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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 00:31

bourquin-Capdeville.JPG  photo Jean-Pierre Bonnel) C. Bourquin à la rétrospective Jean Capdeville au musée d'art moderne de Céret. Autour de lui, de gauche à droire : Michel Moly, Joséphine Matamorros, Robert Garrabé.

 

- - 

 

A l'heure de la mort, il est de tradition et de bon ton de célébrer son adversaire politique... A quoi bon ? Pourquoi cette hypocrisie ? La société du spectacle se poursuit dans l'au-delà...

 

On peut reconnaître au président de la Région Roussillon-Languedoc le courage face à la souffrance et à la maladie. N'y a-t-il pas dans cette attitude la folie du politique qui aime le pouvoir et cherche un anti-destin, plus éternel que la célébrité dans la vie... 


Comme son mentor de Montpellier, C. Bourquin ne vivait que pour le pouvoir, sa conquête incessante, accumulant les titres, les victoires aux élections.

Il vivait aussi, peut-être, un peu pour son territoire : Millas, puis le département, enfin la région. Défenseur du pays catalan, il a cependant accepté la Septimanie de G. Frêche et le discours de ce mégalo sur la "connerie" des Catalans.... Président de la Région, il n'a pas priviliégié les Pyrénées-orientales, au contraire...

 

Et la langue catalane n'était que "l'accent de la République française" !

 

Bien sûr il a donné son essor au musée d'art moderne de Céret, et il faut le remercier pour cela. Il avait pris à coeur la culture et avait décidé la création ou le développement de plusieurs musées, à Narbonne, à Sérignan... Et là, c'est bien, on n'oubliera pas cet aspect positif de l'homme politique...

 

Mais cet homme, qui pouvait être si chaleureux avec ses amis, ses camarades, avec les militants, se montra tel un loup face à ses adversaires (socialistes, avant tout) et à tous ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre, jeunes ambitieux bourrés d'idées (Delmas, Bigorre, Codognès…) ou plus anciens (Cansouline, Sicre…).

 

Il tenait d'une poigne de fonte le PS local, le conseil général, puis le conseil régional. Il avait montré son intelligence dans l'instauration d'un système perdurant grâce au clientélisme, à l'autoritarisme, aux magouilles (nombreuses affaires avec la justice (son chauffeur, l'aménagement de son appartement au CG66, les faux appels d'offres…).


Surtout (mais c'est la politique -peu morale- de nombreux responsables, en France), il amadouait des maires tièdes et des conseillers municipaux "sans étiquette", grâce au chantage aux subventions… Il savait aussi s'attirer le soutien d'élus communistes ou Front de gauche en les aidant dans les projets qui valorisaient leurs villes (on saluera surtout la réalisation heureuse de la Maternité d'Elne). 


Quant aux élections à Perpignan, l'attitude de C. Bourquin fut toujours ambigüe, donnant l'impression qu'il ne faisait pas tout (c'est un euphémisme) pour prendre cette ville, et qu'il avait conclu un pacte de non-agression avec J.Paul Alduy, l'ancien maire…

 

Plus grave fut son comportement avec les médias : n'acceptant pas la critique, il pouvait maudire un journaliste et priver, pendant des mois, un organe de presse (comme L'Indépendant) d'encarts publicitaires… 

 

C. Bourquin ne s'embarrassait pas du fardeau de  l'éthique ! Moins grande gueule que Frêche et jouissant d'une aura moins éclatante que l'ancien maire de Montpellier, il laisse le souvenir d'un travailleur, d'un politique attentif à la communication, d'un homme mourant de sa quête folle d'un pouvoir éphémère, dérisoire…

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 10:04

Unknown-copie-4.jpeg  

 

 

L'adjoint à la culture, à Perpignan, n'est pas du genre à brader les arts. surtout pas les "Beaux", même si cette notion n'est plus, depuis longtemps, à l'ordre du jour…

 

Pourtant M. Pinell devra se résoudre à signer la fin des B.A. : la municipalité, endettée, doit faire des économies; l'Etat et la Région (la Drac) se désengageant, on s'attend à un regroupement des écoles; le nombre d'inscrits en première année semble très insuffisant; les fautes de quelques responsables des BA (on se rappelle des "créations" suscitées par M. Guiter, plus proches du harcèlement sexuel que de l'art… on ne peut non plus admettre qu'un responsable culturel nomme son épouse commissaire de ses propres expositions pour toucher un peu plus d'argent…)...sont des arguments solides.

 

Il est pourtant révoltant de supprimer une école et un apprentissage de l'art ! Les responsables municipaux s'exposent à des manifestations d'envergure...

 

Tout ce paysage bien grisâtre pousse les nouveaux responsables culturels à "tailler dans la culture". Pour faire avaler cette opération, qu'il est difficile de cautionner !- le délégué à la culture devra réinjecter une partie de l'argent économisé dans des actions en direction des artistes et des musées :

-prêter des locaux pour des ateliers. 

-faire participer les artistes et les jeunes (scolaires) à la vie artistique de la ville (visites, concours, expositions dans la rue, actions picturales devant le public, nuits blanches artistiques, itinéraires nocturnes avec visites et happenings…

-faire dialoguer les artistes contemporains avec les classiques (au musée Rigaud - expo sur le portrait - manier satire et dérision en permettant l'expo de tableaux sur les gens de pouvoir dans la région - sortir des murs du musée en investissant des lieux patrimoniaux…)

-instaurer des résidences d'artistes (locaux municipaux et au centre d'art contemporain, qui pourrait s'appeler ainsi "L'internat", en référence à l'internat de l'ancien lycée Arago; le lieu actuel était l'annexe aussi des BA- 

 

A l'Internat, on montrerait les internés des camps d'ici et les figures intellectuelles célèbres qui sont passées par les Pyrénées (H. Arendt, W.Benjamin, H.Mann, Carl Einstein…) - montrer aussi d'autres "internés" : expo sur A. Artaud, enfermé à Rodez, pays de Soulages, Camille Claudel cloîtrée en Provence par son poète de frère, et les "fous" de l'art brut, en accord avec le musée de Lausanne…

 

¨Perpignan, ville des "passages" (W.Benjamin), des croisements (présence de nombreux émigrés), des exils (Retirada, Français d'Algérie, Harkis) et des enfermements (camp des Haras, couvent Ste-Claire…), peut trouver un créneau artistique en donnant aux artistes les moyens (matériels et moraux) de travailler en ce sens…

 

-Aider les étudiants qui auraient voulu s'inscrire à Perpignan : pour leurs déplacements (abonnement en train), pour une formation complémentaire sur place (avec profs et artistes bénévoles), atelier dans l'espace actuel des BA qui, une fois rénové, peut devenir une résidence d'artiste et un centre d'art contemporain d'envergure...

