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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 10:55
Tourisme des hauts cantons : l'indigence culturelle

La foule partout dans les stations du 66. Deux ont fermé et EYne.st.Pierre en sursis.  Alors la foule pendant 15 jours puis le quasi désert...On pourrait attirer les gens par la culture touristique en parallèle : tout le monde ne skie pas.

Mais c est l indigence des ciné. Des musées (faut aller à puigcerda ). De rares conférences ou représentation théâtrales. Jordi pere Cerda symbole littéraire de la Cerdagne n est plus..

Font Romeu fait pour le sport mais le centre ville  n a pas changé depuis 50 ans. Les mêmes commerces de vêtements. .. responsables politiques paralysés pas uniquement par le froid... copinage corruption immobilisme. Il faut  en Cerdagne et Capcir sa propre culture. Auberge espagnole à défaut d être catalane. 

Jpbonnel 

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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 11:38
(C) JP.Bonne: L'entonnoir a bien résisté - L'artiste (à gauche), son avocat (à doite, J. Codognès) et son conseiller juridique pour la propriété intellectuelle
(C) JP.Bonne: L'entonnoir a bien résisté - L'artiste (à gauche), son avocat (à doite, J. Codognès) et son conseiller juridique pour la propriété intellectuelle

(C) JP.Bonne: L'entonnoir a bien résisté - L'artiste (à gauche), son avocat (à doite, J. Codognès) et son conseiller juridique pour la propriété intellectuelle

En direct, la destruction de l'oeuvre de MA2F (voir reportage sur Facebook)

 

A 8h45 devant le museum, portes closes, le quartier de Cassanyes est calme. Seul sur le trottoir : c'est fou le nombre de gens qui me demandent des renseignements !

à 9 h, les ouvriers arrivent avec leur camion. Arrivée aussi des parents de l'artiste, effondrés, puis  de J.Bernard Mathon, président de l'association pour la préservation du patrimoine, et Jean Codognès. L'avocat de MA2F restera longtemps sur le site, dans le hall du museum, plus d'une heure à discuter avec l'artiste et le journaliste de L'Indépendant, Julien Marion.

 J. Codognès fourbit ses arguments: facile face à la légèreté des explications de la mairie et de l'adjoint à la culture : l'oeuvre s'effrite...des bêtes nichent dedans... On rigole, c'est n'importe quoi !

Or les ouvriers ont bien vu que l'oeuvre en schiste a résisté et qu'aucune bête (cafard, rat ou araignée) n'est sortie...
L'avocat nous régale d'anecdotes et ironise : les bêtes ont fui dès que l'arrêté de la mairie a été placardé sur la porte ! Elles ont eu peur de l'arrivée de M. Pinel ou de Me Parra..!

En outre, si des araignées se trouvaient en ce lieu, ce serait bon signe, preuve que l'oeuvre n'est pas insalubre ! D'ailleurs, Marie Costa, ancienne directrice de la culture et à l'origine de l'érection de l'entonnoir réagit déjà sur les réseaux sociaux en écrivant que l'oeuvre n'est pas en aussi mauvais état que la mairie le prétend...

La mairie : personne... Les adjoints ont trop à faire ou ont peur d'être hués. Ils ont le courage des référés, de la tour d'ivoire de leurs bureaux, de l'épaisseur de leur bunker ! Ils ne veulent pas le contact avec les citoyens; d'ailleurs les habitants les ignorent et ne les connaissent pas !

La maman de Marc-André pleure. Le public est silencieux. Les autorités détruisent une oeuvre d'art. Elles s'en lavent les mains, mains occupées à d'autres corruptions ! On n'attend plus rien de cette municipalité. A l'agonie. En perte de cohérence. La censure existe, nous l'avons rencontrée… Surtout nous avons rencontré la bêtise, l'inculture, l'indifférence…

 

Le conservateur du museum (seul représentant obligé de l'autorité municipale) prend des photos : à la place de l'entonnoir, il réfléchit à une autre oeuvre, en relation avec le fonds du musée, une bête, des plantes, des suspensions... Il ne dira plus rien : c'est une décision juridique !

Et si c'était une décision politique...

On part. Marc-André me confie que son oeuvre a un avenir, reconstruite grâce à un mécène, en un lieu proche d'ici. On repart presque heureux...

J.P.Bonnel

 

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 18:45
Photos de l'entonnoir par Renaud RUHLMANN -
Photos de l'entonnoir par Renaud RUHLMANN -
Photos de l'entonnoir par Renaud RUHLMANN -

Photos de l'entonnoir par Renaud RUHLMANN -

Une oeuvre de l'artiste Marc-André de Figueres (photos Renaud RUHLMANN), commandée à l'époque par la municipalité, va être détruite par la mairie !

 

vendredi 23 février à 9 heures, destruction de l'entonnoir en pierres sèches installé dans le hall du muséum d'histoire naturelle..!

 

La ville n'en veut plus. MA2F est condamné pour occupation illégale de l'espace public… De plus, l'artiste écope de 1000 euros d'amende ! L'avocat de l'auteur des célèbres "points de vue" installés à Collioure, de son essai sur la vision érotique de l'église de Collioure, de multiples oeuvres réfléchissant sur la question de l'androgyne…est Jean Codognès.

Etrange politique culturelle !

 

Pourtant, à l'époque de l'installation de l'imposant entonnoir dans le musée du quartier Cassanyes, la municipalité et le maire en particulier, M. J.-Marc Pujol, ne cachait pas leur intérêt pour cette oeuvre.. A présent, retournement incompréhensible ! Où est la cohérence dans l'action municipale de la ville de Perpignan…

 

 Cette nouvelle polémique fait suite à 

-l'idée d'amphithéâtre pour les étudiants dans le théâtre municipal,

- à la destruction de la fresque "street art" commandée pour le mur extérieur de la médiathèque,

-à la réfection de l'avenue Foch, "artère culturelle", qui avait été rénovée il y a peu de temps

-à la fermeture de l'Ecole d'art, à sa vente ainsi qu'à celle du Centre d'art contemporain Walter Benjamin…

 

J.P.Bonnel

 

 

**Les textes pour revivre le contexte de l'époque : 

 

 

Entonnoir en Pierre Sèche de Ma2f
Musée d’histoire naturelle de Perpignan

 

Dans la perspective de l’ouverture du Grand Rigaud, l’ambition plastique de Perpignan s’affirme selon deux axes : les expositions à caractère local ou patrimonial, dans lesquelles s’inscrit l’exposition « Job et les artistes » et les expositions consacrées aux créateurs d’aujourd’hui qui ont pour mission d’investir la ville, comme l’exposition multi-sites à laquelle nous convie MARC-ANDRE 2 FIGUERES autour du thème de L’ENTONNOIR.

 

 Une itinérance ludique qui fait un clin d’oeil aux musées en s’invitant au MUSEUM D’HISTOIRE NATURELLE autour d’une construction en pierres sèches, à la Casa Pairal avec des néons graphiques qui semblent traverser l’espace de la place de Verdun à la place de la Victoire, au musée Rigaud avec une galerie de portraits à l’entonnoir improbables, et enfin, à l’espace Maillol où s’installent des grands formats majestueux.

 

 Enigmatiques et triviaux à la fois, les ENTONNOIRS de MARC-ANDRE 2 FIGUERES interrogent et interpellent le spectateur, le scrutent au coeur de son identité. Ils perturbent et bousculent. N’est-ce pas justement la fonction de l’art et la condition même de l’évolution ?


JEAN-MARC PUJOL Maire de Perpignan

 

 

- - -

Les retombées économiques sont elles-aussi spectaculaires :

 

Un drôle d’entonnoir qui en impose et qui attire

A Perpignan, l’entonnoir en pierre sèche érigé par l’artiste Marc-André 2 FIGUERES(MA2F) a également contribué à booster la fréquentation du plutôt discret muséum d’histoire naturelle. Trônant à l’entrée du muséum depuis 2012, ses dimensions imposantes suscitent évidemment la curiosité de tous les passants, au point de provoquer un appel d’air pour le site : 3 mètres de haut et 3 mètres de diamètre, voilà pour les mensurations. Cette œuvre monumentale avait été commandée à l’époque par Me Maurice HALIMI et Marie COSTA, respectivement maire-adjoint délégué à la Culture et Directrice des Affaires culturelles, dans l’optique de la création d’un futur musée des techniques contemporaines de création.

La fabrication de cet entonnoir a nécessité six semaines d’un boulot intense à l’artiste épaulé par deux assistants. La construction s’est faite pierre à pierre de schiste local. L’accumulation des pierres n’est pas le fruit du hasard : le choix de chacune permet l’équilibre de l’ensemble. « Il est le lien entre les murets des vignobles millénaires haut-perchés sur la Côte Vermeille et l’architecture classique, gardienne traditionnelle entre mer et collines », légende MA2F. D’ailleurs, c’est sur les hauteurs de Port-Vendres et Collioure, dans le site du Fort Dugommier plus précisément, que l’idée d’un tel entonnoir a fait son chemin.

Au moment de son installation dans le patio du muséum, MA2F avait déclaré : « L’idée originale était de montrer comment des sculpteurs peuvent s’emparer de techniques ancestrales pour créer des sculptures contemporaines. Le lien avec l’entonnoir est de montrer comment les éléments (l’eau en particulier) passe à travers (comme l’entonnoir lui-même!) sans le déformer. Sauf vandalisme bien sûr, ce sont des œuvres pérennes quasi indestructibles (…) ».

Pour Marie COSTA, à l’époque, l’idée était de commander une œuvre chaque année à un artiste et de monter la collection dudit musée (en dons).

Aujourd’hui, sur place, on reconnaît que « cette œuvre insolite ramène à elle seule plus de visiteurs que le musée n’en attire par son contenu. Elle valorise les collections ».

MA2F est un habitué des coups médiatiques qui le propulsent dans les jités nationaux : rond-point solaire à Perpignan, cadran solaire à Sorède… et, encore et toujours, ses fameux cadres « points 2 vue » à Collioure, disposés judicieusement sur les parcours empruntés au siècle dernier par les maîtres du fauvisme – Derain, Dufy, Matisse… – pour peindre son clocher, sa baie, ses plages, exaltés par les couleurs et la lumière si particulière qui baigne la « perle » de la Côte Vermeille.

Vingt-deux ans après leur implantation, dix des douze cadres toujours en activité sont littéralement pris d’assaut par les touristes pour produire quelque 1 000 photos au quotidien depuis les smartphones ! 150 à 200 clichés sont ainsi publiés tous les jours en ce moment sur la seule application instagram. Liens et connexions s’envolent, c’est complètement délirant.

Cette année également, le centre européen de préhistoire à Tautavel, connaît une embellie.

Tous ces constats amènent à une réflexion intéressante concernant un tourisme culturel grandissant qui vient rivaliser avec le tourisme de masse qui encombre les stations balnéaires du Pays catalan. En tout cas, les chiffres viennent témoigner que ce tourisme dit « culturel » a toute sa place dans nos animations estivales.

