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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 00:58

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                                          Trobada des éditeurs du pays catalan - Céret 31 mars 2012 - PROGRAMME

 

La deuxième Trobada des éditeurs du pays catalan se déroulera à Céret avec toujours comme objectif de faire connaître le travail et les catalogues des éditeurs professionnels des Pyrénées-Orientales. Cette année nous devrions être 10 éditeurs des PO à présenter notre travail autour de trois rencontres :

1) Une rencontre à la Médiathèque de Céret avec les bibliothécaires du Vallespir le mercredi 28 mars en matinée (de 9heures à midi) afin de présenter la diversité éditoriale représentée par les différentes maisons d’édition du pays catalan ainsi que leurs catalogues, leurs nouveautés et leurs auteurs. Cette manifestation unique en son genre permettra aux bibliothécaires du Vallespir de mieux connaître le travail des professionnels du livre d’ici et aux éditeurs de faire connaissance avec le réseau de bibliothèques du Vallespir ainsi que leurs animateurs et animatrices.

2) Différentes rencontres, pendant la semaine, avec les élèves et les professeurs des établissements scolaires de la région de Céret afin de faire découvrir le métier d’éditeur et la fabrication du livre. Il nous semble, en effet important, que les professionnels du livre de notre département promeuvent auprès des jeunes publics la place et l’importance du livre dans la société. C’est pourquoi dans une démarche que nous voulons le plus pédagogique possible, nous proposons d’intervenir en direction des scolaires durant la semaine précédant le 31 mars, (au sein de la Médiathèque de Céret) auprès des classes qui souhaiteront découvrir le livre et ses métiers. Nous adapterons nos interventions en fonction des publics. Toutefois si des classes ne peuvent participer aux rencontres proposées à la Médiathèque, nous proposons d’intervenir dans les établissements, en collaboration avec le CDI et les enseignants concernés.

3) Une rencontre avec le public le samedi 31 mars, jour de marché, de 9h à 18 heures se déroulera à Céret en extérieur, au pied de la Médiathèque, entre celle-ci et la librairie partenaire de l’événement « Le Cheval dans l’Arbre » qui aura pour rôle de tenir les ouvrages et d’inviter les auteurs participants aux tables rondes pour des séances de dédicace.

Diverses tables rondes se dérouleront dans l’enceinte de la Médiathèque) consacrées le matin aux métiers du livre (en collaboration avec LR2L), à l’art moderne et contemporain à Céret (animée par Joel Mettay) et aux ouvrages relatifs aux arts populaires en après-midi (animée par Robert Triquère).

Plusieurs expositions au sein de la Médiathèque viendront enrichir la rencontre dont une grande exposition consacrée au caricaturiste aujourd’hui disparu Jordi.

Robert Triquère (Balzac Editeur) - Marie Ange Falquès – Avril (Editions Trabucaire) 

 

Mercredi 28 mars (de 9heures à midi)

Médiathèque de Céret : Rencontre bibliothécaires du Vallespir et Editeurs du Pays Catalan

Mardi 27 – jeudi 29 - vendredi 30 mars

Médiathèque de Céret : Différentes rencontres, pendant la semaine, avec les élèves et les professeurs des établissements scolaires (maternelle et primaire) de la région de Céret afin de faire découvrir le livre et la fabrication du livre.

Samedi 31 mars (de 9h à 18 heures)

De La Médiathèque jusqu’à la librairie « Le Cheval dans l’Arbre » :

-          Stand de 10 éditeurs du Pays Catalan et de l’éditeur invité : L’Atelier Baie (Nimes)

-          Stand de la librairie « Le Cheval dans l’Arbre » qui aura pour rôle de tenir les ouvrages et d’inviter les auteurs participants aux tables rondes pour des séances de dédicace.

Médiathèque de Céret : Expositions et Tables rondes :

10h30 : La chaine du livre : Table ronde animée par Robert Triquère (Editeur et Vice-président d’ADER-LR)

Intervenants :

Adeline Barré - Chargée de mission au sein de LR2L

Marie-Ange Falquès - Editrice (Trabucaire) et membre du bureau de LR2L

Magalie Demelin - Infographe (Talaia – Privat)

Jean Luc Pellisson - Libraire (Le Cheval dans l’Arbre – Céret)

Anny Alric - Bibliothécaire (Médiathèque de Céret)

 

12h30 – Inauguration officielle par Monsieur Alain Torrent, maire de Céret et M. Robert Garrabé, président de la commission culture du Conseil Général.

14 heures : L’Art moderne et contemporain à Céret :

Table ronde animée par Joel Mettay (journaliste et éditeur)

Intervenants :

Michel Arnaudiès (peintre et écrivain - ex président des Amis du Musée de Céret)

Serge Fauchier (peintre et enseignant aux Beaux-Arts de Perpignan)

Louise Le Moan* (doctorante à Paris Sorbonne sur « Le Musée d’Art moderne de Céret »)

15 heures : Les Arts populaires en Pays Catalan

Table ronde animée par Robert Triquère (Editeur et Vice-président d’ADER-LR)

Intervenants :

Eliane Comelade (Dietéticienne)  - Cuisine et l’art culinaire

Pascal Comelade (Musicien)  - Musique traditionnelle et contemporaine

Philippe Salus  (Journaliste et éditeur) - cinéma et les réalisations cinématographiques

Bruno Doan (éditeur) L’atelier Baie - La photographie et l’Art tauromachique

*Madame Louise Le Moan animera par la suite une conférence à 15 heures au Musée d’Art moderne de Céret

Liste des éditeurs participants : Trabucaire – Mare Nostrum – Alter Ego – La Merci – Cap Béar – Karibencyla – Balzac – Les presses de l’Université de Perpignan – Les publications de l’Olivier – Editeur invité de la région Languedoc Roussillon par LR2L : L’Atelier Baie (Nimes)

Liste des bibliothèques participantes : Céret - Arles – Amélie – St-Laurent de Cerdans – Le Boulou – St-Jean Plat de Corts – Reynès)

En collaboration et avec le soutien : La Municipalité de Céret – Le Conseil Général des Pyrénées Orientales -  Languedoc Roussillon Livre et Lecture - La boutique d’art MARIA DOS – la librairie Le Cheval dans l’arbre - de Céret.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 00:46

IMGP0034.JPG  * Rilke : Lettre à une amie vénitienne : Je me dis, en lisant, et donc en lisant mal, que je devrais offrir ce petit livre à Reiner Titze qui habite à Dudweiler : il aime les mots et le poète parle des mots. Et aussi, souvent, de ce R terrible qui se glisse entre le O et le T pour arrêter le charme poétique.

  J'ai donné un jour à Reiner mon artisanale plaquette sur "De quelque chose qui pourrait être la mort". Des mots pour moi. Pour lui, mon ami allemand, un sujet de tous les instants puisqu'il observe la lente, mais sûre dégradation de son corps, de tout son être investi par une lente et terrible maladie...

   Pour revenir au livre de Rilke, nous n'avons jamais parlé de Venise. Y est-il déjà allé ? Je ne pense pas. Autre raison : moi non plus (depuis, j'y suis allé) et cette obsession de la ville est devenu comme un mythe...

  Le jour où je me déciderai à m'y rendre -mais j'ai longtemps temporisé pour garder le plaisir du mythe en vie- Venise aura disparu... Il doit sans doute l'aimer, parce qu'il aime la beauté, l'amour, la musique et qu'un Carpaccio est accroché au mur de son salon. Assurément, il aimerait ce livre, mais je ne lui ai jamais donné. Je regrette. J'ai perdu Reiner de vue. Et lui, où est-il à présent ? A Venise, au paradis ou toujours dans l'enfer du mal..?

 

  * Sagan, Sand et Musset :  A Gap, un soir d'Apostrophes, où elle n'a pas pu venir bafouiller (il faudra l'inviter avec Modiano), et boire un whisky : un soir avec Sagan, c'est 'Bonjour tristesse"; pourtant, comment pour étancher une nostalgie inconsciente, un manque inattendu, se plonger dans les lettres d'amour de Sand et Musset; et d'abord, dans la préface, ces pages inutiles, plage à rallonges..!

   Elle écrira mieux -pour présenter les autres, amis qu'elle s'en tienne à parler d'elle !-, à présent qu'elle s'est remise de coup d'altitude de Bogota : qu'est-ce qu'elle est allée faire dans cette Colombie ? Frayer avec le beau ténébreux de Gustave Le Clézio ?  Bonne convalescence et condoléances pour ce petit, ici, écrivain et pour mon mesquin train-train cardiaque en partance pour la Moselle... Le huit novembre entre chien et loup. Et midi et minuit...

