Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 09:15
OUI au Pays catalan : manifestations et chanson de Joan IGLESIS - Les FRAC montrent leurs oeuvres : disparition du FRAC Languedoc/Roussillon ? - El Conde de Torrefiel au Festival d’Automne à Paris -

Les FRAC ouvrent leurs portes

 

Les 23 Fonds Régionaux d'Art Contemporain (FRAC), symboles de la décentralisation culturelle, de la nécessité d'une médiation (d'un échange, d'une pédagogie) entre les artistes et le public, ouvrent leurs portes et mettent en valeur leurs acquisition, ces 5 et 6 novembre 2016.

 

Rencontres, performances...mais, pour nous, Catalans, Montpellier, ce n'est pas à côté, et Toulouse non plus... En outre, les locaux du Frac de Montpellier sont exigus et inadaptés à un large public. Alors, le Fonds prête des oeuvres : on l'a vu lors des (rares) dernières expos d'art contemporain à Perpignan, au CACWB et aux Minimes.

 

L'administration veut économiser et éliminer des Frac comme elle a supprimé des Ecoles des Beaux-Arts (à Perpignan, où la municipalité n'a pas eu le courage de créer une école d'art municipale, alors que ça marche bien, à Sète et à Carcassonne - on pense alors à des locaux pour étudiants en centre ville, après rénovation des BA, avenue Foch...)

 

Le FRAC de Montpellier, avec le chambardement et l'emprise d'Occitanie, va-t-il disparaître..? Ce serait encore nier l'identité catalane, vibrante et réelle à Barcelone, Palma de Majorque...mais ici, à Perpignan, l'art contemporain peut-il être qualifié de "catalan"..? 

La disparition du Frac Languedoc/Roussillon serait une erreur et un crime : en effet, ce fonds artistique nourrit culturellement les nombreux modestes lieux d'art du territoire et tente de créer du lien là où le désert pictural s'est imposé…

 

JPB

Frac-platform.com

 

** Manifestation pour la langue catalane, prévue ce samedi 5 novembre à Perpignan, et la journée de Résistance proposée ce dimanche 6 novembre à Prats de Molló.

SAMEDI 5 NOVEMBRE ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE, MANIFESTONS A PERPIGNAN ET PRATS DE MOLLÓ

 

Oui au Pays Catalan appelle à participer au Correllengua, ce samedi 5 novembre à 15h30 au départ de la Place de Catalogne, à Perpignan.

 Cet évènement commémorera l’anniversaire du funeste Traité des Pyrénées, signé le 7 novembre 1659 par les monarchies française et espagnole, coupant la Catalogne en deux. Il sera l’occasion de promouvoir la langue catalane comme outil d’intégration identitaire, selon la charte de notre mouvement. Nous dénoncerons l‘Office de la langue catalane inventé par la Région «Occitanie», destiné à acheter les enseignants. Face au défi de la reconquête culturelle de notre département, le budget ridicule de futur «machin» révèle qu’il s’agit d’un sparadrap administratif. 

Habile en communication, la présidente de la région, Carole Delga, ne présente aucune volonté sincère de soutenir la langue catalane dans les établissements scolaires et associations. 

Nous vous donnons aussi rendez-vous à l'Aplec dels Angelets de la terra, ce dimanche 6 novembre à Prats de Mollo. En rappel de la Résistance catalane, cet événement comportera une marche des Angelets à 9h et la projection de la comédie musicale «Angelets de la Terra», de Jordi Barre,  à 10h30. Cette journée revendicative et festive sera complétée par un apéritif ouvert à tous, un repas et une ballada de sardanes.

 

Arguments et prises de position : www.ouiaupayscatalan.com

Vidéos : www.ouiaupayscatalan.tv

Contact : admin@ouiaupayscatalan.com 

Tel. 04 68 35 34 54

Contact presse : 06 75 74 25 49

- - -

*CHANSON, par Joan IGLESIS :

 

Un morceau écrit sur un ton ferme comme une peine de prison, doux comme un poème et piquant comme l'abeille. Et en Catalan, s'il vous plaît.

"Joan Iglesis m'a demandé d'écrire ce texte en juillet. Mais comme je ne suis pas intermittent du spectacle - je fais de la musique par plaisir - j'ai composé la mélodie, et c'est lui qui a écris le texte, explique Joan Llorenç Solé, qui a lancé un appel sur les réseaux sociaux afin d'enregistrer avec le maximum de voix. Pour "fem pinya", précise-t-il: "Faire corps tous ensembles, donner un effet de masse".

Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel, et 10 d'entre eux sont venu enregistrer en studio. "L'idée n'était pas d'enregistrer un coeur, mais un par un, par créneau d'une demi-heure chacun."

"Mon pays, ma force, ma culture"

Son morceau, l'artiste originaire d'Elne l'a voulu résolument engagé. Bien que le décret sur le nouveau nom de Région a officialisé "Occitanie", pour lui, le combat pour la promotion de l'identité catalane n'est ni vain ni terminé: "Notre langue, notre territoire, il était important de la défendre. Le combat n'est pas fini, il n'est pas trop tard", défend celui qui fut de toutes les manifestations pour la reconnaissance du "Pays catalan".

Alors, pour les deux compères, le choix d'écrire le morceau uniquement en langue catalane était tout naturel: "Mon pays est là, c'est ma force, ma culture,confie Joan Llorenç Solé. Mes grand-parents viennent de Catalogne sud. Le lien il est là. Ça me noue l'estomac". S'ils tenaient avant tout à "marquer le coup", gageons que ce plaidoyer pour la catalanité sera sur toutes les lèvres lors des prochaines manifs.

Plus d'informations sur Joan Llorenç Solé sur son site internet.

 

Paroles de No sem occitans!... Sem catalans!...

La gran i nova regió

Ha entrat en religió

A fi d'encertar un nom

Que pugui plaure a tothom.

Sota el buf del vent d'Espanya,

S'ha escollit Occitània,

Oblidant la veu ufana

De la terra catalana.

Hem escrit la nostra història

Sense perdre la memòria.

El cant dolç de la senyera

Riu de la mala frontera.

Drets, de cara a l'opressió,

Avui sem una nació.

Escoltem la veu ufana

De la terra catalana.

 

Volem a sota la neu

Contemplar el Pirineu,

Seguir camins ramaders,

Rics de records verdaders.

Volem a vora del mar

Viure el caliu de la llar,

Entendre la veu ufana

De la terra catalana.

Canviar d'identitat?

Ser descatalanitzat?

Esborrant un nom, un lema,

Es pot resoldre un problema.

Si el rei fa la lliçó,

Sempre ens queda una cançó

Per sentir la veu ufana

De la terra catalana.

 

Refrany

No volem ser occitans!...

Des de temps d'or i de sang,

Caminem sempre endavant...

Sem i serem catalans!...

 

Traduction en Français

Nous ne sommes pas occitans!... Nous sommes catalans!...

La grande et nouvelle région

Est entrée en religion

Afin de se doter d’un nom

Qui puisse plaire à tout le monde.

Sous le souffle du vent d’Espagne (1),

Il a été choisi Occitanie,

En oubliant la voix fière

De la terre catalane.

 

Nous avons écrit notre histoire,

Et ce sans perdre la mémoire.

Le doux chant de notre drapeau

Se rit de la frontière malsaine.

Bien droits face à l’oppression,

Aujourd’hui nous sommes une nation.

Nous écoutons la voix fière

De la terre catalane.

Nous voulons, dessous la neige,

Contempler les Pyrénées,

Suivre les chemins de transhumance,

Riches de souvenirs authentiques.

Nous voulons, près de la mer,

Vivre la chaleur de notre foyer

Et entendre la voix fière

De la terre catalane.

Changer notre identité?

Être « décatalanisé »?

En effaçant un nom, un lemme (2),

On peut résoudre un problème.

Si le roi dicte la leçon,

Il nous reste une chanson

Pour percevoir la voix fière

De la terre catalane.

Refrain

Nous ne voulons pas être occitans!...

Depuis des temps de sang et d’or,

Nous allons toujours de l’avant...

Nous sommes et serons catalans!...

(1) vent d’Espagne : vent d’autan, dans la région de Toulouse-Midi-Pyrénées

(2) lemme : appellation ou slogan 

- - -

 

*Oui au pays catalan:

RN 116 : NOUS SOMMES LES INVISIBLES DE LA REPUBLIQUE !

(Communiqué de presse · Perpignan, 20 octobre 2016)

 

Lundi 17 octobre, la préfecture des Pyrénées-Orientales a avoué l’abandon du projet d’aménagement à quatre voies de la Route Nationale 116 entre Ille-sur-Têt et Prades. Souvenons-nous : en 2005, lors de la présidence de Jacques Chirac, cet axe est resté national car des élus de droite ont manigancé. Conservant sa titularité d’Etat car échappant au Conseil général de gauche dirigé par Christian Bourquin, la 116 devait être élargie jusqu’à Bourg-Madame, par miracle ! Cette promesse pharaonique illustre la duperie réservée au Pays Catalan, terrain de jeu des partis claniques.

 

Aujourd’hui, nous subissons l’effacement de la classe politique locale sur les grands dossiers : pas de TGV vers le Nord, aéroport de Perpignan déclassé, port de Port-Vendres oublié, Cité judiciaire au rabais. Les 300 millions d’euros nécessaires à la RN 116 ne sont pas mobilisés car les ogres Toulouse et Montpellier partagent peu et mal. Au final, nous faisons partie des invisibles de la République, car les élus traditionnels n’incarnent pas notre territoire à Paris. Aujourd’hui, il s’agit de la secrétaire d’Etat Ségolène Neuville, patronne du PS des Pyrénées-Orientales, et du maire de Prades, Jean Castex, ami de Nicolas Sarkozy. Face à eux, les extrêmes nous considèrent cyniquement comme un laboratoire politique et comptent les points. Ils composent tous le même système, et nous n’avançons pas.

 

Sur le dossier majeur de la RN 116, comment nous faire entendre ? En créant une Collectivité Territoriale Unique (CTU), comme le Grand Lyon et la Corse. Cette structure moderne et efficace contenue dans l’article 72 de la Constitution s’inscrit dans une République des territoires, capable de résoudre les problèmes de ses ressortissants. Oui au Pays Catalan est porteur de ce projet, au bénéfice de tous.

 

Dans l’immédiat, sur ce même axe, nous exigeons la déviation de Marquixanes, qui préservera des vies humaines. Nos décideurs ont eu la décence de ne pas la sacrifier.

