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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 11:48

Lleida_-_La_Seu_Vella_-des_de_Cappont-.jpg La ville de SORT (province de Lleida : Lérida)

 

 

 

Le reportage, hier 21 août, dans le quotidien "Libération" sur "Les chemins de la liberté", était passionnant. Il raconte l'épopée de ces gens fuyant le nazisme et le régime de Pétain, passant par les neiges ariégeoises à 2500 mètres et arrivant en Catalogne : là, les carabiniers les attendaient et les mettaient en prison.

 

Le journaliste s'attache au petit village de SORT, dans la région de Lérida et à son église gothique, qui va devenir la prison de ces malheureux...

 

Dans les prisons franquistes, ces exilés sont parqués avec les milliers de Républicains arrêtés par les fascistes... IL devront attendre des mois avant que la Croix Rouge internationale puisse s'occuper de leur... sort !

 

Il est à noter, cependant, que le régime franquiste ne renverra pas en France, occupée par les nazis et par le régime de Vichy, ces Résistants, Juifs ou militaires alliés fuyant la peste brune  malgré les accords entre Franco et Hitler...

 

Ils furent quelque 3000 mille à partir du Couserans et à être arrêtés et entassés dans la chapelle de Sort. Guy Seris, le responsable du musée de St-Girons consacré à ce chemin de la liberté, décrit le sentier le plus mythique, reliant St-Girons à Alos d'Isil, en Catalogne  (une marche est organisée chaque année au mois de juillet).

 

Cet article m'a rappelé la visite récente faite au cinéaste Philippe Soler (à Céret), m'apprenant que son film sur les Juifs fuyant par le Valier enneigé sera diffusé le 9 septembre à 20h30 sur TV3 (documentaire financé par la Generalitat, mais pas par la France…)

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 20:08

WBenjamin  W.Benjamin-2--ete-2013-.jpg rando Banyuls-Port-Bou (chemin W.Benjamin) publiée pour la première fois, avec carte et photos...par Patrice Teisseire-Dufour.

 

W.Benjamin-3--topo-de-la-rando.jpg  Achetez ce numéro hors-série, spécial été 2013 (7.5O euros)...W.Benjamin--article-Pyrenees-magazine-1.jpg

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 14:14

photos-0695.JPG  (C) Jean-Pierre Bonnel - Port-Bou et Cap de Creus.

 

 

El Museu Memorial de lExili (MUME) de la Jonquera organitza diverses sortides culturals per a donar a conèixer LES RUTES DE LEXILI

 

Els participants coneixeran de primera mà, acompanyats dun guia, el Museu Memorial de lExili, situat a la Jonquera, i diversos indrets vinculats a lepisodi històric de lexili republicà originat pel desenllaç de la Guerra Civil de 1936-1939.  

 

18 dagost  “Lexili dels intel·lectuals

 

MUME, Cotlliure i Portbou

 

 

Després de la visita a lexposició permanent del Museu Memorial de lExili, que proporciona una visió acurada de la significació de lexili republicà, es proposa el desplaçament a dues poblacions de la costa que són indissociables de la fi de la Guerra Civil espanyola i dels anys de la Segona Guerra Mundial. Portbou, amb la seva estació internacional i la carretera de la costa, fou un dels principals passos de refugiats en direcció a França el febrer de 1939. Cotlliure, per la seva banda, va ser un lloc de recepció de multitud de persones que fugien de la victòria franquista. Entre aquesta multitud sobresortia la figura del gran poeta Antonio Machado que va morir en aquesta vila el 22 de febrer de 1939. La visita a la seva tomba és un acte cívic de pelegrinatge. A laltre costat de la ratlla en els mesos posteriors, un cop iniciada la Segona Guerra Mundial, Portbou esdevé un  lloc de pas obligat per qui volia fugir duna Europa esclafada pel nazisme. Walter Benjamin, filòsof judeo-alemany, va ser un daquests fugitius del nazisme que va anar a raure a Portbou el setembre de 1940. Tement de ser retornat a la França de Vichy i lliurat a la Gestapo, Walter Benjamin es va suïcidar a Portbou. La memòria del gran intel·lectual berlinès és present en tota la vila de Portbou. La visita al municipi acosta el visitant als darrers dies de vida de Walter Benjamin i al Portbou dels anys de plom del primer franquisme i la Segona Guerra Mundial. Senyalitzacions explicatives, lestació internacional de ferrocarril, el cementiri de Portbou i el gran Memorial Passatges de lartista Dani Karavan evoquen la figura de Walter Benjamin.

