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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 10:30
Victor Hugo à L'Archipel - Art sacré festival de Perpignan - Retirada au Centro espagnol - Littératures : Olivier Bellamy et Jordi Julià -
Victor Hugo à L'Archipel - Art sacré festival de Perpignan - Retirada au Centro espagnol - Littératures : Olivier Bellamy et Jordi Julià -
Victor Hugo à L'Archipel - Art sacré festival de Perpignan - Retirada au Centro espagnol - Littératures : Olivier Bellamy et Jordi Julià -

 Théâtre forain : « L’homme qui rit » d’après le roman Victor Hugo

« L’homme qui rit » d’après le roman de Victor Hugo, Claire Dancoisne, Théâtre la Licorne ; le 1er avril (20h30) à L’Archipel – Perpignan. 

 

« Le Théâtre la Licorne, ses masques, ses marionnettes, ses petites et grandes machines, sont de retour. Spartacus avait enflammé le Carré en 2012, L’Homme qui rit d’après Victor Hugo débarque sur la scène du Grenat. L’univers baroque et follement dramatique imaginé par Hugo offre à Claire Dancoisne et ses acolytes un terrain de jeu à leur démesure. Un conte mordant et pittoresque, une fantaisie grotesque sur la nature humaine portée par la musique de Bruno Soulier. »

« Il y a comme une évidence en cette rencontre entre le drame romantique écrit en 1869 et l’univers forain du Théâtre de la Licorne. Hugo y décrit tempête de neige, incendie, naufrage, il y peint le cynisme des puissants, la lutte de pauvres, le pouvoir des riches. Tout un monde baroque fait de métaphores et de fulgurances que Claire Dancoisne fait vivre en une série d’images et de tableaux. L’art du jeu, du maquillage, du costume, de la marionnette, du théâtre d’objets magnifient cette grande épopée aux reflets shakespeariens et subliment le mélodrame. Un « monstrueux » spectacle fantaisiste qui est aussi d’une férocité et d’un humour sans égal. »

 

**  Littérature à Perpignan :

Communiqué pour l'invitation à la présentation du livre d'Olivier Bellamy "La folie pastré" (Editions Grasset) qui se déroulera :

Samedi 2 avril 2022 à 11h00, Salon Jean d'Ormesson - Hôtel Pams 18 rue Emile Zola Perpignan

Entrée libre. Alain RADONDY - Secrétaire Général du CML

- - -
 *Littérature catalane : Nous avons le plaisir de vous annoncer la conférence de Jordi Julià dans le cadre du séminaire doctoral de l'Axe Etudes Catalanes du CRIMIC, le 4 avril à 18h. 

  • Exceptionnellement, ce séminaire aura lieu en visioconférence, en voici le lien:
     
  • Participer à la réunion Zoom
  • https://us02web.zoom.us/j/82080488561?pwd=VnJuck9ieEFYWERZMGpOMXlqcHZqUT09
  •  
  • ID de réunion : 820 8048 8561
  • Code secret : 307578 
  • Conférence de Jordi Julià (Universitat Autònoma de Barcelona). En visioconférence.
     
  • La poesia de Marta Pessarrodona 
  • Jordi Julià présentera la poésie de Marta Pessarrodona (Terrassa, 1941) et l'évolution stylistique de ses onze livres publiés, réunis dans le volume Tot m'admira (2021). Il s'attachera particulièrement aux formes, aux thèmes et aux éléments caractéristiques de son style, ainsi qu'aux relations intertextuelles. 
  •  
  • Jordi Julià (Sant Celoni, 1972) enseigne la théorie de la littérature et la littérature comparée à l'Université autonome de Barcelone. Il est spécialiste de l'oeuvre de Mercè Rodoreda, Màrius Torres, Gabriel Ferrater et J. P. Cerdà.  Il a publié les essais suivants : Poètica de l'exili (2011), Poesia i identitat (2016), Els cants de l'èxode­­ (2017) et L'autor sense ombra (2017). 
  • Son oeuvre poétique, primée, comprend Els déus de fang (2007), Principi de plaer (2007), Planisferi lunar (2008), Circumstàncies adverses (2011), Poètica per a un ninot (2011), Gent forastera (2013), Post-its (2016), Les raons de Will (2018) et L'estranya terra (2022). 
  •  
  • https://crimic-sorbonne.fr/manifestations-crimic/

Secrétariat
Centre d'études catalanes
9, rue Ste-croix de la Bretonnerie 75004 Paris
01 42 77 65 69

lettres-EtudesCatalanes-secretariat@sorbonne-universite.fr
lettres.sorbonne-universite.fr

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 10:41
le "babybel" de Perpignan (photo Elena W.)

le "babybel" de Perpignan (photo Elena W.)

 

 

* Culture à Perpignan : banalisation, omerta, absence de contestation, culture RN ou banalisation.? 

 

La journaliste allemande a voulu me rencontrer le mois dernier à Perpignan (café place de la République, puis un tour en ville, surtout au quartier St-Jacques): elle avait rencontré déjà la veille J.Paule Alduy, ancien maire, André Bonet, adjoint de L. Aliot à la culture, Maïté Torres, journaliste (Made in Perpignan)...

 

Je lui ai donné  mon point de vue et Elena s'est appuyé sur mes articles du blogabonnel : critiques sur les thèmes de la laïcité, de l'accueil des étrangers du "sud", sur la remise en question de la gestion de l'Archipel, sur le théâtre municipal peu ouvert aux troupes locales mais à un entrepreneur privé (Boîte à clous), sur les expos au centre d'art contemporain (aux mains d'un galeriste privé), aux promesses non (encore) tenues : radio gitane, centre d'art juif, école d'art, etc...

 

JP/Bonnel 

 

 

*Perpignan, étudiée comme un laboratoire de « la droite radicale ».???

 

 

 

LOUIS ALIOT IN PERPIGNAN

Wenn das Rassemblement National regiert

 

Von Elena Witzeck

 

 Frankfurter Allgemeine Zeitung / Quand le Rassemblement national gouverne -par ELENA WITZECK

 

 

A Perpignan, le Front national est au pouvoir depuis deux ans. L’ancien partenaire de Marine Le Pen, Louis Aliot, a promis la continuité. En visite dans une ville où l’on peut observer les stratégies de la droite radicale en matière de politique culturelle. Au petit matin, le murmure des palmiers le long de l’avenue. Le vent souffle en permanence depuis la mer. Stéphanie Diaz sort de l’ancienne loge de mer, aujourd’hui office du tourisme de Perpignan, et jette un coup d’œil attentif à la mairie voisine. Au-dessus de la porte flottent de nombreux drapeaux français, dont un européen et un jaune et rouge, aux couleurs de la Catalogne. Cela fait partie des nouvelles habitudes des habitants de la ville de passer et de vérifier si les deux drapeaux sont toujours là.

 

 

 

 

 

Wenn das Rassemblement National regiert

In Perpignan regiert seit zwei Jahren der Front National. Marine Le Pens früherer Partner Louis Aliot versprach Kontinuität. Zu Besuch in einer Stadt, in der sich die Strategien der radikalen Rechten in der Kulturpolitik beobachten lassen.

Von Elena Witzeck

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Das Theater Archipel in Perpignan ist eine Spielstätte mit hohem Anspruch: Heute machen sich die Bewohner Sorgen um den Fortbestand ihres „Babybel“.

 

Elena Witzeck (23 mars 2022)

 

 

 

Le Théâtre Archipel de Perpignan est un lieu aux normes élevées : aujourd'hui les habitants s'inquiètent de la pérennité de leur "Babybel".

Par Elena Witzeck

 

Au petit matin, le bruissement des couronnes de palmiers le long de l'avenue. Le vent souffle constamment de la mer. Stéphanie Diaz sort de l'ancien consulat de la mer et aujourd'hui office de tourisme de Perpignan et jette un regard scrutateur sur la mairie voisine. De nombreux drapeaux français flottent au-dessus de la porte, dont un européen et un jaune et rouge aux couleurs de la Catalogne. C'est une des nouvelles habitudes des citadins de passer voir si les deux drapeaux sont toujours là.

A quelques rues de là, le maire Louis Aliot recevait l'an dernier son ex-petite amie Marine Le Pen. En 2020, Aliot s'installe à la mairie avec le Rassemblement national. Depuis, les habitants de ce qui est aujourd'hui la plus grande ville gouvernée par le RN de France, loin au sud, à trente kilomètres de la frontière espagnole, se sentent surveillés. Demander constamment ce qui change, s'il y a des problèmes, ce qui se passe avec le théâtre et la culture catalane.

Tout récemment, des journalistes de la chaîne culturelle France Culture étaient présents et ont échangé avec des directeurs de musées et des artistes. Ceux financés par la ville ont assuré que tout allait bien…

Ou iles restent silencieux…. (À suivre)

 

…….

**

 

 

Am frühen Morgen das Säuseln der Palmkronen entlang der Allee. Vom Meer bläst beständig der Wind herauf. Aus dem früheren Seekonsulat und heutigen Tourismusbüro Perpignans tritt Stéphanie Diaz, wirft einen prüfenden Blick auf das Rathaus nebenan. Über dem Tor wehen viele französische Flaggen, darunter eine europäische und eine gelb-rote, in den Farben Kataloniens. Es gehört zu den neuen Angewohnheiten der Stadtbewohner, vorbeizugehen und nachzuschauen, ob die beiden Flaggen noch da sind.