 

*********

 

***CATALOGNE à PARIS :

PARIS,  05/11/2016

 

El Conde de Torrefiel au Festival d’Automne à Paris

 

Après avoir présenté La posibilidad que desaparece frente al paisaje en première en France au festival Actoral de Marseille en octobre, la compagnie catalane amène la pièce au Festival d’Automne à Paris du 3 au 5 novembre au Centre Pompidou.

Institut Ramon Llull/ Newsletter # 67

NOVEMBRE 2016

 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 10:01
Cadaquès (photo d'Eric Masson) - Guy Jacquet - Sermons de V. Ferrier - Les chiens "hot dogs street"
Cadaquès (photo d'Eric Masson) - Guy Jacquet - Sermons de V. Ferrier - Les chiens "hot dogs street"
Cadaquès (photo d'Eric Masson) - Guy Jacquet - Sermons de V. Ferrier - Les chiens "hot dogs street"
Cadaquès (photo d'Eric Masson) - Guy Jacquet - Sermons de V. Ferrier - Les chiens "hot dogs street"

Cadaquès (photo d'Eric Masson) - Guy Jacquet - Sermons de V. Ferrier - Les chiens "hot dogs street"

Notules écrites à Cadaquès :

 

-Heureux d'avoir reçu une lettre, longue et admirable de Joseph Ribas. Il a lu mon article sur le pays catalan et la manie du 10 septembre 2016 et m'envoie son point de vue, très nuancé..!

 

 

-Content de pouvoir aller parler avec Jean Abelanet à Rivesaltes. Dire les tromperies de certains pseudo-découvreurs de sites préhistoriques. Les vols de H. de Lumley…

 

-J'ai apprécié la boîte de Malakoff (création des usines Cémoi) : la boîte en métal représentant des sardanes ne peut qu'inviter au péché : "Je suis gourmande!", dit Maria Lluis.

 

-Contacter Marie-Christine Freynay à Villeneuve de la Raho, pour sa revue "Magazin'Art".

 

-Grenade, ville andalouse, fruit et éclat de vie, que puis-je en dire de plus que le poète bâillonné..?

 

-Madriu: le sentier pierreux casse les jambes. Chemin de cailloux, voie romaine ou chaussée des géants..?

 

-Développer le texte sur Berlin.

 

-Je garde l'image du torero dans l'hôtel de Collioure; placé en face encontre-plongée, à 200 mètres à vol d'oiseau, je voyais sa préparation, son angoisse dans la chambre. Il s'habillait lentement avant de partir aux arènes, toutes proches… Peur au ventre, apparence d'orgueil.

 

-Je dois reconstituer une histoire d'amour à partir des messages lus dans un téléphone portable trouvé dans la rue. Abandonné pour que j'écrive..?

 

-J'ai cru (rêvé ?) avoir allumé un feu sur la plage. J'avais mauvaise conscience en me persuadant que j'avais causé un vaste incendie dans la mer…

 

-Expo Fromanger à Beaubourg, en juin 2016. Figuration narrative. "La vie d'artiste, entre l'art et le réel, l'atelier et la rue".

"Le modèle du peintre, c'est la marchandise", a écrit Deleuze, cité par From…

Artiste concerné par l'art et le social.

 

-Idée de roman: le couple ne reconnaît plus l'itinéraire dans lequel i s'est engagé (cela pourrait être le ball de Madriu, en Andorre), seize ans plus tôt… Le paysage, on le sait, évolue sans cesse, en raison de cataclysmes naturels ou de travaux dus à la main humains…Mais là, quelle métamorphose ! Le canyon aride est devenue une vallée verte, boisée, où les sapins pullulent…

 

-Histoires de fentes : à partir des carambolages d'une exposition originale et insolite, et d'un objet exotique : le bouclier du Kénya, j'ai eu de mauvaises pensées…Voici que défilent les tableaux troués de Fontana, les avatars de Vénus par Lebel, le centre du monde dalinien et l'origine du monde courbétien, un simple et brut film porno…

 

 

***MARSEILLE,  08/10/2016

 

El Conde de Torrefiel au festival Actoral 2016 de Marseille

 

La compagnie catalane présente sa dernière création, un spectacle proche à l’abstraction, première en France, et une lecture de Pablo Gisbert, Anne-Claude Goustiaux et Édith Mérieau. Ils ont déjà joué à l’Actoral avec Scènes pour une conversation après le visionnage d’un film de Michael Haneke en son édition de 2014. El Conde de Torrefiel est adepte de l’hybridation des genres et des formes de représentation du réel – théâtre, danse, musique, vidéo, narration.

+ info >>

 

 

***AIX-EN-PROVENCE ET PARIS,  10/10/2016

 

Activités autour de Ramon Llull aux universités françaises

 

L’Université Aix-Marseille organise une conférence à la charge du professeur Francesc Tous suivie d’un récital adapté du Livre de l’ami et de l’aimé du philosophe majorquin. Par ailleurs, le Centre d’Études Catalanes signe la rentrée de son séminaire avec une conférence de Mònica Güell sur Le livre des bêtes.

+ info >>

 

TOULOUSE,  09/10/2016

 

Le festival Cinespaña de Toulouse consacre une rétrospective au producteur catalan Paco Poch et un focus au cinéma des Baléares

 

Avec le soutien de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, qui rassemble la Région Occitanie et les Gouvernements de Catalogne et des Iles Baléares, Cinespaña s’associe à la société de production catalane Mallerich Films Producciones et à Promoció Internacional de l’Audiovisual des Îles Baléares afin de présenter une sélection de leurs œuvres et de renforcer l’échange culturel et la coopération. En collaboration avec l’Institut Ramon Llull.

+ info >>

 

 

 

***La figure de saint Vincent Ferrier occupe une place d’importance dans la vie intellectuelle, politique et religieuse du XIVe siècle. On connaît ses dons extraordinaires de thaumaturge et de prédicateur infatigable, qui lui valurent d’être appelé l’ « apôtre de l’Europe ». On connaît l’habile médiateur politique dans le compromis de Casp et le confesseur du pape Lune à la cour d’Avignon, jusqu’à ce qu’il lui retire son soutien, contribuant ainsi à la résolution du schisme d’Occident. Néanmoins l’œuvre de Ferrier comme logicien et philosophe ne fut redécouverte qu’au début du XXe siècle.

C’est pourtant comme théologien, et bien plus encore comme prédicateur, qu’il a gagné une large notoriété. Des articles et des colloques lui ont été consacrés, surtout dans les pays qu’il a parcourus en apôtre. Des sermons qu’il a prononcés, un grand nombre nous a été transmis, et bien qu’ils ne soient pas tous publiés, loin s’en faut, un certain nombre l’est en d’excellentes éditions. Quant au sermon auquel ce livre est consacré, il a été prononcé le 21 avril 1416, Vendredi-Saint, à Toulouse, et il nous est parvenu en occitan, en un seul manuscrit. Nous présentons la première traduction française, précédée d’une étude substantielle du contexte dans lequel il a été prononcé, du texte et de son contenu.

Le lecteur y trouvera les raisons qui permettent d’affirmer que le sermon sur la Passion a, comme son modèle, quelque chose d’instituant : il est le sermon par excellence.

Traduit de l’occitan, préfacé et annoté par Patrick Gifreu. 140 p., juin 2016, PPV 20 , ISBN 979-10-91193-08-5 

 

 

***Hot dogs street

 

Je marche sur le trottoir de droite

le col de l'imper remonté contre des assauts de vent froid.

Venant du trottoir de gauche,

je me fais dépasser par une bande de chiens.

Ils aboient dans une cacophonie complète,

sautillent et courent en tous sens.

se dressent sur leurs pattes postérieures

et font mine de se battre.

Mais les coups sont retenus

et même lorsque l’un d’eux prend l’ascendant,

c’est toujours avec une étonnante douceur.

Je les regarde faire et m’arrête,

me mettant à l’écart du flot immuable de mes contemporains.

Là, à l’abri de tout … derrière un arrêt de bus,

j’observe en toute tranquillité les drôles de clebs.

Ce sont des bâtards mal nourris : sous leur robe sale,

distinctement chacune de leurs côtes.

Dans les replis de leurs cous ou bien sur leurs oreilles,

des cicatrices et autres stigmates de luttes anciennes.

Dans la régularité prévisible d’un quotidien

que nos habitudes cartésiennes ont tué à coup de prévisions et d’anticipation,

ces clébards sont une chance.

   Ils ne sont pas présentables, 

ils ne savent pas se tenir et bien sûr, ils puent.

 

De loin je les suis jusqu’aux grands boulevards.

 

Là, grognant et aboyant toujours,

ils continuent leurs chamailleries joyeuses

débridée et envahissante !

Devant les lourdes portes

rutilantes des hôtels de luxe,

les chasseurs

leur crient dessus.

Les cabots regardent les bonshommes en livrée impeccable,

casquette assortie et boutons de manchettes étincelants.

Ils les regardent avec une sorte de moquerie canine

puis s’éloignent en trottinant,

oreilles asymétriques et langues pantelantes.

Toute cette vaste fumisterie semble distraire leurs âmes de touriste

sans passeport ni carte de séjour.

Quand je referme mes mains gantées de cuir

sur la porte à battants dorés de la tour où je vis

je les vois disparaître au coin de l’avenue dans un bruyant chaos.

 

 

Allez savoir pourquoi je les envie...

 

Guy*più

 
Partager cet article
Repost0
8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 11:10
produits dérivés de l'identité catalane © jean-pierre bonnel

produits dérivés de l'identité catalane © jean-pierre bonnel

 

**"Oui au Pays Catalan" <ouiaupayscatalan@gmail.com>

 

 

Notre structure est moteur de la mobilisation en faveur du Pays Catalan organisée ce samedi 10 septembre à 15h, au départ de la Place de Catalogne de Perpignan.

 

En amont de cet évènement historique, nous vous convions à une collation dinatoire, ce même samedi 10 septembre, à 11h, au Café Vienne, 2, place Arago à Perpignan. Nous évoquerons les ultimes détails du dispositif en place et les enjeux de la manifestation.

 

En souhaitant vivement vous y rencontrer.

 

Bien à vous.

 

Philippe Simon.

Coordinateur « Oui au Pays Catalan ».

 

 

 Suivez la campagne « Oui au Pays Catalan »

 

 

 

 

**OCCITANIE : ON AURA AU MOINS GARDE LES ANES !

Point de vue de Bruno Delmas, que je partage…

 

Les Catalans ont voté sans se rendre compte de leur électorat minoritaire… Inconscience ou tromperie de leurs concitoyens..? Il fallait réagir vite au lieu d'attendre la "rentrée". Mais les leaders attendent peut-être la décision du Conseil d'Etat..? En tout cas, C.Delga n'a pas attendu : papiers en-tête, noms des revues, musées: tout est intitulé "Occitanie" !

