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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 08:57
Yza, couverture du livre - Avec Michèle Bayard et la regretté Françoise Dumas, de Banyuls - Le Racou autrefois -Atres livres sur Le Racou
Yza, couverture du livre - Avec Michèle Bayard et la regretté Françoise Dumas, de Banyuls - Le Racou autrefois -Atres livres sur Le Racou
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Yza, couverture du livre - Avec Michèle Bayard et la regretté Françoise Dumas, de Banyuls - Le Racou autrefois -Atres livres sur Le Racou

Yza, couverture du livre - Avec Michèle Bayard et la regretté Françoise Dumas, de Banyuls - Le Racou autrefois -Atres livres sur Le Racou

Littérature : un thriller en pays catalan, par

 

Racou, petite crique ente sable et rochers, petit coin d'paradis en Catalogne vermeille, éphémère commune libre, mais les Communards se sont embourgeoisés et le hameau se voue au tourisme, en appelle au jazz, l'été, comme pour se perdre telle Collioure la proche, dans le consumérisme de masse...

 

Les villas implantées dans le sable sont condamnées à une mort lente, et on accuse le port d'Argelès, le changement climatique, et même Macron... Avant que le proche avenir n'emporte cette nichées de cabanons égoïistes, il faut lire le polar littéraire d'Yza Dambressac, qui, d' origine bordelaise, se passionne pour la Catalogne et ses lieux poétiques...

 

Le personnage principal, Irène, directrice d'un cabinet d'enquêtes à Perpignan, est campée, avec ses seins mûrs et beaux, dans ce territoire sudiste, dans notre "Catalogne cigale", "comparée à la "Catalogne fourmi", sa cousine l'Espagnole ! Quoique, la crise économique était en train d'unifier les deux dans le même marasme." (page 12)

 

La lunette du narrateur se rapproche du "petit coin",ce hameau du Racou "passé peu à peu des mains des hommes de la mer à celles des touristes ou de locaux amoureux fous de ce petit coin du monde..."

 

Le roman s'amarre dans ce lopin édénique, et dans une villa "celle au gros tamaris et à la grande baie..." (page 139), qui perdure, malgré l'effet cévenol, après la dévastation des maisonnées de la première ligne... Il était judicieux de situer le thriller dans ce coin de mort car les 271 pages passionnantes décrivent les investigations autour de sept crimes commis par un serial-killer.

Yza s'inspire sans doute des jeunes femmes disparues de Perpignan, mais son originalité est ailleurs : 

 

-dans cette alternance des point de vues narratifs, le criminel donna son point de vue, nous éclairant de l'intérieur, alors que le narrateur ou la protagoniste en savent peu sur la vérité du sinistre individu...

-dans ce dénouement inattendu où le mythe du double et de la gémellité offre sa force fictionnelle et psychanalytique suggestive ! 

 

Après la page 131 où le narrateur dévoile la semaine du tueur, le lecteur aboutit à deux passages érotiques (Irène et Marco, p.180) et sensuels (dans la voiture, le criminel et une avocate, p.193), très bien écrits...

 

On préfère ces tableaux du corps aux analyse diplomatiques superficielles (p.33), aux allusions politiques superficielles sur la corruption du maire de Perpignan (et d'ailleurs...) (p.157 et 217)...mais la stature tutélaire du Canigou domine l'écriture très dialoguée, théâtrale, même s'il n'est pas la montagne la plus haute des Pyrénées-orientales (page 99)...

 

Enfin, j'ai bien aimé les allusions à des amis du coin, comme le photographe de Collioure Marc Gilmant (p.62), Marco Spelta, prof de lettres classiques à St-Estève ou Charles, le poète-philosophe-correspondant de Céret, récemment disparu...

Dans la série de ces rimes et viols abominables, le lecteur reçoit ces clins d'oeil comme des invites à aimer, malgré tout, la vie, et la beauté du rivage ravagé de la côte sableuse...

 

J.P.Bonnel

 

- - - 

 

Yza Dambressac

 

L’auteure, diplômée d’une licence de Lettres Modernes et d’un DEA d’Ethnologie  se glisse dans la peau d’Yza Dambressac. Le voyage fait partie de ce qu’elle appelle ses « réflexes » : Europe bien sûr, Maroc, Mali, Asie, Amérique latine, Polynésie, Nouvelle-Zélande, Australie et Nouvelle Calédonie où elle sut séjourner plusieurs années  pour y écrire des romans-jeunesse… Mais elle sut aussi s’arrêter longtemps en Catalogne Nord, pays où elle dit avoir « bouturé » et où elle revient toujours…

 

 

Diplômée de Lettres et d’Ethnologie, Yza Dambressac a longtemps travaillé avec des jeunes. Elle a beaucoup voyagé et s’est donc exercée à observer beaucoup. Comme elle a l’habitude de dire en regardant la vie défiler autour d’elle « Mes personnages me sont donnés, je n’ai même pas besoin de les inventer ! »

 

Elle aime inscrire ses romans dans les lieux où elle habite. Egalement auteur de quatre romans jeunesse sous un autre nom, elle tisse du vivant, avec les mots mais dans ses thrillers, elle tisse du vivant jusqu’à la mort !

 

Sous X, éd. Les Presses littéraires, 2013 (roman).

 

 

*** Sous X - Yza Dambressac

 

Qu’il fait bon vivre dans le sud de la France, en Catalogne du nord ! Région tellement prisée des touristes de toute l’Europe, mais attention, belles jeunes filles brunes ! « il » vous y attend ! Oui, « il », un prédateur qui vous surveille ou bien profite des opportunités…


Dans ce thriller, qui se passe aux alentours de Perpignan, l’enquêtrice, Irène de Franqueville, pourtant juste en retraite dans son adorable hameau du Racou, non loin de la frontière espagnole, sollicitée par son ex-collaborateur et ami, va se sentir obligée de reprendre du galon. Comment pourrait-elle résister devant ces macabres découvertes qui défraient la chronique ?


Dans une des régions les plus ensoleillées de France, l’horreur va-t-elle définitivement éclipser l’image d’un paradis touristique ?

 

ISBN : 978-2-35073-726-3

11,5 X 17, 272 pages

n°39 de la collection - 12,00 €

 

IL ÉTAIT UNE FOIS LE RACOU

EL RACÓ

 

 Au sud d’Argelès-Plage, au nord de Collioure, entre mer et montagne, le littoral  forme une anse où se niche le hameau du Racou. 

Le Racou , «el Racó », signifie le recoin en catalan. Situé à la charnière entre la côte sableuse au nord, la côte rocheuse au sud et l’arrivée des Pyrénées dans la mer par le massif des Albères, c’est un des lieux les plus typiques du littoral catalan. Les premières mentions du Racou (« Racho » dans les textes officiels) remontent au XVIème siècle. Le lieu est avant tout connu pour son abreuvoir idéalement situé sur le chemin menant à Collioure.

 

1910

L’urbanisation de la plage débute vers 1910.  A cette époque, on trouve quelques cabanons en bois construits sur le relief dunaire, des cabanes de pêcheurs en roseau et de rares promeneurs en habits du dimanche. La notion de  tourisme est inexistante .

 

LES ANNÉES 30

Les premières maisons « en dur » apparaissent dans les années 30 . Le sud du Racou comporte alors, en front de mer, une à deux lignes supplémentaires de maisons. La mairie d’Argelès y loue des parcelles qui seront mises en vente après la guerre. Les Racouniens se débrouillent avec les moyens du bord : barbecues, lampes à pétrole et eau saumâtre obtenue en sondant le sol à 2-3m de profondeur permettent de cuisiner.

FIN DES ANNÉES 40

Croisillons en fer, pyramides en béton immergées… les stigmates du conflit mondial récemment achevé sont peu visibles sur les anciennes cartes postales mais bien réels. L’armée allemande, craignant un débarquement sur la côte catalane avait installé une batterie sur la colline du Racou et rasé, en 1943, la première  rangée de maisons en bois pour se chauffer et améliorer la surveillance de la côte par les guetteurs . C’est aussi l’époque de la construction des fameuses pyramides en béton, anti-débarquement, sur la plage et de la destruction de la « Torre d’en Sorra », ancien moulin à farine, dynamitée par les Allemands le jour du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 et chantée par Jordi Barre.

 

 

APRÈS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Le hameau du Racou se développe après la seconde guerre mondiale. Des parcelles et des maisons sont vendues  par la commune. Quelques constructions commencent à s’élever du côté droit de la rue principale en cul-de- sac à la place des vignes à partir de 1948 et une opération de lotissement approuvée par le Préfet des Pyrénées-Orientales est lancée en 1955. L’électricité arrive en 1956, l’eau en 1957 et les égouts en 1958. 

Plus qu’un simple quartier d’Argelès, ce lieu est presque un village à part entière qui a su garder son ambiance familiale sans barre d’immeubles dénaturant le littoral. Les maisonnettes blanches forment d’étroites ruelles de sable ombragées au travers desquelles flotte une atmosphère délicieusement rétro. Il y fait bon se baigner ou se promener le long des rochers pour y découvrir de minuscules criques sauvages. A même les rues de sable, des barbecues improvisés permettent aux voisins de se rencontrer en préparant cargolades, grillades ou poissons pêchés du jour et en buvant un  « cop de vi blanc ».

 

14 JUILLET 1957

Le jour de la fête nationale, les Racouniens se sentant abandonnés par la municipalité argelésienne, proclament l’indépendance du hameau avec la « Commune libre du Racou » qui eut pour « maire » M. Astruc adjoint à la mairie d’Argelès. Sa devise était : 

 

14 JUILLET 1957

DES ANNÉES PLUS TARD

Six années plus tard, un putsch « pour rire » mettra fin à l’aventure. Cette action d’éclat, qui n’a jamais eu de valeur légale, permettra au Racou d’asseoir durablement ses particularités culturelles. Elle déboucha sur quelques réalisations dont l’attribution de noms catalans aux rues : Passatge del Sept i mig, Avinguda de la torre d’en Sorra, Passeig dels Franquets, Carrer lo pardal, Carrer de la Cargolade…1.

 

Les congés payés amènent leur lot de touristes, de nouveaux propriétaires et quelques commerces. Les constructions se multiplient au niveau du village de sable et quelques familles y vivent en permanence. Par contre, rares sont les constructions de l’autre côté de la rue principale.

A cette époque, durant les mois d’été, alternant avec le cinéma ambulant, Georges Barre chante Bécaud, Barrière, Ferrat à « la Caravelle » qui était une sorte « d’auberge espagnole » ….. Un jour,  il devint Jordi et choisit de chanter en catalan ce qui coïncida avec une « prise de conscience catalane » qu’il accompagna durant trente ans. « Vivre, travailler et chanter au pays », pourrait être la devise de Jordi Barre. Charles Trenet y avait également ses habitudes et venait régulièrement s’y baigner.

Malgré l’explosion du tourisme, le village n’a pas perdu son originalité qui, autant que son cadre de vie exceptionnel, fait son charme. Le Racou a su garder des dimensions modestes et il est aussi agréable de bronzer sur la plage au sable grossier que de s’attabler aux terrasses des cafés et des restaurants.

En dépit de certaines rumeurs, les maisons et terrasses en front de mer n’ont jamais empiété sur le Domaine Public Maritime (DPM) (jugements du TA de Montpellier et de la CAA de Marseille). En 1999, l’expertise du tribunal administratif plaçait la limite du DPM sur la plage « 12 à 20 mètres » devant les habitations. Tout le vieux village, en y incluant la première ligne de maisons, s’est créé dans une parfaite  légalité.

Si les projets immobiliers ont été bloqués au Racou, ce ne fut pas le cas six cents mètres au nord où l’on vit surgir Port-Argelès… Mais ceci est une autre histoire ! 

 

(C) Le site Le racou.fr et Albera

 

1 Ces années 50 à 60 sont bien décrites par Andreu Capeille dans la revue Massana : Annales n°25 : « Le Racou de l’après-guerre à 1960 »

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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 10:19
A. et M. Bougain (couverture) - Hélène Legrais avec chapeau et J.Lavergne et JP.Bonnel (salon des Angles, août 2019) - YZA, polar au Boulou (demain), Mythe méditerranéen de la LIDIA de CADAQUES (J.P.Bonnel)
A. et M. Bougain (couverture) - Hélène Legrais avec chapeau et J.Lavergne et JP.Bonnel (salon des Angles, août 2019) - YZA, polar au Boulou (demain), Mythe méditerranéen de la LIDIA de CADAQUES (J.P.Bonnel)
A. et M. Bougain (couverture) - Hélène Legrais avec chapeau et J.Lavergne et JP.Bonnel (salon des Angles, août 2019) - YZA, polar au Boulou (demain), Mythe méditerranéen de la LIDIA de CADAQUES (J.P.Bonnel)
A. et M. Bougain (couverture) - Hélène Legrais avec chapeau et J.Lavergne et JP.Bonnel (salon des Angles, août 2019) - YZA, polar au Boulou (demain), Mythe méditerranéen de la LIDIA de CADAQUES (J.P.Bonnel)

A. et M. Bougain (couverture) - Hélène Legrais avec chapeau et J.Lavergne et JP.Bonnel (salon des Angles, août 2019) - YZA, polar au Boulou (demain), Mythe méditerranéen de la LIDIA de CADAQUES (J.P.Bonnel)

A. et M. Bougain (couverture) - Hélène Legrais avec chapeau et J.Lavergne et JP.Bonnel (salon des Angles, août 2019) -

 

YZA DAMBRESSAC, polar au Boulou (demain),

 

et ... Le Mythe méditerranéen de la LIDIA de CADAQUES (J.P.Bonnel) voir le blogabonnel...

 

Pour présenter le dernier livre d'Hélène LEGRAIS, j'ai choisi ce beau compte-rendu, lu sur les réseaux sociaux (et néanmoins culturels, parfois...) :

 

Le Front dans l’azur

par

 

Hélène Legrais, éditions Calmann-Lévy

 

 

C’est une page d’histoire peu connue du grand public que révèle Hélène Legrais dans son récent roman.L’été 1936, en Catalogne, vont se dérouler les Olympiades populaires antifascistes organisées en réaction aux Jeux Olympiques de l’Allemagne nazie à Berlin.Les compétiteurs viennent du monde entier et se retrouvent sur cette terre ensoleillée pour prouver aux fascistes d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne que la jeunesse est capable de refuser la dictature et surtout croit en la fraternité.

 

L’auteure braque les projecteurs bien évidemment sur la délégation française. Madeleine est une héroïne fictive, élève-infirmière à la Salpêtrière à Paris, elle est entourée d’autres héroïnes fictives, dont Odette que l’on va retrouver à l’hôpital, victime d’une balle perdue puisque Franco, le petit rondouillard redoutable va organiser un coup d’État et envoyer ses troupes. Mais ce qui est passionnant dans ces pages, c’est la fougue de cette jeunesse, c’est l’audace, à juste titre de l’auteure, qui mêle des personnages historiques Carmen Crespo, Martina Genesta, Gerda Taro et Élisabeth Eidenbenz (elle leur avait déjà consacré un ouvrage Les Enfants d’Élisabeth).

 

Ce qu’on découvre aussi, c’est l’histoire de Maria et Giuseppe, librement inspirée de celles des grands-parents de Bruno Caliciuri... Qui est Cali, l’artiste et le chanteur qui a donné la permission à l’auteure...

Ceci fait que l’on plonge dans ce roman historique avec bonheur, même si le sujet évoqué est grave. La vie palpite. Une fougueuse jeunesse veut encore croire en la jeune République espagnole. On y voit de jeunes allemands pas nazis qui ont fui le Herr Hitler qui ont déjà été jetés en prison à Leipzig pour avoir osé défier les règles du moustachu. 

