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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 10:23
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou
Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou

Dali à Céret - (photos J.P.Bonnel) - Train de Portbou

*** On commence l'affichage pour le rassemblement du 8 juillet en gare de Portbou ! 

 

 

objet

GRAN ACTE-CONCENTRACIÓ A PORTBOU EL PROPER 8 DE JULIOL ORGANITZAT PER L'ASSOCIACIÓ D'USUARIS DEL TREN PERPINYÀ -CERVERA PORTOU I DEFENSEM EL TREN DE L'EMPORDÀ

***GRAN  ACTE-CONCENTRACIÓ  A PORTBOU  EL PROPER  8  DE  JULIOL    ORGANITZAT  PER L'ASSOCIACIÓ   D'USUARIS DEL TREN  PERPINYÀ  -CERVERA   PORTOU  I  DEFENSEM  EL  TREN DE L'EMPORDÀ

 

L'« Association des usagers de la ligne ferroviaire Perpignan-Cerbère/Portbou » i la seva homòloga catalana Defensem El Tren de l'Empordà tenen el plaer de convidar-los a un esdeveniment que es realitzarà el dissabte 8 de juliol de 2017 a les 10:30 de l'estació de Portbou.

Aquest esdeveniment és organitzat per dos motius:
- per celebrar el retorn del tren nocturn de París-Portbou
- posar l'accent en la necessitat de millorar els enllaços ferroviaris entre Cervera i Portbou amb l'objectiu de tenir una línia convencional transfronterera quotidiana entre Perpinyà, Cervera / Portbou, Figueres, Girona i Barcelona.

/////

L’association des usagers de la ligne ferroviaire Perpignan-Cerbère/Portbou et son homologue catalane « Defensem el tren de l’Empordà » ont le plaisir de vous inviter à un évènement qui se tiendra le samedi 8 juillet 2017 à 10h30 en gare de Portbou.

Cet évènement est organisé:
- pour célébrer le retour du train de nuit Paris-Portbou
- pour souligner la nécessité de développer les liaisons ferroviaires entre Cerbère et Portbou afin de disposer d’une ligne conventionnelle transfrontalière du quotidien entre Perpignan, Cerbère/Portbou, Figueres, Girona et Barcelone.

 

Josep M. Loste

Association   Defensem   el Tren  de  l'Empordà (coordonné  avec  des Associations  IAEDEN/Salvem  l'Empordà de Figueres  et  PTP( Assotiation  de la Promotion du Transport  en Commun )  de Barcelona  pour  toute  la  Catalunya.

Tel  00 34 72 390 331

portable  00.34. 625.14,84.65 

>

Portbou  (Alt  Empordà- Catalogne)

*** MICHEL LLOUBES :  

 

Histoire tragique de tram - GOYTISOLO : UN TRAMWAY NOMME GAUDI…

 

Il y a aujourd'hui 91 ans, le 7 juin 1926, que Gaudi était renversé, à Barcelone, par un tramway à la ligne 30, à l'intersection des rues Bailen et Granvia : "L'attitude méprisable des trois chauffeurs de taxi qui, voyant ses vêtements misérables, refusèrent de le prendre dans leur voiture; l'intervention du garde civil Ramon Pérez pour l'amener au poste de secours d'où il fut transporté à l'hôpital Santa Cruz; sa célèbre et symbolique agonie parmi les pauvres, conformément à son pieux désir..." 

 

Texte de Juan Goytisolo, dans "A la recherche de Gaudi en Cappadocce", qui vouait à Gaudi une extraordinaire admiration, qui lui valut d’écrire un des plus beaux textes écrits en hommage à l’architecte de la Sagrada Familia. L'idée lui vint au cours d’un voyage en Turquie, émerveillé par la similitude entre les paysages de Görème, en Cappadoce, et ceux créés par l'architecture de Gaudi, à Barcelone, Extraits: 

 

« Dans un silence de vide de cloche pneumatique, la Cappadoce de pierre volcanique sculptée et forgée par l’érosion éolienne, apparaissait, à ces deux survivants de l’explosion atomique que nous étions, évanescente et belle comme un mirage…Après le plateau abrupt et austère, le décor hallucinant créé par la conjonction des éléments me ramena brutalement à Gaudi : colonnes coiffées de bonnets ou de cagoules pointues alignées comme d’emblématiques crayons alphabétiseurs ; forêts de cônes, aiguilles, flèches, obélisques, méduses fossiles ; variations chromatiques imprévues ; ruptures du fonctionnalisme normatif ; incandescence mystique ; délire architectonique rationnel, pur. 

 

Dans la vallée de Görème, et, plus loin, en direction de Zelve, notre regard embrasserait, encore des églises sans fidèles creusées dans des escarpements accidentés, vestiges de la vie érémitique d’anachorètes ayant fui la fureur des iconoclastes, énormes ruches rupestres pourvues de fenêtres, de couloirs, d’escaliers, de lanternes, dans lesquelles le Christ, la Vierge et les apôtres alternent avec saint Georges et le dragon, sainte Catherine et sainte Barbara. Des inscriptions helléniques tracées par les moines rappelaient aussi celles qui ornent les monuments de Gaudi. »

 

Et Goytisolo imagine la rencontre avec un ermite lui racontant la venue de Gaudi en ces lieux où d'ailleurs, l'architecte ne mit jamais les pieds.

 

« Gaudi s’est toujours senti attiré par la vie ascétique des ermites. Dans sa cellule du parc Güell, il dormait déjà sur une paillasse, et un jour, il a failli mourir après avoir respecté un jeune rigoureux pendant le carême… Son rejet absolu du système et des critères de l’époque le conduisit à affirmer ses propres valeurs face à celles qui étaient universellement respectées. Son apprentissage de la solitude fut dur, mais fécond. A mesure qu’il entrait en possession de sa vérité, il rejeta celle de ses compatriotes et s’en éloigna. Le bon seny et l’avara povertà des bourgeois n’étaient pas compatibles avec l’incandescence de sa fulgurance mystique. L’homme doit s’élever constamment, jour après jour, expliquait-il, parce que l’inspiration de suffit pas… Le panorama que vous contemplez en Cappadoce est l’apothéose de son génie.»

 

***Lire Claude SIMON : Le Tramway

 

**Michel Perpinya : Le tramway (de Perpignan)

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 08:56
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -
Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -

Elne l'antique - Vernissage SUSPLUGAS à Perpignan (maison de la catalanité) - Collioure : les baigneuses de MA2F -

*** « D’UNE MER À L’AUTRE » Festival du Livre de Collioure, les 1, 2 & 3 septembre 2017 

 

 

L’édition 2017, dédiée à « L’Europe des écrivains", accueillera trois auteurs de différents pays européens, Gazmend Kapllani (Albanie), Gila Lustiger (Allemagne) et Aro Sáinz de la Maza (Espagne). L’écrivain et biologiste maritime Steven Weinberg nous viendra des Pays-Bas. La Bande dessinée sera représentée par Laureline Mattiussi (France)

Une vingtaine d’éditeurs et une quarantaine d’auteurs du Roussillon seront présents sur les stands, ainsi que le festival partenaire Toulouse Polars du Sud et les Médiathèques Intercommunales.

 

Durant les deux jours d’exposition, Place du général Leclerc, quatre ateliers thématiques seront ouverts au public. Les Tables rondes se succéderont, et deux librairies (Librairie Torcatis, et Llibreria Catalana) proposeront un grand choix de livres en présence d’auteurs en dédicace. 

Vendredi, en ouverture du festival la soirée sera consacrée à l’odyssée du Commandant Cousteau, avec une projection du film l’Odyssée commentée par Steven Weinberg

Dimanche matin, une randonnée littéraire nous conduira à la rencontre des lieux fréquentés par quatre auteurs ayant vécu au village (Patrick O’Brian, Jean-Marc Reiser, Antonio Machado, Boris Darnaudet).

 

Pour retrouver le programme détaillé de cette manifestation, rendez-vous sur notre page Facebook

https://www.facebook.com/pg/Festival-du-livre-de-Collioure-Dune-mer-%C3%A0-lautre-256260937901116/about/?ref=page_internal, rubrique « À propos », « Histoire».

 

Contact presse : Sophie Savary, attachée de presse. 

06 86 85 39 66

fdlcollioure@gmail.com

 

 

 

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Institut Ramon Llull/ Newsletter # 75

JUILLET 2017 / PARIS, FRANCE

 

  BUREAU DE PARIS

 

SOTTEVILLE-LÈS-ROUEN,  02/07/2017

 

Rencontre et découverte du cirque catalan au festival Viva Cité de Sotteville-les-Rouen

 

L’Association des Professionnels du Cirque en Catalogne, en collaboration avec Catalan Arts-Gouvernement de la Catalogne et l’Institut Ramon Llull, organisent un showcase professionnel des dernières créations des compagnies de cirque catalanes Amer i Àfrica (portés acrobatiques), Diegolow (diabolo) et En Diciembre (roue cyr) le samedi 1er juillet à 12h, au Bois de la Garenne.

+ info >>

*Roman noir de Frontignan

FRONTIGNAN,  02/07/2017

 

Andreu Martín au Festival International de Roman Noir de Frontignan

 

L'écrivain catalan Andreu Martín assistera à la 20ème édition du Festival International du Roman Noir de Frontignan. Il y sera présent pour dédicacer ses romans vendredi 30 juin.

+ info >>

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 13:12
Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona
Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona
Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona

Manif Femen - Barcelone festival - Street Art : l'autre Barcelona

***TOUR STREET ART AVEC CHARLOTTE: À LA DÉCOUVERTE DE L’ART URBAIN À BARCELONE

Vous êtes un(e) mordue de l'art de rue et cherchez une visite originale? Suivez Charlotte pour un tour street art passionnant et insolite!

 

Où?

Born ou Raval

Quand?

Tous les jours sauf le dimanche

Combien?

20 euros par adultes et enfants de plus de 12 ans
10 euros par enfant de 7 à 12ans
gratuit pour les moins de 7 ans.

Graffiti, peinture, art, pochoir, création, illusion… Tout ça vous parle et vous inspire? C’est parfait! Embarquement immédiat pour un superbe voyage dans l’univers street art de Barcelone en compagnie de Charlotte, votre guide!

QUI EST CHARLOTTE?

Charlotte est une designer véritablement passionnée d’art! C’est à Paris, lors d’une exposition sur le pressionnisme qu’elle a eu un véritable coup de foudre pour un art bien à part: celui du graffiti!

Depuis plus d’un an et demi, Charlotte sillonne les rues de la capitale catalane pour découvrir les nombreux artistes qui ont émaillé la ville de leurs graffiti.

Alors selon moi, pour résumer, Charlotte est à la fois détective et chercheuse d’or des temps modernes: toujours à l’affût de nouvelles pépites du street art à Barcelone!

 

TOUR STREET ART: UN RENDEZ-VOUS HAUT EN CRÉATIVITÉ À NE PAS MANQUER!

Barcelone et ses artistes époustouflants

Étant complètement novice dans le domaine du street art, j’ai vraiment été impressionnée par la richesse et la diversité de cet art extrêmement présent à Barcelone! Pour certains, le street art est un acte engagé, d’autres le pratiquent dans l’espoir de se faire connaître tandis que certains affectionnent particulièrement le goût du risque.

 

J’ai ainsi pu découvrir des artistes comme: Konair, Bl2A, Bronik, Rice our encore Silvio Alino, qui travaillent avec des méthodes différentes et ont tous un style très personnel.

  • Charlotte vous fera aussi découvrir des boutiques, galeries et ateliers street art. Vous verrez comme la ville regorge d’inventivité! Une occasion, si vous le souhaitez, de rapporter un petit souvenir de votre séjour à Barcelone.

