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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 18:41
Gauguin en Catalogne - Louisiane-Catalogne/Pascal Yvernault

 

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon

 

Si on sait que Paul Gauguin louait les œuvres de Maillol et que Georges-Daniel de Monfreid était devenu en 1900 son mandataire "en toutes choses", on peut se demander s'il est, un jour dans sa vie, venu jusqu'aux pentes du Canigou pour rencontrer ses vrais partisans qui tous, au début du 20ème siècle, vivaient dans le Roussillon et lui vouaient un véritable culte. *

 

Paul Gauguin, qui nait à Paris en 1848, est le fils d'un journaliste anti-monarchique qui mourra l'année suivante. Il perd sa mère alors qu'il est encore mineur et il est alors confié à un tuteur, Gustave Arosa, collectionneur et photographe qui deviendra un des premiers amateurs des impressionnistes. C'est grâce à ce tuteur d'origine espagnole que Gauguin côtoie les milieux qui soutiennent les mouvements républicains en Europe et en Amérique du Sud. A 23 ans, il se tourne vers la finance, d'abord comme agent de change puis comme employé dans une agence de vente et d'achat d'actions de compagnies d'assurances, et gagne jusqu'à 40 000 francs par an. Mais à 34 ans, il quitte la Bourse et annonce à son épouse Mette qu'il souhaite dorénavant se consacrer uniquement à la peinture. Il avait pris des cours de sculpture et de modelage dès 1877, avait été l'élève de Pissarro et avait exposé quelques toiles lors d'une exposition impressionniste en 1880.

 

En 1879, il peint Pommiers de l'Hermitage, dans les environs de Pontoise (huile sur toile exposée au Aargauer Kunsthaus à Aarau en Suisse) : "Pommiers de l'Hermitage montre l'importance qu'aura sur Gauguin l'enseignement de Pissarro. Le goût du maître pour la nature, son refus de toute forme d'académisme marqueront certes l'élève plus profondément que ses préceptes impressionnistes. Ce sont pourtant ces derniers, brillamment interprétés ici par Gauguin, qui seront à la base de ses futurs choix artistiques." (1)

 

A 34 ans, Gauguin changeait donc de vie. "Le changement ne s'était pas fait sans avertissement, mais la femme de Gauguin ne le lui pardonna jamais. Elle avait fait un marché avec un homme d'affaires bien renté, et lorsqu'il se tourna vers l'art et qu'il n'y eut plus de rentes, elle considéra qu'il y avait trahison conjugale. Au temps de sa fortune il avait commencé à peindre comme passe-temps dominical ; il avait également fait des achats assez importants que sa femme considérait sans intérêt - des œuvres de Cézanne, Manet, Renoir, Monet, Pissarro et d'autres. En tant que collectionneur, il avait rencontré Pissarro qui entreprit de l'instruire en matière de peinture et dès ce moment-là son intérêt pour la Bourse s'évanouit rapidement.

 

A 31 ans, en 1879, il était devenu un 'amateur' tellement habile que ses œuvres (sous le patronage de Pissarro) furent exposées à la quatrième exposition organisée par les Impressionnistes ; il continua à exposer avec eux jusqu'à la huitième et dernière exposition de 1886 - à cette époque sa carrière d'homme d'affaires était terminée."

 

Paul Gauguin devient alors l'artiste dont on connait la carrière, le peintre de Pont-Aven et de Tahiti...

 

* Pour la découverte des toiles de Gauguin par Matisse, grâce à Terrus et Moinfreid, lire l'ouvrage de J.P.Bonnel : "Moi, Matisse à Collioure" - balzac éditeur & "Matisse à Coillioure", 2° édition augmentée en 2021 par Encre rouge.

 

 

Le blog de louisiane.catalogne.over-blog.com

 

(C) Pascal Yvernault - 23 nov. 2013

- - -

 

(1) Catalogue de l'exposition Gauguin, les XX et la Libre Esthétique , salle Saint-Georges, Liège (Belgique), du 21 octobre 1994 au 15 janvier 1995.

(2) Van Gogh et son temps, Robert Wallace (Editions Time-Life, 1969).

 

- - -

 

 

 

25 novembre 2013

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

(suite)

 

Admiré par les artistes nord et sud catalans qui le rencontreront souvent par l'intermédiaire de Georges-Daniel de Monfreid, Gauguin insistait "fortement sur ses origines hispaniques, sur ses attaches d'enfance avec le Pérou mais aussi sur la figure importante de sa grand-mère, la flamboyante Flora Tristan, à qui il doit à la fois ses origines ibériques et son atavisme républicain." (1)

 

A partir de l'été 1883, Gauguin s'occupe de missions pour le compte des républicains radicaux espagnols. "Il semble qu'entre 1883 et 1886 Gauguin ait effectué plusieurs missions pour les comploteurs espagnols : en 1885 à Londres, en 1886 à Bordeaux, un voyage à Montpellier en 1884, où, avec Emile Bertaux, il aura le temps de visiter le musée Fabre, et de commencer une copie d'un tableau de Delacroix.

 

Il racontera aussi deux épisodes autour de la frontière pyrénéenne, un aller-retour entre Cerbère et Port-Bou caché à l'aller dans un wagon de charbon et au retour, dissimulant Ruiz Zorilla (*) dans la cargaison de blé d'un chariot. Enfin, une altercation avec un gendarme sur la côte de Cerbère. C'est à cette occasion sans doute qu'il peignit une aquarelle intitulée Cerbère 18 août 1883 et signée P.G., en vente chez Sotheby's en 1975, mission annoncée dans une lettre du 13 août à Pissarro dans laquelle Gauguin se dit "très intéressé aux affaires d'Espagne auxquelles je suis un peu partie active". Sans que Monfreid le sût à l'époque et sans qu'il s'appesantît dessus ensuite, Gauguin avait bel et bien séjourné en Roussillon." (1)

 

En 1902, Gauguin envisage de quitter les Marquises pour regagner l'Europe et pourquoi pas s'installer près de Monfreid dans les Pyrénées catalanes, ou en Espagne pour y travailler pendant quelques années. Monfreid l'en dissuade invoquant le climat détestable d'Europe : le froid, l'humidité en France, la sécheresse aride et les fièvres en Espagne.

 

Paul Gauguin meurt le 8 mai 1903 à l'âge de 54 ans. La nouvelle de son décès n'arrive à Paris que le 23 août. "Le premier Salon d'automne ouvert au Petit Palais comprend une salle consacrée à l'artiste où figurent huit toiles dont le Christ jaune." (2)

 

- - -

 

(*) Manuel Ruiz Zorilla a souvent conspiré contre les Bourbons restaurés. L'Espagne entre 1874 et 1885 est gouvernée par le roi Alphonse XII.

 

(1) Catalogue de l'exposition Paris Perpignan Barcelone - L'appel de la modernité (1889 - 1925), musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan du 20 juin au 13 octobre 2013.

 

 

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 11:40
Manif en Sardaigne - W.Benjamin ) Portbou : 24 NOVEMBRE 2017 BANYULS, VILLE DES LUMIÈRES, AVEC BRUNO TACKELS ET WALTER BENJAMIN, VENDREDI 24 NOVEMBRE 2017 - CERBÈRE, AU RAYON VERT, AU PLUS PRÈS DE LA MER ET DE LA FRONTIÈRE    Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel L'essai biographique de Bruno TACKELS : l'auteur est à Banyuls aujourd'hui vendredi 24 novembre pour le prix européen de l'essai hall de la mairie de Banyuls à 18h: discours, exposé, apéritif) Demain à Cerbère, au Rayon vert, avec B. Tackels: film à 15h, entretien, dialogue, dédicace à 16h 30...   *L'exil de Marseille jusqu'à Banyuls :   Banyuls, c'est la ville de l'espérance: on imagine Benjamin rencontrant Lisa Fittko, traversant la ville, depuis l
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Manif en Sardaigne - W.Benjamin ) Portbou : 24 NOVEMBRE 2017 BANYULS, VILLE DES LUMIÈRES, AVEC BRUNO TACKELS ET WALTER BENJAMIN, VENDREDI 24 NOVEMBRE 2017 - CERBÈRE, AU RAYON VERT, AU PLUS PRÈS DE LA MER ET DE LA FRONTIÈRE Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel L'essai biographique de Bruno TACKELS : l'auteur est à Banyuls aujourd'hui vendredi 24 novembre pour le prix européen de l'essai hall de la mairie de Banyuls à 18h: discours, exposé, apéritif) Demain à Cerbère, au Rayon vert, avec B. Tackels: film à 15h, entretien, dialogue, dédicace à 16h 30...   *L'exil de Marseille jusqu'à Banyuls :   Banyuls, c'est la ville de l'espérance: on imagine Benjamin rencontrant Lisa Fittko, traversant la ville, depuis l

 

BANYULS, VILLE DES LUMIÈRES,

 

CERBÈRE, AU RAYON VERT, AU PLUS PRÈS DE LA MER ET DE LA FRONTIÈRE

 

 

Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel

L'essai biographique de Bruno TACKELS : l'auteur est à Banyuls aujourd'hui vendredi 24 novembre pour le prix européen de l'essai hall de la mairie de Banyuls à 18h: discours, exposé, apéritif)

Demain à Cerbère, au Rayon vert, avec B. Tackels: film à 15h, entretien, dialogue, dédicace à 16h 30...

 

*L'exil de Marseille jusqu'à Banyuls :

 

Banyuls, c'est la ville de l'espérance: on imagine Benjamin rencontrant Lisa Fittko, traversant la ville, depuis la gare jusqu'à la mairie, puis écoutant les conseils du maire d'alors, Vincent Azéma, leur montrant le chemin de la liberté et là-haut, vers les crêtes-frontières, le col de Rumpissa. Banyuls est une ville symbole, la dernière, l'ultime ville avant l'Espagne, la Catalogne, Port-Bou et la mort…En effet, Port-Bou, c'est la mort au bout, au bout du chemin et du destin.

 

Benjamin a toujours été un homme des crêtes, en équilibre entre deux pensées (théologie, messianisme, d'un côté, et marxisme, de l'autre), entre désir de s'ancrer (dans une ville, dans une bibliothèque) et l'invitation au voyage, pour employer le titre du poème célèbre de Baudelaire, qu'il admirait), même si celui-ci, le voyage, fut souvent motivé par la fuite et l'exil…

 

Lors de la reconnaissance du 24 sept. 1940, il va déjà affronter la souffrance et les difficultés du chemin…Il va dormir dans la nature, sans doute sur le plateau aux sept pins pour économiser ses forces.

En effet, le lendemain, le 25 sera un calvaire, un véritable chemin de croix. Il demanda, éreinté, qu'on l'abandonne et José, le fils de son amie Henny Gurland, le portera à plusieurs reprises…

A la Font del Bana, il boira l'eau croupie, comme pour déjà s'empoisonner…

 

Au Col, on imagine que la perspective de passer la frontière le réjouit, ainsi que la vue de la mer et de l'horizon vers le cap de Creus, même si la question de la contemplation esthétique n'était pas l'urgence du moment…

La descente sera longue, abrupte, interminable. Douze heures de l'arche de Banyuls à Port-Bou ! 

 

A la douane sous le tunnel de la gare, ma désillusion ne sera que plus grande, quand on lui dit qu'il devra retourner le lendemain en France, c'est-à-dire vers les camps de la mort nazis…

C'est pourquoi, dans ce petit village où personne ne le connaissait, il avalera le lent poison de la morphine : ce fut une agonie de presque 24 heures, de 22 heures, le 25 sept, jusqu'au soir du 26…

 

Cette biographie riche et émouvante de Benjamin nous offre une réflexion sur les thèmes majeurs du philosophe (l'aura, l'oeuvre d'art, la mélancolie, l'Histoire, la traduction…) ainsi que la narration d'une vie unique, dans un contexte européen apocalyptique. 