Ein paar Straßen weiter hat der Bürgermeister Louis Aliot im vergangenen Jahr seine Ex-Freundin Marine Le Pen empfangen. 2020 zog Aliot mit dem Rassemblement National ins Rathaus ein. Seitdem fühlen sich die Menschen in der nun größten RN-regierten Stadt Frankreichs weit im Süden, dreißig Kilometer vor der spanischen Grenze, beobachtet. Ständig die Fragen, was sich verändert, ob es Probleme gibt, was mit dem Theater und der katalanischen Kultur los sei. Erst neulich waren Journalisten des Kultursenders France Culture da und haben mit Museumsleitern und Künstlern gesprochen. Wer von der Stadt finanziert wird, hat versichert, dass alles in bester Ordnung sei. Oder geschwiegen.

 

F.A.Z. Digital

 

 

- - - Lire aussi:

 

 

Perpignan, poste avancé de la banalisation de l’extrême droite

Par Marie Sumalla (Perpignan, envoyée spéciale) et Audrey Delaporte/Hors Format (Photos)

Publié le 20 octobre 2021 à 05h15 - Mis à jour le 21 octobre 2021 à 11h45

  •  

FRAGMENTS DE FRANCE (C) Le Monde

 

Dans la cité catalane, dirigée depuis juin 2020 par Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, la vie suit son cours comme si de rien n’était. Ici, rares sont ceux qui se mobilisent contre l’extrême droite.

 

 

Rien ne paraît avoir changé, au Grand Café de la Poste de Perpignan. Mais si les habitués lisaient L’Indépendant, le quotidien local, il y a quelques années encore, c’est désormais Valeurs actuelles qu’on retire du guéridon, pour faire place à la nouvelle tournée de café. Depuis que Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national (RN), est devenu maire de Perpignan, en juin 2020, l’adhésion aux idées du parti d’extrême droite se manifeste de plus en plus ouvertement.

 

 

Le maire sortant, Jean-Marc Pujol (Les Républicains), a été lourdement battu, accusé de clientélisme et d’inaction, en dépit de la mise en place d’un « front républicain ». Implanté dans le paysage politique catalan depuis le début des années 2000, Louis Aliot a prospéré sur un champ de ruines. « La détestation pour la mairie précédente était unanime, d’une violence délirante », constate Nicolas Lebourg, historien perpignanais, spécialiste de l’extrême droite.

 

 

 

A Perpignan, la résignation d’une ville passée à l’extrême droite

« Perpignan, la Catalane » a été renommée « Perpignan, la Rayonnante » par la nouvelle mairie, qui préfère le bleu-blanc-rouge au sang et or, symbole de la « catalanité ». La ville est l’une des plus ensoleillées de France, mais aussi l’une des plus pauvres. En 2019, on y recensait 32 % d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté, contre 14 % au niveau national.

 

 

Au sein du quartier Saint-Jacques, à Perpignan, le 18 septembre 2021. Les habitations y sont vétustes : des structures maintiennent certains bâtiments pour empêcher leur effondrement.

 

« Il fallait démanteler les cliques au pouvoir »

 

Ici, le RN fait depuis longtemps partie du paysage et son arrivée à la mairie n’a pas été vécue comme un cataclysme. Au Grand Café de la Poste, Philippe Lecole dresse les tables, comme il le fait depuis plus de trente ans, grincheux et méthodique. Ouvert en 1902, ce café est une institution sur la place de Verdun, dont tout le monde a oublié le nom. « La Poste » est un repère. Les quatre platanes centenaires de la terrasse accueillent les clients de 8 heures à 20 heures, du lundi au samedi, et le carillon de Westminster accroché sur la façade de la joaillerie, de l’autre côté de la rue, sonne inlassablement le quart d’heure depuis 1957.

 

 

 

Xavier Maria et Reynald Dédies fument le cigare ici, à l’ombre, tous les après-midi. Selon eux, un changement était nécessaire, le RN ne les choque pas. En catalan, ils ajoutent : « Il fallait démanteler les cliques au pouvoir, avant qu’elles ne se recréent. » Xavier et Reynald sont membres de la confrérie de la Sanch, une communauté catholique ultraconservatrice, enracinée dans la région, qui organise des processions dans la vieille ville pendant la semaine sainte, pour commémorer la Passion du Christ…

 

 

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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 09:47
Salons des livres étonnants
Salons des livres étonnants
Salons des livres étonnants
Salons des livres étonnants
Salons des livres étonnants

En 2022, le Salon PAGE(S expose ses trésors

Bastille Design Center
Les 26 et 27 mars 2022

Avis aux amoureux du livre ! Le Salon Page(s, qui conjugue Art et Littérature avec passion depuis plus de 20 ans, revient cette année pour une 24e édition absolument flamboyante. Le petit monde de la bibliophilie contemporaine vous donne en effet rendez-vous aux premières lueurs du printemps pour un week-end d’exception, entourés des plus grands collectionneurs et professionnels du secteur. Réunis autour d’un même attachement pour les livres d’art, éditeurs, relieurs, imprimeurs et lithographes partageront avec vous leur savoir-faire tandis qu’une poignée de graveurs, peintres, auteurs et calligraphes présenteront le fleuron de leurs collections. Suivez ainsi les pas de Manet et Mallarmé et laissez-vous séduire par la beauté précieuse et fascinante des livres d’art. Livres en accordéon, cahielibres, pliages complexes et papiers originaux… Venez découvrir, admirer, toucher ces objets rares, tirés en exemplaires très limités, hérités des techniques ancestrales transmises depuis des générations et dont les exposants sont les uniques gardiens. En somme, laissez-vous porter par ces moments d’échange et de découverte autour des innombrables métiers du livre dans une parenthèse ouverte sur la beauté du geste et l’élégance.

BASTILLE DESIGN CENTER
Les 26 et 27 mars 2022
74 boulevard Richard Lenoir, 75011
M° Richard-Lenoir (5)
Sam. 14h-20h et dim. 11h-19h
Entrée libre

http://www.salon-pages.paris/

 

*324375-livres-rares-et-objets-d-art-2018-le-salon-au-grand-palais

  • SALON
  • LITTÉRAIRE
Grand Palais Ephémère
Du 23 au 25 septembre 2022

Le Salon International du Livre Rare revient pour une nouvelle édition au cœur de Paris, au Grand Palais Éphémère. Un rendez-vous immanquable pour les férus du papier et des lettres !

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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 10:39
Nicole Yrle : esclaves à Perpignan - Conf sur la migraine - Gaspard Claus, solo - Littérature à Torcatis -  Baroque, Graines à Paulilles
Nicole Yrle : esclaves à Perpignan - Conf sur la migraine - Gaspard Claus, solo - Littérature à Torcatis -  Baroque, Graines à Paulilles
Nicole Yrle : esclaves à Perpignan - Conf sur la migraine - Gaspard Claus, solo - Littérature à Torcatis -  Baroque, Graines à Paulilles
Nicole Yrle : esclaves à Perpignan - Conf sur la migraine - Gaspard Claus, solo - Littérature à Torcatis -  Baroque, Graines à Paulilles

www.librairietorcatis.com
Mars 2022 

 

 

 

Jeudi 24 mars
  à 18h00
à la librairie Torcatis

Rencontre-poésie pulsée
avec
Anna Serra


A la découverte de la poésie d'Anna Serra à travers un voyage dans ses trois derniers ouvrages publiés aux éditions Lanskine et notamment La Claire Caresse, recueil de poème en catalan et français qui chante son expérience au prieuré de Serrabona.

Anna Serra est née en 1988 à Perpignan. Elle est poète, auteure et traductrice de poésie catalane et exploratrice des oralités du poème à travers des performances. En 2017 elle initie deux oeuvres collectives pour donner de la force sensible aux pratiques orales et sonores de la poésie : la revue OR, revue papier avec une application de réalité augmentée et Radio O, un lecteur continu de poésies et de musique. Aujourd’hui Anna fait pousser une association de poésie dans une ferme du Morvan. 

 

 

 

 

Samedi 26 mars
à 12h
à l'hôtel Pams

Conférence avec
Stéphanie Reiss
Scientifique et artiste

"Eau précieuse, eau vitale, une ressource qu'il faut protéger"

Stéphanie Reiss a publié en novembre 2021 un livre de photographies artistiques sur l'eau : " Eau, un regard et des mots" paru aux ed. La Martinière
Ses photographies soulignent à quel point la nature est une ressource précieuse et mettent en valeur la beauté de l'eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

VENDREDI 25 MARS 2022 DE 17:00 À 18:00

Conférence : La migraine

Caserne Gallieni

Évènement de SASL des P-O

Caserne Gallieni

Durée : 1 h

Public  · Tout le monde (avec ou sans compte Facebook) gratuit.

