Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 août 2019 3 28 /08 /août /2019 11:24
Livre sur le parcours intellectuel de WB - Article du Petit Journal (C) Clarisse REQUENA, texte et photo au Miradou, Banyuls
Livre sur le parcours intellectuel de WB - Article du Petit Journal (C) Clarisse REQUENA, texte et photo au Miradou, Banyuls

Livre sur le parcours intellectuel de WB - Article du Petit Journal (C) Clarisse REQUENA, texte et photo au Miradou, Banyuls

Site de l'association W.Benjamin sans frontières :

 

www.walterbenjaminsansfrontieres.fr

 

adresse mail :  wbsf@gmail.com

 

*contact : 06 31 69 09 32

 

voir aussi sur canalblog

 

 Pilar Parcerisas :

 

Chers amis et amies,

 

Vous êtes invités aux prochaines activités de

l'Associació Passatges de Cultura Contemporània

 

Samedi, le 31 aôut 2019,  19h. Centre Cívic Ca l'Herrero

 

Le Couvent de Port-Bou

Une liaison entre cultures: la France et la Catalogne

 

  Interventions: Cari Oriol, Philologue  et Joan Gubert, historien

 

** Dimanche, le 1er setembre de 2019, 12h., à l'Hostal Portbou

 

Séance littéraire dediée a

Le château de Gripsholm, de Kurt Tucholsky (1890-1935)

 

Directrice:  Cari Oriol

 

Roman Censuré par les nazis en 1931.

Ami de Walter Benjamin, malgré les divergences constantes. Exilé et tué par suicide. Écrivain de politique, il est mandaté par son éditeur pour écrire une histoire d'amour dans le but d'améliorer les ventes. Les problèmes politiques ont saturé le lecteur. Et cela semble être un roman d'amour, mais ... "Un roman exquis" selon les mots de la critique.

L'Escola d'estiu Walter Benjamin commemora 80 anys de la Retirada

 

Fernando Hernández Sánchez presentarà el llibre «La frontera salvaje», que dona nom al seminari d'enguany · La sala de duanes de l'Estació internacional de Portbou acollirà l'exposició «Paisatges desitjats» dels artistes residents de La Escocesa

Laia Bodro 04.08.2019 | 22:34

 

 

El memorial a Walter Benjamin, a Portbou

La nova edició de l'Escola d'Estiu Walter Benjamin de Portbou tindrà lloc del 27 al 29 de setembre. Enguany es commemoren els 80 anys de la Retirada i de l'exili de 300.000 persones que van travessar les muntanyes dels Pirineus al final de la Guerra Civil el 1939.

 

La quarta edició de l'Escola d'estiu, organitzada per la Fundació Angelus Novus i l'Associació Passatges de Cultura Contemporània, pren el títol del llibre La frontera salvaje, de Fernando Hernández Sánchez, que el presentarà al Centre Cívic Ca l'Herrero el dissabte 28 de setembre a les 10 del matí. El llibre parla de la situació de la frontera dels Pirineus al final de la Segona Guerra Mundial. Fernando Hernández Sánchez és historiador especialitzat en la Guerra Civil Espanyola i és professor a la Universitat Autònoma de Madrid.

 

 

Com a novetats per a aquesta edició, s'incorpora un acord amb la Fàbrica de creació La Escocesa de Barcelona, que treballen l'artista com a activador crític de la Història. Precisament, els residents de La Escocesa inauguraran, el dissabte 28 a les 8 del vespre, l'exposició Paisatges desitjats, fruit de la seva residència a Portbou. L'exposició tindrà lloc a la sala de duanes de l'Estació Internacional de Portbou. L'altra novetat és l'acord amb el Festival de Fotografia Fotolimo, amb un debat sobre Walter Benjamin i la fotografia, també el dissabte, amb Manolo Laguillo, fotògraf i especialista de Walter Benjamin, i els fotògrafs del Festival Fotolimo. El diumenge a les 10, es farà la presentació dels resultats de Salvoconducto, taller participatiu de fotografia, realitzat al voltant de la frontera de Portbou, que està dins el marc del festival Fotolimo 2019, amb la direcció de Julián Barón.

 

A l'escola també hi participarà Cari Oriol, filòloga en Romàniques i catedràtica, que parlarà sobre Alfred Döblin, metge i escriptor jueu que va passar per Portbou fugint del nazisme, en la conferència que inaugurarà el seminari. La mateixa filòloga ha dirigit una dramatització de la vida de Charlotte Salomon, morta al camp de concentració d'Auschwitz als 26 anys, que es representarà a les 7 de la tarda al mateix Centre Cívic.

 

El director de l'Escola de Belles Arts de Bordeus fins al 2017, Jean Calens, mantindrà un diàleg amb Ignasi Solé Sugrañes, de família exiliada i presentarà el seu llibre Au-edià de l'Albera, amb fragments de textos de Walter Benjamin, el divendres 27 a les 5 de la tarda. També hi haurà conferències d'Anne Roche, Madeleine Claus, doctora en literatura alemanya establerta al Rosselló des de fa 30 anys; i Maria Maïllat, que analitzarà fotografies a la llum de Walter Benjamin.

 

El diumenge, per tancar la jornada, se celebren un seguit d'actes commemoratius. A les 11, a la Casa Walter Benjamin, tindrà lloc la presentació del llibre de Maria Maïllat Walter Benjamin-Bertolt Brecht.Trobada a Portbou. Per últim, al Cementiri de Portbou es farà un acte commemoratiu en memòria de Walter Benjamin i la celebració de la Declaració de Bé Cultural d'Interès Nacional del Memorial Passatges. Hi intervindran el poeta Carles Duarte i autoritats. Hi haurà una lectura de poemes de Hannah Arendt, Maria Zambrano i Walter Benjamin sota la direcció de Cari Oriol.

Partager cet article
Repost0
18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 08:50
Walter Benjamin, photo d'identité, mairie de Port-Bou - Livre : Critique de la violence
Walter Benjamin, photo d'identité, mairie de Port-Bou - Livre : Critique de la violence

Walter Benjamin, photo d'identité, mairie de Port-Bou - Livre : Critique de la violence

Le 17 mars 1933, W.Benjamin quitte l'Allemagne pour un long exil de plus de 7 ans (mort le 26.9.1940)

 

 

Walter Benjamin, Pour une critique de la violence 

 

Antonin Wiser

“Si la police peut paraître partout semblable jusque dans les détails, il ne faut pas finalement se méprendre : son esprit est moins dévastateur dans la monarchie absolue, où elle représente la violence d’un souverain qui réunit en lui l’omnipotence législative et exécutive, que dans les démocraties, où son existence, soutenue par aucune relation de ce type, témoigne de la plus grande dégénérescence possible de la violence.” 


Benjamin pose dans cet essai la question de la validité morale de la violence, en tant que fondement ou partie intégrante du droit.
Le droit naturel ne voit aucun inconvénient à user de la violence pour des fins justes. L’adage en serait “la fin justifie les moyens”. Cet exercice-là de la violence a pu par exemple s’exprimer dans la Terreur pendant la Révolution française. Il revient à considérer la violence comme une donnée naturelle. Au contraire, le droit positif la définit comme le “produit d’un devenir historique”. Pour le droit naturel, seule la justesse de la fin compte. Pour le droit positif, tout droit s’établit sur la critique des moyens. 


Il convient de distinguer les différents types de violence indépendamment des circonstances de leur exercice, de s’écarter du droit naturel comme du droit positif. Il faut se tourner vers l’histoire, la distinction des violences devant se fonder sur la “reconnaissance historique universelle de leurs fins”. C’est in fine le droit qui s’octroie le privilège de la violence vu qu’il serait menacé si elle venait à s’exercer en dehors de lui. Pour ce faire, il se retrouve à lui-même l’autoriser, par exemple sous la forme du droit de grève. Ou bien à user lui-même de la violence suprême, “celle qui dispose de la vie et de la mort”, à travers la peine de mort, laquelle le fortifie. Le pouvoir recourt à la violence, qui le fonde et le préserve.
Loin d'une critique naïve de la violence, Walter Benjamin en étudie méthodiquement les ressorts afin de pouvoir fonder en raison une véritable justice sociale. 

 

https://www.editions-allia.com/fr/livre/838/pour-une-critique-de-la-violence

 (traduit de l'allemand par A. Wiser)

allia, 2019

 

- - -Daniel Bensaïd

2000

« Pour une critique de la violence »

Voici rassemblés divers essais de Walter Benjamin, parmi lesquels, le douloureux Franz Kafka, mélancolique étoile jumelle. Avec Kafka, Benjamin partage en effet cet « étrange mal de mer sur la terre ferme », de celui qui ne pourra jamais jeter l’ancre, condamné à errer entre deux langues, entre deux mondes, dans une Europe des Lumières en pleine déroute. Ni l’un ni l’autre ne pourront entreprendre le retour identitaire en Palestine, où déjà se profilent les nouvelles idoles de la raison d’État, et Kafka se fracassera sur ses invisibles frontières intimes. Benjamin viendra s’écraser sur le passage muré des Pyrénées, comme incapable de s’arracher à une vieille culture en train de s’effondrer.

Parmi les textes du présent recueil, « Pour une critique de la violence [1] », texte de 1921, revêt une actualité toute particulière, en ces temps où la prolifération des violences étatiques s’habille de légitimités nouvelles par une mobilisation massive du discours du droit. La guerre du Golfe, démonstration de force brute s’il en fut, a ainsi accompagné le fracas des armes avec la musique de chambre onusienne du « droit international ». Et le renversement des dictatures bureaucratiques à l’Est est salué par des hymnes joyeux à la restauration de « l’État de droit ».

Le problème, c’est que tout État est, à sa manière, un État de droit. Jusque dans leurs manifestations les plus répressives, l’État nazi comme l’État stalinien ont eu le soin d’entretenir un juridisme maniaque. Le vieux Blaise Pascal, qui voyait plus clair que les antinomies modernes, a toujours su que le droit ne va pas sans la force dans laquelle il puise sa source. Et le vieux Marx, aussi fin dialecticien que Pascal, disait tout cru qu’entre deux droits égaux, c’est la force qui tranche.

Car c’est bien une mystification majeure, qui voudrait qu’un droit s’oppose à un non-droit. Ce serait trop facile, trop simple. Un bras de fer entre le bien et le mal. Mais il y a toujours du droit des deux côtés, des droits antagoniques et inconciliables. De sorte qu’un droit établi ne peut jamais se dérober à la question : qui t’a fait droit ? Le droit international en question n’est jamais que le droit des vainqueurs de la dernière guerre qui se sont entendus pour fixer les règles de la suivante. Il n’a force de loi qu’aussi longtemps qu’il reste en lui quelque chose de sa puissance fondatrice.

 

Rouge n° 286, février 1975

Au lendemain du traité de Versailles, qui était censé conclure la « der des ders », Benjamin n’avait aucune illusion juridique : « Comme le point d’arrivée, le point de départ de tout contrat renvoie aussi à la violence. Comme fondatrice de droit, elle n’a pas besoin d’être immédiatement présente en lui, mais elle est représentée en lui dans la mesure où la puissance qui garantit le contrat juridique est née elle-même de la violence, sinon précisément installée par la violence dans le contrat lui-même. Que disparaisse la conscience de cette présence latente de la violence dans une institution, cette dernière alors périclite. »

Si le droit ne peut se défaire de sa part maudite de violence originelle, il y a bien une « contradiction de fait dans la situation du droit », et non une
 « contradiction logique dans le droit lui-même ». On en revient vicieusement à la question de l’usage légitime de cette violence. L’originalité de Benjamin consiste à récuser les termes du vieux dilemme
 philosophique, où la violence est tantôt justifiée par la pureté des fins, et tantôt le but légitimé par des moyens conformes au droit. Pour sortir de ce tourniquet où buts et moyens se fournissent mutuellement des alibis sur mesure, il faut « établir des critères indépendants tant pour la justice des buts que pour la légitimité des moyens ».

Dans cette recherche hors des sentiers battus, Benjamin, grand lecteur de Péguy, ne peut manquer de rencontrer Sorel, autre défricheur solitaire. C’est à ses Réflexions sur la violence qu’il emprunte directement l’opposition entre une violence fondatrice (qui, chez Sorel, est à proprement parler la violence), et une violence conservatrice, (qui devient tout simplement force ou brutalité). Opposition entre violence instituante et force instituée ; entre violence d’en-bas, qui crée et affirme un droit nouveau, et une force d’en-haut, qui conserve et protège un droit acquis ; entre la violence populaire et la brutalité d’État.

Affirmant que les travailleurs sont le « seul sujet de droit, à côté de l’État, à posséder un droit à la violence », reconnu dans le droit de grève, Benjamin avance explicitement sur les traces de Sorel : la grève montre qu’elle a ce pouvoir « de transformer des relations de droit ». Il décèle dans la fascination pour les grands criminels populaires cette aspiration confuse à un droit redresseur de tort qui défie l’ordre établi. En revanche, la portée symbolique de la peine de mort et les passions qu’elle mobilise portent le plus haut témoignage du pacte de sang entre la violence et le droit érigé en raison d’État : « En s’en prenant à la peine de mort, on n’attaque point une mesure punitive, on n’attaque pas des lois, mais le droit lui-même dans son origine… Car, en exerçant la violence sur la vie et la mort, le droit se fortifie lui-même plus que par n’importe quel autre processus judiciaire. Mais en même temps, dans cette violence s’annonce quelque chose de pourri au cœur du droit… »

Ici, Benjamin sort des traces de Sorel, pour qui les deux registres de violence s’opposaient sans mélange : « Les violences prolétariennes n’ont aucun rapport avec les proscriptions ; elles sont purement et simplement des actes de guerre, elles ont la valeur de démonstrations militaires et servent à marquer la séparation des classes. Tout ce qui touche à la guerre se produit sans haine et sans esprit de vengeance ; en guerre on ne tue pas les vaincus […] [2]. » Voire. Pour Benjamin, la police constitue un corps particulièrement ignoble en ceci, précisément, qu’il brouille les frontières et mélange les genres. Elle fonde et conserve le droit, indistinctement. Réciproquement, on peut suivre Sorel dans la distinction entre la violence sans ressentiment des aubes révolutionnaires, admettre même l’innocence d’une « terreur » populaire et spontanée, par rapport à la mécanique de la « Terreur » monopolisant la violence au nom de l’État. Mais on ne peut éviter de s’interroger sur le mélange des genres dans le mouvement populaire lui-même, sur les tendances « policières » (pour reprendre la critique benjaminienne de la police) et les fantasmes étatiques qui le minent dès l’origine.

Sans poser explicitement la question, Benjamin y apporte une réponse catégorique. Comment éviter que la violence se métamorphose en force ? Comment échapper au destin des vaincus sans passer dans le camp des vainqueurs ? En refusant de rapporter la violence comme moyen « à un but déjà fixé ». Autrement dit, en détachant la légitime violence de tout projet étatique, en la concevant non comme instrument, mais comme « manifestation ». De même, la sainte colère de Péguy (qui préférait avoir à punir que d’avoir à juger), « manifestation » sans finalité de pouvoir, ne se confond pas avec la haine à l’haleine lourde. À la grève générale politique, qui ne viserait qu’à changer de maîtres en réaménageant l’État, aux grèves corporatives « plus immorales et plus sauvages » encore, Benjamin oppose donc, avec Sorel, la grève générale prolétarienne visant à « supprimer l’État », conception « anarchiste », « morale et authentiquement révolutionnaire ».

Au terme d’un siècle où l’on a pu mesurer les dégâts durables de la raison d’État, cette réponse libertaire ne manquerait pas d’attraits, s’il n’avait aussi été vérifié qu’il ne suffit pas de nier le corps envahissant de l’État pour se débarrasser de son fantôme. S’il y a bien « une contradiction de fait » dans la situation du droit, il ne suffit pas d’en supprimer l’un des termes pour lui échapper. Car la critique de l’illusion juridique, selon laquelle le droit tiendrait tout seul, accroché aux voûtes célestes par quelque vieux clou transcendantal, ramène à la généalogie de la violence. Inversement, l’idée que le droit se dissout dans la force conduirait à un relativisme moral et juridique sans issue.

Au terme de son essai, Benjamin énonce que « la critique de la violence est la philosophie de son histoire ». Cette idée fait écho à celle, déjà rencontrée au début, selon laquelle la recherche de critères indépendants tant pour la justice des buts que pour la légitimité des moyens appelle « une considération du droit fondée sur la seule philosophie de l’histoire ». En 1921, il s’agit d’une simple piste, car cette philosophie de l’histoire fait précisément défaut. Jusqu’aux Passages et aux Thèses testamentaires sur le concept d’histoire, Benjamin ne cessera d’y méditer, parvenant à la conclusion que « la politique prime désormais l’histoire ». Une politique, entendons-nous, non instrumentale, non politicienne. Le primat du politique sur l’histoire répond au primat du présent dans l’organisation du temps. C’est au présent que se rejouent sans cesse le sort des vaincus d’hier et la sélection des possibles qui définit l’horizon de demain. Un tel critère implique une responsabilité pleinement autodéterminée qui fixe ses propres valeurs de jugement, aussi bien dans le rapport polémique au passé que dans l’affût inquiet de l’avenir.

Écrit pour Viento Sur

 

Notes

[1] Walter Benjamin, Mythe et violence, Lettres nouvelles, Denoël, 1971.

[2] Georges Sorel, Réflexions sur la violence, texte de la 1re édition, 1908, Paris : Marcel Rivière et Cie. Réimpression de la première édition, 1972. Collection : Études sur le devenir social.

 

 

Usages de la violence

WALTER BENJAMIN – HANNAH ARENDT

Jean-Michel Landry

Rien ne rapproche Hannah Arendt et Walter Benjamin sinon l’exigence de penser les transformations qui ont pétri leur temps. Parmi ces transformations, l’usage politique de la violence occupe une place centrale. En suivant le fil des rapports que l’action politique entretient avec la violence, cet essai trace une diagonale entre l’essai Sur la violence (Arendt, 1972) et la Critique de la violence (Benjamin, 1921). Ce faisant, il tente de cerner le type d’engagement politique promu par deux auteurs partageant un même désir, celui d’insérer dans le monde des espaces d’insoumission.

***

En mars 2005, le Québec étudiant déclanchait la plus importante grève de son histoire. Le cours de cette grève fut marqué par l’omniprésence d’un débat : « doit-on, oui ou non, user des moyens violents ? » Sitôt qu’il s’est agi d’orchestrer une action politique, la question de l’usage de la violence ressurgissait, immanquablement. Camouflé derrière les allures festives et les bannières colorées, ce débat a provoqué maintes querelles, dissensions et divisions. Si bien que les lignes de fracture qui ont progressivement fait surface correspondaient, à peu de choses près, aux rivalités relatives à l’usage de moyens d’action violents. Que ce soit sur les piquets de grève, dans la rue ou lors des interminables délibérations stratégiques, tout(e)s les étudiant(e)s engagé(e)s dans le mouvement de grève ont expérimenté rapports

Aspects sociologiques, volume 14, no. 1, Avril 2007

Usages de la violence 145 Jean-Michel Landry

complexes qui se nouent entre l’agir politique et l’usage de la violence. Le présent essai puise son origine dans cette expérience concrète.

Plusieurs auteurs ont abordé la question de l’usage politique de la violence. Parmi ceux-ci, nous retiendrons ici les contributions de Walter Benjamin et de Hannah Arendt. Au fil des pages qui suivent, nous tâcherons de mesurer leurs divergences ainsi que de dégager les traits communs à leurs conceptions de l’action politique. En fin de texte, nous tenterons d’identifier les principes théoriques partagés par ces deux auteurs et susceptibles de servir la pratique de l’action politique.

1. Walter Benjamin : Entre marxisme et messianisme

Hannah Arendt le décrivait comme « un alchimiste-critique » (Arendt, 1986). Doté d’une curiosité sans bornes, Walter Benjamin se démarque en effet par son habileté à renouveler les problématiques, à découvrir de nouveaux objets et à trouver, dans tout ce qui l’entoure, des clés pour mieux comprendre son époque.

La diversité de ses champs d’intérêt parle d’elle-même : elle va de l’art à l’histoire en passant par la philosophie du langage. Rigoureusement inclassable, l’œuvre de Benjamin est traversée par une pléiade de courants intellectuels qui se croisent et se reflètent en elle : romantisme, surréalisme, matérialisme, sionisme et nihilisme (Löwy, 1988 : 121; Rochlitz, 2000 : 15). Indissociable de son travail intellectuel, l’époque de Benjamin est celle des « temps sombres » (Arendt, 1986). Aux côtés d’Horkheimer, d’Adorno et des autres précurseurs de l’École de Francfort, il prendra pour tâche de penser les lourdes transformations qui pétrissent l’entre- deux-guerres. La publication, en 1921, de l’essai intitulé La critique de la violence fournira à Benjamin l’occasion d’appréhender la violence sous l’angle des rapports que celle-ci entretient avec l’action politique révolutionnaire.

1.1. Le projet

L’objectif poursuivi par la Critique de la violence est énoncé très tôt, dès les toutes premières lignes du texte : « la tâche d’une critique de la violence peut se définir en disant qu’elle doit décrire la relation de la violence au droit et à la justice » (Benjamin, 2000 [1921] : 210 ; mes italiques). À première vue, le projet paraît clair et exempt d’ambiguïté. Sa complexité n’apparaît que lorsque l’on considère de plus près le contexte historique et philosophique dans lequel l’essai fut rédigé.

146 ASPECTS SOCOLOGIQUES

Sur le plan historique, il importe de resituer l’entreprise théorique de Benjamin dans le paysage politique de la république de Weimar et du profond malaise qui affecte cette dernière. La Critique de la violence doit effectivement son cadre de référence à la profonde crise du parlementarisme qui secoua l’ Allemagne de l’entre-deux-guerres (Hanssen, 2000 : 19). Vis-à-vis de la vaste remise en cause du droit positif et de l’ordre juridique, les réflexions de Benjamin sur les rapports entre le droit, la violence et la justice doivent se lire comme une caution morale et théorique adressée aux organisations ouvrières engagées dans l’action politique révolutionnaire.

Les moyens violents déployés par l’État allemand pour réprimer le soulèvement révolutionnaire de 1920 ne sont certes pas étrangers au projet de la Critique de la violence (Hamacher, 2000: 111). Mais le contexte philosophique possède également son importance : la Critique de la violence n’acquiert son véritable sens qu’une fois replacé à l’intérieur du cadre intellectuel dans lequel travaillait Benjamin. Ainsi, l’utilisation du terme « critique » dans le titre de l’essai ne suggère pas une condamnation de la violence, ni un rejet de ses manifestations historiques ; elle relève plutôt d’une indication de méthode. Par celle-ci, Benjamin marque son appartenance à la tradition kantienne. À l’instar de Kant qui, dans la Critique de la raison pure, entendait faire le procès de la raison humaine de manière à fixer les limites de la réflexion spéculative et ainsi déterminer les conditions de possibilité d’une connaissance vraie, Benjamin soumet à un examen critique les diverses formes de violence de manière à dégager la possibilité d’une violence « pure » (Hanssen, 2000 : 5 ; Kant, 2001 [1835] : 65).

Partager cet article
Repost0
19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 08:05
Anne Roche. Université de Provence

Anne Roche. Université de Provence

 

 

journals.openedition.org

 
Scholar
 
F Genton - ILCEA. Revue de l'Institut des langues et …, 2012 - journals.openedition.org
Composé de dix-neuf chapitres, longs d'une page–dernier chapitre–à trente-deux, l'ouvrage vise à établir, par-delà les apparentes contradictions (les paradoxes?), la cohérence d'une pensée de l'Histoire d'autant plus personnelle qu'elle s' est interdit l'usage du «je». Dès …
[C] Exercices sur le tracé des ombres: Walter Benjamin
A Roche - 2010 - Éds. Chemin de Ronde
 
Partager cet article
Repost0
19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 07:30
Anne Roche

Anne Roche

Après Bruno Tackels en 2017 le jury du Prix de l essai Walter Benjamin vient de couronner l oeuvre importante de l universitaire d Aix en Provence auteur d un magistral essai : Exercices sur le tracé des ombres.

La lauréate sera reçue le 29 septembre prochain à l hôtel de ville de Banyuls.  Elle participera ausdi aux renctres de port Bou les 28 et 30 septembre 2018.

Plus de renseignements dans les jours à venir. Jp BONNEL 06 31 69 09 32

 

 

 

 
Scholar
 
F Genton - ILCEA. Revue de l'Institut des langues et …, 2012 - journals.openedition.org
Composé de dix-neuf chapitres, longs d'une page–dernier chapitre–à trente-deux, l'ouvrage vise à établir, par-delà les apparentes contradictions (les paradoxes?), la cohérence d'une pensée de l'Histoire d'autant plus personnelle qu'elle s' est interdit l'usage du «je». Dès …
[C] Exercices sur le tracé des ombres: Walter Benjamin
A Roche - 2010 - Éds. Chemin de Ronde
 

 

 

 

 

 

Https://journals.openedition.org/ilcea/1601

 

Partager cet article
Repost0
25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 08:29
WB à Marseille (C) MUCEM @ Alain PAIRE

WB à Marseille (C) MUCEM @ Alain PAIRE

A BANYULS :

Après le café philo sur Haschich à Marseille par André ROGER et la lecture théâtralisée d'Hanna FIEDRICH (23 février), l'association WB sans frontières poursuit ses activités de l'année 2018 :

 

le samedi 10 mars, à 16 h, au café-restaurant "Les 9 caves" à Banyuls, conférence d'Anaïs BONNEL (diplômé de l'Ecole du Louvre, travaille au musée d'art contemporain de Sérignan) sur la peinture catalane du début du XX° siècle, en particulier sur Pere CREIXAMS, le "Catalan de Montmartre", ami de Picasso...

Entrée libre et gratuite. Contact : 06 31 69 09 32

Adhésion : 20 euros par an (30 euros pour un couple)

Si vous voulez recevoir le calendrier, merci d'envoyer votre adresse mail...

à : jean-pierre.bonnel@orange.fr

- - -

 

WB à MARSEILLE :

 

"Mais de quoi ont-ils si peur ? "

 

Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer à Marseille le 8 septembre 1926

Un livre fort intéressant sur le séjour de WB à Marseille.

De très bonnes critiques notamment dans Le monde diplomatique.

Dans la très belle publication des éditions Commune.  (C) Hélène Peytavi

 

http://www.editionscommune.org/2016/10/mais-de-quoi-ont-ils-eu-si-peur.html

 

Mais de quoi ont-ils eu si peur ? Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer à Marseille

Publié le 13 Janvier 2018 par Les éditions commune 

 

Le livre de Christine Breton, historienne et conservatrice du patrimoine et Sylvain Maestraggi, philosophe et photographe, retrace le séjour des philosophes allemands Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer à Marseille en septembre 1926, à l’occasion de la publication d’un article d’Ernst Bloch dans la revue Les Cahiers du Sud. Il est conçu en deux parties : d’un côté, un conte urbain, récit de l’événement par Christine Breton, conservateur honoraire du patrimoine et historienne de l’art ; de l’autre, un corpus de leurs correspondances (notamment avec Marcel Brion et Jean Ballard) et de textes inédits ou nouvellement traduits, réunis et commentés par Sylvain Maestraggi, philosophe, éditeur et photographe. Au centre, un cahier de photographies, Marseille, telle que l’ont vue les trois auteurs...


Le livre est consacré à cet événement, à cette constellation intellectuelle. Il s’interroge sur la peur qui les a saisis en parcourant la ville. Comment ce qu’ils ont découvert à Marseille a-t-il été déterminant dans l’évolution des œuvres et dans l’écriture des trois penseurs ?

 

A lire : un article de fond d'Olivier Gaudin sur Métropolitiques : Peur sur la ville : Marseille, paru le 26 octobre 2017. Vous pouvez lire en ligne ou télécharger cet article de fond ; la note de lecture de Charles Jacquier parue dans Le Monde Diplomatique de septembre 2017 et l'article de Dane Cuypers dans son blog, Atmotsphère.

Illustration : Derrière la Bourse, vue d'ensemble, 1926 [MHM]. A lire également d'autres textes de Christine Breton sur le centre-ville de Marseille dans le Feuilleton du Grand Vide

 

Christine Breton est conservateur honoraire du patrimoine et docteur en histoire. Depuis 1983, elle creuse l’idée du musée comme forme industrielle de l’utopie. Elle cherche, depuis les Récits d’hospitalité, histoire renversée des Quartiers nord de Marseille, une écriture de l’histoire capable de restituer collectivement et économiquement les savoirs des vaincus ou les traditions orales toujours vivantes, en passant par les codes du récit de voyage ou de l’archéologie vécue. La force émotive reste le moteur de son écriture.


Sylvain Maestraggi est auteur, photographe et éditeur indépendant. Il a consacré ses études de philosophie à l’œuvre de Walter Benjamin. En 2009, il réalise Histoires nées de la solitude, film inspiré des textes de Walter Benjamin sur Marseille. En 2013, il fonde L’Astrée rugueuse, structure d’édition au sein de laquelle il publie deux livres de photographies : Marseille, fragments d’une ville (2013) et Waldersbach (2014)

 

- - -Exposition (merci à Liliane MEFFRE pour l'info)

De : Galerie du Tableau 

[mailto:presse@galeriedutableau

Galerie du Tableau : exposition "MARC-ANTOINE SERRA" du 26 février au 10 mars 2018

 

Galerie du Tableau

37, rue Sylvabelle. 13006 Marseille
Téléphone : 04 91 57 05 34. Fax : 09 58 63 05 34
http://www.galeriedutableau.org
Heures d'ouverture de la galerie :
de lundi au vendredi de 10h à 12h et de 15h à 19h.
Le samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h

Exposition du 26 février au 10 mars 2018

Vernissage le lundì 26 à partir de 18h 30

 

 

 

Marc-Antoine Serra

 

 

 

 

http://www.galeriedutableau.org

Abonnement / Subscribe

 

- - -

 

Conférences et film d'Alain PAIRE :

 

Walter Benjamin

Publié le : 15/01/2015

 

Reporter :

François Mouren Provensal

 

Walter Benjamin, philosophe, historien de l'art, critique d'art et littéraire, traducteur ( notamment Balzac, Baudelaire et Proust ) est né en Allemagne en 1892. En juin 1940, il est enfermé en camp près de Nevers. Des amis intellectuels parviennent à le faire libérer. Il passe par Marseille avant de se rendre à Port Vendres puis Portbou où il se donne la mort. Alain Paire nous conte ces quelques jours passés à Marseille.

Réalisation François Mouren-Provensal

Walter Benjamin dans un camp proche de Nevers

Annah Arendt et Walter Benjamin les derniers jours d'une amitié

 

Vos commentaires

le 23/04/2014à 9h05,

Michel Samson a écrit :

Beau sujet, belle histoire tragique ! C'est bien de revenir sur ces moments oubliés ou méconnus de la ville, rendue célèbre et digne grâce à ses étrangers

le 23/04/2014à 9h24,

Florence Laude a écrit :

Belle évocation de Marseille dans les années quarante, à travers le prisme de l'histoire personnelle de Walter Benjamin. Les faits historiques sont mis en lumière et en images avec précision et c'est remarquable !

...

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 09:08
Philosophe catalan, Walter Benjamin..?

Philosophe catalan, Walter Benjamin..?

 

Je me suis rendu à Figueres pour écouter un exposé sur W. Benjamin (le 12.1.18, au casino Menestral par Enrichic Imbert : Lultim passatge).

Ce fut une rapide synthèse biographique imprécise.  Peu importe.  Ce qui m'exaspéra surtout, ce fut quand ce bon poète affirma qu'il s'intéressait à W. Benjamin parce qu'il était mort à Port-Bou et Port-Bou c'est la Catalogne...

Donc il ne s'intéresse pas à Machado car mort à Collioure..! 

D'ailleurs Machado est andalou et écrit en castillan...Donc peu apprécié par les Catalans... Quelle tristesse de récupérer ou, au contraire, de mépriser un auteur. Machado et Benjamin, catalans, allemands, espagnols, juifs ou communiste...peu importe ! Ce sont avant tout des écrivains universelles, sans frontières ! Ces frontières qui, hélas, ont arrêté leur tragique destin !

La Catalogne cultive la bête récupération et c'est bien triste...

Jpb

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:53
Consolation, roman - Monastère de Consolation (Jura) - Qu'est-ce que consoler ? - Boèce, Consolation de Philosophie, édition publiée à Gand en 1485.
Consolation, roman - Monastère de Consolation (Jura) - Qu'est-ce que consoler ? - Boèce, Consolation de Philosophie, édition publiée à Gand en 1485.
Consolation, roman - Monastère de Consolation (Jura) - Qu'est-ce que consoler ? - Boèce, Consolation de Philosophie, édition publiée à Gand en 1485.
Consolation, roman - Monastère de Consolation (Jura) - Qu'est-ce que consoler ? - Boèce, Consolation de Philosophie, édition publiée à Gand en 1485.

Consolation, roman - Monastère de Consolation (Jura) - Qu'est-ce que consoler ? - Boèce, Consolation de Philosophie, édition publiée à Gand en 1485.

L'INCONSOLATION - Le Travail de deuil - Boèce, Hugo, Sénèque, Pascal...

 

Travail de deuil, pour atténuer la peine et la souffrance, expression de la solution pour estomper le traumatisme, l'obsessionnelle pensée macabre des parents à la mort impromptue et injuste de leur enfant... Rien ne peut, cependant, faire oublier la mort d'un proche. La mort, seule, le peut, d'où, parfois, la solution du suicide. En effet, la mort attire la mort. Il faudra un long "travail" volontaire sur soi pour renaître à la vie... Utiliser toutes les consolations comme des narcotiques, tendre vers un refoulement, un "évitement de la conscience"…

 

Un geste, une parole, une caresse, un écrit restent souvent vains : on ne peut ressentir vraiment la tristesse d'un proche, d'un ami; l'un n'est jamais complètement l'autre. La parole de consolation est le plus souvent un lieu commun; au-delà du cliché, le verbe est à prononcer de façon prudente car toute parole est soupçon, s'insinuant dans un situation très personnelle, incommunicable. Or la consolation tend à supprimer la frontière entre le privé, l'intime et le public…

 

Et quand le "consolateur" est un personnage public, politique, la consolation est trouble, suggérant qu'une intention peu noble (montrer qu'on est là, proche des citoyens : message, discours d'un élu, venue de ministres, paiement par l'Etat des frais d'obsèques, sans oublier l'exploitation de l'événement par la presse : construisant sa Une sur la tragédie, pendant des jours, jusqu'à l'oubli et le passage à un autre "fait divers" !)…

 

Le mieux serait de se consoler soi-même, par la fuite, l'oubli ou l'écriture : relisons les Contemplations de V. Hugo, admirables poèmes écrits à la mort de sa fille Léopoldine !

 

Dans l'antiquité, la philosophie (Boèce, Sénèque…voir plus bas) était le seul viatique pour se consoler; de nos jours on a recours à la religion et à la psychologie, à la mode et au pouvoir exorbitant !

 

Les savoirs humains sont pourtant impuissants à atténuer la douleur: ce sont baumes extérieurs qui ne peuvent rivaliser avec l'effort méditatif intérieur de l'inconsolé.e. 

 

L'homme moderne, plongé dans le désenchantement contemporain, semble seul : il vit de "temps de la consolation" *, mais paraît inconsolé pour longtemps. L'auteur, philosophe et professeur à l'Ecole polytechnique, décrit une époque marquée par la "perte des modèles communautaires, rationnels et amoureux qui justifiaient l'existence face au lire."

 

JPB

 

* Michaël Foesel : Le temps de consolation (points-Seuil, essais) -

 "La confiance dans les vertus salvatrices de la raisonnes fondait sur un modèle précis de l'acquisition du savoir : la réminiscence. Pour Platon comme pour les Stoïciens, la connaissance philosophique console parce qu'elle repose sur un exercice de mémoire : le souvenir est capable de combler toutes les absences dont le sujet se désole…Ce que le sujet recherche dans l'angoisse, il le possède déjà. Il est donc vain de déplorer la perte de ce qui ne peut pas disparaître. " (page 18)

cf Pascal : "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé."Pensées, fragment 533.

 

(Voir, dans ce blog, l'article sur Notre-Dame de Consolation, à Collioure- et le roman -polar mystique- de JPB : Inconsolable à Consolation, publié chez Cap Béar)

 

 

*La Consolation de Philosophie est un dialogue philosophique écrit par Boèce vers 524. Il s'agit de l'une des dernières grandes œuvres de l'Antiquité et parmi les plus influentes au Moyen Âge. Elle appartient au genre littéraire de la consolation, formellement elle est un prosimetrum (alternance de vers et de prose).

 

L'œuvre hérite son titre de la tradition stoïcienne (Sénèque a écrit trois consolations adressées à Marcia, Helvia et Polybius), mais aussi des développements sur le thème fondamental du Destin

Certaines réflexions du Timée de Platon, cité au livre III, ont pu être connues de Boèce par l'intermédiaire des commentaires de Porphyre ou Chalcidius. La captivité et l'injustice se retrouvent dans le Criton et le Phédon.

La matière de la Consolation reprend celle de certains textes de Saint Augustin tels que les Soliloques (dialogue autobiographique) ou De l'ordre (De Ordine) qui traite des thèmes communs de l'ordre du monde, du mal, de la Fortune et de la Providence.

« La mise en scène du dialogue et les poèmes qui en rythment le déroulement libérateur, doivent quelque chose à un autre chef-d'œuvre de l'Antiquité tardive : Les Noces de Mercure et de Philologie de Martianus Capella1. »

Une autre œuvre de l'antiquité tardive, la Psychomachie de Prudence, a pour point commun avec la Consolation de Philosophie, l'usage de l'allégorie dans le cadre d'un combat spirituel.

Comme pour les textes de Macrobe, Martianus Capella et Prudence, l'écriture allégorique de la Consolation de Philosophie est influencée par la théorie des quatre sens de l'Écriture.

 

- - -

**Le Cirque de Consolation, appelé aussi Val de Consolation, est une reculée du massif du Jura située dans le département du Doubs, sur le territoire de la commune de Consolation-Maisonnettes, non loin de la frontière suisse.

 

 Le belvédère de La Roche au Prêtre offre un point de vue remarquable sur le site, découvrant la petite vallée et les bâtiments d'un ancien séminaire isolé dans les bois.

La présence humaine y est très ancienne puisqu'elle est attestée dans les grottes près de la source du Lançot à l'âge du bronze. L'histoire est ensuite marquée par l'édification au-dessus des falaises, à Châtelneuf-en-Vennes, d'un château fort à la fin du xive siècle : il sera détruit en 1639 pendant la guerre de dix ans et ses pierres seront utilisées pour la construction d'un monastère dans la vallée en 1670 : l'édifice sera plus tard transformé en séminaire avant de fermer ses portes en 1978.

Près de 150 hectares du site forment un site inscrit depuis 19433.

 

Un oratoire a été érigé en 1432-1433 pour honorer Notre-Dame de Consolation (dont le tableau est aujourd'hui dans l'église de Guyans-Vennes) et des ermites se sont installés dans la vallée sauvage. 

Achevé en 1673, l'édifice forme un carré de 40 mètres de côté et les bâtiments enferment un cloître central alors que le quatrième côté est occupé par l'église. Les bâtiments comportaient un étage où se trouvaient 18 cellules alors que le rez-de-chaussée était occupé par la cuisine et les réfectoires 6. Les bâtiments transformés au xixe siècle pour servir de séminaire comporteront deux étages et pourront accueillir plus d'une centaine d 'élèves 7. Divers aménagements seront entrepris au xixe siècle dans l'église et le porche en sera restauré en 18998.

Le monastère était à peu près désaffecté à la Révolution française et ne comptait plus que quatre moines quand il a été vendu comme bien national et transformé en dépôt de fourrage9. Laissé ensuite à l'abandon 10, l'ancien monastère, redevenu propriété de l'Église en 1827, a été transformé en petit séminaire en 1833 : il a été fermé en 1906 pour défaut d'élèves avant de rouvrir en 1920 (toujours en tant que « petit séminaire » (correspondant aux classes de l'enseignement secondaire) pour former de futursmissionnaires jusqu'à sa fermeture définitive en 1978. Depuis une Fondation du Val de Consolation gère les lieux et organise des réunions religieuses et des manifestations culturelles.

 

Géré par l'association "Artisans de Paix - Val de Consolation", le site du Val de Consolation accueille annuellement plus de 110 000 visiteurs et stagiaires attirés par le pittoresque de l'endroit et par les activités culturelles et religieuses comme par les pratiques de loisir. Grâce à l'association, le site de l'ancien séminaire accueille toujours une activité spirituelle, mais aussi culturelle et touristique. La chapelle est ouverte en permanence et des messes y sont célébrées. Le cirque de Consolation offre par ailleurs un parc aménagé pour les promeneurs qui peuvent découvrir la faune et les nombreuses cascades (source intermittente du Lançot, 27 m de haut ; source intermittente du Tabourot). Ce parc comprend un arboretum avec de nombreuses espèces remarquables.

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 09:20
Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel
Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel
Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel

Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel

L'essai biographique de Bruno TACKELS : l'auteur est à Banyuls aujourd'hui vendredi 24 novembre pour le prix européen de l'essai hall de la mairie de Banyuls à 18h: discours, exposé, apéritif)

Demain à Cerbère, au Rayon vert, avec B. Tackels: film à 15h, entretien, dialogue, dédicace à 16h 30...

 

*L'exil de Marseille jusqu'à Banyuls :

 

Banyuls, c'est la ville de l'espérance: on imagine Benjamin rencontrant Lisa Fittko, traversant la ville, depuis la gare jusqu'à la mairie, puis écoutant les conseils du maire d'alors, Vincent Azéma, leur montrant le chemin de la liberté et là-haut, vers les crêtes-frontières, le col de Rumpissa. Banyuls est une ville symbole, la dernière, l'ultime ville avant l'Espagne, la Catalogne, Port-Bou et la mort…En effet, Port-Bou, c'est la mort au bout, au bout du chemin et du destin.

 

Benjamin a toujours été un homme des crêtes, en équilibre entre deux pensées (théologie, messianisme, d'un côté, et marxisme, de l'autre), entre désir de s'ancrer (dans une ville, dans une bibliothèque) et l'invitation au voyage, pour employer le titre du poème célèbre de Baudelaire, qu'il admirait), même si celui-ci, le voyage, fut souvent motivé par la fuite et l'exil…

 

Lors de la reconnaissance du 24 sept. 1940, il va déjà affronter la souffrance et les difficultés du chemin…Il va dormir dans la nature, sans doute sur le plateau aux sept pins pour économiser ses forces.

En effet, le lendemain, le 25 sera un calvaire, un véritable chemin de croix. Il demanda, éreinté, qu'on l'abandonne et José, le fils de son amie Henny Gurland, le portera à plusieurs reprises…

A la Font del Bana, il boira l'eau croupie, comme pour déjà s'empoisonner…

 

Au Col, on imagine que la perspective de passer la frontière le réjouit, ainsi que la vue de la mer et de l'horizon vers le cap de Creus, même si la question de la contemplation esthétique n'était pas l'urgence du moment…

La descente sera longue, abrupte, interminable. Douze heures de l'arche de Banyuls à Port-Bou ! 

 

A la douane sous le tunnel de la gare, ma désillusion ne sera que plus grande, quand on lui dit qu'il devra retourner le lendemain en France, c'est-à-dire vers les camps de la mort nazis…

C'est pourquoi, dans ce petit village où personne ne le connaissait, il avalera le lent poison de la morphine : ce fut une agonie de presque 24 heures, de 22 heures, le 25 sept, jusqu'au soir du 26…

 

Cette biographie riche et émouvante de Benjamin nous offre une réflexion sur les thèmes majeurs du philosophe (l'aura, l'oeuvre d'art, la mélancolie, l'Histoire, la traduction…) ainsi que la narration d'une vie unique, dans un contexte européen apocalyptique. 

 

L'essai de Bruno Tackels nous convie à l'élucidation d'une oeuvre, souvent obscure, en raison d'une écriture très élaborée, de l'utilisation de l'image, de l'ellipse, d'une syntaxe inhabituelle. Le style ici, c''est bien l'écart par rapport à la norme, qui désoriente le lecteur…

 

B.Tackels convoque tout un contexte : l'l'Histoire de la fin du XIX° sicle et surtout de la premier partie du XX°, sans oublier les anecdotes, les portraits, les villes, les rencontres et les influences intellectuelles.

De même que Benjamin voulait prendre la grande Histoire "à  rebrousse-poils", B. Tackels prend "à rebours" les règles du genre. Les écrits ne sont pas interprétés à travers les événements vécus; non, l'essayiste montre que l'auteur interroge sa propre existence à travers l'oeuvre de cet intellectuel hors normes. 

 

L'écrit explique la vécu..Bien sûr, on imagine que, si l'Histoire avait été moins cruelle, l'oeuvre se serait poursuivie de façon moins pessimiste, mais ce n'est pas sûr…

 

En effet, une vision rétrospective des événements passés montre que la catastrophe a toujours été à venir.

L'avenir de Benjamin, ce n'est pas le progrès, ce n'est pas une conception linéaire et positive du temps historique, c'est toujours cette tempête qui vous pousse vers le futur, alors que vous regardez le passé…ne voulant pas voir la catastrophe qui vient…

 

 

Pour la rédemption de l'Homme, il faudra d'abord sauver le passé, rendre hommage à tous ces hommes, ces anonymes qui ont construit les grands monuments, à ces soldats de la Révolution qui ont montré le chemin de la libération…

 

Une image du passé peut, à tout moment, susciter une action au présent, ouvrir une porte donnant sur un messianisme social et révolutionnaire…

 

B. Tackels nous montre que cette oeuvre est comme le le XX° siècle,un champ de décombres, qu'il s'agit d'une oeuvre fragmentée comme le temps historique éclaté sous les balles et les déflagrations des guerres successives.

Il explique cette oeuvre intempestive, cet auteur insoumis, évitant la charcuterie de 14/18, refusant les avancées criminelles du nazisme et les charcutages du stalinisme.

 

Bruno Tackels montre que l'influence de Benjamin ne se résume pas au champ de la philosophie : le penseur a poussé la réflexion esthétique (avec L'oeuvre d'art…la photo, le ciné…) et la théorie politique : comme Kafka, il annonce la tragédie qui nous attend. Il s'et intéressé aux collections, aux jeux, aux jouets, à la radio, aux randonnées urbaines et aux voyages, aux livres rares… Ce flâneur curieux de tout, ce chiffonnier baudelairien, condamné à la marche, au nomadisme, à l'exil, à la marginalité en raison de sa situation proche de la clochardisationn, est pourtant un intellectuel essentiel. B.Tackels raconte cette vie comme un destin, la lente dérive vers l'inexorable.

 

Pourtant, jusqu'à la fin, il conserve l'humour et la volonté de reprendre sans cesse ses ultimes Thèses sur l'Histoire

Humour juif et ironie ne cessent d'être présentes dans ses textes et sa correspondances; exemple, cet article trouvé dans un journal et rapporté par Benjamin dans une lettre de 1939 :

 

"La société du gaz a cessé toute livraison de gaz aux juifs. L'utilisation du gaz par la population juive entraînait des pertes pour la société, parce que les plus forts consommateurs justement ne réglaient pas leurs factures. Les juifs recouraient de préférence au gaz pour se suicider." 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 09:20
Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel
Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel
Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel

Banyuls par Patrick Durand - Le Belvédère du Rayon vert, à Cerbère - La nuit depuis le Belvédère (C) jean-pierre bonnel

L'essai biographique de Bruno TACKELS : l'auteur est à Banyuls aujourd'hui vendredi 24 novembre pour le prix européen de l'essai hall de la mairie de Banyuls à 18h: discours, exposé, apéritif)

Demain à Cerbère, au Rayon vert, avec B. Tackels: film à 15h, entretien, dialogue, dédicace à 16h 30...

 

*L'exil de Marseille jusqu'à Banyuls :

 

Banyuls, c'est la ville de l'espérance: on imagine Benjamin rencontrant Lisa Fittko, traversant la ville, depuis la gare jusqu'à la mairie, puis écoutant les conseils du maire d'alors, Vincent Azéma, leur montrant le chemin de la liberté et là-haut, vers les crêtes-frontières, le col de Rumpissa. Banyuls est une ville symbole, la dernière, l'ultime ville avant l'Espagne, la Catalogne, Port-Bou et la mort…En effet, Port-Bou, c'est la mort au bout, au bout du chemin et du destin.

 

Benjamin a toujours été un homme des crêtes, en équilibre entre deux pensées (théologie, messianisme, d'un côté, et marxisme, de l'autre), entre désir de s'ancrer (dans une ville, dans une bibliothèque) et l'invitation au voyage, pour employer le titre du poème célèbre de Baudelaire, qu'il admirait), même si celui-ci, le voyage, fut souvent motivé par la fuite et l'exil…

 

Lors de la reconnaissance du 24 sept. 1940, il va déjà affronter la souffrance et les difficultés du chemin…Il va dormir dans la nature, sans doute sur le plateau aux sept pins pour économiser ses forces.

En effet, le lendemain, le 25 sera un calvaire, un véritable chemin de croix. Il demanda, éreinté, qu'on l'abandonne et José, le fils de son amie Henny Gurland, le portera à plusieurs reprises…

A la Font del Bana, il boira l'eau croupie, comme pour déjà s'empoisonner…

 

Au Col, on imagine que la perspective de passer la frontière le réjouit, ainsi que la vue de la mer et de l'horizon vers le cap de Creus, même si la question de la contemplation esthétique n'était pas l'urgence du moment…

La descente sera longue, abrupte, interminable. Douze heures de l'arche de Banyuls à Port-Bou ! 

 

A la douane sous le tunnel de la gare, ma désillusion ne sera que plus grande, quand on lui dit qu'il devra retourner le lendemain en France, c'est-à-dire vers les camps de la mort nazis…

C'est pourquoi, dans ce petit village où personne ne le connaissait, il avalera le lent poison de la morphine : ce fut une agonie de presque 24 heures, de 22 heures, le 25 sept, jusqu'au soir du 26…

 

Cette biographie riche et émouvante de Benjamin nous offre une réflexion sur les thèmes majeurs du philosophe (l'aura, l'oeuvre d'art, la mélancolie, l'Histoire, la traduction…) ainsi que la narration d'une vie unique, dans un contexte européen apocalyptique. 

 

L'essai de Bruno Tackels nous convie à l'élucidation d'une oeuvre, souvent obscure, en raison d'une écriture très élaborée, de l'utilisation de l'image, de l'ellipse, d'une syntaxe inhabituelle. Le style ici, c''est bien l'écart par rapport à la norme, qui désoriente le lecteur…

 

B.Tackels convoque tout un contexte : l'l'Histoire de la fin du XIX° sicle et surtout de la premier partie du XX°, sans oublier les anecdotes, les portraits, les villes, les rencontres et les influences intellectuelles.

De même que Benjamin voulait prendre la grande Histoire "à  rebrousse-poils", B. Tackels prend "à rebours" les règles du genre. Les écrits ne sont pas interprétés à travers les événements vécus; non, l'essayiste montre que l'auteur interroge sa propre existence à travers l'oeuvre de cet intellectuel hors normes. 

 

L'écrit explique la vécu..Bien sûr, on imagine que, si l'Histoire avait été moins cruelle, l'oeuvre se serait poursuivie de façon moins pessimiste, mais ce n'est pas sûr…

 

En effet, une vision rétrospective des événements passés montre que la catastrophe a toujours été à venir.

L'avenir de Benjamin, ce n'est pas le progrès, ce n'est pas une conception linéaire et positive du temps historique, c'est toujours cette tempête qui vous pousse vers le futur, alors que vous regardez le passé…ne voulant pas voir la catastrophe qui vient…

 

 

Pour la rédemption de l'Homme, il faudra d'abord sauver le passé, rendre hommage à tous ces hommes, ces anonymes qui ont construit les grands monuments, à ces soldats de la Révolution qui ont montré le chemin de la libération…

 

Une image du passé peut, à tout moment, susciter une action au présent, ouvrir une porte donnant sur un messianisme social et révolutionnaire…

 

B. Tackels nous montre que cette oeuvre est comme le le XX° siècle,un champ de décombres, qu'il s'agit d'une oeuvre fragmentée comme le temps historique éclaté sous les balles et les déflagrations des guerres successives.

Il explique cette oeuvre intempestive, cet auteur insoumis, évitant la charcuterie de 14/18, refusant les avancées criminelles du nazisme et les charcutages du stalinisme.

 

Bruno Tackels montre que l'influence de Benjamin ne se résume pas au champ de la philosophie : le penseur a poussé la réflexion esthétique (avec L'oeuvre d'art…la photo, le ciné…) et la théorie politique : comme Kafka, il annonce la tragédie qui nous attend. Il s'et intéressé aux collections, aux jeux, aux jouets, à la radio, aux randonnées urbaines et aux voyages, aux livres rares… Ce flâneur curieux de tout, ce chiffonnier baudelairien, condamné à la marche, au nomadisme, à l'exil, à la marginalité en raison de sa situation proche de la clochardisationn, est pourtant un intellectuel essentiel. B.Tackels raconte cette vie comme un destin, la lente dérive vers l'inexorable.

 

Pourtant, jusqu'à la fin, il conserve l'humour et la volonté de reprendre sans cesse ses ultimes Thèses sur l'Histoire

Humour juif et ironie ne cessent d'être présentes dans ses textes et sa correspondances; exemple, cet article trouvé dans un journal et rapporté par Benjamin dans une lettre de 1939 :

 

"La société du gaz a cessé toute livraison de gaz aux juifs. L'utilisation du gaz par la population juive entraînait des pertes pour la société, parce que les plus forts consommateurs justement ne réglaient pas leurs factures. Les juifs recouraient de préférence au gaz pour se suicider." 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 09:29
Biographie de W.Benjamin (Actes-Sud) - Tableau de Chirico - Flyer Prix W. Benjamin (C) Carlo Maiolini
Biographie de W.Benjamin (Actes-Sud) - Tableau de Chirico - Flyer Prix W. Benjamin (C) Carlo Maiolini
Biographie de W.Benjamin (Actes-Sud) - Tableau de Chirico - Flyer Prix W. Benjamin (C) Carlo Maiolini

Biographie de W.Benjamin (Actes-Sud) - Tableau de Chirico - Flyer Prix W. Benjamin (C) Carlo Maiolini

*Dans la ville de Jean MOULIN et de Robert Ménard :

Béziers : vol d'un tableau “inestimable” de Giorgio de Chirico

 

*Toile : "composition avec autoportrait" peinte en 1926 par le maître moderne italien Giorgio de Chirico - archives / © F3 LR

Une "composition avec autoportrait" peinte en 1926 par le maître moderne italien Giorgio de Chirico a été volée au musée des Beaux-Arts de Béziers, dans l'Hérault, a-t-on appris mardi 21 novembre. 

Une "composition avec autoportrait" peinte en 1926 par le maître moderne italien Giorgio de Chirico a été volée au musée des Beaux-Arts de Béziers, dans l'Hérault.

D'une "valeur inestimable", ce tableau, qui faisait partie de la collection de tableaux de maîtres modernes du résistant Jean Moulin, natif de Béziers, a été dérobé jeudi dernier dans l'après-midi dans l'Hôtel Fabrégat, en centre-ville.

"Les premières constatations semblent indiquer que la toile a été découpée au cutter. Le vol a été constaté peu de temps après par un des gardiens du musée", explique la municipalité de Béziers dans un communiqué.

Un tableau de la collection privée de Jean Moulin

Dans cet hôtel particulier, qui abrite des collections du Musée des Beaux-Arts de Béziers, se trouve notamment la collection privée de Jean Moulin.

Outre ce tableau de Giorgio de Chirico (1888-1978), fondateur du mouvement de la peinture métaphysique, qui marque un retour à une peinture figurative évoquant la tradition de la Renaissance italienne, la collection de Jean Moulin comprend également des oeuvres de Soutine, Raoul Dufy, Krémègne ou Suzanne Valadon.

 

L'enquête a été confiée au SRPJ de Montpellier.

   PRIX européen de l'essai Walter BENJAMIN - programme novembre 2017

 

 

* 24 Novembre : 

 

A Banyuls, à 18h, hall de la mairie de Banyuls:

 

Proclamation du prix européen de l'essai WB, catégorie "Référence internationale", avec nos partenaires : mairie de Banyuls, conseil départemental 66, CML, la Région, le restaurant Le Catalan (Banyuls), les 9 caves (bar, gites, lieu culturel), Le Belvédère du Rayon vert (Cerbère), L'Etoile (plus ancienne cave de Banyuls)…

 

Discours de M Solé, maire, et/ou de l'adjoint à la culture, du représentant du CD66, du conseiller général, du maire de Port-Bou (ou de son représentant: Association "Passatges"), d'André Bonet, président du Centre méditerranéen de littérature… 

 

 

Exposé du lauréat sur ses livres, sur le lieu et les derniers jours, sur la personnalité de W.Benjamin…

 

 

 

* samedi 25 : Rayon Vert, à 15 heures, film où B.Tackels intervient (entrée libre, introduction de Patrick Viret), débat à 16h au Belvédère de Cerbère.

 

 

*Dimanche 26 : ¨Programme pour Port-Bou, par Pilar Parcerisas (Association "Passatges":

 

Dimanche, 26 novembre 2017

 

11: 00h. Présentation du Prix WB et du livre de l'auteur , avec la présence de M. Le Maire et les autorités. Président Assoc. WB et Présidente Assoc. Passatges.

 

11: 30h. Conférence du lauréat..

12: 30h  Visite au Mémorial 

13: 30h.  Repas à Portbou Café.  

On peut profiter à la fin du repas pour présenter des nouveautés de l'auteur ou faire des commentaires sur WB, etc. 

 

 

17:00h. Projection du film "La dernière frontière". 

 

Livre de Bruno Tackels : Walter BENJAMIN, une vie par les textes (présentation avec de nombreux emprunts à cet essai biographique)

 

Le projet de l'essai biographique se résume dans cette phrase : "Ce n'est pas la vie qui explique le poème, mais c'est le poème qui fait le récit de la vie."

 

En effet, la biographie ne permet pas de lire et d'interpréter une oeuvre; elle n'en reste pas moins puissamment impliquée dans les textes du philosophe.

Le récit de sa vie n'apparaît jamais de façon explicite dans ses textes (B. s'interdisait même d'employer le je dans ses oeuvres, mais ce récit de vie est tout entier codé dans ses différents textes (ex: les souvenirs personnels transformés dans des oeuvres autobiographiques telles que Enfance berlinoise ou Sens unique).

Donc lire les écrits de B. permet de mettre en avant l'histoire de sa vie.

De ce destin tragique, il nous reste une écriture, celle d'un auteur, pas simplement allemand, ou français (cf. Les écrits français), mais celui d'un écrivain européen. B. Tackels écrit : 

 

"Il aura eu le courage de mettre à nu la teneur véritable qui anime la civilisation et le projet européen. Avant l'horreur de la Solution finale, avant la terreur de l'étau communiste, sa pensée a perçu avec une précision extrême la tournure inexorable qu'allait prendre le cours des événements européens."

 

Benjamin est un visionnaire mais sa réflexion s'exerce, non vers le futur, mais dans le présent : il insiste sur "l'apparition soudaine dans le monde d'un événement qui engage l'Avenir."

Il regarde ce qui, dans l'époque présente, appelle une possible transformation de l'avenir.

 

En guise de préface, B.Tackels adresse une lettre à Benjamin; il lui confie qu'il pratique son oeuvre depuis 22 ans; il désire contribuer à la diffusion de son oeuvre qui n'a jamais été aussi vivante. Incomprise, ignorée, censurée, entravée, pendant 70 ans, il est désormais l'heure du réveil, en ces temps de catastrophe continue.

On a pillé son oeuvre, mais elle apparaît maintenant dans sa pleine lumière : l'histoire de Benjamin est comme "l'allégorie absolue du destin de l'intellectuel à l'époque du capitalisme post-fasciste."

 

Benjamin a voulu redonner la parole aux vaincus; il a voulu rendre son authenticité à la pensée qui, aujourd'hui, n'a plus d'intégrité car elle est manipulable; elle est comme un produit qu'on achète et dont on peut se servir à volonté; une marchandise qui, écrit Benjamin, s'inspirant de Marx, a perdu sa valeur d'usage et n'a plus qu'une valeur vénale, sa valeur d'échange.

 

B.Tackels, dans son imposant essai biographique, écrit de façon claire et accessible, et il raconte la vie de Benjamin à travers les textes, tout en les expliquant par les circonstance de la vie. Il écrit :

 

"Il s'agira donc d'essayer de nommer sa pensée en se laissant guider par le mouvement de sa vie. Pour autant, il ne s'agira pas d'une "biographie" au sens strict, précisément parce que la pensée de B. ne cesse d'affirmer (et elle est parmi les premières à le faire avec tant de netteté au 20° siècle) que la vie ne permet pas d'expliquer l'oeuvre.

Et pourtant B. a eu une vie qu'il n'a eu de cesse de traduire en pensée. Nous partirons donc d'une inversion stricte du dispositif conventionnel : non la vie pour éclairer l'oeuvre, mais les textes de l'oeuvre sans cesse en train de transcrire, transfigurer la vie de cet homme qui l'a tout entière dédiée au geste d'écrire. D'où ce constat, finalement fort logique, mais qui s'oppose à tout "biographisme" : tout ce que WB a écrit, il l'a écrit à partir de sa vie même."

C'est une existence qui se lit à travers les écrits, les fragments et les oeuvres inachevées d'un intellectuel qui ne pouvait vivre sans livre, sans sa bibliothèque, et sans la bibliothèque de Paris, qu'il hanta de 1933 à 1940, la capitale se résumant d'ailleurs à sa bibliothèque, comme une île sécuritaire…

Benjamin est un homme profondément seul et mélancolique. Doté d'un talent exceptionnel, il ne pourra cependant pas échapper à une "conduite d'échecs".

C'est un être décalé: il refuse l'héritage matériel et intellectuel de sa famille; il s'opposera à la pensée unique de l'université. Il restera fidèle à cette posture à contre-pied.

Il refuse la société bourgeoise et libérale, et bien sûr le fascisme qui s'avance. Il a eu le malheur d'être juif dans une époque fortement antisémite.

Il rejette aussi les compromis, les diverses possibilités de vie et d'emplois qui se présentent (Londres avec Dora et Stefan), la Palestine (invitation de G. Scholem), le départ en Amérique pour rejoindre l'Institut en exil, avant l'obligation d'avoir un visa de sortie de France (le régime de Vichy obéissant aux injonctions de Hitler).

C'est un homme en marge qui refuse les engagements, le sionisme ou le communisme: hésitations lors de son adolescence et ensuite à Moscou- cf. Le Journal de Moscou.

C'est l'homme dont la pensée est en éternel mouvement, qui ne peut se poser dans un créneau précis. Il se laisse largement ballotté par les événements: c'est le destin, la malchance et le projet de suicide qui l'ont fixé pour toujours à Port-Bou, c''st-à-dire à la frontière, en un lieu qui devrait être celui de l'espoir, mais qui s'avérera comme un no man's land indéchiffrable…

B. Tackels écrit : "Donner à lire les textes de Benjamin permet de mettre en avant l'histoire de sa vie. Le lecteur essaie de se frayer un chemin dans une écriture qui n'offre que peu de prises, mais sui constitue un gigantesque autoportrait continué."

 

B. Tackels cite la phrase judicieuse d'Adorno : "Depuis toujours, la personne de W.Benjamin a été le médium de son oeuvre."

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens