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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 09:20

debat-dfmmes-collioure.jpg   bat "féministe" lors du festival du livre de Collioure (août 2013) : à droite, deux des sociologues auteures du rapport sur la prostitution à la frontière des 2 Catalognes ("Du visible à l'invisible", Balzac éditeur, 2003)

 

 ---

 

On peut vouloir l'occulter, instaurer l'omerta, la mettre dans des hôtels claquemurés et des chambres closes, la prostitution est éternelle, indéracinable. ..

 

Comme la guerre, hélas, elle est un besoin, une passion du mâle; et les femmes, féministes ou pas ne peuvent l'interdire ou la supprimer... Pourquoi ?

 

   D'abord, de façon simpliste et évidente parce qu'il y a, à toutes les époques, des femmes qui se prostituent : par obligation (gagner de l'argent), facilité (ça rapporte plus que de faire des ménages), ou plaisir (rarement) !

 

Surtout, il persiste, le commerce des  corps parce que tous les hommes n'ont pas l'aisance ou le physique pour séduire; le laid, le handicapé, l'introverti, ont recours à la liberté de l'échange monnayé...

 

Si 12 à 18 % des hommes (enquête récente) ont recours à la prostitution, par internet de plus en plus, c'est pour assouvir des fantasmes, réaliser des pratiques impossibles dans le couple, connaître des femmes nouvelles, hors-normes, belles, inatteignables dans le quotidien, trouver variété et diversité dans les pratiques sexuelles, fréquenter une femme qui ne vous juge pas, ouverte à toutes les lubbies corporelles, sans tabou... La prostitution est souvent un défouloir, une solution pour éviter un trop grand nombre de viols et de violences (même si la violence est omnipsente à l'encontre d'un corps acheté !).

 

Ces hommes ne sont pas tous des monstres ou des malades : la majorité d'entre eux condamnent le proxénétisme, la traite des êtres humains.

 

La prostitution leur paraît nécessaire, indéracinable; c'est pourquoi la pénalisation leur semble injuste, ridicule : un autre façon pour l'Etat de vous prendre de l'argent...

 

Quant à la morale, condamnons d'abord les va-t-en guerre, les marchands d'armes, les politiciens qui trahissent la démocratie, etc...la liste est longue ! Hélas, encore une foi !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 10:15

 

images-copie-23      Après le point de vue des sociologues Tarrius et Sistach (analyses dans RUIXAT n°2, voir le blogabonnel d'hier), voici des compte-rendus du livre de sociologues, dont le travail sur les "puticlubs" de la frontière ont été financés par le CG66 et publiés aux éditions Balzac.

 

Il est à noter d'abord, si l'on compare les deux études, que les auteures du Conseil général ont choisi la graphie catalane de "La Jonquera", tandis que les sociologues de "Ruixat" ont conservé la graphie castillane "La Junquera". Cette graphie est sans aucun doute très signifiante...

 

Nous avons invité, le 23.8 dernier (surtout Robert Triquère, directeur du festival et éditeur) les auteures de ce livre au festival du livre de Collioure, pour un débat de femmes sur la défense des droits des femmes : l'erreur a peut-être été de ne réunir que des femmes sur ce plateau au lieu de les confronter à des hommes (D.Sistach...) sur le même sujet. 

 

   Cependant le jugement d'A.Tarrius et de D.Sistach, sur l'analyse des féministes Aude Harlé, Lise Jacquez... est très sévère (voir pages 55, 57 et 58 de la revue Ruixat.) :

 

"Une  étude commanditée par l'exécutif départemental 66 consacre à cet "arrêt sur images et morale commodes". Sans analyser les rôles de l'argent, des drogues, des bourgeois locaux, des mafias russes-italiennes, des hommes de main géorgiens, des camionneurs complices, de la perversion clientèliste de l'action publique locale, il ne reste qu'à stigmatiser les femmes visibles près des carrefours, sans même leur parler : en elle-même la m'éthode porte le stigmate..."

 

 

 

** siteon0-e5814.png

dernière mise à jour ¬ 11/09/13 | mercredi 11 septembre 2013 | je m'abonne

 

Bordels de la Jonquera, parcs d’attraction machistes : une étude percutante met du sel sur les plaies

juin 2013, par Claudine Legardinier

Enfin une analyse solide – et passionnante – sur l’impact des "puticlubs" de la Jonquera à la frontière catalane. En ouvrant des parcs d’attractions façon Disney pour une nouvelle génération de "clients" français, les industriels du sexe ne font que réactualiser les valeurs les plus traditionnelles du machisme en les relookant sous l’emballage attrayant du loisir, de la pornographie et de la consommation. Et les femmes, toutes les femmes, en payent le prix.

“A la frontera tot s’hi val [1]” : à la frontière, tous les coups sont permis. Cette expression commune en pays catalan frontalier est une parfaite illustration de la nouvelle donne liée à la floraison des bordels dans la région de la Jonquera. Dans cette zone duty free, le chaland se fournit en essence, tabac et alcool à bon marché, auxquels il peut ajouter une marchandise femme de plus en plus prisée : souvent des Roumaines, largement contrôlées par des groupes mafieux [2].

Ce que décrivent Aude Harlé, Lise Jacquez, Yoshée de Fisser, les auteures, qui ont exploré à la fois l’impact des bordels sur la vie des habitants de la Jonquera, sur la jeunesse des Pyrénées-Orientales et leur traitement dans les médias , est une véritable culture qui imprègne désormais le sud de la France. Dans les Pyrénées-Orientales, “aller à la frontière” est devenu banal. Un homme peut s’en vanter, d’autant qu’un bordel comme le Dallas fait l’objet de chansons et que des équipes sportives disent aller s’y “détendre”.

Pour les habitants de la Jonquera, opère un effet de miroir entre la prostitution de rue et celle des bordels : forcée et sale dans la rue, elle serait libre et bénéficierait de garanties d’hygiène en « club ». Ce qu’il faut éradiquer, c’est la prostitution visible dans l’espace public. Sur les bordels eux-mêmes, les habitants sont ambivalents. Leur présence est déplorable en termes d’image mais leurs rentrées font vivre la commune : une dizaine de salons de coiffure, des bars, des restaurants, des chauffeurs de taxi, des pharmaciens, des acteurs de la presse locale…

La prostitution est un sujet qui se prête à toutes sortes de croyances et de représentations. Une nouvelle preuve en est donnée ici, par exemple en ce qui concerne les représentations sur l’hygiène. Voulant en savoir plus, les chercheuses ont mené l’enquête… et n’ont pas trouvé trace des fameux contrôles médicaux tant promis. Quant à l’image de liberté et d’indépendance, les affaires les plus sordides –proxénétisme, viols et menaces - ne semblent pas pouvoir en venir à bout.

La région de La Jonquera est ainsi devenue un non-lieu, un « ailleurs » où la transgression est possible. Les tenanciers de ces parcs d’attractions à la Disney soignent leur politique de communication auprès de médias [3] rivalisant le plus souvent de zèle pour promouvoir ce versant porteur de la "modernité". Et ils travaillent le marketing en misant sur le côté Las Vegas, appâtant les jeunes hommes qui se voient en mesure de concrétiser un rêve que les auteures de l’étude appellent “l’utopie pornographique”.

