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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 10:30
Rifle en catalan et français à ELNE
Rifle en catalan et français à ELNE

**leblogabonnel, journal quotidien personnalisé, de plus en plus collectif, "médiapart" de Catalogne" -

DEMAIN, Louis ALIOT et le FN à Perpignan...

*** LES CATALANS :

Rencontre avec HENRY DE LAGUERIE le Jeudi 18 Décembre 18h00 à la librairie Torcatis

Ce journaliste, installé en Espagne depuis 2998, suit le mouvement des indignés et la montée de la revendication indépendantiste catalane.

Son livre (HD, Le Monde, 2014, 12 euros) est fait de plusieurs témoignages : le contexte et les problèmes actuels de la Catalogne sont abordés dans un dialogue avec plusieurs personnalités (pages 24, 31, 40, 48, 55, 72) représentant le "génie" catalan : gastronomie, architecture, football avec le Barça, médecine, philosophie, tauromachie, économie) : les discours se recoupent parfois et la défense de l'idée d'indépendance domine (sauf avec les passionnés de corrida, désormais interdite, et des nuances sur "la pensée unique de l'élite politique et médiatique", page 59, ou "si la Catalogne devenait indépendante, le FC Barcelone pourrait rejoindre le championnat de France"…)

H. de Laguerie ne donne jamais son opinion, son analyse, pourquoi..?

Il ne parle jamais de la "Catalogne-Nord", pourquoi ? Car elle ne semble pas intéresser le sud…

Le rôle du sport dans la récupération et normalisation récentes de la langue est déterminant (5 sept. 1977, premier match commenté en catalan). Le rappel des dates importantes de la longue marche pour l'indépendance sont rappelées : historique de la revendication et aspiration croissante vers l'indépendance (pages 42/43) : cependant n'est pas expliqué la capacité de la Catalogne à vivre de ses seules ressources, à s'insérer dans l'Europe, à perdre peut-être des débouchés vers les autres régions de la péninsule. De même on ne dit jamais que la langue n'est parlé que par 50% de la population, que la participation au vote officieux récent n'a touché que la moitié des inscrits (l'abstention s'avérant majoritaire), que la votation s'est faite sans règles ni observateur objectif, les gens se déplaçant avec des drapeaux et des costumes sang et or…

On apprécie tout de même les chapitres traitant des succès de la Catalogne : l'aéroport de Barcelone, un des plus importants d'Europe (page 80-mais s'enrichissant à présent au détriment de Gérone, avec le départ progressif de Ryanair), avec la création de la ligne "Desigual" (p.86), avec la culture (le Liceu, comme exemple de création de la société civile), et les traditions humanistes (les Castellers, page 92).

Pays d'accueil et de passages incessants, composé de plusieurs strates d'immigration, la Catalogne aura du mal à défendre sa langue et sa revendication, même si je ne veux pas tomber dans la théorie fumeuse et raciste du "grand remplacement", dont nous menacent Renaud Camus, Zemmour et autres lepénistes obscurantistes…

pour la présentation de l'ouvrage:

"Les catalans" , éd.HD

organisé par Ethique.... animé par Clotilde Ripoull.

Pays d'accueil et lieu de passage ouvert sur la Méditerranée, la Catalogne est une terre d'avant-garde qui revendique ses racines et son histoire. Frondeurs, dissidents et anticonformistes, les Catalans ont forgé leur identité dans l'adversité. Ce peuple du nord de la péninsule Ibérique installé dans le sud de l'Europe n'a jamais renoncé à faire entendre sa différence. Lorsque les Catalans défendent leur langue et leur manière d'être, ils prônent aussi des valeurs : l'audace, l'initiative, l'entraide et le bon sens. Après trois siècles de relations tumultueuses avec l'Espagne, beaucoup d'entre eux sont décidés à larguer les amarres. Ce n'est pas une fièvre passagère, mais le résultat de longues années d'incompréhensions mutuelles et de rendez-vous manqués. La Catalogue obtiendra-t-elle son indépendance? Personne ne le sait. Mais elle luttera toujours pour ne dépendre de personne.

** MARDI 16 DÉCEMBRE, À 18H30, AU THÉÂTRE DE L’ÉTANG, dans le cadre des Cours d'Éducation Populaire Stéphanois (C.E.P.S.), l’association "LES RENDEZ-VOUS DE SAINT ESTÈVE" vous invite à assister à la

CONFÉRENCE DONNÉE PAR ROLAND COROMINAS : RÉALITÉ ET LÉGALITÉ DU POUVOIR DANS LA CATALOGNE DE 1936.

La Catalogne, aux prémices de la Guerre d’Espagne, c’est ce moment crucial que le conférencier, Roland Corominas, a choisi d’analyser.

Roland Corominas est un Stéphanois exilé à Paris qui revient sur ses terres pour expliquer quelles étaient LA RÉALITÉ ET LA LÉGALITÉ DU POUVOIR DANS LA CATALOGNE DE 1936. Nous saurons tout sur le phénomène mal connu (c'est peu dire) de tous les comités locaux qui, en 3 ou 4 jours, ont couvert toute la Catalogne et ont assumé et assuré localement toutes les tâches de la vie quotidienne : ordre public, administration, situation économique des habitants, bref TOUT puisqu'il n'y avait plus d'État du fait de l'insurrection de Franco et que seuls les syndicats et partis se reconnaissant dans le Front des Gauches avaient bataillé pour défaire Franco en Catalogne, et ailleurs.

Le type d'insurrection de Franco ne laissait pas de place à un

gouvernement républicain avec capitalisme "démocratique", ce qui a rendu compliquée, c'est le moins qu'on puisse dire, la vie du parti

nationaliste catalan, l'Esquerre (ERC).

Après des études secondaires au lycée Arago de Perpignan et

universitaires à Montpellier, ROLAND COROMINAS devient professeur agrégé d’espagnol et enseigne au lycée Carnot à Paris. Il collabore à de nombreuses revues et est l’auteur d’un manuel pour classes préparatoires : “Questions sociales-économiques dans la

presse espagnole”.

ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE.

LE C.P.E.S. EST PARRAINÉ PAR MECAMOBIL.

_POUR TOUS RENSEIGNEMENTS_ : Tel : 06 32 47 21 14 ou Mel :

rdvse@rdvse.fr [1]

_Les Rendez-Vous de Saint-Estève, __créateurs d'évènements

culturels.

---------- Catalans de Paris :

albert.callis

ARTICLES RÉCENTS

Liste Complète

Mardi 18 novembre 2014

Bulletin de liaison des Catalans de Paris et d'Ile de France (L'Amicale)

Catalans de Paris

et d'Ile de France (L'Amicale)

n° 2014-04

Bulletin de liaison et d'information

https://www.youtube.com/watch?v=d-4GGf23Ze0

R A P P E L

BULLETIN D''ADHESION POUR L''ANNEE 2014

NOM .................................... Prénom ..................................................

Adresse complète : ................................................................................................

.............................................................................................................................

.............................................................................................................................

Téléphone Domicile : .........................................................

Travail : ..........................................................

Portable : ........................................................

E-mail : ..........................................................................

Cotisation : _ Membre actif (25 €)

Lieu d'origine : ...................................................................................................

Profession (facultatif) : ........................................................................................

Fait à .................................... le ..................................................

Signature :

Bulletin et chèque (libellé à l'ordre de Amicale des Catalans de Paris) à

renvoyer à :

CATALANS DE PARIS ET D'ILE DE FRANCE

MAISON DES ASSOCIATIONS DU 12EME

BOITE N° 60

181 AVENUE DAUMESNIL - 75012 PARIS

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 17:19

Unknown-copie-6.jpeg L'Abbé Escarré : le prieur de Montserrat (de 1948 à 68) avait défié Franco dans ce haut lieu de l'identité catalane.

 

Il faut rendre hommage à Jean-Claude Marre, journaliste, d'avoir publié dans le quotidien Le Monde (daté du 23.8.2014) un article relatant les combats de l'abbé Escarré et faisant part de l'exposition qui retrace son combat.

 

 

  Il était l'âme de la communauté bénédictine de Montserrat. Le 13 novembre 1963, ses déclarations faites au journal Le Monde vont susciter un vif émoi dans toute l'Espagne.


  Près de 51 après les faits, les déclarations de Dom Aureli Escarré conservent encore une très forte résonance en Catalogne sud.


13 novembre 1963. Le quotidien français publie ce jour-là en "une" de son édition du soir une interview de l'abbé de Montserrat recueillie par son correspondant madrilène José Antonio Novais. Une phrase, extraite de ce long entretien sur 3 colonnes, résume à elle seule la teneur de l'article. Sans la moindre ambiguïté. "Le régime espagnol se dit chrétien mais n'obéit pas aux principes de base du christianisme". Cinglant et courageux.

 

  En effet, pour la première fois, un dignitaire religieux met ouvertement et publiquement en cause les liens trop étroits entretenus entre l'église espagnole et le régime franquiste. L'annonce de cette déclaration, assimilée à un "acte de résistance" contre la dictature va dès lors se propager dans toute l'Espagne comme une traînée de poudre.

 

D'autant qu'il y est aussi question de la défense de la langue et de la culture catalane, de justice sociale, de liberté d'expression, de respect des droits de l'homme, de réconciliation ou de protection de la pluralité d'opinions… (source L'Indépendant)

 

En 1963, l'abbé Escarré s'élève contre Franco

LE MONDE | 22.08.2014 à 08h26 • Mis à jour le 22.08.2014 

Par Jean-Claude Marre

 

La 46e université catalane d'été (UCE) de Prades (Pyrénées-Orientales) a rendu, dimanche 17 août, dans le cloître de Saint-Michel-de-Cuxa, à Codalet, un hommage simple, fort et émouvant à l'abbé Auréli Escarré, prieur de 1946 à 1968 du monastère de Montserrat, près de Barcelone.

C'est à Montserrat, lieu symbolique de l'identité catalane et de pèlerinage pour tous les Espagnols, que José Antonio Novaïs, correspondant du Monde à Madrid, avait recueilli les propos de l'abbé, publiés le 14 novembre 1963 à la « une » du Monde. Pour la première fois, un représentant important de l'Eglise y affirmait son opposition au pouvoir en place : « Le régime espagnol se dit chrétien, mais n'obéit pas aux principes de base du christianisme », déclarait l'abbé.

A l'époque, Le Monde, interdit par la censure franquiste, ne fut pas distribué en Espagne, mais une traduction de l'article en catalan, réalisée par des opposants exilés et transportée clandestinement de Perpignan,...

 (C) Le Monde (extraits de l'article :

 

En 1963, l'abbé Escarré s'élève contre Franco )

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 10:28

 photo-nussbaumer.jpg (C) F. Nussbaumer

 

   *** photo de François NUSSBAUMER "Tout a une fin", exposition à la "CastanGalerie", du 4 au 30 avril 2014 - 06.27.77.12.79. Vernissage vendredi 4 avril, 18h30. Place GAMBETTA.