 

  * Le cas K Lecture du Procès de Kafka :  "...Cet horrible mot attribué à Henri Jeanson...qui rassemble à mes yeux tout le répugnant de la plaisanterie gauloise : il a fait Kafka dans sa culotte..." J.-J.Brochier (Le magazine littéraire n°135, avril 1978)

 

  Il s'agit d'un texte dilettante né d'une étude de ce roman avec une classe de BTS formation mécanique, deuxième année : réflexions spontanées en réaction à l'austérité de l'intrigue et de l'écriture kafkaïenne, jeux de mots bêtes et mesquins, jeux sur les sonorités et sur l'initiale énigmatique.

   Refus du patronyme, non-appartenance souhaitée au monde juif, anonymat pour préserver la vie privée, personnage "sans qualités" qui ne mérite pas d'être identifié, etc... t d'autres foules d'interprétations...

   Quoi qu'il en soit, face à ce drôle de procès, digne d'une "Plaisanterie" à la K.undera, nous prenons le droit de plaisanter, même si la bureaucratie n'est pas, a priori, un sujet des plus jouissifs. Et quoi qu'en dise le patron grincheux du "magazine des lettres austères". Et même si le destin de ce Joseph K., ballotté d'avoK.véreux en K.thédrale glisse vers le noir destin de KK.

   Fatalisme ? Non, le héros de Karton-pâte, plutôt, invente, au fil de son procès fictif, sa liberté et le roman. Il instruit son propre procès et le processus de l'écriture. Il inventera sa propre mort, mais ce ne sera pas un suicide : Messieurs les bourreaux devront, tout de même, prendre leur responsabilité; ce serait trop facile, MM les fascistes, il faut un peu se salir les mains, garder une trace indélébile de K. et de tout ce caca...

 

  Il sait qu'il est dans de beaux draps, mais son simple regard de "Persan" en régime austro-hongrois, prussien, soviétique ou autre, ironise sur la comédie de cette Inquisition, sur le labyrinthe des bureaux (les fonctionnaires sont décrits comme des rats de bibliothèque), sur la justice qui est théâtre, sexe (cf. les livres érotiques) ou peinture, avec l'avocat sans talent ("réaliste socialiste" ?) : Titorelli (mélange humoristique de Tintoret de de Botticelli ?), sur la religion : la parabole de l'abbé est désespérante, pas question d'attendre un recours ultime de la part de Dieu : K. ne doit pas attendre Godot, mais un godemichée-poignard pour recevoir la mort-jouissance, la mort-libération. Mais si sexe et séduction sont partout, ils sont encore simulation. Alors, se faire Zorro, Khrist ? Héros malgré soi d'un film (Z ?) contre le totalitarisme ? Anti-héros d'un film (classé X) contre l'obscénité de la politique ? Sauveur contre les bourreaux et tous les bureaux ? Non. K., c'est-à-dire l'Homme, est un zéro...

   Partout, ça débloK...

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 10:21


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Centre Joë Bousquet et son Temps

Cycle de rencontres « Les saisons d’Armand Gatti »
Sur les chemins de résistance :
Errance de l’écriture et de la parole - Samedi 31 mars 2012 à Carcassonne, de 17h à 20 heures – Entrée libre
Au cinéma Le Colisée
(10 Boulevard Omer Sarraut à Carcassonne)

à 17h : Projection des films : « Armand Gatti » dans la série un siècle d’écrivains ; « Ton nom était Joie » en présence du réalisateur Stéphane Gatti
à 18h30 : Les projections seront suivies d’une présentation des projets de créations théâtrales consacrées à Armand Gatti
, par Matthieu Aubert et Pauline Tanon, des Cahiers Armand Gatti par Jean-Jacques Hocquard, directeur de publication.


Dimanche 1
er avril 2012 à Gruissan, De 15h à 19h - Entrée libre
A l’Amphithéâtre du Palais des congrès de Gruissan

« Armand Gatti – Claude Marti : chemins de résistance »
Table de littérature
« Création - littérature, art - et histoire »
- à 15h : Ouverture de l’exposition-vente d’ouvrages

Editeurs représentés : Cahiers Armand Gatti, Trabucaire éditions, Mare Nostrum, Indigène éditions, Rougerie, Domens, Jorn, publications du Centre Joë Bousquet et son Temps…
ainsi que des ouvrages présentés par les librairies : Libellis
(Narbonne),
Torcatis
(Perpignan), Breithaupt (Carcassonne), Mots et Compagnie (Carcassonne)….
à 15h 30 : Récits et chants par Claude Marti « Chemins de résistance »
à 16h 30 : Entretien « Editer aujourd’hui-Résister »
, avec la participation des éditeurs : Sylvie CROSSMANN (Indigène éditions), Marie-Ange FALQUES (Trabucaire éditions), Jean-Jacques HOCQUARD (Cahiers Armand Gatti)

à 17h 30 : Projection du film Armand Gatti (dans la série un siècle d’écrivains) en présence du réalisateur Stéphane GATTIEn partenariat avec la Mairie de GruissanRencontres coordonnées par René PINIESDimanche 1er avril 2012 à GRUISSAN : Table de littérature,« Création - littérature, art - et histoire », Exposition-vente d’ouvrages - Amphithéâtre du Palais des Congrès à Gruissan de 15h à 19h- à 15h : ouverture. Editeurs représentés : Cahiers Armand GattiIndigène éditions : dont la dernière édition « Indignez-vous » de Stéphane Hessel (édition revue et augmentée…)Trabucaire éditions : littérature catalane, littérature occitane, ouvages d’histoire sur la Catalogne…

Mare Nostrum : ouvrages littéraires et artistiques sur La Retirada, l’exil des Républicains espagnols…
Domens : plus particulièrement la collection Méditerranée…
Rougerie : poésie. Seront à la vente les recueils de Joë Bousquet, Paul Pugnaud, Pierre Reverdy…
Jorn : poésie occitane…
Publications du Centre Joë Bousquet et son Temps…
avec le soutien des librairies indépendantes :
Libellis
(Narbonne) : « Création littéraire et guerre d’Algérie » Les éditions de Minuit
Torcatis
(Perpignan) : « Création littéraire et guerre d’Espagne »
Breithaupt
(Carcassonne) : « Création littéraire au Japon » (d’Hiroshima à Fukushima)
Mots et compagnie
(Carcassonne) : sélection d’ouvrages de John Berger, Georges Orwel…, les revues Agone, Lignes…

à 16h 30
 : Entretien « Editer aujourd’hui – Résister »
avec : Marie-Ange FALQUES (Trabucaire), Sylvie CROSMANN (Indigène éditions), Jean-Jacques HOCQUARD (Cahiers Armand Gatti)

Centre Joë Bousquet et son Temps
Maison des Mémoires – Maison Joë Bousquet
53, rue de Verdun – 11000 Carcassonne
Tél./ Fax : 04 68 72 50 83 – 04 68 47 21 83
Courriel :
centrejoebousquet@wanadoo.fr
Blog : cjbousquet.cana

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 09:51

images-copie-1.jpeg  La chanson de Léo Ferré "Avec le temps" a eu un grand retentissement; pourtant, affirmer que "Ave le temps, tout s'en va, même les plus chouettes souvenirs", ressemble à un lieu commun, à une terrible banalité...

 

  En effet, le thème obsédant de la "fuite du temps" parcourt la création littéraire. C'est la conscience du caractère éphémère de la vie qui a poussé des philosophes ou des poètes, depuis Epicure jusqu'à Queneau ("Si tu crois, petite, que ça va durer toujours, le temps des amours...") en passant par Ronsard et Du Bellay, à inciter le lecteur ou l'amante ("Mignonne, allons voir si la rose...) à profiter de l'instant présent.

   Le grand fleuve -tranquille ou pas- de la vie nous submerge, nous pousse vers un futur et une fin irrémédiables. Héraclite nous a fait comprendre depuis longtemps que l'on ne se baignait jamais dans la même eau : le moment présent coule entre nos doigts et, surtout, il représente un pas de plus vers la mort.

   En effet, celle-ci est, pour les êtres terrestres, au bout du temps qui leur est imparti par la "nature", c'est-à-dire la biologie, la génétique, la "boîte noire" qui se niche au fond de nos chromosomes. Nous sommes programmés pour la mort et le temps détruira le corps et le parcours d'une existence.

   Cette vision du temps paraît tissée de peu d'originalité : l'Homme n'a pour toute richesse que sa vie et, face à la peur, face à la perte de lui-même, il pense, en toute logique, qu'avec le temps, "tout fout le camp". Cette réaction est compréhensible, mais cette attitude égoïste, ce narcissisme, n'occultent-ils pas une autre dimension, plus vaste et positive, du temps, que l'Homme (malgré ses faiblesses de "roseau pensant" exposé à tous les vents, à tous les temps -météorologiques, eux ! - peut engendrer.) Un temps historique, à l'échelle, non plus d'un seul individu, mais à celle de toutes les générations humaines, une chaîne de vies courtes mais créant ou recréant le monde (chaque homme, en apportant sa "pierre", participant à l'aventure collective, à l'élucidation, grâce à son travail, sa réflexion, ses recherches, de la question fondamentale, figurée dans un célèbre tableau de Gauguin. : "Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ?"

   Ainsi, grâce à l'addition des petites vies de fourmis, le temps humain ne signifierait pas la fin d'un individu isolé, mais la continuité d'un temps solidaire, composé de chronologies passagères

  Entre le désespoir de celui, matérialiste, qui pense qu'avec sa mort personnelle, c'est la fin de tout, de "son temps", et l'espérance du croyant, qui, remet sa vie, donc sa mort, entre les mains de Dieu, dans l'attente d'un autre temps, éternel, n'y a-t-il pas place pour une maîtrise du temps humain par l'Homme lui-même ? De même que "l'art est un antidestin", comme l'a proclamé A. Malraux, la vie peut, si elle est conçue comme l'évolution de l'homme vers un monde meilleur, être un "autre temps", l'ennemi d'un temps purement ravageur, destructeur, gratuit, sans perspectives...

 

  le sang donne un sens

 

  Cette vie, cette mémoire de l'Homme, est présente dans le sang, comme a pu le montrer un scientifique tel que Jean Hamburger. Le sang, au sens propre, est signe de survie d'un individu à travers les générations à venir. C'est pour cela que l'obsession d'une descendance, d'avoir des enfants, petits-enfants au-sujet desquels il est possible de s'exclamer : "C'est ma vie, c'est mon sang", est encore très forte. Le sang donne un sens à la vie : avec le temps, le sang, ce fleuve de vie, continue...

 

   Le religieux, quant à lui, même s'il peut croire en l'Homme, en ses possibilités de bâtir, d'affirmer des valeurs, préfère croire en un avenir maîtrisé par la puissance divine. Le temps sans fin, l'éternité, la fin de l'Histoire se substitue alors au temps humain, au temps terrestre. Le mort ne signifie plus, pour le croyant, destruction mais, au contraire, libération, début d'une autre vie : la "vraie vie" recherchée par Rimbaud est à trouver dans le ciel loué par Claudel. 

 

   Il ne reste donc qu'à choisir l'espoir : croyance en dieu, en l'homme ou en l'art, pour donner un sens à la vie, à la mort, au temps. Sinon, pas de perspectives; ne restent que le nihilisme, l'absurde ou le vide, ceux de Beckett, de Cioran ou d'Eugène Ionesco... Sinon, la vie n'a aucune raison d'être, la solution est le suicide; ou la folie : tuer le temps qui tue, oublier dans un monde imaginaire le monde sans issue des hommes, telle fut l'attitude de bien de créateurs, écrivains, comme Nerval, Hölderlin, ou certains Surréalistes, tel Artur Cravan...

 

 

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 15:56

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Lézards au soleil

 

De Dunkerque La caravane des Arts du Soleil organise la lecture des sables

Culture et Poésie font des vagues sur toutes les plages de France 

Tout le jour sur le toit même de la roulotte des Frères Riascamano qui montrent le ciel de Sète jusqu'au plein minuit de la fête : "C'est beau. un musée, la nuit !" 

 

Lézard d'intérieur j'éprouve un fort désir d'azur au seuil de la saison ouverte.

 

L'amertume de l'eau monte en rumeur

jusqu'aux remparts

La banda joue au bar de la Marine N'attends plus, viens à l'heure spirituelle de la sieste !

 

Escher dessine la ronde des lézards :

les personnages de mon roman et les animaux de la terrasse estivale passent par tous les stades de l'existence. Les arts florissants?

Privé d'amour le poète devient serpent. Délaissé par l'instable actinie

il se change en piètre lézard.

 

L'été je vagabonde entre mer et désert. La poésie est captive de l'une et de l'autre.

Par chance même au coeur des cristaux ils m'inondent de leurs phrases néritiques.

Au chaos d'instants de la vie je préfère les pièces détachées de l'été

Lourde sidérurgie des plaisirs Chirurgie du soleil sur la peau

L'été corps de plaisance.

 

A quoi bon lorgner sur la lézarde de nos demeures ruinées à l'avance ?

 

Dans l'atelier peint de la Place Arago la lumière du Midi 

est prise avec des pincettes par Raoul Dufy.

 

 Je note je souligne je reprends des phrases j'alimente le vampire palimpseste l'incessant écrit incestueux j'y mêle mes circulations sanguines ses regards mes impossibles désirs.

 

Dans la vallée de Vicdessos

des brumes sont accrochées aux montagnes aux sapins "Mouchoirs en papier, dit l'enfant ou boules de coton jetées par un homme abominable..."

 

Insoucieux lézard l'été tu n'écris point ou bien du bout des yeux

tu réapprends tu inscris une vie autre

 

Et quand les mains n'ont su tenir que des livres des revues la jupe de la plage

à l'automne elles ne savent plus tracer les mots

 

Cette parenthèse a permis au lézard de tomber amoureux du chardonneret. 

 

Loin de la patte du chat qui attend le lézard aoûtien de mon balcon.

une montagne envieuse de neige...

Ce grand désert entre lac et ciel ce silence immaculé cerné de bleus écrins 

c'étaient les Orres et ils croyaient que c'était de l'or blanc...

 

De ce hublot montagneux. je ne vois pas le nord. Je ne le devine que dans la poussée froide

de ses vents. Mais je me régale du midi marin, de l'est vigneron, des pins cembros de la fin du jour. Gros de soleil, j'habite le sud.

 

L'été saltimbanque entre deux vins, deux bains, se nourrit d'écrivains.

Entre Mme de C. et René de ... à Prague ou à Golfe Juan, les lectures interfèrent : va-et-vient entre les lieux, le linge des pages. Carrousels poétiques, les critiques. les soleils, les oeuvres.

Quand l'été meurt, il peut renaître en un musée , en une phrase de René Char : "Lézards dont l'insouci est guetté par les chats. "

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 17:50

      Un couple d'Anglais -ils ont chacun soixante-deux ans, à la retraite, a décidé, comme de nombreux étrangers, désormais, de venir passer leurs vieux jours en France. Lui était entrepreneur; ses revenus confortables lui ont permis d'acheter un appartement en Roussillon, dans un gros village situé non loin de la mer. Leurs deux enfants et leurs trois petits-enfants venaient voir les Hallington, de façon régulière dans cette région pittoresque de La Salanque. Installés dans leur confortable logement, le couple de retraités tranquille commençait à passer de longs mois tranquilles, quand...

 

   Un jour, une toux permanente, une fièvre incompréhensible, une fièvre persistante, s'emparèrent d'Andrew. Aucun médicament ne pouvait arrêter ces maux violents et épuisants... Le mal se fit de plus en plus oppressant : il fallut se résoudre à une hospitalisation. Mais dans le service de réanimation, l'état du malade empirait... 

 

 A l'occasion d'une batterie de tests passés à l'hôpital, l'équipe médicale s'est rendue compte qu'Andrew avait contracté le sida !  Il resta entre la vie et la mort pendant trois semaines. Quand il put enfin sortir de la salle de réanimation, il a bien fallu lui annoncer le diagnostic. L'homme s'est effondré; i interdit ensuite que l'on révèle la vérité à son épouse Rebecca et à sa famille, accourue depuis l'Angleterre pour le voir.

 

  Il devint totalement mutique, refusant de parler aux infirmières; il se laissait aller... Il sombrait vers l'issue fatale, emportant le terrible secret avec lui...

 

  Au fil des jours, les forces lui revinrent un peu; c'est alors qu'il avoua au médecin qui le suivait depuis un mois, qu'il avait eu une relation avec un homme : un rapport unique ! Pour lui, c'était la cause de sa maladie; il refusait toujours qu'on en parle à sa femme; par conséquent, il refusait qu'on la teste à son tour ! Terrible décision !

  Par moments, il voulait sortir de l'hôpital; cependant il avait été obligé de dire à Rebecca que les médicaments qu'il prenait étaient dus à une pneumopathie...

   Ensuite, au fur et à mesure qu'on attendait sa sortie de l'hôpital, son état empirait... Pas une fois,depuis plus de quatre semaines, il n'était sorti une seule fois de sa chambre afin qu'on ne voie pas son état ! 

 

  Malgré toutes les thérapeutiques qu'on lui prodiguait, malgré des résultats biologiques relativement bons, il continuait à s'affaiblir... Il se laissait, en fin de compte, mourir, pour éviter d'affronter la vérité. Sa vérité. 

 

   Il mourut à l'hôpital, deux mois après son hospitalisation. Les médecins n'ont jamais rien dit à son épouse : la loi l'interdit, c'est le fameux "secret médical"...

 

  On peut toujours s'interroger sur le bien-fondé du secret médical. Faut-il continuer à ne rien dire à la famille ? Peut-on laisser dans l'ignorance une épouse, qui a été peut-être contaminée par son mari, et qui risque, ainsi, puisqu'aucun soin ne lui est prodigué, de succomber rapidement dans une mort programmée..? IMGP0004-copie-1.JPG (photo J.P.Bonnel)

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 11:45

Publication du livre d'André Bonnet sur l'histoire du CML (Centre méditerranéen de Littérature) - Voir les éditions Talaïa et le blog d'A. Bonet.

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 15:17

rey.jpeg      Je viens de relire le roman de H.François Rey. Cette première oeuvre, publiée en 1958, m'avait enchantée, alors que j'étais ado : le cadre est constitué par Collioure et Barcelone, ce qui explique cela. Et l'histoire d'amour entre un Christine et un Russe, volontaire des Brigades internationales pendant la guerre d'Espagne, est émouvante; ce qui explique ceci. Puis, troisième argument, troisième plaisir, quand on dévore ce roman de 200 pages en deux heures, c'est l'écriture, claire, somptueuse, comme on n'en fait guère plus...

 

     H.F.Rey eut, par la suite, un succès mérité avec Les pianos mécaniques, prix Interallié, en 1962. L'auteur, né à Toulouse en 1920, s'était installé sur la Costa Brava et, depuis le blanc promontoire de Cadaquès, il écrivit La Comédie, Le Rachdingue et un livre d'amitié avec Dali, qui l'invitait à Port-Lligat.

    Le livre débute à Perpignan, où se retrouvaient les engagés dans les B.I. (*) Avant de partir pour la Catalogne, Georgenko va faire les vendanges à Argelès : "Le village puait le vin et avait un aire  de fête permanente... Le soir, dans la grande cour de la métairie, les garçons et les filles dansaient la sardane, célébrant, dans la ronde grave et silencieuse, le vrai culte de la solitude en commun..." (p.35-36).  Ensuite, il découvre Collioure : "Il aperçut une ville rose et reconnut C...". C'est dans le petit port -dans un lieu typique qui ressemble au café des Templiers- qu'il rencontre Nathalie, journaliste : "Ils passèrent dans un restaurant, une salle longue aux poutres apparentes, décorée de filets de pêche et de tableaux répétant à l'infini l'architecture de Collioure.."

     L'amour naît alors et de belles pages sensuelles suivront. Michel G. doit partir à la guerre, d'abord se rendre à Barcelone, puis aller vers le front, jusqu'à Albacete, mais, vite, sa noble intention de se battre pour une Espagne libre laisse place au désir de revoir Nathalie, à la volonté de "fonder un érotisme" en pensant au danger, à la mort, à la vieillesse( pages 151/154)

   Il bénificiera d'une permission pour retrouver son amante à Barcelone, mais le machiavélisme des Franquistes (les Anarchistes sont, eux aussi, décrits comme des fous inhumains, suspectant les volontaires des BI d'être communistes, qu'il s'agit d'éliminer !) et le "viva la muerte" aura raison de l'amour...

     La morale du livre est pessimiste : les moments de solidarité entre soldats "républicains" ont été rares et c'est une femme qui a le dernier mot : "C'est lâche, les hommes. Une race de merde, une race pourrie, il ne faut rien en espérer, rien..."

 

(*) édition du livre de poche 1958, R.Laffont, page 9)

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:24

_MG_9268.CR2.jpg  * Jetant un regard en arrière, nous mesurons le chemin parcouru et sommes troublés plus que tout par les nombreux miroirs que nous avons rencontrés." Léo Spitzer (L'art de la transition chez La Fontaine)

 

   * Penser, c'est facile quand tu as du recul, loin de tout ce monde pris dans le travail, les déplacements, les courses, la préoccupation de l'argent, des vacances, des repas...

 

   * Ecrire tour à tour dans toutes les pièces de la maison, sous l'injonction mobile du soleil qui me fait écrire au fil du temps dominateur.

 

   * La "trope" joue un "tour" au lecteur. Et l'écrivain s'amuse avec les outils du style !

 

   * Je relis la Prose du Transsibérien, ce spectacle forain. Prose poétique. J'assiste à un rapprochement saisissant entre ce début de siècle 1905 et la chute d'un monde, à l'Orient : interrogations, déplacement imaginaire vers les espaces de l'Est, avec le retour de la Russie et des Républiques indépendantes de l'ex-URSS...

 

   * Je ne voudrais pas m'ennuyer, condition selon Roger-Martin du Gard, pour devenir un bon écrivain...(Lettres, page 39, je n'ai pas noté l'édition).

 

   * Cioran : "Qu'est-ce qu'un artiste ? Un homme qui sait tout, sans s'en rendre compter. Un philosophe ? Un homme qui ne sait rien, mais qui s'en rend compte." (Le crépuscule des pensées).

 

   * Pourquoi j'écris ? Je répondrai comme Blaise Cendrars : "Parce que..."

 

   * Littérature : j'aime cette formule d'Alain Corbin : "La rumeur des viscères."

 

   * La modernité a privilégié la recherche formelle. Les contemporains veulent la lisibilité immédiate, le dialogue des réseaux sociaux, les contacts rapides avec "Facebook", la parole spontanée, la publication instantanée d'une photo, d'un poème, d'un sentiment... Que restera-t-il de cette masse d'écrits et d'oeuvres éphémères..?

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 11:58

rousseau.jpeg   2012, année Rousseau, on fête les trois cents ans de sa naissance : alors, je relis Rousseau, la part poétique surtout : les Rêveries du promeneur solitaire. Ces commémorations littéraires voulues par l'Etat ne sont pas tout à fait absurdes : elles permettent de se replonger dans l'oeuvre d'un classique. Rousseau, auteur capital dans de nombreux domaines. Ecrivain prolétaire, menant une vie de bohème, d'exilé, de sans-papier et inspirateur des révolutionnaires !

 

Rêveries d'un promeneur solitaire. Rêverie, synonyme de délire ou de vagabondage, ce n'est ni le songe, fiction, chimère ou vision pendant le sommeil, ni le rêve, méditation, pensée profonde.

    La rêverie dans la nature est l'activité heureuse de l'imagination et du souvenir.  Elle permet à Rousseau d'oublier ses malheurs, le harcèlement des autres, les méchancetés de la société; elle lui procure ce "ravissement inexprimable qui consiste à se fondre dans le système des êtres et à s'identifier avec la nature entière." "J'aime mieux fuir les hommes que les haïr."

 

Dans le lac de Bienne, à l'île Saint-Pierre, près de Neuchâtel, au nord de Lausanne, Jean-Jacques retrouve la joie intérieure de jadis : chaque détail vise à recréer en lui une atmosphère capable d'émouvoir sa sensibilité physique. Il se voue à l'oisiveté, il est conscient de sa passivité; il ne veut que se sentir vivre. Pour exprimer ses plaisirs sensuels intimes et, de ce fait, difficilement communicables, Rousseau va utiliser la plus belle des proses, une écriture lyrique aux modulations harmonieuses; travail sur le rythme, enchanteur, susceptible de traduire le mouvement de la marche, de l'eau, des nuages, de l'avancée des sensations, de la montée d'un orgasme plus affectif que sexuel... La prose s'adapte aux mouvements de l'âme, aux ondulations de la rêverie. Dans cette ode à la Nature, l'être se purifie et se contemple dans son essence.

 

      Il retrouve une solitude voulue, à présent : "J'aime à me circonscrire (à vivre retiré). Quoique je sois peut-être le seul homme à qui sa destinée en a fait une loi, je puis croire être le seul qui ait un goût si naturel."

 

Dans ce retirement, à pied, herborisant ou couché dans sa barque et dérivant au gré de l'eau sur le lac de Bienne, l'oeuvre est un monologue; l'auteur est seul face au monde naturel dans cette autobiographie, sincère, cette fois-ci : on est loin des Confessions... Il se retrouve dans le lieu et la solitude : "Mes heures de solitude et de méditation sont les seules où je sois pleinement moi et à moi." Le livre s'ouvre sur cette phrase : "Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même..."Face au mépris et aux mesquineries des hommes, Rousseau découvre que le bonheur est en chaque homme : "la source du vrai bonheur est en nous..."; il veut fixer ces instants; ensuite, la lecture fera revivre cette jouissance (première promenade).

 

      En outre, solitude et plaisir des sens, rêverie et contemplation de la beauté environnante lui rendent conscience de son être : "Ces heures de solitude et de méditation sont les seules de la journée où je sois pleinement moi et à moi sans diversion, sans obstacle et où je puisse véritablement dire être ce que la nature a voulu." (deuxième promenade).

 

Le rôle de l'écriture est de retranscrire ces promenades, ces enchantements, ces extases, mais ce bonheur peut aussi conduire à l'inactivité et à ne plus écrire (cinquième promenade). Alors, la rêverie et la balade, menant à l'ataraxie, aux portes du paradis, s'approchent aussi de la création divine; loin des hommes, en exil, dans l'asile suisse, Rousseau ressent son autonomie, son être profond : "De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu."  H.Rousseau.jpeg L'éden, selon Henri Rousseau (dit "Le Douanier Rousseau")

 

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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