C’est sans doute là l’aspect le plus passionnant de l’étude. Les entretiens montrent comment la fréquentation des « clubs » est devenu un rite initiatique. Les pairs, l’entourage - entraîneur sportif, père ou grand père... - exercent une forte pression sur les jeunes hommes. Un homme a le droit, et même le devoir, de satisfaire ses “besoins sexuels”. Il est alors “un vrai mec”, pas un “pédé”, il fait partie du groupe en énonçant ses performances, la compétition n’étant jamais loin. Fréquenter les prostituées tient de plus en plus de l’injonction sociale.

Mais ce travail viril n’est pas sans conséquences. Pour de nombreux jeunes des Pyrénées-Orientales, la prostitution est souvent devenue “le premier regard qu’ils portent sur la sexualité et le genre féminin sexué” ; ce qui ne peut qu’influer sur leurs comportements mais aussi sur leurs valeurs.

Leurs représentations sont édifiantes. Les prostituées ne sont pas des femmes ; ce sont des “filles”, des “putes”, des étrangères, faibles, faciles à manipuler et tenues au silence (“si elles se mettent à parler, ça casse tout”, dit un jeune "client") ; des sous-femmes ravalées au rang d’objet. Quant à leurs amies et compagnes, elles se trouvent face à la quadrature du cercle. Poussées à tout faire pour se distinguer des prostituées de façon à rester respectables socialement, elles bataillent dans le même temps pour être des “canons” sexuellement à la hauteur. Car les jeunes "clients" n’hésitent pas à se livrer à des comparaisons et même à exercer un chantage. Face à ces injonctions contradictoires, elles sont à la fois “pas assez pures” et “pas assez putes”. Certaines expriment la honte qu’elles ont de leur corps, leur sentiment d’impuissance, ce que les auteures appellent “une souffrance de l’être femme”.

On voit ainsi à quel point les jeunes femmes se trouvent soumises au contrôle et à l’auto-contrôle de leur sexualité, obligées de se soumettre à des normes pornographiques en oubliant leur propre désir et plaisir. Un imaginaire sexuel forgé par la prostitution et la pornographie renforce les schémas traditionnels de la domination masculine, exacerbe les normes virilistes, le virilisme pouvant être défini comme l’idéologie de la virilité avec ses imaginaires de domination, notamment dans le domaine de la sexualité.

Clairement, la fonction de la prostitution, ici magistralement illustrée, est profondément inscrite dans la culture machiste et remet en cause, pour les femmes, les avancées péniblement acquises en matière d’accès à la sexualité choisie. Comme le soulignent les auteures, “les clubs de la Jonquera concentrent les valeurs traditionnelles les plus sexistes et les valeurs marchandes et consuméristes de l’hypermodernité”.

Il fallait que ce soit dit. Le contexte culturel de valorisation de la prostitution a des conséquences sur l’ensemble des femmes, sur leur vécu et sur leur sexualité. Souhaitons que cet important travail suscite de nouvelles recherches sur la violence sociale qu’engendre la prostitution.

"A la frontera tot s’hi val". Effets-frontières dans l’Espace Catalan Transfrontalier : Vécus, usages sociaux et représentations du phénomène prostitutionnel, une étude d’Aude Harlé et Lise Jacquez, coordonnée par Sophie Avarguez, dirigée par Martine Camiade, de l’Institut Catalan de Recherche en Sciences Sociales - Université de Perpignan Via Domitia.

Cette étude a fait l’objet d’une publication :
Du visible à l’invisible : prostitution et effets-frontières. Vécus, usages sociaux et représentations dans l’Espace Catalan Transfrontalier, d’Aude Harlé, Lise Jacquez, Yoshée de Fisser, sous la direction de Sophie Avarguez, chez Balzac éditeur.

À lire sur le même sujet !

puce-72dd0.gif Notre interview de Ségolène Neuville, députée des Pyrénées-Orientales.
puce-72dd0.gif L’audition des auteures de l’étude par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale le 5 décembre 2012, à télécharger sur le site de l’Assemblée nationale ou sur la page de notre article : La Jonquera : Loi et ordre (des proxénètes).

[1] Voir au bas de cet article les références complètes de l’étude.

[2] L’Indépendant, « 215 jeunes Roumaines travaillaient en esclaves au Dallas », 21 février 2013.

[3] L’étude salue toutefois le quotidien L’Indépendant, seul média un peu critique.

 

**Vécus, usages sociaux et représentations dans l’Espace Catalan Transfrontalier

 

Sophie Avarguez (direction), Aude Harlé, Lise Jacquez, Yoshée de Fisser

 

Cette étude sociologique a été menée dans l’Espace Catalan Transfrontalier, qui englobe le département des Pyrénées-Orientales et la comarque de Gérone. L’expression « A la fronteratot s’hi val » reprise maintes fois lors des entretiens menés auprès des habitants de la Jonquera à propos du développement de la prostitution dans leur ville, est à la fois le point de départ de notre réflexion et son aboutissement. Cette expression difficile à traduire « à la frontière tout se vaut », « à la frontière tout est possible » ou encore « à la frontière, tous les coups sont permis » reflète les spécificités de ce territoire et du phénomène prostitutionnel.

 

Sous la direction de Sophie Avarguez, Aude Harlé, Lise Jacquez et Yoshée De Fisser se sont intéressées, au travers des effets-frontières au phénomène prostitutionnel. Quelle place occupe-t-il ? Quelles répercussions a-t-il sur les habitant(e)s de part et d’autre de la frontière ? Le phénomène prostitutionnel n’est donc pas étudié en soi mais interrogé, de manière indirecte et périphérique, dans sa dimension vécue afin de faire émerger à la fois les représentations de la prostitution et les usages sociaux qui en découlent. 

 

     En privilégiant la démarche compréhensive, les auteures ont co-construit leur analyse avec les différents protagonistes directs et indirects du phénomène prostitutionnel, elles ont envisagé leur étude sous trois angles : la première partie s’intéresse à celles et ceux qui vivent ou travaillent au quotidien à la Jonquera. Comment perçoivent-ils leur ville et plus spécifiquement l’activité prostitutionnelle qui s’y déploie ? Quelles en sont les incidences sur leurs modes de vie et sur le vivre-ensemble ?

 

Alors que la deuxième partie décrit la connaissance du phénomène prostitutionnel dit « de la Jonquera » chez les jeunes hommes et femmes des Pyrénées-Orientales en s’attachant plus précisément à décrypter lesperceptions et les incidences de ce phénomène. Quels effets a-t-il sur leurs vécus et plus particulièrement sur les représentations et l’imaginaire de la sexualité ? Comment influence-t-il les rapports sociaux de sexe ?

 

La troisième partie enfin porte sur le traitement médiatique de la prostitution dans le département des Pyrénées-Orientales. Sous quels angles les médias appréhendent-ils ce phénomène ? Quelles représentations véhiculent-ils ?