 

5 BONNES RAISONS DE FAIRE UN TOUR STREET ART AVEC CHARLOTTE

  • Les tours sont très bien ficelés! Charlotte sait très bien où se trouvent les différents « spots » appréciés des artistes dans les quartiers.
  • Charlotte est férue d’art urbain. Elle connaît de nombreux artistes, leur histoire, leurs convictions et revendications. Elle vous apportera ainsi de véritables clés de lecture pour comprendre les nombreuses œuvres observées. Accompagnée d’un classeur, elle documente ses commentaires de façon professionnelle!
  • Faire un tour street art est l’occasion idéale pour se promener dans les rues de la ville, et s’imprégner de l’atmosphère qui se dégage du quartier. C’est une approche culturelle très différente de celle des musées, mais qui est selon nous, tout aussi importante lors d’un séjour à Barcelone.
  • Charlotte est extrêmement sympathique et flexible! N’hésitez pas à lui faire part de vos envies et besoins. Par exemple, elle peut organiser un tour ludique pour les enfants ou un tour spécial pour les anniversaires ou les enterrements de vie de jeune fille/garçon.
  • Le street art est passionnant, complexe et imprévisible. Étant un art par nature éphémère, chaque tour est unique et laisse place à de nombreuses surprises!

INFORMATIONS PRATIQUES

Tarif de la visite exclusive de Charlotte ( de 1 à 3 personnes):

  • 60 euros

Tarif des visites en groupes à partir de 4 personnes:

  • 20 euros pour adultes et enfants de plus de 12 ans
  • 10 euros par enfant de 7 à 12 ans
  • gratuit pour les moins de 7 ans.

Durée et itinéraire 

  • 3 heures environ (possibilité de réduire la durée sur demande)
  • Il existe deux itinéraires: celui du Born (que nous avons testé) et celui du Raval.

(C) Olivia, 19 mai 2017

 

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 L'autre Barcelone

 

 

 

L’autre Barcelone : la périphérie invisible de la ville de Gaudí

 

Barcelone, berceau de l’inachevée Sagrada Familia, du Parc Güell et de Lionel Messi, fascine toujours plus de touristes en provenance de toute l’Europe. Iront-ils un jour sur les flancs de la Collserola ? Même les Barcelonais ne vont pas à Ciutat Meridiana, réputée pour être un ghetto pauvre et mal famé. Les mesures municipales suffiront-elles à le sortir de l’oubli ?

 

Ciutat Meridiana est le premier quartier que les visiteurs de Barcelone peuvent saluer en arrivant par l’autoroute. Littéralement encaissé entre les flancs de la cordillère de Collserola, il fait partie du district de Nou Barris. Il incarne la vision architectonique de l’ère franquiste : la quantité sans la qualité. On y trouve beaucoup d’appartements empilés les uns au-dessus des autres, sans ordre ni logique. Ainsi a vu le jour la ville satellite, comme les architectes du régime de Franco avaient coutume de l’appeler.

 

L’exclusion à deux pas de la mer

Ce qui allait au début être le nouveau cimetière de la ville s’est converti en un faubourg qui a accueilli l’immigration en provenance du sud dans les années 1960. Manolo Martínez y vit depuis qu’il est arrivé de Córdoba : « Nous sommes arrivés à la fin des années 1970. Presque tous les voisins sont arrivés en même temps, et nous nous sommes installés où nous pouvions ». Pendant les premières années de son existence, le faubourg s’est peuplé de jeunes qui venaient chercher un futur meilleur. Idem pour les jeunes qui ont formé la deuxième vague d’immigration dans les années 80, en majorité en provenance d’Amérique Latine et du Maghreb. Aujourd’hui, sur les 11 121 habitants du quartier, 40% sont issus de l’immigration. Beaucoup d’entre-eux ont ouvert des petits commerces et ont rempli les rues de magasins de fruits, de salons de coiffure ou de petites épiceries.

 

Ambiance sur la place d’El Born, Ciutat MeridianaDepuis le sommet du Tibidabo (512 mètres), la vue est très différente de celle que l’on a en se promenant dans les rues de Ciutat Meridiana. Sur les flancs de la Collserola (cordillère qui traverse Barcelone), on pénètre dans le plus grand parc métropolitain du monde, mais aussi une des zones les plus exclusives de Barcelone. Les immeubles de 17 étages laissent place aux animaux et à la végétation luxuriante. Depuis Pedralbes, un ghetto d’un autre genre situé au nord-ouest de la ville, cela doit demander beaucoup d’efforts de ne pas stigmatiser les citoyens de Ciutat Meridiana. Ils ne se sont probablement jamais promenés dans ses rues, aux pentes allant jusqu’à 15%, ni assis sur la Plaza Roja (appelée de la sorte en raison des actions syndicales menées vers la fin du régime franquiste), mais ils ont une image limpide de Ciutat Meridana : drogues et violence. Ou du moins, c’est ce qu’ils en ont entendu. La rumeur court même que c’est une zone de non-droit et que la police n’ose pas entrer dans le quartier.

 

Problème de c@nnexion

Les services de liaison avec le reste de la ville ont été coupés en raison de la nature peu recommandée de l’endroit. A moins que Ciutat Meridiana ne soit devenue peu recommandable à cause de l’absence de service de liaison. Juan Castillo, qui vit ici depuis 40 ans, prenait le bus chaque matin: « Si je ratais le bus de cinq heures du matin, je devais marcher jusqu’à Sant Andreu. C’était le seul bus du faubourg ». Bonne nouvelle pour ses habitants, deux stations de la L11 du métro de Barcelone ont été construites en 2003. L’Académie royale espagnole définit le mot ghetto comme « faubourg ou banlieue dans laquelle vivent des personnes marginalisées par le reste de la société ». Ses habitants approuvent : le faubourg est oublié. Le peu d’investissement public pour maintenir cette zone isolée du reste de la municipalité fait grincer les dents. Victoria Lindao tient un salon de coiffure et se plaint du peu d’intérêt montré par les autorités pour renouveler les structures du quartier : « Ils nous ont oublié. Les ascenseurs en place pour ne pas devoir monter tous les escaliers tombent en panne à tout bout de champ et il faut attendre des semaines avant qu’ils ne soient réparés ».

 

Les zones les plus pauvres des villes sont celles où il y a le plus de tension sociale et où l’on vit le plus fréquemment des situations d’insécurité. Carmen López, vendeuse dans une boulangerie, nous assure qu’il y a des petits vols et des troubles entre les différents groupes du quartier. « Avant, on remarquait plus le trafic de drogue. Je suis certaine que le commerce n’a pas disparu, mais il n’est pas aussi visible que lors des années précédentes ». Carmen note une amélioration de la surveillance, mais elle ajoute aussitôt que la criminalité a augmenté ces dernières années en raison, peut-être, de la crise.

 

Arrêt de métro dans le distric de Nou Barris | Auparavant, le seul moyen d’arriver dans le centre était de prendre un bus à 5h du matin

La périphérie de la périphérie

Ciutat Meridiana est coupée en deux par l’entrée de l’autoroute, sorte de 8 Mile catalane. Au-dessus se trouvent les immeubles du faubourg ; en dessous, on peut apercevoir quelques bâtiments et baraquements. En descendant par un des côtés, on note un changement de paysage radical. Un chemin de terre mène à Vallbona. Des deux côtés de la rue, des coqs et des poules sortent des buissons. Deux édifices de construction récente, deux bars et plusieurs magasins fermés en composent le centre. Mais si on s’aventure un peu plus loin, on découvre une rangée de baraquements situés sous l’autoroute. Cartons, tôle ondulée, et plaques d’aluminium font office de logement dans cette périphérie invisible et pourtant trop réelle : l’autre visage de ma ville.

 

Le vent, la pluie, et les inondations ont à plusieurs reprises détérioré les logements de la centaine de personnes qui vivent ici. Sans chauffage, sans eau chaude et sans électricité, ses habitants surveillent l’entrée de Barcelone, souhaitant la bienvenue à tous ceux qui ne les verront jamais. Dans la vitrine de Gaudí, il n’y a pas assez de place pour ceux qui vivent en marge de la société.

 

Principales mesures du Plan de travail sur l’immigration 2008-2011 de la municipalité de Barcelone en faveur de l’intégration des nouveaux résidents :

Programme d’accompagnement des familles plusieurs mois avant la procédure de regroupement familial. 

Renforcement et adaptation du Service d’Attention à l’Immigration et au Réfugié (SAIER). 

Consolidation du réseau d’accueil à Barcelone, composé de quelques 80 associations d’aide linguistique, juridique et d’insertion professionnelle. 

Poursuivre l’accès à l’apprentissage du catalan, à travers l’action du Consorcio para la Normalización Lingüística 

Photos : Une : (cc) Victoria Gracia/flickr; El Born: lefthandrotation/flickr ; arrêt de métro: orionomada/flickr

 

par Carla Manzanas @ Traduction : Jessica Devergnies-Wastraete @

 

 

L’autre Barcelone : la périphérie invisible de la ville de Gaudí

www.cafebabel.fr

 

 

***EXHIBITION SEXUELLE

 

Les militantes du collectif féministe "FEMEN" viennent d'être relaxées. Elles étaient poursuivies pour "exhibition sexuelle" pour avoir manifesté seins nus. 

C'est une première victoire pour les plus de 38 000 signataires de la pétition de Karine qui demandaient leur relaxe, considérant que les FEMEN font un usage "politique" de leur corps et qu'il ne s'agit donc pas "d'exhibition sexuelle". 

Au delà de ces relaxes, Karine juge indispensable de s'attaquer au fond du problème, à savoir l'article du code pénal qui parle de "délit d'exhibition sexuel".

Selon elle, ce texte qui prévoit une peine d'emprisonnement en cas d'atteinte à la pudeur publique en exhibant une partie du corps à caractère sexuel "reste à l'appréciation subjective de la morale de chaque juge".

 

Relaxe pour toutes les militantes FEMEN

et pour une réécriture du délit « d'exhibition « sexuelle » »

Plusieurs militantes du mouvement FEMEN sont régulièrement poursuivies par la justice de notre pays pour « exhibition « sexuelle » ».

L'une d'entre elles a déjà été condamnée et d'autres sont en attente de leurs jugements.

Mais de quoi parle-t-on ?

L'article 222-32 du code pénal prévoit que celles et ceux qui ont eu la volonté délibérée de provoquer la pudeur publique en exhibant une partie du corps à caractère sexuel ou en totale nudité peuvent se voir sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amendes.

Alors peut-on considérer que le torse des femmes est une partie du corps à caractère sexuel et plus précisément les seins féminins ?

Faisons tout d'abord un peu d'anatomie : Il semble important de préciser que les hommes et les femmes ont des seins. Moins développés pour ces messieurs, car ils n'auront jamais pour eux de fonction allaitante mais contrairement aux apparences, les seins féminins et masculins ont de nombreux points communs. Comme les femmes, les seins masculins contiennent des glandes mammaires, des canaux, des lobules... La seule vraie différence est la taille.

Ensuite peut-on affirmer le caractère réellement sexuel des seins féminins ?

Les seins féminins font parties, de ce que l'on appelle les caractères sexuels secondaires qui constituent l'ensemble des éléments biologiques et physiques qui différencient les filles et les garçons à la puberté. Ainsi, on retrouve dans ces caractères, la mue de la voix pour les garçons, l'apparition de la pilosité pubienne et sous les aisselles pour les garçons et les filles et les menstruations et la poussée des seins en ce qui concerne ces dernières.

Ah, est -ce donc à dire que quand un homme ayant mué m'interpelle, je pourrais éventuellement déposé plainte pour « exhibition « sexuelle » » ? Est-ce donc à dire que quand je vois les poils des aisselles d'un homme portant un débardeur, je peux déposer plainte pour « exhibition « sexuelle » » ?

Mais non voyons, car pour être un délit il faut que cette « exhibition » s'inscrive dans une transgression de « la pudeur publique ».

La pudeur, a cela de formidable, qu'à chaque époque, elle a porté son regard, glaive d'une police de la moralité, sur les différentes parties du corps des femmes. Et bien sûr, à chacune de ces époques, ce sont des hommes qui ont décidé de ce qui constituait ou non une atteinte à la pudeur, d'ailleurs Sénéque disait de la pudeur qu'elle était une vertu féminine par excellence.

