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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 17:36

marion.jpeg Marion Poirson-Dechonne est connue dans la région pour son inoubliable roman policier, Serial Vénus (sur l'influence des images sur les esprits, relecture de La Vénus d'Ille), publié en 2009, par les éditions Trabucaïres; on attend d'ailleurs avec impatience la sortie du second volume, Flics & Geeks. Marion est aussi active à Perpignan à l'Institut Jean Vigo. Passionnée de cinéma, elle enseigne les études cinématographiques à l'Université Paul Valéry de Montpellier. Auteur d'une thèse intitulée Le théâtre dans le cinéma, la question du spectateur, elle a aussi dirigée un numéro de Cinémaction "Portraits de famille". Cet auteur va s'affirmer encore plus avec la publication récente d'un essai brillant et original sur la question des images dans le cinéma, leur violence, leur proocation : Le cinéma est-il iconoclaste ?

 

   L'ouvrage débute par une longue et utile introduction, définissant les termes : iconoclasme signifiant selon l'étymologie "un briseur d'images"; l'évolution sémantique, en 1690, désigne alors celui qui proscrit la représentation de personnes divines, des saints et des oeuvres d'art; au XIX ème siècle, le terme acquiert un sens péjoratif "celui qui est hostile aux traditions, aux formes héritées du passé, jusqu'à les détruire".

 

   Le livre (*) brosse ensuite un contexte historique souvent méconnu : attitudes des églises et des religions face aux images saintes et à la représentation divine. Cette mise en perspective du passé rejoint bien sûr l'actualité la plus récente avec l'affaire des caricatures de Mahomet et du saccage de Charlie-hebdo... L'auteur évoque les militants islamistes (destruction des Bouddhas de Bamyan par les Talibans, menaces de mort à l'égard de Ayaan Hirsi Ali, coréalisatrice de son film "Submission"), mais aussi des Chrétiens fanatiques et intégristes (incendie d'un cinéma au Quartier latin, à l'époque de la projection du film de Scorsese, interdiction, à Lyon, du film de Claire Simon "Les bureaux de Dieu", après l'action musclée d'un groupuscule catholique...)

 

    Enfin, l'essai s'attache à la signification moderne du terme "iconoclasme", synonyme, désormais, de sacrilège, ironie ou blasphème (**) et au "contenu des films jugés scandaleux au regard de la morale ou de la loi chrétienne." (page 14)      

   Cette partie très riche, en argumentation et documentation, analyse les films célèbres qui ont donné une représentation de la religion "incompatible avec le dogme ou l'Ecriture"; ces oeuvres sont jugées iconoclastes pour des "raisons tant esthétiques que religieuses"; il s'agit, par exemple de L'Age d'or, La Dolce Vita,, Je vous salue Marie, Les Communiants, La dernière Tentation du Christ...

Je vous invite à parcourir des chapitres passionnants, tels que "la figure de la star", "Le Messie ou la banalisation de l'image", "Iconoclasme et parodie" consacré aux films de Luis Bunuel... L'envie vous prend, soudain, de revoir ces longs-métrages ! La certitude, tout d'un coup, d'être devenu plus cultivé et plus intelligent, jaillit en vous, grâce à ces trois cents pages d'une écriture alerte et assurée !

---

 

(*) Editions du Cerf, 2011, 35 euros.

(**) A ce propos, il faut signaler l'excellente étude publiée dans le quotidien Le Monde (daté des 25 & 26/12/2011) : "L'art très contemporain du blasphème", de Stéphanie Le Bars, citant Alain Cabantous (A.Michel, 1998) et F.Boesofug (Bayard) et non Marion Poirson qui, elle, c'est vrai, s'intéresse à la question du blasphème au cinéma, et non dans la peinture.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 18:16

 

Les Toiles

Le festival de cinéma de Saint Estève entonnoir--clip.jpg

 

Saint Estève a désormais son festival de cinéma Les Toiles, comme Perpignan, Prades ou Argelès. Mais, au lieu d'un festival annuel, l'association Les Rendez-Vous a choisi l'originalité et créé un festival éclaté sur 3 week-end, avec 3 thématiques différentes :

le cinéma d'un pays, un thème donné, un hommage à un réalisateur ou à un acteur.

À chaque fois, 5 films sont projetés, 2 le samedi et 3 le dimanche. 

Pour la saison 2010 - 2011, le public stéphanois a ainsi découvert ou redécouvert

le cinéma du Burkina Faso, le thème EnfanceS au cinéma et le réalisateur américain Tim Burton.

Le premier trimestre de la saison 2011 – 2012 met à l'honneur le cinéma libanais

avec 5 films dont le Liban est le pivot, un pays meurtri par des guerres incessantes

mais aussi un pays méditerranéen chaleureux, entre tradition et technologie,

un cinéma qui fait la part belle aux femmes.

 

Entrée libre

En partenariat avec le Théâtre de l’Étang et l’Institut Jean Vigo.

Chaque séance commence par une présentation du metteur en scène

et du film et s’achève par un débat avec le public.

 

5 films forts, plusieurs fois primés.

 

Samedi 10 décembre, salle du TDE, 17 h : 

"Sous les bombes" de Philippe Aractingi (2008), drame, 1h30

Prix Human Rights Award à la Mostra de Venise en 2008

Zelna, jeune femme divorcée, travaille à Dubaï ; elle a envoyé son petit garçon chez sa sœur

dans un village du Sud Liban. Quelques jours plus tard, la guerre éclate.

 

Samedi 10 décembre, salle du TDE, 20 h 30 : 

"Chaque jour est une fête" de Dima El Horr (2010), drame, 1h20

Prix du public au Festival de Rome 2010

Jour de la fête de l'indépendance du Liban : 3 femmes qui ne se connaissent pas prennent

le même bus pour aller voir un détenu à la prison des hommes.

Un voyage qui se transforme en quête de leur propre indépendance.

 

Dimanche 11 décembre, salle du TDE, 10 h : 

"Le cerf-volant" de Randa Chahal Sabbag (2003), drame, 1h20

Lion d’argent à Venise de 2003

Lamia, seize ans, vit dans un village au sud du Liban, frontalier avec Israël.

La bourgade est coupée en deux par des barbelés et les enfants ont fait de cet espace

leur terrain de jeux. Le jour de son mariage, Lamia va passer de l’autre côté.

 

Dimanche 11 décembre, salle du TDE, 14 h : 

"Caramel" de Nadine Labaki (2007), comédie dramatique, 1h35

Caméra d’or pour la réalisatrice au Festival de Cannes de 2007 

A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté :

confidences, rencontres entre différentes générations, religion et tradition ; un film plein d’humour et de sensibilité.

 

Dimanche 11 décembre, salle du TDE, 17 h : 

"Incendies" de Denis Villeneuve (2010), drame,  2h

Meilleur film au Festival de Toronto, de Namur, de Varsovie et de Rotterdam

Après la mort de sa mère, Jeanne Marwan, jeune libanaise, part à la découverte du passé de sa mère, de sa famille dans un pays qui panse les blessures de la guerre.

 

 

Pour tous renseignements : Marie-Claire Bassou : 06 81 37 71 58  ou   rdvse@rdvse.fr  ou  www.rdvse.fr

 

Les Rendez-Vous de Saint-Estève,

créateurs d'évènements culturels

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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