Prostitution.jpg

Du visible à l’invisible : prostitution et effets-frontières (Balzac éditeur)

(ISBN : 978-2-913907-81) - 20.00 €

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 09:43

images-copie-24.jpeg  Un des célèbres bordels du village frontalier de La Jonquera (Catalogne)

 

 

En ce frais matin de fin d'été, je reste encore sous la couette. Moins par crainte du froid que de l'angoisse de rencontrer dans la rue un de ces bourgeois-rentier-mafieux, homme politique ou décideur économique des Pyrénées-Orientales, décrit dans la courageuse revue RUIXAT *

 

En préface, D.Sistach, professeur à l'Université de Perpignan, après avoir défini le projet et les enjeux du collectif de sociologues "sud de France" (sic!) donne le ton : "Perpignan et ses alentours, abandonnés au sud de nulle part, se trouvent en rupture du territoire national, tant en terme économique que social, et constituent un espace singulier de la mondialisation des flux financiers et humains. La ville est donc un laboratoire économique et social de la récession française..." (page 10)

 

La cité catalane est encore définie plus loin : "Perpignan est en ce sens un organon  géopolitique de la mondialisation et probablement un lieu d'avant-garde qui se constitue in extenso et au-delà des vieilles frontières des Etats-Nations,...qui se déploie jusqu'à Barcelone et au-delà même, dans les ports de la mer noire, en Afrique du Nord, en banlieue parisienne...

 

Présentant le sommaire, il est marrant que le rédacteur en chef parle de lui à la 3° personne : "C'est ce que démontrent Marino, D.Sistach et J.P.Carrère, en présentant le détail des formes clientélaires du modèle électoral roussillonnais, ses formes familiales et communautaires..Ce clientélisme n'est pas que l'objet du négoce local est au fondement de la conduite des affaires de la cité..." (p.11)

 

 

Le froid des mots et la brutalité du constat me glacent; je demeure dans ma couette, n'ouvrant pas les volets sur la ville infâme où je naquis, Perpignan "la Catalane" (inventa J.Paul Alduy), désormais "la pied-noir" avec son musée algérianiste, son mur des disparus et son hommage aux généraux de l'Algérie française au cimetière du nord...

 

Alain Tarrius, qu'on ne présente plus (université de Toulouse Le Mirail, laboratoire CNRS- nous fait découvrir, avec son étude  passionnante : "prostitution et drogues à La Junquera", la nouvelle rentre transfrontalière pour les P.O. avec sa traversée du clientélisme, de l'identitarisme, du communautarisme, dresse le taleau terrible de "la fragmentation politique de la société perpignanaise...

On redoute de tomber, à la Loge ou place de la République, sur de tels hommes politiques, politiciens mafieux et sans vergogne...On ne s'étonne plus des progrès du Front national. Avec de telles conduites lâches et personnelles, les monstres ont de beaux jours devant eux...

 

Dois-je rester sous ma couette, lâche moi aussi, ou sortir dans la rue et tenter une sorte de révolution... Face à cette structure mafieuse ancienne et si bien structurée, il faudra être nombreux pour nettoyer les écuries de Perpinya,  d'Augias et de Bompas !!!!

 

 

* prononcer "rouchat", en catalan : orage soudain et bref qui vous inonde et vous glace le dos... Certte "revue transdisciplinaire en sciences sociales" a le don de vous secouer avec les douches froides déclenchées  par Alain Tarrius, Dominique Sistach, Medhi Alioua, Lamia Missaoui, Caroline Trouillet, Martine Arino, Jean-Paul Carrère. (13 euros une fois l'an).

 

(à suivre - prostitution 2 : le rapport commandé par le Conseil général, publié par Balzac éditeur)

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 11:29

frontiere-cerbere.JPG (photo Jean-Pierre Bonnel)

 

   Il faudrait revenir sur l'idée de frontière et d'indépendance : la via catalana tracée le 11 septembre dernier.

 

Revenir à l'inutilité de Visa, récupéré par les politiques, les commerciaux, les décideurs financiers, organisant, les coucous profitant du nid et des initiatives des autres, autant de Visas off, ouf, boff, beauf... Loin du tragique des images et de l'actualité. Loi du pathétique. Pour le marché,le fric. Le cynisme jusqu'à la nausée !

 

Pour oublier colère et polémique  :

 

        Parler de cette belle soirée d'Eus, dans l'atelier de Jean Labellie, dans sa maison face au Canigou, dans l'étable où crèchent ses toiles pour l'exposition "Carrers...cosmogonies", rue de la soulane, carrer de la solà, rue de l'adret, où flotte une bannière colorée, sa fresque des galets bleus de la Têt... 

 

   Un samedi pas comme les autres, au vernissage joyeux, au repas dans la rue étroite, où s'accouplèrent la peinture et la scénographie (Bernard Cabanes, Guillaumes Lagnel), le cinéma (Jeanne Nicaise et amis des Rencontres de Prades, la chanson (Gisela Bellsola) et la musique (Michel maldonado)...


   il y eut d'autres amis, d'autres personnalités, qui, pour l'heure, me sont anonymes : l'amitié est un long chemin, comme l'exprime l'itinéraire de Jean Labellie...

 

L'intérêt de la vie est de découvrir la beauté affective des hommes... A suivre...

 

Revue de p(a)resse :

 

* Il faut lire cette semaine...La Semaine du Roussillon, qui a su si bien parler du festival du livre de Collioure, grâce à Victor Simal. (1,70 euros l'hebdo).

 

** Lire aussi "Cap Catalogne" pour le portrait de Marie Costa, célébrant le Vallespir. (3 euros), et les photos de Hugues Argence.

 

***L'Express a tenté de faire du bruit avec son édition régionale du 4 septembre sur " Perpignan et les Catalans" On y retrouve un vague historique, l'affirmation d'une identité (déclare Jaume Roure) alors qu'on doute et que l'on constate que le catalan est en voie d'extinction dans la cité... On interroge les mêmes : J.Pujol, des cadres de Paris, Joan Lluis Lluis l'écrivain,, Ralph Dumas le musicien, et Eliane Comelade : à son propos, on déteste la périphrase qui veut la définir "papesse de la gastronomie" : Eliane est plus que cela, culture, mémoire, érudition..! 

 

   On en sort peu apaisé, de ce dossier bidon et pas béton : un département "sud de France", au fin fond d'un cul-de-sac, Barcelone nous ignorant et Montpellier nous méprisant (Le conseil régional aidant peu le 66...) Alors, on continue dans notre marigot...

 

C'est le sujet de l'excellente revue RUIXAT, écrite par des sociologues d'ici, et éditée pat les éditions Trabucaire. Le clientélisme, un sujet passionnant ! On y revient, mais commencez à lire (13 euros, n°2, dans les bonnes librairies !)

 

 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 10:49

 

frontiere.JPG     Né à Perpignan, j'aime la Catalogne, ses territoires, ses créations, ses immenses artistes. Je me sens catalan, bien que ne parlant pas la langue. 

 

   Je suis un peu écartelé : français (et prof de français, aimant cette langue "universelle" !), j'ai appris le castillan au lycée.

   En outre, j'ai passé mon enfance dans l'Ariège, à entendre mes grands-parents parler l'occitan... Je me sens donc aussi "occitan" et français...

   Et comme j'aime beaucoup l'anglais, je me sens aussi européen, même si ces exilés -préfèrent rester dans leur île et leur utopie à la T.Moore...

J'adore enfin l'italien, mais,paresseux, je me contente de l'apprendre par l'intermédiaire des opéras...Je m'y perds donc un peu...

