Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 13:18
Le chemin des Pyrénées, par Lisa Fittko

Le chemin des Pyrénées, par Lisa Fittko

Maillol, W. Benjamin...suite

 

 

  INTERMEZZO

 

    Près de la Placette, il y a un café. Tu connais l'histoire du verre d'eau ?

    Un jour, un enfant est entré tranquillement pour commander un verre d'eau. Il voulait chasser le soleil de sa tête. Le serveur lui a apporté une carafe et un verre. L'enfant devait plier sept fois son mouchoir avant de le placer entre sa tête et le verre, mais il pensait à un bateau. Le serveur, au comptoir, récitait des prières interminables et continuait à servir en même temps. Enfin les bulles du soleil sont montées dans le verre. Et l'enfant, délivré, est sorti du café Sola. Le mouchoir mouillé sur la table avait filtré le soleil. L'enfant est allé voir le manège sur la Placette qui avait pris les dimensions d'un parc.

 

 

3 - Les bras de  l'Harmonie- Banyuls 1944  

 

    Tu connais l'histoire de l'invention du papier par Maillol ? Les uns disent : avec des draps de lit et de lin filés par sa tante. Les autres : avec de vraies chemises de Hongrie rapportées par le comte Kessler, avant l'usage du chlore. Et d'autres : dans du drap de voile de Norvège, il trouvait la matière pour le papier des "Eglogues" de Virgile.

 

    Maillol avait tenu à installer son "Monument aux Morts" sur l'île grosse. Il lui voulait pour socle l'horizon. Le temps a substitué à l'original de pierre une réplique en bronze. Ce ne sont pas des vahinés aux couronnes qui attendent le voyageur. Une flèche part pour aller se briser dans la mer.

 

   L'"Harmonie"a perdu ses bras dans le jardin de la mairie de Banyuls. Pourquoi le sculpteur a-t-il laissé sa dernière statue inachevée ? Il y a eu la disparition de Dina, son dernier modèle, arrêtée par la Gestapo en 43, détenue six mois à Fresnes, libérée ensuite par l'intervention de Maillol. Il y a cette fatigue des bras de l'artiste- même. Est-ce la seule  difficulté des bras ?

   Allons demander aux arbres qui n'ont pas ce problème de muscles ni de mains pourquoi l'"Harmonie" est restée inachevée. Le figuier de la maison de Maillol a oublié dans son sommeil. Reste le vent dans le feuillage. Reste l'odeur. Pas davantage.

   Sur le chemin de la métairie il y a des souvenirs. 

 

Tu connais l'histoire de l'invention du papier par Maillol ? Il mâchait des chiffons de chemise de sa grand-mère qu'il pilonnait avec un tronc d'arbre dans un vieux fourneau à lessive.

 

    L'olivier se souvient-il, l'olivier sauvage dessiné en mai 44 pour les "Géorgiques ?" Mais les oliviers d'ici sont trop jeunes pour se rappeler. Les grands gels du milieu des années 50 ont tué les témoins de cette époque.

En 1908, Maillol part en Grèce avec son mécène Kessler, qui manque se noyer dans l'Alphée. 

 

Cet arbre se souvient-il ? Seulement du foulard qui l'attachait au tableau. Le paysage n'est pas au dehors, il est en dedans La femme assise sur la tombe de Maillol ne sait pas pourquoi l'"Harmonie" est restée inachevée. Terminée dès avant 14, elle a changé si souvent de nom : "Statue pour un jardin ombragé", elle fut aussi "La Méditerranée" ou "Méditerranée". Henri  Frères l'appelle "La Baigneuse accoudée", et je l'ai toujours connue, dans le patio de la mairie de Perpignan comme "La Pensée".

 

 Elle donne quand même une piste : l'Allemagne, ou la guerre. On a peut-être accusé Maillol, à la libération, d'avoir reçu des officiers allemands, au mépris du "silence de la mer". Or, en 43, il a décliné les offres de Vichy et d'Arno Brecker : d'une statue d'athlète pour le commissariat aux sports ; d'une autre statue pour Grünewald. Les palmiers du mas Reig, comme un croiseur dans la baie, se souviennent du dernier été de Maillol.

 

 Aux monuments aux morts il a déjà plusieurs fois donné et se contente de recevoir les vivants à sa guise. 

Le 26 août 44, on quête, dans les cinémas de Perpignan, au profit des "sinistrés" de Velmanya, le village pyrénéen détruit par les nazis. Au Capitole où l'on joue : "Je suis avec toi" ; au Castillet, pour "Goupi mains rouges" ; au Cinémonde, "Le club des fadas": au Familia, "Servante et maîtresse" ; au Nouveau-Théâtre, "L'homme de Londres" ; au Paris, "regain"; au Rex, "Marseille de mes amours".

 

    Le 10 septembre, la pêche au lamparo reprend à Banyuls-sur-mer. Le 16, on se remet à distribuer des bons d'espadrilles pour les vendangeurs et l'accident se produit.

    Maillol allait en visite chez le peintre Dufy, à Vernet-les-Bains. Sur la route glissante, la voiture du docteur Nicolau dérape.

 

    Le 17, le "Républicain du Midi" annonce que le célèbre sculpteur, âgé de 83 ans, est hospitalisé à Perpignan, grièvement blessé. Ce n'était que la mâchoire. Une crise d'urémie se déclare. On ramène Maillol à Banyuls le 26 septembre. Il meurt le lendemain, à 17 heures.

 

    A la Clinique des Platanes, à Perpignan, il y avait, à la fenêtre de sa chambre, un grand et beau mimosa devant une façade blanche.

 

 

4 - LE PASSAGE des PYRENEES    -  PORT-BOU     1940

 

    

Un jour, dans la grotte voisine, un paysan du coin a trouvé une chemise enveloppant un lingot noirci. Content de la chemise, il a jeté la barre et n'a compris que plus tard qu'elle valait son pesant d'or. C'était un vrai lingot qu'un fugitif de la brigade Lister avait dissimulé dans la grotte.

 

    Où est passé le dernier manuscrit de Walter Benjamin ? Le lourd cartable noir aperçu par Lisa Fittko n'avait-il contenu, sous le nom de "Pensées", que quelques minces pages intitulées : "Sur le concept d'histoire ?"

 

    Après la rivière, après Puig del Mas, commence l'hésitation. C'est ici, au Grand-Hôtel de Bañyuls, en 1940, que Lisa Fittko rencontrait clandestinement la frontière espagnole.

 

    Benjamin a dormi seul, attendant les autres. Lisa Fittko le rejoint, au petit matin du 25, avec Mme Gurland et son fils Joseph. On se perd. On se retrouve, grâce au plateau des 7 Pins, que le maire De Bañyuls, M. Azéma, a donné comme repère.

 

    C'était là qu'habitait Lisa Fittko, la maison Ventajou, où vint frapper un jour de septembre 1940 Walter Benjamin. La montagne s'escarpe avec la vigne. Benjamin s'essouffle. Il faut le traîner comme un malheureux.

 

    Il a quitté Berlin en 33. Il est à Paris, quasi installé", vivant de peu. En mai 40, il trouve un abri provisoire chez Adrienne Monnier. A la mi-juin, il fuit les Allemands qui occupent Paris. Il va à Lourdes, non loin de sa sœur internée à Gurs. On dit qu'il se déguise en marin et veut s'embarquer à Marseille. Il échoue et repart en train vers l'Espagne. Il a une lettre de recommandation pour les Dominicains espagnols et de la morphine qu'il a partagée avec un ami, lors d'un premier internement dans la région parisienne. Il est juif. Il est le traducteur allemand de Proust, avec son ami Franz Hessel. Il est le meilleur spécialiste du Paris de Baudelaire. 

 

     Les vignes laissent apercevoir des images trompeuses. Des masques sont suspendus pour préparer les vendanges. Des figures familières sont renversées dans le feuillage : le voleur, le mauvais élève, le professeur dissimulé. On croise un squelette de chèvre. Benjamin mange du pain et de la tomate, boit dans une mare. On laisse faire, on cède aux rencontres du chemin.

 

Le cimetière est de l'autre côté. Peut-être Benjamin s'est- il présenté à l'ancienne douane. C'est là qu'il doit faire viser son passeport. Qu'il est retenu plus d'une heure avec ses compagnons d'infortune et menacé d'être livré à la Gestapo.

 

    La vieille montre s'est arrêtée. Le propriétaire de l'hôtel où ils descendent affirmera que le bracelet- montre en or de Benjamin a disparu le lendemain de sa mort. Benjamin écrit deux brèves lettres, dont une pour Adorno. Mme Gurland la croit disparue, mais on la retrouve deux années plus tard. Vers dix heures du soir, ce 26 septembre, il absorbe la morphine. Un médecin ne pourra rien. Il y avait trois femmes avec Mme Gurland, une journaliste du "Tagebuch" et deux sœurs, comme il y avait eu trois femmes dans la vie de W. Benjamin, entre Berlin et Moscou. La tempête du 27 permet aux femmes et à l'adolescent qui les accompagne d'obtenir un visa.

