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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 10:43
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -
Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -

Eugeni-dOrs et son épouse - Père de Salvador, le notaire Dali, sa soeur Anna et Lidia - Port-Lligat, avant la construction de la villa des DALI -

 Entre 1925 et 1927, ce village en forme de crèche, en tout cas de décor animalier, accueillit deux personnages exceptionnels de la culture espagnole.

 

         C'était l'année d'hommage au grand poète Gòngora et ce fut l'été durant lequel une amoureuse amitié se noua : Lorca  conjugua avec Dalí la création artistique et l'inspiration poétique.

 

    L'érotisme, surtout, fut célébré ! 

 

Le 24 juin 1927, Federico avait créé au théâtre Goya de Barcelone  sa Mariana Pineda, avec des décors de Dalí, avec l'actrice Margarita Xirgu et, comme protagoniste abstrait mais omniscient, la beauté de Cadaqués.

 

«Il a la joie et la permanence de la beauté dans ce lieu de naissance de Vénus, mais on ne s'en souvient plus. Allons la pure beauté ... Un jour la lune, mouillée de poissons élastiques, le clocher de l'église balancera du caoutchouc mou sur les maisons pitoyables, faites de chaux et de pain mâché ... Souviens-toi de moi quand tu es sur la plage ... » 

 

La poésie même dans la correspondance, quand Lorca écrit à Salvador le 31 juillet.

​​​​​​​

​​​​​​​Et Dalí n'est pas en reste : 

"Tes chansons sont une grenade sans tramway, sans avions…Une Grenade ancienne, avec des éléments naturels…"

 

​​​​​​​Ils se répondent dans des lettres éphémères : 

 

«Maintenant, je vois à Cadaqués comment j'ai senti mes épaules: c'est un plaisir pour moi de me souvenir des courbes glissantes de mes épaules où, pour la première fois, j'ai senti la circulation du sang ...». Cadaqués des oliviers, "corps baroques et âmes grises ! »

 

​​​​​​​La nostalgie de Federico se répand, souvenir du premier séjour dans la maison de la famille Dalí, celui de la Semaine Sainte, des oliveraies de Cadaquès :

 

« Quelle merveille, corps et âme!», proclame-t-il. 

 

Salvador, torse nu, a posé son bras sur l'épaule de Federico. Et Lorca publie son "Ode à Salvador Dalí": cette "pensée commune" dans "les heures sombres et dorées". Salvador, lui, pour rendre la politesse, a intitulé un dessin, de façon sobre : "Lorca Dalí".

​​​​​​​

Revenons encore à cet été 1927, dernier moment de la jeunesse amoureuse, quand Dalí peignait et chantait à travers des lèvres serrées... Il faudrait le style de Lorca pour évoquer la joie et la permanence du soir, ces tours de "gomma blanca", ces habitations "casas de pan mascado…"  Le village, tel le système sanguin de l'homme où circule le liquide indispensable à la vie, à l'art, à la poésie, à l'amour. Le village en marge du monde fut une sorte de passion entre les deux hommes, le poète et l'artiste, une "passion amoureuse", où l'homosexualité ne réussit pas à se concrétiser.

 

Lorca suggère dans ses lettres et ses poèmes la nostalgie de 1926, avec son "Ode" et celle de juillet 1927, l'ultime été catalan, au cœur de la maison de famille du père, le notaire de Figueres, au milieu de ce jardin odorant, luxuriant, composé d'olives et de figues de barbarie… 

 

«Olivos de Cadaqués, ¡Qué maravilla, cuerpo barroco y alma gris!», écrivait Federico. 

Sans oublier la flagrance de l'eucalyptus, dont l'ombre se dessine sur le mur blanc.

 

L'été 1927 incarne le dernier moment de la jeunesse amoureuse, quand Dalí peignait et chantait à travers des lèvres serrées...

 

(extrait du livre La LIDIA de Cadaqués - 2019 - Color Gang édition, 13 euros-

J.P.Bonnel

OpérArgelès

 

Représentation du Faust de Charles Gounod

 

Pour la sixième édition du FIALA, notre ami, le baryton Heng Shi, a décidé de monter le Faust de Charles Gounod. C’est, avec la Carmen de Bizet, l’opéra français le plus joué dans le monde et qui a connu le succès dès sa création en 1859. En effet, la musique de Faust est une malle aux trésors ; ses mélodies éblouissantes habillent la moindre scène et font de cette succession de tableaux hauts en couleurs un festival de tubes : air des bijoux, chœur des soldats, air de Valentin, le veau d’or, etc.

Une représentation est prévue le dimanche 28 juillet à 21h00 à la salle Carrère d’Argelès.

 

Entrée 15 €, parking réservé, buvette à l’entracte. Renseignements, réservations au 04 68 89 65 96. 

 

 

 

Programmation de juillet et août 2019

au Théâtre du Réflexe, à Canohès

Dimanche 28 juillet à 18 h

Pilule et André de Véra

Durée : 1 h Entrée : 5 € Pour enfants à partir de 2 ans

 

Mardi 30 juillet à 15 h

Rondouille et Pipelette

Durée : 50 mn Entrée : 6 € Pour enfants à partir de 3 ans

 

Dimanche 25 août à 18 h

Pilule et André de Véra

Durée : 1 h Entrée : 5 € Pour enfants à partir de 2 ans

 

Vendredi 30 août à 10 h

Le Petit Poussin rouge

Durée : 30 mn Entrée : 6 € Pour enfants de 2 à 6 ans

 

Réservations : 06.52.19.49.69

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 09:37
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...
Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...

Dali - Lorca et Dali - René Char, René Crevel, Dali, Lorca, Gala...

Feuilleton de l'été (4) - La mythique LIDIA de CADAQUES (livre de Jean-Pierre Bonnel)

 

Aubergiste, LIDIA a hébergé des personnages illustres,tels Picasso, Puig i Cadafalch, l'architecte moderniste...

En 1904, le jeune intellectuel E. D'Ors, arrive à Cadaquès: commence la fascination de Lidià, en proie à une vive obsession pour la figure auratique de l'écrivain.

 

La cause en est la lecture des "gloses" publiées dans La veu de Catalunya : Lidià interprète ces textes par associations d'idées et par des analogies étymologiques : elle croit que l'écrivain établit une correspondance secrète avec elle dans ses articles du journal catalan...

 

Elle conservait les coupures des journaux dans son panier à poissons quand elle se rendait dans les maisons des familles riches du village. Elle va devenir la muse de la méthode paranoïa-critique de Dali; son délie servit d'inspiration au peintre :

"Son esprit était enclin à la poésie.", écrivait S. Dali.

 

La phrase qui résume le mieux sa folie est la suivante : "Le miel est plus doux que le sang." Il faut traduire le miel par Xenius : E. D'Ors, et le sang par la famille, les jumeaux Honorius et Bienvenue...

 

Elle a évolué dans le mouvement surréaliste (entre ls années 1924/28, Dali prenant à Eluard son épouse Gala, avec la visite de René Char, René Crevel (photos sur la plage ou dans la crique de Port-Lligat)...Lorca évitant un combat entre Gala et Bunuel...

 

Lorca l'admire; sorcière, elle est aussi pour eux un personnage surréaliste et une source d'inspiration inépuisable : ses lettres sont illogiques, incohérentes, comme nées de l'écriture automatique...

 

Et puis cette passion amoureuse, qui fait penser à Nadja : elle aimait en secret E. D'Ors :

"Ce secret, si je l'explique, ne sera plus un secret !"

 

Ses interprétations d'écrits de l'écrivain la ramènent à sa vie intime : si D'Ors parle dans son journal d'un pêcheur, elle croit qu'il s'agit de son époux Nando...

Si le journaliste lui envoie un magazine de tauromachie où l'on parle d'une Lidià, elle pense qu'il est question d'elle... Si une glose est intitulée "Poussin et Le Gréco", c'est qu'il s'agit du pêcheur de corail de Cadaquès (il est grec !) et d'une femme surnommée au village "la puce"...

 

(C) JPB, 2019 

La Lídia de Cadaqués. Qui era aquest mític personatge?

 

 

Lidia Noguer Sabà, nascuda probablement l’any 1866 i més coneguda per Lídia de Cadaqués, era la filla d’una família humil de Cadaqués.

 

El seu pare Baldiri Noguer era pescador i la seva mare Dolors Sabà, coneguda per Sabana, regentava una hostatgeria i era considerada com una de les últimes bruixes de Cadaqués. La Lídia va seguir la tradició dels seus pares, venia peix i acollia gent a l’hostal.

 

Les males llengües diuen que va heretar les facultats de bruixa de la seva mare i també el sobrenom de Sabana, creuen que tenia la facultat de convertir-se en gos, de viatjar a velocitats impensables o de controlar el temps però també que va ser la responsable de la demència del seu marit que va acabar suïcidant-se i la dels seus fills que van ser ingressats en un sanatori mental a Salt.

La seva amistat amb Víctor Rahola i Trèmols un escriptor i metge de Cadaqués que recomanava l’hostal als seus amics li va obrir el camí per conèixer personatges tan famosos com Picasso, Josep Puig i Cadafalch, Garcia Lorca i el que va tenir una relació més entranyable amb ella, Eugeni d’Ors, el gran Xènius.