Et si c’était là « LE » chemin pour ouvrir la voie vers un autre développement touristique, et sortir de la ringardise issu du seul « youpla boum tagada tsoin tsoin »

 

 

 

---

L'art rencontre l'extravagance, jusqu'au 30 septembre

Les entonnoirs de Marc-André 2 Figueres sont à Perpignan

Jeudi 7.7.2011. 00:15h

 

Une rétrospective de l'artiste Marc-André 2 Figuères, "Entonnoirs : du sexe au genre", est visible dès ce jeudi à Perpignan. Il s'agit de 320 oeuvres qui comportent l'entonnoir comme point commun. Cet objet usuel ne cesse de fasciner le plasticien parisien, enfant du Roussillon.

 

L'attrait de Marc-André de Figueres pour les entonnoirsn'est pas une nouveauté. En 1987, "MA2F" développait déjà sa collection consacrée à ces objets que l'artiste qualifiait d'hermaphrodites, car possédant une dualité, selon son appréciation. La critique d'art Maud Mazur, qui décrypte sa pensée, propose une clef de lecture: "posé sur sa base, l’entonnoir-convexe est masculin, retourné il est concave et féminin", alors que pour la journaliste Nicole Mari, spécialiste en histoire et techniques de l'art, les entonnoirs à l'envers expriment "l'idée d'un rassemblement à l'intérieur d'une limite".

En 2004, une exposition du singulier garçon, au Fort Dugommier de Collioure, mettait déjà en valeur les déclinaisons en peinture et céramique de ses entonnoirs, alors qu'en 2007, une galerie parisienne présentait ses "Chaises aux portraits entonnoirs". Enfin, l'artiste a fait de l'entonnoir un lien avec les collectionneurs de ses œuvres, en réalisant des "portraits à l'entonnoir", dans lesquels des personnalités du Pays Catalan, dont le maire de Collioure, Michel Moly, ou encore le président de l'agglomération Perpignan-Méditerranée, Jean-Paul Alduy, et André Joffre patron du pôle solaire DERBI, sont apparus dans despostures loufoques

A partir de ce jeudi, jusqu'au 30 septembre, Perpignan héberge une rétrospective de 320 œuvres réalisées entre 1994 et 2010 , et réparties entre le Castillet, le Palais des Congrès, le Musée Rigaud, le Muséum d'histoire naturelle et la Haute Ecole d'Art. Pour couronner cette exposition, un entonnoir monumental est installé Place de Catalogne.

 

 

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 06:48
CENSURES : Le carnaval des GUEUX par le maire de Montpellier - Contre le liberté de pensée en Espagne - Céline, Carmen, Mauras censurés

 Montpellier. Philippe Saurel interdit le Karnaval des Gueux

 

Montpellier. Philippe Saurel interdit le Karnaval des Gueux

C’est une nouvelle qui apportera un peu de quiétude aux commerçants du centre ville. La session 2018 du très controversé Karnaval des Gueux ne devrait pas avoir lieu. Le maire de Montpellier, Philippe Saurel (DVG), vient de prendre un arrêté empêchant purement et simplement la tenue de cette manifestation anarchiste.

 

Cette décision fait suite aux dégradations commises pendant mais surtout après le défilé costumé populaire des années précédentes où une majorité des participants utilisaient cet événement festif pour se livrer à de très nombreuses dégradations. Étaient particulièrement visées les enseignes des établissement bancaires, les assurances, les agences immobilières qui constituent d’ordinaire les cibles de ces casseurs se réclamant de l’anarchisme et de l’anticapitalisme.

L’édition 2017 avait connu un basculement lorsque les agitateurs s’étaient attaqués aux vitrines de magasin de commerçants avec comme point d’orgue le saccage de la Grand Rue Jean Moulin. Des commerçants qui avaient même été parfois agressés physiquement. Cet accès de violence avait créé une vive polémique et passablement terni la réputation du carnaval.

Un arrêté municipal contre le Carnaval des Gueux

L’arrêté municipal prend en compte  » les débordements récurrents à l’occasion des carnavals dits « Karnaval des Gueux », notamment ceux du 4 mars 2014, du 17 février 2015 et du 9 février 2016, 28 février 2017 « .

Seront donc  » interdits, du mardi 13 février 2018, à partir de 18h00, jusqu’au mercredi 14 février 2018 05h00

– Les rassemblements et les occupations du domaine public qui ne sont pas dument autorisés

– La consommation et le transport de toutes boissons conditionnées dans des récipients en verre,

– La vente de boissons alcoolisées à emporter,

– L’installation et l’exploitation de commerces ambulants,

– La détention et l’usage de pétards ainsi que le tir de feux d’artifice sur la voie publique,

– La détention et l’utilisation de matières inflammables ou matières (objets) susceptibles d’être utilisées comme projectile,

– L’utilisation de tout matériel roulant de type caddie ou autres pour transporter des matériaux inflammables ou matériaux pouvant provoquer des risques d’incendie, dans le périmètre délimité par les voies, places et secteurs suivants (inclus dans le périmètre) :

Secteur Grand Centre :  » Ecusson – Plan Cabannes – Gares « 

Carnaval Des Gueux : @Saurel_P a pris un arrêté pour maintenir l’ordre public. Il demande au Directeur Général des Services de la Mairie, et au Directeur Départemental de la Sécurité Publique, chacun en ce qui le concerne, l’exécution de cet arrêté. #Montpellier #Sécuritépic.twitter.com/l675RUJOw2

— MaudBodkin (@maudbodkin) 8 février 2018

 

Un risque d’affrontement ?

En plus des habituels affrontements entre les « carnavaliers » et la police, la Ligue du Midi avait annoncé, suite aux débordements de l’année dernière, qu’elle se réservait le droit d’intervenir si les pouvoirs publics n’agissaient pas.

La décision du maire de Montpellier a donc réjoui le président de la Ligue du Midi Richard Roudier qui réclame désormais que l’arrêté municipal soit suivi d’actes. En effet, malgré la décision de la mairie et l’appui de la préfecture, rien n’indique que les militants d’extrême gauche respecteront l’arrêté municipal.

Photos : Lengadoc Info

Lengadoc-info.com, 2018, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

(C) Jordi Vives 8 février 2018 - Montpellier (Lengadoc Info)

 

- - -

 

**Un  coup  de fouet  contre  la  liberté  de  pensée  en  Espagne
>

> Qu’est-ce qui se passe  avec la liberté d'expression en Espagne? En 2018, la censure de Franco semble être revenue. Un exemple frappant nous l’avons dans le processus judiciaire pénal   devant la Haute Cour  à Madrid (Audiencia Nacional) contre le rappeur et chanteur Pablo Rivadulla de  la ville  de Lleida, en Catalogne également appelé Pablo Hasel ; le Tribunal  demande  2  ans  et  6  mois de prison et 45.000 euros d'amende pour quelques tweets et chansons contre la monarchie, la police et l'Etat Espagnol. I

l faut  savoir que ce chanteur avait déjà passé quelques  mois en prison pour un autre "crime d'opinion". Je me  demande - et  je  veux demander à tous les lecteurs - si, par exemple, dans la France,  le  Royaume-Uni ou en Belgique, cette répression contre la liberté d'expression serait possible. Le même chanteur a déclaré que si ses chansons étaient  redigées contre la Catalogne, les homosexuels ou les immigrants, il ne serait pas inquiété...   Á món avis, c'est un terrible coup de fouet autoritaire contre  la  liberté de pensée en Espagne .

 

Robert Willing Port-Bou

 

La pression de certains intellectuels et d'organisations juives sont arrivés à interdire la publication des écrits polémiques de Céline, et  d'exclure Charles Mauras, dirigeant de l'Action française et antisémite notoire, des "commémorations officielles de 2018.

Ces deux écrivains, racistes, spécialistes de la délation, ne méritaient qu'un jugement menant à la peine de mort. Ce fut le cas de Brasillach, écrivain pro-nazi de seconde zone.

Leurs personnalités sont détestables. Cependant, leur oeuvre est à lire, les écrits racistes faisant partie d'un tout, d'une vie, d'un opus contenant des bons et des mauvais moments. En outre, ces textes contestables sont en lecture libre sur internet et les livres peuvent être achetés chez les libraires et bouquinistes : hypocrisie !

Il fallait republier ces oeuvres avec un avertissement et un appareil critique scientifique, objectif. La censure est la solution "finale" la plus détestable : la facilité ! Or on ne peut oublier les écrits de Céline, ni l'importance de Mauras dans la vie politique française du XX° s!ècle. Ce sont les censeurs qui resteront dans l'oubli...

JPBonnel

 

***Non-publication des pamphlets de Céline: au régal des antisémites

Gallimard suspend la réédition des pamphlets antisémites

 

 

La polémique autour de la réédition des pamphlets antisémites, close provisoirement par la décision de Gallimard, jeudi, d’en suspendre la publication sine die, n’a pas pris l’ampleur et la violence de la guerre civile entre les femmes ouverte depuis l’affaire Weinstein. Elle n’en est pas moins révélatrice de la question de plus en plus sensible de la liberté d’expression aujourd’hui. Contrôler la parole des uns au nom de la libération de celle des autres, censurer les écrivains et les artistes d’aujourd’hui comme d’hier, réécrire le passé en fonction des nécessités du présent (l’épisode grotesque autour de Carmen ou l’effacement stalino-hollywoodien de Kevin Spacey de Tout l’argent du Monde) n’est plus l’apanage oublié des dictatures mais celui, très actuel, de nos démocraties de marché.

Des pamphlets de Céline disponibles en ligne

Il avait donc été question de rééditer les pamphlets antisémites de Céline qui sont au nombre de trois, Bagatelles pour un massacre (1937), L’école des cadavres (1938) et Les Beaux draps (1941). Céline, dans l’après-guerre, s’est toujours opposé à leur réédition et sa volonté a été respectée par sa veuve Lucette Almanzor, qui a aujourd’hui cent cinq ans. Néanmoins, et c’était sans doute une des raisons qui a poussé Gallimard d’une part et Lucette Almanzor d’autre part à accepter cette réédition, les textes étaient disponibles depuis très longtemps, de fait. L’époque où les jeunes céliniens, dont j’étais, qui ne s’étaient jamais remis du choc de la lecture du Voyage, voulaient tout lire de Céline et payaient  à prix d’or ces pamphlets chez des bouquinistes qui les cachaient plus ou moins, est révolue. Une édition existe désormais au Québec et surtout, ils sont disponibles sur le net. Le problème, c’est qu’ils sont disponibles sur des sites crypto-révisionnistes et que, de fait, ils font partie de la panoplie abjecte que se doit d’arborer tout petit néo-nazi plus ou moins honteux.

 

Il est impossible d’interdire

Or le problème posé par ces pamphlets est tout de même un peu plus complexe. On a souvent entendu ici et là la comparaison avec Mein Kampf. La différence, c’est qu’Hitler n’était pas un écrivain et que Céline n’était pas un dirigeant politique. Mais qu’importe, au-delà de ces approximations, la question de la réédition des pamphlets de Céline a désormais lieu dans un contexte où il est impossible d’interdire, où la liberté d’expression existe de manière anarchique, totale, souvent ignoble sur Internet et que l’on va arriver à la deuxième génération d’enfants, par exemple, qui sont à deux clics de la pornographie la plus violente. Il faudra faire avec ces nouvelles technologies, ce nouvel environnement virtuel que ça nous plaise ou non.

L’interdit profite aux interdits

C’est la première raison qui me semblait rendre la réédition de ces pamphlets opportune. Une édition critique, officielle, avec des préfaces et des notes de spécialistes auraient permis de remettre en perspective l’antisémitisme de Céline dans son œuvre et dans son époque. Là, avec la persistance de cette interdiction, le complotisme va tourner à plein. Les ados boutonneux qui fantasment sur la virilité SS, les vieux pseudo-intellectuels décavés qui regrettent le bon temps des pogroms vont pouvoir continuer à dire, selon une logique aberrante et obsidionale mais imparable au premier regard : « S’ILS interdisent ça, c’est qu’ils en ont peur et c’est donc que c’est vrai. »

Deuxième raison, dans un monde où Internet a pris une ampleur définitive, toute loi interdisant le révisionnisme ou le négationnisme, par exemple, ne rime plus à rien, ce qui n’était pas le cas à l’époque où Jean-Claude Gayssot avait fait passer la sienne. Au contraire, laisser parler ces gens montrerait à tous, même à ceux qui seraient tentés de les croire,  qu’ils ne  sont en fait que des « historiens » bidons, que leurs « recherches » ne sont que des fantasmes malsains, que leur méthodologie est inexistante et leur documentation largement falsifiée. Là aussi, l’interdit profite aux interdits qui peuvent jouer aux martyrs de la liberté d’expression et éviter d’avoir à rendre des comptes sur le fond inexistant de leur travaux face à de véritables historiens.

En finir avec les clichés anti-céliniens

Troisième raison, plus littéraire celle-là, et qui a été développée dans Le Monde par Henri Godard, l’éditeur de Céline en Pléiade et grand spécialiste de l’œuvre : la publication de ces pamphlets permettrait d’en finir d’une part avec cette aura malsaine mais surtout avec quelques idées reçues sur cet antisémitisme de Céline qui aurait été constitutif de l’écrivain dès Voyage au bout de la nuit. On peut ne pas aimer Céline, ou Marx, et ne pas penser pour autant que la pulsion de mort nazie est déjà dans le Voyage et Mort à Crédit, de même que le goulag serait inscrit dès les premières lignes du Manifeste. Je sais que cette façon de se comporter en prophète du passé est très à la mode aujourd’hui pour discréditer  ce qu’on n’aime pas. Le droit de ne pas aimer Céline ou d’être anticommuniste n’est pas à remettre en question, évidemment, à condition de ne pas réduire le célinien à un antisémite  et le communiste à un employé de la Loubianka.

La société infantilisée

Pour le reste, il serait temps, aussi de prendre les citoyens pour des adultes. Et l’on retrouve ici, avec Céline, dans le domaine littéraire, ce que l’on retrouve dans le domaine sexuel. Les pamphlets comme le disait Philippe Muray dans son Céline, appartiennent de plein droit à l’œuvre. Il y a des génies maléfiques, des salauds magnifiques, des ordures précieuses. Le grand écrivain n’est pas forcément une grande conscience comme dans un biopic hollywoodien.  J’ai ainsi été heureusement surpris d’entendre le Premier ministre lui-même s’exprimer intelligemment sur la question en se déclarant favorable à la réédition selon un argument imparable, que ça plaise ou non : « Il y a d’excellentes raisons de détester l’homme, mais vous ne pouvez pas ignorer l’écrivain ni sa place centrale dans la littérature française ».

Vouloir aseptiser l’œuvre de Céline en la mutilant est aussi vain que de vouloir codifier jusque dans ses moindres détails la conduite  des hommes et des femmes dans l’exercice d’un désir qui a aussi, souvent, une face noire, pulsionnelle, incontrôlable. C’est aussi, avant tout, vouloir infantiliser l’ensemble d’une société.

(C) Jérôme Leroy - 12 janvier 2018 (Site CAUSEUR)

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 05:41
Horodateur-Perpignan : merci M.Le Maire et à Indigo - La Région : non à Walter Benjamin : j'invite Carole DELGA sur le chemin de Banyuls à Port-Bou
Horodateur-Perpignan : merci M.Le Maire et à Indigo - La Région : non à Walter Benjamin : j'invite Carole DELGA sur le chemin de Banyuls à Port-Bou
Horodateur-Perpignan : merci M.Le Maire et à Indigo - La Région : non à Walter Benjamin : j'invite Carole DELGA sur le chemin de Banyuls à Port-Bou

Horodateur-Perpignan : merci M. Le Maire !!!

 

Je me suis garé et arrêté un quart d'heure à la sortie nord de Perpignan, vers la rocade de Narbonne-direction St-Estève...

Le temps d'un café, d'une pause-pipi, d'un achat rapide à la pharmacie... Je n'ai pas réglé à l'horodateur nouveau, pensant que c'était compliqué...Et puis la triche, c'est un jeu de hasard...

 

Hé bien, ma voiture a été contrôlée ! Je n'ai pourtant vu aucun employé d'Indigo dans les parages...Des caméras partout..? La chasse aux horodateurs et mauvais payeurs, c'est mieux que la surveillance pour notre sécurité.

 

Un papillon sur mon pare-brise : "Votre véhicule vient d'être contrôlé en défaut de paiement sur un stationnement payant" (pas de faute, bonne mise en page...) Mon forfait (ne dites plus amende !) ne me sera pas réclamé ! C'est une "tolérance exceptionnelle pour me permettre de me familiariser avec le nouveau système...Et au verso, les modalités : bravo pour l'indulgence et la pédagogie !

 

Une association de commerçants vient de lancer une pétition contre cet horodateur qui exige un stationnement plus élevé quand on dépasse les 2 heures. On comprend celui qui travaille et vit à Perpignan s'il n'a pas de garage. Soit il stationne très loin et marche, soit il loue ou achète un garage, soit il s'abonne à un parking...Sinon c'est la galère...comme autrefois.

 

En effet, presque rien n'a changé et les arguments du maire sont cohérents (voir mon article récent sur ce blog)...

 

Commerçants, jamais contents ! Populisme et poujadisme ! 

La polémique sur le stationnement dure depuis 3 ans, mais les vrais problèmes de la ville ne sont pas abordés : inégalités, pauvreté, chômage, insécurité, économie ...

JPB

 

 

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La Région contre W. Benjamin (et l'association WB sans frontières, Banyuls)

 

Je viens de recevoir la réponse de la Région "Occitanie" à propos de nos demandes de subvention : dossiers concernant "Le chemin de mémoire WB, de Banyuls à Port-Bou', et le Prix européen de l'essai philosophique...

 

Carole Delga, même si elle a une résidence secondaire à Argelès ne peut pas tout connaître du Pays catalan... En tout cas, si elle veut venir sur le chemin, je serai son guide...à suivre.

En attendant, espérons une nouvelle petite subvention du CD 66... Merci Hermeline Malherbe !

 

JPB, président

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 09:25
Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux
Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux
Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux
Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux
Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux
Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux

Lucette Destouches (épouse de Céline, âgée en ce mois de janvier 2018, de 105 ans) - Institut du masque de Limoux

L'écrivain Céline censuré : ses pamphlets antisémites ne seront pas publiés par Gallimard (cette année, du moins...)

 

Salaud, odieux, raciste, nauséeux, délateur, l'auteur du Voyage...est tout cela ! La mort, aurait-il mérité, comme Brasillach, le putain de nazi ! Le Céline, aussi, nazi, plus que collabo, boucher dans ses mots, ses articles des revues infamantes de Vichy et de l'extrême-droite fasciste, l'aurait mérité la mort; a goûté la prison puis l'exil, a souffert un peu, mais pas assez, l'ordure !

 

On comprend les gens qui veulent censurer TOUTE l'oeuvre de Ferdinand Destouches: pas seulement ses "romans allemands", ses saloperies pamphlétaires, mais aussi ses chefs-d'oeuvre, car eux aussi, c'est exact, sont remplis de racisme -qui est un délit, pas une opinion - mêlant les juifs et les nègres dans une haine incroyable.

 

En effet, Céline se nourrissait de la haine, il la cherchait, ainsi que les malheurs, les catas, les épreuves, les horreurs pour alimenter son oeuvre et transmuer en or - je veux dire en STYLE - le machiavélisme et la barbarie éternelle des hommes ! Abject le racisme de ce génial écrivain, intellectuel méprisant du bourgeois, médecin des pauvres, menant une vie de misérable, jouant au martyr pour aller au tréfonds de l'immonde...

*Lire l'excellente biographie d'H. Godard (Gallimard)

 

Le biographe défend la publication des oeuvres maudites car sa verve, au service de la propagande nazie, est encore souvent verve, ironie, trouvailles stylistiques, même si la logorrhée anti-juif et la rhétorique facile dominent...

 

Comme dans son Retour d'URSS, où il dit la beauté poétique de St-Pétersbourg... Où il écrit bellement la pollution à Moscou...

 

Interdire Céline est une hypocrisie car ses oeuvres sont disponibles dans le monde virtuel ! Le censurer, c'est censurer son style, même si celui-ci ne doit pas être un argument pour dédouaner ce salopard ! Il fallait l'envoyer au bagne, le faire souffrir à petits feux..Et encore aurait-il été content : ce martyre nouveau lui aurait tiré de nouvelles pages éternelles !

 

Il faut refuser toute censure en littérature et ailleurs, surtout 70 ans après. Le censurer, l'infâme, à son époque, oui, dans son contexte, que diable, mais la France était régie par des Français fascistes et antisémites ! Alors, la parole tueuse était libre...

 

Publier ou pas ces Bagatelles… (qui n'en sont pas !), que feriez-vous, vous..? ( à suivre)

JPBonnel

exposition collective 

 « La Collection à  l’heure d’hiver »

Du 13 Janvier au 20 février 2018 

au Centre d'Art Contemporain àcentmètresducentredumonde

3, avenue de Grande Bretagne. 66000 PERPIGNAN

 

 Francesca CARUANA

Ernesto CASERO

Javier CHAPA

Vincent CORPET

CharlElie COUTURE

Serge FAUCHIER

Carolina FERRER

Dominique GAUTHIER

Michel GOUERY

Josep GUINOVART

* On sait qu'en période électorale (les dernières présidentielles), les livres de littérature ne se vendent plus très bien...Et il faut ajouter cela à la crise actuelle du livre ... Les politiciens ressentent la frustration de l'écrivain raté, méconnu; alors ils insistent, essaient de se trouver une seconde vie... Rares sont les bons livres politiques (De Gaule, Mitterrand...???). Mais ils savent parler ! Alors, allons les écouter !

JPB

La librairie Torcatis change ses horaires et sera désormais ouverte dès le lundi matin

Lundi 10h00 - 19h00

Du Mardi au Samedi 9h30 - 19h00

et 24/24 - 7/7 sur www.librairietorcatis.com

 

 

Vendredi 12 Janvier à partir de 17h45 au Conseil Général. En partenariat avec le CML

Bernard CAZENEUVE

présentera son livre Chaque jour compte ; 150 jours à Matignon, paru aux éd. Stock

Nommé au poste de Premier ministre à la veille d'une campagne présidentielle inédite, Bernard Cazeneuve verra se produire de multiples événements que l'on n'attendait pas... Chaque jour compte alors, et le temps limité donne à l'exercice de l'Etat un supplément de densité. Ecrit avec élégance et finesse, ce livre est le récit de ces cent cinquante jours trépidants, vécus au coeur de la machine Matignon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 12 janvier à partir de 18h00 à la Librairie Torcatis

 

Daniel GUERRIER présentera l'ouvrage:

Algérie 1954-1965, un combat anticolonialiste

 

Les Éditions Spartacus viennent de rééditer, dans une version augmentée, un choix de textes sur ses engagements aux côtés des nationalistes algériens que le grand militant anticolonialiste et historien Daniel Guérin (1904-1988) avait écrits à l'époque. 

 

 

 

 

 

*Samedi 13 janvier 2018 au salon de l'Hôtel Pams , Perpignan, à 10h30,

 

En partenariat avec le CML,

JEAN CASTEX

Délégué interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques et Maire de Prades,

présentera son ouvrage:

 

"La voie de chemin de fer de Perpignan à Villefranche de Conflent, histoire d'une ligne singulière",

collection "Les carnets du Train jaune", aux éditions Talaia

 

Longue de 41 km, la ligne de chemin de fer entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent a été construite entre 1863 et 1877. L'auteur, Jean Castex, maire de Prades, nous plonge dans les méandres économiques, techniques et financiers prévalant à l'époque : ambitions politiques locales, attitude de l'État, concurrence entre grands banquiers d'affaires, position des "élites" des Pyrénées-Orientales. Un ouvrage qui met également en exergue les liens entre cette ligne et celle du Train Jaune qui la prolongea quelques années plus tard.

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 08:26
Réveillon à Collioure - Le maire et le président de la fac dans le même bateau (C) J.Marie Philibert/Le Travailleur catalan - Perpignan mal notée (C) L'Indépendant
Réveillon à Collioure - Le maire et le président de la fac dans le même bateau (C) J.Marie Philibert/Le Travailleur catalan - Perpignan mal notée (C) L'Indépendant
Réveillon à Collioure - Le maire et le président de la fac dans le même bateau (C) J.Marie Philibert/Le Travailleur catalan - Perpignan mal notée (C) L'Indépendant

Réveillon à Collioure - Le maire et le président de la fac dans le même bateau (C) J.Marie Philibert/Le Travailleur catalan - Perpignan mal notée (C) L'Indépendant

1.CHOMAGE : 

***77 000 personnes de plus qu'en juillet auraient été radiées des listes de le emploi en août 2013

Crédit : AFP

REPORTAGE - Les habitants du chef-lieu des Pyrénées-Orientales, le département qui détient le record du plus grand nombre de sans emploi, ne croient plus à l'inversion de la courbe du chômage.

Avec 17.800 nouveaux inscrits, les chiffres du chômage pour le mois de novembre sont repartis à la hausseAvec 15.7% de sans emploi, le département des Pyrénées-Orientales détient le triste record du plus grand nombre de chômeurs. À Perpignan, l'inversion de la courbe promise par François Hollande est loin des préoccupations des habitants, partagés entre fatalisme et résignation.

Un triste tableau

Après quelques années de chômage, Sonia est désormais au RSA. Cette jeune mère de famille s'est résignée. "Le travail il n'y en a pas. Peut-être au printemps ou à l'été sur les côtes. On cherche toujours des vendeurs de glaces. Mais en hiver il n'y a rien. Vous voulez faire quoi l'hiver à Perpignan ?", s'interroge-t-elle. "Il n'y a que des chômeurs ou des femmes qui font des gosses pour toucher les allocations", continue-t-elle.

Le BTP désormais en crise

Dans son agence d'intérim, Jean fait un constat tout aussi négatif. Il craint un avenir encore plus sombre. "On a des inscriptions régulièrement mais le problème c'est qu'en face on a beaucoup moins d'emplois à proposer. Ça fait beaucoup de gens mécontents. On essaye de les écouter parce qu'ils sont au bout du rouleau mais on n'a pas les moyens pour faire du social", confie-t-il.

Un horizon d'autant plus obscurci que le secteur du BTP, qui sauvait quelque peu la situation, est désormais en crise. Les ouvriers espagnols n'hésitent pas à franchir la frontière pour prendre des chantiers en cassant les prix.

 

2.DETTES : 

 

- Romain Grau: "Il y a 15% de taux de chômage dans le département"

PLUTOT VRAI. Le taux de chômage dans les P.-O. est estimé à fin 2016 par l'Insee (au sens du Bureau international du travail) à 15,3%.

- Romain Grau: "Il y a 25.000 allocataires du RSA dans le département"

VRAI. Selon le Conseil départemental et la CAF, il y a eu en 2015, 27 528 allocataires du RSA dans les P.-O.

- Romain Grau: "Il y a 3 ans à EAS, j'ai sauvé 230 emplois"

PLUTOT VRAI. Romain Grau a bien pris la tête de l'entreprise de maintenance aéronautique EAS en grande difficulté en mai 2014. Son offre de reprise, validée alors par le tribunal de commerce, prévoyait néanmoins la non-reprise de 40 salariés sur les 270. L'adjoint à la mairie de Perpignan peut bien se vanter d'en avoir sauvé 230. 

- Alexandre Bolo: "Il y a 250 millions d'euros de dettes à Perpignan et un demi-milliard à la communauté urbaine"

PLUTOT VRAI. Concernant l'Agglo, Alexandre Bolo a raison, en 2015, la collectivité était endettée à hauteur de 528 millions d'euros. Quant à la dette de la ville, elle est plutôt moins élevée que celle annoncée par M. Bolo et est estimée à 223 millions d'euros pour 2017.

- Romain Grau: "La dette a baissé de 30 M€ d'euros à la ville et nous n'avons pas augmenté les impôts depuis que nous avons été élus".

PLUTOT VRAI. Le stock des dettes municipales est passé de 235 à 223 millions d'euros en deux ans. Et la Ville n'a effectivement pas augmenté sa part des impôts locaux depuis 6 ans comme nous l'indiquions dans notre édition papier du 24 mars dernier.

 

3. Perpignan, ville peu dynamique (article du FIGARO)

 

Les débats de 2017 en Catalogne et Pays catalan (2)

Chômage, dettes de Perpignan, ville peu dynamique, presbytère, amphithéâtre au théâtre...

(Bon réveillon, quand même !!!)

4. Presbytère  et non-respect du secteur sauvegardé (Cassanyes, Musée Rigaud...) : 

 

Le presbytère de la cathédrale de Perpignan

 Laurent Fonquernie

 

Presbytère de la cathédrale de Perpignan

Cette maison paroissiale possédant un caractère historiciste, édifiée en 1899-1900, fut conçue par l’architecte Léon Bénouville.

Léon Bénouville (1860-1903) est un architecte français des Monuments historiques qui a eu une carrière nationale d’envergure : architecte en chef de l’Isère, de la Savoie, de la Haute-Savoie, architecte en chef des arrondissements de Corbeilles et d’Étampes (août 1897), de la Lozère et de l’Ardèche(mai 1898), de la Drôme (juillet 1901), membre de la Société centrale d’architecture, jury à l’Exposition universelle de 1900 et enfin architecte diocésain de Perpignan dès 1892 (note 1) puis de Lyon à partir de 1901. Son implication dans l’aménagement des abords de la cathédrale de Perpignan est passé inaperçu jusqu’à présent. Dans la récente étude d’Esteban Castaner Munoz cet architecte a été perçu uniquement sous l’angle du restaurateur de Monuments Historiques (note 2).

 

benouville

Après presque cent ans d’oubli, ses œuvres entrent aujourd’hui dans un processus de reconnaissance au niveau national. On connaît notamment de lui un hôtel rue de Siam, la maison des pianos Erard rue du Mail ou encore l’immeuble du 46 rue Spontini à Paris mais aussi les restaurations du clocher de Thaon (Calvados), du château de Vizille, de Saint-Rémi de Reims. On le qualifie à sa mort de « grand », car il « osait, l’un des premiers, l’habitat moderne : rue Spontini, boulevard Pasteur, à Puteau…(note 3) » Distingué aux salons de 1890 et 1891, nous découvrons aussi Bénouville comme dessinateur de meubles Art nouveau comparables à ceux de Louis Majorelle ou d’Hector Guimard participant comme eux au renouvellement des arts décoratifs à la fin du XIX°. Il passe du statut d’architecte à celui d’artiste complet (note 4).

 

Benouville meubles art nouveau

Genèse du projet du presbytère actuel.

Dès 1880, à cause de la vétusté de l’ancien, la construction d’un nouveau presbytère devient une nécessité. Celui-ci doit être édifié sur les parcelles du 1 et 3 rue de l’Horloge. On projette aussi de créer une voie d’isolement propre à mettre en valeur la cathédrale, c’est à dire de dégager sur 6 mètres les constructions qui s’agglutinaient sur le mur gouttereau du coté sud.

Le 8 janvier 1881, convention est signée en ce sens entre l’Abbé Metge, le maire de Perpignan Paulin Testory et le préfet. « La cathédrale de Perpignan est obstruée du coté sud-ouest par des propriétés particulières dont les bâtiments sont presque totalement délabrés (qui) non seulement nuisent à l’aspect de ce monument mais encore sont d’un voisinage dangereux. L’administration des cultes a dû se préoccuper de cet état des choses. Afin de faciliter les moyens d’y remédier, l’administration municipale a par délibération du 9 novembre 1874, offert de céder à l’État un immeuble adjacent à la cathédrale et formant avancement sur le parvis. Elle a demandé en échange pour y établir le presbytère, une maison située au numéro 3, acquise par l’État, il y a 10 ans, précisément en vue du dégagement de la cathédrale (note 5).» 

L’État récupère la parcelle du 1 rue de l’horloge6 qui conservait les murs, arasés sous forme de murettes de l’ancienne maison du gardien de l’horloge, hormis sur la façade du numéro 3 à laquelle il servait de contrefort.

 

Restes de murettes délimitant le parvis de la cathédrale.

A cette époque, Léon Bénouville, dans la veine de l’école Viollet-le-Duc, effectue depuis Paris les démarches de mise en valeur de la cathédrale. Si au nord, les tractations concernant la propriété de M. Campana, (Cours Maintenon) n’aboutissent pas, il restructure une partie du côté sud avec la démolition du logement qui se trouvait à l’étage de la chapelle du Christ en septembre 1898. 

Il ramène celle-ci aux proportions que l’on connaît aujourd’hui et met à jour les fenêtres des chapelles de la cathédrale. Le 5 décembre 1898, en tournée à Perpignan, il convainc le Conseil de Fabrique de débloquer la somme de 10 000 francs afin de relancer le projet de presbytère neuf sur la parcelle de la ville et une partie de celle de l’État. Il « présente à l’administration un projet d’ensemble comprenant la reconstruction du presbytère, le dégagement de la cathédrale, entre le parvis et la rue Amiral Ribeil. » Le plan de cet ensemble est conservé aux Archives nationales, Paris-Fontainebleau (note 7).

 

presbytère de perpignan cathédrale

L’avant-projet, une grande feuille traitée à l’aquarelle, présente deux registres : le premier est la version de trois des cotés du presbytère, le second registre donne les plans de trois différents niveaux de la bâtisse. Pour arriver à ses fins, car ne pouvant se permettre de dépasser le budget alloué, il choisit d’utiliser les matériaux usuels que sont la pierre et la brique. Le projet est défendu sur place par Debats et de Noell auprès d’un Conseil de Fabrique jusqu’alors hostile à traiter avec l’administration. Nous sommes en plein débat sur la place de l’Église dans la société civile, débat qui conduira en 1905 à la Loi de séparation.

 

benouville, façade de la rue nouvelle 

L’architecte diocésain conçoit un presbytère moderne et intégré au sein du réaménagement global de la place Gambetta avec Saint Jean le Vieux et la cathédrale débarrassée de son parvis. Le presbytère devient la porte d’accès au quartier de la Révolution Française. Les travaux ne pourront commencer qu’en octobre 1899 (note 8). Bénouville avait prévu la création d’une ruelle donnant accès à la chapelle du Christ, longeant la façade du presbytère et le mur de la cathédrale.

 

Presbytère de la cathédrale de Perpignan et le clocher

Il est à noter que l’architecture locale vernaculaire, jusque là méprisée, est réaffirmée dans l’ensemble des réhabilitations du monument et de ses abords : traitement du mur pignon et des façades sud et nord de la cathédrale (galets de rivière, brique), réaménagement de la chapelle du Christ avec l’utilisation ou la remise en valeur de ces mêmes matériaux et enfin le nouveau presbytère, parfaitement intégré dans l’axe de la rue Bartissol récemment ouverte. Ce projet, finement mené par Bénouville pour la maison presbytérale, préfigure le renouveau de l’architecture néo-régionale catalane des années d’entre-deux guerres. Nous avons donc la chance de posséder aujourd’hui un ensemble cohérent d’aménagement des abords d’une cathédrale méridionale autour de 1900. Après 1901, le programme d’embellissement continue avec la nomination comme architecte diocésain d’Albert Mayeux (1872-1931). Celui-ci continue cette mise en valeur. Elle sera quasi achevée en 1914.

 

La façade de la cathédrale est débarrassée de son crépis et de son parvis.

Il réalise le plan d’aménagement de l’Hôtel de Mailly en Palais épiscopal en 1891. (médiathèque du Patrimoine, cote : 0082/066/2012 )

2 Castaner Munoz, E., Modernité et Identité dans l’urbanisme et l’architecture à Perpignan, p.137.

3 Mercure de France, 1904, vol.50, p.809.

4 Voir sa nécrologie dans Art et décoration, 1903, volume 14, p. 456.

5 ADPO, série J (archives de la paroisse Saint-Jean)

6 La Ville de Perpignan venait de raser sur cette parcelle la maison vétuste qui servait depuis « les temps immémoriaux », au moins depuis 1809, à loger l’ouvrier chargé par la municipalité du remontage de l’horloge.

7 Archives Nationales – Paris, fonds de l’administration des Cultes (cote CP/F/19/7818)

8 Le Roussillon, 1899, 28-09, « L’État s’est enfin décidé à faire démolir l’ancien presbytère dont les murs délabrés étaient un danger pour la sécurité publique. Les travaux commencés lundi seront terminés la semaine prochaine. 

 

*** Il faut sauver le PRESBYTERE de BENOUVILLE à PERPIGNAN. 

 

http://www.lindependant.fr/2015/11/10/l-ancien-presbytere-sera-bien-detruit-et-reconstruit-en-2016-2017,2111335.php?fb_action_ids=10153797944032853&fb_action_types=og.recommends

 

 

5. Indépendance de la Catalogne : 

*POUR : 

Jordi Savall : "L'Espagne croit-elle pouvoir réduire au silence des millions de Catalans par la force ?" Dans le conflit qui oppose le gouvernement espagnol aux indépendantistes de Catalogne, le célèbre musicien catalan a épousé la cause des séparatistes. Il nous explique pourquoi.

Publié le 04 octobre 2017 à 17h23

Dans le conflit qui oppose le gouvernement espagnol aux indépendantistes de Catalogne, le célèbre musicien catalan Jordi Savall* a épousé la cause des séparatistes. Il nous explique pourquoi.

La Catalogne après le référendum : "On est au bord de la guerre civile"

Que ressentez-vous aujourd'hui face à la grave crise que traverse la Catalogne ? 

Je suis très triste. Dimanche dernier, Madrid nous a ramenés quarante ans en arrière. Je pense que sa réaction a provoqué une cassure très grave entre le gouvernement espagnol et la Catalogne. Je vous assure que la Catalogne ne sera plus jamais comme avant. Même si l'on peut invoquer tous les arguments que l'on veut contre le référendum illégal, traîner par terre des femmes âgées, traiter des citoyens sans défense avec une telle brutalité est absolument injustifiable.

Référendum en Catalogne : des centaines de blessés et de graves violences policières

Cette démonstration de violence révèle l'incapacité totale du gouvernement espagnol à accepter la différence, à accepter que l'on puisse se sentir appartenir à une autre culture. L'Etat espagnol nie la réalité. Il refuse de reconnaître qu'il y a un problème. Il nous ignore. Il ne parle pas aux Catalans. Il parle au reste des Espagnols.

Le gouvernement indépendantiste n'a-t-il pas aussi sa part de responsabilité dans cette escalade ?

Chaque partie à une part de responsabilité. Mais que peut-on faire quand l'interlocuteur avec lequel on demande à négocier refuse obstinément de discuter ? Le président catalan et la maire de Barcelone ont envoyé une lettre à M. Rajoy pour lui demander de parler ; ils n'ont jamais eu de réponse. Comment résoudre le problème ? Rajoy n'a jamais cherché de solution politique ; uniquement des solutions judiciaires. Sa seule réponse consiste à invoquer la loi. Mais si on devait encore respecter la loi, les esclaves seraient encore des esclaves, les femmes ne pourraient pas voter, les travailleurs n'auraient pas de droit. Les lois ne sont pas toujours justes et les sociétés les ont toujours fait évoluer pour les adapter. On ne peut pas invoquer la loi comme quelque chose d'inamovible.

 

La Catalogne après le référendum : "On est au bord de la guerre civile"

Comment expliquez-vous que le gouvernement espagnol refuse ainsi tout dialogue ?

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy reste dans la droite ligne de l'idéologie franquiste, qui reposait sur la construction d'une Espagne "una, grande y libre" ("une, grande et indépendante"). C'est ce qui nous a menés à la guerre civile. C'était déjà au nom de ce principe qu'il avait contesté devant le Tribunal constitutionnel le nouveau statut de la Catalogne élargissant son autonomie, "l'Estatut", qui avait pourtant été approuvé par les Catalans par référendum et accepté par le Parlement de Catalogne, le Congrès des Députés et les Corts, en 2006. Pourtant, il ne s'agissait là que d'actualiser le statut d'autonomie que la constitution de 1978 nous avait reconnu.

En 2006, les Catalans ne demandaient pas l'indépendance. Ils demandaient seulement à être reconnus comme une nation. Mais le Tribunal constitutionnel a dit non, la Catalogne n'est pas une nation, et il n'y a pas de citoyen catalan. Ce n'est pas la Catalogne qui a rompu le cadre du dialogue avec l'Espagne, c'est Madrid.

C'est en raison de cette incapacité du gouvernement espagnol à accepter notre différence que nous avons demandé à pouvoir voter. Nous voulions simplement savoir combien de personnes souhaitent rester dans l'Espagne dans ces conditions et combien veulent un statut différent, mesurer ce sentiment d'appartenance ou de séparation. Dans toutes les démocraties, il y a des gens qui ne pensent pas de la même manière. Il ne faut pas criminaliser les opinions. En Catalogne, il y a des gens qui pensent à droite, des gens qui pensent à gauche, des gens qui pensent qu'on serait mieux dans une Catalogne libre, d'autres qui pensent qu'on serait mieux en restant en Espagne. Qu'y a-t-il de si mauvais à savoir ce qu'un peuple pense ?

Barcelone : Mariona, Eulàlia et Merce, Catalanes de mère en fille

Vous savez, à l'origine, je n'étais pas indépendantiste. Je suis un musicien qui se sent bien dans toutes les villes du monde où il y a de la musique. Mais ce refus de respecter l'attachement des gens à leur culture, ce refus de les laisser exprimer ce qu'ils ressentent m'a fait épouser cette cause. Je trouve inacceptable cette rigidité absolue et ce qu'elle produit. Est-ce que l'Espagne croit pouvoir réduire au silence des millions de Catalans par la force ?

Pourquoi les Catalans éprouvent-ils autant le besoin de revendiquer leur attachement à leur culture ?

Ce mouvement en Catalogne demande à écouter les êtres humains, à les remettre au centre de la politique. Les États sont des constructions politiques. Mais les gens font partie d'une culture. Écoutez-nous, nous voulons vivre dans une Europe qui respecte toutes les cultures, toutes les langues, toutes les manières d'être. C'est ce qui est écrit dans la Constitution européenne. Le grand problème de la Catalogne c'est que nous avons le sentiment que nous n'avons pas de place en Espagne. J'aime l'Espagne, je me sens bien dans de nombreuses parties de ce pays, j'aime la culture espagnole. Mais j'aimerais que l'on soit aussi reconnus, que l'on soit aussi respectés. Et ce n'est pas le cas.

"Il existe des solutions pour que la Catalogne se sente bien en Espagne"

Imaginez qu'un ministre de l'Education nationale espagnol appelle à "espagnoliser" les jeunes catalans. Lorsque j'étais enfant, j'ai été obligé de parler castillan à l'école. Sur mon certificat de naissance, il a fallu mettre "Jorge" et non "Jordi". Car porter un nom catalan était interdit. Avec la transition, nous avons enfin acquis ces droits élémentaires. Mais on voit bien que l'Espagne ne supporte toujours pas que nous affirmions notre différence.

Le catalan est une langue aussi ancienne que le français. Elle vient de la langue d'Oc, la langue des troubadours. Et pourtant on ne peut pas la parler dans le parlement espagnol ni même dans les tribunaux de Catalogne où l'on doit s'exprimer en castillan. Nous faisons partie d'une nation culturelle très ancienne. Et nous demandons que cette idée soit respectée. Ce n'est pas une question de populisme, ou d'argent comme on l'entend parfois. C'est une question de dignité et de reconnaissance.

Vu l'impasse dans laquelle se trouve la Catalogne, êtes-vous favorables à ce que le gouvernement catalan déclare l'indépendance unilatérale, au risque de plonger l'Espagne tout entière dans l'inconnu ?

Je vous répondrais par une autre question : que peut-on faire quand, de l'autre côté, il y a une barrière absolue ? Que peut faire le gouvernement de la Catalogne ? Imaginez que la Catalogne et l'Espagne forment un couple. Pensez-vous qu'un couple puisse trouver une manière de vivre ensemble s'ils ne parviennent même plus à se parler ? Qu'a fait le gouvernement anglais quand les Ecossais ont voulu leur indépendance ? Il ne les a pas réprimés, il leur a dit : "Ne partez pas, on va vous faire des propositions pour que vous vous sentiez mieux avec nous." En Espagne, on nous a répondu en menaçant de nous jeter en prison puis en lançant sur nous les forces de police. La seule possibilité qu'il nous reste est de dire : puisque nous ne pouvons pas dialoguer, nous prenons le chemin le plus difficile, même si ce n'est pas celui que nous aurions voulu prendre.

Ensuite, je ne sais pas ce qui se passera. Je pense qu'on ne trouvera une solution que si on a une médiation, qui demande à l'Espagne de s'asseoir et de discuter. Cela fait longtemps que l'Europe aurait dû jouer ce rôle-là. Je ne comprends pas qu'elle ferme les yeux. C'est probablement parce qu'elle est entre les mains de partis majoritairement de droite, qui n'ont pas de sensibilité pour le type de revendications portées ici.

Malheureusement, en France je vois qu'Emmanuel Macron n'est pas très sensible non plus à ces questions, pour la raison évidente que la France jacobine a elle-même œuvré à étouffer les différentes cultures présentes sur son territoire, à les franciser. Mais si l'Europe n'intervient pas, elle commettra une faute très grave.

Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand

(*) Violiste, violoncelliste, chef de chœur et chef d’orchestre, Jordi Savall dirige le Centre international de Musica Antiga, la Capella Reial de Catalunya-Hespèrion XXI, et le Concert des Nations.

 

**CONTRE : 

Antonio Muñoz Molina : "L'Espagne ne peut pas gagner contre la Catalogne , ni la Catalogne contre l'Espagne"

Le grand écrivain espagnol Antonio Muñoz Molina. (EFE/SIPA)

A deux jours de l'élection cruciale qui doit se tenir, ce 21 décembre, en Catalogne, entretien avec le célèbre écrivain espagnol.

Ce matin de décembre, le célèbre écrivain espagnol, auteur, entre autres, de «Pleine Lune», «l’Hiver à Lisbonne», «le Royaume des voix» et «Dans la grande nuit des temps», nous a donné rendez-vous dans les salons feutrés de l’Hôtel Wellington, dans le quartier de Salamanque. C’est le cœur du Madrid conservateur. Alors que doit se tenir le 21 décembre une élection cruciale en Catalogne pour tenter de sortir de la crise qui déchire la péninsule ibérique, pas une façade d’immeuble, ici, qui n’arbore crânement un drapeau espagnol, en réponse aux étendards indépendantistes qui flottent aux fenêtres de la région séparatiste. Une opposition entre deux identités qui ne lui parle guère, à lui, l’Andalou qui se dit espagnol mais aussi américain (il a beaucoup vécu au pays de Trump), et même français (il parle couramment notre sabir).

 

Espagne : face à la fièvre indépendantiste catalane, le renouveau nationaliste

L’OBS. Comment expliquez-vous qu'une partie des Catalans veuille quitter l'Espagne?

Antonio Muñoz Molina. Il y a un problème d'invention de l'identité. Quand un gouvernement régional contrôle l'éducation et les médias publics, il très facile de construire un discours victimiste. Mais dans la réalité, il n'existe pas «un seul peuple catalan» qui se sentirait mal en Espagne, contrairement à ce que les indépendantistes affirment. En Catalogne, il y a des origines différentes, des gens mélangés qui ne se sentent pas opprimés au quotidien et vivent plutôt confortablement l'appartenance à une entité plus large.

Les séparatistes accusent l’Espagne d’être réactionnaire, mais n’est-ce pas aussi réactionnaire de se revendiquer d'une communauté spéciale qui devrait avoir des droits différents des autres simplement parce qu'elle aurait des origines qui remonteraient au Moyen-Âge? Simone Veil disait: «La France éternelle est une invention très récente…» Tout dépend en vérité de la place que vous donnez au fantasme dans votre vie. Et les partis nationalistes qui ont gouverné le Pays basque et la Catalogne ont contribué à construire ce fantasme collectif.

Pourquoi dites-vous que c'est un fantasme ?

Le discours selon lequel il y aurait une opposition permanente entre une Espagne centralisatrice et une Catalogne indépendantiste est faux. Il est historiquement faux. J'accepte que des gens veuillent appartenir à un pays indépendant s'il y a une majorité qui le demande. Mais on ne peut pas fonder une opposition politique sur un mensonge. La démocratie espagnole a respecté l'éducation, la langue, l'autonomie de la Catalogne et du Pays basque. L'Espagne est devenue un des pays les plus décentralisés du monde.

Quand Franco est mort, j'avais 19 ans et je me souviens que pour nous, dans la gauche antifranquiste, l'autonomie de la Catalogne, avec sa langue et sa culture, était une idée fondamentale de la démocratie du futur. Dans les manifestations on disait «liberté, amnistie, autonomie». Car l'autonomie de la Catalogne avait été créée par la République dans les années 30; elle faisait donc partie de notre patrimoine politique et idéologique. On n'a même pas attendu l'adoption de la Constitution: un an avant, en 77, on rétablissait la Generalitat (le gouvernement de la Catalogne, NdlR.).

La gauche et les indépendantistes catalans accusent pourtant le Parti populaire (PP) de perpétuer une idée centraliste et «catalanophobe» de la nation espagnole héritée du franquisme…

C'est le discours officiel d'une partie de la gauche. Mais ce qu'elle fait là, c'est saper la légitimité démocratique espagnole. Oui, c'est vrai, le Parti populaire est très conservateur. Mais ce n'est pas un parti fasciste. Il y a des gens, en son sein, qui veulent recentraliser le pays mais je ne crois pas que ce soit une idée majoritaire car le PP gouverne aussi dans des régions autonomes: un discours trop centralisateur peut lui coûter des voix cruciales.

Et puis, si on dit que l'Espagne est toujours sous oppression des héritiers de Franco, comment explique-t-on le mariage homo? Tout ce qu'on a fait depuis la fin de la dictature, tous les changements, la très grande autonomie que l'on a accordée au Pays basque et à la Catalogne qui ont leur propre parlement, le contrôle sur leur éducation, leur langue, leur culture, leurs médias publics… comment l'explique-t-on? On peut accepter tout, mais pas qu'on dise que l'Espagne d’aujourd’hui ressemble à l'Espagne de Franco.

Aujourd'hui, qu'est-ce qu'être espagnol selon vous ?

Lorsque la démocratie est arrivée après la mort de Franco, elle a dû abandonner presque tout projet d'une identité espagnole commune. Car l'idée même de l'Espagne avait été associée à la dictature. Il y avait cet héritage très dur de la dictature, ce nationalisme traditionnel, catholique et profondément réactionnaire. La gauche et la partie la plus civilisée de la droite ont donc décidé de ne pas trop célébrer l'idée de nation espagnole puisqu’elle était associée au franquisme. Et la réponse de régions comme le Pays Basque et la Catalogne a été de dire: nous sommes une véritable nation, tandis que l'Espagne n'existe pas, si ce n'est comme l'Etat oppresseur. Ils ont opposé l'existence de nations profondément identitaires qui viendraient du Moyen-Âge avec leur langue et leur culture à une identité abstraite représentée par l'Etat espagnol.

Le problème, c’est que quarante ans plus tard, si l’on dit qu’on est espagnol, c’est encore interprété comme réactionnaire. On n'a pas été capable de célébrer une identité espagnole qui soit démocratique. On aurait dû créer non pas une idée romantique de la nation (la nation comme tradition immémoriale de l'Espagne), mais une idée plus civique (la nation comme création de la démocratie). En France, l'idée de nation a été créée par la Révolution, pas comme le véhicule de valeurs traditionnelles, telles le patriotisme, la religion, la gloire, non, mais comme une communauté de citoyens.

Comment construire ce récit national commun ?

C'est le fond du débat : comment faire pour trouver une façon de rester ensemble? On doit pouvoir trouver des mesures pratiques pour que les choses fonctionnent mieux, en particulier sur le plan économique. Mais on doit aussi faire un effort pour créer une conscience des liens véritables que nous avons en commun. En réponse à l'uniformité imposée par le franquisme, on a souligné ce qu'il y avait de particulier dans chaque région. Mais on doit prendre soin de ne pas jouer au jeu des oppositions identitaires absolues. Car ce n'est simplement pas vrai. Il faut maintenant trouver un équilibre entre l'affirmation de nos différences et de nos similitudes. On doit avoir une histoire commune à raconter.

La langue catalane est centrale dans l'identité de la Catalogne, c'est vrai. C'est une richesse que l'on doit embrasser. Mais vous savez où se trouve le centre de l'industrie éditoriale en espagnol dans le monde? A Barcelone! Mes propres livres ont toujours été publiés à Barcelone. La Catalogne a toujours eu un immense prestige dans le reste de l'Espagne; elle représente ce qu'il y a de novateur, la modernité. Les identités catalane et espagnole sont connectées sur bien des aspects. Le mélange est profond. La moitié de la population catalane vient d'une autre région de l'Espagne.

Par exemple, dans la génération de mes parents, la plupart des membres de ma famille, des paysans originaires d'Andalousie, une région qui était très pauvre, ont émigré soit en Catalogne, soit en France. Et pourtant, on peut entendre des idées aussi ridicules que l'appel au boycott des produits catalans, comme le cava, en réaction à la poussée indépendantiste. Mais vous savez d'où viennent les bouchons des bouteilles de cava catalan? D'Estrémadure!

La crise en Catalogne a cependant profondément divisé la société espagnole…

Je ne crois pas que l'on soit arrivé à un degré de haine et d'opposition radicale. Il y a de très graves problèmes politiques entre une partie de la Catalogne et Madrid mais ce ne sont pas des oppositions entre des identités contraires. Je crois que ce sont des blessures que l’on pourra soigner. Je suis toujours enragé par l'idée communément admise d'un soi-disant radicalisme, d'une irrationalité espagnole. Cette idée d'une destinée fatale. Non.

Les historiens étrangers pensaient qu'après la mort de Franco la guerre civile reviendrait; elle n'est pas revenue. Nous avons réussi à changer notre pays. Notre histoire contemporaine est une histoire de succès. Puis, l'Espagne a été capable de vaincre le mouvement terroriste le plus sérieux en Europe avec les instruments de la démocratie. On devrait s'en sortir là encore avec un peu d’efforts.

 

L’étrange cavale de l’assassin de Martin Luther King, racontée par Antonio Muñoz Molina

Une commission a été mise en place pour préparer une éventuelle réforme de la Constitution espagnole, qui n'a pas été modifiée depuis 1978. Est-ce l'étape nécessaire pour réorganiser ce vivre-ensemble?

Peut-être faut-il en effet changer les choses. Il faut en discuter, car je suis convaincu que tout le monde serait perdant en cas de divorce. L'Espagne ne peut pas gagner contre la Catalogne et la Catalogne ne peut pas gagner contre l'Espagne.

La constitution de 1978 est pourtant considérée comme un quasi livre sacré par votre génération…

La constitution de 1978, c'est l'acte fondateur de notre communauté démocratique. Bien sûr elle est le résultat d’une réconciliation, de concessions difficiles entre les différentes parties après la dictature, mais elle est aussi connectée à notre première expérience démocratique qui fut la République. Une grande partie de ce que j’ai écrit dans ma vie a été une revendication de la mémoire démocratique espagnole. Il faut que la gauche s'empare de ce récit. J’espère qu’elle saura construire un point d'équilibre entre la célébration de la différence libératrice et la défense de l'égalité entre les personnes. La gauche a oublié sa lutte contre les injustices sociales, les différences de classe, pour se concentrer sur la défense des identités collectives, les minorités, les homosexuels, les femmes, les régions... En Espagne, où l'on résonne toujours en termes de régions, il est temps de résonner aussi en termes de citoyens.

Faut-il selon vous permettre l’organisation d’un référendum d'autodétermination légal en Catalogne sur le modèle écossais comme le réclament quelque 80% des Catalans, qu’ils soient indépendantistes ou pas?

Je connais des gens qui y sont favorables et d'autres qui sont contre. Pour ma part, je ne suis pas absolument sûr qu'il faille organiser un tel référendum… mais si tant de gens le demandent en Catalogne, peut-être faudra-t-il le faire, avec des garanties très scrupuleuses.

Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand

Antonio Muñoz Molina, bio express

Né en Andalousie en 1956, Antonio Muñoz Molina est l'un des plus grands écrivains espagnols. Il a reçu de très nombreux prix dont le prix Prince des Asturies et, en France, le prix Femina étranger pour «Pleine Lune» (1998). Il est l'auteur de nombreux romans dont «Séfarade» (2003) et «Dans la grande nuit des temps» (2012).

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 09:02
Les débats de 2017 en Catalogne et Pays catalan : le rond-point solaire, la prison de Perpignan - Cercle algérianiste (Malraux et le colonialisme-AIAM) - Pour un musée du STRING !

1.Débats et polémiques 2017 : le cercle algérianiste de Perpignan et son avocat d'extrême-droite intentant un procès au Président de la République (voir articles nombreux dans ce blog)

 

LIRE  : la revue des Amitiés André MALRAUX :

PAM N° 13 – Malraux et le colonialisme. 2016

29 MAI 2017

 

Sommaire du N° 13 : Malraux et le colonialisme

 

Préface de Jean-Noël Jeanneney
Éditorial de Pierre Coureux

Malraux au Vietnam : Initiation et confirmation d’un engagement politique
Dossier coordonné par Yves le Jariel

Yves le Jariel : Malraux et Monin : histoire d’une rencontre, histoire d’une rupture, suivi d’une lettre de Clara Malraux à Gertrude Monin
Anne Renoult : André Malraux et Andrée Viollis dans la campagne de protestation contre la répression en Indochine après 1930
Nathalie Lemière-Delage : Malraux et les leaders indépendantistes indochinois
Olivia Pelletier : André Malraux aux Archives nationales d’outre-mer

Interventions au colloque « Singapore conference », réunies par Anissa Benzakour Chami Anissa Chami : André et Clara Malraux
Janine Mossuz-Lavau : André Malraux ministre des Affaires culturelles
Sophie Doudet : Malraux et l’art
Raoul-Marc Jennar : 1925, il y a 90 ans !
Peter Tame : Malraux and Singapore, as portrayed in Le Miroir des limbes. Malraux’s Cultural Legacy

Autres articles :

Emmanuelle Radar : La (non)représentation d’Angkor, indice de (dés)illusion coloniale
He Fei : Le Ministre et l’Asie
Liliane Meffre : Carl Einstein, Les Arts de l’Afrique
Anne Dupuis : André Malraux, Michel Leiris et l’Afrique
Belmond Nicaise Mpegna : L’influence malrucienne dans les révolutions culturelles africaines post-coloniales : ce que doit l’Afrique à André Malraux en matière de politiques culturelles

Comptes rendus de lectures :
Moncef Khémiri :
 Jacques Chanussot et Claude Travi, Dits et Ecrits d’André Malraux

Hommage :
Olivier Régis
 : Hommage à André Brincourt

Actualités malruciennespar Pierre Coureux et Colette Granclaudon

Ont participé à ce numéro
La revue Présence d’André Malraux et recommandations aux auteurs
Titres déjà publiés

 

Pierre Coureux

Fondateur des AIAM - Amitiés Internationales André Malraux

72, rue Vauvenargues - 75018 Paris

Tél.: 01 42 63 89 46 - 06 13 53 30 48

http://www.andremalraux.com

Facebook: AIAMfr   Twitter: AIAMtwit

Débats de 2017 :

 

2. Le cadran solaire de Marc-André de Figueres, où le citoyen pressé ne voit ni l'esthétique, ni la recherche scientifique, ni l'innovation pour une image du pays catalan...

 

IL a coûté moins cher que l'avion de notre Premier Ministre, et il restera, au contraire du barbu de Matignon...

 

**L'association "Contribuables associés" a sélectionné selon des critères bien précis les 10 ronds-points qu'elle considère comme étant les pires de France. "Le cadran solaire" de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, et l'“Arbre en ciel” de Cugnaux, Haute-Garonne, sont en lice.

Par Z.Soullami - F3 Occitanie, publié le 20/12/2017 à 08:02

"Le cadran solaire" de Perpignan va-t-il être élu pire rond-point de France ? Ce rond-point avait en tout cas déjà créé la polémique, pour son coût, il y a plus de 3 ans alors qu'il n'avait même pas encore été érigé.

 

Deux ronds-points sont en lice dans notre région Occitanie : "Le cadran solaire" de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, et l'“Arbre en ciel” de Cugnaux, Haute-Garonne,. Ils ont été sélectionnés par l'association "Contribuables associés" selon des critères bien précis.

 

"Le cadran solaire" de Perpignan mesure 30 mètres de long, et 22 mètres de haut, expliquent les "Contribuables associés". Et d'ajouter : "il faudrait un hélicoptère pour pouvoir lire l’heure". Il a été créé en novembre 2014 pour 298.000 euros alors que le budget prévisionnel était de 200.000 euros.

 

 

  •  

Cadran solaire de Rivesaltes : inauguration retardée 

 

3. La prison de Perpignan : 

voici notre prise de position concernant le futur second centre pénitentiaire de Perpignan.

(Pour le Pays catalan, Philippe Simon, coordinateur.)

 

PRISON DE PERPIGNAN : ATTEND-ON 200% DE SURPOPULATION ?

 

Communiqué de presse · Perpignan, 26 décembre 2017

Le 12 décembre, le ministère de la justice a annoncé un second centre pénitentiaire dans notre département. Cette infrastructure devrait prendre place sur la zone du Mas Orline de Perpignan, gérée par la Métropole Perpignan Méditerranée pour recevoir des activités économiques. Nous exprimons nos réserves sur ce choix stratégique, qui semble couvrir le vide industriel de ce secteur. De plus, la nouvelle prison, à inscrire en 2018 dans la loi de programmation pour la justice, serait achevée en 2025 ! Les instances judiciaires, les syndicats, les détenus et leurs familles, savent parfaitement que le centre pénitentiaire de Perpignan, où les incidents ne cessent de se répéter, est une cocotte minute prête à exploser. Surpeuplé à 184 %, il mérite d’être enfin considéré par l’Etat, qui doit le construire sans plus tarder, à proximité de la prison actuelle. Cela favorisera les économies de moyens publics prônées par le Président Macron. Mais où sont donc passées les promesses du candidat de la France décentralisée, de l’efficacité et de la rationalisation des budgets ?

Oui au Pays Catalan, force politique soucieuse du développement de tous les aspects du territoire, s’interroge sur la sincérité du gouvernement et des parlementaires présidentiels. Le destin de la future prison du Roussillon sera-t-il celui de la Cité Judiciaire de Perpignan, promise dès janvier 2009 par la ministre de la Justice d’alors, Rachida Dati ? Près de 10 ans plus tard, ce projet est encore au point mort.

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:30
Robert Ménard manifestant en 1999 contre la visite du président chinois Jian Zemin - Affiches polémiques
Robert Ménard manifestant en 1999 contre la visite du président chinois Jian Zemin - Affiches polémiques
Robert Ménard manifestant en 1999 contre la visite du président chinois Jian Zemin - Affiches polémiques
Robert Ménard manifestant en 1999 contre la visite du président chinois Jian Zemin - Affiches polémiques
Robert Ménard manifestant en 1999 contre la visite du président chinois Jian Zemin - Affiches polémiques

Robert Ménard manifestant en 1999 contre la visite du président chinois Jian Zemin - Affiches polémiques

Robert Ménard, maire de Béziers, est pour la liberté d'expression...

 

S'il lance des campagnes publicitaires racistes, anti-féministes, antisémites… si les affiches placardées à Béziers par la municipalité tendent à la provocation, c'est parce que le maire estime que "Rien n'est sacré, tout peut se dire..." C'est d'ailleurs là le titre d'un livre "Réflexions sur la liberté d'expression, écrit par le situationniste, gauchiste, Raoul Vaneigem, auteur du fameux Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations (Gallimard, 1967, réédité par Folio Actuel en 1997).

Et c'est R. Ménard qui signe la préface de ce stimulant opuscule ! Etonnant ?

Non, car Bob Ménard fut président de "Reporters sans frontières" et se heurta toujours à ceux, dictateurs, censeurs, journalistes-chiens de garde, qui usaient des ciseaux et autres moyens de torture pour brimer les insolents, écrivains vrais, blogueurs et journalistes indépendants (photo : manifestation contre le dictateur chinois).

 

Cependant le maire de Béziers a bien changé: ce pied-noir, adepte de l'Algérie française (un autre de ses livres), s'est rapproché du FN tout en s'en écartant à présent, mais son combat contre l'envahisseur, maghrébin ou migrant, est désormais connu.

 

C'est pourquoi Raoul Vaneigem accueille son préfacier avec recul et ironie: " Lorsque RM était secrétaire de Reporters sans frontières, il pouvait se prévaloir d'être un défenseur émérite de la liberté d'expression…" Mais, nuance : "Qu'il en cultive la réputation, après s'être nettement rapproché d'un parti d'extrême droite, offre l'exemple d'un confusionnisme, auquel la culture de l'amalgame sert aujourd'hui de caution…" (janvier 2015)

 

Ménard fait d'emblée l'éloge de l'auteur et de la liberté: "Pour toute une génération la mienne, R.Vaneigem incarne cette totale liberté que donne l'écriture." (page 11) Plus loin :"Que dit en en effet RV de la liberté de la presse ? Que, si elle "a été et reste une arme contre toutes les tyrannies", elle est aujourd'hui menacée par cet esprit marchand qui avait présidé à sa naissance." Le maire de Béziers attaque ces "révolutionnaires de salon", ces intellectuels de gauche qui continuent d'aduler Fidel Castro, qui continuait d'emprisonner ou d'exécuter tous ceux qui lui résistent, le contestent ou simplement le fuient…" (p.13)

 

L'ancien reporter critique le monopole des médias et l'attitude de certains journalistes : "…c'est d'un manque d'informations que nous souffrons, d'informations qui ne soient ni communication, ni publicité déguisée, ni propagande inavouée…démagogie, autocensure, veulerie, avilissement et insolente complaisance aux aboiements du maître… C'est pourquoi Reporters sans frontières s'est associé aux Editions Découvertes pour publier ce livre incommode, même pour nous."

 

Même s'il rapproche la carpe et le lapin (le gauchiste et le "fasciste"), preuve d'une grande liberté de ces deux plumes qui se lancent des piques dans le même ouvrage, ce livre est un hymne à la liberté de la presse.

 

 

Nombreux sont les lecteurs des journaux locaux qui pestent contre une information superficielle, tronquée, souvent proche du fait divers et du sensationnel.  Ils recherchent de plus en plus une liberté de ton sur internet, sur mediapart ou chez les blogueurs ! 

 

A ce propos, je ne peux que m'indigner quand un journaliste de L'Indépendant, (quotidien catalan de Perpignan), opérant, non sans talent (mais avec fautes de grammaire !), dans les pages culturelles, me lança :

"Si vous me critiquiez ainsi dans votre blog, je vous taperais sur la gueule !" J'ai donc mis une main courante auprès de la police, on ne sait jamais… Il faut sans doute mettre au compte de la jeunesse, de l'inexpérience et d'une trouble idéologie gaucho-réact, le comportement d'un chien de garde, marionnette d'une direction autoritaire…

 

JPBonnel

VIDEO. Béziers: La nouvelle campagne d'affichage de Robert Ménard scandalise l'Etat

« Dotations, emplois aidés, logement, subventions… L'Etat étrangle nos communes ». La dernière campagne d'affichage commandée par Robert Ménard, maire (proche du FN) de Béziers, a fait sortir de ses gonds le préfet de l'Hérault Pierre Pouëssel.

« Cette affiche est scandaleuse. Elle exalte la violence et la haine. Par son graphisme, elle rappelle des propagandes d'un autre temps qui ont fini dans les poubelles de l'Histoire, a envoyé aux rédactions le représentant de l'Etat dans l'Hérault. En bref, elle contient tous les ingrédients d'un populisme de caniveau que le maire de Béziers cultive sans vergogne. »

 

Au-delà du texte, c'est le dessin qui l'accompagne qui fait polémique. On y voit un homme en train d'étrangler une femme, le tout accompagné du hashtag #CaFaitMal. « À banaliser encore plus qu'ils ne le sont déjà les comportements de violences et de domination des hommes envers les femmes...

 

Campagne anti-migrants, affiches contre les homosexuels

Robert Ménard est habitué des campagnes provocatrices. En octobre 2016, il avait par exemple fait placarder des affiches anti-migrants portant le slogan « Ça y est, ils arrivent… Les migrants dans notre centre-ville. L'État nous les impose », avant de les faire enlever sous la pression d'associations qui avaient déposé un référé devant le tribunal administratif.

>> A lire aussi : Béziers: Robert Ménard détourne la campagne du gouvernement contre le sida

Un mois plus tard, il avait détourné une campagne d'affichage de l'Etat présentant un couple homosexuel par un couple hétérosexuel, avec la devise « Liberté, égalité… fidélité ».

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 08:56
 Cinquantenaire du Comité de conservation de la nature des Pyrénées-Orientales; exposition et conférences au Palais des Rois de Majorque du 14 au 24 novembre 2017 
 Cinquantenaire du Comité de conservation de la nature des Pyrénées-Orientales; exposition et conférences au Palais des Rois de Majorque du 14 au 24 novembre 2017 
 Cinquantenaire du Comité de conservation de la nature des Pyrénées-Orientales; exposition et conférences au Palais des Rois de Majorque du 14 au 24 novembre 2017 
 Cinquantenaire du Comité de conservation de la nature des Pyrénées-Orientales; exposition et conférences au Palais des Rois de Majorque du 14 au 24 novembre 2017 

Cinquantenaire du Comité de conservation de la nature des Pyrénées-Orientales; exposition et conférences au Palais des Rois de Majorque du 14 au 24 novembre 2017 

***Sur Walter BENJAMIN - Rencontre et Signature autour de Mountains and Sea -
Présentation du prix européen de l'essai W.Benjamin : Bruno Tackels, par l'association W.Benjamin :

 

Public
 · Organisé par Librairie Torcatisclock
  •  
    Aujourd’hui à 18:00 - 19:00
  •  
    Librairie Torcatis
    10 rue Mailly, 66000 Perpignan
VENDREDI 17 NOVEMBRE A PARTIR DE 18H00

Dans le cadre de l'exposition "Résistances" de Guy Peytavi, 
signature du livre "MOUNTAINS AND SEA, le chemin de Walter Benjamin", aux éditions Voix et une présentation par Jean-Pierre Bonnel du livre de Bruno Tackels "Walter Benjamin, la vie dans les textes", qui sera récompensé par le prix européen Walter Benjamin de l'essai littéraire et philosophique décerné par l'Association Walter Benjamin sans frontières le 24 novembre à Banyuls.


Le livre opère un détournement de perspective, reconstruit un point de vue qui embrasse dans son ensemble la totalité du paysage entre mer et montagnes et qui va chercher dans la question de l’exil et de la frontière sa forme. On retrouvera sur la tranche du livre, la croix noire tracée à la brosse n°50 qui indique les mauvaises directions à ne pas prendre. Car la « route Lister » - c'est le nom d’un général de l’armée républicaine espagnole qui l’emprunta pendant la guerre d’Espagne et c'est ainsi que la nommait Vincent Azéma, maire de Banyuls qui aida les réfugiés - est escarpée, difficile et hérissée de voies sans issues.

Que voit-on ? Le milieu du livre se compose d’une frise photographique. La nuit tombe à cru sur Rumpissa. A l’Ouest, une couronne de montagnes étirée sur un soleil couchant ; à l’Est, une mer endeuillée. Les points cardinaux sont rabattus sur une seule et même ligne. La lune se lève au-dessus du chemin des crêtes. Le col est un refuge. Rumpissa, pause dans la chaîne des Pyrénées. 42ème parallèle. 42.4167 / 42° 25’ 0’’ Nord.

Ce travail de construction, déconstruction, reconstruction du sentier de l’exil à partir d’une histoire naturelle réinventée de la Méditerranée, berceau de la botanique, est dédié à Walter Benjamin et à Mahamadou Traoré.

Le projet a fait l’objet de deux traversées à pied, la première en septembre 2016, la deuxième en juin 2017, qui ont donné lieu à la production d’un herbier, de photos, de dessins et de textes, le tout assemblé et composé par le travail éditorial essentiel de Richard Meier pour Voix éditions qui a permis d’atteindre les objectifs du livre : une balade botanique et poétique du chemin de Walter Benjamin, entre mer et montagnes, empruntant à l’anglais, langue de l’exil, son titre.

 

***De : Nadal Francine <itadethoju@yahoo.ca>

 Rassemblement de solidarité Québec-Catalogne, samedi 18 novembre

 

À Chers amis  et à la CATALOGNE


Nous vous invitons à vous joindre au grand rassemblement public organisé par la Coalition québécoise de solidarité envers la Catalogne le samedi 18 novembre, à 13 h 30 dans la
Salle Sylvain-Lelièvre du Collège de Maisonneuve (3800, rue Sherbrooke Est, Montréal).

Inscription au www.ccquebec.cat/rassemblement

AU PROGRAMME

* Tour d'horizon sur la situation en Catalogne
* Projections
* Moulin à paroles
* Prestations artistiques diverses (chant, musique et poésie catalanes)
* Déclaration publique de solidarité

Contribution suggérée : entre 5 et 10$ (selon le nombre d'inscriptions)*

* Tous les fonds amassés serviront à financer les activités de la Coalition.

Pour plus de détails sur la Coalition québécoise de solidarité avec la Catalogne : www.solidarite.cat

 

Coalition québécoise de solidarité envers la Catalogne

Plusieurs grandes organisations de la société civile ainsi que quatre formations politiques québécoises ont convenu de se rassembler pour former une vaste coalition de solidarité citoyenne et transpartisane en appui à la Catalogne. La Coalition soutient la population catalane et le gouvernement de Carles Puigdemont qu’elle a élu démocratiquement en 2015. Elle appelle l’Espagne à respecter la démocratie et condamne du même souffle les poursuites abusives qui continuent de s’abattre sur les leaders catalans, de même que tout recours à la violence.

***Je me rendrai samedi à l'école municipale des Beaux-Arts de Sète, qui fonctionne bien, pour rencontrer le directeur, adhérer à l'association et faire un compte-rendu pour apprécier si Perpignan ne pouvait pas conserver sa propre école...

JPB

 

***Visite de l'Ecole des beaux-arts de Sète et de son parc

Public · Organisé par LABAS Les amis des beaux-arts de Sète

  •  

samedi 18 novembre à 10:30 - 12:30

  •  



Ecole des beaux-arts de Sète 17 rue Louis Ramond, 34200 Sète

Détails

Visite découverte du parc et de la maison en compagnie de Philippe Saulle, directeur de l'école.

Avant de devenir l’École des beaux-arts de Sète que nous connaissons aujourd'hui, le bâtiment, construit vers 1830, a eu une destinée particulièrement liée aux artistes et aux Beaux-arts.

Tarif : Gratuit pour les adhérents à l'association LABAS

15 euros pour les non adhérents

Sur inscription : labas.association@gmail.com

Adieu la vie, adieu l'amour

Samedi 18 novembre à 20 h 30

au Théâtre du Réflexe à Canohès

Auteur : Jean Vautrin

Conception et interprétation : Patrick Levasseur

Durée : 1 h 15         Entrée : 12 €

Vautrin nous plonge directement dans les premières heures qui précèdent l'offensive Nivelle du 16 avril 1917.

Le récit s'articule autour des sensations, des pensées, des réactions de quatre amis : un aristocrate Arnaud de Tincry, un peintre Boris Korodine, un ouvrier Guy Maupetit et un propriétaire de château viticole Raoul Montech.

L'auteur décrit les souffrances, les espoirs et la peur des hommespendant l'attente de la contre-offensive allemande.

Les soldats se souviennent des moments heureux de leurs vies et à travers eux, Vautrin aborde toute une époque : les moeurs, les inventions techniques, l'évolution sociale, les changements artistiques...

Les quatre amis sortiront indemnes de cette "guerre" et nous pourrons suivre leurs aventures dans le tome 2 : "La femme au gant rouge". 

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