 

La gare de Port-Bou dissimule dans ses tunnels les couloirs d'un temple égyptien et une chapelle écroulée. Elle lui barbouille de mûres sanglantes les tempes et le front. L'horloge incite à retourner. Il a derrière lui le voyage. "Réussirai- je à tendre l'arc et à décocher la flèche ? "

 

    Sous la marquise, un martinet emporte l'âme de Benjamin dans son gosier.

 

        - Consolation 1991-

 

 

 

* Né à Perpignan, professeur de Lettres en Allemagne et en Roumanie, J.Hormière était le Président des "Amis de Panaït Istrati" et a publié de nombreuses études sur le célèbre romancier roumain. Il a aussi réalisé plusieurs courts-métrages, en particulier : "Chemins du littoral", dont on vient de  lire le synopsis. 

 

Jean Hormière est décédé en  1997 - 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans culture
commenter cet article
26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 11:12
Pensée de Maillol (expo musée Marès à Barcelone : Maillol en Grèce, jusqu'à la fin janvier 2016)

Pensée de Maillol (expo musée Marès à Barcelone : Maillol en Grèce, jusqu'à la fin janvier 2016)

CHEMINS du LITTORAL : 
  MAILLOL, MACHADO, Walter BENJAMIN
    par Jean Hormière *







I. Présentation


Un été 90 sur la côte catalane. La surgie d'un paysage : Nature & Histoire. Trois destins croisés : Machado, Maillol, Benjamin. Une enquête documentée et subjective qui ne cherche pas de réponse. L'art a ses raisons que la lumière de Méditerranée ne peut élucider.
    
Le film Chemins du littoral, d'une durée d'environ 50 minutes, a été tourné en 16 mm couleur, durant l'été 1990, sur la Côte Rocheuse : Collioure, Bañyuls, Port-Bou. Son ancrage local (le paysage, la musique) et sa dimension européenne (l'évocation de trois artistes, l'un originaire de la région, les deux autres étrangers, durant les années de tourmente) le destinent aux festivals et à la télévision.


    Chemins du littoral est un moyen métrage, tourné entièrement en extérieurs sur la Côte Rocheuse, ainsi qu'à Perpignan pour une brève séquence. La Côte est le vrai sujet du film. Les trois destins d'artistes que l'on suit sont en effet révélés par les lieux qu'ils traversent.
    


La Méditerranée et les Albères ; ports, vignes escarpées. La gare de Collioure, les rues qui descendent vers le port, la placette, le Château, les plages - et l'ermitage de Consolation- La maison de Maillol à Bañyuls, le port, la mairie, le laboratoire Arago et l'île Grosse - mais aussi la métairie, l'atelier, les mas alentour, les chemins de montagne, les crêtes frontalières-


    Chemins du littoral est d'abord un film de "paysages", mais les hommes aussi y ont leur place : aux migrations des années de tourmente ont succédé les migrations estivales. Et, sur le port ou dans un vallon retiré, les habitants du lieu témoignent à leur façon.


    Le présent renvoie au passé. Les traditions musicales sont à l'arrière-plan du film : la musique catalane du passé, mais aussi celle d'aujourd'hui (Teresa Rebull), envahit la bande-son.




II . COMMENTAIRE       


 Tu connais l'histoire de Valeriu Marcu et du Maharadjah? C'est Mme Istrati qui me l'a racontée.


      V. Marcu était un juif de Roumanie célèbre dans le Berlin littéraire des années 20. En 1933, il dut émigrer sur la Côte d'Azur, à 300 km d'ici, à vol d'oiseau. Un jour qu'il se promenait au bord de la mer, il vit, sur un rocher, un maharadjah si triste qu'il s'approcha de lui pour le faire sourire. L'autre, qui allait se jeter à l'eau, changea d'avis et offrit à Marcu sa plus belle limousine ainsi qu'un chauffeur à l'année.


     Six, sept ans plus tard, Lisa Fittko vit passer une limousine à la sortie de Bañyuls, rapide comme une flèche, en direction de l'Espagne. Valeriu Marcu était tapi au fond et avait gardé son chauffeur.


       L'Amérique n'était pas loin, et la frontière une simple formalité.




 2 . La promenade au port.  - Collioure 




C'était la fin de janvier 39. Machado a passé la frontière à pied, abandonnant ses bagages. A Cerbère, il a dormi dans un wagon sur une voie tranquille. Le lendemain, le train l'a emmené à Collioure, près du futur camp de concentration d'Argelès-sur-mer.


    Machado arrive en gare de Collioure à cinq heures  et demie de l'après-midi, le 28 janvier. Avec sa mère, son frère José, sa belle-sœur ; un parapluie pour toute fortune. Il fait mauvais. Jacques Baills, un employé de la gare, indique au petit groupe, pour la nuit, la pension Quintana, quelque cinq cents mètres plus bas.


     Antonio Machado, fils d'Antonio Machado y Alvarez, vient de Séville où il a grandi. De Madrid, avec son frère Manuel, il a écrit des pièces de théâtre. De Paris, au tournant du siècle. Il vient de Soria où il a enseigné, aimé et souffert. De Baeza. 


    Il s'est mis à la philosophie allemande et découvre Heidegger. Andalou intime, castillan d'essence, il remonte en Catalogne. Il s'est paré de pseudonymes et s'engage aux côtés de la République. Dans l'ourlet de la Retirada, il passer la frontière du Nord, gagne les Pyrénées Orientales, gagne l'exil.


    Et tombe à Collioure.


    La mère est épuisée. Il faut la porter jusqu'à la Placette. La mercière, Mme Figuères, permet de s'asseoir. La pension, de l'autre côté de la place, est si éloignée. On dit qu'il fallut appeler un taxi, car les eaux de la rivière ne permettaient pas le passage à gué. On prit la route par le cimetière.


    Je crois que les rescapés arrivèrent sur une barque, en remontant le Douy, la rivière qui vient de la mer. C'est dans cette pension qu'ils passent quatre longues et maigres semaines, en février, jusqu'à la mort du fils et de la mère.


    Numéro 669, 670,671, 672, 673, 674, 675: il a douze ans de moins qu'il n'y paraît. Il est professeur de français. Il est né à Séville. Réside à Madrid. Vient de Barcelone.
    Machado dort au fond, à côté de sa mère qui rêve de Séville. Machado dort enfin dans le lit de sa mère.
  
  L'escalier extérieur de la pension mène des chambres à la salle à manger, au rez-de-chaussée. Le poète et son frère n'ont que deux chemises. Quand ils lavent une chemise et la mettent à sécher à la fenêtre d'une chambre, un seul peut descendre dîner. Là est leur table. L'autre attend, à l'étage, que son frère remonte et lui passe sa chemise, avant d'aller manger à son tour.




    Le poète porte toujours le même complet bleu marine.


    C'est à la veille des congés de Carnaval que Machado doit s'aliter. Le médecin appelé ne peut rien faire. Machado meurt le 26 février dans l'après-midi. Son frère Manuel apprend la nouvelle chez un coiffeur de Burgos et arrive à Collioure trois jours après la mort d'Ana Ruiz, leur mère. Les derniers temps, le poète allait s'asseoir sur un banc, devant la pension Quintana, pour regarder les joueurs de pétanque.


    Avant de mourir, le poète a-t-il fait la promenade du phare? On connaît trois de ses promenades : il est allé deux fois au magasin de Mme Figuères ; il a contourné l'hôtel et suivi le chemin du cimetière ; avec son frère José, enfin, il est descendu jusqu'à la plage et s'est appuyé ou adossé à une barque. Mais au-delà ? La seule qui sait, la "Vérité", a brûlé sur la plage de Canet, il y a bien longtemps.


    Il faut, pour aller au phare, passer à côté de la maison "espagnole". C'est le nom qu'on lui a donné pendant le tournage du "Fils de Caroline chérie", dans les années 50. Je ne sais plus si Martine Carol était encore en vedette au générique ou si Brigitte Bardot y apparaissait déjà en figurante.


      Au-delà de la maison espagnole, la chapelle saint-Vincent. Au-delà de la chapelle. Au-delà du phare, la Grèce. 


