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29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 09:49
François Berléand dans sa cave à Paris - H. Bizeul au Clos des Fées
François Berléand dans sa cave à Paris - H. Bizeul au Clos des Fées
François Berléand dans sa cave à Paris - H. Bizeul au Clos des Fées
François Berléand dans sa cave à Paris - H. Bizeul au Clos des Fées

François Berléand dans sa cave à Paris - H. Bizeul au Clos des Fées

François Berléand : « J’aime autant le plaisir que procure le vin que sa culture »

Le comédien a plongé dans sa cave et ses souvenirs de dégustation pour créer, avec le vigneron Hervé Bizeul, du Clos des Fées, un côtes-catalanes dont les bénéfices iront aux familles d’agriculteurs en détresse.

François Berléand, dans sa cave, à Paris, le 15 juin 2021.

... Je ne suis pas taquin, je suis économe ! Mais promis, je ne le ferai plus. Récemment, j’ai eu l’occasion de réfléchir aux caractéristiques des vins que j’aime grâce à Hervé Bizeul, qui a créé, il y a une vingtaine d’années, le domaine du Clos des Fées, dans le Roussillon. Il y a deux ou trois ans, il m’a appelé pour participer à une bonne cause. Savez-vous que chaque jour un agriculteur se suicide ? C’est le chiffre officiel de la Mutualité sociale agricole. Et ce chiffre a encore augmenté depuis le début de l’année.

Lire l’enquête : Suicides d’agriculteurs, l’hécatombe silencieuse

Personne ne parle de ce mal-être, alors que l’agriculture a le plus fort taux de suicide, toutes professions confondues. Hervé Bizeul m’a donc demandé si je voulais participer à une cuvée dont les bénéfices iraient à ces familles en détresse. J’ai bien sûr accepté.

 

Propos recueillis par  

Publié le 27 juin 2021 
François Berléand : « J’aime autant le plaisir que procure le vin que sa culture »

Le comédien a plongé dans sa cave et ses souvenirs de dégustation pour créer, avec le vigneron Hervé Bizeul, du Clos des Fées, un côtes-catalanes dont les bénéfices iront aux familles d’agriculteurs en détresse.

Propos recueillis par 

Publié le 27 juin 2021  
A 69 ans, le comédien François Berléand est une figure centrale du théâtre et du cinéma français. Il a joué dans une quarantaine de pièces et cent vingt films depuis 1973. Nommé à trois reprises aux Césars, il a décroché celui du meilleur second rôle en 2000 pour Ma petite entreprise, de Pierre Jolivet.

En ce début d’été, il prépare sa rentrée théâtrale aux Bouffes parisiens, où il jouera dans la pièce 88 fois l’infini, d’Isabelle Le Nouvel, aux côtés de Niels Arestrup. Il a accepté d’interrompre ce travail pour partager, passant de la gravité à l’humour, sa passion gourmande pour le vin, témoignage d’une sacrée joie de vivre.

Mon grand-père, un Belge qui était un fou de pomerol. Il ne buvait pas beaucoup car il était malade – des conséquences de la guerre de 1914-1918 – mais, pour les grandes occasions, il sortait des grands pomerols. Sa belle-fille, la femme de mon oncle, était Bordelaise et l’avait introduit dans quelques domaines prestigieux. Il achetait du petrus quand c’était encore accessible, avant le milieu des années 1980. Le vin n’était pas aussi cher que maintenant.

 

Quand j’ai eu 6 ou 7 ans, il a commencé à me faire sentir son verre de vin en me demandant ce que je ressentais, puis c’est devenu un rituel trois ou quatre fois par an. A l’âge de 12 ans, j’ai eu le droit de goûter un tout petit peu, et je n’ai pas du tout aimé.

L’année d’après, ça m’a plus plu, ce n’était pas si mauvais que ça ! A chaque fois, mon grand-père me demandait d’abord mes sensations au nez, puis de manière plus générale. C’est exactement ça qui est important avec le vin. A 15 ans, j’ai commencé à bien apprécier. Le pomerol, c’est quelque chose…

Votre palais a été formé aux vins de Bordeaux. Votre cave en contient-elle beaucoup ?

Ah oui, même si, depuis mon grand-père, j’ai exploré beaucoup d’autres régions. En 1979, j’ai constitué ma première cave avec de très bons vins de Bordeaux. J’avais acheté des 1975 et 1976, et ce n’était pas du tout les mêmes prix qu’aujourd’hui.

J’habitais au cinquième étage sans ascenseur, un poêle en fonte chauffait mes trois pièces. Je faisais des dîners au moins une fois par semaine. J’adorais cuisiner pour mes amis, même si je n’avais que deux petits feux à gaz, un tout petit frigo et même pas de four. Plus tard, j’ai pu acheter un four dans lequel je pouvais mettre un poulet pour deux, pas pour trois !

On se recevait les uns chez les autres. On achetait des bouquins de cuisine des grands chefs, Troisgros, Bocuse, etc. Et je descendais dans ma cave pour sélectionner les vins. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que mes amis préféraient le début de l’ivresse aux vins eux-mêmes. Un soir, je leur ai fait une chose épouvantable. J’ai transvasé du Vieux Cep, un vin imbuvable qui n’existe plus, dans de belles bouteilles. Personne ne s’en est rendu compte. Ils disaient même que le vin était bon !

Vous êtes taquin ! Quelle sorte de vins aimez-vous partager aujourd’hui ?

Je ne suis pas taquin, je suis économe ! Mais promis, je ne le ferai plus. Récemment, j’ai eu l’occasion de réfléchir aux caractéristiques des vins que j’aime grâce à Hervé Bizeul, qui a créé, il y a une vingtaine d’années, le domaine du Clos des Fées, dans le Roussillon. Il y a deux ou trois ans, il m’a appelé pour participer à une bonne cause. Savez-vous que chaque jour un agriculteur se suicide ? C’est le chiffre officiel de la Mutualité sociale agricole. Et ce chiffre a encore augmenté depuis le début de l’année.

Lire l’enquête : Suicides d’agriculteurs, l’hécatombe silencieuse

Personne ne parle de ce mal-être, alors que l’agriculture a le plus fort taux de suicide, toutes professions confondues. Hervé Bizeul m’a donc demandé si je voulais participer à une cuvée dont les bénéfices iraient à ces familles en détresse. J’ai bien sûr accepté.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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