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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 09:02
Limoux, images de l'institut des arts du masque : le célèbre tympan de Cabestany  -  Masques en Scène Tibériade Sant Pere de Rode, Masque et Mains -
Limoux, images de l'institut des arts du masque : le célèbre tympan de Cabestany  -  Masques en Scène Tibériade Sant Pere de Rode, Masque et Mains -
Limoux, images de l'institut des arts du masque : le célèbre tympan de Cabestany  -  Masques en Scène Tibériade Sant Pere de Rode, Masque et Mains -
Limoux, images de l'institut des arts du masque : le célèbre tympan de Cabestany  -  Masques en Scène Tibériade Sant Pere de Rode, Masque et Mains -
Limoux, images de l'institut des arts du masque : le célèbre tympan de Cabestany  -  Masques en Scène Tibériade Sant Pere de Rode, Masque et Mains -

Limoux, images de l'institut des arts du masque : le célèbre tympan de Cabestany  -  Masques en Scène Tibériade Sant Pere de Rode, Masque et Mains -

L’INSTITUT DES ARTS DU MASQUE DE LIMOUX OUVRE DE NOUVELLES EXPOSITIONS DES LE 7 JUILLET 2017

 

Ancré dans la Haute Vallée de l’Aude, à Limoux, au coeur de la Communauté de Communes, l’Institut des Arts du Masque est un lieu unique en France. Implanté dans l’ancien Palais de justice, il abrite la remarquable collection de masques de théâtre de l’Arche de Noé. A travers une programmation alliant tradition et modernité, l’IAM est le conservatoire vivant d’un savoir faire artistique. Destiné à un large rayonnement, il est ouvert à d’autres civilisations du masque dans le monde.

L’Institut des arts du Masque s’est ouvert en janvier 2017 avec trois expositions emblématiques qui furent présentées durant le temps du Carnaval, sous le titre « Les Rituels d’Hiver » Ainsi furent présentées : Le Carnaval de Limoux et l’hommage à Emile Taillefer. (une exposition maintenue pour cette saison estivale). Les fêtes d’hiver en Roumanie avec le Musée National de Bucarest, et les masques de bois d’un spectacle emblématique de l’Arche de Noé : « Les Sabots de Grêle »

 

PATRIMOINES DE L’AUDE
« MASQUES EN SCENE » « Le Maître de Cabestany »

L’ART ROMAN, DE LA SCULPTURE AU MASQUE

Masques et personnages de la création théâtrale « Du Maître et des Anges », inspirés de l’oeuvre du Maître de Cabestany ou de son atelier, sous la direction artistique de Guillaume Lagnel, produit par le Centre de sculpture romane de Cabestany et invité au MNAC de Barcelone. « L’ART ROMAN, DE LA SCULPTURE AU MASQUE » témoigne des différentes étapes du cheminement de la création de ce spectacle depuis sa composition, le choix des oeuvres sculptées inspirant la réalisation des masques, costumes, décors. Suscitant l’écriture des récits, les choix musicaux, le jeu et l’interprétation des acteurs...

« Un sculpteur anonyme et itinérant du XIIe siècle »

Le Maître de Cabestany est un mystérieux sculpteur roman du XIIème siècle dont les œuvres sont réparties sur le pourtour méditerranéen, y compris en Italie en Catalogne et Navarre. C’est ainsi qu’entre St Papoul, Narbonne et Gérone, il est possible de découvrir les œuvres emblématiques du Maître et de son Atelier.

Un projet estival avec le partenariat de l’association inter communale « Les Chemins du Maître de Cabestany » qui ouvre dès cet été « Les journées Maître de Cabestany » : St Papoul - St Hilaire - Rieux Minervois - Lagrasse (Aude) Cabestany, le Boulou, le Monastir del Camp à Passa (P-O) préfigurant un festival - arts et patrimoine en 2018 sur les chemins du Maître de Cabestany, en terres occitanes, en terres catalanes.

 

 

LE CARNAVAL DE LIMOUX

Exposition de masques et personnages du célèbre Carnaval. Séculaire, considéré comme le plus long carnaval du monde, il affiche sa singularité par ses masques et sa gestuelle sur des compositions musicales limouxines. L’exposition rend hommage à un éminent carnavalier, Emile Taillefer. Avec la complicité du Comité du Carnaval et des carnavaliers.

 

« NOCTURNES » les jeudi 10 et 17 août ouvert de 21h à 23h « MASQUES EN SCENE - DU MAITRE ET DES ANGES -

« L’Art Roman, De la sculpture au masque »

« RENCONTRE ET VISITE GUIDEE avec Guillaume Lagnel

 

 

L’INSTITUT DES ARTS DU MASQUE

OUVERTURE

Du 7 juillet au 31 août: les mercredis, jeudis et vendredis de 10h à 12h et de 15h à 19h.

Nocturnes les 10 et 17 août 21h à 23h.

Du 1er au 17 septembre:

les vendredis, samedis et dimanches de 10h à 12h et de 15h à 18h. Groupes: appeler le

0611681560

18, rue du Palais 11300 Limoux institutartsdumasque@gmail.com Tél : 06 11 68 15 60 www.iam-limoux.fr iam.limoux

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE · Perpignan, 11 août 2017

TAXE D’HABITATION :
LA FRANCE SE RECENTRALISE EN SILENCE

La suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, promesse électorale d’Emmanuel Macron, est confirmée. Cette mesure favorisera notre pouvoir d’achat, mais nos collectivités territoriales de proximité, en particulier nos mairies, seront appauvries. A terme, l’Etat ne compensera que partiellement le manque à gagner, notamment pour nos communes, qui trouvaient dans cette taxe leur unique ressource fiscale. Cette décision pèsera donc lourdement sur la vie courante en Pays Catalan. En Vallespir ou en Conflent, en Cerdagne ou en Roussillon, en Fenouillèdes et sur la Côte Vermeille, nos villes et villages négligeront nécessairement les équipements culturels, sportifs, médicaux et scolaires, ainsi que les associations. En effet, 10 Milliards d’euros de recettes sont en jeu pour les communes françaises, selon l’Association des Maires de France.

Cette disparition partielle de la taxe d’habitation, choisie par Edouard Philippe et Emmanuel Macron, démontre que la France se recentralise en silence, en favorisant les impôts collectés nationalement. Ce procédé, entamé par Nicolas Sarkozy, s’est accru avec François Hollande. D’ailleurs, les dernières mesures de réduction inattendue des dotations aux collectivités, dès 2017, confirment ce processus d’assèchement régional qui ne dit pas son nom.

Avec le nouveau pouvoir, les actes sont parfois opposés au discours : le 3 juillet, face au Congrès, Emmanuel Macron souhaitait rompre avec le jacobinisme et donner de l’autonomie aux collectivités. Le chef de l’Etat devrait alors permettre à celles-ci de gérer librement leur budget, leurs recettes et leur fiscalité. Oui au Pays Catalan, force politique engagée pour le progrès du territoire, alerte les citoyens face au leurre, malgré les promesses de changement..

Contact presse : press@ouiaupayscatalan.com· 06 75 74 25 49.

_________________________________________________________________________________

OUI au Pays Catalan · 22, boulevard Aristide Briand 66000 Perpignan · Tel. 06 75 74 25 49 press@ouiaupayscatalan.com· www.ouiaupayscatalan.com· www.ouiaupayscatalan.tv

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 09:18
Perpignan, ville art'zimutée : Chloé Moglia et les ART'ZIMUTéS de Cherbourg - Shakespeare, Le Songe d'une Nuit d'été, par Guy JACQUET
Perpignan, ville art'zimutée : Chloé Moglia et les ART'ZIMUTéS de Cherbourg - Shakespeare, Le Songe d'une Nuit d'été, par Guy JACQUET
Perpignan, ville art'zimutée : Chloé Moglia et les ART'ZIMUTéS de Cherbourg - Shakespeare, Le Songe d'une Nuit d'été, par Guy JACQUET

Perpignan, ville art'zimutée

 

C'est le dernier slogan, amusant, suggestif, inspiré de l'événement de Cherbourg (voir ci-dessous) qui invite à la fête. En effet, le dynamique directeur de l'OT de Perpi, Pierre Barbé, s'anime, s'agite, agit afin que la ville soit synonyme de fête, tout au long de l'année.

 

Et il vrai que, depuis le mois de mai, les événements et les spectacles s'enchaînent: fête de la musique, la Saint-Jean, les sardanes, la fête populaire catalane, Perpi en scènes, les jeudis...le citoyen qui est resté dans sa ville n'a plus de raison de râler. Lui qui peste quand la ville est  morte l'hiver et les dimanches, doit à présent vivre sa ville et non pas partir, sous d'autres lieux, sous prétexte que c'est l'été, que ce sont les vacances et qu'il faut partir, comme tout le monde...

 

En tout cas les touristes sont ravis. Cette animation fait de Perpignan une destination. Cette ambition "tous azimuts" (cité vivant dans toutes les directions), et non au sens de "ville déboussolée, ayant perdu la tramontane", c'est-à-dire, le nord...est louable.

 

 Cependant, à vouloir animer à tout prix, on fait de Perpi un produit : les responsables des fêtes parlent en termes économiques, en produits à vendre*, s'adressant à des consommateurs, à une foule qui remplit les café et les restaurants, mais qui n'est pas actrice.

 

Hier, mardi, Perpignan était envahie : c'étaient les soldes et surtout c'était le mauvais temps sur la côte, trop de vent marin sur la plage. Alors ce n'était pas "Perpi, une destination de qualité", c'était le badaud, le touriste qui déambule, qui achète peu et ne va pas au musée...

 

L'été, quand il fait mauvais, Perpignan est une destination par défaut: on va à la ville car on s'ennuie ailleurs. 

Perpignan devrait être un choix motivé, un but de distraction de qualité, d'événement culturel de bon niveau : savoir quel public nous voulons recevoir, sous peine de voir la ville investie, envahie, meurtrie, et peu de "retombées" à la clé..!

 

JPBonnel

* "On offre un produit touristique travaillé, diversifié et de qualité." a déclaré P. Barbé.

---

azimuté , es  

      adj m     (familier, vieilli)   cinglé     (vieilli)   fou, démentiel, possédé, échevelé, dingue, enragé, taré, halluciné, tordu, malade  

azimuté   

      adj m  

1    qui a perdu le nord, déboussolé

 

tous azimuts

exp.

1. dans toutes les directions, de tous les côtés ...

Festival Art'zimutés 2017

https://www.lesartzimutes.com/

 

  1. Les art'zimutés de Cherbourg :

Festival pluridisciplinaire : musiques actuelles, cirque, arts plastiques... Tout est réunit pour passer un bon moment, en famille ou entre amis !

 

***Née à Perpignan, Chloé Moglia intègre à 17 ans, l’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny-sous-Bois. Depuis 2009, elle dirige sa propre compagnie, Rhizome. Cette trapéziste aérienne se pose alors une question essentielle : « Pour quelle raison choisit-on de passer autant de temps suspendu par un bras à un trapèze, à 8 mètres de hauteur ? ». Par sa démarche artistique, elle cherche des moyens efficaces de suspendre momentanément le flux de plus en plus rapide du monde actuel, en ouvrant des espaces de liberté où toutes les directions sont possibles. Son nouveau spectacle, La Spire – Topos Topoï (titre provisoire), est un mélange de corps suspendus et de rêve éveillé. Le principe est de créer un déplacement savamment orchestré sur une structure – sculpture, formée par le déploiement d’un fin filin d’acier en spirale. Pendant le festival, accompagnée d’une dizaine d’artistes, elle invitera le public à un temps suspendu pour explorer la pesanteur.

"The curse of True Love never did run smooth"

(Shakespeare, Le Songe d'une Nuit d'été)

 

Je ne comprends pas comment IL (Will) arrivait à donner du rythme 

et une musicalité aussi ample 

à une langue essentiellement composée d'onomatopées d'une ou deux syllabes. 

Je suis persuadé qu'il écrivait en parlant à voix haute....

et sûrement en marchant ....d'où peut-être These Boots Are Made for Walking  (*)

(???)

 

En plus, Shakespeare est l'auteur de la didascalie la plus drôle de l'histoire du théâtre, dans Hamlet 

"Une plaine, en Danemark... 

Entre Fortimbras, suivi d'une armée."

 

Et vlan !!! Bonjour le cadeau au metteur en scène....

Ohoooo my god !!

 

(*) 

Au dernier bulletin de Donald TRump, Lord Byron affirme que   These Boots Are Made for Walking est de Sinatra Nancy (si.si ! )

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 07:22
Festival des arts et lettres à St-André - expo Joseph Maureso à Elne, musée Terrus
Festival des arts et lettres à St-André - expo Joseph Maureso à Elne, musée Terrus

Festival des arts et lettres à St-André - expo Joseph Maureso à Elne, musée Terrus

**Ce samedi 4 juin, salon du livre et des arts à St-André (Albères, 66) :

 

les écrivains Gildas Girodeau (à 11h), Joëlle Courtin (à 14 h) et J.Pierre Bonnel (à 15 h, avec Paul Gérard) présentent leur dernier livre.

 

Mairie, parc, médiathèque, entrée libre.

 

 

***  Mosset - Du samedi 4 juin 2016 au dimanche 5 juin 2016 
Le Village des Possibles:

 

à 11 heures, dimanche 5, je présente l'essai Les communautés libertaires agricoles er artistiques, avec Paul Gérard.
I
Autonomie & alternatives les 4 et 5 JUIN 2016 à Mosset


MANGER & BOIRE dans le Village
CANTINE & BUVETTE DES POSSIBLES / FEUFOLLET / LES CREPES DE MARIE / LA CAMIONNETTE VERTE /
MUSIQUE, SPECTACLES, ETC
LOU VALMONDE L’AMBULANTE / DEAMBULATIONS MUSICALES / OPERA MOSSET / APRES MOI LE DELUGE / BOEUF DU SAMEDI avec SARAH LEBIHAN & ZYKATOK / LA BANDE A GEORGES / LES BECS ROUGES / LES CORDES LOCALES / DIMANCHE DE CLOTURE avec DROOG & LE SKELETON BAND
MARCHES & VISITES
BALADE SALADE / PROMENADE DES CANAUX / VISITE DU VILLAGE, patrimoine et histoire en mouvements / LA SOURCE: marches et soins
PROJECTIONS, RENCONTRES, DEBATS...
REGENERATION PAR LE MODE DE VIE / PRESSE & EDITION INDEPENDANTE: une autonomie est-elle possible ? / AUTONOMIE(s) AU PROCHE-ORIENT ? Projection et discussion / ROCKFARMERS / L’ELAN/ BRULLS ETC: Résistance aux projets inutiles et défense des terres nourricières / REFLEXION SUR LE REVENU DE BASE / TAKE BACK YOUR POWER / INTERNET CITOYEN / L’AUTONOMIE ITALIENNE DES ANNEES 70: projection et discussion. / LES COOPERATIVES INTEGRALES CATALANES (en catalan & français) / VIDEOMATHON, projection des films réalisés pendant le Village des Possibles.
SANTE, MASSAGES, SORCIERES...
LA SOURCE: marches et soins / MASSAGE DO IN: initiation / MASSAGES: rdv individuels / GESTION DU STRESS PAR LA PLEINE CONSCIENCE: atelier d’exercices / PLANTOTHEQUE GYNECOLOGIQUE / YOGA NIDRA & L’ENERGIE DES ABEILLES / MASSAGE SUR CHAISE / UN PAS VERS L’AUTONOMIE/ INTERDIT AUX ADULTES: discussions autour du sexe et de la sexualité pour les ados et jeunes.
HABITER, SQUATTER, CUISINER, BOIRE, bref vivre...
HABITAT PARTICIPATIF 66 / LA SOURIS VERTE / HABITé: cabanes etc / VIN NATURE: dégustation / CUISINER AVEC UN FOUR SOLAIRE / LES BONS GRAS: nutrition / LE FORT DE LA GALLINE / PETIT MARCHE DES PRODUCTEURS DE LA VALLEE / BOURSE D’ECHANGE & TROC / ENERGIE CITOYENNE / AMAP / PIERRE SECHE / TERRES ET PAILLES
ENVIRONNEMENT, PLANTES, LUTTES & DECOUVERTES
TEINTURES MERES & ELIXIRS / CABINE A GRAINES / VELO-MIXEUR: sue pour ton jus ! / TRAM66: éducation à l’environnement / CONTRE LA PRIVATISATION DE L’EAU (en Conflent) / ELS BRULLS, TERRES AGRICOLES / BUTTE DE PERMACULTURE
CULTURE, ARTS, JEUX, etc: ON PRATIQUE
ESPACE D’EXPRESSION POUR LES ENFANTS / ESPACE BOUQUINS: bibliothèques et librairie/ OMNIBUS/ VIDEOMATHON / RESONANCES-LE CONFLENT A NOS OREILLES / LAND ART / RECYCL’ART SONORE / KAMISHIBAI / AGROECOLOGIE, COMPOST & ATELIER D’ECRITURE / ATELIER DE LA CHOUETTE: arts et nature / TEINTURES VEGETALES / TISSAGE A CARTE / CHEZ POLE KOSERY: bar à palabres etc / GRAND JEU: LE MONDE DES POSSIBLES / ESPACE JEUX / EXPOSITION HAITI & PROCHE-ORIENT / UNE ARME DE CONSTRUCTION MASSIVE ?
ENERGIES etc
POLE PRODUCTIONS LOCALES D’ENERGIE / SAVEZ-VOUS FAIRE DU FEU SANS FUMEE / REVALORISATION LOCALE DES HUILES DE FRITURE / ENERGIE MILITANTE / ROCKET-STOVE / MATERIEL ENERGETIQUE


        -----Elne : J.Maureso
    
 exposition "intrication des mémoires".
        Trois artistes, trois générations, trois singularités et pourtant une transversalité, une interface fertile entre nous,
        quelque chose de continu qui résiste dans le devenir perpétuel ...
        
        Au plaisir de vous voir
        
        Joseph

        - - -
        

***La carte des utopies concrètes pour que les alternatives se rencontrent

 

 

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Comment décrire cet ovni du net ? A la fois manifeste, annuaire, cartographie, lieu de mise en relation, de débat et de réflexion, le site internet utopies-concretes.org est un espace de liberté en ligne autogéré.

Grâce aux outils de l’immatériel internet, les inventeurs de cette plate-forme cherchent à donner corps au phénomène des alternatives à travers quatre formats. D’abord des textes « pour composer d’autres manières de voir le monde ». Ensuite une carte, qui recense plus de 3.000 lieux en France et en Europe. Puis un réseau, qui dessine les connexions entre des milliers de sites internets de la galaxie alternative. Enfin des liens, pour nous inviter à aller voir ailleurs.

 

« Le but est de créer un portail, de donner une vue d’ensemble de tous ces mouvements », explique Pierre, l’un de ceux qui a eu l’idée de lancer ce site.

Le site est en constante évolution, reflétant le bouillonnement permanent des alternatives : pour chacune, une série de liens vers les articles et sites internet qui la concernent est régulièrement actualisée, constituant une sorte de journal de bord.

L’outil permet aussi aussi d’amorcer une analyse. Par exemple, le « réseau » permet de visualiser les sites internet ayant le plus de liens entre eux. Se distinguent ainsi un groupe des médias alternatifs, un autre traitant du « retour à la terre », un troisième qui rassemble le mouvement zadiste, ou encore un quatrième dessinant une galaxie des technophiles du web libre (Framasoft ou la Quadrature du net par exemple). « Mais attention, il faut affiner et prendre ces premiers résultats avec des pincettes », prévient Pierre.

 

Cela permet en tout cas de réaliser « qu’on est tous un peu dans la bulle de notre réseau, et que finalement on se croise peu », avance-t-il. Et ce premier point de convergence dans le monde virtuel pourrait, qui sait, en amorcer de nouveaux sur notre planète réelle.

 

11 mars 2016 / par Marie Astier (Reporterre)

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 08:01
Ecole d'art de la ville de Sète (villa dans le style art nouveau au pied du mont Saint-Clair)

Ecole d'art de la ville de Sète (villa dans le style art nouveau au pied du mont Saint-Clair)

Faut-il se résigner ? En tout cas, les partis politiques et la population de Perpignan semblent anesthésiés, sans réaction ! Leur seul réflexe de révolte sera de se donner un maire FN très bientôt et vogue la galère !

Poussé par le gouvernement qui se désengage dans les régions, et veut limiter le nombre d'écoles des Beaux-Arts, la ville de Perpignan a sauté sur l'occasion (un essai, infructeux, en raison de la réaction des profs et des élèves, a eu lieu sous l'ancien maire J.P.Alduy) pour faire des économies.

Exit l'Ecole ! Perpi, ville d'art ? Mon oeil ! L'art, dare-dare, se barre pas loin, dans  une villa "art nouveau", l'artistique ville de Sète (Miam, musée Valéry, Brassens, art contemporain, festival des Voix, théâtre sur la mer...)...Ou à Carcassonne, ville modeste qui trouve le moyen de faire fonctionner une école d'art municipale citoyenne : ateliers ouverts à tous, abonnements selon les revenus... 

Les élus de Perpignan ont fait le choix de la facilité : on supprime...Ecole, Presbytère, Estivales, un centre d'art contemporain qui serait digne de la pensée de Walter Benjamin... Nos jeunes iront à Sète, Carcassonne, Nîmes, Montpellier, Toulouse... ou resteront dans leurs ghettos de ville assoupie...Qui, à la ville catalane, fera le bouche-à-bouche salvateur..? 

JPB

(en attendant de rencontrer le directeur -Philippe Saulle - de l'école décrite plus bas, et d'en savoir plus...)

- - -

Ecole des beaux-arts de Sète

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Enseignement des arts plastiques : Classe préparatoire aux écoles supérieures d'art, art déco et architecture (affiliée APPEA) et pratiques amateurs enfants, adolescents et adultes.

 

TYPE DE STRUCTURE : 

Atelier préparatoire

DISCIPLINE : 

Arts plastiques

ANNÉE DE CRÉATION : 

1960

ACTIONS CULTURELLES ET MÉDIATION : 

Exposition de la classe préparatoire "Hors situ" vernissage 20 mars

Journées portes ouvertes 21 mars

Exposition / restitution des ateliers vers la mi-juin

(Consulter le site pour précision des dates)

POLITIQUE ÉDITORIALE : 

Revue annuelle "10 mois"

RÉSEAU(X) ASSOCIATIF(S) :  : 

L'association de Amis des Beaux-Arts de Sète : LA-BAS

 

Ecole des beaux-arts de Sète

17 rue Louis Ramond

34200 Sète

 

Téléphone : 04 99 04 76 10

Télécopie : 04 67 74 95 36

Site internet : beauxarts.sete.fr

Courriel : ecolebeauxarts@ville-sete.fr

 

 

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ateliers adultes 2015/16  

 

Les écoles supérieures d’art

Etant donné les incertitudes en matière d'emploi dans la plupart des domaines, même les domaines soi-disant les plus porteurs en terme de métier et de carrière, de plus en plus de jeunes gens souhaitent s’orienter vers des études artistiques. 

 

Des débouchés il y en a. Les industries de la culture n’ont cessé de progresser, et la concurrence fait rage à l’échelle mondialisée pour chaque pays qui souhaite diffuser sa spécificité culturelle, son exception culturelle.

 

Les écoles d’art offrent un enseignement atypique du fait même de leur objectif : tenter de former des artistes. Contrairement aux universités qui s’axent essentiellement sur une formation théorique, les écoles d’art proposent une relation directe à la matière, à la création, aux expérimentations, en atelier. D’autre part, les écoles d’art encadrent de façon très serrée leurs étudiants, dans une proportion inégalée dans les autres enseignements supérieurs soit en moyenne un enseignant pour 6 à 8 élèves contre 1 pour 30 ailleurs. 

 

Après une année en classe préparatoire, les étudiants suivront un cursus aujourd’hui de type LMD (depuis le processus de Bologne de 1999 tendant à uniformiser les enseignements supérieurs européens) La Licence correspond au DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques, Bac + 3) ou DNAT (Diplôme National d’Arts et Techniques), le Master I équivaut au DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique, Bac + 5). Les écoles supérieures d’art intègrent de plus en plus un cycle doctorant.

Selon les statistiques récentes plus de 87% des étudiants diplômés d’un Master, trouvent rapidement des emplois cadre dans les secteurs de la communication, ou de l’industrie culturelle, design, décoration, architecture d’intérieur, audio-visuel, etc… mais aussi dans diverses institutions et autres paysages professionnels. 13% de ces diplômés deviendront exclusivement des artistes.

 

L’enseignement si spécifique des écoles d’art, apporte à l’étudiant une ouverture d’esprit, un sens critique, une créativité, une culture élargie, une confiance en ses choix et pour finir une personnalité, qui dans d’innombrables secteurs tertiaires sont très prisés. 

  

L’école d’art ne saurait fabriquer des artistes, elle doit tout au plus offrir les conditions optimales à l’éclosion du talent.

    

Philippe Saulle

 

*Enseignements et ateliers

Marie-Claire Esposito

/Céramique atelier recherches
lundi 17h-20h 

Pour des personnes autonomes et curieuses, expérimentations  avec restitution d‘un carnet de route
-voir propositions du mardi-

/Céramique
mardi 9h30-12h30/14h-17h/17h-20h
Trois propositions sur l'année :  
L’accident : induit ou subi, où comment un volume se modifie, se transforme, lorsque l’accident est admis, utilisé, intégré.
Le paysage en mouvement : au fil des saisons. Volumes, plaques, figuration, abstraction.
La fenêtre : ouverture sur l’imaginaire -espace privé/public, masculin/féminin, enfermement/liberté-.

retour

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Laurent Perbos - Dessin 

mercredi 18h-20h
Initiation aux techniques du dessin classique : nu, perspective, portrait, mise au carré, ....

/Volume sculpture modelage

jeudi 14h-17h / 17h-20h
Initiation aux techniques diverses de la sculpture et sensibilisation aux techniques d'installation et de dispositifs. Expérimenter différents moyens de créer du volume au travers du modelage, du moulage, de l'assemblage, de la taille, ....
Et au travers de multiples matériaux tel que le plâtre, la terre, le bois,... Le déroulement des séances se fera en deux temps.
- une première partie, que nous nommerons "Objet Fétiche", sera destinée à l'expérimentation. Nous élaborerons dans ce cours, la construction du volume à partir de l'objet et où "Comment l'objet usuel, banal, commun devient matière dans un travail de forme". A partir de la sélection d'un ou de plusieurs objets nous procéderons a la création de formes par les techniques de l'assemblage, du moulage, de la transformation, ....
Ce premier exercice nous confrontera à divers matériaux tel le plâtre, la terre, etc et à la contrainte de certaines techniques ( assemblage, moulage, transformation, etc ), en regard des pratiques contemporaines. - la deuxième partie sera axée sur un enseignement plus personnalisé. Nous approfondirons, suivant les volontés de chaque élève ( travail au cas par cas), une pratique et / ou des techniques de perfectionnement de la sculpture.

 

 

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Anna Sobierajski - Dessin

jeudi 16h-18h

Modèle vivant - sujet principal de l'atelier - à actualiser, réinventer, revisiter.
Les proportions, le corps en mouvement, le corps dans l'espace, le portrait...
Les cours proposent l'apprentissage des bases du dessin «classique» enrichis des techniques contemporaines.
Crayons couleurs, encres, pastels gras et secs, aquarelles, collages...mais aussi monotype, écriture, photo, dessin numérique...
Séances à l'atelier, au théâtre Molière, dans le jardin de l'école et ailleurs...
Travail individuel et collectif.

/Gravure & micro-édition

lundi 17h-20h vendredi 14h-17h

Travail autour de plusieurs thèmes proposés dans l'année pour développer des recherches personnelles ainsi que celles menées en groupe.
Apprentissage et perfectionnement des différentes techniques de gravure, classiques (lino-gravure, pointe-sèche, eau-forte...) et expérimentales (empreintes sur enduit, travail avec scotch...), pouvant être utilisées simultanément pour la réalisation d'un projet. Atelier offrant la possibilité de découvrir le dialogue entre l'art d'impression et le traitement de Photoshop. Créations de micro-éditions, affiches, gravures grands formats... Atelier ouvert à tous, même débutants...

/Peinture/initiation 

jeudi 14h-16h 

Le programme s'adresse à ceux qui découvrent ou redécouvrent la peinture et ses multiples techniques. Atelier proposant les bases nécessaires à l'apprentissage de la richesse de la couleur, permettant un travail personnel. Aquarelle, peinture acrylique et à l'huile, pastels secs, gras.
Présentation des différents médiums et outils. Regard en direction d'artistes contemporains qui proposent une relecture des bases «classiques» de la peinture.
Réalisation de livres d'artistes.

/Recherche en peinture

mardi 14h-17h

Le programme s'adresse aux personnes qui maitrisent déjà les bases de la peinture, souhaitant réaliser des recherches dans l'art contemporain.
Quatre thèmes proposés, établis à partir du travail d'artistes de la scène actuelle :

«l'accident» réflexion sur le sens du terme, créer un accident «volontairement», accepter «l'erreur», profiter des voies inattendues...
«le paysage en mouvement» quatre saisons, paysage de chantiers, nature en danger...
«généalogie et fictions personnelles»
multiples formes de la narration, mélange des histoires vraies et inventées...
«la perspective» métaphore ou terme exact ? l'espace réel, imaginaire, formel...

 

/Recherche en arts plastiques

vendredi 17h-20h

Atelier «laboratoire» proposant de mener un projet, en mélangeant plusieurs disciplines d'art : dessin, peinture, volume, installations, photo, dessin numérique, collage...
Quatre sujets autour du travail d'artistes contemporains :
«le temps» réflexion autour du tempsqui passe, qui s'arrête, qui stresse, qui soigne...
«l'accident» qui arrive, qu'on provoque, avec des conséquences heureuses et dévastatrices...
«l'espace» comment inventer, interpréter, imaginer, moduler le sens de ce terme...
«l'intime» refuge, secret, lieu à soi, précieux, en confrontation avec le monde «extérieur»...

retour

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Gilles Bingisser

/Atelier d’écriture 

"à la petite semaine" saison 4

lundi 17h-19h 

 

Venir au monde. 

Ce qui vient vers moi, ce vers quoi je décide d’aller, inventaire et invention du monde. 

Dans un premier temps, les étudiants choisissent un lieu dans l’enceinte de l’école, parc et bâtiments, pour y construire ou y poser un module d’archivage des productions à venir. Ce lieu sera aussi pensé comme un espace de consultation (accessibilité, protection des documents, classement ou inventaire). Ce corpus hétéroclite (ou pas) sera « alimenté » hebdomadairement par les productions de textes issues des ateliers d’écriture, mais aussi par des prélèvements urbains ou domestiques (déplacements), des productions plastiques, les livres et périodiques lus... Selon les décisions prises et les orientations documentaires pour la construction d’un monde. Ce travail peut être envisagé en binôme ou en individuel.

Références :

« le musée à l’oeuvre » de James Putnam aux éditions Thames & Hudson.

 Mais aussi avec Aby Warburg, Arnaud Labelle-Rojoux, Pierre Leguillon, Documentation Céline Duval, Eric Watier, Georges Adéagbo et Philippe Thomas. 

« Département des aigles » de Marcel Broodthaers.

« time capsules » d’Andy Warhol 

« open library » de Clegg et Guttman.

« kiosques » et « autels» de Thomas Hirschhorn

  Lectures : 

« la bibliothèque de Babel » Jorge Luis Borges.

« pierres » de Roger Caillois.

« penser, classer » Georges Perrec.

« la pensée sauvage » Claude Levi Strauss.

« une certaine encyclopédie chinoise » où il est écrit que : 

 Les animaux se divisent en : 

a) appartenant à l'empereur, 

b) embaumés, 

c) apprivoisés, 

d) cochons de lait, 

e) sirènes, 

f) fabuleux, 

g) chiens en liberté,       

h) inclus dans la présente classification, 

i) qui s'agitent comme des fous, 

j) innombrables, 

k) dessinés avec un pinceau très fin en poils de chameau, 

l) etc., 

m) qui viennent de casser la cruche, 

n) qui de loin semblent à des mouches  

(Dans l'émerveillement de cette taxinomie, ce qu'on rejoint d'un bond, ce qui, à la faveur de l'apologue, nous est indiqué comme le charme exotique d'une autre pensée, c'est la limite de la nôtre : l'impossibilité nue de penser cela... Michel Foucault, citant un texte cité par Jorge Luis Borges) 

 

 

ECOLE DES BEAUX-ARTS DE SÈTE

ENFANTS ADOS

ADULTES

6/14 ans 15/18 ans

+ 19 ans

QF< 600€

le 2ème le 3ème

60€ 100€

50€ 80€ 40€ 70€

90€ 120€

80€ 90€ 60€ 80€

120€ 170€

100€ 130€ 80€ 100€

170€ 200€

120€ 170€ 100€ 130€

COTISATION ANNUELLE 2015/2016

CALCULEZ VOTRE QUOTIENT FAMILIAL À PARTIR DE VOTRE AVIS D’IMPOSITION

200€

140€ 140€

230€

180€ 180€

300€

210€ 210€

350€

280€ 280€

QF≤ 1 000€

le 2ème le 3ème

QF≤ 1 500€

le 2ème le 3ème

QF> 1 500€

le 2ème le 3ème

REVENU IMPOSABLE (OU FISCAL DE RÉFÉRENCE) ÷ 12 ÷ LE NOMBRE DE PARTS

 
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 09:37
D.Bowie

D.Bowie

 

Mort de David Bowie :

 

Nous mourons plus et mieux quand meurt une idole, un chanteur qui a incarné une époque, notre temps utopique de l'adolescence (Delpech). 

Quand un homme a résumé un temps, a donné un visage humain à un contexte historique précis (quand mourra J.Halliday, "l'idole" des jeunes...il sera temps, pour nous aussi, de partir !)

 

Quand l'icône représente la célébrité et la beauté (Romy S.), l'humour (Galabru), le romantisme inquiétant (Pierre Clémenti, décédé aussi, ces jours-ci), nous pleurons ces personnalités "people", ou plus discrètes, que nous avions l'impression de bien connaître, et c'est, bien sûr, nous-même, notre condition d'être mortel, que nous pleurons.

 

Nous pleurons plus quand le mort est proche : un membre de notre famille ou un acteur médiatisé. Nous pleurons moins les masses anonymes qui sont écrasées sous les bombes en Orient ou ailleurs : spectateurs de la mort quotidienne, nous sommes comme blasés…

 

Parfis, la mort lointaine et anonyme peut avoir sur nous un impact fort: les victimes innocentes de Paris, de Charlie ("innocents", les caricaturistes..?), du Bataclan, sont le symbole d'une jeunesse épicurienne, d'une France belle et créatrice, d'un peuple qui veut vivre hors des contraintes de l'idéologie religieuse : l'unité se fait auteur d'elles et je me fonds dans la mort plurielle, et j'oublie ma petite personne dans le destin collectif...

 

D.Bowie, homme trouble, transsexuel, aux mille visages, c'est la musique et le talent protéiforme, que nous admirons; c'est surtout à un être solitaire, correspondant bien à une décennie (2010/19) qui se cherche, qui s'interroge sur son identité, sur son ancrage dans un territoire, dans des frontières ou qui rêve de grand large...

 

David B. a enfin trouvé son image, son visage...

JPB

 

- - -

 

**Au théâtre de l'Archipel, Perpignan :

 

Publié le 07/12/2015 à 11:12 par leblogcultureldyl

 - merci à Y.Lucas

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La rémanence des lucioles.

 

Rencontre avec Marie Clavaguera-Pratx, auteur et metteur en scène.

 

Rémanence : selon Google, Persistance d’un état après la disparition de sa cause.

J’avais rencontré Marie Clavaguera-Pratx et son frère Vincent Clavaguera lors d’une résidence à Alénya il y a quelques années. Je l’ai retrouvée en résidence pour la deuxième année au Théâtre de l’Archipel où elle prépare son deuxième spectacle La rémanence des lucioles. La création de la pièce aura lieu au Carré de l’Archipel le 12 janvier prochain.

 

Rencontre au foyer du théâtre.

 

Si vous le voulez bien, Marie, un bref retour sur votre itinéraire.

 

J’ai d’abord suivi un premier cycle au Conservatoire supérieur de Montpellier sous la direction d’Ariel Garcia Valdès. Je me suis formée ensuite pendant trois ans à l’École professionnelle supérieure d’Art dramatique de Lille sous la direction de Stuart Seide.

Depuis six ans j’ai travaillé comme assistante à la mise en scène auprès d’Yves Beaunesne, actuel directeur du Centre dramatique national de Poitiers.  J’ai aussi participé à la mise en scène faite par Stuart Seide de L’Annonce faite à Marie et à Intrigue et Amour de Schiller, par Yves Beaunesne. Ces deux spectacles ont été présentés au Théâtre de l’Archipel.

 

Vous avez aussi créé la Compagnie de la Lanterne.

 

C’est elle que vous avez rencontrée à Alenya où nous sommes installés. Avec mon frère Vincent Clavaguera qui est danseur nous cherchons à dépasser les limites du verbe, à travers la danse et le théâtre, afin d’en dégager une puissance expressive commune. Nous avons ainsi réalisé A l’approche du point B, créée à Alenya (2012) et présentée aussi en Poitou-Charentes, dans le Nord et à Avignon.

 

Parlez-nous maintenant du spectacle dont la préparation s’achève : « La rémanence des lucioles ». Evoquer les lucioles fat inévitablement penser à Pasolini, s’inquiétant de la « disparition des lucioles ». Divers auteurs abordent à leur manière le retour ou la réapparition des lucioles. Qu’est-ce donc pour vous que la « rémanence » des lucioles ?

 

C’est sans doute très différent d’autres approches. Il y a trois ans que je travaille sur ce projet. L’idée m’en a été donnée par un fait divers. La découverte en Russie d’une population vivant sous terre allant jusqu’à former des réseaux clandestins. J’ai enquêté et découvert qu’il existe dans le monde de nombreux groupes de population vivant sous terre. Il y en a à New-York, à Las Vegas, en Pologne…

Les ayant découverts, les gens « du dessus » veulent les faire exister. Mais ils ne sont pas attirés par l’extérieur. Il leur fait peur. La confrontation entre eux et ceux du dessus se révèle négative. Ils ont une organisation, leurs propres modes de vie, construits et structurés. Ils sont capables de nous surprendre, et sortis du « dessous » continuent à vivre avec leurs préjugés. D’où l’idée de rémanence.

 

Comment se présentera le spectacle ?

 

J’ai entièrement écrit la pièce. Elle sera jouée par une comédienne, un circassien (le guetteur), un danseur et un comédien trisomique. N’oublions pas les deux régisseurs. Nous partons du noir (les gens du dessous sont nyctalopes) au niveau du sol, et le décor se crée avec les lumières. La pièce sera présentée en création mondiale le mardi 12 janvier 2015 à 19 heures et rejouée le mercredi 13 à 20h30, au Carré de l’Archipel à Perpignan.

 

Propos recueillis par Yvette Lucas

 

**

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Bernard Dupont

Maire de Canet-en-Roussillon

 

Catherine Wanschoor

Adjointe au Maire, Déléguée à la Culture

 

le Conseil Municipal

 

vous invitent à découvrir l’exposition des peintures de

 

Muriel

Pages

Jacques

Ombrabella

 

Du 16 janvier au 07 février 2016

 

Galerie

Des

Hospices

• Canet-Village

Av. Sainte-Marie

Ouvert tous les jours de 15h à 18h

Entrée libre

 

Vernissage samedi

16 janvier à 18h30

Un apéritif clôturera

cette manifestation

 

Renseignements :

04.68.86.72.60

facebook.png

 

 

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:39
Terrus

Terrus

 

 

 

 **Musée d’art moderne de Collioure

Exposition du 19 octobre 2015 au 21 février 2016
Art historique du XXe

 

presse

Le musée d’art moderne de Collioure présente jusqu’au 21 février 2016 une grande partie du fonds historique, regroupant les artistes qui sont passés à Col- lioure pendant le XXe siècle : Jean Peské, Augustin Hanicotte, Willy Mucha, Henri Marre, Gaspard Maillol... Viennent s’ajouter deux œuvres majeures, l’une de Charles Camoin de 1912 « Les ânes à Collioure », l’autre d’André Mas- son de 1919 « Paysage à Collioure » acquise en vente publique.

Il s’agit là d’une pièce remarquable et rarissime, car à ce jour on ne connaît aucune autre œuvre de Masson peinte à Collioure ; peinture qu’il a réalisée lorsqu’il était en résidence à Céret, en 1919 avec Maurice Loutreuil. Ce dernier est venu à Collioure rejoindre l’une de ses amies, et c’est probablement lors de ce séjour, que Masson venant lui rendre visite a peint ce magnifique tableau, qui vient par ailleurs d’être restauré et peut ainsi être présenté au public.

Art Contemporain

La présentation du fonds historique est complétée par quatre salles d’art contemporain qui s’ouvrent sur :

- La très belle série de photos -tirages couleur sur aluminium- de Bleda y Rosa, réalisées lors de leur résidence au cours de l’année 2000 et qui donnent à voir une autre vision du Collioure traditionnel.

- La série photographique d’Aurore Valade -tirages argentiques light jet- en résidence en 2006, qui a immortalisé les habitants de Collioure, pris dans leur intérieur, avec une perception d’un travail proche de la peinture de compo- sition. À noter aussi la suite de 12 profils de la même artiste -tirages couleur sur aluminium sous verre- d’une délicatesse exceptionnelle. Tous pris sur la ligne d’horizon maritime, épaules dénudées et de profil gauche. Sur cette ligne d’horizon interviennent, soit des baigneurs, des bateaux, des mouettes... Ainsi l’artiste compose avec l’homogénéité du sujet et les aléas liés à l’environnement, pour rendre un mouvement et l’offrir à l’œil d’un public muséal curieux et at- tentif.

Font suite à cet accrochage les œuvres de Thomas Verny, Julien Descos- sy et Pierre Buraglio, toutes sur le thème du paysage à Collioure, passé par le filtre de la réflexion de chaque artiste et intégré dans son travail de recherche.

Toutes ces pièces font partie du fonds du musée, et pour la grande majorité d’entre elles, ont été données par les artistes.

Enfin viennent s’ajouter, comme à chaque accrochage, des œuvres très récentes, en prêt pour la durée de la présentation :
- Les tous derniers tableaux de
Patrick Jude, sur son travail maintenant très connu, concernant la disparition des vignes et de l’architecture qu’elles confèrent au paysage de Banyuls. Jude artiste incisif qui depuis les années 1960, ne cesse de dénoncer les faits et les travers de notre société, dans une peinture d’une exécution poussée à l’extrême perfection.

Ainsi que le travail tout juste sorti de l’atelier d’Emmanuelle Jude, qui uti- lise son appareil photo pour capter sur le vif la thématique quelle souhaite explorer. Ces clichés sont ensuite reproduits dans une peinture hyper- réaliste, qui accentue par la volonté picturale et des couleurs employées, le dessein voulu par l’artiste, celui de donner à lire des scènes de la rue, ici « des mangeurs de glace ». Cette volonté d’aller au plus près du sujet et de s’y tenir interpelle au plus haut point l’œil du visiteur, qui devient inquisiteur et traque chaque geste du personnage saisi dans un moment d’intense vérité, qui selon, peut s’avérer cocasse, poétique, humoristique.. Le passant, dans la rue, n’a pas la possibilité de capter l’image qui l’attire comme le fait très judicieusement cette artiste, passée maître dans cet art, et qui maîtrise admirablement la couleur et l’exécution.

A noter que les pièces d’Emmanuelle Jude seront présentées au printemps 2016 à la galerie Odile Oms à Céret.

- - -

Horaires et jours d’ouverture :

De 10h à 12h et de 14h à 18h Fermé le mardi d’octobre à mai

Tarifs :

Plein tarif : 3 € – Tarif réduit : 2 € Gratuit jusqu’à 12 ans. 

page1image3832.png TERRUS à Elne 

 

SOUSCRIPTION ETIENNE TERRUS (1857 – 1922)

Proche de Maillol, Terrus était apprécié des grands peintres de son époque : Luce, ami de longue date, Matisse (dès 1905), Manguin, Camoin, Marquet, Derain ...

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Il s’est isolé à Elne par choix, mais il va régulièrement à Paris, où il participe au Salon des Indépendants jusqu’en 1914, voit les expositions, se tient au courant des dernières tendances. Il correspond régulièrement avec ses amis, les reçoit à Elne. Quelle que soit la période, la lumière, la couleur, la construction, la poésie, l’émotion, la sérénité habitent ses toiles et ses aquarelles. Certes il fait siennes toutes les tendances de cette période si florissante de l’histoire de l’art, mais il les a interprétées, gardant sa propre écriture, ce qui donne charme et intérêt à son œuvre.

Depuis 1994 la ville d’Elne a créé un musée qui lui est dédié et qui présente une collection unique de ce peintre.
Les Amis d’Illibéris et les Amis du Musée Étienne Terrus vous proposent de les aider à enrichir cette collection en apportant votre contribution à la souscription qu’ils lancent pour acquérir des huiles, des aquarelles, des dessins provenant de trois collections et visibles sur les cimaises de la galerie l’IF.

L’IF, 4, Boulevard de la Liberté. ELNE Ville Haute Les samedis et dimanches après-midi
sur rendez-vous au 04 68 22 18 78
de septembre 2015 à mars 2016.

 

- - - Gauguin à Cerbère ? 

(textes de Pascal Yvernault) 

 

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

 

Si on sait que Paul Gauguin louaient les œuvres de Maillol et que Georges-Daniel de Monfreid était devenu en 1900 son mandataire "en toutes choses", on peut se demander s'il est, un jour dans sa vie, venu jusqu'aux pentes du Canigou pour rencontrer ses vrais partisans qui tous, au début du 20ème siècle, vivaient dans le Roussillon et lui vouaient un véritable culte.

 

Paul Gauguin, qui nait à Paris en 1848, est le fils d'un journaliste anti-monarchique qui mourra l'année suivante. Il perd sa mère alors qu'il est encore mineur et il est alors confié à un tuteur, Gustave Arosa, collectionneur et photographe qui deviendra un des premiers amateurs des impressionnistes. C'est grâce à ce tuteur d'origine espagnole que Gauguin côtoie les milieux qui soutiennent les mouvements républicains en Europe et en Amérique du Sud. 

A 23 ans, il se tourne vers la finance, d'abord comme agent de change puis comme employé dans une agence de vente et d'achat d'actions de compagnies d'assurances, et gagne jusqu'à 40 000 francs par an. Mais à 34 ans, il quitte la Bourse et annonce à son épouse Mette qu'il souhaite dorénavant se consacrer uniquement à la peinture. Il avait pris des cours de sculpture et de modelage dès 1877, avait été l'élève de Pissarro et avait exposé quelques toiles lors d'une exposition impressionniste en 1880.

 

En 1879, il peint Pommiers de l'Hermitage, dans les environs de Pontoise (huile sur toile exposée au Aargauer Kunsthaus à Aarau en Suisse) : "Pommiers de l'Hermitage montre l'importance qu'aura sur Gauguin l'enseignement de Pissarro. Le goût du maître pour la nature, son refus de toute forme d'académisme marqueront certes l'élève plus profondément que ses préceptes impressionnistes. Ce sont pourtant ces derniers, brillamment interprétés ici par Gauguin, qui seront à la base de ses futurs choix artistiques." (1)

 

A 34 ans, Gauguin changeait donc de vie. "Le changement ne s'était pas fait sans avertissement, mais la femme de Gauguin ne le lui pardonna jamais. Elle avait fait un marché avec un homme d'affaires bien renté, et lorsqu'il se tourna vers l'art et qu'il n'y eut plus de rentes, elle considéra qu'il y avait trahison conjugale. Au temps de sa fortune il avait commencé à peindre comme passe-temps dominical ; il avait également fait des achats assez importants que sa femme considérait sans intérêt - des œuvres de Cézanne, Manet, Renoir, Monet, Pissarro et d'autres.

 

 En tant que collectionneur, il avait rencontré Pissarro qui entreprit de l'instruire en matière de peinture et dès ce moment-là son intérêt pour la Bourse s'évanouit rapidement. A 31 ans, en 1879, il était devenu un 'amateur' tellement habile que ses œuvres (sous le patronage de Pissarro) furent exposées à la quatrième exposition organisée par les Impressionnistes ; il continua à exposer avec eux jusqu'à la huitième et dernière exposition de 1886 - à cette époque sa carrière d'homme d'affaires était terminée."

Paul Gauguin devient alors l'artiste dont on connait la carrière, le peintre de Pont-Aven et de Tahiti...

 

- - - © Le blog de louisiane.catalogne.over-blog.com

22 nov. 2013.

 

(1) Catalogue de l'exposition Gauguin, les XX et la Libre Esthétique , salle Saint-Georges, Liège (Belgique), du 21 octobre 1994 au 15 janvier 1995.

(2) Van Gogh et son temps, Robert Wallace (Editions Time-Life, 1969).

 

- - -

 

25 novembre 2013

L'ombre de Gauguin plane sur la plaine du Roussillon 

Admiré par les artistes nord et sud catalans qui le rencontreront souvent par l'intermédiaire de Georges-Daniel de Monfreid, Gauguin insistait "fortement sur ses origines hispaniques, sur ses attaches d'enfance avec le Pérou mais aussi sur la figure importante de sa grand-mère, la flamboyante Flora Tristan, à qui il doit à la fois ses origines ibériques et son atavisme républicain." (1)

 

A partir de l'été 1883, Gauguin s'occupe de missions pour le compte des républicains radicaux espagnols. "Il semble qu'entre 1883 et 1886 Gauguin ait effectué plusieurs missions pour les comploteurs espagnols : en 1885 à Londres, en 1886 à Bordeaux, un voyage à Montpellier en 1884, où, avec Emile Bertaux, il aura le temps de visiter le musée Fabre, et de commencer une copie d'un tableau de Delacroix. Il racontera aussi deux épisodes autour de la frontière pyrénéenne, un aller-retour entre Cerbère et Port-Bou caché à l'aller dans un wagon de charbon et au retour, dissimulant Ruiz Zorilla (*) dans la cargaison de blé d'un chariot. Enfin, une altercation avec un gendarme sur la côte de Cerbère. C'est à cette occasion sans doute qu'il peignit une aquarelle intitulée Cerbère 18 août 1883 et signée P.G., en vente chez Sotheby's en 1975, mission annoncée dans une lettre du 13 août à Pissarro dans laquelle Gauguin se dit "très intéressé aux affaires d'Espagne auxquelles je suis un peu partie active". Sans que Monfreid le sût à l'époque et sans qu'il s'appesantît dessus ensuite, Gauguin avait bel et bien séjourné en Roussillon." (1)

 

En 1902, Gauguin envisage de quitter les Marquises pour regagner l'Europe et pourquoi pas s'installer près de Monfreid dans les Pyrénées catalanes, ou en Espagne pour y travailler pendant quelques années. Monfreid l'en dissuade invoquant le climat détestable d'Europe : le froid, l'humidité en France, la sécheresse aride et les fièvres en Espagne.

Paul Gauguin meurt le 8 mai 1903 à l'âge de 54 ans. La nouvelle de son décès n'arrive à Paris que le 23 août. "Le premier Salon d'automne ouvert au Petit Palais comprend une salle consacrée à l'artiste où figurent huit toiles dont le Christ jaune." (2)

 

- - -

 

(*) Manuel Ruiz Zorilla a souvent conspiré contre les Bourbons restaurés. L'Espagne entre 1874 et 1885 est gouvernée par le roi Alphonse XII.

(1) Catalogue de l'exposition Paris Perpignan Barcelone - L'appel de la modernité (1889 - 1925), musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan du 20 juin au 13 octobre 2013.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 11:12
Pensée de Maillol (expo musée Marès à Barcelone : Maillol en Grèce, jusqu'à la fin janvier 2016)

Pensée de Maillol (expo musée Marès à Barcelone : Maillol en Grèce, jusqu'à la fin janvier 2016)

CHEMINS du LITTORAL : 
  MAILLOL, MACHADO, Walter BENJAMIN
    par Jean Hormière *







I. Présentation


Un été 90 sur la côte catalane. La surgie d'un paysage : Nature & Histoire. Trois destins croisés : Machado, Maillol, Benjamin. Une enquête documentée et subjective qui ne cherche pas de réponse. L'art a ses raisons que la lumière de Méditerranée ne peut élucider.
    
Le film Chemins du littoral, d'une durée d'environ 50 minutes, a été tourné en 16 mm couleur, durant l'été 1990, sur la Côte Rocheuse : Collioure, Bañyuls, Port-Bou. Son ancrage local (le paysage, la musique) et sa dimension européenne (l'évocation de trois artistes, l'un originaire de la région, les deux autres étrangers, durant les années de tourmente) le destinent aux festivals et à la télévision.


    Chemins du littoral est un moyen métrage, tourné entièrement en extérieurs sur la Côte Rocheuse, ainsi qu'à Perpignan pour une brève séquence. La Côte est le vrai sujet du film. Les trois destins d'artistes que l'on suit sont en effet révélés par les lieux qu'ils traversent.
    


La Méditerranée et les Albères ; ports, vignes escarpées. La gare de Collioure, les rues qui descendent vers le port, la placette, le Château, les plages - et l'ermitage de Consolation- La maison de Maillol à Bañyuls, le port, la mairie, le laboratoire Arago et l'île Grosse - mais aussi la métairie, l'atelier, les mas alentour, les chemins de montagne, les crêtes frontalières-


    Chemins du littoral est d'abord un film de "paysages", mais les hommes aussi y ont leur place : aux migrations des années de tourmente ont succédé les migrations estivales. Et, sur le port ou dans un vallon retiré, les habitants du lieu témoignent à leur façon.


    Le présent renvoie au passé. Les traditions musicales sont à l'arrière-plan du film : la musique catalane du passé, mais aussi celle d'aujourd'hui (Teresa Rebull), envahit la bande-son.




II . COMMENTAIRE       


 Tu connais l'histoire de Valeriu Marcu et du Maharadjah? C'est Mme Istrati qui me l'a racontée.


      V. Marcu était un juif de Roumanie célèbre dans le Berlin littéraire des années 20. En 1933, il dut émigrer sur la Côte d'Azur, à 300 km d'ici, à vol d'oiseau. Un jour qu'il se promenait au bord de la mer, il vit, sur un rocher, un maharadjah si triste qu'il s'approcha de lui pour le faire sourire. L'autre, qui allait se jeter à l'eau, changea d'avis et offrit à Marcu sa plus belle limousine ainsi qu'un chauffeur à l'année.


     Six, sept ans plus tard, Lisa Fittko vit passer une limousine à la sortie de Bañyuls, rapide comme une flèche, en direction de l'Espagne. Valeriu Marcu était tapi au fond et avait gardé son chauffeur.


       L'Amérique n'était pas loin, et la frontière une simple formalité.




 2 . La promenade au port.  - Collioure 




C'était la fin de janvier 39. Machado a passé la frontière à pied, abandonnant ses bagages. A Cerbère, il a dormi dans un wagon sur une voie tranquille. Le lendemain, le train l'a emmené à Collioure, près du futur camp de concentration d'Argelès-sur-mer.


    Machado arrive en gare de Collioure à cinq heures  et demie de l'après-midi, le 28 janvier. Avec sa mère, son frère José, sa belle-sœur ; un parapluie pour toute fortune. Il fait mauvais. Jacques Baills, un employé de la gare, indique au petit groupe, pour la nuit, la pension Quintana, quelque cinq cents mètres plus bas.


     Antonio Machado, fils d'Antonio Machado y Alvarez, vient de Séville où il a grandi. De Madrid, avec son frère Manuel, il a écrit des pièces de théâtre. De Paris, au tournant du siècle. Il vient de Soria où il a enseigné, aimé et souffert. De Baeza. 


    Il s'est mis à la philosophie allemande et découvre Heidegger. Andalou intime, castillan d'essence, il remonte en Catalogne. Il s'est paré de pseudonymes et s'engage aux côtés de la République. Dans l'ourlet de la Retirada, il passer la frontière du Nord, gagne les Pyrénées Orientales, gagne l'exil.


    Et tombe à Collioure.


    La mère est épuisée. Il faut la porter jusqu'à la Placette. La mercière, Mme Figuères, permet de s'asseoir. La pension, de l'autre côté de la place, est si éloignée. On dit qu'il fallut appeler un taxi, car les eaux de la rivière ne permettaient pas le passage à gué. On prit la route par le cimetière.


    Je crois que les rescapés arrivèrent sur une barque, en remontant le Douy, la rivière qui vient de la mer. C'est dans cette pension qu'ils passent quatre longues et maigres semaines, en février, jusqu'à la mort du fils et de la mère.


    Numéro 669, 670,671, 672, 673, 674, 675: il a douze ans de moins qu'il n'y paraît. Il est professeur de français. Il est né à Séville. Réside à Madrid. Vient de Barcelone.
    Machado dort au fond, à côté de sa mère qui rêve de Séville. Machado dort enfin dans le lit de sa mère.
  
  L'escalier extérieur de la pension mène des chambres à la salle à manger, au rez-de-chaussée. Le poète et son frère n'ont que deux chemises. Quand ils lavent une chemise et la mettent à sécher à la fenêtre d'une chambre, un seul peut descendre dîner. Là est leur table. L'autre attend, à l'étage, que son frère remonte et lui passe sa chemise, avant d'aller manger à son tour.




    Le poète porte toujours le même complet bleu marine.


    C'est à la veille des congés de Carnaval que Machado doit s'aliter. Le médecin appelé ne peut rien faire. Machado meurt le 26 février dans l'après-midi. Son frère Manuel apprend la nouvelle chez un coiffeur de Burgos et arrive à Collioure trois jours après la mort d'Ana Ruiz, leur mère. Les derniers temps, le poète allait s'asseoir sur un banc, devant la pension Quintana, pour regarder les joueurs de pétanque.


    Avant de mourir, le poète a-t-il fait la promenade du phare? On connaît trois de ses promenades : il est allé deux fois au magasin de Mme Figuères ; il a contourné l'hôtel et suivi le chemin du cimetière ; avec son frère José, enfin, il est descendu jusqu'à la plage et s'est appuyé ou adossé à une barque. Mais au-delà ? La seule qui sait, la "Vérité", a brûlé sur la plage de Canet, il y a bien longtemps.


    Il faut, pour aller au phare, passer à côté de la maison "espagnole". C'est le nom qu'on lui a donné pendant le tournage du "Fils de Caroline chérie", dans les années 50. Je ne sais plus si Martine Carol était encore en vedette au générique ou si Brigitte Bardot y apparaissait déjà en figurante.


      Au-delà de la maison espagnole, la chapelle saint-Vincent. Au-delà de la chapelle. Au-delà du phare, la Grèce. 


...à suivre

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 10:01
Nicolas Bourriaud

Nicolas Bourriaud

 

*Ancien directeur des Beaux-Arts de Paris    (ENSBA) désormais responsable de l'art contemporain à Montpellier

 Nicolas Bourriaud a été nommé directeur du centre de culture contemporaine la Panacée à Montpellier et chargé du projet de futur centre d'Art contemporain.

Destitué par le ministère de la culture, l'ancien directeur des Beaux-Arts ne viendra sans doute pas au secours des B.-A. de Perpi… Pas la moindre ba…

 

 

* Je relis son petit opuscule Esthétique relationnelle (édition Les presses du réel) ; il définit ainsi son concept : il tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social...(page 13)

 

Pour lui, désormais "les oeuvres ne se donnent plus pour but de former des réalités imaginaires ou utopiques mais de constituer des modes d'existence ou des modèles d'action à l'intérieur du réel existant, quelle que celle soit choisie par l"artiste."

 

N. Bourriaud s'inspire du marxisme et de Louis Althusser. Il prône un "matérialisme aléatoire", une esthétique de la relation ("L'art est un état de rencontre") qui s'inscrit dans une tradition matérialiste pour aboutir à un "matérialisme de la rencontre." (page 18.

 

Il faut que l'oeuvre crée des liens : merci le Petit Prince…

Le regard d'autrui est essentiel : c'est le regarder qui prolonge l'oeuvre et là, l'ancien directeur des B.Arts s'inspire de Duchamp (dialogue entre le regardé et le regardeur), de Lévinas * (pour le visage), de Serge Daney (pour le cinéma, l'idée de pont de vue, de focalisation, de réception sont à la mode)…

 

Contre la servitude, il s'agit d'utiliser les "interstices sociaux", la liberté devant s'exprimer lors des expositions, le public échangeant, communiant lors des installations contemporaines. Pour s'éloigner de la propagande et du formatage des médias audios et visuels qui sont faits pour vider les cerveaux (la télé de béton de TF1) et vider les villes, le soir, languit, les habitants se réfugiant dans leurs boites…

ces médias (dangereux intermédiaires) nous donnant l'illusion de communiquer avec le monde, de participer à l'animation frénétique du monde, en fait pour vendre de la séduction politicienne et de la pub commerciale...

 

 

*Le visage, c'est "ce qui m'ordonne de servir autrui", "ce qui nous interdit de tuer." (cité p. 23)

 

JPB

 

 

Nicolas Bourriaud est nommé directeur artistique de la Panacée à Montpellier et chargé de la préfiguration du futur centre d'Art contemporain, a annoncé le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Philippe Saurel. 

 

Critique d'art et commissaire d'expositions spécialisées dans l'art contemporain, Nicolas Bourriaud a fondé et co-dirigé le Palais de Tokyo de 2000 à 2006 et dirigé les Beaux-Arts de 2011 à l'été 2015. Il avait été limogé début juillet par le ministère de la Culture de la direction des Beaux-Arts, cette décision suscitant une polémique dans le monde de l'art.

 

 

Le futur centre d'art contemporain doit être créé d'ici 2019 dans les locaux prévus (hôtel Moncalm, près de la gare), pour le projet avorté de musée "de l'Histoire de la France et de l'Algérie", qui datait de l'époque du défunt Georges Frêche, maire d'une ville dans laquelle 42.000 pieds-noirs s'étaient installés en 1962.

 
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 09:40
Bidet (Fontaine) de Duchamp : "Duchamp est passé par là !"

Bidet (Fontaine) de Duchamp : "Duchamp est passé par là !"

 

***L'Association Concordia Patrimoine et Culture, éditeur d'Artfabetic et Art Angels, plateforme de mécénat participatif travaillent main dans la main pour contribuer au financement du premier volume du dictionnaire biographique des artistes plasticiens de France.

 

Plus de 3500 artistes vivants, qui travaillent et/ou exposent en France, sont inscrits dans ce "dictionnaire des petits maîtres qui n'a pas oublié les grands" selon son auteur Julien Dumas. Ouvrage destiné à traverser le temps, Artfabetic s'est consacré à réunir des plasticiens de toutes spécialités et tous styles, pour offrir au monde conservateur, marchand et amateur d'art la plus belle diversité artistique et multiculturelle qui soit.  

 

La campagne de financement participatif invite un large public à s'inscrire dans l'événement de cette parution en contribuant à la réalisation de l'ouvrage pour participer à cette formidable aventure qu'est l'édition d'un dictionnaire d'artistes plasticiens.

 

Je vous encourage à découvrir le projet en cliquant sur le lien www.artangels.fr.

 

Le monde d'aujourd'hui a besoin de votre soutien. La création doit être mise en avant, les créateurs doivent se sentir soutenus.

N'hésitez pas à me contacter par mail ou via linkedin pour de plus amples renseignements.

Bien cordialement,

Céline Marcadon, cmarcadon@gmail.com

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Qu’est-ce que l’art ? C’est à cette question sempiternelle que retourne Arthur Danto dans son ultime ouvrage, récemment traduit en français. Le philosophe américain y propose une nouvelle compréhension de l’art comme « rêve éveillé », substituant à la mimèsis de la Renaissance une imitation onirique du monde et de son époque.

 

Recensé : Arthur Coleman Danto, Ce qu’est l’art, Post-éditions et Questions théoriques, traduit de l’anglais par Séverine Weiss, postface d’Olivier Quintyn, 2015. 219 p., 22 €.

Le titre du dernier ouvrage d’Arthur Danto Ce qu’est l’art (What Art Is), publié peu avant la disparition de l’auteur en 2013, révèle l’humour d’un philosophe qui n’hésite pas à énoncer une réponse affirmative, presque péremptoire, dans sa forme, à la fameuse question, récurrente de Socrate à nos jours : « Qu’est-ce que l’art ? » Car, si les philosophes et les esthéticiens du XXIe ne se soucient plus guère de savoir ce qu’est véritablement l’art ou si telle ou telle chose est ou n’est pas vraiment de l’art, ces questions préoccupent toujours le grand public, souvent déconcerté, face aux œuvres exposées dans les lieux d’art contemporain.

L’humour d’Arthur Danto tient à sa double casquette – lui-même parlait de double-hatting – d’une part, celle de représentant de la tradition analytique de l’art, préoccupé par l’interrogation « existentielle » de Nelson Goodman «  When is Art ? » – « Quand y a-t-il art ? » – et, d’autre part, celle de critique d’art obsédé par la question ontologique, convaincu de l’existence d’une « essence » de l’art.

L’ouvrage Ce qu’est l’art serait-il donc le signe d’une petite traîtrise passagère à la cause analytique ou bien l’aveu de la nature fondamentalement essentialiste de celui qui apparaîtrait alors comme le plus « continental » des philosophes anglo-saxons ? Assurément ni l’un ni l’autre... ou peut-être l’un et l’autre ! L’un des grands mérites de Danto, conteur passionné et passionnant de l’histoire et de la philosophie de l’art depuis Platon est de parvenir à convaincre le lecteur de la compatibilité de deux conceptions habituellement considérées comme inconciliables.

Comment régler en premier lieu la sempiternelle question de l’essentialisme ?

La validité de la démonstration de Danto repose sur la constatation que « tout ne peut pourtant pas être de l’art » (p. 12), malgré Marcel Duchamp et en dépit d’Andy Warhol qui, tous les deux, prirent acte de la disqualification de l’imitation et de la naissance du modernisme. L’un avec son urinoir, l’autre avec Boîtes Brillo auraient ouvert la porte au n’importe quoi et ébranlé « la certitude qu’une définition de l’art soit encore possible » (ibid.), déplore l’auteur avec une fausse naïveté, affectant d’oublier qu’il doit, à l’un et à l’autre, les fondements mêmes de sa philosophie de l’art. On décèle comme un soupçon de regret dans le « pourtant ». Quel dommage, tout serait plus simple si tout pouvait être de l’art !

Mais le philosophe enjoué qu’est Danto ne désespère pas de mettre au jour les critères assurés permettant de reconnaître avec certitude l’essence de l’art. Cela suppose bien entendu qu’une définition essentialiste vaille pour la totalité de l’art, qu’il soit ancien, classique ou contemporain : « Si l’on considère que l’art forme un tout cohérent, il s’agit de montrer que ce qui le rend tel est décelable tout au long de son histoire » (p. 12). En clair, l’histoire évolue, les différentes périodes de l’histoire de l’art le prouvent, mais l’œuvre d’art est un invariant et son concept est en quelque sorte transhistorique.

Une théorie analytique de l’art

« Rêves éveillés », nom du premier chapitre – l’ouvrage en comprend six – entend prouver l’existence indubitable de l’essence de l’art et repérer les signes qui permettent d’identifier celle-ci. Ce chapitre est avec le dernier (« L’avenir de l’esthétique ») celui qui justifie le titre du livre et mérite une attention particulière.

Après quelques pages consacrées à la naissance du modernisme au début du XXe siècle. Danto passe assez vite sur Picasso, notamment sur les Demoiselles d’Avignon qui n’ont droit qu’à des remarques sans intérêt particulier : « Les Demoiselles sont peintes de façon nouvelle pour faire apparaître la vérité des femmes, telle que Picasso la voyait » (p. 21) ! Il ne dit mot de l’archéologie du tableau, ni de la centaine d’esquisses révélant les hésitations, les doutes, les repentirs du peintre, rien non plus sur ce manifeste de l’origine du cubisme, ni sur l’influence de Derain et de l’art primitif. Assez curieusement, il ne fait aucune allusion à ce qui aurait pu appuyer sa thèse sur le début et la fin de l’ère albertienne. Lui qui place Giotto et Cimabue à l’origine du principe de la mimèsis aurait pourtant eu beau jeu de moquer André Breton qui haussait les Demoiselles d’Avignon à la hauteur de la Vierge de Cimabue.

Néanmoins, la thèse de Danto s’énonce clairement : « La question : “qu’est-ce que l’art” est désormais bien différente que ce qu’elle a pu être autrefois dans l’histoire » (p. 36). Marcel Duchamp et ses ready-mades, dans les années 1910, Andy Warhol et ses Boîtes Brillo (1964) ont permis à l’art de révéler son essence, sa nature profonde. Fountain, l’urinoir inversé de 1917, rompt avec le bon goût et la beauté, les fac-similés de boîtes Brillo sont de simples reproductions de produits commerciaux destinés aux supermarchés ! Comment justifier l’appartenance de ces objets au monde de l’art, choses a priori sans intérêt, n’importe quoi dans l’ordre de la banalité ?

« Le Monde de l’art » (The Artworld) est justement le titre de l’article publié par Arthur Danto en 1964 dans lequel il évoque le rôle décisif de la théorie de l’art et du contexte historique qui ont permis de « faire la différence entre une boîte de Brillo et une œuvre d’art qui consiste en une boîte de Brillo » [1].

Cette réponse, que Danto jugera lui-même après coup non satisfaisante, vaut à la rigueur pour Andy Warhol mais non pour Duchamp. Brillo Box est une copie parfaite, à s’y méprendre, d’un objet réel, alors que le ready-made est cet objet réel lui-même. Certes, si Warhol avait acheté de vraies boîtes de produit à récurer de marque Brillo au magasin du coin et les avait exposées telles quelles dans une galerie d’art, il aurait montré des ready-mades mais l’artiste pop s’en est bien gardé. En 1917, Fontaine, objet de plomberie, jugé immoral et vulgaire, a été refusé par le monde de l’art new-yorkais de l’époque, en particulier par la Société des Artistes Indépendants, tandis que, près de cinquante ans plus tard, le même monde de l’art présent à la Stable Gallery de la 74e Rue Est, accepte Boîte Brillo « sur le champ », précise Danto dans La transfiguration du banal. Une philosophie de l’art. Cet ouvrage, paru en 1981, avait recours à un raisonnement typique de la tradition anglo-saxonne. Danto entendait explicitement « établir […] une théorie analytique de l’art » [2] qui permettrait de faire la différence entre deux objets, apparemment identiques, perceptuellement indiscernables l’un de l’autre, et dont l’un est considéré comme une œuvre d’art et l’autre non. Danto reprenait l’idée d’une « atmosphère de théorie artistique » et celle « du climat créé par le monde de l’art », lequel n’est pas seulement celui le monde des connaisseurs, des milieux spécialisés et institutionnels – c’est la conception de George Dickie [3], autre théoricien analytique – mais un monde d’« objets interprétés », c’est-à-dire saisis par une interprétation philosophique et artistique qui identifie l’objet et le constitue en œuvre : « sans une théorie de l’art, une tache de peinture noire est simplement une tache de peinture noire et rien de plus » (p. 218). La notion d’« à propos de » (aboutness) est ici primordiale dans cette différenciation : une œuvre d’art est « à propos de quelque chose », elle est créée en fonction d’un projet, elle est intentionnelle.

Toutefois, ces critères, s’ils sont nécessaires pour distinguer l’œuvre artistique de son double banal et sans intérêt, sont insuffisants pour aboutir à une définition universelle et intemporelle de l’œuvre d’art.

L’art est une signification incarnée

Ce qu’est l’art entend précisément combler cette lacune. Danto s’attarde longuement, dès le premier chapitre, sur l’épisode de sa visite à la Galerie Stable en 1964, là où Andy Warhol exposait les Boîtes Brillo. Cette anecdote qui revient, tel un leitmotiv, dans ses écrits, donne la mesure du traumatisme provoqué par cette scène inaugurale, primitive, une sorte de Urszene freudienne, sans résilience, où se trouvèrent mélangées une bonne dose de répugnance esthétique et, heureusement, une « intoxication philosophique » persistante à l’origine de sa réflexion (p. 53). Deux découvertes se révèlent alors décisives. Premièrement, si les œuvres d’art sont « à propos de quelque chose », cela veut dire qu’elles sont des « significations incarnées ». Et si les différences entre les boîtes du commerce labellisées Brillo et les Boîtes Brillo de l’artiste new-yorkais ne sont pas visibles, il doit y avoir des différences et des propriétés toujours invisibles. La conclusion s’impose d’elle-même : « Ce sont les propriétés invisibles qui font que quelque chose est bien de l’art » (ibid.). Deuxièmement, Danto enrichit la définition de l’art comme signification incarnée d’une condition nouvelle inspirée par Descartes et Platon : l’art est un rêve « éveillé », allusion au rêve lucide raconté par l’auteur des Méditations métaphysiques, dans lesquelles Descartes finit par s’assurer de son existence en résistant aux tromperies du Malin Génie, et à l’allégorie de la Caverne chez Platon. Danto, lui, en conclut qu’à la disparition de l’imitation classique et à l’obsolescence du principe de la mimèsis établi à la Renaissance, succède une imitation moderne onirique. L’artiste rêve le monde et son époque et ce rêve est objectivé dans la forme que l’artiste donne à l’œuvre qu’il crée.

Ce chapitre, intitulé « Rêves éveillés », le plus long des six, est véritablement celui qui justifie le titre de l’ouvrage. Non pas que les suivants soient secondaires, mais ces textes, issus pour la plupart de conférences réécrites, servent surtout à exemplifier la thèse principale, à savoir que la définition de l’art de l’art est universelle et transhistorique.

C’est le sens, notamment, de « Restauration et signification ». En quelques pages malicieuses et sur un ton libertin, Danto rend hommage à l’artiste Cy Twombly qui parvint à le persuader que la restauration, en 1994, du plafond de la Chapelle Sixtine était une réussite et mettait en valeur Le Jugement dernier peint par Michel-Ange. Les lecteurs de La Madonne du futur, ouvrage publié en 2000 (version française en 2003) savent quelle importance Arthur Danto accorde à ce chef d’œuvre du maniérisme et quel rôle essentiel joue celui-ci dans sa philosophie de l’art : « Si l’on envisage l’art venant après Michel-Ange dans le cadre d’une histoire dont le point de butée est constitué par le plafond de la chapelle Sixtine et Le Jugement dernier, il ne peut être que post-historique » [4]. En déclarant qu’il est impossible d’aller au-delà de la figure de Jonas telle qu’elle est représentée sur le plafond, Danto laisse entendre que Michel-Ange marque à la fois la fin d’une période historique, celle que Giorgio Vasari met prodigieusement en scène dans les Vite [5], et le commencement d’une autre ère, celle qui s’achève avec Andy Warhol et signifie, de façon beaucoup plus radicale, la fin de l’art... mais non pas celle des artistes.

Digression sur un thème proposé par l’Université de Klagenfurt, « Le corps dans la philosophie et dans l’art » revient sur la question de l’éliminativisme, une thèse qui nie la possibilité de décrire nos états mentaux à l’aide du langage. Le langage du corps qui prétend décrire nos passions, l’amour, le désir, la colère etc., relève de la psychologie naïve. Or, seules les sciences cognitives parviendraient à rendre compte, à l’aide des nouvelles technologies, réellement du langage du corps. Cette perspective laisse Danto plutôt sceptique qui prend ses distances par rapport aux performances corporelles contemporaines, bien éloignées, selon lui, de notre « glorieuse tradition artistique ».

Passionnante mais trop rapidement évoquée, est l’interprétation renouvelée de l’esthétique d’Emmanuel Kant que les formalistes, tels Clement Greenberg, revendiquent pour justifier précisément leur formalisme en art. Dans la mesure, selon Danto, où il affirme que l’âme est intimement « liée aux facultés de connaître », autrement dit que la connaissance passe aussi par les sensations, Kant donne la possibilité d’interpréter l’art de « n’importe quelle période artistique », y compris celui de l’époque contemporaine.

L’exclusion de l’esthétique

Sans craindre l’effet comique du running gag, Arthur Danto évoque derechef, dans le dernier chapitre sur « L’avenir de l’esthétique », les boîtes Brillo, les vraies, fabriquées dans un but commercial, et Boîtes Brillo, les « fausses », d’Andy Warhol. Le plus continental et européen des philosophes anglo-saxons se souvient qu’il appartient pleinement à la tradition analytique lorsqu’il traite du rôle de l’esthétique. Sa définition de l’art comme « signification incarnée » doit tout à la philosophie et absolument rien, selon lui, à une esthétique que les ready-mades de Marcel Duchamp ont totalement exclue de la sphère artistique : « Je peux [...] affirmer que l’essentiel de l’art créé aujourd’hui n’a pas pour but principal la mise à disposition d’une expérience esthétique » (p. 177). Soit. Mais ce chapitre met surtout en lumière la différence existant entre l’acception « analytique », nord-américaine du terme « esthétique », qui reste liée, pour Danto, à la beauté, à l’agréable, au plaisir, à la satisfaction des sens, etc., et celle de la tradition européenne pour qui l’esthétique est associée à la fonction critique du jugement, aussi bien dans l’art que dans les rapports de celui-ci avec la société. Exprimée dans les années 1980, en cette époque de la fin des avant-gardes et de la dissolution des grands récits de légitimation, la position post-historique d’Arthur Danto s’inscrit parfaitement dans le contexte de l’époque mais son raisonnement demeure surprenant. Des nombreuses œuvres pop qui apparaissent aux États-Unis pendant une quinzaine d’années entre 1955 et 1970, Danto isole Boîte Brillo, objet non esthétique mais philosophiquement artistique grâce au double jeu d’une galerie reconnue et d’un artiste déjà célèbre. Cet objet aberrant, simple fake d’un carton destiné à la poubelle, trouve soudainement sa place dans l’histoire de l’art occidental dont il symbolise la fin programmée et inévitable. Magique, la transfiguration de ce banal objet semble relever de la sorcellerie dans la mesure où Danto passe sous silence le contexte social, économique et idéologique de cette métamorphose, ou plutôt de cette transfiguration quasi mystique, célébrée avec zèle par les dévots fidèles du monde de l’art. Dans sa pertinente Postface à l’ouvrage « Splendeurs et misères de l’essentialisme », Olivier Quintyn note à juste titre, en référence à Jean Baudrillard : « [...] l’indiscernabilité de la Boîte Brillo sert à hypostasier et à consacrer, en une expérience symbolique fulgurante, le continuum culturel du signe-marchandise qui relie en une même chaîne implacable l’art, la marchandise et la valeur somptuaire du signe dans l’échange » (p. 200).

L’histoire des indiscernables entre le modèle et sa copie pourrait alors être lue comme une fable, un leurre qui sert à masquer l’indiscernabilité, ou plutôt la similitude, voire littéralement l’équivalence de tous les objets, réduits à leur valeur d’échange, pris dans le jeu consumériste du capitalisme néolibéral. « Les boîtes de Harvey relèvent de l’esprit objectif des États-Unis aux alentours de 1960 » (p. 175) reconnaît Danto en faisant référence à la fois à Hegel et à James Harvey, l’artiste commercial qui a peint initialement les boîtes de produits à récurer. Il en va donc nécessairement de même pour les Boîtes Brillo de Warhol, avec cette différence, précise Danto, qu’elles rendent l’esprit objectif conscient de lui-même. Puis il s’interroge : « L’esthétique des boîtes Brillo nous en dit long sur l’esprit objectif dont elle relevait. Mais que nous dit-elle de l’esprit absolu, en imaginant qu’elle en dise quelque chose ? »

Ce qu’elle en dit est peut-être bien l’émergence, vers la fin des années 1960, dans le contexte de la société de consommation des Trente Glorieuses, du Business et Star Artist, figure aujourd’hui incontournable du marché de l’art international. Le contexte mercantile actuel de l’art post-historique tend plutôt invalider l’idée de l’art comme « signification incarnée » en quête d’interprétation, et à lui substituer celle d’un art émotionnel sous l’emprise des mass-médias et d’un management efficace et rentable. Un autre récit post-historique, inconcevable pour Danto, est peut-être déjà en train de s’écrire sur le thème : « après la fin de la fin de l’art ». C’est une autre histoire !

Arthur Coleman Danto, artiste-graveur dans sa jeunesse, eut à cœur, pendant un quart de siècle, d’exercer ses talents de critique d’art au magazine The Nation, « autrement que la plupart des critiques new-yorkais de tendance conservatrice », confie-t-il à la fin de l’ouvrage. Il ajoute : « Mon rôle, en tant que critique, était de dire de quoi parlait l’œuvre – ce qu’elle signifiait – et à quel point cela valait la peine que je l’explique à mes lecteurs » (p. 182). Le mérite de son dernier livre est de remplir parfaitement ce rôle en conciliant le philosophe de la fin de l’art et le critique d’art pour qui importait, au plus haut point, la survie de l’art et la continuation de son histoire.

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Pour citer cet article

Pour citer cet article :

Marc Jimenez, « L’art mis en boîte », La Vie des idées , 11 décembre 2015. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-art-mis-en-boite.html

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 09:47
Dasiya Koltsova devant les peintures de sa mère. © JPB

Dasiya Koltsova devant les peintures de sa mère. © JPB

à Perpignan, dans le quartier historique de la Révolution française,

 

STUDIO ARTJOUR poursuit l'aventure de la galerie de la Main de Fer :

 

 

 

La célèbre galerie d'art de "La main de fer" a fermé ses portes il y a quelques mois en raison d'un loyer trop élevé, problème récurrent pour les commerces du centre-ville…

 

 

Ces jours-ci, il semble que l'aventure artistique veuille continuer à cet endroit; en effet, une association de femmes dynamiques a décidé de faire vivre ce foyer culturel au riche passé, estimé et connu par bon nombre de Perpignanais !

 

 

Et ce sont des dames russes qui viennent apporter une contribution culturelle appréciable au coeur de la cité catalane : ainsi, Sereda Olga est la directrice de "Studio Art Jour".

 

 

Se sont associés à cette entreprise :

 

- Oksama MALSAK, artiste, appréciée après son exposition individuelle de 2010 au couvent des Minimes, 

 

- sa fille, KOLTSOVA Dasiya, étudiante en licence d'histoire de l'art & archéologie à l'université de Perpignan. Elle habite depuis dix ans à Perpignan et a fait ses études, entre autres, au collège Jean Macé de Perpignan.

 

 

    Pour l'instant l'activité de la galerie se  concentre sur des cours de peinture. En décembre, le 4, un événement permettra aux habitants et aux artistes de faire connaissance avec les animatrices : des enchères d'artistes auront lieu : les plasticiens choisissent leurs oeuvres, le thème est libre, la place est gratuite, mais un pourcentage sera demandé par la galerie (contacts, plus bas).

 

    De nombreux projets sont en gestation : des expositions d'artistes locaux, des rencontres autour de lectures, poétiques ou romanesques, de rencontres et de débats autour de l'art, de la littérature et de la peinture…

 

       On ne peut que souhaiter "bonne route" à ces trois plasticiennes qui portent l'histoire fabuleuse de cette galerie et qui vont en inventer l'avenir...

 

   

 

 

**Cours d'art et de peinture :

techniques basées sur le programme du mois - adultes : 45 euros/mois - jeunes : 35 euros/mois - du lundi au samedi : 9h30-12h- 14h/18h.

(18h/20h30 : cours sur réservation)

 

Contacts :

Olga Sereda

 studioartjour@gmail.com 

www.dassiya-vladi.com | 06 66 32 16 95

 

 

* Adresse : 2 rue de la Révolution française - 66000 - Perpignan - 06 41 49 64 87

 

 

*

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