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27 juin 2022 1 27 /06 /juin /2022 10:55
Perpignan : artistes pour l'Ukraine -  Le Département, partenaire numéro 1 des associations des Pyrénées-Orientales - Pourquoi le succès du RN aux législatives ?
Perpignan : artistes pour l'Ukraine -  Le Département, partenaire numéro 1 des associations des Pyrénées-Orientales - Pourquoi le succès du RN aux législatives ?

CD66 et le monde associatif

Le Département est le partenaire numéro un des associations des Pyrénées-Orientales.

 

Il intervient notamment pour organiser des temps de rencontres lors des ateliers associatifs tout au long de l’année.

En 2018 et 2019 des « Rencontres de la vie associative et du bénévolat » (titre provisoire) ont également été organisées. 

Après la période « Covid » il a paru indispensable de renouveler cette manifestation pour les associations, les bénévoles et les citoyens.

 

Le Département organise donc, le samedi 22 octobre 2022, la fête des associations, du bénévolat et de l’engagement citoyen.

Cet évènement aura lieu au Palais des Rois de Majorque à Perpignan.

Cette journée se déroulera en deux temps forts :

 

Le matin sera consacré à des ateliers associatifs. Le détail de l’organisation et les thématiques vous seront indiquées plus tard. Pour assister à ces temps d’échange, une inscription sera nécessaire. Nous reviendrons vers vous à partir de septembre 2022 pour de plus amples informations. 

 

L'après-midi sera consacrée à la rencontre des associations et du public (citoyens et bénévoles) avec de nombreux stands et animations pour recruter des bénévoles et présenter les associations.

Si vous souhaitez tenir un stand l'après-midi, vous pouvez proposer votre candidature en cliquant ici (places limitées soumises à validation).

Attention : date limite d’envoi des candidatures : Lundi 18 juillet 2022

 

A votre disposition pour tout complément.

L'équipe de la Direction de la vie associative

-Le Département des Pyrénées Orientales

   www.pass66.fr

Permanences téléphoniques : 04 68 85 89 92 - le lundi, mercredi et vendredi matin de 9h à 11h30 et le mardi et jeudi après-midi de 14h à 16h30.

 Permanences physiques : 30, rue Pierre Bretonneau (2ème étage) à Perpignan - sur Rendez-Vous

Par mail pass66@cd66.fr

- - - Extrême-droite : succès du RN dans le 66 et le péri-urbain

 

Perpignan a moins voté pour le RN...et son maire...

Le FN était un symptôme des erreurs et fautes de la gauche (abandon des classes populaires...reniement, éloignement...) et une façon populiste d'exprimer sa colère, comme pour les gilets jaunes et les insoumis... à présent, le RN qui entre en force au parlement est-il intégré à la République et est-il devenu démocratique..?

 

On peut en douter : Marine Le Pen voulait détricoter l'Europe par des décrets, désirait supprimer la ligue des droits de l'Homme, voulait se débarrasser des médias gênants en privatisant les chaînes publiques et France-Inter...

 

JPB

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Pyrénées-Orientales : pourquoi le périurbain s'est jeté dans les bras du Rassemblement national

 

Les universitaires Nicolas Lebourg et David Giband se penchent sur les résultats des élections à Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales.  

(C) L'Indépendant - Publié le 25/06/2022 à 17:26

Les universitaires David Giband, professeur en urbanisme, et Nicolas Lebourg, historien et spécialiste de l'extrême droite, analysent les résultats des législatives et des présidentielles en se penchant sur l’évolution territoriale du vote en faveur du Rassemblement national dans les Pyrénées-Orientales. Et plus particulièrement au regard de la situation à Perpignan dirigée depuis deux ans par Louis Aliot. Votes dans le périurbain, dynamiques électorales à Perpignan, situation de la gauche, les chercheurs apportent leurs réflexions et dressent les perspectives pour les années à venir. 

Comment expliquez ce succès de Louis Aliot et du Rassemblement national lors de ces législatives ?

David Giband : Il y a une explosion du vote RN dans le périurbain. On remarque bien un effet de traînée de poudre en quelques années à travers les trois vallées et une percée très nette en débordant du périurbain vers les zones de montagne. On a des progressions fortes dans des villes où le vote RN ne devrait pas être si fort. C’est Céret, une commune bourgeoise, sans trop de problèmes, ou encore Prades, qui a eu il n’y a pas si longtemps Jean Castex comme maire. On peut parler d'Elne, cette ville paradoxale qui vote RN et dont le maire Nicolas Garcia est communiste. Puis dans certaines communes, le vote pour Marine Le Pen a progressé de près de 80 % comme à Pollestres ou Pézilla-la-Rivière.

 

Nicolas Lebourg : Si on considère les données socio-économiques de ces villes plutôt que leurs étiquettes partisanes, on peut mieux comprendre les choix de ses électeurs. Ces villes sont en périphérie de Perpignan, censée être la ville-centre même si elle ne dirige pas l’Agglo. Quand vous prenez les 20 circonscriptions où Marine Le Pen a obtenu ses meilleurs scores près de 31% de la population y vit dans une commune rurale périurbaine, soit le triple que dans les 20 circonscriptions où elle a ses plus mauvais scores. C’est quelque chose de net depuis longtemps : le score lepéniste est très lié à l’aménagement du territoire.

Selon vos études, vous corrélez cette poussée du RN dans le périurbain par la raréfaction du foncier entraînant contestation et colère ? 

David Giband : Les explications de ces votes aux présidentielles et aux législatives sont assez classiques. Je les associe aux évolutions du département et notamment aux évolutions foncières. Le foncier augmente fortement et se raréfie sur la plaine du Roussillon. Cela pénalise tout un tas de population, plutôt les classes moyennes inférieures, ouvriers, employés, qui pour se loger, se replient de plus en plus à l’intérieur des terres. Ils vivent doublement difficilement la situation nationale compliquée et la situation locale encore plus difficile. Ce sont des populations qui aujourd’hui ont du mal à joindre les deux bouts notamment avec cette hausse du foncier. Il y a une amertume de ne plus pouvoir se loger dans le village du Roussillon où on a grandi et de devoir s’installer au-delà d’Ille-sur-Têt, parfois après Prades. C’est la double peine : c’est loin et ça coûte cher car le prix du pétrole explose. Le vote RN va prospérer et s’enraciner si les conditions économiques perdurent. On est là sur une clientèle électorale que l’on retrouve dans le Nord-Pas-de-Calais. Des classes moyennes inférieures qui ont toujours ce souhait fort d’accéder à la propriété. Elles pouvaient par le passé voter à gauche, plutôt PS, et elles ne sont pas forcément passées par Macron ou la droite traditionnelle avant de basculer sur un vote RN. On remarque aussi que ces populations se sont aussi beaucoup abstenues. Cette dynamique économique et foncière, on la retrouve également dans l’Aude et dans l’Hérault avec toujours cette pression forte pour les employés et ouvriers.Cela a débuté sur le littoral et plus récemment avec les nouvelles restrictions limitant les constructions afin de préserver l’environnement, l’agriculture et les zones inondables. On a une raréfaction très forte du foncier. Mais dans le même temps, la demande continue d’augmenter avec 3 000 nouveaux arrivants tous les ans sur la plaine du Roussillon avec un tiers de retraité à peu près et avec des moyens plus élevés. Il y a une mise en concurrence du foncier, c’est d’autant plus clair dans le pavillonnaire, avec des gens qui ont les moyens, souvent extérieurs au département et plus âgés, puis les jeunes d’ici, des villages et aux revenus modestes, qui ont du mal à acheter et qui se reporte très loin sur la plaine

Cela créait des tensions et un système autour du foncier assez malsain avec cette obsession du pavillonnaire qui n’est pourtant plus possible pour qui ce soit. Il y a de la détresse et un sentiment d’abandon avec un vote de contestation qui de plus en plus devient un vote d’adhésion. Le contexte de pauvreté joue ici beaucoup avec cette part de représentation très forte de l’assistanat stigmatisant certaines catégories de la population.

 

Nicolas Lebourg : Tout à fait : conservons notre jeu de comparaison entre les meilleures et pires circonscriptions pour le vote Marine Le Pen, et comparons la 2e circonscription où Anaïs Sabatini a réussi à rassembler plus de 61% des électeurs aux 20 pires circonscriptions pour Marine Le Pen : dans la deuxième, on dépend quasiment deux fois plus de la voiture pour aller travailler, de même il y a beaucoup plus d’habitants qui n’ont pas sur leur commune de résidence accès à une pharmacie, ou un médecin. Ils peuvent plus difficilement se reconvertir professionnellement aux nouveaux emplois : le taux de bac +5 est trois fois plus faible que dans les territoires les moins lepénistes. Enfin, élément essentiel : c’est aussi un territoire inégalitaire : les classes populaires y représentent plus de 50% de la population contre 40% nationalement, tandis que les classes aisées ne représentent que la moitié de leur taux national. L’idée donc qu’on est un brave travailleur pris entre des "profiteurs d’en haut" (des élites, des riches) et des "profiteurs d’en bas", le discours sur l’assistanat des immigrés, peut plus aisément résonner.

À Perpignan, même avec quatre députées élues le 19 juin, ses scores électoraux sont bien moins bons que dans la dizaine de villes gérées par le RN ? 

David Giband : On a l’impression effectivement que le vote RN à Perpignan a atteint un seuil et s’est stabilisé. Sa marge de progression reste plus limitée. Dans la ville centre, le vote RN est un croissant nord-sud, avec les quartiers pavillonnaires périphériques alors que le bloc macroniste-libéral se trouve plutôt du côté de l’est et les quartiers résidentiels où on retrouve les catégories socioprofessionnelles plus aisées (Platanes, Mas Llaro). Enfin, on est devant une percée de la Nupes-France insoumise dans le centre-ville et les quartiers populaires (bas-Vernet est et ouest). C’est une image différente de celle que l’on avait vue lors des municipales 2020. Dans Perpignan, les marges de manœuvre restent maintenant faibles. Plus surprenant, il y a des quartiers résidentiels où on retrouve les catégories socioprofessionnelles plus aisées et qui avaient fait basculer la Ville du côté de Louis Aliot, là, elles ne veulent pas voter pour Marine Le Pen et ses candidats aux législatives. C’est un choix stratégique et pas d’adhésion. Il y a une nette différence entre un choix stratégique de ces catégories sociales supérieures (médecin, chef d’entreprise, professions libérales, cadres supérieurs) qui vont voter libéral dès lors que ce sont des enjeux nationaux mais localement vont privilégier une image d’un RN bon gestionnaire.

Nicolas Lebourg : Très clairement on a eu affaire nationalement à un vote de classe : au premier tour, 34% des cadres ont voté Macron et 14% Le Pen, tandis que les ouvriers ont voté à 17% Macron et 35% Le Pen. Dans une ville comme la nôtre cela favorise le vote lepéniste. Mais dans les secteurs plus aisés de la ville l’aliotisme n’est effectivement toujours pas un marinisme, on le voit au mas LLaro où Eric Zemmour fait le double de son score national. Les conceptions économiques et sociales de Marine Le Pen et le doute sur sa présidentialité restent des repoussoirs pour des gens qui ont voté Aliot aux municipales. On comprend que sur les tracts des législatives, le parti ait choisi d’encadrer les candidats à la fois par Marine Le Pen et Louis Aliot : l’une est une vitrine pour les catégories populaires, l’autre rassure les catégories plus intégrées.

Vous qualifiez Louis Aliot de maire attentiste. Mais n'est-ce pas la suite logique de sa volonté de normalisation ?

David Giband : C’est pour le moment un maire attentiste, prudent, qui sait qu’on l’attend au tournant, notamment l’État et les autres collectivités territoriales. Mais c'est surtout une personnalité politique qui veut montrer qu’il est un bon gestionnaire. Son équipe, pour la plupart, est sans aucune expérience de mandat politique. Il ne faut aussi oublier la dimension stratégique. Attendait-il la fin des élections pour lancer des projets plus structurés ? C'est une hypothèse. 

Nicolas Lebourg : Il est aussi dans une situation subtile puisqu’il n’avait pas fait mystère qu’il souhaitait succéder à Marine Le Pen à la tête de son parti si d’aventure celle-ci se retirait après la présidentielle de 2022. Il lui fallait donc agir à la fois en tant que maire, ce qui privilégie le pragmatisme, et en tant que candidat à une potentielle élection interne à son parti, ce qui dans tous les partis favorise les candidats ayant une position dogmatique (et Jordan Bardella, son principal concurrent, n’a pas lui de mandat local mais européen, donc peut se présenter à l’élection interne sur une ligne plus identitaire). Forcément, c’est une position d’équilibriste.

La "start-up nation" dans un tissu où tout manque, cela ne colle pas

Quelles sont les raisons des échecs électoraux d'Emmanuel Macron et des candidats Ensemble sur le département ?

David Giband : Il y a plusieurs éléments interreliés. Il y a un problème de positionnement de l’État que beaucoup considèrent comme pas suffisamment présent. Le chaînon manquant de la LGV, le mal développement, etc.... Ce sont aussi des régions qui attirent essentiellement les pauvres et les précaires avec du coup des tensions sociales énormes. Les départements qui financent le RSA sont mis à rude épreuve, les écoles connaissent de graves difficultés avec une paupérisation du public scolaire dans les Pyrénées-Orientales, dans l’Aude et l’Hérault. Des évitements de carte scolaire vers le privé avec des sociétés qui se fracturent. On est aussi devant un démantèlement des services publics dans les zones périurbaines. C’est très marqué à Prades. Sur tout cela, le discours macroniste ne percute pas, la "start-up nation" dans un tissu où tout manque, cela ne colle pas. Il y a cinq ans, il y avait l’effet de nouveauté, qui s’est poursuivi ici dans une volonté de dégagisme. Depuis, il y a eu les Gilets jaunes, particulièrement importants ici, avec beaucoup de sympathie et la mobilisation antivax très importante sur tout l’ancien Languedoc-Roussillon. Dans le même temps, tous les indicateurs économiques ont continué à se dégrader. 

La Nupes et LFI perdent également les élections mais avec des résultats marquants sur certains territoires ? 

David Giband : En plus des votes dans les quartiers populaires, on constate une poussée de la gauche dans des quartiers péri centraux (Remparts, Lunette, Las Cobas, Champ-de-Mars) avec un vote contestataire Nupes-LFI qui s’installe. À la différence du RN, il n’y a pas de figure locale qui pourrait porter cela car les socialistes locaux n’étaient pas dans la Nupes. Ce n’est pas nouveau mais le manque de leadership risque de les freiner. Les fortes poussées de la Nupes, on les constate dans des secteurs, comme dans l’Aude, où il y a anciennement des mouvements de néoruraux. Un retour à la terre, la recherche du bien-être, avec des bastions très clairs pour la Nupes, même si démographiquement, cela ne représente pas beaucoup d’électeurs. Ce sont des lieux où on retrouvait également beaucoup d’antivax (Mosset, la haute vallée de l’Aude autour de Quillan). Ce sont des secteurs qui ont été en forte dépopulation puis progressivement repeuplés par des vagues de néoruraux qui continuent aujourd’hui, à bas bruit depuis les années 70-80, à s’installer dans ces zones en reprenant les activités agricoles et artisanales et en construisant un écosystème alternatif, pas forcément visible, mais qui se voit dans les urnes.

Nicolas Lebourg : C’est vrai que la gauche est identifiée au niveau départemental et régional mais a peiné à avoir des figures installant un ton, un style dans les législatives. Là où elle s’en sort bien c’est dans la troisième, avec Nathalie Cullel, sans doute d’une part par l’absence d’une candidature concurrente de centre gauche, d’autre part peut-être par son profil (elle a été Gilet jaune, mouvement qui fut important dans le département mais qui n’a pas trouvé de débouché autonome : là elle permettait de faire la jonction entre gauche « classique » et ce mouvement social protéiforme).

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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