 

Il faudrait une réplique plus radicale qu'une manif à Perpignan : paralyser Toulouse un samedi, avec voitures, tracteurs… Paralyser Argelès quand Miss Dégât vient à Argelès en sa villa !!!

 

JPB

 

anes_catalans-800x400.png

Au terme d’un insoutenable suspens, c’est bien le nom d’Occitanie qui s’imposera à tous.

Il est vrai qu’avec 12 départements occitans sur 13 que compte la (nouvelle) région, l’espoir de voir émerger la notion de « Pays Catalan » était plutôt mince.

C’est ce que L’Olivier avait été le seul – et le premier – à annoncer le 7 octobre 2014 (presque deux ans déjà) quand nous alertions les élus du département, en vain. A cette époque, à Narbonne, nos voisins occitans – réunis en « union sacrée » des élus de tous bords – tombaient d’accord pour proposer le nom d’Occitanie aux dirigeants de la future grande région. Quant aux élus catalans de tous bords, aucune trace, aucune réaction : bref, silence radio ! Comme à leur habitude, condescendants à l’extrême, la majorité d’entre eux réagissait sur un ton las: « Mais rien n’est fait … Attendez un peu que tout cela se mette en place … Nous ne nous laisserons pas faire … ». Effectivement, on vient de le voir !

Les Occitans ont fait l’Union Sacrée … les élus catalans, jamais, comme à leur habitude !

BRUNO DELMAS

 

Première leçon à retenir : quand les Occitans savent se réunir, faire l’union sacrée, longtemps à l’avance (c’est aussi cela la politique et la vision) pour faire gagner leurs idées, les élus catalans, eux, n’ont ni vision ni le sens de l’union sacrée. Ils regardent passer les trains et protestent mollement, le moment venu.

La protestation ! C’est le deuxième acte de l’affaire : les voilà tous se dresser, maintenant que la consultation populaire a tranché et que la région va entériner le choix d’Occitanie demain. Regardez-les se confondre en explications :

Tout sauf Pays Catalan !

BRUNO DELMAS

 

Madame MALHBERBE, Présidente du conseil départemental : « Nous étions pour que la région s’appelle Occitanie Pyrénées Méditerranée » … ou comment éviter l’appellation « Pays Catalan ». Car les Pyrénées touchent aussi l’Ariège et la Haute Garonne, tandis que la Méditerranée touche aussi l’Aude, l’Hérault et le Gard, tous 5 territoires occitans par excellence qui sont concernés par la Méditerranée et les Pyrénées … Quel sens a donc cette proposition ? Pourquoi s’évertuer à gommer l’identité catalane qui est, au moins, aussi forte que l’identité occitane ?

 

Madame NEUVILLE, secrétaire d’Etat, enfonce le clou sur l’appellation « Occitanie Pyrénées Méditerranée ». Même négation de notre identité que sa collègue Madame MALHERBE, aucune énergie à défendre le Pays Catalan : « La référence aux Pyrénées-Orientales a toujours existé dans le nom de la région … » dit-elle. Oui, peut-être, mais ce n’est plus le cas et cela ne la choque pas. A l’inverse, la référence à l’Occitanie n’était pas présente dans le nom précédent des deux régions et la voir apparaître ne la choque pas non plus… On n’est pas à une contradiction près.

 

Monsieur PUJOL, maire de Perpignan et président de l’agglomération, militait aussi pour Pyrénées Méditerranée. Pourquoi ce nom ? Est-ce que Pyrénées Atlantique est un nom à ce point populaire internationalement pour qu’on le décline de ce côté-ci des Pyrénées ? Non, en fait, comme ses collègues de gauche, Monsieur PUJOL dénie toute référence au Pays Catalan ; d’ailleurs, à son arrivée à la mairie, son intention n’était-elle pas de débaptiser Perpignan La Catalane par Perpignan La Méditerranéenne ?

 

Et pour terminer, nos chers élus ou responsables catalanistes : cette actualité leur donne une occasion de montrer qu’ils sont encore vivants. Qu’ils sont aussi des êtres pétris de contradiction : aux dernières élections départementales de 2014, les deux partis étant alliés avec l’UMP n’ont jamais prononcé la moindre proposition pour que le département porte le nom de Pays Catalan – seul L’Olivier avait fait cette proposition – pas plus que l’idée de créer une collectivité de statut spécifique comme ils le réclament aujourd’hui. A l’époque, leurs alliés (jacobins jusqu’au bout des ongles) ne voulaient pas en entendre parler et ces grands défenseurs de la cause catalane se sont tapis au ras du sol comme à leur habitude. Alors, leurs vaines protestations du jour sur le thème « retenez-moi ou je fais un malheur !» …

En fait, une fois de plus, nous arrivons après la guerre: j’ai personnellement toujours milité pour que le département change de nom et devienne Pays Catalan. Le nom est clair et il est vendeur. Le sujet n’est pas de clamer haut et fort une catalanité décalée mais de faire du véritable marketing de territoire. Autour de ce nom, nous pouvions tout décliner: notre tourisme, notre agriculture, notre culture … Aucun élu n’est allé dans ce sens; souvenez-vous du savoureux « Accent catalan de la République française » ou comment réduire notre identité, notre force à une question d’accent…De ce point de vue, Charlotte Julian avait été meilleure de ce point de vue là pour promouvoir l’accent des catalans…et sans que cela coûte quoique ce soit aux contribuables.

 

En fait, depuis des années, nos élus de droite et de gauche éludent cette question de l’appellation. Par peur de déplaire aux jacobins, par manque de vision certainement, par manque d’attachement à l’identité du territoire …

Deuxième leçon à retenir : Amis catalans, n’en voulez donc pas à Madame DELGA, Présidente de la région, qui se range derrière un vote populaire, mais plutôt à vos élus locaux qui n’ont rien à faire de notre identité catalane ! Qui se réveillent toujours (volontairement) quand la guerre est finie et qui ne sont pas capables de se battre sur des valeurs essentielles comme l’identité.

 

L’identité, justement, parlons-en !

BRUNO DELMAS

Etre catalan est-ce parler le catalan ? Non !

L’identité d’une société, elle se lit d’abord dans le respect qu’elle a de son territoire, de ce que les générations passées ont forgé : quelle est notre identité aujourd’hui ? est-elle aussi lisible que celle du Pays Basque, ses belles maisons blanches aux volets verts et rouges, ou est-elle celle d’un pays où l’urbanisme et l’habitat relèvent du « n’importe quoi » par la faute d’élus incompétents, pour ne pas dire pire.

L’identité est-elle dans nos paysages ? Qu’y lit-on aujourd’hui ? L’abandon des terres agricoles et des agriculteurs par des élus qui n’ont eu que faire de leur avenir ? Par des responsables locaux qui préfèrent allouer les terres à construire des grandes surfaces ? Belle identité catalane !

 

L’identité est-elle dans notre art de vivre ? Dans les repas que nous donnons à nos enfants dans les cantines où 99% des produits proviennent de l’extérieur ? Dans la préservation de notre patrimoine (aucune aide publique, par exemple, pour aider la ville de Collioure à renforcer son célèbre clocher, une mobilisation sans fin pour faire reconnaître l’importance de sauvegarder le Train Jaune) ?

L’identité est-elle dans notre économie ? Dans les réalisations de nos élus qui ne privilégient que les constructions absurdes au lieu d’investir dans le tissu économique ? Dans l’aide sociale de guichet qui a transformé notre département en bureau d’aide sociale à ciel ouvert ? Dans l’absence formelle de soutien aux vieilles générations, notamment les vieux agriculteurs, qui se morfondent avec des aides dérisoires …

 

Être catalan, c’est être exigeant !

Voilà où en est notre identité après au moins vingt ans de laissez-aller politique : alors, le nom dans tout cela … ce n’est qu’une occasion pour certains de gesticuler pour rien car ils sont coupables de tout.

L’identité catalane – que l’on soit né ici ou pas – c’est une exigence : celle du respect de notre terre, de l’art de vivre qui l’a rendue si célèbre et la capacité à inventer une économie nouvelle qui repose sur les piliers majeurs que sont l’agriculture (2% du budget départemental), le tourisme (pas mieux), le commerce de proximité (démoli par les milliers de mètres carrés de grandes surfaces), la promotion de nos jeunes à s’exporter, voir le monde et revenir ici plein d’idées à mettre en oeuvre … Car ici, la terre est bonne (dans tous les sens du terme) et tout peut y pousser; surtout les bonnes idées !

 

Je ne suis pas catalaniste ! Je ne le serai jamais. Je suis catalan et je continuerai de porter cette exigence – même si ce sera long, même s’il doit m’en coûter – car rien ne s’élève sans reposer sur des racines profondément enfouies. Rien ne produit du bon sans être cultivé. Rien ne peut devenir sans agir …

 

C’est ce que nous ferons aux prochaines élections.

 

- - -

 

 

Sem una Nació, volem decidir

 

mani-10j  DOS DIES IMPORTANTS pels catalans del Nord

 

Dissabte 10 a Perpinyà

Diumenge 11 a Salt (Girona)

Aquest any tenim l’ocasió de manifestar al Nord i al Sud

Tenim l’ocasió de dir ben alt lo que pensem i volem.

Al Nord, volem un NOM i un ESTATUT, és a dir:

En l’antiga regió ens deiem “Rosselló” i de fet, no existíem.

En la nova regió ja no volen ni el nostre nom!... llegeix més

Puigdemont es manifestarà a Salt per la Diada

 

Així ho ha afirmat en una entrevista aquest matí a l'ARA que es publicarà íntegrament diumenge.

Ho ha comunicat aquesta tarda als presidents de l'ANC i Òmnium...

El president de la Generalitat, Carles Puigdemont, es manifestarà a Salt per la Diada de l'Onze de Setembre, tal com ha afirmat aquest dimecres en una entrevista a l'ARA que es publicarà íntegrament diumenge. És el primer cop que un president de la Generalitat participa en la manifestació organitzada per les entitats sobiranistes, ja que el seu predecessor, Artur Mas, havia decidit cada any no ser-hi present per preservar el seu "paper institucional"... llegir més

Catalunya Nord també manifestarà a Salt.