 

L’any 1904 Eugeni d’Ors i un amic es van allotjar a casa la Lídia i aquí va començar la gran amistat de l’escriptor amb la peixatera. Fins i tot es creu que la protagonista de l’obra d’Ors “La ben plantada” era la Lídia. Era el temps en què el marit d’ella en Nando es va suïcidar i els seus dos fills, Bienvenido i Honorio, es van tornar boixos i van acabar morint en un psiquiàtric.

 

D’Ors i el seu amic van passar tot l’estiu a Cadaqués fent una bona amistat amb la peixatera simpàtica i de bon veure que vivia amb el seu marit en una caseta de la platja, molt neta i endreçada. Era molt bona cuinera i ells estaven encantats amb els seus menjars.

 

Dins aquest context alguns opinen que va ser un amor d’estiu del jove escriptor, altres veuen simplement una admiració per la Lídia a causa que d’Ors era orfe de mare. Ella també sentia admiració per ell que la va endinsar en el món de la lectura i ella mateixa es va acabar creient que era la jove Teresa de “La ben plantada”.

 

La Lídia vivia obsessionada amb l’escriptor, li enviava cartes que ell mai va contestar, ella llegia articles d’ell i interpretava que eren la contesta a les seves missives. Si ell parlava d’algun viatge previst, ella creia que seria a Cadaqués i feia grans preparatius per la seva arribada, però mai va arribar.

 

 

Això la va portar a una greu depressió, es va abandonar i vivia en la misèria fins que la van ingressar en un asil a l’Agullana on va morir el 30 de desembre de 1946, un dia en què la tramuntana bufava com mai ho havia fet abans.

 

Va ser set anys després la mort de la Lídia que Eugeni d’Ors va tornar a Cadaqués i es va interessar per ella, va recollir tota la informació possible per poder escriure “La veritable història de la Lídia de Cadaqués”, amb il·lustracions de Salvador Dalí.

 

Durant aquests anys ella també havia conegut i fet amistat amb Dalí, un jove pintor de Figueres que de petit ja sentia parlar de la Lídia. Quan Dalí va decidir anar a viure a Cadaqués junt amb la seva musa Gala, la Lídia els va ajudar a instal·lar-se, els hi va vendre una petita barraca que tenia a Port Lligat que va acabar sent la residència de Dalí a la seva tornada dels Estats Units.

 

Garcia Lorca, gran amic de Dalí, també sentia admiració per aquella dona, diuen que durant molt temps va tenir una foto d’ella damunt el seu piano i d’ella va escriure:

 

«Lo de Lydia es encantador
—escribe a Ana María Dalí—, Tengo
su retrato sobre mi piano, Xenius
(¿conde de qué?) dice que ella
tiene la locura de don Quijote
(aquí hay para apretar los labios
y entornar los ojos), ¡se equivoca!
Cervantes dice de su
héroe «que se le secó el cerebro
»
, ¡y es verdad! La locura de
don Quijote es una locura seca,
visionaria, de altiplanicie, una
locura abstracta, sin imágenes…
La locura de Lydia es una locura
húmeda, suave, llena de gaviotas
y langostas, una locura p/ásfica.
Don Quijote anda por los
aires y la Lydia a la orilla del
Mediterráneo. Esta es la diferencia.
Y quiero que conste para
que no eche raíces esa ligereza
de Xenius. ¡Qué admirable
Cadaqués!, ¡y qué cosa divertida
para poder hacer un paralelo
entre la Lydia y el último caballero
andante!

 

Federico Garcia Lorca

 

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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 10:37
Bonnel/Dali - Cadaquès par DALI - LIDIA et DALI - Chez Dali (J.P.Bonnel - photo J.Roig/L'Indépendant -
Bonnel/Dali - Cadaquès par DALI - LIDIA et DALI - Chez Dali (J.P.Bonnel - photo J.Roig/L'Indépendant -
Bonnel/Dali - Cadaquès par DALI - LIDIA et DALI - Chez Dali (J.P.Bonnel - photo J.Roig/L'Indépendant -
Bonnel/Dali - Cadaquès par DALI - LIDIA et DALI - Chez Dali (J.P.Bonnel - photo J.Roig/L'Indépendant -

Bonnel/Dali - Cadaquès par DALI - LIDIA et DALI - Chez Dali (J.P.Bonnel - photo J.Roig/L'Indépendant -

Feuilleton estival : La Lidia de Cadaquès (3) La SORCIERE - J.P.Bonnel

 

 

Quand il était enfant, le peintre avait écouté LIDIA raconter bien des histoires aux enfants de Cadaquès. Et, en 1929, quand l'artiste avait décidé de s'installer dans la petite ville avec GALA, contre la volonté du père, LIDIA avait la seule à l'aider et elle leur avait vendu la baraque de pêcheurs de Port-Lligat, où ses fils rangeaient leurs matériels de pêche...

 

 

C'est dans cette maison, qui fait aujourd'hui partie du "triangle dalinien", que les DALI établirent définitivement résidence à leur retour des Etats-Unis, fin 1948...

 

 

La fiction philosophique d'Eugeni d'Ors campe la dernière grande sorcière de Cadaqués, cette "bruixa" connue sous le nom de "La Sabana", dont les vieux disent qu'elle fut une "sorcière authentique". 

 

Parmi ces nombreuses femmes catalanes, dont les maris se trouvaient en Amérique, en quête de rêve et de fortune, parmi ces Belles qui se morfondaient, la sorcière tenait le rôle de l'amie, de la confidente, mais aussi, parfois, de "tête de Turc". C'était pour ces gens de misère, de labeur, de solitude affective, le bouc émissaire susceptible de faire oublier un peu le mal-être de la communauté.

 

S'instaura ainsi une sorte de "République des femmes", composée de ces épouses frustrées et de ces jeunes filles en quête d’un mari. 

 

Quand vint Dolors Sabana, née à Roses en 1837, mariée à un marin nommé Baudili Nauguer, le délire commença. On l'accusa ainsi de jeter un sort aux embarcations, les rares hommes présents se perdant dans la mer, lors d'une longue et harassante nuit de pêche hauturière… Les pouvoirs de l'être insolite touchaient le surnaturel, le dialogue avec les morts, les ancêtres, ou perturbaient les phénomènes atmosphériques…

On l'accusait de lycanthropie... Ou on croyait la voir, la nuit, entourée de chats... Ces faits improbables ont pourtant été rédigés, déposés dans le registre paroissial. Cette femme, douée d'une puissance créatrice, apte à engendrer de fantastiques narrations et une geste de la démesure, la rumeur prétendait même qu'elle partait parfois, avec quelques commères, à bord d'une barcasse, donnant force coups de rames, pour se rendre de l'Alguer à Collioure, de la Côte sauvage à la Côte vermeille…

 

Elle aurait encore été la locomotive des contrebandes, apportant épices et tabacs, mêlant ainsi ces odeurs fortes à celles du village, du sel, de l'anchois, du poisson âcre, d'excréments humains ou d'animaux en décomposition…

 

Ces dons, ou ces vices, bien empreintés dans les mémoires villageoises, la mère de la Lídia, l'aînée de la famille, vont se poursuivre avec l'essor physique et spirituel de la Bien plantée, la bien droite dans ses bottes, la tête bien dressée sur les épaules, la plantureuse et la séduisante aussi, avec sa corpulence vive, sa poitrine en avant, ses cuisses d'athlète, fortes à force de marches et d'investigations occultes par les chemins de ronde, du phare à Port-Lligat, et les sentiers de schistes qui montent vers les montagnettes ocre de Cadaquès. 

 

Une femme bien plantée, car elle désigne une personne qui transmet une image de sécurité, de générosité et de maîtrise de soi. Cela la rend particulièrement attirante, bien que ses attributs physiques ne soient pas forcément d'une beauté exceptionnelle et classique.

 

J.P.Bonnel

à suivre...

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 10:05
Cadaquès (C) JPB - Lidia et Dali - Sculpture actuelle de la Lidia sur la promenade de Cadaquès (JPB)
Cadaquès (C) JPB - Lidia et Dali - Sculpture actuelle de la Lidia sur la promenade de Cadaquès (JPB)
Cadaquès (C) JPB - Lidia et Dali - Sculpture actuelle de la Lidia sur la promenade de Cadaquès (JPB)

Cadaquès (C) JPB - Lidia et Dali - Sculpture actuelle de la Lidia sur la promenade de Cadaquès (JPB)

Feuilleton de l'été 2. La Lidia de Cadaquès - La sorcière dans la conscience collective - J.P.Bonnel

 

 

Sorcière et fille de sorcière, on accusait la LIDIA de perturber la météo, de noyer les chats du village, comme, dans le passé, on a accusé les sorcières d'être complice des loups, de copuler avec le diable, de faire disparaître les sexes masculins...

 

On les distinguait avec la couleur jaune, signe distinctif, mettant au ban de la société ces femmes insolites, les marginaux, les juifs, les gilets...jaunes !

 

La sorcière -, surtout au Moyen Age, était condamnée au bûcher, par des tribunaux civiles, où se sont exprimées les racines de la misogynie : se reporter aux sorcières de Salem, au 16° siècle, et aux femmes possédées de Loudun... Relire Michelet...

 

A l'époque moderne, la diabolisation des femmes se montre quand elles sont qualifiées de "sorcières"... en raison de la liberté sexuelle (allusion à la forme phallique du balai); ce sont surtout les féministes qui sont appelées ainsi.

 

Ainsi, la sorcière est un révoltée, une femme qui "tient debout", toute seule : c'est "la bien plantée" de mon livre et surtout de celui d'Eugenio D'Ors, à l'origine de cette histoire insolite ! En effet, le théoricien de Noucentisme rend hommage dans son livre, illustré par Dali, à cette harengère de Cadaquès qui se prenait pour Teresa, l'héroïne de La Ben Plantada...