Madeleine et ses copines offrent en cette terre de Catalogne la vision de Paris admirée dans le monde entier. Brecht est passé à Paris, a croisé Aragon.

Et il y a cette nuit terrible où l’on tire, on tue. Les matelas mis aux fenêtres pour se protéger. Les jeux qui seront annulés et ces jeunes qui choisissent de ne pas repartir dans leur pays d’origine, de rester là, de prendre les armes, comme Aleix et de lutter pour la liberté au nom de la fraternité. 

 

Madeleine a choisi, sans doute par amour pour lui : "Les bouffées d’air lourd venant de la mer ne parvenaient pas à rafraîchir la chambre. Ici, septembre, c’était encore le plein été. Sur l’oreiller sa nuque était mouillée et ses cheveux collaient à sa peau. Sa tête était si lourde. Toutes ces pensées qui l’agitaient, l’assiégeaient sans lui laisser de répit, brouillaient son esprit. Le Fou restait en embuscade à Burgos. F pour Franco. Et le Cavalier de l’Apocalypse se lançait à l’assaut de tout... (...) Plusieurs milliers de civils, partisans de la République avaient été fusillés."

 

C’est un bel hommage rendu aux femmes qui osent garder le Front dans l’azur. Bravo !

 

© "Lili au fil des pages" pour cette critique du nouveau roman d'Hélène LEGRAIS

21 OCTOBRE 2019

« L’HISTOIRE OUBLIÉE DE LA CASA XANXO » PAR SYLVAIN CHEVAUCHÉ

Histoire

Sylvain Chevauché et Jean-Pierre Bonnel à la Casa Xanxo

Sylvain Chevauché et Jean-Pierre Bonnel à la Casa Xanxo

Sylvain Chevauché vient de publier un ouvrage indispensable à tout Perpignanais qui se respecte : L’histoire oubliée de la Casa Xanxo. Une demeure patricienne catalane à l’époque moderne (Perpignan, éd. Trabucaires).

Archiviste paléographe (Ecole des Chartes) et doctorant en histoire contemporaine à l’université Paris 8, S. Chevauché a présenté son ouvrage samedi 21 septembre lors des Journées européennes du patrimoine, dans le cadre de la saison littéraire du Centre Méditerranéen de Littérature. Nombreux furent les visiteurs à venir entendre cette intervention en présence du CML et bien sûr de l’éditrice.

 

Extrait : « Par son unité architecturale, son ensemble d’éléments sculptés, sa majesté, la demeure connue sous le nom de Casa Xanxo (ou Maison de la Main de Fer)  est, sans nul doute, le joyau du patrimoine civil de Perpignan. Toutefois, comme beaucoup d’autres hôtels historiques de la ville, son histoire est très mouvementée et profondément méconnue. Le panorama sommaire que nous proposons ici présente, pour la première fois, la suite ininterrompue des propriétaires et des occupants, les mutations brusques et violentes (confiscations, mise en vente aux enchères), les aménagements et transformations du bâti depuis la période des Lumières jusqu’à aujourd’hui. Par-delà ses murs immobiles et au travers de ses habitants, la Casa Xanxo nous raconte l’histoire sociale et politique de ce territoire catalan envié, disputé, conquis ».

 

Bref, un bel ouvrage illustré à s’offrir ou à offrir dès maintenant, et au moins à Noël !

Clarisse Réquéna

AC66

Le partage de la Catalogne - Histoire rocambolesque du Traité des Pyrénées 1658-1660

 

Michel Bougain, Annie Bougain

 

C'est à partir d'archives inédites de Simancas (Espagne) très longtemps difficiles d'accès aux historiens, à l'étude approfondie de la correspondance...

 

C'est à partir d'archives inédites de Simancas (Espagne) très longtemps difficiles d'accès aux historiens, à l'étude approfondie de la correspondance de Mazarin (France) publiée fin XIXe, à la réapparition et publication en 2010 d'un "journal" rédigé par un agent de Mazarin (Atto Melani) - entre autres documents - que M. et A. Bougain offrent une étonnante lecture des négociations qui ont précédé et suivi de 1658 à 1660, la signature du Traité des Pyrénées (7 novembre 1659) consacrant le partage (la "mutilation" dira l'historien J. Sanabre) de la Catalogne entre deux pays tiers, la France et l'Espagne. 

 

Des négociations ? Plutôt une accumulation de marchandages, de chicaneries, de conflits d'intérêt, de fourberies, de méconnaissances du terrain, quand ce ne fut pas carrément du vaudeville. La signature d'un Traité ? Comment se fier à un document dont la rédaction a été préparée et complétée par d'autres "traités" comme celui de Paris (4 juin 1659) dont les originaux ont disparu ou celui de Llivia (12 novembre 1660) non ratifié par les deux parties ? Une paix ? 

 

Peut-on nommer ainsi la conquête de la Principauté de Catalogne par la force des armes et la partition de territoires n'appartenant à aucun des belligérants, porteuses de conflits futurs ? On est effaré à la lecture de ce texte passionnant et remarquablement documenté, de découvrir combien les hommes qui ont fait cette histoire, rois et diplomates, hommes et femmes de pouvoir, Espagnols et Français, ont pu manifester d'arrogance, de mépris, de déni et de mauvaise foi envers la Catalogne, son peuple, son gouvernement autonome, sa terre. 

 

360 ans ont passé, les plaies sont toujours ouvertes.

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2 janvier 2020 4 02 /01 /janvier /2020 10:54
Rêve d'amour - L'année commence mal...

Rêve d'amour

 

Bien sûr ce pourrait être un air de Liszt...Ce fut, après bien des déceptions, l'espoir d'une passion...

 

Julien aimait la jeunesse d'Eve, sa volonté, son courage, face à de multiples problèmes, et à une sournoise maladie...

 

Pendant trois mois, elle est venue partager des moments joyeux, un apéritif, un repas en fin d'après-midi... Parfois, elle s'installait dans la nuit de Julien, deux ou trois fois par mois : c'était, certes, bien peu, et, de plus, elle partait au très petit matin...

Comme si elle s'ennuyait dans ses draps... Elle avait sans doute des tas d'affaires à régler...Elle avait mieux ailleurs, aussi, peut-être...

 

La famille, les amis, un compagnon, bien des gens l'accaparaient et elle répondait à Julien quand elle trouvait un créneau, mais souvent ne répondait pas à sa promesse. Difficile de faire confiance à une femme qui n'a pas de parole... Qui cache bien des choses, et semble avoir une double ou triple vie...

 

Peu à peu, elle ne répondait plus à son désir de la voir. Le silence, l'indifférence ou un mépris incompréhensible la tenaient dans la distance, l'oubli...

Si Julien lui envoyait un message rageur, elle ne répondait pas, ou à côté. Ne voulait pas s'expliquer, comme si c'était trop compliqué...Ses problèmes, et la santé, sans doute, la mettaient dans cet état et son refus de donner des raisons...

 

Des raisons, excuses ou prétextes, elle en inventa mille, sa mère, sa fille, son chien, la banque, l'avocat, aller à Gérone, à Barcelone, régler un problème d'argent...

 

C'était sans doute vrai. Mais la vraie vérité était qu'elle n'avait pas envie de venir auprès de Julien; elle allait chez les uns et les autres, préférait dormir seule ou avec son compagnon, qu'elle disait avoir quitté, mais qu'elle fréquentait encore, pas estime, pour un sentiment qui les reliait, pour l'argent ou sa voiture, aussi, sans doute...

 

L'année s'achevait et leur relation s'épuisait. Occupée par sa famille, elle ne trouva pas dix minutes pour venir le voir, lui dire un mot doux, et ses messages étaient sans tendresse, froids, laconiques, secs...

Julien resta seul pour Noël, les 24 et 25 décembre : cette solitude extrême, c'était la première fois qu'il la vivait; une ancienne compagne, même accaparée par les fêtes, acceptait une rencontre, une courte balade au soleil de l'hiver...

 

Enfin, Eve ne se manifesta plus, ne répondit pas à la proposition de Julien de faire un réveillon, ou de partir 2/3 jours sur la côte catalane...

 

Les plus beaux rêves ont une fin, et la fin d'une année demeure le moment propice pour leur mort...

 

JPBo

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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 07:24
Rencontre avec Christian Doumergue, romancier, essayiste
Rencontre avec Christian Doumergue, romancier, essayiste
Rencontre avec Christian Doumergue, romancier, essayiste

Rencontre avec Christian Doumergue, romancier, essayiste

 

J'ai choisi de le rencontrer à Prades, à l'excellente librairie Bonotte, pour une matinée de dédicaces.

Christian connaît la ville: il a été documentaliste au lycée. 

Il vient de publier son premier roman chez TDO, après avoir écrit de nombreux ouvrages chez des éditeurs nationaux, sur l'ésotérisme, aux éditions de l'Opportun, par exemple...

 

Il s'agit du Réveil de Pyrène, un gros pavé, un polar qui se déroule en pays catalan.

 

En effet, bien que natif de Montpellier, C.Doumergue a vécu longtemps près du Canigou, fasciné par la montagne et son légendaire. Le Conflent le captive, territoire où les paysages, les époques, les légendes héritées des époques païennes s'entremêlent...

 

Ce passionné de littérature me parle de la célèbre Vénus d'Ille, puis de Maurice Sende, le fils de Georges Sand : le dessinateur écrivit aussi un roman qui traite lui aussi d'une statue... Le récit se déroule dans le département et livre une autre interprétation au livre de Mérimée, une explication surnaturelle...

 

Cet auteur intrigue...Il faut le libérer car la foule matinale des lecteurs arrive... Il reste à dévorer ce polar énigmatique où rodent des figures mythiques inquiétantes...

 

JPB

 

Christian Doumergue (né à Montpellier le 26 septembre 1976) est un écrivain et documentaliste français.

 

Christian Doumergue est titulaire d’une maîtrise d’histoire de l’art et archéologie (La Figuration de l’œil dans l’art du Paléolithique), d’une maîtrise de lettres modernes (Le Mythe de la solitude chez Emily Brontë et Emily Dickinson), et d’un DEA de littératures comparées (Mélancolie et Mysticisme dans les œuvres de Jean de La Croix, Emily Brontë, Emily Dickinson et Mylène Farmer).

Son dernier essai, Le Secret Dévoilé (éditions de l'Opportun, paru le 6 juin 2013) a fait l'objet de commentaires lui reprochant d'avoir minimisé le passé sulfureux de Pierre Plantard, le personnage principal1. Christian Doumergue a répondu d'abord sur son propre site Internet2 en s'en prenant aux auteurs des critiques puis dans une interview3, il a insisté sur sa volonté d'innocenter Pierre Plantard des accusations de pétainisme.

 

Publications

En 1997, Christian Doumergue publie son premier livre, Rennes-le-Château, le grand héritage (éd. Lacour, Nîmes). Puis peu à peu, il découvre – bien avant la déferlante Da Vinci Code – la figure de sainte Marie-Madeleine et comprend quel enjeu elle représente du point de vue de l’histoire du christianisme et du monde occidental en général. Héritière légitime de Jésus, elle aurait été mise à l'écart par certains disciples de Jésus (comme Pierre) qui déformèrent le message de leur Maître. Au-delà de cette remise en question de l'élaboration du christianisme, les recherches de Christian Doumergue, ancrées dans une perspective historique, le conduisent à la conviction que Marie-Madeleine s’est rendue dans le Sud de la Gaule dans les années 50 et y a enterré le corps du Christ avec l’appui de quelques hauts personnages romains dont Sergius Paulus, proconsul de l’île de Chypre.

 

Bibliographie

  • Rennes-le-Château, le grand héritage, Lacour, Nîmes, 1997.
  • Bérenger Saunière, prêtre libre à Rennes-le-Château, Lacour, Nîmes, 2000.
  • L’Évangile interdit (Sainte Marie-Madeleine et le secret des Cathares), Lacour, Nîmes, 2001.
  • Marie-Madeleine, la reine oubliée (t. I L'Épouse du Christ, t. II La Terre élue), Lacour, Nîmes, 2004, 2 vol.
  • La Gnose pour tous, Le Plein des Sens, Notre-Dame de Londres, 2005.
  • L’Affaire de Rennes-le-Château (t. I De l’Histoire au mythe, t. II Aux origines du mythe), Arqa, Marseille, 2006, 2 vol.
  • Le Mystère Marie-Madeleine, Thélès, Paris, 2006.
  • La Tombe perdue : le corps du Christ repose-t-il dans le Sud de la France ?, éd. Pardès, Grez-sur-Loing, 2008 (en savoir plus [archive]).
  • L'ABC de RLC, éd. Arqa, Marseille, 2008 (coauteur).
  • L'église de Rennes-le-Château, éd. Pégase, Villeneuve-de-la-Raho, 2009 (coécrit avec Daniel Dugès) (en savoir plus [archive]).
  • Marie-Madeleine, coll. Qui suis-je?, éd. Pardès, Grez-sur-Loing, 2010 (en savoir plus [archive]).
  • le prieuré de Sion (coécrit avec thierry E garnier) Arqua edition 2012
  • Le secret dévoilé : enquête au cœur du mystère de Rennes-le-Château, L'opportun, Paris, 2013. Préface de Jacques Ravenne et Eric Giacometti.
  • Péchés Originels, L'Opportun, Paris, 2014.
  • Le cercle de Narbonne (préface de Gino Sandri) Arqua Edition
  • L'Ombre des Templiers : voyage au cœur d'une Histoire de France secrète et mystérieuse, L'Opportun, Paris, 2015. Préface de Didier Convard.
  • Voyage dans la France Magique, L'Opportun, Paris, 2016.
  • Franc-Maçonnerie et Histoire de France, L'Opportun, Paris, 2016. Préface d'Alain Bauer.
  • Au Cœur des Théories du Complot, L'Opportun, Paris, 2017.
  • Le Chat. Légendes, mythes & pouvoirs magiques, L'Opportun, Paris, 2018.
  • Trésors. Historiques, mythiques & légendaires, L'Opportun, Paris, 2018.
  • Le Réveil de Pyrène, TDO édition, Pollestres, 2019. (roman)

- - -

  1. Voir le quotidien L'Indépendant, vendredi 3 août 2013
  2. www.christiandoumergue.com
  3. Interview publiée dans le quotidien "L'Indépendant" le 14 août 2013
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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 09:33
Pierre COUREUX - Aleix REYNE -
Pierre COUREUX - Aleix REYNE -

Pierre COUREUX - Aleix REYNE -

A Saint-Estève, conférence de Pierre COUREUX

 

 

 

Lundi 25 novembre 2019 à 18h30

 

au Théâtre de l'Étang à Saint Estève

André Malraux,

un ministre de la culture visionnaire

 

par Pierre COUREUX

Il y a eu le Malraux le farfelu, le dandy, puis l'aventurier, le pilleur du temple Banteay Srey, le journaliste, le André Malraux de la guerre d’Espagne et celui de la brigade Alsace-Lorraine, leAndré Malraux, écrivain, auteur de La condition humaine ou deL’espoir, le André Malraux homme politique et Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles (1959 - 1969). C'est de ce dernierMalraux que parlera Pierre Coureux.

 

au théâtre de l'Etang - 66 - Saint-Estève
 

Après la Libération, la lecture de certains historiens permet à Malraux de s'inspirer de la grandeur et de fortifier certains mythes républicains. C’est lui qui rédige le texte définissant les missions de ministère de la Culture : il tient à rédiger lui-même la volonté de rendre accessible à tous les richesses artistiques et culturelles de l'humanité. Il fait voter une loi en 1962 de préservation du patrimoine : les monuments restaurés et blanchis, les secteurs sauvegardés, Paris et la France conçus comme des phares.