Depuis l’Antiquité de brillants esprits ont cherché à établir la sémiologie et les mécanismes de la migraine. L’Histoire a été jalonnée de migraineux célèbres comme Jules César, Jean Calvin ou encore Napoléon...La recherche d’un soulagement chez les Assyro-Babyloniens leur faisait invoquer le Dieu Tiu ou encore les saints guérisseurs depuis la Chrétienté. Longtemps, l’arsenal thérapeutique se résuma au quinquina et au café.

Aujourd’hui, la migraine est une question de santé publique. Nous savons que sa prévalence est de 18 % chez la femme et de 8 % chez l’homme. C’est donc un très intéressant thème que le Dr. Marc Bailbé. Né à Perpignan il y a 53 ans, il a fait des études de médecine à Montpellier, interne puis chef de clinique-assistant au CHU de Poitiers dans le service du Pr. Roger Gil. Bien connu des Perpignanais, il est installé depuis janvier 2002 comme neurologue libéral à Perpignan, succédant au Dr. Pierre Huc. 

 

 

 

 

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 12:10
LE     MONASTIR   DEL   CAMP   66300 PASSA                   Sauver Le RACOU - Rafael ALBERTI -  En solidarité avec l'Ukraine : art et musique à Monastir Del Camp/Passa
LE     MONASTIR   DEL   CAMP   66300 PASSA                   Sauver Le RACOU - Rafael ALBERTI -  En solidarité avec l'Ukraine : art et musique à Monastir Del Camp/Passa

a Federico


 

  • En esta noche en que el puñal del viento
    acuchilla el cadáver del verano,
    yo he visto dibujarse en mi aposento
    tu rostro oscuro de perfil gitano.

    Vega florida. Alfanjes de los ríos,
    tintos en sangre pura de las flores.
    Adelfares. Cabañas. Praderíos.

    Por la sierra, cuarenta salteadores.

    Despertaste a la sombra de una oliva,
    junto a la pitiflor de los cantares.
    Tu alma de tierra y aire fue cautiva…

    Abandonando, dulce, sus altares,
    quemó ante ti una anémona votiva
    el ángel de los cantos populares. 

A FEDERICO

  •  Cette nuit où le poignard du vent  
  • sabre le cadavre de l’été, 
  • j’ai vu dans ma chambre se dessiner 
  • ton visage brun au profil gitan. 
  •   
  • La plaine fleurie. Les fleuves, cimeterres 
  • rougis par le sang virginal des fleurs. 
  • Lauriers-roses. Cabanes. Prairies. 
  •   
  • Dans la sierra, quarante brigands. 
  •   
  • Tu t’es réveillé à l’ombre d’un olivier, 
  • avec près de toi la fleur des comptines. 
  • Ton âme de terre et brise, captive…
  •  
  •   Abandonnant, très doux, ses autels,
  • l’ange des chants populaires a brûlé
  • devant toi une anémone votive.  
  •  
  • Rafael Alberti

gérard LLORCA <collectifacvi@framalistes.org>
Date: mar. 22 mars 2022 à 19:47
Subject: [collectifacvi]
pétition - sauvez le Racou

Pétition pour le Racou à signer et à diffuser lien ci dessous

 

 https://www.change.org/p/maire-d-argelès-sur-mer-sauvez-le-racou-non-à-l-extension-de-port-argelès 

 

                                            LE   SAMEDI  26  MARS  2022

  LE     MONASTIR   DEL   CAMP   66300 PASSA

 

                                     En solidarité avec l'Ukraine et ses enfants

              CHOEUR  VEUS  ASPRES                                        REINE  JACQUEMONT

,,,,,,,,               de St-Jean Pla de Corts                                                    Peinture sur toile                                                         Berthe.     Josée      Heidi

                                  Artistes et Amis du Monastir

  vous invitent à participer à cette journée UNICEF -UKRAINE

                                                          AU PROGRAMME

                                                          

De 14 heures à 19 heures             Visite libre des lieux

                                                      Exposition-vente au profit des enfants ukrainiens

                                  (règlement par chèque à l'ordre de UNICEF FRANCE recommandé )

             Un reçu fiscal déductible des impôts sera délivré à chaque participant

 

16 heures       Concert des voix polyphoniques  « Les Veus Aspres »   participation libre

             Pour clôturer la journée un apéritif sera offert dans la salle d'exposition   au cours duquel

        

             2   tableaux de Reine Jacquemont  seront vendus aux enchères

                                                   1/        le Triptyque

                                                   2/        Le févier 3 épines du Monastir

Toutes les sommes récoltées ce 26 mars 2022 seront intégralement reversées à l'Unicef  

 

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21 mars 2022 1 21 /03 /mars /2022 09:55
Arts : Collection à 100mètresdu centredumonde - Baroque au Palais de verre - Le livre et la correspondance à Canet -
Arts : Collection à 100mètresdu centredumonde - Baroque au Palais de verre - Le livre et la correspondance à Canet -
Nematis
 
 
3, avenue de Grande Bretagne. 66000 PERPIGNAN
www.acentmetresducentredumonde.com 
contact@acmcm.fr / 04 68 34 14 35
 
 
Prolongation de l'exposition          COLLECTIon COLLECTIve ACMCM
Jusqu'au 03 Avril 2022
Du mardi au dimanche / De 14h à 18h
 
 
 
Cette exposition de la COLLECTIon COLLECTIve nous propose une véritable anthologie d'une manière personnelle d'envisager la peinture et l'art dans une perspective résolument contemporaine et internationale. Les œuvres, réunies depuis les années 60 jusqu'à nos jours, offrent un large échantillon de la peinture européenne actuelle.
 
Commissaires de l'exposition: Artur HERAS et Josep SALVADOR
 
 
 
 
 
Bien avant l’inauguration du Centre d’Art Contemporain Àcentmètresducentredumonde en juin 2004, a germé dans 
l’esprit du concepteur initial de la structure Vicent Madramany (1946-2018), l’idée originale et symbolique de la création d’une COLLECTIon COLLECTIve.
 
Cette collection s’est développée et enrichie au cours des dernières années dans le Centre d'Art Contemporain Àcentmètresducentredumonde grâce à un groupe de mécènes et d'amis passionnés.
 
Vidéo exposition: https://youtu.be/M3wDJQ6nMxM
 
 
 
35 ARTISTES CONTEMPORAINES DE LA SCÈNE INTERNATIONAL:
 
Valerio ADAMI / Camila ADAMI / Pat ANDREA / Rafael ARMENGOL / Georges AYATS / Tony BEVAN / Tania BLANCO / Manuel BOIX / Claudia BUSCHING / Marcos CARRASQUER / Francesca CARUANA / Ernesto CASERO / Javier CHAPA / Vincent CORPET / Serge FAUCHIER / Carolina FERRER / Dominique GAUTHIER / Josep GUINOVART / Artur HERAS / Jean LE GAC / Mohamed LEKLETI / Chema LOPEZ / Rosa LOY / LUCEBERT / Florence OBRECHT / Axel PAHLAVI / Simon PASIEKA / Stéphane PENCREAC'H / Adrià PINA / Till RABUS / Mery SALES / Ben VAUTIER / Claude VIALLAT / Davor VRANKIC / Santiago YDAÑEZ
 
En partenariat avec LA MARINA de Valencia (Espagne)
 
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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 11:21
Algérie/Evian - Mémoire/Mémorial - Rivesaltes/Perpignan...Nicolas LEBOURG

* Suite à l'éternelle polémique sur les accords d'Evian, les drapeaux en berne à Perpignan...Retour sur l'Histoire avec ce texte magistral de N. Lebourg :

 

Ce que signifie la haine du 19 mars 1962

 

Nicolas Lebourg

 

FranceHistoire 19.03.2015 - 14 h 21

 

rivesaltescamp.jpg

Le camp de Rivesaltes. Yeza via Wikimedia Commons.

 

* Lire :

LA NOUVELLE GUERRE D'ALGÉRIE N ' A U R A P A S L I E U

 

** La décision de Robert Ménard de débaptiser une rue commémorant les accords d'Evian n'est pas un phénomène isolé, mais un geste qui permet d’éclairer la tentation national-populiste et notre propre rapport à notre histoire.

 

Débaptisée le week-end dernier par le maire de Béziers Robert Ménard, la rue du 19 mars 1962 se nomme désormais «rue Commandant Hélie-de-Saint-Marc (1922-2013)», en référence à une des figures du combat pour l’Algérie française. Ce n’est pas là un épiphénomène renvoyant à de foutraques obsessions de l’extrême droite. Robert Ménard est un homme adapté à son terrain, mais son hostilité à la date du 19 mars (qu'il a également manifestée en mettant en berne les drapeaux de sa ville) permet de comprendre bien des enjeux travaillant la société française dans son ensemble. Comprendre son geste permet d’éclairer la tentation national-populiste bien au-delà des milieux sensibles à la thématique «Algérie française», et également de questionner notre rapport social à cet épisode colonial, dorénavant obsessionnel en nos mémoires.

 

Le 19 mars est-il la fin de la Guerre d’Algérie?

