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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 11:08
Blanès
Blanès

Vue de Blanès (photo Jean-Pierre Bonnel)

* Hedwige Jeanmart nous parle de Blanès, dans son roman Blanès, paru chez Gallimard, à cette rentrée 2014 encore embouchonnée de 800 récits, qu'on ne lira pas...

Elle nous décrit cette station balnéaire du sud de la Costa Brava, assez insipide, à l'exception de ses jardins maritimes "Mar i murta", où vécut l'écrivain chilien Roberto BOLANO (2953-2003); à noter pour la petite histoire locale, que notre directeur de L'Archipel à Perpignan, un certain Reixat, est né à Blanès...

L'héroïne, Eva, retourne dans la petite ville marine, sur les traces d'un amour perdu… Voici un roman sur la tristesse, qui mériterait un coup de pouce des médias, mais...

**Lydie Salvayre, la Toulousaine, nous parle dans son dernier livre Pas pleurer (Seuil, 2014), de la guerre civile espagnole. Elle donne la parole à sa mère Montse, qui raconte la révolution perdue de 1936 en Catalogne : elle célèbre la révolution libertaire, dans sa langue populaire, faite de catalan et de français, et elle dit sa haine des notables franquistes et bourgeois qui l'ont humiliée, chassée, exilée...

L. Salvayre se fait l'intermédiaure ente la voix espagnole de la mère et la voix off, implicite, toujours présente du Bernanos engagé, catholique happée par l'horreur des "Grands cimetières sous la lune"… Ce roman de la langue et du vrai, de la nostalgie et de la fidélité à une idéologie anarchiste authentique, fait renaître la jeunesse lointaine et une vie brisée par l'horreur d'une Histoire violée par les fascismes du XX° siècle...

*** Littérature catalane et d'expression française à Elne :

voici un article que j'avais écrit en 2012 ou 2013, à propos d'une rencontre à Elne :

Danielle Riffaud a fêté, le 25 février dernier, à Elne, son départ à la retraite et les dix ans de la bibliothèque municipale : celle-ci n'a pas été baptisée...parce qu'elle se trouve en terre communiste ou parce qu'on n'y a pas pensé..? Donnons-lui le nom du poète du pays, Gaby Escarra ou celui de l'infirmière suisse de la maternité...

Joan-lLuis Mas a dressé, en une heure, l'histoire de la littérature catalane, depuis les textes fondateurs (Tirant le Blanc, Llull Ramon, traduit par Patrick Gifreu ou la saga de CANIGO par Jacint Verdaguer) jusqu'aux textes novateurs deLuis-Anton Baulenas, Joan-Luis Lluis et Joan-Daniel Bezonoff, absents, hélas, mais ils goûtent peu les goûters des mercredis après-midi...Etaient présents Miguel Martinez (La Retirada en Algérie), Jaume Quéralt, Miquella Vaills, Eliane Comelade, Joan Peytavi-Deixona et les plus grands, l'érudit Pere Verdaguer dont le manuel de grammaire, vieux de 50 ana est toujours, paraît-il, d'actualité et dont les romans de science-fiction sont quelque peu méconnus...et puis celui à qui l'on souhaite le prix Nobel de littérature : Jordi Pere CERDA (Antoine Cayrol le poète, le romancier, l'auteur dramatique, l'ancien libraire, le vieux Résistant, l'antique boucher de Cerdagne, l'homme si gentil et si serviable qui me reçut si souvent).

Etaient là aussi, dans le local trop étriqué, Hélène Legrais et Marie-Claire Baco-Baeza, qui écrivent pourtant en français, mais il est vrai que des auteurs de Catalogne et d'expression française ont été évoqués : on a débordé le sujet en citant Louis Codet (publié chez Gallimard) et Claude Simon (Prix Nobel), en oubliant Claude Delmas (hélas), Claude Massé (bis repetita) et Robert Brasillach (là, on a eu raison, même si la Catalogne est évoquée dans ses romans décadents)... De même que fut omis, entre autres Catalans de rude souche, Joan Morer, le poète rivesaltais récemment disparu : on aurait pu, pour l'occasion, verser une larme de nectar ambré...

On avait voulu entendre plus de textes, on avait tendance à se dire que cette réunion était plus amicale que littéraire, plus fermée qu'ouverte : le public extérieur n'est pas venu et les personnes qui venaient emprunter des livres se demandaient quelle sauterie avait lieu là...On se demandait si la littérature catalane était encore vraiment lue et on se disait qu'il faudrait plus de traductions, messieurs les éditeurs, qui n'étiez pas au rendez-vous...

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 13:55
delmas
delmas

(photo JPB)

Je viens de lire ce roman au titre admirable.

Claude m'avait dit qu'il écrivait un livre qui finirait à la mort de son auteur…Or, celui-ci publie un "petit" grand livre avec un début et une fin, bien clôturé, qui est un retour sur le passé du narrateur : ce temps espagnol, basque et andalou, madrilène et surtout tolédan, Tolède étant le centre exact de l'Espagne, est évoqué par le "héros", anti-héros plutôt en prison, s'échappant de sa geôle grâce au souvenir et au récit.

Ce personnage est une sorte d'Ulysse du XX° siècle, rêvant au retour dans sa patrie, comme C. Delmas, désirant revoir son pays après bien des escales, bien des femmes, bien des livres…

Delmas est cet Ulysse des airs, ce directeur d'Air France, qui, après avoir bien bourlingué de par le monde revient à Vingrau, tout contre la frontière des Corbières…Lui qui, page 30, se dit "négateur des frontières", revient dans sa famille (p.121), dans sa Catalogne, pour laquelle il souhaite un futur de frontières, une utopie d'indépendance…

Comme si notre ami le romancier, si obsédé par le temps, la mort, la vieillesse et la beauté des femmes, voulait se trouver un nid sécurisant, un village natal de pierres protectrices, afin d'empêcher la mort d'approcher et de le prendre...

Il y aura encore bien des livres de C. Delmas pour nous protéger, lui et nous, de la mort, pour gagner du temps sur une éternité que nous ne voulons pas envisager. Et Claude de vivre pour toujours avec ses amours, l'Espagne et ses Castilles, et pour son amour, son épouse, lisible à chaque tournant de phrase, aimée à chaque mot apparu sur la langue : érotisme du mot à envisager surtout d'un point de vue linguistique...

Car Claude Delmas, s'il a passé sa vie à aimer sa femme, l'a passé aussi à aimer sa langue, la française !

*LA LIBRAIRIE TORCATIS vous invite à rencontrer CLAUDE DELMAS

  • le Vendredi 26 Septembre à partir de de 18h00 pour son dernier ouvrage paru aux éditions Trabucaire
  • A JAMAIS TON NOM SUR MA LANGUE

La littérature, c'est ce qui nous étonne et nous bouscule. Avec "A jamais ton nom sur ma langue", dès la première ligne, c'est fait et notre ahurissement ne cessera de croître jusqu'à la dernière page, au long d'un récit brûlant, plein d'ombres et de lumières, à l'écriture fluide et sensuelle, attisant la violence et les tourments des personnages. La littérature c'est aussi ce qui nous élevant au-dessus des opinions communes, nous transforme. Refermant le livre, essoufflés, comment pourrions-nous conserver, après notre lecture, un regard inchangé sur les passions amoureuses, la trahison, l'injustice, l'enfermement, l'amitié et aussi sur cette Espagne, que l'auteur connaît si bien, dont il sait dire à la fois les splendeurs et les ténébreuses pulsions.

H. Lhéritier

- - - Vernissage :

Château l'Hospitalet Route de Narbonne Plage, 11100 Narbonne

vendredi 26 septembre à 18:30

Gérard Bertrand, A Tout Sens et l’association Les Sens de l’Art ont le plaisir de vous convier au vernissage inaugural de l’Espace d’Art du Château l’Hospitalet et sa première exposition « Traits d’Union ».

Dans une véritable démarche de mécénat menée par l’agence A Tout Sens, Les Sens de l'Art et Gérard Bertrand confirme ici sa volonté de promouvoir l’Art et soutenir la création contemporaine régionale. Le commissaire d’exposition est Nicolas Daubanes, lauréat du concours des beaux-arts de Perpignan en 2012 et l’ensemble du projet et de la démarche est parrainé par l’artiste de renom Damien ASPE.