 

A l'instar de Lorca et de Bunuel, Salvador professait une grande admiration pour ce personnage singulier. Il faut lire ses Mémoires; dans Vida secreta, il écrit :

 

"LIDIA avait l'esprit paranoïaque le plus remarquable que j'aie jamais connu, hormis le mien."

 

ET comme il l'avait fait pour Gala, quoiqu'à moindre échelle évidemment, il reconnaît publiquement l'affection et la fascination qu'elle lui inspire, comme le prouvent d'ailleurs certaines des images exécutées pour le livre. L'illustration qui occupe le frontispice nous montre une femme-olivier : "Une belle plante, bien enracinée dans la roche vive, dans le pur minéral que nul coup de vent n'aurait pu arracher du Cap de Creus."

(manuscrit au centre d'études de la fondation Gala-S.Dali de Figueres)

 

Dans Le Journal d’un génie, Salvador Dalì note, le 15 septembre 1953 :

 

« Le journaliste et écrivain Eugeni d’Ors, qui n’est pas venu à Cadaquès depuis cinquante ans, vient me rendre visite entouré d’amis. Il est attiré par le mythe de la Lídia de Cadaqués. Il sera sans doute possible que nos deux livres sur le même sujet paraissent simultanément. En tout cas, le sien vaguement esthète et pseudo-platonicien ne pourra que faire briller les arrêtes réalistes et hyper cubistes de ma “bien plantada”. »

 

Celle-ci était une villageoise, veuve de Nando, un brave marin aux yeux bleus et sereins.

D'Ors-Xènius avait passé l'été, à l'âge de vingt ans, dans la maison de Lídia…" 

 

"L'esprit prédisposé à la poésie, elle fut émerveillée par les conversations inintelligibles des intellectuels catalans…" Le titre du futur livre, non envisagé lors du séjour, fut trouvé quand l'auteur se rappela sa première réaction, à la vue, de Lídia : 

"Regarde-moi cette Lídia comme elle est bien plantée !"

 

Mais qui était donc cette femme qui ne laissait personne indifférent ? LIDIA Noger i Sabà, fille d'une certaine Sabana...

 

(à suivre)

 

JPB juillet 2019

 

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 10:35
Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -
Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -
Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -
Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -
Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -
Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -

Cadaquès (C) J.P.B. - E.D'Ors - Manolo (Catalane assise, Céret) - Maillol -

Feuilleton de l'été : La LIDIA de CADAQUES, sorcière, amie de Dali, Lorca, Eugenio D'ORS…

 

 

1. Le contexte - Le mouvement NOUCENTISTE

 

Une Catalogne éternelle, idéale, enracinée dans un paysage méditerranéen champêtre - Maillol, Manolo, M. Denis...

 

 

 

Il s'agit, fin 19°/Début 20° siècle, d'un mouvement idéologique, qui se réclame du "siècle nouveau".Un nationalisme catalan plus artistique que politique…

Il faut créer une nouvelle culture pour un nouveau pays; c'est l'initiative de XENIUS, le journaliste et écrivain Eugenio d'Ors.

 

Promouvoir la liberté sociale, politique et intellectuelle en Catalogne, contre un Etat autoritaire et centralisateur. Le mouvement affirme le rôle de l'intellectuel dans la vie de la cité et une réforme artistique face au modernisme décadent.

 Il pose la nécessité du classicisme (la Grèce antique) et de l'humanisme (héritage de la Renaissance italienne),par la médiation du méditerranéisme : projet d'une cité future, organisée par les arts. Les valeurs sont l'ordre, la mesure, la plénitude, l'équilibre…

 

*Le contexte de la Génération de 1898: face à la "décadence" de l'Espagne, sursaut de rénovation et quête d'identité.

En 1911, D'Ors publie l'Almanach des Noucentistes et son roman La Ben Plantada (Barcelone, 1911). l'écrivain y expose la philosophie concrète du mouvement, genre entre dialogue platonicien et récit allégorique. Le narrateur décrit une jeune femme, Teresa, incarnation de la terre catalane, enracinée dans le monde rural, avec des images de l'art noucentiste : une femme plantureuse, des paysages côtiers, des scènes champêtres, etc…

 

 

*En 1909, débutent les fouilles du site d'Ampurias : c'est la création du mythe d'une Catalogne grecque…

Il s'agit désormais d'abandonner les références historicistes et ornementales u Modernisme : le style nouveau est fondé sur une modernité simple, épurée. 

 

Quelques exemples d'oeuvres noucentistes : les fresques de Torres-Garcia (le muralisme) au palais de la Generalitat de Barcelona; thèmes d'une Catalogne éternelle, d'une Arcadie peuplée de muses. C'est une esthétique néo-classique (Maillol/Maurice Denis), un style allégorique, des références à l'Antique (par exemple, l sculptures de Clarà, Casanovas, Manolo, artistes se réclamant de la statuaire grecque et égyptienne.

 

La sculpture est un "art du silence" (phrase de Gide à propos des statues de Maillol), incarnant de façon atemporelle, la beauté impassible : pas d'anecdote, ni de fonction du portrait, célébration symbolique d'une Catalogne idéale et du méditerranéisme auquel Maillol a été nourri dès 1905. 

 

C'est une approche formelle du motif, une quête de perfection plastique.

 

Chez E. D'Ors, le lyrisme est idéaliste, allégorique. Viendra bientôt Togores, et sa réflexion sur le réalisme et le monde contemporain. Va naître un classicisme moderne…

 

JPB...

 

Livre de J.P.Bonnel : en librairie ou par  mail (13 euros) :

jean-pierre.bonnel@orange.fr

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 10:12
 Neus BALLUS, cinéaste catalane - Serge Barba à Banyuls : maternité et pouponnière - l’Institut des Arts du Masque de Limoux  -
 Neus BALLUS, cinéaste catalane - Serge Barba à Banyuls : maternité et pouponnière - l’Institut des Arts du Masque de Limoux  -

« C’était la Maternité d’Elne… » et la pouponnière de Banyuls.

 

 CONFERENCE de Serge BARBA

  Vendredi 28 juin 2019, 18h30 

à Banyuls-sur-mer

 

Salle Jean Jaurès (derrière la mairie, jardin, place Dina Vierny) – Entrée libre –

 

*Sous l’égide de  l’Association Walter BENJAMIN            (06.31.69.09.32)

LE CLUB DES AMIS DE L’INSTITUT

ETE 2019 BREVES INFORMATIONS  

 

Chers amis,

 

Quelques nouvelles à moins d'un mois de notre ouverture estivale

Les expositions d'été de l'Institut ouvriront le 18 juillet prochain à 15h 

 

Ce fut en ce printemps, deux invitations  "L'Institut hors les murs" 

A Collioure une très belle exposition  

« Mémoires Maritimes, de Collioure à Carthage » ... en PJ

 ancienne salle de la mairie - du 12 avril au 5 mai dernier

 

En ce moment - à Montauban  - Festival de Sculpture 

 jusqu'au 30 juin prochain à la Petite Comédie

Une exposition : "Carthage Passage(s)  Masques en Scène/Masques Puniques en PJ

 

A

l’Institut des Arts du Masque de Limoux

 

cet été - du 18 juillet au 18 août 2019

Masques en Scène  "La Paix fil à fil »  une création en hommage à Marc Chagall

 Cet été : les jeudi vendredi samedi de 15h à 19h et les dimanches 21/07 et 18/08

Cet automne : les vendredi samedi dimanche des Journées Européennes du Patrimoine  puis certains we d’octobre et novembre …

 

L’exposition estivale sera l’occasion d’admirer au Musée Petiet la lithographie de Marc Chagall « Zebulon » et d’évoquer son séjour à Limoux auprès de son ami Joseph Delteil en 1927

 

Nous comptons sur votre présence pour découvrir ce parcours d'une création théâtrale pour Marc Chagall, imaginée et réalisée à l'occasion de l'inauguration de la Tapisserie «La Paix» à Sarrebourg. Découvrir ou revisiter l’exposition de la Collection d'Emile Taillefer du Carnaval de Limoux qui sera transférée l'hiver prochain - pour partie dans la future salle permanente dédiée au Carnaval de Limoux. Ainsi l'Institut présentera deux salles d'expositions permanentes :  Le Carnaval de Limoux et la Ménagerie de l'Arche de Noé 

 

Vous en souhaitant bonne réception, 

je vous remercie de votre présence, de votre bienveillance et de votre fidélité à nos côtés

 

Amitié. G.Lagnel



Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre avec la cinéaste catalane Neus Ballús, qui aura lieu lundi 24 juin à 18h30 à l'Institut d'Etudes Ibériques.

http://crimic-sorbonne.fr/manifestations/cineastas-emergentes-rencontre-neus-ballus/
http://www.gnolas.org/joomla/index.php/different

Neus Ballús est un nouvel exemple de la fécondité du vivier des cinéastes catalans. Après un master en documentaire de création à l'Université Pompeu Fabra de Barcelone et la réalisation de court-métrages qui la font remarquer dans le circuit des festivals nationaux, son premier long-métrage, La plaga (2013), lui assure une reconnaissance internationale. En effet,  elle participe avec ce projet au programme Talent Campus de la Berlinale et la première du film aura lieu dans ce festival. Staff Only (2019), avec Sergi López, l'histoire des vacances d'une famille au Sénégal, est son premier film de fiction. Il partage avec les œuvres précédentes de la réalisatrice un intérêt poignant pour les sujets les plus contemporains et une recherche formelle qui passe par le croisement des genres.