Elle est liée au corps, à la sexualité, mais surtout au rapport à l'autre et à la construction sociale qui en émane. La pudeur, et par son biais « l'exhibition « sexuelle » » a évolué au travers des temps : par exemple Léa Lenjallée, 17 ans, est ainsi condamnée en 1894 pour «s’être promenée dans une tenue indécente » dans Paris et avoir marché les « jupons [relevés] à l’aide d’une épingle à nourrice, de telle façon qu’on voyait ses mollets et le commencement de ses cuisses »...

L'impératif de dissimulation des corps des femmes répond bien à une « morale » définie sans aucune objectivité scientifique, mais qui s'adapte aux regards des concepts de l'érotisation du corps des femmes. Les chevilles à une époque, les cheveux dans d'autres pays, et ici les seins … sont tour à tour érotisés afin de servir au contrôle de la sexualité des femmes. Car c'est toujours le corps des femmes que l'on contraint.

Les hommes sont libres aujourd'hui d'aller le torse nu, sans risquer d'être interpellé et mis en examen. Dans d'autres pays, ils sont libres d'aller tête nu, sans risquer la lapidation.

Les femmes non, et surtout quand elles le revendiquent. Carn'oublions pas que quand nos corps deviennent objets pour la publicité et/ou pour la pornographie, la police des mœurs n'intervient jamais !

Les militantes de FEMEN ont un usage de leurs corps qui est politique. Et pour ce faire, flanquées de slogans sur leur torse nu, elles revendiquent la visibilité des femmes dans l'espace public. Et c'est bien là que le bât blesse.

Dans une société qui souhaite l'égalité en droits entre les femmes et les hommes, nous ne pouvons pas continuer à appliquer un droit « moralisateur » du corps et de la conduite des femmes.

Il faut changer le texte de ce délit.

Et comme pour l'instant ce texte reste à l'appréciation subjective de la morale de chaque juge, la relaxe pour chaque militante FEMEN ne peut être que la seule et unique décision !

 

NOS CORPS SONT POLITIQUES !

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 07:37
Palais du verre : Festival de musique de Palau - Expo André Susplugas à la Catalanité -
Palais du verre : Festival de musique de Palau - Expo André Susplugas à la Catalanité -

Palais du verre : Festival de musique de Palau - Expo André Susplugas à la Catalanité -

André SUSPLUGAS ou la peinture de proximité : elle témoigne du local pour affirmer l'universel

 

Dans la galaxie de ces grandes personnalités catalanes qui ont marqué les années de la seconde partie du XIX° siècle, les Maillol, Henri Frère, J. Sebasia Pons, Marcel Gili…le docteur Susplugas investit le monde pictural : il croque le décor de la vie quotidienne, le travail de la vigne à Trouillas et l'intimité de la famille, de la maison, les repères primordiaux de la casa Pairal.

 

Vos yeux sont attirés tout de suite par la simplicité des scènes, par l'humilité des sujets choisis, par cette atmosphère de calme, de paix, de sérénité au plus près de la nature et de la sincérité. On est tenté de parler de réalisme bien construit, aux couleurs chaudes et chatoyantes, une inspiration personnelle, née in situ, dans un champ, dans une pièce, d'où se dégage un lyrisme retenu.

 

En effet, en regardant ces portraits d'un parent, de Mariette, de Marie cousant, de Marguerite l'épouse - l'admirable Guite au jardin-, de ces jeunes filles jouant aux dames, d'Hélène et Laure, le visiteur pense à l'esthétique de Bonnard, croquant la vie la plus proche, l'environnement le plus immédiat.

 Et c'est vrai, de ces "heures les plus simples" de 1965 à "L'été heureux" de 1976, où la lecture est sans cesse célébrée, c'est une thématique en apparence "banale" qui semble s'emparer de la succession d'une existence normale. 

Le miracle opère pourtant, qui impose la beauté et surtout le dialogue avec le public : chacun se retrouve dans une scènette, ou plutôt chacun de nous voudrait évoluer dans un quotidien aussi serein. L'osmose a lieu : le tableau d'André Susplugas rend heureux car on sent que l'artiste l'est, de façon intense, et que son plaisir de peindre transcende les petits complots visant à la gloire, à la reconnaissance, au succès commercial, au vain anti-destin de l'oeuvre d'art…

 

Bonheur, plaisir et sensualité : la toile qui expose "L'été heureux" cadre, avec les persiennes et les volets bleus, une jeune femme au bleu déshabillé : le plaisir du livre posé sur le lit est une attente patiente, un prélude inattendu à la jouissance du corps…

Cette peinture refuse la provocation, tout engagement, qu'il soit social ou idéologique : Susplugas ne s'engage que dans son art et, sans le crier sur les toits, mais en oeuvrant chaque jour, dans son métier, au chevet de ceux qui, loin du bonheur de vivre, se démènent dans la douleur…

 

Ainsi, on a pu parler d'une vision humaniste chez ce "fauve" assagi. C'est son optimisme qui prouve l'amour et le respect de l'Autre. Le "regardeur", celui qui donne vie à l'oeuvre et prolonge le regard, aime la joie de vivre de ces foyers catalans : hors de ce cadre, le monde extérieur, le village global, ne semble pas exister.. Repli sur son cadre -au double sens de limite du tableau et de frontière familiale - là, y a-t-il oubli des autres cultures et traditions, des autres pays et continents..? 

Non, cette philosophie, résumée dans la geste chromatique susplugassienne, affirme que chacun vit dans son microcosme, entouré d'enfants et d'animaux -de chiens, surtout, pour Orion-Susplugas, ce chasseur passionné !- et que la sagesse et l'identité heureuses consistent à fréquenter ses proches et son jardin.

 

En effet, pas de mouvements de foules, pas de tableaux de bravoure décrivant guerres, manifestations grèves, élans vers l'avenir…Cette peinture, d'une éternité imperturbable, telle Marie cousant, Marie lisant, Marie méditative dans le double jeu de reflet du cadre d'une toile et l'encadrement d'une fenêtre…Cette peinture, fermée dans sa thématique de l'intime, ose ici l'entre-deux, avec cette tentation de "sortir du cadre", comme chez Flaubert, avec ces fenêtres au bord desquelles les mélancoliques héroïnes, rêvent à des amours romanesques… 

 

Cependant l'inspiration n'ouvre le tableau que dans les toiles consacrées aux vendanges, aux paysages des Aspres et aux meutes de chiens.  Elle puise dans le quotidien des jours et l'admiration pour le travail bien fait. De cette simplicité naît un art de célébrer, à l'instar de Virgile, Giono et Maillol, le bucolique, le panthéisme, le respect du labeur ancestral : le modelage de la plaine et des roux sillons, la beauté des arbres roses et blancs en fleur, l'émergence de la beauté sont l'oeuvre du paysan et l'artiste n'a plus qu'à copier… Il n'aurait plus qu'à copier-coller…

 

Erreur : André Susplugas, au-delà du naturalisme, invente une sorte d'abstraction figurative... les personnages se rapprochent, tendent à la fusion, vers une forme aux contours flous désirant exprimer l'unanimisme, le coeur total du monde. Regardons les troupeaux de chèvres, les meutes de chien de chasse…

Le peintre est parti des études, brouillons, esquisses, essais, croquis de ses célèbres carnets de l'instant. Ensuite la toile s'élabore et gomme les traits forts, les limites des sujets : même les tableaux les plus réalistes (vendanges, groupes) s'estompent et glissent vers une masse abstraite au coloris indécidable…Le cadre est alors saturé, où les figures se côtoient pour finir dans une ronde silencieuse, dans une osmose générale. Le cadre est plein comme un oeuf, celui du bonheur et dans la rondeur des jours tranquilles au pays catalan.

 

Cette "abstraction figurative" impose la force d'un territoire, son intemporalité, avec ses travailleurs, ses saisons, ses amours : la terre âpre, la famille unie, le paysan laborieux, l'ami fidèle, des personnages toujours actifs, saisis en train d'oeuvrer , comme dans Mariette en 1953, La mule de 1956, La jupe rouge de 1957, Une barque à Venise en 1974, ou La bougie de 1964…

C'est cette énergie représentée dans un halo poétique léger, ô paradoxe, que j'aime dans la palette d'André Susplugas…

 

Jean-Pierre Bonnel, mars 2017 (extrait du catalogue de l'expo)

***RETIRADA : l'exil - PARRA Manuella et Antoine :

 

l'association FFFREE se retire à Argelès, en plein centre et quitte son local de Valmy, si grand, si bien placé, avec une terrasse pour des concerts d'été...Pourquoi ? La mairie d'Antoine Parra veut sans doute, dans un but touristique, regrouper toutes les activités et associations culturelles en coeur de ville. 

C'est une autre perspective. Des problèmes pour accéder se garer...

***

*** EXPOSITION  « BOITES NOIRES DE L’EXIL »  Manuella PARRA

 

DU 13 AU 23 JUIN 2017 - MEDIATHEQUE FRANÇOIS MITTERRAND SETE

L’exil n’est jamais consenti. C’est une douleur, un déchirement, une blessure intérieure gravée en « ébarbes de cœur » avec laquelle les déracinés devront apprendre à vivre ou à survivre.

 

Les « Boîtes noires de l’exil » ont gardé l’empreinte d’une mémoire, celle des républicains espagnols, des crimes commis sous la répression franquiste, des luttes, de la chute de la république espagnole, de l’exode massif vers la France et des conditions atroces des réfugiés dans des camps et enfin de l’histoire étouffée des deux côtés de la frontière.

 

Et l’exilé se tait pour oublier la défaite. Et celui qui est resté se tait sous l’oppression et la peur. 

 

Manuela Parra, poète-graveur, fille de républicain espagnol réfugié puis exilé en France, a rompu le silence transmis en héritage grâce à la découverte de poèmes du Romancero Gitano de Federico García Lorca recopiés par son père dans le camp d’Argelès-sur-Mer.

  

A la pointe sèche ou à coup de morsures, elle rappelle, gravure après gravure, cette histoire tragique. Elle suggère par quelques objets les conditions de vie dans les camps ou dans des prisons.

Elle nous offre en partage cette écriture paternelle sur ces feuilles jaunies, Reyerta, La muerte de Antoñito el Camborio, San Gabriel et le poème écrit par Pilar Felliu en février 1941 dans le camp d’Argelès-sur-Mer.

Ce patrimoine poétique, témoignage de résistance est délicatement posé dans quelques boites noires mais l’auteur nous montre également la souffrance accrochée à ces barbelés du mépris..

Son travail artistique rend un vibrant hommage au courage de ces femmes et de ces hommes engagés puis sacrifiés. Il nous invite, à travers ce  pèlerinage de mots et d’images, à rebrousser les chemins de cette histoire et à maintenir cette mémoire vivante.Un souffle de vie encré, une focale, des éclats de lumière, pour résister et éviter « la chute de cette lutte dans l’oubli ».

L’exposition présentée suit le cheminement du recueil de poésie de Manuela Parra « Les pas d’un exil à l’encre rouge » publié aux Editions de la Nouvelle Pléiade : 

-           L’Ebre rouge

-           Cerbère,la Retirada,

-           Les camps, 

-           La résistance dans les camps

-           Un rêve esquissé, la "reconquista"

-           L’Espagne sous Franco

Après Sète, cette exposition sera accueillie par la Fondation Zenobia Juan Ramòn Jimenez en Andalousie à Moguer (province de Huelva), dans le cadre des rencontres des Poètes « Voces del extremo » animées par le poète Antonio Orihuela. 

Elle sera présentée du 26 juillet au 15 septembre dans la maison/musée dédiée à l'oeuvre de Juan Ramón Jimenez, poète espagnol, républicain, mort en exil, prix Nobel en 1956 et qui échangea  des poèmes et des correspondances avec Paul Valéry !!!

