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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 10:15
Place du Puig-rue de l'Anguille, 30.8.2018 (C) Jean-Pierre Bonnel

Place du Puig-rue de l'Anguille, 30.8.2018 (C) Jean-Pierre Bonnel

Quartier Saint-Jacques : les autorités face à une possible violence des habitants

(Français d'origine gitane et maghrébine) !

 

La réunion du 13 mars dernier, entre les représentants de l'Etat, de la municipalité, des représentants des associations de défense du patrimoine et des habitants, a conclu, au bout de 8 mois de rencontres houleuses, que la réhabilitation des immeubles sans réelle valeur patrimoniale était inutile : la destruction de l'îlot L'Anguille/place du Puig, stoppée le 20 juillet 2018 (photo jointe) va donc reprendre.

 

 D'autres maisons suivront... L'office HLM municipal, dirigé par M.Sija, ancien directeur de cabinet du maire actuel, propose la construction d'habitations nouvelles. Dans quel style ? On attend les plans du projet...

 

Cependant, certains n'attendront pas ! Surtout le "collectif gitan" créé et dirigé par Lino Jimenez, à l'origine de la "descente" sur la préfecture en juillet dernier, et capable de mobiliser en peu de temps des centaines de jeunes motivés et prêts à l'irréparable : la casse de la nouvelle faculté de droite, toute proche !

 

L'Etat, les services de la préfecture, les responsables du CD66…ont dû réfléchir à l'importance de la décision de non réhabilitation de l'îlot central, symbolique, de la place du Puig. 

 

La violence qui couve depuis des années, et surtout depuis huit mois, peut se réveiller. ..

Avec l'expérience des Gilets jaunes, les mécontents savent désormais que, hélas, "la violence paie"…jusqu'au moment où l'irréparable surviendra…

 

JPB

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M.Le Préfet Chopin a déclaré : "le rapport remis par deux experts indépendants conclut à l’absence d’éléments d’intérêts patrimoniaux nécessitant leur sauvegarde à tout prix, mais aussi à la mise en évidence de coûts exorbitants pour assurer leur réhabilitation". Il a indiqué que "dans ces conditions, l’État ne soutenait pas l’opportunité de réhabiliter les immeubles de cet îlot, déclarés insalubres depuis de nombreuses années. Le maire de Perpignan et président de l'Office public de l’habitat Perpignan Méditerranée (OPHPM) a présenté l’objectif de réaliser la construction de 29 logements sociaux en faveur des habitants du quartier Saint-Jacques. Les associations présentes ont indiqué leur volonté de proposer rapidement un projet de construction-réhabilitation de cet îlot urbain. Le directeur de l'OPHPM a accepté d’étudier ce projet et précisé qu’un recueil des besoins des habitants du quartier serait assuré pour adapter l’offre de logements aux habitants".

 

 

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Extrait de presse : Le tribune de l'art :

Les pelleteuses encore à l’œuvre dans le quartier Saint-Jacques de Perpignan

vendredi 27 juillet 2018   

 

Les pelleteuses à l’action rue de l’Anguille dans le secteur sauvegardé de Perpignan, aujourd’hui 27 juillet 2018

Photo : Jean-Pierre Bonnel

Voir l´image dans sa page

En plein été, alors que de tous côtés des voix s’étaient élevées il y a un mois environ pour dénoncer le vandalisme à Perpignan (voir notre article), les pelleteuses sont aujourd’hui à nouveau à l’œuvre. La mairie s’est attaquée à un autre îlot, celui qui se trouve entre la rue de l’Anguille, la place du Puig, la rue Saint-François-de-Paule et la Traverse de l’Anguille. Soit sept maisons au total, parmi lesquelles une est classée sur le PSMV comme « à conserver ».

Mais, cette fois, la population locale s’est opposée aux destructions. Comme nous l’a confirmé Jean-Bernard Mathon, président de l’association pour la…

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Le Centre d'études catalanes accueillera mardi 19 Mars à 18h une rencontre avec l'écrivain et journaliste Ramon Solsona qui s'est vu décerner plusieurs prix littéraires comme le Prix Serra d'Or ou le Prix Sant Jordi de novel·la. 

Cet évènement s'intègre dans le Cycle « La literatura catalana en tots els accents » et sera animé par les enseignants du Centre.

Nous vous rappelons que vous devez impérativement vous inscrire auprès du secrétariat par email :
secretariat.etudes-catalanes@listes.paris-sorbonne.fr
ou par téléphone : 01 42.77 65 69.

En espérant vous retrouver nombreux, recevez nos cordiales salutations.

 

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 MARDI 19 MARS - 18H30 AU COLLEGE JULES VERNE A LE SOLER

Un musicien « classique » rencontre un musicien « de rue »… Ils se lient d’amitié et racontent comment ils eurent envie de partager leurs musiques respectives en un moment musical, J.Francisco Ortiz  et José de los Rios offriront un programme ou la musique classique rejoint la musique populaire avec bonheur, emmenant le public dans un voyage initiatique dans le  monde de la musique hispanique.

Au programme:  Miguel Hernandez, Antonio Machado, Federico Garcia Lorca , Atahualpa Yupanki

Astor Piazzola, Violetta Parra . . . 

Entrée libre 

 

 

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 09:51
Casa Miguel, quartier St-Jacques (C) J.P.Bonnel

Casa Miguel, quartier St-Jacques (C) J.P.Bonnel

Restaurer le quartier St-Jacques (Perpignan), ce serait restaurer les situations sociales... politiques....culturelles...

 

Je m'inspire, avec ce titre, de l'entretien avec François Chatillon, architecte en chef des Monuments historiques (qui a restauré l'atelier de Le Corbusier, les halles du Boulingrin...) dans Le Monde du 24.6.2018.

 

En effet, il semble que quand on ne ne sent pas bien dans sa rue (délaissée, pauvre, architecture abîmée, etc), on n'a pas tout l'enthousiasme nécessaire pour se motiver, aller chercher du travail...Tous les ennuis se cumulent : pauvreté, insalubrité, absence de lieux culturels, éducation où la mixité est absente (regroupement en ghetto, classes gitanes non mélangées aux autres...

 

F.Chatillon poursuit : "Restaurer c'est faire de l'architecture, un projet, c'est aussi restaurer les formes de situations sociales, politiques, qui doivent être relues, revues, revisitées, remise en actualité... Il y eut une époque où l'on essayait de tirer les gens vers le haut; cette utopie s'est fracassée...Mettre des appartements de luxe à cheval sur la maison du peuple, c'est mépriser l'histoire sociale d'un quartier..."

 

D'autres responsables montrent les menaces sur le patrimoine François Goven, inspecteur général des monuments historiques et Bernard Toulier, conservateur général honoraire du patrimoine mettent l'accent sur "les appétits suscités par la spéculation immobilière..." et sur les dangers aux quels s'expose le patrimoine français, à Paris (à Clichy la Garenne, par exemple) ou en province (quartiers du secteur historique, sauvegardé, revu, décrété insalubre):

 

   "Nous sommes face à une convergence de facteurs :

-politiques: effacer les traces symboliques du passé

-esthétique : c'est gris, c'est moche, ça n'a donc pas de valeur

-dogmatique : manque d'imagination des élus

-spéculatifs : le ministère restera-t-il insensible au chantage exercé par les investisseurs privés qui viennent au secours de l'Etat et des collectivités pour restaurer les bâtiments et sites patrimoniaux en déshérence ?" (Le Monde des 24 et 25 juin 2018)

Inspirons-nous de ces expériences pour sauver les quartiers abandonnés de Perpignan et d'ailleurs !!!

 

JPB

Le Social à St-Jacques : 

 

Voici quelques propositions après la réunion au CG66, intéressante, dans l'attente d'une réunion en préfecture avec tous les acteurs (mairie, élus, associations…), l'objectif étant de répondre aux attentes des citoyens français d'origine du quartier Saint-Jacques (après les événements de fin juillet 2018) et d'autres (St-Mathieu, Le Vernet…).

 

Il s'agit de trouver des aides sociales, de créer des structures de proximité pour accueillir la population dans les domaines de la santé, de l'éducation…I

ll faut aussi trouver des solutions pour éviter l'oisiveté des jeunes (salles de jeux, de sport, création d'un gymnase, d'un centre culturel…). 

La condition des femmes est aussi un sujet préoccupant : des assistantes sociales travaillent au collège Jean Moulin; il faut une autre structure au coeur du quartier. 

Faire d'abord le bilan de ce qui existe déjà (actions de la mairie, du CG66…); de quels personnels dispose-t-on..? 