Le festival Dífferent !, en collaboration avec le CRIMIC, propose une rencontre avec la cinéaste en partenariat avec le projet Cineastas emergentes, qui veut favoriser la visibilité de metteuses en scène ayant commencé leur carrière au XXIe siècle.

La rencontre sera animée par Marta Álvarez (co-éditrice, avec Annette Scholz, du livre Cineastas emergentes. Mujeres en el cine del siglo XXI) et Sergi Ramos Alquezar (maître de conférences à Sorbonne Université).

Réservation par mail obligatoire pour le public externe à la Sorbonne : ballussorbonne@gmail.com

Au plaisir de vous y retrouver,
Sergi Ramos Alquezar 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 18:43
Livre et photo de l'historien B.Pellissandri - dessin vu à Perpignan -
Livre et photo de l'historien B.Pellissandri - dessin vu à Perpignan -
Livre et photo de l'historien B.Pellissandri - dessin vu à Perpignan -

Livre et photo de l'historien B.Pellissandri - dessin vu à Perpignan -

La question catalane, vue par les historiens 3. Benoît Pellistrandi

 

Sur France-Culture (23.11.2019), Javier Cercas, opposé à l'indépendance avait affirmé : "L'Europe, la seule utopie raisonnable. "

 

Plus virulent, M. Vargas Llossa, prix Nobel de littérature, affirme que le séparatisme est une "régression", le "retour à la tribu, qui est la définitions du nationalisme" (on se souvient du 8 octobre 2017, la manifestation pour l'unité de l'Espagne). Il ajoute que la revendication indépendantiste est une "idéologie rupturiste, raciste, supériorité en fonction de la naissance dans un territoire précis…"

 

B.Pallestrani, dresse l'historique de la question catalane, de façon chronologique, en historien, comme N.Marty, mais dans un style plus agressif et en ajoutant des informations (à vérifier) et des critiques acerbes…

 

En effet, l'auteur tente de convaincre sur la "dérive des indépendantistes catalans" (titre du Monde du 2 mars 2019) : le fait que le clivage national-antinational on indépendantt-iste-anti-indépendantiste s'impose sur le clivage gauche-droite, pointe une dérive schmittienne de la politique dans laquelle n'existent plus qu'amis et ennemis, et qui aboutit à la confrontation entre eux…

 

Je résume les pages les plus importantes en mettant en gras les critiques… JPB

 

- - -

page 11: les guerres carlistes

19: fuite de Puigdemont et la fausse révolution : récit de Lola Garcia (le 27 octobre 2017, les ministres régionaux sont partis se mettre à l'abri et Puigdemont poste un tweet pour signaler qu'il voit le ciel bleu de Barcelone depuis son bureau, mais à ce moment précis le leader catalan est déjà en fuite vers Bruxelles

p.20 "Ils savaient" que l'indépendance serait virtuelle. Clara Ponsati, une des anciennes ministres du cabinet de Puigdemont déclare publiquement : "Nous bluffions."

25: vote pour la constitution du 6.12.1978 : 91% de la population catalane vote pour. (et pages 35/36)

27: le Generalitat - mai 1980, élection de Jordi Pujol.

29:les jeux olympiques de Barcelone.

45/46: nouveaux statuts d'autonomie (et p.55)

48: la crise économique.

49: A.Mas est élu et p.30: trahison des Socialistes.

52: le PSOE.

56: "projet sensé et improvisation de la stratégie de rupture"

59: le mouvement Ciutadans, né en 2005.

60: Mas et l'ERC. - 62: la Diada.

68 : erreurs : "le gouvernement catalan a tout simplement, dans sa logique exclusive, progressivement publié de perdre en compte toute la réalité catalane et s'est enfermé dans l'illusion d'une unanimité nationale."

71: élections de 2015 - 73 : J.Pujol.

76: la loi référendaire. -

78/79: Le vote (7.9.2017) sans isoloir, sans enveloppe et sans recensement (listes électorales) - affrontement entre policiers et électeurs (bataille de propagande à travers les réseaux sociaux) "aucun blessé ne séjourna à l'hôpital."

86/90: origines du nationalisme.

112: l'église, contre l'Etat, entrave le libéralisme.

113: le nationalisme catalan et p. 135, 157, 158, 196.

115: pas de nation, encore moins d'unité nationale en Espagne : qu'un ensemble de nationalités à l'intérieur d'un Etat.

116: la génération de 1898 (Machado, Unamuno…)

118: essor des périphéries contre le discours indépendantiste.

123: le code civil : faiblesse de l'Etat espagnol.

130: la semaine tragique à Barcelone.

141: Primo de Rivera - 142: la République, le 10.3.1931. et p.144 : la République catalane (1934).

145: la Generalitat médiévale - 

146/147 et 152: L. Companys - 147 : Républicains contre Catalanistes (octobre 1934).

149: la guerre civile - 50: défendre la République : "défendre Madrid, c'est défendre la Catalogne" (affiche de la Generalitat (1936/37).

152: des soutiens catalans à Franco .

153: au Val d'Aran - 155: les deux Espagne - 

158: le nationalisme catalan se pose contre l'humanisme de l'Espagne. - 161: l'aventurisme indépendantiste.

177: J. Tarradellas - 179: le 3 octobre 2017, le roi. - Critique de Puigdemont -

182:les traîtres (botiflers) : les Catalans qui ne croient pas au projet indépendantiste.

183: Quin Torra - quartier du Born : critiques.

185: une classe politique corrompue - 195: dérive raciste - 

195/196: l'éducation nationale anti-démocratique -  196:votes non démocratiques de décembre 2017.

197: Puigdemont radical - "une foule militante prête au simulacre…séquence pitoyable et douloureuse…Restent les amertumes de l'échec."

 

 

Benoît Pellistrandi

 

Élève du lycée Racine et du lycée Fénelon, il entre à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm le 11 juillet 1986.Agrégé d'histoire en 1989, il soutient en 1997 sa thèse d'histoire à l'EHESS, sous la direction de Bernard Vincent. Membre de la Casa de Velazquez en 1995, il est nommé directeur des études de cet établissement par son directeurJean Canavaggio en 1997. De 1997 à 2005, il y organise plus de 80 colloques et invite plus de 1 000 chercheurs dans cette grande école française à l'étranger.

En 2005, il est nommé professeur en classes préparatoires au lycée Hélène-Boucher à Paris, puis au lycée Condorceten 2011.

En 2008, il a été élu président de l'Association des amis de la Casa de Velazquez. Depuis 2014, il préside l'Association des Amis d'Henri Irénée Marrou.

Historien de l'Espagne, Benoît Pellistrandi est régulièrement invité en Espagne aux côtés des hispanistes les plus prestigieux comme John Elliott (historien) (en) et Joseph Pérez. Il est amené régulièrement à commenter l'actualité politique française dans les médias espagnols. En France, il intervient dans la presse écrite et audiovisuelle au sujet de l'Espagne. Dernièrement, il a exprimé ses doutes sur le procès d'immersion linguistique de la Catalogne sur les micros de France Culture1. Il s'est également interrogé sur l'existence d'une « nation espagnole » sous un angle politique, religieux et linguistique2. En 2015, la Fédération d'organisations pour la défense de la langue catalane a dénoncé les propos exprimés par Benoît Pellistrandi tenant à surligner une composante raciste du peuple catalan3. Ces manifestations furent exprimées sur une émission de France 5 [archive] et relayées par plusieurs médias catalans4. À propos de la déclaration d'indépendance prononcée par le gouvernement catalan en octobre 2017, il avoue adhérer à la thèse de la déloyauté nationaliste.5

Benoît Pellistrandi a été en 1979-1980 « petit rat » de l'opéra de Paris, où il a côtoyé Sylvie Guillem. Il est le fils de Stan Pellistrandi et de l'historienne et théologienne Christine Pellistrandi.

 

  • La France depuis 1945, Paris, Armand Colin, 1999
  • Les relations internationales de 1800 à 1871, Paris, Armand Colin, 2000 (traduction portugaise)
  • La historiografia francesa del siglo XX y su acogida en Espana, Madrid, CCV, 2001
  • L’Europe du xixe siècle, Paris, Armand Colin, 2003 (avec Nicolas Bourguinat)
  • Un discours national ? : la Real Academia de la Historia entre science et politique (1847-1897), Madrid, BCV, 2005
  • L’histoire religieuse en France et en Espagne, Madrid, CCV, 2005
  • Les cours de France et d’Espagne au xviie siècle, Madrid, CCV, 2007 (avec Chantal Grell)
  • L’histoire à l'examen d’entrée à Sciences Po, Paris, Sedes, 2007
  • L’histoire culturelle en France et en Espagne, Madrid, CCV, 2008 (avec Jean-François Sirinelli)
  • Histoire de l'Espagne : des guerres napoléoniennes à nos jours, Paris, Perrin, 2013
  • Le labyrinthe catalan, Paris, Desclée de Brouwer, 2019

notes : 

  1. « France Culture, Concordance de temps : La Catalogne, toujours dissidente - jusqu'où? » [archive], sur France Culture, 5 octobre 2013 (consulté le 26 juillet 2014)
  2. http://www.bertrand-renouvin.fr/benoit-pellistrandi-existe-t-il-une-nation-espagnole/ [archive]
  3. Sur France 5, le 28 septembre 2015 : « Ce sentiment de supériorité a été alimenté par tout un malaise identitaire et a été aussi alimenté par toutes les manipulations de l'enseignement de l'Histoire, qui est une compétence de la région. »
  4. (ca) « Diari de Girona » [archive], sur www.diaridegirona.cat, 3 octobre 2015 (consulté le 19 avril 2016)
  5. Benoit Pellistrandi, Le labyrinthe catalan, Paris, Desclée de Brouwer, 2019.