 

* Lire : Le chemin ultime de Walter Benjamin (J.Pierre Bonnel - 14 euros, port compris - 05.31.69.0932)

A.Machado, de Séville à Collioure : J.P.Bonnel (14 euros)


 

INFORMACIONS PRÀCTIQUES

 

·         HORARI: de 10 a 19h

 

 

·         INSCRIPCIÓ: fins a 3 dies abans de la data de la sortida, per correu electrònic a info@museuexili.cat o bé al telèfon 972 55 65 33.  Cal enviar per correu electrònic o fax (972 55 65 34) el justificant de pagament, indicant nom i cognoms dels assistents, un telèfon de contacte i la data de la sortida.

 

 

·         PREU: 25 . Fins a 16 anys: 15 .

Inclou la visita als diferents espais de memòria i trasllats en autocar; dinar de pícnic no inclòs.

 

 

·         PAGAMENT: transferència al número de compte de La Caixa 2100-8277-00-2200026915

 

 

·         RECORREGUT

10:00-11:30 Museu Memorial de l’Exili

12:00-13:00 Autocar a Cotlliure

13:00-14:00 Recorregut Cotlliure (Antonio Machado)

14:00-15:00 Dinar de pícnic a Cotlliure

15:00-16:00 Autocar a Portbou

16:00-16:30 Aturada a la frontera (Espai de  memòria)

17:00-18:00 Recorregut a Portbou (Walter Benjamin)

19:00 Arribada a La Jonquera

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 20:07

Les-cailloux-du-Tech--au-centre-du-Jardin-des-metiers-d-Ar.jpg  Elne : A la découverte des « Cailloux du Tech »

 

  Installée dans l'ancien évêché, au Jardin des Métiers d'Art de la ville-haute d''Elne, « les Cailloux du Tech » constitue et prolonge une entreprise familiale (aujourd'hui labellisée Sud de France), qui fabrique sur place des biscuits à l'ancienne, salés et sucrés, à base d'amandes du Roussillon, et ce dans la veine d'une pure tradition catalane. 

   Les produits proposés sont conçus sans conservateurs, sans arômes artificiels, ni colorants. Ils sont élaborés dans le respect des saveurs et au rythme des saisons : c'est ainsi que la cerise et la fraise occupent une place de choix dans les spécialités sucrées, concoctées au printemps... Christine et Armand Laborde (cuisinier et pâtissier de formation) conçoivent en direct, dans leur laboratoire vitré, leurs cailloux – qui s'apparentent à des croquants à l’ancienne, salés et sucrés – il y en a 18 sortes – aux anchois, à la tapenade, au chorizo, à la cerise, aux abricots


 Christine et Armand créent aussi des meringues, du pain d’épice, des bunyetes à Pâques. Ils travaillent également sur commande, à l'occasion de buffets ou de réceptions. La boutique fleure bon la noisette, la cannelle, le chocolat, l'anis...(entre17 parfums naturels), Une salle y est réservée à la dégustation, accompagnée d'un petit verre de muscat ou de Banyuls. Au niveau du goût, rien n'échappe à Armand, qui donne du relief à un apéritif improvisé (anchois de Collioure, chorizo, fleur de sel du Roussillon, vinaigre de Banyuls...) ou à un dessert tombant à point nommé (cerise, gingembre, lavande, jonquille...)

   Les cailloux du Tech, se déclinent à la fois en version salée, à l'apéritif, et en version sucrée, se plaisant à accompagner desserts et cafés. Leur recette est unique et leur texture se situe entre le biscuit et le macaron. Aux anchois, au piment d'Espelette, au chorizo ou au fromage, à la cannelle ou au citron, ces petites gâteries artisanales se mangent sans faim mais avec appétit.


Venez découvrir au Jardin des Métiers d'Arts, cet espace enchanteur. Vous y serez conquis par l'accueil chaleureux qui vous sera réservé et par le charme authentique, qui s'exhale de l'endroit, siège de l'ancien évêché. 

   * Les Cailloux du Tech, Jardin des métiers d'Art, 42 Impasse Rovira, 66200 Elne – Tel : 06 25 90 70 28 – 06 18 19 95 44 – Tel-fax : 04 68 81 22 84 – 

Email : lescaillouxdutech@orange.fr – Site web : lescaillouxdutech.e-monsite.com – 

GP: N 4259843 – E 297096 Armand-Laborde--.JPG

                        (photo et texte de Jean Iglésis)     Armand Laborde

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 11:00

chat-loic.jpg  (photo Loïc Robinot) Le chat fêtard de Loïc ...

