Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 16:04
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -

L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute (C) Jean IGLESIS - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -

 

Salvador DALI

 

Bien après d'Ors, Salvador, beaucoup plus tard, cousu d'or

 

Je viens de relire le Journal d'un génie. Je l'avais prêté sans doute et j'ai dû racheter le carnet de bord de Dali : "Il est épuisé, dans l'édition de poche idées-Gallimard, c'est pour ça qu'il est cher!", me dit le libraire de Montolieu...

 

Je revisite, avec ce livre, dans ces années 1952/63, qui sont celles de mon enfance. Dali aussi est encore un enfant, avec ses rêves, ses fantasmes, sa poésie, sa mégalomanie, son mal-être...Sa paranoïa, qualifiée de critique car elle permet la créativité, développée grâce à celle de la sorcière surréaliste de Cadaqués...

 

Je suis sensible aux pages dans lesquelles il décrit ce petit bout de Catalogne qu'il adore, entre Cap de Creus et Cadaqués; il s'est posé à Port-Lligat, dans une grande maison blanche devenue musée national; l'homme de Figueres, de la plaine de l'Ampurdan a trouvé l'inspiration sur cette côte rocheuse, découpée, cisaillée par l'iode et le vent, au point de sculpter d'étranges monstres dans la masse schisteuse...

"...pendant une demi-heure, les rochers de Cadaqués se sont stylisés à la lumière de Vermeer…",

écrit-il, page 113,  des éditions de La Table Ronde, 1963.

 

Port-Lligat est la pointe la plus orientale de l'Espagne, c'est pour quoi,

 "Je suis chaque matin le premier Espagnol qui touche le soleil. En effet, même à Cadaqués, qui est à dix minutes d'ici, le soleil arrive plus tard."

(page 62)

 

Dans la petite crique de son "port d'attache" de l'intime crique, Dali travaille :

"Jamais je n'ai eu autant de plaisir à peindre. Nous allons nous baigner à Junquet et je prends de plus en plus de plaisir dans l'eau..."

(p.114)

 

Après un après-midi de farniente simple, dans l'eau et dans le soleil, Dali et Gala regardent la lumière du soir et encore les sculptures naturelles des roches  : "Nous passons un après-midi digne des dieux. Tous ces rochers sont des torses de Phidias en formation. Le plus bel endroit de la Méditerranée se trouve exactement entre le cap de Creus et l'aigle de Tudela." (p.115)

 

Et Dali termine sa réflexion sur l'art et la mort en un style personnel faisant du peintre un grand écrivain : "La beauté suprême de la Méditerranée s'apparente à celle de la mort. Les rochers paranoïaques de Cullaro et de Francalos sont les plus beaux du monde. Aucune de leurs formes ne fut jamais vivante, ni actuelle."

 

(extrait de LIDIA de CADAQUES, mythe méditerranéen - J.P.Bonnel)

 
ELNE VILLE HAUTE - Le groupe artistique
du jardin des métiers d'art
 
⭐️ *** Ca bouge à Elne ! ***
 
 ⭐️ Notre COLLECTIF VILLE HAUTE est né 🌟 ... pour faire vibrer ce petit oasis du Quartier Historique, où les remparts cachaient discrètement jusque là (mais ça c'était avant...), des galeries, des artistes, des œuvres et métiers d'art, des restaurants délicieux, chambres d'hôte et bar à vin nature où il ne manque que Colluche ! 

En attendant, on vous mijote des animations artistiques régulières durant toute la saison 🥳, avec un nouvel espace amoureusement aménagé dans le Jardin des Métiers d'Art, grâce à la délicieuse biscuiterie & chocolaterie Praincel. Une belle terrasse et parasols au milieu de ce havre de paix vous attendent chaque jour pour vous servir 🍨
 
🍪🥤. Et nous on est là... un peu sous ces parasols... un peu dans nos ateliers que vous pouvez visiter si vous êtes sages... un peu chez Paulo au Casot (bar à vin) qui sert des vins nature... ou en démonstrations d'art quotidiennement, dans les cours qu'on anime et qui s'étofferont encore toute l'année... dans nos nocturnes les mercredi qui vous enchanteront peut-être.... dans les brocantes organisées à la Ville Haute... des vide-ateliers chaque année...
 
Bref, tant de choses, mais surtout l'envie de faire de notre Ville Haute, une place forte d'art et de culture, vivante et dynamique ! 👩‍🎨👨‍🎨👩‍🎤👨‍🏫🦸‍♂️🧟‍♀️💃🕺
 

Découvrez nos albums
 

 – à Elne.

 

Jean IGLESIS (texte et photo)

Partager cet article
Repost0
4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 16:04
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -
L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -

L'artisan-menuisier H. Pagès - Artisans d'Elne la haute - Musiques : Villelongue del Monts et EUS - Casa Carrère : J.Maureso à Bages (demain) -

 

Salvador

 

Bien après d'Ors, Salvador, beaucoup plus tard, cousu d'or

 

Je viens de relire le Journal d'un génie. Je l'avais prêté sans doute et j'ai dû racheter le carnet de bord de Dali : "Il est épuisé, dans l'édition de poche idées-Gallimard, c'est pour ça qu'il est cher!", me dit le libraire de Montolieu...

 

Je revisite, avec ce livre, dans ces années 1952/63, qui sont celles de mon enfance. Dali aussi est encore un enfant, avec ses rêves, ses fantasmes, sa poésie, sa mégalomanie, son mal-être...Sa paranoïa, qualifiée de critique car elle permet la créativité, développée grâce à celle de la sorcière surréaliste de Cadaqués...

 

Je suis sensible aux pages dans lesquelles il décrit ce petit bout de Catalogne qu'il adore, entre Cap de Creus et Cadaqués; il s'est posé à Port-Lligat, dans une grande maison blanche devenue musée national; l'homme de Figueres, de la plaine de l'Ampurdan a trouvé l'inspiration sur cette côte rocheuse, découpée, cisaillée par l'iode et le vent, au point de sculpter d'étranges monstres dans la masse schisteuse...

"...pendant une demi-heure, les rochers de Cadaqués se sont stylisés à la lumière de Vermeer…",

écrit-il, page 113,  des éditions de La Table Ronde, 1963.

 

Port-Lligat est la pointe la plus orientale de l'Espagne, c'est pour quoi,

 "Je suis chaque matin le premier Espagnol qui touche le soleil. En effet, même à Cadaqués, qui est à dix minutes d'ici, le soleil arrive plus tard."