Devant un parterre de 2.000 personnes venues de tout le sud de la France, l’ancien président de Reporters sans frontières s’est exclamé:

 

«Oser dire, oser laisser penser que la guerre, oui, la guerre d’Algérie, s’est terminée le 19 mars, le jour de la signature des accords d’Evian, n’est pas seulement un mensonge, c’est une ignominie, une insulte à la mémoire de tous ceux –pieds-noirs, harkis, jeunes du contingent– qui ont été torturés, qui ont été émasculés, qui ont été tués, qui ont disparu après cette date, après cette capitulation, après cet abandon.»

 

D’emblée, on remarque que la nostalgie Algérie française revendique désormais le terme de «guerre», alors même qu’il a fallu attendre 1999 pour que la France reconnaisse qu’il s’est agi d’une «guerre» et non d’«opérations de maintien de l'ordre». La crispation n’est donc pas exempte d’ouverture, même si le terme «guerre» paraît surtout permettre de mettre en cause l’abandon à l’ennemi de populations françaises. C’est là le cœur de l’argumentation de la mobilisation contre le 19 mars: les massacres de harkis perpétrés après cette date ne permettraient pas que l’on puisse considérer la guerre comme alors achevée.

 

 

D’un point de vue historique, l’argumentaire n’est guère recevable car les historiens ne fonctionnent pas sur une répartition guerre/paix mais mettent en avant la notion de «sortie de guerre».

Ainsi, après la Libération en 1944, la France a connu des exécutions sommaires, des internements «jusqu’à cessation des hostilités», officiellement promulguée au printemps 1946, l’organisation du ravitaillement, etc. On ne se défait jamais d’un conflit quand on a signé des accords de paix: c’est un processus plus délicat qui mène à l’état de non-belligérance. Le fait que des massacres aient suivi les accords de paix ne constitue donc pas rationnellement un argument pour ou contre la commémoration de cette date. C'est une question politique, mais non historique.

 

Les harkis, une tragédie française

 

En outre, les massacres de harkis et leur sort après leur rapatriement constituent d’épineuses questions. Elles constituent le cœur du propos de Robert Ménard, qui lie ainsi diverses thématiques:

«Nous sommes ici pour dire tout cela à ceux qui armaient le bras des assassins, des bourreaux des Français d’Algérie. Des assassins, des bourreaux qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France, de ses valeurs, de son histoire, de ses combats, de sa civilisation. Une haine qui pousse certains à abattre des journalistes parce qu’ils sont journalistes, à abattre des policiers parce qu’ils sont policiers, à abattre des Juifs parce qu’ils sont juifs. Cette haine de la France est comme une insulte, comme une gifle pour d’autres musulmans, pour nos amis musulmans, pour nos frères harkis, eux qui ont choisi la France, qui sont morts pour la France. Eux qui ont été massacrés, certains écorchés vifs, ébouillantés. Eux qui ont été abandonnés sur ordre de l’État français, livrés à la vindicte du FLN.»

 

Ceux qui armaient

le bras

des assassins,

des bourreaux

des Français d’Algérie.

Des assassins,

des bourreaux

qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France

Robert Ménard

 

Qu’en fut-il précisément du sort des harkis? Les associations harkis ont sanctuarisé le chiffre de 150.000 personnes assassinées; un bilan fin est encore délicat à construire. Spécialiste des harkis, l’historien Abderahmen Moumen explique que le chiffre de 150.000 victimes «provient d’une péréquation à partir des chiffres du rapport de 1963 de l’ancien sous-préfet d’Akbou, qui estimait que le bilan des massacres dans son ancien arrondissement était situé entre 1.000 et 2.000 victimes: en multipliant ces chiffres par le nombre des 72 arrondissements de l’Algérie, on a abouti aux chiffres de 72.000 morts, selon la version basse, ou 144.000 morts selon la version haute, chiffre aussitôt arrondi à 150.000». Les historiens travaillant sur cette question ne sont pas encore parvenus à une estimation faisant consensus, faisant varier les bilans des massacres de 10.000 à 70.000 personnes.

 

Les harkis ont ensuite été victimes de politiques d’ostracisme. Si on ignore plus guère les difficultés qui furent souvent les leurs pour rejoindre la métropole, le traitement des harkis arrivés à destination demeure trop souvent méconnu. La nationalité française ne leur fut pas reconnue d’emblée: regroupés dans des camps de transit, ils durent la réclamer.

 

Les harkis, des indésirables?

 

Les camps pour harkis étaient parfois d’anciens camps d’internement récupérés. Selon les calculs d’Abderahmen Moumen, le plus grand site fut celui de Rivesaltes (juste à côté de Perpignan, pas très loin de Béziers), où avaient précédemment été concentrés des républicains espagnols, des juifs européens, des collaborateurs, des soldats allemands prisonniers de guerre et, juste avant, des nationalistes algériens –pour le lecteur soucieux de l'ensemble de cette histoire, je me permets de renvoyerà Rivesaltes, le camp de la France, que je viens de publier avec Abderahmen Moumen.

 

22.000 harkis y transitèrent entre septembre 1962 et décembre 1964. Des familles y demeurèrent jusqu’en 1977. Elles n'étaient ni internées, ni autonomes. Les personnes étaient plus traitées comme des réfugiés algériens que comme des français. Un abyssal mépris les couvrait, les échanges épistolaires entre administrations n’hésitant pas à les parler d’«incasables», de «déchets», d’«irrécupérables». Leurs prédécesseurs espagnols de 1939 étaient eux dits «indésirables». Dans une société désintéressée du sort des populations recluses, l’État donne libre cours à sa puissance biopolitique.

 

L’extrême droite sait toujours aujourd’hui mobiliser la représentation des «communistes porteurs de valise» et des «traîtres gaullo-communistes qui abandonnèrent les harkis». Tout est mis dans un même sac de manière à mobiliser contre la gauche le segment correspondant du corps électoral, méthode de toujours, qui n’a pas attendu l’invention du slogan «UMPS».

 

Mais, il est vrai que le Parti communiste français fit alors feu de tout bois. Ainsi, à propos du centre de Rivesaltes, la presse du parti n'hésita pas à titrer entre autres «Rivesaltes. Que compte faire le conseil municipal pour nous débarrasser des harkis» ou «Rivesaltes aura-t-elle une municipalité harki?». L'anti-impérialisme venait servir d'excuse à la péjoration ethnique, en un ton ayant peu à envier à celui de la presse d'extrême droite lorsqu'il s'agissait de fustiger les républicains espagnols rassemblés dans les camps français en 1939.

 

Les rapatriés, une cible politique convoitée

Mais, pour l'extrême droite actuelle, la thématique de l'abandon des harkis permet tout à la fois de se faire le chantre d'un patriotisme de contrat social et de faire passer un virulent message contre la présence d'origine arabo-musulmane en France. On le voit dans le discours de Robert Ménard, avec son saisissant raccourci qui mène des nationalistes algériens aux terroristes islamistes. Ménard n'hésite pas non plus dans son discours à proclamer: «colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement». L'analogie historique sert ici à légitimer la critique ethnique, avec une référence codée mais transparente au thème du «grand remplacement» –une thématique présente dans l'extrême droite radicale depuis des décennies, mais qui a su trouver le succès récemment, en lui soustrayant le fait que ce remplacement était jusque là censé être l’œuvre du complot juif.

 

Il n'y a pas qu'à Béziers que l'on se soucie de manier la mémoire de la guerre d'Algérie à des fins politiques. Les rapatriés, harkis et pieds-noirs, ont fait souche, principalement sur le littoral méditerranéen. L'Ifop a calculé que ce segment représentait 12% du corps électoral en Languedoc-Roussillon et 15% en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Chacun cherche cette manne. A Perpignan, la mairie UMP n'est pas moins hostile à la commémoration du 19 mars que celle de Béziers: longtemps appuyée sur la clientèle pied-noir, elle est entrée en concurrence sur ce terrain tant avec le FN qu'avec le PS. Ce sont les élus départementaux puis régionaux de ce dernier parti qui ont initié un projet de Mémorial de Rivesaltes qui ouvrira en septembre, avant les régionales. C'est là qu'une semaine avant le premier tour de la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy était venu, en tant que président de la République, reconnaître au nom de la France la tragédie harki, avant que le candidat Sarkozy ne fasse le soir même un meeting extrêmement virulent contre l'immigration et l'islamisme.

 

 

La fabrique des mémoires

rivesaltesveteran.jpg

Un vétéran lors de la visite de Nicolas Sarkozy au camp de Rivesaltes, le 14 avril 2012.

REUTERS/Pascal Parrot.

 

Avec Abderahmen Moumen, nous avions bien suivi ces opérations, ayant été tous deux contactés pour savoir si nous accepterions de servir de guide au président.

J'étais allé finalement observer la contre-manifestation du FN. Quand Marine Le Pen et Louis Aliot sont allés diverses fois déposer des gerbes au souvenir des harkis sur le camp de Rivesaltes, je m'y suis aussi rendu. J'ai demandé à Marine Le Pen quelles leçons de l'histoire signifiait pour elle ce camp ouvert pour des républicains espagnols et fermé en 2007, le centre de rétention administrative pour immigrés clandestins qui y était ayant été déplacé, et agrandi, pour ne pas entrer en résonance avec le futur mémorial. Elle m'a réprimandé, s'exclamant qu'elle n'avait pas de leçons à recevoir, alors que ma question était tout à fait sincère (et que je me la pose toujours).