(source : wikipedia)

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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 07:23
Nicolas Marty - L'historien sur France-Culture -
Nicolas Marty - L'historien sur France-Culture -

Nicolas Marty - L'historien sur France-Culture -

 

La question catalane vue par les historiens Paul Preston, Nicolas Marty  et Benoît Pellistrandi 

2. N. MARTY :

 

L'Europe et la Catalogne

 

Comme il l'écrit en introduction, l'auteur pense qu'un citoyen français ou européen peut estimer que la revendication indépendantiste est un "défi anachronique et dérangeant. 

 

Elle a lieu dans un contexte de convergences de crises graves : gouvernance mondiale…difficultés économiques et compétition mondiale, phénomènes migratoires complexes. Les régimes politiques font face à une remise en question généralisée des valeurs qui fondaient depuis plusieurs décennies leurs pactes citoyens. Les opinions publiques s'interrogent sur la pertinence de la construction européenne et ressentent une gêne intense sur la question de l'identité…" (page 10)

 

N. Marty critique aussi la presse nationale française et européenne, souvent hostiles et se bornant à reprendre le point de vue des grands journaux madrilène, comme El Païs, qualifié cependant de "modèle de journalisme intègre et impartial".

 

En effet, en France, Le Monde a été très crItiqué (El PaÏs détenant une part du capital de ce quotidien), mais on pourrait citer les nombreux points de vue divergeants publiés en pages "débats", et même celle de N.Marty, défenseur du point de vue catalaniste, et qui ne parle pas de son propre texte…

 

* En postface, Patrice Poujade veut briser les clichés sur le mouvement indépendantiste : 

"Volonté d'être, osons le mot, d'un peuple, du moins d'une population qui, siècle après siècle, a réussi à sauvegarder sa langue, à affirmer une culture et à proclamer son ouverture au monde. La vitalité culturelle actuelle de la Catalogne est bien loin de tout folklore, de toute muséification, de tout passéisme, de tout repli sur soi; au contraire, elle se nourrit de tous les apports extérieurs pour se faire encore plus forte.

 En ce sens, la revendication catalane ne peut être réduite ni même ramenés à un simple égoïsme économique comme on l'entend ou on le lit bien trop souvent …"  (PAGE 200)

 

- - -

Historique du problème, selon la narration chronologique du livre de N. Marty 

p. 12/15: hommage à P. Vilar

15: le récit national, fragmentaire, orienté: propagande nationaliste)

18: l'alliance catalano-aragonaise - Les Corts.

18/20: les guerres Espagne/France, Suède

21: prise de Salses, 1639, révolte des Catalans.

23: chant du drapeau repris par les Républicains.

24/25: guerre entre Bourbons (Philippe V, petit-fils de Louis XIV) et Hasbourg (Charles de H.) : 1705… - Conquête de la Catalogne par Philippe V, le 11 septembre 1714.

27: le 11 septembre 1977, manifestation pour le retour de J. Tarradellas à Barcelone.

29: la couleur jaune et p.32 (ainsi que p.24 : les Habsbourg) - Les guerres carlistes.

30: Les politiques de mémoire.

32: l'estelada (Cuba)

33: Primo de Rivera et la Catalogne.

34: la République catalane (14 avril 1931)

35: Companys arrêté (oct.34) et p. 48 (1940)

36: violence révolutionnaire.

37: le front populaire - 38: la Reconquista de la Catalogne -

39: exactions des Républicains

40/41 : vision erronée, fantasmée de la guerre civile (A.Munoz Molina, 2017) - L'historiographie catalane pas simpliste- Le coup d'Etat militaire, l'occasion aussi de lutter contre le séparatisme.

 

43: la pédagogie en Catalogne : vision objective de la guerre.

44: Le Memorial democratic.

45: les thèmes du nationalisme espagnol (église, tauromachie…)

48: résurgence du franquisme (2015 et 2017)

48: Puigdemont et le fascisme (Nicolas Garcia et J.Paul Alduy)

49: Espagne : une démocratie - Les survivants du franquisme.

53:lectures opposées de la constitution, pages 54 et 57.

54: la loi d'amnistie.

59: le compromis : pas nation, mais nationalisme.

60: et 63 : le statut voté à 88%.

 

 

- - -

61/62: Jordi Pujol, européen convaincu - "Son prestige est terni par des soupçons de corruption" (soupçons : euphémisme de N.Marty : des preuves existent, procès depuis des années…) Voir, cependant, page 94 : LES "MALVERSATIONS" DE J.PUJOL. Et page 99: la fraude fiscale de J.Pujol.

67: ressources de l'impôt à la Catalogne (La Généralité obtient 15% de l'impôt sur le revenu - cf. Montalbàn), puis 30% (page 72)

68: compromis de J.Pujol avec les Socialistes (pouvoir accru des Mossos d'Esquadra) et avec le Parti populaire (alliance avec Aznar).

71: révision du statut (2006)

74: le patriotisme constitutionnel ((idée de J. Habermas) opposé au nationalisme (démonétisé par Franco)

75: modernité de la constitution espagnole grâce au gouvernement socialiste: dans le nouveau statut: référence à la nation catalane.

76 (et 155/156) : la langue. (enseignement obligatoire du catalan en Catalogne : tout semble fonctionner et le castillan est même la langue qui réussit le mieux - aucun "soupçon" de propagande dans les écoles...vision idyllique ou vérité ???)

77: arguments de Rajoy (PP)

80: corruption (affaire du Palais de la Musique, à Barcelone - le tribunal constitutionnel et p. 82: dysfonctionnement, sur le mot "nation".

83: réduction du statut de 2006 - rupture du pacte constitutionnel.

85: crise depuis 2010, puis en 2017 : la déclaration d'indépendance.

88/ A.Mas propose un pacte fIscal.

90: Rajoy accuse le système éducatif catalan de fabriquer des Indépendantistes.

92: vote "illégal" du 9 novembre 2014.

94: le CiU éclate (le CDC devient indépendant) - 

97: campagne pour les élections du 27.9.2015 - "malversations ' d'A.Mas.

99: Carles Puigdemont -

103: le référendum unilatéral du 1.10.2017.

109/110: les urnes (venues de Chine)

111: concerts dans les P.O. (66) : Ramon Faura non cité !!!!

113: on vote où on veut…(et p.115)

115: blessés (une incorrection grammaticale) et 117 : 991 blessés admis dans les hôpitaux (on peut comparer déjà avec B. Pellistrandi : aucun blessé dans les hôpitaux...Où est la vérité ?)

120: discours du roi, ancien prince de Gérone…

121: le 10 octobre 2017, proclamation de l'Indépendance et suspension "en même temps"…

122: proclamation au parlement le 27 octobre. 123: l'article 155 - 

128: justice indépendante ?- le soutien européen est faible -

129: la stratégie des Indépendantistes a échoué -

133: élections du 21.12.2017.

137: Mai 2018: le PP est condamné pour des faits graves de corruption.

141: les enjeux économiques.

142: âge d'or interrompu au 15° siècle - renouveau au 18° siècle de la "confédération catalano-aragonaise" (négoce, eau de vie, laine, esclavage, construction navale))

143: la Catalogne en Europe.

144: aspects positif de l'économie catalane.

145: les changements de siège social.

149: Le déficit fiscal de 8% : LA Catalogne paie plus qu'elle ne touche de Madrid (mais J.Borell...) - 150: la redistribution (exemple de l'Estrémadure) - La Catalogne pour le principe de la solidarité -

151: dans l'UE. - manque d'investissement de Madrid en Catalogne 

155:les enjeux culturels et la langue -

156:l e catalan, langue officielle - protection de l'occitan du Val d'Aran. 157: manifestation, pour le castillan, d'intellectuels vivant en Catalogne - 158: le tribunal constitutionnel valide l'immersion du catalan à l'école - 159: l'école catalane, foyer d'endoctrinement ?161: statistiques : le niveau d'espagnol des élèves en Catalogne est égal ou supérieur à celui des élèves des autres régions autonomes.

163: la télévision (TV3) - René Grando.

170: la tauromachie.

171: le patrimoine : l'affaire du monastère d'Aragon.

 

* En gras, des interrogations qui mériteraient des éclaircissements...des développements...la vision de l'Historien "engagé" (?) ne serait pas trop idyllique..? (JPB)

 

 

Nicolas Marty (né le 29 mars 1969) est un historien français, professeur des universités en histoire contemporaine à l'université de Perpignan. Il est spécialiste d'histoire économique et sociale.

 

Nicolas Marty est professeur agrégé de l'enseignement du second degré français , puis après la soutenance d'une thèse de doctorat en histoire en 2000, pour laquelle il obtient le prix François Bourdon en 20011, il est nommé maitre de conférences à l’université de Perpignan en 2001. Il obtient une habilitation universitaire en 2010 et est nommé professeur des universités en poste à Perpignan. Il est membre statutaire du Centre de recherches sur les sociétés méditerranéennes (CRHISM - EA 2984), qu'il dirige de 2011 à 2015. En partant de l’histoire des entreprises, il travaille sur les acteurs et les dynamiques de l’industrialisation dans l’espace Pyrénées méditerranée, entre France et Espagne. Il analyse aussi la diffusion des biens de consommation alimentaires et des boissons dans le monde occidental, particulièrement en Europe. Il est aussi attentif aux problématiques de mémoire des conflits aux frontières des Pyrénées.

 

Ses travaux initialement portent sur l'histoire des eaux minérales3, notamment l'histoire de la source minérale Perrier sur laquelle portait sa thèse doctorale. Il a ensuite développé une histoire de la branche des eaux minérales en France et en Europe, notamment à l’histoire des techniques et de la construction des normes et de la qualité comme élément de compréhension de la diffusion des produits et de la construction des marchés. Il obtient en 2014 un prix de l’académie nationale de médecine pour sa recherche sur les marchés de l’eau embouteillée en Europe 4,5.

Il s'intéresse également à l'histoire des acteurs et des dynamiques de l'industrialisation et plus généralement de l'économie et le patrimoine industriel du Languedoc Roussillon et de la Catalogne et à l'histoire et la mémoire des périodes de conflit, notamment la guerre civile espagnole, et la Seconde Guerre mondiale.

 

Il est doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Perpignan Via Domitia de 2010 à 2016 et membre de la mission histoire de la société générale 6, du comité scientifique et de prospectives du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes et du Mémorial de Rivesaltes.

 

Depuis 2016, il est vice-président de l'université de Perpignan, chargé de la qualité 7.

À l’échelle nationale, il a été secrétaire général de l’Association française d’histoire économique (AFHE [archive]) et est membre de son comité directeur 8. Il anime le comité franco-espagnol d’histoire économique associant l’AFHE et l’association espagnole d’histoire économique 9.

 

Au niveau des instances universitaires nationales, il siège aujourd'hui en tant que 1er vice-président 10 au bureau de la section 22 (Histoire et civilisations : histoire des mondes modernes, histoire du monde contemporain ; de l‘art ; de la musique) du Conseil National des Universités.

 

Alors que la crise en Catalogne fait irruption dans l’actualité européenne et française, il intervient dans l’espace public 11,12 pour rappeler la complexité de la trajectoire catalane et dénoncer les interprétations simplistes ou erronées qui peuvent en être faites en France.

OPUS :

  • Comprendre la crise catalane, Editions Cairn, Morlàas, 2019, 225 p. 
  • L’invention de l’eau embouteillée. Qualité, normes et marchés de l’eau en bouteille en Europe 19e-20e siècles, Bruxelles, Berlin, PIE Peter Lang, 2013, 397 p.
  • Perrier, c’est Nous ! Histoire de la Source Perrier et de son personnel, Paris, Editions de l’Atelier, 2005, 254 p.
  • avec Antonio Escudero (éd.), Consommateurs, consommation, XVIIe, XXIe siècle, regards franco-espagnols, Alicante, Perpignan, Publicacions de la univeristat d’Alacant, Presses Universitaires de Perpignan, 2016, 336 p.
  • avec André Balent, (dir.), Catalans du nord et Languedociens et l’aide à la République espagnole, 1936-1946, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, Ville de Perpignan, direction de la Culture, Association Maitron Languedoc Roussillon, 2010, 202 p.
  • avec Esteban Castañer-Muñoz (dir.), Histoire et patrimoine de la société industrielle en Languedoc-Roussillon - Catalogne : les enjeux de la recherche et de la conservation, Presses universitaires de Perpignan, coll. Études, 2008, 272 p.
  • (coll.) Nouveau dictionnaire de biographies roussillonnaises, 1789-2011, vol.1, tome 1, Pouvoirs et société : administration, armées, économie, églises, justice, mouvements et organismes sociaux, politique, presse politique et d'information générale, Pézilla-la-Rivière, Publications de l’Olivier, 2011, 702 p.

 

Rendez-vous avec Nicolas MARTY :

 

Mardi 28 mai, 18 heures, Hotel Pams, 18 carrer Emile Zola, CML - Ville de Perpignan , présentation du livre Comprendre la crise catalane.

 Dimarts 28 de maig, a les 18 hores

 

- - -

Editions Cairn

 

📣📕🗜Nicolas Marty, auteur de "Comprendre la crise catalane" à paraitre très bientôt aux éditions Cairn sera l'invité d'Alain Finkielkraut dans l'émission Répliques consacrée à "La question catalane" avec Benoit Pellistrandi, historien et auteur de l'ouvrage " Le labyrinthe catalan".

🔜Diffusion le samedi 23 mars!

📥Plus d'information sur notre site:https://www.editions-cairn.fr/a-paraitre/1079-comprendre-la-crise-catalane-9782350687025.html

#catalogne #independance #franceculture#repliques – avec Nicolas Marty et Alain Finkelkraut.

Les critiques venant des partisans de l'indépendance sont favorables à N. Marty...Ainsi, l'article de Robert... Marty :

 

Recension du livre de Nicolas Marty : "Comprendre la crise catalane"

Par Robert Marty

Nicolas MARTY professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Perpignan vient de publier aux éditions Cairn un ouvrage intitulé "Comprendre la crise catalane"

https://www.librairiedialogues.fr/livre/15421102-comprendre-la-crise-catalane-marty-nicolas-cairn 

 

Un titre tout proche à coup sûr du récent "Espagne–Catalogne : les clés du conflit" à la réalisation duquel l'ALC a fortement contribué. Deux titres voisins qui ne font pas double emploi. Bien au contraire, le travail de Nicolas MARTY, conduit avec la compétence, la rigueur et l'honnêteté intellectuelles qu'on peut attendre d'un universitaire de son niveau confirme, assure, élargit et garantit les fondements de notre approche. En effet "Les clés du conflit" est un florilège d’approches diverses construit de façon à donner à l'opinion française l'essentiel des éléments de raison qui lui font défaut pour appréhender le problème catalan. On y prend en considération de plus que cette opinion est soumise à une désinformation hostile et toxique pour le peu qui lui est délivré. Formée aux moule jacobin elle est quasiment incapable de concevoir la complexité des rapports d’un État espagnol encore imprégné de la verticalité franquiste avec des nations périphériques qui veulent légitimement accomplir un destin national. Son but est clairement militant. 

En revanche le but de Nicolas Marty est avant tout de faire œuvre d'historien. S'il advient que l'éclairage qu'il apporte soutient objectivement la cause catalane c'est par pure conséquence de sa démarche scientifique. 

D'ailleurs son ouvrage est construit sur cette articulation : d'abord les faits rigoureusement mis en perspective historique, ensuite la pensée des faits repris dans le champ indiscutable des valeurs universelles qui fondent les démocraties modernes. Ce n'est pas un livre de plus, c'est un livre indispensable, en plus.

 

Des deux ouvrages il ressort au premier chef que cette crise est surchargée par le poids de l’histoire. A la différence près que tout ce que "Les clés du conflit" montre, Nicolas MARTY le démontre, une démarche que seul un historien de métier pouvait mener à bien. Pour illustrer cette idée, rien ne vaut une image (mentale) : lorsqu'on cherche un itinéraire sur une application internet ou un GPS on obtient immédiatement et par défaut une banale carte routière. 

Cependant d’un simple clic ou affleurement on peut passer à la vision satellite. Aussitôt votre graphisme abstrait s’inscrit dans un paysage vu de haut, un territoire habité, vivant, marqué par son développement historique. Les fluctuations de votre itinéraire apparaissent dès lors intelligibles surtout dans des zones à la géographie tourmentée. C’est exactement ce qui se produit lorsqu'on entame la lecture du livre de Nicolas Marty. 

On comprend en profondeur le pourquoi et le comment de telle ou telle bifurcation, courbe ou contournement, voire impasse. Tout est indexé sur des réalités : historiques, économiques, culturelles ; tout est vérifiable, tous les arguments sont étayés … En conséquence nous nous trouvons armés contre la méconnaissance, la mauvaise foi, les distorsions, les biais, les sophismes, les mensonges et les haines qui encombrent le champ de la connaissance objective de la question catalane.

 

écouter le podcast de l'émission "Répliques" d'Alain Finkelkraut sur France Culture du 23 mars 2019 

https://itunes.apple.com/fr/podcast/répliques/id114880560?mt=2

 Elle opposait Nicolas Marty à l'historien Benoît Pellistrandi 

 

Ce dernier répand à longueur de livres, d'articles et d'interview dans les medias français complaisants l'idée que " La société catalane est en proie à une pathologie politique nationaliste suprémaciste", rien que ça ! On pense à un pays et à un temps ou l'opposition était déclarée maladie mentale que l'on soignait dans un goulag ! Comment prétendre à la qualité d'historien quand on en est là !

 

Enfin, on dit avec Beaumarchais que "Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur". Je me sens un peu mal à l'aise avec cette citation, n'ayant rien trouvé à blâmer. Je crains de tomber sous l'accusation de complaisance, voire de copinage pour n'avoir dit que du bien du livre d'un collègue et engagé tous "les gens de bien" à le lire. Au point même que je me dois de préciser que, bien que portant le même patronyme, nous n'avons aucun lien de parenté …Tant pis … Lui et moi savons ce qu'il en est …

 

Contre vents et marées, il me reste un dernier éloge à prononcer : le livre est bien écrit et se lit comme un roman d'un genre particulier : un roman national 

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 10:50
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi
Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty  -  Benoît Pellistrandi

Vitrine librairie Torcatis (Perpignan) - Paul Preston - Nicolas Marty - Benoît Pellistrandi

A l'heure des élections européennes, il faudrait revenir sur la question catalane. Après le référendum "illégal" (selon la constitution espagnole) et la déclaration de C. Puigdemont sur l'instauration de la république catalane (elle a duré 6 secondes), ce fut la répression, la prison, l'exil de ministres catalans et du président de la Generalitat (en Belgique).