 


 

- - -

 

 

 - La gauche moribonde depuis des mois,

 

achevée avec l'échec des municipales

 

avec le choix de M. Valls (pour récupérer la droite, l'éliminer en faisant sa politique, mais contre la gauche, presque toute la "gauche" !)

 

Un ministre de l'intérieur aux accents racistes (les Roms...), 


clone de Sarko (petit nerveux volubile, charmeur...), 


ayant le même ami, Alain Bauer, le franc-maçon trouble...

 

Un pouvoir inquiétant à Matignon, un ministre "de gauche" ayant la gauche contre lui,

 

l'électorat avec lui, peut-être, mais pour combien de temps..?


 

Et le pays va vers la cata : austérité, déficits, chômage, politique économique anti-croissance, peu de marge de manoeuvre par rapport aux exigences de la commission européenne...

 

Droit dans le mur ! Valls catalan ? ça nous indiffère : il parle très bien la langue quand il va voir sa soeur à Barcelone, mais en France, il refoule sa langue natale; c'est un centralisateur, il traitera avec Madrid, lui l'étranger très bien assimilé, qui pense que le français est la seule langue de la France...

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 11:14

Teresa--Jean-Rede-et-JPB.JPG Teresa Rebull, JPB, Jean Rède (photo Marielle Varillon), à Banyuls (Templers)

 

L'Indépendance de la Catalogne : entretiens avec Teresa Rebull (suite)

 

 

" L'actualité, c'est la défense de la langue catalane, avec un concert au Camp Nou de Barcelona et la présence de Luis Llach. "Les partis ne s'y reconnaissent pas, ni la droite avec CiU (Convergence et Union), ou le Parti populaire, ni avec l'ERC : les listes se contredisent à gauche ! 

 

Un petit coup d'aile d'oiseau et ils ne s'entendent plus... Les Socialistes sont décevants : on a perdu des années avec Zapatero, pourtant fils de la Retirada et d'un père communiste qui a été torturé sous Franco !

 

Le Parti socialiste catalan a toujours été à la traîne, toujours tourné vers Madrid ! Divergences, absence d'unité ! 

 

Lors d'un concert, les Socialistes m'ont demandé de chanter plutôt en castillan, car il n'y avait dans la salle que des Andalous... A la fin du tour de chant, un garçon, beau et blond comme un ange, a joué "Els Segadors", notre hymne national, à l'accordéon...

 

  L'Esquerra fait la "puta ramunette" à présent ! Au début, elle avait une attitude correcte pour les affaires sociales; ensuite la question sociale n'a jamais été abordée, alors que c'est le noyau du peuple... 

 

L'indépendance est absolument nécessaire : on nous vole, on nous massacre ! O instaures des lois sur la langue pires que sous le franquisme ! Pourtant les gens veulent parler catalan, même ceux qui viennent d'autres régions d'Espagne; j'étais dans une librairie et je regardais une dame (je saurai plus tard qu'il s'agit d'une Andalouse), qui achetait un gros dictionnaire de catalan; j'ai osé lui parler : elle voulait apprendre notre langue ! "

 

* "Le catalan établi par Pompeu Fabra, c'est la langue de partout; les différences sont des détails (un accent, le lexique...) qui enrichissent la langue. J'ai choisi, pour mes chansons, des auteurs du Sud et du Nord, parlant un catalan correct. Le catalan parlé ici, en Roussillon, est le langage du peuple. Le tourisme abîme le catalan de la plaine. Le catalan "aristocratique" se triuve dans les montagnes...

 

A présent, ces problèmes de Catalan et de Catillan; les gens veulent s'assimliler ou pas; inutile de les contraindre. C'est la première fois que je rencontre ces questions. De mon temps, à l'école républicaine, on apprenait les deux langues, c'était naturel, sans problème... L'essentiel est de communiquer, en respectant toutes les langues ! " 

 

Chez Teresa R. - Banyuls, 18/2/2014

 

 

 

* Comment défendre le catalan dans les Pyrénées-Orientales ?

 

- par l'éducation, dans les écoles primaires, puis les collèges...

-au cœur des familles

-on ne peut pas compter sur les autorités.

- Avec plus de communication entre le Nord et le Sud  de la Catalogne. 

-Expliquer l'histoire de la Catalogne

- en multipliant les festivals de guitare au palais des Rois de Majorque, avec Ida y Vuelta :des représentants (artistes, musiciens, chanteurs...) de chaque communauté doit pouvoir y participer. Il faut mêler les cultures et les civilisations; exemple de D. Barenboïm qui réunit dans son orchestre des Juifs et des Arabes.

- Toucher à l'universel en respectant les minorités locales qui composent la mosaïque humaine.

 

T.Rebull

 

 

 

* Pour défendre la langue catalane : signer la charte des langues régionales

 

 

C'est une promesse du Président de la République et une loi constitutionnelle va être examinée en commission des lois de l'Assemblée nationale.

 

Les adversaires de la reconnaissance des langues régionales prétendent que la charte "porte atteinte aux principes constitutionnels d'indivisibilité de la République." La France reconnaîtrait en conséquence des droits juridiques à des "minorités", ce qui ouvrirait "la porte au communautarisme."

 

Au contraire, si on observe l'argumentation d'un grand linguiste, tel Claude Hagège, professeur au Collège de France, on comprend que la diversité linguistique est menacée dans notre pays. Sont menacées ces langues régionales, venues du celtique (le breton), du germanique (le flamand, l'alsacien) ou du latin (langues romanes comme la langue d'oïl, devenue le français, la langue d'oc, ou le catalan). 

 

Le français est-il "supérieur" au catalan ? Non, c'est un dialecte comme un autre, qui s'est imposé car les rois de France ont choisi de s'installer à Paris, et non à Toulouse ou à Perpignan... Le français est devenu langue officielle du royaume (sous François Ier) afin de le consolider; l'unité (et donc la répression contre les autres langues) s'est poursuivie sous Louis XIV et sous la Révolution, les langues minoritaires passant pour des symboles de la résistance à l'Etat.

 

De nos jours, l'unité linguistique est assurée : il est temps de sauver les langues régionales, qui sont la richesse du pays, alors que la Constitution, dans on article 2, déclare que "Le français est la langue de la République."

 

Or la langue porte en elle l'histoire et la culture de tout un peuple; on ne peut la gommer ainsi, comme certains ont voulu supprimer le passé d'un territoire, en pratiquant des génocides ethniques ! La France est plurielle, grâce à ses provinces, ses régions, à sa diversité linguistique. Respectueuse de sa propre diversité linguistique, la France sera crédible dans sa défense de la francophonie dans le monde, écrit C. Hagège.

 

Donner au catalan les moyens de s'exprimer dans le département des P.O., ce serait favoriser la scission et pousser la "Catalogne du Nord"  à partager le désir d'indépendance de la Catalogne, autour de sa capitale, Barcelone ? Qui peut croire au sérieux d'une telle affirmation, argument hypocrite, refusant aux habitants de ce pays de vivre leur histoire et de pratiquer leur langue !

 

J.P.Bonnel


 

** Cinémaginaire :            Mercredi 19 février 2014 à 21h

Cinéma  Jaurès  - 66 Argelès sur  Mer    
 

> MIREM CATALA    cycle de films en version originale en catalan et sous titres français

BARCELONA  ABANS

Film de MIREIA ROS (Catalunya 2011 – 1H40’) En présence de la réalisatrice ! 

Venez découvrir l’histoire rocambolesque de la famille Baladia, contée avec tendresse et ironie par leur descendant, qui,

à travers les destins épiques de ses ancêtres, nous dévoile un peu de l’histoire de leur ville, Barcelone. 

Tarif : 4 euros

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Mercredi 19 février 2014 à 20h30

Cinéma  Novelty – 66 Banyuls sur Mer

DANS LA PEAU DE L’OURS

Film de François Boutonnet (France 2013 – 59’) En présence du réalisateur ! 

Les fêtes mythiques de l’ours et de carnaval à Prats de Mollo

Tarif : 5 euros

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Jeudi 20 février 2014 à 19h30

Cinéma  Jaurès  - 66 Argelès sur  Mer    

> LES FILMS DU GARAGE <

Ecran ouvert aux créations vidéo 

Formule des Films du Garage :

on partage les films que vous  proposez, on donne la parole à chacun, on échange,

on partage le casse croûte que vous portez, Cinémaginaire fournit le pain et les boissons.

Cette soirée se propose de renforcer les échanges autour des pratiques de la vidéo numérique,

accompagnée de la projection de films en présence de leurs auteurs.

Elle est ouverte à tous ceux, de plus en plus nombreux, qui passent de l’autre coté de l’écran

pour créer des réalisations en vidéo numérique.

Pour proposer un film

de moins de 15’ faire proposition à Cinémaginaire avant le 18 février par tél au 06 18 19 45 66

Tarif : 0 euros Entrée libre et gratuite pour tous

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 11:58

images-copie-2.jpeg  

 

LA CAVALCADE DES ROIS 

 

L'Epiphanie

Notes pour situer lévénement

 

L'Epiphanie par sa dimension traditionnelle est inscrite dans un enracinement et une iconographie spirituelle, mythique, légendaire, poétique, illustrée par les trois Rois mages qui suivent l'Etoile jusqu'à Bethléem.   Une ouverture à l’imaginaire

 

Cette fête clôture le cycle des fêtes de Noël et annonce la nouvelle année en de nombreux pays du monde.

Elle s'inscrit plus fortement encore dans les pays qui perpétuent la tradition des crèches de Noël, et pour les plus renommés, autour du bassin méditerranéen, les crèches napolitaines, une incitation à réunir un temps d'émotion et de partage qui participe d'une approche sensible du sens du merveilleux. 

 

inventer un rituel simple où l'enfant vient "répéter" chaque année à l'occasion de l'arrivée des Rois, l'acte gratuit et heureux de donner et recevoir.

 

La Cavalcade des Rois est l'occasion de renouveler une découverte des voyages lointains, géographiques ou imaginaires, de la représentation du monde par l'homme (l'iconographie des trois rois mages est extraite de l'atlas catalan du XIVe en est une porte ouverte),    

 

Cest pourquoi, nous demandons et incitons les enfants à écrire une carte, avec mots et ou dessins personnalisés - . Ces messages peuvent être écrits en catalan, ou en dautres langues si certains enfants parlent naturellement dautres langues.