 

La mémoire n'est pas un phénomène spontané. Quand on étudie son histoire, on se rend compte qu'elle est une coproduction entre des institutions politiques et des groupes de la société civile. Quand il y a un segment électoral et un tissu associatif, comme dans le cas harki, peut émerger une mémoire, et on peut s'appuyer sur celle-ci pour construire une dynamique politique. Quand il n'y a pas de tissu associatif, les faits demeurent dans l'oubli ordinaire (il n'existe pas de «mémoire» des nationalistes algériens emprisonnés à Rivesaltes avant que n'y soient les harkis, ou des militaires coloniaux guinéens et indochinois qui y partagèrent un temps le sort de ces derniers).

 

La mémoire fonctionne comme un marché, avec des acteurs qui y visent à la concentration des capitaux sociaux. On a là une poursuite de l'histoire sociale, traçant une logique structurelle entre les phases du camp de Rivesaltes jusqu'à sa mise en mémoires –ce pourquoi nous avons traité ainsi la question de ses mémoires, plutôt que de rentrer dans une étude de l'émergence de son musée: c'eût été, en ce dernier cas, s'intéresser à sa production et sa réalisation, par exemple aux modalités de ses contrats publics, question certes légitime, mais déplaçant la focale.

 

Sur la question de la défense des rapatriés d'Algérie, l'extrême droite a une longue pratique. L'UMP et le FN se disputent la clientèle.

 

Les socialistes ont accompagné la production d'une mémoire républicaine espagnole en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, mais essayent également d'investir ce champ –tant et si bien que nous en eûmes certains, l'autocollant «Je suis Charlie»  fraîchement collé, affirmant qu'ils ne voulaient pas voir publier notre ouvrage sur Rivesaltes, estimant que leur position quant à cet objet devait leur assurer le monopole de la production à son sujet... sans bien saisir que cette réclamation faisait démonstration de notre très pondéré et magnanime propos quant au fonctionnement des mémoires comme un marché.

La dynamique autoritaire

Le lieu

de l’ostracisme

est un lieu «autre» qui permet

la production

d’un espace public «normal»

 

Néanmoins, l'articulation identité-autorité fonctionne pleinement au bénéfice politique de l'extrême droite. On comprend dès lors bien le positionnement de Robert Ménard, qui n'avait pas fait mystère de sa fibre pied-noir durant la campagne des municipales. Peu auparavant, il avait publié un ouvrage intitulé Vive l'Algérie française! Béziers est une ville en grande difficulté: comme nous le rappelions dans une note publiée avant les élections municipales, 33% de la population y vit sous le seuil de pauvreté. L'équipe élue ne change pas le vécu social. Elle se sert de signes d'identité et d'autorité: ainsi des buzz organisés autour de la crèche de Noël placée dans l’hôtel de ville, ou des provocatrices affiches quant à l'armement de la police municipale... ou de cette opération quant au 19 mars. L'absence d'impact du politique sur les réalités socio-économiques est ici clairement compensée par une offre de signes en charge de réassurer la cohésion du groupe ethno-national majoritaire.

 

L'usage politique de la mémoire, pointant ici du doigt les personnes originaires des mondes arabo-musulmans, poursuit la dynamique dont furent en fait victimes les harkis eux-mêmes: la mise à l'écart de groupes minoritaires au bénéfice de l'unitarisme autoritaire. Il y a là une logique, quant on songe que l'histoire d'un camp comme celui de Rivesaltes nous montre que l’ostracisme de communautés dont le sort indiffère la société permet de générer du consensus grâce à sa démonstration d'une puissance biologique régulatrice. Le lieu de l’ostracisme est un lieu «autre» qui permet la production d’un espace public «normal». L'admonestation publique des minorités a des finalités proches. Cette question-là balaye le social, réenchante la politique aux yeux d'une partie de nos compatriotes. Elle paraît réaffirmer un semblant de récit groupal et de volontarisme des autorités. C'est pourquoi, ces jours-ci, à Béziers et ailleurs, ils iront manifester contre le 19 mars. C'est pourquoi, ces jours-ci, à Béziers et ailleurs, ils iront voter Front national.

Nicolas Lebourg

D’emblée, on remarque que la nostalgie Algérie française revendique désormais le terme de «guerre», alors même qu’il a fallu attendre 1999 pour que la France reconnaisse qu’il s’est agi d’une «guerre» et non d’«opérations de maintien de l'ordre». La crispation n’est donc pas exempte d’ouverture, même si le terme «guerre» paraît surtout permettre de mettre en cause l’abandon à l’ennemi de populations françaises. C’est là le cœur de l’argumentation de la mobilisation contre le 19 mars: les massacres de harkis perpétrés après cette date ne permettraient pas que l’on puisse considérer la guerre comme alors achevée.

 

 

D’un point de vue historique, l’argumentaire n’est guère recevable car les historiens ne fonctionnent pas sur une répartition guerre/paix mais mettent en avant la notion de «sortie de guerre».

Ainsi, après la Libération en 1944, la France a connu des exécutions sommaires, des internements «jusqu’à cessation des hostilités», officiellement promulguée au printemps 1946, l’organisation du ravitaillement, etc. On ne se défait jamais d’un conflit quand on a signé des accords de paix: c’est un processus plus délicat qui mène à l’état de non-belligérance. Le fait que des massacres aient suivi les accords de paix ne constitue donc pas rationnellement un argument pour ou contre la commémoration de cette date. C'est une question politique, mais non historique.

 

Les harkis, une tragédie française

 

En outre, les massacres de harkis et leur sort après leur rapatriement constituent d’épineuses questions. Elles constituent le cœur du propos de Robert Ménard, qui lie ainsi diverses thématiques:

«Nous sommes ici pour dire tout cela à ceux qui armaient le bras des assassins, des bourreaux des Français d’Algérie. Des assassins, des bourreaux qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France, de ses valeurs, de son histoire, de ses combats, de sa civilisation. Une haine qui pousse certains à abattre des journalistes parce qu’ils sont journalistes, à abattre des policiers parce qu’ils sont policiers, à abattre des Juifs parce qu’ils sont juifs. Cette haine de la France est comme une insulte, comme une gifle pour d’autres musulmans, pour nos amis musulmans, pour nos frères harkis, eux qui ont choisi la France, qui sont morts pour la France. Eux qui ont été massacrés, certains écorchés vifs, ébouillantés. Eux qui ont été abandonnés sur ordre de l’État français, livrés à la vindicte du FLN.»

 

Ceux qui armaient

le bras

des assassins,

des bourreaux

des Français d’Algérie.

Des assassins,

des bourreaux

qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France

Robert Ménard

 

Qu’en fut-il précisément du sort des harkis? Les associations harkis ont sanctuarisé le chiffre de 150.000 personnes assassinées; un bilan fin est encore délicat à construire. Spécialiste des harkis, l’historien Abderahmen Moumen explique que le chiffre de 150.000 victimes «provient d’une péréquation à partir des chiffres du rapport de 1963 de l’ancien sous-préfet d’Akbou, qui estimait que le bilan des massacres dans son ancien arrondissement était situé entre 1.000 et 2.000 victimes: en multipliant ces chiffres par le nombre des 72 arrondissements de l’Algérie, on a abouti aux chiffres de 72.000 morts, selon la version basse, ou 144.000 morts selon la version haute, chiffre aussitôt arrondi à 150.000». Les historiens travaillant sur cette question ne sont pas encore parvenus à une estimation faisant consensus, faisant varier les bilans des massacres de 10.000 à 70.000 personnes.

 

Les harkis ont ensuite été victimes de politiques d’ostracisme. Si on ignore plus guère les difficultés qui furent souvent les leurs pour rejoindre la métropole, le traitement des harkis arrivés à destination demeure trop souvent méconnu. La nationalité française ne leur fut pas reconnue d’emblée: regroupés dans des camps de transit, ils durent la réclamer.

 

Les harkis, des indésirables?

 

Les camps pour harkis étaient parfois d’anciens camps d’internement récupérés. Selon les calculs d’Abderahmen Moumen, le plus grand site fut celui de Rivesaltes (juste à côté de Perpignan, pas très loin de Béziers), où avaient précédemment été concentrés des républicains espagnols, des juifs européens, des collaborateurs, des soldats allemands prisonniers de guerre et, juste avant, des nationalistes algériens –pour le lecteur soucieux de l'ensemble de cette histoire, je me permets de renvoyerà Rivesaltes, le camp de la France, que je viens de publier avec Abderahmen Moumen.

 

22.000 harkis y transitèrent entre septembre 1962 et décembre 1964. Des familles y demeurèrent jusqu’en 1977. Elles n'étaient ni internées, ni autonomes. Les personnes étaient plus traitées comme des réfugiés algériens que comme des français. Un abyssal mépris les couvrait, les échanges épistolaires entre administrations n’hésitant pas à les parler d’«incasables», de «déchets», d’«irrécupérables». Leurs prédécesseurs espagnols de 1939 étaient eux dits «indésirables». Dans une société désintéressée du sort des populations recluses, l’État donne libre cours à sa puissance biopolitique.

