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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 10:28

IMGP0071.JPG   * "Ecrire c'est mourir vif et renaître de ses cendres." Cendrars Blaise, dans "Le poète-phénix".

 

   * Le 8 décembre 1982, avec un chien dans un sac, enjamber des trains, sortie rapide à la gare de l'Est, bouffée d'air à Austerlitz, enfin démarrage du TGV, villégiature de la modernité... Mais c'était Waterloo : j'allais à Toulouse et, plus loin, en Ariège, et plus profondément encore, j'allais, j'allais. J'allais à l'enterrement de Bon-Papa...

 

   * La jeune fille de treize ans environ est venue vers moi; elle a osé me parler, me demander si je me rappelais de son père, Raymond M. "Bien sûr, que je m'en souviens! On n'oublie pas un tel personnage, tout un, angoissé, vivant loin des compromissions de la vie. Mais toi, tu as sacrement grandi..." J'ai employé le passé composé car j'avais cru que Sandrine était la première fille de Raymond, Judith, que j'avais connue il y a quelque trente ans... En utilisant ce temps, j'avais nié le temps, ces années passées de façon surprenante; mais Judith a désormais trente-six ans et moi, je ne compte plus...

 

*   Je sens l'été dehors, sur la terrasse éclairée, une bonne partie de la nuit...

 

   * Utopies de l'origine - avant-gardes figuratives en Catalogne, de 1946/60, avec J.Maria de Sucre, Joan Ponç, F.Fornells-Pla, Joan Brotat, Josep Guinovart, J.Vilacasas, J.Maria Garcia-Llort, A. Rafols Casamada, Maria Girona, Francesc Todo.

 

   * Je lis les Mémoires de Louis Althuser "L'avenir dure longtemps; c'est passionnant, étonnant de la part d'un philosophe austère et peu sympathique (il tua son épouse Hélène, événement évoqué à la page 313...). Respectant la formule marxiste "Ne pas se raconter d'histoire.", il raconte tes histoires de sa vie, ses engagements, son idéal communiste : le communisme, c'est l'absence de rapports marchands, de rapports d'exploitation de classe et de domination de l'Etat. Il cite souvent Marx: "L'histoire a plus d'imagination que nous." Bien sûr, le lecteur attend l'argumentation, en fin de livre, de sa défense, avançant que son épouse aurait accepté de la main de son mari la mort qu'elle lui avait supplié de lui donner; il s'agit d'un suicide altruiste..!

 

   * Picasso prononçait "Pubis de Chavannes." Sa première exposition à Barcelone, à la Sala Gaspar, date du 25 octobre 1956; il y en aura une autre en novembre 1961.

 

   * "La littérature est par essence prise de parole." J.Paul Sartre.

 

    * Je parcours "Love boat", de Scott Fitzgerald, à Collioure (7/7/1996); il écrit, page 23 : "C'est ça, la vie, simplement ça, sourires, chaleur, sourires, chaleur..."

 

   * Les livres d'A. Manguel sont toujours passionnants. Je lis "Histoire de la lecture" en avril 1998. Il traite des tablettes de cire de la mémoire, de la lecture re-crétive, de l'oeuvre du lecteur (p.117), d'images et de métaphores (p.124 et 207, la mort); surtout, à la page 86, du lac gelé : mourir de peur ! Le cavalier a conscience d'avoir traversé au galop un lac pris par les glaces. Après une passe dangereuse, voici la mort et la métaphore de l'oeuvre : mourir en constatant qu'on a donné vie à l'oeuvre "dangereuse" (les philosophies, la bombe atomique d'Einstein...)

 

   * Exil : quand on se sent seul, on est vraiment seul. La boîte à lettres vide, le téléphone muet, le jardin silencieux, le lit froid; être en exil dans sa propre maison, et à l'intérieur de soi; prendre le corps de l'autre de l'horsoi, de l'étranger si intime et pourtant si méconnu par peur des profondeurs, des vérités confuses; de l'obscénité des entrailles.

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:42

herve-donnezan.jpg  Encore Collioure, vue depuis le Faubourg (C) Hervé Donnezan.

