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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 09:40
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)
Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)

Vendredi saint à Font-Romeu : reportage à l'Ermitage - les 12 stations du Christ (photos J.P.Bonnel)

Avec l'altitude, le chemin de croix de l'Ermitage prend encore plus de hauteur, celle de la spiritualité...

 

Loin du tourisme et du voyeurisme, le petit groupe fidèle à une tradition qui est plus croyance qu'habitude, suit l'abbé et son discours sur chaque halte : chaque station explique le contexte et ouvre à la méditation.

 

Le chemin aboutit à la croix, à l'immensité du ciel, simple atmosphère et paysage esthétique, pour moi, mais oeuf plein de l'esprit saint pour ces Catholiques silencieux et tendus par la foi...

 

Le chemin sacré, avec ses signes et ses croix rencontre celui de la randonnée, marqué d'un rectangle jaune et balisé de pancartes, comme des simulacres de croix...

 

Le païen et le sacré se mêlent.

Et le sportif est omniprésent dans la nasse montagneuse de la Cerdagne, dévoilant le lycée climatique, point de départ de mille nouveaux chemins de Compostelle...

 

JPB

 

A COLLIOURE -L'EXPOSITION - MEMOIRES MARITIMES, de Collioure à Carthage a été inaugurée avec succès ce vendredi 12 avril a 18h30.

 

Un large public de Colliourencs et d'amis du théâtre ou de la pêche - était au rendez vous .. La première présentation publique des images filmées par Guillaume Lagnel en 1980, commentées en direct par Clovis Aloujes alors présent sur l'une des barques -créait un événement inoubliable et particulièrement émouvant-40 ans plus tard
Monsieur le Maire Jacques Manya et Denise Snodgrass Adjointe à la Culture, ouvraient avec amitié, complicité et émotion cette exposition qui de Collioure à Carthage vient témoigner d'un théâtre et de mises en scène inspirées de l'exceptionnel patrimoine maritime de méditerrranée ...

Des rendez vous seront pris pour une série de projections du Sardinal et de divers témoignages filmés à Collioure et Méditerranée - Les jours de projections seront communiqués dès ce lundi 15 avril sur le site de la ville, l'Indépendant et Facebook

Exposition du 13 avril au 5 mai 2019
Photographies, Images, dessins, textes et témoignages Guillaume Lagnel Cie l'Arche de Noé Patrimoine et Création
« C’est à Collioure, en 1979, avec une impressionnante apparition sur la mer de grandes barques catalanes, gagnant le rivage chargées de géants, d’oiseaux blancs, d’animaux et d’étranges musiques, que j’ai ouvert mon théâtre à la rue...» Guillaume Lagnel

Suivirent de nombreuses créations de spectacles et d’événementiels aux confluences des mers jusqu’à St Jacques de Compostelle. Imaginés sur l’eau, avec des embarcations, ou sur terre à travers des espaces patrimoniaux: cortèges processionnels, autour d’ex voto et légendaires marins, mises en scène en référence aux riches patrimoines de l’Atlantique et de la Méditerranée.

Puis viendra Carthage, la mémoire des sables ... Un spectacle qui se déroule comme un mystère antique, aux dimensions d'une tragédie, imaginé pour les ruines et théâtres antiques qui bordent les rivages de la Méditerranée.

Guillaume Lagnel s’est alors spécialisé sur le «maritime de Méditerranée», son histoire, ses traditions et son imaginaire.

A l’occasion de cette exposition seront présentées les images inédites de la reconstitution d’une pêche au SARDINAL en juin 1980, avec d’anciens pécheurs de Collioure. «La sardine a un oeil au courant et l’autre au soleil». Guillaume Lagnel avait filmé cette reconstitution initiée par la Fondation de Collioure aux côtés de deux éminents photographes : Bruno Gautier et Daniel Staquet.

Exposition tous les jours de 14h à 18h sauf le lundi 15 avril et les mercredis - Entrée libre

Une invitation de la commune de Collioure 

Une production : 

- "L'Institut hors les murs" - Limoux 

- Guillaume Lagnel - Incandescence

Le Sardinal : montage images : Olivier Caors

Photographies :

- Le Sardinal : photos Daniel Staquet 1980

- Parade Maritime Collioure août 1979 

- Carthage Elyssa/Didon 2009

Masques : Chab - Blanco à Céret / Chab - AS Hubert à Carthage - costume Valerie Gosselin - Barque Michel Roy Roger Tornambe

 

Guillaume LAGNEL

Théâtre de l'Archipel

Du 25 au 28 avril

Clown

RIEN À DIRE

Leandre

 

L'Archipel

Perpignan

 

 

 

 

 

Une pincée de poésie, quelques grammes de fantaisie et des brassées de rire pour voir l'humanité différemment ! 

Jeudi 25 avril - 19h

 

Vendredi 26 avril - 20h30

 

Samedi 27 avril - 18h

 

Dimanche 28 avril - 16h30

 

Le Carré / à partir de6 ans

durée 1h / Tarifs de10 à16€

Les 09 & 10 mai

spectacle en italien surtitré en français

 

PIER PAOLO PASOLINI (PPP)

Dernier inventaire avant liquidation
Ricci/Forte

 

L'ARCHIPEL

 

 

 

 

 

Y a-t-il encore une éthique pour notre société ? Les comédiens de la troupe autour de Ricci/Forte nous montrent le chemin.

 

Jeudi 09 mai - 19h

Vendredi 10 mai - 20h30

Le Grenat / durée 1h30

Tarifs de 10 à 20€

 

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 23:35
Sarah Halimi

Sarah Halimi

 

Café philo ce vendredi

BANYULS-SUR-MER

 

Vendredi 2 février, l’association Walter-Benjamin propose un Café philo sur le thème de « La connaissance de soi par la drogue », avec le récit des expériences du philosophe Walter Benjamin, par André Roger, psychanalyste. 18 h 15, salle Novelty à Banyuls. Entrée libre

 

(L'Indépendant de ce vendredi 2/2/2018)

 

L’Association Walter Benjamin propose un café philo sur le thème de « la connaissance de soi par la drogue », avec le récit des expériences du philosophe, par André ROGER, psychanalyste.

Vendredi 2 février, à partir de 18h158, salle Novelty, Banyuls, (entrée libre et gratuite).

"L’ivresse gagne en clarté", selon Walter Benjamin.

Les premiers protocoles expérimentaux avec le haschich, Walter Benjamin les observe et les décrit dès 1927, à Berlin, avec les psychiatres Friz Frankel et Ernst Joêl. 

Jusqu’en 1934, il consignera avec précision de nouvelles observations sous l’emprise du hachich et occasionnellement de la mescaline ou de l’opium, à Marseille et à Ibiza.

Ces considérations subtiles indiquent "des rapports étroits entre ivresse et savoir : l’un nourrit l’autre et réciproquement». C’est "Une illumination profane d’inspiration matérialiste et anthropologique », à laquelle peuvent servir de propédeutiques, le hashich, l’opium ou toute autre ivresse du même genre, selon Walter Benjamin.

 

*Contact : 06 31 69 09 32

Sarah Halimi, une histoire française

 (C) Noémie Halioua -

 

Le 4 avril, dans une HLM de Belleville, Sarah Halimi, une retraitée juive de 65 ans, a été torturée, puis défenestrée aux cris de « Allah Akbar » par Kobili Traoré, son voisin de 27 ans. La barbarie du crime été aggravée par des semaines de déni médiatique et politique, et par le refus d’évoquer l’hypothèse antisémite. Enquête. 

 

« Tuer un juif en France n’a-t-il aucune importance ? » Cette question hante William Attal depuis presque deux mois. Depuis cette nuit tragique où sa grande sœur a été assassinée à son domicile par Kobili Traoré, son voisin de 27 ans. Sarah Halimi, 65 ans, était mère de trois enfants. Cette ex-directrice de crèche divorcée, décrite comme « discrète, gentille, serviable », vivait depuis plus de trente ans dans une HLM parisienne, au cœur de Belleville. Le 4 avril, elle a été battue, torturée, puis défenestrée du troisième étage aux cris de « Allah akbar ». Dans la courette intérieure du 26 de la rue de Vaucouleurs où son corps a été découvert sans vie, son frère scrute les fenêtres.« Forcément, tous les voisins l’ont entendue hurler, il aurait fallu seulement quelques secondes pour la sauver ! » répète le petit bonhomme, la voix brisée. La pelouse arborée sépare d’à peine une dizaine de mètres deux immeubles lépreux qui se font face. Dans cette petite cité, toutes les familles se connaissent. Malgré le regard inquisiteur de la concierge, William Attal, kippa dissimulée sous sa casquette, sonne aux portes. Pour la plupart celles-ci restent closes. Les voisins qui acceptent de lui ouvrir hésitent à parler. Certains bafouillent des condoléances gênées, d’autres avouent à demi-mot avoir peur. Beaucoup prétendent qu’ils n’étaient pas là la nuit du meurtre. Personne « n’a rien vu ni entendu ».

La loi du silence qui règne dans le quartier fait écho à l’indifférence médiatique et politique qui a longtemps entouré cet assassinat. Il aura fallu sept semaines, la colère de quelques juifs et une conférence de presse au cours de laquelle les avocats ont dénoncé « une chape de plomb », pour que les médias généralistes s’y intéressent. En pleine campagne présidentielle, ces derniers n’avaient d’yeux que pour la garde-robe de François Fillon quand ce n’était pas pour celle de Brigitte Macron. Au lendemain du crime, l’AFP, reprise par Le Parisien, évoquait « la chute » d’une femme juive, Claude Askolovitch parlait dans sa chronique de Slate, de « cette vieille dame assassinée qui panique la communauté juive ». Tandis que Marine Le Pen, seule politique à dénoncer ce crime, était encore donnée en tête au premier tour par les sondages, les représentants communautaires tentaient de minimiser l’affaire. Le Crif, qui s’est depuis porté partie civile, faisait alors la chasse aux fausses rumeurs. Il est vrai que le procureur de la République de Paris, François Molins, avait déclaré trois jours après le meurtre : « Rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. » Il n’en reste pas moins que les faits, d’une violence inouïe, n’ont rien d’anecdotique. Loin d’être un crime ordinaire, le meurtre de Sarah Halimi, par son extrême barbarie, ses protagonistes et son contexte politique brûlant, est le symptôme d’une profonde crise de civilisation.

Il est environ 4 h 30 du matin lorsque Kobili Traoré pénètre dans le F4 de sa voisine, situé au troisième étage. « Un monstre est entré dans l’appartement de ma sœur au milieu de la nuit et s’en est suivi ce qu’aucun être humain ne peut supporter », explique William Attal, le cœur serré. Nul ne sait s’il a surpris sa victime dans son sommeil. Cependant, il est probable qu’en voyant le visage de Kobili Traoré, Sarah Halimi a immédiatement compris le sort qu’il lui réservait. Elle connaissait son agresseur. Elle avait d’ailleurs confié à son fils être sur ses gardes et ne « respirer » que lors des séjours en prison de ce dernier. Lorsqu’il ne zonait pas dans le quartier, Kobili Traoré dealait dans les cages d’escalier. « Elle ne lui aurait jamais ouvert », affirment ses proches. Mais son agresseur n’a pas emprunté l’ascenseur. Il est passé par l’appartement voisin du bâtiment d’à côté, celui des Diarra dont le balcon jouxte celui de Sarah Halimi. La famille malienne est originaire du même village que les parents de Kobili Traoré. Le père lui ouvre. Tout se passe alors très vite. Le jeune homme, pieds nus, agité et violent, s’empare de la clef et referme la porte à double tour derrière lui. Il refuse de partir. Affolés, les Diarra et leurs quatre enfants se barricadent dans une chambre et appellent la police. Seul dans le salon, Kobili Traoré récite des sourates du Coran en arabe : « Ça va être la mort », conclut-il son invocation. Quelques minutes plus tard, il est dans l’appartement 45 : le supplice de Sarah Halimi commence.

Il va durer environ 40 minutes. Le désordre et les traces de sang dans le salon révèlent un premier déchaînement de violence. La scène se poursuit sur le balcon. Selon l’enquête de police, plusieurs témoins assistent, tétanisés, au massacre. « La première chose qui m’a réveillé, c’est des gémissements d’un être vivant en souffrance. C’était de la torture. », rapporte l’un d’entre eux, choqué par la bestialité de l’agression. « Au début, je pense que c’est un animal ou un bébé. Mais après, en ouvrant le rideau et en ouvrant la fenêtre, je comprends que c’est une femme qui gémit sous les coups qu’elle reçoit. À chaque coup, j’entends un gémissement, elle n’a même plus de force pour pousser un cri. » Pourtant, Kobili cogne et cogne encore. Il frappe tellement fort que son poing droit en est tuméfié. Tandis qu’il s’acharne sur sa victime, il la qualifie de sheitan (« démon » en arabe). Il alterne les « Allah akbar » ou « que dieu me soit témoin » et les insultes : « Tu vas la fermer ta gueule », « grosse pute ». Puis, il y a le silence. Kobili Traoré regarde sa victime : « C’est bon, tu bouges plus ? » lui lance-t-il. Sarah Halimi est inerte, mais toujours vivante. Les lampes des policiers de la BAC éclairent la cour. Les forces de l’ordre sont déjà sur place depuis un certain temps. Elles se sont d’abord positionnées derrière la porte de la famille Diarra. Mais effrayées par les invocations en arabe et craignant un attentat terroriste, elles réclament le renfort BRI pour intervenir. L’assassin comprend que la police est là. « Il y a une femme qui va se suicider ! » crie-t-il comme pour se couvrir. Il prend sa victime par les poignets et la soulève avant de faire basculer son corps par-dessus le balcon. Un voisin enregistre la chute avec le dictaphone de son portable. Il est environ 5 h 10 du matin. Sarah Halimi git, morte, dans la cour. Sa chemise de nuit blanche à fleurs bleues et sa robe de chambre écrue ne sont plus que chiffons écarlates.

Ce crime raconte une histoire. Celle du déni des médias et des politiques. Des juifs qui font leurs valises. Des « petits Blancs » interdits de séjours dans certains quartiers.

Parfaitement calme, Kobili Traoré est retourné prier dans l’appartement de la famille Diarra. Quelques heures après son interpellation, qui se déroule sans heurt, il est interné d’office en psychiatrie sans avoir été entendu. Le 14 avril, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour « homicide volontaire ». Le caractère antisémite n’a pas été retenu. Une décision qui a déclenché la colère de sa famille et de ses avocats pour qui cette circonstance aggravante ne fait aucun doute. Ni sa préméditation. Ils réclament aujourd’hui la requalification en assassinat et que soit reconnus la circonstance aggravante à caractère antisémite, ainsi que la séquestration, les actes de torture et de barbarie. Kobili Traoré ne pouvait ignorer la judéité de Sarah Halimi. La retraitée était une femme pieuse qui portait la perruque caractéristique des juives orthodoxes. Ses petits-fils venaient lui rendre visite coiffés d’une kippa. « Elle était connue comme la juive de l’immeuble », explique William Attal. Il y a cinq ans, une des deux filles de Sarah Halimi, Elisheva, avait été bousculée dans l’escalier par une des sœurs de l’agresseur qui lui avait lancé : « Sale juive ! » Le 9 avril, quelques jours après le décès de Sarah Halimi, une marche blanche a été organisée à Belleville à sa mémoire. Dans les cités voisines, les désormais traditionnels « Morts aux juifs ! » et « Nous, on a les kalash ! » ont fusé.

L’affaire Sarah Halimi n’est pas sans évoquer une autre affaire Halimi. C’était il y a dix ans. Ilan Halimi, 23 ans, était séquestré, torturé, laissé pour mort par Youssouf Fofana, le chef du gang des barbares, qui affirma lors de son procès : « Maintenant, chaque juif qui se balade en France se dit dans sa tête qu’il peut être enlevé à tout moment. » Ilan et Sarah n’ont aucun lien de parenté, mais sont tous deux enterrés au cimetière de Givat Shaul à Jérusalem. L’assassinat de Sarah Halimi rappelle également une autre affaire, plus méconnue, celle de Sébastien Selam. En 2003, ce DJ, âgé de 23 ans lui aussi, est égorgé puis défiguré à coups de couteau par son voisin de palier et ami d’enfance, Adel Amastaibou, qui déclare immédiatement après le meurtre : « J’ai tué un juif ! J’irai au paradis », avant d’insister devant les policiers : « C’est Allah qui le voulait. » Comme Kobili Traoré, il sera placé en psychiatrie. Pour ce meurtre, il n’a pas fait un seul jour de prison.

La dimension islamiste du meurtre de Sarah Halimi pose également question. L’assassin était-il « possédé », « marabouté », comme le prétend sa famille ? Ou était-il radicalisé comme le soupçonne l’avocat de la famille Halimi, Gilles-William Goldnadel ? Pour les médecins psychiatres qui l’ont examiné après son arrestation, Kobili Traoré souffrait de« troubles mentaux manifestes » incompatibles avec une garde à vue. Mais Goldnadelrefuse de croire à la thèse de la crise de démence. Il est vrai que l’assassin n’a aucun antécédent psychiatrique. « Il a le profil de tous les islamistes radicaux violents : son casier judiciaire est long comme un jour sans pain, avec des condamnations multiples et variées dans des histoires de drogue et de délinquance », constate-t-il. La veille du meurtre, Kobili a passé sa journée à la mosquée d’Omar qu’il fréquente de manière sporadique. La salle de prière de la rue Jean-Pierre-Timbaud, à quelques pas de la rue de Vaucouleurs, a la réputation d’être un temple de l’islam radical. Dès 2014, elle a nourri une filière de djihadistes en Afghanistan. « C’est une fabrique de tueurs », témoigne une voisine et amie de Sarah Halimi qui tient à rester anonyme. Cette femme d’origine kabyle n’était pas chez elle la nuit du meurtre. Pour elle, il n’y a aucun doute possible : cet assassinat est lié à la « terreur » qui règne dans le quartier. Une terreur qui lui rappelle« la décennie noire algérienne ». « Belleville a commencé à se transformer il y a une quinzaine d’années », explique-t-elle. Les délinquants et les barbus se sont alliés pour imposer leurs lois. « Ma fille s’est fait traiter de pute parce qu’elle venait à la maison avec son petit ami, mon fils a été agressé car il a la peau claire et les yeux bleus, s’étrangle-t-elle. Quand on n’est pas comme eux, on n’est rien ! » Depuis cinq ans, elle a entamé des démarches pour changer de logement, en vain. De même, la journaliste Géraldine Smith pensait aller au bout de son rêve de mixité social en s’installant à Belleville il y a vingt ans. Mais l’utopie diversitaire s’est transformée en cauchemar communautaire. Dans son livre, Rue Jean-Pierre Timbaud, une vie de famille entre barbus et bobos, elle décrit le quartier comme une enclave salafiste au cœur du Paris des bourgeois bohème. L’atmosphère est devenue pesante pour les musulmans eux-mêmes.

« Qu’est-ce que tu fais encore là-bas ? »

Les Kadda sont les voisins de palier de Sarah Halimi. Ils étaient au Maroc lorsqu’elle a été assassinée. Ils confient avoir beaucoup pleuré lorsqu’ils ont appris la nouvelle. « Si j’avais été là, je serais intervenu avec l’un de mes fils », jure le père Kadda encore bouleversé. C’était une femme qui ne faisait pas de mal à une mouche. On l’aimait beaucoup. Pour nous, c’était quelqu’un de la famille. Le samedi, jour du shabbat, il m’arrivait d’aller allumer le gaz chez elle. » Comme Sarah Halimi, la famille Kadda s’est installée à Belleville dans les années 1980 et a vu le quartier changer. « Autrefois, il y avait une vraie convivialité, explique le père Kadda qui nous reçoit dans son salon marocain. Aujourd’hui, les jeunes fument la chicha sur le trottoir, il y a des dealers à chaque coin de rue. Le pire, c’est la passivité des habitants. Hier, j’ai vu un jeune arracher le sac d’une femme asiatique, il l’a bousculée et fait tomber, mais personne n’a bougé. »Les Kadda ont élevé leurs huit enfants à Belleville, tous bac + 5. Désormais, ce ne serait plus possible. À la retraite, ils pensent quitter ce quartier qu’ils ne reconnaissent plus, cette France qui n’est plus la France. Partir, c’était également le souhait de Sarah Halimi, lassée de vivre dans la peur. Elle en discutait régulièrement avec son fils Jonathan qui habite en Israël. Quelques heures avant la nuit fatidique, elle en parlait à sa sœur Béatrice, qui a fait son alyah, elle aussi. « Qu’est-ce que tu fais encore là-bas ? » lui avait lâché cette dernière, prophétique.

Antisémite ou pas, prémédité ou pas, l’assassinat de Sarah Halimi raconte une histoire française. Celle d’une décomposition. Du silence coupable des médias et des politiques. Des juifs qui font leurs valises. Des « petits blancs » interdits de séjours dans certains quartiers. Des pauvres de toutes les origines pris en otage du communautarisme et de l’islamisme, abandonnés à eux-mêmes par un État aveugle et impuissant. Pour Georges Bensoussan, ce crime rassemble tous les ingrédients du malaise français. « L’affaire Sarah Halimi n’est pas seulement une énième illustration de l’antisémitisme “nouveau” (nouveau, vraiment ? depuis près de vingt ans…), plus encore est-elle emblématique du musèlement de l’opinion par une oligarchie intellectuelle, médiatique et financière qui est en réalité minoritaire dans le pays, explique l’auteur des Territoires perdus de la République et d’Une France soumiseCet abandon des juifs paraît emblématique d’un abandon plus large des classes populaires et des classes moyennes par des milieux dirigeants qui semblent avoir délaissé les concepts de nation et de peuple. » Le frère de Sarah Halimi, dont le père a servi dans l’armée française, quittera le pays « quand tout cela sera fini ». William Attal dit la même chose avec d’autres mots. « La France était un pays magnifique, mais ce qui s’est produit à Belleville, c’est ce qui va se passer dans la France entière. »

 

 

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:01
Catherine Kintzler
Catherine Kintzler

A l'heure où le débat et la polémique traversent les médias (Emmanuel Todd, Catherine Fourest : "Eloge du blasphème"…) à propos de l'esprit CHARLIE (droit à caricaturer le prophète) ou des reculs de la laïcité (les musulmanes qui accompagnent des classes pourront porter le foulard), il est bon de revenir à des repères, scientifiques (Galilée) ou philosophiques (la laïcité = tolérance). Merci à Jo Falieu et à Guy Jacquet.

(JPBonnel)

*** Conférence de Catherine Kintzler

à Prades le 16 mai, 17h30 salle du Pessebre

La laïcité à l'épreuve du XXI° siècle

On présente souvent à tort la laïcité comme une pensée du passé, et de ce fait dépassée.

Or la laïcité ne se réduit ni à un principe philosophique susurrant, ni à un militantisme révolutionnaire qui a fait son temps. Au cours de son histoire la laïcité en actes a sans cesse dû s'adapter aux évolutions de la société, parfois en grande forme, parfois en profil bas.

Aujourd'hui voilà qu'elle se trouve confrontée à des problématiques nouvelles qui l'obligent à se redéfinir en fonction des attaques ou des menaces dont elle est l'objet; non seulement il importe de réagir positivement aux tentatives de réduction ou de déformation du sens, mais il nous appartient de plus en plus aujourd'hui de consolider ses assisses et la permanence de ses principes; penser la laïcité, aujourd'hui en France pour aujourd'hui et pour demain, mais aussi ailleurs dans le monde où elle essaye de s'établir ou de se renforcer. Un monde plein de cris et de tremblements nouveaux qui viennent frapper à notre porte, induits par des questions sociales et culturelles qui font tellement appel à plus de laïcité, mais surtout à une laïcité mieux comprise.

En témoignent les multiples affaires "du voile" qui ont abouti à l'adoption de la loi du 15 mars 2004 sur le refus des signes ostensibles d'appartenance dans l'espace public.

En témoignent aussi la réaction solidaire et citoyenne aux récents événements du 7 janvier et à la tuerie frénétique des fanatiques en quête de venger le prophète. L'émoi républicain qui en a résulté montre bien la forte empreinte que la laïcité et avec elle la liberté d'expression gardent dans la conscience des gens, non seulement en France , mais aussi dans de nombreux pays étrangers. Ceci justifie bien le fait que le principe de laïcité soit devenu constitutionnel.

Catherine Kintzler est philosophe, rompue à cet exercice de défense de la laïcité, auteure de plusieurs ouvrages sur l'origine de ce concept, sur la justification des combats laïques (elle a fait partie de la commission Stasi qui a abouti à la loi de 2004) et vient de publier récemment un nouvel ouvrage, éminemment philosophique, "Penser la laïcité". Très sollicitée depuis la fusillade à Charlie hebdo nous devons sa venue à Prades au fait que nous avions programmé sa conférence bien avant ces évènements lors d'une rencontre de soutien à une auteure canadienne, Djemila Benhabib, menacée pour ses idées et ses actions en faveur de la laïcité.

Que la laïcité se trouve mise à l'épreuve des réalités sociales n'est pas un fait nouveau; tout au long du vingtième siècle, elle a dû s'affirmer, faire sa place (célèbres "hussards noirs de la république), contre le cléricalisme et le nationalisme notamment (pourquoi ont-ils tué Jaurès?); elle a été réprimée sous Vichy, concurrencée par les écoles privées sous contrat, agressée par les obscurantismes religieux.

Plus que jamais aujourd'hui il importe de ne pas laisser s'installer ces représentations faussées de la laïcité que sont la laïcité ouverte, positive, plurielle,etc...Adjectiver la laïcité c'est sous-entendre qu'elle n'est rien de tout cela, tout en la caricaturant en la traitant d'idéologie voire même de religion sans Dieu; or elle est déjà tout cela, ouverte positive ... de par son universalité et son rapport à l'espace public. Il importe encore de ne pas laisser se développer des dérapages politiques tels que la frénésie identitaire et autres discriminations comportant son pesant de racisme latent ou déclaré. Il importe de se porter garant d'une citoyenneté authentique permettant que s'installe et perdure un vivre ensemble favorisant la justice sociale, l'empathie et la fraternité. Tel est l'enjeu de maintenir le choix laïque et de penser dès aujourd'hui la laïcité de demain.

Jo Falieu, Président de l' ALEC

- - - - -

*** Hé, Galilée, on avance !!!

Dernièrement, un religieux saoudien (cheikh Al-Bandar Khaibari, membre de la famille royale saoudienne, s'il vous plaît!) a expliqué, au cours d'une conférence universitaire, que la Terre ne tournait pas autour du Soleil.

Affirmation appuyée par une démonstration édifiante .

"La Terre se déplace t-elle ou est-elle fixe ?"

Voilà la question que s'est vu poser le cheikh Al-Bandar Khaibari lors d'une conférence tenue dans une université aux Émirats arabes unis.

Sauf que ce religieux n'a pas vraiment répondu comme on s'y attendait.

Il a en effet affirmé devant les étudiants que la Terre était fixe et ne se déplaçait pas.

Mais il ne s'est pas arrêté là.

Il est allé plus loin en déclarant que c'était le Soleil qui tournait autour de la Terre.

Cet héliocentrisme nous ramène aux affirmations de l’Église Catholique, obligeant Galilée à se parjurer au Vatican (1633 !)

Pour appuyer sa théorie, Al-Bandar Khaibari a fait une démonstration en utilisant un verre pour représenter la Terre

et en prenant en compte un situation relativement simple :

un avion voyageant vers un autre pays.

Selon lui, si la Terre tournait réellement, les avions n'arriveraient jamais à destination. "Si nous quittons l'aéroport de Charjah pour aller en Chine et que la Terre tourne sur elle-même, si l'avion s'arrête dans les airs, la Chine ne va t-elle pas venir d'elle-même vers l'avion ?", a-t-il expliqué.

Moitié du cerveau du type, L'autre partie s'est perdue dans un tourbillon de la force de Coriolis,

Et "si la Terre tourne sur elle-même dans l'autre sens, l'avion ne sera pas capable d'atteindre la Chine parce que la Chine tourne aussi, en même temps que l'avion".

Une démonstration qui a fait réagir le net Partagées notamment par le site Al Arabiya,

les images de la conférence du Saoudien ont fait le tour du web et ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux dont Twitter.

Néanmoins, le cheikh Al-Bandar Khaibari n'en est apparemment pas à son coup d'essai , puisqu'il avait déjà affirmé lors de précédentes allocutions que l'Homme n'est jamais allé sur la Lune et que les images des missions Apollo ont été tournées dans des studios d'Hollywood.

Ne dit-on pas que Hollywood est ''la Mecque du Cinéma'' ?

En tout ce mec a le feu au keffieh ,,,

Peut-être une surchauffe solaire,

s'il est resté en point fixe dans le désert

GaliléoGalileiGuyPiù

Le religieux saoudien Cheikh Al-Bandar Khaibari

Le religieux saoudien Cheikh Al-Bandar Khaibari

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 10:50
Noli me tangere
Noli me tangere

Spectacle La Reine des Catins à Perpignan du 4 au 7 avril 2015

Rendez vous à Perpignan pour découvrir un spectacle La Reine des Catins avec Atelier Théâtre Du Lycée De Barcelone.. Ce spectacle sera en représentation à Perpignan - Théâtre De La Rencontre, du samedi 4 avril 2015 au mardi 7 avril 2015.

image: http://static.agendaculturel.fr/e/400x266/2015/03/23/la-reine-des-catins-perpignan-reduite-p4v3.jpg

DU 4 SAMEDI AVRIL 2015

AU

7 MARDI AVRIL 2015

14h30 • 17h30 20h30

Théâtre de la rencontre (3.00 €)

Plus d'infos sur le spectacle La Reine des Catins à Perpignan

Adalbert Lafayette, le roi du régime, mène une vie de star à New Orleans jusqu'au mariage de sa fille qui, pour une raison fort cocasse et inattendue, décide de se venger de son ex-futur époux et un peu de son père en devenant... la Reine des Catins ! Des vieilles rombières reliftées, des membres du KKK tous plus abrutis les uns que les autres, un beau-fils empoté à l'extrême...tout ce beau monde se retrouve imbriqué dans un vaudeville endiablé arrosé de musique, de chants et...de Tabasco!!

En savoir plus sur http://66.agendaculturel.fr/theatre/perpignan/theatre-de-la-rencontre/la-reine-des-catins.html#8QLV2QkMGIKrTCRl.99

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Le roman de Marie Madeleine :

 

 

Fille de plaisir, païenne, prostituée, Marie de Magdala, décrite dans l'Evangile selon Saint-Luc..?

 

Les peintres ont insisté sur sa sensualité, sur les signes distinctifs de sa coiffure, sur sa parure… Le vase de parfum posé près d'elle distingue Madeleine. 

 

Après la figure du désir apparaît l'image de la sainte : la repentante, l'éplorée, la femme méditative à qui le Christ apparaît, lors de la Résurrection…

 

Les peintres privilégient sa beauté, les atours de la courtisane, plus amoureuse que douloureuse (Véronèse), mais la majorité (Le Greco, Ribera…) la peignent dans sa souffrance et son exil au désert...

 

C'est un personnage intéressant, à la limite du monde des plaisirs et de celui de la sainteté; il est difficile de représenter le désir et la frustration de Magdalena qui se mêle à son amour pour le divin : "Noli me tangere." lui ordonne le Christ…

 

Or, le couple ne s'est-il pas déjà touché ? Plusieurs recherches sérieuses ont même affirmé que Jésus avait eu deux enfants de l'ancienne tentatrice…

 

Je viens de lire le livre passionnant de Jean-Yves Leloup : Le roman de Marie Madeleine (Albin Michel, édition de poche, 2009). 

L'auteur montre que c'était une femme "innombrable" : Myriam de Magdala, un être paradoxal, femme éternelle, à la fois charnelle et spirituelle….

 

Provocante et innocente beauté…

Ainsi faudrait-il vivre sa croyance, en pratiquant les plaisirs les plus "obscènes" (tels Caravage ou Pasolini) tout en gardant en soi une ferveur extrême, en restant fidèle à Dieu, à celui qu'on a choisi, ou qui vous a choisi… Tout cela, ce plaisir de vivre de façon sensuelle et libre, sans le moindre jugement moral !

C'est pour cette raison que j'aime le premier Saint-Augustin, celui de l'adolescence et des plaisirs...

 

C'est ce que j'ose avancer, moi qui ne crois en rien, car il m'a ignoré, moi, le pauvre païen perdu dans ses mots inutiles…

 

Oui, revenons aux Grecs qui "donnaient à la beauté du corps un caractère de révélation religieuse : regarder les corps nus d'un homme ou d'une femme, jeunes évidemment, n'avait pour eux rien d'obscène…" (page 27)   -   J.P.Bonnel -

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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