Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 10:27
Temps des fleurs à Gérone et Banyuls - Temps de la poésie : Joan Brossa (Pere Figueres, Christina Giner) et Caravane méditerranéenne à la maison de la Catalanité, le 22 juin 2017
Temps des fleurs à Gérone et Banyuls - Temps de la poésie : Joan Brossa (Pere Figueres, Christina Giner) et Caravane méditerranéenne à la maison de la Catalanité, le 22 juin 2017

***LA FÊTE DES FLEURS DE GÉRONE, LE FESTIVAL LE PLUS COLORÉ DE CATALOGNE

 

Gérone présente du 13 au 21 mai la 62e édition du festival Temps de Flors. Un événement incontournable qui accueille chaque année plus de 250.000 visiteurs. 

Du 13 au 21 mai, le « Temps des Fleurs » s’installe à Gérone. Cet événement enchanteur consiste à couvrir la ville de fleurs durant plusieurs jours. Des monuments aux patios en passant par des jardins, des lieux variés participent à ce festival. Il permet de mettre en valeur les lieux historiques de la ville, comme le pont de Sant Agustí ou le refuge anti-aérien du jardin de la Infancia. Cette année, l’itinéraire comptera plus de 150 points à découvrir.

 

En parallèle des décors fleuris se tiennent de nombreuses animations. Les visiteurs pourront profiter de concerts, d’ateliers, mais aussi de visites guidées de la ville et de spectacles nocturnes.

 

Infos pratiques – Fête des Fleurs Gérone

Temps des Fleurs – Programme complet et site officiel ici

Dates : Du 13 au 21 mai 2017

Horaires d’ouverture des espaces fleuris : De 10h à 22h – Les 11 et 14 mai de 10h à 0h

Prix : Entrée libre

Transport depuis Barcelone : Train direct Renfe, -35% de réduction pendant le festival pour un billet aller-retour à destination de Gérone. Tous les détails pour en bénéficier ici.

Transport depuis la France : TGV depuis Perpignan, Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Béziers, Agde, Sète, Montpellier, Nîmes, Lyon, Paris et autres villes de France avec Renfe-SNCF en Cooperación. Promos en cliquant ici

 Par Leslie Singla le 9 mai, 2017 SORTIR A BARCELONE

 

***Chemins dans la poésie visuelle de Joan Brossa, lectures de Christina Giner et Pere Figueres (médiathèque de Perpignan, ce samedi après-midi, entrée libre)

 

conférence de Marc Audi

La poésie visuelle de Joan Brossa vit une situation paradoxale. Si une centaine de poèmes visuels, publiés à partir des années 1970, sont célèbres dans les cercles de la poésie expérimentale, reproduits et réédités, ceux-ci ne sont que la partie émergée d’un ensemble beaucoup plus foisonnant. Inédit, constitué de plus de mille poèmes visuels restés au stade d’originaux, conservés au Museu d’Art Contemporani de Barcelona, le regard que l’on peut porter sur ce Brossa, rarement exposé, nous aide à comprendre ses intentions et ses transformations au cours des décennies.

Marc Audí est Maître de Conférences à l’Université Bordeaux Montaigne. Il a consacré son doctorat et de nombreux articles à la poésie visuelle de Joan Brossa, et tout particulièrement aux inédits. Il a traduit en français une partie de son théâtre, et deux livres de poésie, El poeta presenta quinze pantomimes et Sumari astral i Altres poemes. Il a également co-édité en 2011 Els etcèteres, premier livre de poésie visuelle inédite à être édité après la mort du poète, au Centre international de poésie de Marseille.

 

Entrée libre, en présence de la Llibreria catalana.

 

 

 

Al peu de l'escala, Au pied de l'échelle, lecture de poésies de Joan Brossa par Pere Figueres et Cristina Giner

« Pere Figueres et Cristina Giner travaillent de longue date cette langue -leur langue maternelle- hospitalière aux souvenirs et aux rêves, à la réflexion et à l'action, et qui régale leurs lèvres et nos oreilles. Pere Figueres et Cristina Giner, orfèvres et passeurs de bijoux d'autres orfèvres. C'est le cas avec leur hommage à Joan Brossa (1919-1998), avant-gardiste barcelonais, poète, dramaturge et plasticien, ami du peintre Tàpies (1923-2012) et du compositeur Mestres Quadreny (1929). Un hommage en forme d'action/ performance d'une quinzaine de minutes –un choix de textes et un des objets de sa poésie visuelle est reproduit pour cette lecture-. Il fit l'objet d'une création unanimement appréciée en août 2012 dans l'une des salles du Musée d'Art Moderne, à Céret. Un spectacle visuel, verbal et poétique, sans esbroufe et sans ésotérisme. Tout en délicatesse. Tout en chaleur, où les images sont dadaïstes et cordiales, où les mots sont des amis sûrs, cachottiers mais sûrs. Fidélité à une expression exigeante, élevée, indifférente aux traîne-savates d'un haut débit commercial et aux "roucouleurs" de nostalgies tous terrains... Qui a le bonheur d'être touché par la grâce de cette langue, s'empare aussitôt de ses luxes dans le registre de la gravité comme dans celui de la fantaisie. Un joyau, incontestablement et ce n'est point-là de la réclame à l'ancienne mode. Pere Figueres et Cristina Giner, un couple en or, au service de la conscience dans l'art. » 

Jaume Queralt

Entrée libre.

- - -

POESIE à la MACA (dans le patio) :

Poésie méditerranéenne à la Maison de la Catalanité organisée par Pierre-Paul Haubrich le 22 juin 2017 - Soirée dédiée à la poésie et à la mare nostrum...

J'y participerai  - JPB

 

Contact : 

<rivmed@caravanecatalane.eu>

 

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:47
Nelson Mandela - Illustrations fantastiques à Banyuls, exposition esplanade Albert Sagols.
Nelson Mandela - Illustrations fantastiques à Banyuls, exposition esplanade Albert Sagols.

Nelson Mandela - Illustrations fantastiques à Banyuls, exposition esplanade Albert Sagols.

Textes pour la paix, la solidarité...proposés par le poète Jean IGLESIS

* Une façon de refuser la candidate de la haine, du mensonge, de la rumeur, de la xénophobie...

 

* L'estaca (Lluís Llach – 1968)

I
L'avi Siset em parlava
De bon matí al portal,
Mentres el sol esperàvem
I els carros vèiem passar.
Siset, que no veus l'estaca
A on estem tots lligats ?
Si no podem desfer-nos-en
Mai no podrem caminar !
Refrany :
Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar !
Segur que tomba, tomba, tomba !
Ben corcada deu ser ja !
Si tu l'estires fort per aquí
I jo l'estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem alliberar.

II
Però, Siset, fa molt temps ja…
Les mans se'm van escorxant,
I quan la força se me'n va
Ella és més ampla i més gran.
Ben cert sé que està podrida
Però és que, Siset, costa tant
Que a cops la força m'oblida.
Torna'm a dir el teu cant.

 

Refrany….

III
L'avi Siset ja no diu res,
Mal vent que se l'emportà,
Ell qui sap cap a quin indret
I jo a sota el portal.
I mentre passen els nous vailets
Estiro el coll per cantar
El darrer cant d'en Siset,
El darrer que em va ensenyar

Refrany….


Le pieu (Traduction)

I
Grand-père Siset m’en parlait
De bon matin sous le porche
Tandis que nous attendions le soleil
Tout en regardant passer les charriots.
Siset, ne vois-tu pas le pieu
Auquel nous sommes tous attachés?
Si nous ne pouvons nous en défaire
Jamais nous ne pourrons avancer…

 

Refrain :
Si nous tirons tous, il tombera.
Cela ne peut durer longtemps.
C'est sûr qu'il tombera, tombera, tombera…
Il doit être déjà bien vermoulu.
Si tu le tires fort de ton côté
Et si je le tire aussi fort du mien
C'est sûr qu'il tombera, tombera, tombera
Et nous pourrons nous en libérer.

 

II
Mais Siset, cela fait déjà pas mal de temps…

Mes mains s’écorchent chaque jour davantage
Et tandis que la force m’abandonne,

Ce pieu devient aussi grand que fort.

Je sais bien qu’il est pourri

Mais Siset, c’est de moins en moins supportable
Que parfois les forces me manquent…
Oh…redis-moi ta chanson.

 

Refrain…

 

III
Grand-père Siset ne dit maintenant plus rien
Un mauvais vent l'a emporté
Lui seul qui sait vers quel lieu
Et moi planté sous le porche.
Et tandis que défilent les nouveaux esclaves,
Je relève la tête pour chanter
Le dernier chant de Siset
Le dernier qu'il m'a appris…

Refrain…

 

Notes personnelles sur la chanson « L’estaca » (1968) de Lluís Llach par Jean Iglesis

 

A mon humble avis, il convient:

- de situer Lluís Llach dans le  mouvement musical, social, identitaire et revendicatif "La nova cançó" (apparu au Principat à l’aube des années 60)  et plus particulièrement dans le groupe des "Setze jutges" (*)

 

- de situer "L'estaca" dans la période de la dictature franquiste : la chanson a été créée en 1968; Franco est mort le 20 novembre 1975... Jusqu'à cette date, "L'estaca" a été interdite en Espagne, ainsi que "La santa espina" et pis encore "Els segadors".

 

C'est dire que  "L'estaca" est une chanson qui était, de par ses qualités poétiques, évocatrices et revendicatives, appelée à s'inscrire entre les chants de résistance les plus ardents, courageux et prosélytes, tout en restant les plus sibyllins et des plus sujets à sous-entendus  et à équivoques, dans son propos... 

A l'instar de "la Gallineta" : de manière dissimulée,  à mots couverts, dans l’ombre évidente d’un texte parabolique, le franquisme – mânes errant sans fin dans les corridors du purgatoire, monstre de haine et d’intolérance sévissant encore, bien après la mort de Franco (1975), est exhumé dénoncé, voire lapidé....Il conviendrait de rapprocher "L'estaca"  des chansons plus tardives de Llach : "No és això, companys…" et  "Venim del Nord, venim del Sud...", aux textes aussi revendicatifs dans leur libellé.

 

- d'observer la datation et le processus ternaire de chacune des trois strophes de "L'estaca" : le matin, le midi et le soir - l'enfance, l'âge adulte, l'âge de la sagesse  - la découverte du système fasciste, le sentiment de révolte et d'impuissance mêlées, l'acceptation et la résignation - Siset s'insurgeant, Siset résigné, Siset disparu...  et tout cela dans la contemplation cyclique du système franquiste, dans lequel chacun est appelé à crier, à vivre et enfin à disparaître...

 

- de relever les termes ambigus qu'emploie Lluís LLach : aussi bien  qu'il dénonce et fustige, de façon pamphlétaire, le régime de Franco, les mots - pour autant qu'ils apparaissent comme des plus simples et des plus évocateurs - n'ont pas un sens – un seul-, sinon un double, voire un triple sens...

 

Laissons-nous guider par la symbolique ponctuelle des mots, par  leur signification contextuelle et parfois latérale, mais, plus encore, dans un espace de communication et de communion moins logique que sonore, par leur représentation et leur affirmation subliminale, évocatrice, évidente…

 

Laissons les mots se traduire, au risque de se trahir :

-"portal" peut évoquer la porte d'entrée d'une ville, d'une ferme ou d'une prison

- "el sol" : la lumière, la vérité, la liberté

- "els carros" : les charrettes des paysans, les tanks de l'armée franquiste

- l'estaca : pieu de bois ou entrave aux libertés et au devenir

- "l'estaca" : pieu de bois en état vermoulu, putrescent, ou système social et politique corrompu et déliquescent...

- "vailets" : pages, écuyers, serviteurs, mais encore jeunes hommes et femmes, à savoir nouvelles générations

- estiro el coll" per cantar" : peut-être au travers de grilles de la prison? peut-être une allusion au garrot, par lesquels le franquisme exécutait les Républicains, opposants au fascisme espagnol?

 

 

- - -

 

 

Invictus  - poème de William Ernest Henley (1843-1903) 

 Lu, dit et redit- durant sa captivité-, et ce avec une force incroyable et inouïe de résistance, de foi et de dépassement de soi, ce texte -choisi en son coeur - a permis  à Nelson Mandela  (le prisonnier politique le plus tristement illustre dans l'histoire contemporaine) de survivre et d'exister, au long et au terme de près de vingt-sept ans d'enfermement carcéral, de tentatives de discrédit et d'homicide social,d'humiliations infamantes et d'isolement social et humain . (*)

 

 

 

Invictus

(Texte original de 1931)

 

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of fate
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

 

Traduction en français

 

Dans les ténèbres qui m’enserrent,

Noires comme un puits où l’on se noie,

Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,

Pour mon âme invincible et fière,

 

Dans de cruelles circonstances,

Je n’ai ni gémi ni pleuré,

Meurtri par cette existence,

Je suis debout bien que blessé,

 

En ce lieu de colère et de pleurs,

Se profile l’ombre de la mort,

Et je ne sais ce que me réserve le sort,

Mais je suis et je resterai sans peur,

 

Aussi étroit soit le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes,

Je suis le maître de mon destin,

Je suis le capitaine de mon âme

 

William Ernest Henley (1843-1903

 

(*) Nelson Rolihlahla Mandela (prononcé en xhosa [ xoˈliːɬaɬa manˈdeːla]), dont le nom du clan tribal est « Madiba », né le 18 juillet 1918 à Mvezo (province du Cap) et mort le 5 décembre 2013 à Johannesburg (Gauteng), est un homme d'État sud-africain ; il a été l'un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique institutionnel de ségrégation raciale (apartheid) avant de devenir président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non ségrégationnistes de l'histoire du pays.

Nelson Mandela entre au Congrès national africain (ANC) en 19434, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non-violente contre les lois de l'Apartheid, mises en place par le gouvernement du Parti national à partir de 1948. L'ANC est interdit en 1960, et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires. Le 5 août 1962, il est arrêté par la police sud-africaine sur indication de la CIA, puis est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité lors du procès de Rivonia. Dès lors, il devient un symbole de la lutte pour l'égalité raciale et bénéficie d'un soutien international croissant.

Après vingt-sept années d'emprisonnement dans des conditions souvent très dures, et après avoir refusé d'être libéré pour rester en cohérence avec ses convictions, Mandela est relâché le 11 février 1990. S'inspirant alors de la pensée ubuntu dans laquelle il a été élevé, il soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour avoir conjointement et pacifiquement mis fin au régime de l'apartheid et jeté les bases d'une nouvelle Afrique du Sud démocratiqueN 1.

Après une transition difficile où de Klerk et lui évitent une guerre civile entre les partisans de l'apartheid, ceux de l'ANC et ceux de l'Inkhata à dominante zoulou, Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud en 1994. Il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs ; il lutte contre les inégalités économiques, mais néglige le combat contre le sida, en pleine expansion en Afrique du Sud. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active, mais continue à soutenir publiquement le Congrès national africain tout en condamnant ses dérives.

Impliqué par la suite dans plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ou le sida, élevé au rang de patrimoine commun de l'humanité5, il demeure une personnalité mondialement reconnue en faveur de la défense des droits de l'homme. Il est salué comme le père d'une Afrique du Sud multiraciale et pleinement démocratique, qualifiée de « nation arc-en-ciel », même si le pays reste confronté à de graves problèmes d'inégalités économiques, de tensions sociales et de replis communautaires.

 

Voir par ailleurs le film de Clint Eastwood : "INvictus" - 2009 - avec Morgan Freeman et Matt Damon

- - -

 

Plus qu'un texte littéraire, voici un appel à la paix, à l'équité, à la solidarité, à la fraternité... un poème résolument humain, tissé d'espoir, né dans une douleur que Rudyard Kipling transcende (il vient de perdre son fils!...),renforcé de témoignages humains et universels, enfin élevé dans la triple alchimie de l'humilité d'écrire, de la conscience de témoigner et de la volonté d'imaginer, voire  de rêver - et ce par-delà la réalité... J.I"Tu seras un homme, mon fils." : le poème d'un instant éternel, né de la souffrance et du talent de Rudyard Kipling...

Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie 
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, 
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties 
Sans un geste et sans un soupir ; 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, 
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, 
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, 
Pourtant lutter et te défendre ; 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles 
Travesties par des gueux pour exciter des sots, 
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles 
Sans mentir toi-même d’un mot ; 

Si tu peux rester digne en étant populaire, 
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, 
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, 
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ; 

Si tu sais méditer, observer et connaître, 
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, 
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 
Penser sans n’être qu’un penseur ; 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 
Si tu peux être brave et jamais imprudent, 
Si tu sais être bon, si tu sais être sage, 
Sans être moral ni pédant ; 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, 
Si tu peux conserver ton courage et ta tête 
Quand tous les autres les perdront, 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 
Seront à tout jamais tes esclaves soumis, 
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire 
Tu seras un homme, mon fils.

 

EN COMPLÉMENT :

LE POÈME ORIGINAL EN ANGLAIS

If you can keep your head when all about you 
Are losing theirs and blaming it on you, 
If you can trust yourself when all men doubt you. 
But make allowance for their doubting too; 
If you can wait and not be tired by waiting. 
Or being lied about, don’t deal in lies, 
Or being hated, don’t give way to hating, 
And yet don’t look too good, nor talk too wise: 

If you can dream —and not make dreams your master 
If you can think —and not make thoughts your aim 
If you can meet Triumph and Disaster 
And treat those two impostors just the same; 
If you can bear to hear the truth you’ve spoken 
Twisted by knaves to make a trap for fools. 
Or watch the things you gave your life to broken, 
And stoop and build’em up with worn-out tools: 

If you can make one heap of all your winnings 
And risk it on one turn of pitch-and-toss, 
And lose, and start again at your beginnings 
And never breathe a word about your loss; 
If you can force your heart and nerve and sinew 
To serve your turn long after they are gone, 
And so hold on when there is nothing in you 
Except the Will which says to them: “Hold on!” 

If you can talk with crowds and keep your virtue, 
Or walk with Kings —nor lose the common touch, 
If neither foes nor loving friends can hurt you, 
If all men count with you, but none too much; 
If you can fill the unforgiving minute, 
With sixty seconds’ worth of distance run. 
Yours is the Earth and everything that’s in it, 
And —which is more— you’ll be a Man, my son!

TRADUCTION PAR JULES CASTIER (1949)

Cette traduction s’approche du texte initial, sans être littérale puisqu’elle est en vers. À la différence de Jules Castier, André Maurois a réécrit et réinterprété le poème en fonction de la culture et de la sensibilité française, ce qui lui donne cet élan si particulier.

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route, 
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ; 
Si tu gardes confiance alors que chacun doute, 
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ; 
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine : 
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens, 
Ou si, étant haï, tu ignores la haine, 
Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ; 

Si tu rêves, — sans faire des rêves ton pilastre ; 
Si tu penses, — sans faire de penser toute leçon ; 
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre, 
Et traiter ces trompeurs de la même façon ; 
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes 
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots, 
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes, 
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ; 

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes 
Et le risquer à pile ou face, — en un seul coup — 
Et perdre — et repartir comme à tes débuts mêmes, 
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ; 
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret 
À servir à tes fins malgré leur abandon, 
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt, 
Hormis la Volonté qui ordonne : “Tiens bon !” 

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre, 
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ; 
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ; 
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ; 
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable 
De soixante secondes de chemins accomplis, 
À toi sera la Terre et son bien délectable, 
Et, — bien mieux — tu seras un Homme, mon fils.

AUTRE TRADUCTION PAR GERMAINE BERNARD-CHERCHEVSKY (1942)

Cette traduction est la plus respectueuse du texte original, elle est en alexandrin sans rime, mais n’arrive pas à transcrire son entrain. Pourtant, le poème prend autant aux tripes l’Anglais lisant le poème original que le Français lisant la version d’André Maurois ; la traduction est un art bien difficile.

Si tu restes ton maître alors qu’autour de toi 
Nul n’est resté le sien, et que chacun t’accuse ; 
Si tu peux te fier à toi quand tous en doutent, 
En faisant cependant sa part juste à leur doute ; 
Si tu sais patienter sans lasser ta patience, 
Si, sachant qu’on te ment, tu sais ne pas mentir ; 
Ou, sachant qu’on te hait, tu sais ne pas haïr, 
Sans avoir l’air trop bon ou paraître trop sage ; 

Si tu aimes rêver sans t’asservir au rêve ; 
Si, aimant la pensée, tu n’en fais pas ton but, 
Si tu peux affronter, et triomphe, et désastre, 
Et traiter en égaux ces deux traîtres égaux ; 
Si tu peux endurer de voir la vérité 
Que tu as proclamée, masquée et déformée 
Par les plus bas valets en pièges pour les sots, 
Si voyant s’écrouler l’œuvre qui fut ta vie, 
Tu peux la rebâtir de tes outils usés ; 

Si tu peux rassembler tout ce que tu conquis 
Mettre ce tout en jeu sur un seul coup de dés, 
Perdre et recommencer du point d’où tu partis 
Sans jamais dire un mot de ce qui fut perdu ; 
Si tu peux obliger ton cœur, tes nerfs, ta moelle 
À te servir encore quand ils ont cessé d’être, 
Si tu restes debout quand tout s’écroule en toi 
Sauf une volonté qui sait survivre à tout ; 

Si t’adressant aux foules tu gardes ta vertu ; 
Si, fréquentant les Rois, tu sais rester toi-même, 
Si ton plus cher ami, si ton pire ennemi 
Sont tous deux impuissants à te blesser au cœur, 
Si tout homme avec toi compte sans trop compter ; 
Si tu sais mettre en la minute inexorable 
Exactement pesées les soixante secondes 
Alors la Terre est tienne et tout ce qu’elle porte 
Et mieux encore tu seras un ho

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 10:05
Printemps des poètes : Jean IGLESIS - Nîmes - Barcelone, par Boris VIAN

Printemps et poésie… Vive la vie !...

 

 

Il faut cultiver son jardin… Cette sentence - dans l’acception que lui ont donnée Leibnitz et plus tard Voltaire, il y a plus de trois siècles – prend une certaine résonance dans une société où le bitume et l’espace urbain ont graduellement remplacé les vertes prairies et les champs régulièrement moissonnés.

Néanmoins, le jardin est devenu peu à peu un lieu privilégié, intime, où l’individu se ressource.

 

Si l’on parle de retrouver ses racines, on sait qu’en le for intérieur de tout un chacun, frémit et survit un jardin secret, un espace privé, inviolé dont l’entrée est interdite aux autres.

Verlaine – dans un poème fameux – n’a-t-il pas « poussé la porte étroite qui chancelle  » ? Ronsard n’a-t-il pas prié Hélène dans un sonnet mémorable de « cueillir dès aujourd’hui les roses de la vie » ? Corneille n’a-t-il pas lancé à l’endroit de Marquise « le temps saura faner vos roses comme il a ridé mon front ? ».

 

Malherbe n’a-t-il pas écrit à Monsieur Du Périer à la mort de sa fille « Car elle était du monde où les plus belles choses ont le pire destin. Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin… »

Bref les fleurs ont peu à peu gagné en force jusqu’à obtenir un langage… la pensée c’est le souvenir… la rose la femme aimée… l’œillet un signe distinctif marginal repris par Gide, Proust et Lorca…

On comprend aisément que dans notre civilisation judéo-chrétienne, les fleurs ont acquis une force de symbole indéniable qui reste attachée à l’homme et à la femme dans ce qu’ils ont de plus viscéral.

La pensée antique, fondée sur les espaces a tout naturellement légué aux citadins et aux rurbains le jardin comme lieu privilégié, représentatif de ce que l’on peut être ou de ce que l’on souhaite devenir.

Un souci d’ordre, d’esthétique, visuelle, sensorielle, intuitive vient régénérer un monde de progrès dans lequel le jardin est plus que jamais un lieu de vie, de préservation de soi et de liberté.

Il convient d’honorer tous les jardiniers qui patiemment, humblement et sûrement nous communiquent une image de leur sérénité, de leur éclat et de la beauté de ce qui est intrinsèquement fragile : une fleur, un pétale de rose… mais quelle leçon face à l’Eternité.

« Or des vergers fleuris se figeaient en arrière – Les pétales tombés des cerisiers de mai – Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée – Ses pétales flétris sont comme ses paupières » Guillaume Apollinaire (Poème « Mai »)

Toute une leçon pour conclure que plus que jamais dans un univers en mouvement perpétuel et en bouleversement … cultiver son jardin constitue une évidente et impérieuse nécessité…

 

Jean Iglesis

 

- - -

 

NIMES

 

Depuis le train, on voit Nîmes. La ville, par dessus les toits. La plupart des tuiles sont d'un rouge rosi, usé, patiné part le soleil et le vent. Les nouveaux immeubles sont blancs. Laids soleils d'hiver...

 

A l'approche de cette cité romaine, je ne pense pas à la villa carrée, mais à la tour poétisée par Hugo. Je n'ai pas une pensée pour la ville moderne, pas le moindre regard. Tous les yeux vers un téméraire carré d'art.

 

Me revient une mémoire littéraire : poèmes ou lettres, bribes du poète faisant, près des Costières du Gard, son service militaire. Séparé de celle qu'il aime, Lou ou la louve, la vraie ou l'idéalisée. Il se console en aimant  le métier des armes et les artifices de la guerre. Le mal aimé sera trépané. Sortira de son crâne toutes les poésies accumulées. Et la plus noire, la mort...

 

J.P.Bonnel

 

- - -

 Barcelone, chanson, par Boris VIAN

 

Barcelone

Des pavés, du soleil, des visages

Un été plein d´images

Et de fleurs

Barcelone

Dans le port un bateau qui s´amarre

Le bourdon des guitares

Et mon cœur

J´ai revu

Cette rue sous le ciel de septembre

J´ai revu

La fenêtre grillée de sa chambre

Jours trop courts

Le vent chaud caressait nos visages

Et l´amour

Nous jetait des étoiles au passage

Barcelone

Souvenir de nos nuits haletantes

D´un été qui me hante

Barcelone

 

Ce matin

Je reviens dans la rue douce et triste

Le chemin

M´a mené jusqu´au banc de jadis

Et soudain

Te voilà c´est bien toi rien n´existe

Dès demain

Tous les deux nous irons vers la vie

Barcelone

Sur le port, dans le vent qui se lève

Je vois vivre mon rêve

Barcelone

 

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:59
Charles CROS, le poète, l'inventeur originaire de l'Aude : Fabrezan, Lagrasse - MOBILE ART à l'Université de Perpignan
Charles CROS, le poète, l'inventeur originaire de l'Aude : Fabrezan, Lagrasse - MOBILE ART à l'Université de Perpignan

  Charles CROS

 

Des mois que ce petit livre publié par l'Atelier du Gué dort sur mon chevet, dans ce foutoir de bibliothèque, près de mon lit, dans cette chambre chamboulée qui n'a rien du "gueuloir" montaignais !

Bien faite cette édition, réalisée pour le centenaire de la mort de ce Charles au physique exotique (un Audois qui aurait des ancêtres berbères...), avec une biographie illustrée, une biblio et un choix de textes tirés des "Monologues"...

Je voulais résumer ce recueil, mais quand on se risque à consulter wikipédia, l'écriture vous tombe du cerveau et s'impose la paresse causée par le recours à l'internet…

Cependant, voici quelques notes, nées du plaisir de lire et de faire partager (édition sans doute épuisée, vu le prix sur la 4° de couverture : 60 Frans, mais téléphonez toujours ; >0468436369)

A18 ans, il entre aux Sourds-Muets comme répétiteur; il y invente le Phonographe qu'il appelle le Paléophone. C'est pas Edisson, l'inventeur ? Le téléphone, alors ? Non, c'est Graham Bell...

Il a l'oeil noir et le teint cuivré : la tête d'un tzigane dans l'embarras…

En 1876, Cros a l'idée d'un instrument destiné à enregistrer les vibrations du son au moyen de traces et à reproduire le son au moyen de ces traces…

En 1871, ami de Verlaine et Rimbaud, il anticipe aux réunions"mutiques", des Vilains Bonshommes jusqu'à la rupture: fuite de Verlaine et Rimbaud…Il continue à collaborer au Chat Noir, cabaret artistique fondé par Rodolphe Salis.

En avril 1873, il publie le Collier de Santal : lisez-le !!!

 

***

Charles Cros, né le  à Fabrezan (Aude)1, originaire d'une famille de Lagrasse (Aude), et mort le dans le 6e arrondissement de Paris2, est un poète et inventeur français. Un musée lui est consacré à Fabrezan.

Le scientifique

Passionné de littérature et de sciences, il est pendant un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l'Institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique.

En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique à la suite de ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe.

En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.

Le paléophone, ou l'idée du phonographe

Le 30 avril 1877, il adresse à l'Académie des sciences un mémoire décrivant le principe d'un appareil de reproduction des sons, qu'il nomme « paléophone » 4. Son document suggère que les vibrations sonores peuvent être gravées dans du métal à l'aide d'un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n'eût la possibilité de suivre son idée, voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe. Cependant, dans un de ses textes à la mémoire de son ami publié dans Le Chat noir, l'écrivain Alphonse Allais prétend avoir vu et entendu les sons restitués par un phonographe construit par Charles Cros bien avant le modèle d'Edison. On pense généralement que les deux hommes ne connaissaient pas leurs travaux respectifs.

En hommage à ses travaux, en 1947 son nom est retenu pour désigner l'Académie Charles-Cros, fondée par des critiques et des spécialistes du disque attribuant chaque année des distinctions très remarquées, les Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros.

Dans les années 1980, la Bibliothèque nationale de France a choisi à son tour le nom de Charles Cros pour désigner sa collection d'appareils de lecture et d'enregistrement, visitable aujourd'hui au département de l'Audiovisuel de la Bibliothèque nationale.

Le poète

Il publie ses premiers poèmes dans le Parnasse contemporain et fréquente les cercles et cafés littéraires de la bohème de l'époque (le Cercle des poètes Zutistes — qu'il a créé —, les Vilains Bonshommes, les Hydropathes), ainsi que le salon de Nina de Villard qui sera sa maîtresse jusqu'en 1877. Mais il est davantage connu pour ses monologues, dont le plus connu est Le Hareng saur, qu'il récite lui-même dans des cabarets parisiens comme Le Chat noir.

Son œuvre de poète, brillante (elle sera plus tard l'une des sources d'inspiration du surréalisme) est cependant ignorée à son époque. Il le résume amèrement dans ce poème caractéristique  :

Je sais faire des vers perpétuels. Les hommes
Sont ravis à ma voix qui dit la vérité.
La suprême raison dont j'ai, fier, hérité
Ne se payerait pas avec toutes les sommes.
 
J'ai tout touché : le feu, les femmes, et les pommes ;
J'ai tout senti : l'hiver, le printemps et l’été ;
J'ai tout trouvé, nul mur ne m'ayant arrêté.
Mais Chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ?
 
Je me distrais à voir à travers les carreaux
Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques
Où le bonheur est un suivi de six zéros.
 
Je m'étonne, valant bien les rois, les évêques,
Les colonels et les receveurs généraux
De n'avoir pas de l’eau, du soleil, des pastèques.

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:44
Mères-grands, je vous aime ! - Fête des grands-mères, dimanche 5 mars - Jean IGLESIS, poéises
Mères-grands, je vous aime ! - Fête des grands-mères, dimanche 5 mars - Jean IGLESIS, poéises

 

*Fête des grands-mères, dimanche 5 mars...

 

Grand-mère


Lorsque j’évoque ma grand-mère, c’est comme un boomerang qui me revient en plein cœur…


Fragilité et force : deux termes en constante opposition, définissant ce qu’on peut éprouver au tréfonds de soi, tant l’enfance est importante dans une vie humaine. La fragilité d’une grand-mère, c’est celle du petit chaperon rouge que le loup dévore et à laquelle il se substitue, dans la symbolique de Perrault, c’est encore celle que la petite marchande d’allumettes ressuscite au plus froid de l’hiver, dans le conte d’Andersen, c’est en outre celle de Pagnol qui dit à Naïs, « le bossu », que « les bosses dissimulent des ailes qui conduisent sans ambages les bossus au ciel… » Un jour, par malheur, lorsque les grands-mères disparaissent, les bossus ne sont plus les anges que l’on s’appliquait à décrire…
La force que m’a donnée ma grand-mère, c’est cet océan d’affection qui déborde, m’envahit et me bouleverse et qui a forgé de tendresse, de douceur et de droiture l’enfant que j’ai été. La fidélité, la mémoire, le respect, la tolérance, l’honnêteté affective ou intellectuelle sont autant d’éléments qui ont participé à ma construction et dont je ne saurais jamais me départir, pour avoir connu jusqu’à 23 ans révolus la personne que j’ai sans nul doute le plus aimée au monde et dont le souvenir me permet aujourd’hui de me conduire comme un enfant, avec toutes ses qualités et ses défauts.


Au-delà de la peine, il y a par ailleurs cette dimension proustienne : temps passé et temps retrouvé ne font qu’un…la saveur d’un café au lait, l’écorce d’une mandarine, la madeleine que l’on redécouvre rappellent à la vie la grand-mère enfuie… Dans le jeu des correspondances baudelairiennes, les souvenirs affleurent, remontent à la surface. Mais à la surface de la vie, comme une plaie béante qui ne se refermera plus, il y a la disparition de sa grand-mère, événement terrible qui nous donne, sans que nous le sollicitions, un avant-goût du malheur, celui que nous n’imaginons aucunement et que nous souhaitons moins encore mais que nous connaîtrons peut-être demain au départ d’un être cher. Le sort nous vole un être aimé et, sans que l’âge apparaisse comme un facteur déterminant, en cette douloureuse occasion, la mort ne connaît pas d’explication, ni de motif, ni de prétexte, ni d’alibi. Perdre sa grand-mère, c’est explorer le « paradis perdu » du poète Milton, c’est s’y replonger comme pour un triste baptême, c’est avouer que « le temps passé, jamais ne reviendra », c’est se dire, à l’instar de Malherbe, dans les stances qu’il formula à Monsieur Du Périer, au moment même de la disparition de sa fille, « qu’elle était du monde où les plus belles choses ont le pire destin et, qu’en tant que rose, elle a vécu ce que vivent les roses : l’espace d’un matin… »
Il y a en outre cet instant intime,viscéral, vide sidéral et temporel qu’il est impossible de traduire, d’exprimer et qui est comme une écharde plantée en soi, incrustée dans sa chair. Quand le malheur survient, c’est une éclipse de la réalité, de la vérité, de la sincérité des choses les plus simples que l’on ressent. Lorsque sa grand-mère s’en va pour toujours et à jamais, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel qui a béni l’aube de notre naissance. Souffrance qu’on a du mal à taire, mais qu’il faut par pudeur et de par sa responsabilité d’individu assumer. Ne rien dire, accuser le coup et montrer tête haute, voilà ce que l’on doit observer…car faire étalage de ce deuil qui invite au tournis, qui laisse pantois et donnerait le mal de mer aux navigateurs les mieux rompus au roulis, au tangage et aux grains les plus violents n’est pas de mise. Il faut garder le cap, faire face et combattre, même si l’on ne se consolera jamais de cette perte. Si l’on faillait à sa mission, à sa propre personne, comme Pagnol l’exprimait : « ça ferait pleurer les enfants ». Je me permettrais de renchérir : cela aurait certainement fait encore plus de peine à ma grand-mère…celle que j’aime et aimerai jusque à mon dernier jour, qui sait ? celui de la fin du monde… certainement celui de ma propre fin…
Lorsque une grand-mère quitte cet univers de plus en plus indistinct, c’est à nouveau et encore ou une fois de plus la mienne que je perds.

 

Jean Iglesis     

 

 Grand-mère

 

 

La douceur du sucre candi,

Le parfum de l'orange amère

Évoquent dans l'après midi

La silhouette de grand-mère.

 

Alors la robe d'organdi

Valse dans le soir éphémère,

Frôlant le regard enhardi

Que tu faisais naître, grand-mère.

 

Je ne connais de tout ceci

Qu'un épilogue assez sommaire :

Une retraite sans souci

Qui te voyait vieillir, grand-mère.

 

Les châteaux-forts que l'on bâtit

Et les contes qu'on énumère

Débordent d'un cœur trop petit

Quand on se souvient de grand-mère.

 

Jean Iglesis                                                       

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:44
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -

Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. - Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -

Poésies de Stéphane BABEY (Les Presses littéraires, février 2017, 10 euros)

 

Dans une pièce célèbre, l'auteur a bien montré comment un roi, si riche et puissant puisse-t-il être, devient "nu", un jour. C'est ce destin d'homme parmi les hommes, prisonnier de sa condition de mortel, que donne à voir un film récent sur la déchéance physique de Louis XIV, ancien "roi-soleil", incarné par Jean-Pierre Léaud…

 

 

Dans la poésie, tragique aussi, souvent, de Stéphane Babey, nous sommes tous "nus", c'est-à-dire destinés au partir, à la confrontation avec la mort. 

 

Cependant la leçon philosophique serait incomplète si le poète n'envisageait pas aussi une sorte de mort au coeur même de la vie : la condition humaine au-delà des apparences fallacieuses de la séduction, de la mode, des ambitions, des illusions, des faux-semblants… 

 

En effet, oser vivre nu, c'est oser être vrai. C'est avoir le courage d'exister, au-delà du local, du nationalisme et des identités qui séparent les hommes, et d'aller vers l'Autre, "mon semblable, mon frère" !

 

Aller nu, c'est braver les mensonges, les interdits, les morales hypocrites. C'est vivre alors vraiment et atteindre une éternité terrestre, grâce à l'amour, grâce au corps sensuel d'une femme, et même au temps de la vieillesse, comme "à l'aube de sa première lune de miel"…

 

 

Avec cette poésie remplie d'humour, d'amour, de métaphores, le poète nous fait prendre conscience que l'homme n'est jamais  perdu, dévêtu, quand il est aimé, et que l'amant n'est jamais nu quand il est "habillé de la nudité de l'Autre".

 

 

Ensuite, le recueil renferme des moments plus graves, sur l'actualité, la guerre, l'exil… 

En effet, après une première partie consacré à bonheur, à un hymne sensuel à la femme ronde et désirable, après l'appel un peu désespéré de revenir à l'authenticité, à l'humanisme, le poème, par touches brèves mais percutantes, traverse le monde des conflits et s'affirme engagé sans que le message ne soit jamais lourd ou idéologique…

 

Voici une poésie bien humaine, méditerranéenne et universelle, équilibrée tel "midi le juste", évoluant entre les frontières mouvantes du Royaume et de l'Exil, fidèle à la leçon de Camus, que Stéphane Babey ne se lasse pas de fréquenter…

 

Jean-Pierre Bonnel 

 

 Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot.

 

**Du 3 février au 25 mars  2017, nous vous invitons à venir découvrir l' exposition de :

 

Jean Louis VILA

           

« Peintures et sculptures  »

Vernissage en présence de l’artiste, le vendredi 3 février à partir de 18 h.

 

Vous pouvez dores et déjà découvrir une partie des œuvres sur le site de la galerie : http://www.odileoms.com/fr

(Pour y accéder, ainsi qu' à la biographie, cliquez sur l’image qui apparait sur le site)

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 11:36
La vie sous-marine (conférence à Banyuls) - POESIE : Pere FIGUERES, Jean IGLESIS -

 

 

***POESIE : Pere FIGUERES et Jean IGLESIS

 

 

Témoin

 

Je n’ai fait qu’être là, debout, sous la lumière,
Écrivant d’une faible voix,
A regarder les vieux monter les murs de pierre,
Quand le temps s’enfuit sous leurs doigts.

 

Je n’ai fait que croiser les âmes passagères,
Pleurant le départ ici-bas
De rêves d’absolu, jetés dans la poussière,
D'amours qui ne reviendront pas.

 

Je n’ai fait que cueillir les fraises printanières,
Bordant le chemin, çà et là,
Sans chercher à savoir quel est donc leur mystère,
Mais ébloui par leur éclat.

 

Je n’ai fait qu’écouter des dévots les prières
Qu’en mon être je n’entends pas,
Mêlant mes propres mots à leurs sentences fières,
Mais à jamais sourd à leurs voix.

 

Je n’ai fait que guetter, des murailles altières,
La longue marche des soldats,
Aux mélopées scandant quelque passion guerrière,
Prompte à commettre un coup d’état.

 

Je n’ai fait que braver les futiles chimères
Qui tracent le destin des rois,
Qui peuplent d'innocents les lointains cimetières
Que la gloire ne connaît pas.

 

Je n’ai fait que sentir la mer, depuis la terre, 
Bercer mes peines et mes joies,
Que rendre grâce au vent, quand il fend les fougères
Pour guider à nouveau mes pas.

 

Je n’ai fait que plonger, dans le lit des rivières,
Mes yeux, en pleurs souventes fois,
Sans jamais retrouver le visage éphémère
De l’enfant qui sommeille en moi.

 

Jean Iglesis

 

Homme de lettres, femme de chiffres (Equation pour deux inconnus)

 

Je rêvais de Verlaine et de son matin calme
Quand je t’ai découverte entre tes statistiques.
Paul Valéry t’aurait sans doute offert sa palme
Pour apaiser tout net tes craintes algébriques.

 

J’ai suivi pour tes yeux les chemins de Laclos
Pour n'être que le seul de tes nombres premiers.
J’ai joué non sans style un rôle de héros,
Gravitant, tel Newton, dans l’ombre des pommiers.

 

Je suis entré, vainqueur, grâce au cheval de Troie,
Dans ta ville assiégée, aux mains de Pythagore,
Refusant les rigueurs de la règle de trois
Pour te séduire enfin, et te garder encore.

 

J’ai lu dedans ta main le destin de Juliette,
Dénonçant avec foi le triste théorème
Qui énonce au tableau noirci de chaque fête
Qu’il faut toujours souffrir, pour le lambda qui aime.

 

J’ai adoré Kipling pour devenir un homme,
Tandis que tu taillais le bonheur en fractions.
Je n’ai pas entendu le sentencieux axiome
Qui condamne toujours les douces illusions.

 

J’ai marché longuement dans les traces d’Homère,
Gardant toujours le cap, malgré la tête vide,
Avec à mes côtés la rage coutumière
De te savoir livrée aux rites froids d’Euclide.

 

Je n’ai durant ce temps rien voulu démontrer,
Ni ajouter à ces instants, ni rien soustraire.
Je n’ai fait que donner, refusant de compter,
Préservant dans mon cœur les vers d’Apollinaire.

 

C’est depuis lors, ma mie, que les mathématiques
Jaunissent au soleil des probabilités,
Feuilles de saule, chues sous les assauts tragiques
D’un vent calculateur qui a tout emporté.

 

Jean Iglesis

 

 

 

Écrit sur du vent

 

Les rires des enfants au sortir de l’école,
Les billes que l’on gagne et les rêves qu’on vend,
Les taches aux cahiers et les heures de colle,
Les châteaux-forts que des ennemis l’on défend.
Tous les instants perdus s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Le chien, vieux compagnon bien repu, qui somnole
Tout au pied du fauteuil patiné, triomphant,
Dans lequel grand-mère inlassablement cajole
Le bambin qui soupire et dort contre son flanc.
Toutes les images s’envolent 
Pour être écrites sur du vent.

 

Ma mère vient vers moi, me parle et me console
Car je pleure et j’ai peur dans le soir étouffant.
Mon père me sourit, tapote mon épaule
Et leur amour me rend plus fort dorénavant.
Tous les moments bénis s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Je ressens les baisers, les promesses d’idole.
L’amour vibre en mon cœur quand je pense souvent
Que j’ai pour quelque instant hérité du beau rôle,
Sans jamais deviner que j’étais le suivant.
Toutes les illusions s’envolent 
Pour être écrites sur du vent.

 

Comme le soir descend sur moi, telle l’étole
Qu’arbore sans fierté le sage survivant,
Refusant de poursuivre plus la route folle, 
Je décide de fuir le monde en écrivant.
Tous les plaisirs soudain s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Jean Iglesis

 

- - -

Bon dia,

Vos esperi el divendres 27 de gener del 2017, a les 18h, a

 

la Llibreria Catalana, place Jean Payra, a Perpinyà, per la

 

presentació del meu llibre de poesia "9"

 

 

Presentació a càrrec de Jaume Queralt, i lectures de Júlia

 

Taurinyà, Maite Barcons, Cristina Giner i Pere Manzanares.

 

 

"9"

 

aquesta xifra és el títol de l'últim treball d'aquest home "fora

 

de mida", com diu Renada Laura Portet en el prefaci del llibre.

 

Pere Figueres, sempre humil però sorprenent. Aquest cantautor

 

dels Arbres i dels Ocells, aquest artista plàstic inventor d'una

 

tribu de "Kanyataps" , ens lliura un recull de poesia que canta

 

com l'aigua d'una font clara. Aquesta font de Pere Figueres no

 

ha perdut res dels seus sabors catalans. Unes cinquanta pàgines

 

de poemes, paraules de cançons, de pensaments. A flor de cor.

 

Una filosofia de l'esbalaïment. Una saviesa de la intimitat.

 

Sentimental i descriptiu: El "jo" mai és abstracte. I

 

l'arrelament a un país no és patològic. Ni l'amor d'un mester de

 

terra. Puntes de revolta també. I... Alegria d'espigolar mots,

 

trets i algunes rimes.

 

 

Amb

 

9 il.lustracions inspirades de les seves escultures de suro...

 

 

 

 

Amicalment,

 

 

PERE

 

 

 

- - -

**Communiqué du Bureau de l’A.S.A.M.E. (Association des Amis de la Mer et des Eaux)

 

Vous êtes cordialement invités à assister à la Présentation d’une conférence « LA VIE SOUS-MARINE » Comportement des espèces qui aura lieu à la salle BARTISSOL à Banyuls sur Mer, LE VENDREDI 20 JANVIER 2017 à 16h 00

 

Cette conférence sera présentée par Monsieur Henri COLONNA D’ISTRIA, naturaliste sous-marin spécialisé dans l’étude des coraux, photographe ARESMAR (Association de Recherches Archéologiques Sous-marines du Roussillon) qui animera les débats et pourra répondre aux diverses questions.

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 10:21
Nobel à Dylan : hommage à la poésie populaire

Nobel à Dylan

 

Bien sûr, face à l'info, on a la réaction d'un réact : décadence, déclinisme, perte des valeurs, fin de la vraie littérature : le Nobel, comme Hollande, se suicide !

Moi, ancien ado de ces années 60/70 et plus car il continue, le barde, même si j'ai arrêté de l'écouter : j'aurais donné le Nobel à Ferré, Ferrat, Brassens...mais peu importe, ils resteront sans ce prix, arbitraire comme tous les prix littéraires, faits de magouilles, de complots, d'intérêts financiers, de mesquinerie politiques, de haine et de vengeance... Les prix aident à vendre. Le public n'est pas dupe !

 

Il sait que ce troubadour des temps modernes, pacifiste, contestataire, annonciateur de catastrophes, est un vrai poète, un érudit, un grand lecteur d'auteurs antiques (27 références à Ovide dans un de ses textes !) : le public populaire sait que la poésie, c' est désormais la chanson, accessible à tous grâce à la musique, aux rimes, au rythme. Le genre a évolué, la poésie n'est plus lue, même pas par les poètes...Char et Bonnefoy, souvent hermétiques (comme Dylan, d'ailleurs) et surtout Prévert, symbole du populo de qualité, auraient dû obtenir le prix suédois...

En Suède, on a voulu provoquer, encore une fois, honorer un subversif, chantant contre la guerre au Vietnam et autres tueries, comme celle, actuelle, de Syrie. Le Nobel est un prix engagé, pour une littérature engagée dans son époque.

Dylan, plus qu'une œuvre, c'est le symbole d'une époque, et plus, l'éternité, le combat sans fin des poètes et des trouvères...

 

JPB

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 07:48
ARAGO, par MA2F - Photo : soirée poésie au Casal de Perpignan
ARAGO, par MA2F - Photo : soirée poésie au Casal de Perpignan

ARAGO, par MA2F - Photo : soirée poésie au Casal de Perpignan

* Poésie méditerranéenne :

 

 

Cette soirée poético musicale méditerranéenne a été initiée par France Méditerranée Pays Catalan avec l'accord sympathique de "El Casals" , Centre Culturel Catalan.

Le partenariat avec le Labo de Babel d'Aqui a été très efficace . Il a été complété avec la présence de la librairie SEFRABER nouvellement installée à Perpignan, rue des Cardeurs.

Le thème de cette rencontre est une "première" puisque nous avons repris "Journée mondiale du mieux vivre ensemble" qui a été déposé au mois de mars à NewYork au siège de l'ONU . La Caravane Catalane applique depuis 10 ans ce thème qui permet " aux langues de la Méditerranée "de mieux se comprendre et s'apprécier .

Cette rencontre d'échanges en appellera certainement d'autres.

 

 

« IL N’Y A PAS DE HONTE A ETRE HEUREUX »  disait Albert Camus dans les Noces de Tipaza

 

Cette citation a ouvert cette soirée d’échanges poético-musicale.

 

L’ambiance de partage a été donnée grâce aux moualaqats (poésie sans passeport pour les langues du monde) qui ornaient  les murs du  Centre Culturel Catalan et qui ont permis à Corinne Pédrosa de l’Association du Labo de Babel d’Aqui  de raconter l’histoire de chacune des bannières autour de la Méditerranée.

 

Que ce soit en Catalan, Espagnol, Arabe,Turc, Français, Berbère chaque tableau a raconté la riche histoire de cette Méditerranée.

 

Ainsi, sur un texte de Marie Costa sur  les gitans: fils du vent,  qui ont été portés de l’Inde à la Turquie avec des musiques nationales le long des Balkans à l’Andalousie et les voila enracinés en Catalogne, ce qui leur permettra d’affronter ensemble  l’avenir. 

 

Un des moualaqats a permis d’avoir une image et un poème d’Antonio Machado.

 

Pere Manzanares , notre hôte, une fois de plus ,nous a charmé avec une interprétation théâtrale sur des textes catalans de Jep,Gouzy,Michel Arnaudies et surtout de Joan Pere Cerda qui vient de donner son nom au theâtre municipal de Perpignan.   

 

Hassan Majdi , toujours disponible pour ce genre d'action ,a servi de traducteur, par l’intermédiaire de la « technique » du téléphone portable et du micro.Nous avons eu la présence par la traduction de Mohamed Saadoun, syrien de Damas, qui nous a démontré les difficultés et la souffrance d' être exilé et déraciné en récitant un poème de sa composition.

 

Francisco Ortiz, avec ses trois guitares, nous a montré l’étendue de son talent et son ouverture sur la Méditerranée avec notamment quelques notes sur une guitare turque et un Oud, instrument bien connu de l’est des pays méditerranéens. Il nous a, entre autre, récité en espagnol un poème vécu qu'il a composé.

 

Jean-Pierre Bonnel,lui, nous a interprété des poèmes de sa composition tirés de son livre « Méditerriennes » avec, notamment l’histoire de notre mer.

 

Pierre-Paul Haubrich a lu un poème de Alain Aquilina inspiré par ses racines de l’exil et par tant de migrations.

Alain a repris l’identité d’une communauté enfermée sur elle-même et qui pourtant a tant besoin de s’exprimer à travers « la piednoiritude » et sa poésie émotionnelle.

 

Enfin Julien Pescheur de la librairie « Sefraber » nous a expliqué  longuement les origines  de la langue Amazigh; puis ,il a lu des poèmes berbères d’Algérie, du Maroc et de Tunisie.

 

Une soirée riche en échanges. Nous avons vécu  un très bon moment du "mieux vivre ensemble" avec la découverte de la langue des autres qui sera nous n'en doutons pas pérenniser dans les années à venir avec d'autres langues de ce magnifique bassin méditerranéen.

 

Et à la fin de ces formidables échanges il a été rappelé qu'''il n'y a pas de honte  à être heureux"

 

 

Une petitenouvelle marquera la suite de cette soirée puisque nous avons appris la disparition de Yves Bonnefoy un des grans noms de la poesie contemporaine et méditerranèene.

       

Pierre Paul Haubrich

France Méditerranée Pays Catalan

4 Place Zamenhoff 66390 Baixas

06 03 84 20 61

* Marc-André 2 Figueres :

 

 

Arago et la lumière : l'histoire de la vie de ce grand savant est tout entière orientée vers la découverte des propriétés scientifiques de la lumière si importante pour son siècle ; expériences sur la vitesse de la lumière, inventions en optique et photométrie, étude de la lumière solaire réfléchie par la Lune ("Lune rousse")..

 

Pour le projet d'hommage organisé par l'ARS Arago présidée par Hubert Lévy-Lambert l'artiste Marc-André De Figueres a conçu une sculpture-méridienne solaire pour honorer ce grand Arago de lumière ! 

 

Lux Catalunya soutient ce projet esthétique et philosophique passionnant porté par un grand artiste contemporain.

 

Les votes sont prolongés jusqu'au 20 novembre sur le site du concours : https://app.evalandgo.com/s/?id=JTlCayU5NG4lOUI%3D&a=JTk2aiU5MWklOUU%3D

 

Votez ma2f (projet n 7)

 

 

 

 

*** Perpignan / à 100 mètres…

 

 

Du 24 juin au 25 septembre au Centre d'Art Contemporain    Voir l'email sur le web

 

Exposition collective"JUSTE POUR LE PLAISIR (A&B)"

 

Exposition du 24 juin au 25 Septembre Tous les jours de 15h à 19h.

 

Entrée : 4 euros et 2 euros (étudiants et demandeurs d'emploi)

 

 

A cent mètres du centre du monde / Centre d'Art contemporain.

 

3, AVENUE DE GRANDE BRETAGNE 66000 PERPIGNAN

 

04 68 34 14 35

 

Exposition "Juste pour le plaisir"

 

Le défi était de taille : présenter, en plusieurs chapitres, l'intégralité de la Collection Collective du Centre d'Art Contemporain Àcentmètresducentredumonde sans parti pris ni préséance.

 

La sélection des artistes et de leurs œuvres s'avérait complexe. C'est pourquoi nous avons choisi de ne pas choisir ou plutôt de laisser à l'alphabet (et à son fameux ordre) le soin de convoquer sous les cimaises les créatrices et créateurs au hasard de cette succession littérale.

 

Pour ce premier opus, les "A" et les "B" seront à l'honneur dans une exposition plurielle qui verra se côtoyer, se frôler, se confronter ou se répondre formes et images, techniques et impressions de la diversité artistique. Passer des élégances ondoyantes de Camilla Adami ou de la précision colorée d'un Valerio Adami à l'érotisme décalé de Pat Andrea, de la minutie stupéfiante de Rafael Armengol à la sérénité minimaliste de Georges Ayats, flâner entre les fulgurances captivantes de Joan Barbera et la nature transfigurée proposée par Monique Bastiaans ou les insolences ironiques de Ben, s'interroger devant les portraits psychologiques de Tony Bevan ou les architectures mentales de Tania Blanco, s'imprégner des évocations transcendantes de Manuel Boix, capter les lignes troublantes de Claudia Busching ou les énigmes colorées et mouvantes de Brecht, tel est le programme de cette exposition "alphabétique", promesse de plusieurs suites qui ne pourront que se terminer par un "Z".

 

 

Camilla ADAMI • Valerio ADAMI • Pat ANDREA • Rafael ARMENGOL • Georges AYATS • Juan BARBERA • Monique BASTIAANS • BEN • Tony BEVAN • Tania BLANCO • Manuel BOIX • BRECHT • Claudia BUSCHING

 

En savoir + sur cette exposition

A cent mètres du centre du monde / Centre d'Art contemporain.

 

3, AVENUE DE GRANDE BRETAGNE 66000 PERPIGNAN

 

04 68 34 14 35

 

 

Exposition du 24 juin au 25 Septembre Tous les jours de 15h à 19h.

 

- - -

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article
29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:29
Expo Rosa SERRA, Espace des Arts, Le Boulou, du 1/7 au 23/9

Expo Rosa SERRA, Espace des Arts, Le Boulou, du 1/7 au 23/9

*Cet extrait d'un souvenir lors de mon séjour en Tunisie (deux ans): le journal de coopération vient d'être publié dans "Romans pour des temps catastrophiques" (16 euros, en librairie ou chez l'auteur, un peu avant "Communautés libertaires dans le pays catalan" (Trabucaire, 15 euros,juin 2016, ou chez l'auteur):

 

** De retour en Tunisie, en avril 1980, quelques mois après y avoir travaillé durant deux ans, je retrouve Sousse, la côte, puis le grand sud, que j'ai sillonné à plusieurs reprises.

 

Un compagnon m'a suivi : dans mon sac, la Première Education sentimentale de Flaubert…

 

Tout en soulignant des passages du romancier, je note des impressions. Au bout de l'écriture, dans ces pages du livre gribouillées dans tous les sens, je ne sais plus qui est l'auteur réel de ces phrases…

En tout cas, ce n'est pas moi qui parle "d'un lupanar propret avec des petites filles"…

 

Je trouve -est-ce parce qu'existe une intimité entre ce pays et moi - qu'il y a une facilité d'accoster les gens, de parler dans les cafés…de discuter avec ce sympathique électricien de Gardaïa…

Je contemple le soleil inversé de Sidi Bou Saïd…

 

Je regarde et je rêve face au paysage, depuis le train qui court à Hammamet, et j'écoute les sonnettes aigües des serpents de la musique arabe, enregistrée surtout en Egypte…

 

 

Arrivée, marcher à l'aveugle, en sentant la mer et se poser dans un café local : l'artiste de ce troquet, aux allures de Travolta, est un sacré dragueur…Hélas, peu de femmes encore dans ces quartiers non touristiques.

 

Je me plonge encore - alors  que la mer invite, mais avril est un mois encore frais ici- dans le roman initiatique de Flaubert, alors que tout suggère le moment de vivre, les bleus marabouts, les puits, les travaux des vignes, les appels des villageois, les cris des bêtes, le fil ténu d'un horizon  non atteignable…

 

Ce ne sera pas original de raconter les plaisirs du palais, le jus des oranges, le sucre des nids de poules, l'exotisme de l'halva, les tentations à la vue des dattes, loukoums, figues et autres pâtisseries orientales…

 

Les visions impressionnistes livrent le corps à la paresse, à la dérive de la contemplation passive…

Les portées dessinées par les amandiers, les calligrammes inventés par les oliviers à vue perdue, à imagination dépassée…

Beauté inénarrable et réconciliation de l'Homme avec le terroir, la nature, les odeurs de jasmin…

 

J'essaie d'apprendre l'écriture arabe, mais l'ami-collègue a le tort de m'initier à la langue classique. Aurait dû m'apprendre l'oral dialectal…Où est-il, à présent, le gentil, érudit et bel Abdallah..?

 

J'essaie d'imiter l'écriture arabe avec des subterfuges : livre à l'envers, esquisses, délier les lettres, que sais-je..? Je ne sais plus…Me reste que des danses de mots, que des gros mots..!

 

Sfax est ma ville de prédilection, du moins la plus proche de mon bled perdu dans les eucalyptus et les sables aux maigres touffes d'alfa…

Avec les amis coopérants, on va au restaurant des Sportifs, tue de Carthage, chez Salah Amara : on aime ses photos de famille montrées à tous les visiteurs, ses cornes phalliques en ivoire…

 

Je n'irai qu'une fois à Djerba, la touristicole, qui m'a vraiment déçue. Je préfère les îles Kerkennah, plus sincères : le bateau de pêche se déplace tranquillement sur une eau sereine, j'ai le temps de lire une page du voyage en Orient, et ces lettres, édifiantes, remplies de sexe et de visites de bordels…

 

 Puis la plage, bien sûr, un parasol entre deux palmiers. Je vois ou j'imagine, ou c'est l'Autre qui décrit ce jeune et beau mendiant tunisien forniquant avec une blonde européenne bien bronzée..?

 

Je n'aurai pas assez de sept jours pour refaire le tour de la Tunisie, en parcourant l'admirable correspondance de Flaubert..!

 

JPB

 

***Le Boulou en peinture :

 

 

*Le Boulou:

 

Madame le Maire, le Conseil Municipal, L’espace des arts

vous convient au vernissage des œuvres de l’artiste Catalane

*****ROSA SERRA*****

Le vendredi 1er juillet à 18h30

Rue des écoles au Boulou

Pour tout renseignement : www.espacedesarts.pro

Contacts : 04 68 83 36 32

espacedesarts@mairie-leboulou.fr

 

 

 

*Musée de l'exil, 1er et 2 juillet :

 

 

Ens complau d’informar-vos sobre el “VII Encuentro de Memorias en Red” que acull el Museu Memorial de la Jonquera entre l’1 i 3 de juliol de 2016 i que té com a temàtica: “Patrimoni, Identitat i Fronteres de la Memòria”

 

Trobareu el programa complet al document adjunt.

 

Organització i contacte:

 

David González (david.glez81@gmail.com – telf. 600847468)

Memorias en Red (memoriasenred.giji@gmail.com)

 

 

Museu Memorial de l'Exili

Carrer Major 43-47

17700 La Jonquera

www.museuexili.cat

0034 972556533

***CERET

*En parallèle à l’exposition de Joël DESBOUIGES,

la galerie présentera une exposition du peintre Pierre BRUNE , afin de célébrer son arrivée à Céret en 1916.

du 25 juin au 30 septembre 2016

Pierre BRUNE

Céret 1916 - 2016

Vous pouvez d’ores et déjà découvrir les œuvres sur le site de la galerie : http://www.odileoms.com/fr/expositions/pierre_brune_c_ret_1916_2016/pierre_brune/oeuvres/la_terrasse_au_castellas/

Nous vous signalons notre fermeture, pour raisons de sécurité, du 14 au 17 juillet durant la Féria .

- - -

*Poésie à Perpignan, au Casal - jeudi 20H30 - entrée libre




Car
avane
Catalane




En ces temps difficiles où la peur de l'autre alimente l'intolérance ,nous avons eu l'idée d'associer les langues pour pouvoir nous rassembler autour d'un thème que nous pratiquons depuis de nombreuses années avec notre "Caravane Catalane" dans toutes nos rencontres en Méditérranée où nous avons constaté un mieux vivre ensemble.


La poésie, la musique, à travers les âges , nous a appris à fédérer la créativité et la beauté de nos différences.


Avec Corinne,et plusieurs partenaires nous avons pensé organiser une rencontre poétique annuelle avec des langues de ce bassin méditérrannéen.


Ainsi à travers la poésie et la musique nous aurons, pour la journée et une soirée,la volonté de développer notre capacité de
" mieux Vivre Ensemble"


Cette soirée se déroulera grâce à la compréhension du" El Casal " au centre culturel catalan

23 avenue du Lycée le jeudi 30juin à 20h30. Entrée libre.


Pierre Paul Haubrich
France Méditerranée Pays Catalan
4 Place Zamenhoff 66390 Baixas
06 03 84 20 61
www.caravanecatalane.eu





Repost 0
Published by leblogabonnel - dans poésie
commenter cet article

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Articles Récents

Liens