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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:16
Caroline Morel-Fontaine -
Caroline Morel-Fontaine -
Caroline Morel-Fontaine -
Caroline Morel-Fontaine -

Caroline Morel-Fontaine -

26 février 2017 18h au Théâtre de l'Etang, St-Estève :

 

 

"Malaise dans la civilisation,

 

à l'aise dans la barbarie"

 

Jean Pierre VIDAL

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Vidal est professeur de philosophie, maître de conférences en psychologie, psychanalyste, analyste de groupe et d’institution et psychothérapeute.

 

 

Les deux ouvrages, publiés avec pratiquement 70 ans d’écart, Malaise dans la civilisation, (S. Freud, 1930) - À l’aise dans la barbarie, (M. Nacht, 1994) semblent résumer les changements intervenus au cours du XXème siècle, et définir le passage d’une société, inscrite dans la Modernité, à une société dite “hypermoderne”, voire “postmoderne”. La postmodernité ne serait pas un simple prolongement de la modernité ou un dépassement de celle-ci, mais serait une manière d’en finir avec elle. La crise mondiale porte atteinte à toutes les valeurs, devenues subalternes par rapport aux relations marchandes. En effet, tout est marchandise, tout a un prix ; seules comptent les injonctions du Marché. De façon lapidaire, nous dirons que les prétendues injonctions du Marché génèrent une “mutation du lien social”. À côté d’une crise économique et financière, vivons-nous, aussi, une crise politique, écologique, morale, esthétique, intellectuelle... ? Sommes-nous confrontés à une “mutation culturelle” ou, même, à une “rupture anthropologique” ?

 

Comme s’interroge Marc Nacht : « existe-t-il encore une place qui permette à la volonté consciente de faire échec à la face sombre du destin ? ».

 

 

 

Café philo en entrée libre et gratuite
dans la limite des places disponibles

 

 

****

¨BANYULS 

 

association culture & patrimoine

Ferran, troisième fils du roi Jaume II de Majorque et de son épouse Esclarmonde de Foix, est né à Perpignan et a été élevé au palais en compagnie de ses frères et sœurs. Très tôt il a marqué sa différence avec tous ceux de sa famille en montrant un goût prononcé pour les armes. Sa vie est une suite d’aventures tellement fantastiques qu’aucun chevalier errant n’aurait pu en rêver d’aussi belles. N’étant pas appelé à régner, peu attiré par la vie religieuse, ne possédant pas de fortune, c’est par les armes qu’il va s’illustrer.

En conflit avec son père il est obligé de s’exiler à la cour de Barce­lone. C’est là que débuteront ses aventures au service de ses cou­sins Jaume II d’Aragon et Frédéric III de Sicile, dont il devient le bras armé en Orient, en Espagne et en Sicile. Marié à Isabelle de Sabran, il va se battre en Achaïe pour conquérir le duché dont son épouse a hérité. C’est là qu’il trouve la mort au combat le 5 juillet 1316.

Fils de roi, frère de roi, il est aussi le père du dernier roi de Ma­jorque Jaume III, né de son mariage avec Isabelle de Sabran.

 

Dominique Baudry

Secrétaire

dominique.baudry@wanadoo.fr

 

 

***CONCERT DE MUSIQUE

acousmatique & electroacoustique

Saison musicale 2017 Ensemble Flashback

 

 

 

Dimanche 26 février à 18h

 

Au Centre d'Art Contemporain àcentmètresducentredumonde

3, avenue de Grande Bretagne. 66000PERPIGNAN

04 68 34 14 35

 

Entrée 5 euros

Adhésion annuelle 2 euros

 

 

 

1ère partie :

CONCERT PEDAGOGIQUE de la classe de Composition et Création sonore du CRR de Perpignan Méditerranée

 

2nde partie :

JULIEN GUILLAMAT (compositeur invité) qui diffusera sur acousmonium de 8 haut-parleurs un pogramme d'oeuvres acousmatiques :

 

- "Résonances 1.0" de Julien Guillamat (15', 2016)

- "Espaces cachés" de Jonty Harrisson (13'54'', 2014)

- "Ailleurs" de Julien Guillamat (15', 2011)

 

 

CONCERT DE MUSIQUE

acousmatique & electroacoustique

Saison musicale 2017 Ensemble Flashback

 

Dimanche 26 février à 18h

Au Centre d'Art Contemporain àcentmètresducentredumonde

3, avenue de Grande Bretagne. 66000PERPIGNAN

04 68 34 14 35

 

*** Mercredi 22 février à 18h00 à la librairie Torcatis  : rencontre avec Jordi Père CERDA

pour son livre  CANTS POPULARS de la Cerdanya i el Rossello

présenté par Jacques QUERALT et Cris CAYROL

 

Au coeur de ce livre de 180 pages avec en couverture un portrait de Cerdà en jeune berger, un travail sans pareil depuis longtemps sur les "Cants de Cerdanya et de Rosselló".  Autant de maillons de la transmission d'une part du "cançoner" indigène. Secrets ou vestiges, précieuses survivances, mises au jour qui plongent leurs racines dans des époques anciennes. Pièces uniques ou variantes, préservées dans un foyer, sauvées par une mémoire. Petite galerie d'ancêtres. Sur l'une d'entre elles, on voit Josep-Sebastià Pons aux côtés de Jordi Pere Cerdà et Francesc Català.

MET BARRAN

 

 

 

 

 

Samedi 25 février à 10h10 à la médiathèque de Perpignan, Petit déjeuner littéraire

 

avec Vélibor COLIC

pour l'ensemble de son oeuvre.

 

Velibor Čolić est un écrivain croate de Bosnie, peut-on ajouter de son temps et de son espace. Il est un jeune auteur plein de promesses lorsqu'il connaît le succès avec un premier roman très remarqué.  Les Bosniaques paruten 1993 est écrit pendant le siège de Sarajevo; chaque page esquisse la mort des nombreux personnages de cette guerre. Quelques années plus tard  Chroniques des oubliés  donne à nouveau une voix aux victimes, aux vaincus. Comme on peut le retrouver dans Archanges  où Zenka, jeune fille suppliciaire d'hommes aussi grotesques que cruels, nous invite à suivre sa dernière danse macabre. Mais Velibor COLIC nous convoque aussi dans ses rêves, motif vital pour lui... Ainsi Sarajevo Omnibus  basé sur des faits historiques nous entraine dans un récit polyphonique et plein d'humour. Son dernier livre Manuel d'exil questionne sans ambage la question de  l'intégration d'un homme étranger dans la société française. Velibor Colic a une oeuvre considérable : nourrie, référencée, toujours tragique et très souvent drôle. C'est un écrivain essentiel.

Il emprunte à l'écrivain polonais Jerzy Lec : « Ne succombez jamais au désespoir, il ne tient pas ses promesses. »

VELIBOR ČOLIĆ 

 

 

 

 

 

Les horaires de la librairie TORCATIS

 

Le Lundi de 10h à 19h

Du Mardi au Samedi de 9h30 à 19h

 

et en continu sur notre site internet: www.librairietorcatis.com

 

10 rue Mailly à Perpignan

 

***BARCELONA :

"Un autre regard” por Caroline Morel-Fontaine
 
 
Espai10: Laboratorio de las artes contemporáneas
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Espai 10: Laboratorio de las Artes Contemporáneas invita el Jueves, día 23 de Febrero a las 19:30 horas a la inauguración de la exposición“Un Autre Regard” de la artista Caroline Morel-Fontaine.

Caroline Morel nos propone una serie de fotografías que forman parte de su trabajo de investigación doctoral, sobre la representación del cuerpo afectado por trastornos psíquicos y  de la alimentación. 

A través de su trabajo fotográfico abre preguntas sobre la realidad y la percepción del cuerpo en la intimidad, el canon estético, el deseo y el erotismo. Reflexiona sobre la representación social del cuerpo y su evolución en la historia, introduciendo  problemáticas sobre la  salud, la identidad, la  autoestima  y  la mirada del otro. 

Caroline Morel-Fontaine, Artista Visual, Fotógrafa e Investigadora francesa, actualmente becaria del Institut de France, Académie des Beaux Arts en la Fondation Dufreine. Es presidenta de la asociación Image, Mémoire, Corps. Forma parte del proyecto Teddip’Europe y Miembro del centro Ethique, Laboratoire de Recherche Epsilon de la Université de Montpellier. Desde el 2013 cursa un  doctorado de  sociología en la Université de Perpignan Via Domitia, Francia. Miembro administrador de Visa pour l'Image, conseil scientifique.

Del 24 de Febrero al 4 de Marzo del 2017 de de 17:30 a 20 horas 

 
 
 
Our mailing address is:
info@espai10.com

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Espai10: Laboratorio de las artes contemporáneas
Abaixadors 10 Local 1
08003 Barcelona, España
www.espai10.com
 
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Published by leblogabonnel - dans littérature photographies
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 09:42
François ARAGO, parmi les frites et autres nourritures terrestres, à Estagel : l'enfant du pays sur la terrasse d'un restau ! (photos J.P.Bonnel) - Mieux exposé à Perpignan, place...Arago !
François ARAGO, parmi les frites et autres nourritures terrestres, à Estagel : l'enfant du pays sur la terrasse d'un restau ! (photos J.P.Bonnel) - Mieux exposé à Perpignan, place...Arago !
François ARAGO, parmi les frites et autres nourritures terrestres, à Estagel : l'enfant du pays sur la terrasse d'un restau ! (photos J.P.Bonnel) - Mieux exposé à Perpignan, place...Arago !

François ARAGO, parmi les frites et autres nourritures terrestres, à Estagel : l'enfant du pays sur la terrasse d'un restau ! (photos J.P.Bonnel) - Mieux exposé à Perpignan, place...Arago !

 François ARAGO : la petite histoire de la statue d’un grand homme

A l’occasion du 150 ème anniversaire de l’inauguration de la statue de François Arago à Estagel, nous allons vous raconter l’histoire de la fête Arago, selon plusieurs sources d’époque.

Dans l’indépendant du premier septembre 197? un journaliste publie sur deux jours un long article sur la fête Arago, documenté par un manuscrit d’époque (sans doute un édile de 1865).

Le 30 juillet 1865, j’annonçais à la population d’Estagel que la statue de l’illustre François Arago serait érigée sur la place de cette commune, dans les derniers jours du mois d’août suivant. Cette nouvelle fut accueillie avec la plus grande satisfaction; les hommes valides se rendirent aussitôt en foule chez M. le Maire pour offrir le travail de leurs bras. Ces bonnes et louables dispositions furent acceptées et mises immédiatement à profit. Le sol de la promenade qui se trouvait dans un tel état de dégradation que le Conseil municipal n’osait pas entreprendre de le réparer, fut complètement restauré en deux semaines. Un entrepreneur aurait exigé plus de 1200 Francs pour les transports de terre et pour les nivellements.

Ces travaux furent exécutés avec un entrain et une ardeur qui semblaient provoquer de nouvelles entreprises. M. Camps le comprit et, à son appel, un fossé de 5 mètres carré sur 2 mètres de profondeur fut creusé, les terres enlevées, aussitôt remplacées par le béton sur lequel repose le piédestal.

Tous ces travaux ainsi que le port de la statue de Rivesaltes à Estagel, des blocs de pierre, de la grille, etc, n’ont pas coûté un centime. Tant de désintéressement fait l’éloge de notre laborieuse population ; elle se montra déjà digne du beau cadeau qu’on veut lui faire, puisque c’est par un travail généreux qu’elle commence à honorer la mémoire de son cher François.

La marche des travaux nous obligea à renoncer au dessein de faire arriver la statue le dimanche 27 août. Le 25, à 9h du soir, le crieur public fit savoir qu’on partirait le lendemain matin pour la gare de Rivesaltes.

Le départ se fit sans bruit sans que personne se fût concerté à l’avance. Ceux qui restèrent ignoraient le nombre et le nom des absents.

Vers six heures du soir, la tête du cortège déboucha sur la place. Elle se composait d’une quarantaine de Cavaliers et quelques vieillards montés sur des bourriques. Immédiatement après arrivaient à la file un grand nombre de véhicules de toute espèce, chariots, jardinières, chars à banc, tilburys, etc. Le défilé s’opéra dans un ordre admirable. Les premiers arrivés prirent position dans les rues qui aboutissent à la place Arago ; les voitures qui formaient les queues se massèrent en demi-cercle de manière à laisser, en face du piédestal, une place au camion qui portait la statue et qui fermait le cortège.

Né à Estagel (Pyrénées Orientales) le 26 février 1786, il s’illustre à 6 ans, dans son village, au moment de la bataille de Peyrestortes, il entre à l’école Polytechnique le 22 novembre 1803.

  • En 1804 il est chef de brigade dans cette même école.
  • De 1806 à 1809 il voyage avec Biot, pour « continuer les travaux de prolongation de la méridienne » (une aventure de 3 ans relatée plus loin).
  • En 1809 il est élu à l’académie des sciences, à l’âge de 23 ans.
  • 1810-1831 enseignant à l’école Polytechnique.
  • 2 janvier 1810, il remplace provisoirement Monge.
  • 22 décembre 1815, il est nommé titulaire de la chaire de Monge.
  • 5 septembre 1816, il est nommé professeur d’analyse appliquée à la géométrie, de géodésie et d’arithmétique sociale.
  • 9 décembre 1830, il présente sa démission de professeur.
  • 28 février 1831, sa démission est acceptée par le ministre de la guerre.
  • 1832-1844, il est membre du conseil de perfectionnement de l’école.
  • 1812 à 1845, il enseigne à l’observatoire le cours d’astronomie populaire. (ouvert au public)
  • 1822, il est membre du bureau des longitudes.
  • juillet 1830, il est élu secrétaire perpétuel de l’académie des sciences à la mort de Fourier.
  • Août 1830, il est membre de la commission chargée de la réorganisation de l’école Polytechnique.
  • novembre 1830, Commandant provisoire de l’école Polytechnique, il fait prononcer le passage de l’école du Ministère de l’intérieur à celui de la guerre.
  • 1831-1848 carrière politique.
  • 1831, il est député des Pyrénées-Orientales, membre du Conseil Municipal de Paris et du Conseil Général de la Seine.
  • 1833-1836, il défend à la Chambre l’organisation et la mission de l’école Polytechnique.
  • 1840, il amène la chambre à se préoccuper des questions ouvrières, ce qui lui vaut une immense popularité parmi la classe ouvrière.
  • 1843, il est nommé à la direction de l’Observatoire.
  • 1844, il prend la défense de l’école Polytechnique, attaquée par une certaine presse, après le licenciement collectif des élèves.
  • Février 1848, il est porté par l’acclamation populaire au Gouvernement provisoire. Nommé Ministre de la Marine et de la Guerre, il signe notamment l’abolition de l’esclavage dans les colonies et la suppression des châtiments corporels dans la marine.
  • 1851, il refuse de prêter serment à l’Empire. A la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, par Louis Napoléon Bonaparte, le serment politique fut exigé de tous les fonctionnaires et députés qui devaient jurer « obéissance à la constitution et fidélité au président ». Le refus du serment était considéré comme une démission. Arago refusa de prêter serment, mais sa notoriété fit qu’il conserva malgré tout ses fonctions à l’académie des sciences. (Étienne son frère lui rend hommage de son exil à Bruxelles.
  • le 2 octobre 1853, il meurt à Paris à l’âge de 67 ans.

© Villa Stagello

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ASSOCIATION CULTURELLE

- - -Rapport de M. Arago sur le daguerréotype, lu à la séance de la Chambre des députés, le 3 juillet 1839, et à l'Académie des sciences, séance du 19 août 1839.

Avant d'entrer dans les considérations théoriques et techniques qui doivent le conduire à l'explication du Daguerréotype M. Arago exprime le regret que l'inventeur de cet ingénieux appareil n'ait pas pu se charger lui-même d'en développer toutes les propriétés devant l'Académie. Ce matin encore, ajoute M. Aragcy'', j'ai prié, j'ai supplié l'habile artiste de vouloir bien se rendre à un vœu qui me semblait devoir être partagé par tout le monde; mais un violent mal de gorge mais la crainte de ne pas se rendre intelligible sans le secours de planches; mais un peii de timidité, ont été des obstacles que je n'ai pasaû Vaincre. J'espère que l'Académie voudra Tbien me tenir quelque compte de l' obligation* [où je me trouve delui. faire, et même sans y être suffisamment préparé une simple communication verbale sur des sujets si'dêlicats (i). Un physicien napolitain, Jean-Baptiste (i) En l'absence de tont guide pour retrouver non-seulement les expressions dont le Secrétaire de l'Académie s'est servi, mais encore l'ordre de ses développements, nous avons cru, après quelque hésitation, devoir reproduire les principaux passages du rapport écrit que M. Arago présenta à la Chambre des Députés, en expliquant aujourd'hui dans des notes ce qui, devant la Chambre devait rester secret.

Porta reconnut, il y a environ deux siècles, que si l'on perce un très petit trou dans le volet de la fenêtre d'une chambre bien close, ou, mieux encore, dans une plaque métallique mince appliquée à ce volet, tous les objets extérieurs dont les rayons peuvent atteindre le trou, vont se peindre sur le mur de la chambre qui lui fait face, avec des dimensions réduites ou agrandies, suivant les distances; avec des formes et des situations relatives exactes, du moins dans une grande étendue du tableau avec les couleurs naturelles. Porta découvrit, peu de temps après, que le trou n'a nullement besoin d'être petit qu'il peut avoir une largeur quelconque quand on le couvre d'un de ces verres bien polis, qui, à raison de leur forme, ont été appelés des lentilles. *'•

Les images produites par l'intermédiaire du trou ont peu d'intensitte*' Les autres brillent d'un éclat proportionnel à l'étendue superficielle de la lentille qui les engendre. Les premières ne sont jamais exemptes de confusion. Les images des lentilles, au contraire, quand on les reçoit exactement au foyer, ont des contours d'une grande netteté. Cette netteté est devenue vraiment étonnante depuis l'invention des lentilles achromatiques depuis qu'aux lentilles simples, composées d'une seule espèce de verre, et possédant, dès-lors, autant de foyers distincts qu'il y a de couleurs différentes dans la lumière blanche, on a pu substituer des lentilles achromatiques des lentilles qui réunissent tous les rayons possibles dans un seul foyer; depuis, aussi, que la forme périscopique a été adoptée.

Porta fit construire des chambres noires portatives. Chacune d'elles était composée d'un tuyau, plus ou moins long, armé d'une lentille. L'écran blanchâtre en papier ou en carton sur lequel les images allaient se peindre, occupait le foyer. Le e physicien napolitain destinait ses petits appareils aux personnes qui ne savent pas dessiner. Suivant lui pour obtenir des vues parfaitement exactes des objets les plus compliqués, il devait suffire de suivre, avec la pointe d'un crayon, les contours de l'image focale.

Ces prévisions de Porta ne se sont pas complètement réalisées. Les peintres, les dessinateurs, ceux particulièrement qui exécutent les vastes toiles des panoramas et des dioramas, ont bien encore quelquefois recours à la chambre noire; mais c'est seulement pour tracer, en masse, les contours des objets; pour les placer dans les vrais rapports de grandeur et de position; pour se conformer à toutes les exigences de la perspective linéaire. Quant aux effets dépendants de l'imparfaite diaphanéité de notre atmosphère, qu'on a caractérisés par le terme assez impropre de perspective aérienne, les peintres exercés eux-mêmes n'espéraient pas que, pour les reproduire avec exactitude, la chambre obscure pût leur être d'aucun secours. Aussi, n'y a-t-il personne qui après avoir remarqué la netteté de contours la vérité de formes et de couleur, la dégradation exacte de teintes qu'offrent les images engendrées par cet instrument, n'ait vivement regretté qu'elles ne se conservassent pas d'elles-mêmes; n'ait appelé de ses voeux la découverte de quelque moyen de les fixer sur l'écran focal. Aux yeux de tous, il faut également le dire, c'était là un rêve destiné à prendre place parmi les conceptions extravagantes d'un Wilkins ou d'un Cyrano de Bergerac. Le rêve, cependant, vient de se réaliser. Prenons l'invention dans son germe et marquons-en soigneusement les progrès.

Les alchimistes réussirent jadis à unir l'argent à l'acide marin. Le produit de la combinaison était un sel blanc qu'ils appelèrent lune ou argent corné (i). Ce sel ( i ) Dans l'ouvrage de Fabricius (De rehusme) jouit de la propriété remarquable de noircir à la lumière, de noircir d'autant plus vite que les rayons qui le frappent sont plus vifs. Couvrez une feuille de papier d'une couche d'argent corné ou, comme on dit aujourd'hui d'une couche de chlorure d'argent formez sur cette couche à l'aide d'une lentille, l'image d'un objet; les parties obscures de l'image les parties sur lesquelles ne frappe aucune lumière resteront blanches les parties fortement éclairées deviendront complétement noires les demi-teintes seront représentées par des gris plus ou moins foncés. Placez une gravure sur du papier enduit tallicis), imprimé en 1J5G6, il est déjà longuement question d'une sorte de mine d'argent qu'on appelait argent corné, ayant la couleur et la transparence de la corne, la fusibilité et la mollesse de la cire. Cette substance, exposée à la lumière, passait du gris jaunâtre au violet, et, par une action plus long-temps prolongée, presque au noir. C'était l'argent corné naturel... (?) de chlorure d'argent, et exposez le tout à la lumière solaire, la gravure en dessus. Les tailles remplies de noir arrêteront les rayons; les parties de l'enduit que ces tailles touchent et recouvrent, conserveront leur blancheur primitive. Dans les régions correspondantes au contraire à celles de la planche où l'eau forte le burin n'ont pas agi, là où le papier a conservé sa demi-diaphanéité la lumière solaire passera et ira noircir la couche saline. Le résultat nécessaire de l'opération sera donc une image semblable à la gravure par la forme, mais inverse quant aux teintes le blanc s'y trouvera reproduit en noir, et réciproquement.

Ces applications de la si curieuse propriété du chlorure d'argent, découverte par les anciens alchimistes, sembleraient devoir s'être présentées d'elles-mêmes et de bonne heure; mais ce n'est pas ainsi que procède l'esprit humain. Il nous faudra descendre jusqu'aux premières années du XIX° siècle pour trouver les premières traces de l'art photographique.

Alors Charles notre compatriote se servira, dans ses cours, d'un papier enduit, pour engendrer des silhouettes à l'aide de l'action lumineuse. Charles est mort sans décrire la préparation dont il faisait usage; et comme, sous peine de tomber dans la plus inextricable confusion, l'historien des sciences ne doit s'appuyer que sur des documents imprimés, authentiques, il est de toute justice de faire remonter les premiers linéaments du nouvel art à un Mémoire de Wedgwood, ce fabricant si célèbre, dans le monde industriel, par le perfectionnement des poteries et par l'invention d'un pyromètre destiné k mesurer les plus hautes températures. Le mémoire de Wedgwood parut en 1802, dans le numéro de juin du journal Oft the royal Institution of' Great Britain. L'auteur veut, soit à l'aide de peaux, soit avec des papiers enduits de chlorure ou de nitrate d'argent, copier les peintures des vitraux des églises, copier des gravures. « Les images de la chambre obscure (nous » rapportons fidèlement un passage du mémoire), il les trouve trop faibles pour » produire, dans un temps modéré, de » l'effet sur du nitrate d'argent. » Le commentateur de Wedgwood, l'il.lustre Humphry Davy, ne contredit pas l'assertion relative aux images de la chambre obscure. Il ajoute seulement, quant à lui, qu'il est parvenu à copier de très petits objets au microscope solaire, mais seulement à une courte distance de la lentille. Au reste, ni Wedgwood, ni sir Humphry I>avy ne trouvèrent le moyen, l'opération une fois terminée, d'enlever, à leur enduit (qu'on nous passe l'expression), d'enlever à la toile de leurs tableaux, la propriété de se noircir à la lumière. Il en résultait que les copies qu'ils avaient obtenues ne pouvaient être examinées au grand jour; car au grand jour tout, en très peu de temps, y serait devenu d'un noir uniforme. Qu'était-ce en vérité, qu'engendrer des images sur lesquelles on ne pouvait jeter un coup d'oeil qu'à la dérobée, et même seulement à la lumière d'une lampe; qui disparaissaient en peu d'instants, si on les examinait au jour?

Après les essais imparfaits, insignifiants, dont nous venons de donner l'analyse, nous arriverons, sans rencontrer sur notre route aucun intermédiaire aux recherches de MM. Niépce et Daguerre.

Feu M. Nièpce était un propriétaire retiré dans les environs de Chalon-sur-Saône. Il consacrait ses loisirs à des recherches scientifiques. Une d'elles, concernant certaine machine où la force élastique de l'air brusquement échauffé devait remplacer l'action de la vapeur, subit, avec assez de succès, une épreuve fort délicate l'examen de l'Académie des Sciences. Les recherches photographiques de M. Nièpce paraissent remonter jusqu'à l'année i8i4- Ses premières relations avec M. Daguerre sont du mois de janvier 1826. L'indiscrétion d'un opticien de Paris lui apprit alors que M. Daguerre était occupé d'expériences ayant aussi pour but de fixer les images de la chambre obscure. Ces faits sont consignés dans des lettres que nous avons eues sous les yeux. En cas de contestation, la date certaine des premiers travaux photographiques de M. Daguerre, serait donc l'année 1826.

M. Nièpce se rendit en Angleterre en 1827. Dans le mois de décembre de cette même année, il présenta un Mémoire sur ses travaux photographiques à la Société royale de Londres. Le mémoire était accompagné de plusieurs échantillons sur métal, produits des méthodes déjà découvertes alors par notre compatriote. A l'occasion d'une réclamation de priorité, ces échantillons, encore en bon état, sont loyalement sortis naguère des collections de divers savants anglais. Ils prouvent, sans réplique, que pour la copie photographique des gravures, que pour la formation, à l'usage des graveurs, de planches à l'état d'ébauches avancées, M. Nièpce connaissait, en 1827, le moyen de faire correspondre les ombres aux ombres, les demi-teintes aux demi teintes, les clairs aux clairs; qu'il savait, de plus, ces copies une fois engendrées, les rendre insensibles à l' action ultérieure et noircissante des rayons solaires. En d'autres termes, par le choix de ses enduits, l'ingénieux expérimentateur de Châlon résolut, dès r827, un problème qui avait défié la haute sagacité d'un Wedgwood, d'un Humphry Davy.

MM. Nièpce et Daguerre, pour l'exploitation en commun des méthodes photographiques, est du i4 décembre 1829. Les actes postérieurs, passés entre M. Isidore Niépce fils, comme héritier de son père, et M. Daguerre, font mention, premièrement, de perfectionnements apportés par le peintre de Paris aux méthodes du physicien de Châlon; en second lieu, de procédés entièrement neufs, découverts par M. Daguerre, et doués de l'avantage (ce sont les propres expressions d'un des actes) « de reproduire les images avec soixante » ou quatre-vingts fois plus de promptitude» que les procédés anciens.

Dans ce que nous disions tout-à-l'heure des travaux de M. Nièpce, on aura sans doute remarqué ces mots restrictifs polir la copie photographique des gravures. C'est qu'en effet, après une multitude d'essais infructueux, M. Nièpce avait, lui aussi, à peu près renoncé à reproduire les images formées dans la chambre obscure; c'est que les préparations dont il faisait usage, ne se modifiaient pas assez vite sous l'action lumineuse; c'est qu'il lui fallait dix à douze heures pour engendrer un dessin; c'est que, pendant de si longs intervalles de temps, les ombres portées se déplaçaient beaucoup; c'est qu'elles passaient de la gauche à la droite des objets; c'est que ce mouvement, partout où il s'opérait, donnait naissance à des teintes plates, uniformes c'est que, dans les produits d'une méthode aussi défectueuse, tous les effets résultant des contrastes d'ombres et de lumière étaient perdus; c'est que malgré ces immenses inconvénients, on n'était pas même toujours sûr de réussir; c'est qu'après des précautions infinies, des causes insaisissables, fortuites, faisaient qu'on avait tantôt un résultat passable, tantôt une image incomplète ou qui laissait çà et là de larges lacunes c'est, enfin, qu'exposés aux rayons solaires, les enduits sur lesquels les images se dessinaient, s'ils ne noircissaient pas, se divisaient, se séparaient par petites écailles (i).

En prenant la contre-partie de toutes ces (i) Voici une indication abrégée du procédé de M. Nièpce et des perfectionnements que M. Daguerre y apporta.

M. Nièpce faisait dissoudre du bitume sec de Judée dans de l'huile de lavande. Le résultat de cette évaporation était un vernis épais que le physicien de Châlon appliquait par tamponnement sur une lame métallique polie, par exemple, sur du cuivre plaqué, ou reconvert d'une lame d'argent.

La plaque, après avoir été soumise à une douce chaleur, restait couverte d'une couche adhérente et blanchâtre c'était le bitume en poudre.

La planche ainsi recouverte était placée au foyer de la chambre noire. Au bout d'un certain temps on apercevait sur la poudre de faibles linéaments de l'image. M. Nièpce eut la pensée ingénieuse que ces traits, peu perceptibles pourraient être renforcés. En effet en plongeant sa plaque dans un mélange d'huile de lavande et de pétrole, il reconnut que les régions de l'enduit qui avaient été exposées à la lumière, restaient presque intactes, tandis que imperfections, on aurait une énumération, à peu près complète, des mérites de la méthode que M. Daguerre a découverte, à la les autres se dissolvaient rapidement et laissaient ensuite le métal à nu. Après avoir lavé la plaque avec de l'eau, on avait donc l'image formée dans la chambre noire, les clairs correspondant aux clairs et les ombres aux ombres. Les clairs étaient formés par la lumière diffuse, provenant de la matière blanchâtre et non polie du bitume; les ombres, par les parties polies et dénudées du miroir à la condition, bien entendu, que ces parties se miraient dans des objets sombres à la condition qu'on les plaçait dans une telle position qu'elles ne pussent pas envoyer spéculairement vers l'œil quelque lumière un peu vive. Les demi-teintes, quand elles existaient, pouvaient résulter de la partie du vernis qu'une pénétration partielle du dissolvant avait rendue moins mate que les régions restées intactes. Le bitume de Judée réduit en poudre impalpable n'a pas une teinte blanche bien prononcée. On serait plus près de la vérité en disant qu'il est gris. Le contraste entre les clairs et l'ombre, dans les dessins de M. Nièpce, était donc très peu marqué. Pour ajouter à l'effet, l'auteur avait songé à noircir, après suite d'un nombre immense d'essais minutieux, pénibles, dispendieux.

Les plus faibles rayons modifient lae coup les parties nues du métal à les faire attaquer soit par le sulfure de potasse, soit par l'iode; mais il paraît n'avoir pas songé que cette dernière substance exposée à la lumière du jour, aurait éprouve des changements continuels. En tout cas, on voit que M. Nièpce ne prétendait pas se servir d'iode comme substance sensitive; qu'il ne voulait l'appliquer qu'à titre de substance noircissante, et seulement après la formation de l'image dans la chambre noire; après le renforcement ou si on l'aime mieux, après le dégagement de cette image par l'action du dissolvant. Dans une pareille opération que seraient devenues les demi-teintes?

Au nombre des principaux inconvénients de la méthode de M. Nièpce, il faut ranger cette circonstance qu'un dissolvant trop fort enlevait quelquefois le vernis par places, à peu près en totalité, et qu'un dissolvant trop faible ne dégageait pas suffisamment l'image. La réussite n'était jamais assurée. M. Daguerre imagina une méthode qu'on appela la méthode Nièpce perfectionnée. Il substitua d'abord la substance du Daguerréotype. L'effet se produit avant que les ombres solaires aient eu le temps de se déplacer d'une manière appréciable. Les résultats sont certains, si l'on le résidu de la distillation de l'huile de lavande au bitume, à cause de sa plus grande blancheur et de sa plus grande sensibilité. Ce résidu était dissous dans l'alcool ou dans l'éther. Le liquide déposé ensuite en une couche très mince et horizontale sur le métal y laissait, en s'évaporant, un enduit pulvérulent uniforme, résultat qu'on n'obtenait pas par tamponnement.

Après l'exposition de la plaque, ainsi préparée au foyer de la chambre noire, M. Daguerre la plaçait horizontalement et à distance au-dessus d'un vase contenant une huile essentielle légèrement chauffée. Dans cette opération, renfermée entre des limites convenables et qu'un simple coup d'oeil au reste, permettait d'apprécier, la vapeur provenant de l'huile laissait intactes les particules de l'enduit pulvérulent qui avaient reçu l'action d'une vive lumière. Elle pénétrait partiellement, et plus ou moins, les régions du même enduit qui, dans la chambre noire, correspondaient aux demi-teintes.

 Enfin, les images une fois produites, l'action des rayons du soleil, continuée, les parties restées dans l'ombre étaient, elles, pénétrées entièrement.

Ici le métal ne se montrait à nu dans aucune des parties du dessin ici les clairs étaient formés par une agglomération d'une multitude de particules blanches et très mates; les demi-teintes par des particules également condensées, mais dont la vapeur avait plus ou moins affaibli la blancheur et le mat les ombres par des particules, toujours en même nombre et devenues entièrement diaphanes. Plus d'éclat, une plus grande variété de tons, plus de régularité la certitude de réussir dans la manipulation, de ne jamais emporter aucune portion de l'image, tels étaient les avantages de la méthode modifiée de M. Daguerre sur celle de M. Nièpce; malheureusement le résidu de l'huile de lavande, quoique plus sensible à l'action de la lumière que le bitume de Judée est encore assez paresseux pour que les dessins ne commencent à y poindre qu'après un temps fort long.

Le genre de modification que le résidu de l'huile de lavande reçoit par l'action de la lumière pendant des années; n'en altère ni la pureté, ni l'éclat, ni l'harmonie ̃" 

 A l'inspection de plusieurs des tableaux suite duquel les vapeurs des huiles essentielles pénètrent cette matière plus ou moins, difficilement nous est encore inconnu. Peut-être doit-on le regarder comme un simple dessèchement de particules peut-être ne faut-il y voir qu'un nouvel arrangement moléculaire. Cette double hypothèse expliquerait comment la modification s'affaiblit graduellement et disparaît à la langue même dans la plus profonde obscurité.  "Le Daguerréotype."

Dans le procédé auquel le public reconnaissant a donne le nom de Daguerréotype, l'enduit de la lame de plaqué, la toile du tableau qui reçoit les images, est une couche jaune d'or dont la lame se recouvre lorsqu'on la place horizontalement, pendant un certain temps et l'argent en dessous, dans une boite au fond de laquelle il y a quelques parcelles d'iODi abandonnées à l'évaporation spontanée. Quand cette plaque sort de la chambre obscure nu n'y voit absolument aucun trait. ...

Toutefois, si la plaque est exposée, dans une seconde boîte, au courant ascendant de vapeur mercurielle qui s'élève d'une capsule où le liquide est monté, par l'action d'une lampe à esprit de vin, à ^S0 centigrades, cette vapeur produit aussitôt le plus curieux effet. Elle s'attache en abondance aux parties de la surface de la plaque qu'une vive lumière a frappées; elle laisse intactes les régions restées dans l'ombre; enfin, elle se précipite sur les espaces qu'occupaient les demi-teintes, en plus on moins grandes quantités, suivant que par leur intensité ces demi-teintes se rapprochaient plus ou moins des parties claires ou des parties noires. En s'aidant de la faible lumière d'une chandelle l'opérateur peut suivre, pas à pas, la formation graduelle de l'image; il peut voir la vapeur mercurielle, comme un pinceau de la plus, extrême délicatesse, aller marquer du ton convenable chaque partie de la plaque.

Chacun sera frappé de cette réflexion que si la photographie avait été connue en 1798, nous aurions aujourd'hui des images fidèles d'un bon nombre de tableaux. L'image de la chambre noire ainsi reproduite, on doit empêcher que la lumière du jour ne l'altère. M. Daguerre arrive à ce résultat, en agitant la plaque dans de l'hyposulfite de soude et en la ]avant ensuite avec de l'eau distillée chaude.

D'après M. Daguprre, l'image se forme mieux sur une lame de plaqué (sur une lame d'argent superposée à une lame de cuivre), que sur une lame d'argent isolée. Ce fait, en le supposant bien établis emblerait prouver que l'électricité joue un rôle dans ces curieux phénomènes.

La lame de plaqué doit être d'abord poncée, et décapée ensuite avec l'acide nitrique étendu d'eau. L'influence si utile que joue ici l'acide, pourrait bien tenir, comme le pense M. Pelouze à ce que l'acide enlève à la surface de l'argent les dernières molécules de cuivre.

Quoique l'épaisseur de la couche jaune d'iode, d'après diverses pesées de M. Dumas ne semble pas devoir s'élever un millionnième de millimètre, il importe, pour la parfaite dégradation des ombres ...(?)... thématiques, dont la cupidité des Arabes et le vandalisme de certains voyageurs, ont privé à jamais le monde savant.

Pour copier les millions et millions d'hié et des lumières, que cette épaisseur soit exactement la même partout. M. Dagaern: empêche qu'il se dépose plus d'iode aux bords centre, en mettant autour de sa plaque une languette du même métal, large d'un doigt et qu'on fixe avec des clous sur la tablette en bois qui porte le tout. On ne sait pas encore expliquer d'une manière satisfaisante, le mode physique d'action de cette languette. Voici une circonstance non moins mystérieuse si l'on veut que l'image produise le maximum d'effet dans la position ordinaire des tableaux (dans la position verticale ), il sera nécessaire que la plaque se présente sous l'inclinaison de 45°, au courant ascendant vertical de la vapeur mercurielle. Si la plaque était horizontale au moment de la précipitation du mercure, au moment de la naissance de l'image, ce serait sous l'angle de 4 5° qu'il faudrait la regarder pour trouver le maximum d'effet. 

Les hiéroglyphes qui couvrent, même à l'extérieur,, les grands monuments de Thèbes, de Memphis, de Karnak, etc., il faudrait des vingtaines d'années et des légions de dessinateurs. Avec le Daguerréotype, un A l'esprit l'idée que la lumière, dans la chambre obscure, détermine la vaporisation de l'iode partout où elle frappe la couche dorée; que là le métal est mis à nu; que la vapeur mercurielle agit librement sur ces parties dénudées, pendant la seconde opération, et y produit un amalgame blanc et mat; que le lavage avec l'hyposulfite a pour but, chimiquement l'enlèvement des parties d'iode dont la lumière n'a pas produit le dégagement; artistiquement, la mise à nu des parties miroitantes qui doivent faire les noirs.

Mais dans cette théorie, que seraient ces demi-teintes sans nombre et si merveilleusement dégradées qu'offrent les dessins de M. Daguerre? Un seul fait prouvera d'ailleurs que les choses ne sont pas aussi simples.

La lame de plaqué n'augmente pas de poids d'une manière appréciable en se couvrant de la couche d'iode jaune d'or. L'augmentation, au contraire, est très sensible sous l'action de la vapeur mercurienne.

... Munissez l'institut d'Égypte de deux ou trois appareils de M. Daguerre, et sur plusieurs des grandes planches de l'ouvrage célèbre, fruit de norielle eh bien M. Pelouze s'est assuré qu'après le lavage dans l'hyposulfite, la plaque, malgré la présence d'un peu d'amalgame à la surface pèse moins qu'avant de commencer l'opération. L'hyposulfite enlève donc de l'argent. L'examen chimique du liquide montre qu'il en est réellement ainsi.

Pour rendre compte des effets de lumière que les dessins de M. Daguerre présentent, il semblait suffisant d'admettre que la lame d'argent se couvrait, pendant l'action de la vapeur mercurielle de sphérules d'amalgame que ces sphérules, très rapprochées dans les clairs, diminuaient graduellement en nombre dans les demi-teintes, jusqu'aux noirs où il ne devait y en avoir aucune.

La conjecture du physicien a été vérifiée. M. Damas a reconnu au microscope que les clairs et les demi-teintes sont réellement formés par des sphérules dont le diamètre lui a paru, ainsi qu'à M. Adolphe Brongniart, être très régulièrement d'un huit-centième de millimètre. Mais alors pourquoi la nécessité d'une immortelle expédition,…de vastes étendues d'hiéroglyphes réels iront remplacer des hiéroglyphes fictifs ou de pure convention et les dessins surpasseront partout en fidélité, en couleur locale, les œuvres des plus habiles peintres; et les images photographiques étant soumises dans leur formation aux règles de la géométrie, permettront, à l'aide d'un petit nombre de données, de remonter aux dimensions exactes des parties les plus élevées; les plus inaccessibles des édifices, d'une inclinaison de la plaque de 45, au moment de la précipitation de la vapeur mercurielle. Cette inclinaison, en la supposant indispensable avec M. Daguerre ne semblait-elle pas indiquer l'intervention d'aiguilles ou de filets cristallins qui se prenaient, qui se solidifiaient, qui se groupaient toujours verticalement dans un liquide parfait ou dans un demi-liquide, et avaient ainsi, relativement à la plaque, une position dépendante de l'inclinaison qu'on avait donnée à celle-ci fj' '<j r On fera peut-être des milliers de beaux dessins avec le Daguerréotype, avant que son mode d'action ait été bien complètement analysé.Ces souvenirs où les savants, où les artistes, si zélés et si célèbres attachés à l'armée d'Orient, ne pourraient, sans se méprendre étrangement trouver l'ombre d'un -blâme,- reporteront sans doute les pensées vers les travaux qui s'exécutent aujourd'hui dans notre propre pays, sous le contrôle de la Commission des monuments historiques. D'un coup d'oeil^ chacun apercevra alors l'immense rôle que les procédés photographiques sont destinés à jouer dans cette grande entreprise nationale chacun comprendra aussi que les nouveaux procédés se distingueront par l'économie; genre de mérite qui, pour le dire en passant marche rarement dans les arts avec la perfection des produits.

Se demande-t-on, enfin, si l'art, envisagé en lui-même, doit attendre quelques progrès de l'examen, de l'étude de ces images dessinées par ce que la nature offre de plus subtil, de plus délié par des rayons lumineux ? M.' Paul Delardchê va nous répondre.

Dans une Note rédigée à notre prière, ce peintre célèbre déclare que les procédés de M. Daguerre « portent si loin la perfection » de certaines conditions essentielles de » l'art, qu'ils deviendront pour les peintres, même les plus habiles, un sujet » d'observations et d'études. » Ce qui le frappe dans les dessins photographiques c'est que « le fini d'un précieux inimaginable, ne trouble en rien la tranquillité » des masses, ne nuit en aucune manière à » l'effet général. » La correction des lignes, dit ailleurs M. Delaroche, la précision des formes est aussi complète que » possible dans les dessins de M. Daguerre, » et l'on y reconnaît en même temps un » modelé large, énergique, et un ensemble » aussi riche de ton que d'effet. Le peintre trouvera dans ce procédé un moyen » prompt de faire des collections d'études » qu'il ne pourrait obtenir autrement qu'avec beaucoup de temps, de peine et d'une » manière bien moins parfaite, quel que » fût d'ailleurs son talent. » Après avoir combattu par d'excellents arguments les opinions de ceux. qui se sont imaginé que la photographie nuirait à nos artistes et surtout à nos habiles graveurs, M. Delaroche termine sa Note par cette réflexion «En résumé, l'admirable découverte de M. Da» guerre est un immense service rendu aux » arts. »

Nous ne commettrons pas la faute de rien ajouter à un pareil témoignage. Parmi les questions que nous nous sommes posées, figure nécessairement celle de savoir si les méthodes photographiques pourront devenir usuelles.

Sans divulguer ce qui est, ce qui doit rester secret jusqu'à l'adoption, jusqu'à la promulgation de la loi, nous pouvons dire que les tableaux sur lesquels la lumière engendre les admirables dessins de M. Daguerre, sont des tables de plaqué, c'est-à-dire des planches de cuivre recouvertes sur une de leurs faces d'une mince feuille d'argent. Il eût été sans doute préférable pour la commodité des voyageurs, et aussi, sous le point de vue économique, qu'on pût se servir de papier. Le papier imprégné de chlorure ou de nitrate d'argent, fut, en effet, la première substance dont M. Daguerre fit choix; mais le manque de sensibilité, la confusion des images, le peu de certitude des résultats, les accidents qui résultaient souvent de l'opération destinée à transformer les clairs en noirs et les noirs en clairs, ne pouvaient manquer de décourager un si habile artiste. S'il eût persisté dans cette première voie, ses dessins photographiques figureraient peut-être dans les collections, à titres de produits d'une expérience de physique curieuse; mais, assurément, les Chambres n'auraient pas eu à s'en occuper. Au reste, si trois ou quatre francs, prix de chacune des plaques dont M. Daguerre fait usage, paraissent un prix élevé, il est juste de dire que la même planche peut recevoir successivement cent dessins différents.

Le succès inouï de la méthode actuelle de M. Daguerre tient en partie à ce qu'il opère sur une couche de matière d'une minceur extrême, sur une véritable pellicule. Nous n'avons donc pas à nous occuper du prix des ingrédients qui la composent. Ce prix, par sa petitesse, ne serait vraiment pas assignable.

Le Daguerréotype ne comporte pas une seule manipulation qui ne soit à la portée de tout le monde. Il ne suppose aucune connaissance de dessin il n'exige aucune dextérité manuelle. En se conformant, de point en point, à certaines prescriptions très simples et très peu nombreuses, il n'est personne qui ne doive réussir aussi certainement et aussi bien que M. Daguerre lui-même.

La promptitude de la méthode est peut-être ce qui a le plus étonné le public. En effet, dix à douze minutes sont à peine nécessaires dans les temps sombres de l'hiver, pour prendre la vue d'un monument, d'un quartier de ville, d'un site.

En été, par un beau soleil, ce temps peut être réduit de moitié. Dans les climats du Midi, deux à trois minutes suffiront certainement. Mais, il importe de le remarquer, ces dix à douze minutes d'hiver, ces cinq à six minutes d'été, ces deux à trois minutes des régions méridionales, expriment seulement le temps pendant lequel la lame de plaqué a besoin de recevoir l'image lenticulaire. A cela, il faut ajouter le temps du déballage et de l'arrangement de la chambre noire, le temps de la préparation de la plaque, le temps que dure la petite opération destinée à rendre le tableau, une fois créé, insensible à l'action lumineuse. Toutes ces opérations réunies pourront s'élever à trente minutes ou à trois quarts d'heure. Ils se faisaient donc illusion, ceux qui, naguère, au moment d'entreprendre un voyage déclaraient vouloir profiter de tous les moments où la diligence gravirait lentement des montées, pour prendre des vues du pays. On ne s'est pas moins trompé lorsque, frappé des curieux résultats obtenus par des reports de pages, de gravures des plus anciens ouvrages, on a rêvé la reproduction, la multiplication des dessins photographiques par des reports lithographiques. Ce n'est pas seulement dans le monde moral qu'on a les défauts de ses qualités la maxime trouve souvent son application dans les arts. C'est au poli parfait, à l'incalculable minceur de la couche sur laquelle M. Daguerre opère, que sont dus le fini, le velouté, l'harmonie des dessins photographiques. En frottant, en tamponnant de pareils dessins, en les soumettant à l'action de la presse ou du rouleau, on les détruirait sans retour. Aussi, personne imagina-t-il jamais de tirailler fortement un ruban de dentelles, on de brosser les ailes d'un papillon (r)?

...L'académicien qui connaissait déjà de.puis quelques mois les préparations sur lesquelles naissent de si beaux dessins, n'a pas cru devoir tirer encore parti du secret qu'il tenait de l'honorable confiance de M. Daguerre. Il a pensé qu'avant d'entrer dans la large carrière de recherches que les procédés photographiques viennent d'ouvrir aux physiciens, il était de sa délicatesse d'attendre qu'une rémunération nationale eût mis les mêmes moyens d'investigation aux mains de tous les observateurs, dessins obtenus à l'aide du Daguerréotype m'avait paru devoir être un obstacle sérieux à la propagation de la méthode. Aussi, pendant la discussion des chambres, demandais-je à cor et à cris, d'essayer quels seraient sur ces dessins les effets d'un vernis. M. Daguerre étant peu enclin à rien adopter qui nuise, même légèrement, aux propriétés artistiques de ses productions, j'ai adressé ma prière à M. Dumas. Ce célèbre chimiste a trouvé que les dessins provenant du Daguerréotype, peuvent être vernis. 

Nous ne pourrons donc guère, en parlant de l'utilité scientifique de l'invention de notre compatriote, procéder que par voie de conjectures. Les faits, au reste, sont clairs, palpables, et nous avons peu à craindre que l'avenir nous démente.

La préparation sur laquelle M. Daguerre opère, est un réactif beaucoup plus sensible à l'action de la lumière que tous ceux dont on s'était servi jusqu'ici. Jamais les rayons de la lune, nous ne disons pas à l'état naturel, mais condensés au foyer de cinq parties d'eau. Si l'on trouve que ce vernis n'agit pas à la longue sur les composés mercuriels dont l'image est formée, un important problème sera résolu. Le vernis, en effet, disparaissant quand on plonge la plaque au milieu d'une masse d'eau bouillante, on' sera toujours le maître. de replacer toutes choses comme M. Daguerre le,veut, et, d'autre part, pendant un voyage on n'aura pas couru le risque de gâter ses collections. M. Dupieii n'a pas trouvé, au reste, que son vernis nuisît sensiblement l'harmonie des images.

... (?) la plus grande lentille, au foyer du plus large miroir réfléchissant, n'avaient produit d'effet physique perceptible. Les lames de plaqué préparées par M. Daguerre blanchissent au contraire à tel point sous l'action de ces mêmes rayons et des opérations qui lui succèdent, qu'il est permis d'espérer qu'on pourra faire des cartes photographiques de notre satellite. C'est dire qu'en quelques minutes on exécutera un des travaux les plus longs, les plus minutieux, les plus délicats de l'astronomie. Une branche importante des sciences d'observation et de calcul, celle qui traite de l'intensité de la lumière, lapjïotométrïe a fait jusqu'ici peu de progrès. Le physicien arrive assez bien à déterminer les intensités comparatives de deux lumières voisines l'une de l'autre et qu'il aperçoit simultanément mais on n'a que des moyens imparfaits d'effectuer cette comparaison, quand la condition de simultanéité n'existe pas quand il faut opérer sur une lumière visible à présent, et une lumière qui ne sera visible qu'après et lorsque la première aura disparu.

Les lumières artificielles de comparaison auxquelles, dans le cas dont nous venons de parler, l'observateur est réduit à avoir recours, sont rarement douées de la permanence, de la fixité désirables rarement, et surtout quand il s'agit des astres, nos lumières artificielles ont la blancheur nécessaire. C'est pour cela qu'il y a de fort grandes différences entre les déterminations des intensités comparatives du soleil et de la lune, du soleil et des étoiles, données par des savants également habiles c'est pour cela que les conséquences sublimes qui résultent de ces dernières comparaisons, relativement à l'humble place que notre soleil doit occuper parmi les milliards de soleils dont le firmament est parsemé, sont encore entourées d'une certaine réserve, même dans les ouvrages des auteurs les moins timides.

N'hésitons pas à le dire, les réactifs découverts par M.Daguerre, hâteront les progrès d'une des sciences qui honorent le plus l'esprit humain. Avec leur secours le physicien pourra procéder, désormais, par voie d'intensités absolues il comparera les lumières par leurs effets. S'il y trouve de l'utilité, le même tableau lui donnera des empreintes des rayons éblouissants du soleil, des rayons trois cent mille fois plus faibles de la lune, des rayons des étoiles. Ces empreintes, il les égalisera, soit en affaiblissant les plus fortes lumières, à l'aide de moyens excellents, résultat des découvertes récentes, mais dont l'indication serait ici déplacée, soit en ne laissant agir les rayons les plus brillants que pendant une seconde, par exemple, et continuant au besoin l'action des autres jusqu'à une demi-heure. Au reste, quand des observateurs appliquent un nouvel instrument à l'étude de la nature, ce qu'ils en ont espéré est toujours peu de chose relativement à la succession de découvertes

dont l'instrument devient l'origine. En ce genre, c'est sur l'imprévu qu'on doit particulièrement compter (i). Cette pensée semble-t-elle paradoxale? Quelques citations en montreront la justesse. Des enfants attachent fortuitement deux

(i) Voici une application dont le Daguerreotype sera susceptible et qui me semble très digne d'intérêt L'observation a montré que le spectre solaire n'est pas continu, qu'il y existe des solutions de continuité transversales, des raies entièrement noires. Y a-t-il des solutions de continuité pareilles dans les rayons obscurs qui paraissent produire les effets photogeniques? S'il y en a, correspondent-elles aux raies noires du spectre lumineux?

Puisque plusieurs des raies transversales du spectre sont visibles à l'œil nu ou quand elles se peignent sur la rétine sans amplification aucune, le problème que je viens de poser sera aisément résolu. On fera une sorte d'oeil artificiel en plaçant une lentille entre le prisme et l'écran où tombera le spectre, et l'on cherchera ensuite, fût-ce même u l'aide d'une loupe, la place des raies noires de l'image photogénique, par rapport aux raies noires du spectre lumineux.

...verres lenticulaires de différents foyers aux deux bouts d'un tube. Ils créent ainsi un instrument qui grossit les objets éloignés, qui les représente comme s'ils s'étaient rapprochés. Les observateurs s'en emparent avec la seule, avec la modeste espérance de voir un peu mieux des astres, connus de toute antiquité, mais qu'on n'avait pu étudier jusque là que d'une manière imparfaite. A peine, cependant, est il tourné vers le firmament qu'on découvre des myriades de nouveaux mondes que pénétrant dans la constitution des six planètes des anciens, on la trouve analogue à celle de notre terre, par des montagnes dont on mesure les hauteurs par des atmosphères dont on suit les bouleversements, par des phénomènes de formation et de fusion de glaces polaires, analogues à ceux des pôles terrestres par des mouvements rotatifs semblables à celui qui produit ici-bas l'intermittence des jours et des nuits.

Dirigé sur Saturne, le tube des enfants du lunetier de Midlebourg y dessine un phénomène dont l'étrangeté dépasse tout ce que les imaginations les plus ardentes avaient pu rêver. Nous voulons parler de cet anneau, ou, si on l'aime mieux, de ce pont sans piles, de 71000 lieues de diamètre, de n 000 lieues de largeur, qui entoure de tout côté le globe de la planète, sans en approcher nulle part, à moins de 1ooo lieues. Quelqu'un avait-il prévu qu'appliquée à l'observation des quatre lunes de Jupiter, la lunette y ferait voir que les rayons lumineux se meuvent avec une vitesse de 80000 lieues à la seconde; qu'attachée aux instruments gradués, elle servirait à démontrer qu'il n'existe point d'étoiles dont la lumière nous parvienne en moins de trois ans qu'en suivant enfin avec son secours, certaines observations, certaines analogies, on irait jusqu'à conclure avec une immense probabilité, que le rayon par lequel dans un instant donné nous apercevons certaines nébuleuses, en était parti depuis plusieurs millions d'années; en d'autres termes, que ces nébuleuses, à cause de la propagation successive de la lumière, seraient visibles de la terre plusieurs millions d'années après leur anéantissement complet. La lunette des objets voisins, le microscope, donnerait lieu à des remarques analogues, car la nature n'est pas moins admirable, n'est pas moins variée dans sa petitesse que dans son immensité. Appliqué d'abord à l'observation de quelques insectes dont les naturalistes désiraient seulement amplifier la forme afin de la mieux reproduire par la gravure, le microscope a dévoilé ensuite et inopinément dans l'air, dans l'eau, dans tous les liquides, ces animalcules, ces infusoires, ces étranges reproductions où l'on peut espérer de trouver un jour les premiers linéaments d'une explication rationnelle des phénomènes de la vie. Dirigé récemment sur des fragments menus de diverses pierres comprises parmi les plus dures, les plus compactes dont l'écorce de notre globe se compose, le microscope a montré aux yeux étonnés des observateurs, que ces pierres ont vécu qu'elles sont une pâte formée de milliards de milliards d'animalcules microscopiques soudés entre eux.

On se rappellera que cette digression était destinée à détromper les personnes qui voudraient, à tort, renfermer les applications scientifiques des procédés de M. Daguerre, dans le cadre actuellement prévu dont nous avions tracé le contour; eh bien! les faits justifient déjà nos espérances. Nous pourrions, par exemple, parler de quelques idées qu'on a eues sur les moyens rapides d'investigation que le topographe pourra emprunter à la photographie. Nous irons plus droit à notre but, en consignant ici une observation singulière dont M. Daguerre nous entretenait naguère suivant lui, les heures du matin et les heures du soir également éloignées de midi et correspondant, dès lors, à de semblables hauteurs du soleil au-dessus de l'horizon, ne sont pas, cependant, également favorables à la production des images photographiques. Ainsi, dans toutes les saisons de l'année, et par des circonstances atmosphériques en apparence exactement semblables, l'image se forme un peu plus promptement à sept heures du matin, par exemple, qu'à cinq heures de l'après-midi; à huit heures qu'à quatre heures; à neuf heures qu'à trois heures. Supposons ce résultat vérifié, et le météorologiste aura un élément de pins à consigner dans ses tableaux et aux observations anciennes de l'état du thermomètre, du baromètre, de l'hygromètre et de la diaphanéité de l'air, il devra ajouter un élément que les premiers instruments n'accusent pas; et il faudra tenir compte d'une absorption particulière, qui peut ne pas être sans influence sur beaucoup d'autres phénomènes, sur ceux même qui sont du ressort de la physiologie et de la médecine (i).

 

Nous venons d'essayer de faire ressortit tout ce que la découverte de M. Daguerre a d'intérét, sous le quadruple rapport de la nouveauté, de l'utilité artistique, de la rapidité d'exécution et des ressources précieuses que la science lui empruntera. Nous nous sommes efforcés de vous faire partager nos convictions, parce qu'elles sont vives et sincères, parce que nous avons tout examiné, tout étudié avec un scrupule religieux ...

... En général, on se montre peu disposé à admettre que le même instrument servira jamais à faire des portraits. Le problème renferme, en effet, deux conditions, en apparence, inconciliables. Pour que l'image naisse rapidement, c'est-à-dire pendant les quatre ou cinq minutes d'immobilité qu'on peut exiger et attendre d'une personne vivante, il faut que la figure soit en plein soleil mais en plein …???

... de méconnaître l'importance du Daguerréotype et la place qu'il occupera dans l'estime des hommes, tous nos doutes auraient cessé en voyant l'empressement que j)es nations étrangères mettaient à se saisir d'une date erronée, d'un fait douteux, du plus léger prétexte, pour soulever des questions de priorité, pour essayer d'ajouter le brillant fleuron que formeront toujours les procédés photographiques, à la couronne des découvertes dont chacune d'elles se pare. N'oublions pas de le proleil, une vive lumière forcerait la personne la plus impassible à un clignotement continuel; elle grimacerait toute l'habitude faciale se trouverait changée. Heureusement, M. Daguerre a reconnu, quant à l'iodure d'argent dont les plaques sont recouvertes, que les rayons qui traversent certains verres bleus, y produisent la presque totalité des effets photogéniques. En plaçant un de ces verres entre la personne qui pose et le soleil, on aura donc une image photogénique presque tout aussi vite que si ]e verre n'existait pas, et cependant, la lumière éclairante étant alors très douce, il n'y aura plus lieu à grimace ou clignotements trop répètes.

 

…? clamer, toute discussion sur ce point a cessé, moins encore en présence de titres d'antériorité authentiques, incontestables, sur lesquels MM. Niépce et Daguerre se sont appuyés, qu'a raison de l'incroyable perfection que M. Daguerre a obtenue. S'il le fallait, nous ne serions pas embarrassé de produire ici des témoignages des hommes les plus éminents de l'Angleterre, de l'Allemagne, et devant lesquels pâlirait complètement ce qui a été dit chez nous de plus flatteur, touchant la découverte de notre compatriote. Cette découverte, la France l'a adoptée; dès le premier moment elle s'est montrée fière de pouvoir en doter libéralement le monde entier (i).

( i ) On s'est demandé si après avoir obtenu avec le Daguerréotype les plus admirables dégradations de teintes, on n'arrivera pas a lui faire produire les couleurs à substituer, en un mot, les tableaux aux sortes de gravures à l'Ma-tM~a qu'on engendre maintenant.

Ce problème sera résolu, le jour ou l'on aura couvert cNE seule et Même substance que les rayons rouges coloreront en rouge, les rayons jaunes en jaune, les rayons bleus en bleu, etc. M. Nièpce signalait déjà les effets de cette nature, où suivant moi, le phénomène des anneaux colorés jouait quelque rôle. Peut-être en était-il de même du rouge et du violet que Seebeck obtenait simultanément sur le chlorure d'argent, aux deux extrémités opposées du spectre. M. Q vient de me communiquer une lettre dans laquelle sir VoAn Herscllel annonce que son papier sensible ayant été exposé à un spectre solaire très vif, offrait ensuite toutes les couleurs prismatiques, le rouge excepté. En présence de ces faits, il serait certainement hasardé d'affirmer que les couleurs naturelles des objets, ne seront jamais reproduites dans les images photogéniques. ..?

 pendant ses premières expériences de phosphorescence ayant découvert une poudre qui émettait une lueur rouge après que la lumière rouge l'avait happée une autre poudre à laquelle le bleu communiquait une phosphorescence bleue une troisième poudre qui, dans les mêmes circonstances, devenait lumineuse en vert par l'action de la lumière verte, mêla ces poudres mécaniquement et obtint ainsi un composé unique qui devenait rouge dans le rouge, vert dans le vert et bleu dans le bleu. Peut-être en opérant de même, en mêlant diverses résines, arrivera-t-on à engendrer un vernis où chaque lumière imprimera, non plus phosphoriquement, mais photogéniquement, sa couleur!

F.A.

Éditeur : Bachelier (Paris)

Date d'édition : 1839Identifiant : ark:/12148/bpt6k1231630

Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES P-V-748

LE DAGUERRÉOTYPE, F. Arago, lu à la la séance de la Chambre des Députés le 3 juillet 1859, A L'ACADEMIE DES SCIENCES

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 11:57
Jacques Quéralt à Banyuls, salle Novelty, 15/6/2016 © jean-pierre bonnel -
Jacques Quéralt à Banyuls, salle Novelty, 15/6/2016 © jean-pierre bonnel -

Jacques Quéralt à Banyuls, salle Novelty, 15/6/2016 © jean-pierre bonnel -

Banyuls, Conférence de l'Association Walter Benjamin : Jacques Quéralt et le photographe S.Stone




Mercredi soir 15 juin, la salle Novelty accueillit le brillant conférencier, ancien professeur aux Beaux-Arts de Perpignan, ancien chroniqueur culturel à L'Indépendant, auteur de livres importants sur "Les camps du mépris" et sur le chanteur catalan Jordi Barre.


L'association transfrontières, basée à Banyuls, ville symbolique car dernière ville française traversée par le philosophe allemand, avant son suicide à Port-Bou, a tenu à inviter J. Quéralt  : en effet, l'écrivain fut le premier, en 1992, à publier un livre, aux éditions Trabucaire, sur la vie de ce photographe berlinois, mort à Perpignan.


STONE SASHA (1895-1940)


Bien qu'il ait été l'un des photographes les plus importants de la République de Weimar, Sasha Stone n'a été redécouvert qu'au début des années 1990. Il fut un ami de Walter Benjamin, pour lequel il composa la splendide couverture de l'édition originale de son livre Sens unique, en 1928.


De son vrai nom Alexander Steintapir, Sasha Stone est né à Saint-Pétersbourg le 16 décembre 1895. 


Avec la montée du nazisme en 1933, il se réfugie en Belgique (W.Benjamin ira à Paris), puis en 1939, apatride et recherché par la police de Hitler, il va "descendre" dans le midi de la France, avec l'espoir de passer la frontière espagnole, de se rendre au Portugal et d'embarquer pour les USA…Il arrive à Perpignan avec son épouse, son enfant âgé d'un an à peine et avec une amie, dans une voiture prêtée par un ami architecture bruxellois. Dans le quartier du haut-Vernet, il est victime d'un caillassage… Il trouve refuge au Mas Courty, grâce à l'hospitalité de Jeanne Mas, à Villelongue de la Salanque…


Cependant, tuberculeux, son état s'aggrave; il est hospitalisé à l'hôpital de Perpignan, où il meurt. Son corps, placé dans une fosse commune, sera rapatrié plus tard en Belgique. Rappelons que le corps du philosophe juif W.Benjamin, placé dans une niche puis dans la fisse commune du cimétière de Port-Bou, n'a jamais été retrouvé…


Le fils de S. Stone, Serge Stone a 80 ans et vit à Amsterdam; son premier anniversaire fut fêté à Perpignan -juste avant le décès de son père, le 6.8.1940- Il a fait carrière dans l'aviation tout en étant artiste-peintre. 


On ne découvrit vraiment les oeuvres de Sasha Stone qu'en 1990 grâce aux héritiers qui découvrent des documents photographiques. 


Merci à J.Quéralt d'avoir fait connaître au public passionné de Banyuls cette figure européenne essentielle de l'art européen, photographe de la ville (Berlin) mais aussi du cirque, du nu féminin, témoignages exceptionnels sur les années de l'entre-deux-guerres et de la République de Weimar.

JPB
---

* prochains rendez-vous de l'Association Walter Benjamin:


 -Le vendredi 24 juin : Conférence proposée par l’asso. Walter Benjamin - Dialogues à propos du chemin Walter Benjamin entre Roger Rull et Jean-Pierre Bonnel sur les derniers jours, personnages, zones d’ombre, suicide...
à Banyuls - 18h30 - Salle Jean Jaurès - Entrée libre


-le vendredi 1er juillet, 18h30 : la photographie selon W.Benjamin, avec diaporama, par J.P.Bonnel - A la maison De Fossa/Alain Gélis, 7 rue Foy, quartier de la Révolution française, à Perpignan. Entrée libre.
Contact JPB : 06 31 69 09 32


www.association-walter-benjamin.fr


 

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 09:47
"Berlin girl", 1920, photo de S.Stone - Jacques Quéralt
"Berlin girl", 1920, photo de S.Stone - Jacques Quéralt

"Berlin girl", 1920, photo de S.Stone - Jacques Quéralt

Banyuls sur Mer - Du mercredi 15 juin 2016 au vendredi 24 juin 2016 
Les conférences de l'Association transfrontières Walter Benjamin




Mercredi 15 juin
- Conférence proposée par l'asso. Walter Benjamin "Sasha Stone, ami de Walter Benjamin, le photographe mort à Perpignan pendant l'exil (1940)"
18h30 - Salle Novelty - Entrée libre
par Jacques Quéralt, écrivain, prof. des Beaux-Arts, journaliste à L'Indépendant, poète...


Jacques QUERALT est né en 1941 dans le Gers. Il vit et travaille à Perpignan, fut un enseignant à l'École des Beaux-Arts de cette ville et collaborateur du journal L'Indépendant. Il a écrit en français une bioographie de Jordi Barre et en catalan des recueils poétiques. Il a écrit en collaboration avec René Grando et Xavier Febrés Camps du Mépris, des chemins de l'exil à ceux de la Résistance 1939-1945.


** "Mon propos est d'évoquer Sasha Stone...sans montrer des... Sasha Stone. C'est un parti-pris "idéologique" contre les lécheurs d'images, et les boulimiquesdes records de vues...C'est, surtout, avoir le respect du processus de (ré)appropriation de la mémoire, de l'oeuvre et de son importance comme "photographe" (au sens du regretté toulousain Jean Dieuzaide (le père) pour lequel un potographe fait des photographies et jamais des "photos". Dans ce processus de mise au jour (de Stone), l'histoire montre que Water Benjamin occupe une place mais une place plutôt circonstancielle, secondaire, mais qu'il n'est pas sans intérêt de convoquer et de souligner.

Ce n'est pas comme ami photographe de W.B., que Sasha Stone m'intéresse mais comme l'un des rares photographes des débuts de l'intérêt de W. B pour la photographie, Sasha Stone étant alors l'un des photographes les plus en vue à Berlin, dans la république de Weimar. Longtemps oubliée, presque toute son oeuvre est à trois clics de smartphone.

 

Je suis plutôt opposé aux conférences illustrées, qui parfois, au sens pédagogique, peuvent éblouir mais qui parfois, au sens cognitif, aveuglent...Or l'un des slogans de Sasha Stone était "Sasha Stone voit plus et mieux"... 

 

J.Quéralt

 


 et...


Vendredi 24 juin
- Conférence proposée par l’asso. Walter Benjamin - Dialogues à propos du chemin Walter Benjamin entre Roger Rull et Jean-Pierre Bonnel sur les derniers lieux, personnages, zones d’ombre...
18h30 - Salle Jean Jaurès - Entrée libre


Contact JPBonnel : 06 31 69 09 32

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 10:14
Photographie : &quot;Regards&quot; à Villeneuve/rivière - La photo selon Walter Benjamin : Atget…-Musique : Pedro Soler - Festival de Vernet/Bains
Photographie : &quot;Regards&quot; à Villeneuve/rivière - La photo selon Walter Benjamin : Atget…-Musique : Pedro Soler - Festival de Vernet/Bains
Photographie : &quot;Regards&quot; à Villeneuve/rivière - La photo selon Walter Benjamin : Atget…-Musique : Pedro Soler - Festival de Vernet/Bains
Photographie : &quot;Regards&quot; à Villeneuve/rivière - La photo selon Walter Benjamin : Atget…-Musique : Pedro Soler - Festival de Vernet/Bains
Photographie : &quot;Regards&quot; à Villeneuve/rivière - La photo selon Walter Benjamin : Atget…-Musique : Pedro Soler - Festival de Vernet/Bains

Du 5 au 9 mai 2016 : 25èmes Rencontres de ***photographie Regards

REGARDS fête ses 25 ans !

La 25ème édition des Rencontres de photographie REGARDS se déroulera du 5 au 9 mai à Villeneuve de la Rivière, Pézilla la Rivière et Le Soler. Villeneuve accueillera les expositions de Pierre CARTON (Les gueules cassées), RIZAK (La nef), Eric PILLOT (In Situ), Bruce MILPIED (Vulcan); Nicolas MESSYASZ (les 10 ans de la photo du jour), Matthieu RICARD et les enfants de l’école. Jeudi 5 à partir de 19 h, la balade photographique sera l’occasion de découvrir les expositions commentées par les photographes. La soirée Images et vins en musique proposera des dégustations de vin, une projection salle des fêtes et une animation musicale avec Aïoli Beach (samedi 7 mai à partir de 20 h). Le programme complet de REGARDS est à découvrir sur le site www.regardsphotographie.jimdo.com.

L’inauguration de la 25ème édition des Rencontres de photographie Regards aura lieu le :

mercredi 4 mai à 18h30 à l’espace Noé

**Banyuls : Récital de guitare Pedro Soler

Le guitarister se produira en solo le 5 mai à Banyuls-sur-Mer, à l’église de la Rectorie.

Festival Ascension Flamenca. Banyuls-sur-Mer du 5 au 7 mai. Ouverture le jeudi 5 Mai à 18h Place Paul Reig. A 20h30, Eglise de la Rectorie.

Soirée d’ouverture Récital solo de Pedro Soler. 15 €. Vendredi 6 Mai à 20h30, Salle Bartissol. Spectacle Tablao Flamenco y tapas avec 7 artistes de renom (Barcelone, Perpignan). 20 €. Samedi 7 Mai à 20h 30. Salle Bartissol Spectacle « Fragmentos » par la Cie Flamenca, Patricia Guerrero. 20 €.

Pendant les Journée des 6 et 7 Mai, expositions animations, ateliers, concerts, défilés de rue. www.ascensionflamenca.fr/programmation-2016.Par téléphone 06 84 39 61 68.

** Vernet-les-Bains : Festival de Musique Pascale Fayet

Du 5 au 7 mai 2016 au Casino de Vernet-les-Bains

Le festival Pascale Fayet a été créé en 2014 par Bruno Cali, Bruno Buzan et leurs proches de Vernet-les-Bains.

Cette manifestation, à but non lucratif, a vu le jour pour rendre hommage à une amie partie trop tôt, Pascale Fayet, en accueillant une programmation pop, rock, chanson française ou métissée, mêlant artistes nationaux et talents locaux, dans la magnifique station thermale de Vernet-les-Bains...

La deuxième édition se déroulera du 5 au 7 mai 2016 à la salle des fêtes du Casino de Vernet-les-Bains.

Aux côtés de son fondateur Cali, présent pendant toute la durée du festival, chaque édition sera parrainée par un ou deux artistes différents.

En 2014, année de création du festival, c'est le légendaire batteur Richard Kolinka (Téléphone, Les Insus) qui nous avait fait l'honneur d'accepter ce rôle.

En 2016, nous continuons dans cette lignée de parrains prestigieux en accueillant de grandes personnalités: Denis Barthe (the Hyènes) batteur du mythique groupe de rock Noir Désir (qui sera également accompagné de Jean-Paul Roy) et Tcheky Karyo, immense acteur et chanteur (Nikita, Les Lyonnais, L'Ours…).

Denis Barthe et Jean-Paul Roy seront présents à Vernet-les-Bains le jeudi et le vendredi, tandis que Tcheky Karyo clôturera les festivités le samedi.

Chaque soir du 5 au 7 mai 2016, 4 à 5 artistes ou groupes se produiront sur scène:

Jeudi 05 mai 2016:

Cali – The Very Big Small Orchestra – Confidencial - Zebra

Vendredi 06 mai 2016:

The Hyenes – Blankass – Gerard Jacquet – Arno Santamaria – Vodoo + DJ SK

Samedi 07 mai 2016:

Tcheky Karyo – Balbino Medellin – Ezra Hesper – Dom Colme – Joseph d’Anvers

Pass de 3 jours: 50 euros; à partir de 21,80 € la soirée

Renseignements:

Office de tourisme de Vernet-les-Bains

Tél. 33 (0)4 68 05 55 35

Sur Walter Benjamin et sa "Petite histoire de la photographie" (1931) 






« La petite histoire de la photographie » paraît en 1931 dans un magazine culturel (Die literarische Welt) auquel Walter Benjamin collabore depuis 1925.
Comme le rappelle André Gunthert dans son étude ("Archéologie de la Petite histoire de la photographie"), l’écriture de ce texte est due à une conjonction éditoriale : trois ouvrages historiques sur la photographie (l’un consacré à la photographie ancienne en 1930, l’autre dédié à Eugène Atget en 1930 et le dernier à David Octavius Hill en 1931). A l’époque, les ouvrages de langue allemande consacrés à l’histoire de la photographie sont encore rares. Par ailleurs, sont également parus ces mêmes années des albums consacrés à des photographes : Albert Renger-Patzsch (1928), Karl Blossfledt (1928) et August Sander (1929), dont Benjamin a sans doute eu connaissance.


Les photographes (ou photographies) suivants sont cités dans la Petite histoire de la photographie. Les extraits qui suivent proviennent de la traduction proposée par André Gunthert.


Carte de visite d’Eugène Adelphe Disderi


« Les ouvrages les plus récents s’accordent sur le fait frappant que l’âge d’or de la photographie, l’activité d’un Hill ou d’une Cameron, d’un Hugo ou d’un Nadar correspond à sa première décennie. Or c’est la décennie qui précède son industrialisation. Non que, dès les premiers temps, bonimenteurs et charlatans ne se fussent emparés de la nouvelle technique pour en tirer profit ; ils le firent même en masse. Mais ce point appartient plus aux arts de la foire où, il est vrai, la photographie a jusqu’à présent été chez elle qu’à l’industrie. Celle-ci ne conquit du terrain qu’avec la carte de visite photographique, dont le premier fabricant, c’est significatif, devint millionnaire. »


Walter Benjamin fait ici allusion au photographe Eugène Adolphe Disderi, qui fit fortune avec le procédé des cartes de visites photographiques. La technique mise au point par Disderi permettait en effet de diminuer les coûts et d’obtenir dix petites images sur une même planche.
La photographie pouvait ainsi devenir, « médium à vocation de masse », selon l’expression employée par André Rouillé (L’empire de la photographie, Sycomore, Paris, 1982, p.192)


Hill et Adamson, Pêcheuse de Newhaven, calotype


Walter Benjamin évoque également les photographies de David Octavius Hill, photographe mais aussi peintre, et les décrit non comme des portraits, mais comme des « images d’une humanité sans nom ». Benjamin montre ce qui, pour lui, différencie le portrait en peinture des portraits photographiques en général, et des portraits de Hill en particulier :


« Ces têtes, on les voyait depuis longtemps sur les tableaux. Lorsque ceux-ci demeuraient dans la famille, il était encore possible de s’enquérir de loin en loin de l’identité de leur sujet. Mais après deux ou trois générations, cet intérêt s’éteignait : les images, pour autant qu’elles subsistaient, ne le faisaient que comme témoignage de l’art de celui qui les avait peintes. Mais la photographie nous confronte à quelque chose de nouveau et de singulier : dans cette marchande de poisson de Newhaven, qui baisse les yeux au sol avec une pudeur si nonchalante, si séduisante, il reste quelque chose qui ne se réduit pas au témoignage de l’art de Hill, quelque chose qu’on ne soumettra pas au silence, qui réclame insolemment le nom de celle qui a vécu là, mais aussi de celle qui est encore vraiment là et ne se laissera jamais complètement absorber dans l’“art”. »


Ce passage peut être rapproché de certaines pages de La Chambre claire de Roland Barthes, lorsqu’il évoque le « ça a été » de la photographie (« ça a été », nous dit l’image : c’est à la fois un certain rapport à la réalité et un certain rapport au temps). Roland Barthes insiste beaucoup sur ce qui, selon lui, constitue le fonds de notre rapport à l’image photographique : le fait que le référent y adhère – ce qui a entretenu l’effet de réel dans la photographie, laissant croire qu’elle était la réalité et non une représentation de celle-ci. D’autre part, sa dimension d’apparition ou de survivance : face à la photographie, nous avons toujours l’illusion d’être face à un morceau de passé vivant qui fait retour, un revenant en somme, un absent toujours présent. « Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois », souligne Roland Barthes.




« Karl Dauthendey avec sa fiancée Mlle Friedrich après leur première visite à l’église, le 1er septembre 1857 », Saint-Pétersbourg, autoportrait, reproduit in : Helmuth BOSSERT, Heinrich GUTTMANN, Aus der Frühzeit der Photographie. 1840-1870, Francfort/Main, Societäts-Verlag, 1930


« Ou bien l’on découvre l’image de Dauthendey, le photographe, père du poète, à l’époque de ses fiançailles avec la femme qu’il trouva un jour, peu après la naissance de son sixième enfant, les veines tranchées dans la chambre à coucher de sa maison de Moscou. (...) On la voit ici à côté de lui, on dirait qu’il la soutient, mais son regard à elle est fixé au-delà de lui, comme aspiré vers des lointains funestes. »


Ce qui intéresse Benjamin dans cette image représentant un couple (Karl Dauthendey et sa fiancée) c’est la dimension d’ « ici et maintenant » présente dans la photographie, mais aussi ce qu’on pourrait nommer la juxtaposition de temporalité, la « composition d’anachronismes » (Georges Didi-Huberman). Regardant cette photographie, nous voyons à la fois un temps qui n’est plus (celui du couple photographié), un temps à venir (la mort tragique de la femme), tout en l’observant de notre temps présent.


« Malgré toute l’ingéniosité du photographe, malgré l’affectation de l’attitude de son modèle, le spectateur ressent le besoin irrésistible de chercher dans une telle image la plus petite étincelle de hasard, d’ici et maintenant, grâce à quoi la réalité a pour ainsi dire brûlé de part en part le caractère d’image - le besoin de trouver l’endroit invisible où, dans l’apparence de cette minute depuis longtemps écoulée, niche aujourd’hui encore l’avenir, et si éloquemment que, regardant en arrière, nous pouvons le découvrir. »


Il faut cependant garder à l’esprit que, comme le montre bien l’article de André Gunthert sur ce texte (« Archéologie de la Petite histoire de la photographie », op.cit.), Benjamin fait une erreur d’interprétation de cette image, un lapsus en somme : en vérité, la femme représentée n’est pas celle qui s’est suicidée mais la deuxième épouse de Dauthendey. Si Benjamin voit dans cette image une telle dimension tragique, c’est car il se réfère à un texte biographique, écrit par Max Dauthendey sur son père. Autrement dit, l’intérêt de Benjamin pour cette photographie ne prend pas sa source dans l’image, mais dans le texte, et l’image est seulement le support d’une fiction.


C’est en parlant des photographies d’Eugène Atget que Walter Benjamin donne une définition de ce qu’il nomme l’aura, « unique apparition d’un lointain, si proche soit-il ».
Benjamin reprendra cette idée d’aura dans un texte important publié en 1935, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, où il s’interroge sur les mutations de l’art liées au développement de la technique. Pour l’expliquer très rapidement, sa réflexion porte principalement sur la photographie et sur le cinéma : il s’agit de comprendre en quoi leur aspect reproductible, non unique, change la perception de l’œuvre d’art et entraîne la disparition de son aura, de son « hic et nunc », son « ici et maintenant ».




Eugène Atget Rue Quincampoix Tirage de 1900 ou 1901 d’après négatif de 1900 Photographie positive sur papier albuminé, d’après négatif sur verre au gélatino-bromure. Épreuve : 21 x 17 cm


Eugène Atget Marché des Carmes, place Maubert, 1910-1911 Tirage entre 1910 et 1912 d’après négatif de 1910 ou 1911 Série : Paris pittoresque, 2e série Photographie positive sur papier albuminé, d’après négatif sur verre au gélatino-bromure. Épreuve : 21,6 x 16,7 cm


Atget « recherchait ce qui se perd et ce qui se cache, et c’est pourquoi ses images contredisent la sonorité exotique, chatoyante, romantique des noms de ville : elles aspirent l’aura du réel comme l’eau d’un bateau qui coule. Qu’est-ce au fond que l’aura ? Un singulier entrelacs d’espace et de temps : unique apparition d’un lointain, aussi proche soit-il. Reposant par un jour d’été, à midi, suivre une chaîne de montagnes à l’horizon, ou une branche qui jette son ombre sur le spectateur, jusqu’à ce que l’instant ou l’heure ait part à leur apparition c’est respirer l’aura de ces montagnes, de cette branche. »


A noter que la BNF a consacré une exposition à Eugène Atget, disponible en version virtuelle sous la forme d’un parcours visuel dans l’œuvre du photographe.


Photographie d’Albert Renger-Patzsch, tirées de l’album Die Welt ist schön (Le Monde est beau) (éd. C. G. Heise), Munich, Kurt Wolff, 1928




hotographie d’Albert Renger-Patzsch, tirées de l’album Die Welt ist schön (Le Monde est beau) (éd. C. G. Heise), Munich, Kurt Wolff, 1928
Walter Benjamin fait aussi une critique de la photographie dite « décorative », de la photographie de « création » dans la « Petite histoire de la photographie ». Il entend ainsi dénoncer une photographie qui s’affranchit de sa dimension éthique, historique et politique pour ne devenir qu’esthétique. Une photographie, donc, réduite à sa dimension esthétisante, qui cherche à plaire plutôt qu’à délivrer une expérience et un enseignement.
Benjamin pense sans doute, notamment, aux photographies d’Albert Renger-Patzsch (dont l’album s’intitule Die Welt ist schön, Le monde est beau).


« Si la photographie s’affranchit du contexte que fournissent un Sander, une Germaine Krull ou un Blossfeldt, si elle s’émancipe des intérêts physiognomoniques, politiques ou scientifiques, alors elle devient “créatrice”. L’affaire de l’objectif devient le “panorama” ; l’éditorialiste marron de la photographie entre en scène. (...) “Le monde est beau” telle est sa devise. En elle se dissimule la posture d’une photographie qui peut installer n’importe quelle boîte de conserve dans l’espace, mais pas saisir les rapports humains dans lesquels elle pénètre, et qui annonce, y compris dans ses sujets les plus chimériques, leur commercialisation plutôt que leur connaissance. Mais puisque le vrai visage de cette création photographique est la publicité ou l’association, son véritable rival est le dévoilement ou la construction. »


Pour terminer, il faut garder à l’esprit en abordant ce texte de Benjamin que, comme André Gunthert le rappelle, Walter Benjamin comme Roland Barthes d’ailleurs (dans La Chambre claire) « utilisent leur propre intimité pour approcher et comprendre l’image et y insuffler du récit.


Autrement dit, l’approche de ces deux penseurs montre également à quel point l’image peut être souvent prise dans un discours, dans une fiction qui oriente sa perception et sa lecture. A ce sujet, Paul Edwards écrit ceci : « Traversée de mots, mise en mots, mettant en scène les mots, avoisinant les mots, il y a toujours un discours public et privé qui hante l’image » (in Soleil noir. Photographie et littérature, Presses Universitaires de Rennes, 2008, p.10).


© Isabelle Soraru




No 1 Novembre 1996 : Nouvelles pratiques, nouveaux sujets/La critique et ses modèles
Petite histoire de la photographie
Walter Benjamin

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 11:08
Photos hétérodoxes, gestes iconoclastes : pour une réflexion/réflection - Auteurs-photographes : colère de Hervé Donnezan - Barthes et la photo

imágenes heterodoxas - 

* photos hétérodoxes, gestes iconoclastes

 

Expositions et activités
04/03/2016 - 05/06/2016

···Après le succès de la première édition, l’Obra social “la Caixa” présente la seconde édition de Comisart, une initiative qui apporte protection aux jeunes au début de leur carrière de commissaire d’exposition. Il s’agit d’un concours dont les fonds des collections de “la Caixa” et du Macba sont mis à disposition des commissaires émergeants. Carlos Martín a organisé l’exposition Gestos iconoclastas, imágenes heterodoxas (Des gestes iconoclastes, des images hétérodoxes) qui fait réfléchir sur la destruction et la démystification de l’image depuis l’art contemporain. Il est ainsi possible de constater que les artistes mettent en état de crise les idées d’autorité associée aux icônes conventionnelles, et que l’image crée un pouvoir hypnotique sur ces dernières et sur le spectateur.

 

 

  • Avinguda de Francesc Ferrer i Guàrdia, 6-8, 08038
    Barcelona

COMMENT ARRIVER 

  • Métro: L1 et L3 arrêt Plaça Espanya.| Bus: 9, 13, 23, 27, 37, 46, 50, 65, 79, 91, 109, D20, H12 et V7.| Trains FGC: arrêt Plaça Espanya.| Barcelona Bus Turístic: arrêt CaixaForum-Pavelló Mies van der Rohe.

HORAIRE

  • Septembre - juin: tous les jours, de 10h00 à 20h00. | Juillet et août: tous les jours, de 10h00 à 20h00. Mercredi de 10h00 à 23h00. | 5 janvier, 24 et 31 décembre: de 10h00 à 18h00. | Fermé: 1r et 6 janvier et 25 décembre.

 

 

 

 

001.jpg

 

 

 

logo-caixa-forum.gif         © Vanessa Beecroft Black Madonna with twins 2006. Colección la Caixa de Arte Contemporáneo © Vanessa Beecroft

  •  

Gestos iconoclastas, 

 

 

Hola  te proponemos un paseo por Comisart, una exposición artística que no te dejará indiferente. Y además, no te pierdas nuestras recomendaciones:

 

 

 

 

 

Gestos iconoclastas, 

imágenes heterodoxas

 

 

 

 

 

La exposición “Gestos iconoclastas, imágenes heterodoxas” plantea una reflexión acerca de la destrucción y la desmitificación de la imagen desde el arte contemporáneo, mediante el trabajo de artistas que ponen en crisis el estatuto de iconos convencionales y, por ende, de las ideas o figuras de autoridad asociadas a ellos.

 

Segunda exposición de la convocatoria Comisart, que promueve el comisariado emergente en el ámbito del arte contemporáneo. Comisariada por Carlos Martín.

 

Del 4 de marzo al 5 de junio de 2016

 

Precio: 4 € por persona

Entrada gratuita para los clientes de CaixaBank

 

******P-O : Colère des auteurs-photographes 

 

Compte rendu de la réunion avec le président Antoine ANDRE, la directrice Carine GONZALES-CHABANON et le chargé de mission tourisme Cédric BORG de Pays Pyrénées Méditerranée et moi même (Hervé DONNEZAN).

Suite au rendez vous de ce matin avec l’organisme…

Dialogue de sourds : ils ne savent pas du tout comment fonctionne un auteur photographe… qui présente ses réalisations, son talent à travers des agents, des agences photos en droits gérés, un site internet personnel pour ses archives, à travers des banques d’images en ligne, ainsi qu’un listing de photographes professionnels adhérents à une association telle que l’UPP… et ce dans le but d’être facilement trouvé et pouvoir répondre à la demande d’une iconographe pour le compte d’un éditeur… ou du directeur chargé de la ligne éditoriale.

Ils justifient leur initiative en tant qu’organisme facilitant le lien entre un projet de développement présenté par un acteur du Territoire sur le tourisme, l’agriculture, l’environnemental… avec des consommateurs, et visiteurs de la région…

Impossible de leur faire comprendre qu’en tant que professionnels nous sommes parfaitement organisés pour offrir de nombreuses photographies de notre région évidemment avec des droits d’auteurs correspondants mais cette subtilité matérialiste leur échappe.

Je résume : l’éditeur HACHETTE, pour sa nouvelle collection de guide sur cinq régions, dont le Languedoc-Roussillon, avait besoin d’un lien pour trouver des photographes afin d’illustrer un guide.

L’organisme Public Pays Pyrénées Mediterranée organise un concours photo d’amateurs pour récupérer et leur fournir une photo au détriment des professionnels locaux.

Une méconnaissance alarmante sur le travail des auteurs photographes, je leur ai remis le petit guide réalisé il y a quelques années par l’UPP Auteur photographe, d’Eric DELAMARRE.

La discussion

Selon PPM : leur initiative n’est pas d’exploiter les photos commercialement.

Ma réponse l’exploitation promotionnelle est soumise à des droits d’auteurs aussi.

PM : Projet de guide HACHETTE, cinq guides sur les régions et PPM est persuadé justifier sa compétence et la pertinence de son concours en fournissant une photo gratuite d’amateur ; plutôt que ce soit l’éditeur qui recherche à travers des agences ou sélectionner dans la photothèque d’un photographe professionnels extérieur.

J’ai eu beau répondre que les photos reçues n’indiquent pas le domicile de l’auteur, et peuvent très bien provenir d’un photographe amateur extérieur.

- Evidemment avec la multitude de concours qui polluent le marché, le votre compris !, le mauvais exemple est vite suivi pour éliminer d’office les photographes qui envisageraient de « réclamer » leurs droits.

PPM au sujet de la légalité en rapport du CPI : ils ont limité a trois ans l’utilisation promotionnelle des photos, la directrice et le responsable technicien considèrent que c’est suffisamment précis.

Le règlement stipule ceci :

De plus, le gagnant autorise le Conseil de développement du Pays Pyrénées-Méditerranée à utiliser, à reproduire et à publier sa photo à titre gratuit dans le cadre de la promotion du lancement du Guide du Routard Pays Pyrénées-Méditerranée et ce dans divers formats et sur tous types de supports: revues, affiches, livrets, flyers, exposition, site Internet, insertion presse, etc. (liste non exhaustive).

Je leur ai donc traduit en Français que non seulement ils récupéraient une photo gratuite pour la couverture d’un guide du Routard, mais toute l’exploitation promotionnelle liée a la diffusion de ce produit « Guide » ils ne comprennent absolument pas qu’il y a des droits différents pour la promotion des divers produits détaillés ci-dessus.

Point d’incompréhension total lorsqu’ils m’ont proposé de nous regrouper entre photographes locaux pour présenter un projet afin de faire connaître nos offres de services.

Exemples cités : les producteurs du terroir qui cherchent a faire connaître la qualité de leurs produits ; ou les pécheurs régionaux pour valoriser leur production de la pêche locale..

J’ai répondu que nous ne travaillons pas avec le public, mais avec des éditeurs, la presse et des agences de communication. Bref, des professionnels !

– Ce n’est pas réaliste de présenter un projet pour valoriser notre travail alors que de plus en plus d’organismes comme les vôtres cherchent à évincer les professionnels, en récupérant des photos d’amateurs pour ne pas payer nos droits d’auteurs. Par conséquent ce n’est pas du tout réaliste de faire connaître notre travail a des gens qui ne font rien pour le comprendre, et dont le but est de ne pas payer les droits d’utilisations légitimes.

Le comble c’est que la directrice justifie son initiative de concours, étant persuadée que de mettre en relation des amateurs avec une maison d’édition qui va promouvoir la région en offrant une couverture gratuite est une opportunité de lancement pour un jeune photographe amateur.

Elle ne voit toujours pas que le marché des professionnels bien présent est complètement occulté.

L’existence de professionnels locaux ne serait reconnue qu’à travers une action de promotion du travail des photographes, et on en revient au même point. La boucle est bouclée… pour se quitter dans l’incompréhension totale !

A quoi cela va t’il servir de promouvoir une offre de photographes professionnels face à un marché d’organisateurs de concours pour récupérer des photos gratuites, des acheteurs potentiels qui utilisent des photos gratuites ou provenant de microstocks à 3 francs 6 sous…

 

- Par contre j’ai bien insisté sur la communication visuelle et l’identité de notre territoire. Ils ne s’occupent ni se préoccupent du site internet du Comité départemental du tourisme (CDT) qui présente des photos de produits du terroir via microstocks que l’on retrouve dans de nombreuses autres régions… ni des hôtels, ni des agences immobilières qui exposent aucune photo pour valoriser les richesses de notre territoire… Je leur ai suggéré de décorer les murs nus de la salle de notre réunion avec des photos du terroir… il n’y avait dans les couloirs que des affiches que l’on trouve dans les halls de gare !

No more comment.

 

- Je continue ma campagne Facebook pour dénoncer ce concours et prévenir autant se faire que peut les amateurs éclairés…

PS. message sur Facebook ce matin : une subtilité dans le règlement du concours m’avait échappé. Non seulement les droits sont cédés gratuitement pour l’utilisation de la couverture de la nouvelle collection du Guide du Routard, mais aussi toute la campagne de promotion : impressions, et achats d’espaces pour le lancement de ce produit éditorial… puisque le gagnant cède les droits d’auteurs de sa photo pour la promotion du Concours. Cela revient a céder les droits pour une utilisation publicitaire pour la promotion d’un produit tel que le Guide du Routard… On est loin du cadre d’une exposition qui doit valoriser le travail d’un photographe auquel un organisme public donnerait un coup de pouce..

Hervé DONNEZAN

Auteur-photographe.

 

*******

 

La Chambre claire, Note sur la photographie

170px-Jerome_bonaparte.jpg

 

Photographie de Jérôme Bonaparte (1784-1860).

Cette photographie (date estimée : 1852) a sûrement inspiré à Barthes son ouvrage La Chambre claire.

La Chambre claire, par opposition à la chambre noire où l’on développe la photo, est un éclaircissement, une philosophie, selon Roland Barthes. Celui-ci reste abasourdi par une photo de 1852 représentant le dernier frère de Napoléon. Il se dit alors : « Ces yeux ont vu l’Empereur ! » Puis la photographie culturelle l’éloigne peu à peu de cet étonnement. Il veut cependant savoir ce que la photographie est « en soi », si elle dispose d’un « génie » propre. En tout cas elle reproduit à l’infini, mécaniquement, ce qui n’a lieu qu’une fois. Elle ne peut être transformée philosophiquement. Percevoir ce qu’elle signifie n’est pas impossible si l’on fait appel à la réflexion.

Pour mieux comprendre ce que la photographie est réellement, Barthes l'oppose au cinéma. Pour lui, la photographie est le seul médium qui a le pouvoir de regarder fixement. Dans un film, personne ne regarde le spectateur dans les yeux : « c'est interdit-par la fiction. » Dans son livre, Barthes définit un film comme pouvant être « fou par artifice » et « présenter les signes culturels de la folie ». Il voit un film comme étant une simple illusion et l'oppose ainsi à la photographie, chargée quant à elle de ce qu'elle représente mais aussi de son existence même : l'objet photographié a bien existé et il a été là où je le vois. Seule la photographie permet de nous assurer du passé de la chose.

Les photos qui intéressent Barthes sont celles devant lesquelles il éprouve plaisir ou émotion. Il ne tient pas compte des règles de composition d’un paysage. Devant certaines photos, il se veut sauvage, sans culture. À partir des photos qu’il aime, il essaie de formuler une philosophie. N’étant pas photographe, il n’a à sa disposition que deux expériences : celle du sujet regardé et celle du sujet regardant.

Ce qu’il aime, c’est le bruit mécanique du doigt du photographe sur l’appareil et non l’œil qui le terrifie. Par rapport à son personnage, l’image restituée est immobile, donc lourde, alors que lui se veut léger ; devant l’objectif, il est à la fois :

  • « celui qu’il se croit,
  • celui qu’il voudrait qu’on le croie,
  • celui que le photographe le croit,
  • celui dont il se sert pour exhiber son art ».

C’est pour cela qu’il a une sensation d’inauthenticité. Il devient objet. Il prend donc les photos qu’il aime pour analyse et dit qu’elles l’animent et qu’il les anime. C’est l’attrait qui les fait exister à sa vue. C’est leurs sentiments. Il aime les dualités, les personnages dissemblables, les scènes hétéroclites…

Il nomme deux éléments qui suscitent son admiration de la photo :

  • le studium (le goût pour quelqu’un ou quelque chose)
  • le punctum (la piqûre, un détail poignant)

Exemple : une famille noire américaine page 75 :

  • Le bon sujet culturel constitue le studium.
  • Un des personnages, bras croisés, porte une large ceinture. Ce détail fascine Barthes et constitue son punctum. Grâce à lui, un champ aveugle se crée (une sorte de hors-champ subtil), conférant à ce portrait une vie extérieure.

Il s’agit d’une coprésence. Sans ces deux éléments, la photo lui est insignifiante.

« Une photo est surprenante lorsque l’on ne sait pas pourquoi elle a été prise. Une photo est subversive lorsqu’elle est pensive et non effrayante. »

La photo le touche s’il lui retire son verbiage ordinaire : technique, réalité, reportage, art…

Jusqu’à ce stade, Roland Barthes a appris comment marche son désir mais n’a pas encore découvert la « nature » de la photographie. Elle a aussi un rapport avec la mort : la photo rend immobile tout sujet. Il découvre une photo de sa mère (après la mort de celle-ci) et se rend compte que l’amour et la mort interviennent dans son choix de photo unique, irremplaçable. Dans la photographie, il y a réalité et passé. Il a confondu vérité et réalité. Voilà désormais pour Barthes le Génie de la photographie, ce qui a été photographié « a existé » !

Il n’aime pas la couleur en photographie car il a l’impression qu’elle s’interpose entre le sujet et lui. Il parle des rayons qui émanent du sujet photographié comme s’ils étaient toujours vivants. La photographie étonne Barthes comme si elle avait le pouvoir de faire revivre ce qui a été. Elle n’invente pas (comme peut le faire tout autre langage), « elle est l’authentification même » (page 135). « Ce qu’on voit sur le papier est aussi sûr que ce qu’on touche » (page 136), mais la photographie ne sait dire ce qu’elle donne à voir (page 156). La photographie est violente (page 143) car elle emplit de force la vue. Elle est périssable (comme du papier) : elle naît comme tout organisme vivant à même les grains d’argent qui germent, s’épanouit puis vieillit.

Selon Barthes, l’amateur se tient au plus près de la photographie. Le noème (objet intentionnel de la pensée, pour la phénoménologie) de la photographie est simple : « ça a été » (page 176). La folie naît dans la photographie si l’on entre en extase devant elle. Sage ou folle, ce sont les deux voies que Roland Barthes se donne à choisir.

 
 
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:10
Daniel Berehulak

Daniel Berehulak

  •  

 

 

- - - Visa pour le droit à l'image

 

 

Depuis 27 ans, c'est la rentrée rituelle pour le festival photo de Perpignan : grâce à "Visa pour l'image", c'est l'occasion de beaux discours sur la misère du monde, un moment de bonne conscience, les cocktails, les repas en ville, la médiatisation du roi de la fête, la récupération politique, un effet d'annonce : depuis 10 ans, la création d'un centre mondial du photo-journalisme au couvent des Minimes...

 

Depuis 27 ans, rien n'a changé, ni le rituel indécent ni les guerres, injustices et catastrophes du monde…

 

 VISA ne sert à rien, oui aux "retombées" économiques pour cafés, restaurants, hôtels, commerces et loueurs à la sauvette… Oui, retombée médiatique : Perpignan se fait connaître en septembre, et par des crimes et disparus tout le reste de l'année...

 

Rien ne change dans le monde et Visa n'est pas une prise de conscience, ou alors éphémère, dans la société de spectacle. Le public du samedi fait le tour des expositions, se sent voyeur face à cet étalage de vies privées saccagées, voudrait agir mais ne fait rien… 

Et the show continue, et l'exhibitionnisme… et les fameuses "retombées" qui suggèrent les radio-actives de nos chères centrales ou au napalm de nos chères guerres coloniales...

 

Comment changer ? En ne faisant plus confiance (ne plus voter pour eux) aux gouvernements qui vendent des armes aux tyrans que nous, Occidentaux, anciennes nations coloniales, avons mis au pouvoir : quand ces dictateurs se font moins conciliants, on les bombarde (Khadafi..), on détruit nos propres armes (qu'ils nous ont achetées) pour mettre en selle un autres dictateur, à qui on va vendre nos nouvelles armes (rafale, etc…) et ainsi de suite… Et M. Leroy et consorts, vous pourrez montrer vos belles photos !!!

 

J.P.Bonnel

 

C'est dit mais je voulais au départ répondre à mon collège écrivain et ami : sur le droit à l'image

 

 

 

Henri Lhéritier, le 31.8.2015 (blog et facebook) - merci à lui pour publication de son point de vue (droit au texte...)

 

« VISA » SANS VISAGE :

 

Selon que l’on est puissant ou misérable notre visage, son image plutôt, n’a pas la même valeur.

Les modèles involontaires des photos exposées à travers de la ville, lors du festival « Visa, » à Perpignan, ignorant l’exploitation que l’on fait d’eux, ont peu de chance de trouver un de ces avocats tonitruants, défendeur du droit à l’image, qui se déciderait soudain à protéger leur visage, si grossièrement exposé, aux fins d’émotions spectaculaires, dans tous les lieux de la cité. Ce serait pourtant une belle cause humanitaire.
Quelle désinvolture, celle qui consiste à afficher, sans autorisation, les traits de la misère, de la peur ou du désespoir, en les captant, gratis, au bout du monde, tandis qu’à notre porte, sous peine de procès, on ne peut plus se permettre de publier la photo d’un passant anonyme, sans que la justice n’ait son mot à dire. Même la gueule du chien de telle ou telle starlette est floutée au nom du droit des animaux.
L’homme d’Occident serait-il plus fragile ? Serait-il plus respectable que l’homme du tiers monde ? Plus susceptible ? Plus timide ?
La misère a un visage, la richesse n’en a plus ou ne montre le sien qu’en le monnayant.
Avec nos photos, monsieur, nous faisons une bonne œuvre, nous plaidons, auprès de l’Occident, la cause des humains abandonnés aux quatre coins du monde, nous sensibilisons les citoyens aux malheurs qui frappent là-bas. Se donne-t-on bonne conscience avec cet argument ? D’ailleurs, ajoutera-t-on, cynique, avant leur droit à l’image, il est nécessaire de songer d’abord à les soigner et à les nourrir.
Or, on ne fait rien de cela, on les repêche en mer en pestant contre leur nombre, leur sans-gêne, et on les expose pour titiller notre voyeurisme. Ne serait-ce point un néo-colonialisme, cette utilisation artistique du malheur ?
Ne faudrait-il pas donner les mêmes droits que nous à ces damnés, des droits supplémentaires même car leur déchéance nous fait un spectacle ?
Voici un projet intéressant pour «Visa »: œuvrer à la création d’une fondation du droit des sans droits, une Sacem de la misère.

 

**

 

C'est en lisant Le Monde daté d'aujourd'hui (mardi 1er septembre 2015) que je me réconcilie un peu avec Visa et surtout que je peux rendre hommage au photographe qui est interrogé par le quotidien (page 16, culture) :

 "J'aime être proche de les sujets, passer du temps avec eux, établir une relation de confiance, et c'était compliqué."

 

…et plus loin : "Je n'ai pas essayé de faire de belles images, mais des images nécessaires."…

 

On sent là la sincérité de Daniel BEREHULAK, loin de l'ego, du show et des photos truquées, embellies… Loin de la mort revue par photoshop…


J.P.B.
 
PS. Sur le droit à l'image, j'ai oublié de citer ce passage très intéressant de l'article : "Après avoir photographié une petite patiente da,s une clinique; il a fait un voyage en voiture de neuf heures dans la brousse pou obtenir de sa mère l'autorisation de publier l'image "C'était une histoire positive, la fillette s''en est sortie." Témoignage essentiel ! Ethique du journaliste !
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 09:43

  Collioure - Portrait d'Hervé Donnezan, auteur photographe

 

 

    Ses photos sur Dali et sur Collioure enneigée sont des images insolites

 

 

 

Fraternité est un joli nom pour une rue étroite. Il s'agit d'une des plus célèbres ruelles de Collioure, où artistes et commerçants savent vivre en harmonie. Là, fraternise aussi un photographe : mieux, un "auteur photographe", comme l'indique l'enseigne de sa boutique.

 

 

Le promeneur est attiré par ce petit local, bourré d'images, belles et insolites, qui montre Collioure sous la neige ou Salvador Dali, dans sa maison de Port-Lligat, près de Cadaquès…

 

Depuis plus de douze ans, Hervé Donnezan montre ses créations, photos d'art, affiches, cartes postales qui donnent une vision complète et esthétique du pays catalan.

 

Ce photographe professionnel a commencé comme amateur au photo club catalan, à Perpignan, dans les années 1960. Il côtoie les grands photographes de l'époque, tels Fabrice Giu, Gabarou, Bastide ou Pierre Parcé…

 

 

La photo de presse

 

 Sa carrière commence vraiment en 1969 quand il est embauché par le quotidien L'Indépendant pour son édition en Costa Brava, en 1969. Il sillonne avec Pierre Sourbès, ancien rédacteur en chef, la Catalogne, de Gérone à Barcelone, de Playa à Roses…

 

 

La photo publicitaire

 

H. Donnezan décide ensuite d'ouvrir un petit studio de photo publicitaire : il va travailler pour le tourisme, avec son agence de presse Rapho : "La photo d'illustration marchait très bien à l'époque; j'allais souvent à Barcelone et, en 1973, je rencontre Dali..!", raconte H. Donnezan. "Je vais prendre beaucoup de photos du maître et faire un grand reportage sur lui dans le magazine Payboy… Je suis photographe indépendant tout en collaborant avec l'agence : j'avais beaucoup de clients dans la région…"

 

Un autre moment important, ce furent les Jeux olympiques de Barcelone et l'expo universelle de Séville, les années 1991/92. Le travail, à cette époque, était plus facile et je vendais des images pour les agences en Espagne, Italie, USA…"

 

 

Le professionnel

 

En 1981, H.Donnezan monte un studio important avec du matériel professionnel; il va travailler avec des agences de Montpellier car il a désormais sa propre chaîne de traitement: il a trois salariés; c'est l'époque de la photocopie couleur. Tout était basé alors sur la communication virtuelle.

 

 

Le cinéma et l'édition

 

Sa carrière de photographe professionnel se diversifie puisque H.Donnezan est embauché sur le tournage du film "L'Ingénu", de Norbert Carbonneaux. De plus, en 1984, c'est l'édition, chez Daniel Briant, avec Guy Lormand, d'un des premiers livres complets sur le Roussillon…Sans oublier les premières campagnes publicitaires avec Havas Turbo Communication "Bali ? Non, Pyrénées-Orientales"…

 

 

Le tourisme

 

En 1993, les choses changent, c'est une nouvelle orientation : H. Donnezan va travailler avec les stations touristiques, d'abord dans les Alpes, en illustrant les brochures des Tours Operators. Ensuite, avec les stations du littoral : Canet, Le Barcarès…mais il est confronté à de gros problèmes avec l'Office de Tourisme d'Argelès ! D'ailleurs, la carrière de ce photographe aux mille talents sera jalonné de procès car, souvent, les entreprises ou pouvoirs locaux ne règlent pas les factures de l'artiste…

 

 

L'exil

 

Déçu, désorienté, H. Donnezan part alors à Paris, il va voyager… En 1994, il essaie de s'installer aux Etats-Unis et va travailler pendant huit ans avec des architectes. Il proposera plus tard à "Visa pour l'image" ses reportages sur la "Route 66", sur l'obésité aux USA, sur des paysages magnifiques… Le photographe va suivre l'évolution du numérique qui permet la conservation des images. Il se lance dans la digraphie, label technique d'Espion qui garantit la conservation des photos pendant cent ans ! Avec, comme supports, des papiers spéciaux texturés, H. Donnezan se spécialise dans la reproduction d'oeuvres d'art.

 

Le site www.digigraphie.com présente des oeuvres de musée authentifiées : "Cette mutation m'a demandé un investissement en formation et en matériel nouveau, avec une mise à jour des logiciels…", explique H.Donnezan.

 

 

Collioure sous la neige et Dali

 

En 2002, c'est le retour en France et l'installation à Perpignan, puis à Collioure, où il travaille depuis douze ans. Il a créé une boutique en divers lieux : avenue de la gare, rue Berthelot, rue des Treilles et, ) présent, dans la belle rue de la Fraternité, où se côtoient plusieurs plasticiens.

 

Dans son local, il ne vend que son propre travail : tirages d'art, affiches, photos, les anciens clichés scannés (tout un long travail d'archives !) et, bien sûr, ses séries fameuses sur Barcelone, Collioure sous la neige, Paysages perpignanais, Dali à Port-Lligat…Ce sont d'ailleurs ses photos préférées, comme celles de Dali avec son égérie Amanda Lear, rencontrés au lac de Banyoles, en Catalogne du sud, à l'occasion des championnats du monde de ski nautique… Dali, il l'expose en 2004 pour l'anniversaire de sa naissance : grâce à Jean Casagran, il montre sa série dalinienne au palais des Congrès de Perpignan jusqu'en mars 2005.

 

H. Donnezan aime aussi ces paysages retenus pour des pochettes de disques, de cassettes, lors du Midem de Cannes…Surtout, il était là, à Collioure, lors de la tempête de neige de 2010 : ce furent trois jours insolites et incroyables, un décor inédit pour le petit port catalan, mais on se dit, face à ces clichés, que Collioure est belle aussi habillée de blanc !

 

L'identité du pays catalan

 

C'est sans doute cela, l'image de marque de ce pays, l'identité du Roussillon et des Pyrénées-Orientales, que recherche Hervé Donnezan. Dans cette optique, il aime travailler avec les restaurateurs et les hôteliers sensibles à un tourisme de qualité, à la quête de la vraie identité de Collioure et du département.

C'est ainsi que l'on peut retrouver les photos remarquables de ce sympathique "auteur photographe" à "La table d'Aimé", à Rivesaltes et, à Collioure, à "L'Amphitryon", au "Sant-Vicens", "Chez Simone" ou dans la boutique des "Vins d'auteurs", place du marché….

 

 

Jean-Pierre Bonnel

(article enviyé au journal L'Indépendant il y a 3 semaines, non publié)

 

 

*Contact : 1 rue de la Fraternité-Collioure - www.couleurs-roussillon.com

 

** Page Facebook : "Nous, artistes de Collioure" - Le site sur la digigraphie -

 

 

 

 

 

 

Hervé Donnezan dans sa "boîte à images", à Collioure (photo J.P.Bonnel)
Hervé Donnezan dans sa "boîte à images", à Collioure (photo J.P.Bonnel)

Encore un concours abusif dans notre si belle région, ...: AVIS AUX AMATEURS PHOTOGRAPHES... ne vous faites pas pigeonner...

Lisez bien le règlement de ce concours... Syndicat mixte Canigo Grand site http://www.canigo-grandsite.fr/wa_57.html ) voici les conditions abusives...: Article 12: Cession des droits d’auteur.

La photographie étant communiquée au Syndicat mixte Canigó Grand Site, il convient que le participant déclare expressément être l’auteur de photo

soumise et donc titulaire des droits d’exploitation existant sur la photo.

Concession du droit à l’image:

Les participants restent propriétaires de leurs photos

mais autorisent l’organisateur du concours à :

• utiliser leurs noms, les photos soumises, leurs titres à des fins de communication, dans un cadre non commercial

, dans le respect de la propriété artistique, sans aucune forme de rémunération, permission ou avis.

•utiliser, à reproduire, à adapter et à publier leurs images dans le cadre de la valorisation des actions du Canigó Grand Site et ce dans divers formats et sur tous types de supports

: magazines, affiches, livrets, exposition, site internet, insertion

presse, etc.

Quelques professionnels avaient émis un message de précaution sur leur page... résultat tout a été effacé, ...censuré il est impossible de commenter maintenant...

Massif du Canigó - Grand Site de France

Site officiel du Syndicat Mixte Canigó Grand Site, établissement administratif en charge de la gestion de la démarche Grand Site pour le Site classé du massif du Canigó.

canigo-grandsite.fr

- - - - Mercredi 12 aout :

REUNIÓ PÚBLICA ANC CATALUNYA NORD:

Dimecres 12 d' agost a les 18h 30 al Casal de Perpinyà

Les eleccions que són "normals" pels uns, "plebiscitàries" pels altres i "constituents" i "refrendàries" i tutti quanti, ja estan convocades!

No, el nom no fa la cosa, però la cosa és que Catalunya, en aquestes eleccions s'ho juga tot.

En cas de fracàs, sabem com serà d'implacable la repressió de Catalunya i del català i la seva assimilació a Espanya, després del que ells consideren el major desafiament de la història.

En cas de majoria independentista sabem que per primer cop s'obre el camí cap a la independència total de Catalunya.

Com sempre, però més que mai, des de CATALUNYA NORD, nosaltres cridem que sem catalans i que sem catalans del nord a la vegada

I això ens fa participar en aquesta empenta i en aquesta campanya perquè sabem que guanyar o perdre és determinant per un català d' allà com d' aquí com de terra endins com de mar enllà.

(à suivre, pour le 29 août)

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 08:13
le 12 mai 2015

le 12 mai 2015

PHOTOS Regards

Mercredi 13 mai - Villeneuve de la Rivière

18 h 30 Salle Noé haut : inauguration de la 24ème édition « Regards » 2015, suivie de la visite des expositions. Jeudi 14 mai - Villeneuve de la Rivière

24e rencontres de photographie

regards

- jeudi 14 : Balade photographique nocturne

Jeudi 14 mai, 20 h 30, espace Noé, Villeneuve de la Rivière.

- Projection : Autre chose par les photographes exposants

Vendredi 15 mai, 20 h, chapelle St-Saturnin, Pézilla la Rivière.

- Images et vins en musique

Samedi 16 mai, 20 h, Cave Dauriach, l’Écurie, salle des Fêtes, Villeneuve.

La beauté, la joie, l’espoir au rendez-vous.

La nouvelle orientation et la formule proposées lors de la précédente édition ont été plébiscitées par un public nombreux et enthousiaste.

Les acteurs de Regards y voient un encouragement à poursuivre dans cette direction.

Ainsi, les rencontres de photographie prennent tout leur sens : un festival, certes plus court en durée, mais plus intense grâce à la participation active des photographes exposants et projetants, plus proches du public, dans cet esprit de convivialité, si cher à Regards.

Vitrine de la photographie d’auteur que nous soutenons, cette 24ème édition met en valeur les talents photographiques et propose d’en partager la créativité et l’émotion avec un large public, fidèle et nouveau.

Dans son esprit, elle annonce la belle étape de nos 25 ans, exceptionnelle et porteuse d’une évolution future nourrie de la richesse de nos fondamentaux.

La beauté, la joie, l’espoir sont au rendez-vous de cette 24ème édition pour vous accueillir.

Jean DAURIACH Président de Regards

les partenaires

Avec la participation de :

Boulangerie ALDA – Boucherie-charcuterie ROQUELAURE

15 h - 16 h 16 h - 17 h 20 h 30

L’Ecurie : Rencontre avec le photographe Guillaume Ducreux.
Salle Noé haut : Rencontre avec le photographe Jean-Baptiste Peter.
Salle Noé haut : Rendez-vous pour la balade photographique nocturne en présence des photographes.

Vendredi 15 mai - Villeneuve de la Rivière

15 h - 19 h Salle Noé haut : Regards croisés : lecture de portfolios sur rendez-vous. Vendredi 15 mai - Pézilla la Rivière

17 h - 18 h 19 h 00
20 h 00

Chapelle saint Saturnin : Rencontre avec le photographe Jacob Chetrit.
Chapelle saint Saturnin : Inauguration de la 24ème édition « Regards » 2015. Chapelle saint Saturnin : Autre chose
Les photographes exposants proposent un autre travail photographique en projection.

Samedi 16 mai - Villeneuve de la Rivière

16 h - 17 h 17 h - 18 h 20 h - 23 h

21 h 00

Cave Alart : Rencontre avec le photographe Christophe Hargoues. Cave Salvat : Rencontre avec la photographe Florence Richerataux. Cave Dauriach et Ecurie : Soirée « Images et vins en musique » Dégustations et animations (Restauration possible sur place)

Salle des fêtes : Soirée projection
Des photographes proposent et commentent leur travail photographique.

expositions et animations gratuites

Dimanche 17 mai - Villeneuve de la Rivière

17 h 00 La Cave Dauriach : Rencontre avec le photographe Nico

- - - - - - - GREEN is BETTER :

Nous organisons un RDV trimestriel de la coopérative afin de partager les dernières évolutions; moments de convivialité pour construire le paysage énergétique local ensemble.

Nous vous proposons de nous retrouver

pour le 1° RDV trimestriel

le mardi 12 mai à 18h30

au nouveau restaurant

Green is better

45 bis, avenue du Général Leclerc - Perpignan

Programme :

18h30 *Evolutions catEnR*

- Introduction

- Projet MoliSol

- Projet de pompage solaire de chez René Rovira (AMAP Energie Citoyenne) Nouveau

- Compte courant bloqué d'associé Nouveau

puis temps d'échange

19h30 *Couplage Scic/association*

- Présentation et création de l'association

Afin de mieux développer l'aspect sobriété énergétique (1° des 3 piliers de la démarche Négawatt), nous créons une association qui pourrait regrouper des adhérents et faire de l'éducation à l'environnement en milieu scolaire, périscolaire et grand public sur les thèmes de l'énergie, de la finance solidaire et de la participation citoyenne.

- Echanges autour de quelques maquettes solaires Didacsol de l'association Aprit.

20h *Verre de l'amitié* offert par catEnR

20h30 *Repas* sur inscription

Pour ceux qui le souhaitent, nous pourrons découvrir la cuisine de Linda (carte ci-jointe) sur place.

Merci de s'inscrire à contact@catenr.org ou 06 31 49 27 73 avant le 10 mai.

Fermeture du restaurant à 21h30.

Retrouvez-nous sur Facebook.

Au plaisir de vous y retrouver,

--

catEnR

26, rue de l'avenir

66 000 Perpignan

http://catenr.org

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 11:30
expo photos de J-Yves Gargadennec "Carabanchel"- La poudrière, jusqu'au 15 février
expo photos de J-Yves Gargadennec "Carabanchel"- La poudrière, jusqu'au 15 février

*La photo catalane (par luxcatalunya.over-blog.com

Catalanité : art classique et art contemporain, religiosité et patrimoine

Paris photO

2014 rencontre avec la photographie catalane

Publié le 24 novembre 2014 par lux catalunya

l'événement international de la photographie au Grand Palais: la Galerie +R Maserre !

Parmi les travaux des photographes reconnus représentés par la Galerie, certains ont saisi la nostalgie, les visages du passé connus ou illustres qui se projettent dans le présent, en noir sur blanc ; d'autres mettent en scène les images pour interroger la vision.

Alors qu'un nombre croissant de galeries s'engagent, à Paris photo, dans une survalorisation du numérique, de l'esthétique digitale et du design photographique, la Galerie +R Maserre a fait le choix d'une sélection a la fois émotionnelle, graphique et efficace.

Cette présentation permet aussi de voir à quel point la photographie catalane s'est chargée de spécificités et s'est elle-même travaillée au contact des évolutions de son époque entre clichés des années 70 et travaux contemporains.

Les photographies de Xavier Miserachs sont un voyage dans l'âme de la Catalogne. Un voyage affectif avec les grandes figures (Dali et le rhinocéros) et avec les souvenirs d'une période de simplicité et d'espoir.

Son style exceptionnel a fait de Miserachs un des grands noms de la photographie catalane dont le mérite est trop souvent ignoré. Avec la présentation de cette série à Paris Photo, revient en actualité la dimension historique et intime de cette vie catalane.

Manel Armengol, la Catalogne Seventies

Les travaux de Manel Armengol oscillent entre témoignage historique, mémoire collective et souvenirs personnels au travers de portraits et de paysages. C'est émouvant de voir à quel point ces clichés peuvent sembler connus et reconnus dans l'inconscient même de tout catalan qui les regarde.

C'est la grande force de cette photographie qui, sous des aspects désuets ou à partir de thèmes de vie quotidienne, parle au plus intime. Ce passé, c'est un lien qui existe encore aujourd'hui, c'est un mode de reconnaissance.

Deux séries de travaux de l'artiste Pep Duran sont présentées : quatre encadrements de compositions associant des photographies de sièges vides et des pieds démontés et une série de collages intitulée "Déserts".

Reconnecter des images, des réalités disjointes semble être l'ambition de cette démarche plastique et visuelle.

Les pieds de fauteuil sont comme les os d'un squelette de fauteuil dont l'image apparaît en fonds du tableau. Les couleurs, sépiacées, altérées, accentuent la vacuité de l'image et de l'atmosphère des sièges vides qui se côtoient.

De même, dans "Déserts" des personnages sont comme projetés dans des lieux improbables faits de jointures de réalités connexes et mais homogènes.

Une expérimentation visuelle de la disjonction et du rapport entre un passé de l'image et un présent de l'objet.

Marcel Duchamp, par Francesc Catala Roca, Galerie R. Maserre

***Livre à paraître (fin février 2015, début mars, pour les élections départementales) de Jean-Pierre Bonnel : Les 365 jours de J.Marc Pujol (propositions pour Perpignan, la culture et campagne mars 2014 des Municipales) -

Souscription (10 euros chez l'auteur 06 31 69 09 32, ou chèque JPB, 9 rue St-Jean, Perpignan) Ensuite, prix public : 14 euros. (éditions "Les mots en scène" - collection "Maux en scène")

*Conférence sur Walter Benjamin de JPBonnel (lectures par Hanna Fiedrich), au théâtre de l'Etang, St-Estève, le 4 avril 2915 à 18h30, entrée libre. (diaporama, dédicace)

*** Le musée de l'exil expose 42 photos originales de l'exil de 39 de l'agence du New York Times :

El MUME exposa 42 fotos originals de l´exili del 39 de l´agència del ´NY Times´

El Museu de l'Exili mostra al públic d'avui com treballaven els primers fotoperiodistes de la societat de masses

El MUME exposa 42 fotos originals de l´exili del 39 de l´agència del ´NY Times´

GIRONA | DANIEL BONAVENTURA El Museu de l'Exili (MUME) de la Jonquera inaugurarà avui una exposició que aplega un conjunt de 42 fotografies de la retirada republicana de l'any 1939 des de Barcelona fins a la frontera fetes per tres fotoperiodistes, entre ells Robert Cappa, per a l'agència de l'hegemònic diari nord-americà New York Times.
L'exposició De la caiguda de Barcelona a la retirada. Report of Wide World Photo for The New York Times presenta imatges que al seu moment van ser reproduïdes a mitjans de comunicació i van tenir un gran impacte internacional.
Es tracta de fotos d'Augustin Chauvin, David Seymour-Chim i Robert Capa, tres fotògrafs que van treballar a la zona del conflicte aquells dies d'infausta memòria per als republicans.
L'exposició, comissariada per Eric Forcada, no presenta còpies ampliades sinó les fotografies originals amb el seu peu de foto tal com va ser redactat a l'època, per tal de mostrar al públic d'avui com treballaven uns reporters que han passat a la història del fotoperiodisme com uns pioners, coincidint amb la formació i la consolidació d'una societat de masses, per oposició al fotògraf convencional, que treballava adscrit a un dels exèrcits enfrontats i explicava la guerra a través de la veu del seu amo.
"L'enviament de corresponsals de guerra ofereix als lectors la garantia d'una informació plural" i "qualsevol possibilitat de censura per part dels estats majors és neutralitzada", explica el text del complet catàleg de l'exposició.
Bona part d'aquestes 42 fotos s'havien vist a la premsa de l'època, fins i tot a portada, però no totes, i algunes d'elles van romandre inèdites fins ara. L'exposició s'ha vist a la Casa de la Generalitat a Perpinyà i no es descarta que tingui una itinerància més llarga després del seu pas pel MUME.

Les imatges d'un èxode
Les imatges van ser preses en el context de la caiguda de Barcelona, que es va produir el 26 de gener de 1939, i els dies successius. La retirada republicana va provocar un dels primers grans èxodes massius de civils a Europa.
El departament dels Pirineus Orientals, en només dues setmanes, va passar de 250.000 habitants a quasi 800.000. A la situació d'emergència humanitària s'hi va afegir una crisi sanitària de primer ordre i es van crear els tres immensos camps de concentració per encabir 330.000 republicans.
La premsa internacional va cobrir la retirada. Un equip de més de 135 periodistes va arribar al Rosselló amb l'objectiu d'informar els lectors sobre aquest gran esdeveniment.
Una de les agències més actives va ser Wide World Photo for The New York Times, que va elaborar un seguit de reportatges de gran impacte. L'agència tenia seu a París i una delegació a Perpinyà, i venia les fotos a mitjans francesos de totes les tendències polítiques. El corresponsal a Perpinyà era Augustin Chauvin i des del seu taller s'enviaven les imatges al món.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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