...à suivre

Pages les plus visitées (hit-parade du blogabonnel)

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans Arts
commenter cet article
25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 10:09
Photo de Grégory Herpe (album "Catalogne")

Photo de Grégory Herpe (album "Catalogne")

Poésies

 

Le vent

 

Nous partirons dans le vent mon amour                     

       tu m'emmèneras dans le vent mon amour

nous laisserons un peu les enfants                            

    et nous courrons sur la  grand route

nous regarderons l'eau sous le vent    et ses claques    et ses gifles

et ces rides et ces vagues  et ces giclées qui nous font rire et nous émoustillent

nous irons dans le vent       sous le vent        et contre le vent

    pour rire beaucoup sans rime ni raison

il nous entourera       nous serrera       nous poussera     nous aveuglera

       il nous enveloppera      nous emplira les oreilles

    les tourbillons nous surprendront et nous étonneront

 

pourtant nous partirons sur la montagne

où la nature frissone    se tord   se défait   s'agite    se noue

mon dieu    comme nous rirons     tout nous sera surprise   même l'amour

oui nous laisserons les enfants et dans notre course échevelée      les nuages fuiront

nous nous enfuirons aussi tels des oiseaux       sur la grande aile du vent

        que trouverons-nous en haut de la colline    dans les senteurs ?

     dis mon amour    qu'y trouverons-nous ?

dans ce grand souffle tiède et un peu froid bien brusquement

   que deviennent les cistes ?     Comment les chênes verts résistent-ils ?

comment se tiennent les raisins et toutes les baies d'automne ?

        reste-t-il quelques fleurs menues ?

d'où vient ce grand vent subit qui nous gifle de l'est

   mais n'apporte pas de marin

        et où va-t-il en ces tourbillons imprévus ?

toute la rivière se balance    un coup à gauche   un coup à droite

           toute la forêt est en marche    les feuilles tournent

 

j'y suis montée sans toi mon ami    sur la colline

le vent calmé soufflait de l'ouest en feu

les grands fenouils fouettés se courbaient bas

et tremblaient les fins micoucouliers

toute la colline frissonnait dans la lumière

et j'ai fermé la cheminée quand  cognait le vent d'ouest

avant une grande nuit apaisée

qui tombait dans un trou  

        dans un trou

 

 

                    Marie-Josèphe Garand

 

- - -

 

 Download.html.jpg

Audrey n’avait qu’un an...

 

Audrey n'avait qu'un an... et déjà les lavandes

Croulaient dessous le faix du printemps attardé,

Tiges écartelées, capiteuses offrandes

Dont l'amour aime à se farder.

 

Audrey n'avait qu'un an... et, telles deux amandes,

Ses yeux s'écarquillaient sous l'ardeur de l'été.

J'y découvrais le ciel plus bleu, la mer plus grande,

Sans cesse au voyage invité.

 

Audrey n'avait qu'un an... L'automne en sarabande

Entraînait les éclats d'un bois émietté

Au fond duquel jouaient les fées de Brocéliande

Et les gueux du Mont-de-Piété.

 

Audrey n'avait qu'un an... et l'hiver sur la lande

Répliquait sa candeur en neigeuse gaieté,

Façonnant sous le gel les héros de légende

Qui seraient morts pour sa beauté.

 

 

 

Jean Iglesis

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 07:57
A l'entrée de la mairie de Perpignan - Rifle d'Elne -
A l'entrée de la mairie de Perpignan - Rifle d'Elne -

A l'entrée de la mairie de Perpignan - Rifle d'Elne -

La mairie de Perpignan a décoré son entrée et son patio de façon abstraite, pour que l'on ne dise pas qu'il s'agit d'une crèche...Mais c'est une crèche virtuelle, un pas vers la tentation bitéroise... La décoration est dans le plus pur goût traditionnel : du blanc, des sapins, des boules, de la neige. Le goût le plus pompier qui s'accorde auxtraditions les plus anciennes et vidées de leurs significations... Fête laïque ou religieuse..? Décoration popu ou provocation voule..? Rien de tout ça, sans doute, c'est vide tel le projet municipal... 

Abstraction de la crèche, épure à l'entrée, puis, plus loin, au coeur du pation, encore une fois on a masqué la statue de Maillol, on l'a décorée, affublée des signes rituels de Noël...Et tout au long de l'année, Aristide est moqué : non, Perpignan n'est pas la ville de Maillol ! Allons le voir à Banyuls !

 

JPB

- - -

 

Quant au rite de la rifle, bilingue (Elne, Collioure...) ou en catalan (Baho, "Bao La Vilbau", le 26 décembre à 20h30, pour la langue catalane "Una rifla a favor de la llengua catalana", mais étrange phrase en anglais : 

 

Our mailing address is: 

 

Federació d'Entitats per la Defensa de la Llengua catalana

23 avinguda del Liceu

Perpinyà 66000

France

        

Je n'en écrirai pas plus aujourd'hui, voir ce blog pour retrouver l'article...

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans mythologies cat
commenter cet article
23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 10:01
Nicolas Bourriaud

Nicolas Bourriaud

 

*Ancien directeur des Beaux-Arts de Paris    (ENSBA) désormais responsable de l'art contemporain à Montpellier

 Nicolas Bourriaud a été nommé directeur du centre de culture contemporaine la Panacée à Montpellier et chargé du projet de futur centre d'Art contemporain.

Destitué par le ministère de la culture, l'ancien directeur des Beaux-Arts ne viendra sans doute pas au secours des B.-A. de Perpi… Pas la moindre ba…

 

 

* Je relis son petit opuscule Esthétique relationnelle (édition Les presses du réel) ; il définit ainsi son concept : il tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social...(page 13)

 

Pour lui, désormais "les oeuvres ne se donnent plus pour but de former des réalités imaginaires ou utopiques mais de constituer des modes d'existence ou des modèles d'action à l'intérieur du réel existant, quelle que celle soit choisie par l"artiste."

 

N. Bourriaud s'inspire du marxisme et de Louis Althusser. Il prône un "matérialisme aléatoire", une esthétique de la relation ("L'art est un état de rencontre") qui s'inscrit dans une tradition matérialiste pour aboutir à un "matérialisme de la rencontre." (page 18.

 

Il faut que l'oeuvre crée des liens : merci le Petit Prince…

Le regard d'autrui est essentiel : c'est le regarder qui prolonge l'oeuvre et là, l'ancien directeur des B.Arts s'inspire de Duchamp (dialogue entre le regardé et le regardeur), de Lévinas * (pour le visage), de Serge Daney (pour le cinéma, l'idée de pont de vue, de focalisation, de réception sont à la mode)…

 

Contre la servitude, il s'agit d'utiliser les "interstices sociaux", la liberté devant s'exprimer lors des expositions, le public échangeant, communiant lors des installations contemporaines. Pour s'éloigner de la propagande et du formatage des médias audios et visuels qui sont faits pour vider les cerveaux (la télé de béton de TF1) et vider les villes, le soir, languit, les habitants se réfugiant dans leurs boites…

ces médias (dangereux intermédiaires) nous donnant l'illusion de communiquer avec le monde, de participer à l'animation frénétique du monde, en fait pour vendre de la séduction politicienne et de la pub commerciale...

 

 

*Le visage, c'est "ce qui m'ordonne de servir autrui", "ce qui nous interdit de tuer." (cité p. 23)

 

JPB

 

 

Nicolas Bourriaud est nommé directeur artistique de la Panacée à Montpellier et chargé de la préfiguration du futur centre d'Art contemporain, a annoncé le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Philippe Saurel. 

 

Critique d'art et commissaire d'expositions spécialisées dans l'art contemporain, Nicolas Bourriaud a fondé et co-dirigé le Palais de Tokyo de 2000 à 2006 et dirigé les Beaux-Arts de 2011 à l'été 2015. Il avait été limogé début juillet par le ministère de la Culture de la direction des Beaux-Arts, cette décision suscitant une polémique dans le monde de l'art.

 

 

Le futur centre d'art contemporain doit être créé d'ici 2019 dans les locaux prévus (hôtel Moncalm, près de la gare), pour le projet avorté de musée "de l'Histoire de la France et de l'Algérie", qui datait de l'époque du défunt Georges Frêche, maire d'une ville dans laquelle 42.000 pieds-noirs s'étaient installés en 1962.

 
Repost 0
Published by leblogabonnel - dans Arts
commenter cet article
22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 08:53
Le Presbytère de la Cathédrale Saint-Jean, de Perpignan, par André Scobeltzine

Le Presbytère de la Cathédrale Saint-Jean, de Perpignan, par André Scobeltzine

* André, merci pour ce message et ce dessin :
 
 
"Bonjour Jean-Pierre,

 

Je vous joins un croquis de l'ancien presbytère ainsi que le commentaire ci-dessous.

 

Bien cordialement. André Scobeltzine.

 

Le presbytère de la Cathédrale sera détruit aujourd'hui.

 

Je suis allé le dessiner hier.

 

C'était un petit chef d'œuvre de délicatesse construit en 1900 qui s'intègre parfaitement dans le quartier, en cadrant les vues, et en mettant en valeur, par son échelle réduite et sa belle maçonnerie de briques et de galets, le clocher de la grande église.

Il témoigne d'une délicatesse et d'un savoir faire urbain dont on est bien incapable aujourd'hui.

 

On aurait pu le consolider et le rénover sans difficulté.

 

Les Barbares en ont décidé autrement.

 

"André SCOBELTZINE" <a.scobeltzine@wanadoo.fr>  (lundi 21 décembre 2015-)

 

 

 

- - - 

 

 

Podemos, Yes we can, nous pouvons !

 

Que pouvons-nous..? Le citoyen de base se laisse conduire, se fait le plus souvent mouton, se contente de râler, d'aller voter contre ou par défaut, ou pas du tout, mais c'est tout…

Depuis longtemps, Montaigne et La Boétie, nous savons tout de la "servitude volontaire"…

 

Il se console comment, alors, le citoyen moyen..?

 

Il se fait des illusions, il se met soudain à croire en un espoir, à l'émergence d'un nouveau mouvement. C'est ainsi avec "Podemos" en Espagne, l'intrusion de la jeunesse dans un pays dirigé encore par les nostalgiques de la dictature et une droite dure. 

 

L'intelligence et la générosité de Pablo Iglesias, qui jaillissent de ses yeux d'adolescent utopique, de sa vision gauchiste d'une société juste, libérée du carcan des vieilles lunes idéologiques, staliniennes et franquistes, redonne une espérance à une Ibérie en crise, à une Europe du Sud dévastée par le chômage et le passage des migrants. Pablo pense, on l'espère, à la Grèce et au désenchantement, si âpre et si puissant, à la hauteur du rêve entrevu.

 

Il va falloir être réaliste, en effet, magré ces utopies qui poussent la jeunesse… Il va falloir innover entre une droite ne pensant qu'au passé et une gauche refusant le présent, croyant inventer une avenir indépendantiste avec un parti au pouvoir miné par la corruption et la pratique de  l'austérité. 

 

De même, la France insulaire qui a voté, par défaut, pour les Indépendantistes corses, sait qu'on ne peut espérer en un mouvement qui s'est nourri du clientélisme, de réseaux mafieux et criminels (une cinquantaine de morts, dus aux Indépendantistes).

 

L'espoir et la justice peuvent naître des yeux de milliers de Pablo Iglesias. 

 

Podemos. Réellement, pouvons-nous ? Sommes-nous capables de sortir de notre confort bourgeois, de notre état d'assistés sociaux, de nous libérer de nos machines d'assistance respiratoire…?

 

JPB.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans polémique
commenter cet article
21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 10:11
destruction du presbytère, ce lundi

destruction du presbytère, ce lundi

L'affaire du presbytère de Perpignan (Cathédrale Saint-Jean)

Bon la question ne se pose plus : le presbytère est mis à terre !

L'habitation du curé était pourrie, termitée, près de tomber sur les touristes et pratiquants de la Cathédrale Saint-Jean : on croit la mairie, la préfecture, les architectes des Bâtiments de France…Je ne suis pas un spécialiste...

Simplement, ils ont déjà pu se tromper dans le passé : les beaux remparts, l'ancien lycée Arago, le bel ensemble religieux, rue Mal Foch, détruit pour y mettre les pompiers (aujourd'hui le Conservatoire)...

Je sais, la patrimoine, c'est le passé, la conservation, et notre municipalité ne veut pas être conservatrice, alors, on détruit. On espère que le secteur sauvegardé ne le sera plus bientôt et que l'on sera dispensé de reconstruire au même endroit…Alors, la perspective sur le Campo Santo et sur Saint-Jean le Vieux sera enfin possible...

La vue sur le champ des morts, ce sera formidable, un peu voyeur, ce regard, mais pour le tourisme et une ville-destination "art et histoire", ce sera une aubaine…

Vue, vision de l'avenir…Au fait vous êtes presbyte ou vous avez les yeux perçants..? Vous êtes presbytère ou terre à terre..?

La place sera nette autour de la Cathédrale pour les fêtes de fin d'année. Merci père Noël. Pour la messe de minuit, ce sera joli !

Mais…j'ai peur qu'il ne fasse, chaque jour, un peu plus nuit sur Perpi…

JPB

Projet de révision du PSMV

Qu’est-ce qu’un secteur sauvegardé?

Un secteur sauvegardé est un document d’urbanisme, outil de protection portant sur un « secteur présentant un caractère historique, esthétique ou de nature à justifier la conservation, la restauration et la mise en valeur de tout ou partie d'un ensemble d'immeubles »

Le secteur sauvegardé est une démarche d'urbanisme qualitatif dont l'objectif est autant de conserver le cadre urbain et l'architecture ancienne que d'en permettre l'évolution harmonieuse au regard des fonctions urbaines contemporaines et en relation avec l'ensemble de la ville.

Le secteur sauvegardé de la ville de Perpignan

Le secteur sauvegardé de Perpignan est d’une superficie d’environ 100 hectares et compte plusieurs quartiers:

  • Le quartier Saint Jacques
  • Le quartier Saint Mathieu
  • Le quartier La Réal
  • Le quartier Saint Jean
  • Le quartier de la Villeneuve
  • Le quartier des anciens remparts

Pourquoi réviser le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur?

Depuis deux décennies, la ville de Perpignan s’est engagée dans une lourde démarche de transformation urbaine, avec l’ambition clairement affichée de devenir une ville attractive et un centre d’agglomération dynamique. Cette mutation n’a été possible que par l’engagement préalable d’un processus de reconquête d’un centre-ville dégradé, afin de préserver sa richesse, de le doter de signes de modernité afin qu’il puisse rayonner sur tout le territoire communal et au-delà.

Afin de poursuivre cette dynamique bien engagée, la Ville de Perpignan, en collaboration avec l’Etat, a souhaité réviser son Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur pour en permettre une gestion plus optimale.

La phase préalable à la procédure de révision du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) de Perpignan

Le 12 Décembre 2013 le dossier de révision a été présenté à la Commission locale du secteur sauvegardé de Perpignan, qui a rendu un avis favorable à l'unanimité.

La Commission locale du secteur sauvegardé (CLSS) est composée d'élus de la Ville de Perpignan, de représentants de l'État et de personnalités qualifiées (représentants d'associations, experts).

Elle suit l'élaboration du projet de révision du PSMV pendant toute la durée de la procédure.

Le 05 Février 2014 la demande de la mise en révision est approuvée par le Conseil municipal.

Le 1er Avril 2014 la révision du PSMV est prescrite par arrêté préfectoral.

Cette procédure est menée conjointement par l'État et la ville de Perpignan.

Les objectifs de la révision du PSMV de Perpignan sont:

  • Intégrer les enjeux économiques et sociaux, en proposant une évolution du tissu urbain pour une meilleure attractivité du centre ancien, voué à un fort rayonnement touristique, et adapté à toutes les populations et à plus de mixité fonctionnelle
  • Cibler les interventions pour une action plus efficace et plus en profondeur sur les quartiers St Jacques, St Mathieu et la Réal
  • Requalifier un axe structurant en diffusant une dynamique de désenclavement des quartiers et en l’utilisant notamment comme le support d’un tissu commercial à développer ainsi que d’un mode de déplacement performant et durable
  • Assurer une meilleure compatibilité du nouveau document avec les procédures et les outils opérationnels en cours
  • Inclure les enjeux liés au développement durable et les questions liées à la performance énergétique du bâti ancien

La phase d'études : l'élaboration du projet de révision du PSMV

L'équipe missionnée pour réaliser le projet de révision du PSMV

En accord avec la Ville, l'État a désigné une équipe pour concevoir le nouveau PSMV.

Elle est composée d'architectes-urbanistes indépendants spécialisés dans les questions de patrimoine, en matière d‘Histoire, d’Archéologie, droit de l’Urbanisme.

L'équipe est composée de :

M. Alain VERNET (mandataire), architecte du patrimoine

M. Bertrand RAMOND, architecte (agence ART)

Mme. Sophie ASPORD-MERCIER, historienne, archéologue

M. Pierre TRONCHON, juriste et urbaniste

L'enquête de terrain et la visite de l'intérieur des immeubles

L'équipe missionnée établit un diagnostic urbain de l'ensemble du périmètre d'études et un diagnostic historique et architectural de chaque immeuble et chaque espace public.

Pour cela, elle doit visiter un grand nombre d’immeubles entre 2015 et 2017.

A cet effet, les membres de l'équipe sont autorisés à effectuer la visite de l'intérieur des immeubles et des parties communes extérieures, conformément au code de l'Urbanisme (articles R.313-33 à R.313-37) et après arrêté municipal (arrêté municipal du 10 avril 2015).