 

- - -

*** Théâtre : Du 26 au 30 juin, le Théâtre du Réflexe accueille en résidence la compagnie parisienne "Avant l'aube".

Après un long travail de création, cette compagnie (dont fait partie l'enfant du pays : Aurélien Pawloff qui joue dans ce spectacle) vient nous offrir la primeur de la toute première représentation de ce nouveau spectacle avant  leur départ pour le festival d'Avignon où vous pourrez les retrouver du 7 au 30 juillet au Théâtre des barriques à 21 h 45 (tous les jours).

 

BOYS DON'T CRY

de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy

 

Écarter les obstacles. Tenir tête. Passer à l'offensive. Séduire, respecter. Ne pas se disperser.
« Et surtout
Ne pleure pas.
Ça pleure pas un homme. »

.

Quatre hommes face à l'image du mâle viril et conquérant. Fiers, violents ou minables, désenchantés et sentimentaux, ils ne sont pas des guerriers, des prédateurs, des héros (faut pas croire ce que disent les journaux). Lui vend son corps à de riches clientes. Lui passe sa nuit sur des sites pornographiques. Lui va à l'opéra avec une femme plus âgée. Ils attendent qu'on les rappelle.

Cette nuit, ils se réunissent et s'offrent à votre regard. Cherchez le garçon. Traquez le masculin : il est partout.
Regardez ces hommes tomber : ils portent en eux la joie désespérée de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

.

Création 2017 de la compagnie parisienne « Avant l’aube »
de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
d'après une idée originale de Maya Ernest et Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
Mise en scène : Maya Ernest
Comédiens : Aurélien Pawloff, Léonard Bourgeois-Tacquet, Raphaël Goument, Vincent Calas

  • le jeudi 29 juin à 20 h 30 au Théâtre du Réflexe à Canohès (Réservations :  06.52.19.49.69)
  • du 7 au 30 juillet (tous les jours) à 21 h 45 au Théâtre des Barriques à Avignon

 

Maryse PAWLOFF   comédienne - chargée de production

06 . 52 . 19 . 49 . 69

Alicia GRISON   comédienne - chargée de diffusion et communication

06 . 77 . 82 . 21 . 84

 

theatredureflexe@hotmail.fr

www.theatredureflexe.com

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 09:37
Renada Laura Portet (à droite) Photo J.P.Bonnel - Hommage à Barcelona -
Renada Laura Portet (à droite) Photo J.P.Bonnel - Hommage à Barcelona -

Renada Laura Portet (à droite) Photo J.P.Bonnel - Hommage à Barcelona -

Perpignan, Théâtre de l'Archipel : Saison nouvelle 2017/18 - programme Nouvel

 

Ce qui change avant tout, c'est le format du livre qui annonce la saison.

C'est l'arrivée de Jean-Michel Collet qui signe les textes de présentation. Copinage ? (Il est marié avec la directrice du théâtre, la sympathique et dynamique Jackie Surjus...) Non ! Talent de cet ancien journaliste de l'Indépendant, responsable de la page culture, où il critiquait allègrement (on se rappelle l'affaire Claude Delmas, qui a dû être défendu par J.Pere Cerda !), où il avait ses copains et ses têtes (j'ai été censuré, jamais un compte-rendu car il n'aimait pas ce que j'écrivais..déjà ! jusqu'à Marion et Michalak, décidément, je demeure dans la liste noire…); puis il fut exilé à l'agence de Céret, où il a pu côtoyer les artistes et écrire de beaux textes sur Chappert-Gaujal ou d'autres, dans les livres-objets de Richard Meier…

 

Je n'ai pas pu vérifier s'il a rédigé vraiment tous les textes (quel travail !) ou s'il s'est adonné au péché mignon du "copié-Collet"…à suivre.

Bien sûr le programme est encore de grande qualité. Même si... encore du Shakespeare : c'est pléthore, mais, comme on dit, il y a pire…

 

 C'est varié et dosé : on reverra Galvan, et Vanessa Wagner et Tharaud, pour la musique, et Lavilliers, vu au Bocal du Tech, il y a peu, pour moins cher…Mais il y aura le grand Nicolas Angelich !!

 

Pour le local, si peu et du copinage, Pascal Comelade (le chouchou de l'adjoint à la culture, mais il prétend ne pas intervenir dans la programmation…Il intervient tout de même en peinture pour programmer Jean Capdeville à Rigaud, bientôt)…Comelade, à toutes les sauces (expo "brute" à Collioure), et on évite, pour le moment, Cali...

 

Pour la danse, aussi, beaucoup de retours, mais c'est toujours de la qualité…Cependant, pour le local, les résidences, l'échange avec la Catalogne, c'est très réduit. Les troupes locales ne sont donc pas au niveau pour se montrer au Carré…On reverra le sympathique H.Di Francisco, avec Bausil, qu'on a déjà beaucoup vu l'année dernière, à travers le département...

 

Du très bon et des interrogations…sur le personnel, le nombre, une équipe importante, pesant sur les comptes; à ce propos, où en est-on ?

 

JPB

***Renada Laura PORTET

écrivain de Perpignan, hommage à Barcelone :

homenatjada a Barcelona

A Barcelona tindrà lloc a la seu de l'Institut d'Estudis Catalans, el 28 de juny, un homenatge a l'escriptora Renada Laura Portet.

Ja era hora. Infant terrible de les lletres nord catalanes, R.L. Portet és una escriptora polifacètica. Assagista i especialista reconeguda internacionalment per les seves recerques i publicacions en onomàstica, poetessa i novel·lista. Aquesta triple dimensió no ha escapat a la Institució de les Lletres Catalanes que ha pres la iniciativa d'aquest acte.

© El Portal Catnord digital

 

**Entretien, à bâtons-rompus, avec Renata Portet (J.P.Bonnel)

 

"On ÉTAIT HABILLÉES EN CATALANETTES. CASALS AVAIT DES MAINS RONDES; IL VENAIT D'AVOIR SOIXANTE-DIX ANS. ON A PARLÉ DE BAILLESTAVY; IL M'A PRIS LE BRAS ET M'A accompagnée à sa loge. Un grand silence… ENSUITE, LE COUP D'ARCHER…

 

Il vivait alors avec Madame Capdeville la Barcelonaise. Il n'a pas vécu à Barcelone, mais selon la tradition, il y eut le voyage de noces à Barcelone…

 

A l'âge de quatre ans, je pars en diligence du Boulou jusqu'au Perthus, pour un mariage…Le Perthus n'a jamais été une frontière… J'ai écrit cet événement...

 

J'ai commencé à écrire à l'âge de neuf ans, l'époque du certificat d'études. Mon instituteur m'a pris un cahier pour noter toutes mes rédactions. A propos de  cette scène de mariage, il m'a demandé :"On t'a aidée ?"

J'ai commencé à écrire sérieusement à l'âge de trente-huit ans : pendant les vacances à Cucugnan, chez mes cousins germains, de gros propriétaires.

 

Pendant la guerre, à cause de la mort d'une jeune fille, on a eu les Sénégalais à Saint-Paul :  à cette occasion, j'ai écrit mon premier poème…"

Renada a obtenu un certificat de grammaire française avec Bourciez, et quatre certificats de phonétique; allé a écrit en outre deux livres de toponymie et de nombreux "tirés à part" extraits d'ouvrages collectifs. Une thèse  a été présentée à l'université de Figueres son l'oeuvre poétique. Quant à son texte sur Venise, Christian Camps, président des Hispanistes et Catalans, a été contacté par un spécialiste de l'université de Venise. 

Mon dernier livre sur Duoda, Comtesse de Barcelone, femme de Bernard de Septimanie, décapité à Toulouse par Charles le Chauve, son demi-frère… Duoda, princesse carolingienne du IX° siècle, a écrit un livre unique sur son fils : j'ai effectué des recherches sur ce manuscrit perdu, puis reconstitué cette histoire écrite en latin… J'aime la recherche et la littérature.

 

En 1979, prix littéraire à Barcelone et prix de la ville de Perpignan; l'éditeur Xavier d'Artois veut alors publier mon carnet de nouvelles : j'ai signé, mais le livre a été vite fait, vite diffusé à Barcelone : une mauvaise édition ! J'ai prié le Canigou de ma grand-mère !!!

 

Le recueil de poèmes de 1985 se situe entre fiction, traductions du latin, de l'ancien français, du catalan…J'ai enseigné l'onomastique au CNRS à Paris; j'ai fait des conférences sur les Troubadours (M.Michel Adroher ne me cite pas, mais il me pille ! quant à Peytavi, voici un autre pilleur…

 

Le livre est publié à Montpellier et à Barcelone : il devrait être présenté à Paris, mais mon mari, Jean Portet, est mort la veille…

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 10:02
L'Archipel - Concert au maBaux - Expo au musée Maillol de Banyuls -
L'Archipel - Concert au maBaux - Expo au musée Maillol de Banyuls -
L'Archipel - Concert au maBaux - Expo au musée Maillol de Banyuls -
L'Archipel - Concert au maBaux - Expo au musée Maillol de Banyuls -

L'Archipel - Concert au maBaux - Expo au musée Maillol de Banyuls -

Avec la canicule, élèves et enseignants des écoles primaires de Perpignan (et d'ailleurs…) subissent une chaleur  épouvantable…Et pas de clim, rien n'est fait pour rafraîchir les locaux. Les citoyens, les parents, les personnels adressent un message d'alerte aux responsables de la mairie…

***Le changement climatique à Perpignan

 

La  calor  criminal  és  provocada. És  un crim contra la humanitat. La  calor  producte  del  canvi climàtic és la causa  de l’estrés, les depressions i els suïcidis. Està comprovat científicament.

 

La chaleur criminelle est provoquée. C'est un crime contre l'humanité. 

À Perpignan, déjà 29 degrés à 10h, on atteint des records historiques, surtout au niveau des températures minimales, signe d'un réchauffement anormal !
Et pas d'alerte canicule de l'Etat Français ! Les gens meurent en silence et les travailleurs sont exposés aux risques, c'est une honte !
L'écorce des platanes explose à cause de la chaleur !
Le réchauffement climatique à Perpignan depuis 1901.


Depuis le milieu des années 90, les mois de juin sont de plus en plus chauds et de plus en plus secs: Plus de voitures, plus d'étalement urbain, plus de constructions inadaptées à notre climat et donc énergivores en climatisation: c'est un cercle vicieux alors qu'il existe des alternatives ! Se déplacer à l'électricité avec le train: Ou à vélo pour les petites distances…


Investir dans des constructions adaptées à notre climat comme faisaient les anciens. Les constructions actuelles sont faites pour 1 ou 2 générations alors que les constructions anciennes de nos centres villes sont encore performantes car adaptées
Les anciens construisez pour les générations futures !


Nous ne construisons que pour nous, par égoïsme et par égocentrisme pour atteindre les marqueurs sociaux de "l'american dream" !


Quelle honte pour nos générations qui sacrifient leur planète pour 50 années de confort !!!
C'est un crime contre l'Humanité qui nourrit le capitalisme et entraîne l'augmentation des inégalités sociales...

 

© NOTES  DE MATTHEW FAYE  SOBRE  EL CANVI  CLIMÀTIC  A  LA CIUTAT  DE PERPINYÀ

(ce texte n'est pas de J.P.Bonnel - le blogabonnel accueille des points de vue, qui, parfois, ne sont pas du goût de l'auteur de ce blog, mais la liberté d'expression passe par là, et c'est l'essentiel...)