 

L'essai de Bruno Tackels nous convie à l'élucidation d'une oeuvre, souvent obscure, en raison d'une écriture très élaborée, de l'utilisation de l'image, de l'ellipse, d'une syntaxe inhabituelle. Le style ici, c''est bien l'écart par rapport à la norme, qui désoriente le lecteur…

 

B.Tackels convoque tout un contexte : l'l'Histoire de la fin du XIX° sicle et surtout de la premier partie du XX°, sans oublier les anecdotes, les portraits, les villes, les rencontres et les influences intellectuelles.

De même que Benjamin voulait prendre la grande Histoire "à  rebrousse-poils", B. Tackels prend "à rebours" les règles du genre. Les écrits ne sont pas interprétés à travers les événements vécus; non, l'essayiste montre que l'auteur interroge sa propre existence à travers l'oeuvre de cet intellectuel hors normes. 

 

L'écrit explique la vécu..Bien sûr, on imagine que, si l'Histoire avait été moins cruelle, l'oeuvre se serait poursuivie de façon moins pessimiste, mais ce n'est pas sûr…

 

En effet, une vision rétrospective des événements passés montre que la catastrophe a toujours été à venir.

L'avenir de Benjamin, ce n'est pas le progrès, ce n'est pas une conception linéaire et positive du temps historique, c'est toujours cette tempête qui vous pousse vers le futur, alors que vous regardez le passé…ne voulant pas voir la catastrophe qui vient…

 

 

Pour la rédemption de l'Homme, il faudra d'abord sauver le passé, rendre hommage à tous ces hommes, ces anonymes qui ont construit les grands monuments, à ces soldats de la Révolution qui ont montré le chemin de la libération…

 

Une image du passé peut, à tout moment, susciter une action au présent, ouvrir une porte donnant sur un messianisme social et révolutionnaire…

 

B. Tackels nous montre que cette oeuvre est comme le le XX° siècle,un champ de décombres, qu'il s'agit d'une oeuvre fragmentée comme le temps historique éclaté sous les balles et les déflagrations des guerres successives.

Il explique cette oeuvre intempestive, cet auteur insoumis, évitant la charcuterie de 14/18, refusant les avancées criminelles du nazisme et les charcutages du stalinisme.

 

Bruno Tackels montre que l'influence de Benjamin ne se résume pas au champ de la philosophie : le penseur a poussé la réflexion esthétique (avec L'oeuvre d'art…la photo, le ciné…) et la théorie politique : comme Kafka, il annonce la tragédie qui nous attend. Il s'et intéressé aux collections, aux jeux, aux jouets, à la radio, aux randonnées urbaines et aux voyages, aux livres rares… Ce flâneur curieux de tout, ce chiffonnier baudelairien, condamné à la marche, au nomadisme, à l'exil, à la marginalité en raison de sa situation proche de la clochardisationn, est pourtant un intellectuel essentiel. B.Tackels raconte cette vie comme un destin, la lente dérive vers l'inexorable.

 

Pourtant, jusqu'à la fin, il conserve l'humour et la volonté de reprendre sans cesse ses ultimes Thèses sur l'Histoire

Humour juif et ironie ne cessent d'être présentes dans ses textes et sa correspondances; exemple, cet article trouvé dans un journal et rapporté par Benjamin dans une lettre de 1939 :

 

"La société du gaz a cessé toute livraison de gaz aux juifs. L'utilisation du gaz par la population juive entraînait des pertes pour la société, parce que les plus forts consommateurs justement ne réglaient pas leurs factures. Les juifs recouraient de préférence au gaz pour se suicider." 

 

Le leader indépendantiste catalan Carle s Puigdemont arrêté en Italie

 

Quatre ans après la tentative de sécession de la Catalogne, l’un de ses principaux instigateurs, l’eurodéputé indépendantiste et ex-président catalan Carles Puigdemont, a été arrêté en Italie, jeudi 23 septembre. Le leader catalan, âgé de 58 ans, était en exil en Belgique depuis 2017.

« Le président Puigdemont a été arrêté à son arrivée en Sardaigne, où il se rendait en tant qu’eurodéputé », a affirmé son avocat, Gonzalo Boye, sur Twitter, expliquant que son interpellation avait eu lieu sur la base d’un mandat d’arrêt européen datant du 14 octobre 2019.

 

Une information confirmée par Josep Lluis Alay, le chef de cabinet de l’eurodéputé : « A son arrivée à l’aéroport d’Alghero, il a été arrêté par la police aux frontières italienne. Demain [vendredi], le président sera présenté aux juges de la cour d’appel de Sassari, qui est compétente pour décider de sa libération ou de son extradition » vers l’Espagne, a expliqué M. Alay sur Twitter.

 

Le nouveau président de la Généralité de Catalogne, Pere Aragones, un séparatiste, mais de tendance plus modérée que M. Puigdemont, a immédiatement réagi sur Twitter, condamnant « fermement la persécution et cette répression judiciaire »« Assez. L’amnistie est la seule voie. L’autodétermination, la seule solution. A tes côtés, Carles », a-t-il lancé.

 

A Madrid, le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez a exprimé« son respect pour les décisions des autorités et des tribunaux italiens ».« L’arrestation de M. Puigdemont correspond à une procédure judiciaire en cours qui s’applique à tout citoyen de l’Union européenne [UE] devant répondre de ses actes devant les tribunaux », a affirmé dans un communiqué le palais de la Moncloa, siège du gouvernement espagnol, ajoutant que M. Puigdemont devrait « se soumettre à l’action de la justice comme tout autre citoyen ».

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Des appels indépendantistes à manifester vendredi, jour férié en Catalogne, devant le consulat d’Italie à Barcelone, commençaient à circuler sur les réseaux sociaux, alors qu’un ancien président régional, Quim Torra, a qualifié de « catastrophique » une éventuelle extradition de M. Puigdemont vers l’Espagne et appelé les indépendantistes à être « en alerte maximale ». M. Alay, le chef de cabinet de M. Puigdemont, a précisé que celui-ci s’était rendu à Alghero afin de participer à un festival culturel et de s’entretenir avec des élus de l’île italienne.

Immunité parlementaire suspendue

L’arrestation en Italie de M. Puigdemont est survenue une semaine après la reprise des négociations entre le gouvernement central et l’exécutif régional catalan, dont l’objectif est de trouver une issue à la crise politique en Catalogne. Le Parlement européen avait levé l’immunité parlementaire de M. Puigdemont et de deux autres eurodéputés indépendantistes le 9 mars à une large majorité, mesure qui avait été confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’UE. Mais la décision du Parlement européen a fait l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond doit être prononcé « à une date ultérieure ». Selon l’interprétation de l’avocat de M. Puigdemont, la décision du Parlement est donc « suspendue ».

Exilé en Belgique depuis la tentative de sécession manquée d’octobre 2017 afin d’échapper aux poursuites de la justice espagnole, M. Puigdemont n’avait pas bénéficié de la grâce accordée à la fin du mois de juin à neuf indépendantistes incarcérés en Espagne, le gouvernement de M. Sanchez souhaitant toujours qu’il soit jugé en Espagne. M. Puigdemont est poursuivi pour « sédition » et « détournements de fonds publics ». La tentative de sécession de la Catalogne a été l’une des pires crises vécues par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste, en 1975.

 (C) Le Monde et AFP

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Recherché par la justice espagnole, l’ex-président du gouvernement régional de Catalogne bataille, depuis la Belgique, contre son éventuelle extradition

 

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10 septembre 2021 5 10 /09 /septembre /2021 22:33
Débat à Elne avec M. Feltin-Palas : quel intérêt de parler le catalan en France..? ?

INVITACIÓ PER LA RENTRADA DEL SIOCCAT AMB PAUL MOLAC i Michel FELTIN
PALAS

 

-« El Sindicat intercomunal per la promoció de les llengües occitana i catalana (SIOCCAT) té el plaer de convidar-vos a una intervenció del diputat Paul Molac en visió-conferència des de Bretanya a partir de 17H aquest dissabte 11 de setembre.


Paul Molac és a l’origen de la llei a favor de les llengües regional votada a l’abril i, des de llavors intervinguda pel Consell Constitucional.


Michel Feltin Pallas, redactor en cap a l’Express, autor de la info-lletra, d’abonament gratuït, «Au bout des langues» intervindrà, en presencial, a 18H.


Exposarà, abans de contestar al public a tots aquells que se’n preocupen (pares, estudiants, educadors, elegits, càrrecs dels serveis de l’estat) la seva visió sobre la qüestió , tan important, de: Perquè parlar català quan tothom entén el francès?


El debat serà seguit d’un aperitiu.
La conferència tindrà lloc el dissabte 11 de setembre a 17H a l’Espai Gavroche, Baluard Voltaire a Elna.
Entrada amb presentació del QR codi sanitari ».
El president, Pere Manzanares

 

- - - 

Pourquoi le catalan se porte-t-il mieux en Espagne qu'en France?

 

Alors qu'il s'agit de la même langue, son avenir semble mieux assuré au sud des Pyrénées qu'au nord. Un écart qui ne doit rien au hasard.

 

En France, on croit parfois que le déclin des langues régionales s'expliquerait par une sorte de fatalité. Adaptés à un pays rural, le picard, le breton, l'alsacien et les autres auraient simplement été vaincus par la modernité. Autrement dit, on n'y peut rien. Ce raisonnement a le mérite d'être séduisant. Il n'a qu'un léger défaut : il est entièrement faux.

 

 

Pour s'en convaincre, il suffit d'observer ce qu'il se passe lorsqu'une langue de France est également pratiquée dans un autre pays. Pour cela, prenons, pas tout à fait au hasard, l'exemple du catalan. En commençant par observer les réponses à ces trois questions (1) :

· "Comprend le catalan" : 94% en Espagne, 61% en France.

· "Sait parler catalan" : 80 % en Espagne, 35% en France.

· "L'utilise dans la vie quotidienne" : 36% en Espagne, 8% en France.

Dès lors, de deux choses l'une. Soit le catalan serait adapté à la modernité côté espagnol, mais pas côté français, et j'attends avec gourmandise que l'on m'en donne la raison. Soit cette situation est la conséquence de deux politiques linguistiques différentes. Je ne ferai tomber personne de l'armoire en indiquant que cette seconde explication est la plus convaincante.

Depuis la chute de Franco, le catalan bénéficie en effet dans la région de Barcelone de mesures très favorables. Les administrations utilisent en priorité la langue régionale, tout comme les télévisions et les radios publiques. Mais la disposition la plus décisive concerne l'enseignement. "Les matières fondamentales sont partout enseignées en catalan à l'école primaire, à l'exception naturellement des nombreuses heures dévolues au castillan. La règle est globalement la même dans le secondaire. Quant au supérieur, l'enseignant choisit la langue dans laquelle il est le plus à l'aise", précise l'anthropologue Dominique Blanc. L'objectif est clair : à la fin de sa scolarité, tout élève doit maîtriser le catalan ET l'espagnol. Et c'est ce que l'on observe dans l'immense majorité des cas.

 

LIRE AUSSI >> Crise en Catalogne: "Sans la langue, il n'y a pas de revendication catalane"

 

Reste maintenant à comprendre pourquoi ce qui est réalisé en Espagne semble impossible en France. Plusieurs facteurs se conjuguent.

 

· Une scolarisation plus tardive en Espagne. La généralisation du français a commencé dès le XIXe siècle, alors que celle du castillan est intervenue beaucoup plus tardivement. Lors du retour de la démocratie, le catalan partait donc de moins loin au sud des Pyrénées.

 

· Des connotations positives en Espagne, négatives en France.C'est Franco qui a imposé le castillan (la langue de la région de Madrid) à l'école. Résultat ? Le catalan (comme le basque ou le galicien dans d'autres régions de la Péninsule) symbolise la résistance à la dictature. Rien de tel en France où, à partir de la Révolution, le français a été présenté comme "la langue de la liberté" alors que les langues régionales ont été associées à l'Ancien Régime.