 

- - - Rappel du débat de 2006 :

 

Posté le 26-03-2006 - source l'indépendant 
 

 
Beaux-Arts: le face-à-face entre le maire et les étudiants vire au "clash"
 
 
Après l’'annonce brutale de la fermeture de l’école des Beaux-Arts de Perpignan, étudiants et enseignants devaient hier rencontrer Jean-Paul Alduy. Un rendez-vous d’abord manqué qui s’est ensuite transformé en séance de lourds dérapages verbaux du maire.
La suite au conseil municipal de lundi.
 
Tout était prêt pour 14heures. L’heure à laquelle Jean-Paul Alduy avait donné rendez-vous aux étudiants et enseignants de l’ESAP. L’heure du dialogue tant attendu face à tant d’incertitudes. Tout était fin prêt pour recevoir le maire en l’école municipale de la rue Foch. Dialectiquement orchestré dans la matinée en AG. Masques blancs pour la mise en scène artistique et prise de parole accompagnée de gestes précis. Puis l’'heure a tourné, pour ne pas dire mal tourné.


Pas de Jean-Paul Alduy à l’'horizon. C’est Dominique Malis, le directeur des services généraux de la mairie, qui surgit alors en médiateur pour expliquer que le maire ne viendra pas, qu’'il a changé de position" mais attend les étudiants en mairie "au sein de la maison du peuple". Regards d’'incompréhension dans l'’assistance. Rendez-vous manqué. Sentiment de trahison et d’abandon.


"Ce sera ici, en l’'école municipale ou nulle part ailleurs. Vous jouez sur la hiérarchie plutôt que sur la liberté d'’expression, c’est grave!" lance une étudiante. C’'est l’'impasse.
 
"Ma volonté est faite".


Les esprits s’'échauffent. Le médiateur parachuté quitte la salle. Une demi-heure plus tard, JPA fend la foule et prend la parole, une note de synthèse de quatre pages dans les mains. "Perpignan est une ville qui a placé la culture au cœcoeur de son projet urbain:


 " Début du monologue. Une voix s’élève. "Vous nous endormez!" La salle est à cran. Terriblement déçue par un discours qualifié de programme électoral par les étudiants. "Allez-vous oui ou non fermer l’'école?" La réponse fuse: "Oui. Ma volonté est faite. Je présenterai le projet en conseil municipal lundi soir. L’Etat l’a déjà accepté mardi dernier." La foule qui avait pris soin de s’asseoir pour calmer le jeu, bondit brusquement.


"Mais qu’allons-nous devenir? Vous nous empêchez de terminer notre cursus!" Dans la précipitation et l’effervescence, le maire tente de décliner le nouveau projet et évoque la future "formation post diplômante". Soit une formation de niveau bac +6 qui permettrait à certains artistes de venir en résidence dans la nouvelle structure. Un projet qui évacue par conséquent les étudiants du système. "On ne veut pas quitter cette école que nous avons choisie pour ces enseignements spécifiques et uniques en France! On aime Perpignan!"
 
"Des phrases graves"
Et c'’est à ce moment-là que tout bascule. "Vous aimez Perpignan mais vous n'’êtes même pas d'’ici!" C'’en est trop. Pour Aurélie Palau, étudiante en 3e année et pilier de la contestation: "Ce sont des phrases très graves de la part du maire d’une ville cosmopolite, c'’est totalement discriminatoire. Si aujourd’hui l’art a des frontières, où va-t-on? Quand bien même on ouvrirait une formation diplômante aux artistes, croyez-vous qu’ils viendront seulement de Perpignan?" Impossible de poursuivre. L’assistance est excédée par l’attitude et les propos de Jean-Paul Alduy qui décide de quitter immédiatement l’école sous les huées. " Il veut, il choisit, il impose, c’est scandaleux, il n’écoute pas ses citoyens!"


Un quart d'’heure plus tard, c’'est à l'’hôtel de ville que le maire recevra la presse. Pour décliner et justifier une nouvelle fois son nouveau projet. JPA, qui est lui-même passé par les Beaux-Arts, ne démord pas. Absolument convaincu par sa vision de l'’avenir culturel perpignanais. Conforté par sa directrice de l’action culturelle, Marie Costa et l’'adjointe Maité Freneix.
En soirée, les Beaux-Arts se transformaient en QG du désarroi. Que faire dès lors? " Continuer à se battre!" Pétitions, manifestes rédigés par des artistes, lettre au gouvernement
 
Tout est passé en revue sous le regard absent d’un Vincent Emmanuel Guitter, directeur de l’ESAP, qui durant trois jours s’est abstenu de tout commentaire et de toute empathie manifeste à l’égard de ses étudiants.
Droit ou devoir de réserve?
Hier, Jean-Paul Alduy est sévèrement sorti de la sienne...

 

----- document : le 10 avril 2006 - CULTURE

 

Le maire UMP de Perpignan bazarde les Beaux-Arts

Enseignement . Jean-Paul Alduy juge que les productions des Beaux-Arts ne sont pas assez « visible». Les étudiants rétorquent que lenseignement artistique ne peut être soumis à la rentabilité.

 

Ils lont appris par la presse. Le 16 mars, les quatre-vingt-quatorze étudiants de lÉcole supérieure darts de Perpignan (ESAP) découvrent un entrefilet dans le quotidien régional lIndépendant : la mairie a décidé la fermeture de leur école, les Beaux-Arts, fondée en 1817. Dès la fin de juin, létablissement cesserait dexister. Une résidence dartistes, apprend-on, viendrait occuper le lieu. Dans un premier temps, les arguments du maire, Jean-Paul Alduy (UMP), sont surtout comptables : lESAP, estime-t-il, napporte pas assez de visibilité à la ville alors quelle coûte 21 000 euros par an et par élève. Soit près de deux millions deuros.

des Propos frisant a xénophobie

Stupeur parmi les étudiants : pourront-ils achever leur cursus ? Que vont-ils devenir ? Une politique culturelle nexiste-t-elle que pour servir limage du maire ? Avec leurs professeurs et le personnel administratif, ils refusent de réduire lenseignement artistique à une logique financière : « Un élève dune école dart ne doit pas être rentable mais créatif », affirme Sergueï Wolkonsky, chargé de conférences à lESAP.