 

L'objectif est, avant tout -pour sortir des critiques sur l'absence de propreté, sur l'insalubrité de certains ilots, sur l'absence de rénovation, sur les tentations de destructions et de projets immobiliers et architecturaux méprisant la spécificité historique du quartier - de donner une image positive de Saint-Jacques. 

 

-La propreté avec l'aide de responsables par rue, d'animateurs sociaux, pour que les habitants se prennent en charge : insister sur le civisme, sur la responsabilité de chacun : pour éviter l'assistanat, les petits boulots donnés par copinage, électoralisme, une formation sérieuse des jeunes est essentielle. Les familles doivent savoir qu'un emploi valorisant ne pourra être trouvé si les enfants ne vont pas à l'école, au collège et n'atteigne pas une formation, technique ou autre. 

Aux parents, d'abord, de ne pas laisser les jeunes enfants sortir tard le soir, et de les accompagner le matin à l'école… 

 

Ce travail de persuasion, d'éducation civique peut être engagé par des "sages", des responsables du quartier estimés par tous. 

 

Le danger de l'absence d'insertion sociale : l'existence de trafics en tous genres, en apparence plus faciles et rémunérateurs.

 

L'action des élus, gestionnaires…pour changer le contexte social, négatif depuis des décennies, doit se porter sur des aides utiles, sur la formation, le civisme et non sur le communautarisme, le mépris des populations ou la répression. D'où la présence de formateurs, d'éducateurs, de médiateurs de rues, d'auxiliaires de vie, sur place. Présence de bénévoles, d'associations, d'aides entre citoyens d'origines diverses : préserver la mixité sociale. 

 

La population veut de l'aide, de l'information, de la proximité, de la reconnaissance…Elle a raison d'exiger la restauration de son cadre de vie…la fin des marchands de sommeils, des propriétaires exploiteurs…

 

Elle a raison de demander la fin de l'insalubrité et des destructions qui n'ont pas un objectif précis et cohérent. 

En échange, elle devra s'adapter aux règles de vie commune, au droit pour tous, à l'urgence de la propreté, de l'éducation, du respect d'autrui…pour le vivre ensemble, pour l'insertion sociale, pour l'honneur de chacun, loin de l'assistanat...

 

L'animation du quartier (rencontre conviviales autour de musiciens, d'un grillade, d'un échange sur la culture ou les problèmes du moment…) devra redonner vie et espoir à la population : des espaces (places publiques), des salles sont nécessaires pour apporter un rayonnement culturel et ré-enchanter St-Jacques. 

 

Dans cette optique, avec Clarisse Requena, docteur en Lettres, journaliste, avec l'aide de Jean Gimenez, nous organiserons une première conférence sur l'histoire et la culture gitanes, à partir de Mérimée et de ses héros gitans. Ensuite l'échange permettra de mieux se connaître (le samedi 8 décembre à 16h, café Le Tanger, entrée libre, sous l'égide de mon association "Walter Benjamin sans frontières" créée à Banyuls en 2015.) Il s'agit d'une rencontre destinée à la population métissée : habitants d'origine catalane, française, gitane, maghrébine…sans exclusive et désireuse de ne pas être récupérée par quelque groupe ou parti que ce soit… Cependant les élus et les institutionnels sont invités à participer à cette expérience inédite : une suite de "conférences "ou d'exposés est envisagée tout au long de l'année afin de valoriser les gens du quartier et donner la parole à ceux qui créent, travaillent, agissent, veulent changer le visage du "ghetto"…Afin de trouver des passerelles entre les divers citoyens…

 

Dans cette optique, il faudra sans doute créer une nouvelle structure (une association) réunissant les gens de bonne volonté et les acteurs de tous bords… Pour prendre en charges des spectacles (fanfares, concert de guitares, lectures de contes, récits de traditions, etc), des rencontres culturelles et obtenir des subventions…

 

Il faut absolument lier le social et le culturel. 

Le social, c'est le matériel, le nécessaire immédiat. 

Le culturel, c'est le spirituel, l'envie d'en sortir, de créer, d'apprendre, de se valoriser, de trouver le bonheur ensemble ! On ne peut les dissocier : il faut agir sur ces deux fronts essentiels pour changer la vie dans ces quartiers abandonnés…

 

 

J.Pierre Bonnel

jean-pierre.bonnel@orange.fr

06 31 69 09 32

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 10:10
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -

Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -

Quartier Saint-Jacques 

 

Un après-midi à la terrasse d'un café marocain:

 à parler avec des membres de la communauté gitane, le groupe "radical" de Lino Jimenez, qui a su mobiliser 200 jeunes (500 à présent, dit-il) fin juillet 2018, et descendre sur la préfecture, pour arrêter les démolitions d'îlots, voulues par le maire de Perpignan.

 

Où en est-on ? Après de nombreuses rencontres plus ou moins ratées avec les responsables et suscitées par Nick Jimenez, le "sage", adepte du compromis avec la municipalité depuis 50 ans,c'est encore l'immobilisme, comme si tous attendaient les élections municipales de mars 2020 : ne pas trop s'engager, sauf Romain Grau, invité ces jours-ci par Lino, ou Clotilde Ripoull, sur le terrain, elle aussi, récemment. Attendre mais les millions de l'Etat réservés pour la réhabilitations de ce quartier du secteur sauvegardé ? Il semble que cet argent commence à être utilisé pour d'autres quartiers en déshérence, tel St-Mathieu..

 

Quant au maire, il est occupé par les affaires culturelles : départ de son adjoint à la culture, fronde autour de l'amphi du théâtre municipal. Quant au préfet, secondé par J.Michel Feudon, il risque de se lasser de ces réunions avortées -celle à l'atelier d'urbanisme fut annulée avec l'arrivée du groupe de Lino, non invité et énervé par le représentant du préfet utilisant de façon maladroite le mot "patron" du quartier… Cependant, une rencontre est prévue le 12 mars prochain avec tout le monde, responsables, associations, population…

 

Mais Lino se méfie, il recherche d'autres appuis, il compte avant se rendre à Paris et rencontrer Stéfan Bern, des députés, le sénateur chargé du secteur sauvegardé…

 

En attendant, avec Nasser, Nathalie, travaillant sur la représentation des Gitans, un journaliste du Guardian, désirant écrire sur la complexité de la situation…on évoque les thèmes de l'éducation des enfants du quartier, du chômage dans le département, Lino avançant que les Gitans veulent travailler, mais le racisme les empêchent de s'insérer.

 

J'ose avancer qu'il faut hélas partir, les jeunes ne trouvant pas de travail ici, et travailler à l'école, obtenir un diplôme… Lino me rétorque que je ne comprends pas les valeurs et traditions de son peuple… 

Lino a sans doute raison. Je n'arrive pas à sortir de mon cocon bourgeois…

Tout, ici, est complexe…

 

JPBonnel

 

- - - L'Histoire des ROMS :

 

Les historiens estiment que l’ampleur des massacres dont les Tziganes furent victimes du temps du nazisme a été sous-estimée

Un soir d’ennui, Margit Sztojka, une Rom hongroise, regarde la télévision chez elle, au sud de Budapest, avec l’un de ses petits-enfants, Ani. Alors que la première chaîne diffuse un documentaire évoquant les crimes commis par les nazis, elle ne peut s’empêcher de laisser couler de grosses larmes devant son petit-fils, surpris. Jamais elle n’a évoqué sa propre histoire et les ténèbres de sa longue déportation.

Une décennie après, nous la retrouvons chez elle. C’est l’été. Il fait très chaud. Une ribambelle de marmots jouent dans le jardin. La vieille dame est à l’intérieur, assise dans le canapé, étonnée qu’un journaliste vienne la faire parler de « tout cela ». A 91 ans, au bout de ses forces, elle préférerait ne plus évoquer le génocide des Roms, un peuple majoritairement sédentaire d’Europe centrale et orientale, et de leurs cousins Sintis, itinérants à l’Ouest. Margit Sztojka voudrait juste manger quelques douceurs, et puis dormir. Seulement voilà : elle est le dernier témoin, ou presque, de cette extermination. Les survivants ne sont plus qu’une poignée. Alors, dans un élan d’énergie et avec l’aide de son petit-fils, elle déroule le récit de ses « onze mois en enfer », en serrant, de temps à autre, sa médaille en or de la Sainte Vierge.