À l'issue de ces diagnostics, et conformément aux objectifs de la révision, l'équipe proposera un projet de PSMV définissant les règles et prescriptions qui s'appliqueront sur ce territoire du secteur sauvegardé. Le projet de PSMV comprendra un rapport de présentation, un règlement, des documents graphiques et des annexes.

Cette phase d'études devrait durer deux ans (2015-2017).

La concertation avec les habitants

Elle se déroule pendant la phase d'élaboration du projet et comprendra notamment une information régulière du public et au minimum, une réunion publique.

Un registre pour recueillir les suggestions des habitants concernant le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur est tenu à disposition du public. Sa mise à disposition se fait aux heures et jours habituels d’ouverture de la Direction de l’Aménagement et de l’Urbanisme (11, rue du Castillet, du lundi au vendredi 8h30 -12h30).

L’enquête publique

Lorsque le projet de PSMV aura reçu un avis favorable de la Commission locale du secteur sauvegardé, il sera présenté pour avis au Conseil municipal puis à la Commission nationale des secteurs sauvegardés.

Il sera ensuite soumis à une enquête publique pour recueillir les observations des habitants.

Le nouveau PSMV applicable après arrêté préfectoral

À l'issue de l'enquête publique, le projet de révision du PSMV, éventuellement modifié pour tenir compte de ces observations, sera soumis au vote du Conseil municipal de Perpignan pour avis. Il sera ensuite rendu applicable par arrêté préfectoral, à l'horizon 2017.

Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du secteur sauvegardé de Perpignan Révision n°1 (format PDF / 2 Mo)

- - -

Habitat du Centre Ancien

Perpignan : La dynamique de requalification du centre ancien.

Les quartiers Saint-Matthieu, Saint-Jacques, La Réal et Saint-Jean placés au coeur des priorités de la ville de Perpignan, depuis 2003.

Des résultats atteints :

En cinq ans, sur l'Opération programmée de l'habitat - Renouvellement urbain (OPAH-RU) 2003-2008, 1254 logements ont été réhabilités :

  • Dont 866 logements entièrements réhabilités ou remis aux normes
    • 750 avec des aides publiques
    • 61 logements suite à des procédures coercitives
    • 55 par la défiscalisation Malraux
  • Dont 388 logements suite à des rénovations façades

Environ 15,6 millions d'euros d'aides publiques et 36 millions d'euros de travaux engagés pour restructurer et réhabiliter les logements sur le Centre ancien.

Le dispositif en cours.

En 2008, la Ville de Perpignan avec l'État, l'ANAH, Perpignan Méditerranée Communauté d'Agglomération et la Caisse de Dépôts et Consignations, a lancé une nouvelle OPAH-RU pour les années 2008-2013. Les objectifs opérationnels sont le traitement de 1325 logements en cinq ans, soit :

  • 160 logements améliorés par les propriétaires occupants,
  • 40 logements réhabilités par les accédants à la propriété,
  • 80 logements réhabilités par les promoteurs qui produisent des logements destinés à l'accession à la propriété,
  • 250 logements concernés uniquement par l'aide spécifique à l'amélioration des façades,
  • 275 logements locatifs à loyer libre,
  • 300 logements loctifs à loyer conventionné,
  • 220 logements sociaux publics.

Quatre grandes orientations stratégiques :

  • le maintien de la diversité sociale,
  • la lutte contre l'habitat indigne,
  • la restructuration de la trame urbaine dans les secteurs les plus dégradés
  • la lutte contre la vacance.

URBANIS

"Habiter le centre-ville"

5, rue de la Fusterie

Téléphone : 04 68 63 76 80

Accueil du public : Mardi, Mercredi et Jeudi de 10h à 13h

Telechargements

Habiter et vivre le centre-ville (format PDF / 3 Mo)

Aides financières

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans polémique
commenter cet article
20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 09:40
Bidet (Fontaine) de Duchamp : "Duchamp est passé par là !"

Bidet (Fontaine) de Duchamp : "Duchamp est passé par là !"

 

***L'Association Concordia Patrimoine et Culture, éditeur d'Artfabetic et Art Angels, plateforme de mécénat participatif travaillent main dans la main pour contribuer au financement du premier volume du dictionnaire biographique des artistes plasticiens de France.

 

Plus de 3500 artistes vivants, qui travaillent et/ou exposent en France, sont inscrits dans ce "dictionnaire des petits maîtres qui n'a pas oublié les grands" selon son auteur Julien Dumas. Ouvrage destiné à traverser le temps, Artfabetic s'est consacré à réunir des plasticiens de toutes spécialités et tous styles, pour offrir au monde conservateur, marchand et amateur d'art la plus belle diversité artistique et multiculturelle qui soit.  

 

La campagne de financement participatif invite un large public à s'inscrire dans l'événement de cette parution en contribuant à la réalisation de l'ouvrage pour participer à cette formidable aventure qu'est l'édition d'un dictionnaire d'artistes plasticiens.

 

Je vous encourage à découvrir le projet en cliquant sur le lien www.artangels.fr.

 

Le monde d'aujourd'hui a besoin de votre soutien. La création doit être mise en avant, les créateurs doivent se sentir soutenus.

N'hésitez pas à me contacter par mail ou via linkedin pour de plus amples renseignements.

Bien cordialement,

Céline Marcadon, cmarcadon@gmail.com

https://www.linkedin.com/profile/view?id=AAIAAAmtnQQBoY3Qff4veIqiGARRi43TlIhDcMI&trk=nav_responsive_tab_profile_pic

 

www.artangels.fr

 

www.twitter.com/ArtAngelsInfo

  www.facebook.com/artangelsinfo

 

 

Qu’est-ce que l’art ? C’est à cette question sempiternelle que retourne Arthur Danto dans son ultime ouvrage, récemment traduit en français. Le philosophe américain y propose une nouvelle compréhension de l’art comme « rêve éveillé », substituant à la mimèsis de la Renaissance une imitation onirique du monde et de son époque.

 

Recensé : Arthur Coleman Danto, Ce qu’est l’art, Post-éditions et Questions théoriques, traduit de l’anglais par Séverine Weiss, postface d’Olivier Quintyn, 2015. 219 p., 22 €.

Le titre du dernier ouvrage d’Arthur Danto Ce qu’est l’art (What Art Is), publié peu avant la disparition de l’auteur en 2013, révèle l’humour d’un philosophe qui n’hésite pas à énoncer une réponse affirmative, presque péremptoire, dans sa forme, à la fameuse question, récurrente de Socrate à nos jours : « Qu’est-ce que l’art ? » Car, si les philosophes et les esthéticiens du XXIe ne se soucient plus guère de savoir ce qu’est véritablement l’art ou si telle ou telle chose est ou n’est pas vraiment de l’art, ces questions préoccupent toujours le grand public, souvent déconcerté, face aux œuvres exposées dans les lieux d’art contemporain.

L’humour d’Arthur Danto tient à sa double casquette – lui-même parlait de double-hatting – d’une part, celle de représentant de la tradition analytique de l’art, préoccupé par l’interrogation « existentielle » de Nelson Goodman «  When is Art ? » – « Quand y a-t-il art ? » – et, d’autre part, celle de critique d’art obsédé par la question ontologique, convaincu de l’existence d’une « essence » de l’art.

L’ouvrage Ce qu’est l’art serait-il donc le signe d’une petite traîtrise passagère à la cause analytique ou bien l’aveu de la nature fondamentalement essentialiste de celui qui apparaîtrait alors comme le plus « continental » des philosophes anglo-saxons ? Assurément ni l’un ni l’autre... ou peut-être l’un et l’autre ! L’un des grands mérites de Danto, conteur passionné et passionnant de l’histoire et de la philosophie de l’art depuis Platon est de parvenir à convaincre le lecteur de la compatibilité de deux conceptions habituellement considérées comme inconciliables.

Comment régler en premier lieu la sempiternelle question de l’essentialisme ?

La validité de la démonstration de Danto repose sur la constatation que « tout ne peut pourtant pas être de l’art » (p. 12), malgré Marcel Duchamp et en dépit d’Andy Warhol qui, tous les deux, prirent acte de la disqualification de l’imitation et de la naissance du modernisme. L’un avec son urinoir, l’autre avec Boîtes Brillo auraient ouvert la porte au n’importe quoi et ébranlé « la certitude qu’une définition de l’art soit encore possible » (ibid.), déplore l’auteur avec une fausse naïveté, affectant d’oublier qu’il doit, à l’un et à l’autre, les fondements mêmes de sa philosophie de l’art. On décèle comme un soupçon de regret dans le « pourtant ». Quel dommage, tout serait plus simple si tout pouvait être de l’art !

Mais le philosophe enjoué qu’est Danto ne désespère pas de mettre au jour les critères assurés permettant de reconnaître avec certitude l’essence de l’art. Cela suppose bien entendu qu’une définition essentialiste vaille pour la totalité de l’art, qu’il soit ancien, classique ou contemporain : « Si l’on considère que l’art forme un tout cohérent, il s’agit de montrer que ce qui le rend tel est décelable tout au long de son histoire » (p. 12). En clair, l’histoire évolue, les différentes périodes de l’histoire de l’art le prouvent, mais l’œuvre d’art est un invariant et son concept est en quelque sorte transhistorique.

Une théorie analytique de l’art

« Rêves éveillés », nom du premier chapitre – l’ouvrage en comprend six – entend prouver l’existence indubitable de l’essence de l’art et repérer les signes qui permettent d’identifier celle-ci. Ce chapitre est avec le dernier (« L’avenir de l’esthétique ») celui qui justifie le titre du livre et mérite une attention particulière.

Après quelques pages consacrées à la naissance du modernisme au début du XXe siècle. Danto passe assez vite sur Picasso, notamment sur les Demoiselles d’Avignon qui n’ont droit qu’à des remarques sans intérêt particulier : « Les Demoiselles sont peintes de façon nouvelle pour faire apparaître la vérité des femmes, telle que Picasso la voyait » (p. 21) ! Il ne dit mot de l’archéologie du tableau, ni de la centaine d’esquisses révélant les hésitations, les doutes, les repentirs du peintre, rien non plus sur ce manifeste de l’origine du cubisme, ni sur l’influence de Derain et de l’art primitif. Assez curieusement, il ne fait aucune allusion à ce qui aurait pu appuyer sa thèse sur le début et la fin de l’ère albertienne. Lui qui place Giotto et Cimabue à l’origine du principe de la mimèsis aurait pourtant eu beau jeu de moquer André Breton qui haussait les Demoiselles d’Avignon à la hauteur de la Vierge de Cimabue.

Néanmoins, la thèse de Danto s’énonce clairement : « La question : “qu’est-ce que l’art” est désormais bien différente que ce qu’elle a pu être autrefois dans l’histoire » (p. 36). Marcel Duchamp et ses ready-mades, dans les années 1910, Andy Warhol et ses Boîtes Brillo (1964) ont permis à l’art de révéler son essence, sa nature profonde. Fountain, l’urinoir inversé de 1917, rompt avec le bon goût et la beauté, les fac-similés de boîtes Brillo sont de simples reproductions de produits commerciaux destinés aux supermarchés ! Comment justifier l’appartenance de ces objets au monde de l’art, choses a priori sans intérêt, n’importe quoi dans l’ordre de la banalité ?

« Le Monde de l’art » (The Artworld) est justement le titre de l’article publié par Arthur Danto en 1964 dans lequel il évoque le rôle décisif de la théorie de l’art et du contexte historique qui ont permis de « faire la différence entre une boîte de Brillo et une œuvre d’art qui consiste en une boîte de Brillo » [1].

Cette réponse, que Danto jugera lui-même après coup non satisfaisante, vaut à la rigueur pour Andy Warhol mais non pour Duchamp. Brillo Box est une copie parfaite, à s’y méprendre, d’un objet réel, alors que le ready-made est cet objet réel lui-même. Certes, si Warhol avait acheté de vraies boîtes de produit à récurer de marque Brillo au magasin du coin et les avait exposées telles quelles dans une galerie d’art, il aurait montré des ready-mades mais l’artiste pop s’en est bien gardé. En 1917, Fontaine, objet de plomberie, jugé immoral et vulgaire, a été refusé par le monde de l’art new-yorkais de l’époque, en particulier par la Société des Artistes Indépendants, tandis que, près de cinquante ans plus tard, le même monde de l’art présent à la Stable Gallery de la 74e Rue Est, accepte Boîte Brillo « sur le champ », précise Danto dans La transfiguration du banal. Une philosophie de l’art. Cet ouvrage, paru en 1981, avait recours à un raisonnement typique de la tradition anglo-saxonne. Danto entendait explicitement « établir […] une théorie analytique de l’art » [2] qui permettrait de faire la différence entre deux objets, apparemment identiques, perceptuellement indiscernables l’un de l’autre, et dont l’un est considéré comme une œuvre d’art et l’autre non. Danto reprenait l’idée d’une « atmosphère de théorie artistique » et celle « du climat créé par le monde de l’art », lequel n’est pas seulement celui le monde des connaisseurs, des milieux spécialisés et institutionnels – c’est la conception de George Dickie [3], autre théoricien analytique – mais un monde d’« objets interprétés », c’est-à-dire saisis par une interprétation philosophique et artistique qui identifie l’objet et le constitue en œuvre : « sans une théorie de l’art, une tache de peinture noire est simplement une tache de peinture noire et rien de plus » (p. 218). La notion d’« à propos de » (aboutness) est ici primordiale dans cette différenciation : une œuvre d’art est « à propos de quelque chose », elle est créée en fonction d’un projet, elle est intentionnelle.

Toutefois, ces critères, s’ils sont nécessaires pour distinguer l’œuvre artistique de son double banal et sans intérêt, sont insuffisants pour aboutir à une définition universelle et intemporelle de l’œuvre d’art.

L’art est une signification incarnée

Ce qu’est l’art entend précisément combler cette lacune. Danto s’attarde longuement, dès le premier chapitre, sur l’épisode de sa visite à la Galerie Stable en 1964, là où Andy Warhol exposait les Boîtes Brillo. Cette anecdote qui revient, tel un leitmotiv, dans ses écrits, donne la mesure du traumatisme provoqué par cette scène inaugurale, primitive, une sorte de Urszene freudienne, sans résilience, où se trouvèrent mélangées une bonne dose de répugnance esthétique et, heureusement, une « intoxication philosophique » persistante à l’origine de sa réflexion (p. 53). Deux découvertes se révèlent alors décisives. Premièrement, si les œuvres d’art sont « à propos de quelque chose », cela veut dire qu’elles sont des « significations incarnées ». Et si les différences entre les boîtes du commerce labellisées Brillo et les Boîtes Brillo de l’artiste new-yorkais ne sont pas visibles, il doit y avoir des différences et des propriétés toujours invisibles. La conclusion s’impose d’elle-même : « Ce sont les propriétés invisibles qui font que quelque chose est bien de l’art » (ibid.). Deuxièmement, Danto enrichit la définition de l’art comme signification incarnée d’une condition nouvelle inspirée par Descartes et Platon : l’art est un rêve « éveillé », allusion au rêve lucide raconté par l’auteur des Méditations métaphysiques, dans lesquelles Descartes finit par s’assurer de son existence en résistant aux tromperies du Malin Génie, et à l’allégorie de la Caverne chez Platon. Danto, lui, en conclut qu’à la disparition de l’imitation classique et à l’obsolescence du principe de la mimèsis établi à la Renaissance, succède une imitation moderne onirique. L’artiste rêve le monde et son époque et ce rêve est objectivé dans la forme que l’artiste donne à l’œuvre qu’il crée.

Ce chapitre, intitulé « Rêves éveillés », le plus long des six, est véritablement celui qui justifie le titre de l’ouvrage. Non pas que les suivants soient secondaires, mais ces textes, issus pour la plupart de conférences réécrites, servent surtout à exemplifier la thèse principale, à savoir que la définition de l’art de l’art est universelle et transhistorique.

C’est le sens, notamment, de « Restauration et signification ». En quelques pages malicieuses et sur un ton libertin, Danto rend hommage à l’artiste Cy Twombly qui parvint à le persuader que la restauration, en 1994, du plafond de la Chapelle Sixtine était une réussite et mettait en valeur Le Jugement dernier peint par Michel-Ange. Les lecteurs de La Madonne du futur, ouvrage publié en 2000 (version française en 2003) savent quelle importance Arthur Danto accorde à ce chef d’œuvre du maniérisme et quel rôle essentiel joue celui-ci dans sa philosophie de l’art : « Si l’on envisage l’art venant après Michel-Ange dans le cadre d’une histoire dont le point de butée est constitué par le plafond de la chapelle Sixtine et Le Jugement dernier, il ne peut être que post-historique » [4]. En déclarant qu’il est impossible d’aller au-delà de la figure de Jonas telle qu’elle est représentée sur le plafond, Danto laisse entendre que Michel-Ange marque à la fois la fin d’une période historique, celle que Giorgio Vasari met prodigieusement en scène dans les Vite [5], et le commencement d’une autre ère, celle qui s’achève avec Andy Warhol et signifie, de façon beaucoup plus radicale, la fin de l’art... mais non pas celle des artistes.

Digression sur un thème proposé par l’Université de Klagenfurt, « Le corps dans la philosophie et dans l’art » revient sur la question de l’éliminativisme, une thèse qui nie la possibilité de décrire nos états mentaux à l’aide du langage. Le langage du corps qui prétend décrire nos passions, l’amour, le désir, la colère etc., relève de la psychologie naïve. Or, seules les sciences cognitives parviendraient à rendre compte, à l’aide des nouvelles technologies, réellement du langage du corps. Cette perspective laisse Danto plutôt sceptique qui prend ses distances par rapport aux performances corporelles contemporaines, bien éloignées, selon lui, de notre « glorieuse tradition artistique ».

Passionnante mais trop rapidement évoquée, est l’interprétation renouvelée de l’esthétique d’Emmanuel Kant que les formalistes, tels Clement Greenberg, revendiquent pour justifier précisément leur formalisme en art. Dans la mesure, selon Danto, où il affirme que l’âme est intimement « liée aux facultés de connaître », autrement dit que la connaissance passe aussi par les sensations, Kant donne la possibilité d’interpréter l’art de « n’importe quelle période artistique », y compris celui de l’époque contemporaine.

L’exclusion de l’esthétique

Sans craindre l’effet comique du running gag, Arthur Danto évoque derechef, dans le dernier chapitre sur « L’avenir de l’esthétique », les boîtes Brillo, les vraies, fabriquées dans un but commercial, et Boîtes Brillo, les « fausses », d’Andy Warhol. Le plus continental et européen des philosophes anglo-saxons se souvient qu’il appartient pleinement à la tradition analytique lorsqu’il traite du rôle de l’esthétique. Sa définition de l’art comme « signification incarnée » doit tout à la philosophie et absolument rien, selon lui, à une esthétique que les ready-mades de Marcel Duchamp ont totalement exclue de la sphère artistique : « Je peux [...] affirmer que l’essentiel de l’art créé aujourd’hui n’a pas pour but principal la mise à disposition d’une expérience esthétique » (p. 177). Soit. Mais ce chapitre met surtout en lumière la différence existant entre l’acception « analytique », nord-américaine du terme « esthétique », qui reste liée, pour Danto, à la beauté, à l’agréable, au plaisir, à la satisfaction des sens, etc., et celle de la tradition européenne pour qui l’esthétique est associée à la fonction critique du jugement, aussi bien dans l’art que dans les rapports de celui-ci avec la société. Exprimée dans les années 1980, en cette époque de la fin des avant-gardes et de la dissolution des grands récits de légitimation, la position post-historique d’Arthur Danto s’inscrit parfaitement dans le contexte de l’époque mais son raisonnement demeure surprenant. Des nombreuses œuvres pop qui apparaissent aux États-Unis pendant une quinzaine d’années entre 1955 et 1970, Danto isole Boîte Brillo, objet non esthétique mais philosophiquement artistique grâce au double jeu d’une galerie reconnue et d’un artiste déjà célèbre. Cet objet aberrant, simple fake d’un carton destiné à la poubelle, trouve soudainement sa place dans l’histoire de l’art occidental dont il symbolise la fin programmée et inévitable. Magique, la transfiguration de ce banal objet semble relever de la sorcellerie dans la mesure où Danto passe sous silence le contexte social, économique et idéologique de cette métamorphose, ou plutôt de cette transfiguration quasi mystique, célébrée avec zèle par les dévots fidèles du monde de l’art. Dans sa pertinente Postface à l’ouvrage « Splendeurs et misères de l’essentialisme », Olivier Quintyn note à juste titre, en référence à Jean Baudrillard : « [...] l’indiscernabilité de la Boîte Brillo sert à hypostasier et à consacrer, en une expérience symbolique fulgurante, le continuum culturel du signe-marchandise qui relie en une même chaîne implacable l’art, la marchandise et la valeur somptuaire du signe dans l’échange » (p. 200).

L’histoire des indiscernables entre le modèle et sa copie pourrait alors être lue comme une fable, un leurre qui sert à masquer l’indiscernabilité, ou plutôt la similitude, voire littéralement l’équivalence de tous les objets, réduits à leur valeur d’échange, pris dans le jeu consumériste du capitalisme néolibéral. « Les boîtes de Harvey relèvent de l’esprit objectif des États-Unis aux alentours de 1960 » (p. 175) reconnaît Danto en faisant référence à la fois à Hegel et à James Harvey, l’artiste commercial qui a peint initialement les boîtes de produits à récurer. Il en va donc nécessairement de même pour les Boîtes Brillo de Warhol, avec cette différence, précise Danto, qu’elles rendent l’esprit objectif conscient de lui-même. Puis il s’interroge : « L’esthétique des boîtes Brillo nous en dit long sur l’esprit objectif dont elle relevait. Mais que nous dit-elle de l’esprit absolu, en imaginant qu’elle en dise quelque chose ? »

Ce qu’elle en dit est peut-être bien l’émergence, vers la fin des années 1960, dans le contexte de la société de consommation des Trente Glorieuses, du Business et Star Artist, figure aujourd’hui incontournable du marché de l’art international. Le contexte mercantile actuel de l’art post-historique tend plutôt invalider l’idée de l’art comme « signification incarnée » en quête d’interprétation, et à lui substituer celle d’un art émotionnel sous l’emprise des mass-médias et d’un management efficace et rentable. Un autre récit post-historique, inconcevable pour Danto, est peut-être déjà en train de s’écrire sur le thème : « après la fin de la fin de l’art ». C’est une autre histoire !

Arthur Coleman Danto, artiste-graveur dans sa jeunesse, eut à cœur, pendant un quart de siècle, d’exercer ses talents de critique d’art au magazine The Nation, « autrement que la plupart des critiques new-yorkais de tendance conservatrice », confie-t-il à la fin de l’ouvrage. Il ajoute : « Mon rôle, en tant que critique, était de dire de quoi parlait l’œuvre – ce qu’elle signifiait – et à quel point cela valait la peine que je l’explique à mes lecteurs » (p. 182). Le mérite de son dernier livre est de remplir parfaitement ce rôle en conciliant le philosophe de la fin de l’art et le critique d’art pour qui importait, au plus haut point, la survie de l’art et la continuation de son histoire.

nouveau lien dossier fin nouveau lien dossier

Pour citer cet article

Pour citer cet article :

Marc Jimenez, « L’art mis en boîte », La Vie des idées , 11 décembre 2015. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-art-mis-en-boite.html

fin pour citer cet article

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais : redaction@laviedesidees.fr.

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans Arts
commenter cet article
19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 11:36
Ce samedi au Théâtre de la Rencontre

Ce samedi au Théâtre de la Rencontre

* L'abstention fait le larron :

 

En raison de l'indifférence des citoyens à l'égard des partis politiques traditionnels 

(mais au passage, on s'aperçoit qu'un candidat "sans étiquette" tel le maire actuel -Saurel- de Montpellier a eu très peu de voix !) ,

 

la participation demeure très faible (la moitié du corps électoral) : les candidats sont élus avec peu de voix, par rapport aux inscrits. D'où le succès de listes "différentes", marginales, non institutionnelles, comme en Corse. La révolution ou l'indépendance peut advenir de façon légale avec une majorité relative : le tiers des voix pour Siméoni.

 

En raison de la colère rentrée des citoyens, le parti le plus proche du peuple, "populiste", démagogue (il n'y a qu'à...sortir de l'euro, de l'Europe...sortir les étrangers, les migrants...), la République peut être violée et renversée par quelques millions de votants, la moitié de l'électorat restant à la maison... Le FN au pouvoir par défaut, par indifférence, par aveuglement : les partis classiques sauront-ils trouver la solution pour ré-enchanter le peuple..? Le Président de la République semble avoir trouvé la sienne : vider le programme frontiste, éliminer le FN en appliquant ses idées...

Et vous, que proposez-vous..?

 

JPB

 

 

**ReNVERSANTE : LA RIFLE  SPECTACLE DU THÉÂTRE DE LA RENCONTRE

SAMEDI 19 DECEMBRE - 2015 à 20h30

 

Objet : RiiFLE EN PIÈCE JOINTE 

 

"L'habitude est une seconde nature"

aussi nous n'allons pas abîmer la nôtre (de nature)

et pour autant nous conservons nos fondamentaux, comme on dit à l'USAP.

 

la RIFLE-THÉÂTRE 2015  aura lieu SAMEDI 19 DÉCEMBRE à partir de 20h30

(et à l'orée des 40 ans de la compagnie !!!!)

 

Ceci est donc un appel à candidature amicale

pour y participer, d'un texte, d'une chanson, d'un extrait de théâtre, un sketch, 

un mime,un morceau de musique(Classique, Jazz, au choix...)

ou toute autre intervention qu'il vous plaira d’offrir au public....

LIBERTÉ TOTALE DANS LE DÉLAI DE 3 À 4 MINUTES.(et les limites très lointaines de la décence...)

