Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
*Piano à Collioure - Entretien avec Anne Queffélec, pianiste de renommée internationale et membre du jury du 8° concours Alain Marinaro -
Le patio andalou et le jardin exotique de l'hôtel Casa Païral de Collioure accueillent cette semaine la fraîcheur des matins et le talent de jeunes interprètes du concours Alain Marinaro.
L'association du même nom, dirigée par Dalila et Jen-Yves Marinaro font alterner, grâce au mécènes -Conseil départemental, mairie de Collioure, Maif, Casino de Collioure…- concerts gratuits (à l'hôtel et en ville) et concerts payants (10 et 15 euros) au centre culturel et au square Caloni.
La grande pianiste, Anne Queffelec, fait partie, avec Daniel Tosi, du jury qui décernera les prix de ce 8ème concours international, initié par l'ancienne municipalité de Michel Moly et poursuivi, dans une belle continuité par le maire actuel, Jacques Manya.
Anne Queffelec n'a pas voulu assiser aux concerts matinaux pour ne pas être, dit-elle, "influencée". Elle vient plus tard à notre rencontre, avec Dalila et Jean-Yves, ainsi qu'avec la dynamique propriétaire de la "Casa Païral".
L'enfance
"Mes deux parents aimaient la musique, explique A. Queffelec. Le père, romancier célèbre, composait; il mélangeait la musique bretonne et Mozart ! Pour lui, les valeurs de l'esprit étaient prioritaires.
Chez nous, pas de télé, ni radio, ni tourne-disque ! Plus tard, l'arrivée de ces appareils constitua une fête : j'avais douze ans à l'apparition, au domicile familial, de la première radio...
Mais l'essentiel était là : le piano grâce à ma mère au niveau élevé : elle avait étudié dans l'école fondée à Paris par Alfred Cortot. Je n'ai pas décidé à devenir papiste : chacun de nous a un chemin particulier; il faut savoir diriger son destin; il faut saisir les opportunités offertes par l'existence…
A huit ans, mes parents décident de m'envoyer à un cours privé dirigé par l'assistante de Cortot : grâce aux aménagements horaires, j'ai pu poursuivre mes études en classe, dans le 15° arrondissement de Paris. Je rentre ensuite au conservatoire à l'âge de quinze ans, directement en classe supérieure, pour éviter les pertes de temps… J'obtiens le prix de piano au bout d'un an et j'entre en troisième cycle. Je ne garde du Conservatoire que de bons souvenirs: "l'esprit conservatoire" est souvent synonyme de réplétion, de pensum; pour moi cet esprit est lié à l'ouverture vers les cycles et les concours internationaux !
La Catalogne
"Je n'ai pas d'attache avec les Pyrénées-Orientales"; simplement, dans ma prime jeunesse, je suis venu en vacances à Perpignan et à Arles sut Tech : je me souviens du Canigou ! Plus tard, j'ai travaillé avec Daniel Tosi pour une "Académie" au Conservatoire de Perpignan…
Quant au Festival de piano d'Elne, accessible à un public populaire pour un prix modeste, c'est bien : je serais heureuse d'y participer l'année prochaine, pour les dix ans : les artistes doivent faire des forts pour aider les festivals des villages !
La musique française
"Après mon disque sur Eric Satie, je viens de sortir un CD "diapason d'or" sur Scarlatti; j'adore la musique française :son charme, sa grâce, sa concision, son élégance, alors qu'elle es souvent associée à la superficialité ! Or, comme l'a si bien dit Claudel à propos de sa soeur Camille : "Elle est mystère en pleine lumière !"
La musique française, c'est ça : il y a du tragique chez Ravel, par exemple dans Gaspard de la Nuit, chez Duparc, Chausson et Debussy; ainsi dans "En blanchet noir", suite pour deux pianos, et même dans les mélodies. Ces musiciens expriment le sentiment tragique de la vie. Chez Satie, sous l'humour, l'autodérision, les sarcasmes, on trouve une grade mélancolie ! Satie, c'est un homme masqué, il a mené une vie de solitude et de misère…
Les contemporains
La musique d'aujourd'hui offre un vaste panorama. Et pourtant, j'ai envie de revenir aux Classiques, aux morceaux connus, de les revivre : par exemple la Fantaisie de Schumann, que je vais revisiter…
Les compositeurs contemporains présentent des visages variés; j'ai enregistré un disque de musiques de Dutilleux; ce musicien était un humaniste, et après osa mort, des gens qui font de la morale après coup ont diffusé des infamies, des mensonges ! Or, Dutilleux était d'une intégrité exceptionnelle…
Mon prochaine disque sera consacré à Mozart : oui, encore lui, mais l'oeuvre musicale est ouverte, tout le temps renouvelée, jamais figée, c'est le principe d'une oeuvre éternelle !
Bref, Mozart est l'homme de ma vie !"
Propos recueillis par J.P.Bonnel
* Anne Queffelec donnera un grand récital de clôture mercredi 1er juillet, à 21 heures, au Théâtre de la mer (Square Caloni) - Entrée : 15 euros - Billets en vente à l'Office de Tourisme de Collioure - à la boutique Harmonia Mundi, rue de l'Ange, Perpignan - Contact : 06 24 43 62 59.
- - -
Collioure - Echos du Campanar : la pendule du clocher - Bonnel
Les habitants de Collioure sont désorientés ? Déboussolés ? Ils ne peuvent plus lire l'heure sur le célèbre clocher de Notre Dame des Anges…
En effet, la grosse pendule est en panne depuis trois semaines, car le mécanisme est hors service, bel et bien mort ! Il a fallu en fabriquer un autre, explique Daniel Coupé, adjoint au maire et responsable des travaux et des services techniques.
En fait, le clocher sonne les heures mais l'affichage du temps est incorrect : à midi, il est dix heures et vous devez encore travailler. Commerçants, cafetiers et serveurs n'ont plus leur repère et les touristes et baigneurs sont étonnés…
Bon, rassurez-vous, cela ne va durer qu'un temps… La pendule va être remise en marche à la fin de la semaine prochaine, et juillet commencera à l'heure !
Les travaux ont pris du retard, car le technicien, venu à plusieurs reprises, n'a pas tout de suite trouvé le bon mécanisme… Il n'en coûtera que mille euros : ce n'est pas vraiment cher, quand on dit que le temps, c'est de l'argent …
Jean-Pierre Bonnel