À peine connue la menace de fermeture de lécole, étudiants et personnel ont déclenché la mobilisation. À leur manière. Limagination artistique sest mise au service de laction revendicative. Affublés dun masque blanc, devenu leur emblème, ils sinvitent dans les cocktails ou les inaugurations officielles, entreprennent des happenings dans les rues. Ils ont réalisé un film vidéo qui nest pas seulement un compte rendu de leur lutte mais révèle aussi un art novateur du montage et du son. Leur école menacée est devenue la matière première de leurs travaux pratiques. Moment fort de la mobilisation : lorsque le maire se rend dans les locaux de lESAP, il se fait copieusement huer. Sortant de ses gonds, Jean-Paul Alduy tient alors des propos frisant la xénophobie, reprochant aux étudiants de ne pas être originaires de Perpignan. Des propos dont il sexcusera par la suite.

Le 29 mars, la mairie infléchissait sa position. La fermeture des Beaux-Arts pourrait être évitée si lécole adoptait le statut dÉtablissement public de coopération culturelle (EPCC) : la municipalité ne serait plus quun financeur parmi dautres, aux côtés de lÉtat, du conseil général et du conseil régional. La mairie se délesterait sur dautres partenaires. Les étudiants et les salariés ne sont pas hostiles à cette solution - « Cest ça ou la fermeture ». Sauf quune telle issue est pour le moment impossible : une école denseignement de lart ne peut légalement devenir EPCC. Le Sénat, sur proposition d’Yvan Renar (PCF), a bien adopté une loi allant dans ce sens mais le texte na pas encore été discuté à lAssemblée nationale. La mairie a donc proposé un statut qui, à ce jour, nest pas applicable. La charrue devant les boeufs.

quel avenir pour lécole ?

Au début du conflit, le maire sillustra par des prises de position assez musclées qui attisèrent les tensions. Aujourdhui, du côté de lhôtel de ville on tient des propos plus mesurés. Danièle Pagès, adjointe à la culture : « Nous ne voulons pas diminuer le budget consacré aux arts plastiques, nous voulons lutiliser autrement. Si lécole devient un EPCC, nous aurons alors les moyens dentreprendre des actions auprès dun public qui na pas actuellement accès aux arts plastiques. » Ladjointe explique que les paroles du maire ont été mal interprétées : « Le problème nest pas un manque de visibilité par rapport aux médias mais par rapport à la population. » La mairie na pas renoncé à créer une résidence dartistes : « Elle sinstallerait dans un bâtiment de lécole où nont pas lieu les cours. »

Ce conflit sur le devenir de lécole des Beaux-Arts pose la question de la politique culturelle à Perpignan. Létablissement de la rue Foch, tout en effectuant des actions pédagogiques auprès des écoles primaires et des collèges, revendique un goût pour linnovation. « LESAP ne vit pas sur ses acquis, elle est très attentive aux évolutions de lart contemporain, juge Sergueï Wolkonsky. Des créateurs étrangers viennent nous faire profiter de leur expérience. » Étienne LHyver, étudiant en cinquième et dernière année, se félicite « davoir pu mener ici un projet très personnel ». Ce « passionné de viande et de chirurgie » nous présente sa dernière oeuvre : une jambe humaine, reconstituée en silicone, posée sur une machine à découper le jambon. Pas sûr que cette conception de lart soit du goût de la municipalité UMP. Sa politique pour les arts plastiques suscite des interrogations : quelles oeuvres veut-elle diffuser ? Une résidence pour quels artistes ? Le 27 mars en conseil municipal, Colette Tignères (PCF) a interpellé le maire : « Votre vision de la culture est ultra-libérale. Avez-vous besoin dune culture utilitariste pour vendre votre ville ? Allons-nous vers la rentabilisation de la formation ? »

Pour que lécole des Beaux-Arts se transforme en EPCC, il faut attendre que la loi soit adoptée. En outre, il est improbable que lÉtat et les autres collectivités acceptent un scénario concocté par le seul maire de Perpignan. Venu le 3 avril rencontrer les étudiants, Christian Bourquin (PS), président du conseil général des Pyrénées-Orientales, sest refusé à nêtre quun simple robinet à subventions : « Un EPCC, pour quel projet, avec quel budget ? » Il a fustigé les méthodes de Jean-Paul Alduy : « Il provoque la crise en posant une urgence qui nexiste pas La solution, cest aux autres de la trouver. »

dans Le flou artistique

En France, 47 écoles supérieures darts sur 57 dépendent des municipalités, alors que les enseignements et les diplômes sont validés par le ministère. Il nest pas incohérent de suggérer que ces écoles se placent dans le giron de lÉtat, par le biais dun statut EPCC. Sauf que Jean-Paul Alduy tente là un « coup politique », menaçant de fermer lécole pour forcer la main de lÉtat et des autres collectivités. Selon Christian Bourquin, un EPCC ne pourra être mis en place avant deux ans. À Perpignan, lenseignement artistique est dans le flou.

Bruno Vincen

 

- - - demain : Serge Fauchier, directeur des BA. L'artiste.

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 09:19

 

max-partezana.jpg Serge Fauchier (C) Max Partezana

 

 

 

J'ai rencontré Serge Fauchier il y a quelques semaines pour mon projet de livre sur la "mémoire culturelle" des Pyrénées-orientales (ou Catalogne du Nord). Je publierai demain la suite de l'entretien, sur l'artiste Fauchier.

 

Je publie ce texte aujourd'hui, au moment où une polémique naît à propos de la survie des B.A.-Heart (voir L'Archipel contre-attaque d'hier), après le départ de Jordi Vidal de la directeur de la culture de Perpignan et la contestation de son action. 

 

S. Fauchier m'a reçu tout de suite, sans problème; c'est un homme d'une grande gentillesse, à la réflexion fine et profonde; les critiques affleurent à peine, car SF est soumis au devoir de réserve, mais une fois à la retraite, on espère lire ses mémoires à propos de l'école des Beaux-Arts...  

 

C'est un directeur modeste, proche de ses élèves, attentif aux productions des artistes en herbe.

 

Le débat va se poursuivre... La nouvelle polémique s'engage... Le maire, J.Marc Pujol va être interpellé sur un nouveau front, après celui du commerce du centre-ville....