 

Merci de vous y préparer et répondez nous tout autant que possible..

A l'amitié de ce qui nous ressemble

et parfois nous rassemble ( il y en a bien besoin !!! )

 

... pour nos 40 ans

LA RIFLE-SPECTACLE EST UNE VRAIE RIFLE !!!

RECONNUE PAR LA CATALANE FOUTRALE DES JEUX  

ET  L'INSTITUT DES FÊTES OUILLADE- CHOCOLATS … DEPUIS 12 ANS.

Elle a même survécu à la fin du monde, de Bugarach !!!

 

Particularité de ce loto théâtral: chacun(e) gagne même si son carton de chiffres est vide ! 

 

En effet, celle ou celui qui crie ‘’Quine !’’ et descend des gradins pour s’asseoir dans le fauteuil V.I.R (*) et recevoir son lot, n’est pas, en fait, le seul à en profiter : la salle entière des perdants goûte, honteusement, au même plaisir. 

On a beau distribuer les gages les plus tordus, les tricheurs sont majoritaires, ce soir là ... Malgré les efforts du service d’ordre qui voudrait que chacun se bouche les yeux et les oreilles, sauf le ou la gagnante, rien n'y fait  !! 

 

Car, justement, chaque gagnant(e), a droit à un(e) artiste qui lui offre une chanson, un poème, une bout de pièce de théâtre, un morceau de musique, un conte à rêver assis, une bourricade ... et cette année, bonus en forme de bonheur suprême : remise d’un ticket aller SIMPLE pour un week.end à Perillos avec Nabila(pour les uns)ou Olivier FOGIEL (à phone..pour les unes) 

Allez donc trouver ailleurs des lots d’une telle importance !

 

La Rifle 2015 regroupera autour de notre 40 ième anniversaire,  des acteurs, des musiciens, des conteurs et des chanteurs et quelques vagabonds d’étoiles de passage.

 

Bref tous prétextes à s'amuser, tant dans les gradins qu'au plateau !!! 

Les enfants sont priés de surveiller leurs parents !!!

Allez, à vos cartons ! Et que le pire calembour soit miel de joie pour vous, le 31 au soir !

 

Le Théâtre de la Rencontre -Saint Martin – 31 rue des Romarins – Perpignan – 06*80*01*63*70

 

*(V.I.R : very-important-rifleur !)

 

 

 

- - - - - 

 

 

 

***REVUE de PHOTOGRAPHIE REGARDS chez Galerie Clement Cividino le samedi 19 décembre

8, rue Stendhal à Perpignan (secteur gare , en face de Biocoop) 

  AMATEURS d’IMAGES, de DESIGN et de VIN … BIENVENUE

 

 

Présentation de la revue REGARDS # 16 HOLIDAYS 

Ouvert à tous !

 

NOUVEAU NUMERO (projection et vente de la revue à tirage limité) 

DEGUSTATION VINS MAS MOLINS

EXPOSITION COLLECTIVE GALERIE CLEMENT CIVIDINO : DESIGN XXe ET CONTEMPORAIN (arts déco, luminaires, mobilier, photographie)

 

///

 

Et pour se mettre en jambes, à ne pas manquer la veille

 

 

 

Lancement de la revue filaf Annual n4 le vendredi 18 décembre à partir de 18h00

Galerie Librairie du Filaf

4, bis place Grétry, PERPIGNAN

Vernissage de l'exposition Spleet de Rodore, vente de la revue

Vente de l'édition limitée (30 exemplaires) "Spleet" de Rodore incluant des dessins originaux, exposition d'oeuvres choisies. 

DJ Set par Franck Garcia Ouverture tardive exceptionnelle du Bar-Celone, Dégustation du Clos des Vins d'amour et Cava Frexinet.

 

 

// Pascal Ferro //

 

http://www.revue-regards.com

www.bla-blart.com

et sur Facebook Revue Regards

 
Repost 0
Published by leblogabonnel - dans culture
commenter cet article
18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 10:40
Revue REGARDS, photos à L'Extension, galerie design, Perpignan.

Revue REGARDS, photos à L'Extension, galerie design, Perpignan.

Sur un même événement, je veux écrire deux textes contradictoires. En effet, j'ai le sentiment d'être en accord avec les deux positions :

-la défense du peuple corse (ou de ce qu'il en reste) face à l'occupation du territoire par le tourisme et ses dégâts, par les fortunes du monde entier, faisant de l'île de Beauté, un lieu de laideur et d'extension du domaine de l'argent... La tentation indépendantiste dépasse l'autonomie de cette région française et ce sont les citoyens qui le veulent puisqu'ils ont voté pour Siméoni et Talamoni. Le gouvernement a beau crier que l'île restera dans la République, c'est aux Corses de décider. C'est pareil pour les Catalans : leur destin est entre leurs mains, à eux seuls de décider.

Quant à l'intégrité de la République : le territoire français a longtemps évolué et l'Histoire n'est pas finie ! En outre une forme d'association entre la Corse et la France peut être trouvée. Quant à la langue -le français étant la langue de la République- le respect et la pratique des autres langues historiques des régions (avec traductions pour les documents officiels) ne peut pas troubler la culture et l'identité française, qui ne peuvent que s'enrichir en tolérant les parlers locaux.

 

-Cependant, le souverainisme "des Lumières" (pas le patriotisme frontiste) peut donner à réfléchir : à vous la parole !

 

 

** Corse et Pays Basque: on détricote l'unité nationale!

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, Ancien ministre, Président de République Moderne, 17 décembre 2015.

 

 

Monsieur Jean-Guy Talamoni, intronisé il y a seize ans, dans le cadre du processus de Matignon, comme interlocuteur valable du Gouvernement, sans qu’il eût préalablement renoncé à la violence, est devenu aujourd’hui Président de l’Assemblée de Corse. 

 

Dans le même temps, M. Gilles Siméoni, fils d’Edmond, sacré « héros du nationalisme corse » par le journal Le Monde du 18 décembre 2015 pour avoir été, en 1975, à l’origine des incidents sanglants d’Aléria, devient le Président de l’Exécutif Corse. Tristesse. 

 

Voilà le beau résultat d’une politique de complaisance à l’égard d’un nationalisme corse (plus de cinquante victimes) dont les Corses, consultés par référendum en 2003, ne voulaient pas. Qu’importe ! On leur imposera dans deux ans la collectivité unique qu’ils rejetaient alors, dans le cadre d’une réforme territoriale sur laquelle ils n’ont pas eu à se prononcer 

 

Dans le même temps, le Préfet des Pyrénées Atlantiques prépare un projet de Communauté de Communes unique pour le Pays Basque. Si le Gouvernement envisageait de détricoter l’unité nationale, il ne s’y prendrait pas autrement ! 

 

Jean Pierre Chevenement

 

- - -

ARTS :

 

 

*Céret : Galerie Odile OMS : L’exposition « Pierre Brune et ses amis » est visible jusqu’au 31 décembre.

 

La galerie est ouverte de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19 h 

du mardi au samedi et exceptionnellement le dimanche 20 décembre.

 

Bonnes fêtes à tous.

 

Odile Oms

 

odileoms.com

 

 

**Vendredi 20 décembre à 18H00 à la Librairie Torcatis

Jacques Lavergne signera son dernier polar

"Noël au charbon, Pâques au violon" paru aux éditions Mare Nostrum.

En présence de Jean Solé du Domaine viticole Pic Joan de Banyuls

 

images.jpg

 

Après "Peinture au pistolet à Céret" et "Barcelone, aller simple", l'avocat catalan signe un troisième polar très en verve, "Noël au charbon, Pâques au violon", une nouvelle aventure de son héros préféré, Pierre Pagès, conservateur du musée de Céret à temps plein, justicier à ses moments perdus... 

Plus question de trafic d'oeuvres d'art ici ou d'étudiant Erasmus disparu : ce sont les mafias géorgiennes qui vont venir perturber les fêtes de fin d'année de notre homme.

Noël à l'horizon, Pierre Pagès s'apprête à savourer un repos bien mérité dans sa maison de Banyuls mais son ami, le curé Nafaou Missabaou, va demander de lui venir en aide dans sa nouvelle paroisse de Montalba le Château.  Dans ce paisible village en lisière des Fenouillèdes, les meurtres se succèdent et le prêtre ne va pas tarder à disparaître... 

Pierre Pagès va donc se lancer sur les traces des ravisseurs dans cet arrière-pays catalan que l'hiver et la neige n'épargnent pas. Un quête qui va passer par la lointaine Tbilissi, capitale de la Géorgie, plaque tournante de tous les trafics...

 
Repost 0
Published by leblogabonnel - dans polémique
commenter cet article

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Articles Récents

Liens