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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 10:55

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© Photo Pablo Saludes Rodil

L'indépendance catalane vue par la presse russe :

La Catalogne demande le divorce

 

Le roi Juan Carlos d'Espagne a appelé ses concitoyens à "continuer de construire ensemble un pays uni". Mais les Catalans n'ont pas entendu cet appel: pour la première fois la télévision régionale n’a pas diffusé en direct l'allocution du monarque, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

En revanche elle a largement cité les rappels du chef de l'exécutif catalan Artur Mas selon qui l'année 2014 sera fatidique: le 9 novembre devrait se tenir le référendum sur l'indépendance de la région catalane. Les séparatistes devront avant tout persuader les autorités centrales, qui affirment que ce référendum est anticonstitutionnel.

Le monarque a commencé son allocution par un thème qui préoccupe la majorité des Espagnols : la crise économique. "La crise économique a découragé beaucoup d'Espagnols. L'absence de solutions efficaces et les infractions aux normes d'éthique et de morale par les politiciens et dirigeants ont sapé l'image de la politique et la foi en nos institutions publiques", a reconnu Juan Carlos, soulignant qu'il était indispensable de conserver l'unité du pays dans ces conditions.

En 11 minutes et demie d’intervention, Juan Carlos n'a pas mentionné la Catalogne. Mais il est évident que dans son appel à l'unité il faisait allusion à cette région autonome espagnole qui pourrait devenir un Etat indépendant dans moins d'un an. Les autorités régionales ont fixé au 9 novembre prochain un référendum sur l'indépendance, ce à quoi les autorités centrales ont répondu qu’elles empêcheraient sa tenue.

 

Pratiquement toute l'Espagne a suivi le discours de Noël du roi en direct à la télévision, sauf les principaux destinataires du message : les Catalans et Basques - tout aussi enclins au séparatisme. C'est la première fois que les principales chaînes régionales – TV3 et ETB – renoncent à diffuser l'allocution du roi en direct. Au contraire, TV3 a montré les images du chef du gouvernement régional Artur Mas, fervent partisan de l'indépendance de la Catalogne, qui appelait ses compatriotes à parvenir à l'indépendance de leur patrie "pacifiquement et démocratiquement".

Ce ne sera pas facile. "Nous rejetterons l'initiative des nationalistes catalans. Seule la constitution de l'URSS prévoyait le droit de sortir librement de l'Union et nous savons comment tout s'est terminé. La constitution espagnole ne prévoit rien de tel", a déclaré une source diplomatique de Madrid. Plus tôt, le premier ministre Mariano Rajoy se disait prêt à examiner une éventuelle modification des relations avec la Catalogne, par exemple en changeant le régime fiscal, mais il considère ledit référendum comme anticonstitutionnel.

 

D'après les sondages de décembre du GESOP à la demande du quotidien El Periodico, 44% des Catalans soutiennent la séparation de Madrid et 36% s'y opposent. "Mais ce rapport pourrait changer dans les années à venir. Et que devra-t-on faire ensuite – un autre référendum pour faire revenir la Catalogne au sein de l'Espagne ?", s'interroge la source. Elle est persuadée que le soutien des séparatistes diminuera au fur et à mesure que l'Espagne sortira de la crise économique.

 

Les nationalistes catalans ont l'intention de faire changer la position des autorités centrales avec l'aide de leurs alliés sur l'arène internationale. Pour commencer Artus Mas et ses collaborateurs devront convaincre les dirigeants de l'UE et des USA de la légitimité de leurs exigences. A cet effet, il a été décidé d'ouvrir à Washington une nouvelle représentation permanente de la Catalogne en plus de celle de New York. De plus, le lancement de la campagne internationale sous le slogan "Laissez-nous voter" est prévu à Barcelone en janvier.

 

MOSCOU, 26 décembre - RIA Novosti

 

Sur le même sujet

 

**Catalogne, par Jean Iglésis :

Download.html.jpg

 

Mon pays

 

Mon pays est une jeune fille au coeur lourd

Que le massif crayeux des Corbières protège

Des assauts d'un vent fou dont le rire rend sourd,

Démon né de quelque terrible sortilège.

 

Mon pays est une jeune fille aux yeux doux

Dans lesquels le sculpteur, le peintre ou le poète

Voient la source couler au pied du Canigou

Et Collioure aux quartiers éclairés par la fête.

 

Mon pays est une jeune fille aux pieds nus

Qui marche dans les champs en dépit des blessures

Que l'existence inflige à ses membres menus,

Si pauvre qu'elle ne peut porter de chaussures.

 

Mon pays est une jeune fille aux cheveux

Que la marinade amoureusement caresse

Et que le vent d'Espagne au long souffle nerveux

Fait frémir sous d'étranges bouffées de tendresse.

 

Mon pays est une jeune fille aux chansons

Qui viennent apporter à l'oreille autochtone

Ces cris d'espoir, montant de tous les horizons,

Qui naissent au printemps et meurent en automne.

 

Mon pays est une jeune fille qui dort ;

La nature, en avril, lui fait une litière

De mimosas, de genêts et de boutons d'or

Et pose un long baiser sur tout son corps de pierre.

 

Bonne et heureuse année 2014...           

 

Jean Iglesis

 

 

***Catalogne, 11 septembre 2013 : l'histoire est en marche ...

La Catalogne est fière de ses géants, ces immenses statues qui déambulent dans les rues, les jours de fête.

Le 11 septembre 2013  les verra  participer à cette manifestation de solidarité civique qu’est la Via catalana, parce que là-bas, culture et identité sont indissociables de la vie sociale et politique du pays.

La Catalogne est un géant que l’Espagne  rabote consciencieusement et méticuleusement  depuis des décennies.

Pour s’en convaincre, il suffit de donner la parole aux entrepreneurs, aux créateurs de richesses et d’emplois. Le Cercle Catalan du Commerce (CNN) s’est créé il y  a une dizaine d’années, suite à un amer constat : le monde de l’entreprise perd de son influence sur le marché européen, parce que l’Espagne ne soutient pas la Catalogne, qui se trouve ainsi soumise à une concurrence déloyale de la part de Madrid.

Et pourtant … la Catalogne reste l’un des pays les plus compétitifs du monde industrialisé, comme le montre son important niveau d’exportation. Quel sommet pourrait-elle atteindre, avec un Etat qui aurait à cœur de préserver ses intérêts, avec un Etat qui adopterait une stratégie visant clairement la création de richesses ?

Le CNN a pour principal objectif de démontrer que la Catalogne pourrait être un Etat indépendant, capable de garantir la prospérité de ses citoyens, si elle n’était pas sous le coup d’une spoliation fiscale indécente de la part du gouvernement central.

En effet, les impôts récoltés en Catalogne et envoyés à Madrid ne voient qu’une partie insuffisante revenir au pays catalan, ce qui le conduit à pâtir d’une balance négative, et donc d’un déficit fiscal persistant, qui de surcroît s’aggrave chaque année.

Camembert2-300x225.jpgLa Catalogne ne perçoit pas suffisamment d’argent de l’Etat espagnol pour faire face à ses propres dépenses, ce qui la conduit à demander des emprunts à Madrid, ce qui la contraint à payer des intérêts … et le cercle infernal de se mettre en place.

Chaque jour, près de 40 millions d’euros partent de Barcelone à Madrid. Entre 1986 et 2006, la Catalogne, qui représente 16 % de la population nationale, génératrice de 20 % de la richesse ibérique, paie 24 % des impôts totaux. L’écart, lorsqu’il se chiffre en milliards, est d’importance, et les conséquences le sont d’autant plus.

Paralysie des investissements dans le port de Barcelone (473 millions), coupes dans le budget de la Santé (921 millions), de l’Education (144 millions), coupes salariales pour les fonctionnaires (320 millions), etc.. La Catalogne applique des mesures d’économie sur le plan des infrastructures, routières, policières, éducatives, sanitaires ou sociales, ce qui très logiquement affecte le niveau de vie de ses citoyens et freine la compétitivité de ses entreprises.

La Catalogne est un géant que Madrid veut voir à genoux.

Camembert1-300x225.jpgElle, qui ne représente donc que 16 % de la population espagnole, se voit dans l’obligation de participer à hauteur de 74 % au fonds de réserve pour la Sécurité sociale. De 2004 à 2007, 17 millions ont été versés à l’Etat, selon une répartition qui démontre à quel point l’injustice est flagrante : 13 millions à charge de la Catalogne, 4 millions à charge du reste de l’Espagne [les chiffres sont en milliers de millions d'euros !].


Entre 1985 et 2005, 600 km d’autoroute ont été construits dans la région de Madrid. Mais seulement 20 en Catalogne. Et elles sont autrement plus chères que dans le reste du pays : le trajet Barcelone-Madrid vous coûtera 20 euros du km, pour seulement 14,3 euros sur le trajet Séville-Madrid. Comment ne pas comprendre les entreprises de transport qui se délocalisent vers la capitale …

 

La Catalogne est donc la communauté autonome qui paie le plus d’impôts à l’Espagne, et qui perçoit le moins en retour. Pourtant, certaines régions de l’Espagne, confrontées au même souci, ont pu bénéficier d’un accord fiscal plus favorable de la part de Madrid. Qui jusqu’ici se refuse à accorder les mêmes privilèges à la Catalogne, pourtant lourdement endettée.

Selon le CNN, cet endettement serait purgé en moins de deux ans si la Catalogne devenait indépendante.

 

Non seulement la mère étouffe la fille pour mieux la contrôler, sans comprendre que cette attitude exacerbe les velléités d’indépendance de la région, de cette nation, mais encore elle ne tient pas les promesses qu’elle lui a faites. En effet, Madrid ne réalise que très partiellement les investissements prévus en Catalogne.

En 2009, sur seuls 32 % des investissements promis pour les infrastructures terrestres ont été réalisés. Ce chiffre chute à 8 % pour l’année 2011.

 

Enfin, Madrid discrimine la Catalogne, entravant ainsi consciemment son développement économique, avec comme conséquence immédiate une péjoration du niveau de vie de ses habitants.

Pour l’exemple, 700’000 passagers annuels restent sur le carreau, à l’aéroport de Barcelone, à qui Madrid interdit de mettre en place des vols directs avec Buenos Aires, New York, Tokyo, Los Angeles ou encore Sao Paulo.

Seuls 24 % des vols intercontinentaux avec l’Espagne se font depuis Barcelone, ce qui naturellement génère un important manque à gagner, et donc freine son expansion et les investissements qui l’accompagnent.