 

   Le foyer Rural de Tresserre a le plaisir de vous annoncer la Quatrième édition de la Festa de la Llum

le Vendredi 28 décembre 2012   pour plus d'informations  : 0664768697.

iLLUMineusement vôtre Thierry!

 

La Festa de La Llum… 

Une Fête Lumineuse

 

Histoire de vous mettre l’eau à la bouche,

 les oreilles en appétit et vous éclairer les yeux….

Voici la recette de la Festa de la Llum de Tresserre

 

Prenez quelques idées lumineuses, une procession nocturne à la lueur des torches, bougies ou autres lanternes…

 

Ajoutez-y des dégustations diverses : 

Xicolatada, Vin chaud aux épices, Cremat, Soupe à l’oignon et autres Gourmandises…

 

Saupoudrez le tout de chant choral, de gralla, d’accordéon, de cornemuse,

 de percussion, de musiques d’ici et d’ailleurs, d’un lâcher de lanternes célestes et d’une pluie d’étincelles…

Mélangez le tout, vous obtiendrez alors une délicieuse

 «  Festa de la Llum » : 

un plat lumineux qui se déguste entre Noël et le jour de l’an, histoire d’aborder l’hiver en faisant le plein d’imaginaire.

 

Mais n’oubliez surtout pas que tout cela n’est possible qu’au désir des bénévoles du Foyer Rural de Tresserre de vous accueillir 

le Vendredi 28 Décembre de 18h à 21h00 

pour partager ensemble des moments de rêve et d’évasion.

 

  Festa de la Llum 2012 Par Foyer Rural Tresserre


Tresserre, Languedoc-Roussillon, France

 

 

 


  • c'est 4ème édition de la Fête de la lumière à Tresserre
  • une balade lumineuse dans les rues du village, 
  • tout le village se retrouve sur la place nova pour déguster différentes spécialités catalanes, 
  • l'étonnement vous saisira!...
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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 20:58

banderola-catnord.jpg    Ils m'ont énervé tous ces reportages sur les journées du patrimoine ! Pater noster : société patriarcale, civilisation patrimoniale... Le père règne ! L'homme (le mâle) commande ! Et la mère, alors ?

 

Alors je suis allé voir ma mère, 88 ans (j'écris pas printemps, ça ferait fils-lèche-bottes ou fils-vise l'héritage !), et je l'ai fait sortir au grand soleil de ce dimanche de septembre voué aux queues devant châteaux et monuments... On n'a pas hanté le patrimoine militaire ou religieux de Perpignan, on est allé se poser au café de la poste : boire une blanche et regarder les foules qui courent vers la dernière expo de Visa, avant la fermeture... Pour une fois, pour un dimanche, Perpinya n'était pas ville morte...

 

Et mère nature ? De bon matin, j'avais filé au vide-grenier de Rodès, entre Bouleternère et Vinça (enfin, quelque part en Roussillon, sur la route de Prades...). Il faut marcher durant des kilomètres dans ce village pour trouver quelque bonne affaire : des verres pour l'apéro, des livres d'Eric-Emmanuel Schmitt (La rêveuse d'Ostende...).

 

J'en avais envie de cette balade à Rodès (pas celui de l'Aveyron, mais le catalan!) depuis longtemps : j'ai donc pu visiter les gorges, le canal de Corbère, voir le vieux pont) aqueduc datant du Moyen-Age, le castel tout en haut, surplombant le hameau, avec son drapeau sang et or (encore la patrimoine ! guerre et fanion : ils aiment ça, les hommes !), après une montée en pleine chaleur, entre pins et chênes carbonisés...

 

La journée du matrimoine s'est achevée à l'office de tourisme : expositions sur le canal, les travailleurs italiens de la carrière de granite, sur la montagne de Rodès et des environs... A l'année prochaine : faut croire que les Français visitent leur "patrimoine" quand on leur dit de la faire ! Comme pour la fête de la musique : ils sortent quand c'est la fête de la zizique..! C'est pas un peu triste, tout ça..?

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:59

* Le récent film, tourné à partir du roman Jack Kérouac, Sur la route, a éveillé en moi les souvenirs d'une traversée des Etats-Unis, en Cinq semaines. J'ai remis au propre mes carnets; voici le début de l'aventure...

 

 

 

 

york.jpeg  "Les USA, c'est quoi, ça ?"