 

· Le rôle de la bourgeoisie. En France, les "élites" ont été les premières à passer au français - un moyen pour elles d'accéder aux meilleures places et de se distinguer du peuple. Rien de tel à Barcelone où, au contraire, la bourgeoisie locale, fière de sa culture, a toujours pratiqué et défendu le catalan.

 

· Un sentiment national plus intense en France. Au cours de l'Histoire, la France a souvent été en conflit avec d'autres puissances européennes, ce qui a eu pour effet de forger un sentiment d'unité nationale. L'Espagne, elle, a connu davantage de guerres civiles. Le sentiment national y est moins puissant qu'en France.

 

· Un Etat plus centralisé en France. Si un Andalou diffère d'un Aragonais et d'un Galicien, la diversité culturelle est plus marquée encore en France quand on compare un Alsacien, un Corse, un Breton et un Aveyronnais - sans même évoquer le cas particulier de l'outre-mer. C'est pour faire tenir ensemble des populations que rien ne prédisposait à partager un destin commun que la France s'est dotée au fil des siècles d'un Etat très centralisé. Et pour la même raison que ledit Etat a cherché à substituer le français aux langues régionales. Le phénomène est beaucoup moins marqué en Espagne.

L'exemple du catalan est d'autant plus intéressant qu'au sud des Pyrénées, la défense de la langue alimente en partie le sentiment séparatiste - je suis sûr que vous pensiez à m'opposer cet argument depuis le début de cet article. Ces événements, cela se comprend, suscitent en France des réticences vis-à-vis des langues régionales de la part de ceux qui sont légitimement attachés à l'indivisibilité de la République.

 

Et pourtant, unité nationale et respect des langues minoritaires ne sont en rien incompatibles. J'en veux pour preuve qu'il existe dans le monde environ 6000 langues pour 200 Etats : le multilinguisme est donc la norme, non l'exception. A Barcelone, il a d'ailleurs fallu l'annulation, en 2010, du statut d'autonomie adopté en 2006 pour voir le vote indépendantiste décoller véritablement. Paradoxalement, c'est le raidissement décidé par Madrid qui a dopé la tentation sécessionniste. Une partie de l'opinion a alors basculé, sur le mode : "Puisque l'autonomie est impossible, alors je choisis l'indépendance." On observe la situation inverse en Suisse, qui reconnaît quatre langues officielles et qui, à moins que quelque chose ne m'ait échappé, ne connaît pas de menace séparatiste.

 

Il est donc deux voies pour faire vivre ensemble des populations différentes. L'uniformisation autoritaire, d'une part ; le respect de la diversité et des droits culturels des minorités, d'autre part. Seule la seconde est compatible avec l'ambition de la France d'être le pays des droits de l'Homme.

 

(1) Etude de 2015 sur les usages linguistiques du catalan en "Catalogne Nord" menée par la Generalitat de Catalunya, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et l'Institut franco-catalan transfrontalier (IFCT) de l'Université de Perpignan. Les chiffres concernant la "Catalogne Sud" proviennent de la plataforma per la llengua 2018 et de Quim Nadal, ancien rapporteur de la loi de politique linguistique en Catalogne.

 

 

Michel Feltin-Palas

 

mfeltin-palas@lexpress.fr

 

 

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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 08:30
Cercas, le romancier qui dénonce l'indépendantisme catalan - TERRA ALTA, polar, Cercas : pour une littérature populaire

 

Le romancier Javier Cercas embrase la Catalogne

par

Sandrine Morel

Madrid, correspondante

« Un pays, un livre » (13/24). Dans « Independencia », l’écrivain à succès, installé dans la région, s’en prend à la tentative de sécession qui a divisé la Catalogne en 2017, sur fond de corruption morale des élites politiques et économiques. Un roman diversement apprécié.

Publié le 16 août 2021 à 00h01 - 

FRED PEAULT

Après son roman policier Terra Alta (Actes Sud, 320 pages, 22,50 euros), l’écrivain Javier Cercas a sorti en Espagne, en mars, le deuxième épisode des aventures de l’inspecteur catalan Melchor Marin. Dans Independencia (« indépendance », éd. Tusquets), dont l’action se déroule aux alentours de 2025, le policier, ancien délinquant et fils d’une prostituée, est cette fois chargé de résoudre un cas de chantage contre la nouvelle maire de Barcelone, une populiste au discours xénophobe, victime de « sextorsion ». Pour les besoins de son enquête, il plonge dans un univers sordide, où les rejetons de la haute bourgeoisie catalane vivent au-dessus des lois, enveloppés dans un halo d’impunité, mêlant affaires et politique, et commettant les pires crimes.

Derrière une intrigue policière bien menée, Javier Cercas dessine un tableau désabusé de la corruption morale des élites politiques et économiques. Cela pourrait se passer n’importe où, mais le choix du titre, un brin provocateur, ne laisse pas de doute sur la volonté de l’auteur de mettre à nu « le terreau sur lequel a poussé le processus indépendantiste », reconnaît-il au Monde. Le « carburant » de ce roman comme du précédent est le « climat prébelliqueux » de l’automne 2017 en Catalogne, marqué par une tentative de sécession qui a divisé la société et bouleversé la vie de cet auteur de 59 ans, catalan d’adoption depuis ses 4 ans. Si trois pages à peine sont consacrées à cet épisode, elles sont suffisantes pour démythifier la liturgie nationaliste. En 2025, plus personne ne parle d’un indépendantisme, qu’un personnage décrit comme une vaste manipulation des « masses » catalanes, montée par les élites pour« faire pression sur Madrid », durant la crise économique.

« Tentative d’intimidation »

Le roman ne pouvait que provoquer la controverse en Catalogne. Cercas s’y attendait, lui qui définit, souvent et publiquement, ce mouvement comme « une manifestation de national-populisme réactionnaire et insolidaire ». Cependant, il ne s’attendait pas au« montage » dont il a été victime. Alors qu’il était invité sur la chaîne publique catalane TV3, très favorable à l’indépendance, un compte Twitter anonyme a publié un fragment d’une intervention de 2019 sorti de son contexte pour l’accuser d’être favorable à une intervention militaire en Catalogne. Le compte a rapidement disparu, le temps que la vidéo soit reprise par plusieurs personnalités, dont l’avocat de l’ancien président du gouvernement catalan Carles Puigdemont.

 

Pris à partie par des élus séparatistes, comparé aux criminels de guerre serbes par des journalistes indépendantistes et traité de« fasciste » par une foule de haters, il a été victime de ce que le quotidien El Pais a qualifié dans un éditorial de « tentative d’intimidation ». Javier Cercas, lui, a réagi en assurant qu’il ne pensait « ni partir de Catalogne ni se taire ». Le troisième tome des aventures de Melchor Marín est déjà écrit. La date de sortie en France d’Independencia, qui, avec 75 000 exemplaires vendus, en est à sa cinquième réédition, n’a pas encore été dévoilée.

Retrouvez tous les épisodes de la série « Un pays, un livre » ici.

Sandrine Morel(Madrid, correspondante)

TERRA ALTA

 

Javier Cercas : pour une littérature populaire

 

Réécouter Javier Cercas : pour une littérature populaire

ÉCOUTER (28 MIN)

 

À retrouver dans l'émission

LA GRANDE TABLE D'ÉTÉ par Olivia Gesbert

 

Dans son dernier ouvrage "Terra Alta" (Actes Sud), l'écrivain espagnol Javier Cercas retourne à la fiction. Ce polar nous transporte dans la Catalogne d'après les attentats d'août 2017, dans un pays qui porte encore les traces de la guerre d'Espagne, pour élucider un double meurtre glaçant.

 

Les grands écrivains, Cervantès, Shakespeare, les grands poètes, Hugo, Byron, étaient tous populaires. Byron était aussi populaire que McCartney. La meilleure possibilité, c’est que la littérature redevienne ce qu’elle a été: populaire, importante pour tout le monde. C’est pour cela que j’aime l’humilité du genre du polar. (Javier Cercas)

Ecrivain, journaliste, et professeur de littérature espagnole, Javier Cercas a rencontré le succès avec son troisième livre, Les Soldats de Salamine, (Actes Sud, 2002) qui retrace avec précision le parcours de rescapés de la guerre civile espagnole. En 2009, son cinquième livre Anatomie d'un instant (Actes Sud, 2010), revient sur le coup d’état du 23 février 1981, qui marque la naissance de la démocratie espagnole, chroniqué minutieusement.

Borges disait que tous les romans sont des polars, et tous mes romans précédents étaient des polars, avec une énigme et quelqu’un qui essaye de la déchiffrer. (Javier Cercas)

 

Dans Terra Alta (Actes Sud, 2021), et après plusieurs livres flirtant avec le documentaire, Cercas s'en retourne à la fiction et interroge encore une fois l'identité espagnole, en particulier catalane, au lendemain des attentats islamistes de 2017 et du référendum indépendantiste de la même année. Le héros de ce roman, et de la trilogie à laquelle il appartient, le policier Melchor Marin, est un lecteur invétéré des Misérables, de Victor Hugo, et n'a d'yeux que pour le policier, Javert, qui pour lui incarne la vertu secrète et vraie. 

Je ne pense pas qu’il y ait de genres majeurs ou mineures, seulement une manière bonne ou mauvaise de les utiliser. Et au final, il y a de la bonne et de la mauvaise littérature. Cette superstition de notre époque qui dit que la bonne littérature est la littérature secrète, des catacombes, est fausse. (Javier Cercas)

L'écrivain ne doit pas juger, il doit comprendre. En ce sens, je suis absolument flaubertien. (Javier Cercas)

Javier Cercas est aussi l'un des cinq commissaires de l'exposition Henri Cartier-Bresson. Le Grand Jeu, à la BNF du 19 mai au 22 août. Le maître du polar nous offre son regard sur l'héritage du père de la photographie moderne, louant l'imminence de la révélation qui n'arrive pourtant jamais dans ses photographies.

 

On m’a proposé d’être commissaire de cette exposition par hasard: cela a été pour moi une énorme découverte. Je connaissais, bien sûr, Cartier-Bresson, mais j’ai découvert énormément de parallèle avec ce que je fais: il raconte la réalité et en même temps fait de l’art. C’est en théorie contradictoire, mais c’est aussi ce que je souhaite faire dans mes livres. (Javier Cercas)

 

- - -« Terra Alta » : Javier Cercas en auteur de polars

Histoire d’un livre. Avec ce premier d’une série de romans policiers, l’écrivain délaisserait-il son sujet, l’histoire tragique de l’Espagne au XXe siècle ? Bien au contraire.

Par Ariane Singer(Collaboratrice du « Monde des livres ») 

Publié le 22 mai 2021 à 08h00 

 

Dans la région de Terra Alta, province de Tarragone, en Catalogne. ALAMY STOCK PHOTO

« Terra Alta », de Javier Cercas, traduit de l’espagnol par Aleksandar Grujicic et Karine Louesdon, Actes Sud, 308 p., 22,50 €, numérique 17 €.

Voilà un registre où les lecteurs de Javier Cercas ne l’attendaient pas : le roman policier. Mais vingt ans après la parution des Soldats de Salamine(Actes Sud, comme tous ses livres, 2002), somptueux roman-enquête sur la guerre civile espagnole que sont venus compléter Anatomie d’un instant(2009), L’Imposteur (2014) et Le Monarque des ombres (2017), tous consacrés à l’histoire tragique de l’Espagne du XXe siècle, c’est pourtant bien ce genre qu’aborde l’écrivain, avec Terra Alta, premier volume d’une série qui devrait en comprendre « quatre ou cinq », tous centrés sur le personnage de l’agent Melchor Marin. « Après Le Monarque des ombres, le premier livre – très difficile – que j’aie jamais voulu écrire, car il parlait du passé franquiste d’une partie de ma famille, j’ai eu la certitude que j’avais clos le cycle narratif de l’autofiction. Si je le poursuivais, je courais le risque de me répéter ou de m’imiter. J’ai senti l’urgence de me réinventer », explique l’écrivain au « Monde des livres », de Barcelone, alors que le deuxième épisode, Independencia,vient de paraître dans son pays. Ce changement lui a réussi : le livre a obtenu, en 2019, le prix Planeta, la plus prestigieuse – et la plus dotée – des récompenses littéraires en Espagne.