 

© 

Correu:

ANC - Cat Nord

23 avinguda del Liceu

Perpinyà 66000

France

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 10:24
Al meu pais - 10 septembre 2016, à 15 h, place de Catalogne, pour "Occitanie/Pays catalan"
Al meu pais - 10 septembre 2016, à 15 h, place de Catalogne, pour "Occitanie/Pays catalan"

Al meu pais - 10 septembre 2016, à 15 h, place de Catalogne, pour "Occitanie/Pays catalan"

***Manifestation du 11 septembre :

 

SEM Catalunya Nord

VOLEM un estatut, una institució - VOLEM més competències

 

e89b9d6d-fb68-499f-932f-4c5b59d39021.png

 

Objecte: Manifestació 10 de setembre

En català

El Co·lectiu SEM participarà i crida els seus seguidors a la manifestació del 10 de setembre a les 3 de la tarda a Perpinyà, Plaça de Catalunya. Totes les expressions catalanes seran les benvingudes impulsant un moviment col·lectiu per afirmar, alt i clar, l’arrelament de tot un territori i dels seus habitants a valors del nostre passat, del present i del futur.

Més enllà  del nom «Occitània-País Català» que sostenim, ens preocupa i mobilitza el futur de Catalunya Nord. Si no volem que aquest futur s'assembli al passat, cal un canvi de mentalitats i de polítiques públiques i un estatut particular. 

Aquest estatut, el preveu la llei, és factible si el volem. No farem res de nou amb el vell. És el que cridarem aquest dissabte demanant el respecte i el desenvolupament de la identitat catalana i d'un país on els seus ciutadans, siguin quin siguin els seus orígens, poden viure millor si decideixen ells mateixos.

 

En français

Le Col.lectif SEM participera et appelle ses soutiens à la manifestation du 10 septembre 15h à Perpignan (15H, Plaça de Catalunya). Toutes les expressions catalanes seront les bienvenues dans un élan collectif pour  affirmer haut et fort l'attachement de tout un territoire et de ses habitants à des valeurs du passé, du présent et du futur.

Au-delà du nom Occitanie Pays Catalan que nous soutenons, il nous importe de préparer le futur du Pays Catalan. Ce futur si nous ne voulons pas qu'il ressemble au passé passe par un changement dans les mentalités et les politiques publiques et par un statut particulier en Catalogne Nord. Ce statut, prévu par la loi, est possible si nous le voulons. On ne fera pas du neuf avec du vieux.C'est ce que nous clamerons ce samedi pour le respect et le développement de l’identité catalane et d'un territoire où ses habitants, quelles que soient leurs origines, peuvent mieux vivre s'ils décident par eux-mêmes.

El Col·lectiu SEM

 

- - -

* CATALOGNE :

 

Plus de 2000 ans d’histoire catalane

 

1 – Nos ancêtres…les Ibères

 

La civilisation ibère s’est développée entre le VIème et le Ier siècle avant Jésus-Christ sur le littoral méditerranéen entre l’Andalousie et le Languedoc. Elle fut la première à se doter d’une écriture et d’un système monétaire propre aux terres catalanes. Cette civilisation fut le résultat des contacts des peuples ibères avec tout d’abord les Phéniciens et les Grecs, puis avec les Carthaginois et les Romains. Les Ibères installées en Cerdagne étaient les Cérétans, ceux de la plaine du Roussillon se nommaient Sordons, ce furent eux qui bâtirent Illibéris (Elne) ou Ruscino (Château Roussillon

 

2 – Made in Grèce...made in Roma

Afin de développer le commerce avec les Ibères, les Grecs fondèrent Empuries au début du VIème siècle avant J.C. La seconde guerre punique permit ensuite aux Romains de soumettre les Ibères et de conquérir le territoire catalan (218 – 195 avant J.C.). Avec l’occupation romaine, commença le processus de romanisation, c'est-à-dire d’adoption par les Ibères de la langue, du droit, de la culture, de la religion et de la manière de vivre avec les conquérants, ce qui eut pour conséquence d’intégrer pleinement la Catalogne à la civilisation romaine.

 

3 – Il y a longtemps que nous parlons catalan

Comme le français, l’espagnol ou l’italien, le catalan est une langue qui est née de l’évolution du latin parlé entre les Vème et IXème siècles sur la terre catalane. Ainsi, on parle catalan depuis le IXème siècle, même si la langue écrite était encore le latin à cette époque. Le catalan fut assez tôt la langue du pouvoir, ainsi qu’une langue de culture et de création. Sa première manifestation littéraire date du XIIème siècle. Au XIIème siècle, elle devint la langue de la Chancellerie Royale Catalane. Peu après, Ramon LLull fut le 1er philosophe européen à écrire ses œuvres dans une langue dite vulgaire – le catalan – au lieu d’utiliser le latin.

 

4 – Le drapeau aux quatre barres

La Catalogne est née en l’an 988 de la désintégration de l’Empire Carolingien. Ce fut Guifré el Pelós (ou el Pelut), comte de Barcelone, de Cerdagne, du Conflent, de Girona et d’Urgell (878 – 897) qui fonda la dynastie royale qui gouverna la Catalogne jusqu’en 1410. La légende rapporte, que mortellement blessé, Guifré reçut la visite de l’empereur carolingien qui, en reconnaissance de sa loyauté et de son héroïsme, dessina 4 barres de ses doigts ensanglantés sur le bouclier doré du comte. La Senyera est l’un des plus anciens drapeaux au monde. Les barres peintes apparaissent sur des sarcophages royaux dès le XIème siècle.

 

5 – Quand les Catalans inventaient la paix….

En Catalogne, la paix fut pour la première fois en Europe, un sujet de réflexion collective des puissants. En 1027, à Toulouges, l’abbé Oliba réussissait à limiter la violence féodale dans l’espace (en imposant un droit de refuge à l’intérieur et autour des églises) et dans le temps (en suspendant la guerre à des dates précises du calendrier liturgique. C’est ainsi qu’est née le Pau i Treva de Deu (Paix et Trève de Dieu) qui petit à petit s’est répandue à travers toute l’Europe. Les assemblées de Pau i Treva furent l’embryon du système parlementaire catalan, l’un des plus anciens d’Europe.

 

6 - … Et la conquête de la Méditerranée

Au XIIIème siècle, Jaume le Conquérant, l’un des rois les plus importants de Catalogne, impulsa l’expansion catalane en Méditerranée. Jaume Ier conquit les royaumes musulmans de Majorque et de Valence et les repeupla de Catalans, ce qui explique que l’on parle catalan dans ces territoires. Plus tard, aux XIIIème et XIVème siècles, les Catalans soumirent la Sicile, la Sardaigne, Naples et Athènes. En ce temps-là, la Catalogne contrôlait la Méditerranée et l’on disait que même les poissons portaient les 4 barres sur leur flanc.

 

7 – La Generalitat de Catalogne

La Généralitat est née en 1359, sous le règne de Père III le Cérémonieux, en tant qu’organe permanent des Corts Catalanes. Elle a gagné en poids politique jusqu’à devenir, au XVème siècle, la principale institution de gouvernement de la Catalogne. Elle avait pour fonction de veiller à ce que la monarchie et les institutions royales respectent les Constitutions ainsi que l’ensemble des droits catalans. Au cours des siècles elle fut présidée par certains Nord Catalans (ex Joan Desgarrigues de 1419 à 1422).

 

8 – La Catalogne en deux morceaux

A partir de 1635, la Catalogne devint l’un des champs de bataille de la France et de la Castille pour l’hégémonie européenne. Les abus des troupes castillanes provoquèrent la Guerra dels Segadors (Guerre des Moissonneurs ou des Faucheurs -1640) dans toute la Catalogne ainsi que la proclamation de la République Catalane (1641). Au final, les Catalans furent vaincus et la France et l’Espagne signèrent le 7 novembre 1659 le Traité des Pyrénées qui permit à la France d’annexer le Nord de la Catalogne. Perpignan, à cette époque-là, était la 2ème ville la plus importante de Catalogne.

 

9 - « Interdit ! »… »Prohibido ! »

En 1700, le Roi Louis XIV interdit l’usage officiel de la langue catalane en Catalogne Nord par le biais d’un édit dans lequel il est dit, textuellement, que l’usage du catalan « répugne ». Parallèlement, en 1716, après la défaite de la Catalogne Sud dans la guerre de Succession, le roi Philippe V d’Espagne abolit, par le décret de la Nueva Planta, les institutions catalanes et inicie une longue période de répression contre la langue et les cultures catalanes. Cette répression, mis à part quelques parenthèses démocratiques, doit perdurer jusqu’à la fin de la dictature franquiste.

 

10 – La Catalogne Sud récupère son gouvernement

La Généralitat de Catalunya fut restaurée par Francesc Macia en 1931. Après la défaite de 1939 et la dictature, les Catalans du Sud obtinrent en 1977 le rétablissement de la Generalitat en tant qu’institution de gouvernement. La Géneraitat a un pouvoir législatif (la capacité pour le Parlement de voter des lois) et des compétences exclusives dans des secteurs importants, telles que la santé ou l’éducation. Elle dispose d’une télévision ainsi que d’une police, les Mossos d’Esquadra.

 

11 – Nous sommes plus de 10 millions !

Nous sommes plus de 10 millions à parler catalan, un nombre qui fait de notre langue la 10ème la plus parlée de l’Union Européenne. Le catalan est l’unique langue officielle d’Andorre et langue coofficielle en Catalogne Sud, aux Baléares et au Pays Valencien. Elle est parlée dans la partie orientale de l’Aragon, dans la ville sarde de l’Alguer et bien sûr, en Catalogne Nord. Le catalan est aussi la 2èmelangue la plus utilisée sur Internet. Le catalan est une langue moderne utilisée dans tous les domaines : économie, presse, politique …

 

12 – Un espace commun de vie…

Dans le cadre de L’Union Européenne et avec la volonté d’atténuer les obstacles crées par la frontière, les administrations ainsi que les acteurs sociaux, économiques et culturels impulsent depuis quelques années toutes sortes de projets de coopération entre Nord et Sud Catalans. C’est la raison d’être de l’Eurodistrict de l’Espace Catalan Transfrontalier.

 

© Texte de la Generalitat de Catalunya -Casa a Perpinyà 

 

 

14237618_10154610709344255_5428768296742275032_n.jpg

 

 

 

- - -Jean IGLESIS :

 

Sem una nació!...

Sempre endavant!... Mai morirem!... Sem una nació!... Poden canviar el nostre

nom... Mai no apagaran la nostra fe lluminosa, la nostra llengua que refila,

xiuxiueja i raja com un riu del Canigó cap al mar. No ocultaran la nostra cultura

més que mil·lenària... Ara bé: angelets que esdevenim, caliu que ens estem,

lluitem contra un obscurantisme que es pot assimilar - usant de mètodes

subreptícis, viciosos i perversos - al racisme, al negacionisme, fins a arribar al

revisionisme... Ens poden batejar occitans, gripaus, ratolins o pallagostins...

Nosaltres aquí (gràcies a Joan Cayrol i a Jordi Barre!...) parlem català!...