 

 

   Aux USA -

 

   1. La côte Est :

 

   De New York, midi, le 31 juillet 1980 : Bien arrivés à Kennedy Airport; le DC 10 n'a pas coulé, pas de décès, ni un ni dix, à signaler. Le voyage s'est bien déroulé entre un Auvergnat et un Indien, deux "bons sauvages", au-dessus des flots, mais comme Didier, j'ai peu dormi. On va maintenant vers le centre, à la recherche d'un hôtel. Il fait beau, vingt-sept degrés, sans être étouffant... Voilà, je termine ma bafouille : le train est là, on part pour l'aventure ferroviaire, après l'avion, avant le bus, et bientôt "the road" !!! 

 

  Pratiquement pas de femmes enceintes dans Manhattan ! Pourquoi ? Nous nous sentons anonymes et banals, dans cette ville cosmopolite. Cosmopolis ... Cité moderne, d'avant-garde, trop rapide, et faite de trop de béton vertical, mais d'une certaine beauté, d'un monde nouveau, dépourvu de racines, de références, de culture, de mythologies (à part la conquête, la poussée vers l'Ouest, la destruction des Peaux-Rouges, la quête de l'or, du pétrole...thèmes d'un peuple qui se cherche et colonise et doit ensuite s'inventer une civilisation sur les décombres d'un continent approprié.

 

   La première impression, en sortant du métro dégueulasse newyorkais et en débouchant dans la cinquième avenue, est celle d'être happé par le ciel, aspiré vers le sommet des gratte-ciels, à travers le couloir vertical formé par les façades vitrées de ces étonnants buildings. Marcher le nez en l'air... La tête tourne. Bousculades avec les passants. Mille torticolis...

 

  Haine, violence et ségrégation s'expriment et s'exaspèrent à travers le trafic urbain. Tranquillement, un Noir en short fait son jogging à côté des grosses cylindrées polluantes, sur la big avenue..! 

 

   Didier me fait remarquer : "Ces Américains sont d'une impolitesse !"

 

  Plus tard, en parlant de la nouvelle littérature américaine, je noterai une autre citation de mon frèe : "Flaubert allait dans son "gueuloir". Bukowski doit, lui, sans doute, aller dans le ...dégueuloir !"

 

   Nous décidons de nous rendre dans l'île où se dresse la statue de la Liberté : passage obligée, hommage affectif obligatoire ! Nous montons dans la tête de l'énorme statue, tournons dans  les circonvolutions de son cerveau vide...A travers le bandeau,nous voyons le mur de béton de Manhattan, sous un orage crépusculaire. Nous imaginons que nous sommes, grâce à cette charmante Babel vert-de-gris, en Egypte. Nous aussi, nous levons le poing. 

 

   La Liberté nous est montée à la tête !!!

       (à suivre)

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 14:09

IMGP0088.JPGAu sommet du massif qui sépare Tautavel du village de Cases de Pène, la Torre del Far domine les Corbières. Cette tour sarrasine fut utilisée dès le Xe siècle pour transmettre des signaux par feu la nuit et par fumée le jour afin de se protéger des attaques barbaresques ou de son voisin du Nord. Surnommée « l’espionne du Roussillon », elle est visible depuis la plaine orientale jusqu’aux châteaux cathares. Depuis la Torre del Far, vue panoramique sur la Méditerranée, les Corbières, les Pyrénées, Quéribus et Aguilar.

La torre del far - randonnée: C' est un extraordinaire belvédère sur les Corbières toutes proches.

Au-dessus du village de Tautavel, ce sera l'occasion d'une visite au musée de la préhistoire. 3h 30 de marche - environ 450m de dénivelé

topoguides: Belvedères de l'Aude et des Pyrénées Orientales - Jean-Pierre-Sirejol - photo de J.P.Bonnel (reportage sur Facebook)

 

 

 

* Raymond Moretti est un sculpteur moderne populaire a qui on a demandé dans les années 70 de décorer un mur du forum de halles, à Paris, lors de sa création. Il choisit de créer une oeuvre grandiose, dans le style de ce qu'il avait déjà fait auparavant, une oeuvre intitulée "L'alphabet".

Il s'agit d'une fresque gigantesque de 4m50 de haut sur 45 m de long qui retrace l'évolution du monde et de l'humanité vue à travers le prisme des différents arts développés par l'homme : la peinture, la musique, la calligraphie. Cette évolution est visible lorsqu'on parcoure l'oeuvre de gauche à droite.

Commençant par un masque en bronze, copie du crâne de l'homme de Tautavel, c'est tout naturellement à Tautavel qu'il a été installé, après qu'il ait été obligé de déménager du forum des halles suite à la restructuration de ce dernier. Etant indissociable de son support en béton, le mur complet a été découpé en 56 morceaux, puis repositionné sur son emplacement définitif à Tautavel. Il fallut encore deux ans à Michel Bourdon, peintre-décorateur, pour effacer les traces de ce découpage et relivrer la même oeuvre restaurée. Elle a été inauguré une seconde fois à Tautavel le 11 juillet 2002 par l'auteur. La ville en a profité pour faire une exposition temporaire consacrée à Raymond Moretti.

MurDeMorettiV2.jpg

Malheureusement de nos jours la peinture s'abime. Livrés aux intempéries, elle s'écaille par endroit et laisse entrevoir sa destruction à moyen terme, suite à la disparition progressive des couleurs.

* Ci-dessous, mon article paru sur le site : "frontières-catalogne":

 

La  fresque monumentale du peintre Raymond Moretti, intitulée « L’Alphabet » a été créée en 1979, à Paris, et installée au Forum des Halles. L’œuvre monumentale, après un déplacement périlleux à travers la France et un long et minutieux travail de rénovation, se trouve désormais devant le musée de la préhistoire, à Tautavel. Le vernissage, en présence de l’artiste,  aura lieu le 11 juillet 2002.

L’ALPHABET de Raymond Moretti :

 du « Mur du Forum des Halles », à la fresque de Tautavel :

-         de la genèse de l’univers à la jeunesse du monde –

Elle raconte l’histoire du monde, l’épopée humaine, la légende des millénaires, l’aventure de l’art et de l’écriture…

 

            « Le mur du Forum des Halles » est, à l’origine, une œuvre de 46 mètres de long et 4,50 mètres de haut ; il s’agit d’une peinture à l’huile, commandée par la ville de Paris, réalisée en quatre-vingt-dix nuits, et inaugurée par Jacques Chirac en septembre 1979. Comme l’écrit Yves Courrière, biographe de R.Moretti, elle évoque « l’évolution de l’homme et de son génie, des signes protosumériens à la naissance de l’alphabet, de l’homme de Tautavel à Victor Hugo, Maurice Ravel et Louis Amstrong. » A l’époque, la chorégraphe Carolyn Carlson, danseuse étoile à l’Opéra de Paris, née en Californie dans une famille finlandaise, a voulu rendre hommage à cette création artistique, en évoluant de façon improvisée devant elle, en direct dans le journal télévisé de treize heures.

 

«  Le mur » est baptisé « l’Alphabet » en 2002 car elle a l’ambition de retracer l’Histoire de l’homme et de l’univers. Et la fresque quitte Paris pour Tautavel ! En effet, située au Forum des Halles, dans un sous-sol qui ne permettait pas une mise en valeur de l’œuvre, sur les murs du cinéma Gaumont, elle n’a plus, dans cet espace commercial qui se restructure, sa raison d’être : elle passe inaperçue, elle est incomprise, elle souffre d’enfermement et du manque de lumière ! On décide donc de déplacer l’œuvre dans un lieu plus adéquat et prestigieux. Pourquoi choisit-on Tautavel, village perdu des Corbières, dans une province si reculée, si loin de la capitale ? Parce que « l’Alphabet » s’ouvre sur une impressionnante mise en scène de l’Homme de Tautavel ! Parce que R.Moretti a des relations amicales avec Henri de Lumley, spécialiste de la préhistoire, Directeur du Muséum d’histoire naturelle et du Centre de recherches préhistoriques de Tautavel ! Ainsi, le choix est affirmé : la fresque morettienne passe de la nuit du forum et de l’indifférence des halles, au plein soleil du midi catalanoccitan…

 

C’est ainsi qu’elle est déplacée et transférée, début 2002, à proximité du musée. Après avoir été découpée, telle une énorme mosaïque, en morceaux de 1,80 mètres sur 2 m, elle est emballée, manutentionnée et stockée par des spécialistes dirigées par le célèbre peintre-restaurateur Michel Bourdon. L’opération est délicate : il ne faut pas endommager les différents cadres de cette énorme « bande dessinée », mi-figurative et mi-abstraite, durant la traversée de la France, en gros camions, et réinstaller l’ensemble, en soignant les jointures et en le protégeant des intempéries : d’abord, grâce à une belle bâche bleue, digne des « emballages » à la Christo, puis par un scientifique pelliculage.

 

Afin de reconstituer la fresque à l’identique, le travail, supervisé par M.Bourdon, durera plusieurs mois, durant l’hiver et le printemps 2002, pour donner naissance à une œuvre lumineuse, « reliftée » et mise en valeur sur les hauteurs du désormais célèbre village de Tautavel. Les habitants, les touristes et les spécialistes sont invités au vernissage du 11 juillet 2002, pour admirer l’œuvre et constater qu’après un long exil et un voyage périlleux,  l’Homme de Tautavel  revient chez lui : symboliquement, grâce à la représentation picturale de Raymond Moretti, et physiquement, puisque son crâne précieux, conservé depuis plusieurs années à Marseille, est maintenant protégé par les puissants coffre-forts tautavellois.. ! De la caverne grouillante du forum des Halles, de la grotte parisienne aménagée pour la distraction futile et mercantile, à la caune de l’Arago et au chemin de croix soleilleux du musée préhistorique, l’homme s’est initié à la vie des hommes : Rastignac guéri de sa fatuité et de sa vanité, il réintègre le sol natal et la terre rouge des Corbières ; certes, la boucle est bouclée, mais dieu, que l’espérance fut violente et patiente…

 Tous les visiteurs de passage, jettent, depuis des semaines, un œil frauduleux sur la fresque en cours de montage et de restauration, depuis les étranges échafaudages ou les entrailles de ferraille et de béton, parmi les ouvriers affairés et quelque peu agacés par la curiosité des visiteurs dépourvus d’invitation ; cependant, ils n’étaient pas tout à fait clandestins, puisque « l’Alphabet » est une œuvre de plein air, non faite pour l’enfermement muséal et le respect que vous confère le prix du billet d’entrée…

 

Tous, villageois ou touristes, érudits ou néophytes, s’interrogeaient sur la signification des différents éléments picturaux de la gigantesque œuvre horizontale…La raison, l’explication : il faut toujours comprendre et analyser, souvent au lieu d’apprécier et de se laisser bercer par le rythme de la toile de la pierre, par les couleurs diaprées, par l’écriture originale de l’artiste…Interpréter ! Oui, interprétons, il en restera toujours quelque chose ! Pour certains, du village, cette chose n’est qu’un « tag », qui défigure les lieux et la colline de Tautavel ; ou simplement, cette « fresque », c’est, pour un catalan plein d’humour, un abri pour se mettre « al fresc », les jours de canicule…

 

Mais qu’est-ce qu’il a voulu réellement dire, le Raymond.. ?

 

La fresque serait composée en séquences ; la première, illustrant les origines, la Genèse, montre des feuilles représentant le monde végétal et un magnifique rhinocéros à deux cornes, résumé de toute la faune préhistorique ; l’imposant crâne noir de l’homme de Tautavel symbolise la présence de l’homme préhistorique sur la Terre ; ensuite un creux fait apparaître le feu; la seconde séquence concernerait l’arrivée du paléolithique supérieur et l’expression de l’homme dans tous les domaines de la création et de la communication : ce sont « les temps modernes », avec quelques figures célèbres représentant la culture, la créativité, dans les cinq continents. Les visages sont esquissés ou dessinés à différentes échelles : on discerne un cheval, puis des portraits, des têtes qui se suivent et se mêlent : celles de V.Hugo, Maurice Ravel, Marx et Louis Amstrong ; il s’agit là de l’espace de l’écriture. Au-dessus, c’est un étage abstrait, se situant au-delà de l’écriture et composé des symboles, des signes, des éléments abstraits. La fresque comporte aussi des éléments en saillie : il faut noter que toute la partie supérieure de l’œuvre –un mètre dans le plafond !- n’a jamais été vue ; à Tautavel, c’est donc une création inédite, qui est donnée à voir.

Sous forme symbolique, d’images fortement colorées et éclatées, cette peinture dynamique, « en marche », « en mouvement », traduit l’histoire du monde, de ses origines à nos jours. Fresque murale, à la manière des grands peintres mexicains, tels que Ribera ou Orozco, c’est une sorte de « codex », de récit dessiné sans paroles ni solutions de continuité, racontant l’évolution de l’homme, depuis la préhistoire jusqu’aux temps modernes, ainsi que l’avancée inéluctable du temps vers l’infini ou la fin du monde et la fin de l’Histoire des hommes…

De nombreux éléments picturaux sont figuratifs, comme les lettrines stylisées de notre abécédaire, ou les visages et les figures connus, le reste du monde culturel ou scientifique se résumant en une flèche, qui se tend vers une cible de lettres et de consonnes ; celles-ci se superposent et forment un calligramme, au-dessus duquel apparaît un corps dénudée de femme : cette apparition est destinée à nous conforter dans l’adage poétique de Louis Aragon :  la femme est bien l’avenir de l’homme.. !

Cette histoire du monde est donnée à voir dans sa fulgurance : l’œil du spectateur ou du visiteur, dans l’avenue qui mène au musée, appréhende, en un résumé expressionniste et saisissant, la fabuleuse épopée de ses ancêtres antédiluviens et de ses aïeux insoupçonnés… Le chiffre incommensurable du temps s’affiche sur un support de quatre mètres de hauteur qui s’étend sur près de quarante mètres de longueur. Un gigantesque masque de bronze, reproduisant l’Homme de Tautavel, marque le point de départ de cette « Histoire du monde », tandis que l’écriture, les mots, les phrases, en délimitent l’aboutissement.

Pour la première fois, la fresque peut être considérée dans son intégralité et dans toute la successivité de son déroulement : tout le contraire de la situation du forum des Halles ; en outre, on peut constater aisément que l’œuvre est visible de plusieurs kilomètres, quand on arrive à Tautavel ; elle est dirigée vers la Caune de l’Arago, berceau de notre héros, tout comme les principales ouvertures des maisons construites depuis la découverte du fameux crâne, sans lequel Tautavel ne serait ce qu’il est aujourd’hui…

Petits hommes, anonymes mortels, vous voici au pied du panneau horizontal, quelque peu dépaysé, dans ce bain bleu, où voguent des lettres rimbaldiennes et une beauté de femme oblique : au bout du panneau, c’est l’inconnu, la mort…Prenons garde à ne pas tomber dans ce noir, car c’est à chacun de nous de poursuivre l’œuvre et l’aventure de la vie ! En effet, il s’agit d’une œuvre ouverte  ; n’attendons pas d’éclaircissement de la part de l’artiste : R. Moretti ne veut pas revenir sur les années de création 1978-79, il n’a rien à dire ; ce qu’il a voulu dire, il l’a dit dans la continuité de son film immobile, et dans l’incessant mouvement de son œuvre massive. Message pérenne, qui doit demeurer dans l’éternité de Tautavel. Saurons-nous le lire, le déchiffrer, en exprimer sa splendeur.. ? Plus simplement, saurons-nous en être dignes.. ?

 

LA FRESQUE de Raymond MORETTI

Raymond Moretti a réalisé «Le mur » avec ses amis : l’écrivain Philippe Sollers, l’homme de théâtre Armand Gatti et le journaliste essayiste Marc Paillet.

Nous devons les remercier tous, ainsi que le biographe de R.Moretti, Yves Courrière. En outre, ce travail n’aurait pas pu être réalisé sans la collaboration amicale de MM. Henri de Lumley, Jacques Pernaud et Joseph Briu, de Mmes Isabelle Merle des Iles, Anne-Marie Moigne et Marie-Thérèse Ripoll, sans oublier mes élèves de 6ème du Collège Jean Massé, et, en particulier, Guillaume Idée et Pierre Pesquiès, qui ont enquêté sur place, à Tautavel.

Mise en texte et en photos : Jean-Pierre Bonnel

 

            Raymond Moretti à Tautavel

            L’intime collaboration et la solide amitié qui existent entre l’artiste et Tautavel ne datent pas d’aujourd’hui. En effet, R. Moretti travaille depuis des années avec le musée et le Centre européen de Préhistoire de Tautavel. C’est ainsi qu’il a créé la statue qui se trouve à l’intérieur du musée ; en effet, à l’occasion de l’ouverture du nouveau musée de la préhistoire de Tautavel, en juin 1992, réalise une œuvre, qui orne désormais le centre européren de la Préhistoire.

Cette statue représente deux profils emboîtés l’un dans l’autre, celui du crâne de « l’homo erectus » (qui vivait, il y a 450000 ans dans la plaine du Roussillon, et mis en évidence par Henry de Lumley et son équipe), en bronze, et celui de « l’homme moderne », en acier : ces deux faces sont accompagnées du profil de « l’homme debout » -formule rappelant la thématique du poète René Char- d’une taille de 1,65mètre, celle de l’homme de Tautavel ; ce troisième profil est taillé dans le bois : polychromé, il représente le chasseur des temps préhistoriques.

Raymond Moretti a aussi réalisé  de nombreux timbres et affiches à l’effigie de l’Homme de Tautavel. Il a aussi beaucoup travaillé avec le musée de Terra Amata, à Nice : d’ailleurs, le début de la fresque « l’Alphabet »,, correspondant à la période antérieure à l’apparition de l’Homme « moderne », et jusqu’à l’Homme de Tautavel, est reproduit devant le musée de Terra Amata.

 

* Bibliographie :

Outre les nombreux livres de Henry de Lumley, publiés chez plusieurs éditeurs, dont Odile Jacob, il faut lire :

*Les hommes de Tautavel, de Marcel Coumes et Albert Pla ; il s’agit de la chronique du village de 1790 à aujourd’hui.

*La saga de l’homme, de Jacques Pernaud-Orliac et Aimé Rigaill

* Le Centre Européen de Préhistoire :

Animations, visite-guidées- boutique du musée- expositions –

1800000 ans d’histoire de l’Homme –

66720 Tautavel

Pyrénées-orientales - France

04.68.29.07.76.

Fax : 04.68.29.40.09.

* Le slogan de Tautavel et du CERP : « 450000ans de vie au soleil »

 

         LES TEMPS DE TAUTAVEL

Avec l’homme de Tautavel, on pénètre dans la nuit des temps.

Avec la fresque de Moretti, on parcourt des séquences et des images du temps. Chronologie ramassée, épopée humaine résumée en quarante mètres. Cinématographe en couleurs saisissable en un seul jet de rétine.

A rouge de la Préhistoire.

B jaune des temps modernes.

CDEFG …voici l’âge nucléaire.

On passe de la Genèse du monde à la jeunesse de l’Homme.

Œuvres humaines : autant de fragments d’un discours sur le temps

Prenons le temps de visiter la rétrospective du travail de R.Moretti sur la préhistoire dans la salle du Palais des Congrès de Tautavel.

Avec le retour de la fresque à Tautavel, le maire du village, M.Guy ILARY n’a pas perdu son temps. Il fait une opération prestigieuse et historique, qui ne coûte rien à la commune !   En effet, les propriétaires de l’Espace Expansion du forum des Halles, en refaisant le centre commercial, sont obligés par la loi de repositionner l’œuvre de R. Moretti. Le groupe « Expansion » a réglé l’artiste et les frais de déplacement et d’installation de la fresque monumentale. Sans oublier la remise en état : jointures, plâtre cassé, peintures originales, nettoyage car la fresque a été polluée lors de son long séjour dans l’antre des Halles

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 11:54

sentier4.jpg  Vous longez les quais bordés de chaluts et de filets d'écume et d'or, en direction de la criée. Ou bien, à partir de l'église mauresque, vous avez emprunté la rue du soleil ! De toute manière, il ne faut pas entrer dans l'impasse de la criée, mais monter vers le sentier balisé de la Mauresque. 

 

  Départ abrupt pour se retrouver dans les champs en fleurs du mois de mai, puis direction la côte rocheuse, découpée à l'extrême en pointes schisteuses jusqu'à la plage d'En Baux (platja d'en Baus) et celle de l'Oli, en contrebas du cimetière de Port-Vendres (à l'entrée, à gauche, avant la descente vers la galerie du dôme et le musée Mackintosh.)

 

Vous parcourez un chemin menant à un site grandiose (plateau donnant sur la mer, lieu d'observation idéal) truffé de blokhaus datant de la deuxième guerre mondiale : architectures lourdes en grande partie bien conservées.

 

  Cette zone est en effet marquée par son passé militaire. Mais l'intérêt est aussi la richesse naturelle du site : des plantes rares et protégées poussent jusque dans les falaises, où nichent aussi les mouettes et cormorans...Dans les landes vivent les fauvettes, repérables par leurs chants sonores, sous les buissons épineux; elles se nourrissent d'insectes et "gavent leurs poussins de chenilles", comme l'indique le bienvenu panneau informatif  !

 

   Le sentier serpente jusqu'au fort de la Mauresque : le mot "Moreshca" est mentionné pour la première fois sous les rois de Majorque (1292); il est construit à la pointe du cap Gros (à l'ouest de l'anse de la Mauresque) sous la domination espagnol, fin XV° siècle. Vauban, en 1700, pour le roi de France, construit un port militaire près de la nouvelle frontière espagnole, après le traité des Pyrénées. On établit en 1850 une batterie pouvant accueillir vingt hommes et dix pièces dirigées vers le mouillage des vaisseaux devant l'entrée du port. Port-Vendres est considéré, à cette époque, comme le seul port, avec Toulon, capable de recevoir des bateaux de guerre.

   Durant la seconde guerre mondiale, les troupes d'occupation allemandes ont installé de nombreux blokhaus sur ce site unique d'observation.

 

   De nos jours, il ne reste du fort que trois arcs ouvrant sur la mer au-dessus d'un glacis.

  Le chemin étroit se poursuit, de façon vertigineuse, parfois, surtout à l'approche des villas, avant de rejoindre la plage de l'Oli. Retour au centre de Port-Vendres : rando facile mais inoubliable ! Le paradis près de chez nous...

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