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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 09:48
Ne pas décapiter la culture en baissant les subventions (salle Maillol du musée Rigaud de Perpignan)

Ne pas décapiter la culture en baissant les subventions (salle Maillol du musée Rigaud de Perpignan)

 

 

Culture à Perpignan : le mépris à l'égard des personnels

 

Les salariées des Points-lectures de Perpignan (lire le blog du 2 janvier 2016, communiqué du syndicat CNT, et mon témoignage au centre social de Vernet-Salanque), n'ont pas été invitées à une réunion à la mairie; elles ont eu des entretiens préalables de licenciement; elles ont reçu leurs lettres de licenciement et sont en train de faire les démarches pour être inscrites à Pôle Emploi...

Les locaux des centres sociaux ont été vidés de leur mobilier et sont bel et bien fermés...

 

Culture dans les quartiers difficiles, culture de proximité, lecture, animation collective intelligente (présentations d'ouvrages, interventions d'écrivains, discussion d'un groupe en espagnol…), tout cela disparaît dans ces ghettos qui méritent, hélas, leur nom.

 

Vous aviez parlé de médiation culturelle dans les beaux programmes électoraux de mars 2014..?

 

M.L'adjoint à la culture et à la médiation est désormais l'adjoint à la culture. Point.

 

 Certes, l'annonce d'une exposition prochaine de Roger Cosme-Estève au Centre d'Art Contemporain et le retour d'artistes au Campo Santo (2 soirées l'été prochain), suite aux plaintes du public (non nostalgie des grands heures des Estivales, mais aimant le spectacle dans un lieu adéquat), est intéressante, mais cela demeure un vernis culturel destiné à un public déjà éclairé et cultivé. 

 

La culture pour les cultivés, pour les privilégiés qui peuvent apprécier l'art abstrait et se payer des concerts à 30 euros (très difficile pour une famille de 4), c'est assez aisé à mettre en route.

La culture pour tous les autres, la culture pour tous, dans les quartiers délaissés, c'est plus ardu…Ce n'est pas en baissant les subventions destinées aux animateurs et éducateurs que la culture pour tous est possible !

 

Si l'animation culturelle, au centre-ville, est globalement positive (L'Archipel, les Jeudis, les petits-déjeuners de la Médiathèque…mais ne parlons pas de la mort des Beaux-Arts ni de l'inactivité du Théâtre municipal, bilan en demi-teinte, à mi-parcours, pour les responsables de la culture dans la cité catalane !), il y a plus grave:

 l'attitude de la municipalité à l'égard de ses personnels est méprisante. Jugez-en ! 

Vous avez appris par mes médias locaux qu'une grève avait eu lieu à Perpignan..? Sans grandes explications…

 

Hé bien, oui le mouvement a échoué car, à ce jour, aucune revendication n’est satisfaite. Il suffit de passer à l’hôtel Pams pour constater comment les collègues emmitouflés accueillent les rares visiteurs…. Le personnel attend la livraison de parasols chauffants … solution temporaire à ces problèmes... mais on sait combien le temporaire peut devenir définitif…

 

En outre, les salariés attendent toujours un calendrier précis de travaux à réaliser. Pour le reste, c'est-à-dire les questions de l'annualisation et du travail dominical, le maire campe sur ses positions : 5 € de plus par dimanche et férié travaillé !

 

Les syndicats - Sud66, en particulier- reconnaît que l’ouverture des services culturels (sites, médiathèque, etc..) participe à faire du lien social. Pour autant, le travail dominical reste une contrainte qu’il faut reconnaître moyennant une compensation financière ou en temps de travail.

 

C’est une question de non reconnaissance qui est posée à l’ensemble de la Fonction Publique : depuis la loi Macron et la rémunération minimale à hauteur de 30% dans le privé, comment la FP peut-elle être en reste sur ce sujet ?

 

à suivre...

 
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 09:03
Perpignan, commerces du centre-ville : pour éviter le déclin

Depuis la campagne pour les municipales (mars 2014), le sujet du commerce en centre-ville est au centre des polémiques. La désertification, du centre historique, l'image d'une ville en déclin, d'une "ghost town" (ville fantôme) sont des hyperboles utilisées par les adversaires de la municipalité de Perpignan : le maire, J.M.Pujol serait responsable de cette situation dramatique; la preuve, il a trahi les commerçants en signant pour la création du "Carré d'or", centre commercial près de Château-Roussillon...

 

Or une enquête intéressante vient d'être publiée par Le Monde économie, daté du 12.1.2016 : "Centres-villes à vendre" et Perpignan, même si elle se situe dans les villes moyennes ayant un taux de vacance commerciale entre 10 et 15%, elle a bien des atouts; la cité catalane est citée à deux reprises, car faisant partie des villes les plus prisées, et attirantes surtout pour le tourisme...Ville d'art et d'histoire, elle a vocation à devenir encore plus une "Communauté urbaine de destination"...

 

En effet, le déclin du commerce en centre-ville est général et touche aussi les établissements (hypermarchés…) de périphérie. Seules les villes ayant su créer des "zones touristiques", avec animation, offres culturelles, découvertes du patrimoine…seront sauvées de la désertification. 

 

Perpignan, en légère expansion démographique a de l'avenir; ce sera, en revanche, très difficile pour les villes se situant en-deçà des 100 000 habitants (Béziers, Nevers, Calais, Cholet, Pamiers…)

 

Perpignan a des atouts : climat, nombre important de gens fortunés, infrastructures touristiques, festivals comme Visa, mais il manque un festival populaire, jeune et médiatisé comme celui de Valmy, les Estivales ayant été supprimées et "Confrontation", sur le film, n'a jamais pu affirmer son créneau, depuis la disparition de Marcel Oms…

 

On connaît les causes du malaise des commerces : cherté des loyers, crise sociale et économique générale, présence des voitures (alors que les commerçants pensent, à tort, que les gens doivent venir en voiture devant leur boutique, le coût des parkings, (liberté totale pour les hypers), passivité et manque de convivialité de la part des commerçants, manque d'originalité (boutiques utilisant le même créneau du prêt-à-porter), complicité des élus qui autorisent des implantations à l'extérieur des agglomérations, zone piétonnière trop limitée (les grandes villes -Lyon, Montpellier, Bordeaux…ont eu recours au tramway, qui change le visage urbain)…

 

Les solutions ?

 Bien sûr, une amélioration globale (chômage…dans le pays), le classement de la cité (au patrimoine de l'Unesco, comme Avignon…ou autre), possibilité d'ouvrir le dimanche en période estivale et pour les vacances scolaires, créer des événements festifs (succès des "Jeudis de Perpignan", qui avantagent surtout cafés et restaurants)...

 …avoir un projet culturel globalisant qui attire du monde, des gens cultivés, des "bobos" ayant de l'argent, tout en stimulant une politique culturelle de médiation dans les quartiers populaires, en créant des emplois -éducateurs, animateurs, enseignants- au lieu d'en perdre en baissant les subventions !

 

Donc faire revenir en ville les classes moyennes qui ont opté pour la villa en bordure ou à la campagne, rénover les rues et les maisons insalubres, faire décorer les commerces à l'abandon par des artistes, y installer des ateliers ou lieux d'exposition, de dialogue, de convivialité pour les gens du quartier…

 

Ne pas avoir peur des solutions radicales : le stationnement gratuit généralisé en centre-ville, dans les espaces appartenant à la municipalité, mener une politique culturelle insolite, originale, diversifiée et gratuite ! La lunicipalité rentrera dans ses frais d'investissement avec le retour des commerces et celui des consommateurs et des amoureux de la culture, des arts, de l'Histoire et du Patrimoine (conférences, itinéraires, ouvertures des sites avec animation et explication...sont nécessaires.)

 

 

JPBonnel

 
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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 12:24
Oui, que Marianne était jolie !!!

Oui, que Marianne était jolie !!!

2016 encore une année pour rien ?

Espoir de voir les Etats réunis pour lutter contre le climat et le terrorisme..?

Daech toujours là et après il y en aura d'autres si on ne se décide pas à respecter les gens et les pays, partout dans le monde...

Miuchel Delpech, oui, beaucoup de nostalgie : des chansons, miroirs d'une époque avec si peu de mots, avec une mélodie si simplette !

Quant à la presse, ici, on se dépêche, notre quotidien a été encore une fois mangé : le monopole est quasi total... Il reste quelques énergumènes, des blogs, des coups de gueule, des révélations, des infos hors des sentiers battus... Si on continuait à se batte ..?

 

JPB

 

- - -

CDC : Convergence Démocratique de Catalogne :  je ne suis pas un adhérent ni un militant de ce parti mais je trouve ses communiqués souvent idoines. Et pour la liberté, simplement, comme pour les infos du NPA, de la CNT, peu relayées...

Alors je les publie :

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE · Perpignan, 29 décembre 2015

 

CAROLE DELGA : ÇA COMMENCE MAL

La future présidente de la nouvelle région Languedoc-Toulouse, Carole Delga, a livré ses premières intentions, lundi 28 décembre en Roussillon. La nouvelle élue a effectué ses annoncesdansleslocauxdelamairie d‘Argelès-sur-mer,enprésencedudéputé-mairePierre Aylagas, du député Jacques Cresta et de la sénatrice et présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales, Hermeline Malherbe. Convergence Démocratique de Catalogne dénonce cette collusion région-mairie, deux semaines après un scrutin qui a secoué notre système institutionnel. La famille socialiste, indécrotable dans ses arrangements, semble décidée à perpétuer les archaïsmes. La séparation des pouvoirs et la probité absolues sont cependant indispensables à notre démocratie. Il devient urgent de donner le bon exemple, en évitant les mélanges d’intérêts soulignés par cette annexion de lieu public. Alors même que l’élue languedocienne n’a pas encore pris ses fonctions, ce premier signal n’augure aucun changement dans l’ADN d’une mouvance politique qui n’a décidément pas perçu l’avertissement des urnes.

Contact presse : 06 75 74 25 49

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 11:25
Article de L'Indépendant : les animatrices des points-lectures © L'Indépendant & A.Andreu

Article de L'Indépendant : les animatrices des points-lectures © L'Indépendant & A.Andreu

*Polémique : médiation, centres sociaux municipaux, licenciements  d'animatrices..?

 

Ce problème m'a interpellé car j'ai fait une intervention au point-lecture (comme d'autres écrivains, telle Michèle Bayar) l'année denière, invité par Amapola Gracia, animatrice à Vernet-Salanque. Dans un contexte social difficile, au coeur d'une cité où la culture est placée au second rang par des familles qui ont des préoccupations financières, ces lieux de dialogue, de réconfort grâce aux mots, à la poésie, à la chanson, à la littérature, sont essentiels.

Au lieu de supprimer des subventions, il faudrait, pour répondre au projet de médiation culturelle prônée (à juste titre) par l'adjoint chargé de la culture, les augmenter ! Et multiplier les lieux de médiation, instaurer des bibliothèques et des théâtres, partout dans les quartiers, doubler les postes d'animateurs, de formateurs, d'éducateurs, prêter des salles aux jeunes pour qu'ils puissent exprimer leurs talents au lieu de les laisser dans l'oisiveté et le chômage…D'où les risques de délinquance et de terrorisme… Il y a tant à faire ! 

C'est bien de vouloir animer le centre-ville, de taire de Perpignan une ville d'art, d'histoire, de destination touristique…de protéger son patrimoine religieux ou architectural…Mais avant tout, il s'agit, pour un maire humaniste et proche de ses concitoyens, de protéger le patrimoine humain de sa cité !

 

JPB.

 

La mairie n'a accordé cette année que 4000 euros de subvention (au lei des 12000 des années précédentes) :

 

*Point de vue des animatrices :

Autodafé des « Points Lecture » par la Ville de Perpignan.

En arrêtant de les subventionner, la Ville a décidé non pas de brûler les livres des 3 « Points Lecture » des quartiers prioritaires mais de les condamner à la fermeture et au silence, ce qui revient un peu au même.

A un moment où l’on ressent au plus fort de l’actualité le besoin de créer du lien, de la mixi- té sociale dans les quartiers prioritaires, la Mairie, elle, décide sans trop argumenter la fermeture des Points Lecture de Vernet Salanque, Mailloles et St Martin, espaces d’ouverture où les enfants des quartiers pouvaient venir lire des petits quotidiens , parcourir des albums géants de poésie et emprunter des livres, où des mères de famille illettrées osaient venir s’essayer à l’apprentissage de la lecture où des séances de bébés lecteurs en mettant des livres à la portée de tous, dès le plus jeune âge, donnent aux tout-petits les meilleures chances et sont un facteur de développement. 

Quelquefois certains ateliers, comme « les Cafés con libros » ou autres animations attiraient une population extérieure à la cité en permettant ainsi un brassage des genres, des langues et des cultures et empêchant sa ghettoïsation.

En quoi tout cela était gênant Monsieur Le Maire ?

Victor Hugo n’a –t-il pas dit : « Ouvrez des écoles vous fermerez des prisons ! ». Non pas que l’on veuille comparer « Les Points lecture » à des écoles mais ils sont néanmoins des lieux d’expression, de connaissance, de médiation sociale et culturelle.

Notre syndicat, la CNT Education Santé Sociale, dénonce non seulement la mise au chômage brutale des animatrices qui faisaient vivre ces lieux mais vous demande de revoir votre copie car nous soutenons aussi ces espaces que nous considérons comme étant d’utilité publique.

 

 

** Point de vue de Michel Pinell, adjoint à la culture et à la médiation, ville de Perpignan : 

pour lui, pas question de supprimer ces points-lectures, la médiation est au centre de son projet culturel pour Perpignan. La lecture doit être développée. 

Et elle le sera notamment grâce à la nouvelle Charte de Coopération Culturelle mise en place en janvier 2016…

Les centres sociaux vont être restructurés "en interne", c'est-à-dire par la mairie, qui devrait reconduire ces postes. Le veut-elle ? A-t-elle les moyens d'une politique sociale et d'une culture pour tous..? 

Oui, pour M.Pinell : l'affectation de la subvention se fera par l'intermédiaire d'une autre association; une réunion est prévue, pour faire le point sur le sujet, dans les jours qui viennent avec Olivier Amiel (en charge de la politique de la ville) et Christine Moulenat, en charge des centres sociaux…

 

**A lire : 

Article du quotidien L'Indépendant du 31.12.2015 (voir plus haut), signé Arnaud Andreu : "Faute de subvention, les Francas n'animeront plus les points lectures des quartiers sensibles de Perpignan, à partir du 1er janvier 2016".

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 08:53
Le Presbytère de la Cathédrale Saint-Jean, de Perpignan, par André Scobeltzine

Le Presbytère de la Cathédrale Saint-Jean, de Perpignan, par André Scobeltzine

* André, merci pour ce message et ce dessin :
 
 
"Bonjour Jean-Pierre,

 

Je vous joins un croquis de l'ancien presbytère ainsi que le commentaire ci-dessous.

 

Bien cordialement. André Scobeltzine.

 

Le presbytère de la Cathédrale sera détruit aujourd'hui.

 

Je suis allé le dessiner hier.

 

C'était un petit chef d'œuvre de délicatesse construit en 1900 qui s'intègre parfaitement dans le quartier, en cadrant les vues, et en mettant en valeur, par son échelle réduite et sa belle maçonnerie de briques et de galets, le clocher de la grande église.

Il témoigne d'une délicatesse et d'un savoir faire urbain dont on est bien incapable aujourd'hui.

 

On aurait pu le consolider et le rénover sans difficulté.

 

Les Barbares en ont décidé autrement.

 

"André SCOBELTZINE" <a.scobeltzine@wanadoo.fr>  (lundi 21 décembre 2015-)

 

 

 

- - - 

 

 

Podemos, Yes we can, nous pouvons !

 

Que pouvons-nous..? Le citoyen de base se laisse conduire, se fait le plus souvent mouton, se contente de râler, d'aller voter contre ou par défaut, ou pas du tout, mais c'est tout…

Depuis longtemps, Montaigne et La Boétie, nous savons tout de la "servitude volontaire"…

 

Il se console comment, alors, le citoyen moyen..?

 

Il se fait des illusions, il se met soudain à croire en un espoir, à l'émergence d'un nouveau mouvement. C'est ainsi avec "Podemos" en Espagne, l'intrusion de la jeunesse dans un pays dirigé encore par les nostalgiques de la dictature et une droite dure. 

 

L'intelligence et la générosité de Pablo Iglesias, qui jaillissent de ses yeux d'adolescent utopique, de sa vision gauchiste d'une société juste, libérée du carcan des vieilles lunes idéologiques, staliniennes et franquistes, redonne une espérance à une Ibérie en crise, à une Europe du Sud dévastée par le chômage et le passage des migrants. Pablo pense, on l'espère, à la Grèce et au désenchantement, si âpre et si puissant, à la hauteur du rêve entrevu.

 

Il va falloir être réaliste, en effet, magré ces utopies qui poussent la jeunesse… Il va falloir innover entre une droite ne pensant qu'au passé et une gauche refusant le présent, croyant inventer une avenir indépendantiste avec un parti au pouvoir miné par la corruption et la pratique de  l'austérité. 

 

De même, la France insulaire qui a voté, par défaut, pour les Indépendantistes corses, sait qu'on ne peut espérer en un mouvement qui s'est nourri du clientélisme, de réseaux mafieux et criminels (une cinquantaine de morts, dus aux Indépendantistes).

 

L'espoir et la justice peuvent naître des yeux de milliers de Pablo Iglesias. 

 

Podemos. Réellement, pouvons-nous ? Sommes-nous capables de sortir de notre confort bourgeois, de notre état d'assistés sociaux, de nous libérer de nos machines d'assistance respiratoire…?

 

JPB.

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 10:11
destruction du presbytère, ce lundi

destruction du presbytère, ce lundi

L'affaire du presbytère de Perpignan (Cathédrale Saint-Jean)

Bon la question ne se pose plus : le presbytère est mis à terre !

L'habitation du curé était pourrie, termitée, près de tomber sur les touristes et pratiquants de la Cathédrale Saint-Jean : on croit la mairie, la préfecture, les architectes des Bâtiments de France…Je ne suis pas un spécialiste...

Simplement, ils ont déjà pu se tromper dans le passé : les beaux remparts, l'ancien lycée Arago, le bel ensemble religieux, rue Mal Foch, détruit pour y mettre les pompiers (aujourd'hui le Conservatoire)...

Je sais, la patrimoine, c'est le passé, la conservation, et notre municipalité ne veut pas être conservatrice, alors, on détruit. On espère que le secteur sauvegardé ne le sera plus bientôt et que l'on sera dispensé de reconstruire au même endroit…Alors, la perspective sur le Campo Santo et sur Saint-Jean le Vieux sera enfin possible...

La vue sur le champ des morts, ce sera formidable, un peu voyeur, ce regard, mais pour le tourisme et une ville-destination "art et histoire", ce sera une aubaine…

Vue, vision de l'avenir…Au fait vous êtes presbyte ou vous avez les yeux perçants..? Vous êtes presbytère ou terre à terre..?

La place sera nette autour de la Cathédrale pour les fêtes de fin d'année. Merci père Noël. Pour la messe de minuit, ce sera joli !

Mais…j'ai peur qu'il ne fasse, chaque jour, un peu plus nuit sur Perpi…

JPB

Projet de révision du PSMV

Qu’est-ce qu’un secteur sauvegardé?

Un secteur sauvegardé est un document d’urbanisme, outil de protection portant sur un « secteur présentant un caractère historique, esthétique ou de nature à justifier la conservation, la restauration et la mise en valeur de tout ou partie d'un ensemble d'immeubles »

Le secteur sauvegardé est une démarche d'urbanisme qualitatif dont l'objectif est autant de conserver le cadre urbain et l'architecture ancienne que d'en permettre l'évolution harmonieuse au regard des fonctions urbaines contemporaines et en relation avec l'ensemble de la ville.

Le secteur sauvegardé de la ville de Perpignan

Le secteur sauvegardé de Perpignan est d’une superficie d’environ 100 hectares et compte plusieurs quartiers:

  • Le quartier Saint Jacques
  • Le quartier Saint Mathieu
  • Le quartier La Réal
  • Le quartier Saint Jean
  • Le quartier de la Villeneuve
  • Le quartier des anciens remparts

Pourquoi réviser le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur?

Depuis deux décennies, la ville de Perpignan s’est engagée dans une lourde démarche de transformation urbaine, avec l’ambition clairement affichée de devenir une ville attractive et un centre d’agglomération dynamique. Cette mutation n’a été possible que par l’engagement préalable d’un processus de reconquête d’un centre-ville dégradé, afin de préserver sa richesse, de le doter de signes de modernité afin qu’il puisse rayonner sur tout le territoire communal et au-delà.

Afin de poursuivre cette dynamique bien engagée, la Ville de Perpignan, en collaboration avec l’Etat, a souhaité réviser son Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur pour en permettre une gestion plus optimale.

La phase préalable à la procédure de révision du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) de Perpignan

Le 12 Décembre 2013 le dossier de révision a été présenté à la Commission locale du secteur sauvegardé de Perpignan, qui a rendu un avis favorable à l'unanimité.

La Commission locale du secteur sauvegardé (CLSS) est composée d'élus de la Ville de Perpignan, de représentants de l'État et de personnalités qualifiées (représentants d'associations, experts).

Elle suit l'élaboration du projet de révision du PSMV pendant toute la durée de la procédure.

Le 05 Février 2014 la demande de la mise en révision est approuvée par le Conseil municipal.

Le 1er Avril 2014 la révision du PSMV est prescrite par arrêté préfectoral.

Cette procédure est menée conjointement par l'État et la ville de Perpignan.

Les objectifs de la révision du PSMV de Perpignan sont:

  • Intégrer les enjeux économiques et sociaux, en proposant une évolution du tissu urbain pour une meilleure attractivité du centre ancien, voué à un fort rayonnement touristique, et adapté à toutes les populations et à plus de mixité fonctionnelle
  • Cibler les interventions pour une action plus efficace et plus en profondeur sur les quartiers St Jacques, St Mathieu et la Réal
  • Requalifier un axe structurant en diffusant une dynamique de désenclavement des quartiers et en l’utilisant notamment comme le support d’un tissu commercial à développer ainsi que d’un mode de déplacement performant et durable
  • Assurer une meilleure compatibilité du nouveau document avec les procédures et les outils opérationnels en cours
  • Inclure les enjeux liés au développement durable et les questions liées à la performance énergétique du bâti ancien

La phase d'études : l'élaboration du projet de révision du PSMV

L'équipe missionnée pour réaliser le projet de révision du PSMV

En accord avec la Ville, l'État a désigné une équipe pour concevoir le nouveau PSMV.

Elle est composée d'architectes-urbanistes indépendants spécialisés dans les questions de patrimoine, en matière d‘Histoire, d’Archéologie, droit de l’Urbanisme.

L'équipe est composée de :

M. Alain VERNET (mandataire), architecte du patrimoine

M. Bertrand RAMOND, architecte (agence ART)

Mme. Sophie ASPORD-MERCIER, historienne, archéologue

M. Pierre TRONCHON, juriste et urbaniste

L'enquête de terrain et la visite de l'intérieur des immeubles

L'équipe missionnée établit un diagnostic urbain de l'ensemble du périmètre d'études et un diagnostic historique et architectural de chaque immeuble et chaque espace public.

Pour cela, elle doit visiter un grand nombre d’immeubles entre 2015 et 2017.

A cet effet, les membres de l'équipe sont autorisés à effectuer la visite de l'intérieur des immeubles et des parties communes extérieures, conformément au code de l'Urbanisme (articles R.313-33 à R.313-37) et après arrêté municipal (arrêté municipal du 10 avril 2015).

À l'issue de ces diagnostics, et conformément aux objectifs de la révision, l'équipe proposera un projet de PSMV définissant les règles et prescriptions qui s'appliqueront sur ce territoire du secteur sauvegardé. Le projet de PSMV comprendra un rapport de présentation, un règlement, des documents graphiques et des annexes.

Cette phase d'études devrait durer deux ans (2015-2017).

La concertation avec les habitants

Elle se déroule pendant la phase d'élaboration du projet et comprendra notamment une information régulière du public et au minimum, une réunion publique.

Un registre pour recueillir les suggestions des habitants concernant le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur est tenu à disposition du public. Sa mise à disposition se fait aux heures et jours habituels d’ouverture de la Direction de l’Aménagement et de l’Urbanisme (11, rue du Castillet, du lundi au vendredi 8h30 -12h30).

L’enquête publique

Lorsque le projet de PSMV aura reçu un avis favorable de la Commission locale du secteur sauvegardé, il sera présenté pour avis au Conseil municipal puis à la Commission nationale des secteurs sauvegardés.

Il sera ensuite soumis à une enquête publique pour recueillir les observations des habitants.

Le nouveau PSMV applicable après arrêté préfectoral

À l'issue de l'enquête publique, le projet de révision du PSMV, éventuellement modifié pour tenir compte de ces observations, sera soumis au vote du Conseil municipal de Perpignan pour avis. Il sera ensuite rendu applicable par arrêté préfectoral, à l'horizon 2017.

Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du secteur sauvegardé de Perpignan Révision n°1 (format PDF / 2 Mo)

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Habitat du Centre Ancien

Perpignan : La dynamique de requalification du centre ancien.

Les quartiers Saint-Matthieu, Saint-Jacques, La Réal et Saint-Jean placés au coeur des priorités de la ville de Perpignan, depuis 2003.

Des résultats atteints :

En cinq ans, sur l'Opération programmée de l'habitat - Renouvellement urbain (OPAH-RU) 2003-2008, 1254 logements ont été réhabilités :

  • Dont 866 logements entièrements réhabilités ou remis aux normes
    • 750 avec des aides publiques
    • 61 logements suite à des procédures coercitives
    • 55 par la défiscalisation Malraux
  • Dont 388 logements suite à des rénovations façades

Environ 15,6 millions d'euros d'aides publiques et 36 millions d'euros de travaux engagés pour restructurer et réhabiliter les logements sur le Centre ancien.

Le dispositif en cours.

En 2008, la Ville de Perpignan avec l'État, l'ANAH, Perpignan Méditerranée Communauté d'Agglomération et la Caisse de Dépôts et Consignations, a lancé une nouvelle OPAH-RU pour les années 2008-2013. Les objectifs opérationnels sont le traitement de 1325 logements en cinq ans, soit :

  • 160 logements améliorés par les propriétaires occupants,
  • 40 logements réhabilités par les accédants à la propriété,
  • 80 logements réhabilités par les promoteurs qui produisent des logements destinés à l'accession à la propriété,
  • 250 logements concernés uniquement par l'aide spécifique à l'amélioration des façades,
  • 275 logements locatifs à loyer libre,
  • 300 logements loctifs à loyer conventionné,
  • 220 logements sociaux publics.

Quatre grandes orientations stratégiques :

  • le maintien de la diversité sociale,
  • la lutte contre l'habitat indigne,
  • la restructuration de la trame urbaine dans les secteurs les plus dégradés
  • la lutte contre la vacance.

URBANIS

"Habiter le centre-ville"

5, rue de la Fusterie

Téléphone : 04 68 63 76 80

Accueil du public : Mardi, Mercredi et Jeudi de 10h à 13h

Telechargements

Habiter et vivre le centre-ville (format PDF / 3 Mo)

Aides financières

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 10:40
Revue REGARDS, photos à L'Extension, galerie design, Perpignan.

Revue REGARDS, photos à L'Extension, galerie design, Perpignan.

Sur un même événement, je veux écrire deux textes contradictoires. En effet, j'ai le sentiment d'être en accord avec les deux positions :

-la défense du peuple corse (ou de ce qu'il en reste) face à l'occupation du territoire par le tourisme et ses dégâts, par les fortunes du monde entier, faisant de l'île de Beauté, un lieu de laideur et d'extension du domaine de l'argent... La tentation indépendantiste dépasse l'autonomie de cette région française et ce sont les citoyens qui le veulent puisqu'ils ont voté pour Siméoni et Talamoni. Le gouvernement a beau crier que l'île restera dans la République, c'est aux Corses de décider. C'est pareil pour les Catalans : leur destin est entre leurs mains, à eux seuls de décider.

Quant à l'intégrité de la République : le territoire français a longtemps évolué et l'Histoire n'est pas finie ! En outre une forme d'association entre la Corse et la France peut être trouvée. Quant à la langue -le français étant la langue de la République- le respect et la pratique des autres langues historiques des régions (avec traductions pour les documents officiels) ne peut pas troubler la culture et l'identité française, qui ne peuvent que s'enrichir en tolérant les parlers locaux.

 

-Cependant, le souverainisme "des Lumières" (pas le patriotisme frontiste) peut donner à réfléchir : à vous la parole !

 

 

** Corse et Pays Basque: on détricote l'unité nationale!

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, Ancien ministre, Président de République Moderne, 17 décembre 2015.

 

 

Monsieur Jean-Guy Talamoni, intronisé il y a seize ans, dans le cadre du processus de Matignon, comme interlocuteur valable du Gouvernement, sans qu’il eût préalablement renoncé à la violence, est devenu aujourd’hui Président de l’Assemblée de Corse. 

 

Dans le même temps, M. Gilles Siméoni, fils d’Edmond, sacré « héros du nationalisme corse » par le journal Le Monde du 18 décembre 2015 pour avoir été, en 1975, à l’origine des incidents sanglants d’Aléria, devient le Président de l’Exécutif Corse. Tristesse. 

 

Voilà le beau résultat d’une politique de complaisance à l’égard d’un nationalisme corse (plus de cinquante victimes) dont les Corses, consultés par référendum en 2003, ne voulaient pas. Qu’importe ! On leur imposera dans deux ans la collectivité unique qu’ils rejetaient alors, dans le cadre d’une réforme territoriale sur laquelle ils n’ont pas eu à se prononcer 

 

Dans le même temps, le Préfet des Pyrénées Atlantiques prépare un projet de Communauté de Communes unique pour le Pays Basque. Si le Gouvernement envisageait de détricoter l’unité nationale, il ne s’y prendrait pas autrement ! 

 

Jean Pierre Chevenement

 

- - -

ARTS :

 

 

*Céret : Galerie Odile OMS : L’exposition « Pierre Brune et ses amis » est visible jusqu’au 31 décembre.

 

La galerie est ouverte de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19 h 

du mardi au samedi et exceptionnellement le dimanche 20 décembre.

 

Bonnes fêtes à tous.

 

Odile Oms

 

odileoms.com

 

 

**Vendredi 20 décembre à 18H00 à la Librairie Torcatis

Jacques Lavergne signera son dernier polar

"Noël au charbon, Pâques au violon" paru aux éditions Mare Nostrum.

En présence de Jean Solé du Domaine viticole Pic Joan de Banyuls

 

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Après "Peinture au pistolet à Céret" et "Barcelone, aller simple", l'avocat catalan signe un troisième polar très en verve, "Noël au charbon, Pâques au violon", une nouvelle aventure de son héros préféré, Pierre Pagès, conservateur du musée de Céret à temps plein, justicier à ses moments perdus... 

Plus question de trafic d'oeuvres d'art ici ou d'étudiant Erasmus disparu : ce sont les mafias géorgiennes qui vont venir perturber les fêtes de fin d'année de notre homme.

Noël à l'horizon, Pierre Pagès s'apprête à savourer un repos bien mérité dans sa maison de Banyuls mais son ami, le curé Nafaou Missabaou, va demander de lui venir en aide dans sa nouvelle paroisse de Montalba le Château.  Dans ce paisible village en lisière des Fenouillèdes, les meurtres se succèdent et le prêtre ne va pas tarder à disparaître... 

Pierre Pagès va donc se lancer sur les traces des ravisseurs dans cet arrière-pays catalan que l'hiver et la neige n'épargnent pas. Un quête qui va passer par la lointaine Tbilissi, capitale de la Géorgie, plaque tournante de tous les trafics...

 
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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 10:15
Bidet dans un champ. Installation d'un nouveau Duchamp..? (photo JPB)

Bidet dans un champ. Installation d'un nouveau Duchamp..? (photo JPB)

   Débattre, réfléchir au lieu d'injurier

(1) débat national 

 

 

 

 

* contre la gestapo de la pensée (Samedi 17 Octobre 2015 

Jean-François Kahn )

 

Peut-on encore débattre en France ? Entendez : peut-on encore confronter des opinions contradictoires (c'est le principe même du pluralisme démocratique) sans diaboliser, excommunier, anathémiser le contradicteur ? Cette interrogation pèse de plus en plus lourdement sur la vie intellectuelle hexagonale. On vient d'en avoir une spectaculaire illustration avec le philosophe Michel Onfray.

...

On exclut, on rejette, on excommunie, on verrouille, on rapetisse, on rétrécit.

...

Les eaux montent : on se contente de les apporter au moulin du Front national :

 

L’invraisemblable cadeau fait à Marine

Il y eut cette manchette, invraisemblable et masochiste, du journal le Monde semblant faire cadeau au parti lepéniste de tout intellectuel sur lequel, tactiquement, le FN poserait un bout de petit doigt. Celui-là a dit « peuple » ; celui-ci a dit « nation » ; cet autre – horreur ! – a murmuré « souveraineté » : on vous les offre ! Ils sont à vous !

 

**Contre la défaite de la pensée : Cécile Alduy reprenant le titre du plus célèbre essai d'Alain Finkielkraut :

 

Le FN est « une négation brutale de l’esprit critique » - Le Monde.fr  (Mise à jour le 07.12.2015 à 19h44), tribune écrite par Cécile Alduy, 

professeure de littérature à l’Université Stanford, auteure de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (Seuil, 2015).

… extraits

 

La faillite de la pensée n’est en outre guère l’apanage du Front national. En face, la défaite est politique et sémantique avant d’être électorale. Droite et gauche de gouvernement souffrent d’une erreur d’analyse du marché politique : chacun essaie de cerner la demande des électeurs et prend le Front national comme étalon de leurs aspirations. D’où une escalade à droite sur les thématiques identitaires et migratoires depuis la présidence Sarkozy, sur la demande sécuritaire et autoritaire depuis le gouvernement Valls. Cette stratégie ne peut que renforcer le Front national, crédibilisé par ses imitateurs, et brouiller l’image des autres partis, devenus illisibles à force de se renier. La dédiabolisation est autant l’œuvre de Marine Le Pen s’emparant des mots de la République que de ceux qui normalisent son discours en répétant ses clichés, du « clash de civilisation » à la symbolique ambiguë de la déchéance de nationalité.

 

   Or il est urgent de reconstruire une offre politique alternative, cohérente et indépendante du logiciel frontiste.

De reprendre le combat culturel, de réfléchir plutôt que refléter le monde-FN, d’élaborer un programme clair dans ses valeurs et ses actions, d’actualiser plutôt que de sacraliser une « République » devenue totem. C’est-à-dire de se remettre à penser.

 

- - 

 

(2) Débat au plan local (commentaires dans le blogabonnel : traité d'antisémite par M. Daniel Halimi, d'islamophobe par "Myriam", de "baveur" par "Brunelle" au sujet du pont sur le Réart (promesse de Mme J.Irles) : à suivre...

 

- - -

 

*** Le FN et l'immigration :

 

Le 26 octobre dernier dans lémission Salut Les Terriens, François Gemenne a déstabilisé Florian Philippot, vice-président du FN dans un débat sur limmigration. Ce chercheur en sciences politiques, spécialisé sur les questions de gouvernance mondiale des migrations et de lenvironnement (à Sciences Po et à lUniversité de Liège et Versailles), a accepté de revenir dans un long entretien sur les mythes entourant le discours du Front national sur limmigration.

Lors de votre passage danSalut les terriens! le 26 octobre dernier, Florian Philippot, a semblé perdre pied face à vos arguments concernant l’immigration. Considérez-vous que le programme du FN sur ce sujet ne soit pas assez analysé dans les média?

François Gemenne -  Beaucoup des arguments du FN, en matière dimmigration en tout cas, reposent sur des mensonges et des fantasmes. Il y a évidemment un défaut danalyse des médias, mais cest aussi notre responsabilité, à nous chercheurs, dinformer ces débats de société. Et donc nous portons une part de responsabilité dans ce défaut danalyse, et nous devons intervenir plus souvent dans les médias pour apporter un éclairage scientifique à ces questions et montrer où sont les mensonges et les fantasmes. Mais plus fondamentalement, je pense que ce défaut danalyse renvoie aussi à la faillite absolue du politique concernant le FN : ce dernier, au fil des ans, est parvenu à imposer son discours, son agenda, ses thèmes, comme éléments centraux du jeu politique. En réalité, dune certaine manière, le FN est déjà à lElysée.

 

 

Sur limmigration, la démission de la classe politique date des années 1980 : tant la gauche que la droite ont alors intégré le postulat central de lidéologie du FN, à savoir que limmigration était un problème, auquel il fallait trouver des solutions. Dès linstant où lon accepte cela, le FN a gagné. Je récuse avec force lidée que limmigration soit un problème, et les chiffres sont là pour le montrer.

 Je ne suis pas naïf ou aveugle non plus : je sais quil y a des problèmes liés à limmigration, notamment dans certains quartiers; je sais quil y a des problèmes dintégration, de discriminations, de délinquance Mais je réfute absolument lidée que ce soit limmigration elle-même qui soit un problème. La gauche comme la droite, pourtant, ont peu à peu accepté cette idée, et depuis, le discours sur limmigration nest plus quun discours purement idéologique, qui est complètement détaché des faits et des réalités empiriques. Cest notre responsabilité à tous de remettre la réalité, les faits, au coeur du débat. Cest la responsabilité des chercheurs et des journalistes, bien sûr, mais aussi des politiques et des citoyens.

La réduction en 5 ans de l’immigration légale de 200 000 entrées par an à 10 000 entrées par an telle que le préconise le Front national est-elle réalisable ?

Même avec beaucoup dimagination et de bonne volonté, jai du mal à imaginer une politique qui puisse être à ce point absurde et dévastatrice. En exagérant à peine, ça voudrait dire quon ne garderait que les footballeurs de la Ligue 1, les danseuses du Crazy Horse et les fonctionnaires de lUNESCO ! Regardons les chiffres pour voir ce que cette proposition signifierait réellement : en 2012, selon lINSEE, la France a délivré un peu moins de 200 000 permis de séjour a représente 0,003% de la population !). 91 000 de ces titres de séjour ont été délivrés au titre du regroupement familial, cest à dire pour permettre aux époux et aux enfants dimmigrés de les rejoindre en France : cest simplement une question de droits de lhomme, et si la France abandonnait cette politique, non seulement elle séparerait des milliers de familles, mais elle se mettrait au ban de la communauté internationale. Ensuite, 59 000 titres de séjour ont été délivrés à des étudiants : se passer des étudiants étrangers serait une catastrophe pour les universités et les grandes écoles. Au contraire, je crois que nous devons nous réjouir que tant détudiants étrangers veuillent encore faire leurs études en France. Puis il y a 19 000 titres de séjour pour des raisons humanitaires, il sagit des réfugiés et de personnes déplacées par des guerres, des violences ou persécutées dans leur pays : si la France voulait réduire ce chiffre, elle devrait dénoncer la Convention de Genève de 1951 sur le statut de réfugié, une des plus anciennes conventions humanitaires, dont la France a été lune des principales puissances instigatrices. Je vous laisse imaginer les conséquences à linternational.

 Enfin il y a eu 16 000 titres de séjour pour des raisons économiques, cest-à-dire des immigrés quon a fait venir en France pour travailler dans des secteurs où on ne trouvait pas assez de main-doeuvre. Jimagine que cest sur ce chiffre que le FN veut surtout jouer, mais cela veut dire que des secteurs entiers de léconomie seraient en grande difficulté : la construction, la restauration, la santé Enfin il y a une catégorie résiduelle, avec 13 000 titres de séjour : ce sont surtout des visiteurs pour de longues périodes, ou des mineurs présents sur le territoire qui atteignent leur majorité. Passer de 200 000 titres de séjour à 10 000 serait non seulement tout à fait irréaliste, mais aussi catastrophique pour léconomie et la société françaises. Quand le FN fait cette proposition, il prend ses électeurs pour des imbéciles, il n’y a pas dautre mot.

L’immigration est-elle responsable de la montée du chômage tel que laffirme le FN depuis les années 70 avec son slogan « Un million de chômeurs, cest un million d’immigrés en tro» ?

Cest comme si vous disiez : sil y a trop de jeunes chômeurs, cest parce quil y a trop de jeunes !. Cest aussi absurde que cela. Toutes les études, dabord, montrent que limpact de limmigration sur le taux demploi (et donc de chômage) des populations autochtones est quasi nul. Par contre le taux de chômage de la population immigrée est plus important, cest un fait : cest dû notamment aux discriminations dont les immigrés font lobjet sur le marché de lemploi, mais aussi à des politiques migratoires contre-productives, comme cette loi de 1991 qui interdit aux demandeurs dasile de travailler pendant que leur dossier est en attente ce qui prend parfois des années.

Largument de limmigration responsable de la montée du chômage nest donc pas vérifié dans les faits, mais est de surcroît vicié à la racine, dun point de vue économique : il repose sur lidée quil y ait un stock  fixe demplois disponibles, et donc que tout accroissement de la population crée du chômage. Dabord, limmigration ne compte que pour moins dun cinquième dans laccroissement de la population française. Mais surtout, nous vivons dans une économie tertiaire, cest-à-dire une économie de services aux personnes, donc laccroissement de la population crée aussi des emplois. Les immigrés, quand ils noccupent pas des emplois dont les Français ne veulent pas, et dont les salaires ou les conditions de travail sont souvent indécents, ont aussi souvent créé leurs propres emplois, et des emplois pour les Français. Ils ont créé des sociétés, développé le commerce et les relations avec leurs pays dorigine, investi en France et dans leurs pays, souvent avec dénormes capacités dinnovation. Les immigrés sont aussi des créateurs demploi et des investisseurs limmigration en elle-même, dailleurs, est souvent un investissement très lourd et très risqué pour les migrant(e)s.

Le FN continue de s’appuyer sur le rapport de Jean-Paul Gourévitch et de Pierre Milloz pour affirmer que l’immigration repsente un coût économique pour la société française. Quel regard portez-vous sur ces rapport?

Il faut distinguer les deux, qui ne disent dailleurs pas exactement la même chose. Pierre Milloz a longtemps été militant du Front National, et son rapport de 1990 sur le coût de limmigration a été réalisé directement pour le Front National. Il en a ensuite publié plusieurs variantes, aux Editions Nationales puis aux Editions Godefroy de Bouillon, un éditeur dextrême-droite spécialisé dans les livres sur la religion musulmane. Chacun en tirera les conclusions quil voudra quant aux conclusions du rapport. Pour ma part, je trouve cela relativement cohérent que le FN sappuie sur un rapport quil a lui-même commandé et publié.

Le rapport de Jean-Paul Gourévitch est un peu différent, puisquil a été réalisé pour les Contribuables Associés, un collectif de militants qui se battent contre loppression fiscale. Il était peu vraisemblable, dans ces conditions, que le rapport estime que limmigration a un impact fiscal positif. Jean-Paul Gourévitch, soit dit au passage, a depuis révisé ses chiffres, et estime désormais le coût de limmigration à 5,5 milliards deuros.

Ce quil faut bien comprendre, cest que ces deux rapport ne sont pas des rapports de recherche. Ce sont des rapports dexpertise, de consultance, réalisés pour un commanditaire particulier, dans un but précis. Je ne veux pas jeter lopprobre sur les activités de consultance en général, mais il faut bien comprendre que ce nest pas de la recherche effectuée dans lintérêt général, ce sont des recherches effectuées pour un commanditaire spécifique dans notre cas, le FN et les Contribuables Associés, respectivement.

Dans vos travaux, vous affirmez que contrairement aux Etats-unis, l’immigration repsente un coût en France. Comment lexpliquez-vou?

Ce ne sont pas vraiment mes travaux, mais plutôt ceux de lOCDE et dautres économistes. Selon les coûts pris en compte, on arrive généralement à un coût compris entre 4 et 10 milliards. Certains travaux ceux de Xavier Chojnicki notamment mentionnent même un impact fiscal positif. Mais la plupart des travaux saccordent pour dire que ça représente un coût, assez léger mais un coût quand même. Mais la France est une exception en la matière. Aux Etats-Unis, mais aussi dans limmense majorité des pays industrialisés, limmigration rapporte bien plus quelle ne coûte. Pourquoi ne parvient-on pas, en France, à maximiser les bénéfices de limmigration ? Avant tout parce que le taux de chômage des immigrés est plus élevé quailleurs, notamment en raison des discriminations dont il font lobjet sur le marché du travail quand on ne les empêche pas carrément de travailler, comme cest le cas des demandeurs dasile ! Et on sait le rôle essentiel que joue le travail dans lintégration, outre ses bénéfices fiscaux évidents.

La France accueille t-elle davantage d’immigrés que ses voisins européen?

Tout dépend des voisins dont on parle. Elle en accueille davantage que le Luxembourg ou la Belgique, certes dans ce cas-là, le flux migratoire va plutôt dans le sens de lévasion fiscale. Mais si on compare la France à des pays européens de taille comparable, on constate quelle accueille beaucoup moins dimmigrés. En 2011 par exemple, selon la base de données officielle de lUnion européenne (Eurostat), la France a accueilli 267 000 immigrés. Le Royaume-Uni, en comparaison, en a accueilli 566 000, lAllemagne 490 000 et lItalie 385 000. Et la France est dailleurs le pays qui affiche le solde migratoire (cest-à-dire la différence entre les entrées et les sorties) le plus faible : 54 000 personnes. En 2011, il y a également 213 000 personnes qui ont quitté la France. Au Royaume-Uni, elles étaient 350 000, 249 000 en Allemagne et 82 000 en Italie. Sans limmigration, la France perdrait chaque année plusieurs dizaines de milliers dhabitants.

Propos recueillis par David Doucet 

 

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 11:24
Terrorisme, climat, récupérations politiques en tous genres

Lutte contre le terrorisme, contre le réchauffement : le Président récupère-t-il les événements pour les élections et pour lui-même..?


Le philosophe allemand Jürgen Habermas  en est convaincu; il déclare au journaliste N. Weil : "En Allemagne, la rhétorique guerrière de président français guidée semble-t-il par des considérations de politique intérieure, suscite des réserves…"(Le Monde, 22/23 nov. 2015)




Hollande se démène, il est sur tous les fronts. Le président belliciste est au Mali, au Tchad, en Syrie, en Irak… Il convoque les gouvernements du monde pour la COB 21 et la France, et Paris, et son chef élyséen sont le centre du monde…
Cette attitude semble marcher : 50% de satisfaits, si l'on croit les sondages…




Fermeté, sécurité, une façon de rivaliser avec le FN, de lui prendre ses propositions et de laisser Les Républicains coincés entre gauche libérale et droite extrémiste. 


En effet, ça semble marcher contre la droite, qui aurait dû prendre nombre de régions, mais fait profil bas, désormais…


Quant au FN, c'est le contraire, le paradoxe : plus on va vers ses idées, et plus il progresse. ll est à 40 % pour les régionales… Comment comprendre l'attitude des Français..? Intellectuels, médias et Patronat ont beau montrer du doigt l'imposture économique du parti frontière, rien n'y fait !


Pourquoi ? 
Car ceux qui votent pour le FN, beaucoup de pauvres, de déçus de tous bords, de gens qui vivent à proximité de cités où la loi et la justice sont de vains mots, de gens qui constatent que le chômage est toujours là...
... que la population est assistée, que des "étrangers", "immigrés" touchent des allocations multiples (car ils sont Français, mais le racisme est dans les têtes)…
 qu'ils ont accès aux soins gratuits et à un logement, rapidement…alors ils ne comprennent pas...


Tant qu'on ne voudra pas tuer la crise et changer les états d'esprits, le parti (frontiste) qui se nourrit de ces fractures et de ces colères a de beaux jours devant lui…


Pendant ce temps, les politiciens, nationaux ou locaux, et le président font de la récup…


Ainsi, se battre aussi sur le front du climat, du réchauffement : le retournement écologiste de François H. est-il tactique : une façon de récupérer les voix écolos…? Sans doute, mais, bêtement, en même temps, le gouvernement annonce vouloir poursuivre ses projets d'aéroport breton et de barrage dans le Tarn…


Les cartes sont brouillées, difficile d'y voir clair… En tout cas, je vous le dis, ceux qui ont le pouvoir, ce ne sont pas les présidents ou dictateurs réunis à Paris, mais les financiers internationaux, les marchands d'armes, les multinationales et quelques autres bigs argentiers…


Citoyens, on n'est rien, des individus; si on se groupait, on pourrait changer la face et le fonctionnement du monde… Mais séduction, propagande, utilisation d'anesthésiants médiatiques, égoïsme, individualisme, peurdu changement, de la révolution détournée, manque d'info et de conscience éclairée, font les hommes se complaisent dans la "servitude volontaire"


JPB

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 12:22
Racines chrétiennes de la France..?

Racines chrétiennes de la France..?



* La crèche de Noël


- A l'instar de R. Ménard, le maire de Saint-Cyprien, dans le 66, fait installer une crèche en sa mairie. Il argumente :


"...il y a un problème ou d'identité ou de mémoire au sein même de notre nation. Il est important de savoir quelles sont nos traditions pour savoir ce que nous sommes et où nous voulons aller."
"C'est culturel, pas cultuel"
 Thierry Del Poso, estime ne pas être en contradiction avec le principe de laïcité qui proscrit les signes religieux dans les établissements publics. "Ca n'est pas du religieux, ça n'est pas cultuel, c'est culturel. Ce qui est grave c'est qu'aujourd'hui on se pose la question de savoir si on peut le faire où pas."  


Il y a quelques jours, l'Association de maires de France présidé par François Baroin a recommandé aux élus de ne pas installer de crèches dans les mairies. l'AMF estime que c'est contraire à la loi de 1905. Pourtant plusieurs maires FN et LR (dont Xavier Bertrand) ont choisi cette année d'accueillir le petit Jésus dans leur mairie le 25 décembre prochain...


Ce maire, petit-fils de Républicains espagnols, est un élu "Les Républicains" (les mots ont plusieurs sens ! Voir "socialiste" hitlérien et socialiste français); ce Républicain vire de plus en plus vers la droite extrême : c'est le sens de l'Histoire et ça peut rapporter gros : être élu, en ces temps de confusion identitaire !



Or, il me semble que la crèche est un signe religieux : mise en scène de la nativité, présence de Jésus Christ...récit chrétien. 
Or, une mairie est un espace public et la laïcité, qui a pour tache de défendre toutes les religions, nous dit que seuls des espaces  publics d'ordre privé (commerce, église, musée...) peuvent montrer ces signes religieux. 
Or les mairies et autres édifices édifices officiels sont des espaces publics, des maisons du peuple, où la neutralité doit régner. On n'admet pas des prières musulmanes ou juives dans les rues, à la vue et aux oreilles de tous… Donc pas de crèche, avec la tête auréolée du bébé Christ, symbolisant l'incarnation divine...


Revenons sur l'argument : c'est notre culture, notre tradition.


 Sans doute, la France vit-elle au rythme des fêtes catholiques; ce n'est pas une raison pour que j'accepte, même si j'ai été élevé dans le rite catho ( que je rejette à présent car devenu non-croyant et scandalisé par de nombreuses actions humaines menées au nom de la religion !) : en brandissant le mot culture (comme devant des mosquées) on cache l'existence d'un culte : c'est un prétexte, lié à une conception  subjective de la culture qui est assimilée à une tradition, à une habitude ancestrale : confusion entre culte et culture, entre art et culte : on détourne la loi laïque du 9 décembre 1905 (article 28) pour exhiber l'objet cultuel ou le transformer en oeuvre d'art, grâce à la signature d'un artiste. Hypocrisie confusion, trouble chez  nos concitoyens, pour oublier et ne pas respecter la séparation de l'église et de l'Etat. 


Une crèche est avant tout un emblème religieux.


A moins que les politiciens démagogues ne considèrent qu'une crèche n'est plus qu'un objet commercial, dénué de sens, une chose vénale, comme on en trouve beaucoup à Lourdes, Rome ou Lisieux... Si la crèche n'a plus de sens cultuel, alors c'est grave et ces maires ne respectent pas leur religion qui doit être pratiquée dans des lieux destinés à la méditation mystique et à la réflexion sur la solidarité humaine !


J.P.B.


- - - 

Piqûre de rappel : blog du 25 DÉCEMBRE 2014 :


POUR UN NOËL LAÏQUE -

MARCHÉ DE CONS, DE MACRON - CONTRE LA CRÈCHE PUJOL À PERPIGNAN (PLACE CATHÉDRALE), CONTRE LA CRÈCHE MÉNARD À BÉZIERS (MAIRIE) - PELOUSE INTERDITE POUR LES ROMS ET LES IMMIGRÉS !

le père Noël est une ordure


*Le chef-correcteur n'eût pas toléré que l'on mît un accent circonflexe sur "crèche", que ce fût à Béziers ou ailleurs.


** Noël marchés de cons, boules au reblochon


Ce soir, c'est décidé je viole le Père Noël(un barbu, c'est pas délinquant c'est du sacerdoce)
C'est qui le fils du père Noël ? (Jésus-Christ mais chuttt, c'est un secret)


Ma sœur croyait pas au Père Noël, mais depuis qu’elle est avec son mec, elle sait par contre que le Père Vert existe !
Le paradis des islamistes promet 1000 vierges, le paradis des Pères Noël promet 100 thons de Provence..après personne veut faire Père Noël ! 


Guy Jacquet

 

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