No s'adonen del gravitat del que fan... Comprometen la història catalana,

l'ensenyament de la llengua tant per a la mainada, com per als adults, les

tradicions populars, el patrimoni més que vigent i perenne ....

I més encara la visió i la percepció que el Principat, el País Valencià, les Illes

Balears, Andorra, l'Alguer, el Vall d'Aran tenen de Catalunya Nord.

Com en tenen aquesta mateixa percepció tots els països i pobles del món que

consideren Catalunya com un exemple de democràcia i de tolerància, de terra de

passió, de fe i d'esperança, com la supervivència de la llibertat, del respecte

individual i de la força dels objectius comuns: els que ens obliguen, els que ens

animen, els que ens conviden a viure...

Visca Catalunya... Terra sagrada, única i imprescindible, si bé tan rica del passat i

també molt més confiant en el demà que s'anuncia...

Joan Iglesis

 

Nous sommes une nation !...

Toujours en avant !... Jamais nous ne mourrons… Nous sommes une nation !...

Ils peuvent bien changer notre nom…Ils n’éteindront jamais notre foi lumineuse, notre

langue qui chante, susurre et s’écoule, telle une rivière depuis le Canigou jusqu’à la mer.

Ils n’occulteront pas notre culture, laquelle est plus que millénaire…

De fait : si nous en sommes réduits à l’état de braises,  nous n’en sommes pas moins la

chaleur.

Nous luttons contre un obscurantisme qui use de procédés subreptices, vicieux et pervers :

méthodes s’apparentant au racisme, au négationnisme, voire au révisionnisme.

Ils peuvent bien nous baptiser occitans, crapauds, souris ou sauterelles…

Nous tous ici (merci à Joan Cayrol et à Jordi Barre !...) nous parlons catalan !...

Ils ne mesurent pas la gravité de leurs actes… Ils compromettent l’histoire catalane,

l’enseignement de la langue -dispensée aussi bien aux enfants qu’aux adultes-, les traditions

populaires, le patrimoine, aussi vivace qu’il est pérenne.

Et plus encore la vision et la perception que la Catalogne, Valence, les Iles Baléares,

l’Andorre, l’Alguer, le Val d’Aran ont de la Catalogne-Nord.

Comme en ont la même perception tous les pays et tous les peuples du monde qui

considèrent la Catalogne comme un exemple de démocratie et de tolérance, comme une terre

de passion, de foi et d’espérance, comme la survivance de la liberté, du respect individuel et

de la force des objectifs communs : ceux qui nous guident, ceux qui nous animent, ceux qui

nous invitent à vivre…

Vive la Catalogne… Terre sacrée, unique et indispensable, si riche de son passé, mais

encore bien plus confiante en l’avenir qui se profile…

 

Joan Iglesis

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 08:08
L'escargot chanté par El Chimist (cf. Youtube)
L'escargot chanté par El Chimist (cf. Youtube)

L'escargot chanté par El Chimist (cf. Youtube)

Tout et le reste sur l'escargot catalan

 

"caragol" : spirale de la coquille d'escargot.

La caracole : volte de manège.

Après l'escargolade, ou fête de l'escargot catalan au Soler, il falait bien dire un peu, à mon rythme...estival !

 

 

Connaissez-vous bien l'escargot et en particulier, l'escargot catalan ? Il faudrait des encyclopédies pour décrire cet animal singulier mais nous allons essayer de donner les lignes maîtresses de ce vaste sujet. 

 

Escargot se disait autrefois "scargot" car tout le monde sait que l'évolution des mots est bien étrange. C'est ainsi que dans le Midi on entend souvent dire "espécial" à la place de "spécial" et "colidor" au lieu de "corridor"...

 

Pour continuer cette fructueuse réflexion étymologique sur l'escargot, on peut avancer une hypothèse : le mot serait-il composé de es et de cargot ?

 

Es est en effet un mot d'ancien français que l'on retrouve dans l'expression figée "licencié es-lettres", signifiant licencié en (dans) lettres.

 

Ainsi, le mot escargot pourrait vouloir dire : qui se trouve dans le cargo. En effet, la configuration extérieure de l'animal rampeur peut être en gros (en très gros peut-être) assimilée à la forme d'un bateau de marchandises... De même qu'un bateau vogue sur l'eau, un escargot vogue sur sa bave. Si donc, escargot signifie dans le cargo il faut alors déterminer l'escargaison du cargot. Quel est son frêt ? 

 

On trouve la race escargot partout, à tous les pôles ; on se demande d'ailleurs, à la vitesse à laquelle il se déplace, comment il peut être ainsi un aussi grand globe-trotter...

 

L'escargot est un mollusque qui vit bien peu de lustres. Tout dépend de la longueur des dents de ses ennemis.

 

En effet, il a beau faire le beau et adopter la tactique de l'autruche, il n'arrive jamais à semer ses poursuivants, surtout les catalans friands d'escargolades sur le grill.

 

L'escargot de race, le plus authentique, réside en pays catalan, même si c'est une espèce qui tend à disparaître... 

 

En effet, la moindre goutte de pluie constitue pour lui une douche écossaise. Il est assailli, assiégé, puis cueilli. Pour l'attraper, il suffit de lui mettre du sel sur la queue ou l'envoûter, l'endormir en lui offrant la séduction de l'aïoli.

 

Les catalans sont sans pitié pour lui. Il ne leur suffit pas que la vie de cette pauvre bête soit un lent chemin de croix, qu'il soit tout au long de son existence un être qui rampe malgré ses crampes. 

 

Et oui, l'escargot est en voie d'extinction. Lui, ce qu'il demande, c'est l'extinction des feux de sarments. Il faut s'émouvoir sans tarder, créer des zoos, des parcs nationaux, des réserves sigeanesques pour escargots. Il faut alerter la SPA : assez de rigolade aux cargolades ! finies les escargolades ! 

 

L'escargot est scientifiquement appelé, non pas "scagarus érectus", mais gastéropode. Un mot aussi savant pour dire qu'il a l'estomac sur les bigatanes c'est à dire sur les talons. Les scientifiques sont méchants, il faut toujours qu'ils dévoilent vos petites malformations. Qu'ils mettent toujours les pieds dans le plat ! ils cherchent, ils cherchent et quand parfois ils trouvent, il leur faut le dire sans regarder aux conséquences. 

 

Si les savants mettent les pieds dans le plat, l'escargot lui, met les siens dans la mayonnaise : on ne lui demande même pas sa marque préférée. Oh injustice ! c'est l'escargot qui a toujours et congénitalement l'estomac dans les talons et c'est lui qu'on mange !

 

De plus, ses cornes, c'est son talon d'Achille. C'est le point sensible, l'antenne stroboscopique de son kaléïdoscope nerveux et paranoïa critique, comme le disait le Maître aux deux antennes poilues.

 

Cependant, notre ami ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche : s'il devait attendre que de la pluie fraîche lui tombe toute cuite du ciel du Midi... il pourrait attendre longtemps. En amour aussi, c'est assez monotone : étant à la fois Erma et Aphrodite, il est toujours avantagé physiquement. Ce suffisant à lui-même, il n'a pas besoin d'aller conter fleurette : les fleurs, il les mange...

 

Il existe plusieurs sortes d'escargots. Il y a les grands et les petits, ceux qui sont colorés et ceux qui sont gris. Mais blancs ou bleus, ils ne voient jamais la vie en rose. L'escargot aux stries noires est couramment (peut-être parcequ'il va plus vite que les autres) appelé escargot tigré ou escargote-tigresse. Le gros escargot gris est un escogriffe qui voit la vie en noir et blanc. Tous, cependant, en voient de toutes les couleurs. Enfermés dans leur coquille, enroulés sur eux-mêmes, claquemurés, ils n'en finissent pas de tirer la langue.

 

Sa vie n'est pas une cinécure : ce mollusque inoffensif doit être protégé et la race sauvegardée.

 

A partir de maintenant, mangeons des limaces !

 

 

J.P.Bonnel - Article publié en 1973 dans l'édition de l'Indépendant Costa Brava.

Partager cet article
Repost0
8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 10:00
Le poète Jean AMADE

Le poète Jean AMADE

Chansons (Cançons) de Jean AMADE

 

-  -  - Jean Amade

Crec  - Poème de Joan Amade

 

« Crec »

 (« Credo vell i sempre nou ») est un texte de Joan Amade, poète et universitaire, à l'origine du mouvement régionaliste « Nostra Terra » en Catalogne Nord.

« Crec », est un poème extrait du recueil de« L'oliveda » (publié en1934).

« Crec » (ce credo) affirme une réaction culturelle et sociale en Roussillon (terminologie de l’époque).

 

Il rejoint d'autres textes d’Amade,  aussi singuliers que « Ai desperta't Rosselló », « Al peu de les Alberes », «Pastor, pastor », « Com toca la campana », qui composent le recueil... 

On connaît  deux versions chantées de « Crec » : la première par Jordi Barre,  la seconde par Pere Figueres.

 Dans ce poème, en alexandrins, formé de trois quatrains, des éléments aussi quotidiens  qu'essentiels, captés dans une perception sensitive et sensorielle de ce qui entoure l’homme dans son quotidien – et ce dans un style dépouillé au possible -, se transforment en  de véritables symboles : annonce d’une catalanité renaissante

Le rustique devient mystique,  le quotidien sacré.

L’éphémère rejoint l’éternel, dans la dialectique  du poète, dont le lyrisme conduit à la magnification de la  terre  catalane, élevée dans la foi que Joan Amade lui porte et dans l’espoir qu’il nourrit en son devenir.

 

L’amor d’una mare

 

Crec (Credo vell i sempre nou…)

Crec a la llum del dia, a l’amor de ma mare,

a la canço del rabadà sus del serrat,

a l’humil pa de segle, al pobre taulat,

al clavell de pastor i les fonts d’aigua clara.

 

I crec a la mar blava, a l’infinit del cel,

a l’estiu ple de sol, de perfums i de força,

al castanyer que pensa i viu sota l’escorça,

a l’abella que sap el secret de la mel.

 

Crec a l’estela, a la maduixa bosquetana,

al plany enyoradis de l’innocent tudo,

a les Alberes, a ta gloria, Canigo,

a la bellesa de la terra catalana!…

 

 

Je crois (credo ancien et toujours nouveau)

 

Je crois à la lumière du jour, à l'amour de ma mère,

A la chanson du pâtre, sur la montagne,

A l'humble pain de seigle, en la pauvre chaumière,

A l'œillet de poète et aux sources d'eau claire.

 

Et je crois à la mer bleue, à l'infini du ciel,

A l'été plein de soleil, de parfums et de force,

Au châtaignier qui pense et vit, sous son écorce,

A l'abeille qui sait le secret du miel.