Les étudiants catalans, dont la région représente  16 % du territoire national, ne perçoivent que 8 % des bourses.

La Catalogne est également la région qui compte le moins de fonctionnaires pour son administration, le moins de juges pour le fonctionnement de la justice.

Le géant catalan grogne, non parce que l’Espagne va mal, mais parce qu’elle se montre injuste, parce qu’elle est mal gérée, et que la Catalogne paie la facture.

Imaginez une ville de 75’000 habitants, Ciudad Real, que l’Etat central dote d’un aéroport qui coûte la bagatelle de 1’100 millions d’euros, avec une piste longue de 4 km (l’une des plus longues du monde !)  … et que seuls 120 passagers fréquentent chaque jour.

 

 

Et la Catalogne de s’appauvrir … l

Le niveau de vie des Catalans, ces dernières années,  a baissé de 7,5 % par rapport à la moyenne espagnole.

En 2009, le pays compte 18,4 % de pauvres. Aujourd’hui, on parle de malnutrition infantile dans certaines couches de la population.

Entre 2003 et 2006, en matière de compétitivité, la Catalogne recule de six places dans le monde.

Comment ne pas comprendre l’amertume des Catalans … il est trop facile de les accuser de se montrer peu solidaires envers leurs frères.

Entre la solidarité et les impôts confiscatoires, il y a un pas.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=tRQxhkmiXcs&feature=youtu.be

Que le géant catalan franchira le 11 septembre … lorsque les cloches sonneront, lorsque qu’à 17h14 les mains s’uniront, lorsqu’à 17h55 le chant Els Segadors sera chanté simultanément par des centaines de milliers de personnes.

Post Scriptum : voici un document à ne pas manquer si l’on désire approfondir les raisons économiques qui incitent la Catalogne à se séparer de l’Espagne : http://www.ccncat.cat/sites/default/files/REEP-Capitol-1.pdf

 

09 SEPTEMBRE 2013 PAR STEPHANE RIAND

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 10:13

carrefocs.jpg "Carrefocs a Bao" -  (C) jean-pierre bonnel.

 

 

** La situation en Catalogne: des points de vue québécois et français

de Barcelone à Édimbourg 


En Europe, lautomne 2014 sera chaud sur le front des petites nations. Le Parti national écossais au pouvoir à Édimbourg depuis 2007 a convenu avec Londres des conditions de la tenue dun référendum sur lindépendance de lÉcosse, le 18 septembre prochain.

Le gouvernement de David Cameron a accepté que les indépendantistes du premier ministre Alex Salmond coorganisent avec lui un référendum dautodétermination. Il a cependant refusé que la « troisième voie » (une décentralisation poussée, mais sans séparation) soit soumise au choix des électeurs, ce quaurait voulu M. Salmond.

P
our Londres, les Écossais ont le droit de se prononcer sur leur appartenance au Royaume-Uni, mais uniquement sur la question claire et nette : « Dedans, ou dehors ? »

♦♦♦À Barcelone, ça se passe plus mal. Le pouvoir central espagnol a promis de tout faire pour empêcher que se tienne une consultation semblable, pourtant annoncée jeudi dernier par le président catalan Artur Mas pour le 9 novembre prochain.

À
Mas qui rendait publiques la date et les deux questions de son référendum Voulez-vous que la Catalogne soit un État ? Et si oui, doit-il être indépendant ? »), le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a répondu immédiatement : « Ce référendum est inconstitutionnel et il naura jamais lieu. » Entre Madrid et Barcelone, il y a du drame dans lair.

Les responsables du Parti populaire qui dirige lEspagne depuis 2011 idéologiquement comparables aux éléments les plus durs du Parti libéral du Canada de Pierre-Elliott Trudeau face au nationalisme québécois considèrent que les indépendantistes catalans sont dangereux, illégitimes, rétrogrades, et quil convient de leur opposer la détermination la plus farouche.

Seulement, à la différence de Madrid, Ottawa a quand même laissé les indépendantistes organiser deux référendums, avant dintervenir tardivement pour limiter la portée de futures consultations (la fameuse « loi sur la clarté » de 2000, qui compte énormément dadmirateurs parmi les centralisateurs espagnols).

Car le pouvoir actuellement en place à Madrid épaulé par un Tribunal constitutionnel qui a invalidé en juin 2010 des pans entiers de lEstatut catalan dautonomie de 2006 cherche à diminuer le plus possible les prérogatives des régions dEspagne.

La droite espagnole, centralisatrice, ultranationaliste à sa manière, est allergique à lidée même dune nation catalane, avec sa langue, son gouvernement, son dynamisme social et économique propres. Au fond, cette droite, héritière du franquisme (Francisco Franco, dictateur de 1939 à 1975), na jamais digéré la décentralisation votée en 1978 par les partis de centre et de gauche, dans la première Constitution post-dictature.

Cette curieuse décentralisation, non fédérale, qui créait des autonomies régionales non dotées du statut dÉtat, la droite madrilène aimerait bien aujourdhui la « détricoter ». Sauf quau même moment, les Catalans (et les Basques, dans une moindre mesure) voudraient, eux, accéder au statut dÉtat, quil soit indépendant ou fédéré.

Les sondages en Catalogne donnent actuellement entre 40 et 50 % à lindépendance, mais plus de 70 % à lidée dun État. Et encore davantage de Catalans 74 % selon une enquête du quotidien El Periódico de Barcelone publiée hier réclament un référendum. Ce quils ont aussi fait lors de manifestations spectaculaires, en septembre 2012 et septembre 2013.

Autrement dit, le droit à lautodétermination, qui donne tant durticaire à Mariano Rajoy et à ses amis, fait largement consensus en Catalogne.

♦♦♦Le retour spectaculaire, en 2014, des questions nationales en Europe les cas écossais et catalan sont les plus visibles, mais ne sont pas les seuls se produit dans le contexte dune crise de lÉtat-nation, qui tend à perdre simultanément ses prérogatives vers le haut (Bruxelles, lUnion européenne) et vers le bas (les régions, les nations infra-étatiques).

Certains pouvoirs centraux réagissent en se braquant : cest manifestement le cas à Madrid. Dautres, plus stratégiques, donnent du mou, décentralisent, et coopèrent même à lorganisation dun référendum sur la séparation. Cest le cas à Londres face au défi écossais même si cela ne permet nullement de préjuger de la « gentillesse » de lAngleterre au lendemain dun hypothétique « oui » à lindépendance !

Loin dêtre des archaïsmes dans un monde en bouleversement, les craquements en provenance dÉdimbourg et de Barcelone nous font voir un monde qui, entre décentralisation et unification, na pas fini de sajuster. La modernité politique et linterdépendance au XXIe siècle sinventent sous nos yeux.

(C) Le Devo
ir, 6 décembre 2013 | François Brousseau

La démocratie espagnole en jeu (La Pre
sse), 16 décembre 2013
Y
anic Viau

A
ps des mois de négociations difficiles (certains diront de tergiversations), quatre des six partis politiques repsentés au Parlement de Catalogne, totalisant 85 des 115 députés, viennent de s'entendre sur la date et le libellé de la question qui sera soumise aux Catalans à l'occasion d'un référendum sur l'avenir politique de cette région espagnole.

Le 9 novembre 2014, les Catalans seront appelés aux urnes afin de se prononcer sur une double question, à savoir: «Voulez-vous que la Catalogne devienne un État?» et si oui, «Voulez-vous qu'elle soit un État indépendant?». Le président catalan Artus Mas (du parti de centre-droit Convergence et Union, à la tête de la coalition gouvernementale) en a fait l'annonce le 12 décembre dernier.

Une nouvelle étape est donc franchie dans un processus qui découle de la tentative avortée, entre 2005 et 2011, de réformer le statut d'autonomie accordé à la Catalogne en 1979 dans le cadre de la constitution espagnole.

En 2005, un projet de réforme de ce statut d'autonomie visant à accorder davantage de pouvoir à la Catalogne, notamment au plan fiscal (celle-ci ne bénéficie pas de son propre impôt sur le revenu), avait en effet été adopté par le parlement catalan. C'est toutefois une version diluée de ce projet qui a été soumise et approuvée par référendum en juin 2006 par 78% des électeurs. Cela n'a toutefois pas empêché l'invalidation de 14 de ses articles par le Tribunal constitutionnel (la Cour suprême espagnole).

L'importante mobilisation populaire qui a lieu depuis lors - comme la manifestation d'un million de Catalans dans les rues de Barcelone le 10 juillet 2010, ou encore la chaine humaine de 400 km déployée du nord au sud de la Catalogne le 11 septembre 2013 - vise aujourd'hui l'indépendance, devant le constat d'échec de la voie autonomiste.

Toutefois, selon un sondage réalisé en octobre 2013 pour le compte du quotidien barcelonais El Periódico de Catalunya, 40% des Catalans se déclarent favorables à l'indépendance, alors que 40,3% souhaiteraient davantage de pouvoir pour la Catalogne sans rompre les liens avec l'Espagne.

La répartition à égalité entre partisans de l'indépendance et ceux d'une plus grande autonomie politique n'est pas la seule difficulté qui attend les organisateurs du référendum de 2014. Le jour même de l'annonce de la date de celui-ci, le président espagnol Mariano Rajoy (Parti populaire) a annoncé que celui-ci «n'aura pas lieu», puisqu'il est «illégal», étant donné qu'il contrevient à la constitution espagnole qui affirme «l'indissoluble unité de l'Espagne». Un référendum portant sur la question envisagée est donc à ses yeux «hors de toute discussion et négociation».

Avec la tenue consécutive de référendums sur l'indépendance en Écosse (18 septembre 2014) et en Catalogne (possiblement le 9 novembre 2014), l'Europe connaitra-t-elle donc un «automne chaud» en 2014? Le gouvernement de M. Rajoy, fort de l'appui d'une opinion publique espagnole fermement opposée à l'idée d'un référendum en Catalogne, va tout mettre en oeuvre pour empêcher celui-ci d'avoir lieu. Un scénario extrême - mais pas impossible - serait la suspension par Madrid de l'autonomie de la Catalogne, comme le lui permet la Constitution en cas de force majeure, une option sur laquelle le président Rajoy évite pour l'instant de se prononcer.