 

L’extrême droite sait toujours aujourd’hui mobiliser la représentation des «communistes porteurs de valise» et des «traîtres gaullo-communistes qui abandonnèrent les harkis». Tout est mis dans un même sac de manière à mobiliser contre la gauche le segment correspondant du corps électoral, méthode de toujours, qui n’a pas attendu l’invention du slogan «UMPS».

 

Mais, il est vrai que le Parti communiste français fit alors feu de tout bois. Ainsi, à propos du centre de Rivesaltes, la presse du parti n'hésita pas à titrer entre autres «Rivesaltes. Que compte faire le conseil municipal pour nous débarrasser des harkis» ou «Rivesaltes aura-t-elle une municipalité harki?». L'anti-impérialisme venait servir d'excuse à la péjoration ethnique, en un ton ayant peu à envier à celui de la presse d'extrême droite lorsqu'il s'agissait de fustiger les républicains espagnols rassemblés dans les camps français en 1939.

 

Les rapatriés, une cible politique convoitée

Mais, pour l'extrême droite actuelle, la thématique de l'abandon des harkis permet tout à la fois de se faire le chantre d'un patriotisme de contrat social et de faire passer un virulent message contre la présence d'origine arabo-musulmane en France. On le voit dans le discours de Robert Ménard, avec son saisissant raccourci qui mène des nationalistes algériens aux terroristes islamistes. Ménard n'hésite pas non plus dans son discours à proclamer: «colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement». L'analogie historique sert ici à légitimer la critique ethnique, avec une référence codée mais transparente au thème du «grand remplacement» –une thématique présente dans l'extrême droite radicale depuis des décennies, mais qui a su trouver le succès récemment, en lui soustrayant le fait que ce remplacement était jusque là censé être l’œuvre du complot juif.

 

Il n'y a pas qu'à Béziers que l'on se soucie de manier la mémoire de la guerre d'Algérie à des fins politiques. Les rapatriés, harkis et pieds-noirs, ont fait souche, principalement sur le littoral méditerranéen. L'Ifop a calculé que ce segment représentait 12% du corps électoral en Languedoc-Roussillon et 15% en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Chacun cherche cette manne. A Perpignan, la mairie UMP n'est pas moins hostile à la commémoration du 19 mars que celle de Béziers: longtemps appuyée sur la clientèle pied-noir, elle est entrée en concurrence sur ce terrain tant avec le FN qu'avec le PS. Ce sont les élus départementaux puis régionaux de ce dernier parti qui ont initié un projet de Mémorial de Rivesaltes qui ouvrira en septembre, avant les régionales. C'est là qu'une semaine avant le premier tour de la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy était venu, en tant que président de la République, reconnaître au nom de la France la tragédie harki, avant que le candidat Sarkozy ne fasse le soir même un meeting extrêmement virulent contre l'immigration et l'islamisme.

 

 

La fabrique des mémoires

rivesaltesveteran.jpg

Un vétéran lors de la visite de Nicolas Sarkozy au camp de Rivesaltes, le 14 avril 2012.

REUTERS/Pascal Parrot.

 

Avec Abderahmen Moumen, nous avions bien suivi ces opérations, ayant été tous deux contactés pour savoir si nous accepterions de servir de guide au président.

J'étais allé finalement observer la contre-manifestation du FN. Quand Marine Le Pen et Louis Aliot sont allés diverses fois déposer des gerbes au souvenir des harkis sur le camp de Rivesaltes, je m'y suis aussi rendu. J'ai demandé à Marine Le Pen quelles leçons de l'histoire signifiait pour elle ce camp ouvert pour des républicains espagnols et fermé en 2007, le centre de rétention administrative pour immigrés clandestins qui y était ayant été déplacé, et agrandi, pour ne pas entrer en résonance avec le futur mémorial. Elle m'a réprimandé, s'exclamant qu'elle n'avait pas de leçons à recevoir, alors que ma question était tout à fait sincère (et que je me la pose toujours).

 

La mémoire n'est pas un phénomène spontané. Quand on étudie son histoire, on se rend compte qu'elle est une coproduction entre des institutions politiques et des groupes de la société civile. Quand il y a un segment électoral et un tissu associatif, comme dans le cas harki, peut émerger une mémoire, et on peut s'appuyer sur celle-ci pour construire une dynamique politique. Quand il n'y a pas de tissu associatif, les faits demeurent dans l'oubli ordinaire (il n'existe pas de «mémoire» des nationalistes algériens emprisonnés à Rivesaltes avant que n'y soient les harkis, ou des militaires coloniaux guinéens et indochinois qui y partagèrent un temps le sort de ces derniers).

 

La mémoire fonctionne comme un marché, avec des acteurs qui y visent à la concentration des capitaux sociaux. On a là une poursuite de l'histoire sociale, traçant une logique structurelle entre les phases du camp de Rivesaltes jusqu'à sa mise en mémoires –ce pourquoi nous avons traité ainsi la question de ses mémoires, plutôt que de rentrer dans une étude de l'émergence de son musée: c'eût été, en ce dernier cas, s'intéresser à sa production et sa réalisation, par exemple aux modalités de ses contrats publics, question certes légitime, mais déplaçant la focale.

 

Sur la question de la défense des rapatriés d'Algérie, l'extrême droite a une longue pratique. L'UMP et le FN se disputent la clientèle.

 

Les socialistes ont accompagné la production d'une mémoire républicaine espagnole en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, mais essayent également d'investir ce champ –tant et si bien que nous en eûmes certains, l'autocollant «Je suis Charlie»  fraîchement collé, affirmant qu'ils ne voulaient pas voir publier notre ouvrage sur Rivesaltes, estimant que leur position quant à cet objet devait leur assurer le monopole de la production à son sujet... sans bien saisir que cette réclamation faisait démonstration de notre très pondéré et magnanime propos quant au fonctionnement des mémoires comme un marché.

La dynamique autoritaire

Le lieu

de l’ostracisme

est un lieu «autre» qui permet

la production

d’un espace public «normal»

 

Néanmoins, l'articulation identité-autorité fonctionne pleinement au bénéfice politique de l'extrême droite. On comprend dès lors bien le positionnement de Robert Ménard, qui n'avait pas fait mystère de sa fibre pied-noir durant la campagne des municipales. Peu auparavant, il avait publié un ouvrage intitulé Vive l'Algérie française! Béziers est une ville en grande difficulté: comme nous le rappelions dans une note publiée avant les élections municipales, 33% de la population y vit sous le seuil de pauvreté. L'équipe élue ne change pas le vécu social. Elle se sert de signes d'identité et d'autorité: ainsi des buzz organisés autour de la crèche de Noël placée dans l’hôtel de ville, ou des provocatrices affiches quant à l'armement de la police municipale... ou de cette opération quant au 19 mars. L'absence d'impact du politique sur les réalités socio-économiques est ici clairement compensée par une offre de signes en charge de réassurer la cohésion du groupe ethno-national majoritaire.

 

L'usage politique de la mémoire, pointant ici du doigt les personnes originaires des mondes arabo-musulmans, poursuit la dynamique dont furent en fait victimes les harkis eux-mêmes: la mise à l'écart de groupes minoritaires au bénéfice de l'unitarisme autoritaire. Il y a là une logique, quant on songe que l'histoire d'un camp comme celui de Rivesaltes nous montre que l’ostracisme de communautés dont le sort indiffère la société permet de générer du consensus grâce à sa démonstration d'une puissance biologique régulatrice. Le lieu de l’ostracisme est un lieu «autre» qui permet la production d’un espace public «normal». L'admonestation publique des minorités a des finalités proches. Cette question-là balaye le social, réenchante la politique aux yeux d'une partie de nos compatriotes. Elle paraît réaffirmer un semblant de récit groupal et de volontarisme des autorités. C'est pourquoi, ces jours-ci, à Béziers et ailleurs, ils iront manifester contre le 19 mars. C'est pourquoi, ces jours-ci, à Béziers et ailleurs, ils iront voter Front national.

Nicolas Lebourg

Les harkis ont ensuite été victimes de politiques d’ostracisme. Si on ignore plus guère les difficultés qui furent souvent les leurs pour rejoindre la métropole, le traitement des harkis arrivés à destination demeure trop souvent méconnu. La nationalité française ne leur fut pas reconnue d’emblée: regroupés dans des camps de transit, ils durent la réclamer.

 

Les harkis, des indésirables?

 

Les camps pour harkis étaient parfois d’anciens camps d’internement récupérés. Selon les calculs d’Abderahmen Moumen, le plus grand site fut celui de Rivesaltes (juste à côté de Perpignan, pas très loin de Béziers), où avaient précédemment été concentrés des républicains espagnols, des juifs européens, des collaborateurs, des soldats allemands prisonniers de guerre et, juste avant, des nationalistes algériens –pour le lecteur soucieux de l'ensemble de cette histoire, je me permets de renvoyerà Rivesaltes, le camp de la France, que je viens de publier avec Abderahmen Moumen.