Avec les Maisons de la Culture, il reprend l’idée de la culture pour tous, du musée imaginaire.

André Malraux est ce Ministre de l'irrationnel, qui a choisi de faire fusionner la vie de l'action et la vie de la pensée.

Pierre Coureux, ancien élève du lycée Arago de Perpignan. Président fondateur des « Amitiés Internationales André Malraux », il a été enseignant en coopération culturelle au Maghreb d'abord, puis en Afrique australe. Ce dont il est le plus fier, c'est d'avoir lancé, aux côtés du professeur Henri Godard, la revue Présence d'André Malraux. Ce qui le caractérise le plus, c'est son engagement constant au service de la culture.

CEPS en entrée libre et gratuite

Lecture:

Aleix Renyé est un personnage cultivé, engagé et plein d'humour.

On connaît ses petits billet sur les réseaux, finissant par un éclatant "voilà", signifiant que la vérité vient d'éclater sous nos yeux... Il commentait souvent mes petits textes; depuis des mois, silence, on s'est perdu de vue : j'ai dû commettre une réflexion peu catalaniste...

 

En tout cas, avec ces "losers" (pourquoi utiliser l'anglais ?), ces perdants, ces pauvres types, ces moches et frustrés, rappelant les personnages de Reiser et autres génies de Charlie, le Reyné, c'est une sorte de La Bruyère de Catalogne : un moraliste, qui n'impose pas son axiologie, son idéologie indépendantiste, mais dresse le portrait d'une époque...L'état des lieux d'un territoire, que les Catalanistes nomment, de façon affreuse, Catalogne-Nord, avec ses mesquineries, copinages, vanités, arrangements divers, sexuels, financiers, parmi le monde politique et économique qui visent leur égo et le bot de leur pénis, avant le bonheur des citoyens...

 

Alors, j'ai rigolé et grincé des dents, à la fois, en lisant ces "characters" (utilisons donc l'anglais, qui, souvent, vient du français !) acides, ces expressions du regret, la vie s'échappant, sans nous avoir satisfaits (p.21, 29: le frustré...).

 

Les portraits acerbes sont inspirés de personnages locaux, mais nous n'en sauront rien de leur identité : qui est ce "gauchiste" , ce journaliste (critique des medias traditionnels perturbés par les lanceurs d'alerte, satire des magouilles d'une ville morose), ce plasticien (pages 39 et 41).

 

C'est aussi un livre sociologie décrivant la géographie humaine d'un pays miné par l'égoïsme et la misère, avec défense des marginaux et de tous ceux qui ne sont pas dans la norme !

Et puis, j'oubliais, oui, c'est d'abord un livre de littérature, et c'est l'essentiel !!

 

J.P.Bonnel

 

Aleix Renyé est un journaliste, acteur et écrivain français de langues française et catalane, né le20 octobre 1955 à Lérida.

Aleix Renyé a publié ses œuvres à Barcelone, Gérone et Perpignan.

 

Il est coauteur, avec Joan-Lluís Lluís et Pascal Comelade, du Manifest revulsista nord-català.

 

Il a interprété son œuvre Romanç de dones avec l’actrice norvégienne Mag Stöyva et les musiciens Johanna Försstrom (piano), Jean-Marc Jousse (guitares), Jean-Paul Daydé (basse) et Philippe Gallera (batterie).

 

Il a aussi réalisé et interprété Petjades de Leonard Cohen avec des chansons et la traduction en catalan de la poésie de l'artiste canadien avec Mag Stöyva et les musiciens Ingrid Dominois (piano), Carles Sarrat (guitare) et Éric Miché (basse).

 

Il a traduit et doublé en catalan des films, dessins animés et séries de télévision en France et en Espagne.

 

D'abord animateur et journaliste à Ràdio Arrels à Perpignan, Ràdio Andorra, Catalunya Ràdio à Barcelone, RAC-1 à Barcelone, et au journal satirique El Fiçó à Perpignan, il est aujourd'hui journaliste à El Punt de Perpignan, Gérone et Barcelone

 

a publié : 

* Nos chers Losers, 2013, Editions LTSJ (traduit en français par Carles Sarrat, préface de Gérard Jacquet)

 

**en catalan :

  • Xipotades, Barcelona, Llibres de l'Índex, 1995
  • L'enivrement des senteurs, le charme bucolique, l'éventail de couleurs... i altres històries prescindibles, El Trabucaire
  • Tot allo de viu que mai ha viscut, El Trabucaire

Poésie

  • Quotidianitats, Perpinyà, El Trabucaire, 1992
  • Deport al cau, Girona, Senhal, 1993
  • Nou codi de la ruta, Perpinyà, El Trabucaire, 1994
  • Boirines de Mesell, Perpinyà, El Trabucaire, 1997

 

© Wikipédia

 

- - -

Aleix Renyé, Croqueur de vies

 

Artiste multi facettes et authentique épicurien, il croque la vie à pleines dents, mais aussi les personnalités qu’il croise. Il en regroupe certaines dans son dernier livre, l’occasion de mieux connaître cet auteur haut en couleur.

 

Journaliste, traducteur,animateur radio, acteur et écrivain, Aleix est tout cela mais est loin de n’être que ça. Né en Catalogne du sud à Lleida, il y vit jusqu’à ses 16 ans, âge auquel il entre dans la résistance armée contre Franco.

«Il est très difficile pour moi d’expliquer pourquoi j’ai adopté cette lutte. En réalité c’était comme une évidence, pour moi mais aussi pour mon entourage. Mon père donnait des cours de catalan de manière illégale. Chez moi on parlait catalan, je suis Catalan pas Espagnol. Le franquisme a écrasé la Catalogne. Lorsque j’avais 14 ans un policier m’a giflé parce qu’il m’a entendu parlé catalan.

A 16 ans, je suis donc arrivé à Barcelone où j’ai vécu dans la clandestinité pendant dix ans. J’étais dans la résistance anti-franquiste et je me battais pour l’indépendance. Au final, j’ai dû quitter l’Espagne pour me réfugier en France, ça devenait trop dangereux pour moi là-bas. Les arrestations se multipliaient et je sentais qu’ils n’allaient pas tarder à me cueillir. Beaucoup de personnes que je connaissais à l’époque ont été emprisonnées, d’autres sont parties très loin et ne sont jamaisrevenues.

Je suis donc arrivé à Perpignan en janvier 1981, en traversant la montagne avec de la neige jusqu’aux genoux et en passant parle village de Lamanère dans le Vallespir.» A ce moment-là il est recueilli par des amis, militants catalans eux aussi. C’est à peu près à cette même période que radio Arrels est créée, au départ ils émettent à partir d’un appartement situé dans le quartier Saint-Jacques de Perpignan. Aleix Renyé devient le premier animateur payé de la radio, il y travaillera durant 15 ans.

Journaliste autodidacte

 

C’est aussi par ce biais-là qu’il a rencontré celle qui deviendra sa femme. «Une jeune femme appelait souvent à la radio, ma voix lui plaisait. Nous avons fini par nous marier et nous avons eu trois enfants. Au cours de ces quinze années, je me suis doucement dirigé vers le journalisme. Je n’ai aucun diplôme, j’ai appris sur le tas, je pense que c’est la meilleure école.

Ainsi je suis devenu le premier journaliste professionnel en catalan du département. Mais au bout d’un moment j’avais un peu l’impression d’en avoir fait le tour, la radio, c’était fini pour moi. Mais je voulais rester dans le métier, je me sens profondément journaliste.

Quelque temps plus tard, et après une période de calme, le journal El Punt a relancé son activité et je suis devenu un des salariés. Encore aujourd’hui je suis l’un de leur correspondant, je traite l’actualité de la Catalogne nord pour les gens du sud en catalan, je fais aussi des chroniques.»

 

Désormais il est le référent en matière d’actualité en Catalogne nord et sud entre les-quelles il fait le lien. D’ailleurs certains médias locaux n’hésitent pas à le contacter pour éclairer leur lanterne sur la situation du sud. Pourtant lorsqu’il crée, c’est sa langue maternelle qu’il utilise, le catalan.

«C’est ma langue de création, bien que désormais cela fait 25 ans que je suis installé à Baho. Je me sens citoyen français et honoré de l’être, de nation catalane.» Déjà auteur de six ouvrages, Aleix ne s’est pas cantonné à un style. Il a écrit de la poésie, son premier recueil a d’ailleurs été primé, mais aussi des spectacles et des nouvelles.

 

Esquisses de vies

Ce mois de juillet 2013, vient devoir naître son septième et dernier ouvrage, l’unique en français, «Nos chers losers». Il y décline une soixantaine de personnages ou plutôt des personnalités, réelles ou non : le digne fils de son père, l’amoureuse, l’amant néophyte, le dandy, le boss et bien d’autres encore. Mais chacune d’elles est susceptible de nous évoquer soit une partie de nous, soit de quelqu’un que l’on connaît ou que l’on a croisé.

 

Tendres Caricatures

«Je suis très fier de ces portraits, j’ai essayé d’y mettre une certaine tendresse, le trait est grossi bien évidemment, mais il part d’une réalité. Ce sont des portraits de façons de faire, de traits de caractère, certains ont raté leurs destins, certains sont cruels, mais au fond on a quand même de l’affection pour eux. Pour chacun d’eux j’ai essayé de me mettre dans la peau du personnage, pour essayer de percevoir au mieux ce qu’il pouvait éprouver. Pour certains, c’est bien plus facile que pour d’autres. Par exemple en étant un homme, il était difficile de se projeter dans la peau d’une femme et pourtant, mes lectrices s’y sont retrouvées.»

Pour la maison d’édition LTSJ, ce livre est un vrai coup de cœur,qu’elle n’a pas pris le risque de laisser passer. Pourtant ces textes sont écrits depuis un moment déjà, certains d’entre vous les connaissent peut-être déjà.

«A la base ce sont des billets écrits et commandés pour le journal El Punt. La langue première de ces textes est le catalan. Mais cette fois-ci, j’ai souhaité les rendre accessibles au plus grand nombre, car ces personnages peu-vent se retrouver aussi bien à Perpignan, qu’à Lyon ou à Paris.

Pour cela j’ai fait appel à un grand ami, Carles Sarrat le chanteur et guitariste des Blues de Picoulat. Il connaissait déjà les textes et les a transposés en français. Il n’a pas fait qu’une simple traduction, il a gardé le sens et l’esprit que je leur avais donné. Je pense que même ceux qui connaissent les textes en catalan les redécouvriront.»

Ce livre est d’ores et déjà dans certaines librairies du département, il est aussi possible de le commander par internet. La préface écrite par Gérard Jacquet commence par cette citation de Jean Carmet «J’aime les gens pour leurs défauts» résume tout à fait l’esprit du livre. Une manière de passer un bon moment tout en découvrant l’esprit de l’auteur pour une fois en français.

 

© La Semaine du Roussillon - Raphaëlle Baker 17 juillet 2013 

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 10:51
l'écrivain Renaud Camus

l'écrivain Renaud Camus

Renaud Camus, homosexuel identitaire, à Perpignan, ville triste : mensonges du Grand Remplacement - Journal d'un voyage en France

 

La publication, ce 10 novembre, d'une enquête de deux pleines pages sur l'écrivain Renaud Camus, m'a permis de revenir sur son journal dans le midi de la France, lu il y a quelques semaines.

 

Il ne s'agit pas de tourisme approfondi, ni de quête ou d'étude patrimoniales, à la Mérimée, pas un voyage dans les Pyrénées en méditant sur l'histoire ou la géographie, tel V.Hugo, mais un circuit rapide, superficiel, où la traque homosexuelle est la motivation première. Surtout, il s'agit de tout dire, de façon rapide, sans retouches stylistiques : raconter tous ses faits et gestes, ce que voit l'auteur, ce qu'il pense, ce qu'il rêve...Ce journal fait des milliers de pages et l'oeuvre de l'écrivant Camus est énorme; quant à l'écrivain Camus, loin de notre préféré, Albert, c'est autre chose.

 

Les notations sont superficielles et souvent méchantes : Perpignan, signalée aux pages 25, 368, 369, 372, est visitée en raison d'un certain "Jourda", ami ou relation sexuelle : le nom d'amis est souvent noté, sans explication, pour préserver l'intimité...Or, sur Vingrau (p.368, il donne le patronyme "Je suis ici pour Dieudonné Jourda" et cite aussi H. "Je pense à H. le long des routes et aussi à Claude, son imaginaire sosie, son double." Là, il s'agit de l'écrivain Claude Delmas, qui habitait à Vingrau; Claude m'a souvent parlé de R.Camus, qu'il appréciait, ce qui et étrange de la part d'un homme de gauche, face à un extrémiste identitaire... Tous deux étaient publiés à Paris chez POL...

D'ailleurs, à la page 383, il cite Billy, prénom figurant dans un titre des derniers romans de c. Delmas (Trabucaire éditeur).

 

Avant Vingrau, au Pas de l'Escale, il ironise sur ces maisons prétentieuses...Ensuite, à Salses, il se trouve devant la maison de Claude Simon, prix Nobel, absent...

A Perpignan, donc, il revient à la brasserie Le Vauban, en quête d'un garçon dont il ne se rappelle pas le nom; lieu agréable, à l'opposé des cafés sinistres du Palmarium et de la Loge, lieu de passage et d'observation...

Le soir, il s'installe à l'hôtel Windsor, brd Wilson, pour son appartenance au guide Michelin et surtout en raison de son emplacement à un lieu de drague "indiqué par Le Spartacus : le Jardin des platanes...

 

Il fait connaissance avec un homme assis sur un banc: ils se rendent au Vauban, car l'autre lui confie que,

"à l'instar de tous les achriens de Perpignan, il a pour thème principal la tristesse de la vie dans sa ville, et comme elle est morte, et combien chacun y est coincé, et à quel point on ne s'y amuse peu." (page 372 du Journal, Hachette POL, 1981).

 

Pour le pays catalan, on apprend, page 381, que la plage de l'Ouille (entre Le Racou et Collioure) est un lieu de rencontre gay...que le Roussillon est "une méchante plaine", qu'Elne est "une vilaine petite ville de la plaine littorale (p.375), mais que la vue, depuis la ville haute, est belle. "L'intérieur de a cathédrale n'a rien d'extraordinaire, quant au clooître, il n'a pas le charme de celui de Fontfroide ou du Thoronet...

 

Ensuite, entre l'évocation de l'Ariège (page 402) et de Narbonne (p.366), R.Camus Aborde le nom du Canigou. Il n'est pas tendre, là non plus; il voudrait procéder, ici aussi, à un grand remplacement :

 

"Je regrette que cette montagne ne porte pas un nom plus digne : Canigou me fait penser à des caramels mous, que j'achetais, pour cinq francs de l'époque, en 1952, place Delille, à Clermont, et qui s'appelaient plutôt Caribou..."

 

JPBonnel

 

 

Théorie du « grand remplacement » : Renaud Camus, aux origines de la haine
Par 

Publié hier à 06h13, ENQUÊTELe concept qu’il a popularisé vaut à l’écrivain d’être devenu une figure de l’extrême droite identitaire en France et dans le monde.

Le château gascon perché, la cloche à faire tinter pour s’y engouffrer, la vue sur un paysage presque caricaturalement français… Le panorama tourne à l’avertissement dès l’entrée : s’aventurer sur le terrain de Renaud Camus, c’est prendre le risque de tous les clichés. Château de Plieux, Gers, octobre 2019. « Fête de Saint-Juste », précise l’écrivain. Allure et verbe distingués, veste en laine et barbe sel, le septuagénaire joue avec le photographe en offrant le profil que, selon lui, on attendrait de lui. Nous serions venus rendre visite au diable en sa demeure, qu’il fait visiter sans ambages. Une vieille habitude dans ce monument classé qu’il occupe depuis plus de vingt-cinq ans.

A 73 ans, c’est un vieux monsieur courtois qui prend le thé en s’amusant de notre venue, laquelle se finira forcément par « des horreurs »imprimées. Pourquoi nous permet-il donc d’entrer ? « Pour les 1 % qui pourraient se dire en vous lisant : “Il n’a pas tout à fait tort.” » Lui est donc là pour convaincre, nous pour tenter de comprendre comment cette figure de la littérature gay des années 1970-1980 au talent justement remarqué à l’époque est devenue, aujourd’hui, l’icône de ceux qui jurent au « grand remplacement », rengaine de l’extrême droite selon laquelle une « population française traditionnelle »« de souche » disparaîtrait à la faveur de son « remplacement » par une autre, extra-européenne.

« On peut difficilement penser que moi, je promeus une idéologie de la haine »s’affranchit-il d’emblée. Certains dans le monde ont pourtant pris son « combat » au mot et retourné leurs armes contre les« occupants » désignésLe terroriste australien responsable du massacre de 51 personnes dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars 2019, avait ainsi intitulé son « manifeste » : « Le grand remplacement ».

(C° Le Monde du 10 novembre 2019

Renaud Camu

 

Naissance

10 août 1946 (73 ans)

Chamalières

Nom de naissance Jean Renaud Gabriel Camus

Pseudonymes

Denis Duparc

Tony Duparc

Denis Duvert

Antoine du Parc

Denise Camus

J.-R.-G. du Parc

Renaud Camus, né le 10 août 1946 à Chamalières, est un écrivain et militant politique français.

Il est notamment l'auteur d'un journal intime, publié chez divers éditeurs depuis les années 1980, et animateur culturel au château de Plieux.

Après avoir été membre du Parti socialiste dans les années 1970-1980, il fonde en 2002 le Parti de l'in-nocence. Il devient influent au sein de l'extrême droite identitaire en introduisant le concept du grand remplacement. En 2015, il rejoint le parti Souveraineté, identité et libertés. Candidat aux élections européennes de 2014 puis de 2019, il désavoue toutefois la liste qu'il mène quelques jours avant ce dernier scrutin.

 

Issu d'une famille bourgeoise de province, fils de Léon Camus, chef d'entreprise, et de Catherine Gourdiat, avocate, Jean-Renaud-Gabriel Camus1 a un frère aîné, Hubert (dit Patrick), et une sœur, Florence.

Il est scolarisé à l'école Sainte-Thècle à Chamalières (1950-1952), puis à l'école Massillon à Clermont-Ferrand (1952-1963), ville où il obtient la première partie du baccalauréat général (alors passée en classe de première) en 1962, puis le baccalauréat de philosophie en 1963.

Il entreprend ses études supérieures à la faculté de droit de Clermont-Ferrand, puis quitte l'Auvergne pour la faculté de droit de Paris (Assas et Panthéon) et la Sorbonne (1963-1973), après un passage à St. Clare's, près d'Oxford, en 1966-1967. Il est licencié ès lettres (1969), diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section politique et sociale, promotion 1970)2, titulaire d'une maîtrise en philosophie (1970)3, et diplômé d'études supérieures en science politique (1970)4 et en histoire du droit (1971)5.

Pendant un temps, il a « vaguement » envisagé de présenter le concours d'entrée à l'École nationale d'administration et de devenir diplomate, avant d'y renoncer6.

Après avoir tenté de refouler son homosexualité, il l'assume et rompt avec ses parents, qui le déshéritent. En 1968, de gauche, il participe aux défilés au sein de la « composante homosexuelle », se rangeant derrière le slogan « Envoyez-vous en l'air »7.

 

De 1970 à 1976, il est lecteur et conseiller littéraire aux éditions Denoël, ainsi que rédacteur d'articles de science politique pour lesencyclopédies canadiennes Grolier.

Il habite successivement Chamalières (1946-1959), Clermont-Ferrand (1959-1965), Oxford (1965-1966), Paris (1966-1992), lesÉtats-Unis (New York, l'Arkansas où il enseigne la langue et lalittérature françaises comme chargé de cours à Hendrix College (en), Conway, en 1970, San Francisco en 1978), Rome, où il est pensionnaire de la villa Médicis de 1985 à 1987, et, depuis 1992, dans le Gers, au château de Plieux, où il a organisé des expositions de Jean-Paul Marcheschi (1993), Eugène Leroy(1994), Jannis Kounellis (1995), Joan Miró (1996), Christian Boltanski (1997) et Josef Albers (1998). Il a été également responsable de colloques, « Les Devisées de Plieux », sur le « thème du château » (1996, avec Robert Misrahi, Danièle Sallenave, Alain Vircondelet, etc.), le « thème de la flamme » (1997, avec Pascal Quignard, Emmanuel Carrère, Jean-Paul Marcheschi, Michel Cassé, etc.), ou l'idée d'« Habiter en poète » (avec Michel Deguy, Jacques Roubaud, Paul Louis Rossi…). Il a fondé et dirigé un festival à Lectoure, « Les Nuits de l'Âme » (1997-1998), consacré à la musique contemporaine, à la musique ancienne et aux « musiques du monde ».

Il connaît au cours des années 1970 une vie culturelle intense (rencontres avec Roland Barthes, Louis Aragon, Bob Wilson, Robert Rauschenberg, Cy Twombly,Gilbert et George, Andy Warhol, Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet, Michel Chaillou ou encore Marianne Alphant…). Durant ces mêmes années, il est chroniqueur pour la revue Le Gai Pied8 (articles réunis ultérieurement dans Chroniques achriennes) et l'une des voix de la communauté homosexuelle de l'époque, notamment au travers de ses livres Tricks et Buena Vista Park, où il raconte ses rencontres amoureuses et décrit plusieurs de ses relations sexuelles. Il crée à cette époque le néologisme « achrien » pour désigner les hommes homosexuels.

Il relate dans son journal des relations avec de jeunes hommes d'origine arabea. Par la suite, l'écrivain Didier Lestrade l'accuse d'avoir trahi l'époque où l'homosexualité constituait un pont entre des hommes d'origines différentes9.

Accusations d'antisémitisme

Dans son journal de 1994 — paru en 2000 sous le titre La Campagne de France —, Renaud Camus émet des remarques sur ce qu'il percevait comme la sur-représentation de journalistes juifs traitant du judaïsme dans une des émissions de radio de France Culture, Le Panorama, ayant pourtant une vocation généraliste et non confessionnelle ou communautaire. Il écrivait à ce sujet : « Les collaborateurs juifs du Panorama de France Culture exagèrent un peu tout de même : d’une part ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six ou cinq sur sept, ce qui, sur un poste national ou presque officiel, constitue une nette sur-représentation d’un groupe ethnique ou religieux donné ; d’autre part, ils font en sorte qu’une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et de par le monde, aujourd’hui ou à travers les siècles. C'est quelques fois très intéressant, quelquefois non ; mais c'est surtout un peu agaçant, à la longue, par défaut d'équilibre. »

La parution dans Les Inrockuptibles d'un article de Marc Weitzmann accusant Renaud Camus d'antisémitisme lance ce qui deviendra l'« affaire Renaud Camus ». Celui-ci se défend de ces accusations dans Corbeaux, le journal de « l'affaire », puis en 2002 dans Du sens, et enfin dans K.310, le journal de l'année 2000 (paru en 2003)10. Il est soutenu, entre autres, par Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy, Emmanuel Carrère, Camille Laurens et Marianne Alphant11. En revanche, divers éditorialistes et personnalités, notamment Bernard-Henri Lévy et Philippe Lançon, maintiennent l'accusation d'antisémitisme à l'égard de Renaud Camus11, quoique certains l'aient nuancée plus récemment (ainsi Jean Daniel)12. Le 13 mars 2019, Yann Moix, qui avait affirmé en juin 2017, dans l’émission On n'est pas couché, que Renaud Camus était « assez antisémite », est condamné par la cour d'appel de Paris à 1 000 euros d'amende et 2 000 euros de frais de procédure pour diffamation13,14.

Son œuvre peut être très approximativement divisée en quatre catégories : prose « traditionnelle » (écrits de voyage,romans, récits, et surtout le considérable journal), écrits « expérimentaux » (parmi lesquels les Vaisseaux brûlés15, une bonne partie demeurant inédite sur papier), écrits sur l'art et la culture, et, enfin, essais polémiques et politiques. Ami et disciple de Roland Barthes, dont il a suivi un temps les séminaires et qui lui a donné une préface pour Tricks, c'est autour du concept de bathmologie16, « science à demi plaisante des niveaux de langage », que s'organise la plus grande part de sa réflexion. Influencé à ses débuts par le Nouveau Roman et par l'œuvre théorique de Jean Ricardou, il poursuit avec lesÉglogues, « trilogie en quatre livres et sept volumes » (dont le sixième, Travers, Coda, Index & Divers est paru en 2012), une entreprise pan-littéraire de fusion de la lettre et du site, de l'air et de la phrase, de l'heure et du signe. Ses Vaisseaux brûlés sont une des toutes premières exploitations littéraires des voies et moyens de l'hypertexte. Mais le grand public le connaît surtout par son journal qui, chaque année depuis 1986, donne lieu à la parution d'un volume.

Il vit depuis 1992 au château de Plieux, dans le Gers. Son amour des « lieux » et son goût pour la topographie l'ont ainsi amené à rédiger, au cours des dernières années, des guides touristiques sur les départements du Gers, de la Lozère et de l'Hérault. Chroniqueur des usages de l'époque – qu'il nomme les « manières du temps » – et auditeur vigilant de l'évolution de la langue, il a écrit des livres sur la civilité (Éloge du paraître, Notes sur les manières du temps), la grammaire et la linguistique (Répertoire des délicatesses du français contemporain, Syntaxe ou l'autre dans la langue), mais aussi un petit essai sur l'économie (Qu'il n'y a pas de problème de l'emploi).

Il est candidat malheureux à l'Académie française aux fauteuils de Julien Green (1999)17, Jean Guitton (2000)18 et Maurice Rheims (2009)19.

Dans ses Églogues, il utilise des pseudonymes ou hétéronymes qui évoquent l'écrivain Tony Duvert : le deuxième livre est signé Denis Duvert, le troisième Renaud Camus et Tony Duparc, le quatrième Jean-Renaud Camus et Denis Duvert, le cinquième de J.R.G Le Camus et Antoine Duparc et le sixième de J-R-G du Parc & Denise Camus.

 

Renaud Camus est membre du Parti socialiste dans les années 1970-1980, vote pour François Mitterrand en 1981 et pour l'écologiste Noël Mamère en 20027.

Il est également proche du chevènementisme à travers le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES)20.

 

Grand remplacement

C'est dans l'Abécédaire de l'in-nocence que Renaud Camus introduit, en 2010, son concept du grand remplacement. Il le développe ensuite au travers de trois allocutions, intitulées « Le Grand Remplacement », « La nocence, instrument du Grand Remplacement » et « Que peut être une pensée libre aujourd'hui ? », réunies avec un entretien accordé au Nouvel Observateur dans l'ouvrage Le Grand Remplacement, publié en 201121. Il détaille encore cette « théorie du remplacement » dans Le Changement de peuple, auto-édité et paru en 201322.

Dans l'entretien accordé au Nouvel Observateur, au journaliste qui lui demande de développer ce qu'il entend par grand remplacement, Renaud Camus répond en s'inspirant d'une boutade de Bertolt Brecht, qu'il modifie quelque peu23 pour l'adapter à son discours :

« Oh, c'est très simple : vous avez un peuple et presque d'un seul coup, en une génération, vous avez à sa place un ou plusieurs autres peuples. C'est la mise en application dans la réalité de ce qui chez Brecht paraissait une boutade, changer de peuple. Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que rend seule possible la Grande Déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours21. »

Outre l'insistance sur la rapidité du phénomène et son importance au regard de l'histoire de France — pays dont se préoccupe l'auteur en premier lieu — est évoquée la notion de « Grande Déculturation »22,24. Cette notion, déjà développée par Renaud Camus dans l'ouvrage du même nom, La Grande Déculturation, qu'il appelle encore« enseignement de l'oubli » ou « industrie de l'hébétude »25, est ici présentée par lui comme l'indispensable moyen du grand remplacement22,24. Considérant que, parmi de multiples causes, les médias et surtout l'éducation nationale sont directement impliqués dans cette entreprise de déculturation26, l'auteur présente en une phrase, souvent répétée sous une forme ou une autre dans ses interventions, les raisons pour lesquelles il y voit le principal moyen du grand remplacement :

« Un peuple qui connaît ses classiques ne se laisse pas mener sans révolte dans les poubelles de l'histoire25,27. »

Renaud Camus affirme qu'il y a « mensonge » et « silence » sur « ce qui survient » par « les deux pouvoirs, médiatique et politique »28. Il parle d'ailleurs de « parti remplaciste au pouvoir »29,30. Il estime que la France est en guerre mais qu'aucun de ces deux pouvoirs ne veut le dire, cette situation lui rappelant le début de laguerre d'Algérie31. Il affirme s'inscrire dans la lignée du Britannique Enoch Powell, auteur du célèbre discours des fleuves de sang sur les conséquences du multiculturalisme32.

La formule de « grand remplacement » s'est répandue dans la sphère politique et médiatique, notamment dans la mouvance identitaire, des membres du Front national, dont Jean-Marie Le Pen, Stéphane Ravier ou Marion Maréchal33,34, auprès de journalistes comme Éric Zemmour et Ivan Rioufol, ou encore auprès de magazines comme Valeurs actuelles et Causeur.

Un certain nombre de journalistes et d'intellectuels se sont fait l'écho des thèses de Renaud Camus depuis 2010, avec des regards très critiques, comme un article du Nouvel Observateur qui parle de la « bouillie xénophobe de Renaud Camus »35, un article du Monde qui parle du « grand boniment »22, ou encore le journaliste Aymeric Caron, qui consacre une section au grand remplacement dans son livre Incorrect : Pire que la gauche bobo, la droite bobards, paru en 201436.

 

La déclaration du Parti de l'in-nocence paraît au Journal officiel le 29 novembre 200239. Son secrétaire général est l'essayiste Paul Mirault et son trésorier Marcel Meyer39.

En 2012, Renaud Camus s'associe au projet « Notre antenne », porté par Gilles Arnaud et Philippe Milliau, qui donne naissance en 2014 à TV Libertés40.

À l'occasion de la sortie de son livre Abécédaire de l'in-nocence, qui lui sert de manifeste et de programme politique, il se déclare candidat à l'élection présidentielle de 201241. Faute des parrainages nécessaires, il appelle à voter pour Marine Le Pen42, en détaillant sa position dans un article du journal Le Monde intitulé « Nous refusons de changer de civilisation »43. Cette prise de position décide son éditeur d'alors, Fayard, de mettre fin à sa collaboration avec Renaud Camus, quelques mois après une décision similaire de P.O.L.44. Dans le cadre de la campagne des élections législatives de 2012, le Front national (FN) de Marine Le Pen lance le Rassemblement bleu Marine (RBM) avec le soutien (sans participation) du Parti de l'in-nocence45.

Renaud Camus se présente aux élections européennes de 2014 dans la circonscription Sud-Ouest à la tête d'une « liste antiremplaciste », qui réunit 1 350 voix, soit 0,05 % des suffrages exprimés46,47. La même année, il prend part aux Assises de la remigration organisées par le Bloc identitaire48.

Les opinions politiques de Renaud Camus sont ainsi classées par plusieurs journalistes à l'extrême droite37,49,50,51,52. L'écrivain Benoît Peeters indique ainsi : « Renaud Camus avait été très proche deRoland Barthes, lequel avait évoqué l’idée d’une science des degrés du discours, qu’il proposait d’appeler la bathmologie. En 1980, Renaud Camus a développé cette idée dans un remarquable petit livre, Buena Vista Park. […] Pourtant, quel que soit le degré de raffinement de l’interprétation, il vient un moment où il faut choisir, c’est-à-dire agir concrètement de telle ou telle façon. À cet égard, rien n’est moins bathmologique qu’un bulletin de vote. Quand Renaud Camus décide de soutenir Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2012, quelle que soit la signification éventuellement sophistiquée qu’il prête à ce choix, au bout du compte, c’est bien Marine Le Pen et le Front national qu’il rejoint53. »

Renaud Camus considère ne pas être d'extrême droite, affirmant : « Je ne trouve, pour me valoir ce qualificatif, que mon opposition résolue à l’immigration, au changement de peuple et de civilisation, au Grand Remplacement. Pour le reste je n’ai aucune sympathie particulière ou complaisance pour le totalitarisme, le nazisme, le fascisme, le négationnisme, Vichy, la collaboration, les différents types de dictature civile ou militaire ; je n’ai pas le moindre goût pour les groupes ou les activités paramilitaires et n’ai jamais fréquenté le moindre ; j’éprouve une nette répulsion à l’égard de la violence et suis très attaché à l’État de droit54. » Il qualifie Marine Le Pen, qu'il a soutenue aux élections présidentielle de 2012 et 2017, de « candidate la moins remplaciste » du paysage politique, tout en constatant que le Front national contredit sa théorie du grand remplacement37.

Non au changement de peuple et de civilisation

Tract du NON au changement de peuple et de civilisation pour la manifestation « Jour de colère » du26 janvier 2014.

Le 11 septembre 2013, Renaud Camus fonde, par un appel éponyme publié sur le site de « réinformation » Boulevard Voltaire, le NON au changement de peuple et de civilisation (NCPC), qu'il définit comme « un front du refus, le mouvement de tous ceux qui disent NON au Grand Remplacement28. » Le grand remplacement, concept initialement introduit dans l'Abécédaire de l'in-nocence en 2010 puis développé dans Le Grand Remplacement en 2011, est présenté dans cet appel comme « à la fois la plus grave crise de notre histoire et le problème le plus sévère que nous devions affronter aujourd'hui. » Considérant que les pouvoirs politique et médiatique nient la réalité du changement de peuple et decivilisation, Renaud Camus estime que « la première urgence est de rendre aux mots leur sens et aux Français la foi dans leur propre regard : le droit de constater par eux-mêmes ce qu’on leur interdit de nommer. »

Sur le site internet du NCPC, un certain nombre d'écrits mis en ligne permettent de retracer la genèse du mouvement55. Un lien est ainsi fait avec le suicide de Dominique Venner le 21 mai 2013 par le « Discours de Notre-Dame », prononcé par Renaud Camus le 31 mai en hommage au défunt56. Renaud Camus y rappelle notamment que Dominique Venner a cité son concept de grand remplacement dans ses écrits testamentaires, considérant qu'il faut « faire un point de non-retour » de la mort de Dominique Venner, et appelle à l'union pour « empêcher ce qui survient de survenir plus longtemps57. » Vient ensuite, au cours de l'été 2013, une période d'élaboration d'une « Confédération du NON »58,59, à laquelle contribue notamment Paul-Marie Coûteaux58. Puis, à la suite de l'appel fondateur du 11 septembre, l'association est déclarée en préfecture le 24 septembre, et publiée au Journal officiel le 5 octobre60. Outre son président Renaud Camus, le premier bureau comprend l'écrivain Gérard Pince et Marcel Meyer.

Le 10 avril 2014, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris condamne Renaud Camus, pour les propos tenus le 18 décembre 2010, lors des Assises internationales sur l'islamisation qui se sont tenues à Paris, à 4 000 euros d'amende ainsi qu'à 500 euros de dommages et intérêts à verser auMRAP pour provocation à la haine et à la violence contre un groupe de personnes en raison de leur religion. Le tribunal correctionnel a estimé que les propos de Renaud Camus « constituent une très violente stigmatisation des musulmans, présentés comme des « voyous », des « soldats », « le bras armé de la conquête » […] des « colonisateurs » cherchant à rendre « la vie impossible aux indigènes », à les forcer « à fuir », « à évacuer le terrain » […] « ou bien, pis encore, à se soumettre sur place ». » Pour le tribunal, les propos de Renaud Camus font preuve d'« une stigmatisation d'une rare outrance […] sans mesure ni réserve autre que de pure forme », présentant les musulmans « comme des guerriers envahisseurs dont le seul objectif est la destruction et le remplacement du peuple français et de sa civilisation par l'islam »61,62,63. En mai 2014, il publie Discours à la XVIIe chambre, dénonçant « l'éclatante mésinterprétation qui a commandé ce jugement, et que soulignent expressément ses attendus ». En avril 2015, la cour d'appel de Paris confirme sa condamnation64.

Souveraineté, indépendance et libertés[modifier | modifier le code]

En octobre 2015, Renaud Camus affirme à la journaliste Marie-Pierre Bourgeois ne pas « savoir grand-chose du Front national » et n'avoir « aucun lien » avec lui65. Pourtant, le mois suivant, il adhère au parti Souveraineté, indépendance et libertés (SIEL), un parti proche du FN et membre du Rassemblement bleu Marine66.Laurent de Boissieu présente cette adhésion comme « l'aboutissement de [la] radicalisation du SIEL »67.

Le 30 mai 2016, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, estimant que les autres candidats sont « résignés au changement ethnique et culturel » : il constate notamment que le Front national ne se rallie pas sa théorie du grand remplacement. Le SIEL indique alors qu'il « soutient la candidature deMarine Le Pen tout en regardant avec bienveillance celle de Renaud Camus »68. Renaud Camus se prononce finalement pour Marine Le Pen après avoir échoué à rassembler les parrainages pour valider sa propre candidature37.

 

Le 9 novembre 2017, Renaud Camus et Karim Ouchikh fondent depuis Colombey-les-Deux-Églises le Conseil national de la résistance européenne (CNRE). Composé de chefs de mouvement ainsi que de personnalités indépendantes telles que Philippe Martel, Paul-Marie Coûteaux, Sébastien Jallamion et Frank Buhler69,70, le conseil se veut comme un rempart au « remplacisme global » théorisé par Renaud Camus et vise à « s'opposer au phénomène de substitution de peuples actuellement à l’œuvre sur notre continent, y compris dans sa dimension islamique »70. Le15 novembre 2017, la formation politique annonce l'adhésion au conseil de Václav Klaus, président de la République tchèque de 2003 à 2013, Jean-Yves Le Gallou, anciendéputé européen, et Christian Vanneste, ancien député et président du Rassemblement pour la France69.

Élections européennes de 2019[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2019, Renaud Camus est à la tête de la liste « La Ligne claire », avec Karim Ouchikh en troisième position. À cette occasion, les deux hommes publient une Lettre aux Européens, dans laquelle ils prônent la remigration et défendent l’Union européenneb. Faute de moyens financiers suffisants, la liste n’est pas en mesure d’imprimer des bulletins de vote72. Le 22 mai, à quatre jours du scrutin, faute de pouvoir la retirer ou la modifier, Renaud Camus annonce « désavouer » sa liste après avoir pris connaissance d'une photographie privée de Fiorina Lignier — qui occupe la deuxième position — traçant une croix gammée dans le sable72,73. « La Ligne claire » obtient finalement 1 578 voix, soit 0,01 % des votes. Sur trente-quatre listes candidates, elle arrive trente-deuxième74.

Prix

Ouvrages

  • I. Passage, Flammarion (1975)
  • II. Échange (signé Denis Duparc), Flammarion (1976)
  • III. Travers
    1. Travers (signé Renaud Camus et Tony Duparc), Hachette (1978)
    2. Été (Travers II) (signé Jean-Renaud Camus et Denis Duvert), Hachette (1982)
    3. L'Amour l'automne (Travers III) (signé J.R.G. Le Camus et Antoine du Parc), P.O.L. (2007)
    4. Travers coda, index et divers (Travers IV) (signé J.-R.-G. du Parc et Denise Camus), P.O.L. (2012)

Élégies

  • I. Élégies pour quelques-uns, P.O.L. (1988)
  • II. L'Élégie de Chamalières, Sables (1989) et P.O.L. (1991)
  • III. L'Élégie de Budapest in Le voyage à l'est, ouvrage collectif, Balland et La Maison des écrivains (1990)
  • IV. Le Bord des larmes, P.O.L. (1990)
  • V. Le Lac de Caresse, P.O.L. (1991)
  • VI. Vie du chien Horla, P.O.L. (2003)
  •  

Journal

 

Couvertures de NON : Journal 2013.

  • Journal romain (1985-1986), P.O.L. (1987)
  • Vigiles. Journal 1987, P.O.L. (1989)
  • Aguets. Journal 1988, P.O.L. (1990)
  • Fendre l'air. Journal 1989, P.O.L. (1991)
  • L'Esprit des terrasses. Journal 1990, P.O.L. (1994)
  • La Guerre de Transylvanie. Journal 1991, P.O.L. (1996)
  • Le Château de Seix. Journal 1992, P.O.L. (1997)
  • Graal-Plieux. Journal 1993, P.O.L. (1998)
  • La Campagne de France. Journal 1994, Fayard (2000)
  • La Salle des pierres. Journal 1995, Fayard (2000)
  • Les Nuits de l'âme. Journal 1996, Fayard (2001)
  • Derniers Jours. Journal 1997, Fayard (2002)
  • Hommage au carré. Journal 1998, Fayard (2002)
  • Retour à Canossa. Journal 1999, Fayard (2002)
  • K.310. Journal 2000, P.O.L. (2003)
  • Sommeil de personne. Journal 2001, Fayard (2004)
  • Outrepas. Journal 2002, Fayard (2005)
  • Rannoch Moor. Journal 2003, Fayard (2006)
  • Corée l'absente. Journal 2004, Fayard (2007)
  • Le Royaume de Sobrarbe. Journal 2005, Fayard (2008)
  • L'Isolation. Journal 2006, Fayard (2009)
  • Une chance pour le temps. Journal 2007, Fayard (2009)
  • Au nom de Vancouver. Journal 2008, Fayard (2010)
  • Kråkmo. Journal 2009, Fayard (2010)
  • Parti pris. Journal 2010, Fayard (2011)
  • Septembre absolu. Journal 2011, Fayard (2012)
  • Vue d'œil. Journal 2012, Fayard (2013)
  • NON. Journal 2013, chez l'auteur (2013, lire en ligne [archive])(ISBN 979-10-91681-08-7)
  • Morcat. Journal 2014, chez l'auteur (2014) (ISBN 979-10-91681-18-6)
  • La Tour. Journal 2015, chez l'auteur (2016)
  • Insoumission. Journal 2016, chez l'auteur (2017)
  • Juste avant après. Journal 2017, chez l'auteur (2018)
  • L'Étai. Journal 2018, chez l'auteur (2019)

 

Plusieurs tomes des recueils photographiques Le Jour ni l’heure etPaysages préposthumes.

  • Tricks (préf. Roland Barthes), Mazarine (1978), Persona (1982) et P.O.L. (1988)
  • Buena Vista Park, Hachette (1980) ; chez l'auteur (2014)(ISBN 979-10-91681-16-2)
  • Journal d'un voyage en France, Hachette/P.O.L. (1981)
  • Notes achriennes, P.O.L. (1982)
  • Roman roi, P.O.L. (1983)
  • Chroniques achriennes, P.O.L. (1984)
  • Notes sur les manières du temps, P.O.L. (1985)
  • Roman furieux (Roman roi II), P.O.L. (1987)
  • Esthétique de la solitude, P.O.L. (1990)
  • Voyageur en automne, P.O.L. (1992)
  • Le Chasseur de lumières, P.O.L. (1993)
  • Qu'il n'y pas de problème de l'emploi, P.O.L. (1994)
  • Sept sites mineurs pour des promenades d'arrière saison en Lomagne, Sables (1994) et Onze sites mineurs pour des promenades d'arrière saison en Lomagne, P.O.L. (1997)
  • L'Épuisant Désir de ces choses, P.O.L. (1995)
  • Éloge moral du paraître, Sables (1995) et Éloge du paraître, P.O.L. (2000)
  • Le Département de la Lozère, P.O.L. (1996)
  • El (ill. François Matton), P.O.L. (1996)
  • Le Département du Gers, P.O.L. (1997)
  • Discours de Flaran, P.O.L. (1997)
  • P.A. (petite annonce), P.O.L. (1997)
  • Le Département de l'Hérault, P.O.L. (1999)
  • Etc. (abécédaire), P.O.L. (1998)
  • Incomparable, avec Farid Tali, P.O.L. (1999)
  • Roumains en regard (photogr. Jean-Jacques Moles), Jean-Jacques Moles (1999)
  • Nightsound (sur Josef Albers) suivi de Six prayers, P.O.L. (2000)
  • Corbeaux. Journal de l'affaire Camus suivi de quelques textes rebutés, Impressions nouvelles (2000, (lire en ligne [archive])
  • Ne lisez pas ce livre !, P.O.L. (2000)
  • Répertoire des délicatesses du français contemporain, P.O.L. (2000) et Seuil (2009)
  • Killalusimeno, P.O.L. (2001)
  • Du sens, P.O.L. (2002)
  • Est-ce que tu me souviens ?, P.O.L. (2002)
  • L'Étrangèreté (entretiens avec Emmanuel Carrère et Alain Finkielkraut), suivi de La Mort d'ailleurs, extraits de textes inédits, Tricorne (2003)
  • L'Inauguration de la salle des Vents, Fayard (2003)
  • Syntaxe ou l'autre dans la langue, suivi de Éloge de la honte et de Voix basse ou l'autre dans la voix, P.O.L. (2004)
  • La Dictature de la petite bourgeoisie (entretiens avec Marc du Saune), Privat (2005)
  • Comment massacrer efficacement une maison de campagne en dix-huit leçons, Privat (2006)
  • Commande publique, P.O.L. (2007)
  • Le Communisme du xxie siècle, précédé de La Deuxième Carrière d'Adolf Hitler, suivi de Que va-t-il se passer ? et de Pire que le mal, Xenia (2007)
  • Journal de « Travers » (1976-1977), deux tomes, Fayard (2007)
  • Demeures de l'esprit. Grande-Bretagne I, Fayard (2008)
  • Demeures de l'esprit. France I, Sud-Ouest, Fayard (2008)
  • La Grande Déculturation, Fayard (2008)
  • Théâtre ce soir, Jean-Paul Bayol (2008)
  • Demeures de l'esprit. Grande-Bretagne II, Écosse, Irlande, Fayard (2009)
  • Le Jour ni l'heure, chez l'auteur (2009)
  • Loin, P.O.L. (2009)
  • Demeures de l'esprit. France II, Nord-Ouest, Fayard (2010)
  • Demeures de l'esprit. Danemark Norvège, Fayard (2010)
  • Demeures de l'esprit. France III, Nord-Est, Fayard (2010)
  • De l'in-nocence. Abécédaire, David Reinharc (2010) (ISBN 978-2-35869-015-7)
  • Décivilisation, Fayard (2011) (ISBN 2-2136-6638-5)
  • Demeures de l'esprit. Suède, Fayard (2011)
  • Le Grand Remplacement [détail des éditions] (2011)
  • Demeures de l'esprit. France IV, Sud-Est, Fayard (2012)
  • Demeures de l'esprit. Italie I, Nord, Fayard (2012)
  • L'Homme remplaçable, chez l'auteur (2012) (ISBN 979-10-91681-00-1)
  • Journal d'un autre (signé Duane McArus), chez l'auteur (2012, lire en ligne [archive])
  • Les Inhéritiers, chez l'auteur (2013) (ISBN 979-10-91681-04-9)
  • Le Changement de peuple, chez l'auteur (2013) (ISBN 979-10-91681-06-3)
  • La Civilisation des prénoms, chez l'auteur (2014) (ISBN 979-10-91681-14-8)
  • Demeures de l'esprit. France V, Île-de-France, Fayard (2014)
  • Discours de chambre, chez l'auteur (2014) (ISBN 979-10-91681-12-4)
  • France : suicide d'une nation, Mordicus (2014)
  • Révoltez-vous !, chez l'auteur (2015)
  • Entre vivre ensemble, il faut choisir, chez l'auteur (2016)
  • La Tour. Journal 2015, chez l'auteur (2016)
  • Tweets II, chez l'auteur (2016)
  • Une chance pour la France. Programme 2017, chez l'auteur (2017)
  • Le Mot “race”, chez l'auteur (2018)
  • Le Mot “musique”, chez l'auteur (2018)
  • Lettre aux Européens : entée de cent une propositions (avec Karim Ouchikh), chez l'auteur (2019)

Notes et références

Notes

  1. « Et je fus bien content, mais enfin pas plus que cela, deux heures plus tard, de rencontrer certain jeune Maghrébin remarquablement bien bâti, qui passa tout de suite une capote, lui, que je suçai quelque peu dans cet appareil, et qui, promptement imité par moi, jouit en se branlant tandis que je lui léchais les pectoraux. Bon : pas désagréable, ce jeune homme — il m'a dit au revoir bien poliment. Mais enfin les Arabes sont trop mécaniques pour moi, décidément. ».
  2. Dans leur Lettre aux Européens, Renaud Camus et Karim Ouchikh font cent une propositions, qu'ils résument ainsi : « L'Europe, il ne faut pas en sortir, il faut en sortir l'Afrique. Jamais une occupation n'a pris fin sans le départ de l'occupant. Jamais une colonisation ne s'est achevée sans le retrait des colonisateurs et des colons. La Ligne claire, […] c'est celle qui mène du ferme constat du grand remplacement […] à l'exigence de la remigration »71.
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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 09:18
Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...
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Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)· Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...

L'autre côté du mur

 

Le livre de souvenirs du poète, musicien engagé Wolf Biermann vient de sortir, traduit en français par Olivier Mannoni (Calmann-Lévy, 342 pages, 21,50 euros) 

 

Dissident célèbre de la RDA, il est né à Hambourg de parents juifs et communistes. Il s'installe en RDA en 1953. Communiste convaincu, i va prendre peu à peu ses distances avec le régime; il est interdit dans son pays à partir de 1965, avant d'être banni et déchu de la nationalité est-allemande.

 

Il vit actuellement à Hambourg, et vient régulièrement dans le midi de la France: à Banyuls surtout, ou à Palau del Vidre, où j'ai pu le rencontrer en juin dernier (photos jointes).

 

Dans son autobiographie, il parle bien sûr du passé, mais pour éclairer le présent, cet état d'esprit allemand, qui se sentent "malheureux du fait même qu'ils sont heureux"... Sans doute parce qu'ils vivent "depuis des décennies dans l'auto-culpabilisation".

 

Le mur : le poète constate avoir pris sa part dans le "processus qui a conduit à l'effondrement de la RDA"...Puis ce fut la réunification et le slogan célèbre : "Nous sommes un peuple !" 

 

L'alternaïve et non l'alternative

 

Or, Wolf B. n'a jamais cru au bonheur de la réunion des deux frères ennemis, au paradis de cet objet nouveau : les intellos et la gauche étaient naïfs...

 

Il voit la persistance d'une idéologie extrémiste à l'Est, mais pour lui "la démocratie la plus imparfaite est toujours préférable à la meilleure des dictatures"...

 

Il pense que le problème des anciens Allemands de l'Est, c'est d'avoir été humiliés par ceux de l'Ouest pour avoir reçu de leur part des milliards...Ils sont traumatisés : "ils ont payé le plus cher pour les crimes commis par l'Allemagne tout entière."

 

jp bonnel

 

Photos : Wolf Biermann et son épouse Pamela - Son dernier livre - Avec sa guitare, en 2019 et en 1968 - Jean-pierre Bonnel 25 juin 2019, à Palau del Vidre (66)·  Les photographes (Oui le pro, l'Américain de Magnum-moi l'amateur) et Wolf Biermann, goguenard mais sans appareil ni guitare...

 

 

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 07:31
Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -
Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -
Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -

Expo Francesca Caruana à Céret - Alma a adoré de S. Rongier -

 

Carte blanche à la Filmoteca de Catalunya

 

Du 5 au 14 novembre

Films de Catalogne

à l'institut jean Vigo

 
Films de Catalogne à l'institut jean Vigo

 

 

Avec Esteve Riambau, directeur de la Filmoteca et Francesc Bertriu, réalisateur

Esteve Riambau a choisi un programme d'archives sur la Guerre civile en Catalogne et 3 long-métrages, devenus des classiques du cinéma catalan qui les uns à la suite des autres, dressent un portrait de l’Histoire de la Catalogne.

Vous y trouverez un parcours en tramway dans Barcelone à l’époque du cinéma muet ainsi que des documents de propagande pendant la Guerre d’Espagne produits par Laya Films. On y découvrira aussi Une vie dans l’ombre (1949), un poétique chant d’amour au cinéma, récemment restauré, ainsi que La Peau brûlée (1967) le chef- d’oeuvre de Josep Maria Forn qui parle de l’immigration, un sujet toujours actuel et enfin, La Place du Diamant (1982), adapté d’un roman classique de la littérature catalane sous la forme d’un mélodrame historique tourné en catalan.

 

Francesc Betriu, réalisateur, présentera son film La Place du diamant.

 

Mardi 5 novembre 19h30 Guerre civile en Catalogne

Jeudi 7 novembre 19h30 Une vie dans l'ombre Llorenç Llobet Gracia, 1949

Mardi 12 novembre 19h30 La Peau brulée Josep Maria Forn, 1967

Jeudi 14 novembre 19h30 La Place du diamant Francesc Bertriu 1982

 

 

Sébastien RONGIER :

 

Très heureux d'annoncer la parution prochaine de ce livre : Alma a adoré. Psychose en héritage, aux éditions Marest le 22 novembre 2019.

 

Voici donc un film, Psycho, et une séquence qui n’en finissent pas de hanter l’histoire du cinéma. Comment concevoir cet « effet cinéma » qui se prolonge encore ? C’est l’objet de ce livre qui traverse l’élaboration du film, l’influence de la télévision pour constituer le moment Psycho et tous les effets qu’il produit. Des suites cinématographiques aux séries prequel en passant par les citations, parodies et remake, on ne revient toujours dans cette salle de bain, y compris l’art contemporain.

Voici donc l’annonce de ce livre où tout commence à Perpignan, la ville la plus hitchcockienne de France.

 

Ce livre, publié chez Marest Editeur est accompagné d’une cinquantaine d’illustrations.

Il paraîtra le 22 novembre 2019.

http://www.marestediteur.com/livre/alma-a-adore-psychose-en-heritage/

 

 

Premiers rendez-vous :

 

Vendredi 15 novembre 2019, ouverture du festival Cinémiroir : Où va le cinéma ? 7 films, 7 invités, 7 livres ou revues.

A 19h30 : projection de Psycho d’Alfred Hitchcock et débat atour avec de ce film avec présentation du livre

https://www.facebook.com/events/1171954286334374/

 

Samedi 30 novembre 2019, soirée autour des éditions Marest à Ground Control - Librairie Charybde, 8, rue du Charolais, Paris XII

 

Mardi 3 décembre 2019, à 19h, rencontre à la librairie Les Guetteurs de Vent, 108, avenue Parmentier, 75011 Paris

 

Jeudi 19 décembre 2019, Institut Jean Vigo, Perpignan, présentation de Alma a adoré et projection de Psycho d'Alfred Hitchcock

Vendredi 20 décembre 2019, 16h30 Librairie Ombres Blanches à Toulouse, présentation de Alma a adoré, interrogé par Yves Charnet

 

Et déjà un premier article à signaler dans le numéro de la revue Transfuge de novembre 2019 : 

"Hitchcock aurait adoré" par Jean-Christophe Ferrari  

https://www.transfuge.fr/actu-livre-hitchcock-aurait-adore,1283.html

 

*** ORÉ PSYCHOSE EN HERITAGE

Sébastien Rongier

EN LIBRAIRIE LE 22 NOVEMBRE 2019

 

« Jamais aucun couteau n’a touché le corps d’aucune femme dans cette scène. Jamais. »

 

couv. : Bande-annonce de Psychose

L’AUTEUR

C’est sans doute la scène la plus célèbre de toute l’histoire du cinéma, la fameuse « scène de la douche » de Psychose ; son influence est telle que ne cessent de se multiplier les hommages, de Brian De Palma à Francis Ford Coppola, de Gus Van Sant à David Fincher, des séries Bates Motel aux oeuvres d’artistes contemporains tels Douglas Gordon, Pierre Huyghe, Cindy Sherman.

Le phénomène est décortiqué, sous toutes ses coutures, par Sébastien Rongier dans Alma a adoré, où il met en lumière l’importance du film d’Alfred Hitchcock, en faisant appel aux réflexions de penseurs tels qu’Emmanuel Kant ou Roland Barthes, tout est en démontrant la primauté de ce véritable emblème de la Pop Culture, un pur « effet cinéma ». Par ailleurs, ce texte, traversant les prolongements littéraires et cinématographiques du film, développe une vision très personnelle de cette oeuvre, l’auteur étant l’une des premières victimes de cet « Effet Psycho ».

 

Sébastien Rongier est né, vit et travaille.

 

Il écrit des romans et des essais. Il s’intéresse aux croisements des formes artistiques et aux logiques esthétiques du double. Il aime autant écrire sur la littérature que le cinéma, les arts ou la philosophie.

Il aime aussi regarder la mer.

 

On lui doit notamment les romans 78 (Fayard) ou Ce matin (Flammarion), ainsi que des essais : Cinématière (Klincksieck), Théorie des fantômes (Belles-Lettres), Duchamp et le cinéma (Nouvelles Éditions Place) et, dernièrement, le récit Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou, (Pauvert-Fayard).

LE LIVRE

Alfred Hitchcock

Samedi 9 novembre, à 11h.

 

Route Littéraire Walter Benjamin à Port-Bou

en collaboration avec le programme "Som Cultura" ("Nous sommes Culture")

du Patronat de Tourisme "Côte Brave"

 

Avec la présence de l'acteur

Marc Martínez

Point de rencontre: Gare de Port-Bou, à 11h.

 

https://somcultura.com/pla-victor-catala-o-muntaner-protagonistes-de-les-rutes-literaries-del-som-cultura/

 

Prix: 10€

 

Inscriptions:

info@passatgescultura.org

T:+34 660 827023

 

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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 09:18
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -
Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -

Hanna Fiedrich - Semprun - Intellectuels médiatiques : merdiques ? -

LA VOIX HUMAINE avec Hanna Fiedrich / Cie Franlia

 

Nous sommes heureux de vous annoncer les prochaines représentations de LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau par Hanna Fiedrich au Théâtre du Réflexe :

- Vendredi 1er novembre à 20h30

- Samedi 2 novembre à 20h30

- Dimanche 3 novembre à 17h

Théâtre du Réflexe : 17 rue de la Couloumine - 66680 Canohès 

Entrée : 12 € - Réservation : 06 52 19 49 69 - theatredureflexe@hotmail.fr

Si vous le pouvez, merci  de diffuser l'information auprès de votre réseau.

Espérant vous y rencontrer,

Bien cordialement.

Pour la Compagnie Franlia : Olivier Giraud, président

LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau (drame)

Public adulte / durée : 1 heure

Une rupture, un ultime coup de téléphone, une femme et son chagrin…

« Allô, c’est toi ? » Une femme parle au téléphone pour la dernière fois avec son amant. Elle est seule avec sa voix et sait qu’il va la quitter, épouser une autre femme.

Le téléphone est le dernier contact qu’il lui reste avec son bien-aimé. L’homme est absent, ses réponses sollicitent notre imagination.

La voix humaine est le portrait touchant d’un amour. Il pose la question de l’absolu de l’amour, et de l’insoutenable.

Seule la femme parle, déchirée entre ses efforts pour rester forte et ses doutes, entre une indifférence apparente et des accès de sentiments. Elle dissimule, trompe, ment, mais pourtant dit tout. Va-t-elle s’effondrer sous la rupture ou bien peut-elle se libérer de l’objet de son désir ? Le combiné tombe....

 

Jorge Semprún - H(h)historia y M(m)emoria del siglo XX - le 6 novembre 2019 à Madrid

    

Jorge Semprún en 1966.
Foto incluida en Augusto M. Torres, 300 directores malditos.Con el permiso del autor

       _________________

Residencia de Estudiantes

C/Pinar, 21-23

Miércoles, 6 de noviembre de 2019

ORGANIZA

Departamento de Historia, Teorías y Geografía Políticas Facultad de Ciencias Políticas y Sociología de la UCM

 

PROGRAMA

Sesión de la mañana

10.00-10.30. Presentación: Mercedes Cabrera (UCM), Jordi Canal (EHESS), Scheherezade Pinilla Cañadas (UCM). 10.30-12.30. Moderador: Jordi Canal (EHESS).

Felipe Nieto (UNED): “Comunismo y poscomunismo en Jorge Semprún”.
Jordi Gracia (UB): “Los límites de la militancia: Federico Sánchez en el espejo de Javier Pradera”. Scheherezade Pinilla Cañadas (UCM): “Me moriré en París con aguacero... Los poetas de Jorge Semprún.”

12.30-12.45 Descanso
12.45-14-30 Moderadora: Mirjam Leuzinger (Universität Passau)

Marta López Vilar (UAM): “Experiencia y ficción como forma literaria del Holocausto en La escritura o la vida, de Jorge Semprún, y Nit i Boira, de Mercè Rodoreda”.

Javier Sánchez Zapatero (USAL): “Jorge Semprún en el contexto de la literatura concentracionaria”

Xavier Pla (UdG): “La muerte de Maurice Halbawchs en Buchenwald y el testimonio de Jorge Semprún: historia y literatura.”

__________

Sesión de la tarde

16.30-18.30 Moderadora: Scheherezade Pinilla (UCM)
Mirjam Leuzinger (Universität Passau): “Adiós a la luz de veranos: el exilio y la memoria cultural de Jorge Semprún”.

Manuel Aznar Soler (UAB): “Literatura, historia y política en la literatura dramática de Jorge Semprún”.

Jordi Canal (EHESS): “¿El escritor comprometido como dinosaurio? Diálogos entre Jorge Semprún, Mario Vargas Llosa y Sergio Ramírez”.

19.00-20.30 Mesa Redonda: Jorge Semprún en perspectivas Moderador: Felipe Nieto (UNED)

Participantes: Thomas Landman, José María Ridao, Claudio Aranzadi y Carmen Claudín

Onfray, Fassin, Bruckner… ce que les intellos médiatiques pensent des médias

 

Peut-on penser dans les médias ? (DR)

La pensée est-elle soluble dans le journalisme 

 

Récemment, sur Canal+, Michel Onfray a accordé à Thierry Ardisson ce qui était annoncé comme une «dernière interview avant le silence médiatique». Un peu avant, il avait confié au «Point» une «grosse lassitude» devant «l’hystérie» que suscitent ses prises de position. Il a décidé de ne pas sortir son nouveau livre, «Penser l’islam» (Grasset), de«fermer [son] compte Twitter», sur lequel il était très actif, et de«retourner dans son bureau». «Le Monde» a titré: «Michel Onfray annonce son retrait du paysage médiatique». Il n’a pas répondu à notre sollicitation. Nous voulions l’interviewer sur son refus d’être interviewé.

Chez Thierry Ardisson, après le visionnage d’un medley de ses déclarations les plus tonitruantes («Les vraies civilisations se constituent avec les gens qui peuvent mourir, qui veulent mourir, qui font la défense de la guerre»), Onfray a évoqué plus précisément cette lassitude de l’intellectuel médiatique:

“Si vous pensez qu’en deux secondes, on peut dire quelque chose d’intelligent… En revanche, on peut dire quelque chose de fatal pour celui qui a parlé. Qu’on me fasse la grâce d’imaginer qu’il faut plusieurs phrases pour développer une idée.»

 

On le sentait fatigué depuis quelques temps. Il avait déclaré, au «Petit Journal» de Canal+, en juin dernier:

“Quand je dis des médias qu'ils formatent une pensée, une réflexion, ils nous invitent effectivement à ne pas penser. Parce qu'il faut aller vite, il faut être drôle, malin, marrant, hyper-réactif. On n'a pas le temps de développer une pensée, d'aller jusqu'au bout d'une phrase. Au bout du compte, ça marche à l'émotion. La plupart du temps, l'émission est montée. On garde les engueulades, les coups de gueule, les coups de griffe, les coups de patte. Si quelque chose est un peu complexe, ça disparaît parce que sinon les gens zappent et passent à autre chose.»

La complainte a quelque chose de frappant, venant de quelqu’un qui semble s’épanouir parfaitement dans les eaux médiatiques, et qui d’ailleurs se plaint des journalistes dans les émissions les plus journalistiques qui soient. Michel Onfray, auteur de tweets sanglants et de clashs mémorables, roi des intellectuels publics, dénonçant la machine qui l’a fait : il se passe quelque chose.

"Burn-out"

Interrogé en 2004, quelques mois avant sa mort, par Xavier de la Porte et Jade Lindgaard pour les besoins d’un livre sur Bernard-Henri Lévy, Jacques Derrida parlait déjà du désarroi des média-philosophes:

“Ils se sont rendus compte eux-mêmes, à un moment donné, que leur visibilité médiatique les discréditait. Ils le savent. C’est là l’ambiguïté de l’intellectuel médiatique, l’auto-immunité de la chose. Ils sont tous intelligents. Ils savent que plus ils ont de crédit médiatique, moins ils ont de crédit dans certains milieux qui sont des milieux créant des puissances d’évaluation.»

 

La plupart des intellectuels pratiquent ce genre de diète, notamment après une tournée médiatique trop mouvementée. On téléphone à Emmanuel Todd, qui en début d’année a déclenché la tempête avec ses ruades contre la France Charlie. «Ah non non non, s’écrie-t-il quand on se présente, je fais une pause là. Vous voyez, je fais des courses au supermarché, j’achète des légumes, je ne veux plus rien avoir à faire avec les journaux. Oubliez ma présence sur votre carnet d’adresse. Considérez-moi comme un personnage non-public.»

Pascal Bruckner, autre habitué des plateaux, parle d’un «burn-out»post-promotionnel. «Après un livre, on n’en peut plus, dit-il. Au bout d’un moment, on ne pense plus qu’à sortir du tourbillon.» Dans les périodes fastes, il reçoit plusieurs invitations par semaine. «Quand on accepte trop, c’est non-stop. Beauvoir racontait que, certains jours, Sartre pouvait signer vingt pétitions, sans les lire. On peut vite y passer son temps. Le matin à la radio, l’après-midi dans un journal, le soir à la télévision. Les médias ont un appétit gargantuesque. Ils ont besoin de remplir des cases. On vous demande d’intervenir sur tout. Les tsunamis, l’euro, les attentats. Une fois, on m’a convoqué d’urgence pour commenter un soulèvement dans un pays africain dont j’ignorais tout, supposant que j’étais un spécialiste.»

 

«Ces temps-ci, je reçois dix appels par jour pour parler de l’islam, dit l’historien Pascal Blanchard. Je travaille sur l’immigration postcoloniale. C’est censé me donner une compétence sur les Arabes, donc sur l’islam. Et comme je peux parler d’islam, je peux nécessairement parler de terrorisme, de la situation en Irak, des lois sécuritaires, etc. On vient vous chercher pour des raisons très particulières, qui ont généralement peu à voir avec ce que vous faites réellement. Les plateaux sont composés selon des oppositions droite/gauche, excités/calmes, jeunes/vieux. Vous remplissez une fonction.»

Christian Delporte, historien des médias et de la communication politique, regarde le métier du télé-intellectuel comme une performance théâtrale. «Il s’agit avant tout de tenir un rôle. Ce que les Nouveaux philosophes ont amené, dans les années 1970, c’est cette capacité à se plier au rythme et aux formes du spectacle audiovisuel. Le cœur du métier, ce n’est pas la profondeur de la pensée, mais l’incarnation d’un imaginaire immédiatement identifiable par le téléspectateur. Quand BHL apparaît à l’écran, on sait d’emblée ce qu’il va dire et comment il va se situer. L’intellectuel médiatique est celui qui se laisse entraîner là où le journaliste le souhaite, et qui accepte de former son personnage.»

 

 

- - -

L'intellectuel de gauche bouge-t-il encore ? 

"Le devenir-journaliste de l’intellectuel"

La consigne télévisuelle incite en somme à parler de tout, mais en disant tout le temps la même chose. L’école, la science, la technologie, le terrorisme, le tourisme, l’écologie : les questions les plus singulières sont rabattues sur des figures de pensée ultra-absorbantes.

Il existe, de ce point de vue, une sorte de hiérarchie, corrélée au degré de célébrité. Plus un intellectuel est célèbre, plus le domaine potentiel de son intervention est large. Un chercheur peu identifiable restera consigné à son domaine de compétence. Graduellement, on lui accordera de donner son opinion sur un nombre grandissant de sujets. Invité en 2010 chez Franz-Olivier Giesbert pour parler de Freud, auquel il vient de consacrer un livre, Michel Onfray est interrogé pêle-mêle sur les rumeurs d’infidélités dans le couple Bruni-Sarkozy ou sur l’attitude de Benoît XVI face à la pédophilie.

Le philosophe Michaël Foessel voit là un «devenir-journaliste de l’intellectuel, au moment où le journalisme, de télévision en particulier, n’est plus ce qu’il était». Christian Delporte note qu’en France, «les intellectuels rêvent d’écrire dans la presse et les journalistes rêvent d’être considérés comme des intellectuels, voire comme des guides. La partie la plus visible de la production journalistique, c’est l’opinion. Et aujourd’hui, les rôles se rejoignent. Le cas le plus caractéristique étant Eric Zemmour.»

 

- - -

Apprenons à penser comme Eric Zemmour

"Intellectuel médiatique" vs "intellectuel médiatisé"

Le sociologue Eric Fassin est venu aux médias au début des années 1990, par la presse écrite, à une époque où «l’impact d’une tribune dans ‘‘le Monde ou ‘’Libé’’ était beaucoup plus grand.» « C’est évidemment passé par des hasards, mais c’était aussi un choix. J’ai trouvé que c’était intéressant de pouvoir éclairer l’actualité à partir de mon travail. L’intellectuel a selon moi une mission de service public. Je suis sociologue, mon métier est de parler de la société, mais je dois aussi parler à la société. »

 

Il est fréquent d’entendre, dans le milieu universitaire, que le niveau du débat d’idées a considérablement baissé au cours des dix dernières années. Fassin estime toutefois qu’il garde en France une place importante.

«C’est un héritage auquel j’attache du prix, dit-il, et que j’aspire à préserver. Malheureusement, la redéfinition médiatique de la figure de l’intellectuel fait qu’on s’y retrouve avec des gens de mauvaise compagnie. Aujourd’hui, les médias classent comme intellectuels des personnages qu’aucun universitaire ne reconnaîtrait comme tels.  Ce n’est pas nouveau, mais ça prend de l’importance.»

Il distingue «l’intellectuel médiatique de l’intellectuel médiatisé», et définit le premier comme celui dont «l’existence intellectuelle est entièrement produite par ses interventions médiatiques». «J’aspire à être un intellectuel médiatisé. Le fait d’être reconnu dans mon champ scientifique, la sociologie, est important. Mon but n’est pas de me soustraire à l’université en allant chercher une reconnaissance ailleurs, mais de faire passer des choses d’un monde à l’autre.»

Il est principalement sollicité par les chaînes et radios publiques.«Manifestement, les émissions de divertissement ne doivent pas trouver que je suis un bon client, puisqu'elles font rarement appel à moi. D’ailleurs, elles ont raison. Quand je crains que ma parole se perde dans le bruit, ou que l’apport intellectuel se dilue dans le spectacle, je préfère refuser.»

La minute de parole

Pierre Bourdieu, qui entretenait des relations délicates avec le monde journalistique, jugeait «important d’aller parler à la télévision sous certaines conditions Il s’agissait notamment, pour lui, de «s’inquiéter de savoir si l’on pourra dire quelque chose», et donc de contrôler les conditions de sa prise de parole.

«L’accès à la télévision, écrivait-il dans «Sur la télévision», a pour contrepartie une formidable censure, une perte d’autonomie liée, entre autres choses, au fait que le sujet est imposé, que les conditions de la communication sont imposées et surtout, que la limitation du temps impose au discours des contraintes telles qu’il est peu probable que quelque chose puisse se dire.» Invité spécial du «Petit Journal» de Canal+, Michel Onfray a été interrompu dans ses réponses en moyenne toutes les 19 secondes. Sur l’antenne de France Inter au début du mois d’octobre, Alain Finkielkraut a eu 55 secondes, en moyenne toujours, pour répondre aux questions qu’on lui posait.

«Les émissions du service public laissent plus d’espace, dit Rony Brauman. C’est peut-être la dernière distinction qui existe entre le public et le privé.» La minute de parole reste toutefois un format qu’on retrouve dans la plupart des émissions grand public qui invitent des intellectuels. Dans les plus généreuses, où la conversation peut s’étirer, les journalistes interrompent presque systématiquement au bout de deux ou trois minutes. Ils coupent la parole, changent de sujet ou recentrent la conversation selon ce qu’ils jugent digne d’intérêt. Dans la presse écrite, la place accordée aux tribunes diminue.

«On vous demande de faire ‘‘Pourquoi la France est-elle au bord du gouffre?’’ en 3000 signes, dit Pascal Blanchard. C’est la condition: savoir causer en très peu de temps. Ce n’est pas un exercice évident. C’est comme le sport, ça se travaille. Il faut le faire en continu. Mais c’est la règle du jeu. On est prévenu.»

«On construit des émissions de telle sorte qu’il faut huit invités pour vingt minutes, dit Michaël Foessel. On sent la panique dans le regard de l’animateur dès qu’on s’embarque dans une phrase un peu longue. Mais c’est assez normal, au fond. Quand on enseigne, aussi, il faut simplifier. C’est la condition même de la pédagogie.»

Le succès des énormités

L’ultra-brièveté des formats médiatiques imposés pose un problème plus sérieux. «Ça a un impact indéniable sur le discours, juge Rony Brauman. Plus on doit être bref, plus on doit forcer le trait. Ça peut pousser à l’insulte ou à la caricature, qui sont dans l’ADN de cette forme de discussion.» Situation aggravée par le circuit de la reprise médiatique, qui a tendance à favoriser la parole agressive sur la parole intelligente. «Si on veut se retrouver dans le zapping, mieux vaut dire des énormités, dit Fassin. La provocation paie. Quand je dis, même en trois phrases, que tel problème est plus compliqué qu’il n’en a l’air, j’ai peu de chance d'être repris. Mais c’est une affaire de choix. Veut-on proposer des éléments pour ceux qui ont envie de réfléchir, ou bien faire du buzz, c’est-à-dire toucher le plus grand nombre, mais peut-être superficiellement ?»

Sur quels critères décide-t-on qu’une émission a été réussie ou ratée? Dans une récente interview accordée à «l’Obs», Yann Moix, chroniqueur chez Laurent Ruquier, a révélé que la production d’«On n’est pas couché», lui envoyait par SMS les audiences et le nombre de tweets. La recherche de l’influence dans cet écosystème hurleur pourrait expliquer ce phénomène nouveau: à mesure qu’un intellectuel gagne en visibilité, il se radicalise.

«C’est une dérive de la pensée, dit Christian Delporte. Le propre de l’intello médiatique, c’est qu’il est intéressant à l’origine. Puis il sombre dans la facilité, parce qu’il n’a plus le temps de penser. Il court les plateaux, il réagit sans cesse. Le travail intellectuel exige de consacrer du temps à la réflexion. Onfray, pour prendre son exemple, n’est pas seul responsable de ce qui lui est arrivé. Il est entouré de toute une machine de journalistes, d’éditeurs, d’attachés de presse.»

«J’aurais tendance à penser que plus on se radicalise, plus on passe à la télévision, dit Brauman. Si on prend Onfray, ou Finkielkraut, ou BHL : ce sont eux qui ont progressivement rétréci leur champ de pensée pour la limiter à des formules frappantes et des idées englobantes. Qui sont devenus de moins en moins intellectuels, et de plus en plus médiatiques. Je les crois intelligents. Mais je pense que le rétrécissement de leur parole est une pré-condition de leur exposition.»

 

Il est arrivé à Brauman de jouer le jeu de la phrase-choc, un jour où il évoquait l’usage de la torture par l’armée israélienne. «J’avais ajouté sous la pression du journaliste que les victimes d’hier étaient devenus les bourreaux d’aujourd’hui. Je me suis longtemps reproché cette phrase, qui est une généralisation abusive et stupide. Sur le coup, ça sonne bien. C’est une bouchée sonore, qui vous abrutit. Ce sont des formules frappantes qui assomment ceux qui les énoncent.»

Selon Pascal Bruckner, «on sort parfois du plateau avec des regrets. On a dit une connerie, ou on n’a pas réussi à dire ce qu’on voulait dire. A la télévision, et même à la radio, surtout depuis qu’elle est filmée, on est un corps contrôlé. On doit se mettre en scène, et éviter de déraper. Ça arrive parfois, et on peut nous y pousser. Certains journalistes sont à l’affut de la petite phrase qui va faire le délice des réseaux.»

«Au fond, un intellectuel, médiatique ou pas, est censé incarner un rapport à la vérité, dit Michaël Foessel. Si le système médiatique le refuse et s’en dédit, ça donne ce à quoi on assiste : la valorisation des opinions extrêmes, qui garantissent un buzz. Par exemple, la promotion incroyable donnée à la parole raciste. Si on me dit qu’un type a pété un câble et sorti une énormité, je vais aller regarder. Mais je ne vais pas adhérer pour autant. Ça peut aussi me désoler. On a intériorisé l’idée que les spectateurs sont défiants à l’égard du débat intellectuel sérieux, que tout devrait être dit vite, sans réflexion ni médiation. Mais le regard est biaisé. Il ne faut pas sous-estimer l’ironie avec laquelle le public voit ces choses-là. La demande n’est pas si formatée. Le plus grand score de Ruquier, c’est l’émission spéciale tournée après les attentats, sans rires, sans public, sans controverse.»

 

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Michel Onfray, penseur ou catcheur ?

La tentation médiatique

Foessel, qui a participé à cette émission, a 41 ans. Jeune enseignant, versé dans la philosophie politique, il est passé à la radio, où il s’est avéré être un de ces «bons clients» qu’on peut ré-inviter sans crainte. En 2013, il a été choisi pour succéder à Alain Finkielkraut à la chaire de philosophie de l’Ecole Polytechnique, ce qui lui a valu un surcroît d’exposition. «J’ai pris le parti de ne pas refuser d’intervenir, dit-il.C’est important d’aller parler à la société quand on travaille sur des sujets qui touchent au politique, de vouloir rendre son travail public au sens le plus fort du mot.» Il aime bien la radio, moins la télévision. «Les studios sont souvent très loin. On se fait maquiller, on attend beaucoup. Finalement, on parle deux minutes, mais ça prend cinq heures. Ca n’est pas forcément agréable.»

 

Positionné à gauche, il se plie à l’exercice par «stratégie». «Si on considère qu’une hégémonie culturelle se constitue et qu’on la déplore, dit-il, on peut choisir le repli, ce que font beaucoup de mes collègues, ou essayer modestement de la bousculer. Au bout d’un moment, il y a une tentation, que j’ai éprouvée. On se rend compte qu’entre un travail d’écriture laborieux, long, mal payé, et une intervention médiatique, le caractère coût-bénéfice est à l’avantage de la seconde. Le but du travail intellectuel est de produire un effet, et d’une certaine manière on en produit plus en parlant à tout bout de champ qu’en s’enfermant dans son bureau pendant un an. La tentation humaine de base est d’aller au plus facile. C’est là qu’intervient une dimension éthique et politique : choisir de ne pas participer au discrédit de sa propre position, et tenir à ce que la médiatisation soit fondée sur un travail.»

Le travail intellectuel, comme tout travail, repose partiellement sur des élans narcissiques, que la télévision sait flatter. Dans l’entretien cité plus haut, Derrida disait: «Aujourd’hui encore, à mon grand âge, et en ayant beaucoup publié, je me demande si c’est bien, si je n’ai pas publié parce que je suis trop exhibitionniste, si je n’ai pas publié pour faire l’intéressant.»

Tweets, trolls et insultes

L’exposition aux médias, et à la télévision en particulier, rend célèbre. Mais la célébrité intellectuelle peut être étrange et paradoxale. «La plupart du temps, quand quelqu’un m’interpelle, c’est pour me dire qu’il m’a vu, mais qu’il ne se souvient plus de ce dont j’ai parlé», dit Rony Brauman. Expérience confirmée par presque tous les intellectuels interrogés, vus à la télé, mais pas forcément entendus.

Dans le monde universitaire, l’épithète «médiatique» est plutôt perçue comme infâmante. «Bien sûr, ça rend beaucoup de collègues méfiants, dit Fassin. En même temps, les médias attirent. L’espace public compte. Le coût de la médiatisation est plus important quand on est jeune, et donc quand on travaille à établir sa légitimité dans le champ scientifique. L’avantage de vieillir, c’est qu’aujourd’hui, on m’embête moins.» La célébrité s’inscrit aussi dans le jeu économique de la recherche et de son financement. «La médiatisation peut amener les institutions à utiliser votre travail, ou à faire vivre votre laboratoire, à obtenir des budgets», dit Pascal Blanchard.

 

Et puis il y a les plaies inévitables de la renommée, intellectuelle ou pas. A commencer par les insultes. «Après avoir fait une émission, vous vous en prenez plein la gueule, continue Blanchard, dont le domaine de compétence, l’immigration, est de nature à déchaîner les passions. Un Taddeï, c’est 120 mails d’insultes. Ce qui est énorme, parce que les gens font l’effort de trouver votre adresse. On les jette le matin et on commence la journée.» Il n’est ni sur Twitter, ni sur Facebook. «Sinon vous passez votre temps à vous polariser là-dessus.»

Eric Fassin est actif sur Twitter, en guerre permanente contre «les trolls professionnels». «J’aime l’idée que ce soit entièrement public, et que n’importe qui puisse m’interpeller. On lit des réactions de gens qu’on ne croiserait pas autrement. Il n’y a pas que de la malveillance. Les reproches lancés me paraissent parfois injustes, quand on me critique à partir d’un contresens et que je n’arrive plus à m’en dépêtrer.» (Dans un texte sur le féminisme, il avait expliqué qu’il fallait «changer la notion de désirable». Des twittos en colère avaient compris qu’il appelait les féministes à être plus séduisantes, et le lui avaient fait savoir avec virulence.)

Fassin travaille beaucoup sur la question des Roms, autre thématique trollogène. «Ce que je reçois systématiquement, ce sont des tweets du type : il n’a qu’à les prendre chez lui, lui qui habite forcément dans les beaux quartiers. Je les reçois comme un matériau pour comprendre la logique à la fois sociologique et psychologique du ressentiment. En ce sens, Twitter ne me sert pas uniquement à diffuser des articles, mais aussi à avancer dans ma démarche en réfléchissant sur ce qui se passe dans les différents espaces publics.»

D’autres sont plus réticents. «Ça me sidère de voir des intellectuels qui insistent sur la rigueur de l’argumentation et du travail tout en utilisant Twitter, dit Rony Brauman. Michel Onfray par exemple, qui ne cesse de rappeler les milliers de pages qu’il a lues pour parler à son public. Ça me semble une contradiction intenable. Le tweet est un point d’orgue du débat télévisé, fait de petites phrases, de soundbites.»

Onfray a quitté Twitter, après la tempête déclenchée par son tweet posté quelques heures après les attentats du 13 novembre («Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l'islam politique récoltent nationalement la guerre de l'islam politique»). Sur son blog, il déclare: «Lorsque 80 livres comptent moins qu’un tweet de 140 signes, c’est le tweet qu’il faut arrêter.»

Brauman a quant à lui quitté Facebook, réseau social qui laisse pourtant libre de publier d’interminables pensums argumentatifs. «Je ne m’en servais pas pour commenter l’actualité, ce qui est une maladie grave. Je ne voulais pas céder à l’épidémie. Je mettais en ligne des choses qui m’intéressaient.» Puis, après la confirmation que Damas utilisait des armes chimiques, il défendu l’idée d’une réplique armée contre le régime syrien.

«Ça a provoqué un déluge de réactions qui m’ont étouffé, par leur nombre et leur intensité, dit-il. Je ne voulais pas répondre, mais je trouvais intenable de ne pas répondre. J’avais l’impression de mépriser les gens. J’ai fermé le compte. Les amis Facebook sont de drôles d’amis. Ils vous apprécient pour des raisons que vous n’appréciez pas. Mes critiques contre Israël sont des critiques, pas des systèmes. Là, certains réagissaient comme si j’avais rejoint le camp des démons. Ça m’a passé l’envie.»

David Caviglioli

Publié le 19 décembre 2015 à 19h02

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 09:58
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Théâtre du Réflexe - Canohès

LA VOIX HUMAINE avec Hanna Fiedrich / Cie Franlia

Nous sommes heureux de vous annoncer les prochaines représentations de LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau par Hanna Fiedrich au Théâtre du Réflexe :

- Vendredi 1er novembre à 20h30

- Samedi 2 novembre à 20h30

- Dimanche 3 novembre à 17h

Théâtre du Réflexe : 17 rue de la Couloumine - 66680 Canohès 

Entrée : 12 € - Réservation : 06 52 19 49 69 - theatredureflexe@hotmail.fr

Si vous le pouvez, merci  de diffuser l'information auprès de votre réseau.

Espérant vous y rencontrer,

Bien cordialement.

Pour la Compagnie Franlia : Olivier Giraud, président

LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau (drame)

Public adulte / durée : 1 heure

Une rupture, un ultime coup de téléphone, une femme et son chagrin…

« Allô, c’est toi ? » Une femme parle au téléphone pour la dernière fois avec son amant. Elle est seule avec sa voix et sait qu’il va la quitter, épouser une autre femme.

Le téléphone est le dernier contact qu’il lui reste avec son bien-aimé. L’homme est absent, ses réponses sollicitent notre imagination.

La voix humaine est le portrait touchant d’un amour. Il pose la question de l’absolu de l’amour, et de l’insoutenable.

Seule la femme parle, déchirée entre ses efforts pour rester forte et ses doutes, entre une indifférence apparente et des accès de sentiments. Elle dissimule, trompe, ment, mais pourtant dit tout. Va-t-elle s’effondrer sous la rupture ou bien peut-elle se libérer de l’objet de son désir ? Le combiné tombe....

« Présence d’André Malraux » : 2 informations :

 

1 - Dirigée par Jean-René Bourrel, vice-président des AIAM, la publication n° 17 de notre revue « Présence d’André Malraux » avec pour thème « Malraux et l’Afrique noire » est, du fait d’aléas, reportée avec, vraisemblablement, une « sortie » avant la fin de l’année. Cela dit, la présentation en sera faite comme prévu au Salon de la Revue le 12 octobre par (voir ci-dessous dans la rubrique « Nos prochains rendez-vous »)

 

2 – A l’occasion du 60ème anniversaire de la création du ministère de la Culture, un projet d’édition spéciale d’un numéro « Hors série » de « Présence d’André Malraux » est en cours. Ce serait un petit livret reprenant notamment l’intervention en 1959 de Pierre Moinot avec les axes donnés à ce nouveau ministère.

 

Vient de paraître :

 

 

 

 

 

Hervé MARION

Malraux et le Samouraï

Magellan & Cie – Je est ailleurs – Paris – 2019 – 128 pages

 

Ce livre est le récit d'une fraternité nouée d'abord dans le berceau des lettres. Kiyoshi Komatsu - André Malraux : deux destinées qui tissent une oeuvre littéraire en miroir. Malraux rêve du Japon des Samourais, Kiyoshi de la Bohême parisienne. Kiyoshi traduit les oeuvres de Malraux et Malraux crée le personnage de Kyo dans sa Condition humaine. L'un suivra le Général de Gaulle, l'autre côtoiera le futur Hô Chi Minh. Du 20 février 1931 à la mort de Kiyoshi le 5 juin 1962, ce récit fait la lumière sur celui qui était l'ombre japonaise du « vieil Enchanteur »

 

Hervé Marion présentera son ouvrage le 12 octobre à 17 h,  à la librairie Blomet, 58 Rue Blomet – 75015 Paris.

 

- « El la droite enterra Malraux », article de Jérôme Serri paru dans « Causeur » n° 71 du 2 septembre 2019 : https://www.andremalraux.com/?p=6572

 

Nos rendez-vous jusqu’à la fin 2019 :

- 9 octobre 2019 : Émission sur Arte : « André Malraux, l’épreuve du pouvoir », un documentaire de Xavier Villetard, avec des témoins de choix, entre autres Alain Malraux, Olivier Todd, Catherine Tasca, François de Saint-Chéron, Pascal Ory etc …, mais aussi de nombreuses archives. Cela dit, on peut voir dès maintenant  cette émission, et ce jusqu’au 07 décembre en cliquant sur https://www.arte.tv/fr/videos/083292-000-A/andre-malraux-l-epreuve-du-pouvoir/

 

- 12 octobre 2019 : Paris 15ème -  Hervé Marion présentera son ouvrage « Malraux et le Samouraï » le 12 octobre prochain, à 17 h,  à la librairie Blomet, 58 Rue Blomet – 75015 Paris.

 

- (11,) 12 et 13 octobre 2019 : Paris – Espace des Blancs Manteaux - Participation des AIAM au 29ème « Salon de la Revue ». Samedi 12 octobre, de 11h à 12h, salle Antoine Emaz, présentation par Michel Leroy, et Liliane Meffre si disponible, du futur n° 17 de notre revue Présence d’André Malraux sur « Malraux et l’Afrique Noire », numéro dirigé par Jean-René Bourrel : L’Afrique, ses traditions, ses formes artistiques, ses écrivains et penseurs ont toujours passionné André Malraux. Cette édition invite à repenser ses liens avec cette aire culturelle, son influence sur sa pensée des arts plastiques, et sa portée sur ses relations avec des personnalités majeures du XXe siècle comme Senghor, Césaire, Picasso… Une rencontre qui revient sur un moment clef de notre modernité esthétique.

 

- 19 octobre 2019 : Beersel (près de Bruxelles) – Maison Herman Teirlinck – Conférence, en langue néerlandaise,  de Kees Snoek : « Eddy Du Perron, son roman autobiographique « Le pays d’origine » et son débat sur l’identité avec André Malraux »

 

- Jusqu’au 3 novembre 2019 : Paris – Théâtre de « L’épée de bois » (12ème arrdt) - « Le Crépuscule », d’après l’essai d’André Malraux « Les chênes qu’on abat ». Adaptation et mise en scène de Lionel Courtot. Avec John Arnold (Malraux) et Philippe Girard (de Gaulle). Représentations : du jeudi au samedi à 20h30, samedi et dimanche à 17h. À rappeler que cet été, une vingtaine de représentations ont été données lors du festival d’Avignon 2019.

 

- 8 et 9 Novembre 2019 : Collioure et Port-Vendres (Pyrénées Orientales). Fort des succès précédents, 3ème « Festival du film d’archéologie sous-marine André Malraux », organisé par Subcam Archéologie en harmonie avec le DRASSM (créé par Malraux en1966) et … les AIAM.

 

- 21 novembre 2019, 14h30 – Paris – (lieu de rendez-vous communiqué 48h avant la visite) – « Sur les pas de Malraux » : balade (proposée par Béatrice Hignard, guide conférencière indépendante officielle) dans les lieux où vécut, écrit et aima Malraux – Inscription à 1paris2reve@gmail.com, informations et modalités sur son sitehttps://www.1paris2reve.com

 

- 23 novembre 2019 : Attribution du Prix André Malraux. . Le jury est composé de Cécile Guilbert, Céline Malraux, Diana Picasso, Alexandre Duval-Stalla (président), Adrien Goetz, Matthieu Garrigou-Lagrange, Mamadou Mahmoud N’Dongo et Mathieu Simonet.

 

- 25 Novembre 2019 : 18h30 - Saint Estève (Pyrénées Orientales) – Théâtre de L’Étang – Conférence sur « André Malraux, un ministre de la Culture visionnaire » par Pierre Coureux

 

- 26 novembre 2019 : 14h30 – Perpignan (Pyrénées Orientales) – Salle polyvalente Bolte – 77 rue Jean-Baptiste Lulli – Sous l’égide de l’UTL, conférence de Jean-René Bourrel, vice-président des AIAM, « Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire : deux « plus-que-frères » en francophonie ». (personne n’a oublié ces deux interlocuteurs historiques de Malraux !)

 

- 28 novembre 2019 : Paris 8ème -Spectacle littéraire (Pierre Hentz, comédien) et musical (Sylvie Carbonel, pianiste) dédié à André Malraux : « André Malraux ou Les Aventures humaines ». Ce spectacle réunit des textes choisis dans l’œuvre de Malraux et un hommage de Gaston Palewski. Il est illustré musicalement par des pièces de compositeurs qu’il appréciait particulièrement tels que Chopin, Satie, Moussorgski, Messiaen, Brahms, Ravel, Rachmaninov.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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