Force est de constater le caractère encore fort incertain du référendum de novembre 2014. La mobilisation des citoyens catalans au cours de la prochaine année en faveur de ce dernier sera cruciale. Sera-t-elle suffisante? Au-delà des positions favorables et défavorables à l'indépendance de la Catalogne, ce n'est rien de moins que le caractère démocratique de l'État espagnol qui est en jeu.

Y
ANIC VIAU L'auteur est professeur d'histoire au cégep du Vieux-Montréal


**** En Catalogne, compte à rebours vers le référendum d’indépendance (AFP), 13 décembre 2013 

«
Au moins, nous avons une date. Nous devons voter pour savoir ce que veulent vraiment les Catalans», lance Neus Munter, une universitaire de 21 ans, alors que débute le compte à rebours qui doit mener la Catalogne vers un référendum sur son indépendance.

Cette jeune Barcelonaise est sûre de ses convictions, comme une large partie des 7,5 millions dhabitants de cette région du nord-est de lEspagne, qui par centaines de milliers avaient formé, le 11 septembre, une chaîne humaine du nord au sud de la région du nord-est de lEspagne, pour réclamer lindépendance.

«
Je nai aucun doute. Je voterai pour lindépendance», ajoute la jeune femme, dans la foule qui déambule sur le Paseo de Gracia, lune des artères centrales de la capitale catalane où sélèvent certains des immeubles les plus célèbres de larchitecte Antoni Gaudi.

Q
uelques kilomètres plus au nord, à Badalona, une ville de banlieue qui accueille une importante population immigrée et venant dailleurs en Espagne, Trifo Vilamoreno affiche une opinion diamétralement opposée sur le projet de référendum annoncé jeudi par le président de la région, le nationaliste Artur Mas.

«
Cest inconstitutionnel, illégal. Cela ne peut pas se faire», affirme catégoriquement ce volontaire dune ONG âgé de 23 ans.

Après plus dun an de conflit ouvert entre la région et le gouvernement central de Madrid, Artur Mas a jeté une bombe jeudi en fixant la date du 9 novembre 2014 pour le référendum promis et en annonçant la question, qui sera double:

»'
Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat ? Oui ou non ?' sera la première question. Et si la réponse est 'oui', 'Voulez-vous que cet Etat soit indépendant' sera la deuxième», a déclaré Artur Mas.

Le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, a immédiatement réagi depuis Madrid, assurant que ce vote, quil juge inconstitutionnel, «naura pas lieu».

«
Il y a beaucoup dimmobilisme. Ils sont enfermés dans des histoires du passé. Constitution et Constitution, ils ne parlent de rien dautre», se désolait vendredi Antonio Gracia, un retraité de 72 ans.

«
Sils voulaient, ils pourraient changer la Constitution. Mais ils nont pas envie», renchérit Vanessa Galan, une informaticienne de 37 ans, pendant quelle déjeune avec une collègue en terrasse dans le centre de Barcelone.

Autour delles, plusieurs «esteladas», le drapeau indépendantiste catalan, sont accrochées aux balcons des immeubles. Une image de plus en plus répandue à Barcelone et encore plus courante dans les villages. «Ils devraient autoriser le vote car sinon le problème sera encore plus important», ajoute-t-elle, précisant quelle votera contre lindépendance.

Comme elle, nombreux sont ceux en Catalogne qui soutiennent la tenue dun vote sans forcément être pour lindépendance, une perspective qui récolte environ la moitié des voix dans les sondages.

Ainsi, 81,8% des personnes interrogées dans une enquête commandée par la radio en catalan Rac1, numéro 1 par laudience dans la région, étaient ainsi en faveur de lorganisation dun référendum.

Dans cette région qui revendique fièrement son identité culturelle et sa langue, le malaise est monté depuis que la droite espagnole a remis en cause le statut dautonomie élargie voté par le Parlement catalan en 2006, jusquà la décision du Tribunal constitutionnel qui, en 2010, en a supprimé certains articles.

Une marée humaine était alors descendue dans les rues de Barcelone pour demander une plus grande autonomie.

La crise qui a éclaté en 2008 sest ajoutée à ce malaise: ployant sous une lourde dette, la Catalogne a progressivement perdu sa position de moteur économique de lEspagne. Elle reproche à Madrid une répartition injuste des richesses et son refus de lui accorder une autonomie fiscale élargie.

Lors des deux dernières «Diada» (Jour de la Catalogne), des centaines de milliers de manifestants sont de nouveau descendus dans la rue, mais cette fois pour réclamer lindépendance.

 

*Articles de référence :

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 09:52

pujol.jpg     Fiscaliste de talent, économiste prônant l'endettement municipal  (on reviendra), le maire actuel de Perîgnan ne semble pas être un champion de la question sociale...

 

En effet, afin de diminuer les effectifs de la mairie, ce qui constitue la moitié des charges de la municipalité, M. Pujol a supprimé  155 employés et les départs à la retraite ne sont pas compensés par des créations (sources : article de la revue "L'Expansion" de mars 2013). C'est le credo libéral, c'était la politique "sociale" du président Sarko-Koupeur de têtes...

 

La revue citée écrit même que "Perpignan et son intercommunalité ont réduit de 4,2% leurs dépenses de personnel par habitant ente 2007 et 2011." la dépense de personnel par habitant se montant à 700 euros, comme Bordeaux...

 

Au lieu de faire des économies dans d'autres domaines (communication, inflation de conseillers, construction d'un théâtre de prestige...), le maire a choisi d'économiser dans celui de la main-d'oeuvre...souvent interchangeable, des agents d'entretien devenant par exemple gardes d'enfants, note L'Expansion...

 

Les employés sont mécontents, sont méprisés, ne sont pas formés : vous n'avez qu'à parler un peu avec les agents de surveillance des musées; ils ne savent rien de ce qui est exposé; leur tâche est uniquement de surveiller ! Mais pas d'expliquer : la pédagogie est donc absente du couvent des Minimes ou du CACA ( Centre d'Art Contemporain et Actuel "Jordi Vidal" ) : on utilise ainsi des Dames-PIPI en ce lieu pseudo-artistique !

 

M. Pujol veut lutter contre l'absentéisme et il a raison. Cependant, il faudrait savoir d'abord pourquoi les employés sont souvent absents, pourquoi ils ne sont pas motivés, n'éprouvent pas du plaisir dans leur travail ! Il s'agit de les réconforter, de les former, de leur parler, au lieu de se montrer hautain et de traduire "régulièrement du personnel en conseil de discipline, en demandant six révocations, pour le seul mois de juin 2012"...écrit Frank Dedieu (www.lexpansion.om  -  page 44, mars 2013)

 

Le maire est un libéral pur jus, passant à "Démocratie libérale", en venant du mouvement "Occident" et "OAS", pour atterrir au Parti Républicain et adhérant à l'UMP (tendance Fillon, refusant ainsi le "réflexe républicain" : voter pour un candidat de gauche en cas de danger FN...). 

 

Trop de politique et d'idéologie dans la question sociale est pernicieux pour la cohésion sociale d'une ville. On ne doit pas régner en despote sur une municipalité; on doit communiquer, instaurer un climat de confiance, de convivialité...

 

Pour les voeux, le personnel municipal devra assister au traditionnel discours indigeste du maire : le personnel est sommé de venir aux réunions publiques de la campagne électorale (on a vu les éboueurs se déplacer en masse pour la "commission Culture" de Romain Grau : celui-ci ne veut pas du nombre, des figurants, non, il veut éduquer le personnel, vous n'avez rien compris !

 

Bonnes fêtes tout de même à tous les personnels communaux et intercommunaux ...

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:27

IMGP0004-copie-1 (C) Jean-Pierre Bonnel

 

* DIRE la GUERRE

 

 

Dire la guerre, mais on ne peut pas, la guerre ça se fait, ça ne s'écrit pas.

 

Et quand on est dedans, quand on la fait, c'est trop tard, c'est perdu pour l'écriture.

 

A moins d'en sortir, de l'incendie, de l'enfer et de trouver les mots qui diront ses traumatismes...

 

Ou sa beauté, ses pétards, ses feux d'artifice, comme certains poètes ont osé l'écrire ! Poétisant la guerre, lui conférant des lettres de noblesse, une raison d'exister.

 

Alors que la guerre n'existe que parce que nous existons; cautionnons; il suffirait d'un rien pour l'anéantir, dire non, refuser, seul, puis en groupe, mais manquons de courage, d'enthousiasme à nous insurger; nous fait défaut la volonté d'être unis dans l'amitié.

 

La guerre mourra quand serons morts. Seul moyen de la tuer, l'oublier, l'enterrer. Et tous les hommes, avec elle !

 

Tous les jours la guéguerre se nourrit de nos mesquines disputes, de nos fraternelles guerres civiles... 

 

Les chefs vivent de nos discordes et de nos bêtises, avec les marchands de canon, les proxénètes du marché, les faiseurs d'opinions, les propagandistes de la haine et des nationalismes en tous genres...

 

Alors, alors, oui encore la guerre, la faire et la dire à l'infini...

 

 

La guerre des mots... (J.P.Bonnel)

 

 

 

** Texte malais sur la guerre

 

De son lit, c'est là qu'on voit le mieux.

 

Je me fonds dans le décor et pourtant j'existe.

 

La vie est un trait continu. La mort, le retour à la ligne.

Vite se cacher, ne plus regarder !

 

Ai-je dormi une minute ou un siècle ?

 

Quelque chose au fond de moi chante et s'accomplit.

 

Toute la pièce a la chair de poule.

 

La guerre ne peut se dire. (J.P.Bonnel)

 

 

 

*** La guerre des mémoires : la guerre des mémoires, vue par le New York Times

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article de la rubrique histoire et colonies > Perpignan : un centre de la présence française en Algérie 

date de publication : mardi 17 mars 2009 ( http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3166 )

 

 

Dans son édition du 4 mars 2009, le New York Times a publié un article de Michael Kimmelman intitulé « In France, a War of Memories Over Memories of War », consacré notamment aux polémiques qui se développent à propos des monuments et du projet de musée de Perpignan autour des mémoires de l’Algérie française.

Le texte a été repris dans l’édition du 14 mars 2009 du supplément du Monde constitué d’articles repris du New York Times ; il reste accessible sur le site internet du journal. Nous en proposons ci-dessous une traduction libre.

Nous complétons ce petit dossier avec la réponse adressée à Michael Kimmelman par Jacques Pradel, président de l’association des pieds noirs progressistes et leurs amis.