Au début de l’année 1944, alors qu’elle n’a que 17 ans, elle est raflée à Budapest, avec toute sa belle-famille (elle s’est mariée à 15 ans), par des membres des Croix fléchées hongroises, un parti fasciste et pro-nazi. D’abord envoyée dans une usine à briques de la banlieue nord de la ville, elle est ensuite transférée dans les camps de Dachau, Bergen-Belsen puis dans un commando de travail forcé à Munich. « Partout, c’était le même traitement, raconte-t-elle. J’étais “Kinder”, c’est comme cela que les Allemands nommaient les enfants. Nous n’avions rien à manger, à part des betteraves. On était battus. Les gardiennes nous disaient : “Vous, les Tziganes, vous êtes des cochons.” Les gens mourraient à cause des maladies. Je dormais sur des corps en me grattant les poux. »

« Enfin libre, je n’ai bu que du thé »

Tandis que Margit Sztojka poursuit son récit, plusieurs de ses descendants prennent place autour d’elle, attirés par ses premiers mots. La vieille dame a eu dix enfants, elle a des dizaines d’arrière-arrière-petits-enfants, et tous ne connaissent pas parfaitement son histoire. La voici maintenant qui montre sa main gauche : son index est déformé ; la marque d’une fracture soignée trop tardivement, à l’arrivée des troupes alliées. « Les Allemands voulaient nous emmener à Auschwitz, raconte-t-elle. Heureusement, les Américains sont venus. Ils avaient des cigarettes et du chocolat. Avant de nous cuisiner un premier repas, ils ont pensé à faire goûter la nourriture à un chien. L’animal est mort : avant de partir, les nazis avaient empoisonné toutes les casseroles ! Enfin libre, je n’ai bu que du thé. J’avalais de toutes petites boulettes de pain. Ceux qui ont mangé trop vite n’ont pas supporté le choc. »

© Le Monde, Publié le 03 octobre 2018 à 07h29 - Mis à jour le 03 octobre 2018 

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Roms, Tsiganes, Gitans, "gens du voyage"...De qui parle-t-on ?

Ceux que l’on appelait autrefois les « Bohémiens » ou les « Romanichels » sont aujourd’hui définis par les termes génériques de « Tsiganes » ou de « Roms ». Dans le langage commun comme scientifique, ces nouvelles appellations désignent l’ensemble des populations présentes en Europe et originaires du Nord de l’Inde, qu’elles ont quitté vers le Xe siècle pour migrer lentement vers l’Europe occidentale. Leur présence est attestée pour la première fois dans l’Hexagone en 1419. Par des emprunts linguistiques, culturels et religieux dans les pays d’installation, ces populations sont définies en différents groupes : Roms, Manouches, Yéniches, Gitans et Sintis. En 1971, des membres de ces différents groupes ont choisi le terme générique de Roms pour s’autodéfinir comme mouvement politique au sein de l’Union internationale romani. Le choix du terme « Rom » s’explique par la référence à leur langue, le romani, dérivé du sanskrit, et par le rejet de la connotation péjorative du terme « tsigane ». Au sens sociologique cependant, les Roms ne représentent qu’un « sous-groupe » des Tsiganes – le plus important certes – et présent essentiellement en Europe centrale et orientale. C’est ce sens sociologique que nous retiendrons ici pour le terme « Rom ». Parmi les autres Tsiganes, les Gitans se sont durablement installés dans la péninsule ibérique, puis dans les villes du Sud de la France. Originaires des pays germaniques, les Manouches, Yéniches et Sintis sont, à l’instar des Roms, plus présents dans l’Est de la France et en région parisienne.

L’ensemble de ces appartenances ethniques ne doit pas être confondu avec l’expression « gens du voyage », laquelle ne constitue qu’une catégorisation administrative. D’origines ethniques diverses, les « gens du voyage » sont souvent semi-sédentaires, leurs déplacements s’effectuant surtout pour des raisons professionnelles et des fêtes familiales et religieuses. Beaucoup sont des forains ou des commerçants ambulants, qui utilisent les aires d’accueil dont chaque commune de plus de 5 000 habitants a obligation de disposer depuis la loi Besson de juillet 2000. Une très large majorité a la nationalité française et parle français. En 2002, on recensait 156 000 « gens du voyage » de plus de 16 ans. Une catégorie qui inclut une part non négligeable de Tsiganes, mais aussi tout autre citoyen dont le mode de vie consiste à loger en caravane.

Le langage courant assimile fréquemment ces « gens du voyage » aux « Roms ». Ces derniers sont pourtant très majoritairement sédentaires, mais ont été poussés à la migration par des conditions de vie difficiles dans leur pays d’origine. Les Roms se sont sédentarisés en France par vagues successives d’immigration entre les années 1920 et 1990, sans jamais poser de problèmes. Mais ceux arrivés à partir des années 1990 connaissent des problèmes d’intégration sur le territoire national plus importants. Il s’agit de quelque 15 000 Roms, de nationalité essentiellement roumaine et bulgare, mais venus aussi de l’ex-Yougoslavie et de Hongrie, qui peuplent – parfois depuis plus de quinze ans – les squats et bidonvilles des friches des villes françaises. Ils sont aujourd’hui identifiés comme le problème politique numéro un par l’actuel gouvernement français, et devenus la cible d’un important dispositif de démantèlement de leurs camps et de reconduites à la frontière. La circulaire du 5 août 2010 émanant du ministère de l’Intérieur, adressée aux préfets, stipulait que « 300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms ».

Les Tsiganes : première minorité ethnique en Europe ?

Environ dix millions de Tsiganes estimés en Europe, dont la moitié n’aurait pas 20 ans. Sur le million et demi présent en Europe occidentale, 400 000 personnes se trouvent en France et 720 000 en Espagne. Les populations tsiganes vivent donc principalement dans les pays d’Europe centrale et orientale : la Roumanie et la Turquie en comptent chacune près de deux millions, la Bulgarie et l’ex-Yougoslavie chacune près d’un million, et la Hongrie 700 000.

Les Tsiganes constituent dès lors la minorité ethnoculturelle la plus nombreuse d’Europe. Mais face à la diversité culturelle qu’elle recouvre, peut-on vraiment parler d’une « communauté rom » ou « tsigane » ?

Prenons pour exemple la composition de la population tsigane de Seine-Saint-Denis. Qu’ont en commun les migrants roms des pays de l’Est, errant au rythme des démantèlements de leurs habitats de fortune, avec les Gitans et Manouches venus respectivement du Sud et de l’Est de l’Europe il y a plus d’un siècle ? Mais la distance est également importante entre ces migrants roumains et bulgares, d’une part, et les Roms arrivés des pays de l’Est dans les années 1920-1930, puis 1960-1970 et fuyant l’ex-Yougoslavie. À l’instar des Tsiganes arrivés avant les années 1990 en France, ces derniers ont généralement la nationalité française, parlent le français, et résident fréquemment en habitat « standard » (appartement ou maison).

Source : Dossier d’actualité de la Veille scientifique et technologique, n° 30, octobre 2007

Carte : Population rom en Europe

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Une longue histoire d'exclusion

Dès la fin du Moyen Âge, les populations tsiganes s’enracinent au sein de nations européennes. Souvent qualifiés de voleurs de poules, de sorciers…, « leur existence même apparaît comme une dissidence », selon le sociologue Jean-Pierre Liégeois, qui dresse la liste des discriminations historiquement subies par les Tsiganes.

En 1682, Louis XIV les condamne aux galères. En 1907, la Chambre des députés français invite à débarrasser le pays des « incursions des bandes de Romanichels ». En Suisse et aux Pays-Bas, des panneaux de bois sont exhibés à l’entrée des communes. Y figure mention de la pendaison des Tsiganes qui ne rebroussaient pas chemin. En 1835, 260 hommes, femmes et enfants tsiganes constituent le tableau d’une chasse officielle et primée organisée au Danemark.

Les Roms de Valachie et de Moldavie, deux principautés qui en 1859 s’unissent pour former la Roumanie, ont également connu cinq siècles d’esclavage (1). Un esclavage qui constitua une part importante de l’économie roumaine jusqu’au milieu du XIXe siècle, et qui marque encore profondément aujourd’hui la conscience sociale des Roms roumains. J.-P. Liégeois cite aussi les « politiques d’assimilation » qui ont pour objectif la disparition des particularismes culturels tsiganes. En 1912, la France instaure le fichage des nomades par un carnet anthropométrique obligatoire.

Durant la Seconde Guerre mondiale, 90 % des familles tsiganes du territoire du Grand Reich ont disparu dans les camps nazis. Le gouvernement de Vichy procédera, dès avril 1940, à leur internement forcé dans une trentaine de camps en France.

Dès 1958, tous les États du bloc communiste avaient promulgué des lois antitsiganes et interdit le nomadisme. Et l’extermination pure et simple de cette minorité fut également au cœur des poli­tiques publiques.