 

Avec le gouvernement du socialiste Sanchez, l'apaisement et la libération des prisonniers "politiques" indépendantistes sont envisageable. Le parti populaire, à l'origine de la répression du mouvement séparatiste, a dû quitter le pouvoir, mais son affaiblissement a permis au parti d'extrême-droite Vox de s'installer dans le paysage politique de la péninsule...

 

Sans être favorable à l'indépendance de la Catalogne (c'est aux Catalans de décider !), tout en percevant, chaque fois que je me rends dans le sud, que ce pays est une nation, je désire en savoir plus : lire l'analyse passionnante de N.Marty, futur président de l'université de Perpignan, favorable à l'indépendance... Lire aussi le point de vue opposé, celui de B. Pellistrandi, dont le livre récent est aussi une intéressante étude historique, minée de temps à autre, par des critiques acerbes (sur la corruption dans le parti de centre-droit indépendantiste de Jordi Pujol, C. Puigdemont...ce que reconnaît aussi N.Marty, avec sa volonté d'être objectif.

 

Il est objectif car il dit la vérité, mais ne dit pas tout : ainsi, des anecdotes de l'adversaire Pellistrandi, accusé de faire partie de l'opus dei par les partisans de l'indépendance...

 

Commençons par Paul Preston, grand connaisseur de l'Espagne : son long article dans le quotidien Le Monde du 19/20 novembre 2017, intitulé "L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan"...

En comparant les trois analyses historiques, nous pourrons peut-être y voir plus clair et nous rapprocher de la vérité...

 

J.P.Bonnel - 24 mai 2019

 

à suivre...

- - -

 

La question catalane vue par les historiens Paul Preston, Nicolas Marty  et Benoît Pellistrandi 

 

1. Paul Preston :

 

Paul Preston (Liverpool, 1946) est un historien britannique, docteur en histoire de l'Université d'Oxford. Il est spécialiste de l'histoire de l'Espagne contemporaine et en particulier de la période de la guerre d'Espagne. Il s'est notamment opposé à la lecture qu'en fait Pío Moa1.

 

 

Certains spécialistes de la guerre d'Espagne ont sévèrement critiqué les positions de Preston exposées dans The Spanish Holocaust : Inquisition and Extermination in Twentieth-Century Spain, une étude des atrocités perpétrées en Espagne au xxe siècle. Stanley Payne juge ainsi que le livre « reproduit bon nombre des plus anciens stéréotypes sur la guerre civile espagnole » et le considère comme « un échec »2.Réception critique de The Spanish Holocaust

Arnaud Imatz dans une critique publiée par La Nouvelle Revue d'histoire, considère que l'ouvrage de Paul Preston est « un véritable condensé de manipulations, de semi-vérités et de mensonges »3

Reprenant des explications fournies par le Komintern lors de la guerre civile, Preston présenterait le terrorisme de gauche comme toujours « accidentel », « spontané », jamais organisé, ses crimes étant perpétrés par des « éléments incontrôlés » à la différence de ceux des partis de droite ou du centre qui se seraient fondés sur un programme de répression, un « programme de massacre systématique » 3

Selon Imatz, Preston ignore les avancées de plusieurs décennies de recherche, sollicitant « à son gré » une partie des études récentes. Selon lui, les chiffres connus infirmeraient les affirmations de Paul Preston concernant les crimes franquistes, car sur les 140 000 victimes que fait la répression, 60 000 seraient le fait du Front populaire 4 et 50 000 le fait des rebelles nationalistes, auxquels viendraient s'ajouter 30 000 exécutions au lendemain du conflit, des chiffres bien plus proches en termes de pourcentage de ceux de la révolution cubaine (selon Imatz) que ceux concernant le régime nazi 3.

 

Jeremy Treglown (en) estime que la comparaison de Paul Preston avec l'Holocauste expose rapidement ses limites. Selon lui, l'histoire du xxe siècle montre qu'« il n'est pas nécessaire de faire des comparaisons lointaines pour voir que, si effroyables et, oui, criminelles, les actions qu'il décrit ont été, elles différaient tant sur le plan qualitatif que quantitatif de la planification à froid et de l'application industrielle de l'Holocauste nazi. Cet élément de sensationnalisme, aggravé par le sous-titre « Inquisition et extermination dans l'Espagne du XXe siècle », risque de transformer l'histoire elle-même en inquisition : quelque chose de plus proche d'un tribunal moral vengeur que d'une tentative de comprendre le passé. » Treglown note également que dans cet ouvrage comme dans ses autres livres, lorsque Paul Preston documente les atrocités commises par les partis de gauche, il tend à les présenter comme ayant toujours été la « conséquence » de celles commises par les partis de droite 5.

Le livre The Spanish Holocaust a remporté le Prix d'histoire de la Catalogne en 2011 5.

 

  1. (es) Interview [archive] de Paul Preston dans El Mundo, 24 juin 2003.
  2. Stanley Payne, The Wall Street Journal, 13 avril 2012
  3. a b et c Arnaud Imatz, « La guerre d'Espagne fantasmée de Mr. Preston », La Nouvelle Revue d'histoire, no 89, mars-avril 2017, p. 24-26
  4. voir l'article Terreur rouge (Espagne). Le chiffre est discuté. Pour l'historien britannique Hugh Thomas, le bilan des persécutions antireligieuses s'élève à 55 000 morts, le même auteur estimant les assassinats et exécutions politiques de « nationalistes » à environ 75 000 pendant la guerre. Selon Antony Beevor, le bilan de la plupart des actes de la terreur rouge espagnole, qui se déroulèrent au début du conflit à l'été et automne 1936, s'élèverait à environ 38 000 personnes, dont presque la moitié furent tués à Madrid (8815 victimes) et en Catalogne (8352 victimes). Guy Hermet penche pour une estimation de 75 000 victimes environ.[réf. nécessaire]
  5. a et b (en) The Spanish Holocaust by Paul Preston: review [archive], Jeremy Treglown, telegraph.co.uk, 28 février 2012.

(C) source : wikipédia.

 

Paul Preston,

dans

Le Monde du 19/20 novembre 2017, article intitulé "L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan"...

 

-Avant 1923 le nationalisme prospérait dans la bourgeoisie catalane, qui avait le sentiment de posséder une identité propre, fondée sur une culture et une langue différentes. Avec la perte des colonies, et les difficultés économiques, les élites catalanes s'élèvent contre l'indifférence de Madrid : cependant elles ont besoin de l'appareil de l'Etat central pour réprimer l'agitation ouvrière, en particulier anarchiste.

-13 sept 1923, coup d'Etat du général Primo de Rivera, gouverneur militaire de la Catalogne; ami personnel de nombreux oligarques catalans, impitoyable dans sa répression des anarchistes, il est considéré comme un défenseur de l'élite économique catalane.

-P. de Rivera déçoit les Catalanistes : politique très anticatalane, langue catalane interdite à l'école, institutions catalanes dissoutes.

La Gauche républicaine de Catalogne, nouveau parti, remporte des élections municipales de 1931 : l'ERC proclame la République le 14 avril.

-Face à la déclaration unilatérale d'indépendance de la part d'ERC, le gouvernement de Madrid (Républicains/socialistes)accorde un large statut d'autonomie à la Catalogne (sept.1932)

-Le président de la Généralité, Lluis Companys proclame "sans enthousiasme" l'indépendance de la Catalogne; il est arrêté, accusé de rébellion, traduit devant la cour constitutionnelle (30 ans de prison, mais après la victoire du Font populaire, il est rétabli dans ses fonctions  février 1936).

- Coup d'Etat militaire du 18juillet 36, guerre civile, prise du pouvoir par Franco : L. Companys, exilé en France, est arrêté par la Gestapo, jugé et fusillé le 15 oct. 1940 à Barcelone.

-Après a mort de Franco, le roi Juan Carlos et le premier ministre Suarez arrivent à neutraliser les aspirations nationalistes : retour de J. Tarradellas, président en exil de la Generalitat, rétablie, avec une adaptation du statut d'autonomie de 1932. E échange : serment d'allégeance des Catalans à la Monarchie, acceptation de l'unité de l'Espagne, respect des forces armées.

 

-1979 : le statut d'autonomie, grignoté par Madrid, est adopté par référendum.

 

-1980 : premières élections au parlement catalan (135 députés) : victoire de CiU  Convergence et Union, de centre-droit, dirigée par J. Pujol, jusqu'en 2003.

 

-Transfert de compétences de Madrid à Barcelone, mécontentement croissant en Catalogne : 14% seulement des Catalans soutiennent l'indépendance aux élections de 2005.

 

-Un nouveau statut est adopté par le parlement espagnol en juin 2006 (ratifié par référendum en Catalogne).

 

-le gouvernement très droitier de M. Rajoy (parti populaire) conteste le statut : le tribunal invalide le 28 juin 2010 plusieurs articles relatifs à la péréquation fiscale et rejette la définition de la Catalogne comme nation.