 

Je crois à l'étoile, à la fraise des bois, 

A la plainte nostalgique de l'innocent ramier,

Aux Albères, à ta gloire, Canigou,

A la beauté de la terre catalane.

 

Joan Amade (« L'oliveda »1934) – 

Traduction de Jean Iglesis

 

 

 

220px-JoanAmade.jpg Jean Amade (source Wikipedia)

Jean Amade dans les années 20.

 

Données clés

Naissance

30 août 1878

Céret

Décès

3 mars 1949 (à 70 ans)

 

 

 

Jean Amade, en catalan Joan Amade, né à Céret (Pyrénées-Orientales) le 30 août 1878 et mort dans cette même commune le 3 mars 1949, est un des principaux représentants de la renaissance catalane littéraire et chef de file de ce mouvement en Roussillon1.

Écrivain et poète en catalan, il chercha à créer un modèle, tentant de combattre les préjugés dont souffrait cette langue, à développer la poésie. Son œuvre se plonge profondément dans les traditions régionales.

 

Il regretta dès ses 18 ans la disparition de certaines traditions catalanes, ce qui annonça une réflexion et un engagement plus profond dans le catalanisme1. Le régionaliste Jean Charles-Brun le gagna à sa cause. Devenu professeur d'université après des études à la Sorbonne et à la faculté de lettres de Toulouse où il obtint une agrégation en castillan en 19042, il fonda la société d'études catalanes avec Joseph-Sébastien Pons le 6 juin 19061. En 1907 Il créa la collection bibliothèque catalane afin de permettre la diffusion de travaux, de critiques, d'érudition1 et de favoriser un enseignement en catalan. Sous sa direction, la société des études catalanes édita la revue catalane à partir de 1915 où il publia un grand nombre de poèmes. La revue avait pour but de développer la poésie catalane et une refondation de la langue mais périclita en 1921, probablement à la suite de difficultés financières1. Alors que littérairement il encourageait un renouvellement de la langue, incitant à l'abandon des archaïsmes, gallicismes et hispanismes, son œuvre se plonge profondément dans les traditions catalanes et roussillonaises1.

Il participa à partir de 1926 à la création des jeux floraux du Genêt d'Or, émanation du félibrige3,4 à Perpignan, au titre de responsable de la langue catalane et à deux reprises, comme président1. Lors de sa nomination en 1931 comme professeur à l'université de Montpellier2. Il poursuivit ses efforts pour développer la poésie en catalan, cherchant à attirer les plus jeunes et à maintenir le souffle de la renaissance catalane. S'il notait quelques progrès, découvrant Jean Narach et Joseph Médina, il conclut en 1938 « a la poesia catalana rossellonesa falta gent » (Il manque de gens à la poésie roussillonaise)1.

 

Poésies

  • Jean Amade, L'Oliveda (l'Olivette), poésies catalanes avec la traduction française en regard, Perpignan, L'Indépendant,‎ 1934, In-8, 206 p. (notice BnF no FRBNF31715463)

Essais

  • Jean Amade, Études de littérature méridionale, Toulouse, E. Privat,‎ 1907, In-16, 307 p. (notice BnF no FRBNF31715460)
  • Jean Amade, Anthologie catalane. 1re série : les Poètes roussillonnais., Perpignan, Comet,‎ 1908, In-16, 260 p. (notice BnF no FRBNF31715457)
  • Jean Amade, L'idée régionaliste, Perpignan, Bibliothèque catalane,‎ 1912
  • Jean Amade, Origines et premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle : Thèse pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris, Toulouse, E. Privat,‎ 1924, In-8, 568 p. (notice BnF no FRBNF31715464)
  • Jean Amade, Bibliographie critique pour l'étude des origines et des premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle., Toulouse, E. Privat,‎ 1924, In-8, 88 p. (notice BnF no FRBNF31715458)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Pastoure et son maître (1909)
  • Jean Amade, Chants rustiques et Oraison, poèmes, Paris, Éditions Occitania,‎ 1926, In-8, 126 p. (notice BnF no FRBNF31715459)
  • Mélanges de folklore (1935)

Préfaces de Flors d'hivern, (Jean Narach), Impressions et souvenirs (Pierre Bonet), Abrégé d'histoire du Roussillon, (Emmanuel Robert Brousse)

Ses poèmes furent mis en musique par Pere Figueres et Jordi Barre.

 

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g et h « Le catalanisme de Jean Amade » [archive]
  2. a et b (ca) « Joan Amade » [archive], sur Institut d'Estudis Catalans
  3. Canal, Charlon, Pigenet, p. 174
  4. Robert Sabatier, p. 485
  • Robert Sabatier, Histoire de la poésie française du XIXe, vol. 2
  • Jordi Canal, Anne Charlon et Phryné Pigenet, Les Exils catalans en France, coll. « Iberica »
  •  

Biographies

  • A la mémoire de Jean Amade, poète du Vallespir : Tramontane, n° 318-319, février-mars 1950, Perpignan, Impr. du Midi,‎ 1950, In-8° (248 x 164), pag. 33-132 (notice BnF no FRBNF33228914)
  • Christian Camps, Deux écrivains catalans : Jean Amade 1878-1949, Joseph-Sébastien Pons 1886-1962, Castelnau-le-Lez, les Amis de J. S. Pons : Occitania,‎ 1986, 2 vol. (912 p.) : ill., couv. ill. ; 21 cm (ISBN 2-906188-01-8, notice BnF no FRBNF34880364)

Anthologies

  • Henry Noëll (Éditeur scientifique), Le Roussillon et les poètes : poèmes sur le Roussillon de Jean Amade, Henry Arrès, Marie Barrère-Affre, Albert Bausil, Paris, Librairie de France,‎ 1923, ill. ; 19 cm & erratum, 159 p. (notice BnF no FRBNF35205682)
  • Albert Janicot, Anthologie des poètes catalans du Roussillon., Paris, Les Presses universitaires de France,‎ 1926, In-16, 54 p. (notice BnF no FRBNF32278951)


- - - notice documentaire IdREF - références bibliothèques:

 

Identifiant BNF : FRBNF120470407

Identifiant ARK : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120470406

Identifiant ISNI : 0000000108126888

Informations sur la notice

Identifiant de la notice : 028685350

Dernière modification : 29-09-2015 à 12h41

Notices bibliographiques liées :5 rôle(s)

 

070 Auteur ( 15 )

080 Préfacier, etc. ( 1 )

300 Metteur en scène ( 1 )

340 Editeur scientifique ( 1 )

990 Sujet ( 2 )

 

 

003526844 : Etudes de littérature méridionale [Texte imprimé] / Jean Amade / Toulouse : E. Privat , 1907 

 

103484132 : Anthologie catalane 1re série, les poètes roussillonnais [Texte imprimé] / avec introduction, bibliographie, traduction française et notes par Jean Amade,... / Perpignan : Comet , 1908 

 

087033593 : Pastoure et son maître [Texte imprimé] / Jean Amade / Paris : B. Grasset , 1909 

 

006313701 : L'idée régionaliste [Texte imprimé] / par Jean Amade / Perpignan : Éd. de la Bibliothèque catalane , 1912 

 

012061913 : Bibliographie critique pour l'étude des origines et des premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle [Texte imprimé] / thèse complémentaire pour le doctorat ès-lettres présentée à la faculté des lettres de l'université de Paris par Jean Amade / Toulouse : E. Privat , 1924 

 

056633602 : Bibliographie critique pour l'étude des origines et des premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle / Jean Amade / [s.l : s.n.] , 1924 

 

056633637 : Origines et premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle / par Jean Amade / [s.l : s.n.] , 1924 

 

009034013 : Bibliographie critique pour l'étude des origines et premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle [Texte imprimé] / Jean Amade,... / Toulouse : E. Privat , 1924 

 

154984841 : Origines et premières manifestations de la renaissance littéraire en Catalogne au XIXe siècle [Texte imprimé] / par Jean Amade,... / Toulouse : Édouard Privat , 1924 

 

006300871 : Chants rustiques et oraisons [Texte imprimé] : poèmes / Jean Amade / Paris : Occitania , 1926 

 

005816149 : L'oliveda [Texte imprimé] = L'olivette : poésies catalanes avec la traduction française en regard / Jean Amade / Perpignan : Impr. de l'Indépendant , 1934 

 

005969956 : Mélanges de folklore [Texte imprimé] / Jean Amade / Perpignan : Impr. de "L'Indépendant , 1935 

 

103377247 : Le Poète Pierre Camo [Texte imprimé] : étude critique et bibliographique avec des illustrations / Jean Amade / Perpignan : Impr. de "L'Indépendant , 1936 

 

13116256X : Amb la força de l'amor [Enregistrement sonore] / Jordi Barre, chant, comp. ; Joan Cayrol, Jordi Pere Cerda, J.S. Pons, Joan Tocabens, Joan Maragall [et al.], textes / Montauriol (66300) : Cantem , [200.?] 

 

00539743X : Contes catalans [Texte imprimé] / Joan Amades ; trad. par Soledad Estorach et Michel Lequenne ; dess. de José Bartoli ; commentaires de Walter Anderson et Joan Amades / Paris : Ed. Erasme , impr. 1957

 

 

 

006079822 : Flors d'hivern : poèmes en catalan avec traduction française / Joan Narach ; préf. de M. Jean Amade / Perpignan : impr. de l'Indépendant , 1934

 

 

 

013495178 : Bibliothèque catalane : coll / publ. ss. la dir. de M. Jean Amade / Perpignan : éd. de la Bibliothèque Catalane

 

 

007018592 : Anthologie catalane [Texte imprimé] : les poètes roussillonnais / introduction, bibliographie, traduction et notes par Jean Amade / Perpignan : éd. de la Bibliothèque Catalane , 1908

 

 

006779263 : Un demi-siècle d'hispanisme et de catalanisme roussillonnais : Jean Amade : 1878-1949, Joseph-Sébastien Pons : 1886-1962 / Christian Camps / [S.l.] : [s.n.] , 1980 

 

001119109 : Deux écrivains catalans [Texte imprimé] : Jean Amade 1878-1949, Joseph-Sébastien Pons 1886-1962 / Christian Camps / Castelnau-le-Lez : les Amis de J. S. Pons , 1986

 
Partager cet article
Repost0
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 08:22
L'exode et le mur
L'exode et le mur

Après la grande manifestation du 11 septembre prochain, à Barcelone, si la Catalogne proclame de façon unilatérale son indépendance, son premier geste humanitaire sera de proclamer l'ouverture de ses frontières aux nouveaux migrants.

De s'ouvrir à l'accueil des Syriens, Afghans, Lybiens…qui quittent leur pays ravagé par la guerre, la famine, le désert qui avance...

Une façon de rappeler la tragédie de la Retirada, cet exode de 500 000 Républicains, Catalans, Basques ou Castillans… qui ont passé la frontière des Pyrénées en janvier et février 1940 et ont été parqués dans des camps de concentration, de regroupement…peu importe le nom, si ce n'est celui de la honte, comme un livre célèbre (Grando, Quéralt, Febres) les a qualifiés…

Une façon de montrer l'absurdité de ces clichés qui sous-entendent que l'indépendance catalane serait égoïsme, repli sur soi, manque de solidarité avec les régions pauvres d'Espagne, forme de racisme…

Une façon de montrer que c'est le pouvoir central de Madrid qui érige des murs (dans l'enclave espagnole de Melilla au Maroc, par exemple), un mur de fer sépare le Maroc et la Péninsule, pour éviter que les réfugiés demandent le droit d'asile ! En fait, ils ne veulent pas s'installer en Espagne (trop de chômage, salaires bas) mais veulent se rendre vers le Nord (Suède et surtout Allemagne, où la tant critiquée Merkel se change en "Angela" humanitaire, dirigeant le pays avec les Socio-démocrates…

Une façon de rappeler que c'est le gouvernement socialiste de Zapatero qui, en 2006, a régularisé 400 000 sans-papiers, alors que le gouvernement "socialiste" hollandais n'a prévu d'accueillir que 65 000 exilés en France en 2015… La France doit pourtant avoir mauvaise conscience après les gouvernements Daladier et Pétain qui, dès 1938, puis en 40, ont livré les Juifs aux nazis et des Républicains catalans ( Lluis Companys, fondateur de l'Esquerra, proclamant l'Etat catalan, fusillé à Montjuich) aux Franquistes !

Face à la mauvaise conscience allemande, traumatisée par les tueries nazies, la Catalogne doit rappeler l'horreur franquiste qui chassa et tua une partie du peuple républicain espagnol et catalan : l'Espagne doit, elle aussi, avoir mauvaise conscience et, face à une "Retirada à l'envers", la générosité est l'unique solution...


J.P.Bonnel

- - - -

Réfugiés : le naufrage occidental

L’Europe est submergée. C’est le déferlement. Un flux de clandestins est en train d’envahir l’Europe. Insupportable : « nos pays n’ont pas pour vocation d’accueillir toute la misère du monde ».

Il suffit de quelques mots, d’un vocabulaire bien choisi pour transformer les symptômes de l’effondrement de notre modèle de sociétés en « crise des migrants », voire même « islamique » entend-on parfois.

Ainsi, les fantasmes sont entretenus et la peur est exacerbée. Ainsi, le débat sur les possibles solutions est circonscrit à un cadre « défensif » comme s’il s’agissait d’un phénomène « naturel » sur lequel nous n’aurions pas de responsabilité, dont nous devrions nous protéger.

Toujours la même rengaine du phénomène naturel dont nous serions victimes : la crise, la dette, les sauterelles, les attentats, …

Et Monsieur Sarkozy qui parle de tourisme social. Faut-il être déconnecté de la réalité à ce point pour imaginer que des familles entières s’infligent de telles conditions de migration, sans réussite garantie, uniquement par tourisme ? Sarkozy est malhonnête, mais il n’est pas naïf. Tout est bon pour faire oublier que ces personnes sont des humains qui fuient la mort, qu’ils n’ont plus rien à perdre. Tout est bon pour les déshumaniser. C’est qui le touriste ?

Alors, ces gens sont censés venir pour « profiter » de nos richesses ? Nos richesses ? Bien voyons ! D’où vient le pétrole, d’où vient l’uranium, les métaux, les terres rares, la main d’oeuvre qui permettent de fabriquer nos objets ?

Nous sommes rattrapés par une réalité que nous nions depuis des décennies : celle du développement, de ce système pervers héritier du colonialisme, où sous prétexte d’amener la civilisation et la démocratie, on exploite, déstabilise et pille toujours plus.

Ces personnes fuient les conséquences des guerres illégales et désastreuses ayant pour objectif d’assurer le contrôle des ressources fossiles dans ces régions. Quand elles ne fuient pas la guerre (armés par qui ?), elles fuient des dictatures, l’expropriation de leurs terres avec le land-grabbing (accaparement foncier) ou demain, les conséquences du changement climatique. Elles fuient pour survire, quitte à risquer la mort. Mais certaines en meurent, même des enfants …

Aucun citoyen occidental ne cautionnerait l’exploitation des pays du sud. Et pourtant, la quasi-totalité de ces citoyens n’est pas prête, indirectement, parfois inconsciemment, à faire ce qu’il faudrait pour renverser la tendance. Même nous, qui prônons un changement de paradigme, et le vivons partiellement. La situation actuelle nous rappelle douloureusement que nous vivons dans une illusion de liberté de consommer : nos propres modes de vie, dépendant de toujours plus de tirages sur des ressources finies, ont des conséquences sur la vie d’autres personnes, ailleurs, si loin qu’il est impossible de réaliser les conséquences de nos actes. Et pourtant, ces autres personnes se retrouvent aujourd’hui face à la mort dans ces pays, et elles viennent frapper à nos portes.

Alors, on fait quoi ? On cherche des solutions sans changer le système et en prenant soin de bien garder les œillères ? Ou bien, on regarde collectivement la réalité en face ?

Certes, on ne peut pas tout changer du jour au lendemain, et il faut bien trouver des solutions d’urgence. Il suffirait déjà de reconnaître politiquement, puis collectivement, notre dette écologique pour que des solutions – oubliées ? – apparaissent et soient acceptées par la société.

Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur notre responsabilité historique face à ces désordres, ces tragédies. Nous avons un devoir de solidarité, d’autant plus que nous en sommes matériellement capables (et pour causes …), pour accueillir humainement et en bonne intelligence ces populations désespérées, que ce soit temporairement ou définitivement.

Tirons un enseignement de cette situation critique pour en faire un tremplin vers de nouveaux mondes. Une bonne partie des populations qui arrivent appartient aux classes éduquées de leurs pays. L’enjeu n’est pas de faire du brain-gain, mais de penser ces opportunités de rencontres comme tremplin pour un véritable dialogue des civilisations. Nos sociétés occidentales changent et doivent évoluer dans une perspective de Décroissance. La transition est en marche, mais ce n’est que le début. Cela est insuffisant si le reste du monde ne questionne pas cette fuite en avant vers le toujours plus. Faisons des migrants des ambassadeurs de cette transformation afin de casser le mythe de l’occident, de la consommation illimitée. De même, ces personnes arrivent avec une autre vision du monde, des relations humaines, des expériences de vie riches d’enseignements qui peuvent contribuer à sortir nos sociétés de ce cercle vicieux mortifère et individualiste.

N’avons-nous pas là un levier pertinent pour tourner la page du toujours plus, de la compétition économique et de ses conséquences, pour laisser place à un monde de « buen vivir » ? Profitons-en pour imaginer d’autres modes de vie, même si ça implique de renoncer au modèle actuel apparemment si confortable, si désirable. Car assurément, nous gagnerions du bien-être collectif à sortir du consumérisme.

Cela doit s’accompagner d’un changement de paradigme dans les relations internationales : posons les vrais problèmes sur la table et sortons de cette fuite en avant guerrière pour le contrôle des ressources naturelles. Le XXème siècle et ses logiques impérialistes, nationalistes et de compétitions économiques doivent appartenir au passé !

Vite, initions des transitions vers des sociétés soutenable est souhaitables. Soyons plus sobres, questionnons nos usages, simplifions nos productions, rendons les durables, réutilisons. Partageons vraiment, mettons en place un espace écologique (DIA et RMA), sérénisons la société, généralisons la bienveillance. Et surtout, relocalisons, relocalisons pour économiser de l’énergie, pour avoir une agriculture soutenable, pour créer du lien, pour rompre avec la banalité de nos actes aux conséquences désastreuses.

Vite, initions dès maintenant des chemins vers une relocalisation ouverte, c’est-à-dire une relocalisation solidaire et dans le dialogue, qui n’a rien à voir avec la préférence nationale.

Le Collectif « Parti-E-s Pour La Décroissance »

à l’initiative de Stéphane Madelaine et inspiré, en accord, de la chronique de Reporterre de Vincent Liegey

contact@ml.partipourladecroissance.net

http://www.partipourladecroissance.net/

Partager cet article
Repost0
24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 09:21
la plage de l'Ouille

la plage de l'Ouille

Collioure - Portrait d’une plage :

 

L'OUILLE entre Collioure et Le Racou,

 

             La crique de l’Ouille est un petit paradis 

Mais ne le dites surtout pas…

  

 

            Son nom prête à rire : on pense à l’onomatopée « aïe, aïe ! », ou au plat catalan traditionnel appelé « l’ouillade » ; l’étymologie du mot « ouille » est sans doute la suivante : il s’agirait de le francisation de Olla, qui signifie marmite, ou pot-au-feu. La désignation s’expliquerait par la forme du terrain en cuvette ou par la situation de cette belle plage qui, bien qu’exposée au nord, est abritée et ensoleillée. 

 

           Elle est petite, cette crique, et méconnue de la plupart des touristes ; pourtant, ils s’arrêtent dans un virage de la nationale 114, qui descend en lacets vers Argelès. C’est vrai : le point de vue est admirable : de cette position élevé, on découvre aussi le Canigou, toute la plaine du Roussillon, la chaîne des Corbières et, si l’horizon est dégagé, le cap de Leucate, jusqu’au cap d’Agde…

 

 On alors plonge vers les campings, vers l’imposante villa blanche, la belle "Villa Capricorne", où Charles Trénet, dit-on, organisa naguère de sacrées soirées…

 

 On plonge vers cet entonnoir, qui mène à la grande bleue ! 

 

            En effet, en contrebas de la route se niche la secrète plage de l’Ouille. Le touriste se demande comment on accède à ce coin de verdure qui ressemble à la représentation qu’on se fait du paradis ; le moins courageux peut s’y rendre en voiture, par l’étroite route qui indique « les criques de Porteil », près du Racou, sur la commune d’Argelès. Celui qui vient de Collioure, et qui se montre plus aventureux, peut emprunter le chemin de Charlemagne, ou, à partir du « Pla de les Forques » (ou « Hauteurs de la Justice », témoignant de l’emplacement d’un gibet), il peut emprunter un parcours de santé, hélas quelque peu dégradé, laissé à l'abandon par la municipalité ! Au passage, il est possible de rêver à la réhabilitation de ce lieu féerique, qui domine Collioure et plonge sur la côte rocheuse ; là, le fort de l’Etoile et le fort carré témoignent de l’histoire des dix-sept et dix-huitièmes siècles…

 

            Vous voici arrivé à bon port, sur les galets de l’ouille et vous êtes convaincu d’avoir atteint cet éden tant convoité ! Pourquoi ? D’abord parce que le lieu a conservé son aspect sauvage, qui tranche avec le béton de la côte sablonneuse et la foule touristique de Collioure ; ici, des tentes, simplement et un modeste « casot », au nom bien choisi « L’imprévu », en guise de restaurant, ouvert à midi, et proposant du poisson frais ; ensuite, parce que cette plage conviviale est un havre de paix et, en basse saison, un lieu d’extrême solitude.