Aujourd’hui, de l’Ukraine à l’Espagne, les discriminations n’ont rien perdu de leur actualité. Les minorités roms enregistrent les violences les plus criantes : avatars de pogroms et vagues de meurtres racistes en Hongrie et Roumanie, émeutes contre l’emménagement et la scolarisation de Roms en Slovénie, incendies criminels de campements en Italie, etc. En 2006, le parti politique bulgare Ataka en appelle à « transformer les Tsiganes en savon » tandis que le parti hongrois Jobbik réclame ouvertement la « solution finale » pour les Roms (2).

NOTES :

(1) Petre Petcut, « La valeur des esclaves tsiganes en Valachie (1593-1653) »,Études tsiganes, n° 38, 2009.
(2) Frédéric Sarter, « Roms, une question européenne », Études, n° 4122, 2010

 

Un tiers-monde de l'Europe ?

En 2008, le Parlement européen constatait que les Roms sont victimes de « pauvreté », d’« exclusion sociale », de « ghettoïsation patente », d’« expulsions forcées » et de « conditions de vie déplorables et insalubres ». Tandis qu’en Slovaquie, les 600 communautés de Roms vivent sans électricité, sans égout ni eau courante, en Roumanie, les « Romi » apparaissent dix fois moins alphabétisés et six fois moins scolarisés que le reste de la population. Plus de 60 % des Roms de Roumanie vivent dans des communautés de plus de 500 habitants, majoritairement situées en zone rurale et considérées comme pauvres. C’est le profil d’une population du tiers-monde, et non d’une population européenne, que dresse l’anthropologue Alain Reyniers au sujet des Roms des pays de l’Est : espérance de vie inférieure de dix ans à la moyenne, enfants en bas âge malnutris, prostitution des jeunes filles, mariages précoces et grossesses fréquentes…

Il faut toutefois nuancer ce tableau. Environ 40 % des Roms de Roumanie ont réussi leur intégration socioéconomique, et parfois même rejoint les classes sociales supérieures. Par ailleurs, la dégradation de la situation économique des Roms ces vingt dernières années est comparable à celle enregistrée par les Roumains et Hongrois des zones rurales et provinciales, dans le prolongement de la fermeture des fermes collectives et des entreprises d’État.

 

Une culture rom ?

Le nomadisme n’est en rien une caractéristique tsigane. Selon Henriette Asséo, « 80 % des Tsiganes n’ont jamais bougé depuis le XVIe siècle ». Pour cette historienne, l’idée d’un « nomadisme tsigane sans frontière » relève d’une pure instrumentalisalisation politique. En fait, le rêve d’un métier fixe et d’une maison individuelle est largement généralisé chez les Roms migrants, réfugiés économiques ou de guerre. Les camps de fortune qu’ils établissent aux abords de nos villes constituent, non pas des camps de nomades, mais « une transplantation du mahalla rom », quartier périphérique rom de Roumanie ou d’ailleurs.

Les Roms ont en outre un sens sublimé de la famille, en particulier l’amour et la protection des enfants. Leurs traditions culturelles, proches de celles de tous les Tsiganes, restent dominées par les valeurs d’honneur masculin et de pudeur féminine (les femmes doivent rester vierges avant le mariage). Il existe chez les Roms une frontière identitaire marquée entre un « nous » communautaire – considéré comme pur – et le monde des Gadjés (non-Roms) – impur.

 

Cependant, l’anthropologue Martin Olivera conteste l’idée de « communauté rom ». Les Roms de Roumanie, en effet, ne se reconnaissent pas en « minorité ethnique nationale », mais se définissent en référence à une ville ou une région d’origine, elle-même porteuse d’une identité locale particulière. D’où la multitude des communautés roms roumaines encore aujourd’hui, qui, des « Montreurs d’ours » aux « Chaudronniers » en passant par les « Tsiganes au foyer », rendrait réductrice toute unification culturelle à une échelle autre que locale (1).

 

De façon globale, les Tsiganes ont généralement adopté la religion, la langue et nombre de traits culturels dominants du pays où ils se sont durablement installés : en France, ils sont surtout catholiques ou, de plus en plus, protestants pentecôtistes. Le profil culturel et religieux des Roms de Roumanie et de Bulgarie reste assez proche de celui de leur modèle national : 82 % des Roms roumains sont orthodoxes, comme 86 % de la population de ce pays.

 

(1) Martin Olivera, « Introduction aux formes et raisons de la diversité rom roumaine », Études tsiganes, n° 38, 2009.

 

Quelle situation sociale en France ?

Depuis la suppression des visas en Europe, les Roms migrent vers l’Ouest de l’Europe le plus souvent en famille. En France, ils sont rapidement contraints d’organiser leur habitat dans des squats regroupant jusqu’à quelques dizaines de personnes, ou en bidonvilles. Ces sites peuvent compter entre 50 et 300 personnes. Lorsqu’ils sont occupés par des personnes originaires d’une même région, les relations internes peuvent alors être proches de celles des quartiers et villages d’origine. Mais dans la majorité des bidonvilles, les origines sont éclatées et l’atomisation sociale domine (1). Selon la sociologue Alexandra Nacu, les regroupements collectifs sont un moyen de parer partiellement aux attaques et rackets, parfois très violents, venus d’autres bandes roms. Insalubrité, promiscuité, insécurité : dans ces campements surviennent incendies accidentels où périssent des enfants, épidémies de tuberculose, saturnisme (la mortalité néonatale est neuf fois supérieure à la moyenne nationale). À ces conditions viennent s’ajouter les expulsions répétées (de la part des propriétaires des lieux, ou des municipalités ou préfets).

De quoi alors ces populations vivent-elles ? De la mendicité le plus fréquemment. Certains procèdent à la collecte de métaux pour les centres de recyclage, à la vente de fleurs et de journaux pour sans-abri, à la pratique de la musique… D’autres recourent au vol ou à la prostitution… Autant de comportements qui s’expliquent par l’absence d’accès aux droits de ces populations, mais ne vont pas sans augmenter la méfiance collective à leur encontre.

(1) Alexandra Nacu, « Les Roms migrants en région parisienne : les dispositifs d’une marginalisation », Revue européenne des migrations internationales, n° 26, 2010.

 

Des citoyens européens de "seconde zone" ?

Depuis 2007, la Roumanie et la Bulgarie sont membres de l’Union européenne, mais maintenues par Paris en « régime transitoire ». En France, leurs ressortissants sont soumis à un titre de séjour et à une autorisation de travail : des démarches qui concrètement leur interdisent l’accès au travail. En effet, pour pouvoir travailler, une promesse d’embauche est requise de la part d’un employeur. Ce dernier doit aussi accepter les démarches et délais administratifs, et s’acquitter d’une taxe allant de 900 à 1 600 euros. Si le poste concerné n’est pas inscrit dans la liste des 150 métiers ouverts aux étrangers, l’employeur doit de surcroît prouver qu’il est en pénurie de main-d’œuvre. Le traitement administratif prend généralement plusieurs mois, durant lesquels l’employeur ne peut pas recruter le candidat. Un scénario kafkaïen qui veut qu’au-delà de trois mois de séjour, le même candidat est considéré en situation irrégulière… s’il est sans emploi (sic) ou sans « ressources nécessaires ».Parallèlement, le droit d’asile leur est quasiment inaccessible depuis la loi Ceseda de juillet 2006. Cette loi a entériné une liste de pays d’origine « sûrs », dont les États d’ex-Yougouslavie et l’Ukraine, où persistent pourtant de lourdes discriminations envers les minorités roms. Depuis, tout ressortissant de ces pays se voit systématiquement débouté dans sa demande d’asile adressée à la France. Autre fait : aucun ressortissant d’un pays membre ne peut recevoir l’asile politique d’un autre pays membre, car son pays d’origine est par définition tenu pour « sûr ». Une qualité pourtant contestée par le Canada, qui depuis 2008 a accordé le statut de réfugié à plus d’un millier de Roms tchèques et hongrois.

Exclus en France des droits du travail, de circulation et d’asile, les Roms le sont également des prestations et du logement social. Une situation qui les empêche de s’établir durablement et les maintient dans la misère.

 

Du rejet à la discrimination positive

Après l’Église catholique et l’Onu, le Parlement européen a condamné la politique française envers les Roms. Si Paris clame le caractère légal des reconduites massives aux frontières de Bulgares et Roumains sans titre de séjour, Strasbourg rétorque que les expulsions de ressortissants communautaires doivent s’appliquer de façon exclusivement individuelle, et en aucun cas à un groupe national ou ethnique.

Depuis janvier 2010, la France a organisé plus de 8 000 reconduites à la frontière de Roms. En la matière, la France est aujourd’hui championne d’Europe, devant l’Italie. Elle l’a battue sur un terrain que pourtant elle-même connaît bien : outre des expulsions par milliers, l’Italie manipule les stigmates antiroms à l’envi. En 2008, des expéditions punitives embrasaient les camps roms de Naples et de Rome, tandis que la police italienne jetait des cocktails Molotov (1). D’autres pays d’Europe de l’Ouest expulsent, parfois de façon massive, comme en Allemagne, mais de façon plus discrète. Les populations visées sont par ailleurs des Roms non communautaires : des Kosovars en Allemagne, en Suisse et en Irlande du Nord ; des Serbes et des Macédoniens en Suède, en Autriche et en Belgique.

D’autres pays ont préféré la voie de l’intégration. Comme l’Espagne, qui accueille de nombreux Roms de Roumanie, ou la Turquie qui, en mars dernier, a lancé un programme de discrimination positive envers ses minorités roms, avec au programme la gratuité du transport scolaire, l’accès à l’éducation et au logement. Des initiatives encouragées par la Commission européenne qui, suite aux émeutes antiroms en Italie en 2008, a reconnu l’urgence de la situation rom en Europe.

Quatre axes prioritaires ont alors été identifiés : l’éducation, l’emploi, la santé et l’habitat. Les fonds structurels de l’Union européenne furent mobilisés pour améliorer leur accès à l’éducation, au microcrédit ou encore pour sensibiliser les États aux discriminations subies. En avril 2010, la Commission européenne a pris acte de « progrès significatifs » au niveau de la prise de conscience des États, mais admet que la « situation concrète » des Roms n’a pour sa part guère évolué (2).

NOTES :

(1) Geraldina Colotti, « Un vent mauvais souffle en Italie », Le Monde diplomatique, juillet 2008. 

(2) Commission européenne, « L’intégration sociale et économique des Roms en Europe », Bruxelles, 7 avril 2010, http://eur-lex.europa.eu/

 

Chronologie

Fin XIIIe-début XIVe siècle : Les premiers Tsiganes arrivent en Europe depuis Byzance.
1419 - Arrivée en France des premières familles de « Bohémiens ». Une appellation due au fait qu’ils étaient porteurs de lettres de recommandation du roi de Bohème, leur région d’origine.
1749 - Rafle des Gitans en Espagne : 10 000 à 12 000 Gitans sont internés au simple motif de leur tsiganité.
1850 - Après cinq siècles d’esclavage, les Roms de Moldavie et de Valachie commencent à être affranchis.
1895 - Premier recensement des « Bohémiens et nomades » en France. 25 000 Bohémiens et 400 000 nomades sont dénombrés.
1907 - Vote d’un ordre du jour sur l’interdiction du pays aux Romanichels par la Chambre des députés français.
1912 - Adoption du carnet anthropométrique pour les professions ambulantes et les nomades à partir de 13 ans révolus. Conçu sur la méthode de fichage des criminels, il recense la composition de la famille, les empreintes digitales, les caractéristiques anthropomorphiques, des photos de face et de profil. Il devait être validé à chaque déplacement. Supprimé en 1969, il a été remplacé par un « titre de circulation »
1939-1945 - Au moins 300 000 Tsiganes périssent au cours du génocide nazi.
1940-1946 - Le 6 avril 1940, les Tsiganes, soupçonnés d’espionnage, sont assignés à résidence. Puis sont internés dans près de 30 camps en France, dont celui de Montreuil-Bellay, le plus important.
1958 - Tous les États du bloc communiste interdisent le nomadisme et promulguent des lois antitsiganes.

1971 - Organisation du Premier Congrès international romani.
2000 - Adoption de la loi Besson relative à l’accueil des « gens du voyage ». 42 000 places sont jugées nécessaires sur les aires d’accueil des communes de plus de 5 000 habitants. En 2008, moins de la moitié d’entre elles ont été aménagées.
2010 - L’Église catholique, l’Onu et le Parlement européen condamnent la politique française de reconduite aux frontières des Roms. Entre janvier et septembre 2010, plus de 8 000 Roms sont concernés par ces procédures.

 

Bibliographie

Les Tsiganes
Une destinée européenne
Henriette Asséo, Gallimard, 1994.

Roms et Tsiganes
Jean-Pierre Liégeois, La Découverte, 2009.

« Roms de Roumanie.
La diversité méconnue »

Études tsiganes, n° 38, 2009.

Eternels étrangers
de l’intérieur ?

Les groupes tsiganes
en France

Christophe Robert, Broché, 2007.

« Étude et propositions
sur la situation
des roms et des Gens
du voyage en France »

Commission nationale consultative des Droits de l’homme, 2008.

Les Tsiganes en France
Un sort à part 1939-1946
Emmanuel Filhol et Marie-Christine Hubert, Perrin, 2009.

 

© Lydie Fournier

Novembre 2010 - www.scienceshumaines.com/qui-sont-les-roms_fr_26185.html

 

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 10:52
Lino Jimenez, à droite. Photo de Clarisse REQUENA (C) Le petit Journal catalan

Lino Jimenez, à droite. Photo de Clarisse REQUENA (C) Le petit Journal catalan

Quartier Saint-Jacques de Perpignan : une occasion perdue !

La division ?

 

Le préfet des Pyrénées-Orientales avait convoqué, hier mardi, une réunion à l'atelier d'urbanisme, rue Rabelais : techniciens de la ville, députés, représentants d'associations étaient conviés par M.Chopin. Puis tout ce petit monde apprit, par la voix de M. J.Michel Fedon, responsable de l'insertion, que le représentant de l'Etat annulait la rencontre : la sécurité n'était plus assurée dans cette rue qui mène au quartier occupé par les habitants d'origine gitane et maghrébine…

 

En effet, un groupe d'une douzaine de jeunes hommes, mené par Lino Jimenez, se sont invités et montraient leur colère…

 

D'ailleurs, pourquoi n'ont-ils pas été invités…?

 2 ou 3 représentants auraient pu écouter et dialoguer à propos des problèmes sociaux, de propreté, d'insalubrité des logements, de restauration des immeubles, de construction de centres de santé, de culture, de sports dans les espaces dégagés par les destructions de 2018… 

Il semble que le "sage" de Saint-Jacques, reconnu par les pouvoirs publics, diplomate et spécialiste des compromis, n'ait pas voulu inviter le groupe le plus agressif et adverse des compromissions…

Oui, Jean-François Jimenez, dit Nick, a préparé une réunion cruciale sans en avertir son neveu "Nounours", remonté à cause de ces parties de cache-cache…

 

Il faut déplorer cette occasion qui fait le jeu de la mairie, toujours disposée à détruire des îlots et à appliquer son plan immobilier. La communauté de Saint-Jacques pouvait compter sur l'ouverture d'esprit, la tolérance, l'intelligence d'un préfet décidé à régler le problème. Il faut espérer que les réunions à venir ne sont pas compromises…

 

On sait que le groupe majoritaire et décidé de Lino possède la clé du problème. Il a réussi à arrêter les destructions de fin juillet rue de l'anguille/place du Puig… Il a fait reculer la mairie, il peut faire trembler les murs de la préfecture, comme les Gilets jaunes sont capables d'entraîner la démission du président de la République…

 

On n'en est pas là, mais des représentants d'associations étaient, hier, découragés… 

 

Pourquoi, Lino, lancer à Fabien Candoret, président des Riverains de Saint-Jacques, qu'il n'est pas du quartier..? Ce qui est faux, d'où l'amertume compréhensible de celui qui a été agressé inutilement…

 

La violence physique et verbale n'arrangeront rien… Il faut en venir aux excuses, pas aux poings ! Il faut revenir vite autour d'une table !

La division, la désunion, c'est se suicider. C'est faire le jeu de ceux qui ne veulent pas que Saint-Jacques soit réhabilité dans son cadre urbanistique historique, que les habitants ne retrouvent pas la joie de vivre ancienne de ce quartier au style unique...

 

J.P.Bonnel

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 09:57
Dessin d'André Scobeltzine

Dessin d'André Scobeltzine

Saint-Jacques : la reconstruction

 

Après les destructions menées par la municipalité, avant l'arrêt du 30 juillet 2018 en raison de l'insurrection d'une centaine d'habitants du quartier, il s'agit de sortir de l'immobilisme. 

La mairie attend le résultat des experts. Habitants et "Riverains de St-Jacques" aussi...

Les associations de défense du patrimoine veulent la restauration des immeubles et des maisons qualifiés d'insalubres. Elles ne veulent pas du projet immobilier présenté, mais conserver l'architecture et l'identité du quartier :

 Un village catalan tout près du coeur de ville.

 

Les citoyens veulent rester sur place, voir leur logement réhabilité et bénéficier d'un loyer modeste…

 

Afin de récupérer l'argent de l'Etat, destiné à la réhabilitation des ghettos et des quartiers pauvres et déshérités, il faut avancer : utiliser les places nées des destructions pour construire des lieux de sport, de culture, de loisirs, de santé… Restaurer les maisons qui peuvent être sauvées : cela coûtera moins cher qu'une démolition suivie d'une reconstruction : pas dans l'esprit municipal puisqu'un ensemble luxueux serait projeté excluant ainsi les habitants d'origine, qui devront être relogés ailleurs, à la périphérie, au Vernet, etc…

 

 

Dans l'attente d'une réunion en préfecture avec tous les acteurs (mairie, élus, associations…), l'objectif est de répondre aux attentes des citoyens français d'origine du quartier Saint-Jacques (après les événements de fin juillet 2018) et d'autres (St-Mathieu, Le Vernet…).

 

Il s'agit de trouver des aides sociales, de créer des structures de proximité pour accueillir la population dans les domaines de la santé, de l'éducation…

 

ll faut aussi trouver des solutions pour éviter l'oisiveté des jeunes (salles de jeux, de sport, création d'un gymnase, d'un centre culturel…). 

La condition des femmes est aussi un sujet préoccupant : des assistantes sociales travaillent au collège Jean Moulin; il faut une autre structure au cœur du quartier. 

 

Faire d'abord le bilan de ce qui existe déjà (actions de la mairie, du CG66…); de quels personnels dispose-t-on..? 

 

L'objectif est, avant tout -pour sortir des critiques sur l'absence de propreté, sur l'insalubrité de certains ilots, sur l'absence de rénovation, sur les tentations de destructions et de projets immobiliers et architecturaux méprisant la spécificité historique du quartier - de donner une image positive de Saint-Jacques. 

 

-La propreté avec l'aide de responsables par rue, d'animateurs sociaux, pour que les habitants se prennent en charge : insister sur le civisme, sur la responsabilité de chacun : pour éviter l'assistanat, les petits boulots donnés par copinage, électoralisme, une formation sérieuse des jeunes est essentielle. Les familles doivent savoir qu'un emploi valorisant ne pourra être trouvé si les enfants ne vont pas à l'école, au collège et n'atteigne pas une formation, technique ou autre. 

 

Aux parents, d'abord, de ne pas laisser les jeunes enfants sortir tard le soir, et de les accompagner le matin à l'école… 

Ce travail de persuasion, d'éducation civique peut être engagé par des "sages", des responsables du quartier estimés par tous. 

 

Le danger de l'absence d'insertion sociale : l'existence de trafics en tous genres, en apparence plus faciles et rémunérateurs.

 

L'action des élus, gestionnaires…pour changer le contexte social, négatif depuis des décennies, doit se porter sur des aides utiles, sur la formation, le civisme et non sur le communautarisme, le mépris des populations ou la répression. D'où la présence de formateurs, d'éducateurs, de médiateurs de rues, d'auxiliaires de vie, sur place. Présence de bénévoles, d'associations, d'aides entre citoyens d'origines diverses : préserver la mixité sociale. 

 

La population veut de l'aide, de l'information, de la proximité, de la reconnaissance…Elle a raison d'exiger la restauration de son cadre de vie…la fin des marchands de sommeils, des propriétaires exploiteurs…

 

Elle a raison de demander la fin de l'insalubrité et des destructions qui n'ont pas un objectif précis et cohérent. 

 

En échange, elle devra s'adapter aux règles de vie commune, au droit pour tous, à l'urgence de la propreté, de l'éducation, du respect d'autrui…pour le vivre ensemble, pour l'insertion sociale, pour l'honneur de chacun, loin de l'assistanat...

 

L'animation du quartier (rencontre conviviales autour de musiciens, d'un grillade, d'un échange sur la culture ou les problèmes du moment…) devra redonner vie et espoir à la population : des espaces (places publiques), des salles sont nécessaires pour apporter un rayonnement culturel et ré-enchanter St-Jacques. 

 

Dans cette optique, avec Clarisse Requena, docteur en Lettres, journaliste, avec l'aide de Jean Gimenez, nous avons organisé une première conférence * sur l'histoire et la culture gitanes, à partir de Mérimée et de ses héros gitans. Ensuite l'échange a permis de mieux se connaître

(* le samedi 8 décembre à 16h, café Le Tanger, entrée libre, sous l'égide de l'association "Walter Benjamin sans frontières" créée à Banyuls en 2015.)

Il s'agissait d'une rencontre destinée à la population métissée : habitants d'origine catalane, française, gitane, maghrébine…sans exclusive et désireuse de ne pas être récupérée par quelque groupe ou parti que ce soit… Cependant les élus et les institutionnels sont invités à participer à cette expérience inédite : une suite de "conférences "ou d'exposés est envisagée tout au long de l'année afin de valoriser les gens du quartier et donner la parole à ceux qui créent, travaillent, agissent, veulent changer le visage du "ghetto"…Afin de trouver des passerelles entre les divers citoyens…

 

Dans cette optique, il faudra sans doute créer une nouvelle structure (une association) réunissant les gens de bonne volonté et les acteurs de tous bords… Pour prendre en charges des spectacles (fanfares, concert de guitares, lectures de contes, récits de traditions, etc), des rencontres culturelles et obtenir des subventions…

 

Il faut absolument lier le social et le culturel. 

Le social, c'est le matériel, le nécessaire immédiat. 

Le culturel, c'est le spirituel, l'envie d'en sortir, de créer, d'apprendre, de se valoriser, de trouver le bonheur ensemble ! On ne peut les dissocier : il faut agir sur ces deux fronts essentiels pour changer la vie dans ces quartiers abandonnés…

 

J.Pierre Bonnel  -  jean-pierre.bonnel@orange.fr 

06 31 69 09 32

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3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 10:15
Affiches à St-Jacques - Lino dans l'émission d'Arte - Cinémaginaire
Affiches à St-Jacques - Lino dans l'émission d'Arte - Cinémaginaire
Affiches à St-Jacques - Lino dans l'émission d'Arte - Cinémaginaire
Affiches à St-Jacques - Lino dans l'émission d'Arte - Cinémaginaire

Affiches à St-Jacques - Lino dans l'émission d'Arte - Cinémaginaire

ARTE Regards
La destruction du quartier des Gitans de Saint-Jacques Perpignan

jeudi 3 janvier à 13h

sur ARTE

 

 

31 min
Disponible du 03/01/2019 au 02/04/2019
Disponible en direct : oui
Prochaine diffusion le jeudi 3 janvier à 13:00
Version françaiseVersion originale
À Perpignan, la mairie a entamé un projet de réhabilitation du quartier historique de Saint-Jacques. Plusieurs immeubles, jugés insalubres, ont déjà été démolis. Or le quartier est principalement occupé par la communauté gitane, qui envisage ces travaux comme une menace.

Les gitans craignent que la rénovation ne fasse grimper les loyers et les pousse, à terme, à partir du quartier qu’ils habitent depuis le milieu du XXe siècle. Depuis peu, une opération de résistance s’organise, avec pour alliés des défenseurs du patrimoine, des conservateurs et des architectes. Ce mouvement suffira-t-il à sauver le quartier de la démolition ?

 
Pays :
Allemagne
Année :
2019

- - -

 

Jeanne Taris s’est pris de passion pour des communautés gitanes en Espagne puis en France. Dans Polka #39, la photographe bordelaise révèle son travail sur les Gitans de Perpignan. Un sujet qu’elle entend suivre au long cours.

 

Il n’y a plus de cohésion dans la communauté depuis qu’il n’y a plus de vrai chef de quartier pour fédérer les différentes familles et apaiser les tensions. C’est de plus en plus le cas depuis que la drogue est arrivée dans le quartier, il y a une vingtaine d’années. La communauté est désunie. Il n’y a pas de lieu de rendez-vous et de partage à part l’église évangélique. Pour beaucoup, le seul espoir c’est la religion. Mais malgré tout on peut sentir qu’il y a des jeunes qui ont envie de s’en sortir. Ils sont quelques-uns à s’accrocher à l’école.

 

/www.polkamagazine.com/jeanne-taris-en-immersion-chez-les-gitans-de-perpignan/

 

 

La lettre de Cinémaginaire  n° 182 – 1er janvier 2019 

 

 

Cinémaginaire réseau cinéma en Pyrénées Orientales / diffusion, éducation, festivals, création, formation

 

 

Cinémaginaire vous souhaite une bonne année 2019

et de joyeuses évasions cinématographiques ! 

 

>  Toutes les propositions de Cinémaginaire 

  • Pour découvrir toutes les actions de Cinémaginaire : <http://www.cinemaginaire.org>
  • Pour télécharger les programmes en cours de Cinémaginaire : <http://www.cinemaginaire.org/images/pdf/progA.pdf>

 

>  Coup de projecteur sur quelques rendez-vous marquants jusqu’au 22 janvier 2019

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Mercredi 9 janvier 2019 à 15h00 Cinéma Vautier – 66 Elne

Mercredi 16 janvier 2019 à 15h00 Cinéma  Novelty  - 66 Banyuls sur  Mer    

Samedi 19 janvier 2019 à 15h00  Cinéma Foyer Rural – 66 St Paul de Fenouillet    

LE CINÉ DES ENFANTS <

Film pour le Jeune Public, présentation + projection + jeux + goûter 

LE QUATUOR A CORNES

Film animation de Benjamin Botella (France 2018 – 43’) à partir de 3 ans

Tarif : 3 euros pour tous

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Jeudi 3 janvier 2019 à 19h00

 

Cinéma Jaurès - 66  Argelès-sur-Mer

> CINE FORUM  <

Présenté par  les  Amis de Cinémaginaire d’Argelès sur Mer

Formule du Forum : Présentation + Film + Casse-croûte tiré du sac + Débat

UNE AFFAIRE DE FAMILLE 

Film de Kore Eda (Japon 2018 – 2h01) Palme d’Or du Festival de Cannes 2018 ! 

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent

Tarif : 5   euros

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jeudi 10 janvier 2019 à 20h00

Théâtre des Aspres – 66 Thuir  

> CINÉ JEUDI <

LE FILS DE L’AUTRE

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Samedi 19 janvier 2019 à 14h30 Cinéma Jaurès - 66  Argelès-sur-Mer

Dimanche 20 janvier 2019 à 15h30 Cinéma  Vautier - 66 Elne

> CONNAISSANCE DU MONDE <

MALAISIE

en présence du réalisateur

Tarif : 6, 50   euros pour tous

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       >  Et du 11 au 27 janvier 2019

     Pour télécharger le programme complet du 22e Festival

       <http://www.cinemaginaire.org/images/pdf/prog-magh-2019.pdf>

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 11:26
A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)
A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)
A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)
A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)
A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)
A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)

A. Aynal et Marcel Ville - Local de ATD-Quart-Monde, La Régie municipale place Carola (photos J.P.Bonnel)

Perpignan : au coeur de Saint-Jacques, avec Aurore RAYNAL, Marcel VILLE, peintre gitan et ATD Quart-Monde

 

Il faut beaucoup de coeur, de don de soi, de générosité, pour aider les jeunes, une population d'un quartier pauvre et difficile. Une vocation d'oblat. Un mélange d'esprit militant et de croyance en l'Homme, et en Dieu... 

 

Telle est cette femme admirable, à la fois militante socialiste depuis soixante ans et croyante en un Créateur, quelque peu indifférent, semble-t-il, au sort de certaines populations, cantonnées dans des sortes de ghettos. La misère et la saleté au coeur du coeur de ville.

C'est ici que les bénévoles d'ATD-Quart-Monde accueillent les enfants, gitans et maghrébins, les font lire, dessiner, préparent une exposition de leurs dessins et une autre du peintre autodidacte d'origine gitane, Marcel Ville.

 

Telle est Aurore Raynal, qui est présente dans le quartier depuis des décennies, au CLJ, local prêté par la police, place Cassanyes, poste désaffecté à présent… C'était à l'époque de la municipalité précédente, au temps généreux d'Yvan Gressèque, rugbyman et éducateur…

 

Madame Raynal avait surtout créé la "bibliothèque de rue", présente dans le labyrinthe de Sy-Jacques et surtout au parvis de l'église, et dans les locaux paroissiens, les dernières années  : cette initiative culturelle, en direction d'une jeunesse qui ne va à l'école ou au collège que par intermittence, a duré quinze ans ! 

 

Avec le temps et la lassitude, la rareté des bénévoles, l'association s'ancre place Carola, au-dessus de la Régie : le local est prêté par la mairie et les relations avec Caroline Sirère, maire de quartier (aujourd'hui, directrice du cabinet de J. M. Pujol) sont amicales.

Le lieu a pu ainsi recevoir la visite de C. Bourquin, C. Cansouline, ou de Françoise Fitter, Ségolène Neuville et Hermeline Malherbe, ensemble sur une photo de l'album-souvenir…

 

Il s'agit d'un lieu convivial où on aime venir : les jeunes le connaissent; même quand a lieu une assemblée de 25 personnes dans la petite pièce du fond, ils viennent et s'installent dans la salle d'entrée où ils peuvent dessiner…

 

C'est sûr, nous allons revenir bientôt dans les locaux d'Aurore Raynal. Des actions sont prévues, avec les deux expositions, une conférence et un débat sur la culture à Saint-Jacques…Et une "action-propreté", début janvier, afin de stimuler la population : il s'agit de se pendre en charge, de ne pas tout attendre de la mairie ! 

 

Le social, les aides, du CD 66, de la municipalité…bien sûr, c'est essentiel, mais ne pas être assisté, c'est retrouver son honneur et la gaieté ancienne des citoyens de ce quartier en déshérence qui s'interroge sur le sort qui lui est réservé…

 

J.P.Bonnel

PerPiPolis : Pour un maire de Proximité !

*** ATD QUART MONDE

CONTACTEZ-NOUS

 

 

*témoignage : 

 

« CHAQUE UNIVERSITÉ POPULAIRE ME FAIT ÉVOLUER UN PEU PLUS »

 

Daniel Prat est membre du groupe local d’ATD Quart Monde à Perpignan. Il est militant Quart Monde et participe depuis un peu plus d’un an aux Universités populaire Quart Monde en Occitanie.

Daniel, comment s’est passé votre première Université populaire ?

Au début je me suis laissé porter. Ma première réaction c’était : non je n’y vais pas. Puis après discussion… j’ai eu envie de découvrir. J’avais une appréhension, pourquoi y aller ? A quoi ça servira ? Je me disais même : si on m’oublie en partant, peut-être que ce sera pas plus mal…! Je n’aurais pas relancé.
J’ai évolué. Maintenant, j’en n’entendrais plus parler, c’est moi qui appellerais pour savoir où est la prochaine !

Qu’est ce qui vous a impressionné ?

Ce qui m’a impressionné, c’est quand ils donnent le micro pour parler.
Jamais quelqu’un n’est intervenu par rapport à ce qui est dit : tu ne te sens pas rabaissé du coup. Si je parle, on ne va pas me juger.
Au début, je sentais les gouttes de sueur, le cœur qui s’emballe. Et puis après, tu réfléchis, et c’est possible.
La première fois, je trouvais ça bien (de parler)… pour les autres. En étant au fond, personne ne te voit. Maintenant, j’avance de plus en plus vers les premiers rangs.

Et qu’avez vous découvert ?

Je ne pensais pas qu’il y avait autant de monde dans ma situation. Ça ne fait pas plaisir de le voir mais tu te sens pas tout seul. J’ai pris conscience de ça.
Ce qui est intéressant, c’est comment des personnes qui ont vécu les mêmes choses ont fait pour se débrouiller. C’est comme ça que tu évolues.

Et maintenant ?

Je veux continuer à prendre conscience de tout ce qui se passe, me rendre compte des tas de situations différentes. Chaque Université populaire me fait évoluer un peu plus. Je me détends un peu plus aussi à chaque fois. Maintenant, je n’ai plus  l’angoisse d’être interpellé ; je suis capable d’intervenir pour témoigner et aider.

Qu’est ce qui vous motive dans cette Université populaire ?

Ma formation personnelle et aussi partager, guider, aider à ne pas faire les mêmes erreurs que j’ai faites moi.
On a la même réflexion là-bas. C’est génial de sentir ça. J’étais égoïste, dans mon coin, en fait… Ça m’a ouvert les yeux.
Ce que je trouve génial c’est que tout le monde va être interpellé. Au début, on laisse parler les « beaux parleurs ». Après, même s’ils lèvent encore la main pour intervenir, la parole est à quelqu’un d’autre.
Un autre truc génial à l’Université Populaire c’est cette question (dans le temps des nouvelles) : « Avez-vous quelque chose d’autre à partager ? »
Moi au début, je ne comprenais pas ce que ça voulait dire. Et puis quelqu’un a dit : «Je me suis marié…»
C’est génial. En fait, on compte pour les autres.

 

 

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16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 08:08
"Negro" de Banyoles - Gitans de saint-Jacques (C) Jean-Pierre Bonnel
"Negro" de Banyoles - Gitans de saint-Jacques (C) Jean-Pierre Bonnel
"Negro" de Banyoles - Gitans de saint-Jacques (C) Jean-Pierre Bonnel
"Negro" de Banyoles - Gitans de saint-Jacques (C) Jean-Pierre Bonnel

"Negro" de Banyoles - Gitans de saint-Jacques (C) Jean-Pierre Bonnel

 

La visite patrimoniale de samedi dans le labyrinthe du quartier de saint-Jacques (ancien ghetto juif ou Call) fut une réussite. Pour une première, ce fut un succès inattendu. La foule estimée à plus de deux cents personnes vint pour considérer l'architecture et l'état souvent "insalubre" des habitations. Les défenseurs du patrimoine, face aux décisions de la mairie et aux sombres perspectives de la loi macronienne ELAN, ont réussi à sensibiliser la population de Perpignan et une partie des touristes de septembre.

Beaucoup de gens n'osent pas venir dans ce quartier historique mais délaissé : le nombre a joué pour s'aventurer dans des rues souvent sales, encombrées de détritus, le long de façades taguées, en déshérence... 

Comme pour Visa, qui montre depuis 30 ans les horreurs du monde, des visages désespérés, des corps torturés, il y a une part de voyeurisme quand un touriste ou un photojournaliste s'aventure dans le quartier de "la communauté gitane"... Les habitants se montrent sans détour, poursuivant leur vie, comme perpétuelle et arrêtée sur le seuil de leurs masures, et c'est le visiteur, se demandant s'il peut prendre des clichés, qui ressent un malaise. Il fait le tour dans cette sorte de ghetto pauvre, puis repart dans sa maison "bourgeoise".

Il va s'agir, pour les associations présentes et courageuses de sauvegarder le patrimoine (restaurer au lieu de détruire) et aussi de rendre sa dignité à cette population que l'on qualifie souvent de passive, parasitaire, sale, etc...

J.P.B.

 

Le tourisme exotique, teinté de racisme, se manifesta longtemps à Banyoles, en Catalogne, avec la momie du Noir exposé à la vue de tous les visiteurs du musée :

 

**Le lac de Banyoles, au Sud ? Son musée avait longtemps hébergé le cadavre d'un Noir empaillé-momifié - au grand dam d'un paquet de monde - avant de le renvoyer chez ses ancêtres pour échapper aux quolibets

 

 

 http://blog.costabravas.fr/musee-darder/

 

 

MUSÉE DARDER D’HISTOIRE NATURELLE

 

Le Musée Darder d’Histoire Naturelle de Banyoles est l’un des plus anciens de la région de Gérone. Il fut inauguré en 1916 par le naturaliste catalan Francesc Darder, qui fit don de sa grande collection de ressources naturelles.

 

Le Musée Darder, à Banyoles, Girona, Espagne, montre une grande collection d'animaux disséqués

Banyoles est l’un des plus beaux villages de l’intérieur de la Costa Brava. Son lac lui confère un attrait indéniable et une grande partie de la vie du village tourne autour de lui. Les rues du village et de ses musées font de cette village une destination idéale pour, au moins, une journée entière.

 

Banyoles est un village très tranquille est accueillante, où se promener sur ses rues est un vrai plaisir

Le Musée Darder est un espace qui a déjà 5 étages, y compris le sous-sol et rez-de-chaussée. En plus de sa propre collection d’animaux et autres curiosités du musée il abrite un Centre d’Interprétation du Lac de Banyoles, une bonne occasion d’apprendre toutes les richesses naturelles et écologiques autour de l’étang.

 

Le Musée Darder est une installation très moderne avec 5 étages et une offre museographique de grand niveau

Les enfants aimeront particulièrement ce musée, en raison du grand nombre d’animaux et même des momies affichés. En fait, ce musée est l’une des destinations principales des écoles de Catalunya pour leur sorties.

 

Le Musée Darder montre des anciennes momies, comme cette trouvée au Pérou

Il y a quelques années le Musée Darder sauta à la première page des journaux par le célèbre « Negro de Banyoles » (homme noir de Banyoles), un guerrier dissequé en 1830 provenant de l’Afrique centrale et exposé jusqu’à l’année 2000, quand il fut retourné à son pays natal, le Botswana, et enterré avec tous les honneurs. Le musée souvient encore avec une vidéo celle qui a été pendant de nombreuses années sa figure la plus emblématique.

 

Ancienne image du Negro de Banyoles, quand il était exposée au Musée Darder de Banyoles, Girona, Costa Brava

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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 11:17
L'arrêt de la démolition place du Puig (C) N.Caudeville - Article de Fabien Palem (C) Mediapart
L'arrêt de la démolition place du Puig (C) N.Caudeville - Article de Fabien Palem (C) Mediapart
L'arrêt de la démolition place du Puig (C) N.Caudeville - Article de Fabien Palem (C) Mediapart
L'arrêt de la démolition place du Puig (C) N.Caudeville - Article de Fabien Palem (C) Mediapart

L'arrêt de la démolition place du Puig (C) N.Caudeville - Article de Fabien Palem (C) Mediapart

 

La communauté gitane de Saint-Jacques, les politiques et les médias

 

Le conflit estival à Perpignan s'est nationalisé et même internationalisé avec le récent article du NewYork Times faisant une synthèse objective de la politique de la ville dans le secteur sauvegardé. Publié par l'Indépendant, il a dû être retraduit de façon correcte pour les réseaux sociaux (par P.Fosse et l'Asphar, association de défense, dirigée par J.Bernard Mathon).

 

Après la critique acerbe et documenté de La Gazette de l'Art, c'est Mediapart qui traite des démolitions à Sant-Jaume : Fabien Palem, que je connais pour l'avoir côtoyé lors d'un café-débat organisé au café de la Poste, par Clotilde Ripoull, a dressé un bon bilan de l'affaire en faisant l'historique et en citant (c'est le premier qui le fait) les études sociologiques d'Alain Tarrius (F. Palem oublie Lamia Missaoui, complice de Tarrius *

 

Le problème avec cet article de Mediapart, c'est qu'il s'intéresse à stigmatiser le député Romain GRAU, en reprenant les propos très durs d'Olivier AMIEL à l'encontre de son ancien collègue de la mairie de Perpignan.

R Grau aurait poussé les habitants de St-Jacques à la révolte pour stopper les démolitions et s'opposer ainsi, en vue des municipales, au maire J.Marc Pujol. 

 

Ce serait scandaleux de la part d'un élu d'inciter à la violence ! Bien sûr la violence est illégale, mais elle peut être légitime, en cas de violence de la part du pouvoir, de la mairie (chantage, menaces, pression sur l'emploi, la famille…) On y reviendra…

 

                   Fabien Palem était-il présent lors de la venue impromptue de R. Grau, sans convocation des médias ?

 

 Moi, je n'y étais pas, mais je me trouvais, le matin et l'après-midi, à partir de 16h, place du Puig, avant la "descente" à la préfecture d'une cinquantaine de personnes (pas 200 comme l'écrit Mediapart). F. Palem n'était pas présent : pour les médias, on notait la présence de L'Indépendant, de FR3 et d'Antoine Gasquez pour la Semaine du Roussillon…C'est tout !

 

Deux jours avant la venue du député, j'ai entendu les jeunes décidés à mettre le feu à la nouvelle fac de droit, qui grignotte le quartier et même le coeur de ville (maison des syndicats récupérée, occupation du théâtre municipal): la communauté gitane, excédée, n'avait pas besoin des conseils de R. Grau.

 

Je reste dans la fibre politicienne puisque l'article cité, orienté, le veut… Olivier Amiel organise encore sa défense, au plan national, dans le media Causeur qui est un site d'inspiration juive, animé par Elisabeth Lévy et A. Finkielfraut, philosophe jugé réactionnaire (mais que j'apprécie).

 

 L'adjoint au maire, chargé du logement et de la rénovation urbaine) délivre de belles paroles : on détruit l'insalubre, on garde l'architecture valable, on reloge les habitants… Or, dans les faits, dans ce gruyère hideux qu'est devenu le quartier historique de St-Jacques, on peut constater que les promesses ne sont pas tenues…

 

Le clan de la mairie veut crier à la récupération politique; or, très peu d'élus et de responsables, en vacances, ont été présents sur le terrain. On a pu voir des militants et surtout Françoise Fiter, élue du canton, pour le PCF. Signalons aussi la venue de la présidente du CD66 (Parti socialiste), pour jouer les conciliateurs...

 

 

JPBonnel

 

* extrait du début de l'article :

 

Article d'Alain TARRIUS :

 

Plan

Figures

 

Gitans de Barcelone à Perpignan : crise et frontières [article]

Alain Tarrius Lamia Missaoui

Revue Européenne des Migrations Internationales  Année 1997  13-3  pp. 99-119

Fait partie d'un numéro thématique : Les catalognes, laboratoire de l'Europe

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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