 

OFFICE DE LA LANGUE CATALANE : MME DELGA SE MOQUE DE NOUS

 

Communiqué de presse · Perpignan, 19 juin 2017

 

Samedi 24 juin, la présidence occitane Carole Delga a lancé un office de la langue catalane répondant à une demande forte. Car notre culture, marqueur identitaire majeur et outil de cohésion, est menacée. Sa transmission est mal assurée car le soutien de l’Etat est quasiment nul. Pour sa part, la Région, qu’elle soit centralisée à Montpellier ou à Toulouse, marginalise les Catalans et leur impose le sous-financement. Un puissant outil est donc urgent pour aider nos communes et soutenir l’usage public du catalan ainsi que sa transmission aux générations futures. Mais Mme Delga annonce une structure, qu’elle présidera elle-même, dotée de trois employés et d’un budget d’à peine 200 000 euros, dont seuls 100 000 euros seront financés par la Région Occitanie. L’autre moitié proviendra des communes du Pays Catalan par le biais du syndicat de promotion de la langue catalane et occitane (SIOCCAT). Cela équivaut à seulement 22 centimes par habitant alloués par la Région. Cette somme ridicule révèle un gadget clientéliste, pensé pour caser des amis, noyauter et mettre sous tutelle les Catalans. Ce machin socialiste exprime le mépris régional, face auquel nous exigeons le respect identitaire.

 

En 2016, l’Occitanie n’a investi que 2 % de son budget en Pays Catalan, alors que nous représentons 8 % des habitants. En comparaison, l’Office de la Langue Basque dispose d’un budget de 3,43 millions d’euros, dont 860 000 euros financés par la Région et 620 000 euros du département des Pyrénées-Atlantiques. Comme les Basques, nous exigeons une structure sérieuse, non partisane, dotée de moyens réels pour développer le bilinguisme, au service de notre avenir, de notre culture et notre économie.

 

Contact presse : press@ouiaupayscatalan.com · 06 75 74 25 49.

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:55
Balbino MEDELIN - Ramon FAURA
Balbino MEDELIN - Ramon FAURA
Balbino MEDELIN - Ramon FAURA

Balbino MEDELIN - Ramon FAURA

Celui qui chante si bien Perpignan était à Perpinya hier soir, dimanche 25 juin 2017, invité par les affaires culturelles de la mairie de Perpignan (billetterie sous l'égide aussi de Boîte-à-clous, qui a donc loué la salle municipale..), les Angelets catalans et ce grand ange sympa de Ramon Faura.

 

Le public populaire et enthousiaste avait eu raison d'investir ce beau lieu culturel si peu utilisé, si peu offert aux créateurs d'ici. Car, en plus de la belle voix rauque de Balbi, d'un accordéon déchaîné et d'une guitare flamenco de talent, il y eut la Barcelonaise, la grande voix de Marina ROSSELL.

 

Là, balbino commit une bourde en nous informant qu'elle venait …d'Espagne ! La Marina corrigea de façon bien gentille face à ce "Catalan espagnol", ce  "gitan de Paname", ce bon français de Picard : pour se faire pardonner, à la Marina (pas à la Delga, elle fit bien de ne pas s'aventurer par là !), il offrit des roses, de …picardie, sans doute. 

Balbino est, à l'image du peuple contemporain, un personnage écartelé, un exilé de l'intérieur, un homme partagé entre deux ou trois, voire quatre, cultures : il chante en Catalan et défend le "Pays catalan" sans oser aller plus loin, parler d'indépendance…De mère espagnole, gitane, catalane, on ne sait trop, il garde les racines du sud. De père bien français, il conserve et aime le Nord; il s'est installé en Picardie. 

Il peut célébrer Perpignan à la télé du samedi soir, avec Sébastien, et chanter les plus grands, ces libertaires : Ferré, Moustaki, Lavilliers… Et les plus petits, les oubliés, les ouvriers, les immigrés, les révoltés…

Grâce à ces inspirations diverses et fortes, Balbino a du coffre, mais du flou aussi. A l'image de nombreux catalanistes d'ici, il clame que le Pays catalan (il ne dit jamais "Catalogne") n'est pas l'Occitanie. Et c'est vrai, mais il ne faut pas opposer deux entités proches, de source latine, deux nations soeurs… Accuser les politiques qui ont trahi, le pouvoir centralisé de la Région, oui, et ces responsables locaux qui ne défendent pas l'économie et l'entité catalane !

 

La persistance de la langue catalane en territoire français passe avant tout, encore aujourd'hui, par la chanson, et l'engagement de Balbino demeure un espoir, un des tout derniers, sans doute...

JPBonnel

 

Balbino Medellin est un auteur, compositeur, interprète de chanson française. Catalan espagnol du côté de sa mère et Picard du côté paternel, il est issu d'un milieu modeste et ouvrier. Inspiré par les courants populaires et la poésie du quotidien, par les cultures catalanes, espagnoles et gitanes, sa carrière professionnelle débute en 2001 aux côtés de Sergent Garcia sur la tournée Sin fronteras et le titre Resiste me. Il participe ensuite à l'album Les Animals de Mano Solo en 2004 en interprétant avec lui le morceau Barrio Barbes. Il apparaît également sur l'album en public de Bernard Lavilliers, Escale au Grand Rex en2005 sur le titre Les Mains d'or.

En 2006, Balbino Medellin sort son premier album, Gitan de Paname (Universal/Barclay - VK productions).

En 2007, il est invité à participer à l'album Plein de monde de Bratsch où il interprète le titre Bien roulée.

Balbino sort son deuxième album en 2008, Le Soleil et l'Ouvrier (Universal/Barclay - VK productions), et sortira le titre pharePerpignan, hommage à la ville où il passe une grande partie de son enfance.

 

En 2011, il revient avec un troisième album plus rock, Évangiles sauvages, (produit par Bernard Lavilliers), et profite de ce nouvel opus expérimental pour se rebaptiser Balbino. Il chantera également la chanson L'estaca, hymne catalan, en duo avec Cali. Le single Bukowski est un hommage à l'écrivain Charles Bukowski, à son écriture et au personnage qu'il admire. Simultanément à la sortie de cet album, Balbino publie son premier recueil de poèmes, également intitulé Évangiles sauvages (chez Naive).

2013 marque un tournant pour la carrière de l'artiste : Balbino Medellín se lance dans la production indépendante de ses chansons. Désormais producteur, il travaille en collaboration avec sa productrice de concerts Natacha Sloboda (La Horde Productions) avec qui il développe le projet participatif Sauvages modernes.

En 2013, Il revient avec un nouvel album intitulé À l'ancienne, un opus symbole d'un retour aux sources marqué par des textes encore plus libres et affirmés. Dans cet album, le titre Soleil de Picardie est une déclaration d'amour à une partie de ses origines et à la région où il vit.

En fin 2015, il collabore avec La Fouine et compose l'album Nouveau Monde sorti le 4 mars 2016 en produisant l'ensemble des morceaux.

 

Le Col·lectiu Angelets de la Terra revendique un métissage musical autour de la création en langue catalane. La diversité d’origines et de styles des musiciens résidents en Catalogne Nord est une richesse qui transparait dans les 13 disques édités en sept ans. La huitième compilation sera présentée au théâtre municipal de Perpinyà lors du concert de Balbino Medellin, le 25 juin. 

 

Depuis 2010, ce projet musical de qualité qui ne cesse de progresser met en évidence que les nouveaux Catalans permettent à notre culture de ne pas finir dans un musée ou une carte postale, en apportant de nouvelles sonorités et du sang neuf. Le collectif de 300 musiciens revendique une "catalanité" ouverte au monde. Ces musiciens sont originaires d'Occitanie, Sicile, Kabylie, Angleterre, Bretagne, Haïti, Maroc, Alsace, etc. Les artistes locaux ne s’étaient jamais trouvés aussi nombreux autour d’un même projet : valoriser la « llengua d’aquí ». Pour ceux qui doutent, il leur suffira de constater le bilan très positif du Col·lectiu qui a diffusé 256 chansons en catalan, dans tous les styles de musiques actuelles. Le métissage est donc le futur de la Catalogne Nord et la langue catalane est encore un facteur de cohésion sociale.

 

Dans cette huitième compilation, Llamp te Frigui a mis en musique un texte de Ramon Faura pour rendre hommage aux héros, insurgés du Vallespir puis du Conflent qui se révoltèrent pendant une dizaine d’années contre l’annexion de la Catalogne du Nord par la France. Ils se prénommaient les Angelets de la Terra

 

Il y a aussi Balbino Medellin qui interprète magnifiquement une version en catalan de Georges Moustaki qu’avait chanté Marina Rossell. www.angeletsdelaterra.com

 

 Ramon Faura au 06.68.89.82.71.

 

Pour télécharger la huitième compilation cliquez ici : https://wetransfer.com/downloads/8b14b41e1735920449dc73df629c7af620170612055804/b15a3e72a3c5b94153b4bb79be3b45db20170612055804/f25376 

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 08:01
Dali à Céret -

Dali à Céret -

**Céret : Exposition Dalí : Eurêka ! (J'ai trouvé !) 

Picasso : "Je ne cherche pas, je trouve !"

 

Au Musée d’art moderne de Céret

du 24 juin 2017 au 1er octobre 2017


« Dalí : Eurêka ! » présente l’intérêt de l'artiste pour toutes les disciplines scientifiques qui ont alimenté son propre imaginaire. L’exposition fera également revivre le « voyage triomphal » du maître à Céret le 27 août 1965 : de sa résurrection dans une crypte médiévale à son départ en train pour la gare de Perpignan « centre du monde ».


Musée d’art moderne de Céret
Établissement Public de Coopération Culturelle
Ville de Céret - Département des Pyrénées-Orientales - Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée
8, Bd Maréchal Joffre, BP 60413 - 66403 Céret Cedex - Tel : 04 68 87 27 76


L’exposition sera organisée en une série de chapitres thématiques traitant d’un domaine scientifique réinterprété par la méthode paranoïaque-critique dalinienne. Une approche originale de l’œuvre de l’artiste visionnaire. « Je suis fou », aimait à déclarer l’artiste. La science – et l’exposition du musée d’art moderne de Céret – apportent la preuve que « La seule différence entre un fou et [lui], c’est [qu’il n’est] pas fou ».


Dans son Dictionnaire abrégé du surréalisme, André Breton définissait Dalí comme « le prince de l’intelligence catalane ». Dalí s’est en effet intéressé à toutes les disciplines scientifiques, de l’astrophysique à la théorie de la relativité, de la psychanalyse à la génétique, jusqu’aux théories contemporaines et très complexes des catastrophes ou des cordes.
Cette curiosité universelle fait de Dalí un héritier des grands Maîtres de la Renaissance. La science nourrit sa pensée, sa capacité à interpréter le monde extérieur comme sa propre psyché. Elle répond à son besoin fondamental de chercher, dans l’univers et ses règles, la vérification d’une intuition personnelle et irrationnelle.


Assimilant le Temps à une matière malléable – à du camembert coulant –, Dalí revendique l’héritage des grands maîtres du passé tout en opérant une projection, une prémonition sur l’avenir.

 

Dès ses années de formation, Dalí montre un intérêt pour l’astronomie, la psychanalyse, les sciences naturelles, l’entomologie, la théorie de la relativité. Il a accès à ces disciplines à la Residencia de estudiantes de Madrid, où le philosophe José Ortega y Gasset, traducteur de Freud, Einstein ou encore Marinetti, organise conférences et rencontres.


Au tournant des années 30, l’artiste élabore sa célèbre théorie de la Méthode paranoïaque-critique, largement dominée par les thèses de la psychanalyse, qui montrera de réels points de convergences avec les recherches du jeune Jacques Lacan sur la paranoïa. Dalí envisage dès lors de lier plus intimement art et science.


Les premiers essais nucléaires puis les bombes sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 l’amènent à s’intéresser à la structure atomique de la matière. Effectuant un retour au catholicisme, il propose des représentations nucléaires des figures de l’art sacré, Christ et madones.

Dalí n’hésite pas à aller à la rencontre des savants : il rend visite à Freud à Londres en 1938, puis à Francis Crick à New York (prix Nobel en 1962 avec Watson pour la découverte de la structure de l’ADN). Il rencontra Dennis Gabor, prix Nobel de physique pour la découverte de l’holographie qui occupera Dalí dans les années 70. Enfin, René Thom, l’auteur de la théorie des catastrophes et Marcel Pagès et la théorie de l’antigravitation. C’est d’ailleurs en compagnie de Marcel Pagès que Dalí se rend à Céret le 27 août 1965, pour une journée fantasque et riche en événements largement évoquée dans l’exposition.


