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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 09:09
David Korn et sa mère au camp de Rivesaltes

David Korn et sa mère au camp de Rivesaltes

 

 

 

Nuit du Mémorial avec David Korn

 

 Né en avril 1936, David Korn est d’origine polonaise et de confession juive. Lorsque la guerre éclate en 1939, il part pour la France en compagnie de sa mère.

Victimes des lois d'octobre 1940, ils sont alors internés dans deux camps : le camp de Gurs, puis le camp de Rivesaltes.

 

David, alors âgé de six ans, a la chance d’être évacué du camp de Rivesaltes le 25 avril 1942.

 

Après une évocation de son parcours menée par Philippe Anglade, journaliste à France Bleu Roussillon, David Korn répondra aux questions du public.

 

Ouvert au public

 

Tarif : 5€, gratuit pour les - 18 ans

 

sur réservation au 04 68 08 34 90 ou surinfo@memorialcamprivesaltes.fr

 

 

 

-Mercredi 23 mars à 20h

 

Salon de lecture Le journal de Friedel

 

 

 

Interprété par Bastien Charlery, accordéoniste, et Agnès Sajaloli, directrice du Mémorial, ce salon de lecture retrace le témoignage unique de Friedel Bohny Reiter, infirmière de la Croix Rouge Suisse qui, du 12 novembre 1941 au 25 novembre 1942, consigne dans son journal intime le quotidien qu'elle partage avec les internés du camp.
 Ouvert au public.Suivi d'un échange avec le public

 

Tarif : 5€, gratuit pour les - 18 ans

 

sur réservation au 04 68 08 34 90 ou surinfo@memorialcamprivesaltes.fr

 

 

 

-Vendredi 25 mars

 

A 20h

 

Concert de l'Orchestre éphémère du Mémorial du camp de Rivesaltes

 

Puisant ses origines dans les musiques espagnoles, tsiganes, juives et africaines, à l'image des populations passées par le camp de Rivesaltes,

 

l'Orchestre éphémère du Mémorial donnera son premier concert le 25 mars prochain à 20h. agissant à la suite de la résidence du compositeur Bastien Charlery.

 

Ouvert au public

 

Tarif : 5€, gratuit pour les - 18 ans

 

sur réservation au 04 68 08 34 90 ou surinfo@memorialcamprivesaltes.fr

 

 

 

** David KORN

Témoignage confié à Yad Vashem

Mes parents habitaient rue de la Caserne à Bruxelles et mon père exerçait la profession de casquettier. Quand éclate la guerre, il est décidé de nous évacuer en France, ma mère, Sarah et moi. Hélas, alors que nous avons pris le train, nous sommes arrêtés à la frontière française. Nous avons été ensuite enfermés dans deux camps successifs - dont Gurs - avant de nous retrouver derrière les barbelés de Rivesaltes. Né en avril 1936, mes souvenirs ne sont pas toujours précis quant à ce triste voyage. Il n'empêche que pendant de longues années, m'ont poursuivi des cauchemars avec des trains...

 

Nous sommes arrivés à Rivesaltes dans un état lamentable. Nous vivions dans des baraques insalubres, dans le froid et recevions peu de nourriture, juste assez pour ne pas crever. Les enfants allaient au réfectoire, et je me souviens très bien que je cachais un peu de pain pour ma mère, dans ma culotte.

- La seule photo de ma mère dont je dispose, est celle prise, miraculeusement, au camp de Rivesaltes le 19 novembre 1941, et qui m'a été remise après la guerre, par Mme Rosenberg qui était, comme ma mère et moi, internée dans ce cloaque. Je suppose que ce cliché - dont il est pour le moins curieux qu'il puisse avoir été pris dans de telles conditions -, le fut par un Républicain espagnol. Ces derniers nous avaient précédés dans ce "camp de la honte".

 

La copie de cette photo se trouve au musée de la Shoah, à Washington. Il suffit de taper sur GOOGLE : "David Korn with his mother".

 

J'ai eu la chance d'être évacué de ce camp, le 25 avril 1942, et pris en charge par l'OSE et les EEIF puis caché, à partir de 1943, dans une famille française, à Meylan, près de Grenoble, jusqu'à la fin de guerre. 

Le déclic de mon sauvetage a été l'invasion de la Zone dite "libre" par les Allemands.

 

Quand les Allemands ont commencé à occuper le sud de la France, il a fallu évacuer et planquer les enfants dans des familles chrétiennes, des fermes, des orphelinats, des couvents etc... Certains ont réussi à se réfugier en Suisse, en Espagne. Mais ce n'était pas chose facile. Certains passeurs, après avoir reçu de l'argent, laissaient les familles dans la natures ou les dénonçaient carrément à la Gestapo. Heureusement, beaucoup ont fait preuve de courage et ont pris des risques énormes.

 

J'ai reçu alors comme fausse identité celle de Daniel Chapon. On veillait alors à ce que les initiales de la nouvelle identité correspondent à celles d'origine. Donc D pour David puis pour Daniel. Par contre, difficile en Français de trouver un K comme Korn d'où le C de Chapon." 

 

- Nous étions quinze à quitter Rivesaltes, et je m'en souviens comme si c'était hier. 

Nous sommes montés dans un camion ouvert, et ma mère me faisait des grands signes. C'était un moment pénible et j'avais l'impression d'être seul dans ce camion.

 

 

Pendant le trajet qui devait me mener à Meylan, chez les gens qui avaient accepté de me cacher, la personne qui m'accompagnait, me demandait sans cesse :

Comment tu t'appelles, où est-tu né, d'où viens-tu ? et il fallait que je réponde correctement sans hésiter.

 

En arrivant chez nos protecteurs, Monsieur André Burlon-Artaud, me demande gentiment :

Comment t'appelles-tu ?

J'étais tellement ému que d'une petite voix je lui ai répondu :

- David Korn.

Il me repose la question, car il n'avait pas entendu ma réponse, et d'une voix plus forte, je lui ai dit : - Daniel Chapon.

Souvent, en souriant il me demandait :

- Mais quel est ton nom ?

Et jamais il ne l'a su.

 

Ces gens étaient fantastiques avec nous, et nous considéraient comme leurs enfants. Il fallait une sacrée dose de courage pour faire ce qu'ils ont fait, car ils prenaient des risques considérables.

Je ne me souviens pas d'avoir eu faim à aucun moment.

Pour mes huit ans, j'ai reçu un cadeau d'anniversaire ; c'était un petit cheval en bois, sur des roulettes. Un cadeau à cette époque, c'était presque impensable. Chaque année depuis lors, je pense à ce cadeau!

 

Et puis, la libération est arrivée. La famille Burlon-Artaud est repartie à Grenoble et ils m'ont confié à la grand-mère, où je suis resté encore quelques temps. Finalement, une jeune femme est venue me rechercher et je me suis retrouvé à Moissac, chez les EIF. Nous étions en 1945. Mon père, survivant de Buchenwald, est venu me rechercher en septembre 1945, et nous sommes repartis en Belgique. C'est à cette époque que j'ai compris que ma mère ne reviendrait pas. Pour moi, la guerre n'était pas finie....Mais ceci est une autre histoire !

 

Je pensais souvent à ces braves gens qui m'avaient caché et protégé de la barbarie nazie. Ne connaissant que le prénom du fils et ne me souvenant plus du nom de ces gens, ni du nom de l'endroit, il m'a fallu des années de recherches.

Au mois de mars 2002, j'ai d'abord retrouvé Ralph, le garçon juif, de quatre ans mon aîné, qui était caché avec moi, et avec son aide, j'ai localisé plus de 80 "Burlon".

Aprés plusieurs essais, je suis tombé sur un Georges Burlon-Artaud. En m'excusant de le déranger, je lui ai demandé si par hasard il ne serait pas la personne que je cherchais, et il m'a répondu :

- Tu es Daniel Chapon...

Nous pleurions tous les deux. Il nous était impossible de parler. Le lendemain, un peu calmé, je lui ai dit combien j'étais triste de ne pas avoir eu la chance de revoir ses parents, qui malheureusement étaient décédés. Je n'oublierai jamais sa réponse :

- David, mes parents nous disaient toujours, "Ont-ils retrouvé leurs parents ?".

 

Le 10 avril 2005, Le Comité Français pour Yad Vashem a organisé une cérémonie en hommage à nos sauveurs : André et Angèle Burlon-Artaud. Les médailles et diplômes de "Justes parmi les Nations" leurs ont été décernés, malheureusement à titre posthume.

Ralph et moi, nous considérons Georges Burlon-Artaud comme un frère !"

 

- "Aprés des années de recherches, Bobichon et moi, nous nous sommes retrouvés l'année dernière, et il est venu des USA. Nous nous sommes ainsi retrouvés après plus de soixante trois ans. Nous sommes partis avec quelques anciens, faire un pèlerinage à Moissac. Ce furent des moments trais intenses.

 

Sa mère et la mienne ont été déportées le 11 septembre 1942, dans le même convoi, le n°31, et gazées à l'arrivée à Auschwitz, le 13 septembre 1942."

17/02/2010

Lien : Blog de Yad Vashem

[Compléter l'article]

 

*** Historique (extraits), voir sur le net :

 

NICOLAS LEBOURG

 

HISTOIRE GENERALE DU CAMP DE RIVESALTES

 

Conférence donnée aux Journées du Patrimoine, Camp de Rivesaltes, 15 et 16 septembre 2007.

 

La France de l’entre-deux-guerres est le premier pays d’immigration au monde. Toutefois, durant les années 1930, se répand dans les élites l’idée d’une sélection des migrants, fondée sur leur assimilabilité économique et ethno-culturelle, tandis que les masses se raidissent face aux influx de réfugiés, perçus comme une concurrence sur le marché du travail. 

 

En 1938, est instauré pour la première fois un sous-secrétariat d’Etat en charge de l’immigration et des étrangers. 

 

En 1938 également, à quelques kilomètres de Perpignan, aux quatre cinquièmes sur la commune de Rivesaltes et au un cinquième sur celle de Salses, est construit le camp militaire « Camp Joffre ».

 

Outre sa mission initiale de transit pour les troupes coloniales, de dépôt et d’instruction, ce lieu n’a cessé de recevoir des populations civiles et des soldats vaincus. 

 

Au fil de sept décennies, y sont regroupés et immobilisés des réfugiés 

 

accusés de présenter un risque économique et politique (Espagnols fuyant le franquisme ; Européens du Centre et de l’Est, souvent juifs, chassés par les avancées nazies, mais considérés comme ressortissants de puissances ennemies), 

 

des populations mises en cause sur une base raciste (Gitans et juifs), 

 

des prisonniers de guerre de l’Axe, des collaborateurs, des supplétifs coloniaux de l’armée française et des populations civiles fuyant les nations post-coloniales, des immigrés clandestins… 

 

La succession des occupations correspond à des adaptations conjoncturelles. Cependant, loin d’être un inventaire à la Prévert, l’histoire du camp de Rivesaltes dessine en creux celle de la gestion technique des flux humains par l’Etat. 

 

    En 1937 et 1938, environ 70 000 Espagnols trouvent refuge en France. Au vu de l’évolution de la guerre d’Espagne, la consigne du ministre de la Défense est de préparer l’accueil de 15 000 nouveaux arrivants. 

 

In fine, ce sont plus de 450 000 républicains qui traversent les Pyrénées en février 1939. En mars, 264 000 Espagnols se serrent dans les camps du Roussillon. – quand la population départementale s’élève à moins de 240 000 personnes, dont 37 000 Espagnols, et que Rivesaltes est une bourgade de 5 000 âmes.

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