 

 

   De (quelque chose qui serait) la Mort 

 

  * Aphorismes de la mort : « Refuser de mourir, c’est ne pas avoir accepté de vivre. » (Sénèque, Lettres à Lucilius.

Selon Montaigne, disserter sur la mort, voilà le but de toute oeuvre, de toute carrière.

   « Vivre sans croire à la vie. Mourir sans croire à sa mort. Mais ça n’est pas une existence, ça ! » Roland Jaccard, qui aime la vie, et imagine la mort sous les traits d’une jeune fille.

 

   Tout parle de la mort : poèmes, lectures, articles de journal, romans…tous ces textes mêlés veulent témoigner, l’approcher vraiment dans une parole humaine, trop vaine…

 

   *  Le cygne, métaphore de la vie, chez Proust.

 

   * Cimetière, pays des allongés ; même au Père-Lachaise, on ne reste pas assis : un million de morts sous douze mille arbres ! (Extrait d’un recueil inédit « De quelque chose qui serait la mort »).

 

   * Les hommes ont-ils perdu la faculté de mourir ? 

  Georges Blin : « Le temps, s’il n’admettait pas de temps morts, ce serait la mort. »

 

   * Héraclite : Les morts sont à rejeter plus encore que le fumier.

 

   * Phrases de Kundera : « Chacun peut à son niveau, atteindre l’immortalité….  Rien n’a plus inspiré Novalis que la mort. La mort enchanteresse, la mort transmuée en alcool de poésie… Les Romantiques la tutoyaient sans vergogne… On compte sur l’immortalité et on oublie de compter avec la mort… Etre absolument moderne, c’est être l’allié de ses propres fossoyeurs… »

 

   * La danse solaire des becs crochus de la mort. (René Char)

 

   * Le livre aussi est un cimetière (Proust, dans Le temps retrouvé, page 265, édition de poche).

 

     * J’apprécie beaucoup les oeuvres d’Hervé Guibert, les tragiques plus que les érotiques. Sans la mort, il serait devenu un immense écrivain : « La maladie donne le temps de découvrir la vie. « Le suicide est un réflexe de bonne santé. » Il est liberté : la maladie et la mort n’ont pas encore leur emprise sur l’individu.

 

   * « J’écris depuis la tombe. » - « Ma vie détruit la vie. » Chateaubriand.

 

   * « Nous qui mourrons peut-être un jour disons l’homme immortel au foyer de l’instant. » (X)

 

   * Marguerite Yourcenar : « La mort, suprême forme de la vie. » – « La mémoire des hommes est un cimetière abandonné. » – « Soyez pour vous-même une lampe. » Le père de l’écrivaine affirmait qu’on n’était bien qu’ailleurs. Sa fille, elle même, était une grande vagabonde…

 

   * « La mort, cette parole retirée. » Dominique de Roux.

 

   * Lire le journal de Cocteau : les nécrophores.

 

   * La mise en page est une mise en bière : les mots sont autant de jalons vers la mort.

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 19:38

carte-2012.jpg (C)Loïc Robinot

 

* La poésie : faite de fabrication et de divination.

 

   *  Selon Jean Onimus, dans ses livres sur la poésie, la prose - le discours de la communication -menace la poésie, qui est fragment, oracle, paroles pulvérisées; il s'agit d'une lecture lente, qui s'arrête sur les mots, les pèse, les contemple, les écoute dans leurs métaphores et sens second... 

 

   * Selon Octavio Paz, la poésie est "l'écriture de la fondation de l'homme. Le Surréalisme est révolution, parce qu'il est un retour au principe du principe." (Courant alternatif, 1967). Dans le même livre :  "Le poème n'est pas incompréhensible, il est inexplicable." Et "Le poème est soit pléthore de sens (chez Mallarmé) ou néant du signifié (chez Dada)".

 

  * Octavio Paz, dans "La femme chaque jour", prétend que le poète est un "jardinier d'épitaphes"...

 

   * "Lézards dont l'insouci est guetté par les chats." René Char. Le poète nous l'a confié depuis longtemps, dans "La complainte du lézard amoureux" : cet animal est poète, à ses heures...

 Chez Raymond Queneau, l'espiègle bête jonglait avec le (nos) mots, au lieu de se contenter de sommeiller dans le soleil : 

« Nous, lézards, aimons les muses

Et les muses aiment les Arts. 

Avec les Arts l'on s'amuse :

on muse avec les lézards."

 

   * Loin de la patte du chat qui attend, le lézard aoûtien de mon balcon, une montagne envieuse de neige... Ce grand désert entre lac et ciel, ce silence immaculé cerné de bleus écrins, c'était Les Orres ! Et ils croyaient que c'était de l'or blanc...

 

   *  Je relis Le Petit Prince avec la classe de Sixième et c'est toujours l'émerveillement et le constat qu'on n'épuise jamais les significations de ce récit poétique; voici encore des citations à retenir pour devenir plus sage...

   "Le langage est source de malentendus." - "On ne voit bien qu'avec le coeur." - "Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le coeur."

"Qu'est-ce que signifier "apprivoiser" ? Créer des liens."

 

   * René Char, dans son introduction aux oeuvres de Rimbaud : "Avec Rimbaud, la poésie a cessé d'être un genre littéraire, une compétition, pour devenir une expérience de la totalité, fondée dans le futur, expiée dans le présent."

 

   * Et Saint John Perse, parlant de Char : "Char vous avez forcé l'éclair au nid et sur l'éclair, vous bâtissez."

 

   * Seul importe le livre, tel qu'il est, loin des genres, en-dehors des rubriques, prose, poésie, témoignage...Maurice Blanchot. Je lis "L'espace littéraire" de lui; un livre dont je n'ai pas daté la lecture, ni noté son contexte (lieu de l'achat, de la lecture), rarissime chez moi; mais un tel livre est toujours à l'heure quand on a envie et besoin de réfléchir, de se plonger dans la poésie théorique, la réflexion intelligente, quand on a l'impression de comprendre enfin la littérature...

 

   * Le poète Kenneth White, éternel voyageur, se définit ainsi : "Clochard transcendantal", "nomade intello", "je suis un solitaire social" Jacques Lacarrière, lui aussi, est un sacré voyageur : "un flâneur des deux rives du temps". Relisons le texte "Vagabonds" de Rimbaud, dans les Illuminations ! Et "Le sens de la marche"(Gallimard), de Jacques Réda, "passant désinvolte", ou la "Philosophie buissonnière" de Stanislas Breton (éditions J.Millon, 1990)

 

   * Culture moderne, que nous détestons souvent car peu humaniste, méconnaissant l'Histoire, les grands repères,les valeurs universelles: elle vit à la surface des choses, des événements, ne se situe pas dans la mémoire collective; elle est la création éphémère d'économistes idéologues, de publicistes vénaux, de décideurs irresponsables, de gagneurs pour qui importe l'argent plus que l'amitié ou l'humanité... Tout est "culture", aujourd'hui, mot utilisé à tout bout de champ : culture d'entreprise...

 

   * Dans sa Préface aux oeuvres de Rimbaud (poésie-Gallimard), René Char écrit cette forte phrase : "Hors de la poésie, entre notre pied et le champ parcouru, le monde est nul. La vraie vie, le colosse irrécusable, ne se forme que dans les flancs de la poésie."

 

   * De Char, encore : "Nous ne pouvons vivre que dans l'entrouvert, exactement sur la ligne hermétique de partage de l'ombre et de la lumière."

 

   * "Vous avez forcé l'éclair au nid et sur l'éclair vous bâtissez." Saint John Perse.

 

   * "Poésie, c'est crevé", écrit Denis Roche. "Elle est inadmissible. D'ailleurs, elle n'existe pas !" On pense à la phrase d'Adorno sur l'impossibilité de la poésie après le nazisme, les camps, la Shoah; puis Adorno est revenu sur son jugement après avoir lu les poèmes de Paul Celan.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 22:49


   * Artmour :  La femme horizontale, pas forcément celle des horizons, à la bouche qui perce, au visage rond, plein, comme une lune où trône la mer de la tranquillité. Rien de cérébral, mais la vie qui habite la femme.

 

   * Tu râles, me fais la tête parce que je lis le journal, un roman…Et que j’écris ! Tu cries pas, mais je vois ton visage devenu terne… Tu voudrais que je sois tout à toi, auprès de toi, en toi ! Moi aussi, je l’avoue et j’ai le péché de l’écrit, mais faut que je me soigne, en t’écoutant, e,n sortant de mon armure… Parfois j’hésite, reste sur mes positions, tel un têtu campeur, et me demande si tu comprends tout à fait ce que représente lire, écrire : un plaisir, une souffrance… J’ai besoin de cette pitance, de cette monstrueuse activité quotidienne : confession, me gave de mots jusqu’à m’étourdir, me droguer ; une sorte de bonheur. Tu as pourtant raison : le bonheur, c’est d’être au plus près.

 

   * Quand j’ai fini de remplir mon intime journal, mon blog journalier, mes twitteries facétieuses, quand j’ai fini de parcourir tous ces articles parlant du monde, quand je me suis étourdi pleinement dans les mots, alors je me sens vidé, paradoxalement, l’esprit ouvert, réceptacle vierge,le verbe ayant atteint l’inlocalisable point G…

 

   * Me nécessitent le silence et une solitude passagère pour écrire. C’est sûrement une maladie et tu n’acceptes pas ce retrait ; tu préfères qu’on aille marcher sur la plage ou dans les vignes nuancées de l’automne. Tu aimes quand on va au col, là-haut, par-delà les prairies de la frontières, ramasser cèpes et rosés des prés. Et tu as raison. J’écris pour rien, ni pour gloire ni pour droits d’auteur ou rutilants honneurs. Je n’écris que pour quelques instants de plaisir inavouable. J’écris pour un fugace bonheur…

 

   * Pluie toute la nuit, que d’eaux et la mer monte. Je la vois s’élever, dévaster la plage, cavaler sur les jetées. L’orage a éclaté ; ses zébrures éclairent la nuit de la mer et j’en perçois le noir, remué, jeté telle une encre sur les murs de la petite station balnéaire. Les rues sont inondées, cauchemar au coeur de la nuit, frissons d’orange dans les jardins secrets de Banyuls. Je n’arrive pas à dormir, la faute n’incombe ni à la pluie ni au vent marin qui apporte pourtant tous les tourments de l’outre-horizon. C’est une question simple de bras qui ne veulent pas de moi, s’enfermant dans un sommeil égoïste…  

 

   *  L'amour, selon Pasternak, c'est "cette sorte de moi, ce toi d'une absolue perfection."

 

   * Au festival d'Avignon, 9.10.2007. Pièce "Le monologue du pénis". On fait la queue (plutôt petite) et le patron, à l'entrée : "Ne vous placez pas au premier range, vous risquez des déflagrations ..."

-Des "éclaboussures", vous voulez dire, s'étonne un client.

-Oui, des éjaculations !"

   Dans la petie salle d'une centaine de places, à peine, intime, déjà l'ouvreur indique que soixante-neuf places sont occupées. Quant à l'ouvreuse, elle clame "érection interdite" à pleines gorges... L'ouvreur proclame qu'il s'agit d'une conférence que le pénis. Merci, M.Freud, répond le visiteur effronté. Vous ne voulez pas plutôt dire, une "circonférence" ?

Et l'ouvreur :, de sa belle bouche rouge : "You hav' got a penis ? Use it now !"

    Surgit un acteur bien habillé de pied en cap, manteau en poils jaunes et chapeau melon, en dépit de la saison estivale, qui se fraie un chemin entre la foule qui "queue" ou "pénit"  "Je remarque qu'il y a plus de femmes que d'hommes, dans cette salle..!"

   Un autre acteur, en débardeur : "Une panne, viagra est là !"  klein--moi-nice.JPG

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:16

Man-ge-voeux.jpg  * Peur de la nouvelle année ? Pas des prophéties funestes annoncées de façon rituelles, mais peur du temps qui s'amincit... Retour sur le passé : Marseille & autres souvenirs...

 

 

   * Mar, Massilia, la réécrire, la ville, et la mer qui bouge, dans les deux sens. Vers l’Afrique : désir de désert. Mouvement vers l’Europe des pauvres, des sans-papiers : après le péril jaune, la peur de l’Arabe…De l’autre, du Noir, de l’immigré…

 

   * Le bel été, le beau Rimbaud. Une trace sur la plage qui parle d’une ultime empreinte. Dernière aventure à Marseille : sa mort.

 

   * De Paris, je pensais à elle, dans l’immeuble de verre où, le dimanche matin, on peut voir, sans être voyeur, les couples qui font tout l’amour qu’ils n’ont pas eu le temps d’accomplir tout au long de la semaine. Font l’amour au temps. Le tuent par le corps, puis avec le repas, la balade, le tour en voiture, les heures  devant la télé… 

  J’y ai dormi, sans elle, partie non loin. J’aurais dû y aimer : j’ai pas osé la scandaliser…

 

   * Avoir des mots. Cette expression, c’est beau. Mais avoir des mots avec la police : moins élégant !

 

   * Le loriot jaune aux ailes noires me regardait depuis sa cage vitrée. M’implorait-il d’ouvrir la prison dorée, de le lâcher dans le musée du monde, dans l’univers de la mort.. ? Ou dans un espace plus vaste, hors les murs, vers une immortalité plus vivante et naturelle.. ?

 

   * Azimut, le chemin, en arabe. Azimuté, qui a perdu la boussole, la tramontane.

    Terrain azoïque, dépourvu de fossiles. »Le vide infini qui soutient le monde.’ Edmond Jabès.

 

   * La voie du Lido vibre aux roulements du soleil, concurrencé par les vagues proches : c’est la piste des flamants roses, qui font des nids démesurés dans les anciennes cabanes de pêcheurs. La vie n’est plus bleue, ici, pour l’homme. Il a hypothéqué sa vie pour une aire de moellons dans les étages du ciel. Cette route, que j’ai écrite il y a vingt ans, est encore la frontière entre écume d’eau et blanc Canigou. Elle est un pont entre la mer et l’étang, une plage de dunes et une autre de roseaux qui ne savent pas écrire.

 

 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 19:38

 

   * La Diva aux pieds nus, native de Mindelo, sur l'île de Sao Vicente, au Cap-Vert, partie le 19 décembre 2011, avait coutume de dire que "la vie est faite de fiel et de miel, de misère et de succès, à limage de sa vie tumultueuse.Son répertoires d'airs nostalgiques capverdiens, les mornas, et ses chansons entraînantes suggèrent les antithèses, les hauts et les bas de l'existence. "Chaque jour a son vendredi", affirmait-elle, en pensant au malheur du vendredi 13 et de quelques autres jours de l'infernale semaine Entre attaches avec sa terre marine et ses tours du monde, entre dictature salazarienne et chants de liberté, Miss Pefumado semble avoir vécu dans l'immobilité du temps, dans la fidélité à un peuple et à ses valeurs. Salut, l'artiste, merci d'avoir laissé tes disques sur la platine du globe terrestre !

 

   * J'ai constaté que certains villages (Villeneuve de La Raho, Bages) ont installé depuis des jours, bien avant Noël, une enseigne lumineuse annonçant "2012" ! Déjà, elles sont pressées, ces municipalités, de passer à autre chose; elles anticipent, comme pour oublier le temps présent, pas marrant et se projeter dans l'année nouvelle ! Comme pour que l'on oublie les gestions municipales déplorables ? Mais nous n'avons pas la mémoire courte... Et puis, rêver à 2012, c'est inutile, la crise n'est pas finie et on vous promet bien des surprises... f-tes.jpg  (C) Loïc Robinot.

 

   * Afin de préparer un beau livre sur Collioure, je vais, avec Loïc R., me rendre de bonne heure à Collioure pour prendre des photos : surprendre le petit village assoupi, surprendre la mer endormie, aller sur les lieux de la peinture, ceux hantés par Matisse et Derain, les criques, les ateliers, les rues...pour ce livre où mots et photos dialogueront...

 

   * J'aime me rendre à Port de la Selva. On atteint ce "port de la forêt" par le GR92. De là, on monte vers Cadaqués: à la sortie, direction route de Cadaqués; à deux kilomètres, prendre le chemin à gauche avant le camping de Port de la S. Monter sur la gauche vers Puig de l'Oratoire, culminant à 256 mètres; ensuite, au sud-ouets, à droite, laisser la côte de Roques de la Regalada; se diriger vers le mas dels Bufardor; vous n'êtes plus très loin du village blanc...

 

   * Autre balade splendide au pays de Dali : Depuis le centre de Cadaqués, face à la plage,  prendre à droite l'étroite route littorale; passer d'abord devant le Casino, vers la plage Baluard, les Arcades, puis direction la plage du Llané (*) : là, reproduction d'un tableau de Dali "L'hora del Bany" (1929): ici se trouve l'ancienne maison familiale des Dali. 

   A présent, il s'agit d'aller jusqu'au phare t sa crique (cala) : direction le Faro, sentier tracé dans la nature hostile et sublime : Cami de ronda, puis Cami de Celanans et Cala Nans; ici, vue admirable et silence, solitude loin des foules des terrasses u village touristique !

   Le chemin tourne et se resserre avant le phare. Les pierres affleurent; on a l'impression de marcher sur des lames de couteau... De là, une vue globale de Cadaqués s'offre à vos yeux : son cap, ses falaises de schistes érodes par le vent marin, insolites sculptures dans la roche, formes fantastiques qui ont inspiré le Maître et que l'on retrouve dans ses tableaux...

 

   (*) c'est aussi le nom d'un hôtel luxueux; plus loin, à gauche, un autre hôtel quatre étoiles avec vue sur la mer.

 

   * Ecrire des textes perturbateurs. Pas provocateurs au sens de facilité et de violence gratuite. Des textes nouveaux, originaux, inattendus : "Il sera une fois...Dès qu'Ulysse sera retourné dans son pays, il devra supporter sa Pénélope d'épouse inassouvie, insatiable...

 

  * Ressusciter mon blog en bloc. Publier les 1500 textes de mon ancien "blogue" québécois, abandonné par l'invisible serveur (encore une histoire de gros sous) et tout redonner à voir et à lire dans "over-blog" ! Ou en faire, après le livre virtuel, un livre-papier..?

 

   * J'adore l'arrière-pays niçois, comme pourrait dire Yves Bonnefoy. Tende. Saorge sur la crète; près du vide, une église serrée dns l'enfilade des maisons de pierres. Breuil, vivante et Tende avec son marché de produits du coin, cèpes, confitures...

   Mais il faut à regret quitter ce haut pays et prendre l'autoroute pour Turin et Aoste. Paradoxe: la distance paraît plus longue par l'autostrada; elle est tellement ennuyeuse ! Et le pays est plat, à présent ! Mais déjà, mais bientôt, la ligne des Alpes se rapproche de plus en plus : la vallée d'Aoste n'est plus très loin; on devine ces épées telluriques qui percent l'air et les nuages. Cervin, Mont-Blanc, le Rose, la litanie des grands sommets de l'arc monagneux, et, derrière, sur le versant suisse, Zermatt et saas-Fee

 

   * Le visible, pour Cézanne, est une construction complexe : les architectes en sont la nature et l'homme : "Le paysage se pense en moi, et j'en suis la conscience." Le peintre d'Aix ajoutait encore : "La couleur est le lieu où notre cerveau et l'univers se rencontrent."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 19:42

 

16 IMGP8350.JPG

 

 

* Revenir à la philosophie d'Antonio Machado. Son livre de pensées est peu connu; quant à son anticléricalisme :

 

"Il faut créer une foi que nous n'avons pas, une religion de l'absence, un autre universel qui est le néant."

"J'estime opportun de combattre l'église catholique et de proclamer le droit à la conscience populaire."

"La conscience est antérieure à l'alphabet et au pain."

" Mon maître est Unamuno."

""Je voudrais écrire un nouveau romancero. " "Certaines rimes révèlent en grande partie des heures de ma vie gâchée, perdue."

"Ma vie est faite plus de résignation que de rébellion."

 

   * Avant Narbonne, à Prat de Cest, le soleil frappe sur les vignes jaunes, donnant de la profondeur à ce jaune encadré par le noir du ciel : l'orage est proche. Entre Narbonne et Béziers, de jeunes prostituées dans les sentiers, debout ou sur un tabouret, à s'ennuyer ferme. Une dame d'un certain âge attend dans sa caravane, garée dans un champ, lieu stratégique par rapport à la départementale...

  Un toro noir et andalou, dans l'horizon, barre le ciel nuageux : la bête se découpe dans l'espace, avant la montée pour Nissan lès Ensérune. La route qui longue la longue plage de Sète est réaménagée : parkings, voies vertes, cyclables... Joie de marcher, de courir dans l'eau, sur le sable entre les coquillages...

   Je poursuis la découverte du littoral audois et languedocien: cap d'Agde, lieu sulfureux, Grau d'Agde, pour une balade éphémère et décevante; j'en sais peu sur ces stations d'une côte sablonneuse souvent banale...

 

   * Vélo volé : c'est pas des baisers, c'est mon braquet, mes nerfs de braquemart et mes dix-huit vitesses ! « La poésie est bien au pouvoir. » (Ilescu).

 

   * Il faut que j'écrive : "Le grand livre du Moi !"

 

   * "Gorbatchev, c'est l'échec !", a déclaré Kasparov, que s'y connaît en ...échecs ... (janvier 1990)

 

   * Aphorismes de la modernité : Philosophie, science de la défaite. 

 Ils ont troqué leur trogne de forbans pour ces visages de retraités dociles, roulant méticuleusement leur linceul dans du papier à cigarettes...

 

   * Je n'ai rien dit, pas bougé : tu as parlé de l'actualité, qui bouleverse sans cesse ton sourire, ton humour. Tes intimes révolutions me rendaient moderne. 

    J'étais près de toi, dans ta sphère de femme, sur la vague de ton haut langage, sans jamais savoir mettre le corps en avant. Ni le moindre prélude verbal...

 

   * C'est bête, un mot inarticulé. Un mot qui hante le cerveau, c'est comme une mort ! Pourtant, il pourrait en dire, ce mot ! Décrire tout un monde, un avenir, un amour de vie. Mais le silence est un abîme. Quand il demeure dans ses prisons, il est réflexion sans perspectives...

 

   * Le bonheur, c'est vouloir ce qu'on peut. Qui l'a dit ? Rousseau, of course. 

 

   * J'avais offert à Lau "L'histoire de la beauté", par Umberto Ecco et  consorts. Le livre montre bien le règne des apparences, les canons esthétiques véhiculés par l'idéologie dominante (le clergé, la bourgeoisie) Le Moyen Age nous dit que la beauté est "un don de Dieu" : la peinture représente de divin, l'histoire religieuse, les Saints... Au XX° siècle la beauté fut provocation, avec les Dadaïstes, Surréalistes et Futuristes "Marinetti affirmant que La victoire de Samothrace était une belle voiture de course, qui ignorait Mondrian et se moquait bien de Picasso ! Elle est depuis quelque décennies, cette conception de la beauté, celle de la consommation : affaire de mode, de pub, de buzz et de médiatisation : grâce  à Citroën, les gens savent désormais que Picasso est ... une voiture (mais pas de course !) La beauté est dans le marché. Les arts représentent des sommes fabuleuses. La beauté est soumise à un énorme chantage public mondialisé ! Autrefois, le tableau ou la sculpture étaient anonymes, de nos jours, on veut un "Jeff Koos"... Et les jeunes, à l'école, veulent porter des vêtements de marque (un Nike, un Adidas...) sinon c'est la moquerie dans la cour. La marque est une aliénation, c'est a marque de l'argent !

 

   * De toute beauté ! L'expression est belle, mais que signifie-t-elle..?

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 19:47

 

Journal intime 15 (pour les 14 textes précédents, voir "le blog à bonnel" IMGP8346.JPG

 

 

* Quand le skieur se rend à la station des "Angles", sait-il qu'il va vers "les confins" ???

 

* Du gros pavé de Philippe Sollers : Eloge de l'infini (Gallimard 2001, folio 2003), je ne retiens que cette remarque, intéressante : "La mélancolie est la base de l'industrie touristique."

 

* Tristessa, de Jack Kerouac : "Toute vie est triste." Livre des animaux et des hommes qui vivent au Mexique; livre de la misère des marginaux, des intellos méprisés, des paysans rêvant à un paradis et à un emploi, dur, à la ville. Portrait de l'hypocrite qui n'a pas les lumières qu'on lui prête.

   Le pouvoir, incarné par la figure de rat du dictateur, vit dans son milieu de luxe et de nomenklatura, indifférent à toutes ces communautés humanistes qui font la richesse affective et artistique de ce pays de l'entre-deux-Amériques. 

   Entre le mythe chéguévariste et menteur du sous-commandant Marcos et les fresques de Diego Rivera et Siquieros, Kerouac écrit, comme sans y toucher, la vie de ces pauvres hères, pour la postérité, pris dans la fiction de la vie et la virtualité des sentiments...

 

*  (16/2/2004)J'écris au lit pour résister à la laideur du ciel et du temps, pour m'habituer au stade immobile de la mort. Mais je ne suis pas mort, ici, je ne reste pas immobile dans ma chambre : j'écris ! Je vis donc !!!

 

* "Pourquoi parlez-vous tant ? Qu'avez-vous à cacher ?" La Rochefoucauld.

 

* Le pénis est seul. Erigé, il est angoissé, il cherche une protection, un refuge, antre, caverne, grotte...vagin. Objet pathétique, il exiger tendresse et protection...

            Le sexe masculin, c'est un i avec son point. Tel un poing.

 

* Ce n'est pas le trans-sibérien, c'est le francilien, qui se bouge à travers champs recouverts de neige. Puis le train quitte l'Ile de France pour atteindre la vitesse des machines, pressées d'atteindre la province : "ça sent le bercail !", s'éclate mon voisin au feutre noir.

   Pendant ce temps, en face, la Chinoise en chemise rouge à pois noirs et bottes de cuir, montrant jusqu'aux genoux, s'empiffre des délices du bar de l'IDTGV. Bonnes idées, ces cocktails, ces boissons douces et toute cette batterie de distractions, films, dvd, images de l'industrie de l'image; il faut une sacrée volontaire pour s'adonner à la lecture, se préserver, ne pas être tenté et les enfants à côté regardant des dessins animés et la vieille même s'est mise aux écouteurs ! ; elle cause MP3, elle est dans le coup, elle attend un arrêt pour descendre sur le quai fumer un cigarillo. Il n'y a que ces ados, ces filles fleurs pas encore épanouies, à rester sages dans leur coin, le pouce dans la bouche et un autre qui tourne les pages d'une revue de beautés admirables...

 

* "La mer, l'amer, l'amor, la mort." dit Tristan à Iseult, le couple d'amants avançant vers l'issue fatale.

 

* Noël dans le train pour Paris. Le Temple d'Or de Mishima est une réflexion sur la beauté, par un narrateur enfant qui bégaie. Se soigner en écrivant les mots. Pendant la seconde guerre mondiale, c'est le retirement dans un monastère avec des mémoires de sensualité (les seins ) et d'impressions abjectes (la mère). Puis la mort du père et l'occupation du Japon par les Américains...

 

* Dossier sur les cadeaux de Pablo à des anonymes, dans Le Monde Magazine du 30 avril 2011 : "Un Picasso en cadeau". L'acheteur -plus que le lecteur- croit que le journal contient un cado ! Hélas...

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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