 

Vers une disparition prochaine des BA de Perpignan..? Certes, l'école coûte à la mairie près d'un million d'euros par an, mais 8 fois moins que l'Archipel…Et la jeunesse d'ici a besoin de cette ouverture vers l'art, ainsi que les écoles primaires qui profitent des actions pédagogiques des BA…

 

Abandonner les BA, ce serait tuer un peu la culture et la vie du centre-ville. Ce serait renoncer à ce que l'on peut estimer inutile et qui, pourtant, est au coeur de la vie humaine : l'art, le rêve, la création…

Personnellement, j'ai suivi les animations (fin d'année, réalisations des étudiants, nuit des musées) des deux années écoulées et je n'ai rien ressenti à la vue des "créations" montrées au public… 90 % des "installations" contemporaines me semblent encombrer les musées et disparaîtront dans quelques années. J'estime cependant que la recherche, les nouveaux courants, l'épanouissement de soi… doivent être aidés et consolidés. 

 

Parmi la masse peu lisible de ces réalisations, l'oeuvre d'un artiste insolite et original peut naître ! Doit jaillir ! 

 

Les Beaux-Arts, dans leur dualité -tradition et contemporainité- doivent être préservés !!!

 

J.P.Bonnel

 

 

- - - 

 

Entretien avec Serge Fauchier - Directeur de l'Ecole des Beaux-Arts (HEART) de Perpignan

 

 

1. Le directeur.

 

S.Fauchier me reçoit dans son bureau très modeste, à l'entrée de Heart (jeu de mot avec Heart et les liens de ce centre avec l'école d'art de Genève); il est responsable de l'école depuis 2008. Jordi Vidal, directeur de la culture à la mairie de Perpignan, gère le Centre d'Art Contemporain.

 

 

Les deux établissements sont très liés car les activités de second cycle s'appuient sur le CAC; de même, en première année, l'option "arts" se déroule au CAC et le design à Heart. "Nous organisons aussi des conférences, développes par les événements du centre contemporain : projections, contact avec "Imago", publication de Guy-Claude Mari, dont l'association est partenaire. Tous les mois, Mari organise une projection pour les étudiants, sur l'essai au cinéma et sur les documentaires."

 

Les professeurs  travaillent, de mai à mai, avec les étudiants de 3ème et 4ème années. Viennent ainsi à Perpignan le Canadien Stefan Wright, de l'école de l'image; le Suisse Ance , qui a écrit sur Guy Debord et sur Walter Benjamin et le Romantisme; le philosophe Bruce Begout, originaire de Bordeaux...

 

 

Les moyens financiers de l'école proviennent de l'EPCC, qui est autonome, mais le financement se fait par la ville de Perpignan et par la Drac : des professeurs sont payés par la municipalité, par le ministère de la culture et d'autres par l'EPCC : "L'Etat -la DRAC- se désengage; la part de la mairie est à présent de 80% du financement de l'école !

 

Depuis 2010, l'établissement est autorisé à recruter; cette année, la première année compte quatre-vingt élèves. A partir de la réforme de 2008/009, il est possible de mettre les écoles en réseau.  "Nous avons des difficultés financières", explique S. Fauchier. "Nous avons 14 enseignants alors que Nîmes, ville équivalente, en dispose de trente, avec un budget double. En tant que directeur, je m'occupe de tout : de l'organisation de la pédagogie, des profs; le but est de rendre une crédibilité aux enseignants de notre époque ! La partie administrative est assurée par Isabelle Dulac, venue de la direction de la Drac; elle assure un tiers de son emploi du temps à Perpignan. 

 

 

Le projet de l'école : la transmission et le document. 

 

La transmission. Chaque semaine, il y a un projet autour d'un sujet, d'une technique : dessin, son, photo, vidéo, infographie...avec des réalisations. La proposition est d'origine individuelle ou collective.

 

Le diplôme est décerné à partir de la troisième année : il s'agit de réaliser un mémoire, non universitaire, autour de la recherche personnelle. Ensuite, s'imposent des stages, l'obligation de faire des cours dans les écoles ainsi que la réalisation d'un mémoire sur un an et demi; c'est un texte écrit accompagné d'un DVD et de réalisations plastiques. "On établit des passerelles entre la pratique personnelle et les choix théoriques des élèves.", explique S. Fauchier. Cinq crédits de mémoire sont à obtenir pour la réalisation de ce mémoire...

 

 

L'école s'adressait d'abord, les années précédentes, aux écoles primaires et maternelles en accueillant des classes entières Aujourd'hui, cette action est en sommeil, en raison de l'étroitesse des locaux. Cependant deux professeurs vont encore directement dans les écoles en intervenant pendant un à trios jours. L'enseignant qui intervient parle de ses projets avec les étudiants qui participent à l'expérience pédagogique.

 

Pour 2015, sera lancé  le projet d'inviter des artistes durant un trimestre. 

 

La seconde partie de l'école concerne la documentation. Il s'agit de documents au sens le plus large possible : montrer comment il s'introduit dans les pratiques esthétiques. C'est M. Bader, spécialiste de la photo documentaire, assure les cours de 4ème et 5ème année; il vient deux fois par mois à Perpignan. Il est commissaire de l'actuelle exposition sur "Walter Benjamin, ange de l'Histoire".

 

 A l'époque, il y a quelques années, existait un pont entre "Visa pour l'image" et l'Ecole d'Art : l'histoire et l'analyse de l'image documentaire pouvaient être expliquées...

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 19:37

 

images-copie-6.jpeg ,Banyuls (villa Marguerite..?)

 

 

Le journal du jeune Werner Thalheim témoigne d’un chapitre sombre de l’histoire du 20e siècle qui força un grand nombre de personnes à des exils à l’issue parfois dramatique. Au milieu des années 30, des antifascistes allemands s’installent ainsi, à l’aide des Quakers anglais, dans une ferme abandonnée en Catalogne française. Pédagogues passionnés, ils vont y créer « La Coûme » et accueillir pendant de longues années des jeunes de toutes origines auxquels ils dispensent un enseignement selon des principes avant-gardistes.

Illustrant de façon vivante le tout début de cette aventure, Werner Thalheim donne avec humour et une distance parfois amusée une vision riche et profonde, non seulement de la naissance de ce qui deviendra plus tard une véritable institution, mais aussi de ce pays catalan. En plus de sa valeur de témoignage, ce récit met en lumière une région attachante : le Roussillon. Concis et fort bien écrit, le texte méritait à côté de sa traduction une publication dans sa langue d’origine, l’allemand.

Werner Thalheim (1906 - 1994), imprimeur et communiste ; exclu du Parti, il rejoint les socialistes, puis fuit l’Allemagne dès 1933 pour la France et l’Algérie. En 1940, il sera interné à Dachau d’où il sortira vivant en 1945. à partir de 1949, il monte la section artistique de l’organisme syndical de la RDA, le FDGB (Freier Deutscher Gewerkschaftsbund) et dirige ensuite plusieurs institutions artistiques de la ville de Berlin Est.

Docteur en littérature allemande de l’université de Hamburg et professeur agrégée d’allemand, Madeleine Claus vit depuis les années 80 en Roussillon. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages en Allemagne.

Née en 1947, Barbara Thalheim fit ses études au Conservatoire de musique ‘Hanns Eisler’ de Berlin et devint dans les années 1970 auteur-compositeur de chansons. En 1995, elle entame une tournée d’adieu, et en 1999 elle revient sur scène. Elle a enregistré de nombreux disques et publié Mugg en 2000 et Tout est vie avant la mort en 2011.

Traduction de l’allemand : Annick Carlier Photographie de couverture : Werner Thalheim

en 1938 à Paris © Studio Stern, Barbara Thalheim ISBN : 978-2-343-03403-4

13.50 €

Werner Thalheim

Une commUnaUté d’antifascistes allemands dans les Pyrénées orientales 1934-1937

la coûme-mosset

Présentation de Madeleine Claus Postface de Barbara Thalheim édition bilingue Français-Allemand

Allemagne

d’hier
et d’aujourd’hui

 

Vincent Azéma

Vincent Azéma, le maire de Banyuls, va aider les réfugiés à échapper vers l'Espagne, indiquant les passages clandestins assurés.
C'est ainsi que Walter Benjamin, Hans et Lisa Fittko, Henny Gurland et son fils Joseph, arriveront à bon port le 24 septembre 1940.

Les lieux de sauvetage des Pyrénées-Orientales

Collège des Frères maristes 66600 Espira-de-l'Agly 
Couvent des Dominicaines 66000 Perpignan 
Maternité d'Elne 66200 Elne 
Sanatorium des Escaldes 66760 Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes 
Villa de Roselande 66760 Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes 
Villa Saint-Christophe 66140 Canet-en-Roussillon 

 

 

 

***  La maternité d'Elne, près de Perpignan / France Inter

Au cœur des Pyrénées-Orientales, dans la petite ville de Elne près de Perpignan, il existe un château appelé "Château d'en Bardou" dont on a récemment découvert qu'il avait servi en 1939 et 1944 de maternité pour des républicaines espagnoles.

FRANCEINTER.FR

 

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 06:54

images Chaque été, il faudrait publier ce texte sur la Monomania...

 

 

 

Ils ont publié un nouveau beau livre à 4 mains et à provocations, une "Toromanie" passionnée chez Trabucaires  éditeur! Ils sont inspirés, les 2 Claude, le fictionnaire de Vingrau et le plasticien de Perpignan, mais aussi décevants avec leur éloge anachronique, nique et véronique, de la corrida, course tauromachique à pied ou à dada ! 

 

         A l’heure nouvelle où les Catalans de Barcelone ferment leurs belles arènes roses à l’entrée des machos à petites fesses et des taureaux, à gros…sabots, pour les adapter à des spectacles plus culturels ! Car la corrida, de mieux disant, n’a que le cultuel, grand messe des jeux du cirque colyséen, grande bouffe minotaurienne, dissimulées sous les prétextes mythiques de l’éternelle lutte de l’homme contre le soleil, contre le destin, contre la mort…

 

Claude Massé, avec ses collages et découpages colorés et farcesques à partir d’étiquettes de Banyuls et autres alcools catalans, dialogue avec Claude Delmas et ses mots  tendres, trop tendres pour parler de boucherie en plein air et en public ! Se prennent pour Hemingway et Leiris ? (J’avais déjà abordé le thème et usé des deux écrivains dans mon livre de textes brefs CatalognARTS, en 2006). 

 

Le livre se clôt en rappelant que l’auteur de l’Age d’homme et de La littérature considérée comme une tauromachie éprouvait un plaisir physique plus intense en assistant à une corrida qu’en écrivant. Leiris dit même que la jouissance est plus forte lors d’un tel spectacle que pendant une danse sexuelle avec un partenaire ; on a compris cette psychologie de 2 sous : la corne de la bête, c’est l’érection de l’homme, du mâle…Et la femme, dans tout ça ? Une belle exception, le chorégraphies élégantes de Marie Sara la Nîmoise…

 

On avait déjà Georges Bataille et la « petite mort » de l’orgasme. Le spectateur jouit - et la belle étrangère aussi, vache que rit ! - tandis que le torero joue sa vie et que le toro–animal au sang chaud- souffre sous les piques, banderilles et quolibets. Mais il est inutile de pérorere durant des longueurs d’internet sur ce sujet polémique, nique, nique, à souhait : la corrida trouve des racines antiques, mythiques, c’est évident, et des traditions littéraires ou artistiques universelles (la bêtise l’est aussi, mondiale) *

 

Un des meilleurs défenseurs actuels de la corrida est F. Wolff ; son livre Philosophie de la corrida, 2006, est stimulant, même pour un anti-corrida ; par exemple, quand notre filousophe écrit, page 120 : « La mort ne peut rien contre la vie. », ou page 159 : « Toréer, c’est tromper la mort sans lui mentir…C’est une éthique de l’être, de l’ascèse…du stoïcisme… » Cependant, Wolff sait même nous décevoir quand il affirme, page 40 : « Interdire ce serait l’extinction d’une race d’animaux d’exception. » C’est bête –meuh !- et c’est comme si le militariste osait prétendre : « Il faut toujours des guerres, si nous ne voulons pas que nos usines d’armement et, partant (en fait, il ne sait pas parler aussi bien, mais je l’aide à articuler !) nos économies ne périclitent. »

 

 * Claude Vialat, un enfant du jeu camargais et un passionné de corrida expose durant la Feria de Pentecôte dans les arènes de Nîmes : 60 toiles dans les vomitoires et déambulatoires, couronne du monument décorté de mâts et d’immenses oriflammes peintes ; en outre 2 œuvres monumentales, art de rue, peinture de plein air, face au carré d’art, et ses objets tauromachiques au musée taurin…L’artiste de support/surface revient au figuratif et à l’art engagé : défense de l’indéfendable tuerie autorisée par l’Etat et encouragée par la machinerie touristique…Rappelons-nous l’antique raffarinade : travailler le lundi de Pentecôte, de quoi tuer l’économie nîmoise…

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 23:29

293180_270565899715506_1333678672_n.jpg  

"Je suis très heureux d'avoir cette chance. Cela fait très longtemps que je travaille sur la migration et c'est un aboutissement pour moi", a déclaré à l'AFP Benjamin Stora. "La Cité de l'immigration est un bel outil qu'il faut inscrire dans le présent. Les leçons du passé s'inscrivent dans le présent. Il est important que la France regarde en face son passé, qui est aussi celui des migrations et qui façonnent la France d'aujourd'hui. L'une de mes priorités sera de travailler avec l'Education nationale, avec les lycéens et les collégiens, pour discuter de ce qu'est la France", a-t-il précisé.

 

 

Benjamin Stora succède à J. Toubon; il esr nommé président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration; il a la "responsabilité de donner un nouvel élan à cette belle et importante institution." a déclaré Manuel Valls. Le premier ministre, qui connaît B. Stora depuis leurs études communes de droit à Paris, a pesé dans la décision, comme une autre personnalité d'origine catalane, Mercedes Erra, présidente du conseil d'administration de la cité de l'immigration...


Agé de 63 ans, B. Stora est né à Constantine et a grandi dans une famille modeste de la communauré juive d'Afrique du Nord, sous la colonisation française.. Avec sa famille, il part en exil et débarque en France en 1962. 


Il voudrait, après avoir écrit de nombreux livres sur l'Algérie, le Maghreb, l'immigration (l'histoire de l'immigration maghrébine, en particulier) réconcilier la mémoire des nostalgiques de l'Algérie française avec celle des enfants de l'immigration... Approfondir le travail de mémoire pour arrêter enfin la guerre des mémoires...

 

Grande et noble tâche, mais ô combien difficile !

 

Nous avions eu le bonheur d'écouter et de rencontrer B. Stora lors du salon du livre de Collioure, en août 2013.

Nous espérons le revoir bientôt à Perpignan, pour un débat avec le maire de cette ville, afin de lancer ce projet de réconciliation de deux communautés qui semblent irréconciliables. Sortir des vieilles idéologies, oublier les haines et les rancoeurs : le dialogue est-il possible..? 


On dit que seules les montagnes ne se rencontrent pas...

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 10:27

images-copie-4.jpeg    A l'heure des tueries en Palestine et de l'essor des racismes en France et en Europe, faut-il encore plus désespérer Billancourt..?


Qui est raciste ? Pas seulement les "Blancs"...Qui est antisémite ? Pas simplement l'extrême-droite ! 

 

En effet, je viens de reprendre "Les aventures de la liberté" de B.H. Lévy. Je sais : il est de bon ton de critiquer l'ancien "nouveau philosophe" : vie "bling-bling", fortune, médiatisation, ego...Mais sa culture et son écriture ne laissent pas indifférents; BHL est un intellectuel qui n'a pas peur de dire ce qui fâche…

 

Ainsi, dans le chapitre "Jusqu'à Jaurès lui-même…" (livre de poche n° 9599, page 49…), il cite un texte de Jaurès de 1895 : "Sous la forme un peu étroite de l'antisémitisme se propageait en Algérie un véritable esprit révolutionnaire…", et "Pourquoi n'y a-t-il pas en Algérie un mouvement antijuif sérieux, tant que les Juifs appliqueraient, surtout au peule arabe, leurs procédés d'extorsion et d'appropriation..?" Puis, au moment de l'affaire Dreyfus, Jaurès ne prendra pas partie pour l'officier juif; il ne changera d'avis que plus tard, pour la révision…

 

De la part du leader socialiste, on tremble…Citer ces phrases de Jaurès, n'est-ce pas donner des armes (des arguments) à l'extrême-droite, dont le projet est de déconstruire la pensée de gauche et de montrer que le parti proche des travailleurs et des oubliés de l'Histoire, c'est e FN..?

 

BHL montre l'antisémitisme des intellos de gauche en citant Marx "identifiant le judaïsme au capital et à l'usure", et les utopistes socialistes,tel Proudhon ou Toussel, disciple de Fourier : "la haine du Juif doit être un article de notre foi politique…Le Juif est l'ennemi du genre humain; il faut renvoyer cette race en Asie ou l'exterminer…" (Proudhon).

 

L'antisémitisme provient surtout du péché originel : ils ont tué le Christ…Par la suite, avec les philosophes des Lumières (Voltaire, L'Encyclopédie), "on a inversé le dispositif; si les Juifs sont condamnables, c'est qu'ils ont, non pas tué mais inventé le Christ…"

BHL finit son texte de 1991, et d'actualité en cet été 2014, en démontant les mythes du martyr palestinien ("remplaçant les petits Français écrasés par la finance juive") et celui d'Israël bourreau… "Un antisémitisme demain ? Un antisémitisme sérieux, susceptible de mobiliser de grandes masses d'hommes ? Il sera antisioniste -ou il ne sera pas."

 

Je me demande si tout le monde perçoit la différence entre le peuple juif et le fanatisme sioniste…

 

J.P.Bonnel

 

à suivre : Alain Badiou et le "racisme des intellectuels"

 

 

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 11:24

images-copie-3.jpeg   L'été dénude les corps et fait apparaître une intimité, qui, parfois, nous choque, ou nous étonne... 

 

Il en est ainsi du tatouage, phénomène à la mode, mais qui est vieux comme la nuit des temps... Ainsi, le concile de Nicée, au 8° siècle, interdit l'usage du tatouage; depuis, le christianisme est en déclin et les esprits et les corps se libèrent. 

 

    En effet, il revient en force, le signe tégumentaire, comme nous l'apprend le récent numéro de la revue "philosophie magazine" (été 2014, n081, 5,50 euros) "le goût de l'irréversible")

 

Moi qui n'aime porter ni bague ni montre, ni pancarte ni drapeau, qui n'apprécie aucun signe ostentatoire, je n'aime pas le tatouage, mais je reconnais qu'il peut être un signe de révolte, il peut porter un slogan ou un dessin exprimant une idéologie. Comme l'étoile jaune (pour les prostituées, les juifs…), le tatouage a été une façon de marquer les esclaves, les marginaux, les mercenaires; ce signe stigmatisait, comme dans les sociétés tribales, il symbolisait l'appartenance, l'allégeance à un chef… Et ne parlons pas des inscriptions tatouées dans la peau des déportés : des juifs refusent le tatouage en raison du passé concentrationnaire de leurs grands-parents...

 

De nos jours, le tatouage est libération, parole d'ostentation : il veut dire quelque chose, il marque sa différence, son autonomie, du moins je l'espère : s'il n'est que réflexe moutonnier, qu'une vogue, il ne sera qu'une vague, éphémère, comme toutes…

 

J'aime donc le tatouage s'il est autobiographie, signe de singularité, hommage aux êtres aimés, dialogue avec les morts, peinture et poésie du corps…

 

J.P.Bonnel

 

pire-tatouage-4.jpg  A voir l'exposition "Tatoueurs, tatoués", musée du Quai-Branly, Paris, 7ème, jusqu'au 18 octobre 2015)

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 13:22

domi-B.JPG   (C) Dominque Baillieux, juillet 2014  -   (* ) à propos du viol de LOLA.

 

Faits divers - Un musée de la catastrophe ou La prose du monde

 

 

"Belle idée : un musée de la catastrophe…"André Breton (Martinique, charmeuse de serpents, page 27 - J.J.Pauvert éditeur, Paris, 1972)

 

-Textes, articles, poèmes, notes, mes chiens écrasés…Quel lecteur y reconnaîtra les siens ?

 

-Faits divers, la vie qui passe. L'écume des jours. Petits bonheurs et grands malheurs, sans cesse recommencés…

 

-Quand le fait divers fascine, les journaux sont fascisants !

 

-Drôles d'événements à la queue leue leue : promenade de voyeur dans la vie mosaïque…

 

-La rubrique des chiens et chats écrasés, voilà la narration de la vie. C'est la vie, bien sûr, qui change la narration, qui moule l'écriture, qui mute les idées, qui fait le style.

Narrer, c'est constater la vie. On n'invente pas. On n'est pas inspiré. On s'inspire : on respire les effluves de vie. On se nourrit des eaux, de la sueur, du sang des autres. Est-ce là la littérature..?

 

-La narration, si elle tente de changer la vie, agit comme un divertissement : oublier la mort ! Misère de la narration…

 

-Le journal, écrit, imagé, en raison des faits divers et de la linéarité somptueuse des images, n'est pas information, mais fiction, spectacle : délectation, souvent sordide, pour les yeux. Là, le mesquin est montré à la loupe; ici, les petites relations ne se distinguent plus de l'Histoire. Grâce à leur fluide, les médias arrivent à nous donner du plaisir face au tragique et au macabre…

 

-La brutalité ne fait que brute alitée…

 

-Ils tentaient de voler des bouteilles de gaz : pris en flagrant délire…

 

-Mon fait divers à moi : mon cinémoi…

 

-Le fait divers, c'est le haut fait du minable. L'épopée du vulgaire. Il confère au pauvre type une éphémère célébrité : Erostrate d'un jour, de quelques lignes dans le quotidien…

 

-Petits riens, notules, faits insignifiants : ce n'est rien, que la vie !

 

-Le poète a constaté que le blé a poussé. "Tout ça, c'est de la chaleur !", lui répond l'agriculteur.

 

-Ecrire "Eggsercices de style", c'est comme l'oeuf de Christophe : fallait y penser…

 

-Jouissance intellectuelle née à la lecture des preuves de Dieu, chez Descartes. Impression de cynisme (fin, d'esprit malin ?) dans le pari pascalien…

 

-Avant, j'écrivais des lieux communs dans un style obscur et ampoulé. Ecriture sophistiquée de ceux qui veulent épater, qui ne savent pas épurer ! A présent, j'écris des trivialités dans le style le plus simple, le plus accessible. Ai-je trouvé la recette de l'écriture populaire..? La bonne conscience de l'écrivain démocrate..? Ou le labeur du journaux inventant des faits divers..?

 

J.P.Bonnel

 

- - -

(*) Point de vue publié sur le site "Ouillade" :

P-O/ Affaire Lola : « Les médias doivent présenter des excuses aux Perpignanais et à leur maire ! »

par ADMIN le juil 17, 2014 21 h 14 min

Pas de commentaire

Lola, 25 ans, a donc menti. Elle a avoué ce midi qu’elle « n’a jamais été violée »…

Elle n’a jamais été violée ce fameux mercredi 25 juin 2014, à 18h 30, sur le boulevard Kennedy à Perpignan. C’était pure invention. Les deux violeurs désignés – des Maghrébins, disait-elle – n’ont jamais existé. « L’un portait un pantalon de jogging rouge, les cheveux rasés sur le côté ; l’autre vêtu d’un pantalon blanc, les cheveux très courts et crépus », c’était dans ses rêves. La dizaine de personnes qui sont passées ce jour-là,  à proximité de l’endroit où Lola a été agressée sexuellement, et auxquelles elle avait lancé un appel afin qu’elles témoignent devant les enquêteurs, du pipeau. Tout est faux. Dans les moindres détails. Une affabulation, un récit imaginaire en bloc mais savamment orchestré, minutieusement manucuré, puisque n’y ont vu que du feu : le médecin qui l’a examiné dans les heures qui ont suivi le crime, les transporteurs de l’ADN, les réseaux sociaux qui comme d’habitude se sont lamentablement enflammés, les associations qui y ont cru… sans oublier les médias, et en particulier le journal L’Indépendant et la radio France Bleu Roussillon qui ont suivi « l’affaire » en en faisant quotidiennement leurs choux gras, « un peu trop en tout cas » selon les Internautes.

Elle disait donc Qu’elle avait été violée en plein jour… Elle témoignait à visage découvert… Son compagnon avait même créé un compte Facebook pour Que justice soit faite pour Lola… Une pétition circulait en ligne… Une marche blanche avait été organisée (et là où tout le monde avait comptabilisé 300 à 400 personnes grand maximum, L’Indépendant en avait rajouté une centaine à la louche pour compter 500 participants)…

Tous les ingrédients étaient réunis pour réaliser le feuilleton de l’été… Et les médias locaux sont tombés à pieds joints dans la gueule de la louve, sans prendre les moindres précautions déontologiques de la profession de journaliste d’usage, simplement pour vérifier l’information.

