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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 16:20

domi.jpg   D.Baillieux (photo J.Pierre Bonnel)

 

                               Beaucoup de monde, trois cents amateurs d'art, samedi, au centre culturel municipal. 


   Un jury exigeant, des personnalités, le concours de la ville (présence du maire qui annonce une extension des ateliers, belle idée qui ne restera pas à l'état de promesse électorale- il l'a dit lui-même !), du conseil général (Marcel Mateu, inspiré et de très bonne humeur qui a promis de continuer à aider Théza et ses grands prix de peinture), et des artistes : Jean-Pierre Dulucq, élève de Germain Bonel,  Maurice Azra, le photographe aérien Rémy Michelin, Jeanne-Marie Delbarre, le poète Aïssa, les romanciers Pascal Yvernault, Raoul Da Nacimiento et J.Pierre B...

 

Pour ces deux nus à la peau douce et aux éclairages caravagesques, c'est Dominique Baillieux, l'artiste qui a déjà obtenu le grand prix de Conseil général et le prix de la ville de Perpignan, qui obtient le grand prix de la ville de Théza.

 

Ce gros village, grâce aux ateliers modernes et lumineux, mis à disposition des artistes par la municipalité, s'inscrit à présent, de façon  indiscutable, dans la lignée des hauts lieux qui comptent désormais pour la création esthétique dans le département des Pyrénées-Orientales ! theza.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 domi--prix-de-theza--16.3.13-copie-2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 23:49

2013-03-13-17.55.39.jpg  2013-03-13-17.56.42.jpg (C) Teresa Rebull)

 

2013-03-13-17.56.55.jpg          Tout le monde connaît désormais la ville-frontière de La Jonquera, en Catalogne : un haut lieu du marché du sexe, c'est-à-dire un bas lieu de la misère des corps...

 

On sait moins que ce village longiligne est surtout un lieu de culture; avec le Musée de l'exil, la guerre d'Espagne et la Retirada ont gagné une mémoire, grâce aux expositions et événements qui s'y déroulent. Et point de départ du circuit des "routes de l'exil", en passant par Agullana ou La Vajol, jusqu'aux camps du littoral roussillonnais. 

 

Lieu de mort, direz-vous ? De morts, de souvenirs, de tout un passé de souffrance et d'exode, certes, derrière la lourde façade d'acier du musée de la "carrer major", ou rue principale...

 

Mais je ne ne voulais pas parler de mort, mais de vie, c'est-à-dire des "natures mortes" de Teresa Rebull, qui, ô paradoxe, sont des natures vives, vivantes, enthousiasmantes ! Ce motif éternel de la peinture, ce genre de la "nature-morte", pratiqué par les plus grands artistes, est traité ici, avec les outils fauves de la lumière et les constructions spatiales du cubisme. Avec le respect ardu des volumes. Dans la mise-en-scène discrète du tableau... 

 

Mariage voluptueux, pleinement réussi, sous l'oeil du Maître d'Aix, à l'origine de la peinture moderne : le vénérable Cézanne...

 

Teresa la grande dame, comme on aime la qualifier avec amour et admiration, pour son parcours musical et politique, "àvia de la Nova Canço" et "Creu de Saint Jordi 1992", a sorti de sa cave picturale des bouteilles et des verres vides, mais remplis de couleurs, à boire avec les yeux. Et les fruits multicolores, poires, figues, raisins, grenades, dans un équilibre parfait, dans une harmonie d'une classique beauté.. Et, bien sûr, la pomme de Paul, à croquer, que le spectateur a envie de toucher, avant de la conserver dans un coin de son imaginaire...

 

      La dévorer, la pomme, sans penser à Pascal, le triste, qui n'y voyait qu'une "vanité"... Non, restons avec Cézanne : "Avec une pomme, je veux étonner Paris." 

 

Restons avec Teresa, qui nous étonne avec sa pomme ..! 

 

Les poivrons sont rouges et les aubergines matissiennes, sous un décor bleuté, qui ouvre l'horizon de la toile. En effet, la "nature morte" tend le plus souvent à un enfermement de la peinture; avec Teresa Rebull, les teintes et les fruits méditerranéens offrent des perspectives sur le territoire catalan... privilégié encore dans les paysages grecs de Banyuls aux collines et terrasses à l'inénarrable beauté... 

 

Beauté et sensualité sont visibles encore avec ces corps longs et dénudés, que la proximité des croquis noirs et tragiques du camp de concentration de Rivesaltes n'arrive pas à estomper. Il s'agit là d'une exposition comme une rétrospective des divers motifs abordés par T. Rebull, en un lieu un peu trop retiré, hélas, en marge des "passages" touristiques et mercantiles.

 

Une exposition à la frontière. Comme en exil... 

(texte et photos : Jean-Pierre Bonnel)

 

*Exposition "Paletes" per la diversitat, Centre culturel de l'Albera "Can Laporta", jusqu'au 15 mars 2013, entrée (libre) au numéro 2 de la rue principale "carrer Major" - tél. 972 555 258 - horaires : de 17 à 19 heures.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:41

images-copie-25.jpeg Jojo Pous aux Templiers, parmi son musée imaginaire...

"La Fondation RENE POUS a pour vocation de perpétuer la mémoire du grand mécène que fut René POUS en présentant au public les œuvres de maîtres de sa magnifique collection de peintures, dessins, gravures, affiches et sculptures, de diffuser la connaissance artistique et d’apporter son soutien à la création contemporaine.


Elle a son siège depuis juillet 1989 à AUTERIVE, dans les locaux de grande dimension construits dans la tradition régionale.
La famille POUS, propriétaire de l’Hostellerie Les Templiers à Collioure a toujours abrité et protégé les artistes de cette capitale de l’Art où sont passés ou ont demeuré les peintures, compositeurs, écrivains, les plus célèbres du monde entier."

Fernand Roux - 05.61.08.34.03

FONDATION RENÉ POUS 

"Les Escloupiès"

Route de Grépiac

31190 Auterive

05.61.08.34.03

contact@fondationpous.org

http://www.fondationpous.org

Un musée aux champs

Entre Auterive et Grépiac, si le cœur vous en dit, la Fondation René Pous, située au lieu dit »les Escloupiès »vous accueille pour une visite, au fil des cimaises. Dans ce musée, tout près des champs, vous découvrirez une partie de la très belle collection particulière de la famille Pous de Collioure. Elle a reçu, dans son hostellerie, au début du siècle dernier, des peintres , qui, à lépoque, peu fortunés, lui laissaient en guise de remerciements pour son accueil, des peintures. Se sont ainsi succédés Matisse, Dali, Picasso, Giner, Mucha, Perrot et bien dautresLeurs dons ainsi que lachat par la famille de nombreuses toiles lui ont ainsi permis dêtre, par la suite, à la tête dune collection de renom. Si vous passez par Collioure, lHôtellerie des templiers est actuellement tenue par Jo Pous, le fils du célèbre mécène et par sa fille Mané. Fernand Roux, le créateur de la fondation René Pous, ami aussi de la famille , a ainsi délocalisé une partie de la collection, en accord avec la famille, collection que vous pouvez admirer désormais à la Fondation.


Des visites gratuites et commentées

Les visites sont gratuites et commentées, sur rendez-vous. Marie-Odile Peter, muse de lartiste peintre Fernand Roux vous guidera au fil des salles et au fil des toiles, agrémentant la visite de savoureuses anecdotes. Cette fondation, ouverte toute lannée, reçoit des groupes et des particuliers, des écoliers, des ateliers dart, des touristes Chaque mois, se succèdent des activités parallèles aux visites : expositions personnelles ou de groupes, conférences, visites de musées, voyages et de mi-novembre à mi-décembre la Fondation organise un Salon dAutomne ouvert aux peintres, sculpteurs, français et étrangers ainsi quaux jeunes artistes désireux de se faire connaître.

 

 

Historique

" Loin des feux de la grande ville, il est très étonnant de trouver sur une petite route des bords de I'Ariège, un haut lieu culturel de la peinture : le musée de la fondation René-Pous.

Voulez-vous savourer un Don Quichotte de Dali ? La pureté d'un profil de Cocteau ? Retrouver Dufy, Brayer ? Il y a les beaux portraits de Grandidier. Matisse aux côtés de Balbino Giner ou Carzou qui côtoie René Aspe. La liste est vraiment très longue. Mais pas avant de dire que ce lieu a une Ame : celle de Fernand Roux. Ici fut sa demeure. Ici vit la fondation René-Pous. Normal alors de rencontrer aux détours de la visite, de nombreuses oeuvres de ce grand peintre : nus, en sanguines, au dessin linéaire où I'on sent qu'il fut I'ami de Matisse. Paysages, en peintures vigoureuses, construites et éclairées, corridas très psentes, en différentes manières."

Elfie DESSORT.

"L'Hostellerie des Templiers à Collioure est une véritable institution, connue pour avoir hébergé les peintres, compositeurs et écrivains qui venaient chercher l'inspiration dans ce charmant petit port catalan (en particulier durant la guerre d'Espagne).
Pro
priétaire de l'hôtel, René POUS les a bien connus et, en mécène autodidacte, a collectionné plus de deux mille toiles parmi lesquelles on relève les plus grands noms de l'art moderne (Dali, Derain, Maillol, Cocteau, Chagall, Picasso, Matisse, etc.)."
Les Guides de Charmes

 

René Pous à la terrasse de l'Hostellerie des Templiers

 

Fernand ROUX, élève et ami de Henri MATISSE, a habi

Collioure quelques années, séduit par la couleur des paysages de ce petit port de pêche. Il a naturellement fréquenté la famille POUS, qui est devenu son ami. Revenu plus tard dans la région toulousaine, Fernand ROUX lui a proposé de créer et d'héberger une Fondation de peinture qui serait le prolongement de l'hostellerie des Templiers. Aujourd'hui, c'est Marie-Odile PETER la compagne du peintre durant 30 ans, qui perpétue leur mémoire en faisant visiter cette fondation (gratuitement, mais, sur rendez-vous).

COLLIOURE, rendez-vous des artistes

Pourquoi tant d'artistes se sont retrouvés à Collioure?

COLLIOURE a repsenté pour les artistes peintres et les sculpteurs, durant la première moitié du XXème siècle, ce qu'a été dans les années 1960-1980 Saint TROPEZ pour les artistes de cinéma et le show business. Il fallait s'y faire voir, et y être reconnu.

Collioure est situé tout ps de la frontière espagnole, et durant la guerre d'Espagne, beaucoup d'artistes catalans y ont trouvé refuge, lorsque la "guardia civil" se faisait trop pressante.
Enf
in Collioure possède aux dires de tous des artistes, une "couleur" inimitable.

Peu avant 1900, la famille POUS acquiert et exploite un café bordant le Douy, face au château des Templiers (actuel Château Royal à Collioure)
Ce café
s'appelait le "Café des Sports".

 

 

En 1905, Matisse s'installe avec sa famille à l'auberge de Rosette, ps de la gare et y travaille jusqu'en 1914. Derain est déjà sur place et Maillol est à Banyuls il vient de quitter la tapisserie pour la sculpture.

 

Pendant que Mme Matisse et Mme Maillol font de la couture ensemble, Maillol psente Matisse et Derain à Monfreid.

De son côté, le jeune René POUS va à l'école avec le fils Matisse.

 

 

Maillol

Monfreid

 

 

En 1910, Henri-Jean-Guillaume MARTIN, toulousain, connu pour ses œuvres exposées au Capitole, habitait à Collioure la première maison de la rue Bellevue, la dernière étant celle du peintre Henri Marre (montalbanais d'origine)

Leurs œuvres se situant entre l'impressionnisme et le pointillisme.

Collioure par H. MARTIN

Henri MARRE

 

derain andré.jpg

Braque Georges.jpg

André DERAIN

Georges BRAQUE

 

En 1925, René POUS reprend le café des Sports.

En 1942, Fernand ROUX s'installe sur le port avec Sita, son épouse qui est la 3ème sœur des célèbres "Sœurs CARITA " qui ont tenu l'un des plus célèbre salon de coiffure parisien de l'époque.

Toujours en 1910, Picasso va travailler l'été à Cadaquès avec DERAIN et l'année suivante à Céret avec Georges BRAQUE (cubisme analytique).

Dans les mêmes années, Albert Marquet, l'ami fidèle de Matisse, habite lui aussi Collioure.

 

Albert MARQUET

 

En 1948, Dufy est également à Collioure.

A la fin de la 2ème guerre mondiale,
Le café de
s Sports devenu Hostellerie des Templiers fait également restaurant.
Tous les artistes de l'époque s'y retrouvent régulièrement.

De 1950 à 1952, Picasso installe sa famille à la Miranda, annexe de l'Hostellerie des Templiers.

 

 


 

De 1953 à 1957 Salvador DALI se rend fréquemment à Collioure où il retrouve l'ambiance de "fêtes" qu'il adore.

 

 

En 1950, Fernand Roux séjourne à Nice où vit son oncle, le coiffeur de Matisse.

Matisse (jusqu'à sa mort, en 1954) devint le mentor de Fernand ROUX durant toutes les dernières années de sa vie.

Henri MATISSE


 

 

 

"Les Escloupiès"
Route de Grépiac
31190 AU
TERIVE

 

Tél. : 05.61.08.34.03

 

Visite sur rendez-vous

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:42

colliore-par-descossy.jpeg Collioure, par Descossy -

 

   Camille DESCOSSY (1904/1980), exposition jusqu'au 17 mars, à l'Espace Bagouet, Esplanade, à Montpellier.

 

Dans le catalogue, des textes de Vincent Bioulès, ancien élève de Descossy, et de Numa Hambursin, commissaire de l'exposition et responsable artistique de l'espace Dominique Bagouet- 56 pages, six photographies.

 

 

L'Espace Dominique Bagouet, un nouveau lieu d'exposition temporaire pour explorer l'oeuvre des figures de l'art et du patrimoine régional, confié à Numa Hambursin.

 

Pour la première exposition programmée à l'occasion de la réouverture du lieu, la ville de Montpellier a choisi l'oeuvre de Camille Descossy, un peintre régional.

 

Camille Descossy est né en région Languedoc-Roussillon, plus précisément à Céret (Pyrénées-Orientales) en 1904.

Après un passage aux Beaux-Arts de Montpellier, où le peintre a pu rencontrer des figures comme Georges Dezeuze et Albert Dubout, Descossy est reçu aux Beaux-arts de Paris, ville où il expose dès 1926, au Grand Palais.

Camille Descossy est nommé professeur aux Beaux-Arts de Montpellier en 1939, avant den devenir directeur.

 

Il est une figure incontournable de la peinture régionale, explorant sans cesse les paysages de notre arrière-pays ou encore de la terre catalane qui le vit naître. Sa touche large et affirmée soutient une peinture dune grande rigueur.

 

expo-camille-descossy-1354287647-25823.jpg   Extrait de la biographie de C.Descossy, par  Jac ques Marmayou

 

Camille Descossy naît à Céret le 24 Mai 1904 et passe les dix premières années de sa vie à Prats de Mollo. Après un passage aux Beaux Arts de Montpellier, où il a connu Germaine Richier, Georges Dezeuze, Albert Dubout, C Descossy est reçu aux Beaux Arts de Paris et aux Arts Décoratifs, premier en première division il suit les cours de Cormon qui se prend de sympathie pour lui et qui apprécie, dans son néo-impressionnisme, une certaine liberté. C Descossy expose dès 1926, au Grand Palais puis à la Société Nationale des Beaux Arts, aux Indépendants et au Salon d’Automne.

 

A Paris , il se lie d’amitié avec Baranovski, ancien ami de Modigliani, puis avec Schuffenecker qui évoque pour lui le souvenir de Gauguin Joseph Delteil lui demande d’illustrer sa « Jeanne d’Arc »; puis il rencontre Achille Laugé qui lui dévoile ses pastels aux petits points. Il découvrira chez Paul Signac le fonds d’atelier de Seurat.. Nommé professeur aux Beaux Arts de Montpellier, il en devient directeur en 1939. 

 

Il va participer aux mouvements culturels de la région, en créant le Groupe Frédéric Bazille, puis plus tard le Groupe »Montpellier Sète » avec François Desnoyer et Gabriel Couderc. Suivra une série d’échanges fructueux avec Jean Hugo, Jean Lurçat, Albert Gleizes et, lors du Festival du Palais des rois de Majorque en 1951, il réalisera plusieurs décors. Sa participation, en 1953, en tant que récitant au « misteri » de Joseph Sébastien Pons, le place au côté de Pau Casals. Il profite du séjour de Dufy à Perpignan pour évoquer avec lui les différentes techniques de conservation des œuvres.

 

Quand le département rachète à l’Armée le Palais des Rois de Majorque, Camille Descossy, défenseur du projet d’un grand Musée moderne catalan, ne sera pas entendu par le Président du Conseil Général. Mais ce dernier lui confiera pendant trois ans, la direction de la « Casa Rossello » à Collioure, qui réunissait, l’été, les meilleurs élèves de peinture de l’Hexagone.

 

Camille Descossy reste un peintre très ancré dans sa terre catalane, dont il partage les émotions avec J S Pons, Gustave Violet et Aristide Maillol. Sa touche large et affirmée soutient une peinture d’une grande rigueur. Il utilise une palette restreinte, aux teintes terreuses de l’Aspre aride qui le possèdera jusqu’à ne plus le libérer..

Son enseignement va révéler des artistes aussi variés que Claude Viallat, François Rouan ou Pierre Soulages, qui vont explorer le processus de création, de la destructuration du support à la peinture informelle.

 

Bibliographie: Camille Descossy.R.A Lacassagne.lib Cros,Montpellier 1934, Camille Descossy, J Marmayou, LaureMartinez.Eudesia 2001 

Le siècle de C Descossy,J C Marre. Terres catalanes n°38, décembre 2004

 

 

Espace Dominique Bagouet

Du 7 décembre 2013 au 17 mars 2013

Ouvert du mardi au dimanche, 10h-13h et 14h-18h
Entrée Libre

Esplanade Charles-De-Gaulle
34000 Montpellier
Tél. : 04 67 34 88 21 04 67 66 88 90

www.montpellier.fr

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:05

DSCN4447.JPG* blablART informe: Rétrospective du photographe Pierre Parcé au Couvent des Minimes. Vernissage le 08 mars à 18h00

Cette rétrospective est dédiée à Pierre Corratgé puisqu’il souhaitait travailler dessus et avait commencé à le faire avec Pierre Parcé et Jean Casagran (commissaire d'expo).

   A noter également à la Galerie Lumière d'Encre à Céret, le mardi 12 mars à partir de 18h30:

Jean-Claude Mougin (professeur de philosophie et photographe spécialiste du palladium) viendra évoquer le sujet "La beauté" dans le cadre d'une conférence débat.

Ce thème sera celui de la prochaine revue Regards #12 en cours de préparation (sortie prévue en juin) avec le belles surprises...

   renseignements:http://www.lumieredencre.fr 

 Jean Claude Mougin: http://www.platine-palladium.com

            Pascal Ferro  ( http://www.revue-regards.com )

 

 

 

*Rencontre avec l'artiste peintre céramiste  JOËL CAPELLA

 

LIBRAIRIE TORCATIS 10 rue Mailly à Perpignan

 

Exposition du 25 février au 25 mars 2013 à l'occasion de la sortie de son livre paru aux éditions Cercle d'Art

 

Regards nomades entre Antonio Machado et Walter Benjamin, texte de Philippe Sergeant - Vernissage en présence de Joël Capella le vendredi 8 mars à 17h

  

 

www.librairietorcatis.com

    « Joël Capella est un agitateur d'émulsions. Dans son creuset, il a disposé un peu d'enseignement, de la peinture, de l'engagement syndical, les bleus et or de sa porcelaine, des convictions antithétiques, du dessin sur motif, colères et débordements en tous genres, de la jouissance sans entrave, des brassées d'humanisme intact, de la mauvaise foi et un concentré explosif de force de conviction. Et il s'agite. Et il s'agite. Gare. Il rétablit un atelier, crée un diplôme, expose des tableaux, cuit à 1300°, cueille des fleurs d'anis, offre des couteaux espagnols, convainc des élus, fustige des confrères, poursuit le sanglier, boit du vin frais d'un trait, se désespère et rebondit. Un agitateur inusable, malgré les frottements. Vous avez mis la main sur un drôle d'oiseau. Rare. Agaçant. Précieux. Indispensable. Pour que le juste triomphe, il faut le traître. L'agitateur intervertit les rôles et les pôles. Vous le connaîtrez pour ce qu'il n'est pas. Je me souviens de le croiser où il n'est pas. Il peint. Il vit. Il cherche. Trouve. Renonce. Relance. Offrez-lui une exposition du Sans-pareil. Vous n'en reviendrez pas. Lui, si. »

 

     Michel Pagnoux (Peintre, ancien directeur d'école d'art, professeur des écoles nationales supérieures d'art, co-auteur du Dictionnaire de l'œuvre peinte, à paraître en 2013)  - Un regard Nomade (Ed. Cercle d'Art 2012)

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:14

cabaner-par-manet.jpg Cabaner par MANET.

Renoir et Ernest Cabaner, le musicien de Perpignan

 

Le film récent sur Renoir est beau: c'est la moindre des choses, peinture colorée, corps de jeune femme, vue sur la Méditerranée depuis la Côte d'Azur. Tragique ausi, puisqu'il s'agit des dernières années du peintre et que la grande boucherie est là. Mais il sen moque, il se contente de tracer ses "impressions" et de distiller des citations...

 

Si l'on revient sur la carrière de ce maître de la lumière, on sait que c'est un continuateur de Watteau et de Fragonard; Renoir a croqué lui aussi des scènes galanres; il aime la sensualité; c'est le peintre du bonheur, comme plus tard Matisse et Bonnard...

Il refuse l'idée d'école ou de groupe artistique, mais il peint "L'atelier de la rue Saint-Georges", sorte de ptit cénacles, composé d'amis, pas de grands concurrents tels Degas, Manet ou Monert. Il aime ce bourgeois éclairés, bohèmes, originaux, idéalistes.

Lestringuez, à gauche de la toile, se passionne pour les sciences occultes. George Rivière écrit. Ernest Cabaner, lui, de dos, est un artiste famélique; il hante Pigalle et le Quartier latin; il joue du piano dans un café de La Motte-Piquet; il niche dans un pavillon modeste, rue de La Rochefoucauld; ses amis sont les poètes Richepin, Banville, Charles Cros l'Audois, pour qui il compose des chansons, à partir de leurs poésies. 

 

Il incarne l'artiste maudit, incompris et son personnage de marginal et de bohème apparaît dans de nombreux romans à clés de l'époque...

 

Renoir, d'origine modeste, en quête de travail, peint ses amis bourgeois; il deviendra bientôt riche, il fera partie du courant fameux de l'Impressionnisme, lui qui voulait se tenir en dehors des chapelles. L'épisode de la rue Saint-Georges, vécu dans la misère et la joie, au milieu de ses camarades, sera vite oublié : Renoir court vers la gloire et la fortune...

 

Ernest Cabaner220px-Edouard_Manet_Ernest_Cabaner.JPG.jpg 

Portrait de Cabaner (1880), pastel d' Édouard Manet (Musée d'Orsay)

Ernest Cabaner, de son véritable nom Jean de Cabanes, (Perpignan, 12 octobre 1833 - Paris, 3 août 1881), est un compositeur, pianiste et poète français.

Cabaner, musicien bohème et excentrique, arrive à Paris en 1850. Il s'intéresse à la littérature et à la poésie, fréquente les peintres impressionnistes au Café Guerbois, Paul Cézanne, Pierre Auguste Renoir, Édouard Manet et le salon de Nina de Callias (Nina de Villard). Après divers emplois précaires dans le milieu artistique à Paris, il devient barman et pianiste à l'Hôtel des Étrangers où se réunissait le Cercle des poètes Zutiques. C'est là qu'il rencontre Paul Verlaine qui le dépeint comme un « Jésus-Christ après trois ans d'absinthe »1. Plus tard, il écrit lui même quelques poèmes et met en musique ceux de Charles Cros, de Baudelaire et de Mallarmé. Il meurt à 47 ans, atteint de tuberculose.

Ses relations avec Arthur Rimbaud

Fin septembre 1871, Verlaine doit trouver un logement pour Rimbaud qui s'est rendu insupportable chez sa femme, il le présente à Ernest Cabaner qui héberge fraternellement l'adolescent quelques mois chez lui à l'Hôtel des Étrangers. Il lui donne sans doute quelques cours de piano. Selon Pierre Petitfils2, on pourrait voir dans le célèbre sonnet « Voyelles » de Rimbaud, l'influence de Cabaner qui avait développé une méthode chromatique d'enseignement de la musique, il coloriait chaque note d'une couleur définie. Il a d'ailleurs dédié son Sonnet des Sept Nombres à son élève « Rimbald »3

Œuvres220px-Charles_Cros_-_Le_Hareng_Saur.jpg

Le Hareng saur de Charles Cros, musique de Cabaner

  • L’Archet, texte de Charles Cros, musique de Cabaner
  • Le Hareng saur, texte de Charles Cros, musique de Cabaner
  • Mazurka à Nina de Villard, musique de Cabaner
  • Le Pâté, texte et musique de Cabaner
  • À Paris que fais-tu, texte de Cabaner (d'après Rimbaud)
  • Souffles de l’Air, texte et musique de Cabaner
  • Sonnet des Sept Nombres, texte de Cabaner
  • Le Pâté Del Fragson, texte de Cabaner
  • Le Sonnet des Sept Nombres, texte et musique de Cabaner

Bibliographie : Willi Schuh, Ernest Cabaner - Musicien et poète maudit. In : Wolfgang Burde: Aspekte der Neuen Musik. Kassel 1968

  • Jean-Jacques Lefrère, Mickaël. Pakenham, Cabaner, poète au piano, Charleville-Mézières, L'Échoppe, 1994

Notes et références

  1. Cité par Bernard Bousmanne, Rimbaud - Verlaine, l'Affaire de Bruxelles, Calmann-Lévy - 2006 - page 23 - (ISBN 2702137215) - source : Wikipédia-
  2. Pierre Petitfils, Rimbaud, Julliard, coll. « Les Vivants », 1992 (ISBN 2-260-00895-X)
  3. Relevé sur le site Mag4.net [archive]

* Lire : ERNEST CABANER. MUSICIEN CATALAN, GRAND ANIMATEUR DE LA VIE PARISIENNE, AMI INTIME DE RIMBAUD ET DES IMPRESSIONNISTES, de Claude Colomer.

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 21:47

Paule Margail : Couleurs Inspirées

Du 2 février au 31 mars 2013 au Centre dArt Contemporain de Saint-Cyprien

paule_margail_couleurs_inspirees_illustration.jpg

Les Collections de Saint-Cyprien rendent hommage à Paule Margail, artiste peintre, dont l’œuvre originale bouscule les frontières de la couleur.

Un univers pictural présenté comme une anatomie de la couleur, dont lémotion en constitue sa chair. Lexposition se traverse comme un cercle chromatique, au hasard des formes intemporelles imaginées par lartiste. Chaque visiteur pourra ainsi explorer son propre monde de la couleur et de la matière, expression contemporaine dune peinture hors du temps.

Horaires : tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h (fermé le mardi).
Tarif : 4, réduit 2, dimanche 1, gratuit pour les - de 12 ans.
Lieu : Centre dArt Contemporain, place de la République.

Plus d'informations :
Collections de Saint-Cyprien
Tel : 33 (0)4 68 21 32 07


P.Margail : 12 rue Henri Muchart,- 66750 Saint-Cyprien Plage France
Tél : 04.68.21.41.84 - Fax : 04.68.21.41.84 - GSM : 06 15 06 93 44
Galerie Arts Evasion

http://paule-margail.fr - paule.margail@dbmail.com  margail.jpeg

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 10:26

pignon.jpeg                   Exposition du 1er juin au 13 octobre 2013

Edouard Pignon, femmes en méditerranée : les Catalanes à Collioure, étés 1945-1946 

 

 

Le musée d’art moderne de Collioure organise du 1er Juin au 13 octobre 2013, une très importante exposition qui regroupera les œuvres réalisées lors des séjours d'Edouard Pignon à Collioure entre 1945 et 1946.

 

Le site de Collioure est connu dans le monde entier grâce au passage de nombreux artistes pendant tout le XXe siècle et notamment à travers l’expérience fauve lors de l’été 1905 conduite par Matisse et Derain. Depuis lors, la ville de Collioure est rentrée dans l’histoire de l’art d’une manière magistrale.

De très nombreux artistes y ont séjourné : Marquet, Camoin, Valtat, Manguin, Max Jacob, Juan Gris….Tous en quelque sorte, à travers leurs préoccupations plastiques du moment, ou bien dans leur recherche personnelle, ont rendu hommage à cette petite ville  connue dans le monde entier pour sa beauté et sa remarquable lumière.

Édouard Pignon n’y a pas échappé et ses séjours à Collioure entre 1945 et 1946 témoignent de son engouement pour le site et ses habitants. Homme du nord, il saisit là l’intensité mythique de la méditerranée, notamment  sur la question de la femme, comme personnage essentiel de la dramaturgie méditerranéenne, sans renoncer complètement à la déconstruction des formes et à la fragmentation des espaces issus du cubisme.

 

Le projet de montrer le travail de cet artiste à travers l'exposition " Edouard Pignon, femmes en méditerranée : les catalanes à Collioure, étés 1945-1946 " remonte à plusieurs années et notamment lors d’un échange avec Philippe Bouchet voici deux ou trois ans. Ce dessein se concrétise aujourd’hui par un double commissariat, celui de Philippe Bouchet spécialiste de l’œuvre de Pignon et le mien. Cette collaboration rend  encore plus lisible le travail de fond que réalise le musée de Collioure depuis les années 80, à travers une politique d’expositions qui a contribué à faire connaître au grand public les passages des artistes dans cette ville, mais aussi à produire un travail scientifique de recherche sous forme de publications qui ont dévoilé l’importance de Collioure et sa contribution exceptionnelle dans l’histoire de l’art du XXe siècle. 

Le musée présentera une soixantaine d’œuvres majeures de cette période : peintures, dessins et céramiques.

 

Auriez-vous l’extrême gentillesse d’inclure dans votre agenda culturel l’annonce de notre exposition, nous restons a votre disposition si vous souhaitez  obtenir des visuels. 

Vous en remerciant par avance, veuillez accepter l’expression de mes sentiments les plus cordiaux. 

 

Joséphine Matamoros,    Collioure, le 10 janvier 2013

 

 

Musée d’art moderne de Collioure

Route de Port-Vendres

66190 Collioure

Assistantes de l’exposition 

Nadine Skilbeck

Marion Serra                                                       

Tél : 04 68 82 10 19      mailto:musee@collioure.net"musee@collioure.net                                                              

 

 

* De notre critique théâtral Julien Verjoul : hier soir, samedi, le charmant théâtre à l'italienne de la place de la Rép, à Perpignan, rose en dehors, rouge en dedans, accueillait le fourbe, le délinquant : le héros, en blouson noir, était le héros de public jeune et bourgeois du centre ville : on se dévergonde comme on peut, et avec le théâtre, c'est mieux ! Même le directeur de la Kulture à Perpi, en cuir, of course, est arrivé à la fin du spectacle : Jordi Vidal ne vient pas pour se montrer, mais rencontrer des amis.        

Hélas, pas de critique cultureux, pas d'élus, exténués par leur marathon des "voeux", ni de gauche ni de droite, ni de personnalités, à l'exception de Jacques Vinas, Josiane et Gérard Coranti, J.Louis Ferrer et Hanna Fiedrich; cette actrice talentueuse va en février et mars, présenter son spectacle "Frida" au théâtre du Réflexe, puis de la Rencontre !

Justement le théâtre du Réflexe, de Canohès, c'est celui de Georges Pawloff, et la farce de ce samedi, c'est la pièce des Pawloff : le fils, très dynamique, au point de casser une enseigne, de faire rouler un tonneau vers les premiers rangs et de déraper sur les nombreux et inutiles "papiers" des avocats ridicules de l'époque ! Puis le père : Georges a de la voix et du métier, et a eu l'idée de trouvailles scéniques, tout en se laissant aller à la facilité (l'acteur en string, aux fesses porcines : provocation inutile, pétard mouillé, car on a vu pire !), ou à la maladresse (parlant avec Zerbinette dans le coin droit de la scène, privant la moitié du public de visibilité !). Enfin, la mère, Maryse, convaincante (au moins physiquement) dans son rôle de généreuse nourrice..

En gros, un bon spectacle, commençant dans le statique, puis trouvant son rythme !                                         

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 18:49

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Vernissage Michel Pagnoux chez Torcatis lundi 21 janvier

 

40 ANS DE CHE AUX TRÉSORS

 

Il y a un peu plus de quarante ans maintenant, 

MICHEL PAGNOUX 

exposait une bande dessinée dun nouveau genre, 

sans doute unique au monde, sans paroles, sans bulles et sans personnages, 

dans les salons de la librairie 

COSTE-TORCATIS.

Depuis, lauteur a légèrement bifurqué vers la peinture, 

mais sans jamais renier lesprit qui lanimait à lépoque, bien au contraire.

Aujourdhui, il revient à la librairie avec des peintures, des dessins et (presque) toutes ses dents, 

à loccasion de la publication dune série de dessins anciens et nouveaudans la revue 

LA LICORNE DHANNIBAL 

qui a le plaisir de linviter.

Le vernissage de lexposition aura lieu 

LUNDI 21 JANVIER à partir de 18h. 

Il sera loccasion de rencontrer lartiste ainsi que la joyeuse équipe des « Authentiques Cabochards de lIf » 

qui produisent la revue depuis une bonne dizaine d années.

 

40 ANS DE PÊCHE AUX TRÉSORS

 

 

Il y a un peu plus de quarante ans maintenant, MICHEL PAGNOUX exposait une bande dessinée

d’un nouveau genre, sans doute unique au monde, sans parole, sans bulle et sans personnage, dans

les salons de la librairie TORCATIS.

Depuis, l’auteur a légèrement bifurqué vers la peinture, mais sans jamais renier l’esprit qui l’animait à l’époque,

bien au contraire.

Aujourd’hui, il revient à la librairie avec des peintures, des dessins et (presque) toutes ses dents, à l’occasion de

la publication d’une série de dessins anciens et nouveaux dans la revue LA LICORNE D’HANNIBAL qui lui

fait l’honneur de l’inviter.

 

Le vernissage de l’exposition prévu le 21 Janvier à partir de 18h00 sera l’occasion de rencontrer l’artiste ainsi

que la joyeuse équipe des « Irréductibles Cabochards de l’If » qui produisent la revue depuis une bonne dizaine

d ‘années.

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 10:33

images-copie-33.jpegLa pensée politique  de Dali : “ idéologies ” ou “ idiologies ” ?, par Jean-Pierre Bonnel

 

 

Salvador sera tour à tour communiste, anarchiste de droite, franquiste, catholique papiste, et surtout… grand clown médiatique !


Le jeune Dali, c’est-à-dire, l’étudiant provocateur de 1925, est dadaïste dans l’âme, à l’avant-garde de la révolution artiste et proche des communistes ; il se lie d’amitié avec Luis Buñuel avec qui il collabore pour réaliser des films iconoclastes et surréalistes, et surtout avec le poète républicain Garcia Lorca, qui sera fusillé en 1936 par les milices fascistes. Ensuite, évoluant à Paris dans le groupe surréaliste dirigé par André Breton, il est l’un des membres les plus  remuants ; cependant, il va vite se heurter à Breton, grand “ pape ” du mouvement et qui adhère avec Eluard et Aragon au Parti communiste : c’est ainsi que l’effigie de Lénine, traitée de façon “ suspecte ” par Dali dans son immense tableau L’Enigme de Guillaume Tell n’est pas du goût d’André Breton et de ses fidèles. 

 

Il faut dire aussi –lire les Mémoires de l’ancien trotskiste surréaliste André Thirion- que Salvador n’arrête pas de parler de Hitler, affirmant que “  le dos d’Adolf me paraît très comestible : il faut manger Hitler ! ” Il représente le futur dictateur en… vache qui rit, face au tableau de Lénine ! Le groupe surréaliste estime que les propos de Dali sont dithyrambiques à l’égard de Hitler qui, selon Dali, aurait “ quatre couilles ” ! Le 5 février 1934 au cours d’une soirée loufoque chez A. Breton, et d’un procès inquisitorial, les surréalistes décident d’exclure Dali : “ Il s’est rendu coupable d’actes contre-révolutionnaires tendant à la glorification du fascisme hitlérien. ” S. Dali expliquera plus tard dans “ L’Express ” que sa fascination pour le Führer n’a jamais été d’essence politique, mais philosophique : “ Hitler était un pur masochiste. Il n’a entrepris toute cette action wagnérienne que dans le but inconscient de perdre et de mourir. ” Salvador est exclu mais continue d’écrire à Breton, lui annonçant qu’il fait des conférences antifascistes…

 

André Breton n’arrive pas à démontrer le fascisme en actes de Dali : il finira par l’accuser de “ capitaliste ” et inventera son fameux anagramme “ Avida dollars. ”  Si Dali avait placé face à face les toiles de Lénine et de Hitler, c’est qu’il ne voulait aucun de ces deux totalitarismes : il osait briser le consensus sur les régimes communistes et disait la vérité avant tout le monde ; en même temps, il faisait comprendre, dans cette confrontation insoutenable, qu’il ne voulait pas non plus du troisième individu, “ le pape du surréalisme ”, spécialiste des exclusions et des excommunications…Un autre grand peintre catalan, Joan Miró, qui flirtait à la même époque avec les surréalistes, ne put jamais supporter l’autoritarisme de Breton, “ cette discipline de caserne ” (1929- cf. catalogue de l’actuelle rétrospective du Centre Pompidou) Dali n’était pas communiste : il l’affirme implicitement à travers sa célèbre formule : “ Picasso est communiste, moi non plus ! ” Dali se disait “ anarchiste ”, de droite, sans doute, un anar fait d’égoïsme et d’individualisme, plutôt que d’idéal collectiviste…

 

On peut comprendre l’aspect provocateur de certaines déclarations “ fascisantes ” du Maître de Cadaquès ; cependant, comment accepter que l’auteur de Prémonition de la guerre civile (1936-Musée de Philadelphie) salue d’un joyeux “ Olé ! ” l’annonce, en 1936, de l’exécution de son ancien ami Federico G. Lorca ! Comment accepter que le créateur de Poésie d’Amérique (1943-Fondation Gala-Dali), toile encore prémonitoire et moralisatrice, montrant un Noir, nouvel Adam, symbole d’un monde à naître, horrifié par l’autodestruction irresponsable du frère blanc, se félicite, lors du procès de Burgos, en 1974, de la condamnation des membres de l’ETA à être garrottés par la justice de Franco ? Qu’il soit aristocrate et fait marquis, soit : “ Je suis monarchiste dans le sens le plus absolu du mot ” (Entretiens –1983, édition Belfond- avec Alain Bosquet, avec qui il s’explique sur la Croix d’Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, donnée en 1964 par le dictateur), mais qu’il se prostitue devant le Caudillo parce que celui-ci a réglé les dettes du “ génial Catalan ” contractées lors de son exil luxueux aux USA, cela donne raison à Breton et préfigure la dernière période de Dali, la moins riche en chefs-d’œuvre, mais pléthorique quant aux “ exhibitions ” pensées pour faire de l’argent… 

 

Affichant des sympathies pour les régimes totalitaires, avant de se rallier, de façon peu discrète, après la guerre, au catholicisme romain, Dali a été accusé de “ raciste ” ; il a prétendu en effet, en 1939, que “ le malaise racial domine le monde ” ; comme Pierre Ajame (La double vie de S.D.- Ramsay- 1984), nous trouvons le propos monstrueux, mais : “ Qu’en est-il en 1971, quand il traite Karl Marx de “ cocu ”, pour s’être trompé sur la lutte des classes et n’avoir pas “ prévu la vraie lutte de notre époque, c’est-à-dire la lutte des races ” ?  Plus personne ne proteste… ” Dali va essayer de se racheter et soudain sous le charme de la papauté romaine, se rend auprès de Jean XXIII pour lui exposer le projet d’une vaste cathédrale œcuménique…Le brave pape ne pourra pas trahir un sourire discret. Alors, la religion qui lui reste, en guise d’idéologie ultime, c’est la quête et la célébration de l’argent. Le veau d’or ! Le vrai Dali c’est celui qui fera des faux et signera des feuilles blanches ; c’est “ l’homme-sandwich ” (Philippe Soupault) qui, en faisant de la réclame pour une marque de chocolat, organise sa propre publicité ! Dali l’avoue, avec le cynisme malsain qui le caractérise : “ Je vis à New York parce que je suis au milieu d’une cascade de chèques qui suivent comme une diarrhée. ”, déclare-t-il à André Bosquet. De retour d’Amérique, poursuivi par le fisc et harcelé, il est vrai, par la muse Gala qui exige un train de vie princier, le “ pauvre ” Salvador doit profiter de la société du spectacle et peaufiner son image cathodique ! Il mobilise Walt Disney, les magazines sur papier glacé, il soigne les mécènes de son temps et sa “ statue d’excentrique officiel ”, selon le mot de Michel Braudeau (cf. portrait de Dali dans Le Monde du 31-7-2002) Fortement médiatisé, il devient un produit de consommation, un cendrier, un calendrier, un tee-shirt, une gomme…mais là, encore, Salvador est précurseur, si on considère les produits tirés des artistes et vendus dans les boutiques des musées actuels… L’extravagant est devenu vénal, mais à qui la faute ? A Dali ou à la Société ? Aux deux, sans doute ! 

 

L’image du jeune Dali provocateur et généreux des années 1923/36, depuis sa révolte et son exclusion de l’Ecole des beaux-arts de Figueres, et son séjour aux beaux-arts de Madrid où il se lie d’amitié avec Lorca, jusqu’à la mort du poète andalou, est vite dépassée par la représentation qu’il ne cesse de donner de lui-même : saltimbanque au discours confus et pseudo-érudit ponctué par un accent artificiel censé imiter l’intonation des pêcheurs de Port-Lligat ; il ne pense qu’à créer, de son vivant, sa propre légende, “ sa principale œuvre d’art ”, comme l’écrit le critique Philippe Dagen, le jour de la mort du peintre (Le Monde du 25/1/1989). Derrière ces faux-semblants, il semble que la véritable idéologie de Dali suinte et se donne à sentir dans son unique roman, écrit en 1943 aux USA :Visages cachés (Stock-1944) : roman de la décadence, de l’avant-guerre, aux allures du roman de Huysmans A Rebours, ou aux relents malsains de Notre avant-guerre du perpignanais Robert Brasillach ! Traitant du thème de l’amour-dans-la-mort, il semble que le mythe sous-jacent de Tristan et Iseult traite en fait du roman d’amour de Gala et Salvador ; l’idéologie du “ héros ”, aristocrate très Vieille France se limite à retrouver son patrimoine foncier et à exalter, à l’approche de la guerre, les vertus militaires…Il est évident que ce Dali-là est plus que décevant ! La suite l’est encore plus, avec les délires systématiques et prémédités, malgré cette déclaration sincère de 1974 : “ Tout, en moi, est théâtral ! ” Le lecteur du Journal d’un génie, de 1952, est mal à l’aise devant telle affirmation: “ Hitler venait de mourir d’une manière toute wagnérienne dans les bras d’Eva Braun à Berlin. Dès que j’appris cette nouvelle, je réfléchis dix-sept minutes avant de prendre une décision irrévocable : Salvador allait devenir la plus grande courtisane de son époque. Et je le devins. ” 

On peut chercher une excuse finale à la trouble conduite dalinienne, dans le thème du double, qui l’a toujours obsédé.(*) En effet, l’artiste a toujours pensé qu’il n’était venu au monde que pour remplacer le frère que ses parents venaient de perdre prématurément ; d’où l’importance du prénom : Salvador, le sauveur. Dali n’a cessé d’endosser une personnalité autre, de se chercher, de se connaître, de se psychanalyser à travers ses écrits et ses toiles. Evoluant sans cesse entre le bien et le mal, le vrai et le faux, il passe d’une idéologie à une autre, sans vergogne. L’unique ligne cohérente de sa vie, à lire dans ses nombreuses élucubrations et dans ses tableaux d’une technique irréprochable, peut se définir comme “ le connais-toi toi-même ” intime, hélas le plus souvent occulté par l’orgueil, l’exaltation de son génie et la tragique ambition de survivre dans la postérité et de sortir vainqueur de ce combat qu’il avait déjà mené, dans le néant de la prénaissance, ou in utero, à travers son double, son jumeau de frère. Combat avec la mort, bien sûr, et “ ce sentiment tragique de la vie ”, analysé par un philosophe castillan, est aussi inhérent à l’homme catalan, et à l’individu, en général…

Photo : Dali reçu par le général Franco, le 16 juin 1956, en audience au Palais du Bardo.

 

(*) « En 1966, dans une collection intitulée « Lettre ouverte », Dali publie une lettre ouverte à...S. Dali. L'échange de correspondance entre « Dali anarchiste » ou « surréaliste » et Dali « avidadollars »... est l'artifice trouvé pour commenter des opinions qui circulent sur Dali, voire répondre à des attaques qui lui sont adressées, à lui ou à son double, assumer et retoucher l'image que d'autres se font de lui...A ceux qui s'en sont pris à Dali, ou qui l'ont trahi, ce sont plusieurs Dali qui répondent...La manœuvre est rusée... » Catherine Millet: Dali et moi (Gallimard- déc.2005).

 

Note ajoutée après la publication de l'article dans La Semaine du Roussillon, en mai 2004.

 

 

 

 

 

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