 

22.000 harkis y transitèrent entre septembre 1962 et décembre 1964. Des familles y demeurèrent jusqu’en 1977. Elles n'étaient ni internées, ni autonomes. Les personnes étaient plus traitées comme des réfugiés algériens que comme des français. Un abyssal mépris les couvrait, les échanges épistolaires entre administrations n’hésitant pas à les parler d’«incasables», de «déchets», d’«irrécupérables». Leurs prédécesseurs espagnols de 1939 étaient eux dits «indésirables». Dans une société désintéressée du sort des populations recluses, l’État donne libre cours à sa puissance biopolitique.

 

L’extrême droite sait toujours aujourd’hui mobiliser la représentation des «communistes porteurs de valise» et des «traîtres gaullo-communistes qui abandonnèrent les harkis». Tout est mis dans un même sac de manière à mobiliser contre la gauche le segment correspondant du corps électoral, méthode de toujours, qui n’a pas attendu l’invention du slogan «UMPS».

 

Mais, il est vrai que le Parti communiste français fit alors feu de tout bois. Ainsi, à propos du centre de Rivesaltes, la presse du parti n'hésita pas à titrer entre autres «Rivesaltes. Que compte faire le conseil municipal pour nous débarrasser des harkis» ou «Rivesaltes aura-t-elle une municipalité harki?». L'anti-impérialisme venait servir d'excuse à la péjoration ethnique, en un ton ayant peu à envier à celui de la presse d'extrême droite lorsqu'il s'agissait de fustiger les républicains espagnols rassemblés dans les camps français en 1939.

 

Les rapatriés, une cible politique convoitée

Mais, pour l'extrême droite actuelle, la thématique de l'abandon des harkis permet tout à la fois de se faire le chantre d'un patriotisme de contrat social et de faire passer un virulent message contre la présence d'origine arabo-musulmane en France. On le voit dans le discours de Robert Ménard, avec son saisissant raccourci qui mène des nationalistes algériens aux terroristes islamistes. Ménard n'hésite pas non plus dans son discours à proclamer: «colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement». L'analogie historique sert ici à légitimer la critique ethnique, avec une référence codée mais transparente au thème du «grand remplacement» –une thématique présente dans l'extrême droite radicale depuis des décennies, mais qui a su trouver le succès récemment, en lui soustrayant le fait que ce remplacement était jusque là censé être l’œuvre du complot juif.

 

Il n'y a pas qu'à Béziers que l'on se soucie de manier la mémoire de la guerre d'Algérie à des fins politiques. Les rapatriés, harkis et pieds-noirs, ont fait souche, principalement sur le littoral méditerranéen. L'Ifop a calculé que ce segment représentait 12% du corps électoral en Languedoc-Roussillon et 15% en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Chacun cherche cette manne. A Perpignan, la mairie UMP n'est pas moins hostile à la commémoration du 19 mars que celle de Béziers: longtemps appuyée sur la clientèle pied-noir, elle est entrée en concurrence sur ce terrain tant avec le FN qu'avec le PS. Ce sont les élus départementaux puis régionaux de ce dernier parti qui ont initié un projet de Mémorial de Rivesaltes qui ouvrira en septembre, avant les régionales. C'est là qu'une semaine avant le premier tour de la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy était venu, en tant que président de la République, reconnaître au nom de la France la tragédie harki, avant que le candidat Sarkozy ne fasse le soir même un meeting extrêmement virulent contre l'immigration et l'islamisme.

 

 

La fabrique des mémoires

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Un vétéran lors de la visite de Nicolas Sarkozy au camp de Rivesaltes, le 14 avril 2012.

REUTERS/Pascal Parrot.

 

Avec Abderahmen Moumen, nous avions bien suivi ces opérations, ayant été tous deux contactés pour savoir si nous accepterions de servir de guide au président.

J'étais allé finalement observer la contre-manifestation du FN. Quand Marine Le Pen et Louis Aliot sont allés diverses fois déposer des gerbes au souvenir des harkis sur le camp de Rivesaltes, je m'y suis aussi rendu. J'ai demandé à Marine Le Pen quelles leçons de l'histoire signifiait pour elle ce camp ouvert pour des républicains espagnols et fermé en 2007, le centre de rétention administrative pour immigrés clandestins qui y était ayant été déplacé, et agrandi, pour ne pas entrer en résonance avec le futur mémorial. Elle m'a réprimandé, s'exclamant qu'elle n'avait pas de leçons à recevoir, alors que ma question était tout à fait sincère (et que je me la pose toujours).

 

La mémoire n'est pas un phénomène spontané. Quand on étudie son histoire, on se rend compte qu'elle est une coproduction entre des institutions politiques et des groupes de la société civile. Quand il y a un segment électoral et un tissu associatif, comme dans le cas harki, peut émerger une mémoire, et on peut s'appuyer sur celle-ci pour construire une dynamique politique. Quand il n'y a pas de tissu associatif, les faits demeurent dans l'oubli ordinaire (il n'existe pas de «mémoire» des nationalistes algériens emprisonnés à Rivesaltes avant que n'y soient les harkis, ou des militaires coloniaux guinéens et indochinois qui y partagèrent un temps le sort de ces derniers).

 

La mémoire fonctionne comme un marché, avec des acteurs qui y visent à la concentration des capitaux sociaux. On a là une poursuite de l'histoire sociale, traçant une logique structurelle entre les phases du camp de Rivesaltes jusqu'à sa mise en mémoires –ce pourquoi nous avons traité ainsi la question de ses mémoires, plutôt que de rentrer dans une étude de l'émergence de son musée: c'eût été, en ce dernier cas, s'intéresser à sa production et sa réalisation, par exemple aux modalités de ses contrats publics, question certes légitime, mais déplaçant la focale.

 

Sur la question de la défense des rapatriés d'Algérie, l'extrême droite a une longue pratique. L'UMP et le FN se disputent la clientèle.

 

Les socialistes ont accompagné la production d'une mémoire républicaine espagnole en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, mais essayent également d'investir ce champ –tant et si bien que nous en eûmes certains, l'autocollant «Je suis Charlie»  fraîchement collé, affirmant qu'ils ne voulaient pas voir publier notre ouvrage sur Rivesaltes, estimant que leur position quant à cet objet devait leur assurer le monopole de la production à son sujet... sans bien saisir que cette réclamation faisait démonstration de notre très pondéré et magnanime propos quant au fonctionnement des mémoires comme un marché.

La dynamique autoritaire

Le lieu

de l’ostracisme

est un lieu «autre» qui permet

la production

d’un espace public «normal»

 

Néanmoins, l'articulation identité-autorité fonctionne pleinement au bénéfice politique de l'extrême droite. On comprend dès lors bien le positionnement de Robert Ménard, qui n'avait pas fait mystère de sa fibre pied-noir durant la campagne des municipales. Peu auparavant, il avait publié un ouvrage intitulé Vive l'Algérie française! Béziers est une ville en grande difficulté: comme nous le rappelions dans une note publiée avant les élections municipales, 33% de la population y vit sous le seuil de pauvreté. L'équipe élue ne change pas le vécu social. Elle se sert de signes d'identité et d'autorité: ainsi des buzz organisés autour de la crèche de Noël placée dans l’hôtel de ville, ou des provocatrices affiches quant à l'armement de la police municipale... ou de cette opération quant au 19 mars. L'absence d'impact du politique sur les réalités socio-économiques est ici clairement compensée par une offre de signes en charge de réassurer la cohésion du groupe ethno-national majoritaire.

 

L'usage politique de la mémoire, pointant ici du doigt les personnes originaires des mondes arabo-musulmans, poursuit la dynamique dont furent en fait victimes les harkis eux-mêmes: la mise à l'écart de groupes minoritaires au bénéfice de l'unitarisme autoritaire. Il y a là une logique, quant on songe que l'histoire d'un camp comme celui de Rivesaltes nous montre que l’ostracisme de communautés dont le sort indiffère la société permet de générer du consensus grâce à sa démonstration d'une puissance biologique régulatrice. Le lieu de l’ostracisme est un lieu «autre» qui permet la production d’un espace public «normal». L'admonestation publique des minorités a des finalités proches. Cette question-là balaye le social, réenchante la politique aux yeux d'une partie de nos compatriotes. Elle paraît réaffirmer un semblant de récit groupal et de volontarisme des autorités. C'est pourquoi, ces jours-ci, à Béziers et ailleurs, ils iront manifester contre le 19 mars. C'est pourquoi, ces jours-ci, à Béziers et ailleurs, ils iront voter Front national.

Nicolas Lebourg

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 09:51
Les images : de la grotte Chauvet au cinématographe par Association Walter BENJAMIN, Banyuls/Mer, samedi 19 mars à 18 h

www.banyuls-sur-mer.com

 

 

 

Conférence proposée par Walter Benjamin Sans Frontières présentée par André Roger, psychanalyste, intitulée « Les images : de la grotte Chauvet au cinématographe », 18 h, salle Novelty, entrée libre.

 

 

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CONFERENCE

 

Les images : de la grotte Chauvet à nos jours

 

Qu’une image représente son équivalent dans la réalité reste une question énigmatique. Le spectacle du monde médiatisé par les images, nous apparaît comme une évidence alors que nous savons que les images peuvent être trompeuses. La ressemblance entre une chose et son image spéculaire est peut-être, une vue de l’esprit, ce que Maurice Merleau Ponty dénomme "la foi perceptive".

 

 

Envisager une continuité "évolutive" depuis les peintures et  gravures rupestres de la grotte Chauvet ou de Lascaux à l’extension actuelle des images virtuelles sera un essai introductif préalable à ces interrogations.

 

 

Structure de l’exposé :

-Les premières images chez l’homo sapiens

-rappel sur les sociétés primitives : les Indiens d’Amazonie

-référence au dernier de Descola - retour au Horla de Maupassant

 

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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 10:05
Une rue Pierre Sergent à Perpignan - le 19 : Conférence proposée par  l'association Walter Benjamin - Expo à Canet-village

Une rue P. Sergent à Perpignan

Pour célébrer les accords d'Evian, L. Aliot mettre les drapeaux en berne. Pour ne pas oublier l'action de l'OAS, et avant le dernier meeting de Marine à Perpignan, le maire ira faire un tour au cercle algérianiste avec Suzy Nicaise, présidente des Pieds-Noirs de droite. 

Le grand événement de ce 18 mars sera bien sûr l'inauguration d'un rue P.Sergent..

 

La mort de Pierre Sergent L'homme de l'OAS Membre du bureau politique du Front national et ancien chef militaire de l'OAS-métropole pendant la guerre d'Algérie, Pierre Sergent est décédé, mardi 15 septembre à Paris, des suites d'une longue maladie, à l'âge de soixante-six ans. Il était conseiller régional du Languedoc-Roussillon et conseiller municipal de Perpignan (Pyrénées-Orientales). 

Ce fils de la bourgeoisie parisienne est entré dans la Résistance dès le lycée. Il a combattu à dix-huit ans dans le maquis de Sologne. Il passe le concours de Saint-Cyr- Coëtquidan, est envoyé en Indochine à l'époque où l'armée française y perd chaque année une promotion de ses jeunes officiers. Le lieutenant Sergent, légionnaire et parachutiste, s'illustre dans la défense du camp retranché de Na-San ; il est gravement blessé en avril 1953 au cours d'une opération dans le centre du Vietnam. Comme ses camarades, il n'oubliera jamais l'humiliation d'avoir dû s'incliner en 1954 devant un pouvoir communiste. La guerre d'Algérie est pour lui le prolongement de celle d'Indochine : la poursuite du combat contre l'impérialisme de Moscou. Aussi ne pardonne-t-il pas au général de Gaulle sa politique algérienne. Il est de ceux qui, lors de l'affaire des " barricades ", en 1960, refusent de partir en opération avec la 10 division parachutiste pour mener un combat qui, à leurs yeux, n'a plus d'objet. Il se retrouve muté à Chartres, s'embarque clandestinement pour participer avec le 1 régiment étranger de parachutistes au putsch manqué d'avril 1961....

(C) Le Monde - 

Publié le 17 septembre 1992

 


Stéphane Loda
Maire de Canet-en-Roussillon

Catherine Wanschoor
Adjointe au Maire, Déléguée à la Culture

le Conseil Municipal

vous invitent au vernissage
Jeudi 17 mars à 18h30
de l’expo

TRIGLIA / URBAN
 

Galerie
Des
Hospices

Canet-Village
Av. Sainte-Marie

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AGENDA

On fait quoi cette semaine ?

A Banyuls-sur-Mer il y a toujours quelque chose à faire : randonnée, conférence, concert, dégustation, science...

Agenda en ligne

 

www.banyuls-sur-mer.com

 

 

 

- Conférence proposée par Walter Benjamin Sans Frontières présentée par André Roger, psychanalyste, intitulée « Les images : de la grotte Chauvet au cinématographe », 16h30, salle Novelty, entrée libre.

 

 

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CONFERENCE WALTER Samedi

 

19

MarsDe 18 h à 20:00 heures

 

 

 

CONFÉRENCE, CULTURELLE À BANYULS-SUR-MER

 

  • Conférence proposée par
  • l'association Walter Benjamin Sans Frontières sur le thème « Les images : de la grotte Chauvet au cinématographe » présentée par André Roger, psychanalyste.
     
  •  
  • à 18h, salle Novelty, entrée libre.

 

 

Les images : de la grotte Chauvet à nos jours

 

Qu’une image représente son équivalent dans la réalité reste une question énigmatique. Le spectacle du monde médiatisé par les images, nous apparaît comme une évidence alors que nous savons que les images peuvent être trompeuses. La ressemblance entre une chose et son image spéculaire est peut-être, une vue de l’esprit, ce que Maurice Merleau Ponty dénomme "la foi perceptive".

 

Envisager une continuité "évolutive" depuis les peintures et  gravures rupestres de la grotte Chauvet ou de Lascaux à l’extension actuelle des images virtuelles sera un essai introductif préalable à ces interrogations.

 

Structure de l’exposé :

-Les premières images chez l’homo sapiens

-rappel sur les sociétés primitives : les Indiens d’Amazonie

-référence au dernier de Descola - retour au Horla de Maupassant,

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 12:03
Guy JACQUET : Je pense à cette femme juive  qui dirigeait un théâtre  dans le ghetto de Vilno
les 3 muses du théâtre national d'art dramatique de Vilnius

les 3 muses du théâtre national d'art dramatique de Vilnius

 

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Je pense à cette femme juive 

qui dirigeait un théâtre 

dans le ghetto de Vilno. 

 

Oui, un vrai théâtre. 

 

Prenant sur sa ration de pain de chaque jour, 

elle pétrissait et modelait de petites poupées de mie.


Et tous les soirs, 

cette femme affamée 

animait ces apparitions nourrissantes, 

faisant entrer ses acteurs de pain sur son théâtre minuscule, 

devant des dizaines de spectateurs affamés 

comme elle, 

et comme elle, promis au massacre.

 

Tous les soirs, jusqu’à la fin.

 

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Il faut garder la trace de cette femme 

comme une plaie inguérissable. 

Il le faut 

car si nous oublions le petit théâtre de pain du ghetto de Vilno, 

nous perdons le théâtre...et un bout de vie !

 

 

Guy JACQUET

(théâtre de la Rencontre - Perpignan)

 

 

 

Muses du Théâtre National d'Art Dramatique de Lituanie, à Vilnius

L'histoire du Théâtre national d'art dramatique de Lituanie à Vilnius commence par le récit d'une femme et ses enfants qui attendent sur le rivage, un bateau revenu du Groenland, et la complainte d'une femme de pêcheur. L'histoire de cette institution commence avec la pièce de Herman Heijermans "La Bonne Espérance" (1901). En octobre 1940, les rideaux rouges du théâtre s'ouvrent, et la toute première représentation de l'histoire du théâtre a lieu. La première pièce jouée au Théâtre portait sur l'exploitation des pêcheurs, et la chaloupe du pêcheur est, depuis ce jour, devenue son emblème. Aujourd'hui, le Théâtre National d'Art dramatique lituanien attire les foules grâce à ses invités de renommée mondiale et à ses spectacles variés, mais aussi grâce à l'architecture éblouissante de sa façade. Les Trois muses sur sa façade sont devenues non seulement le symbole de ce théâtre, mais aussi des sculptures mondialement reconnues.

 Traditions théâtrales

Le Théâtre national d'art dramatique de Lituanie est situé dans le bâtiment actuel (Gediminas Avenue 4, Vilnius) depuis 1951. Auparavant, les représentations théâtrales avaient lieu dans les locaux de la rue de Basanavičius, où fut d'ailleurs jouée la pièce de Herman Heijermans "La Bonne Espérance". Pendant la Seconde Guerre mondiale, le théâtre servait de théâtre municipal de Vilnius. Après avoir été successivement appelé le Théâtre d'Art dramatique d'Etat de Vilnius, puis le Théâtre d'Art dramatique académique de Lituanie, il est connu depuis 1998 sous le nom de Théâtre dramatique national lituanien. Avant son déménagement dans les nouveaux locaux du 4 de l'avenue Gediminas, c'est là qu'avaient lieu les événements de la Société Culturelle Polonaise "Liutnia". Lorsque le théâtre a finalement été installé dans le nouveau bâtiment, la propriété a été rénovée, et le sculpteur lituanien Stanislovas Kuzma a été invité à décorer la façade de l'entrée principale (1981).

Le drame, la comédie et la tragédie : Les Trois Muses sur la façade du Théâtre national d'art dramatique représentent les principales formes de la culture théâtrale grecque : Drame (Calliope), Comédie (Thalia) et Tragédie (Melpomène). Il faut dire que, si on veut être rigoureux, dans la dernière version des trois formes dramatiques principales de la culture grecque, la Satyre a remplacé le Drame (Calliope). Cependant, l'auteur des muses du Théâtre National, Stanislovas Kuzma, a décidé de s'en tenir aux Drame, Comédie et Tragédie. Ces Trois Muses représentent un répertoire large et varié du théâtre.

"Une tragédie est une forme de drame qui excite les émotions de pitié et de peur."

 La poétique d'Aristote

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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