 

-Gouvernement "tripartit" en Catalogne (PS-ERC-Verts), puis retour de Convergence dirigée par Arthur Mas, lors des élections régionales de déc. 2010. -2011 : 46,4 % des Catalans réclament l'indépendance.

 

-A.Mas organise un référendum d'indépendance le 9 novembre 2014 : 80,76 votent pour, mais la participation n'est que de 37%. 

 

-La tension s'intensifie. Face à la dénonciation d'une région riche qui veut garder pour elle ses richesses, les indépendantistes répondent que, avec 16% de la population de l'Espagne, la Catalogne apporte 22% des recettes fiscales nationales et ne reçoit que 8% des investissements publics.

 

-Elections régionales anticipées le 27 sept. 2015 : "Ensemble pour le OUI" (CiU, ERC: 39%. - CUP, parti anticapitalist, 8,21%); même unis, ces partis ne sont pas majoritaires et non crédibles pour faire prospérer une déclaration d'indépendance; pourtant A. Mas annonce l'organisation d'un réferendum pour instaurer un Etat catalan indépendant.

 

-Carles Puigdemont est investi à la place d'A.Mas le 9 janvier 2016 Convergence change de nom  (révélations sur la fortune cachée de J. Pujol dans des paradis fiscaux) : il devient le Parti démocrate européen catalan.

 

-La nouvelle coalition nationaliste annonce un référendum définitif sur l'indépendance. Madrid décide de faire échouer ce vote : dix mille policiers sont dépliés en Catalogne, répression rappelant la dictature franquiste :  

                                 "Des centaines de Catalans, se sont fait matraquer, dont beaucoup qui avaient l'intention de voter contre l'indépendance."

-43 % des électeurs ont participé au référendum; 90%  ont voté pour l'indépendance.

 

-déclenchement de l'article 155 de la constitution : suspension de l'autonomie régionale et arrestation des dirigeants politiques et associatifs catalans : sédition, rébellion et détournement de fonds publics pour organiser le vote...

 

"Une réforme de la constitution espagnole et l'ouverture de négociations sur un nouveau statut catalan seraient à même de panser les plaies.." P. Preston

 

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 11:39
Je n'irai pas célébrer Machado et la République avec des casseroles, demain 24 février, à Collioure !
Je n'irai pas célébrer Machado et la République avec des casseroles, demain 24 février, à Collioure !

Tous les Républicains unis à Collioure pour Machado, dimanche 24 février 2019, dans le silence du cimetière, pas dans le vacarme des casseroles...

 

Favorable à la libération des prisonniers indépendantistes catalans, ayant rencontré les épouses des ministres chez l'ami Ramon FAURA (voir les entretiens dans le blogabonnel), je ne participerai pas au concert des casseroles.

 

On peut trouver que Sanchez est un traître, qu'il ne fait rien pour les prisonniers (leur rapprochement en Catalogne, tout de même...), que sa politique est la même que celle de Rajoy, du PP...(pourtant voir les réformes sociales proposées par le premier ministre socialiste...Bien sûr, il ne peut que respecter la constitution espagnole, même si elle est injuste...Avec qui d'autre peut-on espérer une avancée, Sanchez n'étant que très minoritaire... Avec le roi, qui, seul, peut décider d'une amnistie..? Doit-on faire la politique du pire et laisser les prisonniers en prison..?

 

Il s'agit demain d'honorer la mémoire des Républicains : hier, castillans, basques ou catalans, ils étaient tous unis vers une même but, renverser le franquisme; aujourd'hui, on a l'impression que les Républicains catalans sont à des lieues des autres Républicains et que c'est la haine, l'incompréhension...qui règnent ! C'est très grave pour la gauche !

 

C'est triste pour Machado, symbole de la République et de l'union fraternelle des progressistes d'Espagne !

 

J.P.Bonnel

 

- - -

 

COTLLIURE

El 29 de gener de  1939, tarda trista
lleugers d'equipatge

 

I tots vestits de negre,

Embolicats els quatre d'una profunda soledat,

José  i la seva dona Matea, la nostra mare i jo mateix,

 

Aquí estem a l'estació de Cotlliure. On anar? On parar?

Un home amable, empleat del ferrocarril, ens parla de l'existència d'una pensió, on viu, al centre del poble.

La pensió de Pauline Bougnol-Quintana.

Baixem, pas a pas, l'avinguda. Arribats al centre del llogaret, a la placeta de vint-i-tres plàtans, una parada a la botiga, ens permet recuperar la força. Juliette Figueres ens ofereix cafè, llet i pa.

 

La pensió és aquí, davant, rosa, amb arquitectura de proa de vaixell.
Mentrestant el torrent que travessa el petit port de pesca està inundat.

No travessarem el Douy a peu. La meva mare no pot esbossar un sol pas. Pel que fa a mi, la fatiga és extrema ...

Només queden unes poques dotzenes de metres i encara ... José va a la recerca d'un cotxe. El taxi del senyor Ferrer ens aplega. Ens condueix, a través dels carrerons, al llarg del cementiri, fins al refugi tan esperat ...

 

Les nostres dues habitacions són a la planta superior: una gran escala exterior duu a terme. Per accedir a la seva, Matea i José han de passar per la nostra habitació.

 

Els nostres nous amics són aquests tres Cotlliurencs, Jacques Bails, Pauline Quintana i Juliette Figueres.
Ens aporten cada dia un confort emocional i material: roba, menjar, diaris, alguns llibres en espanyol, segells per donar senyal de vida als nostres poquíssims camarades que han quedat a Espanya, a les meves nebodes marxades a Rússia ...

 

I la poesia?
Flueix, com jo, cap al mar. Queda oberta, sobre els misteris del mar i l'existència humana ...
Aquí, a Cotlliure, la vida i la poesia estan lligades, el camí i el destí segellen la seva última aliança ...
Però no hi ha tragèdia: visc en la pobresa extrema, assossegada.

 

Anuncia el dia del viatge final i

 

Quan parteixi la nau que mai tornarà,
Em veuràs a bord, i el meu magre equipatge,
Gairebé nu, com els fills del mar

 

Un dia, un exiliat de pas va donar a la patrona de l'hotel un escriny que contenia terra d'Espanya. Demano que ella m'acompanyi a la meva tomba.
Cada dia, passo unes quantes hores al banc davant de la pensió, mirant l'animació de la placeta. En cas contrari, descanso, llegeixo una mica. La revista Match, en francès i els llibres en espanyol prestats per Jacques Bails.
El temps està quasi quiet ...

 

No obstant això, avui, dia 17 de febrer, per primera vegada, he decidit anar al mar. José m'acompanya.

Baixo al port, al dic de l'Almirantazgo. El meu ritme és extremadament lent. Necessito que el meu germà em tranquil·litzi.
Compto els meus passos com és comptem els dies ...
Nosaltres no parlem.
Finalment arribo a la platja. Veig el mar encallat a les roques. Veig les ones en forma de comes: una escriptura estranya. Recordo:
La mort t'arribarà pel mar ...

Vine, José, anem a casa, ja és l'hora!

 

Ja no tinc el germà gran, el germà estimat que es va unir als franquistes. Vaig perdre la doneta que era la gran felicitat de la meva vida. Només he oblidat recordar la dona casada refugiada a Portugal ...

 

Només sóc un home. Nu, sense casa, sense esperança, poeta, que només existeix en els llibres publicats.

 

Sóc un republicà amb els punys tancats !

 

(texte de J.P.Bonnel, extrait de Machado, de Séville à Collioure, édit. Cap Béar - traduction du chapitre sur Collioure par MARIA LLADO POL)

Venue de Pedro sanchez sur la tombe de Machado 

FÉVRIER 24

Concentració A Cotlliure 

Per La Vinguda d'en Pedro SÀNCHEZ

 

Antonio Machado: "De aquellos que dicen ser… catalanes…

 

"De ceux qui prétendent être des Galiciens, des Catalans, des Basques, des Castillans, ... plutôt que des Espagnols, soyez toujours méfiant. Ce sont généralement des Espagnols incomplets et insuffisants, de qui on ne peut rien attendre de grand."

Antonio Machado

 

http://wiki.vilaweb.cat/.../Antonio_Machado:_%22De...

WIKI.VILAWEB.CAT

 

Institut Ramon Llull/ Newsletter # 93

FÉVRIER 2019 / PARIS, FRANCE

Paris

Après un premier aperçu de la relation tellurique de l’œuvre écrit et plastique de Perejaume avec son entourage naturel en complément de l’exposition d’Ana Mendieta au Jeu de Paume, Ona Balló Pedragosa propose une plongée dans l’univers de l’artiste à partir du motif de l’arbre comme pont entre plusieurs langages artistiques. Les journées organisées parBraquage entre le premier et le 3 février proposent des expositions de photographie, des projections, des conférences, des concerts, des lectures et des ateliers : un programme vraiment riche à l’Espace En Cours de Paris.

GLOBOSPHÈRE,  28/02/2019

Parution du numéro 23 de la revue numérique « Catalonia »

 

Fondée en 2008 par Denise Boyer, cette publication numérique diffuse les communications présentées au cours des journées d’études et les conférences du Séminaire d’études catalanes, composante du Centre de Recherches Interdisciplinaires sur les Mondes Ibériques Contemporains (CRIMIC – EA 2561) de l’Université Paris-Sorbonne. Le numéro 23 correspondant au deuxième semestre 2018 est consacré à la littérature au féminin du XXIe siècle : tradition et nouveaux langages.

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