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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 10:40
Jean Gabriel COSCULLUELA (livres) - Daniel Guerrier - Le Centro espagnol ce samedi 13 octobre 2018
Jean Gabriel COSCULLUELA (livres) - Daniel Guerrier - Le Centro espagnol ce samedi 13 octobre 2018
Jean Gabriel COSCULLUELA (livres) - Daniel Guerrier - Le Centro espagnol ce samedi 13 octobre 2018
Jean Gabriel COSCULLUELA (livres) - Daniel Guerrier - Le Centro espagnol ce samedi 13 octobre 2018
Jean Gabriel COSCULLUELA (livres) - Daniel Guerrier - Le Centro espagnol ce samedi 13 octobre 2018

Jean Gabriel COSCULLUELA (livres) - Daniel Guerrier - Le Centro espagnol ce samedi 13 octobre 2018

 

A la croisée des voix

 

 

Amuïr : le verbe qui donne son titre à ce livre appartient au vocabulaire de la phonétique et signifie « cesser d’être prononcé », en parlant d’un phonème. Mais il est en vérité très ancien puisqu’on le rencontre dans un recueil de Psaumes du XIIème siècle, le Psautier de Cambridge,  dans le sens de « devenir muet ». Amuir est de la même famille que mutisme.

 

Cet amuïssement, c’est précisément ce qu’a donné à entendre au milieu du XXème siècle l’œuvre de Paul Celan à qui Jean Gabriel Cosculluela a dédié cet ensemble de poèmes et de proses habité par la pensée du poète roumain et les échos de sa voix brisée. Écourtée et de plus en plus obscure au fil des ans, écrite dans une « langue grise » dépourvue d’éclat, trouée de blancs, la poésie de Paul Celan a été écrite « d’après-Auschwitz », ainsi que l’observait Jean-Pierre Lefebvre en préfaçant le Choix de poèmes que Celan avait lui-même composé : à partir des camps de concentration, en fonction de la Shoah et du peu de poésie qu’elle a laissé encore possible. C’est de ce « reste chantable » d’une poésie au souffle coupé, évoluant tout près de l’irrespirable que Jean-Gabriel Cosculluela se fait à la fois l’écho et le passeur. Il attache ses propres pas à un travail aussi désespéré qu’obstiné qui maintient la langue dans son effort pour avancer et pour dire encore malgré ce qui l’étrangle : il s’agit d’établir un lieu « où pénètre encore la lumière » en dépit du brouillage de tous les repères, de la perte d’aura et de la désacralisation radicale du poétique. Quand le poème ne peut plus être porté par ce que Mallarmé désignait naguère comme « l’ancien souffle lyrique », il donne à entendre les à-coups d’une respiration heurtée et il cogne dans le souffle au lieu de se fondre en lui. Il est ainsi pour l’écriture une manière non de s’étendre en se ramifiant, mais de se tasser, serrée au bord d’un silence devenu obsédant, comme posée sur le seuil du langage.

 

Quels mots pour ce chant brisé ? « Amuir », « affouiller », « épaufrure », « pierrier », Jean-Gabriel Cosculluela confie à un lexique singulier le soin de cartographier le paysage aride et rude de l’amuïssement. Mot à mot, pas à pas, il s’agit alors tout ensemble de « gravir » et de creuser, de déblayer et d’empierrer. Écrire est à la fois un travail de passeur et de carrier. Une espèce d’intimité paradoxale s’établit avec l’univers minéral que l’on sait si présent sous la plume de ces autres poètes familiers de l’Ardèche que furent Jacques Dupin et André du Bouchet… C’est comme une géographie escarpée et une géologie nouvelle qui vient s’inscrire ici dans ce que Jacques Dupin a pu appeler « notre territoire agonistique ». Dans ces « poèmes pierreux », les mots s’organisent volontiers en minces colonnes verbales (un, deux ou trois par vers) pour dessiner un relief anfractueux sur la page, creusant le silence ou s’élevant en farouches pitons rocheux sur sa blancheur.

 

Mais si la poésie, en son aridité, est une solitude où dominent la rupture et la déliaison, le poète s’y montre entouré : ce livre est tout bruissant de noms chers : José Angel Valente, Roberto Juarroz, Marina Tsvetaieva, Martine Broda, Éric Celan, Thierry Metz, Bernard Noël, Roger Laporte, Ingeborg Bachmann... C’est là comme une famille d’êtres proches, présents ou disparus, dont la relecture accompagne et semble même motiver l’écriture. N’oublions pas que Jean-Gabriel Cosculluela est bibliothécaire de métier : attentif aux livres des autres, il écrit dans la proximité de leur voix. En temps de détresse, on écrit plus que jamais avec les mots des autres, dans l’approche de leur souffle et dans les traces qu’ils ont laissées. L’important n’est pas tant le geste du commentaire que l’inscription d’une reconnaissance et d’un partage. Le poème est la trace d’un être, pareil à un dialogue qui se poursuit dans la distance : il suppose un lecteur impliqué.

 

Si Amuïr s’inscrit ainsi à la croisée des voix, ce livre s’établit également à la croisée de deux autres attachements très vifs : à une histoire et à une terre, le Haut-Aragon, cette aire géographique dont Jean-Gabriel Cosculluela est originaire et au centre de laquelle se dresse le massif pyrénéen, ses lignes de crêtes et ses passes secrètes par où circulaient les combattants de la Guerre Civile espagnole. Les mots, les êtres, les paysages ont l’ âpreté aussi bien que la douleur, l’obstination et l’esprit de résistance en partage. Et il n’est pas sans importance que ce soit en terre occitane, au pays des troubadours, là même où naquit naguère la poésie lyrique, et avec elle la fine amor, que Jean Gabriel Cosculluela vienne interroger le reste chantable de notre temps, comme s’il repliait l’une sur l’autre le temps de la naissance et celui de la fin du poème.

Il faut encore aimer la langue, si blessée, désarmée et dépouillée soit-elle, afin que demeure la possibilité d’un passage et d’une orientation. Dans son « Allocution de Brême », en 1958, Paul Celan réaffirmait le maintien de ce rapport vital à l’écriture, comme en réponse à Adorno qui avait cru un temps devoir déclarer « inadmissible » la poésie après Auschwitz :

« "Accessible, proche et non perdu demeura au milieu de toutes les pertes seulement ceci : la langue.

Elle, la langue, demeura non perdue, oui, malgré tout. Mais elle devait à présent traverser ses propres absences de réponse, traverser un terrible mutisme, traverser les mille ténèbres de paroles porteuses de mort.

(…) Dans cette langue j’ai essayé durant ces années et les années qui suivirent d’écrire des poèmes : pour parler, pour m’orienter, pour savoir où je me trouvais et vers où j’étais appelé, pour projeter de la réalité à mon devant. » 

 

N’est-ce pas à une telle continuation que s’attache Jean Gabriel Cosculluela dans ce livre où se croisent singulièrement poésie et critique. Une parole poétique éminemment critique s’y retourne avec anxiété sur elle-même, infiniment respectueuse de celles et de ceux qui l’ont inspirée et auxquels elle demeure attachée par un dialogue infini. Plus que jamais, le poème est une expérience essentielle : c’est à la croisée des voix qu’il demeure une chance que se laissent entrevoir les coordonnées de notre existence.

 

Jean-Michel Maulpoix

Deux textes écrits en pensant à WALTER BENJAMIN

et qui vont être publiés prochainement dans un livre

aux éditions La Passe du Vent

 

 

L'AMOUR DU CHEMIN

 

 

à Manuel Lamana

 

 

                                                 Rien ni personne. Comme si vous pénétriez

                                                  dans les Pyrénées et rien de plus.  Absolument                                               

                                                  rien. Tout est montagne. 

 

                                                   Manuel Lamana

 

 

Là où d'autres butent contre des murs et des

                                                   montagnes, là aussi il voit un chemin.... Il place

                                                   l'existence dans les ruines, non pour l'amour des

                                                   ruines, mais pour l'amour du chemin qui se fraie

                                                   un passage au travers. 

 

                                                   Walter Benjamin

 

 

Du bois des sept pins

frayer le passage

jusqu'au dernier escarpement

 

avec la boue 

avec l'eau avalée 

sur le chemin de la soif

affouiller l'inconnu

 

à un mot de la frontière

sur la ligne de crête 

laisser une sacoche de mots

et de lumière noire

 

unos papeles mas 

de contenido desconocido

 

avec quelques papiers de plus

serrer l'oubli

ouvrir les voix de personne

l'amour du chemin

 

 

au lieu dit de l'absent

avaler les mots

le temps de traverser le silence

 

- - -

 

CRÊTRE

 

à Franck Christoph Yeznikian, à Michel Ménaché

 

 

Ce passage de témoins

dans la ligne de « crêtre »

Franck Christoph Yeznikian

 

Ce nom dit: il fait oublier

et en même temps ne pas

oublier

Michel Ménaché

 

 

 

Ligne.

Crêtre.

Passage

si étroit

de témoins.

Ligne.

Crête

Etre.

Etre 

au passage 

où l'oubli 

se fait 

mais aussi 

où l'oubli 

est 

insupportable 

et 

impossible.

 

Sur sa fin,

l'oubli 

ne se fait pas

oublier.

 

 

Ce nom dit.

Il porte déjà

son silence.

 

 

Tu es 

ce chemin,

ce pas 

où tu portes

ton absence.

Tu marches,

tu sais 

ton absence

dans ton dos,

sans savoir

si c'est l'oubli

si l'oubli se fait

ou pas.

 

 

Tu es ce chemin.

Ce nom dit

pas.

L'oubli porte

son pas

dans ce passage

étroit.

 

C'est ligne,

crête,

être.

 

Tu n'oublies

rien

de l'abrupt

en chemin,

tu fais 

la lumière

avec l'oubli.

 

Le nom

dit

reste

en chemin

sur la ligne

tracée, 

haute

de ton pas.

 

 

 

Au moment même

où l'oubli

se fait

impossible,

insupportable.

 

Au moment même

de ce passage

au seuil du silence.

 

 

Jean Gabriel Cosculluela

copyright 2018

 

 

- - - BIO-BIBLIO :

Jean Gabriel Cosculluela

 

Né en 1951 à Rieux-Minervois (Aude). Origines aragonaises (Pyrénées espagnoles). Vit en Haute- Ardèche, après avoir vécu plus de quinze ans à Montpellier et dans les Cévennes. Conservateur en chef des bibliothèques. Écrivain, traducteur de l’espagnol, éditeur (directeur de la collection Lettre Suit, maintenant aux éditions Jacques Brémond, après une co-édition Atelier des Grames-Brémond) ). Co-dirige avec Anik Vinay la collection Espaces de peu aux éditions Atelier des Grames. Prépare l’édition d’inédits de Joë Bousquet , ainsi que deux essais : sur le livre et la lecture, sur le livre d’ar- tiste.

Livres courants ou livres d’artistes. Textes de critique d’art.
 Nombreuses lectures publiques ou conférences de 1980 à 2017.

Commissaire d'expositions : en 1988 pour la BDP de l'Ardèche: « Eloge du papier » avec des ma- nuscrits inédits d'une trentaine d'écrivains dont Michel Butor, Charles Juliet, Bernard Noël.... , les peintres Monique Frydman et Jan Voss, les photographes William Betsch et John Batho et depuis 2000, pour le Groupe d'Art Contemporain d'Annonay: les peintres ou sculpteurs Anne Slacik, Janos Ber, Jacques Clerc, Alexandre Hollan, Christian Jaccard , Jean-Luc Meyssonnier, Fabrice Rebey- rolle, Jan Voss, les photographes Brigitte Palaggi, Jacqueline Salmon et Francis Helgorsky...

Livres (édi+ons courantes)



L’Affouillé (éd. Jacques Brémond, 1980) avec des encres de Luce Guilbaud
 Memoria de una excavacion: entretiens avec Bernard Derrieu (éd.Sculpt- Script, 1982)

La Main de Julien, récit (éd. Atelier des Grames, 1986)

L’Eau (éd. Atelier des Grames, 1989) avec des papiers d’Anik Vinay et Emile-Bernard Souchière

  • -  Mandorle (éd. Tarabuste, 1992 ) avec une peinture d’Anne Deguelle

    Le Lointain est bleu (éd. Comp’act, 1994 ) avec une adresse au lecteur de Roger Munier et des dessins de Claire Dumonteil (réédition en livre numé- rique, éd. Comp’Act, 2016)

    Vers le regard (éd. L’Art et la Manière, 1994) avec des dessins de Martine Lafon

    Terre et bleu (éd. Tarabuste, 1995) avec des dessins de Djamel Meskache
     là-bas là-bas (éd. à Demeure, 2000) avec des monotypes d’Anne Slacik 
  • -  Terre d’ombre (éd. Voix d’encre, 2001) avec une préface de Bernard Noël et des monotypes d’Anne Slacik

    La Terre cette couleur (éd. du Hanneton, 2002) avec une gravure d’Anne Slacik
     
    D’un retrait, un (éd. Atelier des Grames, 2003) avec une gravure d’Anik Vinay, bilingue français-espagnol (traduction de José Luis Reina Palazon) 
  • -  Neige, in Le Livre l’autre (éditions Atelier des Grames, 2003)

    Buée (éd. Jacques Brémond, 2003) avec des encres de Joël Frémiot

    Le Livre le livre (éd. Jean-Pierre Huguet, 2008) avec des lithos-offset de Michel Duport, sur l'espace du livre 

 

  • -  – Je serai ton silence (éd. Propos 2, 2008) avec des dessins de Jean-Gilles Badaire
     
    Faire la lumière (éd. Atelier des Grames, 2009) avec des dessins de Thémis S / V

    Un mot, mendiant (éd. Jacques Brémond, 2009) dans une mise en espace de Jacques Brémond
     
    Carnet d’A. in A port de temps (éd. Atelier des Grames, 2009) en collabora- tion avec d'autres auteurs et dans une mise à livre d’Anik Vinay

    D’un retrait, deux (éd.Atelier des Grames, 2010) avec une une gravure et mise en livre d’Anik Vinay, bilingue, français-espagnol (traduction de José Luis Reina Palazon) 
  • -  – Partir, d'où, torrent (éd. Le Cadran ligné, 2010)

    Le Pays d'en haut, avec des photographies de Jean-Luc Meyssonnier (éd. du Chassel, 2011) en collaboration livre bilingue français-anglais (traductions de Delia Morris) 
  • -  L’Envers (éd. Le Cadratin, 2011) 
  • -  Et la terre, rien (éd. Créaphis, 2014) avec des photographies de Francis Hel-
    gorsky 
  • -  Ecrire la lumière (éd. La Voix du poèmes, 2015) avec une photographie de Joëlle Jourdan 
  • -  Un printemps sans vie brûle : avec Pier Paolo Pasolini (éd. La Passe du Vent, 2015) en collaboration avec d’autres auteurs 
  • -  Ce moment seul (éd. Le Cadratin, 2016) typographie de Jean-Renaud Dagon 
  • -  Nouer (éd. Color Gang, 2018) estampes et typographie d’Yves Olry
    à paraître
    - La Vida que le falta in En el vuelo de la memoria : para Angel Campos Pampano - collectif, direction Suso Diaz (Editora Regional de Extremadura, 2018)
    - Tarrampeu in Le Livre des Fraux (éd. du Frau, 2018 ou 2019) avec des tra vaux d’Odile Fix
    - S’amuïr, suivi de Résister aux mêmes et d’un entretien avec Thierry Renard (éd. La Passe du Vent, 2018 ou 2019)
    - Un voyage poétique in Le Voyage poétique - collectif, direction d’Evelyne Lloze et Idoli Castro (éd. Hermann, 2019) > actes du colloque international Université Jean Monnet en 2017 

    

Livres d’artistes, livres singuliers

Mandorle (éd. Tarabuste, 1992 ) avec une peinture d’Anne Deguelle

Terre et bleu (éd. Tarabuste, 1995) avec des dessins de Djamel Meskache

- Trouver l’absence (Atelier Anne Slacik, 1997) avec des peintures d’Anne Slacik

La Terre cette couleur (Atelier Anne Slacik, 1997) avec des peintures d’Anne Slacik

Terreta (éd. Atelier des Grames, 1999) avec une mise en objet d’Emile-Ber- nard Souchière

Sur le sol sec de la figure (éd. Post-Rodo, 1999) avec des gravures de Ma- rine Lafon

là-bas là-bas (éd. à Demeure, 2000) avec des monotypes d’Anne Slacik

Noir lumière (Atelier Fauthoux, 2000) avec des papiers de Jean-Louis Fau- thoux

Feu dehors nuit noire (Atelier Fauthoux, 2000) avec des papiers de Jean- Louis Fauthoux

Dehors n’est pas déshabité (éd. L’Amourier, 2000) avec des gravures de Serge Plagnol

L’Odeur de brûler l’oubli (éd. Zéro l’infini, 2000) avec des peintures et pho- tographies de Joël Leick

- Moins un corps (éd. Atelier Joël Leick, 2000) avec des peintures de Joël Leick

– Le Moins que l’on puisse dire (éd. La Porte, 2002) avec un dessin de l’au- teur

Âpre aveuglement (éd. La Porte, 2002) avec un dessin de Claire Dumonteil
 La Terre cette couleur (éd. du Hanneton, 2002) avec une gravure d’Anne Slacik

Pierrier. Fleur (Atelier Anne Slacik, 2002) avec des peintures d’Anne Sla- cik-- Non sans (éd. Filigranes, 2003) avec une photographie de Jacqueline Salmon

L’Envers de l’eau (éd. Fata Morgana, 2005) avec des photographies de Jac- queline Salmon

Stèle du seul encore (éd. La Sétérée, 2005) avec des gravures de Jacques Clerc

Une prière nue, d’emblée (Éd. Atelier des Grames, 2005) avec une mise en livre et des gravures d’Anik Vinay

Rien de trop (Atelier Youl, 2006) avec des peintures de Youl

Plus bas que terre (Atelier Youl, 2006) avec des peintures de Youl

Une Page d’oubli et d’ombre (Atelier de Lavis, 2006) avec des collages de Roger Dérieux

- Vallée (éd. Atelier des Grames, 2008) avec une une gravure et mise en livre d’Anik Vinay

Basso ostinato (éd. Mains-Soleil, 2008-2009) avec des peintures de Fabrice Rebeyrolle

 

Faire la lumière (éd. Atelier des Grames, 2009) avec des dessins de Thémis S / V

Tourner la page (éd. Atelier des Grames, 2009) avec une gravure de l’au- teur

La Lumière d’un peu (éd. Livre pauvre, 2009) avec une peinture de Jean- Gilles Badaire

Un mot, mendiant (éd. Atelier des Grames, 2009) dans une mise à livre d’Anik Vinay

Rouge passé lequel (éd. Méridianes / Pierre Manuel, 2009 / 2010) avec des peintures de Martine Lafon

Noirs dans la neige (éd. Cahiers du Museur / A côté, 2010) avec une pein- ture de Fabrice Rebeyrolle

Musica callada (éd. Livre pauvre / Daniel Leuwers, 2010) avec une pein- ture de Jean-Gilles Badaire

Nuidité du feu (éd. Jean-Pierre Huguet, 2010) avec des combustions de Christian Jaccard

Sable, sable / Arena, arena (Atelier Catherine Liégeois, 2011) avec des tra- vaux de Catherine Liégeois, bilingue français-espagnol (traduction de Elisa Luengo Albuquerque)

Une Conversation (éd. Trames, 2011), avec des gravures de Gérard Truilhé

  • -  Tas (éd. La Margeride, 2011) avec des peintures de Robert Lobet 
  • -  Voyageur de l’invisible (éd. Les Arêtes, 2012) avec des peintures de Guy Ca-
    lamusa 
  • -  Respira su sombra / Respire son ombre (éd. A côté / Alain Freixe, 2012) avec une peinture de Christian Sorg 
  • -  A l’écart d’oubli (éd. La Petite Fabrique, 2012) avec Anne-Laure Héritier Blanc 
  • -  Talus (éd. La Féline, 2013) avec une estampe photographique de Jean Rigaud 
  • -  Répétition de la neige (Atelier Jacquie Barral, 2013) avec des peintures de
    Jacquie Barral 
  • -  Ouvrant la fin (éd. Gestes et Traces, 2013) avec des gravures de Gérard Serée 
  • -  Question de la lumière (éd. Rencontres, 2014) avec des peintures de Christine Valcke 
  • -  Note de fond (Atelier Catherine Liégeois, 2014) avec des gravures de Da- nielle Berthet et Jean-Paul Meiser 
  • -  Nuidité du fragment (éd SD, 2016) avec des travaux de Sylvie Deparis 
  • -  Nuidité du seul (éd. La Canopée, 2016) avec des travaux de Thierry Le Saëc 
  • -  Tset, tsvet (éd. Centrifuges , 2016) avec des peintures de Claude Viallat 
  • -  Maison, où... (éd. Méridianes, 2016) avec des peintures de José Manuel Bro-
    to 
  • -  Pessakh Antschel & Bachmann Apside (éd. Collodion, 2016) avec des pein- tures d’Anne Slacik 
  • -  Ce moment seul (éd. Le Cadratin, 2016) avec une typographie de Jean-Re- naud Dagon 
  • -  Epeler l’arbre (éd. Galerie du Bourdaric, 2017) avec des travaux de Mireille Fulpius, Isabelle Grasset (Yzo), Alexandre Hollan, Jean-Luc Meyssonnier 
  • -  Presque le ciel / El Cielo casi (éd. Atelier Carole Texier, 2017) avec des gra- vures de Carole Texier 
  • -  Coscojuela (éd. Catherine Liégeois , 2018) avec des gravures de Catherine Liégeois et des photographies de Jean-Luc Meyssonnier 
  • -  Partita (éd. Voix-Richard Meier, 2018) avec des peintures de Hélène Peytavi 
  • -  Ocell (éd. Le Livre pauvre, 2018) avec des peintures de Thierry Le Saëc 
  • -  L’Oubli ostinato (éd. Trames, 2018) avec des peintures d’Anne Slacik 
  • -  Vertige du seuil (éd. Les Yeux le mains, 2018) avec des peintures de Thierry Le Saëc 
  • -  Nouer (éd. Color Gang, 2018) avec des gravures d’Yves Olry En cours 
  • -  Nuidité du papier, avec Michel Butor (éd. Rivières, 2018) avec des peintures d’Anne Slacik 
  • -  L’Accompagnement (éditions L3V, 2018) avec des peintures de Michel Re- maud 
  • -  Tieda (éd. Livre pauvre, 2018) avec des peintures de Michel Remaud 
  • -  Llum / Lumière (éd. Les Yeux les mains, 2018) avec des peintures de Gaetano
    Persechini 
  • -  Mendiant d’un long voyage (éd. Atelier Martine Jaquemet) avec des pein- tures de Martine Jaquemet
    Certains livres font l’objet d’une édition courante et d’une édition livre d’artiste.
    Publications dans des anthologies
    - A Navata in Ah ! Que le temps vienne où les coeurs s’éprennent (éditions Comp(act / Festival de Soulac, 1986) avec des dessins de 

 

Patrick Colson et Henri Jaboulay
- Maintenant & (extrait de L’Erre et l’air) in Anthologie Voix de

la Méditerranée (éditions Clapas, 2009)
-
A l’écart d’oubli in Calendrier de la poésie francophone (éditions

Alhambra Publishing, 2008.
-
Pour Pierre Soulages (extrait de Nuidité du noir) in Anthologie Voix de

la Méditerranée (éditions La Passe du Vent, 2013)
-
Nuidités in Les Cahiers Ephémérides: poésie contemporaine,

1992-2015, une anthologie (éditions Marie Delarbre, 2015)

Traductions de l’espagnol

  • -  José Luis Jover La Nuit écrite (éd. Atelier des Grames, 2006) avec une mise à livre d’Anik Vinay 
  • -  Alfonso Alegre Heitzmann Le Chemin de l’aube (éd. Voix d’Encre, 2006) avec des dessins d’Albert Rafols-Casamada 
  • -  Miguel Casado Théorie de la couleur (éditions Propos2, 2006) 
  • -  Albert Rafols-Casamada La Voix de la peinture (éd. La Sétérée, 2008) avec
    un dessin d’ Albert Rafols-Casamada 
  • -  Alfonso Alegre Heitzmann Ombre et matière (éd. Atelier des Grames, 2010) avec une mise à livre d’Anik Vinay
    Travail avec les revues

     
    Textes et traductions dans de nombreuses revues depuis 1970,
    en France : Actuels, L’Affiche, Aires, Anima, Arpa, Banana Split, Le Bout des Bordes, Les Cahiers de la Vierge Noire, Le Cahier du Refuge, Cahiers Joë Bousquet et son temps, La Canopée, Chimères, Contre-Allées, Contrepoints, Entailles, L’Etrangère, Europe, La Fabrique, Faire Part, Friches, Héraclite, Impressions du Sud, L’Instant d’après, Jalouse Pratique, Jungle, La Main de Singe, maulpoix.net, N4728, Noire et Blanche, Notes (sur Internet), Le Nou- veau Recueil, Nunc, Passages d’Encre, Pictura Edelweiss, Poésie 92, 94 & 95, Propos de Campagne, Recueil, remue.net, Résonance, Scherzo, Sotto Voce, Sous Aucun Prétexte, Terriers, Textuerre, Thauma, Triages, Tribu , Voix d’encre et en Belgique , L'Arbre à paroles, Filigranes, Le Journal des Poètes, Revue et Corrigée, Terre à Ciel (sur Internet), Vérités, La Vigie des Minuits Polaires 

     

en Espagne : Alora, Cuadernos de Filologia Francesa, Espacio/Espaço Escri- to, , La Ortiga, Paradiso, Rosa Cubica, El Signo del Gorrion, Syntaxis., Zur- gaï... Prochainement : Sibila

en Italie : Offerta Speciale en Macédoine : Diversity

Co-direction de numéros spéciaux de revues (papier ou sur Internet) de- puis 1980

en France (Faire Part, Hippocampe, Nunc, Terriers) et en Espagne (Rosa Cu- bica) autour de Joë Bousquet, Martine Broda, Paul Celan, Jacques Dupin, Li- liane Giraudon, Jean-Marie Gleize, Philippe Jaccottet, Gil Jouanard, Charles Juliet, Hubert Lucot, Jean-Michel Maulpoix, Henri Meschonnic, Thierry Metz, Bernard Noël, Jean Paulhan, Pierre Reverdy, Caroline Sagot Duvau- roux, José Angel Valente... et sur la Grotte Chauvet.

jgc, août 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRADES

Daniel GUERRIER 

 

HISTOIRE. Les conférences de l’Alec reprennent du service samedi avec Daniel Guerrier et l’Algérie. «Aurait-on pu éviter la guerre ? »

     

e conférencier céré- Guerrier développera son puis rencontré Mohammed tan d’origine pari- propos à partir d’une vaste Harbi, ancien dirigeant du sienne Daniel Guer- question : « Dans les coulis- FLN (Front de libération rier, est connu dans ses de la lutte pour l’indé- nationale), exilé en France

les milieux littéraires pour son esprit fin, mais aussi li- bertaire et pour sa fidélité à ses idéaux et à son engage- ment dans les luttes antico- lonialistes.

Algérie 1954-1965 Dans sa préface au recueil d’analyses critiques de Da- niel Guérin – son ami auteur – qu’il a lui-même réunies et choisies dans un essai inti- tulé Algérie 1954-1965, Da- niel Guerrier se décrit lui- même à travers un parcours digne d’un roman d’aventu- res. C’est ce même Daniel qui sera présent, samedi 13 octobre à 17 h 30 salle du Pessebre, pour entamer le cycle de conférences-dé- bats de l’Alec (Amis de la laïcité en Conflent) en évo- quant un pays qu’il connaît sur le bout de ses semelles, l’Algérie, lui qui a vécu de près ce qui, dans ce pays du Maghreb, touchait à la guerre et surtout à la déco- lonisation.

Anticolonialiste Mettant ses pas dans ceux de son ami historien, Daniel

pendance de l’Algérie, au- rait-on pu éviter la guerre?»«Jemesuissou- vent, et parfois bien malgré moi, retrouvé au cœur d’événements qui ont mar- qué la période de décoloni- sation un peu partout dans le monde, et en particulier en Algérie, explique-t-il. Du- rant une dizaine d’années, j’ai été officier au long cours dans la marine mar- chande et j’ai découvert au plus près la condition, ef- froyable, de populations soumises à l’injustice et à la tyrannie du fait colo- nial... Et puis, en 1970, j’ai fait la connaissance de Da- niel (Guérin), militant an- ticolonialiste pur et dur, qui va déboucher sur un com- pagnonnage dans le soutien aux mouvements de libéra- tion nationaux, jusqu’au décès de Daniel, en 1988. J’ai pu également côtoyer d’autres anticolonialistes convaincus tels que Robert Chéramy, Yves Dechézelles, Robert Jaussaud ou encore Georges Fontenis et j’ai re- trouvé plus tard certains de mes camarades de lutte

à partir de 1973, après son évasion d’Algérie. »

 

Mais Daniel Guerrier, c’est aussi l’homme qui a été le conseiller du président Ben Bella pour le projet autoges- tionnaire puis le témoin de « l’enlisement de cette belle promesse », souligne-t-il, amer. C’est aussi lui qui dé- nonce dès le départ le coup d’État du colonel Boumé- diène et la caporalisation de la nouvelle Algérie en 1965. Dans son intervention de sa- medi, il aura donc à cœur de faire apparaître « la mé- canique complexe du pro- cessus de libération », au travers d’un ensemble d’ana- lyses permettant de mieux comprendre le déroulé des événements aboutissant aux accords d’Évian, à l’in- dépendance de l’Algérie et au coup d’État de Houari Boumédiène. « Tout celà, re- lève-t-il encore, au prix de bien trop de vies humaines, de violences, de massacres, et de trahisons. »

V. Pons © L'Indépendant

Serge BARBA

CONFÉRENCES
L’exode des trésors artistiques de

l’Espagne

Nombreux sont ceux qui savent aujourd’hui que des milliers de Républicains espagnols sont venus en février 1939 trouver refuge en France. Mais, ce que beaucoup ignorent, c’est que parmi les milliers de réfugiés des dizaines de camions traversaient aussi la frontière avec comme chargement des chefs-d’œuvre du musée du Prado et d’ailleurs que le gouvernement de la République espagnole voulait à tout prix préserver.

À l’invitation de l’Association des membres dans l’ordre des palmes académiques, Serge Barba, professeur honoraire d’espagnol, grand spécialiste de la Retirada et de la Maternité d’Elne où il naquit, contera cette extraordinaire épopée le vendredi 12 octobre à 15 h au lycée Léon Blum Moulin à Vent.

- - -

 

Sam.

13

Oct. 18

Improvisation Théâtrale

Centro Espagnol de Perpignan - Perpignan

Marquer comme favori (connexion)

THÉÂTRE

20h30

5,00 €

Imaginez que vous pouvez attribuer à chaque comédien un personnage, un caractère et une phrase qui sera la première qu'il devra prononcer lors de son entrée en scène. Ajoutez le choix du lieu ou se déroule l'action et vous aurez tous les ingrédients pour que les comédiens de l'Atipic improvisent une mini pièce de théâtre en suivant vos indications.
Jubilatoire pour le public, acrobatique pour les improvisateurs, ce type de spectacle se démarque, par son format qui le rapproche davantage encore du théâtre conventionnel, des spectacles habituels d'impro.
Un spectacle où tout le monde s'amuse et participe

 

Vendredi 12 octobre :

Conférence: "Qu'entend-on par Rumba Catalane ?"

Médiathèque André Malraux Béziers - Béziers

 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 10:02
Joseph FALIEU (photos de J.P.Bonnel) - Censure au palais des Congrès et parc des expositions de Perpignan - Visite du moulin de Collioure ce dimanche 17 juin 2018
Joseph FALIEU (photos de J.P.Bonnel) - Censure au palais des Congrès et parc des expositions de Perpignan - Visite du moulin de Collioure ce dimanche 17 juin 2018
Joseph FALIEU (photos de J.P.Bonnel) - Censure au palais des Congrès et parc des expositions de Perpignan - Visite du moulin de Collioure ce dimanche 17 juin 2018
Joseph FALIEU (photos de J.P.Bonnel) - Censure au palais des Congrès et parc des expositions de Perpignan - Visite du moulin de Collioure ce dimanche 17 juin 2018

Joseph FALIEU (photos de J.P.Bonnel) - Censure au palais des Congrès et parc des expositions de Perpignan - Visite du moulin de Collioure ce dimanche 17 juin 2018

Joseph FALIEU (photos de J.P.Bonnel) - Censure au palais des Congrès et parc des expositions de Perpignan - Visite du moulin de Collioure ce dimanche 17 juin 2018

 

 

 

*** Jo Falieu, ancien prof de philo à Prades, communautaire en Conflent (voir son témoignage dans mon livre (avecPaul Gérard) sir les Communautés libertaires (Trabucaire éditeur), est aussi poète : il a publié plusieurs recueils, dont un sur Rimbaud.

 

Son dernier, il l'a présenté à Saint-Estève, grâce à l'association des "Rendez-vous des Bassou", salle Boléro.

 

Voici un de ses textes.

 

jours de mai

 

                            Cinquante berges camarade

Que reste -t-il de ces jours de “chienlit” 

où gueulaient les pavés?

Où le sang de Paris

tourbillonnait dehors

                 dans les dédales altiers des immeubles cossus?

 

Où tu courais à perdre haleine

peur au ventre      et bâillon sur les lèvres?

Un idéal confus de ces rêves hallucines

où se faisait l'amour parmi les jets de pierres

les visages durcis par les gaz lacrymo

la cuirasse luisante des carapaces noires aux boucliers tendus

y creusait un délire

 

   un empire déchu qui s’écroulait enfin avec des cris d’enfants

ses slogans sur les murs 

comme une onde-imagine

la morale à papa s’écroulait sans frémir    

    la fin d’un monde vieux , racorni, usé dans ses artères

terriblement miteux

transi dans ses pantoufles sales

qui n’en finissait pas de crever ses abcès

comme un vieux général

 

  En un temps où le monde éructait ses Viet Nam

  où Prague s’immolait au feu de Ian Pallach

où le sexe érigeait ses fanions de détresse

et exigeait son droit à la beauté

où l’enfant bondissait dans les cœurs des ados

      et vivait ses prophètes

 

hachurant sur les murs leur trop plein de colère

la haine du Bourgeois

                 la haine d’un vieux monde que fuient les camarades

    ces nouveaux combattants d’une belle utopie

où l’imagination fleurit sur les murs-palissades 

où se faisait la vie     dehors     dans les manifs

 

 

 

où les amphis vibraient comme des ruches

 

    où l’ Odéon ouvrait ses portes aux poètes à venir

     où la Sorbone enfin laissait battre les cœurs

    lâchait la bride aux enragés 

  sur un air de pagaille       

aux mots d’ordre vengeurs :

 

“ sous les pavésla plage”

“l’imagination au pouvoir ”

    “ il est  interdit d’interdire”

“jouissez sans entraves”

“cours camarade, le vieux monde est derrière toi”

disaient  ces murs crachant d’espoir 

pour un monde orphelin

 

“le désordre c’est l’ordre moins le pouvoir”

disait aussi Ferré

                l’anarchie y vibrait sur fond de vague brune

aux costumes de guerre

la liberté jaillit comme une farandole

comme un volcan  nouveau aux portes de la vie

    Tu en sortais grandi par tant de magnitude

haletant sous l’effet d’une vague d’assaut

 

vibrant comme une mer dans la joie solidaire

des grands jours de manifs

aux accents magnifiques

  aux discours de potaches érigés en drapeaux

  flottant comme des flammes au vent de l’anarchie

        vivant l’instant à perdre haleine

   écrivant sur les murs          

tout un trop plein d’amour

                      à la gueule de bois des passants ordinaires

            Toi qu’on a tant chéri            68          68     

              Toi que j’ai tant aimé 

    jusqu’à faire ma vie 

sur tes bouts de chandelles !

Pour commander son livre : 09 53 09 32 97 - 04 68 88 42 36

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:51
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3
Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL -  Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3

Musiques à Barcelona - Michel PAGNOUX à OPOUL - Printemps des Poètes à Ille - La mémoire poétique au musée de l'EXIL - Delteil et Soulages - Delteil à FR3

 

*Printemps des poètes à Ille : vendredi 2 mars, 18h...jusqu'à fin mars. Contact : 04 68 84 73 12. (voir affiche)

 

- - -

                                                                                      *** MICHEL PAGNOUX

 

  C'est ce vendredi 2 mars à partir de 18h.30 qu'aura lieu le vernissage de mon expo "OPOUL C'EST COOL!"

 

                                                                           au café-restaurant LE LÉZARD à Opoul en hommage à ce village qui m'accueille depuis maintenant 50 ans.

 

                                                                                                                                         WELCOME TO THE SHOW !

 

- - -

 

BARCELONA : musiques de l'Antiquité

 

 

 

VISITA COMENTADA

 

 

 

 

 

EXPLORA LA IMPORTANCIA DE LA MÚSICA EN LA ANTIGUEDAD

 

 

 

 

 

Hola  ¿quieres conocer todos los detalles e historias que se

ocultan en la exposición Músicas

en la antigüedad?

 

Este fin de semana reforzamos la oferta de visitas comentadas,

con seis sesiones diarias, para

que elijas tu hora ideal. Aventúrate en un viaje por más de 370 piezas arqueológicas de la

colección del Musée du Louvre que relatan el papel fundamental

de la música en las

civilizaciones mesopotámica, egipcia, griega y romana.

 

Sábado 3 y domingo 4 de febrero, a las 11, 12, 13, 17, 18 y 19 h

 

 

3 EUROS

50% DESCUENTO CLIENTES CAIXABANK

 

 

- - -

* MUSEE DE L'EXIL :

 

Ens complau de fer-vos arribar informació de l’espectacle de petit format que presenta el MUME i que tindrà lloc als Porxos de Can Laporta (La Jonquera) el properdissabte 3 de març a les 18h.

 

La memòria poètica. Un recorregut poètic per les literatures de l’exili

Poesia, novel·la, contes, cartes, memòries, testimonis d’unes experiència.

Un espectacle de petit format per reviure amb emoció la nostra història recent

 

Tria literària: Sam Abrams

Posada en escena: Rosa Vilanova

Il·lustracions i muntatge visual: Pere Ginard

Amb textos de Joaquim Amat-Piniella, Clementina Arderiu, Agustí Bartra, Artur Bladé Desumvila, Anna Murià, Joan Oliver/Pere Quart, Josep Palau i Fabre, MercèRodoreda, Carles Riba, Antoni Rovira i Virgili, Joan Sales i Manuel Valldeperes.

Aquesta proposta escènica és una producció dels Museus de Sant Cugat (Sant Cugat del Vallès) en el marc del programa "Lletres entre les Pedres".

 

Espectacle gratuït.  Places limitades (reservar al 972 556 533).

Lloc: Porxos de Can Laporta (Edifici Can Laporta, c/ Major, 4  La Jonquera - Entrada lateral als Porxos: c/ Vell, darrera Centre Atenció Primària)

 

C / Major, 43-47

17700 La Jonquera

Girona (Catalunya)

Espanya

T. 972556533

F. 972556534

www.museuexili.cat

http://www.facebook.coom/museuexili

http://www.instagram.com/museuexili

Twitter: @museuexili

 

2 minutes et demie pour JOSEPH DELTEIL
sur FRANCE 3 MONTPELLIER

 

Pour voir la vidéo du 6 février 2018, cliquer ci-dessus

Les journalistes de FRANCE 3 Montpellier ont rendu compte de l’action de notre comité de sauvegarde «UN NOUVEAU SOUFFLE POUR DELTEIL» 

Restons mobilisés pour sauver la Maison du poète Joseph DELTEIL à Grabels

Un lieu de patrimoine et de mémoire à préserver

Signons

et faisons signer

pour atteindre l’objectif des

10 000 signatures!

Pour signer la pétition, cliquer sur le lien suivant : http://chn.ge/2De0Am4

ou aller sur le site de change.org en indiquant : « Sauvons la Maison de Joseph DELTEIL »

La Gazette de Montpellier 31 janvier 2018

 

Restons mobilisés pour sauver la Maison de Joseph DELTEIL
En cette année 2018, le comité « UN NOUVEAU SOUFFLE POUR DELTEIL » créé en mars 2017 reste mobilisé pour réclamer la protection et la sauvegarde de la Tuilerie de Massane, en vue d’y créer une Maison de l’écrivain et un centre culturel dédié à la poésie, à la littérature et aux arts.
Notre comité a obtenu le soutien de :  Pierre SOULAGES, Madeleine ATTAL, Christian LACROIX, Vénus KHOURY-GHATA, Catherine FROT, Françoise BOB TER SCHIPHORST, Jean-Claude DROUOT, Jacques LAURENS, Jean-Baptiste HUGO, Michel ONFRAY, Salah STETIE et Fabrice LUCHINI…
A ce jour, notre pétition en ligne, lancée le 25 septembre 2017 pour sauver ce lieu de mémoire et de patrimoine en danger, a obtenu plus de 8000 signatures :
Pour augmenter le nombre de soutiens, continuons à signer et à faire signer en transmettant cette pétition à nos contacts !
 
Pour signer, cliquer directement sur le lien suivant : http://chn.ge/2De0Am4
ou aller sur le site de change.org  en indiquant : Sauvons la maison du poète DELTEIL

« L'homme est une flèche aux trousses d'un rêve. »

 

Joseph DELTEIL

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 10:27
Temps des fleurs à Gérone et Banyuls - Temps de la poésie : Joan Brossa (Pere Figueres, Christina Giner) et Caravane méditerranéenne à la maison de la Catalanité, le 22 juin 2017
Temps des fleurs à Gérone et Banyuls - Temps de la poésie : Joan Brossa (Pere Figueres, Christina Giner) et Caravane méditerranéenne à la maison de la Catalanité, le 22 juin 2017

***LA FÊTE DES FLEURS DE GÉRONE, LE FESTIVAL LE PLUS COLORÉ DE CATALOGNE

 

Gérone présente du 13 au 21 mai la 62e édition du festival Temps de Flors. Un événement incontournable qui accueille chaque année plus de 250.000 visiteurs. 

Du 13 au 21 mai, le « Temps des Fleurs » s’installe à Gérone. Cet événement enchanteur consiste à couvrir la ville de fleurs durant plusieurs jours. Des monuments aux patios en passant par des jardins, des lieux variés participent à ce festival. Il permet de mettre en valeur les lieux historiques de la ville, comme le pont de Sant Agustí ou le refuge anti-aérien du jardin de la Infancia. Cette année, l’itinéraire comptera plus de 150 points à découvrir.

 

En parallèle des décors fleuris se tiennent de nombreuses animations. Les visiteurs pourront profiter de concerts, d’ateliers, mais aussi de visites guidées de la ville et de spectacles nocturnes.

 

Infos pratiques – Fête des Fleurs Gérone

Temps des Fleurs – Programme complet et site officiel ici

Dates : Du 13 au 21 mai 2017

Horaires d’ouverture des espaces fleuris : De 10h à 22h – Les 11 et 14 mai de 10h à 0h

Prix : Entrée libre

Transport depuis Barcelone : Train direct Renfe, -35% de réduction pendant le festival pour un billet aller-retour à destination de Gérone. Tous les détails pour en bénéficier ici.

Transport depuis la France : TGV depuis Perpignan, Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Béziers, Agde, Sète, Montpellier, Nîmes, Lyon, Paris et autres villes de France avec Renfe-SNCF en Cooperación. Promos en cliquant ici

 Par Leslie Singla le 9 mai, 2017 SORTIR A BARCELONE

 

***Chemins dans la poésie visuelle de Joan Brossa, lectures de Christina Giner et Pere Figueres (médiathèque de Perpignan, ce samedi après-midi, entrée libre)

 

conférence de Marc Audi

La poésie visuelle de Joan Brossa vit une situation paradoxale. Si une centaine de poèmes visuels, publiés à partir des années 1970, sont célèbres dans les cercles de la poésie expérimentale, reproduits et réédités, ceux-ci ne sont que la partie émergée d’un ensemble beaucoup plus foisonnant. Inédit, constitué de plus de mille poèmes visuels restés au stade d’originaux, conservés au Museu d’Art Contemporani de Barcelona, le regard que l’on peut porter sur ce Brossa, rarement exposé, nous aide à comprendre ses intentions et ses transformations au cours des décennies.

Marc Audí est Maître de Conférences à l’Université Bordeaux Montaigne. Il a consacré son doctorat et de nombreux articles à la poésie visuelle de Joan Brossa, et tout particulièrement aux inédits. Il a traduit en français une partie de son théâtre, et deux livres de poésie, El poeta presenta quinze pantomimes et Sumari astral i Altres poemes. Il a également co-édité en 2011 Els etcèteres, premier livre de poésie visuelle inédite à être édité après la mort du poète, au Centre international de poésie de Marseille.

 

Entrée libre, en présence de la Llibreria catalana.

 

 

 

Al peu de l'escala, Au pied de l'échelle, lecture de poésies de Joan Brossa par Pere Figueres et Cristina Giner

« Pere Figueres et Cristina Giner travaillent de longue date cette langue -leur langue maternelle- hospitalière aux souvenirs et aux rêves, à la réflexion et à l'action, et qui régale leurs lèvres et nos oreilles. Pere Figueres et Cristina Giner, orfèvres et passeurs de bijoux d'autres orfèvres. C'est le cas avec leur hommage à Joan Brossa (1919-1998), avant-gardiste barcelonais, poète, dramaturge et plasticien, ami du peintre Tàpies (1923-2012) et du compositeur Mestres Quadreny (1929). Un hommage en forme d'action/ performance d'une quinzaine de minutes –un choix de textes et un des objets de sa poésie visuelle est reproduit pour cette lecture-. Il fit l'objet d'une création unanimement appréciée en août 2012 dans l'une des salles du Musée d'Art Moderne, à Céret. Un spectacle visuel, verbal et poétique, sans esbroufe et sans ésotérisme. Tout en délicatesse. Tout en chaleur, où les images sont dadaïstes et cordiales, où les mots sont des amis sûrs, cachottiers mais sûrs. Fidélité à une expression exigeante, élevée, indifférente aux traîne-savates d'un haut débit commercial et aux "roucouleurs" de nostalgies tous terrains... Qui a le bonheur d'être touché par la grâce de cette langue, s'empare aussitôt de ses luxes dans le registre de la gravité comme dans celui de la fantaisie. Un joyau, incontestablement et ce n'est point-là de la réclame à l'ancienne mode. Pere Figueres et Cristina Giner, un couple en or, au service de la conscience dans l'art. » 

Jaume Queralt

Entrée libre.

- - -

POESIE à la MACA (dans le patio) :

Poésie méditerranéenne à la Maison de la Catalanité organisée par Pierre-Paul Haubrich le 22 juin 2017 - Soirée dédiée à la poésie et à la mare nostrum...

J'y participerai  - JPB

 

Contact : 

<rivmed@caravanecatalane.eu>

 

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:47
Nelson Mandela - Illustrations fantastiques à Banyuls, exposition esplanade Albert Sagols.
Nelson Mandela - Illustrations fantastiques à Banyuls, exposition esplanade Albert Sagols.

Nelson Mandela - Illustrations fantastiques à Banyuls, exposition esplanade Albert Sagols.

Textes pour la paix, la solidarité...proposés par le poète Jean IGLESIS

* Une façon de refuser la candidate de la haine, du mensonge, de la rumeur, de la xénophobie...

 

* L'estaca (Lluís Llach – 1968)

I
L'avi Siset em parlava
De bon matí al portal,
Mentres el sol esperàvem
I els carros vèiem passar.
Siset, que no veus l'estaca
A on estem tots lligats ?
Si no podem desfer-nos-en
Mai no podrem caminar !
Refrany :
Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar !
Segur que tomba, tomba, tomba !
Ben corcada deu ser ja !
Si tu l'estires fort per aquí
I jo l'estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem alliberar.

II
Però, Siset, fa molt temps ja…
Les mans se'm van escorxant,
I quan la força se me'n va
Ella és més ampla i més gran.
Ben cert sé que està podrida
Però és que, Siset, costa tant
Que a cops la força m'oblida.
Torna'm a dir el teu cant.

 

Refrany….

III
L'avi Siset ja no diu res,
Mal vent que se l'emportà,
Ell qui sap cap a quin indret
I jo a sota el portal.
I mentre passen els nous vailets
Estiro el coll per cantar
El darrer cant d'en Siset,
El darrer que em va ensenyar

Refrany….


Le pieu (Traduction)

I
Grand-père Siset m’en parlait
De bon matin sous le porche
Tandis que nous attendions le soleil
Tout en regardant passer les charriots.
Siset, ne vois-tu pas le pieu
Auquel nous sommes tous attachés?
Si nous ne pouvons nous en défaire
Jamais nous ne pourrons avancer…

 

Refrain :
Si nous tirons tous, il tombera.
Cela ne peut durer longtemps.
C'est sûr qu'il tombera, tombera, tombera…
Il doit être déjà bien vermoulu.
Si tu le tires fort de ton côté
Et si je le tire aussi fort du mien
C'est sûr qu'il tombera, tombera, tombera
Et nous pourrons nous en libérer.

 

II
Mais Siset, cela fait déjà pas mal de temps…

Mes mains s’écorchent chaque jour davantage
Et tandis que la force m’abandonne,

Ce pieu devient aussi grand que fort.

Je sais bien qu’il est pourri

Mais Siset, c’est de moins en moins supportable
Que parfois les forces me manquent…
Oh…redis-moi ta chanson.

 

Refrain…

 

III
Grand-père Siset ne dit maintenant plus rien
Un mauvais vent l'a emporté
Lui seul qui sait vers quel lieu
Et moi planté sous le porche.
Et tandis que défilent les nouveaux esclaves,
Je relève la tête pour chanter
Le dernier chant de Siset
Le dernier qu'il m'a appris…

Refrain…

 

Notes personnelles sur la chanson « L’estaca » (1968) de Lluís Llach par Jean Iglesis

 

A mon humble avis, il convient:

- de situer Lluís Llach dans le  mouvement musical, social, identitaire et revendicatif "La nova cançó" (apparu au Principat à l’aube des années 60)  et plus particulièrement dans le groupe des "Setze jutges" (*)

 

- de situer "L'estaca" dans la période de la dictature franquiste : la chanson a été créée en 1968; Franco est mort le 20 novembre 1975... Jusqu'à cette date, "L'estaca" a été interdite en Espagne, ainsi que "La santa espina" et pis encore "Els segadors".

 

C'est dire que  "L'estaca" est une chanson qui était, de par ses qualités poétiques, évocatrices et revendicatives, appelée à s'inscrire entre les chants de résistance les plus ardents, courageux et prosélytes, tout en restant les plus sibyllins et des plus sujets à sous-entendus  et à équivoques, dans son propos... 

A l'instar de "la Gallineta" : de manière dissimulée,  à mots couverts, dans l’ombre évidente d’un texte parabolique, le franquisme – mânes errant sans fin dans les corridors du purgatoire, monstre de haine et d’intolérance sévissant encore, bien après la mort de Franco (1975), est exhumé dénoncé, voire lapidé....Il conviendrait de rapprocher "L'estaca"  des chansons plus tardives de Llach : "No és això, companys…" et  "Venim del Nord, venim del Sud...", aux textes aussi revendicatifs dans leur libellé.

 

- d'observer la datation et le processus ternaire de chacune des trois strophes de "L'estaca" : le matin, le midi et le soir - l'enfance, l'âge adulte, l'âge de la sagesse  - la découverte du système fasciste, le sentiment de révolte et d'impuissance mêlées, l'acceptation et la résignation - Siset s'insurgeant, Siset résigné, Siset disparu...  et tout cela dans la contemplation cyclique du système franquiste, dans lequel chacun est appelé à crier, à vivre et enfin à disparaître...

 

- de relever les termes ambigus qu'emploie Lluís LLach : aussi bien  qu'il dénonce et fustige, de façon pamphlétaire, le régime de Franco, les mots - pour autant qu'ils apparaissent comme des plus simples et des plus évocateurs - n'ont pas un sens – un seul-, sinon un double, voire un triple sens...

 

Laissons-nous guider par la symbolique ponctuelle des mots, par  leur signification contextuelle et parfois latérale, mais, plus encore, dans un espace de communication et de communion moins logique que sonore, par leur représentation et leur affirmation subliminale, évocatrice, évidente…

 

Laissons les mots se traduire, au risque de se trahir :

-"portal" peut évoquer la porte d'entrée d'une ville, d'une ferme ou d'une prison

- "el sol" : la lumière, la vérité, la liberté

- "els carros" : les charrettes des paysans, les tanks de l'armée franquiste

- l'estaca : pieu de bois ou entrave aux libertés et au devenir

- "l'estaca" : pieu de bois en état vermoulu, putrescent, ou système social et politique corrompu et déliquescent...

- "vailets" : pages, écuyers, serviteurs, mais encore jeunes hommes et femmes, à savoir nouvelles générations

- estiro el coll" per cantar" : peut-être au travers de grilles de la prison? peut-être une allusion au garrot, par lesquels le franquisme exécutait les Républicains, opposants au fascisme espagnol?

 

 

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Invictus  - poème de William Ernest Henley (1843-1903) 

 Lu, dit et redit- durant sa captivité-, et ce avec une force incroyable et inouïe de résistance, de foi et de dépassement de soi, ce texte -choisi en son coeur - a permis  à Nelson Mandela  (le prisonnier politique le plus tristement illustre dans l'histoire contemporaine) de survivre et d'exister, au long et au terme de près de vingt-sept ans d'enfermement carcéral, de tentatives de discrédit et d'homicide social,d'humiliations infamantes et d'isolement social et humain . (*)

 

 

 

Invictus

(Texte original de 1931)

 

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of fate
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

 

Traduction en français

 

Dans les ténèbres qui m’enserrent,

Noires comme un puits où l’on se noie,

Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,

Pour mon âme invincible et fière,

 

Dans de cruelles circonstances,

Je n’ai ni gémi ni pleuré,

Meurtri par cette existence,

Je suis debout bien que blessé,

 

En ce lieu de colère et de pleurs,

Se profile l’ombre de la mort,

Et je ne sais ce que me réserve le sort,

Mais je suis et je resterai sans peur,

 

Aussi étroit soit le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes,

Je suis le maître de mon destin,

Je suis le capitaine de mon âme

 

William Ernest Henley (1843-1903

 

(*) Nelson Rolihlahla Mandela (prononcé en xhosa [ xoˈliːɬaɬa manˈdeːla]), dont le nom du clan tribal est « Madiba », né le 18 juillet 1918 à Mvezo (province du Cap) et mort le 5 décembre 2013 à Johannesburg (Gauteng), est un homme d'État sud-africain ; il a été l'un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique institutionnel de ségrégation raciale (apartheid) avant de devenir président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non ségrégationnistes de l'histoire du pays.

Nelson Mandela entre au Congrès national africain (ANC) en 19434, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non-violente contre les lois de l'Apartheid, mises en place par le gouvernement du Parti national à partir de 1948. L'ANC est interdit en 1960, et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires. Le 5 août 1962, il est arrêté par la police sud-africaine sur indication de la CIA, puis est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité lors du procès de Rivonia. Dès lors, il devient un symbole de la lutte pour l'égalité raciale et bénéficie d'un soutien international croissant.

Après vingt-sept années d'emprisonnement dans des conditions souvent très dures, et après avoir refusé d'être libéré pour rester en cohérence avec ses convictions, Mandela est relâché le 11 février 1990. S'inspirant alors de la pensée ubuntu dans laquelle il a été élevé, il soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour avoir conjointement et pacifiquement mis fin au régime de l'apartheid et jeté les bases d'une nouvelle Afrique du Sud démocratiqueN 1.

Après une transition difficile où de Klerk et lui évitent une guerre civile entre les partisans de l'apartheid, ceux de l'ANC et ceux de l'Inkhata à dominante zoulou, Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud en 1994. Il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs ; il lutte contre les inégalités économiques, mais néglige le combat contre le sida, en pleine expansion en Afrique du Sud. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active, mais continue à soutenir publiquement le Congrès national africain tout en condamnant ses dérives.

Impliqué par la suite dans plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ou le sida, élevé au rang de patrimoine commun de l'humanité5, il demeure une personnalité mondialement reconnue en faveur de la défense des droits de l'homme. Il est salué comme le père d'une Afrique du Sud multiraciale et pleinement démocratique, qualifiée de « nation arc-en-ciel », même si le pays reste confronté à de graves problèmes d'inégalités économiques, de tensions sociales et de replis communautaires.

 

Voir par ailleurs le film de Clint Eastwood : "INvictus" - 2009 - avec Morgan Freeman et Matt Damon

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Plus qu'un texte littéraire, voici un appel à la paix, à l'équité, à la solidarité, à la fraternité... un poème résolument humain, tissé d'espoir, né dans une douleur que Rudyard Kipling transcende (il vient de perdre son fils!...),renforcé de témoignages humains et universels, enfin élevé dans la triple alchimie de l'humilité d'écrire, de la conscience de témoigner et de la volonté d'imaginer, voire  de rêver - et ce par-delà la réalité... J.I"Tu seras un homme, mon fils." : le poème d'un instant éternel, né de la souffrance et du talent de Rudyard Kipling...

Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie 
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, 
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties 
Sans un geste et sans un soupir ; 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, 
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, 
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, 
Pourtant lutter et te défendre ; 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles 
Travesties par des gueux pour exciter des sots, 
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles 
Sans mentir toi-même d’un mot ; 

Si tu peux rester digne en étant populaire, 
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, 
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, 
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ; 

Si tu sais méditer, observer et connaître, 
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, 
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 
Penser sans n’être qu’un penseur ; 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 
Si tu peux être brave et jamais imprudent, 
Si tu sais être bon, si tu sais être sage, 
Sans être moral ni pédant ; 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, 
Si tu peux conserver ton courage et ta tête 
Quand tous les autres les perdront, 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 
Seront à tout jamais tes esclaves soumis, 
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire 
Tu seras un homme, mon fils.

 

EN COMPLÉMENT :

LE POÈME ORIGINAL EN ANGLAIS

If you can keep your head when all about you 
Are losing theirs and blaming it on you, 
If you can trust yourself when all men doubt you. 
But make allowance for their doubting too; 
If you can wait and not be tired by waiting. 
Or being lied about, don’t deal in lies, 
Or being hated, don’t give way to hating, 
And yet don’t look too good, nor talk too wise: 

If you can dream —and not make dreams your master 
If you can think —and not make thoughts your aim 
If you can meet Triumph and Disaster 
And treat those two impostors just the same; 
If you can bear to hear the truth you’ve spoken 
Twisted by knaves to make a trap for fools. 
Or watch the things you gave your life to broken, 
And stoop and build’em up with worn-out tools: 

If you can make one heap of all your winnings 
And risk it on one turn of pitch-and-toss, 
And lose, and start again at your beginnings 
And never breathe a word about your loss; 
If you can force your heart and nerve and sinew 
To serve your turn long after they are gone, 
And so hold on when there is nothing in you 
Except the Will which says to them: “Hold on!” 

If you can talk with crowds and keep your virtue, 
Or walk with Kings —nor lose the common touch, 
If neither foes nor loving friends can hurt you, 
If all men count with you, but none too much; 
If you can fill the unforgiving minute, 
With sixty seconds’ worth of distance run. 
Yours is the Earth and everything that’s in it, 
And —which is more— you’ll be a Man, my son!

TRADUCTION PAR JULES CASTIER (1949)

Cette traduction s’approche du texte initial, sans être littérale puisqu’elle est en vers. À la différence de Jules Castier, André Maurois a réécrit et réinterprété le poème en fonction de la culture et de la sensibilité française, ce qui lui donne cet élan si particulier.

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route, 
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ; 
Si tu gardes confiance alors que chacun doute, 
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ; 
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine : 
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens, 
Ou si, étant haï, tu ignores la haine, 
Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ; 

Si tu rêves, — sans faire des rêves ton pilastre ; 
Si tu penses, — sans faire de penser toute leçon ; 
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre, 
Et traiter ces trompeurs de la même façon ; 
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes 
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots, 
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes, 
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ; 

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes 
Et le risquer à pile ou face, — en un seul coup — 
Et perdre — et repartir comme à tes débuts mêmes, 
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ; 
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret 
À servir à tes fins malgré leur abandon, 
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt, 
Hormis la Volonté qui ordonne : “Tiens bon !” 

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre, 
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ; 
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ; 
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ; 
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable 
De soixante secondes de chemins accomplis, 
À toi sera la Terre et son bien délectable, 
Et, — bien mieux — tu seras un Homme, mon fils.

AUTRE TRADUCTION PAR GERMAINE BERNARD-CHERCHEVSKY (1942)

Cette traduction est la plus respectueuse du texte original, elle est en alexandrin sans rime, mais n’arrive pas à transcrire son entrain. Pourtant, le poème prend autant aux tripes l’Anglais lisant le poème original que le Français lisant la version d’André Maurois ; la traduction est un art bien difficile.

Si tu restes ton maître alors qu’autour de toi 
Nul n’est resté le sien, et que chacun t’accuse ; 
Si tu peux te fier à toi quand tous en doutent, 
En faisant cependant sa part juste à leur doute ; 
Si tu sais patienter sans lasser ta patience, 
Si, sachant qu’on te ment, tu sais ne pas mentir ; 
Ou, sachant qu’on te hait, tu sais ne pas haïr, 
Sans avoir l’air trop bon ou paraître trop sage ; 

Si tu aimes rêver sans t’asservir au rêve ; 
Si, aimant la pensée, tu n’en fais pas ton but, 
Si tu peux affronter, et triomphe, et désastre, 
Et traiter en égaux ces deux traîtres égaux ; 
Si tu peux endurer de voir la vérité 
Que tu as proclamée, masquée et déformée 
Par les plus bas valets en pièges pour les sots, 
Si voyant s’écrouler l’œuvre qui fut ta vie, 
Tu peux la rebâtir de tes outils usés ; 

Si tu peux rassembler tout ce que tu conquis 
Mettre ce tout en jeu sur un seul coup de dés, 
Perdre et recommencer du point d’où tu partis 
Sans jamais dire un mot de ce qui fut perdu ; 
Si tu peux obliger ton cœur, tes nerfs, ta moelle 
À te servir encore quand ils ont cessé d’être, 
Si tu restes debout quand tout s’écroule en toi 
Sauf une volonté qui sait survivre à tout ; 

Si t’adressant aux foules tu gardes ta vertu ; 
Si, fréquentant les Rois, tu sais rester toi-même, 
Si ton plus cher ami, si ton pire ennemi 
Sont tous deux impuissants à te blesser au cœur, 
Si tout homme avec toi compte sans trop compter ; 
Si tu sais mettre en la minute inexorable 
Exactement pesées les soixante secondes 
Alors la Terre est tienne et tout ce qu’elle porte 
Et mieux encore tu seras un ho

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 10:05
Printemps des poètes : Jean IGLESIS - Nîmes - Barcelone, par Boris VIAN

Printemps et poésie… Vive la vie !...

 

 

Il faut cultiver son jardin… Cette sentence - dans l’acception que lui ont donnée Leibnitz et plus tard Voltaire, il y a plus de trois siècles – prend une certaine résonance dans une société où le bitume et l’espace urbain ont graduellement remplacé les vertes prairies et les champs régulièrement moissonnés.

Néanmoins, le jardin est devenu peu à peu un lieu privilégié, intime, où l’individu se ressource.

 

Si l’on parle de retrouver ses racines, on sait qu’en le for intérieur de tout un chacun, frémit et survit un jardin secret, un espace privé, inviolé dont l’entrée est interdite aux autres.

Verlaine – dans un poème fameux – n’a-t-il pas « poussé la porte étroite qui chancelle  » ? Ronsard n’a-t-il pas prié Hélène dans un sonnet mémorable de « cueillir dès aujourd’hui les roses de la vie » ? Corneille n’a-t-il pas lancé à l’endroit de Marquise « le temps saura faner vos roses comme il a ridé mon front ? ».

 

Malherbe n’a-t-il pas écrit à Monsieur Du Périer à la mort de sa fille « Car elle était du monde où les plus belles choses ont le pire destin. Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin… »

Bref les fleurs ont peu à peu gagné en force jusqu’à obtenir un langage… la pensée c’est le souvenir… la rose la femme aimée… l’œillet un signe distinctif marginal repris par Gide, Proust et Lorca…

On comprend aisément que dans notre civilisation judéo-chrétienne, les fleurs ont acquis une force de symbole indéniable qui reste attachée à l’homme et à la femme dans ce qu’ils ont de plus viscéral.

La pensée antique, fondée sur les espaces a tout naturellement légué aux citadins et aux rurbains le jardin comme lieu privilégié, représentatif de ce que l’on peut être ou de ce que l’on souhaite devenir.

Un souci d’ordre, d’esthétique, visuelle, sensorielle, intuitive vient régénérer un monde de progrès dans lequel le jardin est plus que jamais un lieu de vie, de préservation de soi et de liberté.

Il convient d’honorer tous les jardiniers qui patiemment, humblement et sûrement nous communiquent une image de leur sérénité, de leur éclat et de la beauté de ce qui est intrinsèquement fragile : une fleur, un pétale de rose… mais quelle leçon face à l’Eternité.

« Or des vergers fleuris se figeaient en arrière – Les pétales tombés des cerisiers de mai – Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée – Ses pétales flétris sont comme ses paupières » Guillaume Apollinaire (Poème « Mai »)

Toute une leçon pour conclure que plus que jamais dans un univers en mouvement perpétuel et en bouleversement … cultiver son jardin constitue une évidente et impérieuse nécessité…

 

Jean Iglesis

 

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NIMES

 

Depuis le train, on voit Nîmes. La ville, par dessus les toits. La plupart des tuiles sont d'un rouge rosi, usé, patiné part le soleil et le vent. Les nouveaux immeubles sont blancs. Laids soleils d'hiver...

 

A l'approche de cette cité romaine, je ne pense pas à la villa carrée, mais à la tour poétisée par Hugo. Je n'ai pas une pensée pour la ville moderne, pas le moindre regard. Tous les yeux vers un téméraire carré d'art.

 

Me revient une mémoire littéraire : poèmes ou lettres, bribes du poète faisant, près des Costières du Gard, son service militaire. Séparé de celle qu'il aime, Lou ou la louve, la vraie ou l'idéalisée. Il se console en aimant  le métier des armes et les artifices de la guerre. Le mal aimé sera trépané. Sortira de son crâne toutes les poésies accumulées. Et la plus noire, la mort...

 

J.P.Bonnel

 

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 Barcelone, chanson, par Boris VIAN

 

Barcelone

Des pavés, du soleil, des visages

Un été plein d´images

Et de fleurs

Barcelone

Dans le port un bateau qui s´amarre

Le bourdon des guitares

Et mon cœur

J´ai revu

Cette rue sous le ciel de septembre

J´ai revu

La fenêtre grillée de sa chambre

Jours trop courts

Le vent chaud caressait nos visages

Et l´amour

Nous jetait des étoiles au passage

Barcelone

Souvenir de nos nuits haletantes

D´un été qui me hante

Barcelone

 

Ce matin

Je reviens dans la rue douce et triste

Le chemin

M´a mené jusqu´au banc de jadis

Et soudain

Te voilà c´est bien toi rien n´existe

Dès demain

Tous les deux nous irons vers la vie

Barcelone

Sur le port, dans le vent qui se lève

Je vois vivre mon rêve

Barcelone

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:59
Charles CROS, le poète, l'inventeur originaire de l'Aude : Fabrezan, Lagrasse - MOBILE ART à l'Université de Perpignan
Charles CROS, le poète, l'inventeur originaire de l'Aude : Fabrezan, Lagrasse - MOBILE ART à l'Université de Perpignan

  Charles CROS

 

Des mois que ce petit livre publié par l'Atelier du Gué dort sur mon chevet, dans ce foutoir de bibliothèque, près de mon lit, dans cette chambre chamboulée qui n'a rien du "gueuloir" montaignais !

Bien faite cette édition, réalisée pour le centenaire de la mort de ce Charles au physique exotique (un Audois qui aurait des ancêtres berbères...), avec une biographie illustrée, une biblio et un choix de textes tirés des "Monologues"...

Je voulais résumer ce recueil, mais quand on se risque à consulter wikipédia, l'écriture vous tombe du cerveau et s'impose la paresse causée par le recours à l'internet…

Cependant, voici quelques notes, nées du plaisir de lire et de faire partager (édition sans doute épuisée, vu le prix sur la 4° de couverture : 60 Frans, mais téléphonez toujours ; >0468436369)

A18 ans, il entre aux Sourds-Muets comme répétiteur; il y invente le Phonographe qu'il appelle le Paléophone. C'est pas Edisson, l'inventeur ? Le téléphone, alors ? Non, c'est Graham Bell...

Il a l'oeil noir et le teint cuivré : la tête d'un tzigane dans l'embarras…

En 1876, Cros a l'idée d'un instrument destiné à enregistrer les vibrations du son au moyen de traces et à reproduire le son au moyen de ces traces…

En 1871, ami de Verlaine et Rimbaud, il anticipe aux réunions"mutiques", des Vilains Bonshommes jusqu'à la rupture: fuite de Verlaine et Rimbaud…Il continue à collaborer au Chat Noir, cabaret artistique fondé par Rodolphe Salis.

En avril 1873, il publie le Collier de Santal : lisez-le !!!

 

***

Charles Cros, né le  à Fabrezan (Aude)1, originaire d'une famille de Lagrasse (Aude), et mort le dans le 6e arrondissement de Paris2, est un poète et inventeur français. Un musée lui est consacré à Fabrezan.

Le scientifique

Passionné de littérature et de sciences, il est pendant un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l'Institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique.

En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique à la suite de ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe.

En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.

Le paléophone, ou l'idée du phonographe

Le 30 avril 1877, il adresse à l'Académie des sciences un mémoire décrivant le principe d'un appareil de reproduction des sons, qu'il nomme « paléophone » 4. Son document suggère que les vibrations sonores peuvent être gravées dans du métal à l'aide d'un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n'eût la possibilité de suivre son idée, voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe. Cependant, dans un de ses textes à la mémoire de son ami publié dans Le Chat noir, l'écrivain Alphonse Allais prétend avoir vu et entendu les sons restitués par un phonographe construit par Charles Cros bien avant le modèle d'Edison. On pense généralement que les deux hommes ne connaissaient pas leurs travaux respectifs.

En hommage à ses travaux, en 1947 son nom est retenu pour désigner l'Académie Charles-Cros, fondée par des critiques et des spécialistes du disque attribuant chaque année des distinctions très remarquées, les Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros.

Dans les années 1980, la Bibliothèque nationale de France a choisi à son tour le nom de Charles Cros pour désigner sa collection d'appareils de lecture et d'enregistrement, visitable aujourd'hui au département de l'Audiovisuel de la Bibliothèque nationale.

Le poète

Il publie ses premiers poèmes dans le Parnasse contemporain et fréquente les cercles et cafés littéraires de la bohème de l'époque (le Cercle des poètes Zutistes — qu'il a créé —, les Vilains Bonshommes, les Hydropathes), ainsi que le salon de Nina de Villard qui sera sa maîtresse jusqu'en 1877. Mais il est davantage connu pour ses monologues, dont le plus connu est Le Hareng saur, qu'il récite lui-même dans des cabarets parisiens comme Le Chat noir.

Son œuvre de poète, brillante (elle sera plus tard l'une des sources d'inspiration du surréalisme) est cependant ignorée à son époque. Il le résume amèrement dans ce poème caractéristique  :

Je sais faire des vers perpétuels. Les hommes
Sont ravis à ma voix qui dit la vérité.
La suprême raison dont j'ai, fier, hérité
Ne se payerait pas avec toutes les sommes.
 
J'ai tout touché : le feu, les femmes, et les pommes ;
J'ai tout senti : l'hiver, le printemps et l’été ;
J'ai tout trouvé, nul mur ne m'ayant arrêté.
Mais Chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ?
 
Je me distrais à voir à travers les carreaux
Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques
Où le bonheur est un suivi de six zéros.
 
Je m'étonne, valant bien les rois, les évêques,
Les colonels et les receveurs généraux
De n'avoir pas de l’eau, du soleil, des pastèques.

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:44
Mères-grands, je vous aime ! - Fête des grands-mères, dimanche 5 mars - Jean IGLESIS, poéises
Mères-grands, je vous aime ! - Fête des grands-mères, dimanche 5 mars - Jean IGLESIS, poéises

 

*Fête des grands-mères, dimanche 5 mars...

 

Grand-mère


Lorsque j’évoque ma grand-mère, c’est comme un boomerang qui me revient en plein cœur…


Fragilité et force : deux termes en constante opposition, définissant ce qu’on peut éprouver au tréfonds de soi, tant l’enfance est importante dans une vie humaine. La fragilité d’une grand-mère, c’est celle du petit chaperon rouge que le loup dévore et à laquelle il se substitue, dans la symbolique de Perrault, c’est encore celle que la petite marchande d’allumettes ressuscite au plus froid de l’hiver, dans le conte d’Andersen, c’est en outre celle de Pagnol qui dit à Naïs, « le bossu », que « les bosses dissimulent des ailes qui conduisent sans ambages les bossus au ciel… » Un jour, par malheur, lorsque les grands-mères disparaissent, les bossus ne sont plus les anges que l’on s’appliquait à décrire…
La force que m’a donnée ma grand-mère, c’est cet océan d’affection qui déborde, m’envahit et me bouleverse et qui a forgé de tendresse, de douceur et de droiture l’enfant que j’ai été. La fidélité, la mémoire, le respect, la tolérance, l’honnêteté affective ou intellectuelle sont autant d’éléments qui ont participé à ma construction et dont je ne saurais jamais me départir, pour avoir connu jusqu’à 23 ans révolus la personne que j’ai sans nul doute le plus aimée au monde et dont le souvenir me permet aujourd’hui de me conduire comme un enfant, avec toutes ses qualités et ses défauts.


Au-delà de la peine, il y a par ailleurs cette dimension proustienne : temps passé et temps retrouvé ne font qu’un…la saveur d’un café au lait, l’écorce d’une mandarine, la madeleine que l’on redécouvre rappellent à la vie la grand-mère enfuie… Dans le jeu des correspondances baudelairiennes, les souvenirs affleurent, remontent à la surface. Mais à la surface de la vie, comme une plaie béante qui ne se refermera plus, il y a la disparition de sa grand-mère, événement terrible qui nous donne, sans que nous le sollicitions, un avant-goût du malheur, celui que nous n’imaginons aucunement et que nous souhaitons moins encore mais que nous connaîtrons peut-être demain au départ d’un être cher. Le sort nous vole un être aimé et, sans que l’âge apparaisse comme un facteur déterminant, en cette douloureuse occasion, la mort ne connaît pas d’explication, ni de motif, ni de prétexte, ni d’alibi. Perdre sa grand-mère, c’est explorer le « paradis perdu » du poète Milton, c’est s’y replonger comme pour un triste baptême, c’est avouer que « le temps passé, jamais ne reviendra », c’est se dire, à l’instar de Malherbe, dans les stances qu’il formula à Monsieur Du Périer, au moment même de la disparition de sa fille, « qu’elle était du monde où les plus belles choses ont le pire destin et, qu’en tant que rose, elle a vécu ce que vivent les roses : l’espace d’un matin… »
Il y a en outre cet instant intime,viscéral, vide sidéral et temporel qu’il est impossible de traduire, d’exprimer et qui est comme une écharde plantée en soi, incrustée dans sa chair. Quand le malheur survient, c’est une éclipse de la réalité, de la vérité, de la sincérité des choses les plus simples que l’on ressent. Lorsque sa grand-mère s’en va pour toujours et à jamais, c’est une étoile qui s’éteint dans le ciel qui a béni l’aube de notre naissance. Souffrance qu’on a du mal à taire, mais qu’il faut par pudeur et de par sa responsabilité d’individu assumer. Ne rien dire, accuser le coup et montrer tête haute, voilà ce que l’on doit observer…car faire étalage de ce deuil qui invite au tournis, qui laisse pantois et donnerait le mal de mer aux navigateurs les mieux rompus au roulis, au tangage et aux grains les plus violents n’est pas de mise. Il faut garder le cap, faire face et combattre, même si l’on ne se consolera jamais de cette perte. Si l’on faillait à sa mission, à sa propre personne, comme Pagnol l’exprimait : « ça ferait pleurer les enfants ». Je me permettrais de renchérir : cela aurait certainement fait encore plus de peine à ma grand-mère…celle que j’aime et aimerai jusque à mon dernier jour, qui sait ? celui de la fin du monde… certainement celui de ma propre fin…
Lorsque une grand-mère quitte cet univers de plus en plus indistinct, c’est à nouveau et encore ou une fois de plus la mienne que je perds.

 

Jean Iglesis     

 

 Grand-mère

 

 

La douceur du sucre candi,

Le parfum de l'orange amère

Évoquent dans l'après midi

La silhouette de grand-mère.

 

Alors la robe d'organdi

Valse dans le soir éphémère,

Frôlant le regard enhardi

Que tu faisais naître, grand-mère.

 

Je ne connais de tout ceci

Qu'un épilogue assez sommaire :

Une retraite sans souci

Qui te voyait vieillir, grand-mère.

 

Les châteaux-forts que l'on bâtit

Et les contes qu'on énumère

Débordent d'un cœur trop petit

Quand on se souvient de grand-mère.

 

Jean Iglesis                                                       

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:44
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -
Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. -  Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -

Stéphane Babey - Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot. - Expo de Clara Claus - Camp d'Argelès, film de Felip Solé -

Poésies de Stéphane BABEY (Les Presses littéraires, février 2017, 10 euros)

 

Dans une pièce célèbre, l'auteur a bien montré comment un roi, si riche et puissant puisse-t-il être, devient "nu", un jour. C'est ce destin d'homme parmi les hommes, prisonnier de sa condition de mortel, que donne à voir un film récent sur la déchéance physique de Louis XIV, ancien "roi-soleil", incarné par Jean-Pierre Léaud…

 

 

Dans la poésie, tragique aussi, souvent, de Stéphane Babey, nous sommes tous "nus", c'est-à-dire destinés au partir, à la confrontation avec la mort. 

 

Cependant la leçon philosophique serait incomplète si le poète n'envisageait pas aussi une sorte de mort au coeur même de la vie : la condition humaine au-delà des apparences fallacieuses de la séduction, de la mode, des ambitions, des illusions, des faux-semblants… 

 

En effet, oser vivre nu, c'est oser être vrai. C'est avoir le courage d'exister, au-delà du local, du nationalisme et des identités qui séparent les hommes, et d'aller vers l'Autre, "mon semblable, mon frère" !

 

Aller nu, c'est braver les mensonges, les interdits, les morales hypocrites. C'est vivre alors vraiment et atteindre une éternité terrestre, grâce à l'amour, grâce au corps sensuel d'une femme, et même au temps de la vieillesse, comme "à l'aube de sa première lune de miel"…

 

 

Avec cette poésie remplie d'humour, d'amour, de métaphores, le poète nous fait prendre conscience que l'homme n'est jamais  perdu, dévêtu, quand il est aimé, et que l'amant n'est jamais nu quand il est "habillé de la nudité de l'Autre".

 

 

Ensuite, le recueil renferme des moments plus graves, sur l'actualité, la guerre, l'exil… 

En effet, après une première partie consacré à bonheur, à un hymne sensuel à la femme ronde et désirable, après l'appel un peu désespéré de revenir à l'authenticité, à l'humanisme, le poème, par touches brèves mais percutantes, traverse le monde des conflits et s'affirme engagé sans que le message ne soit jamais lourd ou idéologique…

 

Voici une poésie bien humaine, méditerranéenne et universelle, équilibrée tel "midi le juste", évoluant entre les frontières mouvantes du Royaume et de l'Exil, fidèle à la leçon de Camus, que Stéphane Babey ne se lasse pas de fréquenter…

 

Jean-Pierre Bonnel 

 

 Françoise Claverie (CML), Eugène Kouchkine (Conférencier), Stéphane Babey (écrivain, cabinet de la présidente du CG66), Michel Pinell (mairie de Perpignan), J.Pierre Bonnel (Amitiés Internationales André Malraux) photo de Loïc Robinot.

 

**Du 3 février au 25 mars  2017, nous vous invitons à venir découvrir l' exposition de :

 

Jean Louis VILA

           

« Peintures et sculptures  »

Vernissage en présence de l’artiste, le vendredi 3 février à partir de 18 h.

 

Vous pouvez dores et déjà découvrir une partie des œuvres sur le site de la galerie : http://www.odileoms.com/fr

(Pour y accéder, ainsi qu' à la biographie, cliquez sur l’image qui apparait sur le site)

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 11:36
La vie sous-marine (conférence à Banyuls) - POESIE : Pere FIGUERES, Jean IGLESIS -

 

 

***POESIE : Pere FIGUERES et Jean IGLESIS

 

 

Témoin

 

Je n’ai fait qu’être là, debout, sous la lumière,
Écrivant d’une faible voix,
A regarder les vieux monter les murs de pierre,
Quand le temps s’enfuit sous leurs doigts.

 

Je n’ai fait que croiser les âmes passagères,
Pleurant le départ ici-bas
De rêves d’absolu, jetés dans la poussière,
D'amours qui ne reviendront pas.

 

Je n’ai fait que cueillir les fraises printanières,
Bordant le chemin, çà et là,
Sans chercher à savoir quel est donc leur mystère,
Mais ébloui par leur éclat.

 

Je n’ai fait qu’écouter des dévots les prières
Qu’en mon être je n’entends pas,
Mêlant mes propres mots à leurs sentences fières,
Mais à jamais sourd à leurs voix.

 

Je n’ai fait que guetter, des murailles altières,
La longue marche des soldats,
Aux mélopées scandant quelque passion guerrière,
Prompte à commettre un coup d’état.

 

Je n’ai fait que braver les futiles chimères
Qui tracent le destin des rois,
Qui peuplent d'innocents les lointains cimetières
Que la gloire ne connaît pas.

 

Je n’ai fait que sentir la mer, depuis la terre, 
Bercer mes peines et mes joies,
Que rendre grâce au vent, quand il fend les fougères
Pour guider à nouveau mes pas.

 

Je n’ai fait que plonger, dans le lit des rivières,
Mes yeux, en pleurs souventes fois,
Sans jamais retrouver le visage éphémère
De l’enfant qui sommeille en moi.

 

Jean Iglesis

 

Homme de lettres, femme de chiffres (Equation pour deux inconnus)

 

Je rêvais de Verlaine et de son matin calme
Quand je t’ai découverte entre tes statistiques.
Paul Valéry t’aurait sans doute offert sa palme
Pour apaiser tout net tes craintes algébriques.

 

J’ai suivi pour tes yeux les chemins de Laclos
Pour n'être que le seul de tes nombres premiers.
J’ai joué non sans style un rôle de héros,
Gravitant, tel Newton, dans l’ombre des pommiers.

 

Je suis entré, vainqueur, grâce au cheval de Troie,
Dans ta ville assiégée, aux mains de Pythagore,
Refusant les rigueurs de la règle de trois
Pour te séduire enfin, et te garder encore.

 

J’ai lu dedans ta main le destin de Juliette,
Dénonçant avec foi le triste théorème
Qui énonce au tableau noirci de chaque fête
Qu’il faut toujours souffrir, pour le lambda qui aime.

 

J’ai adoré Kipling pour devenir un homme,
Tandis que tu taillais le bonheur en fractions.
Je n’ai pas entendu le sentencieux axiome
Qui condamne toujours les douces illusions.

 

J’ai marché longuement dans les traces d’Homère,
Gardant toujours le cap, malgré la tête vide,
Avec à mes côtés la rage coutumière
De te savoir livrée aux rites froids d’Euclide.

 

Je n’ai durant ce temps rien voulu démontrer,
Ni ajouter à ces instants, ni rien soustraire.
Je n’ai fait que donner, refusant de compter,
Préservant dans mon cœur les vers d’Apollinaire.

 

C’est depuis lors, ma mie, que les mathématiques
Jaunissent au soleil des probabilités,
Feuilles de saule, chues sous les assauts tragiques
D’un vent calculateur qui a tout emporté.

 

Jean Iglesis

 

 

 

Écrit sur du vent

 

Les rires des enfants au sortir de l’école,
Les billes que l’on gagne et les rêves qu’on vend,
Les taches aux cahiers et les heures de colle,
Les châteaux-forts que des ennemis l’on défend.
Tous les instants perdus s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Le chien, vieux compagnon bien repu, qui somnole
Tout au pied du fauteuil patiné, triomphant,
Dans lequel grand-mère inlassablement cajole
Le bambin qui soupire et dort contre son flanc.
Toutes les images s’envolent 
Pour être écrites sur du vent.

 

Ma mère vient vers moi, me parle et me console
Car je pleure et j’ai peur dans le soir étouffant.
Mon père me sourit, tapote mon épaule
Et leur amour me rend plus fort dorénavant.
Tous les moments bénis s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Je ressens les baisers, les promesses d’idole.
L’amour vibre en mon cœur quand je pense souvent
Que j’ai pour quelque instant hérité du beau rôle,
Sans jamais deviner que j’étais le suivant.
Toutes les illusions s’envolent 
Pour être écrites sur du vent.

 

Comme le soir descend sur moi, telle l’étole
Qu’arbore sans fierté le sage survivant,
Refusant de poursuivre plus la route folle, 
Je décide de fuir le monde en écrivant.
Tous les plaisirs soudain s’envolent 
Pour n’être écrits que sur du vent.

 

Jean Iglesis

 

- - -

Bon dia,

Vos esperi el divendres 27 de gener del 2017, a les 18h, a

 

la Llibreria Catalana, place Jean Payra, a Perpinyà, per la

 

presentació del meu llibre de poesia "9"

 

 

Presentació a càrrec de Jaume Queralt, i lectures de Júlia

 

Taurinyà, Maite Barcons, Cristina Giner i Pere Manzanares.

 

 

"9"

 

aquesta xifra és el títol de l'últim treball d'aquest home "fora

 

de mida", com diu Renada Laura Portet en el prefaci del llibre.

 

Pere Figueres, sempre humil però sorprenent. Aquest cantautor

 

dels Arbres i dels Ocells, aquest artista plàstic inventor d'una

 

tribu de "Kanyataps" , ens lliura un recull de poesia que canta

 

com l'aigua d'una font clara. Aquesta font de Pere Figueres no

 

ha perdut res dels seus sabors catalans. Unes cinquanta pàgines

 

de poemes, paraules de cançons, de pensaments. A flor de cor.

 

Una filosofia de l'esbalaïment. Una saviesa de la intimitat.

 

Sentimental i descriptiu: El "jo" mai és abstracte. I

 

l'arrelament a un país no és patològic. Ni l'amor d'un mester de

 

terra. Puntes de revolta també. I... Alegria d'espigolar mots,

 

trets i algunes rimes.

 

 

Amb

 

9 il.lustracions inspirades de les seves escultures de suro...

 

 

 

 

Amicalment,

 

 

PERE

 

 

 

- - -

**Communiqué du Bureau de l’A.S.A.M.E. (Association des Amis de la Mer et des Eaux)

 

Vous êtes cordialement invités à assister à la Présentation d’une conférence « LA VIE SOUS-MARINE » Comportement des espèces qui aura lieu à la salle BARTISSOL à Banyuls sur Mer, LE VENDREDI 20 JANVIER 2017 à 16h 00

 

Cette conférence sera présentée par Monsieur Henri COLONNA D’ISTRIA, naturaliste sous-marin spécialisé dans l’étude des coraux, photographe ARESMAR (Association de Recherches Archéologiques Sous-marines du Roussillon) qui animera les débats et pourra répondre aux diverses questions.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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