Du 26 septembre au 13 décembre 2014, l’Espace d’Art accueille des œuvres dont des productions exclusives créées pour l’occasion par les artistes Philippe Jaminet, Nicolas Gout, Pascal Navarro, Serge Fauchier et Tjeerd Alkema.

Vernissage : le 26 septembre à 18h30 - Réservation conseillée

ENTREE LIBRE ET GRATUITE TOUS PUBLICS

Château l’Hospitalet – Route de Narbonne Plage – 11 100 Narbonne

A9 sortie Narbonne Est – Les Plages puis direction Narbonne Plage par la D168

Tel : 04 68 45 28 50

Email : espacedart@gerard-bertrand.com

www.chateau-hospitalet.com

*** Caféclat presents Bray on Wine-Making in Roussillon

A boozy beginning is planned for the opening of the new season of Caféclat, the literary café in Collioure. On Friday 26 September Richard W.H. Bray will talk about his book “Salt & Old Vines: True tales of winemaking in the Roussillon”.

Bray, a wine merchant from London, exchanged his pinstriped suit for a red-stained T-shirt to have a hands-(and feet-!) on experience of wine-making in the vines of Coume del Mas and Mas Christine. The un-Romantic “sweat” part of the title is described in vivid detail: the back- breaking work of picking grapes, the finicky job of tinkering with a recalcitrant press, the cuts and bruises, the early mornings and late nights. All of which make pleasures - the camaraderie, the welcome first throatful of cold beer at the end of the day- that much more appreciated. Written in a breezy style, Bray’s book reads like he talks. Come hear him in person. It’s sure to be a lively evening.

Rendezvous at Caféclat, Itaca – 1 rue Jules Ferry (opposite the school) from 18h30 to 20h00. In English.

For further details see: www.cafeclat.blogspot.com or follow us on Facebook.

Caféclat présente Bray sur "Vins en Roussillon".

Un début arrosé est prévu pour l'ouverture de la nouvelle saison de Caféclat, le café littéraire à Collioure.

Le vendredi 26 septembre Richard W.H. Bray parlera de son livre "Salt & Old Vines: True tales of winemaking in the Roussillon". Bray, un négociant en vins à Londres, a échangé son costume à rayures pour un T-shirt teinté rouge pour participer dans la vendange dans les vignes de Coume del Mas et Mas Christine. Dans un style très informel, le livre de Bray se lit comme parle son écrivain. Venez nombreux pour une soirée qui promet d’être animée.

Rendez-vous à Caféclat, Itaca - 1 rue Jules Ferry (en face de l'école) de 18h30 à 20h00. En anglais.

Pour plus de détails, voir: www.cafeclat.blogspot.com ou nous suivre sur Facebook.

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 11:30

 

 

ALATIRSEFF_PERPINYA_COUV.jpeg

 

Titre : Perpinyà rouge sang

 

Auteur : Alexis Alatirseff

 

Editions : Les Presses Littéraires

Genre : Polar

 

Collection : Crimes et châtiments

 

Date de parution : Juillet 2014

 

Format :  17 X 11,5 cm 

 

Prix : 12,00 €

 

ISBN : 978-2-35073-

 

Diffusion : Nationale 

 

Contacts avec l'éditeur :

Tél : 09 77 03 56 18

Fax : 04 68 92 84 70

"mailto:lespresseslitteraires@gmail.com"lespresseslitteraires2@gmail.com

www.lespresseslitteraires.com

 

 


 

 

Quelques questions à Alexis Alatirseff

 

 

 

Pourquoi écrire, un roman policier ?

 

C'est bien sûr et d'abord un immense plaisir individuel que l'on tient ensuite à partager avec les autres, mais c'est aussi infiniment plus complexe...

Ecrire, c'est avant tout raconter une histoire qui, elle-même est une parfaite métaphore de la vie. Et elle parle de nous, cette histoire romanesque, auteur et lecteur confondus, tout en nous proposant une plus juste conscience des choses, liée à la découverte de l'univers fantasmatique du romancier et du plaisir onirique de la lecture. 

De plus l'écrit, en contrepoint d'une intrigue bien conçue, et outre le fait de nous faire nous poser les questions existentielles (Qui suis-je ? Qu'y-a-t-il après la mort ? D'autres sources de vie existent-elles dans l'univers etc...), nous mène à plusieurs réflexions sur nos valeurs morales 

- le bien/le mal

ou éthiques :

- le bon/le mauvais

et l'ensemble de ce qui est la somme de nos expériences humaines :

- l'amour/la haine

- la vérité/le mensonge

- le courage/la lâcheté etc... 

 

En ce qui concerne la deuxième partie de la question : pourquoi roman policier ?

Parce que se superpose à la dynamique naturelle du roman, celle d'actions fortes, spectaculaires et propres à ce genre littéraire.

  Le roman policier offre également la possibilité, au cours de cette période de notre histoire particulièrement agitée, aux conflits multiples, de dénoncer les effets pervers dus aux grandes alliances économico-politico-militaires qui s'ap-puient sur la violence et le cynisme pour imposer un nouvel ordre mondial.

Il est en effet important que l'on pose un regard clair sur l'état du monde sous l'emprise d'un système qui le détruit et nous détruit avec lui, accentuant de jour en jour la misère de populations condamnées à l'exode, le massacre programmé de la nature, et ce à très grande échelle.

 

 

Pourquoi vous adonner à différentes approches artistiques ?

 

Disposer de plusieurs cordes à son arc ne vous rend pas pour autant meilleur archer. Cependant, je constate que l'addition de plusieurs pratiques artistiques enrichit très nettement ma présence au monde en faisant intervenir tous les sens. Un peu comme l'apprentissage de plusieurs langues permet une meilleure compréhension de toutes les nuances des peuples de cette terre. 

Plus spécifiquement, j'aime la peinture et le cinéma où le regard du peintre (et/ou) du cinéaste peut structurer l'espace et se re-présenter la beauté du monde.

Je considère la musique (le jazz en particulier) comme le type même d'un langage qui s'invente au fur et à mesure, et la note musicale comme le symbole de ce qui ne se pliera jamais à aucune appropriation.

 

 

Et enfin, l'écriture romanesque ou poétique qui, avec courage à l'heure du grand zapping, restitue à la temporalité sa juste place.

 

 

Quels sont vos thèmes de prédilection ?

 

Avant tout énoncé des thèmes de prédilection, je veux faire part de cette découverte fort instructive pour moi de deux auteurs majeurs que sont l'africain du sud Déon Meyer (pour son sens parfait de la structuration du récit) et l'américain, mon préféré James Lee Burke (pour sa conscience aiguë et critique de la politique désastreuse menée en Louisiane ajoutée à son sens quasi poétique de la description de la nature orléanaise). Ce sont eux qui par leurs écrits me poussent à m'engager dans cet univers noir du roman policier.

Avec pour première règle de conduite : concevoir chaque intrigue sous l'angle de la solidarité humaine, de l'amitié des personnages qui vont s'opposer à des réalités hostiles ou violentes. En un mot les protagonistes de ces aventures se donneront les moyens de lutter contre la corruption, la cupidité, l'égoïsme, en apportant toujours des solutions bâties sur un système de valeurs qui favorise la cohésion d'un groupe, et au nom d'une justice sociale.    

Et cette volonté d'écrire des œuvres qui se coltinent toutes les idées aliénantes lancées par les mondialistes, dont les objectifs aveugles peuvent nous priver de futur, m'a été inspirée par une pensée du philosophe Dany-Robert Dufour :

Après avoir cru qu'il était « interdit d'interdire » (mai 68), il serait peut-être temps de comprendre qu'il est obligatoire de s'obliger... à devenir et rester humains, (et bien qu'intégralement asservis par nos désirs aux machines et au profit).

Enfin, il faut ne pas oublier que l'acte d'écrire, correspond toujours à une nécessité de dire et de se dire en prêtant vie à tous nos personnages intérieurs, lumineux ou funestes.

 

 

L'art peut-il changer le monde ?

 

Oui et non !

Non car un roman seul, ou un film seul, ne changera pas l'état du monde. 

Oui, si une multitude d'auteurs portent en eux cette volonté d'appeler au changement radical, aidés en cela par la force incommensurable de l'intention.

Ils pourront ainsi, contribuer au développement d'une connaissance véritable des grandes intrigues de nos sociétés, générer chez chacun d'entre nous des moyens d'action pour s'attaquer à la situation critique d'un monde aux mains d'un système élitiste, aveugle aux ravages qu'il suscite.

 

L'art changera-t-il le monde ? Nous ne le saurons que si nous continuons à écrire, peindre, filmer et composer, mus par un entêtement ininterrompu.


 

Anaïs Arandani 30 ans, nouvelle journaliste de l’Impénitent à Perpinyà la belle catalane rouge sang, mène une contre-enquête sur l’affaire Marie-Noëlle Chesnaz, jeune femme retrouvée morte dans un carré de vignes, tandis que l’investigation policière à court d’indice demeure dans l’impasse. Alors que tous réprouvent son projet, elle persiste et se met en danger. Mais comment résoudre cette énigme, sans être amené au prix de maintes distorsions, à reconsidérer son exigence en matière d’éthique collective et de lutte contre le mensonge sachant que la norme de justice n’est pas toujours idéale et le principe de vérité jamais constant ?… 

 

 

Artiste protéiforme, Alexis Alatirseff est peintre (expos aux 4 coins du globe), réalisateur cinéma (courts et LM) musicien saxs-piano (6 Cds Jazz – 2 Cds musique classique), poète (un recueil primé), comédien dans 2 pièces expérimentales au théâtre, acteur dans 3 films, scénariste-dialoguiste et dès 2014 avec « Perpinyà rouge sang » il débute un cycle de 4 romans noirs qui nous mèneront de Perpignan à Madagascar, La Réunion et l’Ile Maurice. 


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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 22:53

Affiche-collioure-2014_Vdef.jpg   

 

 

Samedi 6 septembre : Journée littéraire

09h00 : petit déjeuner pris avec le public, place Général Leclerc (du marché).
10h00 : table ronde Romans historiques animée par la Librairie Catalane. Agora, place du Marché.
11h00 : conférence Patrick O’Brian, par Dominique Le Brun. Agora, place Général Leclerc (du marché).

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15h00 : conférence Livre numérique, livre papier ? par Max Obione. Agora, place Général Leclerc (du marché).
15h00 - 17h00 : Atelier enfants dans l’espace dédié: Je fais mon livre, animé par la médiathèque de Collioure, place Général Leclerc (du marché).

16h00 : table ronde Romans engagés, par la Librairie Torcatis. Agora, place Général Leclerc (du marché).
18h00 : rencontre avec l’écrivain Víctor del Árbol. Agora, place Général Leclerc (du marché). 20h00 : fin du festival place Général Leclerc (du marché).

Sessions de dédicaces du samedi, stand des libraires, place Général Leclerc: 10h30-12h30: J. Dauriach, H. Lheritier, C. Delmas, JP. Sunyer, P. Georget,S. Bonnery ,G. Girodeau
15h-17h: M. Llory, J. Lavergne, F. Bun, B. Darnaudet, H. Legrais, G. Sangenis, E. Comelade 17h-19h: AM. Romero, V. Perez, L. Florian, H. Terres, JC. Gary, R. Azais, M. Bayar.

 


Dimanche 7 septembre. Patrick O’Brian intime

08h00 : sur les traces de P. O’Brian, randonnée de deux heures trente dans Collioure. De sa maison jusqu’à sa tombe, par David Hall.
11h00 : témoignages sur P.O’Brian, par E. Turner Hall, G. Girodeau et de nombreux témoins. Cloitre du Musée d'Art Moderne.

12h30 : clôture du festival : apéritif au Cloitre du Musée d'Art Moderne 

 

obione.jpegMax Obione

 

Max Obione est encore vivant.

Débarqué sur terre en 1944, Max Obione apprend à lire dans les illustrés de son enfance. Rat de bibliothèque, dévoreur de bouquins de toutes sortes, cette passion précoce de la lecture le conduit vers les rayons d’une librairie caennaise où il fait son apprentissage. Puis il s’oriente vers un service de l’Etat mieux rétribué. Bien qu’il écrivit moult premiers chapitres de romans sans lendemain, la passion écrivante ne l’abandonne jamais durant sa carrière administrative qu’il achève dans la magistrature des comptes.

Il assouvit au passage son penchant cultureux en exerçant quelques années les fonctions de directeur régional des affaires culturelles. Puis, la soixantaine en vue, il met enfin un point final à son premier roman, qui fait dire de lui qu’il est un jeune auteur tardif. Les titres s’enchaînent ensuite. Max Obione opte pour le genre policier ou noir qui lui donne une grande liberté narrative pour raconter des histoires à cent lieues du moijisme infinitésimal. Il revisite à cette occasion les archétypes de cette littérature ancrée dans le réel.

 

Il a créé et anime la coopérative d’édition Krakoen qui promeut la bibliodiversité. Il vit et écrit en Normandie. Max Obione est administrateur de l’association « 813″ : Les amis des littératures policières. Il est spécialement chargé de leur site Internet et de leur blog blog813.over-blog.com et www.site813.com. Il figure dans le Dictionnaire des littératures policières (2ème édition-2007, page 443). Son roman Scarelife a été sélectionné parmi les 5 meilleurs polars de l’année par Les Amis des littératures policières pour l’attribution du Trophée 813 (2010).

 

Max Obione s’est emparé du noir sur le tard afin de donner libre cours à son tempérament libertaire. Dans ses polars et ses nouvelles, ce jeune auteur tardif revisite les archétypes du genre. C’est un franc-tireur des lettres qui, se reposant du noir un temps, met du rose à sa palette. Sur le chemin de la littérature érotique, il commence à semer des cailloux libertins. Mais le noir demeure sa couleur de prédilection.

 

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  • L'ironie du short
    Trêve d’ironie, ces nouvelles vous taillent un short en moins de deux !
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  • La chatte bottée
    Chaussée de ses bottes rouges, la petite chatte fait des prodiges pour couronner son maître. Librement inspiré du Chat botté de Charles Perrault.
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  • La peau des femmes
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  • La saignée
    La carrière criminelle naissante d'un fétichiste fasciné par les genoux de l'épicière.
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    Ska Editeur | L'éditeur numérique

    L'ironie du short

    Trêve d’ironie, ces nouvelles vous taillent un short en moins de deux !

     

    Dans le mille ! 18 impacts ! 18 nouvelles atteignant toutes le cœur de la cible noire… Décidément Max Obione n'y va pas de main morte. Main alerte au demeurant pour vous trousser une histoire en quelques pages d'une noirceur étincelante. Maniant tour à tour grand style et écriture canaille, ce conteur sulfureux est un dangereux récidiviste. Il a déjà commis Balistiquedu désir ayant fait de nombreuses victimes. Tour à tour, cocasses, féroces, tendres, crues, nostalgiques, déjantées…, les histoires de Max Obione vous entraînent entre autres sur les traces d'un flic planqué dans la tête d'un assassin, d'un rat qui parle, d’un short blanc, de Blanche Neige et ses 10 nains, du bobo de tante Misty…, etc.
    Plaisir de lecture noire, chauffé à blanc !
    Mortel !


    Max Obione, L’ironie du short, recueil de 18 nouvelles, préface de Jean-Bernard Pouy, éditions Krakoen – 2011, 254 pages - 15 € - format 13x21, port gratuit 

    Extrait préface

    Max Obione écrit de ces textes clairs à force d'être sombres, évidents dans leur brutalité, souvent charnus et poétiques, dérangeants et patients, parfois pleins d'un humour cynique grand gabarit, récits qui nous renvoient parfois à cette littérature «hard boiled» que nous aimions tant.... Jean-Bernard Pouy 

    ***Les vieilles décences :

     Lorsqu’ils tombent par hasard sur un trafic crapuleux, ils n’y vont pas par quatre chemins, ils nettoient à sec, sans rémission.  Quand nos deux papys flingueurs repêchent un cadavre au sourire kabyle dans l’étang de Mornelande et que les autorités locales veulent transformer cet  homicide en suicide,  la mèche du pétard est allumée. Ils iront jusqu’au bout de leur enquête... explosive. Une enquête menée tambour battant par un flic haut en couleur et fort en gueule en compagnie d’un juge qui se dessale, tous deux à la retraite. Bridés durant leur carrière respective, ils s’en donnent désormais à cœur joie pour débusquer les salauds en appliquant la loi, La Leur !… Attention ! Si vous n’êtes pas du genre « net », un conseil : ne vous trouvez pas sur le chemin de Le Mat et Raja. 

    L'histoire se déroule au cœur de la Beauce, dans les environs de Chartres.  

    Des céréales qui leurrent ont envahi la plaine... 

    Les vieilles décences, Krakoen, roman noir, poche, 232 pages, 9€, port gratuit

    2003 pour la première édition, 2008 pour la troisième édition

     

    Revue de presse
    Voilà le genre de “petit” polar que l’on prend autant de plaisir à lire que l’auteur a eu à l’écrire, car on le sent, cela transpire par la joie communicative qui transpire entre les lignes. Et comme en plus l’écriture est au rendez-vous : “Un Paris gris nous ouvrit ses boulevards déserts”, “Le bonheur c’est quoi ? C’est jamais qu’un malheur en veilleuse” ou encore “Le temps : c’est une addition de petites morts qui viennent niquer de petites vies.”, notre bonheur est complet ! René Barone , Mon polar,Février 2009


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    4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 08:52

    Dominique Le Brun 1 - copie Dominque Lebrun

     

    Juriste de formation, journaliste de métier et écrivain par passion, Dominique Le Brun publie des reportages et des ouvrages illustrés depuis un peu plus de vingt-cinq ans. Spécialisé dans la presse nautique et touristique, il signe régulièrement des articles pour Voile magazine et Moteur Boat.

     

    Grand voyageur, ses multiples périples lui ont permis d’accumuler une vaste matière pour écrire. Collaborant avec des auteurs, des photographes, des illustrateurs et des graphistes, il a entre autres mené à bien des projets éditoriaux ambitieux et publié plusieurs anthologies et albums ayant trait à sa passion pour la littérature de voyage et maritime.

     

    Ayant participé à la rédaction de plusieurs albums et guides sur la Bretagne, cet auteur prolifique a entre autre signé en 2007 Les gens de mer, un recueil de textes illustrés par Roger Vercel, le Nouveau manuel du Marin, la quatrième édition revue et corrigée d’un ouvrage technique qui a commencé sa carrière en 1991 mais aussi Saint Malo, un magnifique livre sur la cité corsaire et Le roman des pôles qui retrace l’histoire de trois explorateurs…

     

     ©  SYLVIE LARGEAUD-ORTEGA

     Le roman maritime, un amer littéraire

     

    Odile Gannier, Le Roman Maritime. Émergence d’un genre en Occident, Paris : Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago Mundi », 2011, 611 p., EAN 9782840506522.

     

     

    L’ouvrage d’Odile Gannier, Le Roman Maritime. Émergence d’un genre en Occident, est clair, érudit, et subtilement spirituel comme en présage le jeu de mots de ses titre et sous‑titre. La problématique annoncée est double : d’une part, préciser ce qu’est le roman maritime grâce à un tour d’horizon fouillé des espace‑temps littéraires en Occident ; conjointement, s’interroger sur la définition et la pertinence d’un genre mal reconnu. Spécialiste de la littérature de voyage, O. Gannier se positionne parfaitement par rapport à ces deux amers, en véritable experte de la navigation. Elle décline le sujet en trois parties, selon l’usage académique, ou en trois bordées pourrait-on dire si, dans le sillage de l’auteur, l’on joue du registre maritime.

     

    Le Tour d’horizon 

     

     

     « Le Tour d’horizon… la constitution d’un genre dans son contexte », première partie de l’ouvrage, s’articule à son tour en trois temps. Se déploie d’abord une vaste peinture historique des représentations de la mer, de l’Antiquité gréco‑romaine à nos jours. On embarque avec Ulysse, bien sûr, dont le nom le prédestine à de longues errances : « πλάγχθη est la forme passive de πλάζω, qui signifie écarter du droit chemin, égarer, faire errer », nous renseigne l’auteur helléniste ; « la voix passive a le sens de s’égarer, errer, mais porte aussi, assurément, la marque de l’impuissance : on l’a égaré » (p. 33). La mer, alors, se limitait à la Méditerranée, et l’Océan restait une abstraction sise au‑delà de l’espace connu. C’est cet inconnu qui, du Moyen Âge à l’âge classique, suscitera lamentations et terreur sacrée, car la mer tout entière est devenue synonyme de mort, univers interdit à l’homme. Le héros du premier roman moderne, Robinson Crusoé (1719), est encore admonesté par son père pour cette passion funeste, vouloir partir en mer… Il faut attendre les Lumières pour que « prendre la mer » signifie prendre le pouvoir : les nations rivalisent de conquêtes scientifiques et territoriales. Le regard se modifie, les océans s’apprivoisent, sédentaires et voyageurs se réconcilient. Découverte du monde et récits maritimes se mêlent, deviennent sources d’inspiration mutuelles. Puis avec les Romantiques, les flots se parent de poésie, ils sont objets de contemplation. Enfin c’est l’épopée moderne, l’ère des paquebots où l’on chante la maîtrise technique des océans, mais aussi la nostalgie des traversées à voiles.

     

     

    Au cours d’un deuxième tour d’horizon, le regard s’affute, s’attarde sur l’histoire moderne et contemporaine ; le récit maritime est à présent abordé sous des angles géopolitique et socio‑critique. L’étude est exhaustive, exposant, ici, un abrégé net et concis des relations internationales entre 1492 et 1688 (quand fut vaincue l’Invincible Armada), exhumant, là,des détails historiques méconnus : un conflit d’intérêts en Amérique du Nord-Ouest qui faillit enflammer l’Angleterre et l’Espagne en 1790, par exemple. Plus loin, l’auteur rappelle que les expéditions de découverte de Cook et Bougainville visaient à satisfaire, non point tant au progrès scientifique, qu’aux appétits commerciaux et à la colonisation économique. Riche de son travail d’édition sur Étienne Marchand (Le Voyage du Capitaine Marchand. 1791, les Marquises et les Îles de la Révolution, édition d’O. Gannier et C. Picquoin, Papeete : Au Vent des Îles, 2003), O. Gannier dévoile les hauts faits d’un capitaine au long cours longtemps ignoré puisque son retour, en août 1792, fut éclipsé par la fracassante destitution du roi de France. L’ensemble constitue une fine synthèse historique qui s’adresse à un public averti aussi bien que néophyte.

     

     

    Au troisième tour d’horizon, le regard se fait encore plus précis, et l’Histoire devient histoire du récit maritime, plus subjective,  présentée du point de vue de personnages, lecteurs et auteurs, qu’ils soient terriens, marins ou passagers. Cet ultime tour d’horizon célèbre le retour de l’étude à la littérature proprement dite, sous l’égide de Chamoiseau, en épigraphe. C’est l’occasion d’un florilège de variations sur la représentation de l’altérité : par exemple, quand le marin est perçu comme sédentaire ; quand il est un personnage à la fois hors du temps et instrument du temps ; quand c’est la terre qui inspire la terreur et l’ennui… Autant de paradoxes et d’inversions axiologiques qu’O. Gannier résume et résout avec habileté.  

     

    Petit précis de construction navale 

     

    « Petit précis de construction navale : le jeu des combinaisons », c’est le titre de la deuxième partie, qui se décline à nouveau en trois temps. O. Gannier établit d’abord une typologie du roman maritime par référence aux genres voisins : romans historiques, d’aventures, etc. Puis elle dresse un catalogue des motifs maritimes : plus de quarante d’entre eux sont ainsi recensés, de la tempête aux monstres marins, du naufrage à la mutinerie, de l’escale aux femmes déguisées en matelots, en passant par écueils, démâtage, brume. C’est l’occasion d’une promenade cette fois-ci plus spécifiquement littéraire, agrémentée de multiples extraits d’écrits de genres divers — romans éducatifs, baroques, romans d’exploration, etc. — qui tous, peuvent également se réclamer du genre du récit maritime. Walter Scott, auteur du Pirate (1821), y est à l’honneur, ainsi qu’Eugène Sue qui, avec la Préface de La Salamandre (1832) et ses différents Romans de mort et d’aventures (1830‑1832), rédige ce qu’O. Gannier appelle « un acte de naissance générique » (p. 199) du roman maritime français. On retrouve, entre autres, Gulliver dans ses Voyages (1726), Gustave Aimard Par terre et par mer (1879), les célèbres Mémoires d’un gentilhomme corsaire (1831), Edward John Trelawney, et bien sûr Edgar Allan Poe, Herman Melville, Jack London, et encore, plus proches de nous, Ernest Hemingway, Michel Tournier… On aimerait y croiser davantage Robert Louis Stevenson, qui est absent au chapitre des « Cartes marines », et dont les gentilshommes des mers, au chapitre « Pirates », cèdent la place à Plik et Plok, de Sue. Le Chant de l’équipage (1918) de Mac Orlan est pourtant présenté comme un palimpseste de L’Île au trésor (1883), mais l’hypotexte lui‑même est presque passé sous silence.

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    Mais ceci n’est qu’argutie car, ici encore, O. Gannier brille par sa vaste érudition et la qualité de ses analyses. La critique de Jules Verne (Vingt mille lieues sous les mers, 1869, L’Île mystérieuse, 1874) est fort subtile, sans complaisance, et amusante :

    Quel lecteur ne se souvient, en effet, des listes interminables de noms de poissons, entrevus pêle-mêle à travers les vitres du Nautilus ? […] Jules Verne […] appâte son lecteur avec la succession de péripéties sans nombre et lui assène de temps à autre, lorsque la fiction le pousse à s’évader, un petit coup d’encyclopédie… (p. 210‑211)

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    Ne sont guère épargnés Péri en mer ! (1890) de Gustave Toudouze, qui « n’a rien d’un chef‑d’œuvre » (p. 230), ni les séries maritimes (1937‑1967) de Cecil Scott Forester, dont le héros, Hornblower, fait piètre figure à côté des flamboyants combattants de Victor Hugo dans Quatre-vingt-treize (1874). Cependant, la critique d’O. Gannier, toujours fine, est souvent élogieuse, comme lorsqu’elle relève « un factitif à la César : “je jetai l’ancre” » (p. 291) chez un James Cook conquérant (1771), ou examine les effets de la focalisation narrative dans les exposés liminaires du Corsaire rouge (1828) de Fenimore Cooper ou des Aventures d’Arthur Gordon Pym (1838) d’Edgar Poe...

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    3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 10:12

    gildas-G.JPG Gildas Girodeau, entre Denise Snodgrass -adjointe à la culture- et Jacques Manya -maire-  lors de la conférence de presse présentant le salon du livre de Collioure (photo J.P.B)

     

    Gildas Girodeau est le nouvel animateur du nouveau salon du livre du petit port catalan. Cet enfant de Collioure, romancier engagé, homme courtois et cordial, a eu la bonne idée de coordonner l'équipe et les activités du crû 2014 (du 5 au 7 septembre, place du marché, puis au fauborg, dimanche)

     

     

    http://gildasgirodeau.wix.com/ecrivain

    Né à Coll
    ioure en 1953, passionné de voile et breveté de la Marine marchande, Gildas Girodeau a contracté très jeune sa passion pour lécriture. Militant catalan, il puise les sources de son inspiration dans le bouillonnement politique et culturel, des années 70 tout particulièrement, lors de ses rencontres et de ses voyages nombreux.    

       Auteur de polars et dHeroïc Fantasy, La Paix plus que la véri est son sixième roman. 

     

    Collioure : il passe son enfance dans ce petit village de pêcheurs qui lui a donné très tôt le goût de la mer.

     C'est ainsi qu’une bonne partie de son existence s’est déroulée sur toutes sortes d’engins navigants, et que parfois cette expérience et cette passion "transpirent" dans ses romans.

    Ce n’est qu’en 1997 que ses écrits rencontrèrent un public. La commune de Saint André l’honora alors d’un prix littéraire pour une nouvelle noire intitulée Voyage à Kyros, qui devait servir d’ossature à Rouge Tragique à Collioure, son premier roman publié. Ce prix, qui lui fut remis par l’écrivain catalan Joan Tocabens, est l’événement qui l’a réellement lancé dans l’aventure littéraire. 

      Aujourd’hui, sa vie professionnelle se partage entre agriculture bio et écriture, deux activités à la fois si différentes et si proches, finalement si passionnantes, qu’il ne saurait renoncer à aucune.

     *** LA PAIX PLUS QUE LA VERITE Ed. Au delà du raisonnable

    Yarnald Colom e
    st journaliste et écrivain. Lorsqu’il accepte l’invitation de Valentí à faire une conférence sur ses polars devant la communauté catalane de Marseille, il ne peut pas imaginer les suites de sa rencontre avec le vieil homme qui, à la fin de son court séjour, lui remet une lettre. Alors, de lexécution de Puig Antich en 1974 en passant par le coup dÉtat aux Cortes en 1981 jusquaux exhumations de fosses communes en 2000, Yarnald va replonger dans la haine et le remugle de la guerre civile espagnole. Cette lettre, écrite en 1977, le conduira à enquêter sur la mort dun dignitaire franquiste. 

       Mais, dans lEspagne de laps-Franco, la démocratie est longtemps restée fragile, et les précautions prises pour la protéger ont jeté de nombreux voiles sur les secrets du passé. Dans sa quête, fuyant la perspective dun avenir solitaire, Yarnald va rencontrer deux femmes, qui chacune à leur manière, lui indiqueront les chemins de la paix et la place de la vérité. 

     


    GILDAS GIRODEAU Polars adultes et jeunesse 


    Dernières parutions : Polars : La paix plus que la vérité, Au-delà du Raisonnable, 2012, Deliri Nuclear, Curbet édicions, traducció catalana, 2012, Jeunesse Tempête sur la belle Maria, éditions du Jasmin, 2013

     

    Du même auteur : à SKA-librairie (e-LIBRAIRIE)

    • La dernière fanfare
      Assassinat d’un militant politique à Céret, la veille d’une élection fatidique ; le pays bascule.


    • The fluxe
      La vague du chômage dépose des bombes sur la grève.



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    31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 12:33

     

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    Raymond Matabosch, auteur catalan, distribué dans le monde entier

     

     

    L'adage "Nul n'est phrophète en son pays" une nouvelle fois confirmée :

     

    Raymond Matabosch, sismo-volcanologue autodidacte, poète, écrivain, historien, conférencier traducteur français, est né le 4 octobre 1947 dans un petit village des Pyrénées Orientales, de parents d’origine catalane, modestes ouvriers agricoles. Comme eux, il a le respect de la terre, de sa terre catalane, et il le revendique.
    S’il n’avait pas été le fils aîné, il aurait certainement eu une vie plus facile.

     

    À l’âge de dix sept ans, il a cessé ses études, même s’il était un élève doué pouvant aspirer à de hautes responsabilités, pour participer financièrement aux besoins de sa famille, et il s’était expatrié à Paris. Mais, autodidacte, partant de la base, il a su acquérir, tout au long de sa carrière, les notions essentielles pour s’ouvrir sur des activités touchant à sa terre et à la terre, tout en parcourant le monde. Seul bémol, ne possédant aucun cursus universitaire, il n’est pas reconnu en France.
    Épris de littérature, il écrit depuis l’âge de douze ans. Sa façon de rédiger ses textes est toute particulière. Souvent au coin d’une rue, à la terrasse d’un café, en pleine nature…, une image, une situation, sur un bout de papier, il griffonne, à la manière d’un peintre brossant une esquisse, des mots.   Il a publié, tant chez des éditeurs en France qu’aux États-Unis, et en auto-édition. Ses livres ont été repris par les plus grands distributeurs états-uniens tels Ingram, GlobalReach, InseredReach, Barnes & Noble (B&N) qui, gérant 798 magasins dans les 50 États des États-Unis et dans le District of Columbia, est le plus gros libraire aux États-Unis, Amazon.com(Etats-Unis), Amazon.ca (Canada), Amazon.co.uk (Royaume-Uni), Amazon.cn (Chine), Amazon.co.jp (Japon), Amazon.com.br (Brésil), Amazon.in (Inde) Amazon.de (Allemagne), Amazon.it (Italie), Amazon.es (Espagne)... et Amazon.fr (France), Loot.co.za qui est le plus gros libraire et distributeur, avec 12 millions de produits, en Afrique du Sud… et surtout Publishers (site des agents littéraires états-uniens), plus de 50 ouvrages : livres de textes japonisants (haïku, tanka, haibun, sedoka, katauka, naga-uta, chôta….), livres de vulgarisation sur les volcans du monde, sur la tectonique des plaques et les séismes et sur les cratères météoritiques, pamphlets, livres sur le patrimoine régional et livres sur la littérature orale, les contes, les légendes et les mythes du monde entier.

     

    Pour contacter cet auteur :

    chez son éditeur en France : http://www.edilivre.com/auteurs/raymond-matabosch-3559.html
    ou sur son site d'auto-édition : http://www.lulu.com/shop/search.ep?contributorId=291673

     

     

     

     

    * POESIE : Jean Iglesis et Victor White :

     

    Poésies de V. White :

     

    "De la substance grise - la spéculation organique" est le premier recueil du jeune poète perpignanais Victor White, édité par Les Presses Littéraires en 2014.

     

    Après avoir passé plusieurs années à mixer dans les clubs parisiens, il s'est emparé de ses mots comme d'autant de bistouris pour disséquer, chirurgien autodidacte, les profondeurs de son âme, entre démence et clairvoyance, vice et innocence.

     

    Il nous entraîne au coeur de ses paysages psychiques où l'on savoure l'aigre jaillissement de son être volcanique dans un cycle d'autofécondation.

     

    Cet "être cendré", comme il aime à s'appeler, pulvérise, déchire, éviscère les surfaces avant de célébrer sa victoire sur la réalité dans "l'arène du désespoir".

     

    Un recueil difficile, dense, brutal et puissant, dont la fusion cosmique et organique nous submerge.

     

    Hélène Goy.

     

     

     

     

    ** ELNE : C’est la rentrée pour les ateliers d’écriture des samedis à Elne. 

    Deux ateliers d’écriture créative et un atelier d’écriture poétique vous sont proposés tous les mois à partir du 6 septembre. Des propositions d’écriture adaptées aux objectifs des divers ateliers vous seront présentées pour stimuler, soutenir et accompagner votre écriture, dans une ambiance détendue et conviviale. On écrit, on lit ses textes, on partage ses commentaires, on rit, on progresse… Ces ateliers d’écriture, en petits groupes, accessibles à tous, ont lieu les samedis de 14H30 à 16H30 :

    – Atelier d’écriture créative et littéraire : une activité d’écriture ludique ouvre l’atelier, suivie d’une proposition littéraire prenant appui sur des textes d’auteurs. Cet atelier convient aux personnes désireuses de découvrir le fonctionnement des ateliers d’écriture. Il est possible de l’intégrer à n’importe quel moment dans l’année. Afin de pouvoir écrire en toute quiétude, cet atelier est animé deux fois par mois.

    Dates : 6 et 20 septembre / 4 et 11 octobre / 8 et 22 novembre / 6 et 20 décembre / 10 et 24 janvier /    7 et 21 février / 7 et 21 mars / 11 et 25 avril / 9 et 29 mai / 6 et 20 juin.              Coût : 10€ l’atelier.

    – Atelier d’écriture poétique « Proèmes » : cet atelier est destiné aux personnes désireuses de parcourir les différentes formes d’écritures poétiques. Afin de vous accompagner dans vos pérégrinations poétiques, chaque séance comprend une fiche théorique et une proposition d’écriture. Un travail qui permet d’aborder les caractéristiques de l’écriture poétique, les genres, les diverses formes, prose,  poésie contemporaine… de manière à ce que vous puissiez écrire dans le registre ou les formes qui vous conviennent le mieux.

    Dates : 27 septembre / 25 octobre / 29 novembre / 13 décembre / 17 janvier / 14 février / 14 mars / 18 avril / 23 mai / 13 juin.  Coût : 15€ l’atelier.

    Les ateliers sont animés par Rose-Marie Mattiani, Titulaire du DUAAE de l’Université Paul Valéry Montpellier, agréée par la DRAC Languedoc Roussillon. Animatrice d’ateliers d’écriture et d’arts plastiques depuis une quinzaine d’années, elle intervient en médiathèques, associations, écoles… 

    Les ateliers se déroulent 4 rue de la République à ELNE (Place du Marché). Renseignements au 06.85.58.73.74 ou sur le blog : http://latelierderose.wordpress.com

     

    « Rêves de sable », recueil de poèmes de Jean Iglesis en e-book chez Amazon et You Scribe :

     

        Joseph Ribas, écrivain de Catalogne-Nord, illustre auteur de « Canigou, montagne sacrée des Catalans », lui a fait l'honneur et l'amitié de préfacer ce recueil. Voici ce qu'il écrit : 
    «Comme une oasis aux confins des sables, le rêve se pose à fleur de mirage. La poésie de Jean Iglesis excelle dans ces jeux de miroirs qui reflètent plus de promesses que de présences : un regard, un désir, un écho. 
    Effets d'approches et de distances, sa quête d'illusions crée des instants d'éternité. Moments épars dans sa mémoire. L'insondable et l'inaccessible sont à portée de mots pour dire sa passion amoureuse, l'espoir, l'échange et, dans un cri de fer, ses révoltes.
    Jean Iglesis est tout à la fois cet être frêle et décidé, tumultueux et tendre qui rassemble des souvenirs adolescents, entre rêve et réalité, pour tisser jour à jour son bonheur. Les mots festoient, éblouis, réjouis, à contre-jour ou plein soleil, étincelants aux reflets des rimes, jouant à cloche-pied sur l'esquille d'une syllabe ou bien, à pas comptés, enjambant la césure.Le vers plie, se déploie, vagabonde au fil de la plume, à la recherche des bonheurs enfouis. L'accent d'une voix aimée, le regard d'une femme, la saveur d'un fruit, un parfum, une caresse, toute une sensualité retenue et discrète retrouve sur des rêves de sable, l'empreinte des vies qui ont manqué de s'oublier. Mais alors que le poème risquait de céder à la nostalgie, au regret ou au repentir, le goût du bonheur et le désir de liberté exaltent, dans le temps arrêté, l'instant poétique. Moment privilégié. Jean Iglesis nous accompagne ainsi au secret de sa profondeur d'être...» «Rêves de sable» propose 54 textes.... Des poèmes qui séduisent, intriguent ou interrogent...Comme des traces de pas sur le chemin parcouru...ils témoignent dans le jeu des mots, des images et des rimes.
    Dans ce recueil: A pierre fendre – Alea jacta est... - Autour du lac – Bois – Bris de silence -Cerdan – Dans le regard des femmes – De Charybde en Scylla – De l'autre côté du miroir – D'Elne – Des choses de la vie – Deuxième souffle -D'un cheveu – Eau – Grand-mère – Homme d'acier – Homme de papier – Hymne aux Corbières – J'étais si pauvre – L'amour est tel... – La captive – La plus longue nuit – La rêveuse – Lac o'clock – L'amour à cent sous – l'attente – Le fou qui dort au fond de moi – Le pays dont je suis épris – Le tour d'écrou – Les couteaux – les récits enfouis – L'escalier – L'espoir – L'exclu – L'ouvreuse – Ma voisine -Maman – Melancolic lac – Musique – Noël – Nostalgie villeneuvoise – Papa – Pierre – Prends garde à la douceur des choses – Rêves de sable – Scènes de lumière – Si je ne salue pas l'Histoire...– Songe kafkaien – Sonnet au cochon – Sur la lagune – Téléthon – Tombent les géants – Trabucaires – Vallespir...

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    20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 10:55

    caligula-sc3a9ance1.jpg     Le professeur Eugène Kouchkine (à gauche) au théâtre de Saint-Maur pour un exposé sur Caligula.

     

    J'étais en train de reprendre mes lectures estivales de Camus pour préparer les conférences proposées fin octobre, par les AIAM (Amitiés internationales A.Malraux) * quand je lis dans Le Monde de ce mercredi un article : "16 avril 1994, B. Stora quitte Sartre pour Camus"...

     

     En effet, c'est un article du "Monde des livres" qui va changer la vision que l'historien du Maghreb avait de Camus; il lit d'une traite Le Premier homme

       "J'en avais les larmes aux yeux. Je l'ai relu une semaine plus tard. Quelle force ! On était, après la chute du mur de Berlin, en pleine crise des idéologies... Cette lecture a totalement bouleversé l'image que j'avais de Camus et de la littérature. Vingt ans plus tôt, alors que j'étais un jeune étudiant d'extrême gauche, j'avais été influencé par J.P. Sartre…" 

     

    Lire Camus brûlant de B. Stora (voir ce blog, été 2013).

     

    Je relisais donc ces phrases fameuses de Camus, telle "Oui, j'ai une patrie, la langue française.", à l'opposé de l'imposture d'un incertain J.M. Hoerner qui fait du prix Nobel un Catalan… (sur les textes de Camus en Catalogne, lire les Carnets, et pages 67 et 1213 de l'édition de la Pléiade, oeuvres I.)

     

    Je revenais sur ces textes courts et poétiques, mi-fictions, mi-réflexions, de L'envers et l'endroit; ainsi "L'amour de vivre" où il est écrit : "Pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre."

    Je relisais Le discours de Suède et les articles pour l'Espagne républicaine (lire Lou Marin : Camus libertaire)… Tant à relire ! On en reparlera à l'occasion de la venue en Roussillon d'E. Kouchkine, un des maîtres-d'oeuvre de la nouvelle édition de La Pléiade !!!

     

    J.P.Bonnel

     

    * Les Amitiés Internationales André Malraux

    ont le plaisir de vous inviter au cycle de

    conférences présenté

    du 21 au 26 octobre 2014, par

    Eugène KOUCHKINE

    à l'occasion du centenaire de la naissance

    d' Albert CAMUS. 

     

    du 21 au 28 octobre, les conférences auront lieu, à 18 h, à Perpignan (Palais des Congrès), à Vernet les bains, à Elne, à Collioure, à Saint-Cyprien, à Canet…(avec l'aide des municipalités et d'associations comme "Rivages des arts", "Les amis d'Illibéris", le Mas Baux…

     

     

    ** Eugène Kouchkine est maître de conférences en littérature française et comparée à l’Université de Picardie Jules Verne. Il a soutenu une thèse de doctorat intitulée : Les œuvres de jeunesse d’Albert Camus (l’évolution de l’existentialisme littéraire en France).

    En 1982, il publie sa monographie : Le premier Camus. Il a participé à la nouvelle édition des Œuvres complètes de Camus,

    Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, contribué au Dictionnaire Camus (2009) et au Dictionnaire Malraux, en 2011. Il est actuellement membre du Centre d’Études du Roman et du Romanesque à l’Université de Picardie, ainsi que du Conseil administratif de la Société des Études Camusiennes (S.E.C)et des Amitiés Internationales André Malraux (AIAM).

     

    Camus-Don-Quichotte140.jpg E. Kouchkine, deuxième à gauche. Est aussi présent J.Louis Meunier qui, en octobre 2013, est venu nous parler de Camus et l'Algérie, à Elne, et du philosophe au lycée Renouvier de Prades (avec les AIAM et notre ami Jean Bigorre).

     

    - - -Un texte d'E. Kouchkine : 

     

    LES JUSTES (1949)

    Mise en scène en décembre 1949, au Théâtre Hébertot, cette pièce appartient au deuxième cycle des œuvres de Camus, celui de la Révolte. Apre, tendue et profondément lyrique, elle traduit son désir de créer une véritable tragédie moderne tout en croyant que l’époque s’y prêtait. En pleine guerre froide, Camus poursuit une réflexion sur la question de la violence qui s’impose à lui en termes de conscience intellectuelle et morale. L’antagonisme de deux notions positives, l’amour de la vie dans toute sa plénitude et la justice sociale, lui paraît alors essentiel.
    La pièce s’écrit pendant la longue élaboration de L’Homme révolté dont le chapitre « Les meurtriers délicats » sera consacré aux protagonistes des Justes. Dans la Russie de 1905 qui lui semblait surgir des Démons de Dostoïevski, Camus trouva ce qu’il cherchait: une sorte d’équivalent éthique pour parler de son temps. Au terrorisme, il assignait un caractère exceptionnel de « rupture » et lui imposait la notion de limite nécessaire. Impressionné par la mort héroïque des jeunes révolutionnaires russes, il rassemble sur eux une importante documentation iconographique et écrite. Le livre des souvenirs du célèbre terroriste Boris Savinkov lui fournit le sujet et les personnages, l’exemple d’une pratique de la violence liée à la responsabilité personnelle. Ivan Kaliayev payait sur l’échafaud la vie qu’il avait prise au grand-duc. D’autre part, refusant l’infanticide, il sauvait l’honneur de la révolution. C’est justement ce refus de la « violence confortable » que Camus accentue dans l’action de ses personnages. Par ailleurs, il saisit des motifs christiques dans le comportement de certains terroristes, « cet amour plus grand que tous: celui de l’homme qui donne son âme pour son ami ». (OC, t.2, p.1091) Il est séduit par leur « exigence personnelle » qui les poussait à la terreur et par leurs « paradoxes » : l’abnégation qui allait jusqu’au mépris de leur propre vie et le respect de la vie humaine, leur foi dans la terreur et les doutes qui les déchiraient dans la pratique de la terreur. Tout en reconnaissant le caractère inévitable de la violence, ils avouaient qu’elle était injustifiée. « Nécessaire et inexcusable, c’est ainsi que le meurtre leur apparaissait »- c’est la formule par laquelle l’auteur présente les héros de sa pièce.
    Certes, Camus n’écrit pas une pièce historique, son souci étant de « rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai ». Il idéalise les personnages, en laissant dans l’ombre ce qui pourrait ternir leur image. D’autre part, il tient à réussir une véritable tragédie d’amour, d’une passion plus humaine que symbolique, même et surtout si cet amour doit rester impossible. L’opposition entre le devoir de servir la justice et le sentiment pour un être aimé ne laissera aux amants qu’une seule issue, « le sang et la corde froide ». Inséparable de Kaliayev, Dora est une figure essentielle de la pièce et manifestement le porte-parole de l’auteur. Comme dans une tragédie antique où l’hubris est puni, Dora, tout en restant fidèle à la cause révolutionnaire, est consciente de la démesure de leur entreprise et reconnaît la faute de la transgression.
    Or, Camus ne conçoit pas de justice sans chance de bonheur. Dans la pièce, elle est présente sous deux formes – l’amour et le renoncement. Aux antipodes d’abord, les deux héros-idéologues Kaliaïev et Stepan semblent se rapprocher à mesure que la pièce touche à son dénouement et laisse l’impression que Stepan a déjà effectué le parcours de renoncement dont les deux autres protagonistes prennent le chemin. Mais l’ultime aveu de Stepan Je l’enviais marque la victoire morale de Yanek sur le nihilisme. Or, Yanek mort dans le renoncement, il ne reste à Dora et à Stepan qu’à le suivre, ils se ressemblent tous maintenant.
    Camus construit un cadre de clandestinité, statique et abstrait, d’un extrême dépouillement. Une constante unité de ton qui laisse une impression glacée, voulue par l’auteur. Le froid délibéré de l’atmosphère exprime physiquement le renoncement des personnages à ce qui est la vie vivante. Le silence ponctue le discours et souvent le suspend, un silence qui crie. Le huis clos, le temps qui paraît figé proposent une sorte de portrait métaphorique de l’intériorité de ces « bombistes ». Après l’assassinat du grand-duc, vivre pour Kaliayev devient une « torture», « la justice même est désespérante ». Les cris de Dora qui martèlent tragiquement le dépassement de soi de l’héroïne aboutissent à son verdict: « Nous ne sommes pas de ce monde. Nous sommes des justes. Il y a une chaleur qui n’est pas pour nous. Ah! Pitié pour les justes ». La dernière exclamation nomme le sentiment que devait, en fin de compte, susciter la pièce. Ce destin que Camus veut exemplaire, est aussi, au niveau de la révolte à présent, une histoire de « suicide supérieur », une « tragédie de l’intelligence ».
    Cependant, dans la vision du dramaturge, ses « admirables révoltés » choisissent de mourir pour que la justice demeure « vivante », c’est-à-dire « une brûlure et un effort sur soi-même ». Elle meurt dès qu’elle devient « un confort », un « meurtre par procuration ». Camus voyait sa pièce comme une tragédie qui n’offrait pas de solution hormis la mort, mais n’en restait pas moins une pièce d’espoir. Nul doute qu’en ce sens Dora et Yanek restent, à ses yeux, des personnages exemplaires: aux prix de leur vie, ils sauvegardaient ce qui est sacré dans l’esprit de la révolte. Au milieu du XX-e siècle leur exemple, espérait-il, pouvait rendre la révolution à nouveau révolutionnaire.
    Les « justes » continueront à vivre dans la mémoire de Camus. En 1955, il tiendra à préciser qu’il « admire » et qu’il « « aime » toujours ses deux héros : Kaliayev et Dora. Sans doute, voyait-il en eux des personnages de Dostoïevski. En 1957, quand les bombes explosaient à Alger et Camus le ressentait comme une tragédie personnelle, il pensait à sa pièce « russe »: « J’aimerais remonter Les Justes qui sont encore plus d’actualité aujourd’hui ». Travaillant au Premier Homme, il revenait encore à Kaliayev. L’idéal d’une haute conscience morale où la douleur d’autrui devenait l’aune à laquelle on mesure tout progrès historique, dicta en conséquence l’ensemble des choix du dramaturge. Et c’est par cette exigence à la fois morale, lyrique et politique que la dernière pièce de Camus s’impose comme une oeuvre mémorable pour inscrire sa note unique et vivante dans la sensibilité contemporaine.

    Eugène Kouchkine

    Indications bibliographiques : Raymond Gay-Crosier, « Le jeu ou la tragique comédie des Justes », Revue des lettres modernes, n° 419-424, 1975, p. 45-70 ; Maurice Weyembergh, Albert Camus ou la mémoire des origines, Bruxelles, De Boeck, 1998, p. 177-186 ; Alain Béretta, Les Justes, Ellipses, 1999 ; Jeanyves Guérin, « Pour une lecture politique des Justes de Camus » in Jean-Pierre Goldenstein et Michel Bernard (dir.), Mesures et démesure dans les lettres françaises au XXeme siècle. Hommage à Henri Béhar, Honoré Champion, 2007, p. 97-110 ; Albert Camus, Œuvres complètes, t.3, Gallimard, coll. « Bibl. de la Pléiade, 2008, éd. par Eugène Kouchkine.

     

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    19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 12:43

    images-copie-7.jpeg Catherine Millet

     

    Je poursuis le compte-rendu de mes grandes lectures estivales. Voici C. Millet, dont j'ai parlé à plusieurs reprises (sur la vie sexuelle de Dali, sur sa venue à Perpignan, grâce au CML, sur son époux Jacques Henric : dialogue au café de la Poste...).

       Elle nous avait habitués, la directrice d'Art Press, à des récits libertins et dynamiques...Mais ici, à part quelques touches sur l'éveil sexuel de l'enfant...

     

    Avec le récit autobiographique qu'elle publie cette année chez Flammarion, le lecteur est face à une écriture lente, classique, étudiée et belle jusqu'à l'ennui... Pas d'écart de langage, pas de volonté de faire du style, d'inventer des images, de chambouler la syntaxe. Seule semble compter la vérité de l'enfance à dérouler sans chapitres, sans froufrous...

     

    C.M. raconte ses premières fois, sa découverte de la vie, les portraits des membres de sa famille. Surtout elle essaie de comprendre "comment on peut grandir sans se fabriquer une morale." 

     

    C'est sans doute le passage sur les lectures de l'enfant et sur son désir d'écrire qui est le plus intéressant : à la page 106 : "Je mettais en place le pouvoir des mots sur moi-même. On peut manquer d'un toit, d'un amour, de tout, mais ne pas disposer des mots qui désignent sa souffrance est à mes yeux le malheur extrême…"

     

    Un peu plus loin, elle s'identifie à Cosette et fait référence à David Copperfield, pour raconter les ennuis de la vie domestique et les déchirures familiales, la mésentente de ses parents. 

     

    La naissance de l'écriture est partout. Catherine Millet a toujours eu la certitude qu’elle écrirait, un jour. Elle commence à mener une "vie dédoublée", faite de matière réalisée et de matière rêvée, dès son plus jeune âge. "La fiction avait fonction d’une cachette que je transportais avec moi comme la tortue sa carapace qui la protège."

     

    J'aime ce passage sur Collioure, où la mère louait un deux-pièces près du boramar et des anciens remparts (Catherine parle d'ailleurs du vieux ciné installé à cet endroit) :

     

    La famille est en vacances. Dans les alentours de Collioure, lors d’une promenade à pied, le frère perd son canif. Il s’en aperçoit, le soir, une fois rentré. Ils décident de refaire ensemble la route, le lendemain, dans l’espoir de retrouver le petit objet sans doute tombé de la poche du frère. Cela tiendrait du miracle. Ils vont pourtant le retrouver. Catherine Millet revient sur ses pas et réinvestit la noirceur de l’enfance...

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    18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 16:48
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    David Foenkinos 

     

     

    Encore en villégiature en Ariège, pour une randonnée au pic des Trois seigneurs, à partir du lac bleu (après Tarascon, vallée de Rabat-les-trois-seigneurs), je n'ai pas pu avoir accès à internet et donc, je n'ai pas pu alimenter mon blog, ma drogue quotidienne...

     

    Ah, maudite montagne de la mère (dourage) Ariège, qui mempêche d'écrire et qui, surtout, ne m'a pas permis de parler du film de David Foenkinos : La délicatesse, son film qui fut diffusé dimanche soir...

     

    David F. est un jeune romancier talentueux, nourri de culture et d'humour : André Bonet m'a invité à le rencontrer, il y a quelques semaines à Perpignan et le contact fut tout de suite chaleureux. David F. a voulu lire mon livre sur W. Benjamin car il travaille sur le même thème, la même époque, comme l'explicite ci-dessous André Bonet (merci à lui et à son texte publié sur le site du CML).

     

    D. Foenkinos doit revenir à Perignan enseptembre : j'espère le retrouver et parler de Charlotte Salomon...

     

     

    COUP DE COEUR DE LA RENTREE LITTERAIRE : "CHARLOTTE" DE DAVID FOENKINOS : IL N'Y A PAS DE MOTS POUR DIRE L'EMOTION QUE PROCURE LA LECTURE DE CE LIVRE BOULEVERSANT, RARE ET BEAU. LE GRAND ROMAN DE LA RENTREE !

    Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. 

     

    Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche. 

      (André BONET et le CML)

     


     

     La Délicatesse 

    La délicatesse

     

    Genre : Comédie dramatique

    Année de sortie : 2011

    Acteur : François DamiensAudrey TautouBruno Todeschini

    RésuméNathalie a perdu son mari il y a trois ans. Hantée par le souvenir, elle se réfugie dans le travail et semble avoir mis un terme à sa vie sentimentale. Elle rejette tous les hommes, y compris son séduisant patron. Son entourage s'inquiète. Pourtant, un jour, sur un coup de tête, elle embrasse Markus, un collègue de travail, qui n'est même pas beau garçon. L'événement aurait pu être sans lendemain. Mais de fil en aiguille, Markus s'attache à la fragile Nathalie, tandis que cette dernière s'adoucit au contact de cet être un peu gauche. Markus et Nathalie suscitent rapidement les interrogations de leurs collègues, puis leur franche désapprobation...

     

     

    David Foenkinos

    David Foenkinos

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    David Foenkinos au salon du livre Radio France, le 26 novembre 2011.

    David Foenkinos, né le 28 octobre 1974 à Paris, est un romancier français.

     

     

    Il étudie les lettres à la Sorbonne, tout en se formant au jazz, ce qui l'amène au métier de professeur deguitare. Son premier roman est publié en 2002 chez Gallimard. Ses romans sont traduits à l'étranger, dans trente-cinq langues.

    Selon Le Figaro, il fait partie des cinq plus gros vendeurs de romans en 2011.

    David Foenkinos avoue une admiration sans bornes pour l'œuvre d'Albert Cohen dans son ensemble, ce qui l'amène à décliner régulièrement le thème de l'amour dans ses œuvres littéraires. Il se consacre principalement au roman.

    Ses œuvres sont empreintes d'une légèreté à la fois loufoque et jubilatoire, et pleines d'humour. Ceci est particulièrement remarquable dans Le Potentiel érotique de ma femme qui a obtenu le prix Roger-Nimieren 2004. L'écriture enlevée y décrit, derrière l'ironie, les ravages de la collectionnite, l'angoisse de l'abandon et les difficultés de l'amour. Le caractère imprévisible du coup de foudre est mis en scène dansEntre les oreilles. Dans En cas de bonheur, David Foenkinos aborde les relations de couple et l'adultère avec drôlerie et tendresse. Ses romans Nos séparations et La Délicatesse sont également consacrés à l'analyse subtile et émouvante des comportements amoureux qui peuvent se révéler parfois farfelus.

    Dans ce contexte, sa participation à la collection « Ceci n'est pas un fait divers » dans laquelle il a publié Les Cœurs autonomes, roman inspiré de l'affaire Florence Rey, a pu surprendre. Il l'a justifiée en disant que ce livre a pour sujet l'amour, comme ses romans précédents. Ce qui l'a intéressé dans ce fait divers sanglant est en effet le rapport entre la folie amoureuse et la folie meurtrière. Il y décrit l'enfermement de Florence Rey et d'Audry Maupin dans une passion autarcique qui les détruit et les mène à la chute.

    André Bonet 

     

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