En 1985, Dalí réunissait dans son musée de Figueras un aréopage de scientifiques de renommées mondiales pour un symposium intitulé « Procès au hasard ». Très affaibli depuis la disparition de sa femme Gala, le Maître suivait les débats par vidéo transmission de sa chambre. Ces moments poignants de celui qui était terrorisé par la mort et qui s’était promis l’immortalité physique, attestent d’un insatiable appétit de connaissances et de curiosité pour les sciences.

 

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METISSAGE MUSICAL et langue catalane :

 

***‌Le Col·lectiu Angelets de la Terra revendique un métissage musical autour de la création en langue catalane. La diversité d’origines et de styles des musiciens résidents en Catalogne Nord est une richesse qui transparait dans les 13 disques édités en sept ans. La huitième compilation sera présentée au théâtre municipal de Perpinyà lors du concert de Balbino Medellin, le 25 juin. 

 

Depuis 2010, ce projet musical de qualité qui ne cesse de progresser met en évidence que les nouveaux Catalans permettent à notre culture de ne pas finir dans un musée ou une carte postale, en apportant de nouvelles sonorités et du sang neuf. Le collectif de 300 musiciens revendique une "catalanité" ouverte au monde. Ces musiciens sont originaires d'Occitanie, Sicile, Kabylie, Angleterre, Bretagne, Haïti, Maroc, Alsace, etc. Les artistes locaux ne s’étaient jamais trouvés aussi nombreux autour d’un même projet : valoriser la « llengua d’aquí ». Pour ceux qui doutent, il leur suffira de constater le bilan très positif du Col·lectiu qui a diffusé 256 chansons en catalan, dans tous les styles de musiques actuelles. Le métissage est donc le futur de la Catalogne Nord et la langue catalane est encore un facteur de cohésion sociale.

 

Dans cette huitième compilation, Llamp te Frigui a mis en musique un texte de Ramon Faura pour rendre hommage aux héros, insurgés du Vallespir puis du Conflent qui se révoltèrent pendant une dizaine d’années contre l’annexion de la Catalogne Nord par la France. Ils se prénommaient les Angelets de la Terra. Joaquim Vilarnou, journaliste spécialiste de la chanson en catalan pour la revue de Barcelona Enderrock a été emballé par le texte et les arrangements musicaux. Il souhaite que Ramon et Franck Sala créent d’autres chansons de ce genre. Il y a aussi Balbino Medellin qui interprète magnifiquement une version en catalan de Georges Moustaki qu’avait chanté Marina Rossell. 

Stéphanie Lignon qui participe au projet depuis le début a enregistré une compo, traduite par Gerard Jacquet, où elle dévoile un univers personnel. 

Romain Lucas comme son père avec Buenasuerte ont fait deux versions du célèbre Joan Manuel Serrat, l’une ragga et l’autre salsa. Marilys Mérial, à seulement 17 ans, nous fait découvrir pour son premier enregistrement une voix venue des profondeurs de l'âme, parfois à peine audible. 

Gerard Jacquet a réenregistré un de ses tubs avec de nouveaux arrangements électro réalisés par Philippe Dourou.

 

 Gaëlle Balat interprète un texte écrit par sa mère avec une voix douce et délicate. Julio Leone, avec un morceau acoustique, nous donne un avant-goût de l’album que va sortir son groupe Ghetto Studio. Patricia Di Fraja a gagné son pari d’enregistrer la version de Joan Pau Giné qu’elle n’avait pas pu faire lors de l’hommage rendu au « cantautor de Bages » en 2013. Elle vous séduira par son interprétation tendre et joyeuse.Gadjo Lolo, ancien des forces spéciales, a aussi enregistré son premier titre en catalan, lui qui a des origines dans le Haut Vallespir et qui avait été repéré pour son succès avec la chanson « Roussillon ». 

Elise Mateu et José de los Rios ont été rencontrés par Ramon Faura lors des Lundis Guitare. Elise, qui a participé le mois dernier à l’émission « N’oubliez pas les paroles », a choisi de reprendre un morceau d’Eric Clapton en catalan. Sa mère était l’une des premières enseignantes de la Bressola. José nous propose une version andalouse de l’hymne de Catalogne qu’il chante déjà sur scène étant donné son attachement viscéral pour cette œuvre. Rumba Coumo a laissé le piano de la salsa pour se centrer presque exclusivement sur la rumba catalane et faire perdurer la culture musicale gitane comme ils le revendiquent dans leur chanson. Muriel Falzon Trio nous envoûte avec l’un des traditionnels enregistrés pour son album 100% en catalan, avec les arrangements du pianiste de jazz Sébastien Falzon. Selon la chanteuse Muriel Perpigna, c’est sa participation à la cinquième compilation du Col.lectiu en 2014 qui a généré ce nouveau projet musical. Il y a aussi ses débuts en tant que choriste de Blues de Picolat avec Gaëlle Balat et Annabelle. Toutes les trois sont d’ailleurs sur cette compil.Annabelle Scholly Lotz, catalane d’origine alsacienne, nous surprend une deuxième fois avec une interprétation très émouvante. Elle était dans la septième compil, en janvier 2017.

Alexandre Guerrero, le chanteur d’opéra élève de la célèbre Montserrat Caballé, participe aussi pour la deuxième fois. Il était dans la première compil en septembre 2010. Joan Ortiz et Blue Sol proposent deux morceaux aux textes qui sont de véritables odes au métissage. Vincent Vila nous fait découvrir l’univers d’un « Reggae Man » jusqu’au bout de ses rastas qui enregistre ses morceaux dans sa yourte. Pascaline séduira les amateurs de pop anglaise et vous bercera avec sa voix suave. La Reskape nous offre une nouvelle version de l’Estaca déchaînée.

 

www.angeletsdelaterra.com

 

La conférence de presse en présence de tous les artistes dont Balbino Medelin et Marina Rossell aura lieu le samedi 24 juin, à 14 heures, au Café de la Poste de Perpignan. Pour plus d’information appelez Ramon Faura au 06.68.89.82.71.

 

Pour télécharger la huitième compilation cliquez ici :https://wetransfer.com/downloads/8b14b41e1735920449dc73df629c7af620170612055804/b15a3e72a3c5b94153b4bb79be3b45db20170612055804/f25376

 

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JEAN IGLESIS :

 

***Aquest poema escrit amb motiu de la nit de Sant Joan (23 de juny)

 

Ce poème écrit pour la nuit de la Saint-Jean (23 juin)

 

Sant Joan

 

El cel ens sembla mil.lenari

Mentre els estels se'n van ballant.

Tots els records deixen l'armari,

Festejant la nit de Sant Joan.

 

La font busca per la muntanya

Un camí sempre tortejant

I porta a la vila llunyana

Les aigües fredes de Sant Joan.

 

Les espigues de blat somriuen

L'endemà ja les tallaran

Per oferir als xicots que riuen

El pa fresc i nou de Sant Joan.

 

El conill, ell que no dormia,

Que anava pel camp ferejant,

Encerta el trèvol que es perfila

Entre les herbes de Sant Joan.

 

Aleshores sentim que creixen

Lligams estrets d'or i de sang,

Quan els ulls cansats parpellegen

Com les fogueres de Sant Joan.

 

Joan Iglesis

 

Sant Joan 2017

No sem occitans!... Sem catalans!...

 

La gran i nova regió

Ha entrat en religió

A fi d'encertar un nom

Que pugui plaure a tothom.

Sota el buf del vent d'Espanya,

S'ha escollit Occitània,

Oblidant la veu ufana

De la terra catalana.

 

Hem escrit la nostra història

Sense perdre la memòria.

El cant dolç de la senyera

Riu de la mala frontera.

Drets, de cara a l'opressió,

Avui sem una nació.

Escoltem la veu ufana

De la terra catalana.

 

Volem a sota la neu

Contemplar el Pirineu,

Seguir camins ramaders,

Rics de records verdaders.

Volem a vora del mar

Viure el caliu de la llar,

Entendre la veu ufana

De la terra catalana.

 

Canviar d'identitat?

Ser descatalanitzat?

Esborrant un nom, un lema,

Es pot resoldre un problema.

Si el rei fa la lliçó,

Sempre ens queda una cançó

Per sentir la veu ufana

De la terra catalana.

 

Refrany

No volem ser occitans!...

Des de temps d'or i de sang,

Caminem sempre endavant...

Sem i serem catalans!...

 

Joan Iglesis

 

 

Saint-Jean 2017

Nous ne sommes pas occitans!...  Nous sommes catalans!...

 

La grande et nouvelle région

Est entrée en religion

Afin de se doter d’un nom

Qui puisse plaire à tout le monde.

Sous le souffle du vent d’Espagne (1),

Il a été choisi Occitanie,

En oubliant la voix fière

De la terre catalane.

 

Nous avons écrit notre histoire,

Et ce sans perdre la mémoire.

Le doux chant de notre drapeau

Se rit de la frontière malsaine.

Bien droits face à l’oppression,

Aujourd’hui nous sommes une nation.

Nous écoutons  la voix fière

De la terre catalane.

 

Nous voulons, dessous la neige,

Contempler les Pyrénées,

Suivre les chemins de transhumance,

Riches de souvenirs authentiques.

Nous voulons, près de la mer,

Vivre la chaleur de notre foyer

Et entendre la voix fière 

De la terre catalane.

 

Changer notre identité?

Être « décatalanisé »?

En effaçant  un nom, un  lemme (2),

On peut résoudre un problème.

Si le roi dicte la leçon,

Il nous reste une  chanson

Pour  percevoir la voix fière

De la terre catalane.

 

Refrain

Nous ne voulons pas être occitans!...

Depuis des temps de sang et d’or,

Nous allons toujours de l’avant...

Nous sommes et serons catalans!...

 

Joan Iglesis

 

(1) vent d’Espagne : vent d’autan, dans la région de Toulouse-Midi-Pyrénées

(2)  lemme, leitmotiv : appellation ou slogan

 

 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 09:57
Picasso à Perpignan, près de la Vénus au collier de Maillol - L'obscène titre "Le cercle de l'intime"
Picasso à Perpignan, près de la Vénus au collier de Maillol - L'obscène titre "Le cercle de l'intime"

Picasso à Perpignan, près de la Vénus au collier de Maillol - L'obscène titre "Le cercle de l'intime"

*** Inauguration du musée Hyacinthe RIGAUD -23/6/2017 - Les affaires culturelles censurent la presse - Un musée aseptisé, débarrassé de ses décors 17 ème siècle !

Le Grand RIG ô ! 

 Le cercle de l'intime ou l'obscène exp ô ! sur Picass ô !

Oui, le titre est bien choisi, car on sait l'amour du natif de Malaga pour les femmes, sa peinture, avec les thèmes de l'érotisme, du Minotaure, de la tauromachie et du sexisme, s'inspirant du génie des maîtresses, et plus cannibalisant le corps et le talent des femmes séduites… 

Chaque femme de Pablo incarne une période de sa création; il pouvait avoir des relations avec deux ou trois dames en même temps, mais n'hésitait pas à en "jeter" soudain une pour se consacrer à une autre ou envisager la conquête d'une nouvelle.

Ainsi, lors des vacances érotico-tauromachiques à Perpignan, l'hôtel de Lazerme servait de point d'ancrage pour faire le tour des fêtes estivales consacrées à la corrida (Nîmes, Céret, Collioure…). La massive architecture classique de l'Hôtel particulier servait aussi de rencontres : Françoise Gilot, la délaissée, Jacqueline Roque, l'ultime conquête, et Mme de Lazerme, l'amante catalan, se retrouvaient sous le même toit, à la même table. C'était un cercle de famille étonnant. Pau Picasso passait d'un cercle intime à un autre de façon naturelle, et personne n'était choqué, dans le milieu bourgeois du centre-ville, de ces relations amoureuses et sexuelles : on tolérait tout de la part d'un artiste, on aurait même bien voulu appartenir au "cercle de l'intime" de ce génie, de ce sacré petit démon, rue de l'Ange..!

 

 

le journaliste et écrivain Xavier FEBRES vient de publier un livre en catalan sur Maillol. Et un article sur sa passion pour le musée Rigaud, l'ancien, le suranné, avant que les travaux nouveaux n'en fassent une machinerie contemporaine... Xavier regrette le temps de la visite dans le silence et la solitude, dans les salles anciennes aux hauts plafonds, aux dorures et décors rococo... C'était un musée de province, très peu fréquenté, malgré son prix modique et ses salles consacrées à Picasso, Maillol, Dufy... 

Les jeunes et les habitants ne venaient pas dans l'ancien hôtel des Delazerme, où Picasso passa de brèves vacances, (1) dans l'intimité d'une famille bourgeoise, dans le cercle d'in intime très intime et érotique...

Quelle idée d'avoir intitulé l'expo Picasso "Le cercle de l'intime", c'est d'une obscénité sans nom...mais c'est si vrai ! 

Et le club, autour du musée, le "Cercle Rigaud", comme on parle de "cercle de famille", en tentant de toujours l'agrandir...

 

Febres regrette...On regrette toujours le temps passé car il nous fait passer de l'autre côté... Les vieux deviennent passéistes et n'acceptent pas que les plafonds hauts soient abaissés, que les dorures soient supprimés, que le lieu perde son caractère ancien, catalan ou baroque pour n'être plus qu'impersonnel... Faut être aux normes européennes…faut économiser l'énergie…Faut plaire au public ou à ce que l'on croit être le goût du public… On met du placo pour abaisser les murs, on détruit les structures, boiseries, charpentes, du 17 ème siècle !

On installe une "fosse aux lions", une cage horrible à l'ancienne entrée, rue de l'Ange, pour sans doute, faire reculer le terrorisme…Musée fermé, une forteresse, alors qu'il faut inviter le public, sans frontière… 

 

Il faut donc perdre un peu de son caractère local, catalan, être au plus près de la concurrence, des grands musées français, imiter Paris, plaire à la mode et au goût des touristes, se compromettre avec l'esprit du temps...

A ce prix, Perpignan pourra être une "destination" et dans cette renaissance muséale, on ne cache pas que le lieu doit servir le commerce, l'économie urbaine, le tourisme mercantile, bien avant la culture…

 

La presse "officielle", celle qui écrit ce qu'on lui dit (voir l'article récent de Connaissance des Arts sur le musée Rigaud, reportage tout à fait lénifiant et aseptisé, à l'image de ce musée (ne pas écrire ce qui fâche, d'ailleurs la journaliste venue à Perpignan ne connaît rien du contexte local), a été seule invitée le jeudi 22 juin à visiter les nouveaux lieux. 

La mairie et le service culturel de la ville sont à la hauteur de leur réputation : censure, intolérance, esprit de vengeance de la part de ces "Napoléons les petits" !

Je n'ai pas été invité (je ne dois pas faire "presse" sérieuse) par un maire qui est venu m'agresser dans une librairie, lors d'un débat philosophique ! Je suis ignoré par un adjoint à la culture qui ne supporte pas la critique et se venge comme il peut, de façon mesquine ! Ce n'est pas avec ce comportement que Perpignan la moribonde va se sauver par l'art et la culture...

J.P.Bonnel

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 08:50
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme
Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme

Mme Delazerme et Picasso - Dans l'ancien appartement dépendant désormais du musée, après la mort de Mme Delazerme

Musée RIGAUD/Perpignan/Picasso (suite)

 

demain : ô !!!!

 Le cercle de l'intime ou l'obscène exp ô ! sur Picass ô !

 

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On sait que Picasso, au temps du cubisme et de l’amitié avec Braque, fréquenta beaucoup, de 1911 à 1914, la ville de Céret, la capitale du Vallespir. On sait sans doute moins que, de 1953 à 1955, Pablo Picasso se rendit régulièrement à Perpignan, rue de l’Ange, chez ses amis Paule et Jacques de Lazerme. A la suite d’un contrat établi entre la famille et la municipalité de Perpignan, le bel hôtel particulier est devenu, depuis 1979, le Musée Hyacinthe Rigaud. Madame de Lazerme, immortalisée par Picasso, vit toujours dans une aile du bâtiment.

Cette maison patricienne appartenait depuis 1827 à la famille de Lazerme, car Joseph, député légitimiste des Pyrénées-orientales, l’avait racheté à l’Intendant du Roussillon, Campredon de Ponte d’Albaret. Dans cette famille d’érudits, c’est en particulier Carlos de Lazerme qui s’illustra par ses nombreux écrits : romans, poésies…et était en relation avec Max Jacob et Apollinaire, à leurs débuts. Il protégea, grâce à sa fortune, de nombreux artistes roussillonnais et rencontra les cubistes à Céret : il fut l’ami de Manolo et sympathisa, grâce au peintre Pierre Brune, avec Picasso ; ses enfants, Paule et Jacques, poursuivirent les relations amicales avec Pablo Ruiz et l’invitèrent à plusieurs reprises dans leur vaste demeure.

 

Picasso à Perpignan : 

un drôle de diable, rue de l’ange.. !

 

1953 -  Le 12 août, le peintre accepte l’invitation de la famille de Lazerme et arrive à Perpignan. Il va partager avec sa fille Maya un appartement tout rose. Les deux pièces vides adjacentes du second étage, ouvrant sur une cour intérieure, vont lui servir d’atelier : il y corrigera surtout des épreuves d’estampes envoyées de Paris. Il va travailler aussi dans l’extraordinaire bibliothèque de Carlos de Lazerme. Cependant, le 15 août, c’est une première escapade : il se rend à la corrida de Collioure. Ensuite, il est accueilli par le sénateur Gaston Pams. La réception est suivie d’une fête nocturne, dans le petit port, où Picasso se mêle à ses nombreux admirateurs. Le séjour à Perpignan est de courte durée : la petite famille rentre à Paris le 17.

Cependant, il revient vite, le 5 septembre, rue de l’Ange, accompagné de Maya, la fille qu’il a eue avec la très jeune Marie-Thérèse Walter, mais aussi de Paulo, le fils d’Olga, de Xavier Vilato et de toute une cour d’originaux ! Il annonce à Paule et Jacques de Lazerme son intention d’aller assister à la corrida de Perpignan. Auparavant, il se rend, le lendemain, à Céret, où il va retrouver de nombreux amis : Totote et Rosita Manolo, Ernest Pignon, Hélène Parmelin…Il est fêté par les Communistes du Vallespir, qui lui demandent un dessin. Ainsi va naître « La Sardane de la paix », une danse vigoureuse sous une colombe, tracé à l’encre dans une grande feuille blanche. A cette occasion, Picasso offre à Pierre Brune, le directeur du récent musée d’art moderne, une série de coupelles, peintes à Vallauris au début de l’année, qui sont autant de variatons sur le thème de la tauromachie. Ce nouveau séjour est, lui aussi, très bref : le maître repart trois jours après pour Vallauris, car Françoise Gillot lui a annoncé son intention de le quitter. En cet été 53, Picasso lance un projet avec Firmin Bauby, le propriétaire-mécène de Sant Vicens, à Perpignan : créer des céramiques destinées à décorer le temple de la Paix, qui devait être érigé sur le pic de Fontfrède, au-dessus de Céret, et face à l’Espagne. Il était question d’élever à cet endroit un « monument aux toreros », susceptible de devenir un lieu de pèlerinage pour les Catalans du Sud et du Nord ; cependant Picasso pensait qu’un monument à la Paix était plus en harmonie avec le point de vue ; contemplant alors l’Espagne qui s’étendait à l’horizon, il s’exclama à l’adresse de son pays où il ne reviendrait plus jamais : « Pourquoi faut-il qu’il y ait ici une frontière ? C’est la même terre, les mêmes gens, la même langue… »

            Picasso retrouvera ses amis catalans au mois d’octobre ; en effet, les Lazerme séjournent à Paris et, à plusieurs reprises, vont être accueillis chez l’artiste, rue des Grands-Augustins. Picasso veut les remercier et offrir à Madame de Lazerme un tableau de Juan Gris, mais elle refuse ce somptueux cadeau ! Paule de Lazerme acceptera, l’été suivant, des mains du maître, qui ont dessiné le bijou, un collier en or massif orné d’une tête de taureau.

 

1954

            Au début du mois de juillet, accompagné de Paulo, Picasso se rend une nouvelle fois rue de l’Ange, dans l’appartement spacieux tendu de rose de l’hôtel de Lazerme. Son escapade sera brève, le temps de revoir Collioure ou les camarades cérétans ; Picasso est surtout venu chercher ses hôtes pour les inviter à Vallauris : en effet, l’artiste doit présider les festivités de la charmante cité des potiers. La fête a lieu dans la liesse et le défoulement le plus complet, avec des bons vivants tels que Prévert et Cocteau. C’est avec les de Lazerme et Maya que Picasso revient à Perpignan : Françoise Gillot et les enfants l’y rejoindront ; puis de nombreux amis viendront envahir le bel hôtel particulier : le marchand de tableaux Kahnweiler, Michel Leiris et son épouse, Pignon, Penrose, Douglas Cooper et bien d’autres. Picasso va enfin passer un été tranquille, jusqu’à l’arrivée inattendue de Jacqueline Roque et de sa fille ; Pablo ne veut pas d’elles chez les Lazerme : elles iront trouver refuge dans un hôtel du centre de Perpignan…

Les journées et les nuits du peintres sont pleines : le matin, il lit, fait des croquis ; l’après-midi, il peint dans son appartement ; le soir, il va assister aux sardanes sur la place Arago, toute proche. Puis, fidèle à ses amis et aux sites catalans qu’il aime, il se rend chez René Pous, à L’Hostellerie des Templiers ou à la terrasse des cafés cérétans. Ce long séjour lui permet de travailler, de goûter à la lumière de l’été catalan, en louant deux chambres à l’annexe des Templiers : à la « villa Miranda », qui domine l’avenue de la gare ; un demi-siècle, pratiquement, après l’arrivée à Collioure, en juillet 1905, de son éternel concurrent et néanmoins ami, Henri Matisse...Il décide soudain de s’installer ici, et veut acheter l’imposant Château royal ; cependant, l’ancienne résidence d’été des rois d’Aragon appartient au Conseil général ; Picasso ne trouve pas de bâtisse assez spacieuse : le département des Pyrénées-orientales ne saura pas le retenir ! Dire qu’un « Musée Picasso » pourrait aujourd’hui être abrité par le magnifique Château royal, mais c’est Antibes, semblable par sa baie et sa forteresse, qui l’accueille désormais…Pablo va pourtant essayer de trouver un autre refuge : à Perpignan, à Sant Vicens, il retrouve l’ambiance et la créativité des potiers de Vallauris et l’amitié de Firmin Bauby. Picasso admire ce centre d’art vivant et il s’enthousiasme une nouvelle fois : « C’est ici que je vais m’installer ! » Avec Firmin Bauby, il reprend le projet d’installer de céramiques destinées à la décoration d’un « temple de la paix », sur le pic de Fontfrède. Hélas, cette aventure va, elle aussi, avorter…Pourtant, Jacques de Lazerme est intervenu auprès de la municipalité de Perpignan, qui reçoit le peintre, mais le maire de l’époque –oublions son nom- n’a pas daigné se déplacer…

Les autorités locales ne font pas le moindre geste : Picasso n’est même pas nommé citoyen d’honneur de la ville ! L’été 54 va se terminer pour Pablo ; il préside les fêtes de Collioure, assiste à la traditionnelle corrida et travaille, aussi, à la Miranda; à la rue de l’Ange, il exécute les portraits de Totote, de Rosita Manolo et, bien sûr, de Paule de Lazerme, en costume catalan: une sanguine, un crayon et une gouache, tous sur papier, sont exposés aujourd’hui au musée Rigaud, aux mêmes murs où l’artiste lui-même les avait accrochés : dans l’ancienne salle-à-manger d’hiver ; enfin, il va dire adieu à la famille Bauby et graver son nom sur une feuille d’aloès du jardin, avec la date du 29 août 1954.