 

Retour donc à la journée mémorable du 11 septembre, où tout un peuple a organisé une "chaîne humaine" : je préférais, comme je l'ai dit avant-hier, le terme de "sardane humaine", mais comme les Catalans ont l'outrance du verbe, il vaut mieux parler de "chaîne" (ou de pieu, depuis l'estaca, chanson célèbre de Lluis LLach !).

 

Je voulais me rendre à la frontière, participer à ce grand rassemblement "main dans la main", mais plus pour assister, en témoin journaleux, à un événement, pour capter des images, des mots, des impressions...

 

  En fait, mon sentiment était que je ne me croyais pas assez "catalan" : porter des couleurs, un drapeau, lancer des mots brutaux, nationalistes, insulter Madrid la belle, symbole du pouvoir central, la noble langue castillane, nos ancêtres les Ibères, mépriser les grands penseurs (Ortega, Unamuno), les grands écrivains (Cervantès, Machado, Lorca), je ne pouvais pas en demandant la scecession...

 

Surtout, j'avais vu la veille un "clip" catalaniste, utilisant un péplum violent, sur une guerre médiévale ou une croisade : les héros, beaux et vainqueurs étaient les Catalans, tandis que les méchants étaient des monstres, des soldats hideux qu'il fallait massacrer : en chantant ce manichéisme radical, la cause de l'indépendance catalane ne pourra pas progresser.

 

Elle ne pourra pas gagner non plus -un sondage récent montre que (seulement !) 45% de la population est pour l'indépendance - si l'image des décideurs et politiciens de Barcelone est celle de bourgeois (même éclairés), de commerciaux proches de la mafia russe... 

 

   La "route catalane" du 11 septembre offrait enfin une image populaire, heureuse, généreuse, doublée d'un chant enthousiaste à l'opposé du "clip" incriminé ! 

 

   C'est à ce moment-là que je me suis vraiment senti catalan, enfin !

 

1208726_199269906917602_345724084_n.jpg.  VERNISSAGE - Jane Pilcher, artiste à la frontière entre figuratif et abstrait vous invite à découvrir son univers fait de pigments naturels, de lumière réfléchie sur les feuilles et les pétales, d'ombres cachées ... 

Exposition ouverte du 13 sept. au 20 oct. 

 

Vernissage vendredi 13 sept. à 18h30 - Château Royal de Collioure-

 

***JAZZ à tous les étages de Perpignan : *** Programme JAZZ  :  une soirée gratuite à partir de 19h, suivie d’un concert de la formation Aïnara (gratuit pour les adhérents Jazzèbre, 8€ pour les profanes). Vous trouverez ci-contre l’ensemble de la programmation du festival. Histoire de ne pas vous laisser surprendre par l’animal à rayures...

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SEPTEMBRE

Vendredi 13 - Perpignan
- 19h Soirée de présentation de la 25ème édition. Gratuit.
- 21h30 "Ainara" (Trio d’En Bas et le Trio Kej) 8€ / Gratuit.

Du Mercredi 25 au Samedi 28 - Perpignan:
9èmes Rencontres documentaires. Gratuit. 

Vendredi 27 - Perpignan, 21h.
Timbalayé, Septeto Nabori. 13€ / 10€ / 8€.

Dimanche 29 Collioure
- 9h30 Randonnée pédestre musicale. Gratuit.
- 13h Pique-nique musical avec la Fanfare du Festival et Enrique Salvador. 8€.

OCTOBRE

Mardi 1er
- Perpignan, 18h30. "Jazz en cours" avec les élèves du département Jazz du Conservatoire. Gratuit.

Mercredi 2 - Thuir, 18h30.
Mezcal Jazz Unit. 5€ / Gratuit.

Jeudi 3 - Prades, 21h.
Emile Parisien et Vincent Peirani 12€ / 9€ / 6€.

Vendredi 4 - Caunes Minervois (11), 21h.
Emile Parisien et Vincent Peirani. 12€ / 9€ / 6€.

Vendredi 4 - Cabestany, 21h.
Lydie Salvayre et Claude Barthélémy, lecture musicale. 10€ / 8€ / 6€.

Samedi 5 - Elne, 21h.
Emile Parisien et Vincent Peirani. 12€ / 9€ / 6€.

Dimanche 6 - Prat de Cest (11), à 17h.
Emile Parisien et Vincent Peirani. 15€.

Dimanche 6
- Perpignan -  9h - "L’échappée du Zèbre". Balade en vélo. Gratuit.
- 12h à Passa. Pique-Nique musical avec Papanosh. 8€.

Lundi 7 - Perpignan, 17h30.
Master Class avec Vincent Peirani. Gratuit.

Mardi 8 - Perpignan-18h30
- "Jazz en cours" avec les élèves du département Jazz du Conservatoire. Gratuit.
- 20h30 - Kamilya Jubran & Sarah Murcia. Michel Portal / Vincent Peirani / Hamid Drake. 22€/17€/ 15€/ 10€.

Mercredi 9 - Perpignan, 19h.
Jazz au cinéma Castillet avec une intervention musicale. Billetterie Cinéma. 

Jeudi 10 - Perpignan
- 18h30, Eve Risser solo. 8€ / Gratuit.
- 20h30, "Saiyuki" : Nguyên Lê / Mieko Miyazaki / Prabhu Edouard. Joachim Kühn / Christian Lillinger / Sébastien Boisseau. 22€/17€/ 15€/ 10€.

Jeudi 10 - Leucate, 19h.
Jazz au cinéma avec une intervention musicale. Billetterie Cinéma.

Vendredi 11 - Perpignan
- 18h30 Benjamin Flament / Clément Janinet. 8€ / Gratuit.
- 20h30 "Mediums" : V. Courtois / R. Fincker / D. Erdmann. John Abercrombie Quartet. 22€/17€/ 15€/ 10€.

Samedi 12 - Perpignan, 21h.
Anthony Joseph and The Spasm Band. 15€/ 12€ / 10€.

Dimanche 13 - Latour de France, 11h.
"Jazz et Vins" avec Impérial Orphéon. 13€ : verre dégustation + concert. 8€ : concert. 5€ : verre dégustation.

Lundi 14 - Perpignan, 17h30.
Master Class avec le trio Marcel et Solange. Gratuit.

Mardi 15 - Perpignan, 21h.
Marcel et Solange. 2€ / Gratuit.

Mercredi 16 - Perpignan, 20h30.
Looking For Abraxas. Erik Truffaz Quartet. 23€ à 13€/10€.

Jeudi 17 - Alénya, 21h.
Hélène Labarrière / Violaine Schwartz. 12€ / 9€ / 6€.

Vendredi 18 - Perpignan, 20h30.
Gregory Porter. 30€ à 19€ / 10€.

Samedi 19 - Céret, 18h.
Elodie Pasquier solo. Billetterie du Musée.

Dimanche 20 - Perpignan, 12h30.
"Pique-nique final" avec les Skamanians. Gratuit.