[Mise en ligne le 7 mars 2009, complétée le 17 mars 2009]

 

En France, une guerre des mémoires se superpose aux mémoires de la guerre

par Michael Kimmelman, New York Times, 4 mars 2009

 

Perpignan, France – Dans la cour d’un ancien couvent, le Mur des Disparus présente une liste d’environ 2700 « pieds noirs » – ainsi que l’on désignait les anciens colons blancs d’Algérie.

La plupart des pieds noirs (l’origine du terme est obscure, mais il renvoie peut-être à des bottes noires) avaient émigré d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Malte et d’autres pays européens, souvent comme ouvriers agricoles. Ils acquirent la nationalité française au cours des 130 ans de domination française en Algérie.

Puis, au cours des semaines et des mois de chaos qui ont suivi mars 1962, quand de Gaulle mit fin à la guerre coloniale contre les nationalistes algériens, plus d’un million de pieds noirs s’enfuirent pour gagner des villes comme Perpignan. D’autres, restés sur place, furent massacrés, comme à Oran. D’autres encore disparurent.

Jean Scotto, enseignant retraité d’origine pied noire (il préfère se qualifier de « Français d’Algérie »), avait alors 23 ans. L’autre jour, sous un ciel bleu, il a ouvert la porte du jardin du couvent. Des flots de musique arabe s’échappent des balcons des immeubles qui nous entourent, où sèche du linge multicolore.

M. Scotto est vice-président de la section locale du Cercle algérianiste, organisation qui supervise la mise en place du Centre pour la présence française en Algérie, un musée dédié à la mémoire de la vie quotidienne des pieds noirs, qui devrait ouvrir, dans l’ancien couvent, à la fin de cette année ou en 2010.

De Marseille à Montpellier, des militants nostalgiques, comme M. Scotto, poussent à l’ouverture de musées consacrés au colonialisme et à la vie des pieds noirs, à la grande consternation des Français qui estiment que l’histoire des pieds noirs, telle que leur frange d’extrême-droite la raconte, est explosive et qu’il n’est pas opportun de l’évoquer. Il y a peu, certains Algériens ont évoqué des ripostes économiques pour le cas où le projet de musée à Marseille serait repris comme il était prévu [1].

Bien que vieux de 46 ans, l’héritage algérien correspond pour les Français à la guerre civile pour les Espagnols. Tout ce qui concerne la domination coloniale française reste une blessure ouverte, surtout la longue et cruelle guerre par laquelle elle s’est terminée. Il en est de même pour l’héritage des pieds noirs, occupants ou victimes, selon le point de vue. Qu’elle le veuille ou non, la France doit assumer une histoire qu’elle a souvent semblé vouloir occulter, comme elle avait tenté d’oublier la période de Vichy.

Le problème ne vient pas seulement de la floraison récente de musées et de mémoriaux, comme le Mur de Perpignan inauguré en 2007. Voici quelques années, le général en retraite Paul Aussaresses avait publié ses mémoires de guerre, où il évoquait le meurtre d’Algériens ordonné par ses supérieurs. « La meilleure manière de faire parler un prisonnier quand il refuse de dire ce qu’il sait est de le torturer », avait écrit le général dans Services spéciaux, Algérie 1955-1957 : Mon témoignage sur la torture [2].

Les tribunaux français ont condamné le général, non pour ses actes – couverts par une amnistie – mais pour « délit d’apologie de crimes de guerre », un curieux concept juridique français. Fin janvier 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a donné tort à la justice française, en partie au nom de la liberté d’expression [3].

« Le fait qu’il y a eu torture et que Aussaresses n’a pas exprimé de regrets à ce sujet, mais qu’il a déclaré au contraire qu’il devait le faire, que c’était son devoir, déclare Xavier Bartillat, l’éditeur du général, en écho à l’unanimité de la décision de la Cour, fait partie de l’histoire, de notre histoire, de notre mémoire collective ».

Mais pourquoi tout ceci resurgit-il maintenant ? La raison est à rechercher du côté des nouvelles générations et dans l’évolution du climat culturel.

Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l’Homme, a attaqué en justice le général et s’oppose au Centre pied noir de Perpignan. « Les troubles dans les banlieues ont contribué à rouvrir la plaie du passé colonial français », a-t-il avancé, en évoquant les émeutes survenues de 2005 en banlieue parisienne, avec notamment la jeunesse arabe et africaine. « Il y a aujourd’hui en France une compétition des mémoires – qui a été le plus victime. Lorsqu’un pays doute de son avenir, de son identité, des groupes cherchent à se légitimer en invoquant le passé. »

Selon Benjamin Stora, historien de l’Algérie française, lui-même descendant d’une famille juive algérienne, «  l’historiographie française est en crise, dans la mesure où la France s’est toujours vue comme un lieu d’assimilation et d’intégration, alors qu’aujourd’hui les minorités remettent en cause cette histoire. Les émeutes y sont pour quelque chose. Dans cette ambiance, les pieds noirs, qui regardent avec nostalgie la période coloniale précédant la guerre – une époque, insiste M. Stora, au cours de laquelle les musulmans algériens ne bénéficiaient pas de l’égalité des droits – veulent être considérés comme les gardiens du nationalisme, du jacobinisme français d’autrefois. »

« Mais le paradoxe, poursuit M. Stora, est qu’ils sont une partie de la France multi-culturelle, puisqu’ils forment eux-mêmes un groupe minoritaire. Le gros problème est qu’ils proposent une vision édulcorée du passé, alors que la grande majorité de la jeunesse française, aujourd’hui, est anti-colonialiste. » La résurgence récente de la notion de négritude parmi les jeunes Français noirs est un exemple parmi d’autres de ce changement d’état d’esprit parmi les minorités culturelles, comme les pieds noirs, qui mettent l’accent sur leurs racines au moins autant que sur leur identité française.

Musées et mémoriaux comme le Mur des disparus sont les champs de bataille de cette guerre des mémoires.

Selon Jean-Marc Pujol, premier adjoint au maire de Perpignan, les pieds noirs ont été les premières victimes du FLN. Lui-même pied noir, il est l’homme politique qui a encouragé la construction du Centre et a rassemblé pour sa construction environ 2,5 millions de dollars de fonds publics, à savoir l’État et sa propre municipalité.

« Il a fallu cinquante ans pour que le pays reconnaisse sa responsabilité dans ce qui est arrivé aux Juifs pendant la deuxième guerre mondiale », dit M. Pujol, en faisant allusion à la demande de pardon pour le rôle de la France dans la déportation des Juifs, formulée pour la première fois par un président français, Jacques Chirac, en 1995. « Nous pensons qu’un jour nous aurons à prendre nos responsabilités pour ce qui est arrivé aux pieds noirs. »

Ce point de vue, qui oublie les Algériens victimes des pieds noirs, va de pair avec une vision « heureuse » de la vie quotidienne, paisible et bien intégrée, en Algérie avant la guerre. Elle ne correspond pas à la réalité ; le vote d’un Européen valait ceux de dix musulmans, 14 % seulement des enfants musulmans étaient scolarisés, et les revenus des musulmans étaient cinq fois moindres que ceux des Européens.

Mais M. Pujol promet que le centre sera « un lieu de recherches et de débats ». Les critiques émanant de la gauche « ne veulent retenir de la présence française que la période de la guerre, dit-il. Nous voulons tout montrer. Personne ne parlait de la Shoah avant les années 1960 ou 1970, parce que les victimes alors ne parlaient pas. Je ne compare pas, s’empresse-t-il d’ajouter, mais la nouvelle génération veut des explications. »

Une nouvelle génération – ou peut-être une génération qui prend de l’âge, celle de M. Pujol - se redresse avant que la France ne change encore plus profondément. Suzy Simon-Nicaise est présidente de la section du cercle algérianiste de Perpignan, et vice-présidente du bureau national qui compte 10 000 membres, dont 550 ici à Perpignan. Elle avait huit ans quand sa famille a quitté l’Algérie. Son père était un homme d’affaires dans une compagnie pétrolière. « Nous avons une culture, une identité, dit-elle en parlant des pieds noirs. Et nous avons le droit de faire connaître notre mémoire. »

Dans un immeuble de bureaux de Perpignan, le Cercle algérianiste rassemble les objets et documents qui prendront place dans le Centre qui sera installé dans l’ancien couvent : albums de photos de famille poussiéreux, médailles enrubannées, uniformes militaires éculés habillant des mannequins désarticulés, drapeaux en lambeaux, cartes géographiques, bustes et autres souvenirs familiaux identifiés par des étiquettes manuscrites, exposés dans de vieilles vitrines. Tout cela remplit quelques pièces fermées, formant un musée du colonialisme romantique, un chemin de mémoire pour pieds noirs.

M. Stora, l’historien, compare les pieds noirs comme M. Pujol, Mme Simon-Nicaise et M. Scotto, aux Cubains anticastristes qui rêvent de leur foyer perdu. « Mais, ajoute-t-il, il y a une grande différence. Car les Cubains anticastristes espèrent vraiment revenir, mais de quoi rêvent les pieds noirs ? Revenir en Algérie ? Certainement pas. »

« L’Algérie française, l’Algérie blanche, c’est fini, dit M. Stora. C’est pourquoi ils se réfugient dans des musées. »

 

Une réponse du Président de l’Association des pieds noirs progressistes et leur amis

Marseille, le 13 mars 2009

Cher Monsieur,

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article, intitulé “ In France, a War of Memories Over Memories of War”, paru le 5 mars dernier dans le New York Times. J’ai trouvé votre article très pertinent, je tiens cependant à vous adresser ces quelques commentaires.

Permettez-moi d’abord de me présenter. Je suis le président d’une association de Pieds noirs, l’Association des Pieds Noirs Progressistes et leur Amis (ANPNPA). Né à Tiaret, une ville du centre de l’Algérie (où mes ancêtres avaient émigré vers 1850), j’ai quitté l’Algérie en 1962 et vis actuellement à Marseille où je suis directeur de recherche au CNRS.

L’ANPNPA, fondée en novembre dernier, entend prendre part à la ‘guerre des mémoires’ qui se développe aujourd’hui au sujet de l’histoire commune de la France et de l’Algérie, le cœur même de votre article. Notre analyse de ce passé commun est bien différente de celle de Pieds noirs et d’associations nostalgiques de l’Algérie française ; et ceci sur trois points majeurs, qui, à mon sens, sont insuffisamment mis en avant dans votre article :

  • La dure et détestable réalité du régime colonial imposé au peuple algérien, et la légitimité de la guerre qu’il a menée pour sa libération.
  • Les pieds noirs en Algérie étaient divisés en classes sociales antagonistes, et la plupart d’entre eux ne tiraient pas directement profit du régime colonial. Un mot à propos de la ‘Nostalgie’, un sentiment si largement répandu parmi les pieds noirs ! Plutôt que nostalgie du régime colonial, elle réfère à la perte du pays natal et à la désorganisation de la micro-société banalement heureuse dans laquelle chacun évoluait (Camus décrit bien cela) ; mais aussi au souci d’occulter le traumatisme de la fin tragique de la guerre.
  • La folie meurtrière de l’OAS a terriblement assombri la fin de la guerre de libération d’un peuple, les Algériens, et forcé un autre, les pieds noirs, à l’exil.

C’est pourquoi l’ANPNPA s’élève contre les initiatives et manifestations des nostalgiques bornés de l’Algérie française, comme ces stèles ou murs érigés à la gloire des assassins de l’OAS (dont plusieurs ont été démantelés ou interdits). Nous leur refusons la prétention de représenter l’ensemble des Pieds noirs à travers des prises de position rétrogrades cherchant à réhabiliter un passé colonial et une conception de l’histoire révolus et qui relaient en France aujourd’hui les idées de racisme et d’exclusion développées par l’extrême droite.

J’espère, en vous félicitant à nouveau pour votre article, que ces quelques remarques auront retenu votre intérêt.

Sincèrement à vous,

Jacques Pradel, président de l’ANPNPA

 

Notes

[1] Voir notre dossier consacré à mémorial de la France Outre-mer, à Marseille.

[2] Paul Aussaresses, Services spéciaux, Algérie 1955-1957 : Mon témoignage sur la torture, éd. Perrin, mai 2001.
Ouvrage traduit en anglais sous le titre The Battle of the Casbah : Terrorism and Counter-Terrorism in Algeria, 1955-1957, by General Paul Aussaresses, New York : Enigma Books, 2002.

[3] Voici le texte d’origine du New York Times : « French courts convicted the general, though not for his actions — those were covered by an amnesty — but rather for “trying to justify war,” a curious French legalism. In late January the European Court overturned the conviction, partly on free-speech grounds. »
Sur ce sujet, on pourra se reporter à cette page de notre site.

 

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 12:23

images-copie-9.jpeg LOUIS ALLIOT, loup garou, gare au loup !


 

LOUP ALLIOT, ANIMAL politique - L'argumentaire FN repris par l'UMP :

 

 

 

L'analyse et le sondage récents (la semaine dernière) du journal "Le Monde" ne citent pas Perpignan comme ville gagnable par le FN. Or, l'éventualité d'une victoire de Louis Alliot, connu nationalement (compagnon et attaché parlementaire de M.Le Pen) est plausible.

 

Le LOUP peut entrer dans la mairie-bergerie !

 

Grâce d'abord à la présence de Pieds-Noirs nostalgiques, à leurs descendants croyant à la promesse de Marine de les indemniser... Grâce à l'action locale de L. Alliot, qui, bien que peu présent sur Perpignan, a le don de s'immiscer dans les événements "communautaristes" : le candidat FN est un COUCOU

 

En effet, le voici à l'inauguration d'une exposition gitane : le maire UMP de Perpignan est obligé (vraiment ?) de lui serrer la main...Les gitans, déçus par la municipalité actuelle, iraient vers le parti extrémiste...

 

L. Alliot essaie d'investir le colloque du "Cercle algérianiste" (9/10 novembre 2013) : il est refoulé, mais peut jouer le "BOUC émissaire". Et crier : "Pieds-Noirs et Harkis, rejoignez-nous !" Et dénoncer la main-mise de l'UMP sur les anciens d'Algérie, avec la création du musée "algérianiste"... Et stigmatiser le jumelage "Perpignan-Mostaganem"...

 

Florian Philippot, vice -président du FN,  n'a éprouvé aucun scrupule pour se rendre sur la tombe de De Gaule... Louis Alliot  peut bien tenter de récupérer le vote pied-noir...

 

Le méchant LOUP peut s'asseoir dans le fauteuil de M. JM. Pujol, en cas de quadrangulaire possible : ALLIOT / PUJOL / CRESTA  / C.RIPOULL (Codognès ayant fusionné avec la liste "Equilibre"...

    Donc en cas de non désistement républicain, les 4 grandes listes se maintenant  (à partir de 10% des votants) !!!

 

 

 

Quant aux idées... Aux propositions du FN... Renvoyez les immigrés (les sans-paiers et les immigrés "français" délinquants) dans leur pays d'origine...Leur pays d'origine voudra-t-il les accueillir..?

Les immigrés prendrait notre travail : il faut redire tut de même que, depuis la présidence de VGE, l'arrêt de l'immigration de travail est officiel (1976).

 

En outre, les conditions d'accès au territoire français sont très contraignantes; tous les gouvernements successifs ont durci ces conditions...

 

De plus, remettre en question le "droit du sol" pour les étrangers en situation irrégulière (suggestion de l'UMP pour récupérer l'électorat FN), c'est rencontrer de nombreux obstacles juridiques  (changer la constitution ? organiser un référendum..?) 

 

Aussi, s'opposer au regroupement familial (FN soutenu par certains UMP) s'oppose au droit international (droit de vivre en famille); on peut, bien sûr sortir de l'Europe, se mettre en marge de la communauté internationale...

 

Enfin, FN et UMP sont d'accord pour supprimer l'AME ( l'aide médicale d'Etat ) pour les sans-papiers, en maintenant le droit de se faire soigner en cas d'urgence. Or aucune étude n'a pu montrer que l'immigration en France était motivée en raison de l'aide médicale aux étrangers...

 

 

Faire de la politique avec des slogans, ce n'est pas difficile ! Dès qu'on se penche sur un problème, la complexité du réel apparaît... 

 

Garauloup Alliot !!

 

J.P.Bonnel

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:15

photos-1635.JPG Site d'Ampurias (photo J.P.B.)

 

(suite de l'entretien- vidéo enregistrée dans le cadre d'Entropia 2013, Perpignan, installation au Museum d'histoire naturelle)

...

 

ll faut tout changer. Se changer, soi, en même temps. Mais l'Homme n'a pas le temps, il vit vite, cherche quelque plaisir, acquiert une expérience, et puis s'en va...Un autre arrive, qui mène la même danse violente et éphémère ! 

 

Le vrai pouvoir, pour changer le monde, ne peut être que collectif avec tous les hommes éclairés. Je voudrais regarder un monde plus juste, mais on maintient l'injustice et les brasiers partout !

 

Je croyais en l'Homme, mais à présent, depuis quelques décennies, je ne crois plus en lui. Je ne crois plus en rien, idéologie ou utopie, système de pensée ou de fonctionnement politique. 

 

J'ai beau penser, beau réfléchir, je suis dans de beaux draps; je ne comprends pas, je ne sais plus, alors que je croyais savoir quelque chose, en ayant des espoirs...

 

Si je me retournais sur le passé, pourrai-je revenir sur mes erreurs ? aurai-je ce pouvoir ? Je ne sais pas...

 

Je ne suis pas croyant, mais je crois en une espèce de spiritualité, pas au sens mystique...Mais pas de progrès en la spiritualité. Je crois à la pensée, mais je ne peux estimer sa puissance...

 

Je ne sais pas en quoi consiste le pouvoir aujourd'hui : dominent le pouvoir du marché, des finances, des multinationales, des fonds de pension... je voudrais bien que le peuple s'organise. Pour des initiatives collectives, même si je penche pour l'individualisme.

 

Il faudrait donc déconstruire. La déconstruction, il s'agit peut-être d'un nouveau mot qui recouvre la notion de dialectique avançant à partir des contradictions. Essayer d'aller au-delà, vers le concept de fragmentation, selon Walter Benjamin...

 

Les gens se raccrochent à un meneur, à un esprit supérieur, séducteur, trompeur, à la recherche d'un pouvoir, d'une force plus qu'humaine.

 

Je suis en retrait, c'est vrai; ne suis pas assez engagé, parce que je n'y crois pas, que je n'accepte pas d'être soumis à une instance supérieure qui ne respecte pas la collectivité. 

 

J'ai peur du pouvoir, peur d'en abuser, de ne pas savoir qu'en faire.

 

Ma réalité, c'est de tenter d'écrire, de communiquer quelque chose; c'est cela, mon bonheur. 

 

Ma réalité ? Difficile à définir !

 

La mémoire, c'est très important; elle me détermine, me fait mal quelque part, aux cicatrices...Elle fait mal et m'empêche de voir devant. Les moments de souffrance se situe dans l'avant, les souvenirs de l'enfance, et dans l'après, le néant de l'avenir...

 

La souffrance dans la réalité du présent est moins forte.

 

Je n'ai pas le pouvoir de me souvenir. J'oublie trop. J'ai écrit sur des instants de mon enfance, sur "l'infini de l'enfance", mais je n'arrive pas à me rappeler mon père, pas la moindre silhouette...

 

J'ai eu un haut-mal à écrire ce livre sur l'enfance, comme une sorte de psychanalyse. J'ai peur aussi d'aller trop profondément en moi, et j'essaie de vivre pleinement dans le présent, quitte à tendre vers la distraction, le fameux "divertissement".

 

Je ne pense pas avoir le pouvoir de la parole. Peut-être celui de l'écrit, et cette remarque est bien prétentieuse ! 

Je suis, à l'écrit, peut-être plus convaincant, mais je ne crois pas en la parole.

 

Je n'aime pas le pouvoir et je l'oublie.Je n'en ai pas la mesure, je l'ignore et il m'ignore...

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 14:19

images-copie-7.jpeg  Josep-Maria Martín 

a voulu s'entretenir avec moi, dans le cadre des installations au Couvent des Minimes (et CAC W.Benjamin), à Perpignan (video réalisée par Caroline Morel-Fontaine, le 5/10/2013) - Video diffusée lors de l'exposition, avec d'autres personnages, tels Daniel Tosi, Dominique Sistach...voir sur Yootube- translation par Caroline M.F)

 

 

* J.M. MARTIN : Artiste, vit à Barcelone, son travail est centré sur les relations interpersonnelles. Il collabore avec dautres artistes, architectes, écrivains, travailleurs sociaux, designers, etc. Il a fait des projets pour divers musées et biennales. 

 

Milutow: Echigo Tsumari Art Triena,Yokohama Museum of Art,Japan ; CCCB, Barcelona ; Project Room,ARCO,Madrid ; CRAC Alsace,France ; Nigerian Girls at Platform, Vaasa, Finland ; Biennale di Torino,Italy.9e Biennale de lImage en Mouvement,Geneva,Switzerland ; Ceramic Juice : Espai dArt Conteporani de castelló, Spain ; How difficult it is to sleep alone : Centre dArt Santa Mònica, Barce¬lona ; Rincó de Sueños : Laboratorio de Arte Alameda, Mexico ; De parte de quién ? Call free : Banquete, Palau de la Virreina,Barcelona ; Maison des négociations, Fri-Art Kunsthalle, Fribourg, Switzerland ; Kansai Project in Osaka, Japan ; InSite05, San Diego, USA / Tijuana, Mexique.

 

Josep-Maria Martín Ceuta, España (1961) vive y trabaja en Barcelona, Perpiñán y Ginebra. Artista visual, que acostumbra a colaborar con otros profesionales y/o “ciudadanos de a pie”, que pudieran estar vinculados al proyecto: artistas, arquitectos, escritores, trabajadores sociales, diseñadores, médicos, enfermeras, investigadores, etc. El trabajo consiste en abrir procesos participativos de investigación y análisis en contextos específicos buscando grietas en los sistemas sociales o personales. A partir de ahí, negocia y crea prototipos que se ponen en práctica, haciendo de su utilización una experiencia reveladora.

Es profesor responsable del Pole Arts Actión, HEAD (Haute École d’Art et de Design, Geneva University of Art and Desing), Suiza, y Responsable Pedagógico en la L’École Superieur de Beaux-Art de Perpiñán, Francia.

 

***Entretien 1 :  Professeur de français, je suis passionné par l'écriture et la littérature. elles m'apportent la solution transitoire à ma souffrance.

Je ne crois pas au pouvoir des politiques et à peine plus au pouvoir économique.

 

Je suis certain que le pouvoir, en tout état de cause, n'appartient pas aux intellectuels. Le pouvoir des mots, que je relie entre eux chaque jour, me conduit dans un passé douloureuse, celui de mon enfance.

 

Je donne du pouvoir à la mémoire, celle qui nourrit nos souvenirs et qui construit nos vies. Elle me fait peur, mais m'oblige à écrire. Je la remercie : grâce à elle, j'obtiens un pouvoir fébrile sur mes pensées. J cherche. Oui, je suis un "chercheur", m'identifiant à certains artistes ou écrivains, à force de fréquenter leurs oeuvres. A force de parcourir le chemin qu'ils ont suivi dans ce pays, ici.

 

J'étudie Walter Benjamin, et je suis déçu, non par sa pensée, qui est originale et profonde, mais parce que je trouve pas de solution, plutôt d'apaisement, dans son oeuvre, mais le contraire : il me replace dans ma condition d'homme faible; il me replace devant la mort, qui est angoisse pour moi et non libération ou accession à une autre forme de vie...

 

Je ne crois plus en grand-chose, peut-être un peu à la puissance collective, comme celle qui alimente les révolutions arabes; j'aime le peuple qui se rebelle, mais il ne sait jamais garder sa victoire; il est trompé par le nouveau chef ou par l'avant-garde qui s'est emparée du pouvoir !

 

Je réfléchis à ma réalité d'écrivain et constate que les intellectuels n'arrivent pas à changer le monde; Sartre a voulu s'engager, Camus aussi, et la catastrophe continue dans le monde. Rien n'a changé au point de vue moral, sentimentale, on a même, à notre époque, l'impression de régresser !

 

Le monde économique éloigne les intelligences des vraies problèmes de la vie. Les penseurs économistes nous trompent ! Et l'économie (marché, finances, multinationales, grande fortunes industrielles, marchands de pétrole et de canons..) a le pouvoir !

 

Je ne suis pas croyant, je ne crois pas à structure raisonnable et organisée du cosmos. L'univers n'est pas réel pour moi, du moins il n'est pas dans ma réalité, dans ma préoccupation. Mais je me voile la face, peut-être, je suis, qui sait, dans le divertissement...

 

Je crois en l'esprit, non pas saint, mais intelligent ! Mais au fond de moi, je ne suis sûr de rien. Je ne sais rien. Je doute des autres et de moi-même...

 

Je suis pessimisme quant à l'avenir,mais je suis pessimiste de naissance... 

 

Nous sommes dans la spirale de la catastrophe : on nous prépare des lendemains qui déchantent. Encore et toujours, les guerres, les crises, les massacres, pour rameuter une croissance...économique !

(à suivre)

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 10:07

camus     Mme Jeanne-Marie Perrenoud, secrétaire de l'ARE (Aide aux Réfugiés Espagnols) expose en 1958 la situation des réfugiés en France; elle rappelle dans "Choses vues et renseignements recueillis à Perpignan, Toulouse et Montauban, du 6 au 9/8/1958", l'appel de Camus, dont le comité suisse d'aide aux réfugiés espagnols joint le texte dans le dit rapport) -

 

        Adresse du comité suisse d'aide aux réfugiés espagnols, pour la France : Mme Suzanne Chatelet, 12 avenue de Gaulle, à Perpignan)-

 

 

"Appel de Camus : 

 

Nous avons formé avec quelques amis d'Amérique et d'Europe un omité de secours aux réfugiés espagnols. Je vous écris pour vous demander simplement de nous aider. Pour nous tous, la guerre d'Espagne est terminée. Pour beaucoup d'hommes dans le monde, elle continue à travers malheurs et privations. Ils supportent la pauvreté et la malaadie avec fierté. 

Mais nous devons pourtant les soulager si nous le pouvons. Notre aide leur assure des soins médicaux, les instruments de leur travail, la promesse d'une vie plus digne. Ce que vous ferez pour eux se traduira immédiatement dans leur vie de tous les jours. Faites-le, je vous en prie. Et d'avance je vous remercie de tout coeur. 

Albert Camus."

 

- - -

 

Camus : Franco, défenseur de la culture ! *

 

(Le conseil économique et social de l'ONU a émis -juin 1958- un vote favorable à l'admission de Franco à l'UNESCO (sauf le Mexique, l'URSS et ses satellites; la France a voté pour; la Suède s'est abstenue). Camus écrit au directeur général de l'Unesco :

 

"M. le Directeur général,

 

Par une lettre du 30 mai, l'Unesco a bien voulu me demander de collaborer à une enquête sur le problème intéressant la culture et l'éducation...Je ne peux consentir à cette collaboration aussi longtemps qu'il sera question de faire entrer l'Espagne franquiste à l'Unesco...

 

L'Espagne franquiste, qui censure toute expression libre, censure aussi vos publications... Si déjà l'adhésion de l'Espagne franquiste aux Nations Unies soulève de graves questions dont plusieurs intéressent la décence, son entrée à l'Unesco, comme d'ailleurs celle de tout gouvernement totalitaire, violera par surcroît la logique la plus élémentaire. J'ajoute qu'après les récentes et cyniques exécutions de militants syndicalistes en Espagne, et au moment où se préparent de nouveaux procès, cette décision serait particulièrement scandaleuse...

 

C'est pourquoi... je me sens obligé de refuser tout contact avec votre organisme, jusqu'à la date où il reviendra sur sa décision, et de dénoncer jusque là l'ambiguïté inacceptable de son action..."

 

(La Révolution prolétarienne n°364, juillet 1952, page 23)

 

- - -

 

* Lire d'autres articles et messages de Camus dans "Camus libertaire", de Lou Marin (Indigène éditions, Montpellier)

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 12:18

images-copie-39.jpeg 18eca7f0.jpg (C) Fritz LANG

 

 

1. Jean VIGO :

MARDI 3 DÉCEMBRE à 19h10 :

 


Les Bourreaux meurent aussi, de Fritz Lang, USA, 1943, 2h06

 

Sc.: John Wexley, daprès Bertolt Brecht

Int.: Brian Donlevy, Walter Brennan, Hans von Twardowski, Gene Lockhart... 

 

En 1942 à Prague, pendant loccupation nazie, le Reich Protektor Heydrich, est assassiné par le docteur Svoboda, membre de la résistance tchèque. Aidé par une jeune femme, Mascha Novotny, il se réfugie, sous une fausse identité. Le professeur Novotny, père de Mascha sera bientôt arrêté par la Gestapo. Le film écrit par Lang et Bertolt Brecht sinspire de lattentat contre Heydrich et donne à voir une version très personnelle et fausse historiquement de lévénement. Chargé didéalisme, prétexte à lanalyse du comportement de chacun face au nazisme : résistance, collaboration, passivité, hésitation... ce film est un chef d’œuvre du suspense langien. Le cinéaste en avait fait lune de ses œuvres préférées. 

 

En partenariat avec le Théâtre de lArchipel  à loccasion du spectacle “Tambours dans la nuit” 

Le spectacle Tambours dans la nuit est présenté  au Théâtre de lArchipel  les lundi 16 décembre à 19 h et mardi 17 décembre à 20h30 

 

MERCREDI 4 DECEMBRE I De 13h30 à 15h30

Analyse filmique : “Fritz Lang et le régime Nazi

Un cours proposé par Chantal Marchon, professeur de cinéma, ouvert aux étudiants de lUPVD, de lHeart, de lIdem et aux adhérents de lInstitut Jean Vigo.

 

2 Cinémaginaire :

Download.html.jpg

 

La lettre de Cinémaginaire  n° 114 –  26 novembre 2013 

Cinémaginaire réseau cinéma en Pyrénées Orientales

diffusion, éducation, festivals, création, formation

 

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vos  prochains rendez-vous  du 26 novembre au 17 décembre 2013

 

Mardi 26 novembre à 14 h 30

Cinéma Vautier - 66  Elne

LES AMIS DU VAUTIER <

présentent 

LE MAJORDOME

Film de Lee Daniels (USA 2013 2H10)

Le jeune Cecil Gaines, en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste.

Tarif : 5   euros

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Mardi 26 novembre à 20 h 30

Cinéma  Jaurès  - 66 Argelès sur  Mer    

LES FILMS DU GNCR <

Imagopublica présente un film soutenu par le GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche) dont Cinémaginaire est membre

Cette proposition régulière prend place au Cinéma Jaurès chaque dernier ou avant-dernier mardi du mois. 

LA FILLE DE NULLE PART

Film de Jean Claude Brisseau (France 2013 - 1h31 VO) 

Michel, professeur de mathématiques à la retraite, vit seul depuis la mort de sa femme et occupe ses journées à l’écri- ture d’un essai sur les croyances qui façonnent la vie quo- tidienne. Un jour, il recueille Dora, une jeune femme sans domicile fixe, qu’il trouve blessée sur le pas de sa porte et l’héberge le temps de son rétablissement.

Tarif : 5   euros

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à partir du mercredi 27 novembre à 14H30        

Cinéma  Jaurès  - 66 Argelès sur  Mer   : mercredi 27/1114h30 et 17h – vendredi 29/11  18h30 – samedi 30/11 21h – dimanche 1/12 14h30

Cinéma Vautier - 66  Elne : mercredi 27/11 21h – jeudi 28/11 18h30

Cinéma Novelty - 66  Banyuls sur Mer :  jeudi 28/11 20h30

Cinéma Vauban - 66  Port Vendres :  vendredi 29/11  21h

Cinéma Foyer Rural - 66  St Paul de Fenouillet :  samedi 30/11 17h

Cinéma Centre Culturel - 66  Cabestany :  dimanche 1/12 17h et 21h

Le film de l’année ! <

LES GARÇONS ET GUILLAUME A TABLE

Film de Guillaume Gallienne (France 2013 - 1h25) 

Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t’embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

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3. DEVOIR de MEMOIRE : 

 

* Naissance du concept:  Dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, certains résistants et déportés survivants cherchèrent à perpétuer le souvenir de leurs expériences et de leurs camarades tués. Ainsi, en France, les statuts de l'Amicale de Mauthausen lui donnent entre autres cet objectif :

« d’honorer la mémoire des Français assassinés de maintenir présents, à l’esprit de tous les Français et Françaises, les actes de barbarie dont se sont rendus coupables les assassins nazis et leurs collaborateurs, d’empêcher par cette propagande et ce rayonnement le retour des conditions politiques et sociales qui ont permis l’instauration des régimes partisans de ces méthodes d’autorité »

 

Selon Olivier Lalieu3, la première partie (« honorer la mémoire ») relève en fait du souvenir, tandis que la seconde (« maintenir présent à l'esprit de tous... ») relève, elle, du devoir de mémoire.

 

En 1952, Annette Christian-Lazard, veuve d'une victime d'Auschwitz, et Paul Arrighi, ancien déporté à Mauthausen, créèrent le Réseau du Souvenir, en raison de leur déception quant à l'activité des principales fédérations de déportés dans le domaine de la commémoration. En 1954, à l'initiative du Réseau du Souvenir, fut instituée en France la Journée nationale du Souvenir de la Déportation (le 24 avril). Par la suite, les efforts pour l'établissement de ce que l'on appellera plus tard un devoir de mémoire sont entretenus par divers acteurs. D'une part et dans un premier temps, des groupes et associations liées à la Résistance française ou aux déportés (comme le Réseau du Souvenir, le Parti communiste français, la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes...) se mobilisèrent, surtout dans les années 1960, contre ce qui était perçu comme une ignorance voire un mépris, de la part de la jeunesse, envers l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Ce phénomène avait notamment été médiatisé en 1963 par le film Hitler, connais pas; les mesures prises contre lui le furent surtout dans le cadre de l'enseignement de l'histoire 3.

 

 

Cependant, jusqu'aux années 1980, ces premières entreprises n'accordèrent pas de place particulière à la déportation et au génocide des Juifs (la Shoah). En effet, parmi les 37 000 rescapés des camps nazis en France, seuls 2 500 étaient des survivants de la Shoah. Les déportés juifs n'étaient représentés en tant que membres de leur communauté que par l’Association des anciens déportés juifs de France, qui organisait par exemple des commémorations annuelles de la rafle du Vélodrome d'Hiver. De plus, la plupart des associations préférèrent longtemps mettre en avant le statut de combattant, plutôt que celui de victime. Cependant, une évolution se fit progressivement, notamment autour de la publication, en 1978, du Mémorial de la déportation des Juifs de France par Serge Klarsfeld et Beate Klarsfeld, qui marque l'opinion publique. Les époux Klarsfeld réclament également la condamnation de plusieurs responsables de la Shoah3.

 

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3. a, b et c Olivier Lalieu, « L’invention du « devoir de mémoire » », [Siècle. Revue d'histoire [archive]], no 69 (2001/1), 2001 (lire en ligne [archive])

 

 

 

4. Guerre civile en ESPAGNE : imbécillité de vouloir défendre la République et/ou faire la révolution ???

La nécropolitique à la française

22 NOVEMBRE 2013 

L'AUTEUR "gouvernement d’une population par l’application des techniques de mort sur une partie (ou la totalité) de cette même population"

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BEATRIZ PRECIADO PHILOSOPHE, DIRECTRICE DU PROGRAMME D'ÉTUDES INDÉPENDANTES MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE BARCELONE (MACBA)

 

J’ai grandi en écoutant des histoires de la guerre civile espagnole. Pendant des années, j’ai demandé aux adultes comment ils avaient pu se tuer entre frères, comment la mort était devenue l’unique façon de faire de la politique. Je ne réussissais pas à comprendre pourquoi ils s’étaient battus, ce qui les avait poussés à se détruire, à tout détruire. Ma grand-mère, fille de vendeurs ambulants, était catholique et anarchiste. Son frère, ouvrier pauvre de l’industrie sardinière, était athée et communiste. Son mari, comptable de la mairie d’un village, était militant franquiste. Le frère de son mari, ouvrier agricole, fut enrôlé de force dans l’armée de Franco, entraîné à traquer les rouges. 

L’histoire la plus traumatique de la famille, qui revenait sans cesse, comme un symptôme, dans une tentative condamnée à l’échec de refaire sens, racontait comment le mari de ma grand-mère avait sorti de prison mon oncle, le communiste, le jour prévu de son exécution. Les dîners familiaux finissaient souvent dans les larmes de mon grand-père bourré qui criait à mon oncle : «Ils m’ont presque obligé à te tirer une balle dans le dos.» Ce à quoi mon oncle répondait : «Et qui nous dit que tu n’en aurais pas été capable ?» Interpellation suivie d’un cortège de reproches, qui dans mon oreille d’enfant sonnait comme une actualisation posthume de la même guerre. Ça n’avait ni sens ni résolution.

 

C’est seulement il y a quelques années que j’ai commencé à comprendre que ce ne fut pas la détermination idéologique, mais la confusion, le désespoir, la dépression, la faim, la jalousie et pourquoi ne pas le dire, l’imbécillité, qui les avaient conduits jusqu’à la guerre.

 

 Franco a sorti une légende de son képi, selon laquelle une alliance diabolique entre francs-maçons, juifs, homosexuels, communistes, Basques et Catalans menaçait de détruire l’Espagne. Mais c’est lui qui allait la détruire. Le national-catholicisme a inventé une nation qui n’existait pas, a dessiné le mythe d’une Espagne éternelle et nouvelle, au nom de laquelle mes oncles étaient sommés de s’entretuer. 

Comme autrefois en Espagne, un nouveau langage national-chrétien français cherche à inventer une nation française qui n’existe pas et qui ne propose que violence.

 

Je suis venu vivre en France en suivant les traces de 68, qu’on pouvait lire à travers une philosophie dont la puissance athlétique n’était comparable qu’au football espagnol.

 

 Je suis tombé amoureux de la langue française en lisant Derrida, Deleuze, Foucault, Guattari ; je désirais écrire cette langue, vivre dans cette langue. Mais par-dessus tout, j’imaginais la France comme le lieu dans lequel l’imbécillité qui mène au fascisme serait désagrégée par la force des institutions démocratiques - conçues pour encourager la critique plutôt que le consensus. Mais l’imbécillité et la confusion qui ont terrassé mes ancêtres ibériques pourraient bien atteindre la France.

J’ai du mal à croire, ces derniers temps, à la fascination qu’exerce le langage de la haine tenu par le national-christianisme français, à la vélocité avec laquelle accourent ses sympathisants, qu’ils soient dans l’opposition ou au gouvernement - comme Valls qui applique avec fierté des politiques lepénistes au sein d’un gouvernement socialiste. L’extrême droite, la droite et une partie de la gauche (ceux qui croient que les Roms, les émigrants, les musulmans, les juifs, les Noirs, les homosexuels, les féministes… sont la cause de la décadence nationale) entendent démontrer que la solution aux problèmes sociaux et économiques viendra de l’application de techniques d’exclusion et de mort contre une partie de la population. 

J’ai du mal à croire que 20% des Français soient dans une telle confusion qu’ils fondent un espoir de futur sur la forme la plus antique et brutale de gouvernement : la nécropolitique - le gouvernement d’une population par l’application des techniques de mort sur une partie (ou la totalité) de cette même population, au bénéfice non de la population, mais d’une définition souveraine et religieuse de l’identité nationale.

 

Ce que préconisent les langages national-chrétiens quand ils agitent le drapeau de la rupture et de la rébellion sociale ne peut être appelé politique, mais guerre. La militarisation des relations sociales. La transformation de l’espace publique en espace surveillé. Fermer les frontières, blinder les utérus, expulser les étrangers et les émigrants, leur interdire de travailler, de se loger, de se soigner, éradiquer le judaïsme, l’islam, enfermer ou exterminer les Noirs, les homosexuels, les transsexuels… En définitive, il s’agit de nous expliquer que certains corps de la République ne doivent pas avoir accès aux techniques de gouvernement, en fonction de leur identité nationale, sexuelle, raciale, religieuse, qu’il y a des corps nés pour gouverner et d’autres qui devraient rester les objets de la pratique gouvernementale. Si cette proposition politique les séduit, et je pense aux électeurs de Le Pen, dont les déclarations et les gestes m’ont hélas toujours été familiers, il faut l’appeler par son nom : qu’ils disent que ce qu’ils désirent, c’est la guerre, que ce qui leur convient, c’est la mort.

 

Cette chronique est assurée en alternance par Sandra Laugier, Michaël Fœssel, Beatriz Preciado et Frédéric Worms.