Jacqueline a été autorisée à rejoindre la rue de l’Ange, où, pourtant, se trouvent encore Françoise et ses enfants, Claude et Paloma. Mais les anciens amants se disputent ; l’hôtel retentit de la colère de Pablo ; au petit matin, Jacqueline prend le train pour Béziers ; depuis  cette ville, elle téléphone à Pablo et menace de se suicider. Picasso ne se laisse pas intimider par ce chantage ; il déclare à ses hôtes : « Qu’elle fasse ce qu’elle voudra. J’en suis débarrassé ! » Jacqueline fait donc ce qu’elle veut : deux jours après, la revoilà chez les Lazerme ! Picasso accepte sa présence ; Jacqueline, grâce à son charme et à son intelligence, est acceptée par la petite société de l’hôtel de l’Ange ; Totote confie à Jacques de Lazerme : « Jacqueline est la première femme qui ait mené Picasso par le bout du nez ! ». Le 19 septembre, Françoise rentre à Paris avec les enfants. Six jours plus tard, Pablo et Jacqueline se rendent à Vallauris, avant de rejoindre les Grands-Augustins.

 

1955

            Picasso reviendra une dernière fois à Perpignan, pour la Pentecôte. Désormais, c’est la Catalogne qui viendra chez lui, à Paris. Il recevra les de Lazerme et, de façon plus constante, ses amis barcelonais. Il accueille ainsi Juan Gaspar, célèbre galeriste de la calle Consejo, et son épouse Elvira, qui fut, en 1938, à Barcelone, la secrétaire d’André Malraux. (1)

Cependant, pour le public roussillonnais, le séjour le plus important est celui d’août 1954 ; il reste en effet de ce séjour la sanguine intitulée « Madame de Lazerme en catalane » : elle est datée du 14 août, dédicacée « Paule Catalane » et signée. La silhouette de profil de cette dame élégante est juste esquissée ; le personnage porte la coiffe catalane et, sur la poitrine, la croix en grenats spécifique de Perpignan ; dans sa main gauche, quelques fleurs, et à ses pieds, les espadrilles traditionnelles catalanes : ces « bigatanes » ont de longs lacets que l’on croise et noue sur la partie haute du mollet. Ensuite, le 19 août, Picasso peint un portrait de « Mme de Lazerme en catalane » : cette gouache est signée et dédicacée « Pour Paule, Picasso » ; le personnage est habillé du costume catalan, avec châle blanc et robe rouge ; elle porte la coiffe des Fenouillèdes ; assise dans un fauteuil au dossier haut et en velours bleu, elle est de profil, le visage incliné légèrement, et les yeux semblent somnoler. Selon Marie-Claude Valaison, «  le cou dégagé, la tête inclinée et le mouvement du bras donnent à ce portrait une infinie douceur. Tout ce qui était anguleux a disparu et la gouache recouvre les dessins (au crayon de la tapisserie du dossier ou des broderies du châle). Douceur accentuée par l’harmonie de bleus choisie par le peintre, où le rouge de la jupe, traitée avec de rapides traits, soulignés de noir, apporte une note tonique, mais qui ne vient pas troubler la sérénité de ce portrait. La seule agressivité se trouve dans le traitement des têtes de lions des accoudoirs, dessinées dans un jaillissement de traits noirs, bruns, soulignés de blanc. »   

 

Enfin, le troisième souvenir « tangible » du passage de Picasso à Perpignan est  le dessin au crayon noir, daté du 24, qui représente encore Paule de Lazerme ; elle est assise dans un fauteuil à haut dossier et muni d’accoudoirs en bois qui se terminent par des gueules de lion. Le visage, de profil, encore, est calme, apaisé ; la jeune Mme de Lazerme porte une coiffe languedocienne, dont les motifs s’accordent avec ceux de son corsage et avec ceux de la tapisserie du fauteuil. La pureté du visage de cette jeune femme est frappante ; il faut citer ici le portrait qu’en dresse Françoise Gilot, à la fin de son livre de souvenirs : « Madame de lazerme était bien faite. Elle avait des yeux et des cheveux noirs, les traits classiques…Agée d’une trentaine d’années, cette dame avait l’air d’une charmante reine abeille… »

 

            Les séjours brefs mais intenses de Picasso à Perpignan peuvent se résumer ainsi : travail de dilettante, mais éclats de rire, avec ses nombreux amis, éclats de voix, avec la cohabitation de ses deux maîtresses, et farniente : l’hôtel de Lazerme, demeure luxueuse et fraîche, l’été, constituait un point d’ancrage et de retrouvailles ; à partir de ce lieu historique, Pablo pouvait rayonner dans la région et s’adonner à sa passion des corridas (2) et des bons repas entre amis. Le numéro seize de la rue de l’Ange abrita bien un drôle de diablotin ; un sacré numéro, sans aucun doute, mais pas le dieu Picasso : simplement, un homme qui aimait la vie et ses plaisirs, dans un département qui lui rappelait l’ambiance de son pays natal.

 

                                                                                                Jean-Pierre Bonnel   

 

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(1)     Elvira Farreras i Joan Gaspar : Memoris (1911-96) – Edicions La Campana- Barcelona – 1997 –

(2)     Rappelons ce mot de Picasso à Malraux : « Nous, les Espagnols, c’est la messe le matin, la corrida l’après-midi, le bordel le soir. Dans quoi ça se mélange ? Dans la tristesse ! »

Sources utilisées pour cet article :

-     Pierre Cabane : Le siècle de Picasso – Gallimard – Folio-essais – Tome 3 –

-     Véronique Richard de La Fuente : Picasso à Céret – Mare Nostrum – 1996 –

-      Françoise Gillot : Vivre avec Picasso – Calman-Lévy – 1965 –

-      Catalogue du Musée Rigaud de Perpignan – « Dessins de Picasso » - 1990 -

 

Chez Mme Delazerme (fin) -

Entretien avec l'ancien propriétaire de l'hôtel particulier (rue de l'Ange) devenu le musée Rigaud et maîtresse de Picasso...

 

La dame brune au teint blanc, à la voir assise dans ce fauteuil pourpre, roide et riche d’une existence d’outre temps, on a l’impression que l’éternité a élu domicile ici ; le présent est immobile ;  c’est le passé qui est le présent : afin qu’il rejaillisse, par bribes chiches, il faut solliciter  Mme de Lazerme, sinon un mutisme, signifiant qu’on a trop à dire ou qu’il est indécent de dire ce trop, investit le séjour :

« C’était une autre époque. Picasso venait en voiture de Paris, c’est son fils Paulo qui conduisait, pas Marcel, son chauffeur attitré. Les rues n’étaient pas piétonnes : ils se garaient dans la cour. 

 

Dans les années cinquante, l’autre partie de la maison, qui ne possède pas de jardin, était louée par le docteur Gasné et ses enfants. Picasso, lui, se plaisait beaucoup dans mon appartement ; le temps passait en bavardage ; Pablo ne faisait que plaisanter, il ne lisait pas, il ne travaillait pas, ou alors, quelques dessins, quelques esquisses, comme ceux qu’il m’a donnés –il donnait tout ce qu’il faisait !- comme la Rosita, derrière moi, dans la chambre, ou mon profil, là, sur la commode. Il se plaisait ici, pour l’ambiance, les discussions, les repas : la maison la passionnait, mais la ville ne l’intéressait pas, il ne sortait pas dans Perpignan… Oui, il plaisantait tout le temps ! Non, il n’était jamais seul dans l’atelier, il restait toujours avec la famille. Il était toujours habillé en short et en chemise ; il parlait français tout le temps ; il ne parlait pas de sa peinture, mais de la maison, de la famille, de tout, en fait, comme tout le monde ! Il n’était pas fier, il était parmi nous comme un membre de la famille. A Perpignan, il restait dans notre cocon, il ne connaissait personne en ville ; ses amis venaient de loin. Nous sommes allés souvent à Céret, nous allions voir Pierre Brune et Manolo ; ensuite, Totote, la femme de Manolo, et Rosita, leur fille, venaient chez nous, rue de l’Ange…

 

La querelle avec Françoise Gillot ? C’était de la comédie ! Ils ne se disputaient jamais ! Tous les moments étaient agréables : Picasso vivait très entouré, avec de nombreuses personnalités, voyez ces photos, Jean Cocteau, Manolo…

Mon mari et moi profitions pleinement de lui ; à l’époque, j’avais beaucoup de personnel, et en particulier une cuisinière : le service était à sa disposition ; nous menions une vie de réceptions. 

 

Après Picasso, j’ai bien connu Dufy –voyez ma photo avec lui, et je fume !- mais c’est une autre histoire…

A présent, rien ne me tente, ni l’inauguration d’un musée, ni le vernissage d’une exposition. Peut-être que, parmi ces centaines de peintres qui se disent artistes, dans le département, se trouve-t-il un nouveau Picasso ! Mais, franchement, permettez-moi d’en douter…A Perpignan –et ailleurs !- on encombre les salles des musées avec des gens qui n’ont rien à dire, rien à exprimer, rien à montrer de leurs tripes, et on les encense, on veut nous faire croire que ce sont de grands artistes… On mobilise la presse, la télé, des ambassadeurs…Moi, je préfère rester au calme chez moi !

 

Pourquoi Picasso n’est-il jamais revenu à Perpignan, après 1956 ? Parce qu’il était fatigué, handicapé. Nous allions le voir souvent à Vallauris, ou à Paris : nous sommes restés amis jusqu’à la fin, jusqu’à sa mort en 1972. Nous sommes restés ensuite avec lui grâce à nos souvenirs ; Jacques est mort est après Pablo…

 

Pierre Cabane prétend que j’aurais refuser un cadeau de Picasso, un tableau de Juan Gris ! C’est faux ! Tout est faux de ce qu’on a écrit de Picasso à Perpignan, ici, dans ma maison ! Et votre article, sans doute, est faux, lui aussi ! D’ailleurs je ne le lirai pas, même avec une loupe ! Et je ne me le ferai pas lire par ma dame de compagnie ! Enfin, je vous demanderais de ne rien dire de ce que vous avez vu et entendu chez moi. Au revoir, Monsieur...

JPBONNEL

**Vernissage de l'exposition collective

"La Collection à l'heure d'été"

qui aura lieu le jeudi 22 juin à partir de 18h30

au Centre d'Art Contemporain 

àcentmètresducentredumonde

A l’heure d’été …

 

Découvrir ou redécouvrir les œuvres d’illustres « pensionnaires »

 de la Collection Collective du Centre d’Art, c’est la proposition estivale

 à laquelle nous vous convions. De grands noms de l’art contemporain tels que 

Ben, Claude Viallat ou Jean Le Gac riches de leurs récits spécifiques, 

fruits de leurs voyages respectifs en terre d’Art, côtoient des talents 

consacrés aux multiples facettes comme Pencréac’h, Lucebert, Chema Lopez, 

Dreyfus ou Ydañez. 

Cette pléiade d’artistes, résistante à toute tentative de classification,

 offrant une palette d’expressions foisonnantes, percutantes, stimulantes,

 se déploie en patchwork pictural pour offrir au spectateur une composition

 où se mêlent étonnement et séduction. À contempler sans modération

 pour embellir les opulentes journées de la belle saison. 

 

- - -

**EXPOSITION des ESTAMPES 

Annie Fforde 

"Chimères"

 

Du 17 au 30 juin 2017

Vernissage le jeudi 22 juin 18.30

10.30 à 12.00 et 14.30 à 18.30 fermé lundi

La Petite Galerie 66

1 Carrer de na Patora - 66300 CASTELNOU

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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