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Festival Jazzèbre, du 27 septembre au 20 octobre, à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales et dans l’Aude. Tarifs des concerts : concerts payants de 5€ à 30€, concerts gratuits. Tarif réduit avec la Carte CataCult (sur présentation de la carte en billetterie). Infos au 04.68.51.13.14 et sur www.jazzebre.com. Notez aussi que des invitations pour 2 personnes seront à gagner sur notre site (www.catacult.net), à commencer par la grande Festa Latina, vendredi 27 septembre à la Casa musicale à Perpignan.

--------------- Depuis cet été, la nouvelle mouture du site internet est en ligne. Au goût du jour, le site présente de belle manière le festival et il est même possible de réserver ses billets pour certains concerts). Le site a changé mais pas l’adresse bien sûr : www.jazzebre.com.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 14:10

poudre.jpg Depuis des années, c'est la mode des reconstitutions historiques : Foix est une des premières villes du sud à avoir créé des spectacles "historiques", sur Gaston Pbus...aux pieds du magnifique château... (à ce propos, lire le récent ouvrage magnifique de Patrice Tesseire-Dufour sur FOIX - édit. Loubatières)

 

Dommage que ces "animations estivales" donnent le plus souvent la parole aux vainqueurs (les rois de France) : je suis, en suivant la pensée de Walter Benjamin, pour donner la parole aux anonymes, et surtout auvaincus... Il semble que cet été, Foix a présenté un spectacle émouvant sur l'âme des Cathares...

Mais le catharisme est un mot utilisé à tort et à travers, pour le tourisme et le commerce, surtout dans l'Aude (pompes funèbres cathares, épicerie, gastronomie cathares...), sans fondement historique...

 

Les châteaux "cathares" (qui n'en sont pas) sont aussi mis à contribution: il faut lire les ouvrages d'Anne Brenon (directrice du centre national d'études  cathares René Nelli à Carcassonne) pour retrouver la vérité historique !

 

En cette fin août, des villages du Roussillon se mettent aux reconstitutions médiévales : bruit et fureur, le temps est à la guerre. Et Perpignan se lance dans l'aventure guerrière avec ses vendredis de la poudrière et surtout en ressuscitant la figure de Philippe Le Hardi...

 

Comme le dit si bien  Eric Forcada :Mais qui ou quelle institution donne son accord pour jouer ainsi à la guerre? Mystère, mystère... l'année dernière, pour les journées du patrimoine, le même organisateur invitait les Perpignanais a se mettre dans la peau de Philippe le Hardi, pour tuer symboliquement du catalan et jouer à réduire à nouveau la ville d'Elne... 

Arrêtons-le massacre ou plutôt ce triste jeu de massacre!!!!

 

 

 

 

Perpignan le Vendredi

Venez mettre le feu aux poudres

 par Office de Tourisme de Perpignan Rubrique Enfants

 

Une matinée ludique et instructive en famille à la Poudrière: bataillesmédiévales, construction de châteaux, création de blasons, histoire des fortifications.


 

Rendez-vous à la Poudrière, rue François Rabelais, les vendredis de 9h30 à 13h.

 

Batailles médiévales, construction de châteaux, création de blasons, histoire des fortifications. Quatre ateliers à la disposition des petits et grands:

- À vos bannières!: jouez les batailles du Moyen Âge avec des figurines Lego®

- Construis ton château: participez au concours du plus beau château. 

- Noblesse oblige!: réalisez votre propre blason selon les règles héraldiques du Moyen Âge. 

- À lassaut des murailles!: un livret-découverte pour connaître lhistoire militaire de Perpignan.

 

Tarif: 5 euros par personne, gratuit pour les moins de 12 ans.

 

Renseignement:

Office de Tourisme de Perpignan tél. + 33 (0)4 68 66 30 30

 

Billeterie:

Espace Palmarium tél. + 33 (0)4 68 86 08 51


* Je retranscris le très bel article de Jean-Michel SALVADOR sur le sujet (Merci au journal L'Indépendant) :

 

 

Perpignan Dans la peau de Philippe le Hardi : le jeu qui crée une polémique historique

Le 14 septembre par Jean-Michel Salvador (L'Indépendant)

 

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A Elne, une stèle résume, en catalan, les exactions commises en 1285 par les troupes françaises de Philippe le Hardi "dans la joie et l'allégresse" : le massacre des habitants, le viol de ses "femmes jusque sur l'autel" et la destruction pierre après pierre de la cité qui finira en cendres. PHOTO/Photos Marie-Thérèse Bernabé-Garrido

 

Pas content, Jordi Vera. Le conseiller municipal perpignanais (CDC) s'étonne, comme d'autres catalanistes et férus d'histoire, que la municipalité de Perpignan puisse organiser ce week-end à l'occasion des Journées du patrimoine, un jeu intitulé Reconstitution de la campagne militaire de Philippe Le Hardi.

Sanglante croisade
Un jeu gratuit et sans inscription qui invite les participants, "de 7 à 97 ans", à participer une heure durant (entre 13 h et 18 h) à une aventure inédite. Voici ce que l'on peut lire sur le site internet de la mairie : "Comme Philippe Le Hardi, réunissez (ndlr. réussissez ?) une 'croisade' et prenez la route de la Catalogne. Si les dés vous sont favorables, vous vous empa (re) rez peut-être de Perpignan, puis d'Elne et de Gérone... A vous de jouer !". Le rendez-vous est fixé au Castillet, place de la Victoire...

Le problème, rappelle l'élu d'opposition, c'est que le Hardi en question est le n°3 de la lignée des Capétiens et que le souverain n'a pas laissé que des bons souvenirs en Catalogne au cours de la croisade d'Aragon : "Il a mis la Catalogne à feu et à sang. A Elne par exemple, une stèle  rappelle les victimes qu'il a passées à l'épée". Collioure est passé tout près du cher et les cités de Salses, Perpignan, Laroque et Les Cluses ont été assiégées comme le rappelle le Service des affaires catalanes de la ville de Perpignan dans un communiqué énumérant les exactions du Roi de France.

"Comme jouer aux SS"

Et voilà comment la louable initiative du Service éducatif du patrimoine de la ville, estampillée du label Ville d'art et d'histoire, et animée par un guide conférencier, se retrouve au coeur de la polémique. Voilà comment l'animation à vocation pédagogique dérape en invitant les participants à raviver la mémoire du triste Sire à qui la Catalogne a payé un si lourd tribut. "C'est comme si la ville de Varsovie organisait un jeu de rôles où il faudrait incarner des Waffen-SS !", s'emporte Jordi Vera, assailli de coups de téléphone de catalanistes indignés de voir renaître le croisé sanguinaire de ses cendres et de celles qu'il a laissées lors de son funeste passage en Roussillon. Et voilà comment l'histoire dérape. Seule satisfaction pour l'élu perpignanais, que le sanglant parcours du Capétien se soit achevé à Perpignan : "Les Catalans ont eu sa peau".

La morale est donc sauve et l'histoire, aussi tragique soit-elle, jamais inutile à raconter. Plus périlleuse s'avère la façon de la rejouer, surtout en se mettant dans la peau de l'oppresseur.