« Une vraie terre de western »

Melchor Marin est un enquêteur, originaire de la banlieue de Barcelone ; ancien délinquant, entré dans les forces de l’ordre, la police autonome de Catalogne, au terme d’un séjour en prison, il s’est installé dans la région isolée de Terra Alta, au sud de la Généralité, après avoir abattu quatre terroristes lors des attentats islamistes de Barcelone et de Cambrils en août 2017. Javier Cercas a eu l’idée de ce personnage après avoir participé à une rencontre autour du Monarque des ombres dans un petit village de Terra Alta ; là même où le grand-oncle phalangiste qu’il y décrit est mort en 1938, des suites de ses blessures lors de la bataille de l’Ebre.

 

Ebloui par cette région désertique, isolée et pauvre, « une vraie terre de western », le romancier se rend compte, le lendemain, que sa voiture a fait l’objet d’une tentative de vol. Un événement bizarre dans un endroit où, selon ses interlocuteurs, « il ne se passe jamais rien ». Ayant déposé plainte au commissariat local, Cercas discute avec un des hommes de la police scientifique, lequel lui explique s’être établi sur place après avoir rencontré sa femme. Il lui parle de Terra Alta : seul le silence l’avait perturbé à son arrivée, l’empêchant de trouver le sommeil. Cela inspire Cercas. « Je me suis demandé ce qui se passerait si un type, tellement citadin qu’il n’arrive pas à dormir, trouvait dans Terra Alta, où il est arrivé totalement par hasard, sa vraie “patrie”, au sens sentimental où l’entend Sancho Panza à la fin de Don Quichotte. » Il fait naître son protagoniste, entre joie et douleur, d’une prostituée qui finira assassinée. Habitué jusqu’ici au « je » narratif, Cercas s’étonne lui-même en adoptant la troisième personne. C’est sur un ton froid qu’il croque ce jeune homme dur et taiseux, empli de souffrances et de fureur.

Lire aussi ce portrait littéraire (2018) : Ombres et lumières de Javier Cercas

Le romancier s’était lancé dans une fiction pure, rompant avec ses précédents écrits, quand l’« automne catalan » de 2017 le surprend dans son travail. Stupéfait par le coup de force indépendantiste qui aboutit à la tenue du référendum d’autodétermination, jugé illégal par le Tribunal constitutionnel, il pose son stylo pendant trois mois, le temps d’expliquer aux médias internationaux ce que traverse son pays. Le choc qu’il éprouve lors des troubles catalans et « l’atmosphère d’avant-guerre » qu’il perçoit alors s’invitent avec fracas dans le roman. Evoquant la situation politique en toile de fond, celui-ci approfondit deux thématiques, inédites dans l’œuvre de Cercas : la justice et la vengeance, lesquelles animeront Melchor d’un bout à l’autre du livre. La forme « roman policier » surgit alors.

 

Méthodes d’enquête et parler policier

Pour expliquer la conversion de Melchor de bandit en justicier, comme pour souligner ses ambiguïtés, Cercas convoque Les Misérables, de Victor Hugo (1862), que son héros a découvert en prison, s’identifiant tour à tour à Jean Valjean et à Javert. « C’est un livre théâtral et excessif, comme le dit la femme de Melchor. Ce n’est pas le meilleur roman qui soit, mais on ne peut pas s’empêcher de continuer à le lire » , signale l’auteur.

Encore fallait-il que la forme polar soit crédible. N’étant pas un grand lecteur du genre, même s’il apprécie beaucoup les livres de Don Winslow, le romancier est allé dans plusieurs commissariats, notamment en Terra Alta, se former aux méthodes d’enquête, mais aussi s’imprégner du parler policier. Dans ce « territoire inconnu », il confie avoir dû batailler plus que d’ordinaire, notamment dans l’effort de construction que lui a demandé l’histoire, avec des allers-retours entre présent et passé auxquels il n’était pas habitué. Pour autant, il estime ne pas s’être démarqué de sa façon de travailler, partageant avec Jorge Luis Borges l’idée, développée dans son essaiLe Point aveugle (2016), que tout roman est forcément policier. C’est le cas de chacun de ses livres, fait-il remarquer, lesquels posent une énigme et la déchiffrent.

« J’ai adoré le côté humble et populaire du roman policier », confie-t-il. Tant et si bien qu’arrivé au point final de Terra Alta, et ayant eu la certitude de n’avoir pas tout dit, il a eu envie de poursuivre. Il vient d’achever le troisième volet de ce nouveau cycle, qu’il conçoit comme un seul et très long roman. Aussi ample et addictif que Les Misérables ?

Critique

 

Terra Alta, calme trompeur

Dans la région tranquille de Terra Alta, province de Tarragone, dans le sud de la Catalogne, un crime épouvantable a eu lieu. Le fondateur et propriétaire des Cartonneries Adell et sa femme, deux nonagénaires, ont été torturés et assassinés dans leur maison et leurs cadavres retrouvés aux côtés du corps de leur domestique roumaine. Qui pouvait en vouloir autant à ces notables et premiers employeurs de la région, de fervents catholiques ralliés à l’Opus Dei ? Le policier Melchor Marin est chargé de l’enquête.

Javier Cercas fait ici une entrée réussie dans le genre du polar grâce au portrait sensible et contrasté qu’il dresse de ce jeune homme blessé, un ancien détenu trouvant sa raison d’être dans le fait de rendre justice aux opprimés. Quitte à se placer lui-même dans l’illégalité.

Très habile à décrire les jalousies et les rivalités à l’œuvre dans une contrée reculée où tout le monde se connaît, le romancier renoue surtout ici, au moment où on l’attend le moins, avec les thèmes qui l’obsèdent : les stigmates de la guerre civile espagnole (1936-1939) et la façon dont le passé du pays nourrit toujours le présent, à l’insu même des jeunes générations. Le dénouement, surprenant, dans une ultime pirouette, confirme le talent de Cercas à faire resurgir les fantômes des tragédies trop vite étouffées.

Lire un extrait sur le site des éditions Actes Sud.

Ariane Singer(Collaboratrice du « Monde des livres »)

 

Terra Alta

 

 

Sur des terres catalanes qui portent encore les stigmates de la bataille de l’Èbre, Terra Alta est secouée par un affreux fait divers : on a retrouvé, sans vie et déchiquetés, les corps des époux Adell, riches nonagénaires qui emploient la plupart des habitants du coin. La petite commune abrite sans le savoir un policier qui s’est montré héroïque lors des attentats islamistes de Barcelone et Cambrils, et c’est lui, Melchor, qui va diriger l’enquête. Laquelle promet d’être ardue, sans traces d’effraction, sans indices probants. Or l’énigme première – qui est l’assassin ? – va se doubler d’une question plus profonde : qui est le policier ?
Car avant d’être un mari et père comblé, coulant des jours heureux dans cette paisible bourgade, le policier converti en justicier obsessionnel fut un ancien repris de justice, élevé par une prostituée dans les bas-fonds de Barcelone. Alors qu’il se pensait perdu par la rage et par la haine du monde, la lecture fortuite des Misérables de Victor Hugo est venue exorciser ses démons et bouleverser son destin. Il aurait pu être Jean Valjean… s’il ne s’était changé en Javert.
À Terra Alta, plus qu’ailleurs, bien des secrets plongent leurs racines dans la guerre. Et, pour résoudre l’affaire qui lui est confiée, Melchor doit avoir conscience que l’amour de la justice absolue peut s’avérer la plus absolue des injustices. Il va lui être donné de partager le dilemme de Jean Valjean : “Rester dans le paradis et y devenir démon ! Rentrer dans l’enfer et y devenir ange !”

[Actes Sud] Littérature

Lettres hispaniques

Mai, 2021
14.50 x 24.00 cm
320 pages

Aleksandar GRUJICIC

Karine LOUESDON

 

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 11:14
Le maillot de l'équipe catalane aux allures de drapeau indépendantiste

Le maillot de l'équipe catalane aux allures de drapeau indépendantiste

Rugby : que signifie l'euphorie avec l'Usap ? Récupération, catalanité et séparatisme...

 

Bien sûr, après de longs mois de confinement et d'isolement, cette rencontre sportive signifie le retour à la vraie vie, à la fête, à la communion entre amis ou compatriotes. Une équipe a toujours joué le rôle de l'unité retrouvée, même si cette catharsis collective est souvent éphémère...

 

La finale de l'Usap c'était l'occasion de faire la fête même si on n'est pas un fan de ce sport, de crier, d'applaudir, de boire avec des potes jusqu'au presque bout de la nuit : dans les villages, le public, jeune, est resté sur les terrasses où l'on servait bières et spectacle sur grand écran... L'Usap, c'est l'oubli des contraintes, la révolte gentille et le coup de sifflet qui annonce un été comme avant : sea, sex, sun, insouciance...

 

C'est aussi un réflexe à la pavlov, cet élan vers le stade et ses suites alcoolisées... entraînant des propos qui mêlent nationalisme, populisme, séparatisme, voire racisme : je rencontre à Laroque un spectateur éméché qui m'accoste en catalan: il voit que je comprends le catalan, mais mes réponses en français lui font saisir que je n'apprécie pas trop ces débordements linguistiques et rugbystiques : il s'éloigne alors en refusant de me parler plus...

 

Cet événement sportif est l'occasion encore de montrer sa colère face aux décision du conceil constitutionnel campant sur l'article 2 de la constitution : le français est la seule langue officille de la France...

C'est aussi le seul moment de réaction face à l'actualité, les citoyens demeurant amorphes face à la montée des idées extrêmes, de la victoire du RN à Perpignan, de la pauvreté et du chômage, malaise général menant à l'abstention, qui sera manifeste pour les élections de fin juin...

 

Ce fut enfin l'occasion, cette finale pour accéder à l'élite, pour les médias de redorer leur blason et d'imprimer un quotidien qui ne peut se résoudre à diffuser en-deçà des quarante mille exemplaires, pour un département de 450 mille... son titre jovial criant "au top du top"...

 

La récupération fut donc générale, la mairie payant au prix fort - avec subvention, encarts, écrans géants en ville, distribution de produits dérivés !- le département allant au-delà de "l'accent catalan de la République française" pour lancer "Bravo   l'Usap, vous êtes la fierté du peuple catalan!"...

 

Et la Région, fort dispendieuse en ces temps de campagne électorale, "Fière de ses clubs", enrôle l'équipe catalane dans l'Occitanie : "L'Occitanie est  résolument une terre de rugby!"

 

Carole Delga a d'ailleurs les honneurs de L'Indépendant (entretien, nombreux encarts et articles), à l'opposé des autres candidats, journal qui mise sur la continuité et s'ouvre à l'espace occitan avec la page dominicale sur l'Aude qui n'intéresse personne, ic, en pays catalan... ("dimanche découverte" ce 6 juin, par T. Grillet qui passe son temps à dénicher l'insolite  insignifiance...

 

JPB

 

Copié/collé - communiqués et vols médiatiques...

 

* La mairie d'Argelès opte pour la catalanité :

 

Ce jeudi 27 mai, Argelès-sur-Mer a officialisé son engagement pour la catalanité, en réceptionnant son exemplaire du “Livre blanc de Catalogne Nord”. Cet ouvrage contient 55 propositions concrètes visant à améliorer la présence de la langue catalane dans l’espace public, grâce à son enseignement, notamment auprès des enfants des écoles primaires. Il concerne aussi le territoire, au travers de son inclusion dans l’espace européen catalan. La remise du livre a été effectuée par Ramon Faura, coordinateur du projet, à Antoine Parra, maire d’Argelès-sur-Mer et à Didier Lafont, conseiller municipal délégué au Patrimoine, aux Relations transfrontalières et à la Culture. Brigitte de Capèle, adjointe à la Culture et Philippe Rius, également élu à la Culture, étaient présents. Antoine Parra a souligné que la catalanité est « un atout global, qui compose une identité ouverte au monde ». Il a évoqué l’avenir : « nous devons régénérer les racines qui font ce que nous sommes, pour nous sentir encore plus à l’aise dans la vie ». Le Livre blanc de Catalogne Nord est une initiative de l’association Angelets de la Terra, épaulée par l’Université de Perpignan.

Rédigé par 20 personnes (acteurs économiques, enseignants, psychologues, écrivains et journalistes), il engage la commune d’Argelès-sur-Mer à promouvoir le retour des noms catalans sur les panneaux dans le centre du village, à développer une filière bilingue de la maternelle au lycée, à aider les associations culturelles ou patrimoniales et à consolider les fêtes qui rythment le calendrier catalan.

 

-Communiqué d'A. Parra et de R. Faura

 

- - -l'Usap joue avec le séparatisme:

 

Quand le club de rugby de Perpignan surfe sur l'indépendantisme catalan pour vendre des maillots

Joue-là comme Puigdemont

Par Anthony Cortes

Publié le 16/01/2019 à 17:00 © Marianne

 

Club historique de l'élite du rugby, l'USAP, le club de Perpignan (Pyrénées-Orientales), vient de commercialiser un maillot évidemment inspiré du drapeau indépendantiste catalan. Une promotion du séparatisme à laquelle sont associées la ville et la région Occitanie, présentes sur la tenue...

C'est un coup marketing de maître. A l'occasion du "boxing day", journée de championnat qui s'est déroulée le 29 décembre, le club de rugby de Perpignan qui évolue dans l'élite (Top 14), l'USAP, a voulu se refaire une beauté. Au placard, ses tenues habituelles : bleu ciel à domicile et rouge mâtiné de jaune à l'extérieur. Sur les épaules des joueurs pour affronter le leader clermontois ce jour-là, apparaît un maillot "collector" inédit. Cette tunique arbore des bandes verticales rouges et jaunes, surmontées d'un triangle bleu nuit. N'importe quel Catalan y aura reconnu... une référence à l'estelada (l'étoilé), le fameux drapeau indépendantiste catalan. 

Il ne manquait plus qu'une étoile pour que tout un chacun soit définitivement convaincu du parallèle. Eh bien celle-ci est arrivée sur les maillots proposés à la vente aux supporters du club, au prix de 75 euros. Faisant donc du séparatisme un argument de vente. Proposés en boutique et sur le site Internet du club dans la foulée du match, plus de 1.000 exemplaires se sont arrachés en seulement deux semaines. Un carton ! En conséquence, une centaine de maillots viennent d'être remis à la vente pour satisfaire au moins une partie de la demande.

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 08:27
Espadrille de Payote, à Perpignan : accord avec l'Occitanie - Livre blanc des Angelets de la Terra (Ramon Faura) -
Espadrille de Payote, à Perpignan : accord avec l'Occitanie - Livre blanc des Angelets de la Terra (Ramon Faura) -

PAYOTE, le spécialiste de l'espadrille made in France, lance une opération de crowdfunding en collaboration avec la région Occitanie

Sur les six millions de paires d'espadrilles vendues en France chaque année, seules trois millions de paires sont fabriquées en Europe. Payote, jeune marque d'espadrilles née en 2016 à Perpignan s'est donnée comme mission de relocaliser la fabrication d'un produit qui constitue un savoir-faire français, avec un souffle de modernité sur le design et une approche éco-responsable. Afin de soutenir sa croissance mais aussi l'économie régionale, Payote a décidé de lancer une opération de crowdfunding en collaboration avec Wiseed, une plateforme d'investissement participatif en partenariat avec la région Occitanie. 

Un financement participatif en soutien à l'économie régionale

D'abord vendues sur son site de e-commerce, les espadrilles Payote sont désormais commercialisées dans une première boutique ouverte à Perpignan fin 2020. Avec un triplement du chiffre d'affaires en 2020, la marque souhaite lever des fonds pour développer son outil de production et ses réseaux de distribution, avec dans un premier temps le projet d'une deuxième boutique à Toulouse.

Pour financer ce projet, Payote s'est associé à Wiseed. Cette plateforme d'investissement participatif offre aux particuliers l'opportunité de contribuer à des projets régionaux innovants. 

L'objectif pour juin 2021 : récolter 120 000€. Cela financera l'aménagement de la boutique ainsi que l'achat d'un petit Espa-van qui parcourra toute la France pour suivre les festivals et autres événements festifs. 

  • Pourquoi soutenir Payote ?

Les personnes intéressées par le projet et qui souhaitent soutenir une aventure 100% française peuvent investir à partir de seulement 100€ dans un projet concret, qui a du sens et qui valorise le savoir-faire français. Elles gagnent de l'argent à hauteur de 5% du montant investi à travers des obligations.

  • Comment ça marche ? 

Il s'agit d'un investissement sous forme d'obligations : les donateurs sont remboursés du montant investi en 3 ans. Chaque année, Payote rembourse un tiers de la somme investie et ils emportent 5% de rendement. Pour Payote, c'est une belle opportunité de faire participer les français au projet et de les impliquer dans son développement.

Et c'est aussi une façon innovante d'investir son épargne dans des projets locaux qui soutiennent l'économie régionale. 

À ce jour, Payote compte 95 contributeurs pour un total de 52 800 € récoltés, soit 43% de l'objectif. 

Ici la page du projet Wiseed : https://www.wiseed.com/fr/projet/41113913-payote

A propos de Payote :

Payote, une histoire de valeurs et d'ambition.

 

Olivier Gelly, après une expérience de 10 ans dans le monde du prêt à porter, décide de créer sa propre entreprise de confection et de vente. Il se lance alors dans le projet ambitieux de redorer le blason de l'espadrille française. La marque Payote naît en 2016 et séduit dès la mise sur le marché de ses premières paires. Élégantes, confortables et personnalisables, les espadrilles Payote se vendent à plus de 20 000 exemplaires au cours de l'année 2016. Les espadrilles Payote, ce sont aussi des chaussures qui portent très haut les couleurs de l'artisanat et du savoir-faire français : un produit de qualité, vendu à un prix abordable et réalisé en collaboration avec des industries françaises. Les chaussures Payote sont ainsi fabriquées dans les ateliers Megam situés à Mauléon, eux-mêmes héritiers de trois générations de fabricants d'espadrilles françaises. Un cahier des charges de 11 étapes régit l'ensemble de leur procédé de fabrication. De la vulcanisation de la semelle en passant par le découpage de la toile et la couture de l'étiquette, chaque étape est réalisée dans ces ateliers.

CONTACT PRESSE - Agence FLAG

Yantl Deroussen  - 06 78 79 41 16 - yantl@agenceflag.com

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  Le livre blanc de "Catalogne du Nord"

 

Après avoir collaboré avec de nombreuses communes, en solidarité avec la Catalogne Sud, les Angelets de la Terra ont décidé de recentrer leur action sur les problématiques de la Catalogne Nord. Ils ont donc proposé aux maires d'entamer une réflexion collective au travers du « Label Culturel » en 2020, puis du « Livre Blanc de Catalogne Nord » en 2021.

 

En 2020, 23 listes aux municipales ont porté le « Label Cultural » des Angelets de la Terra dont elles ont signé la charte et 14 d'entre elles ont gagné ces élections. Aujourd'hui, le « Livre Blanc de Catalogne Nord » reprend et développe les trois axes de la charte de ce « Label Cultural »: la normalisation de la présence du catalan dans l'espace public; l'enseignement en catalan; l'organisation de fêtes populaires et traditionnelles; les liens avec le reste des Pays Catalans; etc...

 

Le « Livre Blanc de Catalogne Nord » a été élaboré par les Angelets de la Terra avec l'aide de professeurs de l'Université de Perpignan, spécialisés dans la toponymie, l'histoire et l'enseignement du catalan, mais aussi plusieurs acteurs de la vie culturelle, associative et économique de notre département (voir la liste ci-dessous).

Le « Livre Blanc de Catalogne Nord » développe 55 propositions concrètes pour la catalanité qui ont été soumises à toutes les municipalités nord-catalanes.

55 municipalités participent au « Livre Blanc de Catalogne Nord » en y présentant leurs actions et les projets en lien avec la catalanité.

De nombreuses autres communes souhaitent aussi participer à ce projet. C'est pourquoi une deuxième édition est déjà prévue, afin de donner une place à toutes les communes de Catalogne Nord et de dresser un premier bilan.

Les Angelets de la Terra présenteront le « Livre Blanc de la Catalogne Nord » dans toutes les municipalités qui en émettront le souhait, participantes ou pas de cette première édition. Un exemplaire sera offert à chaque élu de la majorité et de l'opposition.

L'association culturelle, autogérée et indépendante des Angelets de la Terra était à l'origine un groupe de supporters de l'USAP et des Dragons Catalans, de 2001 à 2009. Elle coordonne depuis 2010 un collectif autogéré et autofinancé de centaines de musiciens. En 2018, elle a organisé 4 festivals « Concerts per la Llibertat » pour la liberté et la démocratie avec la participation de 40 groupes. En 2019, une cinquantaine de communes ont accueilli leur exposition collective de photojournalisme « Visca per la Llibertat ».

 

 

 

 

> Ici vous pouvez consulter le Livre Blanc :

https://angeletsdelaterra.com/Llibre-Blanc-de-Catalunya-Nord.pdf?fbclid=IwAR0Dx4s6rgvoXShruXBCCKkA4X1aW2aAxdTK-DOnTLZsFgdnpFLDmBdixQY

 

> Les 55 mairies qui participent au livre Blanc :

1 Alenyà

2 Angostrina i Vilanova de les Escaldes

3 Argelers

4 Bolquera

5 Banyuls de la Marenda

6 Cànoes

7 Cervera de la Marenda

8 Clairà

9 Codalet

10 Cotlliure

11 Bages

12 Corbera

13 Corbera de les Cabanes

14 Els Banys i Palaldà

15 Espirà de l'Aglí

16 Estavar

17 Eus

18 El Barcarès

19 El Soler

20 Els Masos

21 Fontpedrosa

22 Font-rabiosa

23 Font-romeu

24 Illa

25 La Menera

26 Matamala

27 Millars

28 Morellàs i les Illes

29 Nefiac

30 Oleta-Èvol

31 Oms

32 Òpol i Perellós

33 Pesillà de la Ribera

34 Portvendres

35 Pontellà i Nils

36 Reiners

37 Rià i Cirac

38 Salelles

39 Sant Andreu de Sureda

40 Sant Cebrià

41 Sant Feliu d'Amunt

42 Sant Feliu d'Avall

43 Sant Genís de Fontanes

44 Sant Hipòlit de la Salanca

45 Sant Joan de Pladecorts

46 Sant Joan la Cella

47 Sureda

48 Talteüll

49 Tarerac

50 Toluges

51 Torrelles de la Salanca

52 Trullars

53 Tuïr

54 Vernet

55 Vilafranca de Conflent

 

> Ont participé à la réalisation du « Livre Blanc de Catalogne Nord »: Berenguera Sunyer (psychologue), Christian Troadec (maire de Carhaix), Coleta Planas (conseillère pédagogique de catalan retraitée et poétesse), Daniela Grau (professeur de catalan retraitée), Geneviève Labat (chef d'entreprise), Gildas Girodeau (écrivain), Jaume Gubianas (dessinateur), Joan Peytaví Deixona (professeur d'université spécialiste en toponymie), Joan Planes (co-fondateur des Angelets de la Terra), Michel Leiberich (professeur d'université retraité), Nicolas Marty (professeur d'université spécialiste d'histoire économique et sociale), Olivier Poisson (président de L'ASPHAR), Pierre Lissot (directeur de l'Office Public de la Langue Catalane), Priscilla Beauclair (graphiste et journaliste au Travailleur Catalan), Ramon Faura-Llavari (chef d'entreprise), Rémy Farré (président de l'Associació Catalana d'Estudiants), Richard Bantegny (caméraman, photographe), Rita Peix (docteure en Etudes catalanes et transfrontalières, formatrice pour l'enseignement bilingue)...