Beatriz PRECIADO philosophe, directrice du Programme d'études indépendantes musée d'Art contemporain de Barcelone (Macba)

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 12:18

250px-Capbreu_Argeles.jpg  Le capbreu d'Argelès (66)

 

Devoir de mémoire

 

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Le devoir, la notion ou l'expression de devoir de mémoire, telle qu'apparue en France au début des années 19901

Le devoir de mémoire désigne un devoir moral attribué à des États d'entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population, surtout s'ils en portent la responsabilité (en tant qu'États, non en tant que nations ou que régimes politiques, car c'est après un changement de régime que le devoir de mémoire, et d'éventuelles réparations, deviennent possibles). Par rapport à la tradition du droit public et de la guerre, il suit l'amnistie qui - dans un souci d'apaisement (au sens du retour à la paix) - impose un certain pardon mais non l'oubli.

Le devoir de mémoire, quand il commémore le sacrifice involontaire des victimes, diffère de certaines célébrations nationales commémoratives organisées par différents pays ou communautés pour rappeler et célébrer le sacrifice de leurs martyrs et de leurs héros, par le fait que dans le second cas ils ne sont pas des victimes et que leur sacrifice a été volontaire2.

Le devoir de mémoire a été reconnu officiellement dans certains cas, à travers des déclarations officielles et des textes de loi (lois mémorielles) à partir de la fin du xxe siècle. En singularisant la mémoire des victimes de la barbarie nazie par rapport aux autres devoirs de mémoire, ces lois ont provoqué un débat entre les historiens et des associations représentant différentes populations victimes.

 

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 Graveurs de mémoire
Nouveauté
s septembre 2013

 

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JOSELITO À L'ÂGE D'OR DU FLAMENCO : ce lundi ) 18h30 à la maison de la Région, avenue de la gare, Perpignan (sous l'égide du CML)

 
Ethnolog
ie d'une passion
Annie Cathelin
La Joselito débute sa carrière de danseuse de flamenco dès l'enfance, en Andalousie. Avant la Seconde Guerre mondiale, elle se fait connaître du public français qui la verra triompher à l'Opéra de Paris. Son histoire de vie nous éclaire sur cette société espagnole du début du XXe siècle qu'elle présente comme l'Âge d'or du flamenco, sur sa structure et ses valeurs, et apporte un éclairage particulier sur le milieu du flamenco qui, plus qu'un art, apparaît comme une culture.

(Coll. Graveurs de Mémoire, 14 euros, 136 p., septembre 2013) 

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LA CAISSE DE GRENADES
Mémo
ires
Raymond Juillard a 17 ans lorsqu'il est arrêté par la Gestapo allemande le 27 août 1943. C'est alors l'inéluctable filière : hôtel des Champs Élysées où siège la Kommandantur, puis la prison de Montluc à Lyon, où il est interrogé par Klaus Barbie. Puis, direction Compiègne, camp de regroupement avant le départ pour les camps de concentration allemands. Il arrive à Buchenwald le 17 décembre 1943. Après une année passée là-bas, il connaîtra cinq autres camps, de plus en plus terribles.

(19 euros, 190 p., septembre 2013

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CARDIOLOGUE ET CARDIAQUE
Au coeur d'une v
ie
ARMAND BENACERRAF
Un groupe de cardiologues face aux transformations que traverse leur spécialité, se lance dans un nouveau mode d'exercice de leur profession en créant un établissement hospitalier privé novateur : le Centre cardiologique du Nord. Ainsi, un groupe et ses équipes ont su viser, au cœur de la Seine-Saint-Denis, l'excellence médicale, tout en maîtrisant les défis économiques et sociétaux. Le narrateur atteint du mal qu'il doit soigner, apprendra finalement a peut-être mieux faire son métier.

(Coll. Graveurs de Mémoire, 18 euros, 182 p., septembre 2013

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CINQUANTE ANS AU QUARTIER LATIN
Une v
ie en musique et en chansons
J
ean Edouard Barbe
Préface de Bernard Bauvat
Jean Edouard Barbe se fait connaître en 1968 grâce à sa chanson Versaillais Versaillais, chanté dans les bars du Quartier latin, au concert Pacra, à la Sorbonne, dans les rues. A la suite de leur rencontre amicale sur la société anonyme, Eddy Mitchell et Jean Edouard Barbe, écrivent le texte de la chanson Dodo métro boulot dodo, sur une musique de Pierre Papadiamandis. S'ensuivront de nombreuses autres créations et la parution de cinq albums ou CD.

(Coll. Graveurs de Mémoire, 23 euros, 278 p., septembre 2013

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ENTERRONS L'ENFANT DE LA VEUVE AVEC SA MÈRE
Or
phelin en pays tchadien - Récit autobiographique
Djona Atchénémou Avocksouma
Préface de Raphaël Akpa Gbary
Lorsqu'éclate la guerre civile au Tchad en 1979, Djona est emprisonné par les hommes d'Hissein Habré à l'abattoir de Diguel. Il s'en sort à bon compte pour avoir sauvé la vie de l'un de ses geôliers. Réfugié politique, il parcourt alors le monde à l'occasion de ses études universitaires (Congo, France, Canada). Malheureusement, " il lâche la proie en Occident pour l'ombre " au CIESPAC (Centre Inter-États d'Enseignement Supérieur en Santé Publique), où il affronte la nébuleuse " Françafrique ".

(Coll. Graveurs de Mémoire, 23,euros, 270 p., septembre 2013

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ITINÉRAIRE D'UN ARCHITECTE BRUT DE DÉCOFFRAGE
Patrick Coulombel
P
atrick Coulombel est président et cofondateur de la "Fondation Architectes de l'urgence" fondée en 2011. Ouvrier d'usine, enseignant, puis marin, il arrive par hasard en école d'architecture. Il nous relate dans cet ouvrage son parcours de fils d'immigrés italiens, de Dien Bien Phu à l'Afghanistan, qui l'a conduit à la création et au développement de cette organisation humanitaire.

(18 euros, 178 p., septembre 2013

 

 

***Béatification controversée de "martyrs" de la guerre civile espagnole

(C) Le Monde.fr  13.10.2013 

La béatification, dimanche 13 octobre, en Espagne de plus de cinq cents religieux, pour beaucoup morts pendant la guerre civile aux mains de miliciens républicains, a provoqué l'indignation de victimes du franquisme. Alors que le pays peine à faire la lumière sur les exactions commises entre 1936 et 1939, les associations de victimes de la dictature de Francisco Franco ont dénoncé cette béatification comme un "acte politique d'affirmation franquiste".

"Je m'unis de tout cœur à tous les participants à la célébration", a pour sa part déclaré le pape François dans une vidéo enregistrée, qui a été saluée par des applaudissements nourris à Tarragone, sur la côte orientale de l'Espagne, où les organisateurs attendaient notamment deux mille sept cent vingt religieux et près de quatre mille proches des béatifiés. Le gouvernement conservateur était représenté par ses ministres de la justice, Alberto Ruiz Gallardon, et de l'intérieur, Jorge Fernandez Diaz. Le président de la région de la Catalogne, Artur Mas, était aussi présent.

LA PLUS GRANDE BÉATIFICATION DE L'HISTOIRE DE L'ÉGLISE

Dédiée aux "martyrs du XXe siècle en Espagne", la cérémonie de béatification de cinq cent vingt-deux religieux, morts pour la grande majorité pendant la guerre civile qui a déchiré l'Espagne entre 1936 et 1939, était présentée par les médias espagnols comme "la plus grande béatification de l'histoire de l'Eglise".

Parmi les béatifiés figurent cinq cent quinze Espagnols et sept étrangers, dont trois Français. Pendant la cérémonie, leurs noms ont été énumérés et une immense affiche avec leurs portraits avait été déployée. Le plus jeune des béatifiés, José Sanchez Rodriguez, membre de l'ordre du Carmel, "a été assassiné à 18 ans contre le mur du cimetière" d'un quartier de Madrid, à l'aube du 18 août 1936, avec sept autres religieux, par "un groupe de miliciens", relatait l'archevêché de Madrid.

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La plus âgée, sœur Aurora Lopez Gonzalez, avait fui en juillet 1936 son couvent des alentours de Madrid lorsqu'elle "fut prise par les révolutionnaires". Elle fut "exécutée, probablement dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936" à l'âge de 86 ans.

La conférence épiscopale espagnole avait apparemment voulu éviter la controverse politique en ne faisant pas allusion à la guerre civile dans l'annonce de la cérémonie, usant du terme plus large de "martyrs du XXe siècle". Juste avant la prière de l'Angélus, au Vatican, le pape a été plus explicite, déclarant que ce dimanche "sont proclamés bienheureux à Tarragone environ cinq cents martyrs tués pour leur foi pendant la guerre civile espagnole des années trente du siècle dernier".

"UN ACTE POLITITIQUE D'AFFIRMATION FRANQUISTE"

Pour les associations de victimes de la dictature de Francisco Franco (1939-1975), la béatification était bien un "acte politique d'affirmation franquiste".

"Vous devez savoir que l'Eglise catholique a soutenu le soulèvement militaire de Franco contre la République espagnole en 1936, a considéré la guerre civile comme 'une croisade' en soutenant les généraux qui s'étaient soulevés, a légitimé la dictature fasciste et la féroce répression que celle-ci a exercée sur les Espagnols", a écrit la Plate-forme pour une commission de la vérité sur les crimes du franquisme, qui affirme rassembler plus d'une centaine d'associations, dans une lettre adressée au pape François et diffusée vendredi.

"Après la mort du dictateur, rien n'a changé. (...) D'un côté, la hiérarchie catholique espagnole (...) honore certaines victimes avec des béatifications et canonisations en masse et de l'autre, elle oublie celles de la répression franquiste", poursuivait-elle en réclamant l'annulation de la cérémonie.

Parmi les milieux les plus progressistes de l'Eglise, minoritaires en Espagne, des voix s'étaient aussi élevées avant la béatification. "Soixante-quinze ans après ces faits, la hiérarchie de l'Eglise catholique semble vouloir maintenir ouvertes les blessures, en honorant massivement les victimes d'un seul camp", écrivait à la fin de septembre dans un éditorial Redes Cristianas, une plate-forme qui dit réunir "plus de deux cents (...) mouvements catholiques de base" en Espagne.

Malgré la pression internationale accrue ces dernières semaines, avec une demande des Nations unies d'enquêter sur le sort de dizaines de milliers de disparus victimes du franquisme et une enquête ouverte par la justice argentine, l'Espagne invoque une loi d'amnistie pour refuser d'ouvrir ce douloureux dossier.

 

 

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