  • Du massacre d'Elne à la mort du roi "cuit à Perpignan"

 

En 1285, Philippe III le Hardi, fils de Louis IX, lève une armée pour conquérir la couronne du royaume pyrénéen. En mars, la colonne met le cap sur Carcassonne et entre à Narbonne le 1er mai où il est rejoint par le roi Jacques II de Majorque, fâché avec son frère Pierre III d'Aragon. Les forces rassemblées sont impressionnantes : entre 100 000 et 300 000 soldats, 100 navires. Mais l'armée royale qui marche sur le Roussillon ne peut franchir les Pyrénées où se trouvent embusquées des troupes aragonaises et almogavares.

Collioure échappe au massacre
Les Français ne restent pas inactifs pour autant en Roussillon. Ils s'emparent de Perpignan et bien que Jacques II de Majorque, allié de Philippe III le Hardi, soit le gouverneur de la ville d'Elne, celle-ci est restée fidèle à Pierre III d'Aragon. L'armée du Capétien trompe son attente en lançant un premier assaut contre la cité. Les habitants obtiennent une trêve, mais ils en profitent pour correspondre avec les Aragonais de la montagne à l'aide de grands feux allumés sur la tour de l'église. Furieux, Philippe le Hardi ordonne un nouvel assaut et le cardinal Cholet, légat du pape, exhorte les croisés à n'épargner personne, "vu que les ennemis étaient des excommuniés et des ennemis de la Sainte Eglise". Le 25 mai 1285, on tue donc tout le monde, y compris les femmes et les enfants : la ville est mise à sac, puis rasée. Collioure ne devra son salut qu'à l'habileté de son gouverneur.

Repoussée au col de Panissars, cher au général romain Pompée (Le Perthus), l'armée parvient à franchir les Pyrénées au col de la Massana et prend Figueres. C'est le début du désastre pour le souverain qui verra sa flotte et ses galères décimées et brûlées près du port de Rosas et ses gens attaqués par l'ennemi et la maladie (typhus). Gérone tombe le 7 septembre, mais sera reprise le 13 octobre par les Aragonais, quelques jours seulement avant la mort du souverain tombé le 5 octobre à Perpignan au cours de la retraite de ses troupes en déroute. Sa dépouille, "cuite, affirme la légende" (et Jaume Roure), a été transportée à Saint-Denis où il est inhumé. Il avait 40 ans.

 

 

 

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 09:19

 

 

stora--Marielle-et-moi.jpg Benjamin Stora (à gauche), au musée Maillol à Banyuls. 

 

 

Il est des jours où, malgré le temps qui passe, on est heureux de vieillir... Un anniversaire comblé puisque je me suis rendu devant la "Méditerranée" (ou "La Pensée") de Maillol à la Métairie, en compagnie de Benjamin Stora, de sa compagne et de mon amie Marielle Marse...

 

En apprenant mon âge avancé en ce jour mémorable, B.Stora m'offrit son dernier livre (disponible dans les librairies, début septembre, éditions Stock, 12,50 euros) : "Camus brûlant, écrit en collaboration avec le documentariste Jean-Baptiste Péretié, sur l'affaire trouble de l'exposition sur Camus, prévue à Aix pour le 100ème anniversaire de sa naissance en novembre 2013.

 

Je me disais que j'avais bien de la chance d'être un des premiers lecteurs de ce livre, dédicacé aux Templiers de Collioure, et qui se lit comme un polar : l'écriture rapide, mais précise, sèche comme la lame d'un laguiole, qui se ferait du bien en rentrant dans le lard des protagonistes vulgaires, hypocrites et fanatiques de cette histoire presque marseillaise...

 

L'ouvrage débute de façon modérée en désirant montrer que l'affaire est "symptomatique et révèle les questions soulevées par Camus restent extrêmement sensibles et provoquent des tensions toujours vives..."

 

    Ensuite, Benjamin Stora et son complice expliquent le contexte de ce qui aurait dû être une belle histoire et a fini en polémique et gesticulations de nostalgiques de l'Algérie française...

 

Les deux auteurs travaillaient sur le projet depuis trois ans; le scénario qu'ils ont proposé aux organisateurs a été accepté;puis tout a vacillé : projet rejeté sans explication claire ! La raison de ce retournement : "La vision d'A.Camus que nous portions ainsi que la tentation de mettre l'écrivain au service d'une certaine ligne politique constituent selon nous l'arrière-plan qui éclaire cette affaire." (page 12)

En effet, l'action de la mairesse d'Aix, UMP, mais aux déclarations proches des idées du Front national, a été décisive...


   En outre, la structure "Marseille-Provence 2013" ne soutint guère les deux auteurs; il n'y eut que la ministre de la culture pour soutenir B.Stora et J.B.Péretié... 

 

Camus est détourné, Camus est récupéré alors par des responsables politiques extrémistes : "Dans ces milieux de la "nostalgérie", on aime à s'approprier Camus. On le présente, de façon simplificatrice, sous les traits d'un pied-noir pro-Algérie française." (page 26).

 

Camus est récupéré à Aix, mais aussi à Perpignan, par le maire UMP qui crée un musée algérianiste et un "mur des disparus" (p.35), en détournant une phrase extraite du roman "La Peste" !!! (On reviendra sur "l'affaire Perpignan" plus tard).

 

A ce moment-là, le "philosophe populaire" Michel Onfray, attiré peut-être par le pactole et la gloriole, se met sur les rangs, sans mauvaise conscience en trahissant un confrère, intellectuel, historien, prof d'université : M.Onfray, que l'on imaginait "de gauche", semble bien s'accorder avec la mairesse aixoise ! Puis, il fait volte face, il quitte le projet, tout en publiant, dans "Le Monde" un article amer, qui attaque les intellos parisiens, tous ces bobos qui n'ont pas, comme lui, l'esprit libre et l'âme libertaire...

 

Je ne vous en dis pas plus : ce petit livre est admirable ! Voltaire n'est pas mort, qui montre que la bêtise rôde toujours dans les villes du Midi (et d'ailleurs, hélas!). Avant que le livre ne soit disponible en librairie, vous pouvez venir demain vendredi au débat sur "Camus et l'Algérie" à Collioure (20h, centre culturel, entrée libre et gratuite, sans chiens de garde).

 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 11:40

images-copie-16.jpeg Benjamin Stora.

 

Avec la venue à Collioure (bat vendredi 23 août sur "Camus et l'Algérie" à 20 h, au centre culturel- entrée libre), le petit port catalan va effacer l'échec et la honte d'Aix-en-Provence : colloque annulé, B.Stora entravé, censuré, tour de cirque de Michel Onfray...)...

 

B. Stora sait que le milieu pied-noir du département est assez "extrémiste" (avec une influence forte du Front national), mais les débats à Collioure devraient rester calmes et avoir une bonne tenue. 

Dans la voiture, de Perpignan à Collioure, nous évoquons son enfance à Constantine, la publication de son dernier livre "Camus brûlant", son désir de se rendre à Figueres (musée Dali), à Banyuls (musée Maillol) et à Port-Bou (hommage à W.Benjamin); à ce propos, je lui donne mon livre sur Walter Benjamin, l'informant que le festival du livre 2014 serait consacré au philosophe juif allemand...

 

Ensuite, pour préparer les débats, rencontre avec Christine Lavaill, Robert Triquère et Daniel Guerrier; celui-ci connaît bien le sujet et il a avec B.Stora bien des connaissances et amis communs... Un débat qui promet !!

 

 

* Un livre à paraître sur l'exposition dAix-en-Provence - Benjamin Stora 

Camus-brulant-couv-4e.jpg

CAMUS BRÛLANT de Benjamin STORA & Jean-Baptiste PÉRETIÉ

Laffaire de lexposition sur Camus, prévue à Aix-en-Provence pour le centième anniversaire de sa naissance en novembre 2013, a fait scandale. Sollicité pour la concevoir, ce quil fit avec Jean-Baptiste Péretié, Benjamin Stora fut ensuite brutalement évincé et remplacé par Michel Onfray, qui accepta puis finit par renoncer.

Au-delà de la polémique, cette affaire est symptomatique et révèle combien les questions soulevées par lauteur de LÉtranger restent extrêmement sensibles et provoquent des tensions toujours vives. Cest évidemment le cas de la question coloniale et de l ombre portée de la guerre d Algérie dans la société française daujourdhui. Nombreux sont ceux qui voudraient annexer Camus, le lire de façon univoque, l enrôler dans leur combat politique, notamment à lextrême droite. Peine perdue, la complexité de cet homme entre deux rives ne saurait être réduite à une cause ou une identité.
Dans ce texte vif et précis, Benjamin Stora et Jean-Baptiste Péretié dénoncent ces tentatives de captation multiples. Ils montrent aussi combien la position de lécrivain pendant la guerre dindépendance fait encore polémique en Algérie. Camus est toujours brûlant.

Editions Stock Paris


Benjamin Stora né le 2 décembre 1950 à Constantine en Algérie, est un historien français, professeur à l'université Paris-XIII et à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Ses recherches portent sur l'histoire du Maghreb contemporain, l'Algérie coloniale, les guerres de décolonisation et l'immigration en France.

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Benjamin Stora au 19e Maghreb des livres (Paris, le 16 février 2013).

Benjamin Stora grandit dans la communauté juive de Constantine, où il assiste au drame de la guerre d’Algérie et au terme de laquelle ses parents s’exilent en juin 1962 vers la France1. Il fait ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly à Paris, puis au lycée Marcel Roby de Saint-Germain-en-Laye et à l'université Paris-X Nanterre.

Docteur en histoire en 1978 à l'EHESS, (jury: Jacques Berque, Charles-Robert Ageron, Annie Rey Goldzeiguer) puis en sociologie en 1984 à Paris 7, (Jury: Pierre Fougeyrollas, Jean Duvignaud, Pierre Ansart, Gerard Namer) et docteur d'État ès lettres en 1991 à Paris 12, (Jury: Charles Robert Ageron, Jean Leca, Mohammed Harbi, Gilbert Meynier, René Gallissot) il enseigne l'histoire du Maghreb et de la colonisation française (Indochine-Afrique) et co-dirige l'Institut Maghreb-Europe à Paris VIII-St Denis depuis 1990. Il a également enseigné à l'INALCO et, actuellement, est en poste à l'université Paris XIII. Il a poursuivi ses recherches à Hanoi, (1996-1997), New York (1998), à Rabat au Centre Jacques Berque (1998-2002), et à l'université libre de Berlin en 2011. Il s'est intéressé, notamment, à Messali Hadj, aux luttes entre indépendantistes algériens (Front de libération nationale contre Mouvement national algérien), à l'histoire des Juifs d'Algérie, et à la mémoire de la guerre d'Algérie. Chercheur internationalement reconnu, il a su faire avancer la recherche sur la guerre d'Algérie en utilisant les sources orales et visuelles, là où les archives écrites n'étaient pas toujours accessibles.

Benjamin Stora a publié une trentaine d'ouvrages et a dirigé plusieurs publications. Il a également été conseiller historique du film Indochine de Régis Wargnier, de Là-bas... mon pays d'Alexandre Arcady en 2000, du Premier homme, de Gianni Amelio (2010), adaptation pour le cinéma du roman d'Albert Camus, et du film Les Hommes libres d'Ismaël Ferroukhi, présenté au Festival de Cannes en 2011. Il est l'auteur de plusieurs documentaires : Les années algériennes (France 2, 1991) ; Algérie, années de cendres, (France 3, 1995) ; L'indépendance aux deux visages (France 5, 2002) et Conversations avec les hommes de la révolution algérienne (Chaine Histoire, 2003) ; François Mitterrand et la guerre d'Algérie (France 2, 2010) ; La Loi de mon pays (France 3, 2011). Le 11 mars 2012, le documentaire Guerre d'Algérie, la déchirure (co-réalisé avec Gabriel Le Bomin) est diffusé en prime-time sur France 2. Avec Jean-Michel Meurice, il est l'auteur du documentaire Notre histoire, diffusé le 13 mars 2012 sur ARTE.

Benjamin Stora a été le commissaire général des Expositions, La France en guerre d'Algérie, avec Jean-Pierre Rioux et Laurent Gervereau (Hôtel des Invalides, 1992), et Photographier la guerre d'Algérie, avec Laurent Gervreau (Hôtel de Sully, 2004). Il a été l'un des conseillers scientifiques de l'exposition « Juifs d'Algérie » au Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme (septembre 2012-janvier 2013), et commissaire général, avec Linda Amiri, de l'exposition « Vies d'exils, les Algériens en France, 1954-1962 », à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration (octobre 2012-mai 2013).

Il est membre du jury du Prix du livre d'Histoire décerné par le Sénat.

Benjamin Stora a reçu le Grand Prix des lectrices de ELLE, 2011, pour son livre-objet publié aux éditions Les Arènes, Algérie 1954-1962 : lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 20092 et officier des Arts et des Lettres.

 

Bibliographie

  • Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, 1926-1954, L'Harmattan, 1985, 404 p.
  • Messali Hadj : pionnier du nationalisme algérien, L'Harmattan, 1987, Hachette, Paris 2004, (ISBN 2-0127-9190-5).
  • Nationalistes algériens et révolutionnaires français au temps du Front populaire, L'Harmattan, 1987, 140 p.
  • Les sources du nationalisme algérien : parcours idéologiques, origine des acteurs, L'Harmattan, 1989, 195 p.
  • Histoire de l'Algérie coloniale (1830-1954), La Découverte, Paris, 1991 et 2004, 126 p., (ISBN 2-7071-4466-5).
  • La gangrène et l'oubli : la mémoire de la guerre d'Algérie, La Découverte, 1998 et 2005
  • Ils venaient d'Algérie : l'immigration algérienne en France (1912-1992), Arthème Fayard, 1992, 492 p.
  • Aide-mémoire de l'immigration algérienne : chronologie (1922-1962). Bibliographie, C.I.E.M.I., 1992, 136 p.
  • Histoire de la guerre d'Algérie, La Découverte, Paris, 1993 et 2004 (ISBN 2-7071-4293-X).
  • La Guerre d'Algérie, 1934-2004 : la fin de l'amnésie (avec Mohammed Harbi), Robert Laffont, Paris 2004 (ISBN 2-2211-0024-7)
  • Histoire de l'Algérie depuis l'indépendance. Tome 1, 1962-1988, éditions La Découverte Paris, 1994, 120 p., (ISBN 2-7071-4405-3)
  • Ferhat Abbas, une utopie algérienne (avec Zakya Daoud), Éd. Denoël, 1994
  • L'Algérie en 1995, Éditions Michalon, 1995 (ISBN 2-84186-013-2)
  • Benjamin Stora, Les mots de la guerre d’Algérie, Presses universitaires du Mirail, 2005 (ISBN 9782858167777) [présentation en ligne]
  • Imaginaires de guerre, Algérie-Viêt Nam en France et aux États-Unis, Paris, La Découverte 1997 (ISBN 2-7071-4308-1)
  • Appelés en guerre d'Algérie, Gallimard, 1997
  • Algérie, formation d'une nation, suivi de Impressions dans l'est algérien, Éditions Atlantica, 1998
  • Le transfert d'une mémoire : de l'« Algérie française » au racisme anti-arabe, La Découverte, 1999
  • Les 100 portes du Maghreb, avec Akram Ellyas, Éditions de l'Atelier, 1999
  • La dernière génération d'octobre, Ed. Stock, 2003. 
  • La guerre invisible - Algérie années 90, Éd. Presses de Sciences Po, 2000
  • Les trois exils, Juifs d'Algérie, Stock, Paris 2006 (ISBN 2-2340-5863-5)
  • Immigrances : l'immigration en France au xxe siècle (avec Emile Temine), Hachette Littératures, Paris 2007 (ISBN 2-0123-7261-9)
  • La guerre des mémoires : la France face à son passé colonial (entretiens avec T. Leclère), Éditions de l'Aube, 2007
  • Les guerres sans fin, un historien entre la France et l'Algérie, Éd. Stock, Paris 2008. (ISBN 978-2-23450-6051-7)
  • Les immigrés algériens en France : une histoire politique, 1912-1962, Hachette Littératures, 2009
  • Le mystère De Gaulle : son choix pour l'Algérie, Robert Laffont, 2009
  • Mitterrand et la guerre d'Algérie, avec François Malye, Calmann-Lévy, 2010
  • Algérie 1954-1962 : lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre, éditions Les Arènes, 2010
  • Le nationalisme algérien avant 1954, CNRS éditions, 2010.
  • Bibliographie de l'Algérie indépendante, 1962-2010, avec Christian Boyer, Éd. CNRS, 2011.
  • Le 89 arabe, réflexions sur les révolutions en cours, dialogue avec Edwy Plenel, Ed. Stock, 2011.(ISBN 978-2-2340-7112-.4)
  • La guerre d'Algérie vue par les Algériens, avec Renaud de Rochebrune, Ed Denoël, 2011.
  • Charonne ou l'oubli impossible, préface de la bande dessinée Dans l'ombre de Charonne de Désirée et Alain Frappier, Éditions du Mauconduit, janvier 2012
  • Histoire de l'Algérie : xixe et xxe siècles, La Découverte, mars 2012
  • La guerre d'Algérie expliquée à tous, Éd. Seuil, mars 2012.
  • De Gaulle et la guerre d'Algérie, Arthème Fayard collection pluriel, 2012
  • Voyages en postcolonies, Stock, 2012
  • Algériens en France. 1954-1962 : la guerre, l’exil, la vie. Catalogue de l’exposition, dirigé par Benjamin Stora et Linda Amiri, Éd. Autrement/CNHI, 224 pp.
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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 09:20

allison-et-marie-benitez-sur-une-photo-facebook-du-profil-d.JPG Allisson et Marie-Thérèse Bénitez

 

Elles sont toujours introuvables. Jetées dans la mer à Cap Béar ou enterrées dans un lieu retiré (carrière, terrain d'entraînement...) connu par ce militaire de père, ce légionnaire de mari... loué par tous, même par le maire de Perpignan...

 

Pendant ce temps, le temps court, la vie continue, le spectacle doit continuer, celui de l'argent et des divertissements pour imbéciles et brutes incultes (corridas, élection de Miss, jeux taurins, loto, tiercé, émissions de "reality"...)

 

La vie et la mort must go on...

 

     Les malades et les violents attendent la prochaine guerre pour se défouler. Les fanatiques de tous bords et de toutes les religions préparent leurs bombes, leurs voitures piégées, leurs délations, leurs inquisitions ... Quand il n'y a pas de guerre, les fous donnent cours à leurs fantasmes par le crime (Bénitez ???), la violence sur les faibles, le viol et la proxénétisme (DSK)... Le monstre est au coin de la rue et, par économie, on libère des places (hôpital psychiatrique de Thuir, prisons) pour rendre la vie moins pénible dans les lieux d'internement.

 

Et le fait divers continuera à alimenter nos médias et la tête de ceux qui n'ont pas d'imagination ou voudraient connaître ces aventures hors du commun....

 

La tragédie est au coeur de la vie. L'homme semble ne pas pouvoir s'en passer... Les grandes oeuvres artistiques, littéraires ou architecturales non plus...

 

Vive la mort ! Viva la muerte, comme s'exclamaient les fascistes espagnols..?

 

Allisson la beauté est allée vers la laideur extrême, la mort ! Vive Allisson...

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 14:48

benitez.jpg M.Benitez, le légionnaire. Le coupable ?

 

 

L'été tardait à venir. Voici la canicule !

 

L'ennui, la morosité régnaient. Voici le fait divers inattendu !

 

Le feuilleton de l'été va devenir le roman policier de l'année !

 

Déjà, avec les "disparues de la gare" (de Perpignan, encore, centre du monde des faits divers), la fiction s'empara de la réalité. Marion Poirson avait écrit deux brillants polars qui se nourrissaient de ces drames (éditions Trabucaire, "seria negra"). On ne doute pas que plusieurs romanciers d'ici, et d'ailleurs, préparent déjà un roman pour la fin de l'année...ou du moins à la fin de cette énigme plutôt glauque...

 

Le fait divers fait le bonheur des médias et de la presse en particulier : deux pages par jour et la "cover" dans le quotidien des P.O. Même "Le Monde", à la réputation de sérieux, a envoyé un journaliste sur place et rend compte de l'affaire... Il s'agit d'analyser des crimes qui sont peut-être les révélateurs d'une société en crise...

 

Où sont les valeurs de l'armée, d'un légionnaire, chef de l'information à la caserne, décrit comme bénévole dans la ville et s'intéressant aux affaires sociales..? Il a eu des maîtresses et se serait débarrassé de son épouse, de sa fille, de son amie brésilienne de Nîmes..?

 

L'argent est-il le plus fort puisque l'élection de Miss Roussillon n'est pas annulée et aura lieu dimanche, malgré la disparition de la jolie Allisson, qui était candidat pour le prix de la beauté locale..?

 

Ce fait divers mêle crimes, disparitions, concours de beauté, adultère, maîtresses exotiques (Brésil, Espagne), contexte militaire, dans une ville atteinte par le chômage, le malaise des commerçants, l'endettement (L'Archipel), la non-venue du TGV, la délinquance, l'ancienne altercation dramatique entre les communautés gitane et maghrébine...

 

Les lecteurs de Paris-Match et de Voici aiment cette littérature, et les autres aussi, qui lisent Le Monde... La littérature se nourrit de ces faits mesquins du quotidiens...N'est-ce pas M.Flaubert...? (relire Mme Bovary). 

 

Qui en sort grandi..? On se demande...

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