 

Ces petits messages personnels des enfants, messages despérance, de promesses, de bienveillance, dattentes, daffections,seront pour certains dentre eux lus à cette occasion

 

* Témoignage : Fête des Rois  à Perpignan

 

"Il nous a été donné de vivre samedi 8 janvier une scène magnifique à l'occasion de l'arrivée des Rois Mages. Tout y était. Ouvert à tous, cela se déroulait dans le cadre grandiose du Campo Santo. Les enfants, via la presse et les écoles y avaient été conviés et invités à apporter un dessin ou une lettre pour célébrer la nouvelle année (on apprécie l'idée de ne pas les faire venir en simples consommateurs). Le public ne manquait pas. Après avoir entendu des lettres d'enfants souhaitant la paix dans le monde et des chœurs d'enfants, à la tombée de la nuit, à la lueur des torches, il était littéralement magique de voir arriver ces trois personnages, comme trois sages venant du bout du monde ornés de costumes chatoyants, perchés sur des chevaux altiers, et suivis de dromadaires chargés de riches présents qui se dirigeaient vers une crèche stylisée. Tout cela accompagné par une musique orientale aux instruments superbes et des vapeurs d'encens envoûtantes. Une belle voix profonde accompagnait toute la scène et rappelait aux spectateurs le sens des présents apportés : l'or, l'encens et la myrrhe (la richesse, l'esprit et la santé) Tout cela se terminait avec un onctueux chocolat chaud pour tous et des petits cadeaux en forme de friandises ainsi qu'un calendrier œcuménique rappelant les fêtes des trois principales religions. Merci pour toutes ces idées généreuses qui réchauffent le cœur et font débuter 2005 sur une note d'espoir !"

Témoignage d'une spectatrice transmis à la presse et à la ville de Perpignan

 

** CAVALCADE DES ROIS MAGES : UN FUNAMBULE POUR LA DIXIEME EDITION

 

Ce samedi 4 janvier à 17 heures au Castillet et à 17h30 au Campo Santo, pour la dixième fois, les Rois Mages viennent à Perpignan

 

Il y a dix ans, Perpignan retrouvait la tradition de la Cavalcade des Rois Mages. Un retour attendu si l’on en juge par la foule qui se presse tous les ans pour voir arriver les mages à cheval en grand équipage et en musique, suivis par les dromadaires, les ânes et les animaux des bergers. En ces terres du nord où règne sans partage le Père Noël, pas de cadeaux pour les enfants, mais une orange symbolique, des tourons bien sûr, et des bonbons. Les enfants, eux, viennent lire leurs vœux : des vœux qui n’expriment pas de désir matériel mais disent l’amour, l’angoisse de la mort des proches ou des animaux domestiques, la générosité envers les plus pauvres, la volonté de paix, la lutte contre le racisme... Des vœux purs, émouvants,  préparés à l’école et solennellement lus devant les éminents monarques. Pour la dixième édition, Guillaume Lagnel a choisi de donner toute sa place au rêve en suspendant dans le ciel vespéral du Campo Santo un funambule, avec en toile fond la beauté hiératique de la cathédrale. Un funambule comme une étoile  guidant les enfants dans la fureur du monde, un funambule comme une invitation au dépassement de soi et à l’ouverture à l’autre. Un beau final dans la dynamique de la magie de noël.

Renseignements : Direction des Affaires Internationales et du Développement Territorial 04 68 62 38 50.  

 

  LES ROIS MAGES ARRIVENT À PERPIGNAN "http://www.mairie-perpignan.fr/sites/default/files/images/unes/les-rois-mages-arrivent-a-perpignan_0.jpg" 

 

Guidés par létoile vers Bethléem, les Rois mages, Gaspard, Melchior et Balthazar, représentant tous les peuples de la terre, apportent à lEnfant-roi lor, la myrrhe et lencens. Pendant très longtemps les enfants dici, comme cest encore le cas en Catalogne du Sud, recevaient leurs cadeaux le jour de lÉpiphanie des mains des Rois qui faisaient escale dans tous les villages. 

Prépare tes voeux à ceux que tu aimes pour cette nouvelle année. Écris une belle lettre ou fais un beau dessin et viens au Campo Santo ce samedi 4 janvier 2014 à 17h30, accompagné de tes parents, pour les remettre aux Rois qui arriveront en grand équipage sur leurs chevaux et leurs chameaux, par les chemins de sable et de mer, à la rencontre de tous les enfants, les bras chargés de présents pour découvrir le pessebre. 

Dans le cadre exceptionnel du Campo Santo, sur les notes du carillon tout proche, les voeux des enfants de Perpignan seront lus au milieu dune oasis de palmiers et de lumières, peuplée danimaux vivants et de personnages masqués.

« Els tres reis dOrient, ens guardin lhonre, el seny i lenteniment. »

« Que les trois rois dOrient nous conservent lhonneur, le bon sens et lintelligence. »

Déroulement :

À 17 h, arrivée des Rois au Castillet, puis à 17h 10 à la Loge de Mer et à 17h 20, place de la cathédrale Saint Jean-Baptiste ; puis à 17h30 arrivée du Cortège au Pessebre du Campo Santo, avec le cérémonial des Rois, le Cirque Imaginaire de la Paix, lAnge funambule, les musiques dOrient et de Méditerranée, la remise des voeux des enfants de Perpignan. À 18h 30 : final et goûter traditionnel.

Organisation et réalisation :

la direction des Affaires Internationales et du Développement territorial, et les Affaires catalanes  Avec le concours de la direction de lAction éducative et de lEnfance, de la Casa Xanxo, Ville dart et dhistoire, des services techniques de la Ville de Perpignan, une création de latelier artistique «Mémoire et Imaginaire du Patrimoine» de lArche de Noé, avec la participation du cirque Zurraspas, Méhari et ses dromadaires, du Théâtre de chez soi, de la Cie Biloba, dOlivier Roustan Funambule, de la Fanfare des Madeleines, dartistes de Perpignan, des carillonneurs de la cathédrale avec la complicité des commerçants du coeur historique et de la place Gambetta

 

Partenaires : la confrérie des chocolatiers catalans Les agrumes 

Fanny-Arco.   Remerciements à Loxam et  au Cimp de Céret

 

 

 

 

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 10:28

canigou.JPG Canigou depuis Villelongue dels -onts (C) Jean-Pierre Bonnel

 

** Les symboles culturels populaires sont les moteurs de ce désir d'émancipation et les armes de l'Indépendance annoncée :

 

-le drapeau catalan sang et or flotte sur de multiples habitations individuelles

-le correllengua (ou "langue qui court") est une initiative annuelle du collectif citoyen CAL

-la flamme, symbole de la résistance catalane

-l'hymne national catalan "Els Segadors", inspiré d'une vieille chanson populaire

-la sardane, danse de paix, de solidarité, d'un peuple qui refuse la mainmise de Madrid

-les castelers, tours humaines, symboles de la fierté, de l'ambition d'un peuple épris de verticalité

-la littérature et les épopées catalanes (CANIGO, par exemple)s sont des oeuvres populaires pour un peuple qui lit et fête la Sant Jordi en envahissant les rues de Barcelone pour voir des auteurs et acheter des ouvrages...

- la Diada, fête nationale du 11 septembre, avec organisation d'une marche immense pour obliger le président national nationaliste à organiser un référendum d'autodétermination: la "Viia catalana", vaste chaîne humaine, des Pyrénées à Tarragone...

 

(à l'opposé, le castillan et la corrida sont des repoussoirs.)  J.P.Bonnel -

 

 

  • ***Catalans: les paradoxes d'un peuple complexe 

Retranchés sur leur territoire mais ouverts sur les autres, discrets hors de leur fief mais extrêmement fiers de leur culture et de leur identité, les Catalans sont tout en nuances. Plongée dans l'âme catalane. 

 

perpignan_4026959.jpg

 

DESTINEES. Cédé à la France en 1659, Perpignan a partagé près de huit siècles d'histoire commune avec ses cousins espagnols.

 

Septième jour de la Genèse. Dieu et saint Pierre passent en revue le monde qui vient d'être façonné. Soudain, saint Pierre interpelle le Créateur: "Dans ce petit bout de terre, je vois la mer, la montagne, la campagne, la vigne et le soleil. N'est-ce pas un peu injuste pour les autres?" Dieu lui répond dans un sourire: "J'ai fait une faveur aux Catalans car je sais qu'ils resteront discrets." Cette blague catalane, que les amoureux du "pays" servent crânement aux touristes, connaît bien sûr de multiples déclinaisons régionales. Mais elle résume assez bien quelques-unes des grandes caractéristiques de ce peuple atypique. 

Lire le dossier complet "Perpignan. Les Catalans" dans notre édition régionale en kiosque mercredi 4 septembreLa fierté du territoire, tout d'abord. Des paysages verdoyants aux criques escarpées de la Côte Vermeille, des monts enneigés de Cerdagne aux vignes généreuses du Roussillon, le Catalan du Nord -désigné ainsi depuis les années 1970 par rapport au voisin d'outre-Pyrénées- s'identifie profondément à son département. Probablement parce que les Pyrénées-Orientales ont conservé une cohérence historique. "Pour une fois, la France a bien fait les choses, explique Jean-Marc Pujol, maire (UMP) de Perpignan. Alors que beaucoup de peuples se sont retrouvés à cheval sur deux départements ou intégrés à un ensemble plus vaste, les frontières des Pyrénées-Orientales embrassent celles de la Catalogne du Nord historique.

L'absence de gentilé ne doit rien au hasard. "Nous n'avons pas besoin de nom pour désigner les habitants! s'exclame Alà Baylac-Ferrer, historien à l'université de Perpignan. Ici, on est avant tout de Cerdagne, de Perpignan, de la côte... Dire qu'on vit en territoire catalan convient à tout le monde." Cet esprit catalan fut forgé pendant près de huit siècles de destinée partagée avec le Sud, ­notamment lorsque Perpignan fut la capitale glorieuse du royaume de Majorque (1276-1344). Il explose dans les moments de ferveur collective, notamment lors des matchs de l'Usap ou des feux de la Saint-Jean. 

Malgré l'installation de 5500 nouveaux habitants par an, l'identité catalane résiste bien. Elle s'entend -l'accent domine toujours dans les rues-, se voit-le drapeau sang et or trône fièrement sur les monuments (le Castillet), les institutions (mairies, conseil général), certains commerces et balcons- et se vit. La culture catalane ne se résume pas au folklore des danseurs de sardane qui réjouissent les ­touristes en été. "Ceux qui viennent d'ailleurs sentent tout de suite une atmosphère différente. Notre identité est palpable", résume Jaume Roure, l'adjoint chargé des affaires catalanes à Perpignan. 

Il existerait autant de façons d'être catalan que de Catalans eux-mêmes

Deuxième singularité locale: l'"Homo catalanus" disposerait d'une tendance paradoxale à exhiber son identité lorsqu'il est chez lui, mais à se montrer très discret dès qu'il met le pied plus au nord, c'est-à-dire dès... Narbonne. "C'est notre côté grande gueule du Sud, sourit Christiane, 48 ans, employée d'un bureau de tabac à Perpignan et catalane depuis dix-neuf ans. On sort les drapeaux à la moindre occasion, on hurle à s'en péter les tympans pour soutenir l'Usap, mais le reste de la France nous connaît peu!

A la différence des Bretons ou des Corses, les Catalans du Nord créent peu d'associations identitaires hors de leur fief. La réserve fait-elle partie du caractère local? Jérôme Pujol, le président de l'Association des cadres catalans de Paris, en est persuadé: "Etre catalan, c'est choisir d'adhérer à un territoire et à son art de vivre, explique cet Argelésien à l'accent dilué par vingt ans de vie parisienne. La plupart ajoutent le rugby et la gastronomie. Une minorité se définit par rapport à la langue, à la culture et à l'Histoire. Mais il n'y a rien d'ethnique ou de revendicatif.

Il existerait donc autant de façons d'être catalan que de Catalans. Rien d'étonnant. Situé en plein couloir méditerranéen, le département est une terre d'immigration. Des Gitans de Barcelone aux retraités de Normandie, en passant par les réfugiés espagnols du franquisme, les Portugais, les pieds-noirs d'Algérie et les Maghrébins, les Catalans ont absorbé maintes vagues migratoires. Symbole de ce métissage, le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, est tout à la fois pied-noir et catalan. 

Prise de distance

Les nouveaux venus adoptent en général assez vite le pays. Quelques semaines suffisent pour goûter sa première escalivade de légumes et assimiler les particularismes locaux: le village de Baixas ne se prononce pas "béxas" mais "bachas" ; on passe la toile et non pas la serpillière, et on demande une poche à la place d'un sac en plastique... Dans la rue, maîtriser quelques rudiments de catalan, à l'image de "bon dia" pour saluer ou "fins aviat" pour "à bientôt", attire toujours un sourire bienveillant. 

Si les Catalans ouvrent grand leurs bras à quiconque montre un intérêt pour leur culture, l'affirmation d'une identité forte passe aussi, comme en Corse ou au Pays basque, par une prise de distance vis-à-vis du reste de la France. A commencer par les Audois, coupables d'occitanisme. Alexandre Combes, 25 ans, originaire de Port-la-Nouvelle, peut en témoigner. Il fut surnommé "le gavatx" (l'étranger, prononcer "gabatch") lors de sa scolarité à Perpignan. "Tous les Audois étaient traités ainsi, mais ce n'était pas méchant, juste un peu moqueur", se souvient-il. 

Les Montpelliérains, eux, sont accusés de mépris. Beaucoup de Catalans lèvent les yeux au ciel en repensant à l'épisode "septimanien" de Georges Frêche. En 2005, l'imprévisible président décidait de rebaptiser la région "Septimanie", en référence à un royaume wisigoth du VIIIe siècle qui épousait peu ou prou les frontières du Languedoc-Roussillon. Les Catalans le vécurent comme un affront. "La mobilisation a largement dépassé les cercles catalanistes. Frêche a choqué tout le monde en niant aussi effrontément l'identité de tout un peuple", explique l'historien Alà Baylac-Ferrer. La ­résurrection de la Septimanie ne fera pas long feu. "On ne rapproche pas le Languedoc et le Roussillon avec un nom commun mais en développant des partenariats, estime Jean-Marc Pujol. Or, je suis incapable de vous citer une seule entreprise montpelliéraine implantée à Perpignan alors que j'en connais une dizaine originaires de Barcelone.

Une double frustration

C'est un fait: les Catalans se tournent de plus en plus vers le Sud. Les barrières économiques et géographiques s'atténuent. D'ici à la fin de l'année (en théorie), Perpignan ne sera plus qu'à quarante-cinq minutes de TGV de Barcelone alors qu'il faut compter une heure et demie pour rejoindre Montpellier en train. Mais la fracture politique et linguistique, elle, semble infranchissable. Avec seulement un peu plus de 20% de bilingues, la question d'associer les "cousins" du Nord au processus d'indépendance de la Catalogne ne se pose même pas. 

"Historiquement, Perpignan est catalane. Mais l'influence de la France depuis trois siècles a changé la donne", confirme Joan-Lluis Lluis, responsable du service de langue catalane à la Casa de la Generalitat de Catalunya, la délégation du gouvernement sud-catalan à Perpignan. L'immense majorité de la population se sent en phase avec cette affirmation, à l'exception de certains catalanistes qui couperaient volontiers le cordon avec la France. A l'image du musicien Raph Dumas: "Je me considère ­davantage catalan que français. Etre intégré à une Catalogne indépendante me plairait bien.

En attendant, beaucoup de Catalans bilingues ressentent, parfois inconsciemment, une double frustration : celle de ne pas se sentir complètement français et celle de ne pas partager les destinées de la "vraie" Catalogne, où la langue est parlée par près de 80% de la population. 

Si un monde sépare le catalaniste bilingue et le retraité parisien, tous se mettent d'accord sur l'essentiel: la fierté d'être catalan. Et gare à ceux qui oseraient les critiquer. Les Catalans sont accueillants, mais ne retiennent personne.  

(C) Sylvain Rolland - - Dossier de L'Express (3/9/2013)

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/region/midi-pyrenees/catalans-les-paradoxes-d-un-peuple-complexe_1278122.html#T4JsthGDweWRQhXk.99 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 12:33

castillet.JPG Castillet illuminé (Jean-Pierre Bonnel, déc 2014)

 

Merci aux sites qui ont publié ces textes sur la Catalogne.

 

*Expliquer la Catalogne aux Français

(par Francesc Bitlloch et Patrick Roca, membres de l’Assemblea Nacional Catalana)

Lorsqu’ils sont informés de l’existence de mouvements revendiquant l’indépendance d’un territoire, les Français, les Anglais ou les Japonais ne réagissent pas forcément de la même manière. Dans chaque cas entrent en jeu des éléments liés à la mentalité, voire à certains a priori liés à l’Histoire et au système politique propres à chaque pays.

Lorsqu’on analyse la réaction immédiate et générale de la classe politique française, des médias et des citoyens face aux informations concernant une possible indépendance de la Catalogne, on observe des réactions qui, dans l’ensemble, ne sont pas très différentes les unes des autres. En effet, une certaine idéologie jacobine imprègne encore assez fortement une partie de la société française, ses institutions, ses manuels d’Histoire, sa classe politique, ses médias et même la langue de tous les jours.

Un Etat – une nation – une langue

La confusion entre l’Etat et la nation, propre à l’idéologie jacobine, en est un exemple flagrant et dans de nombreux cas aucune différence n’est faite entre les deux termes. L’Espagne étant un Etat, elle doit donc forcément être une nation, se dit-on. L’identification de l’Etat à la nation va même plus loin et inclut la langue : si l’Espagne est une nation, elle ne peut avoir qu’une langue. Tout ce qui n’est pas de l’espagnol ne peut être que dialecte ou patois sans guère d’intérêt. Sans Etat, point de nation ou de langue.

Cette perception est pour le moins paradoxale si l’on garde à l’esprit que de nombreux francophones vivent dans des Etats composites, « plurinationaux », tels que la Belgique, la Suisse, ou le Canada, et qu’il existe au Québec un puissant mouvement indépendantiste comptant bien des sympathies en France.

Modèle français / modèle  espagnol

Outre ces éléments idéologiques, il faut peut-être aussi rappeler une certaine fascination française pour l’exotisme culturel de l’Espagne, ce qui conduit donc souvent à ne pas vouloir entendre les arguments avancés par les Catalans pour expliquer leur désir d’indépendance. Ces arguments sont souvent perçus comme injustes, comme des éléments de division et de confrontation qui remettent en question l’idée préconçue que beaucoup ont de ce qu’est un Etat, et en particulier l’Etat espagnol. L’Espagne est globalement perçue comme un Etat unifié, sur le modèle français. L’erreur est peut-être compréhensible, dans la mesure où l’Etat unitaire espagnol s’est construit sur le modèle de la France, qui était parvenue à créer une nation sur la base d’un Etat préexistant.  Il est donc particulièrement difficile pour certains de comprendre ces Catalans qui veulent justement faire le contraire : créer (ou plutôt recréer) un Etat sur la base d’une nation catalane préexistante.

Les épouvantails du jacobinisme

Dès lors, il est intéressant d’analyser, dans le langage quotidien, les lieux communs qui surgissent souvent comme des épouvantails lorsque le mot Catalogne apparaît dans une conversation, des réactions calquées sur celles que peuvent susciter chez certains les revendications culturelles bretonnes, corses, basques, alsaciennes ou occitanes. On pourrait en faire un dictionnaire. Voici les termes les plus importants:

- Repli identitaire. Se replier, c’est retourner aux temps précédant l’existence de la nation, retourner aux identités perçues comme tribales ou féodales.

- Protectionnisme ethnique. Les identités infra-étatiques sont archaïques, exotiques, inférieures… Protéger les langues non « nationales », c’est sympathique en Afrique, mais dangereux en France, et donc aussi en Espagne.

- Communautarisme. « Le » terme péjoratif, utilisé pour désigner aussi bien les immigrés qui se ferment sur leur culture d’origine et les défenseurs des langues minoritaires.

- Passéisme, langue régionale. La  langue « régionale », c’est la langue du passé, des grands-parents.

- Egoïsme territorial. Le concept qui, au nom de la solidarité, justifie le traitement fiscal discriminatoire de l’Etat espagnol envers la Catalogne depuis 300 ans. Toute revendication propre à un territoire est un égoïsme territorial.

N’oublions pas, bien entendu, l’utilisation généralisée du terme «populisme» pour tout ce qui semble un peu excessif. Mais l’épouvantail jacobin par excellence, la barrière sémantique infranchissable, c’est l’utilisation systématique de deux mots, « nationaliste » et « séparatiste », qui disqualifient d’office ces processus et leurs partisans.

Dans les médias français le terme « nationaliste » désigne souvent des mouvements radicaux, voire violents. C’est un mot avec une forte connotation historique, qui évoque l’extrémisme, l’extrême-droite, l’exaltation des symboles patriotiques, l’idéologie ethniciste voire raciste.

Toute personne connaissant le mouvement catalan doit portant bien convenir que les idées que véhiculent ces mots-épouvantails sont fort éloignées des revendications catalanes. Comment, dès lors, faire connaître aux Français la nature du processus actuellement à l’œuvre en Catalogne ?

Les médias français

Les médias français, contrairement aux médias anglo-saxons, ont somme toute assez peu parlé du processus d’indépendance de la Catalogne. C’est le paradoxe : les voisins méridionaux de la France sont en plein processus d’indépendance et les Français n’en sont qu’assez peu informés. Il nous faut saluer les efforts encourageants de certains médias, régionaux et nationaux, avec quelques infléchissements récents et remarqués. Mais ici ou là pointent encore trop d’amalgames et d’à-peu-près, dus à une lecture idéologique des événements, qui sont décodés, parfois inconsciemment, au travers d’une vision jacobine de l’Etat espagnol.

Il demeure sans doute une certaine ignorance de la situation et aussi une grande difficulté à comprendre ce qui se passe, tant ce processus est éloigné des schémas mentaux et socio-politiques français. Certains articles, et certains commentaires des lecteurs dans la presse numérique, sont illustratifs de cette incompréhension.

Des explications argumentées et rationnelles

Pour expliquer en France la nature du mouvement d’indépendance catalan tout en évitant de recevoir pour toute réponse les lieux communs du jacobinisme, il nous semble indispensable d’expliquer le mouvement de façon rationnelle et argumentée en trois temps : le passé, le présent et le futur de la Catalogne.