Car lorsqu’on prend le temps de s’arrêter, de se poser sereinement, pour regarder dans le rétroviseur, on voit bien qu’il y a des éléments qui clochaient, qui ne tournaient pas rond. Il suffisait, par exemple, de se rendre sur les lieux de « l’agression » pour comprendre que Lola ne disait pas vrai, ou en tout cas qu’elle cachait une partie de la vérité : « sa » vérité.

Aujourd’hui, elle avoue qu’elle a menti. Ses aveux sont terribles.

Lola a craqué ce jeudi 17 juillet 2014, à la mi-journée, au terme de vingt-quatre heures de garde à vue dans les locaux de la Police Judiciaire (PJ) à Perpignan.

Mais que de dégâts pour rien ! Des dégâts inestimables. Le mal est fait, tellement « l’affaire » a été médiatisée… Pour tenir en haleine des lecteurs, des auditeurs ? On peut s’interroger et le soupçonner. Les premiers jours des vacances, Perpignan faisait la Une du Petit-Ecran pour une « sordide affaire », pour un « crime affreux », qui venait de se dérouler en plein jour, en pleine rue ! L’H.O.R.R.E.U.R.

Les télés sont descendues à Perpignan des quatre coins de l’Hexagone (c’est une image) pour filmer les lieux et la « victime »… et ainsi l’affaire a tourné en boucle des journées entières, sur les chaînes qui diffusent l’info en boucle. Sur Google, lorsque on tape « Lola victime d’un viol à Perpignan », pas moins de dix pages s’affichent, recensant des kilomètres d’articles de presse parus dans les quotidiens, les hebdos, diffusés également sur les antennes de radio, depuis Québec jusqu’à Tahiti, en passant par Bruxelles, Genève et bien sûr la capitale, Paris.

Les blogs n’ont pas été en reste. Certains du FN, par exemple, qui ont colporté les articles de L’Indépendant traitant du sujet un peu partout en France avec des commentaires peu reluisants sur Perpignan et des amalgames insupportables.

Bizarrement, très étonnamment même !, seul, ou presque, le blog people de Jean-Marc Morandini (Dont on ne peut pas dire qu’il fasse vraiment du journalisme…), avait pris les précautions d’usage, en prenant certaines distances avec le poids des mots pour annoncer ce « crime » : « Une jeune femme affirme avoir été violée en pleine rue à Perpignan (…) ». Tandis que les médias faisaient leurs gros titre avec « Une jeune femme a été violée en plein jour et en pleine rue à Perpignan ».

La presse locale, on l’a déjà dit, s’est emballée honteusement, par le petit bout de la lorgnette. De quoi faire « avec » une soirée à thème, puis la programmer dans le cadre de Visa, le festival international du photojournalisme. Pour en tirer une leçon !

Car l’emballement « no limit » de cette presse locale dans cette « affaire » a eu des répercussions immenses sur le Net dans les commentaires des uns et des autres, parmi lesquels on a pu lire notamment : « J’ai mal pour Perpignan des viols des meurtres et une prison pleine à craquer » (Chris’tian Ag’ret).

Comme le soulignait un Internaute dès 16h sur la toile : « L’Indépendant doit maintenant présenter des excuses à ses lecteurs, aux Perpignanais et à leur maire, pour avoir traité l’information par-dessous la jambe, en tout cas sans vérifier toutes ses sources comme le lui imposait pourtant l’ampleur du sinistre. Ainsi, le journal en ressortirait grandi pour avoir reconnu ses erreurs ; sa légèreté en tout cas dans la manière de traiter l’information ».

Un autre Internaute demande à tous les médias catalans « d’Offrir une à deux pages de publicité gratuites dans leurs colonnes ou sur leurs antennes, pour les commerçants du centre-ville, et ce afin d’assurer une promotion festive et estivale de Perpignan qui en a bien besoin aux lendemains de ce faux-fait-divers qui a sérieusement entaché l’image de la ville ». Pas bête comme idée !

Encore un autre : « Moi, si j’étais maire de Perpignan, je porterais plainte contre Lola, je me porterais partie civile. Elle a quand même sali la ville avec ses conneries ! Il parait qu’il y a même des gens qui ont versé des dons pour l’aider ?… Y’a vraiment de quoi avoir la Haine ».

Charles C.

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 13:26

10475708_489160647882585_2500516778713762719_n.jpg   La presse du coeur

 

a toujours son public. La presse people, celle à scandales, à exhibitionnisme aussi...

 

Il est regrettable que la presse quotidienne ait recours au fait divers (titre et photo en couverture) pour trouver un lectorat. 

L'affaire Lola, cette jeune femme qui a inventé son viol, à Perpignan, a montré comment la presse locale a pu exploiter une info non fondée, un événement pour voyeur sans fondement, les journalistes ne faisant pas leur travail d'investigation, en  allant sur le terrain ou en attendant les résultats de l'enquête...

 

Mais il faut aller vite, plus vite que les concurrents, les réseaux sociaux qui régissent immédiatement, mais comme des moutons, sans se poser des questions sur la véracité de l'info !!!

 

Ici, dans "leblogabonnel", on n'a rien dit de l'histoire de la pauvre Lola : on ne peut donc nous accuser de nous être engouffrés dans le tunnel trouble des affaires à caractère sexuel…mais on est tous tentés un jour ou l'autre à exploiter le sensationnel… Attention donc...

 

 

La presse écrite, en crise, concurrencée par internet, utilise le fait divers comme thème porteur pour "booster" les ventes. On prend comprendre que L'Indépendant, vendu et revendu depuis des années (du Monde à Sud-Ouest et à La Dépêche), après les erreurs et dépenses dues à l'imprimerie installée à Rivesaltes, puis déménagée près de Montpellier, veuille préserver les salaires et les emplois…

 

Plus grave, pour la presse, est l'actuelle atteinte au secret des sources; ainsi, les infos obtenus par les journalistes du Monde, à propos des affaires de corruption, autour de Sarkozy, ennuient les politiques. Dans cette perspective, le procureur de Paris François Molins (ce Catalan qui passe ses vacances dans un village près de Perpignan), vient d'ouvrir une information judiciaire pour "violation du secret de l'instruction et du secret professionnel"…

 

Les sources des journalistes doivent être préservées, ainsi que la liberté et l'indépendance de la presse !!

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