Cécile Thibert / Le Figaro - Mis à jour le 13/08/2019 à 20:11  Publié le 13/08/2019 à 20:11

 

- - - ancienne publication : 

** Le BLOGABONNEL du 22 JANVIER 2019

AUDE : L'OR QUI TUE ET POLLUE, LA MINE DE SALSIGNE

 

Un reportage récent (8 décembre 2018), paru dans le quotidien Le Monde, revient sur l'affaire de la mine de Salsigne : "La vallée de l'Orbiel minée par l'arsenic". 

Des millions de tonnes de déchets polluent les sols depuis des années, affectant la santé des habitants des alentours.

Il faut revenir sur ce scandale et l'histoire de Salsigne, située à 15 km au nord de Carcassonne...

 

Salsigne est une commune française, située dans ledépartement de l'Aude en région Occitanie. Elle est connue pour avoir abrité la dernière mine d'or française, fermée en 2004. Les habitants de Salsigne se nomment les Salsignolais. La commune est située dans la Montagne Noire sur le tracé duméridien de Paris, la Méridienne verte.

 

MINE D’OR

A Salsigne, un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?

Salsigne, dans l’Aude, fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde. Un siècle d’exploitation intense qui a bouleversé les paysages et affecté la santé des ouvriers et des habitants. Aujourd’hui, malgré la mise en sécurité réalisée par l’État, la pollution est toujours présente. Il y en aurait même pour plusieurs milliers d’années. Une histoire minière qui n’est peut être pas révolue : les dernières richesses du sous-sol attirent la convoitise de nouveaux industriels. Reportage en grand format.

Des collines escarpées, des châteaux cathares, des bois et des vignes, une rivière qui s’écoule dans la vallée : un paysage presque idyllique, situé à quelques kilomètres au nord de Carcassonne, dans l’Aude. A première vue, dans cette partie de la Montagne noire, on ne remarque pas l’ancien chevalement qui servait autrefois à transporter les mineurs vers les galeries. Encore moins que les immenses collines qui nous entourent sont en fait artificielles. On n’imagine pas non plus que se cachent, sous les arbustes qui les recouvrent, des milliers de tonnes de résidus de la mine qui contiennent des particules d’arsenic et d’autres produits chimiques.

 

Le passé de Salsigne est tapi dans son sous-sol, sous ses collines, au bord de la rivière qui serpente la vallée. La région a longtemps été un gigantesque terrain de jeux pour les entreprises minières. On y a extrait de l’or, de l’arsenic, du plomb. Salsigne fut la première mine d’or d’Europe occidentale et la dernière mine d’or de France. C’était un autre monde, achevé en 2004. Il ne reste aujourd’hui qu’une ou deux cheminées, des trous béants, une mémoire commune… et un cimetière de déchets polluants.

 

De l’or…et de l’arsenic

Car on ne referme pas un siècle d’exploitation minière en claquant des doigts. Ici, la pollution est omniprésente : sous terre, dans l’air et dans l’eau. En cause : les produits chimiques utilisés pour transformer le minerai, et l’arsenic, présent sous la forme de poussières, très fines, dans le sous-sol. Des poussières à travers lesquelles les eaux ruissellent avant de se jeter dans l’Orbiel, une rivière affluente de l’Aude, un fleuve qui coule jusqu’à la Méditerranée.

D’où vient l’arsenic ? Du sous-sol de la région, où il est présent naturellement aux côtés d’autres minerais, dont de l’or. Mais c’est à cause de l’extraction de milliers de tonnes de roches de la montagne, et de son concassage, que l’arsenic s’est répandu partout dans la vallée. C’est ce qu’on appelle ici l’effet cafetière : « Sous la forme naturelle, l’arsenic est concentré dans des gros blocs de pierres, donc son impact sur l’environnement est faible », explique François Espuche, le président de l’association de défense de l’environnement Gratte-Papiers. « Mais en le concassant et en le réduisant en poussières, les surfaces qui sont en contact avec l’eau sont démultipliées. » De ruisseaux en rivières, l’arsenic se diffuse dans toute la vallée. Jusqu’à atteindre des niveaux extrêmement dangereux. Une menace qui n’est pas toujours visible.

Parfois, la pollution saute aux yeux, quand l’eau d’un ruisseau prend une couleur étrange, comme en janvier 2013. « Sur 300 à 500 mètres, l’eau était orange », se rappelle François Espuche.

 

En amont se situe le site de stockage de Montredon : 600 000 tonnes de déchets, dont 90 000 d’arsenic. Les associations convoquent la presse, interpellent la gendarmerie qui appelle l’Onema, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques. Des prélèvements sont effectués. Dans la presse locale, le Préfet de l’Aude, Eric Freysselinard, ancien directeur de cabinet du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, s’empresse d’apaiser les inquiétudes : « Il s’agit d’une oxydation naturelle qui n’a rien à voir avec Salsigne. »

Ses preuves ? Les résultats d’analyses demandées au BRGM, ancien exploitant de la mine, chargé par l’Etat de « réhabiliter » la mine : 30 à 45 microgrammes par litre d’eau. C’est supérieur au seuil de potabilité fixé à 10 microgrammes. Mais il n’y a pas de quoi s’affoler. Sauf que dans les semaines qui suivent, deux analyses vont être révélées. L’une, réalisée par le journal Le Midi libre, indique 1526 microgrammes d’arsenic par litre d’eau. L’autre embarrasse l’Onema : elle indique 4469 microgrammes ! Soit 450 fois la norme de potabilité fixée par l’OMS ! « On est face à des concentrations très toxiques », note alors le toxicochimiste André Picot, au Canard Enchainé. Le Préfet de l’Aude est muté à la direction des stages de l’ENA, à Strasbourg.

 

Des cancers beaucoup plus nombreux

Pourquoi a-t-il tenté de dissimuler cette pollution manifeste ? Pour couvrir l’État, chargé de la réhabilitation du site ? Pour éviter d’avoir à payer les quelques milliers d’euros nécessaires à la dilution de cette pollution ? « L’État n’a étudié aucune solution, raconte Guy Augé, président de l’Association des riverains de Salsigne. Les populations sont livrées à elles-mêmes : c’est à elles de proposer des solutions. »

 

La pollution de la région de Salsigne n’est pourtant pas nouvelle. Chaque année, depuis 1997, le préfet de l’Aude reconduit le même arrêté :

 

Ne pas consommer ces légumes, ni utiliser les eaux pluviales ou celles des rivières pour arroser son jardin. Ne pas se baigner dans la rivière et faire attention à la poussière, surtout pour les enfants. Autant de recommandations que connaissent les habitants de la région. « Les gens savent ce qu’il faut faire », raconte Guy Augé. L’eau du robinet, elle, est potable : elle vient des hauteurs de la Montagne noire, à 7km de Salsigne, dans une zone qui n’est pas touchée par la pollution. Un réseau construit en 1930 qui a fait de Salsigne la première commune de la région à être équipée en eau courante.

Malgré les mesures mises en place, la population locale est la première intoxiquée par cet environnement pollué. En janvier 2006, c’est La dépêche, un des trois journaux locaux, qui révèle tout haut ce qui se tait depuis des années.

Les chiffres sont éloquents : les scientifiques constatent plus de 11% de mortalité par cancer, tout type de cancer confondu. Et pour certains cancers, par exemple des poumons ou de l’estomac, cette prévalence est multipliée par deux ou trois. L’arsenic, le cadmium, le chrome et le nickel sont pointés du doigt. Au total, plus de 10 000 personnes seraient concernées. En premier lieu : les anciens mineurs et leur famille.

 

De l’arsenic au gaz de combat

120 ans d’exploitation minière. Sous-terre et à ciel ouvert. Des milliers de tonnes de roches déplacées, concassées, traitées avec des produits chimiques, afin d’y extraire les précieux minerais. La principale mine d’or française fut aussi le premier producteur mondial d’arsenic, utilisé pour la fabrication du verre, mais aussi pour les gaz de combat, expérimentés sur divers champs de bataille de la planète.

« J’aurais préféré ne pas toucher à cet argent là », dit aujourd’hui Robert Montané, un ancien mineur et délégué du personnel. « Quand j’ai été embauché, en 1975, on avait beaucoup d’avantages, raconte-t-il. Le boulot était varié. Entre ouvriers, il y avait beaucoup de solidarité, notamment face aux risques du métier. »

 

Cette ambiance et cette solidarité, on la retrouve dans les témoignages recueillis par Claude Gironis. Son père était mineur, sa mère secrétaire de l’entreprise. Il a rassemblé dans un livre les histoires et les photos des habitants d’un lieu-dit, celui de la Combe du Saut. 150 personnes vivaient ici, à côté de l’usine où les minerais étaient transformés. Au fil des images récoltées par cet ancien policier, on découvre la vie qui animait le lieu aujourd’hui désert. Les kermesses, les fêtes, les carnavals. Une certaine mixité sociale avec les populations immigrées, d’Afrique du nord, d’Espagne, d’Italie, de Pologne. Les sourires des femmes. Et les mineurs qui posent fièrement.« Tout ce petit monde était heureux malgré la dureté de la tâche », explique aujourd’hui Claude Gironis.

 

Les habitants ont un travail. Ils sont bien payés. Avant, ils cultivaient la terre. Avec l’industrie minière, ils voient leur pouvoir d’achat augmenter. A la Combe du Saut, ils ont des WC et de l’électricité. De quoi presque oublier les fumées des deux imposantes cheminées, leur odeur, et les pellicules de poussières blanches qui se déposent régulièrement sur les habitations. Au quotidien, à la mine et dans l’usine, les ouvriers inhalent les produits chimiques. En lavant leurs vêtements, leurs femmes sont aussi en première ligne. Les enfants jouent dans les montagnes d’arsenic, comme si c’était du sable. Très tôt, les risques sont connus, d’abord des autorités. En 1932, la préfecture de l’Aude et le Ministre du commerce et de l’industrie écrivaient déjà :« Salsigne représente 800 ouvriers, soit environ 3000 personnes. Si l’usine cause des dégâts, elle n’est pas sans influer sur la prospérité de la région pour le plus grand bien du commerce local. »

Le travail ou la vie ?

 

L’emploi, la prospérité économique, plutôt que l’environnement et la santé des habitants. Cette priorité sera mise en avant tout au long du 20ème siècle à Salsigne. A la fin des années 1970, les maladies professionnelles des mineurs de la région, principalement des « cancers bronchiques primitifs », sont reconnues sous l’impulsion du toxicologue Henri Pézerat (qui s’occupera également du scandale de l’amiante). Mais alors que les mineurs meurent, le silence est de mise, chez les employés, les syndicats, les entreprises. Il faut conserver l’emploi. Coûte que coûte.

Extrait d’un documentaire Les Vaches bleues (1991), de Catherine Pozzo Di Borgo , sur l’épidémie de cancers des poumons :

A contre-courant, un ouvrier ose briser la loi du silence. C’est en 1995, alors que les réserves du sous-sol s’amenuisent et que les syndicats se battent pour maintenir à tout prix l’emploi. L’entreprise vient d’éclater en plusieurs sociétés (dont une filiale d’un groupe minier australien) qui tentent de récupérer quelques kilos d’or et de minerais dans les déchets miniers, grâce à de nouveaux procédés. « On essayait de toucher les 20 millions de francs qu’on nous avait promis pour développer la dépollution de Salsigne », se souvient aujourd’hui Max Brail, dans la salle du conseil municipal de Lastours, un village de 165 âmes dont il est le maire depuis plus de vingt ans sous l’étiquette PS puis Divers gauche.

 

Pour relancer l’activité, l’entreprise SEPS, où Max Brail est employé, ne se contente pas de traiter les déchets de la mine. Elle incinère aussi des décodeurs Canal+ et des piles au lithium de l’armée, acheminés jusqu’à Salsigne. Des déchets pour lesquels le four dont Max Brail et ses collègues ont la charge n’est pas adapté. « La fumée était nauséabonde, le système d’extraction de l’arsenic ne fonctionnait plus, raconte-t-il. J’ai moi-même été intoxiqué et je me suis retrouvé à l’hôpital. Nos propres vies étaient en danger, tout comme l’environnement immédiat. » Le 30 mai 1995, interrogé par la presse locale, Max Brail dénonce la pollution pour l’environnement et les dangers pour les travailleurs. A son arrivée à l’usine, le lendemain, il est licencié pour faute grave.

 

« J’étais à la fois salarié de l’usine et maire de la commune de Lastours. Est-ce qu’en tant que salarié je devais me taire pour assurer le casse-croûte ? Et en tant que maire, quelle serait ma responsabilité si je me taisais ? Je savais que j’allais possiblement mettre en danger l’emploi de mes collègues. Mais l’être humain a de temps en temps du mal à anticiper sur ce que sera demain. […] J’avais deux solutions. Soit j’allais jusqu’au bout de mon engagement, en me préparant psychologiquement à affronter des tas de choses : se retrouver sur le banc des accusés... mais le temps me donnerait raison. Soit on se tire une balle dans la tête. [...]A l’époque, c’était très compliqué de dénoncer ces conditions de travail. Car on nous présentait cela comme un dossier d’avenir. Le seul avenir que j’ai vu, moi, c’était de nous tuer au travail. »

Max Brail perd son travail, une partie de ses amis, sa réputation. Il est accusé par trois syndicalistes de la CGT d’avoir enfoui, sans autorisation, des déchets de la mine. Il sera finalement blanchi. « Aujourd’hui, certains me disent : tu nous as sauvé la vie, raconte-t-il. J’ai beaucoup souffert mais je n’ai pas de remords.  » Certains de ses collègues sont décédés. « On a pris des doses de choses qu’on ne connait pas. » Max Brail, lui, a la paroi nasale perforée par les sulfures et l’arsenic, comme beaucoup d’anciens ouvriers. « J’ai aimé ce métier : c’était l’homme face à la matière. Il y avait une grande fierté de faire fonctionner le four sans l’arrêter. »

 

L’État au secours des entreprises privées

L’activité de la mine décroît. Suite aux révélations sur la pollution qu’elle engendre, la SEPS est liquidée judiciairement en 1996. Les groupes miniers australiens qui possèdent la société Mines d’or de Salsigne (MOS) abandonnent le terrain en 2004. C’est la fin de l’aventure minière. Les déchets, eux, sont toujours présents : près de dix millions de tonnes de roches polluées par l’arsenic, le plomb ou des produits sulfurés sont entreposés à divers endroits. Ils sont recouverts de pierres et de terre avant d’être revégétalisés. Parfois, une géomembrane a été installée en dessous, afin d’empêcher la pollution des eaux souterraines.


ADEME Réhabilitation mine d'or de Salsigne par serimagefilms

 

Pendant plus d’un siècle, les entreprises privées se sont succédé pour exploiter les richesses du sous-sol de Salsigne. Mais c’est l’État français, qui assure et finance le chantier de la mise en sécurité du site, d’abord avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), puis avec le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), dont la filiale Coframines était le principal actionnaire de la mine en 1980. Coût total déjà engagé dans ces travaux de réparation : 125 millions d’euros. Une somme à laquelle ne contribuent pas les entreprises privées qui ont pourtant exploité le site. « Les fonctionnaires de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, dont les missions ont été reprises en 2010 par la DREAL et la DIRECCTE) ont surtout protégé les industriels », dénonce Guy Augé, de l’Association des riverains de Salsigne.

Dans un document « strictement confidentiel » signé en 2001 entre le préfet de l’Aude et la société MOS, on apprend que l’État français assumera en grande partie la dépollution du site exploité par l’entreprise australienne. Pourtant, l’entreprise avait l’obligation de provisionner les coûts de dépollution du site. Mieux, l’État l’assistera financièrement pour les cotisations et les retraites de ses employés.

 

Pourquoi l’État a-t-il favorisé l’entreprise australienne exploitante de la mine de Salsigne ? En 2001, l’industriel australien menace alors de mettre la clé sous la porte.« Le souci majeur de l’État était de maintenir l’emploi jusqu’au dernier moment », déclare l’inspecteur général des mines, François Barthélémy, alors en charge du dossier au ministère, au magazine Envoyé spécial, en 2013. En un siècle, les priorités n’ont pas changé : comme en 1932, l’emploi plutôt que l’environnement et la santé des habitants.

 

« Après l’inauguration, on a laissé tous ces dispositifs tomber en ruine. »

Aujourd’hui, la nature reprend peu à peu ses droits après plus d’un siècle de bouleversements. Difficile de savoir si les collines qui nous entourent sont naturelles ou artificielles. La végétation repart. Pourtant, à quelques mètres sous terre, les produits chimiques n’ont pas disparu. Les pancartes indiquant que le site est dangereux ou privé sont très discrètes. Les eaux s’écoulent dans des rigoles, qui doivent être contrôlées par le BRGM. Mais le cabanon qui sert à la réalisation des mesures a été pillé. Le système électronique chargé de mesurer les taux de produits chimiques dans l’eau n’est plus fonctionnel. « Après l’inauguration, on a laissé tous ces dispositifs tomber en ruine », dénonce un observateur de l’histoire de Salsigne.

 

Avec un budget restreint, l’État doit arbitrer entre plusieurs priorités. Doit-il continuer à dépenser des sommes astronomiques dans la dépollution de Salsigne ? Ou les employer ailleurs ? Le BRGM, en charge de la dépollution du site, n’a pas souhaité répondre à nos questions ni nous faire visiter l’usine de traitement des déchets de la Combe du Saut. Les aménagements réalisés par l’État sont-ils suffisants pour assurer la sécurité des riverains ? Les terrains artificiels résisteront-ils à de fortes pluies, comme celles que le Sud-est de la France subit désormais régulièrement ? En 2009, d’importantes précipitations ont déjà provoqué l’affaissement d’une digue d’un bassin de décantation rempli de déchets ultimes.

 

Ce qui est certain, c’est que la pollution est loin de disparaître.« Chaque année, sept tonnes d’arsenic sont rejetées dans l’Orbiel, un affluent de l’Aude, qui se jette ensuite dans la Méditerranée », alerte François Espuche. Selon des estimations du BRGM et des universitaires, suite à un siècle d’exploitation intense, la région en a pour au moins 10 000 ans de pollution !

 

Autre défi posé par la mise en sécurité : la mémoire des lieux.« Dans 100 ans, certains viendront faire du moto-cross ou du quad sur les collines. Ils ne sauront pas qu’ils remuent les poussières », prévient l’ancien mineur Robert Montané. Les touristes qui se promènent ignorent souvent que le chemin qu’ils empruntent les mène à un ancien site où des déchets toxiques sont entreposés. Et rares sont les panneaux qui les préviennent des dangers qu’ils encourent.

 

Vers la réouverture d’une ancienne mine ?

La plaie de la région de Salsigne est donc loin d’être refermée.« J’en ai assez de porter le drapeau », a déclaré l’ancien mineur Robert Montané, en 2013, lors d’un colloque organisé autour de la mine. « Le drapeau, il le porte lors des enterrements de ses anciens camarades touchés par le cancer », explique un participant. Puisque les cancers peuvent subvenir de nombreuses années après l’exposition aux produits chimiques, ces victimes risquent d’être encore nombreuses. Pourtant, l’exploitation minière pourrait reprendre...

A quelques minutes en voiture de Salsigne, le barrage du Linnon permet de retenir les eaux qui s’écoulent de la montagne. Officiellement, ce réservoir sert à combattre les incendies de forêt. Officieusement, il permettrait de retenir la pollution. De temps en temps, des pêcheurs viennent ici. « Les truites sont lâchées le vendredi. Le mercredi suivant, celles qui ne sont pas pêchées sont mortes, elles flottent sur le dos », raconte un habitué du lieu. En cette fin octobre, le réservoir est au plus bas. Sur les parois, une importante couche blanche : de l’arsenic. Quelques mètres plus haut, on aperçoit entre les arbres l’ancienne mine de la Loubatière.

 

C’est ici qu’aimeraient s’implanter deux entrepreneurs, Olivier Bernard et Sébastien d’Arrigo, associés dans l’entreprise Or&Vintage, spécialisée dans le négoce de métaux précieux. Environ 30 tonnes d’or et des terres rares seraient enfouies ici. La durée d’exploitation est estimée à 30 ans. Avec un prix de vente d’environ 30 000 euros le kilo d’or, les industriels espèrent bien convaincre plusieurs investisseurs de les rejoindre dans l’aventure, notamment de la City, à Londres. Mais cette fois, bien entendu, le procédé serait éco-responsable. La « chloruration » remplacerait la « cyanuration ». Les industriels évoquent même un dérivé de l’amidon de maïs, ayant les mêmes fonctions que le cyanure, mais sans ses inconvénients.« Il est possible aujourd’hui d’avoir une activité industrielle sans impacter l’écologie, sans omettre nos obligations citoyennes », ont déclaré les deux associés au journal La Dépêche, en avril dernier.

 

En ces temps de chômage durable, l’argument de l’emploi ne manquera pas d’être mis en avant dans une région sinistrée économiquement. L’extraordinaire demande mondiale en minerais et la volonté affichée par les autorités françaises, notamment l’ancien ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, de redévelopper le secteur minier, pourraient relancer la fièvre de l’or dans les sous-sols de la Montagne noire. Comme un éternel recommencement de l’histoire qui semble se moquer des leçons du passé.

Simon Gouin 7.1.201

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 10:19
La mort rôde à Villeneuve de La Raho - Enfants en danger ! -UMPLO 32, août 2019
La mort rôde à Villeneuve de La Raho - Enfants en danger ! -UMPLO 32, août 2019
La mort rôde à Villeneuve de La Raho - Enfants en danger ! -UMPLO 32, août 2019

La mort rôde à Villeneuve de La Raho...

 

La courageuse association "un mât pour les ondes" poursuit son combat citoyen contre les entreprises pernicieuses et les communautés de communes irresponsables...

 

Dans son numéro de ce mois d'août, la communication se poursuit avec le journal têtu qui "paraîtra jusqu'au déplacement des antennes hors du village" !!

 

L'association  située 6 rue du Faratjal, 66180, Villeneuve de La Raho,  nous avertit des dangers au coeur de la petite commune, qui serait un paradis si Orange n'était pas sur le château d'eau... si le nouvel immeuble Bouygues ne se dressait pas en haut de l'avenue de la mairie comme une crème chantilly susceptible de s'effondrer à la prochaine secousse... si l'annonce de la construction du golf, et d'un hôtel luxueux n'était pas annoncé...

 

Bref, soit vous recevez des ondes, soit vous quittez le village ! Soit vous payez cher votre maison, ou vous partez fissa !

 

Mais y'a pas de quoi se taper sur le ventre...

L'association nous informe, citoyens sans paroles, citoyens qui devraient être des "bénis oui-oui" pour les élus bien peu républicains :

"...pose de 9 nouvelles antennes de l'opérateur de téléphonie ORANDE dissimulées dans un radôme de 3?70 m de haut, à 191 mètres seullement du groupe scolaire, à 12 m de l'école de dessin...

En 2011 l'inspection académique des PO reconnaissait officiellement 3 cas de cancers chez les 220 écoliers du groupe A.Sauvy...

 

Aujourd'hui un des enfants est mort !

 

Le maire, Mme Irles, contrairement à l'engagement de la communauté des communes a exigé de celle-ci le maintien d'orange sur le château d'eau, pour 12 ans de plus !!!

 

Résultat : 117 cancers, 47 accidents vasculaire, 19 Alzheimer...

 

Vous allez bien sûr dire : rien n'est prouvé, la science est incapable de confirmer une relation entre les ondes et les maladies... Moi, dans le doute, je m'abstiens...

Quant à votre portable, à votre box, micro-ondes, etc, c'est à vous de voir.

Etes-vous un citoyen responsable..?

 

J.P.Bonnel

 

Dossier :

 

C'est l'incompréhension à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales) : après avoir obtenu le déménagement de 19 antennes relais du cœur de la commune vers la périphérie en 2017, voilà que les riverains s'inquiètent d'une nouvelle concession qui pourrait être accordée à un opérateur.

 

A Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), les banderoles anti-antenne relais sont à nouveau de sortie au pied du château d'eau de la commune : une autorisation de travaux semble ouvrir la voie à une concession pour les 12 prochaines années. Les riverains se sentent trahis.

 

Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales) / © Jean-François Puakavase, France 3 Occitanie/Pays Catalan


Amers et trahis

En 2017, ces mêmes riverains fêtaient le déménagement de 19 de ces équipements de transmission de téléphonie mobile du centre-ville. Ils venaient d'obtenir la promesse que le bail du dernier opérateur ne serait pas renouvelé. Paulette Palau, secrétaire de l'association "Un mât pour les ondes", est amère :

 

Malheureusement, on a fait confiance aux élus pendant deux ans !


La peur des ondes électromagnétiques

 

Après 11 années de combat, l'association "Un mât pour les ondes" repart donc en guerre contre la présence d'antennes relais à proximité des habitations et écoles. Sa présidente,  Maryse Batlle, croit dur comme fer que les ondes électromagnétiques ne seraient pas étrangères aux nombreux cas de maladies apparus dans le quartier.


Possible recours en justice

 

Dans leur croisade, les riverains espèrent pouvoir compter sur le soutien du préfet des Pyrénées-Orientales, comme il l'avait indiqué dans un courrier de novembre dernier. En attendant, l'association n'exclut pas un recours devant le tribunal administratif pour pousser l'opérateur pressenti à s'installer à l'extérieur de la commune. Voici le reportage d'Aude Chéron et Jean-François Puakavase.

 

Par Valérie Luxey

Publié le 06/06/2019 à 15:02 Mis à jour le 06/06/2019 à 15:06

 

Colère à Villeneuve-de-la-Raho autour d'un projet d'antenne-relais

C'est l'incompréhension à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales) : après avoir obtenu le déménagement de 19 antennes relais du cœur de la commune vers la périphérie en 2017, voilà que les riverains s'inquiètent d'une nouvelle concession qui pourrait être accordée à un opérateur. Une association se mobilise donc une nouvelle fois contre ce projet. Avec Paulette Palau et Maryse Batlle, secrétaire et présidente de l'association "Un mât pour les ondes". - France 3 Occitanie/Pays Catalan - Aude Chéron, Jean-François Puakavase

- - -

P.-O. / Château d'eau de Villeneuve-de-la-Raho : un recours contre les nouvelles antennes-relais

 

L'association Un mât pour les ondes (Umplo) a effectué un recours gracieux pour faire annuler l'autorisation de travaux qui donne à Orange le feu vert pour installer de nouvelles antennes sur le château d'eau de Villeneuve-de-la-Raho.

Les riverains du château d'eau fédérés au sein de l'association "Un Mât pour les ondes" ne décolèrent pas. Ce mercredi 3 avril, des membres de la structure, qui milite depuis plus de dix ans pour le déménagement des antennes-relais à l'écart des habitations, ont constaté qu'un panneau de déclaration de travaux avait été apposé sur le bâtiment.

En consultant le dossier déposé en mairie, le groupe de Villeneuvois inquiets des éventuels effets sanitaires des ondes a notamment découvert que la convention permettant à Orange de maintenir ses antennes sur le château d'eau avait été prorogée l'an dernier. Alors même que des responsables de l'Agglo, dont dépend le bâtiment, avaient assuré en juin 2017 qu'ils n'envisageaient pas de reconduire le bail de l'opérateur au-delà du mois de juillet 2019. 

 

 

Un cylindre de 3,7 mètres au sommet du bâtiment

"Orange compte démonter ses installations actuelles, repeindre le château d'eau et remettre d'autres antennes cachées dans un radôme, un cylindre de 3,7 mètres de haut implanté au sommet du château d'eau", dévoile l'élue municipale d'opposition Yasmine Gatonas, qui souligne, documents à l'appui, que la maire de la commune, Jacqueline Irles, "avait promis d'enlever les antennes du château d'eau lors de sa précédente campagne électorale"

"Pourquoi maintenir les antennes ici, alors qu'il existe une alternative ?, s'interroge une autre élue minoritaire du conseil municipal, Paulette Palau. Lorsqu'ils ont quitté le château d'eau (en 2017, NDLR), Bouygues et SFR ont implanté leurs relais à l'écart du village sur deux mâts reliés au réseau électrique et à la fibre optique. De plus, notre réserve d'eau potable a besoin d'être sérieusement remise en état. L'acrotère est fissuré et rouillé. Un simple coup de peinture ne suffira pas."

Un irrespect du citoyen

Les militants d'Umplo sont sous le choc. Mais ils ne comptent pas se laisser faire. Ils ont envoyé à la mairie ce jeudi un recours gracieux pour faire annuler l'autorisation de travaux délivrée à Orange. "L'Agglo et la préfecture leur avaient dit l'an dernier que les antennes sur le château d'eau, c'était fini, s'insurge l'avocat de l'association, Jean Codognès. Par contre, personne ne leur a dit qu'un nouveau contrat avait été signé... C'est un irrespect du citoyen, une atteinte au pacte républicain, une violation de la promesse de l'administration. De plus, Orange a demandé l'autorisation le 14 février et l'a obtenue le lendemain..." Compte tenu de ce délai étonnamment court, l'avocat pointe du doigt "un défaut d'instruction de la demande".

La municipalité dispose désormais de deux mois pour répondre à la requête d'Umplo. En cas de refus, l'association annonce d'ores et déjà qu'elle entamera une procédure devant le tribunal administratif.   

Contactés, les services de la communauté urbaine nous ont redirigés vers la maire de la commune, Jacqueline Irles, seule à même selon eux de prendre la parole sur ce dossier. Actuellement en déplacement à l'étranger, l'édile a assuré (par SMS) ne pas pouvoir donner suite à nos sollicitations avant la date de publication prévue.

 

Orange : "Sans antennes sur le château d'eau, on dégrade la qualité de service"

Sur ce dossier, Orange joue la carte de la transparence. "Il s'agit d'un projet d'intégration paysagère, entame le porte-parole régional de l'entreprise, Christian Gesbert. Nous allons retirer les trois antennes situées sur le bord de la cuve et en installer de nouvelles dans un dispositif implanté sur le haut du château d'eau. Toutes les technologies actuellement commercialisées seront présentes, dont la 4G."

Pourquoi maintenir des antennes sur le site malgré la contestation ? "En contrepartie des licences qui nous sont accordées, nous sommes tenus de garantir une qualité de service irréprochable, répond le porte-parole. Sur ce secteur, le château d'eau est un point d'implantation pertinent en raison de la structure de notre réseau. Si on enlève cette cellule, on dégrade la qualité de service. Notre réseau n'a pas la même structure que ceux de Bouygues ou de SFR."

 

Par ailleurs, selon Orange, le niveau d'exposition aux ondes n'augmentera pas avec l'installation des nouveaux relais : "Nous mesurons entre 1 et 2 volts par mètre dans les environs du château d'eau, alors que les seuils maximums que préconisent les autorités sanitaires sont compris entre 36 et 61 volts par mètre. De plus, en mettant les antennes au centre de la tour, nous allons améliorer la couverture sur la commune et tous les câbles seront situés à l'extérieur du bâtiment."

Orange compte effectuer les travaux "dans le courant de l'année 2019". 

 

Arnaud Andreu

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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 08:14
Salon du livre de Banyuls (C) Yves Andrieu - David Foenkinos à Canet, mercredi 14 août
Salon du livre de Banyuls (C) Yves Andrieu - David Foenkinos à Canet, mercredi 14 août
Salon du livre de Banyuls (C) Yves Andrieu - David Foenkinos à Canet, mercredi 14 août
Salon du livre de Banyuls (C) Yves Andrieu - David Foenkinos à Canet, mercredi 14 août

Salon du livre de Banyuls (C) Yves Andrieu - David Foenkinos à Canet, mercredi 14 août


CULTURE ET LOISIRS
"Les Veillées de Banyuls"

La ville de Banyuls peut s’enorgueillir de compter en son sein, un nombre important d’écrivains, romanciers, poètes, historiens, scientifiques, etc. Mais Banyuls, sa région son histoire, est pour beaucoup de non-résidents, source d’inspiration. C’est le constat de cette richesse qui a été à l’origine de la création de la rencontre des écrivains banyulencs, qui vient de connaître sa 5e édition. Fort de ce constat, un groupe d’auteurs soutenu par l’adjoint à la culture Olivier Capell, a eu l’idée d’organiser régulièrement des veillées de lectures qui porteront le titre de Les Veillées de Banyuls. Le but est de mettre en lumière ces talents locaux et plus largement les beaux textes de la littérature et de la poésie. Ces soirées veulent renouer avec l’esprit des veillées d’antan qui réunissaient des amis, un quartier, un village pour un moment de partage au cours duquel l’un lisait un texte ou un conte, l’autre déclamait un poème et d’autres encore exerçaient leur talent de musiciens. La première veillée banyulencque aura lieu lundi 12 août sur le parvis du laboratoire Arago, esplanade Albert-Sagols à 21 heures. Au programme des textes de différents auteurs de Banyuls et de sa région et intermèdes musicaux.

Bernard Moitessier : La longue route, 1971 extrait lu par Jean Chmiel ; Michèle Bayar : Un figuier venu d’ailleurs-la Retirada, éditions Oskar 2009 et 2019, extrait lu par Bernard Boda. Edouard Corbière : Le Négrier 1832. Poème Ces hommes que vous croyez si froid, lu par Cédric Mateo. Bernard Chatelet : Carpe diem. Nouvelle inédite lue par l’auteur. Charles Leconte de Lisle : poèmes barbares, 1862. Un feu pâle, poème lu par Bernard Boda. Jean-Pierre Bonnel : La Lidia de Cadaques. extrait lu par l’auteur. Roger Vercel : La Caravanne de Pâques 1948. Un ancien au long cours. Poème lu par Bernard Chatelet. Michel Fabre : La Micheline de18h23, editions Lucien Souny 2017. Emile Verhaeren Les Forces tumultueuses 1902. La mer est belle et claire. Poème lu par Bernard Boda

 

 

Les accompagnements et intermèdes musicaux sont d’Alain Lecardonnel.

Pour plus d’information sur les programmations et/ou participer 07 86 86 71 97.mjpm.fabre@gmail.com

(C) Yves Andrieu/L'Indépendant : 

Publié le  / Modifié le 

 

 

Le touriste à CADAQUES

 

La balade à Cadaqués, si on veut se comporter en touriste, en étranger à toute l'Histoire du village, à toutes les histoires, réelles ou légendaires, on ira…Dans un port qui se croyait isolé au creux des collines, entre montagne sauvage et Méditerranée. Un territoire de vignes, puis, après le désastre du philoxera, un pays d'oliviers. Les paysans étaient tranquilles, loin de la civilisation, de la ville, Figueres, et de la baie immense et napolitaine de Roses où les pêcheurs, eux aussi, peut-être, se croyaient uniques… C'était sans compter sur la marche de l'Histoire, la naissance du tourisme, la mode des bains de mer, puis l'essor industriel de l'exploitation de la Costa Brava…

Ce fut un port antique abrité, indifférent aux vents dominants,  beau car vierge, à proximité des dentelles rocheuses du Cap de Creus, oublieux de la grande plaine voisine de l'Ampurdan : Cadaqués, dans la comarque de l'Alt Emprodà !

 

Dans la ville blanche aux ruelles fleuries, on tombe, l'été, sur les bars bondés, les restaurants bruyants, les plages aux torses nus; viici les centaines de bateaux venus mouiller pour avoir une autre perspective du lieu : pour un théâtre côté mer, pour une illusion d'être seul dans sa barque quand la foule bat le pavé et le sable…

 

Tout en haut du promontoire, ont poussé des maisons blanchies à la chaux; tout en haut de la colline se découvre le style gothique de l'église Santa Maria, reconstruite au XVI ° siècle, sur les ruines de l'ancien édifice mis à bas par le  pirate turc Barbe Rouge. Ces croyants de pêcheurs ont financé le lieu saint grâce à leur dur labeur, à l'argent gagné durant les jours fériés…

 

On a tendance à être attiré par le magnétisme de l'église, bien que la montée soit abrupte, mais l'effort est accepté car l'on pense déjà au bonheur de redescendre, d'un pas lent et soulagé, par les venelles esthétiques, pour déboucher sur la me, les yeux éblouis, le cour conquis…

 

Là-haut, dans l'église à la fois humble et altière, niche le plus vieil orgue de Catalogne, daté de 1689, ainsi qu’un autel de style baroque, remarquable par sa taille et son originalité, dont les pieds sont soutenus par quatre géants. 

Dans le centre, les anciens pavés du village -el rastell»- ajoutent du charme à la cité. Retirés de la mer, ces sorte de créations naturelles ont été modelées, érodées par le va-et-vient des vagues; les Catalans les ont disposés en épis afin d’absorber l’eau et d’éviter que les promeneurs ne glissent.

 

Le touriste amateur de soleil, de farniente, d'alcool, de sangria et de gastronomie marine, ignore le plus souvent que ces ruelles qui montent et descendent ont été hantées par des personnages mystiques, haut en couleur, pauvres mais bien réels, vivant la pleine réalité de de pays sec et altier, humide et humble à la fois…

 

Village de pêcheurs aux maisons blanches et ruelles fleuries, Cadaqués est isolée par les montagnes et blottie dans une baie profonde, encore un arc, des plus admirables, de la Méditerrannée : il s'agit du plus grand port naturel de la Catalogne. Et le dépliant touristique aura beau tenter d'inventer des styles imagés, il ne pourra pas dire toutes les criques, les hasards de la géographie, toutes les créations étonnantes de la géologie du lieu. Pensons surtout à ces admirables figures fantastiques fabriquées par l'érosion et chantées par Dali et reconstituées dans ses toiles…

 

De la route qui vient de Roses, on plonge dans l'entonnoir marin. Ou depuis la Selva traversée des méandres d'un étroit bitume, ou encore, à pied, depuis le sauvage Cap Creus, vous pouvez aborder le village des pêcheurs. Sans oublier la possible venue par la mer : un lent abordage et il faut dire que la perspective de la côte et des habitations depuis une embarcation, propose une vue féérique insoupçonnée…

 

Cadaqués des années 1950, comme une fin de monde, le déclin d'une vie paysanne et maritime, ne devinant pas l'accélération de la technique, du progrès de la consommation à outrance, du tourisme, du viol d'une civilisation par la puissance de l'argent, l'orgueil des promoteurs, la dictature des plaisirs, l'obsédante quête des aspirations épicuriennes…

 

Il y a soixante-dix ans, un désert près de l'eau, des masures, des barques catalanes frustres, et une plénitude humaniste, artistique, poétique, avec Lorca, Dali, d'Ors et tous ceux qui découvriront ce paradis, d'Eluard à René Char, de Picasso à Man Ray et Marcel Duchamp…

 

Le bitume est venu jusqu'à la mer, pour eux, qui ne connaissaient que les roues de la mer, et l'électricité, puis le téléphone, la télévision, l'internet…apportèrent le confort et son cortège de méfaits… Demeure le vent salé, l'horizon énigmatique, les contorsions de la côte rocheuse, un mystère, entretenu par l'isolement géographique et qui se livre avec patience et amour, un esprit de liberté. Et la beauté !

 

J.P.Bonnel (La LIDIA de Cadaqués)

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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 08:39
Lorca, noeud papillon - Dali et Lorca - Affiche pour lectures à banyuls -
Lorca, noeud papillon - Dali et Lorca - Affiche pour lectures à banyuls -
Lorca, noeud papillon - Dali et Lorca - Affiche pour lectures à banyuls -
Lorca, noeud papillon - Dali et Lorca - Affiche pour lectures à banyuls -

Lorca, noeud papillon - Dali et Lorca - Affiche pour lectures à banyuls -

 

Lorca

 

  • Entre 1925 et 1927, ce village en forme de crèche, en tout cas de décor animalier, accueillit deux personnages exceptionnels de la culture espagnole. C'était l'année d'hommage au grand poète Gongora et ce fut l'été durant lequel une amoureuse amitié se noua : Lorca  conjugua avec Dalí la création artistique et l'inspiration poétique.  L'érotisme surtout fut célébré !
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  • Le 24 juin 1927, Federico avait créé au théâtre Goya de Barcelone  sa "Mariana Pineda": avec des décors de Dalí, avec l'actrice Margarita Xirgu et, comme protagoniste abstrait mais omniscient, la beauté de Cadaqués.
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  • «Il a la joie et la permanence de la beauté dans ce lieu de naissance de Vénus, mais on ne s'en souvient plus. Allons la pure beauté ... Un jour la lune, mouillée de poissons élastiques, le clocher de l'église balancera du caoutchouc mou sur les maisons pitoyables, faites de chaux et de pain mâché ... Souviens-toi de moi quand tu es sur la plage ... » La poésie même dans la correspondance, quand Lorca écrit à Salvador le 31 juillet.
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  • Et Dali n'est pas en reste : "Tes chansons sont une grenade sans tramway,, sans avions…Une Grenade ancienne , avec des éléments naturels…"
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  • Ils se répondent dans des lettres éphémères : «Maintenant, je vois à Cadaqués comment j'ai senti mes épaules: c'est un plaisir pour moi de me souvenir des courbes glissantes de mes épaules où, pour la première fois, j'ai senti la circulation du sang ...». Cadaqués des oliviers, "corps baroques et âmes grises !"
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  • La nostalgie de Federico se répand, souvenir du premier séjour dans la maison de la famille Dalí, celui de la Semaine Sainte, des oliviers de Cadaqués, Quelle merveille, corps baroque et âme grise!», proclame-t-il. 
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  • Salvador, torse nu, a posé son bras sur l'épaule de Federico. Et Lorca publie son "Ode à Salvador Dalí": cette "pensée commune" dans "les heures sombres et dorées". Salvador, lui, pour rendre la politesse, a intitulé un dessin : "Lorca Dalí".
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Revenons encore a cet été 1927, dernier moment de la jeunesse amoureuse, quand Dali peignait et chantait à travers des lèvres serrées...

 

Il faudrait le style de Lorca pour évoquer la joie et la permanence du soir, ces tours de "gomma blanca", ces habitations "casas de pan mascado…"  Le village est un labyrinthe, comme le système sanguin de l'homme où circule le liquide indispensable à la vie, à l'art, à la poésie, à l'amour. Celui-ci fut une sorte de passion entre les deux hommes, le poète et l'artiste, une "passion amoureuse", où l'homosexualité ne réussit pas à se concrétiser.

 

Il suggère dans ses lettres et ses poèmes la nostalgie de 1926, avec son "Ode à Salvador Dali" et de juillet 1927, l'ultime été catalan, au coeur de la maison de famille du père, le notaire de Figueres, au milieu de ce jardin odorant, luxuriant, composé de figues de barbarie et d'oliviers…Surtout la flagrance de l'eucalyptus, dont l'ombre se dessine sur le mur blanc «Olivos de Cadaqués, ¡Qué maravilla, cuerpo barroco y alma gris!», écrivait-il. 

 

 

Ana Maria

 

Federico se souvient des couleurs, des détails de cette maison accueillante et virginale où le vert de l'arbre et celui de la porte d'entrée vous sautent aux yeux. Il n'oublie pas Ana Maria, la soeur si tendre de son ami, celle qui servit souvent de modèle, de dos, le plus souvent, comme anonyme, contre une fenêtre de la villa, le tableau offrant une perspective tronquée de la baie et de la mer. Celle qui surtout, prit des photos et demeure le témoin privilégié de cette passion. Un trio amical et amoureux…

Lorca fut heureux, d'où jaillit Vénus. Il fut amoureux en ce havre marin où naquit la pure beauté. La beauté, c'était aussi celle de la jeunesse, de la sensualité des deux corps quasi nus, qui s'effleuraient, torses qui se touchaient, mains qui se caressaient… Pagnes évanescents sur le sexe mâle, en attente de concrétisation. Dans l'érection de Midi le démon, mais, pour Dali, "c'es trop dur, ça fait mal !", se plaint-il, un jour, Salvador, vite, en passant à autre chose…

 

La passion née en 1926 s'estompait pourtant, en raison des scrupules de Salvador, d'une sexualité timorée, refoulée, d'une impuissance à aller jusqu'au bout de l'acte. Le couple d'amis-amants se défaisait, oublieux de la fameuse ode qui célébrait une "pensée commune"… Restera le dessin dalinien intitulé "Lorca Dali".

"Souviens-toi de moi quand tu te trouves sur la plage !", note Federico dans une lettre du 31 juillet.

Ce furent des "heures à la fois obscures et dorées"…

 

 

  • La soeur Ana María, fille du notaire Dalí capte par les mots et des photos ces moments, ces poses sensuelles, cette union physique et cérébrale des deux adolescents attardés… Dans "Salvador Dalí vu par sa soeur", elle décrit la maison de Cadaqués : l'ombre d'un eucalyptus sur le mur blanc et une porte d'entrée verte. Dans le hall, une vierge baroque souriante aux tons verdâtres et dorés :
  • «Nous ignorons qui est cette Vierge, mais quand, après quelques années, García Lorca a mis une branche de corail rouge dans sa main, c'était déjà, pour nous tous, la Vierge de Corail ». 

 

  • Dans l'atelier de Dalí, l'odeur de la térébenthine prévaut sur le salpêtre et les oliveraies ... Quand il peint, il chante avec des lèvres serrées. Ce 27 juillet, ce fut le dernier été de la jeunesse. L'année suivante, rien n'était pareil entre Salvador et Federico. L'oubli, le silence, le fameux "Olé" trouble, quand Salvador apprit la mort tragique de son ancien amant, plus virtuel que réel !

 

  • Vint le temps de la déchirure : la guerre civile, les horreurs, le massacre du poète homosexuel : le cime eut bien lieu à Séville !
  •  
  • C'est le 26 mars 1936 que Dali posta de Cadaqués sa dernière lettre à Garcia Lorca, mais ceci est un autre temps…Une vraie tragédie...

 

(C) JPB 2019

 

Banyuls sur Mer Veillée lecture sur le front de mer

lundi 12 août 2019, lectures et musiques, avec Michel Fabre, Michèle Bayard, J.Pierre Bonnel...et l'aide technique de la municipalité...

Merci à Olivier Capelle !

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 10:25
Dali - PA de Vera - Prades, trobada -
Dali - PA de Vera - Prades, trobada -
Dali - PA de Vera - Prades, trobada -

Dali - PA de Vera - Prades, trobada -

Sorcières de CADAQUES

 

La fille et la mère

 

Lidia est né à Cadaqués, le 30 mai 1866, son père était le pêcheur Baldiri Noguer et sa mère Dolors SABA, était connu comme La Sabana et était considéré comme une sorcière capable de contrôler les phénomènes atmosphériques et ensorceler les jeunes. Elle a épousé Ferran Costa, en mars 1890 et a eu deux fils, Benvingut et Honori.

 

Sa soeur Valentina, d'un an plus jeune, n'a pas été scolarisée; néanmoins elle a appris à lire et écrire de sa propre initiative, quand elle était plus âgée. Quand ses enfants pêchaient et que l'économie familiale était meilleure, Lidia faisait les comptes de pêche, à sa manière, dans un cahier qu'il appelait «Le Journal du Siècle» et consacrait des heures à sa grande passion, en lisant, dans un magazine satirique de l'époque.

 

Josep Pla compte dans son livre « Un frustrat de viatge » le médecin Cadaqués a reçu une lettre de son collègue D'Ors lui demandant de chercher un logement pour son fils, Eugeni, qui passerait, accompagné d'un ami, Jacint Grau, une saison à Cadaqués, afin de se remettre de sa délicate santé. Les deux jeunes hommes sont arrivés à Cadaqués en juin 1904 et ont été hébergés chez Lidia.

 

Jacint Grau avait 28 ans et Eugeni 24 ans; tous deux étaient destinés à des chemins différents, mais cet été-là rivalisait de préoccupations communes. 

 

Ils firent tout de suite connaissance avec Lidia, une femme robuste de 38 ans, au regard très expressif. Elle fut fascinée depuis le début par Eugeni, à la fois pour son attrait physique et pour ses manières sophistiquées et élégantes, qu'elle n'avait jamais observées auparavant. 

 

Avoir les deux jeunes gens à la maison lui a donné l'occasion d'écouter des conversations intellectuelles et de feuilleter les livres qu'ils avaient apportés, même si elle les eu compris, tel celui de Nietzsche en allemand…

 

  Elle se montrait plus encline à la poésie d'Eugeni qui, comme Salvador Dalí a dit plus tard, était une activité pour laquelle elle avait une prédisposition spéciale : il n'est donc pas surprenant qu'elle fût tombée amoureuse du jeune homme qui lui avait ouvert tout un univers...

 

Ses deux enfants et son mari parlaient peu, mais ils comprenaient qu'un hanchement s'opérait dans leur maison…

Lidia a commencé dans le monde de la métaphore et la confié à la famille qu'elle avait découvert un secret, le secret d'Ors, qu'elle ne pouvait pas expliquer parce que c'était inexplicable.

 

Un après-midi les enfants de Lidia sont allés pêcher, accompagnés d'Eugeni : il voulait vivre un événement bucolique en mer, qui n'eut pas lieu, car au bout une heure, il fut pris de vertiges : sa sortie nocturne fut l'enfer. Au retour à l'auberge, la réprimande fut pour les enfants et la consolation pour Eugeni. "Miel est plus doux que le sang" était la phrase de la Lidia, à ce moment-là; l'expression a donné le titre, des années plus tard, à une œuvre de Dalí, dont l'original aéré perdu…

 

C'était une femme bien plantée, ce qui signifie qu'il s'agit d'une personne qui transmet une image de sécurité, de générosité et de maîtrise de soi. Cela la rend particulièrement attirante, même ses attributs physiques ne sont pas forcément d'une beauté exceptionnelle et classique…

 

Lidia Noguer, fille de la sorcière Sabana, épouse le 29 mars 1990 le pêcheur Ferran Costa a l'église paroissiale. Les noces eurent lieu de fort bon matin : les époux voulaient effectuer leur voyage nuptial à Barcelone… 

 

Ensuite, ils eurent deux enfants, Benvigut -Bienvenu- l'aîné puis, deux ans plus tard, la fille, Honri. La mariée, doté d'un homme absent, comme presque tous les mâles de Cadaqués, va s'ennuyer ferme. Pour s'occuper et devenir quelqu'un dans le hameau, ou "quelqu'une", elle estima que la seule solution était d'inventer des fictions, devenir la narratrice d'histoires villageoises inventées ou fondées sur des rumeurs… Voici la Lidia écrivaine…

 

Oui, elle s'ennuyait dans sa modeste maison de la Riba des Poal : la principale occupation des femmes de marins est d'attendre, en regardant la lune dans la nuit claire, l'arrivée des époux, des pêcheurs…Il faudra ensuite la vendre, cette moisson poissonneuse, dans les rues, auprès des voisines,ou plus loin, jusqu'à Roses, qu'elle savait atteindre en moins de trois heures ! 

 

Sinon, de jour, dans la maison du couple, reconnaissable avec, à l'étage, ses fenêtres, portes et balcons peints en rouge vif. Au premier étaient entreposés des réserves d'huile, de bois, de pommes de terre, la première occupation consistait à faire le café. D'ailleurs, une odeur de café s'échappait toute la journée de cette habitation. Elle cuisinait, elle parlait avec les voisines qui lui apprenaient quelque fait divers susceptible de chauffer son imagination. 

 

Quand le mari rentrait du café et des jeux de "truc" avec quelques fidèles, ils se mettaient d'accord sur l'heure du réveil matinal : des pierres, quatre ou cinq, selon les circonstances, la météo, étaient posées devant la maison… L'hiver, avec ses jours courts, ses coups de vent froid, poussait à l'hibernation; on s'occupait en rafistolant la lourde barque catalane, en arrangeant quelque fissure, en repeignant, surtout, le bois meurtri par le sel, par les souffles marins, par les embruns agressifs. On vivait selon le rythme de la nature. Dès le printemps, les premières chaleurs poussaient les femmes et les hommes, car ils avaient un métier double, vers un autre occupation : la récolte du vin et celle des olives.

 

C'était une vie simple, paysanne, ignorante des messieurs, des notaires, des avocats ou des intellectuels de la ville, Figueres de la plaine, là-bas, aperçue depuis le col, avant la descente vers l'Ampurdan, et Girona la lointaine. Ces femmes ne soupçonnaient rien de l'activité culturelle de la Catalogne urbaine, ni l'existence luxueuse es bourgeois qui, bientôt, vont venir se construire une résidence secondaire sur le rivage : les Pichot, les Rahola, les Dali… Avant la vague irrépressible des futurs touristes, qui changeront le visage de la Costa dite brava…

 

Ces gens travaillaient et parlaient peu. Mère et fille étaient presque mutiques : elles causaient dans leur tête et fomentaient d'inénarrables fictions…C'est en tentant de courts dialogues banals avec ces "culs blancs" de notaires, de médecins, d'artistes excentriques, qu'elles moissonnaient des éléments narratifs susceptibles de pouvoir alimenter les rumeurs et les imprécations qu'elles fomentaient et diffusaient à petits feux…

 

Un jour, cependant, la mère, Sabana la sorcière mourut; pas un jour, mais une nuit, à la naissance du siècle dix-neuvième, la méchante Pythie partit, accablée par une congestion cérébrale, d'avoir, sans doute, trop pensé et parlé dans son cerveau. A minuit, durant la longue et lugubre scansion des douze coups, à l'heure où les chats noirs se dispersèrent dans tout Cadaquès, et beaucoup vers la mer, comme pour se noyer, agonisa l'ultime sorcière, dans son éternelle ample robe noire…

 

 

J.P.bonnel

 

Musiques dans les vignes : Amusikenvignes, fin…

Lundi 12 août à 18h00 à Trouillas salle du Clos Saint -Georges

Le duo Bouclier

Les Amis d’Alain Marinaroproduisent Dimitri Bouclier, seul accordéoniste français (avec Richard Galliano il y a 50 ans) à avoir remporté le double trophée mondial.Il forme avec son frère ainé, le violoniste Julien Bouclier, un extraordinaire duo qui a remporté en 2009 le premier prix au Concours International de Roubaix.

 Au programme, compositeurs russes du XX° siècle et Astor Piazzola.

Entrée 7 €. Dégustation gratuite des vins de Claude et Dominique Ortal. Renseignements au 04 68 21 61 46 ou au 04 68 95 01 45.

 

Mercredi 14 août à 18h00 

au château de Cuxous, entre Latour de France et Cassagnes

Récital de piano de Rudy Gatti

Un prodige ! Rudy Gatti n’a que 18 ans mais son parcours est prometteur., il a notamment décroché le prix Alain Marinaro de Carcassonne.,

Entrée 7 €. Dégustation des vins de Trémoine, parmi les meilleurs du Département. Renseignements au 04 68 95 01 45.

NB : en cas de mauvais temps, repli à la salle communale de Cassagnes.

 

Pour ses deux derniers concerts, les Amis d’Alain Marinaro ont invité le quatuor Luciaqu’ils connaissent bien et qu’ils apprécient. La flûtiste de chez nous, Claire Sala, la harpiste montpelliéraine, Martine Flaissier, le violoniste strasbourgeois, Thomas Gautier, et le violoncelliste parisien, Nicolas Fritot travaillent ensemble depuis de nombreuses années ; ils ont ainsi élaboré un programme intéressant sur les musiques de films (Ennio Morricone, Vladimir Cosma, Nino Rota…). Le mélange des timbres apporte richesse, couleurs et originalité à ce répertoire connu du grand public.

 

Lundi 19 août 2019 à 18h00 à Banyuls sur Mer, au mas Reig. Entrée 7 €, dégustation gratuite des vins de la cave L’Etoile. Renseignements au 04 68 95 01 45 ou au 06 65 58 60 40.
-        

Mardi 20 août à 18h00 au château Cap de Fouste, à Villeneuve de la Raho. Entrée 10 €, dégustation gratuite des vins du château. 

 

Renseignements au 04 68 95 01 45 ou au 04 68 55 91 04.

 

 

  •  
  • Lundi 12 août 2019 de 20:30 à 23:59


    PARCOURS DÉCOUVERTE
  • Une randonnée nocturne à la recherche de l’ours
  • des Pyrénées ! Guidés par les mots de Jean-Marc, le
  • conteur des cimes, et les propos scientifiques d’Olivier,
  • biologiste de terrain, vous cheminerez dans l’imaginaire
  • et la réalité des enjeux de conservation de la biodiversité.
  • Dégustation de produits locaux à l’arrivée.
  •  
  • Lundi 12 août
  • de 20h30 à minuit
  •  
  • Informations
  • Publics : tout public, enfants à par r de 8 ans
  • Rendez-vous : Parking d’Evol sous l’église
  • Organisation : Mairie d’Olette-Evol, Réserves Naturelles Catalanes,
  • Encadrement : association Nataph
  • Equipements spécial : lampe frontale
  • Réservation obligatoire / Renseignements :
  • mairie.olette-evol@wanadoo.fr- 04 68 97 02 86 - 06 71 52 20 72
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8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 09:59
Littérature, art et tauromachie - La corrida a un fonds culturel célébré par des identitaires incultes (à Millas and Co) - Gala et Dali décrits par la romancière Anaïs NIN -

En réponse au discours identitaire des excités de Millas :

la corrida n'a rien à voir avec la Catalogne; d'ailleurs Barcelone interdit ce jeu machiavélique et a transformé ses arènes en commerces...Ce n'est pas une culture quand elle se limite aux cris de pestiférés ayant bu trop de bières, quand elle n'est que souffrance, que spectacle indigne de gens civilisés. La corrida n'est pas notre coutume, notre tradition, notre identité...

Au-delà des origines crétoises, antiques, la tauromachie est tradition espagnole, où s'exacerbent les instincts de mort et de barbarie  d'une idéologie franquiste et fasciste : "Viva la muerte !"

 

JPB

 

*Tauromachie, art et littérature

 

Francis MARMANDE, journaliste pour le journal "Le Monde",  est doué d'un style imagé, dynamique, créatif, dans  ses chroniques de jazz, et aussi, pour (hélas!) ses reportages sur la tauromachie... 

 

C'est la plus littéraire et originale "plume" du journal ! Ancien prof de littérature à Paris, auteur de plusieurs livres envoûtants, F. Marmande vient de donner son sentiment sur l'affaire du Conseil constitutionnel "la corrida dans l'arène constitutionnelle". Il adore ce spectacle barbare, mais son texte est tout en finesse, reprenant les arguments des anti, de façon implicite et poétique : "rituel fantastique. Nous offre la possibilité de voir la comédie qui nous est jouée, la mort en face. 

 

Je n'ai rien à voir avec les traditions, la réaction, la cruauté. Je n'aime pas la corrida." !!! J

'en avais les larmes à l'oeil ! Je ne suis pas, moi, dans la corrida pour l'apprécier! 

J'ai vu une corrida à Céret et c'était boucherie! J'en ai vu une autre à RONDA, berceau de la tauromachie, et n'ai pas apprécié non plus ! Désolé, je suis contre à jamais 

 

Littérature et Corrida (La mise-à-mour de la mort)

 

A l’heure où les traditions taurines reprennent du poil de la bête (Bourg-Madame, projet d’arènes à Perpignan, férias de Céret, Millas…), et où les opposants meuglent, souvent avec humour, il est peut-être temps de s’interroger: « Après les grèves des intermittents du spectacles et les projets du Ministère de la Culture, que restera-t-il de la fameuse exception culturelle française ? Des corridas.. ?

 

Adolescent, j’étais abonné à l’esthétique revue Faenas, qui parle de mort à chaque page. La mort, sans cesse, sous les mots, petite mort, sensuelle, dans toutes ces photos de pleine beauté. J’aimais ce support journalistique, car il parlait de l’été, qui, en terres du sud, est une saison livrée à la course ultime des taureaux.

 Pourtant cette chaleur, cette danse qui saoule, cette musique redondante, pantagruélique et obsédante, vrillante et hallucinogène, tous ces ingrédients, susceptibles de constituer un simulacre poétique, semblent, a priori, incapables de donner naissance à de la littérature. Tout au plus à une sorte de discours qui rimerait avec pensum et torture!

 

Toutefois, je jouissais fortement, par moments, à la lecture des poèmes corridesques de Cocteau ou des pages bovines d’Hemingway ou de Blasco Ibanez. 

 

Mais en même temps, chaque été, à l’annonce d’un spectacle taurin, je me retenais pour ne pas adresser un message anonyme au journal local, afin que cette fête macabre fût annulée: un engin explosif serait placé sous les gradins et la déflagration interviendrait dès l’entrée du premier matador...

 

Rassurez-vous, je manque de courage:  je n’allai jamais jusqu’à ces extrémités; à défaut de griffer les organisateurs, je me contentai de lacérer des affiches, de jeter aux orties des panneaux proclamant l’art et l’habileté des tueurs andalous à “l’habit de lumière”, c’est-à-dire, sang et or. Le sang, oui, et l'ordure, le jaune pisseux ! 

 

 

Douleur, certes ! Cependant, l’animal devrait être fier de partir, lui qui est au centre de ce cérémoniel de rythme et de chorégraphie, pour un monde vierge, qu’il méconnaît, celui de la mort, et dont il n’approche l’indépassable injustice que par l’épreuve de la souffrance. De même que le spectateur ne pense pas au supplice de l’animal, parce que celui-ci ne peut l’exprimer ni par des mots ni par des sanglots, de même le taureau “brave” ignore l’inéluctable issue, le sens de cette clôture festive, excitée par les banderilles du soleil, et qu’on invente autour de lui et de ses pas aveugles.

 

Il ne sait rien des symboles ou des paraboles de ces espèces d’hommes, qui ne savent rien de leur néant, mais qui, pour conjurer leur frayeur, s’inventent des mythes fondateurs,   prétendant, par exemple, que la corrida est un moment mystique où l’individu est confronté avec le sacré et le mystère de la mort. 

 

Dans le temps de la course, dans les libres intervalles dédiés au pain et aux jeux, ils se croient des dieux, parce qu’ils sont nés dans la patrie du soleil, de la musique répétitive et du vin doux. Ils auraient pu, aussi bien, éclore au pôle nord et passer leur vie à grignoter des harengs fumés! Non, leur destin est d’avoir la fièvre dans les yeux, omniprésents, ainsi que dans la tête, qui méconnaît l'intelligence.

 

 

27 JUIN 2014

LITTÉRATURE ET CORRIDA (2) -

CINÉMA DE LA CORRIDA - SOUFFRANCE DES ANIMAUX, JOUISSANCE DES HOMMES

  

 

Rappelons le vernissage demain samedi à 11h de l'expo "Peinture et tauromachie" au MAMOC de Céret - VIALAT vient de déclarer (vendredi à France culture), qu'il n'ira pas à ce vernissage.

Le sien c'est ce soir, vendredi, au musée Fabre de Montpellier : des toromanias, des supports et des surfaces copiées collées de Matisse... Point à la ligne...

 

**Littérature et tauromachie (suite)  :  

En fin de compte, l’animal est, en cette circonstance, le plus fort, le plus à l’aise dans sa peau, car c’est lui qui a le moins peur. Le public, tenu en haleine, se serre dans les gradins pour se sécuriser dans la chaleur fétide et la sueur collective d’une fin de journée auguste; il est tenaillé par la frayeur parce qu’il s’identifie au torero qui, seul, face au monstre massif et corné, ne peut s’ôter de l’esprit l’idée que la fin de la vie est plus douloureuse que le moment physique de la mort. Parfois, je l’avoue, je m’identifie à l’animal, en prenant sa défense ou, du moins, en essayant de me mettre à sa place, mais, franchement c’est une attitude bête, une bête attitude ! Alors, je me remets, je déglutis ma colère, je tente d’excuser l’homme pour ces spectacles sordides et de lui trouver de nobles motifs: il est chez lui, l’aficionado en cette rouge enceinte, puisque sa vie entière est corrida, course contre la montre et la mort, du berceau au travail, du lit au linceul. 

 

Jusque dans l’amour, quand le sexe est épée et le corps mis à mort pour le plus pur des trépas et l’évanouissement passager : la corrida n’est-elle pas exhibition, érection, avec dard du picador, flèches du soleil, parties du torero serrées et érigées en trophée ( le jury demeure machiste car, s’il laissait la place aux femmes, c’est du toréador, engoncé dans son habit d’or, qu’elles réclameraient les oreilles et…), jusqu’à l’orgasme des « belles étrangères », dans les tribunes.. ? 

 

Les artistes, comme Goya, dans La suerte de Varas (l’épreuve des piques), ou Francisco de los toros, ont chanté cette mise-amour de la mort, jusqu’à l’instant où la conscience fabrique les parodies obscènes du carnaval tauromachique: les cartes postales de Picasso constituent une mise à nu de notre barbarie pornographique: l’animal est doux dans sa plus violente bestialité quand l’homme se bestialise dans la mise en scène et le voyeurisme de ses actes sexuels. 

 

Je relisais, pour conforter mon opinion, les Toreros de Salon de Camillo José Cela.

Le livre, grâce à son sous-titre Farce accompagnée de clameurs et de fanfares, donne le ton. L’humour et la justesse sont inscrits de façon insolente dans tout l’ouvrage: Il ne faut pas confondre la Tauromachie de salon avec la musique de chambre, le latin de cuisine, ou quelque autre divertissement casanier... Le Torero de Salon va inventer le véritable taureau, au sens de “l’invention de la Croix”. C’est-à-dire qu’il creuse, pour le trouver, tout au fond de soi-même, dans les obscurités où sommeille le mammifère primordial...”

 

 

Avant, avant...Autrefois, au berceau de la mer achéenne, la bête était puissance, et il fallait l’intelligence de Thésée pour surprendre le Minotaure, puis ressortir de son étable labyrinthique!

Jadis, il y eut le toreo aristocrate d’un Manolete ou d’un Luis-Miguel Dominguin, qui savait travailler, et aussi parler:

« Je suis convaincu que la mort est comme un mètre carré qui tourbillonne dans l’arène. Le torero ne doit pas marcher dessus quand le taureau vient vers lui, mais personne ne sait où se situe ce mètre carré. C’est sans doute cela, le destin. » 

 

Suerte, sort, oui, d’accord, c’est beau, et on sait désormais qu’on ne fait de la bonne littérature qu’avec de mauvais sentiments !

 

De nos jours, reconnaissez-le, le mythe s’est dégradé…

 Les touristes, appelés “les Parigots”, ou les “aficionadeaux”, de Saint-Quentin, de Châtellerault ou d’ailleurs, vont à la corrida comme on rend visite aux Demoiselles d’Avignon : ils viennent, les estivants, pour la troisième mi-temps, pour le bordel ou les bodegas nocturnes; elles viennent, les estivantes de Brel ou de Ferrat, pour les bebidas ou les bibitas... 

 

L’universelle allégorie et la lutte éternelle de l’homme avec la mort, le destin, le soleil rouge et noir, circonscrites au ruedo, ce cercle magique où se déroule de drame, sont à la portée des oisifs analphabètes; ils ne savent rien du flamenco déchirant ou de la danse gitane, morisque et andalouse, ou du duende pathétique et endiablé, mais se grisent à peu de frais de l’air des paso-dobles, des flûtes basques ou des musettes locales... Il est vrai que l’artiste ne peint plus avec les antiques pinceaux acérés; tout n’est plus que tépidité: le torero ne combat plus avec l’épée brûlante de la mort, même si celle-ci est toujours promise dans son cérémonial de carton-pâte, mais il se bat avec un toro écorné, raboté, éreinté déjà, même avant d’entrevoir le toril, l’amphithéâtre, les burladores, ces planches des protections autour de l’arène, le cheval caparaçonné…

 

J’osais, malgré tous ces doutes, déclarer à Enric Catalafrances, l’organisateur des “fêtes taurines" de Collioure, que la corrida pouvait être considérée comme un des beaux-arts. 

C’est en remerciement de ce bon mot, sans doute, qu’il m’adressait chaque été une place gratuite valable pour la temporada...Cette lettre me rappelait celle que recevait chaque année mon grand-père paternel, en raison de sa fonction et de ses titres. 

 

En particulier, j’ai conservé celle qui est datée du 8 août 1951 ; le destinateur en est le “Comité permanent des fêtes de Collioure, organisateur de manifestations taurines, nautiques, artistiques, fêtes vénitiennes et feu d’artifice”:

 M. Le Directeur des Contributions indirectes, le comité se fait un honneur de vous inviter aux manifestations qui auront lieu les 15 et 16 août prochains. Sous ce pli, nous avons l’honneur de vous remettre les cartes d’entrée à la Présidence qui vous sont destinées, ainsi qu’aux membres de votre administration que vous pourriez devoir désigner. Veuillez agréer...Il parlait debeauZarts, mais pensait en secret que cela montrait simplement combien bas était tombé l’art:appelons-le, désormais, lard, et bonbons, nos bouées de graisse, nos poignées de baise, nos bourrelets cancérigènes, nos peu alertes cuisses de cheval...

 

Des écrivains, des grands, hélas, tels que Hemingway, Bergamin, Ibanez, Lacouture, F.Villalon, ont glorifié la corrida.

 Michel Leiris, aussi, à ses débuts, dans Miroir de la tauromachie; cependant, repenti, il a préféré, en écrivant De la littérature considérée comme une tauromachie, y voir une métaphore de l’acte d’écrire: un signe d’authenticité, de rigueur morale, d’absence de complaisance: écrire au risque de déplaire, mais c’était au temps où la corne acérée du taureau garantissait la vérité du spectacle tauromachique...Ainsi, ces écrivains ont pu décrire la tragédie artistique, codifiée, avec ses danses, ses chants, ses vivats et ses passes précises: les véroniques, les naturelles, les passes de poitrine... Elle doit bien être un art, la corrida, puisque le code des impôts stipule de manière poétique et quelque peu ironique que « cette imposition ne frappe pas les différents personnels se produisant dans l’arène. Selon la règle fiscale, les matadores (ou espadas) sont assimilés à des artistes. Ils sont exonérés à ce titre, même si leur activité ne relève pas des œuvres de l’esprit... » 

 

La corrida serait un scandale, un spectacle immoral ? Citons le début de Mort dans l’après-midi :

 

 « A mon avis, d’un point de vue moral moderne, c’est-à-dire chrétien, la course de taureaux est tout entière indéfendable ; elle comporte sans doute beaucoup de cruauté, toujours du danger, cherché ou imprévu, et toujours la mort. Je ne vais pas en tenter maintenant la défense ; je veux seulement dire honnêtement tout ce que je crois être la vérité sur cette question ; cependant, durant ces courses je me sens bien, j’ai le sentiment de vie et de mort, du mortel et de l’immortel, et, le spectacle terminé, je me sens très triste mais à merveille. » Paradoxe puissant, décelable aussi chez S. de Beauvoir, dans La force de l’âge : 

 

« La corrida est justifiée dans son sens original : un animal intelligent travaille à vaincre un animal plus puissant mais irréfléchi ; en ces temps où les paroles coûtent si peu, j’apprécie les épreuves où l’homme engage son corps, dans un corps à corps et je fustige les moralistes bourgeois qui sont de purs esprits. »

 

En ce triste été 2014, où la frustration des spectateurs est à son comble, doit-on espérer que toro et torero, unis dans le destin, ne connaissent pas le sort des festivals de l’été et soient les derniers intermittents du spectacle à nous offrir l’ultime duel, bestial en apparence, mais si proche du sacré ?  

 

Jean-Pierre Bonnel

 

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MERCREDI 2 JUILLET 2014, à 18h00 Librairie Torcatis,

   

MANO A MANO

entre Christian Sournia et Michel Cadet

autour des actes du colloque de décembre 2010

LE TAUREAU ET L'HOMME

        L'HOMME ET LE TORO

                DANS LE CINEMA

Ed. Trabucaire

Sous la direction de François de la Bretèque & Christian Sournia

 

Le taureau ou le toro, - ces deux graphies sont signifiantes -

pose un certain nombre de questions essentielles touchant à la

représentation cinématographique et à ses dimensions anthropologiques,

mythologiques, mais aussi sociologiques ou politiques.

 

J.P.Bonnel

(textes publiés en 2014, dans le recueil CatalognArts…)

 

Peinture et tauromachie à Céret - Littérature et corrida - Le blogabonnel

leblogabonnel.over-blog.com/article-peinture-et-tauromachie-a-ceret-litterature-et-cor...

 

  1.  

26 juin 2014 - Torero-J.P.Formica--2011.jpg ... J'en ai vu une autre à RONDA, berceau de latauromachie, et n'ai ... Littérature et Corrida (J.Pierre Bonnel) :.

Littérature et corrida (2) - Cinéma de la corrida - Souffrance des ...

leblogabonnel.over-blog.com/article-litterature-et-corrida-2-cinema-de-la-corrida-sou...

GALA et Salvador vus par Anaïs NIN

 

 

"…Les Dali sont arrivés, mais ils étaient fatigués et sont montés dans leur chambre…Les Dali parurent au petit déjeuner. Tous deux petits de stature, s'assirent l'un près de l'autre. Tous deux d'aspect peu remarquable, elle dans les tons modérés, un peu passés, et lui dessiné au fusain comme le dessin que ferait un enfant d'un Espagnol, n'importe quel Espagnol, à part l'incroyable longueur de sa moustache. Ils se tournaient l'un vers l'autre comme s'ils recherchaient une protection, à être rassurés, ils n'étaient ni ouverts, ni confiants, ni à leur aise. Dudley était méfiant. Dali était-il vraiment fou ? Etait-ce une pose , Etait-il excentrique spontanément ou par calcul..?

 

 

Ils voulaient que je trouve la solution de l'énorme parce que je parlais espagnol, mais ils n'avaient pas prévu la puissance d'organisation de mme Dali…

 

Les exigences de mme Dali étaient accablantes. John en agit assez de lui faire les courses. Flo se sentait exclus des discussions internationales sur l'art. John était irrité par l'entrain de Dali et son activité incessante. Dali peignait tous les jours en sifflant et en chantant…

Henry était irrité de voir comme Mme Dali dorlotait son mari…J'aimais entendre parler Dali. Il était plein d'inventions et de fantaisies débridées…Me Dali était méfiante à mon égard. Dali m'aimait bien et perdait sa timidité lorsque j'apparaissais. Il me montrait son travail…"

 

 

Anaïs NIN - Journal 1939/44, Stock, pages 61/62.

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 09:30
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -
Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -

Dali - Bunuel et Lorca - La Tour de Carol : rando culturelle - Rosa Luxembourg, par Anne ROCHE, prix W.Benjamin 2019 -

LIDIA : son délire

 

 

Elle a donc passé une partie de sa vie obsédée par la figure d'Eugeni d'Ors. La fascination pour ce jeune dandy et le monde qu'il représentait, poussa certains psychanalystes à la qualifier de « paranoïaque érotomane »...

 

Ainsi cette "maladie" serait née d'une lecture idéalisée, passionnée des articles et « gloses » de Eugeni d'Ors.

L'interprétation de ces textes s'opérait par des associations d'idées et des analogies puisées dans l'étymologie des noms communs, car le journaliste n'a jamais, bien sûr, cité le nom de Lidia. 

 

Simplement, si Xènius n'a jamais expliqué de façon explicite qui se cachait sous le surnom de La Bien plantée, il a cependant fait apparaître le personnage d'un pêcheur nommé Nando qui correspondait au portrait du mari de Lydia.

De même, une autre fois, il écrivit dan un magazine consacré à la tauromachie dans lequel une Lydia apparaissait...

 

Elle était convaincue que ces textes constituaient des allusions à sa propre personne, et que ces chroniques formaient une correspondance personnelle qui lui était adressée… Cette interprétation personnelle, cette lecture incroyable trouvèrent leur apnée quand elle s'identifia tout-à-fait avec Teresa, la protagoniste fictif de le "bien plantée", créé par D'Ors.

 

 Peu à peu, tout le monde au village fut au courant de cette lecture interprétative : elle conservait les coupures de journaux dans le panier de poissons, quand elle allait apporter la pêche fraîche dans les maisons des gens aisés. 

C'est ainsi que, dans une de ces familles bourgeoises, celle du notaire de Figueres, ces extraits de presse et les lectures de la poissonnière éveillèrent l'imagination de Salvador Dalí, qui était encore un enfant. Plus tard, Lídia sera un cas d'école et deviendra la muse de la méthode paranoïaque-critique. Le maître n'inventa pas grand-chose, amis s'inspira du délire de cette femme en proie aux fantasmes les plus extravagants !

 

 Pour Salvador Dalí, son esprit était "enclin à la poésie.» Il est vrai qu'elle s'exprimait avec des images inédites et des formules énigmatiques. Par exemple, « Le miel est plus doux que le sang ». L'expression signifie que si vous devez choisir entre votre famille et une personne anonyme, pour laquelle vous éprouvez soudain une forte inclination, vous serez conduit à choisir le bel inconnu. Pour elle, le miel représentait Eugeni d'Ors et le sang symbolesait ses fils jumeaux Nori -Honorius-, et Venido, signifiant Bienvenu. 

 

Lydia fut donc connue pour ses élucubrations "surréalistes" et ensuite parce qu'elle vendit sa cabane de Portlligat à Salvador et Gala. En outre, Dali la représentera à plusieurs reprises et écrira sur elle. Pour les Surréalistes qui vinrent à Cadaqués, ce personnage fut une rencontre inattendue, une Nadja humble et torturée; Crevel, Eluard, Char, Buñel…en parlèrent dans leurs correspondance avec Breton et Aragon…

 

Comment expliquer le délire lydien..? Par une différence d'âge œdipien ..? En effet, il faut savoir que l'écrivain est devenu vite orphelin de mère. Il se pet aussi que l'attrait physique pour cet adolescent intelligent et beau ait joué dans    le refoulement du désir de la magicienne-poissonnière 'et l'interprétation des messages secrets.

 

 Quelques phrases mystérieuses de Lydia ont été captées et célébrées par Dali et Lorca, telle "la fuente est sec" : on sait que, dans un moment de lucidité, la Lidia écrivit une carte à Lorca, avec Dali, le 16 avril 1927 : "M. Federico G. L., si vous avez vraiment faim et soif, venez à la fontaine. Il y a sur la fontaine sacrée le nom de "bien Plantà". Mais la fontaine est tarie, elle a perdu la Foi, l'Espérance et la Charité et elle ne peut pas trouver le salut.

Les deux amis se souviendront toujours d'un autre aphorisme façon Lydia : "Fandango est un todo el mundo"...

 

Ou, encore, l'intelligible « La paix poursuivie par un grain de raisin. »

 

Au fil du temps, l'obsession de Lydia augmentait. Le panier de la vente de poissons, rempli d'algues et de coquillages, contenait surtout des textes, des fragments de journaux, toute une mémoire : les créations du génial d'Ors !

C'est ainsi que tous les livres publiés par Eugeni d'Ors, même L'ennui de la mer, furent soumis à l'interprétation de la Poissonnière délirante. 

Quant à la véritable histoire de la Bien plantée, selon Lidia, le livre tournerait autour de la lutte entre ce qu'elle appelle « les chèvres et les anarchistes » d'une part, et le groupe secret de « Xènius » de l'autre, parmi lesquels Pichot, Dalí, Eduardo Marquina et Carles Fages de Climent….

 

 Lydia avait découvert un matin le livre d'Eugeni sur la table, à côté d'une coupelle de cerises, d'un bol de de lait et d'une assiette de fromages. Ce livre était un secret; sont apparues alors toutes sortes de spéculations. Il fallait trouver la vérité ! elle pensait : « Ce secret, si je l'explique, ne sera plus un secret. »

 

Il avait donc réuni les gloses quotidiennes ou hebdomadaires, pour en faire un recueil hybride, au genre flou, ni fiction, ni reportage journalistique, une sorte de discours au fort contenu idéologique…qui allait connaître la gloire, et être réédité sans cesse…Une histoire simple, celle d'une femme qui vient de la ville et s'installe dans un anonyme port côtier, agricole, tellurique : ses belles manières, son élégance, son esprit tranquille et serein vont bousculer le microcosme du petit village… Le personnage va provoquer un émoi, une catharsis qui va faire émerger les vielles discordes ancestrales. C'est l'ordre, la civilisation, Midi le juste qu'elle apporte au coeur des racines du petit peuple. L'auteur chante la mesure, l'idéal de concorde, la civilisation urbaine faite de lois, de valeurs positives, d'art, de mathématique et d'architecture. La revendication de l'ordre classique s'oppose aux tentations anarchistes et l'intelligence aux sentiments, aux épanchements, aux sensations…Doit naître ainsi la modernité ! 

 

D'Ors, qui vécut beaucoup à Paris, était influencé par le poète Jean Moréas, qui fut d'abord tenté par la veine symboliste mais l'abandonna pour tendre vers une esthétique et une identité méditerranéennes. Il fallait retrouver l'inspiration méridionale, les traditions du Midi afin d'aller vers le progrès ! Son écriture s'inspirait de racines françaises, attachées aux idées nationalistes, patrie, tradition, maternité, morale… C'est pourquoi Teresa la sereine, l'équilibrée, était habillée de blanc…

 

Le succès de l'ouvrage va susciter un débat enflammé,une sorte de psychose collective : mais quel est donc le modèle de cette Teresa ? On cita plusieurs noms, des personnalités féminines bien connues entre Figueres et Gérone, et ceux des conquêtes de ce séducteur d'Eugeni…  Or ce personnage était une femme imaginaire, pas la transposition plate et directe d'une dame référencée dans le monde littéraire et bourgeois de la Catalogne. Ce n'était pas là, bien sûr, la conviction de Lydia : pour elle, Teresa, cédait elle, en chair et en os, en langage fleuri et en actions ! L'identification était évidente, et évidente l'intention de l'écrivain : écrire un chant d'amour à la poissonnière de Cadaqués ! 

 

(LIDIA de CADAQUES, de J.P.Bonnel - Color gang éditeur, 13 euros)

Rosa Luxemburg :

une mémoire à tout le monde ?

 

En 1947 à Berlin-Est, dans le quartier de Berlin-Mitte, l’ancienne place Babelsberg est baptisée « Rosa-Luxemburg-Platz ». Après la réunification de l’Allemagne, alors que nombre de rues et de places étaient débaptisées et nommées à neuf, la place Luxemburg a gardé son nom.

Cette pérennité serait-elle le signe d’une pensée consensuelle, que les nouveaux dirigeants adouberaient sans en craindre une quelconque portée subversive ? Le fait que la mémoire de Rosa Luxemburg ait été historiquement revendiquée aussi bien par les communistes de stricte obédience que par la gauche antistalinienne, voire parfois par les anarchistes, oblige à s’interroger. Un recours aux textes, et aux jalons de l’histoire (1871-1919) devrait permettre quelques éléments de réponse.

 

Présentée par Christian Tarting, Anne Roche, écrivain (roman et théâtre), critique et théoricienne de la littérature, parlera, le 7 août 2019 à Saint-Étienne-les-Orgues – au coin de la rue de l’Enfer –, de l’auteur de L’Accumulation du capital cent ans après son assassinat ; de son importance, aujourd’hui toujours, pour la pensée critique mais aussi l'action ; de ce que la social-démocratie fait aux corps pensants et résistants.

Anne Roche est la lauréate du prix Walter-Benjamin 2018 pour Exercices sur le tracé des ombres. Walter Benjamin 

(les éditions chemin de ronde, coll. “Strette”)

Nuits transfigurées, Musiques dels Monts 

 

Tradition désormais solidement établie, les Musiques dels Monts transfigureront les nuits des Albères du 8 au 11 août.

 

L’enfant du pays, le clarinettiste Florent Pujuila revient chaque été dans son village de Villelongue-dels-Monts avec ses amis musiciens, l’académie où ils enseignent et de nombreux élèves. Comme les élèves sont très jeunes les familles les accompagnent. Le village devient ainsi une grande ruche musicale, faite de sérieux et de décontraction selon les heures, les moments et les prestations des uns et des autres. Les chaudes nuits d’été offrent aussi la musique en partage, l’inventivité s’y déployant largement.

 

Autre plaisir démultiplié, celui d’un recours à de multiples formes musicales : jazz, classique, musiques du monde, arrangements savants ou fantaisistes. La musique sous toutes ses formes et selon toutes compétences. Il est mille façons d’être musicien et autant d’aimer la musique. Et le faire sous l’égide d’un titre aussi beau que Nuits transfigurées n’en rend l’attente que plus exaltante.

 

Des journées aux multiples attraits, des soirées-phares et des nuits surprenantes

Florent Pujuila et ses amis ouvriront le festival le 8 août à 18h avec un hommage à la musique de John Zorn, intitulé Zornitologie. Bodegas, avec des cartes blanches aux élèves et aux improvisateurs, musiques dans les jardins et promenades matinales, musique et BD autour du Petit Prince de Saint-Exupéry (le 9 à 16h), musique de chambre au prieuré du Vilar (le 9) et à l’église du village (le 10 et le 11). Histoires chantées à propos des zanimaux, musique africaine, avec la fanfare Olaïtan, venue du Bénin, musiques balkaniques, roumaines, cubaines mises en concert par Deborah Nemtanu et Lucas Henri (le 11 au Vilar). Et les Nuits surprise… pour ceux qui ne veulent pas dormir.

Quatre soirées sur la grande scène et un feu d’artifice

Le 8 août, à 21h soirée Andy Emler : d’abord du jazz avec le trio E.T.E. (Emler, Tchamitchian, Echampard), puis Carte blanche à Andy Emler qui invite autour de son trio quatre clarinettistes connus, aimés et fidèles: Di Donato, Nageotte, Lochet et Pujuila. Le 9, en 1e partie, Holi, création de Nicolas Nageotte, musique du monde, inspiré de la fête de couleurs indienne, en 2e partie Mowgli, Trio incontournable, Born in Occitanie (saxo, claviers, batterie). Le 10 le quatuor Voce offrira un programme autour de La nuit transfigurée de Schönberg,  suivi du Cabaret contemporain par cinq artistes improvisateurs. Après les concerts traditionnels du dimanche après-midi, la dernière soirée sera animée par le trio de jazz Fourneyron, Gesser, Beliah avant le grand feu d’artifice final où s’immergeront quatre percussionnistes déchaînés.

 

academie.delsmonts2@gmail.com 

 0662492166

 

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 10:23
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)
Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)

Joseph Maureso - Oeuvre de Roger Maureso à Bages, en face de la Maison Carrère - Toiles de J.Maureso (photos JPB)

Joseph MAURESO à la Casa Carrère de Bages, en famille et entre amis

 

A première vue, à la première traversée, Bages ressemble à un village de poubelles; les trottoirs, souvent absents ou minuscules sont encombrés, jour et nuit. Vert/jaune, Jaune/vert, symphonie de couleurs et d'odeurs...M. Le Maire, est-ce là une installation contemporaine..?

Mais je ne suis pas venu pour causer poubelles...

 

La mairie a eu sans doute plus de goût en conservant l'admirable édifice de l'ancien musée d'art naïf et de faire de la "Casa Carrère", un lieu culturel, célébrant un artiste chaque été, et abritant, en son jardin, le soir, un concert de qualité.

 

Bages a choisi d'honorer l'artiste qu'on ne présente plus, fils d'un père célèbre, Roger Maureso... Joseph, ancien prof aux Beaux-Arts de Perpignan, investit avec inspiration les lieux magiques de la région et a décidé d'associer à ses actuelles oeuvres "hybrides" ses amis Christophe Massé, Odile Marot et Michel Fourquet. 

 

Au lieu du terme "hybrides", qui suggère des manipulations génétiques -et artistiques, ici, avec l'ajouts d'humains marotiens, avec l'intrusion de couleurs fourquettiennes, avec la présence inquiétante et hiératique de personnages masséens...j'aurais préféré le mot "dialogues" ou "correspondances"...

 

Ou encore, pour rester dans la littérature "d'affinités électives"...

 

 Sans oublier la famille qui participe à cet opéra total, dont le point d'acmé est fixé au 1er septembre, avec le décor de scène et le spectacle de Paola, la fille de Joseph et d'Evelyne, son épouse, qui fixe sur le papier de subtiles sculptures poétiques... Quant au fils, Raphaël, il expose  au rez-de-chaussée, ses étranges créatures en résine blanche, souris aux yeux de hiboux, mulots chiraquiens énigmatiques, comme, d'ailleurs, toute la série donnée à voir par J.Maureso, dans les trois espaces de la solide bâtisse...

 

C'est quoi ? ça représente quoi..? ça veut dire quoi..? On connaît les questions a priori, naïves, spontanées.

 

Or on sait depuis Kankinsky, en 1905 que la peinture -morte, moribonde, qui n'en finit pas de finir- ne se considère pas à partir des apparences et du goût, de l'esthétique : la beauté, c'est comme Capri...

 

Non, désormais, on assiste à une inversion de la démarche esthétique classique : vous n'analysez pas les formes de l'objet, mais le comportement du sujet. Se glisser à l'intérieur de l'objet, qui n'est plus vu comme un résultat, mais qui est le produit d'une intention...

 

Alors, quelle a été votre intention, votre motivation, votre dessein, M. Maureso..?

Il doit bien en avoir une, d'intention car l'oeuvre paraît raisonnée, non pas mue par une irrationnalité surréaliste... mais il ne vous la dira pas : ce serait limiter l'oeuvre, donner un arrêt à la spéculation du spectateur, car l'oeuvre riche est plurielle, elle suggère à l'infini, et chaque voyeur peut y trouver son bonheur...

 

Alors, c'est vrai, je n'ai pas tout compris; il me semble que l'ensemble est une vue de début de monde, une genèse d'où une spiritualité inachevée surgit...

 

Ces toiles sans cadre contiennent un code : étranges partitions, tels ces oeufs, oeils ou yeux, astres..? Les grands formats -manquant parfois de recul au rez-de-chaussée-et les petites toiles sont des paysages baignés dans une couleur ocre : sable, terre, matérialité où s'érige une verticalité indéfinissable...

 

Au premier étage, l'oeil est attiré par les volumes, les cubes pris dans des vapeurs de naissance d'un matin; animent le tableau, de façon paradoxale, des cercles de branches mortes face à la spiritualité en forme de croix. En son coeur surgit, central, un pays d'arbres, de cyprès, une oasis verte tourmentée par un univers en transes...

 

La série se poursuit au second étage, avec ces morceaux de monde dépourvu d'hommes, de bêtes ou de vie, sauf quand le personnage humain naît dans le triptyque d'Odile Marot, quand la couleur donne du relief grâce aux ruissellements de Michel Fourquet, quand l'oeil pare avec les grands yeux de Christophe Massé...

Ces trois amis ont peint directement sur la toile de Joseph.

Cette trinité d'artistes se manifeste à l'issue du long chemin de croix maurésien, crevant le ciel de la maison-musée, pour poursuivre, c'est sûr, en d'autres génies du lieu, la métamorphose picturale d'un monde nouveau, meilleur, dans l'utopie de la peinture...

 

J.P.Bonnel

 

* à signaler, le concert du 23 août prochain (2019) à la Casa Carrère, ave Paola, Pere Figueres, l'enfant-musicien du pays, et Gérard Meloux. (entrée libre et gratuite)

 

 

 

 

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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