1. LE PASSÉ. Une nation avec 1000 ans d’histoire, dont 700 ans d’indépendance et 300 ans de soumission à l’Etat espagnol suite à une guerre de conquête brutale. Un des premiers Parlements en Europe, dès le XIIIe siècle, dans le cadre d’un Etat souverain, où l’exercice du pouvoir s’exerce par la négociation et le pacte entre le roi et les représentants du peuple et où des libertés remarquables pour l’époque sont garanties. Une langue millénaire, née en même temps que toutes les autres langues latines. Une littérature comme celle des autres nations européennes, avec des auteurs tels que Ramon Llull (Raymond Lulle), Ausiàs March, Jacint Verdaguer, Joan Maragall, pour ne citer que quelques grands classiques. Des contributions à la peinture et à l’architecture qui ont souvent mis la Catalogne à l’avant-garde de l’Europe, avec des artistes telles que Gaudí, Miró ou Dalí.  Et dans un autre registre, une cuisine, des fêtes, des traditions, un folklore, vivants et originaux, expression d’une identité très ancienne en tant que peuple distinct. Un peuple qui demande tout simplement la restitution de sa liberté et de son Etat, qui lui furent arrachées par la force il y a 300 ans. Non pas pour s’isoler, pour se « replier », mais pour se réintégrer en tant que partenaire de plein droit dans la communauté internationale.

LE PASSÉ RÉCENT. Pourquoi la cohabitation harmonieuse au sein de l’Etat espagnol s’est-elle avérée impossible ? Ce n’est pas faute d’avoir essayé, en tout cas pour ce qui est des Catalans. Mais quelle a été la politique de l’Etat espagnol au travers des siècles ? Une spoliation économique de la Catalogne, avec une pratique fiscale et économique discriminatoire, bien documentée par des historiens et des économistes de renom, et qui commence dès la conquête de 1714. Une répression continue pour étouffer et mettre fin à l’existence de cette nation : bombardements (tous les 50 ans, comme le recommandait le général Espartero),  diverses dictatures brutales, des guerres sanglantes, des exils massifs, une répression extrêmement dure, l’interdiction de la langue catalane. Des tentatives renouvelées d’accord pour trouver des formes de cohabitation harmonieuse au sein de l’Etat espagnol,  qui n’ont jamais été respectées, l’exemple le plus spectaculaire et un des détonateurs de la crise actuelle étant le sabotage par le Parti Populaire et par ses relais dans la Cour constitutionnelle espagnole du nouveau Statut d’autonomie voté en référendum par les Catalans. Des tentatives renouvelées, là aussi, de « changer l’Espagne », de la faire évoluer vers plus de modernité et de démocratie, qui ont été reçues avec dédain par les pouvoirs en place, par les grands partis espagnols et par les restes d’une oligarchie franquiste encore en place après trente ans, au nom d’une conception ancienne et immuable de l’Etat espagnol comme un tout uniforme et monolingue.

2. LE PRÉSENT (volet économique). L’indépendantisme catalan, ce n’est pas un « égoïsme territorial » ou un refus des riches d’être solidaires avec les pauvres. Il s’agit d’un déséquilibre territorial structurel, historique, discriminatoire, unique au monde.

La crise n’a fait qu’aggraver une injustice historique, remontant à la conquête de 1714, un déséquilibre entre territoires vainqueurs et vaincus, entre dominants et dominés. La revendication économique n’est pas au cœur du mouvement indépendantiste, mais elle constitue une manifestation évidente et chiffrée d’une colonisation culturelle, linguistique et institutionnelle. La Catalogne représente 16 % de la population, génère 20 % de la richesse, paye 22 % des impôts et ne reçoit que 9% des investissements de l’Etat. 8 % du PIB catalan s’évapore chaque année en transferts fiscaux vers Madrid qui ne sont pas réinvestis par l’Etat en Catalogne, ce qu’on appelle le « déficit fiscal » (le plus élevé au monde, bien au-dessus de celui du Land de Bavière, le plus riche d’Allemagne, avec un déficit fiscal de 4%). La Catalogne, asphyxiée économiquement par Madrid de façon délibérée, se trouve en outre être la région souffrant le plus des coupes budgétaires (30% du total espagnol).

Et si cet immense déficit fiscal était utilisé pour assurer le progrès de l’Espagne et le bien-être des Espagnols, on pourrait sans doute discuter. Mais l’essentiel du déficit fiscal est destiné aux dépenses somptuaires et inutiles : TGV et  aéroports vides et non rentables, clientélisme généralisé, corruption, grandes dépenses d’armement pour les amis de l’oligarchie madrilène, et autres œuvres pharaoniques.

LE PRÉSENT (volet politique). Toute la stratégie de Madrid vise à nier l’existence d’un peuple. Les chiffres du déficit fiscal, et la nécessité de continuer à l’exploiter la Catalogne pour assurer le pouvoir d’une oligarchie, expliquent pourquoi il est essentiel pour Madrid de nier l’existence de la Catalogne en tant que nation et que sujet politique qui aurait son mot à dire dans sa destinée politique. Ils expliquent pourquoi Madrid menace de détruire la langue catalane en essayant de mettre fin à l’école en catalan, qui fonctionne depuis trente ans, a le soutien d’une partie écrasante de la population et a permis que, malgré les origines très variées des Catalans d’aujourd’hui, 95 % comprennent le catalan et 75 % le parlent. Ces chiffres expliquent aussi pourquoi l’Espagne a fait annuler les dispositions essentielles d’un Statut d’autonomie négocié, voté et ratifié par référendum par le peuple de Catalogne. La spoliation n’est pas seulement fiscale, elle est aussi culturelle, linguistique et politique.

3. LE FUTUR. L’indépendantisme catalan est une aspiration collective et largement partagée : 80% des Catalans favorables à un référendum ; immenses manifestations ; deux millions de personnes pour la chaîne humaine en septembre 2013 ; une majorité parlementaire favorable à l’indépendance ; enquêtes très favorables au « oui » en cas de référendum ; une déclaration de souveraineté votée en janvier 2013 par le Parlement… Face à cette aspiration populaire, la camisole de force que constituent une monarchie et d’une Constitution faites pour perpétuer un certain héritage du franquisme (les historiens ont établis que les militaires franquistes ont pesé sur le processus de rédaction de la Constitution, en particulier sur l’article qui décrit l’armée comme le garant de l’unité espagnole) ; bruits de bottes lorsque l’indépendance de la Catalogne est évoquée ; un Etat qui, incapable de séduire une majorité de Catalans, joue la carte du discours de la peur. Mais la majorité parlementaire pour l’indépendance est là. Ce que les Catalans veulent, c’est un pays normal. Construire un pays normal. Et non pas demeurer des citoyens de second rang dans cet Etat espagnol qui les traite comme des étrangers. Les Catalans veulent donc voter comme les Ecossais, comme les Québécois… Mais l’Espagne résiste, une autre preuve que cet Etat n’est pas totalement démocratique.

POUR CONCLURE : L’indépendantisme catalan est démocratique, pacifique et surtout INTÉGRATEUR, loin de l’ethnicisme, du racisme et de l’exclusion. Un indépendantisme fait de personnes venues de partout, un indépendantisme bilingue et multilingue, un indépendantisme enthousiaste qui veut construire un Etat plus juste, plus moderne, plus prospère, plus solidaire. Comment le veulent aussi tous les peuples du monde. La plupart des peuples y arrivent par la force, les Catalans y arriveront grâce à la persévérance et à la démocratie.  Posted on 10 desembre 20 

 

**En sang et or, le peuple de la Catalogne veut l'indépendance

01 JUILLET 2013 PAR STEPHANE RIAND

Ici, en Catalogne, le peuple catalan veut son indépendance. Une majorité politique, qui traverse la gauche, la droite, le centre, qui réunit les jeunes et les vieux, les intellectuels et les ouvriers, les femmes et les hommes, s’est créée aux couleurs sang et or. Le pays catalan est traversé de signes qui ne trompent pas l’étranger et le curieux.

Le Barça, emblème de la Catalogne, a choisi pour la saison 2013-2014 des maillots aux traits et aux couleurs de la senyera, le drapeau catalan. En sang et or. Comme s’il était certain que le référendum d’autodétermination aurait immanquablement lieu en 2014.

Ce dernier samedi, le Camp Nou du Barça était bondé. 90’000 personnes réunies pour y chanter leur désir d’indépendance. Un peuple uni dans ce stade mythique pour y vibrer non aux exploits de Messi et de Xavi, mais pour y revendiquer haut et fort sa volonté de liberté politique. Un concert pour la liberté (Concert per la Llibertat) – Freedom 2014 Catalonia pouvions-nous lire en anglais dans les rangées du Nou Camp -.

En 1924, Gaudi, l’âme architecturale de Barcelone, se faisait arrêter au milieu de la cité, simplement parce qu’en marchant il parlait catalan. Aujourd’hui une physiothérapeute de Platja d’Aro devant une patiente ose : « les gens sont prêts à l’indépendance. Ils en ont marre. Ils ne veulent plus suivre les directives de Madrid qui veut réduire l’enseignement en langue catalane. Les gens ne le supportent plus. Et surtout les jeunes ». Dans certaines classes, prévoit Madrid, il suffit d’un élève exigeant un enseignement en castillan pour imposer l’abandon du catalan. Or cette langue catalane, à nulle autre pareille, est si intimement inscrite dans la chair des hommes et des femmes d’ici qu’y toucher est un acte au-delà du sacrilège.

Le gouvernement conservateur de Marian Rajoy, comme l’écrit Le Figaro du 1er juillet 2013, « freine des quatre fers une initiative qu’il juge contraire à la Constitution ». Mais les deux grands partis nationalistes de la Catalogne se sont engagés devant leurs électeurs à organiser ce scrutin portant sur l’autodétermination, à terme sur l’indépendance.

Les Catalans sont convaincus aussi d’être les vaches à lait du pays. Ils avancent notamment le coût de l’utilisation des autoroutes, par exemple entre Girone et Barcelone, qu’ils comparent à la gratuité de parcours à travers toute l’Espagne. On pressent, sans que personne ne veuille trop s’étendre sur les chiffres réels de la chose, que l’argument fiscal, financier et économique guide aussi les pas de la majorité de la Catalogne.

Lorsque, en 2010, l’Espagne devint championne du monde de football en Afrique du Sud, au pays de Mandela, Xavi Hernandez a revêtu pour son tour d’honneur aux côtés d’Andres Iniesta un drapeau aux couleurs de la Catalogne et non de l’Espagne. Autour d’une paella marinière ou d’une dorade grillée, les supporters catalans, sirotant leur bière, ne sont pas peu fiers de faire savoir que sept joueurs du Barça sur onze figuraient dans la composition de cette fabuleuse équipe de football qui domina ce sport ces dernières années.

Les hommes de la culture, emmenés par Luis Llach, soutiennent cette ferveur. Certains se sont engagés derrière la formation politique Esquerra Republicana de Catalunya.

Le mouvement est irréversible.

« In, in-de, In-de-pen-den-cia ! », voilà le cri de rassemblement de tous les Catalans.

Le point final du concert a été donné avec la chanson « Tossudament  alçats » (obstinément rebelles) et des cris en faveur de l’indépendance. Une immense clameur en forme de message politique adressé vers Madrid.

 

***Espagne. La Catalogne prend le large

GRAND ANGLE A Sant Vicenç dels Horts, près de Barcelone, on vit déjà bien loin de Madrid. Dans toute la région, à la faveur de la crise, l’indépendantisme gagne du terrain.

La flamme a une allure olympique. L’urne métallique qui lui sert de support a été placée en surplomb des regards, comme si elle trônait, devant les balcons de la mairie pavoisés d’une longue senyera, le drapeau catalan sang et or. Tôt ce samedi-là, les membres du club des cyclistes et des excursionnistes l’avaient recueillie des mains de leurs compères de la ville voisine pour l’apporter ici, sur la place de Sant Vicenç dels Horts.
C’est jour de fête dans cette bourgade-dortoir de 28 500 habitants, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Barcelone. La correllengua, littéralement «la langue qui court», est une initiative annuelle du collectif citoyen CAL, qui promène de ville en ville cette flamme, symbole de la «résistance culturelle» catalane. Vers 11 heures, sous un doux soleil d’automne, un chœur s’est formé face à la flamme pour entonner à pleins poumons Els Segadors («les faucheurs»), l’hymne national catalan inspiré d’une vieille chanson populaire faisant référence aux injustes taxes imposées par Madrid au XVIIe siècle.L’hymne sert de coup d’envoi à une série de réjouissances qui durera jusque dans la soirée : on danse la sardane, on déguste les produits du terroir, on édifie les célèbres castelers, ces tours humaines auxquelles contribuent les plus petits et, selon la tradition des diables e angels diabolics, on actionne un mammouth articulé couvert de laine d’où explosent des pétards et sous lequel les plus jeunes s’en donnent à cœur joie et se trémoussent en poussant des cris. Dans une ambiance champêtre à la Jacques Tati, on découvre un condensé de la culture populaire de Catalogne. Mais malgré les accents de kermesse, les activités sont vécues avec intensité et discipline.

«L’Espagne, le reste de l’Espagne, semble bien loin, n’est-ce pas ?» remarque Imma Prats, élue chargée de la culture. Il y a, dans la voix de cette jeune femme brune, la satisfaction d’avoir réussi la gageure de «catalaniser» la bourgade. Rien à voir avec les provinces de Lleida ou de Gérone, où cette culture millénaire est très enracinée : avec ses bâtiments laids et défraîchis des années 60, sans patrimoine historique ou si peu, coincé entre une autoroute, une nationale et une voie de chemin de fer, Sant Vicenç dels Horts est caractéristique du cinturón, cette grande agglomération barcelonaise peuplée majoritairement de gens ayant émigré il y a trois ou quatre décennies du sud de l’Espagne. De sorte que 70% des Vicentinos parlent le castillan et, au mieux, bredouillent le catalan.

«A la mairie, on propose des cours de langue, poursuit Imma Prats. Ce bain culturel prend du temps, on a longtemps ramé, mais cela porte ses fruits.» Pour preuve, après trente ans de domination socialiste (parti espagnoliste), la municipalité est tombée en 2011 dans le giron d’Esquerra Republicana (Gauche Républicaine, ERC), formation qui prône l’indépendance et qui, en coalition avec les démocrates-chrétiens de CiU, au pouvoir régional, a annoncé un référendum d’autodétermination pour 2014, malgré les cris d’orfraie de Madrid.

«MAÎTRISER SON DESTIN»

Cette perspective enflamme Montse Siñol et Ivan Barquero. Au départ, ils ont peu en commun. Elle, 54 ans, formée dans l’administration, de famille catalanophone, un père passé pendant la guerre par le camp de concentration d’Argelès. Lui, 36 ans, technicien chez Canon, d’origine castellano-andalouse, une mère ultra-espagnoliste. Montse et Ivan partagent un même rêve : l’indépendance. Tous les deux vivent «en catalan» : la radio (la Rac 1 ou Cat Radio), la télé (TV3), les lectures, les activités culturelles… Tous les deux se réjouissent que les arènes municipales ne servent plus depuis l’interdiction de la corrida – symbole de «l’Espagne rance», disent-ils -, décrétée par le Parlement catalan en 2010. Mais cela ne leur suffit plus, ils veulent pleinement s’émanciper du reste du pays, «vivre dans une Catalogne souveraine» (Ivan), «dans un pays qui maîtrise son destin» (Montse). Au chômage depuis peu, ils pensent qu’alors, leur situation s’améliorera. «En Catalogne, les choses se font mieux, plus sérieusement, insiste Ivan. J’ai découvert cela dès l’école. Et puis, notre culture est différente, plus flexible, moins bornée, moins agressive. Vraiment, le mieux est de divorcer, et de devenir de bons voisins.»

Ce sont eux qui, à Sant Vicenç dels Horts, animent la branche locale de l’Assemblée nationale de Catalogne, l’ANC, séparatiste, qui compte 40 membres et 200 sympathisants. Ce n’est pas mal pour une organisation née en mars 2012. A l’échelle de la Catalogne, c’est déjà un collectif conséquent avec 50 000 socios (adhérents), dont 20 000 avec droit de vote, et 600 assemblées territoriales – soit deux tiers des municipalités catalanes. A l’ANC, aucun des adhérents ne peut exercer une fonction dans un parti, et l’indépendance financière – dons des membres et merchandising – est totale. L’ANC se veut un mouvement citoyen, transversal (presque toutes les professions y sont représentées), sans affiliation politique. Une sorte d’avant-garde de la lutte indépendantiste au sein d’une société qui, depuis longtemps, se caractérise par un militantisme actif.

Là réside la singularité du mouvement séparatiste catalan : à la différence du Québec ou de l’Ecosse (les deux principaux modèles, vu de Barcelone), la société civile pèse davantage que les leaders politiques. «Nous avons plusieurs longueurs d’avance sur eux. Sans nous, cela fait longtemps que la flamme indépendantiste serait retombée», assure Jaume Marfany, qui travaille au département de politique linguistique. C’est l’un des hommes forts de l’ANC, il reçoit dans ses locaux barcelonais de 2 000 m², non loin de la Sagrada Familia. «Notre mouvement n’a pas d’équivalent ailleurs. A l’échelle européenne, c’est sans aucun doute le projet collectif qui suscite le plus d’engouement. Et ce en pleine morosité économique.»

Ces dernières années, la société catalane s’est fortement éloignée de Madrid. D’après un récent sondage de la Generalitat (l’exécutif autonome), 54,7% des 7,5 millions d’habitants sont favorables à l’indépendance (contre un tiers en 2005) et 80% approuvent l’organisation d’un référendum. Le déclic principal, ce fut l’énorme manifestation de colère, en juillet 2010 à Barcelone, après que le tribunal constitutionnel réduisit à néant un nouveau statut d’autonomie pour la Catalogne. Un terreau fertile, labouré aussi par la crise économique, qui a préparé la naissance de l’ANC.

En 2012, lors de la Diada, la «fête nationale» du 11 septembre, l’ANC organise une immense marche qui oblige le président régional nationaliste, Artur Mas, à promettre un référendum. Rebelote lors de la Diada de cette année, avec l’organisation de la «Via Catalana», une impressionnante chaîne humaine d’un bout à l’autre de la Catalogne, des Pyrénées à Tarragone.

«Cela fait trois cents ans que nous essayons de trouver notre place au sein de l’Espagne, dit Jaume Marfany. Nous avons tout essayé, de façon tolérante et constructive, mais il n’y a pas moyen. L’heure est venue de dire “basta”.» Les doléances sont avant tout d’ordre économique. D’après les indépendantistes, le système de financement défavorise la Catalogne, région la plus dynamique, assurant un quart du PIB espagnol, et impliquerait un manque à gagner de 16 milliards d’euros par an. Madrid réduit ce chiffre de moitié.

Le pouvoir central ayant peu investi ici, le malaise est grandissant : autoroutes payantes (gratuites dans le reste de l’Espagne, hors Pays basque), infrastructures vétustes, aéroport délaissé (El Prat, pourtant plus fréquenté que Barajas, celui de la capitale), couloir méditerranéen non développé, centralisme madrilène… «Tout n’est qu’aberrations. Exemple : une voiture produite ici doit souvent passer par la Castille pour être exportée. Comment un pays peut-il marginaliser sa région la plus forte ?» s’étrangle Oriol Junqueras, leader de la gauche républicaine ERC et maire de Sant Vicenç.

UN «NATIONALISME OBLIGATOIRE»

Ricard Rosenfeld, un pharmacien d’origine germano-hongroise élevé dans un milieu pro-franquiste, a épousé les doléances nationalistes. Il ne décolère pas contre une récente loi détrônant le catalan au profit du castillan comme langue de référence à l’école : «C’est une atteinte à notre liberté, à notre culture.» Sa fille Anna, qui n’a pas raté une seule manifestation de l’ANC, abonde dans son sens : «Madrid nous oblige à justifier le fait que nous parlons une autre langue. Certains me demandent même si je parle catalan dans la rue. Mais c’est ma langue, ma richesse, ils n’ont rien compris !»

Certes, toute la Catalogne n’obéit pas à la lame de fond indépendantiste. Outre les deux formations «espagnolistes», les partis populaire et socialiste, l’ascension de Ciutadans («Citoyens», 9 députés au Parlement autonome) montre que beaucoup manifestent leur rejet. A l’instar du professeur de droit constitutionnel Francesc de Contreras, l’un des inspirateurs de Ciutadans : «On vit ici sous le règne d’une espèce de nationalisme obligatoire et d’une pression médiatique qui veulent nous faire penser de la même façon et proclament pour la Catalogne le ridicule et infondé statut de victime.»

Retour à Sant Vicenç dels Horts. Là, la spectaculaire montée du séparatisme n’est pas tant une affaire de langue, puisque près des trois quarts ne parlent pas catalan. Elle est surtout liée à la peur de l’avenir, alors que le taux de chômage a atteint 23%. De plus en plus, on se méfie de l’Etat central, jugé inefficace, et on parie pour une nation catalane, perçue plus proche et plus efficace.

Fils d’immigrés andalous, affable et loquace, Manolo Garcia, 49 ans, se sent pleinement espagnol, il vibre pour le Real Madrid, ne parle pas un mot de catalan et n’avait jusque-là jamais prêté l’oreille aux sirènes indépendantistes. Mais, en 2011, il vire sa cuti lorsque son entreprise de fibre optique, Fercable, menace d’un plan social lui et 95 autres salariés. «Seuls les séparatistes se sont démenés pour nous sauver et éviter la délocalisation. Cela a marché. J’ai alors compris que l’indépendance était la seule solution pour lutter contre la crise et la globalisation.»    (C) FRANÇOIS MUSSEAU ENVOYÉ SPÉCIAL À SANT VICENÇ DELS HORTS ET BARC

 

** Catalogne, 11 septembre 2013 : l'histoire est en marche ... (10)

09 SEPTEMBRE 2013 PAR STEPHANE RIAND

La Catalogne est fière de ses géants, ces immenses statues qui déambulent dans les rues, les jours de fête.

Le 11 septembre 2013  les verra  participer à cette manifestation de solidarité civique qu’est la Via catalana, parce que là-bas, culture et identité sont indissociables de la vie sociale et politique du pays.

La Catalogne est un géant que l’Espagne  rabote consciencieusement et méticuleusement  depuis des décennies.

Pour s’en convaincre, il suffit de donner la parole aux entrepreneurs, aux créateurs de richesses et d’emplois. Le Cercle Catalan du Commerce (CNN) s’est créé il y  a une dizaine d’années, suite à un amer constat : le monde de l’entreprise perd de son influence sur le marché européen, parce que l’Espagne ne soutient pas la Catalogne, qui se trouve ainsi soumise à une concurrence déloyale de la part de Madrid.

Et pourtant … la Catalogne reste l’un des pays les plus compétitifs du monde industrialisé, comme le montre son important niveau d’exportation. Quel sommet pourrait-elle atteindre, avec un Etat qui aurait à cœur de préserver ses intérêts, avec un Etat qui adopterait une stratégie visant clairement la création de richesses ?

Le CNN a pour principal objectif de démontrer que la Catalogne pourrait être un Etat indépendant, capable de garantir la prospérité de ses citoyens, si elle n’était pas sous le coup d’une spoliation fiscale indécente de la part du gouvernement central.

 

En effet, les impôts récoltés en Catalogne et envoyés à Madrid ne voient qu’une partie insuffisante revenir au pays catalan, ce qui le conduit à pâtir d’une balance négative, et donc d’un déficit fiscal persistant, qui de surcroît s’aggrave chaque année.

La Catalogne ne perçoit pas suffisamment d’argent de l’Etat espagnol pour faire face à ses propres dépenses, ce qui la conduit à demander des emprunts à Madrid, ce qui la contraint à payer des intérêts … et le cercle infernal de se mettre en place.

Chaque jour, près de 40 millions d’euros partent de Barcelone à Madrid. Entre 1986 et 2006, la Catalogne, qui représente 16 % de la population nationale, génératrice de 20 % de la richesse ibérique, paie 24 % des impôts totaux. L’écart, lorsqu’il se chiffre en milliards, est d’importance, et les conséquences le sont d’autant plus.

Paralysie des investissements dans le port de Barcelone (473 millions), coupes dans le budget de la Santé (921 millions), de l’Education (144 millions), coupes salariales pour les fonctionnaires (320 millions), etc.. La Catalogne applique des mesures d’économie sur le plan des infrastructures, routières, policières, éducatives, sanitaires ou sociales, ce qui très logiquement affecte le niveau de vie de ses citoyens et freine la compétitivité de ses entreprises.

La Catalogne est un géant que Madrid veut voir à genoux.

Camembert1-300x225.jpgElle, qui ne représente donc que 16 % de la population espagnole, se voit dans l’obligation de participer à hauteur de 74 % au fonds de réserve pour la Sécurité sociale. De 2004 à 2007, 17 millions ont été versés à l’Etat, selon une répartition qui démontre à quel point l’injustice est flagrante : 13 millions à charge de la Catalogne, 4 millions à charge du reste de l’Espagne [les chiffres sont en milliers de millions d'euros !].

Entre 1985 et 2005, 600 km d’autoroute ont été construits dans la région de Madrid. Mais seulement 20 en Catalogne. Et elles sont autrement plus chères que dans le reste du pays : le trajet Barcelone-Madrid vous coûtera 20 euros du km, pour seulement 14,3 euros sur le trajet Séville-Madrid. Comment ne pas comprendre les entreprises de transport qui se délocalisent vers la capitale …

La Catalogne est donc la communauté autonome qui paie le plus d’impôts à l’Espagne, et qui perçoit le moins en retour. Pourtant, certaines régions de l’Espagne, confrontées au même souci, ont pu bénéficier d’un accord fiscal plus favorable de la part de Madrid. Qui jusqu’ici se refuse à accorder les mêmes privilèges à la Catalogne, pourtant lourdement endettée.

Selon le CNN, cet endettement serait purgé en moins de deux ans si la Catalogne devenait indépendante.

 

Non seulement la mère étouffe la fille pour mieux la contrôler, sans comprendre que cette attitude exacerbe les velléités d’indépendance de la région, de cette nation, mais encore elle ne tient pas les promesses qu’elle lui a faites. En effet, Madrid ne réalise que très partiellement les investissements prévus en Catalogne.

En 2009, sur seuls 32 % des investissements promis pour les infrastructures terrestres ont été réalisés. Ce chiffre chute à 8 % pour l’année 2011.

 

Enfin, Madrid discrimine la Catalogne, entravant ainsi consciemment son développement économique, avec comme conséquence immédiate une péjoration du niveau de vie de ses habitants.

Pour l’exemple, 700’000 passagers annuels restent sur le carreau, à l’aéroport de Barcelone, à qui Madrid interdit de mettre en place des vols directs avec Buenos Aires, New York, Tokyo, Los Angeles ou encore Sao Paulo.

Seuls 24 % des vols intercontinentaux avec l’Espagne se font depuis Barcelone, ce qui naturellement génère un important manque à gagner, et donc freine son expansion et les investissements qui l’accompagnent.

Les étudiants catalans, dont la région représente  16 % du territoire national, ne perçoivent que 8 % des bourses.

La Catalogne est également la région qui compte le moins de fonctionnaires pour son administration, le moins de juges pour le fonctionnement de la justice.

Le géant catalan grogne, non parce que l’Espagne va mal, mais parce qu’elle se montre injuste, parce qu’elle est mal gérée, et que la Catalogne paie la facture.

Imaginez une ville de 75’000 habitants, Ciudad Real, que l’Etat central dote d’un aéroport qui coûte la bagatelle de 1’100 millions d’euros, avec une piste longue de 4 km (l’une des plus longues du monde !)  … et que seuls 120 passagers fréquentent chaque jour.

Et la Catalogne de s’appauvrir … l

Le niveau de vie des Catalans, ces dernières années,  a baissé de 7,5 % par rapport à la moyenne espagnole.

En 2009, le pays compte 18,4 % de pauvres. Aujourd’hui, on parle de malnutrition infantile dans certaines couches de la population.

Entre 2003 et 2006, en matière de compétitivité, la Catalogne recule de six places dans le monde.

Comment ne pas comprendre l’amertume des Catalans … il est trop facile de les accuser de se montrer peu solidaires envers leurs frères.

Entre la solidarité et les impôts confiscatoires, il y a un pas.

http://www.youtube.com/watch?v=tRQxhkmiXcs&feature=youtu.be

Que le géant catalan franchira le 11 septembre … lorsque les cloches sonneront, lorsque qu’à 17h14 les mains s’uniront, lorsqu’à 17h55 le chant Els Segadors sera chanté simultanément par des centaines de milliers de personnes.

Post Scriptum : voici un document à ne pas manquer si l’on désire approfondir les raisons économiques qui incitent la Catalogne à se séparer de l’Espagne : http://www.ccncat.cat/sites/default/files/REEP-Capitol-1.pdf

J

 

 

 

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 15:59

catalunya-2014.jpg  La Catalogne, une fenêtre ouverte sur l’avenir…

 

Catalunya més que mai…

 

Première puissance industrielle, seconde force agricole de l’Espagne, la Catalogne se révèle aujourd’hui comme un vivier de projets, d’espoirs et de dynamiques dans l’espace européen qui se dessine et qui s’installe.

 

Dans une société en mouvement perpétuel, être catalan c’est choisir son destin, c’est mesurer tout ce que le passé nous a légué, c’est appréhender avec lucidité mais non sans humilité ce que l’avenir nous propose…

 

La Catalogne, c’est la force tranquille d’un destin contrarié. Née d’un passé millénaire, elle a connu des heures glorieuses, sublimées par le règne du Royaume de Majorque (1262-1349), elle a perdu sa couronne lors du Compromis de Casp (1412), le Traité des Pyrénées lui a ravi son identité (7 novembre 1659), sa capitale : Barcelone a capitulé devant les troupes espagnoles (l1 septembre 1714) sa langue a été proscrite, bafouée, interdite (en France, édit royal du 2 avril 1700)…. Mais elle ne s’est jamais déclarée vaincue…

 

Au long des générations qui ont suivi, au cours de décennies baignées par plus d’ombre que de lumière, la lutte de la Catalogne s’est organisée… mesurée, patiente, clandestine… Fortement affectée au siècle dernier par la dictature franquiste (1936-1975), la Catalogne – saluée en exemple par des écrivains militants et visionnaires tels George Orwell - a accédé au statut d’autonomie en 1979. Forte d’une conscience collective, forgée de jour en jour, d’événement en événement, elle rayonne aujourd’hui de par sa singularité, de par sa diversité et de par son esprit d’ouverture…

 

Etre catalan ici et maintenant, c’est moins un héritage acquis qu’une vigilance et qu’un combat de chaque instant. Tout comme en Catalogne Sud, dans la région de Valence, aux Iles Baléares, en Andorre, dans la Frange d’Aragon, à l’Alguer (Sardaigne), dans le Val d’Aran, nous sommes fiers, Catalans du Nord, de défendre au quotidien notre terre, notre langue, nos traditions, notre passé …et ce pour mieux forger notre avenir. 

 

Nous sommes fiers de faire partie de ces douze millions d’êtres humains qui ont été, sont ou ont choisi d’être catalans… comme le philosophe Ramon Llull, comme le sculpteur Aristide Maillol, comme le violoncelliste Pau Casals, comme Jordi Barre, artiste et chanteur, qui porte notre foi…oui, nous sommes fiers d’être catalans !… « sempre endavant, mai morirem… »

 

Jean Iglesis

 

 

 

 

* revue de presse :


Jeudi soir, Carme Forcadell et Muriel Casals étaient invitées à commémorer le traité des Pyrénées.

Une salle comble et attentive, et deux oratrices de premier rang pour évoquer la Catalogne, son passé, et surtout son avenir. Hier soir, jour de commémoration du traité des Pyrénées, la Federació d'entitats per la defensa de la llengua i de la cultura catalanes avait fait les choses en grand pour commémorer les 354 ans du Traité des Pyrénées.

"Un jour de deuil pour les Catalans", comme l'a souligné Miquel Arnaudies, au nom de la Federació en accueillant Muriel Casals, présidente dmnium cultural de Catalunya et Carme Forcadell, présidente de l'Assemblea nacional catalana pour un riche débat autour de l'indépendance. Une soirée qui se voulait le prélude, un peu plus politique, à la grande journée de mobilisation de samedi qui viendra clore le Correllengua 2013. Et qui, surtout, venait rappeler l'union des Catalans autour de l'Etat indépendant qu'ils espèrent. Au sud, comme au nord.

 

Carme Forcadell : "Une Catalogne indépendante améliorerait beaucoup les relations avec le Nord"

Carme Forcadell, psidente de l'Assemblea nacional catalana a répondu à nos questions.

Comment expliquer le tour plus volontariste pris par le mouvement pour l'indépendance ces dernières années ?
Il serait très difficile de l'expliquer en peu de mots. Cela remonte à loin, cela ne date pas d'aujourd'hui. Il y a beaucoup de personnes qui y travaillent depuis des années. Entre 2009 et 2011, il y a eu une série de consultations de la société civile, et cela a montré qu'il y avait une base solide de la population qui souhaitait aller dans ce sens. Mais il y a une date-clé, la sentence du tribunal constitutionnel espagnol en 2010 contre le statut de Catalunya, voté par le peuple catalan. A ce moment-là, de nombreux Catalanes et Catalans ont compris que s'ils voulaient continuer à faire partie de l'Espagne, il leur faudrait renoncer à être Catalans. 

En organ
isant la Marche pour l'indépendance et la Via catalane, vous attendiez-vous à ce qu'autant de monde réponde psent ? 
Nous sentions que beaucoup de gens avaient envie que la situation change. Mais il faut aussi prendre en compte la crise économique que traverse la Catalogne, et qui a fait réaliser que nous sommes un territoire mal traité par l'Etat espagnol : nous avons un des PIB les plus élevés de l'Etat, et en échange nous recevons moins de l'Etat que ce que nous lui apportons. Alors, quand tout va bien, ça passe. Mais quand la situation est difficile, cette injustice, les gens s'en rendent compte. Donc la crise a appuyé ce sentiment de vouloir faire changer les choses. Avec l'indépendance, nous sommes persuadés que la Catalogne sera plus démocratique, plus juste, et plus prospère, car nous pourrons disposer de nos ressources. 

S
i les revendications principales du Correllengua à Perpignan demeurent la défense de la langue et de la culture, le discours s'est peu à peu politisé en faveur de l'indépendance. La Catalogne est-elle consciente du soutien du Nord ? 
C'est vrai qu'au Nord, le Correllengua est une manifestation culturelle et linguistique, comme elle l'était au départ dans le Principat (en Catalogne sud, NDLR). Cela vient du fait que sous le franquisme, c'étaient les seules manifestations possibles : la culture et la langue. Cela a changé il y a quelques années. Et cela peut également changer en Catalogne-Nord, au fil des années. 

Quelle
place aurait la Catalogne-Nord dans cette construction future ? 
Nous envisageons la création d'un Etat catalan comme quelque chose de très bénéfique pour le Nord. Nous pensons toujours à l'ensemble du territoire, nous croyons que le traité des Pyrénées a divisé un territoire qui jusqu'alors était uni. C'est pourquoi nous ne renonçons pas, dans le futur, et seulement si les habitants de Catalogne-Nord le souhaitent, à réunir le territoire. Mais cela, ce sont les habitants de Catalogne-Nord qui doivent le décider, et pour l'instant cela est très, très loin. Les situations dans le Principat et en Catalogne-Nord sont très différentes, comme le sont aussi celles du pays Valencià et des îles Balears. Mais en tout état de fait nous savons aussi qu'une Catalogne indépendante améliorerait beaucoup les relations avec le Nord. Car nous partageons une langue, une partie de notre histoire, une partie de notre culture. (C) L'Indépendant

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 10:05

 

 

La-signatura-del-tractat-amb-Lluis-XIV-de-Franca-i-Felip-.jpg 

La-signatura-del-tractat-amb-Lluís-XIV-de-França-i-Felip-IV-de-Castella-a-lIlla-dels-Faisans-el-1659-Escena-retratada-per-Laumosnier-680x462.jpg

La signatura del tractat amb Lluís XIV de França i Felip IV de Castella a l’Illa dels Faisans el 1659 (Escena retratada per Laumosnier)

      Entre la repressió agressiva, fins fa poc temps, contra la presència del català i la immigració forta, sobretot des d’altres punts de França, cap a la Catalunya Nord avui en dia en aquestes comarques septentrionals la catalanitat, almenys lingüística, és una manifestació bastant minoritzada. Lluny queden aquells temps en què els catalans del sud que s’hi exiliaven del franquisme s’hi trobaven gendarmes que els parlaven català.

Però l’esperit català encara és viu a la Catalunya Nord. Això sí, amb unes reivindicacions que no són ben bé les mateixes que a la Catalunya Sud. Aquestes reivindicacions arriben a la màxima expressió cada Set de Novembre, diada de la Catalunya Nord i dia en què es recorda la creació d’una frontera administrativa entre catalans: el Tractat dels Pirineus del 1659. L’efemèride arriba amb dols desitjos. El primer, “esborrar mentalment aquesta frontera”. El segon, “esborrar la frontera material, econòmica i, més endavant, política”. Són els desitjos que expressa el vicepresident de laFederació per la defensa de la llengua i la cultura catalana, Pere Manzanares; un dels organitzadors els actes commemoratius. El primer el veu molt “fàcil”. I és que li dol que encara hi ha “massa” nord-catalans que baixen a Girona o a Figueres i diuen que van a Espanya i, a l’inversa, molts catalans del sud que van a Perpinyà i diuen que van a França.

*** Dissabte 9 de novembre

Commemoració del Tractat dels Pirineus i Cloenda del Correllengua
organ
itzats per la Federació d'entitats

  • 16h  Concentració al peu del Castellet
  • 16h30  Construcció de la VIA NORD!  Organització d'una Cadena humana que encerclarà les institucions per exigir-los que facin el que han promès de fer en favor de la llengua i la cultura catalanes. Apunta-t'hi
  • 16h59 Encerclem les institucions
  • 17h30  Nova concentració al Castellet i parlaments. 
  • 18h  Encesa d'una estelada d'espelmes
  • 19h30 Marxa de torxes fins a la Casa Musical on tindrà lloc el concert
  • 20h30  Concert a la Casa Musical amb Taverners (les Illes), Lafaille Cobla (Catalunya Nord) i Orxata Sound System (País valencià) - Preu : 8
  • Catalunya Nord. Esborrem la frontera?

Agustí MasEstira la llengua.

El Set de Novembre és la Diada de la Catalunya Nord. Es commemora el Tractat dels Pirineus, amb què Felip IV i Lluís XIV, el 1659, van partir Catalunya en dues, sense consultar-ho en cap moment les Corts Catalanes. Aquest dia i el dissabte següent, les entitats nord-catalanes per la llengua i la cultura catalana reivindiquen el manteniment de la flama de la identitat i pensant en un objectiu: esborrar la frontera encara que només sigui “mentalment”. L’Estira la llengua!, de Ràdio Nacional d’Andorra, n’ha parlat amb un dels activistes més destacats de la Catalunya Nord, Pere Manzanares.

 

les_allees_du_livre_beziers.jpg   Les allées du livre

09/11/2013 - 10:00 - 18:00 : La médiathèque André-Malraux et la Ville de Béziers, ont organisé la première édition des Allées du livre le 12 octobre 2013. Cette édition, était consacrée au mieux-être (mieux-être avec soi, avec les autres ; mieux-être par la pensée, le corps, les pratiques artistiques,etc.).

Pour les deux prochains rendez-vous fixés les samedis 9 novembre et 7 décembre 2013, la Ville de Béziers confiera l'organisation à l'association "La Mémoire du Livre"  regroupant des bouquinistes professionnels.

Les Allées du livre : 2 prochains rendez-vous

Sous un chapiteau chauffé de 500m², une vingtaine de bouquinistes professionnels invités par l'association "La Mémoire du Livre"  présentera, le samedi 9 novembre 2013 et le samedi 7 décembre 2013 de 10h à 18h sur les Allées Paul Riquet, plus de mille livres d'occasion : ouvrages anciens ou modernes, de collection ou grand public, onéreux ou bon marché.

Les amoureux du livre et les curieux auront ainsi un très large éventail pour dénicher "le bouquin" de leur choix.

Manifestation organisée par la Ville de Béziers, en partenariat avec l'association "La Mémoire du Livre".

Des expertises gratuites seront également proposées.

 

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 14:44

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Une chaîne pour l'indépendance de la Catalogne 

 

 

Le 11 septembre 2013, les partisans de l'indépendance de la Catalogne se mobiliseront pour tenter de donner une visibilité internationale à leur revendication. Le gouvernement de la région souhaite organiser l'an prochain un référendum pour que le pays se sépare de l'Espagne.  Sur le Champs de Mars, près de deux-cent manifestants étaient rassemblés lundi 2 septembre, main dans la main, posant devant la Tour Eiffel.

 

 

© Col·lectiu Emma

 

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Catalan Separatists to Link for Independence Cause (The Wall Street Journal)

By MATT MOFFETT Secessionists Hope to Revitalize Movement With 249-Mile Human Chain BARCELONACatalan independence activists want to revitalize their movement with a more eye-catching protest than a mass street rally staged a year ago: a 400-kilometer (249-mile) human chain traversing Catalonia from the Pyrenees Mountains to the Mediterranean Sea. Secessionists in Spain's richest region are counting on the Sept. +

 

 

Baixa del servei de titulars

Heu rebut aquest correu electrònic perquè esteu donats d'alta al servei de titulars de Col·lectiu Emma. En compliment de la Llei de Serveis de la Societat de la Informació i de Comerç Electrònic i de la Llei Orgànica de Protecció de Dades us informem que si no desitgeu continuar rebent el nostre butlletí informatiu, us podeu donar de baixa de la nostra base de dades. 

 

Un an après une manifestation monstre à Barcelone, les indépendantistes catalans entendent organiser une nouvelle démonstration de force le 11 septembre avec une chaîne humaine à travers toute la Catalogne. La chaîne, baptisée "voie catalane vers l'indépendance", organisée le traditionnel jour de la Catalogne (Diada), doit parcourir 86 villages et villes sur plus de 400 km.

Au dernier pointage, 350.000 personnes s'étaient inscrites selon l'ANC (Assemblée Nationale Catalane) qui a prévu 1.500 bus pour répartir les participants tout au long de la chaîne. Portant des maillots jaunes, les participants se donneront symboliquement la main à 17h14, en référence à la date incontournable pour les indépendantistes de la prise de Barcelone par les troupes franco-espagnoles à l'issue de la guerre de Succession qui a réduit l'autonomie de la Catalogne.

Quelque 5.000 volontaires seront repartis sur le parcours et 800 personnes ainsi que 25 petits avions privés devraient réalisé une "gigaphoto" de la chaîne. Un important dispositif policier de quelque 4.000 policiers est prévu, dont 2.400 le long de la chaîne. 

Pour s'inscrire, il faut remplir un formulaire sur le site de l'ANC et indiquer notamment la commune dans laquelle, vous comptez participer à cette chaîne. Une appli mobile est aussi à disposition. 

 

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