 

           Pourtant, pourtant…tout, ici, n’est pas que repos, calme et volupté ! En effet, servant de frontière aux deux communes, le Ravaner, ce torrent qui roule et ravine, en débouchant de la fière Albère, un jour de gros orage, peut se montrer violent ;  sinon, par temps de canicule, ses eaux se changent en marécage, où des canards, amateurs de vase et d’eau croupie, font la joie des gosses de l’été. 

 

   Paradis, et pourtant ! L’espace est limité, vite investi, et les campeurs de « La Girelle », d’origine nordique, fort nombreux : il s’agit là de l’unique camping de Collioure, tenu à distance raisonnable par l’altière station catalane. Eldorado ? 

 

Pourtant, le sentier, qui se fraie un chemin pittoresque dans les rochers, en bas de la vertigineuse falaise, domine par Le Miradou et la garnison d’un régiment de choc, est des plus dangereux. Le visiteur peut rejoindre le centre de Collioure par ce parcours fauve, en flânant : il traverse le domaine des pêcheurs, des plongeurs, des adeptes de l’aventure à travers les rocailles ; cependant, notre Candide ne sait pas qu’une douzaine d’imprudents, depuis quelques décennies, ont péri dans ces trous de pierre, dans ces tourbillons de mer, car elle est capable, ici, la Méditerranée, de se déchaîner et de happer le passant. 

 

C’est ainsi qu’il y a cinq ou six ans, un papi belge s’est noyé en voulant se porter au secours de sa petite-fille ; la grand-mère a par la suite poursuivi le maire de Collioure en justice ; depuis ce jour, l'ancien édile, Michel Moly, a interdit l’accès au sentier. Malgré les grilles et la menace d’une forte amende, le chemin à obstacles, qui mène de l’Ouille à la Moulade et à la plage Saint-Vincent, est encore envahi de curieux et de sportifs naïfs…

 

On espère un aménagement susceptible de sécuriser cette bande littorale : cela coûtera cher, mais donnera naissance à une promenade unique, prélude logique au « Chemin du Fauvisme », empruntable à travers les venelles du petit port, et nécessaire initiation à la peinture de Matisse et Derain.

 

           Matisse, en effet, qui de 1905 à 1914, ne s’y est pas trompé : il venait avec son épouse Amélie et sa fille Marguerite faire des croquis de l’Ouille; il s’installait dans ce triangle de sable, sous les fraîches frondaisons ; quand le soleil déclinait, il se posait sur les promontoires, en compagnie de l’ami Derain, pour travailler ; c’est là que, habillée d’un kimono japonais, Amélie se dévouait et jouait au modèle ; Matisse fera là les premières ébauches de son célèbre « Bonheur de vivre »…C’est sans doute Etienne Terrus, le paysagiste d’Elne, qui le guida jusqu’à ce paradis : ilavait un cabanon sur la colline du Racou et il connaissait les mille criques de la côte rocheuse naissante…

 

 Plus tard, c’est le peintre Augustin Hanicotte, qui s’installa à Collioure, dès 1917, et vint poser son chevalet sur les escarpements de l’Ouille ; il s’intéressa aux scènes populaires et en particulier aux courageuses « lavandières » catalanes qui venaient dans cette anse laver le linge de leurs maris de pêcheurs ; en effet, à l’époque, les plages de Collioure étaient nauséabondes : les saleurs d’anchois et les habitants rejetaient les excréments directement dans l’eau…

 

            L’Ouille, elle, a toujours bénéficié d’une eau pure et claire. Cette crique secrète demeure encore présente dans le cœur et la mémoire des Catalans. Ainsi, comme l’a déclaré le romancier Jean-Paul Mari, qui a obtenu le « Prix Méditerranée: « …L’Ouille où j’allais plonger avec des copains pour ramasser des oursins. C’était notre paradis, les pieds dans l’eau à savourer notre caviar catalan… » 

 

Cette plage fut le paradis des amours enfantines, et elle est encore un lieu privilégie pour les Robinsons de l’âge des foules estivales.

 

            C’est vrai, la crique à l’appellation étrange et quelque peu ridicule, est toujours synonyme de paradis, mais s’il vous plaît, ne le répétez pas…

 

 

                                                             Jean-Pierre Bonnel

 

 

Adresse de la Plage de l'Ouille : Plage de l'Olla 66190 Collioure

 

 

La plage de l’Ouille de Collioure se situe au nord de la petite station balnéaire, à la limite d’Argelès sur Mer.  Cette plage confidentielle (non indiquée sur les guides touristiques ou par l’office du tourisme) est surtout fréquentée par des locaux ou par les clients des campings voisins. Composée de petits galets, elle s’étend sur environ 100 mètres en contrebas des falaises de la côte Vermeille. Très calme même en pleine saison. Par contre, la baignade n’est pas surveillée et il est assez difficile de se garer.

 

Pour vous rendre sur cette plage depuis le centre-ville de Collioure, prendre la D114 en direction d’Argelès. A l’extérieur de la ville, au rond-point, prendre la première sur la droite en direction du camping la Girelle (la plage est indiquée sur le panneau en petit, sans doute pour ne pas attirer l’attention des touristes …). Après 100 mètres prendre sur la gauche en suivant les indications du camping. Dès que vous trouvez une place, garez-vous. L’accès le plus facile se trouve à droite de l’entrée du camping des Girelles (marqué accès à la mer – attention pas de parking dans cette zone).

 

 

l'Ouille vue du ciel

l'Ouille vue du ciel

Partager cet article
Repost0
15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 11:01
Teresa Rebull
Teresa Rebull

Comme l'écrit si bien son fils Germinal, Teresa REBULL vient de ranger, de façon définitive, sa guitare...

Adieu sa voix, sa guitare, sa poésie, sa gentillesse, sa conviction intacte de révolutionnaire, sa fidélité à la Catalogne…malgré les désillusions, les déceptions...

Je ne suis en aucun cas autorisé à parler d'elle, mais depuis des mois, depuis 2013, je me rendais régulièrement chez elle, à Banyuls de la Marenda, pour recueillir des souvenirs, partager un goûter, parler de la vieillesse, de l'actualité, de politique, de l'Indépendance de la Catalogne… Je publierai un jour ces textes...

Pour l'instant, quelques mots pour penser à Teresa...

    La mer à Banyuls, c'est Teresa Rebull

 

 

Je vais à Banyuls et je ne vois pas la mer, la plage, les rochers...

 

Je vais par les escaliers, par un jour de pluie qui fait pâlir les citrons

par les rampes qui me disent qu'elles mènent à la mer.

 

mais je ne veux pas voir la mer !

 

on s'habitue à tout, à la beauté, au soleil de la Méditerranée, au bleu indélébile...

 

 on ne se rend pas compte de sa chance, de son bonheur.

 

on marche, court dans l'indifférence, aveugle à ce décor, à ces jardins d'orangers, à ces senteurs de miel venues des amandiers de février.

 

Je vais voir Teresa qui est plus belle que la mer !!!

 

Malgré l'âge, malgré le poids du corps et du temps, malgré sa tristesse d'être assise, d'endurer la misère du corps, de la mort.

 

Mais elle me parle de vie et d'amour

elle est pleine d'enthousiasme et de beauté

l'intelligence présente, la  mémoire toujours en éveil, l'élan affectif, la confiance en l'Homme mais pas aux partis, aux syndicats...

 

 

Teresa ou l'enthousiasme de la révolution permanente.

 

Elle me parle de son passé

 

Voilà le cinéma du siècle qui défile devant moi

Il sort un océan d'images et de cris de la mémoire.

 

Elle me bouge, me provoque : "Tu n'as pas lu ça, tu ne sais rien ! Tu es un tiède, tu navigues entre deux eaux..!"

 

 

Il ne pleut plus. Le bonheur est revenu face à la petite terrasse rouge, grâce à la peinture des mimosas, devenue soudain plus lumineuse, grâce au livre de Bénédicte, de Varian Fry ou de Walter Benjamin...

 

 

En descendant l'étroit escalier de sa maison, j'ai envie d'aller voir la mer, bien seule, décidément, aujourd'hui...

 

 

Jean-Pierre Bonnel

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 11:13
Dessin de Carole G… (demain "PORTRAITS de FEMMES)

Dessin de Carole G… (demain "PORTRAITS de FEMMES)

HENRY DE LAGUERIE
HENRY DE LAGUERIE

* Je tiens à remercier ici HENRY DE LAGUERIE, journaliste spécialiste de la Catalogne (voir ce blog du 16 décembre dernier) pour m'avoir écrit et répondu à mes questions : je n'ai pu me rendre à son intervention (invitation de Clotilde Ripoull et de l'association "Equilibre") mais j'avais bien lu son livre, passionnant, et rédigé un compte-rendu.


H. de Laguerie me répond qu'il ne connaît pas la situation en "Catalogne du Nord" et qu'il a donné, c'est vrai, surtout la parole aux partisans de l'indépendance. J'aurais voulu savoir si la Catalone était prête à devenir un Etat solide dans l'Europe libérale (quelles ressources..?), si le vote pour le OUI était majoritaire (il me semble que l'abstention est massive et signifie le NON : un sondage très récent vient d'ailleurs de confirmer qu'une (courte) majorité de citoyens (45,3 %) étaient opposés à l'indépendance (le "oui" tombant à 44,5, minoritaire pour la première fois depuis 2011…)

** Le tramway de Montpellier, selon une enquête récente, confirme (voir un article sur ce sujet dans ce blog et la proposition de Jean Codognès pour Perpignan) son succès et va se prolonger pour terminer la boucle qui entoure le centre historique; le dernier tronçon sera achevé début 2017. Il dynamise les quartiers, les commerces, va permettre d'augmenter les espaces piétonniers et de créer de longues promenades dans les secteurs du Peyrou et du jardin des plantes.

Il faut savoir que les voies nouvelles sont financées à plus de 80% par l'Etat… Pourquoi pas relancer le tramway à Perpignan…?

En attendant relire Claude Simon et Miquel Perpinya sur ce thème ..!!!!!

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens