
Avec ses lunettes arrondies, sa propension à rêver en marchant, ses allures de gaffeur professionnel, Patrick Zelnik a marqué l’industrie musicale française. On lui doit le « son à la française » des années 1980, porté par la création de la branche hexagonale de Virgin Records, puis une conception multiculturelle de la musique défendue par sa « maison », Naïve.
Hypnotiquement bavard, observateur pointu de l’histoire de la production discographique mondiale, Patrick Zelnik fut aussi le héraut des dossiers délicats : ouverture du dimanche des Megastores, aménagement de la loi Hadopi contre le téléchargement illégal, baisse de la TVA sur le disque, adoption d’une « taxe Google »… Celui qui avait porté les Rita Mitsouko, et plus tard Carla Bruni, est mort le 17 septembre à Paris, à 79 ans, a annoncé sa famille au Monde.
Patrick Zelnik est né le 10 novembre 1946 dans une famille juive ashkénaze dont les origines se situent entre Odessa et Varsovie. Son père dirige une société de confection ; sa mère, femme de culture, fréquente Georges Brassens (1921-1981) et son compère, l’écrivain René Fallet (1927-1983), dont le jeune Patrick, initié au piano par une professeure russe, tente de mettre des poèmes en musique.
Etudiant à l’université Paris Dauphine et à Sciences Po, il lit Billboard, la bible des professionnels de la musique. « Je voyais, se souvenait-il, des types à cheveux longs et sans cravate qui étaient directeurs du marketing », le rêve. Après un passage par Londres, il entre « en maison de disques » en 1973, chez Polydor. Gravissant vite les échelons, il en devient le directeur international et marketing, un domaine qu’il ne cessera de peaufiner avec intelligence...
(extrait) (C) Le Monde -
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