 

Ramon Faura

Président Angelets de la Terra

06.68.89.82.71

https://angeletsdelaterra.com/

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 10:24
Rafael Alberti - Photos à Céret - Tresserre le 28 mai -
Rafael Alberti - Photos à Céret - Tresserre le 28 mai -
Rafael Alberti - Photos à Céret - Tresserre le 28 mai -
Rafael Alberti - Photos à Céret - Tresserre le 28 mai -

Rafael Alberti - Photos à Céret - Tresserre le 28 mai -

ExiliArte : souvenir d'un portfolio dédié à Rafael Alberti

 

Nous présentons l’exposition ExiliArte à Toulouse en souvenir du grand hommage qu’a reçu Rafael Alberti le 8 juin 1966 à Paris. 

Rafael Alberti, un des poètes les plus importants de la dite Génération de 27, était en exil en Amérique Latine depuis près de trente ans quand cet hommage lui a été rendu en France et pour lequel il a reçu en cadeau une collection de dessins réalisés par une centaine d’artistes espagnols. Dans cette exposition 32 oeuvres originales sont montrées, en plus des portfolios dans lesquels elles ont été offertes.

 

Vernissage le jeudi 20 mai à 18h30 en présence de la commissaire Carmen Bustamante et du musicien Pedro Soler.

 

Cet hommage de 1966 a été organisé par l'Association culturelle franco-espagnole dont Jean Cassou était président. L'hispaniste français Marcel Bataillon, le romancier guatémaltèque Miguel Ángel Asturias, le dramaturge espagnol Alfonso Sastre, le poète Vicente García Cervera et les poètes français Jean Marcenac, Max-Pol Fouchet, entre autres, ont participé à l'événement. 

L'écrivain Francisco Olmos a lu la longue liste de près de cent adhésions d'artistes et d'intellectuels : Ana María Matute, Camilo José Cela, Julio Caro Baroja, Ángel Valente, Juana Francés, Pablo Serrano, José Manuel Caballero Bonald, José Agustín Goytisolo, Ángel Gonzalez, Manuel Tuñón de Lara, José Aumente, Aurora Albornoz, Luis Buñuel, Juan Antonio Gaya, Jaime Salinas, José Luis Cano, Alfonso Grosso, Juan Antonio Bardem, Goñi, Salvador Espriu, Ricardo Fernández de la Reguera, Fernando Quiñones, Gabriel Celaya et Antonio Buero Vallejo, entre autres. 

Un message personnel de Dolores Ibarruri dédié à Rafael a été lu, ainsi que des messages d'André Camp, Vicente Aleixandre, Enrique Tierno Galván, Julián Marías, Gerardo Diego, Fernando Chueca et du critique José María Moreno Galván.  

Après les discours et la lecture des témoignages de soutien, il a été présenté un montage musico-poétique inspiré de l'œuvre d'Alberti interprété par Paco Ibáñez et Tachia Quintana. 

- - - Céret :

Dominique Clévenot, Iran fantôme

 

Soit un voyage photographique entre Téhéran et le désert de Dasht-é Lut, dans le sud-est de l’Iran : des espaces architecturaux désaffectés, des objets réduits au silence, des sols désertiques.
Est-ce une réflexion de nature romantique sur le vide, l’absence et les traces ?
Sans doute, mais dans le contexte particulier de l’Iran, on peut aussi y reconnaître, en sourdine, l’évocation des fantômes del ’histoire récente.
Ces fantômes sont ceux des milliers de victimes de la guerre Iran-Irak qui hantent toujours la mémoire iranienne et dont on croise les portraits obsédants à chaque entrée de ville et à chaque coin de rue.


Après une carrière de professeur en Arts plastiques et Sciences de l’art à l’Université de Toulouse Jean Jaurès et des travaux de recherche en histoire de l’art et en esthétique, j’ai entrepris de développer de manière plus suivie une pratique photographique qui était restée longtemps une activité secondaire, plus ou moins épisodique et relativement privée.
Je dois sans doute à mes orientations initiales – la pratique du dessin et de la peinture – de porter une attention particulière à la dimension plastique de la photographie. Mais Je m’intéresse aussi et surtout à la capacité de la photographie de dire plus ou autre chose que ce qu’elle montre et donc à sa capacité d’extraire de la réalité qui nous entoure des images susceptibles d’entrer en résonance avec nos questionnements intérieurs.

Institut R. LLULL - Paris   Newsletter # 114

ARTS DE LA SCÈNE.  SAINT-ETIENNE,  24 juin

 

La chorégraphe Núria Guiu et les compagnies de cirque EIA et Random, protagonistes du Focus Catalan du Festival des 7 Collines de Saint-Étienne

 

Le Festival des 7 Collines, rendez-vous annuel de cirque et danse de la métropole de Saint-Étienne, accueille pour sa 27e édition un focus spécial de créations catalanes avec trois spectacles qui reflètent la fraîcheur actuelle de la scène en Catalogne. Le focus comptera avec la participation des compagnies de cirque EIA et Random et de la danseuse et chorégraphe Núria Guiu. Du 24 juin au 7 juillet à Saint-Étienne et métropole, avec le soutien de l’Institut Ramon Llull.

LITTÉRATURE.  

 

Les universités Montpellier, Perpinyà et Vic rendent hommage à la poète et plasticienne Felícia Fuster

 

En commémoration du centenaire de la naissance de cette artiste à plusieurs facettes dont le parcours est intimement lié à la vie culturelle française, une demi-journée d’études se tiendra en ligne le 6 mai coorganisée par les laboratoires de recherche Cresem, Reso et Getlihc avec des présentations à charge de Irene Muñoz Pairet, Caterina Riba, Sandrine Frayssinhes Ribes, Mireia Vidal-Conte et Lluïsa Julià, commissaire littéraire de l’Année Felícia Fuster. Le programme sera complété par une lecture bilingue du recueil Cordages du vent (Éditions Trabucaire, 2018) à charge des étudiants de catalan des universités Paul Valéry Montpellier III et Perpinyà Via Domitia.

LITTÉRATURE.  EN LIGNE,  27/04/2021

 

Vicenç Pagès participe à la Nuit de la littérature 2021 du FICEP aux côtés d'autres 18 auteur.e.s de plusieurs pays

À l’occasion de la 9e édition de la Nuit de la littérature du Forum des Instituts Culturels Étrangers à Paris, l’Institut Ramon Llull présente avec la comédienne Morgane Lombard une lecture de l’ouvrage Lettre à la reine d’Angleterre (Balzac éditeur, 2020) de Vicenç Pagès Jordà, traduit du catalan par Marie Costa. Au lieu d’une balade littéraire internationale dans un quartier de Paris comme jusqu’en 2019, la Nuit de la littérature propose pour la deuxième année consécutive un voyage littéraire sans sortir de la maison autour des œuvres de 19 auteur.e.s invité.e.s par 17 instituts culturels différents, juste en accédant sur le site Internet du FICEP dès 18h le soir du samedi 29 mai.

CULTURE.  27/04/2021

 

Le patrimoine catalan dans le cinéma et une nouvelle séance du cycle 

 

En partenariat avec l’Institut Ramon Llull et toujours en ligne, le Centre d’études catalanes accueille entre avril et juin jusqu’à huit séances autour de l’histoire et la culture catalanes. En mai, l'agenda comprend une conférence sur la promotion du patrimoine culturel catalan à travers le cinéma et une conférence-concert autour du violoncelliste et compositeurPau Casals

LANGUE.  27/04/2021

 

Les séjours linguistiques d'été de l'Institut Ramon Llull, en ligne

 

L'Institut Ramon Llull organise, en collaboration avec d'autres institutions, des séjours virtuels de formation linguistique et culturelle destinés à améliorer les compétences linguistiques et les connaissances culturelles des étudiants de catalan à l'étranger à travers des cours, des conférences, des visites et des activités complémentaires. En raison de la crise sanitaire actuelle, le format des activités sera uniquement en ligne.

ARTS.  26/04/2021

 

CaboSanRoque nous mène au supermarché avec le festival In Extremis du Théâtre Garonne

 

Le duo barcelonais propose pour le festival In Extremis une expérience très particulière : à la manière classique d’un audiowalk, le public doit suivre un parcours, mais cette fois-ci à l'intérieur d'un supermarché. En écoutant son téléphone portable avec des écouteurs, chacun devra faire face à la coïncidence ou à la contradiction entre ce qu'on voit et ce qu'on entend. Autour du terme « hospitalités », en 2021 le théâtre Garonneinvente un festival littéralement tout terrain, où les situations de rencontre sont les plus improbables. Du 13 au 20 mai, en ligne.

 

 

* Le MUME, musée de l'exil de la Jonquera

 

Conferència d’Espe Pons: Quantes històries hi caben en la història?

L’acte es podrà seguir en directe a través del canal youtube del MUME.

Aforament limitat. Caldrà mantenir les distàncies de seguretat i l’ús de mascaretes.

Inscripció prèvia a: info@museuexili.cat
 

L'exposició Sota la llum del mar es va poder veure en un format més extens a la Fundació Vila Casas (Palau Solterra, Torroella de Montgrí) aquest estiu i tardor de 2020.

La mostra Sota la llum del mar de la fotògrafa catalana Espe Pons (Barcelona, 1973) és un assaig fotogràfic que pretén dignificar totes les víctimes del franquisme de l’Espanya de la Guerra Civil i la postguerra. El projecte es basa en la història del germà petit de l’avi de la fotògrafa, Tomàs Pons Albesa, que va ser afusellat al Camp de la Bota de Barcelona l’any 1941 amb 31 anys.

Per tal de poder resseguir aquesta història, l’autora ha transitat els indrets que el seu familiar va recórrer durant els últims moments de vida i ha recopilat informació de l’època relacionada amb el cas amb l'objectiu de reconstruir una història, fins ara, fragmentada.

Mitjançant aquesta proposta expositiva que combina fotografia contemporània amb testimonis documentals de l’època, Espe Pons construeix un nou relat que evoca un passat que se’ns fa present a través d’un paisatge carregat de llums i ombres.

 

Més informació:

Web d'Espe Pons

Expo Sota la llum del mar a la Fundació Vila Casas

Vídeo Sota la llum del mar (Fundació Vila Casas)

 

Properes activitats temporals del MUME (maig- octubre 2021):

Exposicions

Fins al 27 de juny de 2021
Sota la llum del mar, d'Espe Pons (Espai Art i memòria)

Fins al 26 de setembre de 2021
Exposició Antoni Campañà. L'Endemà de la Retirada: Portbou 1939


Activitats

Dissabte, 21 de maig
Presentació del llibre: L’endemà de la retirada. Antoni Campañà. Portbou, 1939: autoretrat de l'absència

Diumenge, 30 de maig
Jornada de portes obertes i visita guiada gratuïta

Dissabte, 5 de juny 
Xerrada-debat: Aidez les réfugiés! Josep Maria Trias i Peitx i Philippe Gaussot, dos homes d'acció entre catòlics i quàquers, a càrrec de Carme Caballer i Felip Solé

Dissabte, 12 de juny
Taula rodona: La fotografia de guerra és una bomba

Diumenge, 12 de juny
Rutes de l'exili. Un dia per a la memòria. Portbou

Juny 2021
V Edició del Premi Internacional Memorial Walter Benjamin 2021-22

Diumenge, 27 de juny
Jornada de portes obertes i visita guiada gratuïta

Diumenge, 18 de juliol
Rutes de l'exili. Un dia per a la memòria. MUME i Búnquers de 1943

Diumenge, 25 de juliol
Jornada de portes obertes i visita guiada gratuïta

Diumenge, 15 d'agost
Rutes de l'exili. Un dia per a la memòria. Agullana i La Vajol

Diumenge, 29 d'agost
Jornada de portes obertes i visita guiada gratuïta

Diumenge, 12 de setembre
Rutes de l'exili. Un dia per a la memòria. Cotlliure

Diumenge, 26 de setembre
Jornada de portes obertes i visita guiada gratuïta

Diumenge, 10 d'octubre
Rutes de l'exili. Un dia per a la memòria. Coll de Lli

Diumenge, 31 d'octubre
Jornada de portes obertes i visita guiada gratuïta

 

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 10:07
Vicenç Pagès Jordà, traduit par Marie COSTA
Vicenç Pagès Jordà, traduit par Marie COSTA

Vicenç Pagès Jordà, traduit par Marie COSTA

Catalogne - Littérature

 

Vicenç Pagès i Jordà

 

 né le 14 décembre 1963 à Figueres (Catalogne, Espagne), est un écrivain et critique littéraire catalan1. Il est également professeur de langue et d'esthétique à l'Université Ramon Llull.

 

En 1989, il a remporté la Biennale de Barcelone dans la section de la littérature, et l'année suivante a publié son premier livre, le recueil d'histoires Cercles d'infinites combinacions (Cercles de combinaisons infinies). En 1991, il a publié l'ouvrage Grandeses i misèries dels premis literaris(Grandeur et misère des prix littéraires), formée par un millier de citations.

 

En 1995 est apparue son œuvre la plus ambitieuse, El món d'Horaci (Le monde d'Horace), un roman qui est à mi-chemin entre la fiction et l'essai créatif. En 1997, il publie son premier livre à succès, Carta a la reina d'Anglaterra (Lettre à la Reine d'Angleterre), qui raconte dans une centaine de pages un millier d'années de la vie de la protagoniste. Ce livre est suivi par Un tramvia anomenat text (Un tramway nommé texte), un essai sur l'écriture qui considère le texte comme un mélange inséparable d'inspiration et d'artisanat, de génie et de puissance, de magie et de discipline.

 

En companyia de l'altre (En compagnie de l'autre) (prix Documenta 1998) marque le retour au genre du roman. À cette occasion, la collection est unitaire, car toutes les histoires tournent autour de la question du double. Il a été suivi par le roman La felicitat no és completa (Le bonheur n'est pas complet), prix Sant Joan de narrative 2003, la biographie intermittente d'un personnage sans convictions. En 2004, la collection El poeta i altres contes a obtenu le Prix Mercè Rodoreda d'histoires et récits, et a été publiée l'année suivante. En 2006 est apparu De Robinson Crusoe a Peter Pan. Un cànon de literatura juvenil. Il a remporté le prix Creixells avec le roman Els jugadors de Whist4.. De 2010 à 2011, il a écrit une colonne[pas clair] dans le journalAvui5. En 2012 il a publié avec le peintre Joan Mateu Bagaria El llibre de l'any.

En 2013 il a remporté le prix Sant Jordi du roman pour Dies de fronter et l'année 2014 il a remporté le Prix national de littérature de la Generalitat de Catalogne.

Michel Cadé

Chapeaux et bonnets révolutionnaires

en Roussillon ( Ed.Trabucaire )

 

Le propre du chercheur, quelle que soit la nature de sa recherche, c’est d’apporter son savoir et son expertise et de faire ainsi avancer la connaissance. C’est bien ce que fait Michel Cadé, dans ce petit livre consacré aux premiers pas du tout jeune département des Pyrénées-Orientales de 1789 à 1795. La Révolution française est un de ces temps de l’histoire particulièrement étudié, ici comme ailleurs. Pierre Vidal, l’abbé Philippe Torreilles au XIXe, Alice Marcet, Michel Brunet entre autres, au XXe s’y sont illustrés avec les documents et les techniques à leur disposition.

Michel Cadé, en ce début XXIe, fait une analyse autre des événements qui se sont déroulés alors en Roussillon. Ce fin connaisseur des partis politiques, met en avant la naissance de la démocratie en pays catalan : il y eut bien dans les Pyrénées-Orientales un parti patriote, à forte composante de notabilité (chapeaux), mais il eut aussi une composante populaire évidente à Perpignan, dans ses alentours, dans la vallée de l’Agly, dans le Ribéral, en Conflent et sur la côte (bonnets). Les premières élections municipales, départementales, le poids des Sociétés populaires révèlent bien l’existence d’un parti révolutionnaire aux racines populaires, dirigé par des notables, le tout sur fond de contestations diverses, de relations compliquées avec Paris…

Cette vie politique intense a donc vu se développer, étendue à l’ensemble du département, une forme d’organisation politique proche du parti politique moderne. Tel est l’apport tout à fait passionnant et minutieusement documenté que Michel Cadé ajoute à la connaissance de la période. 

 

 

Ramon LLULL - Newsletter # 114

MAI 2021

 

ARTS DE LA SCÈNE.  SAINT-ETIENNE,  24 juin

 

La chorégraphe Núria Guiu et les compagnies de cirque EIA et Random, protagonistes du Focus Catalan du Festival des 7 Collines de Saint-Étienne

 

Le Festival des 7 Collines, rendez-vous annuel de cirque et danse de la métropole de Saint-Étienne, accueille pour sa 27e édition un focus spécial de créations catalanes avec trois spectacles qui reflètent la fraîcheur actuelle de la scène en Catalogne. Le focus comptera avec la participation des compagnies de cirque EIA et Random et de la danseuse et chorégraphe Núria Guiu. Du 24 juin au 7 juillet à Saint-Étienne et métropole, avec le soutien de l’Institut Ramon Llull.

*** LITTÉRATURE.  

 

Les universités Montpellier, Perpinyà et Vic rendent hommage à la poète et plasticienne Felícia Fuster

En commémoration du centenaire de la naissance de cette artiste à plusieurs facettes dont le parcours est intimement lié à la vie culturelle française, une demi-journée d’études se tiendra en ligne le 6 mai coorganisée par les laboratoires de recherche Cresem, Reso et Getlihc avec des présentations à charge de Irene Muñoz Pairet, Caterina Riba, Sandrine Frayssinhes Ribes, Mireia Vidal-Conte et Lluïsa Julià, commissaire littéraire de l’Année Felícia Fuster. Le programme sera complété par une lecture bilingue du recueil Cordages du vent (Éditions Trabucaire, 2018) à charge des étudiants de catalan des universités Paul Valéry Montpellier III et Perpinyà Via Domitia.

 

*** LITTÉRATURE.  EN LIGNE,  27/04/2021

 

Vicenç Pagès participe à la Nuit de la littérature 2021 du FICEP aux côtés d'autres 18 auteur.e.s de plusieurs pays

 

À l’occasion de la 9e édition de la Nuit de la littérature du Forum des Instituts Culturels Étrangers à Paris, l’Institut Ramon Llull présente avec la comédienne Morgane Lombard une lecture de l’ouvrage Lettre à la reine d’Angleterre (Balzac éditeur, 2020) de Vicenç Pagès Jordà, traduit du catalan par Marie Costa. Au lieu d’une balade littéraire internationale dans un quartier de Paris comme jusqu’en 2019, la Nuit de la littérature propose pour la deuxième année consécutive un voyage littéraire sans sortir de la maison autour des œuvres de 19 auteur.e.s invité.e.s par 17 instituts culturels différents, juste en accédant sur le site Internet du FICEP dès 18h le soir du samedi 29 mai.

 

***CULTURE.  27/04/2021

 

Le patrimoine catalan dans le cinéma et une nouvelle séance du cycle 

En partenariat avec l’Institut Ramon Llull et toujours en ligne, le Centre d’études catalanes accueille entre avril et juin jusqu’à huit séances autour de l’histoire et la culture catalanes. En mai, l'agenda comprend une conférence sur la promotion du patrimoine culturel catalan à travers le cinéma et une conférence-concert autour du violoncelliste et compositeurPau Casals

*** LANGUE.  27/04/2021

 

Les séjours linguistiques d'été de l'Institut Ramon Llull, en ligne

L'Institut Ramon Llull organise, en collaboration avec d'autres institutions, des séjours virtuels de formation linguistique et culturelle destinés à améliorer les compétences linguistiques et les connaissances culturelles des étudiants de catalan à l'étranger à travers des cours, des conférences, des visites et des activités complémentaires. En raison de la crise sanitaire actuelle, le format des activités sera uniquement en ligne.

 

*** ARTS.  26/04/2021

CaboSanRoque nous mène au supermarché avec le festival In Extremis du Théâtre Garonne

 

Le duo barcelonais propose pour le festival In Extremis une expérience très particulière : à la manière classique d’un audiowalk, le public doit suivre un parcours, mais cette fois-ci à l'intérieur d'un supermarché. En écoutant son téléphone portable avec des écouteurs, chacun devra faire face à la coïncidence ou à la contradiction entre ce qu'on voit et ce qu'on entend. Autour du terme « hospitalités », en 2021 le théâtre Garonneinvente un festival littéralement tout terrain, où les situations de rencontre sont les plus improbables. Du 13 au 20 mai, en ligne.

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 09:43
Le livre blanc (couverture, 55 municipalités) - Chantal Buiges à Collioure
Le livre blanc (couverture, 55 municipalités) - Chantal Buiges à Collioure
Le livre blanc (couverture, 55 municipalités) - Chantal Buiges à Collioure
Le livre blanc (couverture, 55 municipalités) - Chantal Buiges à Collioure

Le livre blanc (couverture, 55 municipalités) - Chantal Buiges à Collioure

 

Les principaux axes du « Livre Blanc de Catalogne Nord » sont la normalisation de la présence du catalan dans l'espace public; l'enseignement en catalan; l'organisation de fêtes populaires et traditionnelles; les liens avec le reste des Pays Catalans; etc...

 

Ici vous pouvez consulter le Livre Blanc :

https://angeletsdelaterra.com/Llibre-Blanc-de-Catalunya-Nord.pdf?fbclid=IwAR0Dx4s6rgvoXShruXBCCKkA4X1aW2aAxdTK-DOnTLZsFgdnpFLDmBdixQY

 

Le « Livre Blanc de Catalogne Nord » a été élaboré par les Angelets de la Terra avec l'aide de professeurs de l'Université de Perpignan, spécialisés dans la toponymie, l'histoire et l'enseignement du catalan, mais aussi plusieurs acteurs de la vie culturelle, associative et économique de notre département (voir la liste ci-dessous).

Le « Livre Blanc de Catalogne Nord » développe 55 propositions concrètes pour la catalanité qui ont été soumises à toutes les municipalités nord-catalanes.

 

55 municipalités participent au « Livre Blanc de Catalogne Nord » en y présentant leurs actions et les projets en lien avec la catalanité.

De nombreuses autres communes souhaitent aussi participer à ce projet. C'est pourquoi une deuxième édition est déjà prévue, afin de donner une place à toutes les communes de Catalogne Nord et de faire un premier bilan.

 

L'association culturelle, autogérée et indépendante des Angelets de la Terra était à l'origine un groupe de supporters de l'USAP et des Dragons Catalans, de 2001 à 2009. Elle coordonne depuis 2010 un collectif autogéré et autofinancé de centaines de musiciens. En 2018, elle a organisé 4 festivals « Concerts per la Llibertat » pour la liberté et la démocratie avec la participation de 40 groupes. En 2019, une cinquantaine de communes ont accueilli leur exposition collective de photojournalisme « Visca per la Llibertat ».

En 2020, 23 listes aux municipales ont porté le « Label Cultural » des Angelets de la Terra dont elles ont signé la charte et 14 d'entre elles ont gagné ces élections. Aujourd'hui, le « Livre Blanc de Catalogne Nord » reprend et développe les trois points de la charte de ce « Label Cultural »: langue, culture, pays.

Des exemplaires du « Livre Blanc de la Catalogne Nord » seront offerts à toutes les municipalités, participantes ou pas de cette première édition, à partir de la mi-mai 2021. Ainsi, il sera possible pour tous les élus et les habitants de se procurer ce livre dans les mairies.

Nous sommes à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. N'hésitez pas à nous contacter.

 

Ramon Faura, Président des Angelets de la Terra.

Tél: 06 68 89 82 71

Mail: info@angeletsdelaterra.com

Web : https://angeletsdelaterra.com/

* Ont participé à la réalisation du « Livre Blanc de Catalogne Nord »: Berenguera Sunyer (psychologue), Christian Troadec (maire de Carhaix), Coleta Planas (conseillère pédagogique de catalan retraitée et poétesse), Daniela Grau (professeur de catalan retraitée), Geneviève Labat (chef d'entreprise), Gildas Girodeau (écrivain), Jaume Gubianas (dessinateur), Joan Peytaví Deixona (professeur d'université spécialiste en toponymie), Joan Planes (co-fondateur des Angelets de la Terra), Michel Leiberich (professeur d'université retraité), Nicolas Marty (professeur d'université spécialiste d'histoire économique et sociale), Olivier Poisson (président de L'ASPHAR), Pierre Lissot (directeur de l'Office Public de la Langue Catalane), Priscilla Beauclair (graphiste et journaliste au Travailleur Catalan), Ramon Faura-Llavari (chef d'entreprise), Rémy Farré (président de l'Associació Catalana d'Estudiants), Richard Bantegny (caméraman, photographe), Rita Peix (docteure en Etudes catalanes et transfrontalières, formatrice pour l'enseignement bilingue)...

 

Collioure : connaissez-vous

 

Chantal Buigues :

 

la spécialiste d'hypnose thérapeutique confie dans le journal Le Monde, pages 22 et 23 consacrées au Discount, daté du 4 mai (2021) :

 

"Mes outils de jardinage et de bricolage comme ma machine à pain et quelques plantes viennent de chez LIDL, où je passe une fois pas semaine pour les nouveautés...Je trouve mes tubes de peinture et de la nourriture pour chat chez ACTION..."

Elle va aussi chez Gifi et ALDI... Passionnant...

 

Pourquoi avoir choisi cette personne, seul témoignage de consommatrice, dans une enquête menée dans toute la France et en Europe... ??? Est-elle si célèbre ? N'y a-t-il rien à dire de mieux à Collioure..???

 

 jpb

 

 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 09:26
Livres de N. Berjouan et de Saut
Livres de N. Berjouan et de Saut

Livres de N. Berjouan et de Saut

humeur ou humour ? Identité du Roussillon : c'était quand, cette manif..? *  L'impression d'un monde ancien…

 

Pays catalan : identité, nationalisme, j'en ai la chair de poule !

 

Je n'ai pas défilé. Me suis défilé…

Peur de la chaleur, de l'agora, des femmes brunes en burkini et de leurs bouteilles de gaz..?

Plutôt, j'ai redouté une réaction tardive, une manif fourre-tout, salade niçoise : les Catalanistes catalanisant, les Indépendantistes criant "Cat.Nord", les Socialistes chantant avec ce catalan fantôme, "l'accent de la République française", les Communistes communiquant depuis la fête de l'Huma, la Droite écornant un instant la patrie pour récupérer quelques voix…

Ce fut une mêlée bien composite, ambigüe, aux sous-entendus bien troubles, comme d'habitude avec nos politiciens bien installés. Le peuple citoyen mobilisé (de façon bien dérisoire : 8000 ou 10 000 participants pour un département de presque 400 000 habitants, ça montre le recul de la langue, le manque de persuasion de la majorité d'appartenir à une nation catalane), s'il s'était déplacé en masse, s'il avait décidé, bien plus tôt, de bloquer le conseil régional à Toulouse ou la ville d'Argelès, villégiature de la Carole, il aurait montré le sens de l'honneur.

Or, pour la manif pépère du 10 septembre, ce "peuple" a sorti l'attirail de la foirefouille folklorique catalane : les grosses têtes, la chanson agressive de Jordi Barre (pour défendre l'Usap, fer de lance de la catalanité, descendue depuis de la première division **)…Seuls manquaient les cargols !

Quelles étaient les motivations des groupes présents : l'Indépendance du "pays catalan", une alliance régionale avec le Sud, le maintien du 66 dans le giron français, ou la simple exigence de la reconnaissance du mot catalan dans le nom de la nouvelle région..?

Et voilà le leitmotiv de l'identité ! Pour le Français vivant en Roussillon, qu'est-ce : la tradition judéo-chrétienne, la civilisation chrétienne impulsée par Charlemagne à coups de (Charles) Martel ? Est-ce le sentiment d'appartenance à une nation, créée au XIX° siècle?

Pour un Catalan des P.O., est-ce appartenir à une vieille lignée, depuis les Ibères, jusqu'à la "nation" (le Royaume, plutôt, avec les Comtes du Roussillon et l'allégeance aux Rois d'Aragon) des XII-XIII° siècles..? Comment définir ce pays, lieu d'incessants passages, qui brassa le sang des Phéniciens, des Grecs, des Romains, des Ibères, des Wisigoths, des Arabes…jusqu'aux tragiques migrations contemporaines..?

Ce sursaut d'une population, n'est-ce pas le sentiment désespéré de perdre un territoire, envahi par les immigrés et les "nouveaux arrivants"? A l'heure du déclin (département frappé par la crise, le chômage, la concurrence européenne, les échecs de l'Usap, le rejet de politiciens corrompus), ce peuple s'agrippe au mot catalan comme à une bouée de sauvetage… 

"Nous sommes Catalans", comme une incantation, mais derrière les mots, on ne perçoit pas de solution économique, politique, pas de cohérence, pas d'idéologie claire, si ce n'est le libéralisme du renard dans le poulailler d'une Europe déboussolée. 

Oui, cette manifestation joyeuse, comme un air de nationalisme: cela m'a fait penser à la manif pour Charlie, rassemblant les bons et vrais Français contre les Musulmans… 

Pour ne pas exclure la plus grande partie de la population de ce département, il faut expliquer, être clair; or ce microcosme politique n'est que contradiction et récupération.

J'en suis le premier marri, moi qui, né à Perpignan, aime tant la Catalogne. 

Qui me sens Catalan, Occitan, Européen, Citoyen du monde…C'est cette identité, Homme du Monde, qui est à rechercher. Loin des frontières et des rétrécissements !

 

JPB  * septembre 2012

** Les joueurs de l’USAP visitaient le palais des Rois de Majorque pour faire plus ample connaissance avec la culture catalane. François Rivière et l’UPVD organisent pour les joueurs étrangers des cours de Français, cette année, la volonté a été de rendre ces cours plus vivants en les intégrant dans le magnifique patrimoine de notre ville. (22.8.2014)

 

- - - A LIRE pour débattre :

* L'identité du Roussillon : penser un pays catalan à l'âge des nations (1780-2000)  Editions Trabucaire, 2011

L'identité du Roussillon : penser un pays catalan à l'âge des nations (1780-2000)

" Comment et pourquoi les Catalans du Roussillon en sont-ils venus à se dire français ? Comment ont-ils perçu les mutations culturelles qui ont accompagné ce processus de nationalisation, et comment ont-ils imaginé leur place dans l'ensemble national ? Comment, enfin, ont-ils appréhendé l'apparition d'un nationalisme catalan au sud de la frontière à partir de la fin du XIXe siècle ? Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, ce livre propose une revue des discours qui ont cherché à définir l'identité roussillonnaise durant la période contemporaine, des descriptions provinciales de la fin du XVIIIe siècle aux livres d'histoire les plus récents.

En rendant la parole aux Roussillonnais, il veut faire entendre ce qu'ils ont dit des évolutions politiques, culturelles et sociales qui ont transformé leur territoire depuis la double révolution nationale et industrielle des années 1780. Ce faisant, il ne découvre pas une série de lamentations passéistes ou de revendications picrocholines, mais l'effort de compréhension réalisé par les intellectuels d'un petit peuple qui s'interroge sur son devenir dans un monde hostile aux cultures minoritaires. Et c'est à une réflexion bien universelle, sur l'identité, la culture, le pouvoir, qu'il invite le lecteur à partir de cette matière catalane si particulière." 

 

***Sur France Culture :

Barcelone : mémoire et identité (1830-1930)

Stéphane Michonneau

Les indépendantismes : La fabrique de l’identité catalane

LA FABRIQUE DE L'HISTOIRE

LE 10/02/2016

Emission d'archives. De quand date l'identité catalane ? Du Comté de Barcelone médiéval ? Du XIX ème et de l'industrialisation de la capitale ? Comment...

Presses universitaires de Rennes, 2007 - INTERVENANTS

  • Stéphane Michonneau
    professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lille 3, auteur d’une thèse publiée aux PUR, intitulée « Barcelone. Mémoire et identité », l’un des contributeurs de « Histoire de l'Espagne contemporaine », ed Armand Colin.
  • Nicolas Berjoan
    Maître de conférences à l'université de Perpignan

Nicolas Berjoan est enseignant, Docteur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et agrégé d'histoire. 
Spécialiste des nationalismes périphériques et des mouvements régionalistes, il s'intéresse particulièrement aux réactions qu'ont suscités les processus de nationalisation français et espagnol dans les pays catalans.
Il est également chercheur associé au Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes de l'Université de Perpignan, membre de l'Association Française des Catalanistes et membre de la Societat Catalana d'Historia de les Ciencies i Tecniques.
Il participe également à de nombreuses revues.


Il a reçu le Prix Méditerranée Roussillon en 2012 pour son ouvrage publié aux Éditions Trabucaire L'identité du Roussillon. Penser un pays catalan à l'âge des nations (1780-2000)

 

- - -à lire :

Du double « je » en Roussillon ; histoires d'identité

Robert Saut - éditions Balzac (1916)

 

« ... Un Catalan est très fier d'être catalan. Et il sait le montrer. Aujourd'hui, la présidente Carole Delga a décidé de baptiser la nouvelle Région « Occitanie », estimant peut être que « Perpignan l'Occitane » sonnait plus juste que « Perpignan la Catalane ». En faisant fi de l'histoire de ce pays, elle a réussi à mobiliser les Catalans du Nord autour de leur identité bafoué. Par quelles traverses, quels compromis, quels renoncements cette terre est-elle devenue française, sans toutefois renier ses racines ? Et l'est-elle devenue sans partage et sans esprit de retour ?


Pour répondre à ces questions, Robert Saut nous propose quelques pistes sous forme de chroniques ayant pour dénominateur commun l'acculturation de notre pays, implicite ou manifeste, forcée ou consentie. Aujourd'hui, le double « Je » des Roussillonnais - catalan et français - est toujours vivace mais tiraillé d'un côté par un État jacobin qui craint sa catalanité et de l'autre par une minorité catalaniste qui remet en cause sa francité. En équilibre instable donc, à l'image de son économie, et balançant entre raison et utopie, authenticité et folklore.On peut dire des Roussillonnais de socarrels (de souche et de racines), qu'ils se sont toujours fait « une certaine idée » du Roussillon, espagnol avant 1659, français depuis, mais toujours catalan. Terre de deux cultures depuis plus de trois siècles, et de double identité, contestée par les tenants du tout ou rien, jacobins contre catalanistes.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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