(page 62)

 

Dans la petite crique de son "port d'attache" de l'intime crique, Dali travaille :

"Jamais je n'ai eu autant de plaisir à peindre. Nous allons nous baigner à Junquet et je prends de plus en plus de plaisir dans l'eau..."

(p.114)

 

Après un après-midi de farniente simple, dans l'eau et dans le soleil, Dali et Gala regardent la lumière du soir et encore les sculptures naturelles des roches  : "Nous passons un après-midi digne des dieux. Tous ces rochers sont des torses de Phidias en formation. Le plus bel endroit de la Méditerranée se trouve exactement entre le cap de Creus et l'aigle de Tudela." (p.115)

 

Et Dali termine sa réflexion sur l'art et la mort en un style personnel faisant du peintre un grand écrivain : "La beauté suprême de la Méditerranée s'apparente à celle de la mort. Les rochers paranoïaques de Cullaro et de Francalos sont les plus beaux du monde. Aucune de leurs formes ne fut jamais vivante, ni actuelle."

 

(extrait de LIDIA de CADAQUES, mythe méditerranéen - J.P.Bonnel)

Partager cet article
Repost0
3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 07:37
La maison bleue de Cadaqués où séjourna Picasso en 1910 -
La maison bleue de Cadaqués où séjourna Picasso en 1910 -

La maison bleue de Cadaqués où séjourna Picasso en 1910 -

 - Festival Casals - Musique à Eus - Expo MASARDO Pascale
 - Festival Casals - Musique à Eus - Expo MASARDO Pascale
 - Festival Casals - Musique à Eus - Expo MASARDO Pascale

- Festival Casals - Musique à Eus - Expo MASARDO Pascale

Picasso à CADAQUES

 

 

En 1910, Picasso va passer tout un bel été à peindre le bleu de la mer. La Méditerranée de Cadaqués est autre, ce n'est pas celle de Barcelone, de Tunis ou de Naples… L'épicurien goûta au farniente des soirées autour d'interminables tertullias, où l'on glosait, déblatérait, se disputait, de repas privés, et le petit jour lui offrait des balades en barque : il était choyé, invité par le milieu favorisé du village. 

 

Convié à des concerts, nocturnes, il se rappelait ce qu'on lui avait raconté des repas pantagruéliques d'Eugenio d'Ors : il voulait faire de même. Il ne va pas demeurer longtemps dans l'auberge de la Lydia, sans doute trop modeste. Il en trouva une autre, à la plage de Poal. Il avait vingt-neuf ans et expérimentait le cubisme : à part des dessins, il peignit, durant son séjour de quatre mois, Le port de Cadaqués et Atelier de Picasso à Cadaqués.

 

"Il défigure notre village, il n'utilise que des angles, des arêtes et des lignes brisées; none reconnaît plus notre décor ! Ce peintre est un sorcier, je l'estime bien, on se ressemble ! S'il peint ainsi, c'est que son secret doit être caché profondément ! Ils ne sont pas près de le trouver, ces imbéciles ! Moi, je résoudrai l'énigme. Celle du cube et du sex-appeal…"

 

 Mais Picasso ne parlait guère et expliquait encore moins… Pablo s'en alla vite et ne revint jamais à Cadaqués. Le secret resta longtemps dans la tête et le coeur de la dame aux poissons volants qui tournaient dans son imagination…

 

 C'est Eugeni qui vint, neuf ans plus tard, autre artiste secret, mais Lidia était convaincu qu'il viendrait bientôt, c'était indubitable. "Il viendra dans une belle auto. Je commanderai à mes fils de lui faire griller nos plus beaux poissons, les lottes et les rougets, au feu rapide des sarments, puis le ragoût de la mer, qui mijote longtemps sur un incendie de souches fortes… Je n'oublierai pas quelque langouste fraîche et le meilleur vin…"

 

En 1919, la technique était passée par là: le vieux bus, la tartane désaxée reposaient au cimetière du XIX° siècle. Désormais, une automobile plus confortable et capable d'atteindre les soixante-dix à l'heure pouvait se régaler sur la route bitumée. Et puis, il y avait à présent le téléphone et on pouvait commander les produits qui manquaient, la viande du mouton le plus tendre, par exemple, pour régaler notre hôte, pour qu'il nous aime et ne nous prenne pas pour des rustres retirés, entre les collines et la mer !

 

Ce qu'elle n'avait pas vu dans son cerveau visionnaire, ce sont les silences et les drôles de textes de l'Eugène ! Les fils trouvant Le fameux livre, par hasard…Le mari, inculte, qui se taisait, bafoué, mais n'en pensait pas moins… Et les voisins, qui, curieux et , faisaient de drôles d'yeux…

 

Quant à d'Ors, il se taisait lui aussi, cédait l'omettra totale. Il restait dans le déni : sous la pression des Dali, du notaire surtout, le moraliste, il répondait qu'il n'avait jamais cité un marin, qui aurait pu être l'époux de la poissonnière…S'il avait parlé de marin, ce fut pour dire qu'il était comme ces pêcheurs lointains, qui, tournant de par le monde, avait une femme dans chaque port…Ah l'orgueilleux Don Juan ! Qu'il n'était pas responsable des parleries et des crises de défouloir de cette femme ! Un vrai innocent ! "Qu'est-ce que j'y peux, moi, si, dans chaque ville, une femme m'espère..!"

 

(La LIDIA de CADAQUES - J.P.Bonnel - 2019 - Color Gang éditeur, Palau del Vidre, 66 )

Partager cet article
Repost0
2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 09:30
LORCA-DALI : l'amitié amoureuse
LORCA-DALI : l'amitié amoureuse
LORCA-DALI : l'amitié amoureuse

LORCA-DALI : l'amitié amoureuse

Feuilleton estival...

 

 

Lidia est né à Cadaques, le 30 mai 1866, son père était un pêcheur Baldiri Noguer et sa mère Dolors SABA, était connu comme La Sabana et était considéré comme une sorcière capable de contrôler les phénomènes atmosphériques et d'ensorceler les jeunes. Elle a épousé Ferran Costa, en mars 1890 et a eu deux enfants, Benvingut et Honori.

 

Sa soeur Valentina, un an plus jeune et elle n'a pas été scolarisée, néanmoins a appris à lire et écrire de sa propre initiative, quand elle était plus âgée. Quand ses enfants pêchaient et que l'économie familiale était meilleure, elle faisait les comptes de pêche, à sa manière, dans un cahier qu'il appelait «Le Journal du Siècle» et consacrait des heures à sa grande passion, en lisant, dans un magazine satirique de l'époque.

 

Josep Pla conte dans son livre : « Un frustrat de viatge » que le médecin de Cadaqués a reçu une lettre de son collègue Ors lui demandant de chercher une maison pour son fils, Eugeni, qui passerait une saison à Cadaqués pour se remettre de sa délicate santé, accompagné d'un ami, Jacint Grau. Les deux jeunes hommes sont arrivés à Cadaqués en juin 1904 et ont séjourné chez Lidia.

 

Jacint Grau avait 28 ans et Eugeni avait 24 ans, tous deux destinés à des chemins différents, mais cet été rivalisait de préoccupations et l'excellence culinaire de Lydia était une femme robuste de 38 ans douée d'un regard expressif. Elle a été fascinée depuis le début par Eugeni, à la fois pour son attrait physique et pour ses manières sophistiquées et élégantes qu'elle n'avait jamais vues auparavant.

 

Les avoir à la maison lui a donné l'occasion d'écouter ses conversations intellectuelles et de feuilleter les livres qu'ils avaient apportés, bien qu'elle les ait à peine compris, comme celui de Nietzsche en allemand et les feuilles écrites, qu'elle a trouvait en faisant le ménage...

 

LIdia était plus encline à la poésie d'Eugeni qui, comme Salvador Dalí a dit plus tard, était une occupation pour laquelle elle avait une vraie prédisposition, qu'à la littérature de Jacint.

 Ainsi, il ne fut pas étrange qu'elle fût tombée amoureuse du jeune homme qui lui avait ouvert un monde.

 

Ses deux enfants et son mari parlaient peu, mais ils comprenaient que quelque chose se passait dans leur maison.

Lidia leur disait qu'elle venait de découvrir le monde de la métaphore et aussi, un secret, le secret d'Ors, qu'elle ne pouvait pas expliquer parce que c'était inexplicable. Surtout, expliquer serait tuer le secret !

 

LIDIA : "Le miel est plus doux que le sang."

Étude pour «miel est plus doux que le sang» par Salvador Dalí (vers 1927) 

...

Au début d'octobre 1904, les deux jeunes hommes ont parcouru Cadaqués, en disant au revoir avec un « au revoir", un "à bientôt  poli"...

 LIdia interpréta à la lettre la formule et attendit durant des années, mais aucun des deux amis ne revint jamais plus sur cette côte. 

 

C'était une femme bien plantée, formule qui désigne une personne susceptible de transmettre une image de sécurité, de générosité et de maîtrise de soi. Cela la rend particulièrement attirante, bien que ses attributs physiques ne soient pas forcément d'une beauté exceptionnelle et classique.

 

Lidia Noguer, fille de la sorcière Sabana, épouse le 29 mars 1890 le pêcheur Ferran Costa a l'église paroissiale. Les noces eurent lieu de fort bon matin : les époux voulaient effectuer leur voyage nuptial à Barcelone… 

 

Ensuite, ils eurent deux enfants, Benvigut -Bienvenu- l'aîné puis, deux ans plus tard, la fille, Honri. La mariée, dotée d'un homme absent, comme presque tous les mâles de Cadaqués, va s'ennuyer ferme. Pour s'occuper et devenir quelqu'un dans le hameau, ou "quelqu'une", elle estima que la seule solution était d'inventer des fictions, devenir la narratrice d'histoires villageoises inventées ou fondées sur des rumeurs… Voici la Lidia écrivaine…

 

Oui, elle s'ennuyait dans sa modeste maison de la Riba des Poal : la principale occupation des femmes de marins est d'attendre, en regardant la lune dans la nuit claire, l'arrivée des époux, des pêcheurs…Il faudra ensuite la vendre, cette moisson poissonneuse, dans les rues, auprès des voisines,ou plus loin, jusqu'à Roses, qu'elle savait atteindre en moins de trois heures ! 

 

Sinon, de jour, dans la maison du couple, reconnaissable avec, à l'étage, ses fenêtres, portes et balcons peints en rouge vif. Au premier étaient entreposés des réserves d'huile, de bois, de pommes de terre, la première occupation consistait à faire le café. D'ailleurs, une odeur de café s'échappait toute la journée de cette habitation. Elle cuisinait, elle parlait avec les voisines qui lui apprenaient quelque fait divers susceptible de chauffer son imagination. 

 

Quand le mari rentrait du café et des jeux de "truc" avec quelques fidèles, ils se mettaient d'accord sur l'heure du réveil matinal : des pierres, quatre ou cinq, selon les circonstances, la météo, étaient posées devant la maison… L'hiver, avec ses jours courts, ses coups de vent froid, poussait à l'hibernation; on s'occupait en rafistolant la lourde barque catalane, en arrangeant quelque fissure, en repeignant, surtout, le bois meurtri par le sel, par les souffles marins, par les embruns agressifs. On vivait selon le rythme de la nature. Dès le printemps, les premières chaleurs poussaient les femmes et les hommes, car ils avaient un métier double, vers un autre occupation : la récolte du vin et celle des olives.

 

C'était une vie simple, paysanne, ignorante des messieurs, des notaires, des avocats ou des intellectuels de la ville, Figueres de la plaine, là-bas, aperçue depuis le col, avant la descente vers l'Ampurdan, et Girona la lointaine. Ces femmes ne soupçonnaient rien de l'activité culturelle de la Catalogne urbaine, ni l'existence luxueuse es bourgeois qui, bientôt, vont venir se construire une résidence secondaire sur le rivage : les Pichot, les Rahola, les Dali… Avant la vague irrépressible des futurs touristes, qui changeront le visage de la Costa dite brava…

 

Ces gens travaillaient et parlaient peu. Mère et fille étaient presque mutiques : elles causaient dans leur tête et fomentaient d'inénarrables fictions…C'est en tentant de courts dialogues banals avec ces "culs blancs" de notaires, de médecins, d'artistes excentriques, qu'elles moissonnaient des éléments narratifs susceptibles de pouvoir alimenter les rumeurs et les imprécations qu'elles fomentaient et diffusaient à petits feux…

...

 

(J.P.Bonnel - extrait du livre La LIDIA de Cadaqués, disponible en librairie ou chez l'auteur, 13 euros - 06 31 69 09 32)

Partager cet article
Repost0
1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 10:49
R.Grau, à gauche...L'autre député du 66 à droite...Au milieu, le ministre

R.Grau, à gauche...L'autre député du 66 à droite...Au milieu, le ministre

Romain GRAU, maire de Perpignan, reçoit le ministre de l'intérieur, roi de la castagne

 

Après s'être fait réprimander par le 1er ministre, Castaner a entrepris un chemin de repentance sur les tombes des victimes récentes lors des manifs de gilets jaunes...

 

A été reçu par les familles des éborgnés, est allé sur la Loire, là où Steve a été englouti après une charge policières... Sans oublier les arabes envoyés dans la Seine, ni Malik Oucékine et le tabassé de Sivens... Ce chemin de croix de la castagne a conduit, fort logiquement, notre premier flic à se recueillir devant la vitrine brisée de Romain Grau...

 

Etaient présents à cette rencontre, sobre, qui a mobilisé tous les policiers de la ville pour quadriller le coeur de ville, outre la maire Grau (Castaner l'a connu au parti socialiste), Madame de Noëll (Castaner l'a connu auxRép), adjointe aux affaires scolaires et familiales, Michel Pinell (Castaner l'a connu au Modem), adjoint à la culture et au patrimoine en péril...

 

Cependant, étaient absents, non excusés, le conseiller municipal chargé du "pays catalan", de M. Brice Lafontaine, adjoint délégué aux patios et à la font del gat : ces messieurs s'étaient senti des démangeaisons à la venue du représentant de l'Etat centralisateur tant honni...

 

Le maire, même s'il aime l'humour, n'avala pas cette couleuvre catalaniste et priva les deux compères, -des Catalans pourtant très modérés -, du prochain cocktail, voué à acheter le silence municipal de l'opposition mené par le sans-étiquette Louis Aliot.

 

(de notre envoyé spécial non invité aux agapes, JPB)

 

PS. Et avec tous ces big événements, je ne peux même pas poursuivre la publication de mon feuilleton ! A demain, la LIDIA de CADAQUES !!!

Partager cet article
Repost0
31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 09:09
La cigale, restaurant-hôtel et les propriétaires (C) Nicolas CAUDEVILLE
La cigale, restaurant-hôtel et les propriétaires (C) Nicolas CAUDEVILLE

La cigale, restaurant-hôtel et les propriétaires (C) Nicolas CAUDEVILLE

Les lieux mythiques de Perpignan -

La cigale doit rester un lieu festif

 

Ils vont chanter tout l'été. La mairie et le CD66. Faut préparer les municipales. Bisbilles, triste bataille de la Bastille. 

 

LA CIGALE est un endroit convivial, où la communauté des Pieds-Noirs a créé le rendez-vous des amateurs de brochettes, de gouaille et de bonne humeur. Lieu où l'on peut aussi débattre en toute liberté... C'est assez rare en cette ville...

 

On s'y régalait, pas de cigales, mais de viandes en tous genres, dont le suave fumet se mêlait de façon harmonieuse aux rejets des pots d'échappements des voitures qui s'impatientaient au feu rouge, juste en face, et puis qui accéléraient en haut de la côte, pour aller sur Canet ou la place Cassanyes...

 

Une maison de santé, oui, il en faut une dans le quartier. Une maison pour migrants, bien sûr, à proximité du labyrinthe de Saint-Jacques : la mairie va abattre tellement d'immeubles que, sur le champ de bataille découvert, verront le jour des places inédites, des espaces offerts à la construction... d' un centre culturel, d'un gymnase, d'une maison du peuple, d'un accueil pour exilés : douches, dortoir, cantine, accès à la santé...

 

Alors, les politiques, hommes ou femmes, gardons la cigale en mémoire, respectons ce lieu culturel : inventer là un lieu culturel, dédié aux musiques, boîte de jazz ou combat amical de rumberos gitans, catalans, cubains, ou autres...c'est ce qu'on veut afin de faire de notre ville une urbanité universelle, fraternelle ! Ajoutons une pinte de spiritualité dans la logomachie politique et la rivalité municipale !

Chiche ! Qui va répondre à cette invite..?????

 

 

JPBonnel

 

** La cigale à Paris :

 

Située sur le boulevard de Rochechouart, dans le quartier de Pigalle, la salle de café-concert a été construite en 1887à l'emplacement du Bal de la Boule noire (édifié en 1822)1. D'une capacité d'environ 1000 places, elle se spécialise immédiatement dans la revue. Elle est agrandie en 1894 par l'architecte Henri Grandpierre, avec un plafond peint parAdolphe Léon Willette. Elle accueille les spectacles de Mistinguett, Maurice Chevalier, Yvonne Printemps, Gaston Ouvrard, Arletty, Raimu, ou Max Linder. Gina Palerme y fait ses débuts, en 1910.

Après la Première Guerre mondiale, on y joue des opérettes, des vaudevilles, et les soirées futuristes de Jean Cocteau. Un cabaret s'installe au sous-sol de l'établissement en 1924. Mais le caf'-conc. ferme ses portes en 1927. Il est remplacé temporairement par un petit music-hall baptisé La Fourmi.

Dans les années 1940, La Cigale devient une salle de cinéma2, un moment spécialisée dans les films d'exploitation (séries B, films sexy, Kung-fu), puis dans les films classé X.

En 1987, réouverture de La Cigale avec les Rita Mitsouko, grâce à Jacques Renault et Fabrice Coat, deux anciens brocanteurs, et cofondateurs de la boite de nuit « Les Bains Douches ». La salle, transformée en salle de spectacle polyvalente, est modernisée et décorée par Philippe Starck.

 

--- LA CIGALE à Perpignan:

 

Publié le 22/07/2019 à 17:57 / Modifié le 22/07/2019 à 18:59

Perpignan : l'avenir de l'hôtel-restaurant la Cigale enflamme la classe politique

Le bâtiment du haut de l'avenue Jean-Bourrat est sur le point d'être vendu au Conseil départemental pour en faire un lieu d'accueil des mineurs étrangers non accompagnés. Un achat qui n'est pas du goût de la municipalité qui pourrait faire valoir son droit à la préemption. 

Le sujet est sensible et a été le théâtre ce lundi 22 juillet, lors d'une séance du Conseil départemental, d'une passe d'armes entre la majorité de gauche et les élus d'opposition LR. En cause : l'achat pour la somme de 420 000 € de l'hôtel-restaurant la Cigale, situé au 78 boulevard Jean-Bourrat...

(L'Indépendant)

 

- - -

L'Archipel contre-attaque  Perpignan:"La Cigale" lieu populaire perpignanais Jean-Charles,Guy-Marc et Edith interview par Nicolas Caudeville

(20 janvier 2015)

 

Hôtel-Grill "La Cigale" 78 Bd Jean Bourrat - 66000 Perpignan CIGAGESTION SARL - siret: 329 178 560 00010 - TVA: FR32 329 178 560 Tél. +33 (0) 4 68 50 20 14 / Fax +33 (0) 4 68 66 90 40

Depuis plus de 50 ans, restaurant de brochettes créé et tenu par des pieds-noirs. Il reste un des derniers endroits populaires où l'on mange, on se rencontre et on débat de l'actualité du moment. Jean-Charles,Guy-Marc et Edith ceux qui font la "Cigale" la raconte, ainsi que son quartier attenant

http://www.hotel-cigale-perpignan.com/

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 09:55
Cadaqués (C) J.P.Bonnel - Ana Maria et Salvador en 1925 - 4° de couverture -
Cadaqués (C) J.P.Bonnel - Ana Maria et Salvador en 1925 - 4° de couverture -
Cadaqués (C) J.P.Bonnel - Ana Maria et Salvador en 1925 - 4° de couverture -

Cadaqués (C) J.P.Bonnel - Ana Maria et Salvador en 1925 - 4° de couverture -

 

 

Eugeni

 

 

Il serait temps d'évoquer le livre d'Eugeni d'Ors, qui dresse le portrait de La Lídia, la dernière sorcière mystique de Cadaqués. Cette femme unique sera l'inspiratrice de Dalí. Sa vie, transfigurée par l'écriture et l'idéologie du critique littéraire (symbole de la Catalogne…classicisme..) est devenue, au mitant du XX° siècle, une mythologie moderne. Ce personnage est beaucoup moins évoqué car l'époque a changé et l'esprit catalan en est venu à une critique de cette conception classique, voire réactionnaire du noucentisme, le catalanisme actuel se portant sur les revendications d'autonomie élargie, d'indépendance, de république, voire de séparatisme. Or la conception politique d'Eugenio d'Ors était tout le contraire…

 

C'est à ce moment-là, en ce début de siècle, qu'apparaît le personnage d'Eugeni D'Ors Rovira. Passionné de journalisme, de dessin et de poésie, il a effectué des études de droit à Madrid, mais fatigué, il recherchait un havre où se refaire une santé: il savait que la meilleure solution, pour lutter contre l'anémie, était de s'organiser un séjour près de la mer. C'est par l'écrivain Eduard Marquina, qu'il apprit l'emplacement paradisiaque de Cadaquès. 

 

En effet, Marquina venait d'épouser la fille d'un bourgeois barcelonais, ce fameux Pichot, dont le petit-fils, peintre de pierres, deviendra secrétaire de Dalí et, bien plus tard, directeur de la fondation Dali-Gala, à la réussite incomparable. Le sieur Pichot s'était fait construire une villa moderniste, au Sortell, au sud du village, assorti d'un grand jardin exotique. La maison fut décorée par des dessins de son ami Miquel Utrillo. M. Pichot était, en effet, l'ami des peintres et écrivains, et tout le microcosme culturel de Barcelone fut invité chez lui, constituant la vague originelle des artistes à Cadaqués…

 

Après Ramon Casas, Albéniz, Segovia, Picasso et Fernande Olivier, Manolo Hugué, Santiago Rusinol, Derain, Duchamp... ce fut au tour d'Eugeni d'Ors de faire connaissance avec le blanc village. C'était en septembre 1904 jusqu'aux derniers jours d'octobre : durant ce séjour assez long, l'essayiste recouvra le dynamisme ancien grâce à la lumière brute du lieu, à l'air marin et vivifiant et surtout grâce à la cuisine exquise de la Lídia Sabana. 

 

 

En effet, la fille de la Sabana concoctait ainsi des paëllas incroyables, de parillades de poissons frais et goûteux : les meilleurs fruits de la mer passaient entre les mains de la jeune femme. Douée d'un sens entrepreneurial inédit en ce coin préservé des échanges du libéralisme financier, elle avait créé son petit commerce : restaurant populaire, poissonnerie d'exception et gîte pour les étrangers de passage, tel d'Ors. 

 

Celui-ci ne tarda pas à fréquenter le négoce de Lídia Noguer. On lui indiqua vite le lieu et les dons gastronomiques de la jeune sorcière. Cependant, ce qui éblouit, dès l'abord, l'écrivain, ce fut la physionomie robuste, sculpturale de la cuisinière. Les références artistiques et intellectuelles affluèrent dans sa tête d'homme qui vivait d'abord par l'intellect.  

 

D'allure expressionniste, autoritaire, presque inquisitoriale, elle en imposait par son allure et sa voix, ferme, profonde, même si elle parlait d'un rythme lent, gênée par les quelques dents qui lui manquaient. D'Ors la compara tout de suite à une pièce de marbre de Maillol, ou à une peinture, à un portrait, comme celui de La Tirana, de Goya, exposé au musée des Beaux-Arts de Madrid… Dans son genre, mêlant la statuaire grecque au profil massif d'une paysanne nature, dépourvue de culture, il la trouva assez belle, mais c'est le magnétisme qui se dégageait du personnage qui en constituait surtout la beauté. 

 

 

Le Livre

 

La bien-plantée est publiée en feuilleton durant tout l'été 1911 dans la section Glossaire du journal La veu de Catalunya -La voix de la Catalogne -sous le pseudonyme de Xènius. Un an plus tard, il sera publié en un seul volume et, l'année suivante, il sera réédité. Ce travail à caractère philosophique est, avec Gualba, les mille voix, édité en 1905, le plus représentatif de l'auteur et du noucentisme catalan. 

 

 L'intrigue est développée dans une colonie d'été sur la côte méditerranéenne où l'activité est modifiée par l'arrivée de Teresa dans la communauté. D'Ors présente les différentes caractéristiques définissant le protagoniste dans sa vie quotidienne et à travers elles il dresse un recueil des valeurs de ce mouvement philosophique nouveau, que l'auteur a voulu promouvoir : les valeurs bourgeoises, comme la préciosité, l'ingéniosité, l'idéalisme, le classicisme, l'ardeur au travail, l'ordre et la maternité. 

 

 

C'est ainsi que, de 1906 à 1921, toute une génération de jeunes, et de moins jeunes, s'est nourrie de ces articles où, souvent, à partir d'une anecdote banale, l'auteur développait ses pensées sur les arts, la vie, l'amour, la famille...

 

L'écrivait s'attaquait en fait à l'idéal d'une Catalogne moderniste, au tournant du siècle, considérée comme peu ambitieuse, pessimiste et paralysée par les doutes.

 

Il s'agissait, à l'inverse, de célébrer et d'exalter une Catalogne noucentista, renouvelant la culture, l'idéologie européenne, dirigée par la raison et les penseurs. Le langage de ses gloses est ostentatoire et provocateur, ironique, avec un ton plutôt intellectuel, élégant, concis et rapide. Un langage urbain, qui veut être beau, élaboré, ouvertement artificiel, destiné aux esprits éclairés.

 

Le mouvement fut très influent dans le domaine de l'art et de l'éducation. En lui-même, le style du Glossaire constituait déjà un premier manifeste esthétique...

 

J.P.B.

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 14:39
M. Jean-Claude Ducatte, le propriétaire du fort Saint-Elme (à droite) avec Marc Paillet (de l'association Frene), à gauche (C) Jean-Pierre bonnel)
M. Jean-Claude Ducatte, le propriétaire du fort Saint-Elme (à droite) avec Marc Paillet (de l'association Frene), à gauche (C) Jean-Pierre bonnel)

M. Jean-Claude Ducatte, le propriétaire du fort Saint-Elme (à droite) avec Marc Paillet (de l'association Frene), à gauche (C) Jean-Pierre bonnel)

Le quotidien Le Monde publie ce week-end une page sur l'ancien fort de Charles-Quint...J'avais publié un reportage, en rencontrant le propriétaire Jean-Claude Ducatte, en 2015...(en tant que correspondant de L'Indépendant à Collioure - l'article n'a pas été publié...)
L’entrepreneur du fort Saint-Elme Par  (C) Le Monde

Vies de château (6/6). Jean-Claude Ducatte a hérité d’un ancien fort militaire sur les hauteurs de Collioure, dans les Pyrénées-Orientales. Refusant toute subvention publique, il développe le lieu tous azimuts...(voir le site du Monde)

- - -

 

Le blogabonnel - 2 AOÛT 2015

COLLIOURE/ FORT SAINTELME : MARC MAILLET ET LES ASSOCIATIONS DE PRÉSERVATION DE LA NATURE (FRENE, APSEC…) PRENNENT DE LA HAUTEUR AU FORT SAINT-ELME

Collioure - Marc Maillet et les associations de préservation de la nature (Frene, Apsec…) prennent de la hauteur au Fort Saint-Elme

 

(article envoyé au journal L'Indépendant de Perpignan-non publié)

 

Invitées par M. Jean-Claude Ducatte, le propriétaire du Fort Saint-Elme, qui domine Collioure et la Côte vermeille, les associations de défense de l'environnement ont d'abord visité les salles consacrées à l'Histoire et aux armes. 

 

Un itinéraire passionnant, à partir de la tour médiévale, jusqu'aux terrasses, en passant par la salle des casques, celle consacrée à Charles Quint, qui fit construire le château, la salle de l'Empire ottoman, et, enfin, celle qui est dédiée à Vauban, qui réaménagea le fort., au 17° siècle

 

Le groupe mené par Marc Maillet et le photographe Raymond Roitg, de l'AFP, composé d'un quinzaine de correspondants locaux d'associations écologistes, ont été accueillis par M. Ducatte, autour d'un sympathique apéritif. 

 

La discussion porta sur le PLU (Plan local d'urbanisme) refusé en partie au maire de Port-Vendres, et sur l'article intrépide du journaliste Vincent Couture (notre édition du 23 juillet) parlant des "copains et des coquins"; les maires de la côte, anciens ou actuels (sauf M. Manya, à Collioure, qui veut jouer la transparence, pour l'instant) firent les frais de l'ironie générale : M. Ducatte commenta les "chefs-d'oeuvre des promoteurs", tels l'hôtel de la colline Matisse, les lotissement de l'Oli et des Batteries sur le domaine du littoral, le Pont de l'Amour, à l'entrée de Port-Vendres, la prolifération des parkings dépourvus d'esthétique…

 

  M. Ducatte et son frère, à la mort de leur père, qui fit beaucoup de travaux dans les années 1950/60, décidèrent de conserver le bâtiment, ce "fort hybride entre Bourguignons et Espagnols", comme le dit avec humour l'hôte à l'origine de cette rencontre, avecJoiselle Duhamel, Secrétaire de l’APSEC, membre du bureau de FRENE 66. 

 

Les propriétaires n'ont eu aucune subvention pour réaménager le château : "Au pire, je n'en veux pas ! Je préfère rester libre !", confia J.-Claude Ducatte, personnalité au verbe bien trempé...

 

M.Ducatte, qui vient d'adhérer à FRENE 66, a rénové le fort selon les normes historiques; il espère qu'aucune opération immobilière ne viendra dénaturer le site, la loi interdisant une construction à 500 mètres d'un monument historique. Collioure peut compter sur lui pour veiller à l'environnement…et pour avoir des idées, comme une illumination générale du fort et des tours, en accord avec l'association des Sentinelles Vauban.

 

 Un beau projet, à suivre, si les municipalités voisines acceptent ce feu d'artifice insolite et énorme…

 

Jean-Pierre Bonnel

 

* Information :www.fortsaintelme.com

*Pour s'y rendre en voiture, depuis Port-Vendres, suivre la direction de la gare SNCF, prendre à droite juste après la gendarmerie et suivre sur deux kilomètres au milieu des vignes. Sinon, à pied, partir du chemin qui se trouve à côté de la colline du moulin : le fort est à 500 mètres environ, vingt minutes de marche. 

On peut redescendre sur Collioure par les crêtes, à droite du château, en passant près du fort Dugommier (futur centre d'art contemporain) et par le chemin de la Galère, jusqu'à l'embranchement du chemin de Consolation. Belles perspectives. Compter deux heures de descente.

 

- - photos J.P.B. * M. Jean-Claude Ducatte, le propriétaire du fort Saint-Elme (à gauche) avec Marc Paillet (de l'association Frene)

 

*Le lotissement décrié des Batteries, sur le domaine littoral, à l'entrée de Port-Vendres, depuis le fort St-Elme...

 

Marc Paillet et J.Claude Ducatte en grande discussions sur les PLU (plans locaux d'Urbanisme) en Côte vermeille...

 

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 10:43
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -

Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -

 Entre 1925 et 1927, ce village en forme de crèche, en tout cas de décor animalier, accueillit deux personnages exceptionnels de la culture espagnole.

 

         C'était l'année d'hommage au grand poète Gòngora et ce fut l'été durant lequel une amoureuse amitié se noua : Lorca  conjugua avec Dalí la création artistique et l'inspiration poétique.

 

    L'érotisme, surtout, fut célébré ! 

 

Le 24 juin 1927, Federico avait créé au théâtre Goya de Barcelone  sa Mariana Pineda, avec des décors de Dalí, avec l'actrice Margarita Xirgu et, comme protagoniste abstrait mais omniscient, la beauté de Cadaqués.

 

«Il a la joie et la permanence de la beauté dans ce lieu de naissance de Vénus, mais on ne s'en souvient plus. Allons la pure beauté ... Un jour la lune, mouillée de poissons élastiques, le clocher de l'église balancera du caoutchouc mou sur les maisons pitoyables, faites de chaux et de pain mâché ... Souviens-toi de moi quand tu es sur la plage ... » 

 

La poésie même dans la correspondance, quand Lorca écrit à Salvador le 31 juillet.

​​​​​​​

​​​​​​​Et Dalí n'est pas en reste : 

"Tes chansons sont une grenade sans tramway, sans avions…Une Grenade ancienne, avec des éléments naturels…"

 

​​​​​​​Ils se répondent dans des lettres éphémères : 

 

«Maintenant, je vois à Cadaqués comment j'ai senti mes épaules: c'est un plaisir pour moi de me souvenir des courbes glissantes de mes épaules où, pour la première fois, j'ai senti la circulation du sang ...». Cadaqués des oliviers, "corps baroques et âmes grises ! »

 

​​​​​​​La nostalgie de Federico se répand, souvenir du premier séjour dans la maison de la famille Dalí, celui de la Semaine Sainte, des oliveraies de Cadaquès :

 

« Quelle merveille, corps et âme!», proclame-t-il. 

 

Salvador, torse nu, a posé son bras sur l'épaule de Federico. Et Lorca publie son "Ode à Salvador Dalí": cette "pensée commune" dans "les heures sombres et dorées". Salvador, lui, pour rendre la politesse, a intitulé un dessin, de façon sobre : "Lorca Dalí".

​​​​​​​

Revenons encore à cet été 1927, dernier moment de la jeunesse amoureuse, quand Dalí peignait et chantait à travers des lèvres serrées... Il faudrait le style de Lorca pour évoquer la joie et la permanence du soir, ces tours de "gomma blanca", ces habitations "casas de pan mascado…"  Le village, tel le système sanguin de l'homme où circule le liquide indispensable à la vie, à l'art, à la poésie, à l'amour. Le village en marge du monde fut une sorte de passion entre les deux hommes, le poète et l'artiste, une "passion amoureuse", où l'homosexualité ne réussit pas à se concrétiser.

 

Lorca suggère dans ses lettres et ses poèmes la nostalgie de 1926, avec son "Ode" et celle de juillet 1927, l'ultime été catalan, au cœur de la maison de famille du père, le notaire de Figueres, au milieu de ce jardin odorant, luxuriant, composé d'olives et de figues de barbarie… 

 

«Olivos de Cadaqués, ¡Qué maravilla, cuerpo barroco y alma gris!», écrivait Federico. 

Sans oublier la flagrance de l'eucalyptus, dont l'ombre se dessine sur le mur blanc.

 

L'été 1927 incarne le dernier moment de la jeunesse amoureuse, quand Dalí peignait et chantait à travers des lèvres serrées...

 

(extrait du livre La LIDIA de Cadaqués - 2019 - Color Gang édition, 13 euros-

J.P.Bonnel

OpérArgelès

 

Représentation du Faust de Charles Gounod

 

Pour la sixième édition du FIALA, notre ami, le baryton Heng Shi, a décidé de monter le Faust de Charles Gounod. C’est, avec la Carmen de Bizet, l’opéra français le plus joué dans le monde et qui a connu le succès dès sa création en 1859. En effet, la musique de Faust est une malle aux trésors ; ses mélodies éblouissantes habillent la moindre scène et font de cette succession de tableaux hauts en couleurs un festival de tubes : air des bijoux, chœur des soldats, air de Valentin, le veau d’or, etc.

Une représentation est prévue le dimanche 28 juillet à 21h00 à la salle Carrère d’Argelès.

 

Entrée 15 €, parking réservé, buvette à l’entracte. Renseignements, réservations au 04 68 89 65 96. 

 

 

 

Programmation de juillet et août 2019

au Théâtre du Réflexe, à Canohès

Dimanche 28 juillet à 18 h

Pilule et André de Véra

Durée : 1 h Entrée : 5 € Pour enfants à partir de 2 ans

 

Mardi 30 juillet à 15 h

Rondouille et Pipelette

Durée : 50 mn Entrée : 6 € Pour enfants à partir de 3 ans

 

Dimanche 25 août à 18 h

Pilule et André de Véra

Durée : 1 h Entrée : 5 € Pour enfants à partir de 2 ans

 

Vendredi 30 août à 10 h

Le Petit Poussin rouge

Durée : 30 mn Entrée : 6 € Pour enfants de 2 à 6 ans

 

Réservations : 06.52.19.49.69

Partager cet article
Repost0
26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 09:37
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...

Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...

Feuilleton de l'été (4) - La mythique LIDIA de CADAQUES (livre de Jean-Pierre Bonnel)

 

Aubergiste, LIDIA a hébergé des personnages illustres,tels Picasso, Puig i Cadafalch, l'architecte moderniste...

En 1904, le jeune intellectuel E. D'Ors, arrive à Cadaquès: commence la fascination de Lidià, en proie à une vive obsession pour la figure auratique de l'écrivain.

 

La cause en est la lecture des "gloses" publiées dans La veu de Catalunya : Lidià interprète ces textes par associations d'idées et par des analogies étymologiques : elle croit que l'écrivain établit une correspondance secrète avec elle dans ses articles du journal catalan...

 

Elle conservait les coupures des journaux dans son panier à poissons quand elle se rendait dans les maisons des familles riches du village. Elle va devenir la muse de la méthode paranoïa-critique de Dali; son délie servit d'inspiration au peintre :

"Son esprit était enclin à la poésie.", écrivait S. Dali.

 

La phrase qui résume le mieux sa folie est la suivante : "Le miel est plus doux que le sang." Il faut traduire le miel par Xenius : E. D'Ors, et le sang par la famille, les jumeaux Honorius et Bienvenue...

 

Elle a évolué dans le mouvement surréaliste (entre ls années 1924/28, Dali prenant à Eluard son épouse Gala, avec la visite de René Char, René Crevel (photos sur la plage ou dans la crique de Port-Lligat)...Lorca évitant un combat entre Gala et Bunuel...

 

Lorca l'admire; sorcière, elle est aussi pour eux un personnage surréaliste et une source d'inspiration inépuisable : ses lettres sont illogiques, incohérentes, comme nées de l'écriture automatique...

 

Et puis cette passion amoureuse, qui fait penser à Nadja : elle aimait en secret E. D'Ors :

"Ce secret, si je l'explique, ne sera plus un secret !"

 

Ses interprétations d'écrits de l'écrivain la ramènent à sa vie intime : si D'Ors parle dans son journal d'un pêcheur, elle croit qu'il s'agit de son époux Nando...

Si le journaliste lui envoie un magazine de tauromachie où l'on parle d'une Lidià, elle pense qu'il est question d'elle... Si une glose est intitulée "Poussin et Le Gréco", c'est qu'il s'agit du pêcheur de corail de Cadaquès (il est grec !) et d'une femme surnommée au village "la puce"...

 

(C) JPB, 2019 

La Lídia de Cadaqués. Qui era aquest mític personatge?

 

 

Lidia Noguer Sabà, nascuda probablement l’any 1866 i més coneguda per Lídia de Cadaqués, era la filla d’una família humil de Cadaqués.

 

El seu pare Baldiri Noguer era pescador i la seva mare Dolors Sabà, coneguda per Sabana, regentava una hostatgeria i era considerada com una de les últimes bruixes de Cadaqués. La Lídia va seguir la tradició dels seus pares, venia peix i acollia gent a l’hostal.

 

Les males llengües diuen que va heretar les facultats de bruixa de la seva mare i també el sobrenom de Sabana, creuen que tenia la facultat de convertir-se en gos, de viatjar a velocitats impensables o de controlar el temps però també que va ser la responsable de la demència del seu marit que va acabar suïcidant-se i la dels seus fills que van ser ingressats en un sanatori mental a Salt.

La seva amistat amb Víctor Rahola i Trèmols un escriptor i metge de Cadaqués que recomanava l’hostal als seus amics li va obrir el camí per conèixer personatges tan famosos com Picasso, Josep Puig i Cadafalch, Garcia Lorca i el que va tenir una relació més entranyable amb ella, Eugeni d’Ors, el gran Xènius.

 

L’any 1904 Eugeni d’Ors i un amic es van allotjar a casa la Lídia i aquí va començar la gran amistat de l’escriptor amb la peixatera. Fins i tot es creu que la protagonista de l’obra d’Ors “La ben plantada” era la Lídia. Era el temps en què el marit d’ella en Nando es va suïcidar i els seus dos fills, Bienvenido i Honorio, es van tornar boixos i van acabar morint en un psiquiàtric.

 

D’Ors i el seu amic van passar tot l’estiu a Cadaqués fent una bona amistat amb la peixatera simpàtica i de bon veure que vivia amb el seu marit en una caseta de la platja, molt neta i endreçada. Era molt bona cuinera i ells estaven encantats amb els seus menjars.

 

Dins aquest context alguns opinen que va ser un amor d’estiu del jove escriptor, altres veuen simplement una admiració per la Lídia a causa que d’Ors era orfe de mare. Ella també sentia admiració per ell que la va endinsar en el món de la lectura i ella mateixa es va acabar creient que era la jove Teresa de “La ben plantada”.

 

La Lídia vivia obsessionada amb l’escriptor, li enviava cartes que ell mai va contestar, ella llegia articles d’ell i interpretava que eren la contesta a les seves missives. Si ell parlava d’algun viatge previst, ella creia que seria a Cadaqués i feia grans preparatius per la seva arribada, però mai va arribar.

 

 

Això la va portar a una greu depressió, es va abandonar i vivia en la misèria fins que la van ingressar en un asil a l’Agullana on va morir el 30 de desembre de 1946, un dia en què la tramuntana bufava com mai ho havia fet abans.

 

Va ser set anys després la mort de la Lídia que Eugeni d’Ors va tornar a Cadaqués i es va interessar per ella, va recollir tota la informació possible per poder escriure “La veritable història de la Lídia de Cadaqués”, amb il·lustracions de Salvador Dalí.

 

Durant aquests anys ella també havia conegut i fet amistat amb Dalí, un jove pintor de Figueres que de petit ja sentia parlar de la Lídia. Quan Dalí va decidir anar a viure a Cadaqués junt amb la seva musa Gala, la Lídia els va ajudar a instal·lar-se, els hi va vendre una petita barraca que tenia a Port Lligat que va acabar sent la residència de Dalí a la seva tornada dels Estats Units.

 

Garcia Lorca, gran amic de Dalí, també sentia admiració per aquella dona, diuen que durant molt temps va tenir una foto d’ella damunt el seu piano i d’ella va escriure:

 

«Lo de Lydia es encantador
—escribe a Ana María Dalí—, Tengo
su retrato sobre mi piano, Xenius
(¿conde de qué?) dice que ella
tiene la locura de don Quijote
(aquí hay para apretar los labios
y entornar los ojos), ¡se equivoca!
Cervantes dice de su
héroe «que se le secó el cerebro
»
, ¡y es verdad! La locura de
don Quijote es una locura seca,
visionaria, de altiplanicie, una
locura abstracta, sin imágenes…
La locura de Lydia es una locura
húmeda, suave, llena de gaviotas
y langostas, una locura p/ásfica.
Don Quijote anda por los
aires y la Lydia a la orilla del
Mediterráneo. Esta es la diferencia.
Y quiero que conste para
que no eche raíces esa ligereza
de Xenius. ¡Qué admirable
Cadaqués!, ¡y qué cosa divertida
para poder hacer un paralelo
entre la Lydia y el último caballero
andante!

 

Federico Garcia Lorca

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens