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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 15:54

dali-pour-catalognart.jpg photo :   chez Dali, à Port-Lligat (Dali et Miss Europe - à droite de Dali, J.P.Bonnel, barbu ! En chemise rouge, le photographe Jean Roig, pour L'Indépendant, articles de 1972 réunis dans le recueil "Catalogne en peinture")

 

 

   Il a fallu bien du courage à Catherine Grenier pour écrire un nouveau livre, de 270 pages, sur le maître de Cadaquès ! Il lui a fallu du talent et elle en a : elle le démontre avec ce luxueux album, ouvrant des perspectives, faisant le point sur un des plus grands artistes du XXème siècle ! (Flammarion, novembre 2011, 45 euros) 

 

 

  En analysant les racines catalanes de Salvador et en parcourant, de façon claire, en un style lumineux, les différentes périodes de la vie pleine du génie : la période spectrale, le surréalisme, le réalisme, le psychédélisme, le contemporain...

 

   La directrice adjointe du Centre Pompidou, à Paris, à travers une patiente et fouillée enquête itinéraire, montre comment Dali s'est "inventé" lui-même : il se construit à partir de son frère, par un dédoublement interne, une dualité constitutive. Il se construit surtout de façon rétrospective, enrichie par sa lecture de Freud et d'Otto Rank : "toute sa vie, il s'associera à des doubles qui l'accompagneront et qu'il incorporera comme une part non délirante de lui-même. Lorca, Breton, Gala...remplaceront la figure structurante de la famille, qui agit très fortement et positivement durant ses jeunes années." 

 

  Il est aidé, dans sa quête d'un style et d'une personnalité, par la grand-mère, Maria Anna, pratiquant la création d'objets artsitiques, par sa mère, Felipa, doué pour le dessin, et par son oncle, Anselm, qui tient à Barcelone une librairie accueillant les nouveaux courants artistiques..." (page 19)

 

         DALI va ensuite "téter" le monde comme le sein maternel; ou il le broie pour en retirer le suc, la substantifique moëlle; il se fixe, très jeune, sur des images  traduisant sa relation érotique au monde... 

 

   Dès lors, un des grands thèmes de son travail est l'importance de la forme, "qui est la séparation,, le rempart, entre une vie et une mort menacées de se confondre parce qu'elles sont l'une et l'autre informes." Pour lui, le propre de l'art est de produire de la forme à partir de la masse informe de la vie et de l'histoire. Une grande culture, une énorme mémoire vont aider le jeune artiste à se fabriquer une personnalité originale et un style à part.

 

  Il va, aux Beaux-Arts de Madrid, entre autres, faire l'apprentissage de la technique, acquérir la culture picturale, manger tous les styles et s'imprégner des "maîtres", tel Picasso, qui va résider à Cadaqués chez un grand ami de la famille de Dali, Ramon Pichot.

 

    Dès cette période, 1921/22, Salvador va avouer son admiration pour le peintre moderne. Avec le poète Lorca,aussi, Dali va apprendre et créer beaucoup, refusant et fustigeant le sentimentalisme et le monde des émotions : cette société bourgeoise est rejetée, ce sont des "putréfiés", clame le révolutionnaire. DALI va créer DALI, à partir de ces rencontres et puis, vite, avec l'expérience de la psychanalyse et avec le groupe parisie,n des Surréalistes... Breton, Eluard, Crevel... puis vint GALA !

 

  Ce livre est une étude inédite, sérieuse, qui nous fait comprendre le long apprentissage de l'artiste, dont les pitreries finales sont minimisées, le peintre profitant par là du mode de l'argent, de la pub et de l'omniprésence des médias qui ne donnent à voir que les apparences des êtres...

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 16:38

 

       PEINTURE                          ( toile de Dominique BAILLIEUX100_0046.JPG

 

 

  * Maillol : "Regardez cette mer : on la mangerait !"

 

  * Cézanne: "Organiser ses sensations."

 

  * Je reviens de l'exposition sur l'art du corps : "hors limites". Ces œuvres veulent tendre à raccourcir la distance qui sépare l'art et la vie. Le public est invité à composer lui-même des poèmes aléatoires, comme l'avait suggéré Berthold Brecht. Il fallait ensuite s'adonner à des pratiques mortifères, à des rituels sanglants, en utilisant les souris et les chats que le propriétaire de la galerie Kassetemps fournit à ses invités. Le but était de démontrer que l'époque était folle, en pleine décadence : laisser des traces artistiques, corporelles, sexuelles et criminelles de la régression généralisée dans la société du ketchup...

 

  * "Un kilo de vert est plus vert qu'un demi kilo." Gauguin.

 

  * "Le Nord est coloré et le midi lumineux." Signac

 

  * "La lumière est devenue couleur." Gauguin

 

  * "Ce que Matisse découvrit à Collioure, ce fut l'excès." Raoul Dufy.

 

   * "La couleur pour la couleur." Derain à Collioure.

 

  * "La Méditerranée a une couleur, comme les maquereaux, c'est-à-dire changeante." Van Gogh.

 

  * "J'ai commencé à utiliser le noir pur comme une couleur de lumière, et non comme une couleur d'obscurité." Manet.

 

  * Et le noir, encore, de Renoir : le  Re/noir...

 

  *  Je lis un autre livre de Jean Clair : "La barbarie ordinaire" ( le peintre Zoran Music à Dachau, Gallimard, 2001) à Zagreb, aux Beaux-Arts, en 1930, Music apprend à disséquer des cadavres... Il dessine les mourants en 1945,les reprend en 1970, s'étonne du sexe démesuré des cadavres...au camp, les morts-vivants étaient appelés des "crétins"...La mort est la grande occupation de la vie."

Devant ces stères alignés de cadavres, Music dira qu'il eut la révélation soudaine d'une beauté tragique...Corps desséchés, pareils à des fleurs japonaises, teintées d'un bleu et d'un blanc exquis..."Cadavres, blancs comme la neige sur la montagne, ou comme des mouettes sur la mer..."

 

  * Peinture : passez, y a rien à voir !

 

  * Poussin : "La fin de l'art est la délectation."

 

  * Picasso, à la mort de Juan Gris : "C'est beau un peintre qui sait ce qu'il fait."

 

  * Pour Goya, le songe de la raison enfante des monstres.

 

  *  Les apsaras : danseuses sacrées d'Angkor sculptées sur les murs d'Angkor Vat.

 

  * Delacroix au Maroc invente une sténographie visuelle : "Le beau court les rues, il y est désespérant, et la peinture, ou plutôt la rage de peindre, paraît la plus grande des folies."

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 22:59

web-les-locataires-72-.jpg Galerie L'Isba, vernissage le jeudi 24 mai à 19h30, de l'exposition consacrée à Jacques MONORY et à Alain LAPIERRE. 

 

 

19 avenue des palmiers, à Perpignan

Affiche-les-locataires-verso-72.jpg

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:16

cantagril.JPG   Quelques artistes du Roussillon rencontrés au fil des vernissages de mai (noms dans l'ordre des photos) :

 

        Chantal Cantagril, bien connue dans le 66 (atelier à Collioure), artiste invitée à l'exposition des arts au Soler.

 

  Vincent Pulpito, de Collioure (avenue de la gare-peinture émotive et décorative) avec Dominique Baillieux (exposition à Cabestany, au centre culturel, ce mois de mai)

 

    Jeann-Marie Delbarre, récompensée avec raison au salon départemental des arts à Théza.

 

  Henri Iglésis, sculpture sur métal présentée au Soler, un talent original !

 

 

  Triptyque impressionnant de Maurice Azra.

 

      Annick Dauliac, artiste confirmée depuis des décennies.

 

 

 

  domi-et-Pulpito.JPG

 

JMDelbarre.JPG

 

 

  maurice-.JPG

 

 

 

 

 

 

henri-iglesis.JPG

 

 

 

  annick.JPG

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:43

giner.jpeg  Toile de Gino Balbino Giner-Gabarda.

 


 

   Le peintre est mort dans Collioure tant aimée : 'il s'en est allé vérifier si les couleurs de l'au-delà sont aussi lumineuses qu'ici-bas", dit le faire-part, publié dans le quotidien L'Indépendant (11 mai 2012), ajoutant : "ses cendres seront confiées à la Méditerranée qu'il aimait tant."

 

  Il avait fait les Beaux-Arts, avait beaucoup exposé, invité tout récemment à la Bienale internationale de Florence, mais n'aura jamais pu se libérer de l'emprise d'un père, Balbino Giner Garcia, si glorieux, si connu pour sa faconde, son exubérance, sa bonne humeur, son talent, en Catalogne. Gino, lui, était plus froid, plus réservé, moins populaire; après les expériences figuratives et abstraites, il avait retrouvé la luminosité matissienne dans son ultime veine (image ci-contre).

 

   A l'occasion de sa "rétrospective de 2005 à Perpignan, j'avais écrit (cf. "leblogabonnel") un article "méchant" sur lui, "fauve d'un après-midi d'été": la pornographie attire les foules, mais il ne suffit pas de montrer son cul pour montrer son génie...

 

   Depuis ce non-événement, il m'insultait, quand il me croisait à Collioure (*), ou se postait tout près de moi, avec un air mauvais, comme lors d'un récent vernissage à la Castang Galerie. 

 

  Oublions ces mesquineries ! Ce personnage était mal dans sa peau, il n'a pu donner le meilleur de lui-même : faute d'avoir pu "tuer le père", comme le proclame la psychanalyse de trottoir, il essayait de tuer les autres... Le journal "républicain des Catalans" lui consacre une page entière, en couverture : un sacré linceul. La commémoration comme un fait divers, cela permet de ne pas causer culture tous les jours en ce Roussillon tissé de jalousies et d'hostilités rentrées...

 

- - - - -

 

   (*) Je n'ai rien d'intéressant à vous dire ce matin, alors je vais vous parler d'un personnage insignifiant. Je l'ai rencontré à Collioure, ce dimanche de foule et de marché. Il me poursuit de sa hargne, m'adresse des mots de haine. Il m'a lancé, je crois, un mot charmant "Je vous emmerde !" Il est plus doué en parole qu'en einture, c'est sûr !

   Cet individu raffiné s'appelle Balbino Giner, numéro deux, dit "le Petit". Comme il veut se distinguer du père, si sympathique et talentueux, il se fait appeler "GINO": sa petitesse est toute dans ce diminutif...

   Pourquoi cesinsultes ? J'avais écrit, durant l'été 2005, un pas gentil article sur sa mauvaise peinture (voir les débuts de mon blog) : cet "artiste", utilisant les zébrures animales et les costumes des bagnards, dans les couleurs franches de Matisse, n'a pas apprécié que je définisse ainsi son bariolage "pinar plutôt que pintar". J'ai la liberté de dire ce que je pense et ce monsieur me prête trop d'importance: ma "critique" n'a été lue que par 345000 personnes...

   Je l'ai revu un peu plus loin, près des stands des auteurs et éditeurs: se montrer dans le monde de la culture ne peut être que valorisant pour sa cote et ses marchands. On dit toutefois que Gino est plus cul que ture...mais cela ne nous regarde pas...

   Au fait, trêve de trivialité et d'insignifiance, j'avais une info importante à vous communiquer : Marie-Christine Barrault lit ce soir des poèmes de Césaire et Saint-John Perse, au Château Royal, à 21 heures (10 euros): enfin, la vraie culture ! moi-tombe-balbino.jpg

 

 

 

 

 

 

 

La tombe du père, décoré par le fils, au cimetière ancien de Collioure, avec l'appui de la municipalité.

 

(photo de Nadine de Brabandère)

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 14:58

woda.JPG

 

  Pour rendre compte du vernissage, hier soir à Collioure, à la galerie "Profils" (16, 18 rue du docteur Coste, 0468888670), des oeuvres de Guirado, Gilmant, Terreaux, Moingeon, Olry, Wda, j'ai mis 90 photos sur mon "mur" de Facebook.

 

  Une soirée sympathique, en musique (Woda à la guitare, chantant ses propres textes), avec un public nombreux, mais peu colliourenc : on a  cependant discuté avec Henri Francès, attaché à la culture, et avec le maire Michel Moly, venu saluer cette entreprise originale. 

  La pluie laissa du répit mais la "performance" de Fabienne Potherat n'eut pas lieu : une "turbulence" des cieux bien peu "divine" ! Domage, à suivre...

   On eut le temps de circuler -malgré les esthètes et la multitude d'oeuvres exposées, trop sans doute pour cet espace tout de même restreint pour six artistes ! - dans la galerie "Profils-Artimon" géré par Woda, l'homme-orchestre aux mille talents, et ses cinq autres complices : toiles figuratives et "impressionnistes" d'Alain Guirado, sculptures-fossiles sur marbre de Thierry Moingeon, photos argentiques au flou artistique de Marc Gilmant, céramiques, bronzes et terres enfumées de Bernard Terreaux, tags sexualisés et naïfs de Gilles Olry et, bien sûr, Woda, le dessinateur aux nus à la Vinci, le poète, le graveur aux ouvrages délicieux (celui, en particulier, avec le regretté conteur Jacques Lacarrière...)

 

  www.wodaalbert.fr (06 12 23 05 34)

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 13:51

430674_3026600421541_1158714225_32424290_1963175475_n.jpg   Une oeuvre de Jaume Rocamora, à voir au Musée d'Art Moderne de Collioure du 13 mars au 3 juin 2012! Vernissage, ce matin, au musée de Collioure. M.Le maire, en bon prof de maths, a apprécie ces figures géométriques. Moi, j'ai trouvé que, depuis Kandinsky (cela fait un siècle) jusqu'à Ayats et Serge Fauchier, artistes catalans, cela suffisait... L'originalité des "tableaux" est, peut-être à chercher du côté des matériaux utilisés (bois, carton, papier d'emballage...) : Jaume Rocamora est un indéniable bon artisan menuisier !

      La municipalité compense la "légèreté" de ses expos au musée Peské par un vernissage somptueux (pizzas, gariguettes de Théza, Banyuls rimage, Rouge Collioure cuvée Matisse, gâteaux et gâteries !) dans le jardin adorable situé au pied de la colline du moulin...

 

    Cette rencontre est surtout l'occasion de rencontrer des gens intéressants et cultivés : aujourd'hui Xavier Febrès ! Merci Joséphine Matamorros et Michel Moly pour cette rencontre printanière dans l'éden colliourenq... 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 20:10

tapies.jpeg   * Itinéraire de la peinture : Tapiès (à sa fondation) et Miro, Clavé, Marie Laurencin, Nonell... et Antoni Tapiès, encore, à la galerie Gaspar, à Barcelona, en août 2004, en compagnie de Françoise et Pierre Coureux. Je n'ai jamais vraiment apprécié Tapiès, ni ses tableaux composés de matériaux divers, sable, objets récupérés : il a fait de l'ombre à Cuixart, son cousin, qui méritait d'être mieux reconnu, avec sa peinture alliant fantastique et abstraction, frêles portraits de femmes et couleurs lumineuses...

 

* Le visible, pour Cézanne, est une construction complexe : les architectes en sont la nature et l'homme : "Le paysage se pense en moi, et j'en suis la conscience." Le peintre d'Aix ajoutait encore : "La couleur est le lieu où notre cerveau et l'univers se rencontrent."

 

 * Pour Bonnard, "la couleur agit." Au Cannet, il invite Matisse; il lui dit : "Le tableau est un petit monde qui doit se suffire." Et le bon chien Ravageau !

 

 * Engagement de l'artiste par le travail pictural : l'artiste prend part en travaillant. Ainsi, la déclaration de Matisse, à Nice, le 10 avril 1918 : "Je ne puis faire de politique; aussi pour compenser, il faut les toiles fermes et sensibles. Métier de forçat que nous avons, sans les certitudes qui font dormir tranquille. Il faut chaque jour avoir peiné toute la journée pour accepter l'irresponsabilité qui met la conscience en repos.

 

 * Cioran : "Qu'est-ce qu'un artiste ? Un homme qui sait tout, sans s'en rendre comptez. Un philosophe ? Un homme qui ne sait rien, mais qui s'en rend compte." (Le crépuscule des pensées).

 

 * Ben à Orsay. J'écoute les commentaires plus que je ne lis les formules de Ben. "Mon gamin, il peut faire ça ! ". "Il fallait y penser !". Puis je me dis que tous ces pseudo aphorismes peuvent composer un poème : Tout doit disparaître. L'onanisme est du baise-main. Dites-le au téléphone rouge ! La culture manipule. Le fallus (sic) est le pivot du monde. Vous êtes de la secte de Catherine Millet ? Que feriez-vous si vous n'aviez que six heures à vivre..? 

   Duchamp a raison : l'art est de l'escroquerie.

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 19:48

  * La naïveté de Maillol en ce qui concerne ses rapports avec l'occupant nazi et son amitié avec son mécène le comte Kessler : il était redevable aux Allemands qui l'ont reconnu, exposé, diffusé, acheté, aux occupants qui ont libéré Dina Vierny, emprisonnée à Fresnes, mais cet argument psychologique de la "naïveté" est peu solide. Francis Coste, de Banyuls (décédé tout récemment, décembre 2011), prétendait avoir des preuves de la compromission du sculpteur, en s'appuyant sur la revue de la Collaboration "Signes". La Présidente de la Déportation pour les Pyrénées-orientales aussi, car elle a eu accès, à l'étranger, à des archives encore secrètes, à des photos montrant Maillol et D.Vierny paradant et buvant avec les nazis dans les cafés de Perpignan...

 

  * Rien n'est plus facile que de juger quand on n'est pas dans le contexte de l'époque : qu'aurai-je fait en ces temps de délation et d'occupation ? Aurai-je été courageux..? * Les malheurs de la guerre, de Maillol : l'oeuvre a été commandée par le comité Henri Barbusse en 1939; cependant, la guerre ne permet pas de mener à bien le projet. La sculpture est rebaptisée, de façon idyllique, "La rivière" et exposée au salon d'Automne de 1946. Le plomb est acquis, peu après, par le Musée d'Art moderne.

 

  * Jacques Henric s'intéresse à la peinture et aux modèles. Il écrit que l'on connaît le modèle par le sexe. Le corps du pays qui m'habite, le corps des modèles habitait le peintre. Il devait, pour rendre la vérité de la femme, la connaître intimement, par les formes voluptueuses. L'artiste peint beaucoup avec son sexe.

 

  * Aragon, dans Le Roman inachevé : "Je suis mort en août 1918." * Pourquoi écrire ? On se rappelle la boutade des Surréalistes : "J'écris parce que...", dans l'enquête de la revue Littérature. Plus sérieusement, on écrit pour témoigner, pour rêver, s'inventer une vie meilleure, pour changer le monde, pour la gloire.. Ecrire pour les vivants, même quand on est mort !

* J'ai écrit Moi, Matisse à Collioure à l'encre bleue; j'étais réellement devenu le peintre... Du Portugal, j'avais adressé à la famille S. une lettre dont l'adresse était ainsi libellée: Dany et Lucien S. / Avenue Matisse / 66190 / Collioure. La missive n'est jamais arrivée à ses destinataires car cette belle artère n'existait pas. Je pense plutôt que la lettre a été retenue par un préposé indélicat, je veux dire : collectionneur, maniaque, esthète, fan de Matisse...

 

* Au Maroc, Matisse manie le bleu admirable des Romantiques. A Collioure, il peint une porte-fenêtre dans les tonalités vert amande de Tanger. De noir, il la recouvrira.

 

* "Le bonheur est une fenêtre ouverte sur un jardin. " Aragon.

   "Le bonheur est volonté de bonheur." Matisse Matisse broie du rose et du bleu comme d'autres des tons amers; ses toiles me mettent du ciel dans les yeux, du bonheur au coeur.

 

* On en arrive alors à l'esprit du service public. C'est, ce serait, ce devrait être l'esprit d'abnégation, l'absolu respect du client; faire son travail jusqu'au bout, malgré tout, malgré le bout exténuant de la tournée, c'est-à-dire acheminer en 1999, sans se poser de questions, une lettre adressée à Monsieur Henri Matisse, artiste-peintre, Hôtel Beau Rivage, à Nice...

 

* "La peinture, cette passion périmée." (Bonnard)      maison-mailol.jpg Maison de Maillol à Banyuls (C) J.P.Bonnel

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 21:57

     Une journée catalane pour les yeux : La malette retrouvée de Robert Capa au MNAC. Les Impressionnistes et Les ballets russes à la Caixaforum (photos sur Facebook)

 

 

 

   Quand les Ballets russes dansaient sur la musique de Stravinski : Jusqu'au 15 janvier 2012, les Ballets russes sont à l'honneur à la Caixa Forum de Barcelone dans une exposition intitulée "Les Ballets russes de Diaghilev 1909/1929 : Quand l'art danse avec la musique".

 

En 1909, les Ballets russes emmenés par Serge de Diaghilev se produisent au théâtre du Châtelet à Paris (France). "Les spectacles de 1910 sont donnés sur la scène de l'Opéra, ceux de 1911 et de 1912 de nouveau au Châtelet, ceux de 1913 et enfin de 1914 au théâtre des Champs-Elysées, ce théâtre qui a été construit en pensant à eux." (1) Parmi les compositeurs qui écrivirent de la musique pour les Ballets russes, le plus prolifique fut Igor Stravinski (1882-1971), "fils d'un chanteur du théâtre impérial de Saint-Pétersbourg, travailla la composition et surtout l'orchestration avec Rimsky-Korsakow mais chercha seul sa voie. Ses premières compositions - Symphonie en mi bémol, le Faune et la Bergère, un Scherzo fantastique et Feu d'artifice - ne laissaient pas deviner son tempérament de conquistador lorqu'un événement singulier vint imposer à son talent et à sa vie une orientation inattendue. Un amateur d'art très cultivé et soucieux de marcher à l'avant-garde de son époque, Serge de Diaghilew (1872-1929), avait fondé une revue d'art où il favorisait les échanges entre les artistes russes et les poètes d'Occident et organisé des expositions ambulantes de peinture et des tournées lyriques et chorégraphiques à l'étranger." (2)

Extrait du programme des Concerts Colonne (Théâtre du Châtelet) du dimanche 16 novembre 1975, écrit par Michèle Reverdy : "Né en 1882, Igor Stravinsky avait déjà parcouru en 1917, avec l'achèvement de Noces, ce que l'on a appelé depuis sa période russe, et que l'on peut considérer comme une première étape dans sa carrière de compositeur : étape au cours de laquelle il pose les jalons d'un langage nouveau essentiellement rythmique, et digère peu à peu l'acquit culturel de sa jeunesse russe.

L'Oiseau de feu, inspiré par un conte oriental, fut composé sur la demande de Diaghilev pour la saison 1910 des Ballets russes à Paris. Oeuvre à l'orchestration brillante, dans laquelle l'emploi merveilleux des instruments à vent laisse pressentir l'orchestre du Sacre, elle symbolise, dans une constante dualité entre les parties mélodiques et les parties rythmiques, la lutte du Bien (Yvan) et du Mal (Kastcheï).

Plan : Introduction - L'oiseau de feu et sa danse - Variations - Ronde des Princesses - Danse infernale du roi Kastcheï - Berceuse - Final."   

Après l'Oiseau de feu en 1910, Igor Stravinski écrira Pétrouchka en 1911 puis, en mai 1913, Diaghilev, sur une chorégraphie de Nijinski, "jette aux Parisiens, comme un défi, Le Sacre du printemps, ballet préhistorique sur une partition de Stravinski. Quel beau tapage ! Le spectacle qui sera créé au théâtre des Champs-Elysées, ce théâtre d'où l'on est vu de partout. On en profite pour prendre des postures avantageuses ; dès les premières mesures - des mesures heurtées et violentes qui paraissent à beaucoup cacophoniques - des auditeurs se lèvent, protestent, sifflent, se lancent des défis." (1) "L'explosion fut atomique. Au dernier accord, plus rien ne restait debout dans le domaine de l'harmonie, du contrepoint, de la grammaire et de la syntaxe classiques. On ne reconnaissait même plus les outils orchestraux traditionnels que l'assaillant avait utilisés comme instruments contondants ! Une terreur panique s'empara de l'assistance ; néanmoins tout auditeur de bonne foi dut renconnaître que cet engin était un merveilleux chef-d'oeuvre de mécanique et qu'enfin une formule valable et efficace de l'anti-charme était découverte." (2) "Toute réflexion faite, LE SACRE est encore une 'oeuvre fauve', une oeuvre fauve organisée. Gauguin et Matisse s'inclinent devant lui. Mais si le retard de la musique sur la peinture empêchait nécessairement LE SACRE d'être en coïncidence avec d'autres inquiétudes, il n'en apportait pas moins une dynamite indispensable. De plus, n'oublions pas que la collaboration tenace de Strawinsky avec l'entreprise Diaghilew, et les soins qu'il prodigue à sa femme, en Suisse, le tenaient écarté du centre (*). Son audace était donc gratuite. Enfin, telle quelle, l'oeuvre était et reste un chef-d'oeuvre ; symphonie empreinte d'une tristesse sauvage, de terre en gésine, bruits de ferme et de camp, petites mélodies qui arrivent du fond des siècles, halètement de bétail, secousses profondes, géorgiques de préhistoire." (3) "Après le premier choc, le public et les critiques finirent par accepter le Sacre. Une semaine après la représentation parisienne, le ballet fut présenté à Londres où il ne rencontra qu'un succès modéré. En 1920, Diaghilev le monta de nouveau à Paris. Il avait demandé à Massine de refaire la chorégraphie et cette nouvelle version reçut un bon accueil. Depuis, de nombreuses interprétations en ont été données." (4) "Naguère c'est sur Nijinski qu'il (Diaghilev) se penchait voluptueusement comme un tendre trésor. Nijinski se trouve présentement dans une maison de santé. Avec la même lente jouissance, c'est Léonide Massine que Diaghilev a découvert aujourd'hui." (5)

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(*) Ce 29 mai 1913, au théâtre des Champs-Elysées de Paris, l'orchestre était dirigé par Pierre Monteux.  

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(1) La France de M. Fallières, Jacques Chastenet de l'Académie française (1949)

(2) Histoire de la musique, Emile Vuillermoz (1949) 

(3) Le Coq et l'Arlequin, Jean Cocteau

(4) Extrait de l'encyclopédie Les grands compositeurs et leur musique (Hachette)

(5) Le Premier janvier 1920, Arthur Conte   2012.jpg ballets-de-Diaghilev.jpg

 

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