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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 09:26
Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente
Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente
Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente
Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente
Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente
Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente

Tableau de Carlo Maiolini - Livres parus récemment - Tableau : l'Attente

 

 

Amitiés internationales André Malraux

Paris

 

 

NOTES   DE   PASSAGE

 

 

La lettre des Amitiés Internationales André Malraux

 

 

Avril 2021

 

Elles se ferment et puis … elles s’ouvrent, transparentes, nos fenêtres caressées par cet air pur qui est  respiration en devenir. …

Nommé « L’attente », ce tableau de David Arsenault en dit l’espoir, le regard traversant les baies immenses vers le large d’une vie au printemps revenu.

 

Tableau « L’attente » de David Arsenault     

« L’attente », c’est aussi le titre du chapitre que consacre Jean Lacouture à cette période de fin 1940 à fin 1942 où Malraux, évadé, est « hôte de passage » de la Côte d’azur. Ce moment de vie là, riche, dont c’est le 80ème anniversaire, est à célébrer …

Et puis, attente encore, mais tôt satisfaite, pour accueillir nos parutions à venir avec Cristina Solé-Castells, vice-présidente des AIAM et rédactrice en chef des publications.

 

-          Déjà en cours de livraison et que vous pouvez « commander » dès maintenant : Notre « hors-série » n° 7, « Yves Chevalier, pionnier de l’archéologie sous-marine » par Georges Castellvi et Pierre Coureux, est un petit ouvrage (15€, voir pour frais d’envoi ) qui retrace avec bonheur une très belle aventure, vécue notamment au sein du DRASSM créé par André Malraux et que le monde entier nous envie (voir plus bas)

-          Très bien avancé, notre « Présence d’André Malraux » n° 18, dirigé par Sylvie Howlett, nous révèlera, bientôt,  « Le Malraux farfelu » que nous aimons tant ;

-          En automne, également en « Hors-série »,  un bel hommage à Irina Antonova par François de Saint-Cheron.

 

Concernant les événements, surtout pour ceux non évoqués dans ce courriel, nous en reparlerons … dès que faire se pourra ! Les  aléas que nous connaissons, les annulations passées, les reports nous invitent à garder prudence !

Cela dit, l’hommage à Clara et Florence Malraux prévu mi-avril à Montauban, en présence d’Edgar Morin, a été reporté et devrait avoir lieu prochainement.

 

Pour l’automne, à Paris, nous prévoyons toujours (peut-être à public « restreint » ??) la projection / conférence autour de Malraux et d’Abel Gance, en compagnie de Georges Mourier, réalisateur bien connu de « À l’ombre des grands chênes » (2005) consacré à Abel Gance, et chargé par la Cinémathèque française de la reconstruction et restauration de son « Napoléon ». Georges Mourier, images à l’appui, commenterait notamment le lien entre Malraux et Gance ainsi que son incidence sur la seconde version parlante.

Joël Haxaire

 

PS 1 : Pour celles et ceux qui souhaitent acquérir nos publications (présentes ou passées), le mieux est de le faire savoir, en précisant vos coordonnées complètes, à Michel Leroy,  – mail :

aiam.tresorier@gmail.com  – à qui, une fois les modalités résolues, vous pourrez adresser à son domicile (49 Avenue d’Alembert – 93190 – Livry-Gargan) votre règlement (chèque libellé au nom des AIAM). Il se chargera de l’expédition.

 

Au moment où le DRASSM, créé en 1966 par Malraux, s’apprête à recevoir sa nouvelle unité, l’ « Alfred Merlin », qui viendra en compléter la flottille après l’ « André Malraux » armé en 2012 et le « Triton » en 2016, il était tout à fait opportun de revenir sur l’époque de sa création au travers de l’histoire de l’un de ses valeureux pionniers de l’archéologie sous-marine, Yves Chevalier, « aventure » écrite par Georges Castellvi & Pierre Coureux qui constitue le hors-série n° 7 de notre « Présence d’André Malraux » à lire dès maintenant !

 

 

 

 LECTURES

 

 

Derek ALLAN

 

« André Malraux et l’art – Une révolution intellectuelle »

 

New York, Bruxelles, Berne, Berlin, Oxford, Vienne - Peter Lang International Academic Publishers, 2021 – 184 p

 

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l'art d'André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silenceLe SurnaturelL'Irréel et L'Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l'art, la naissance de la notion d'« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l'idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l'art et le passage du temps, l'émergence de notre « premier monde de l'art universel », le rôle contemporain du musée d'art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l'art et l'histoire. Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l'étude soutient qu'il nous offre une théorie de l'art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, … cette analyse montre que sa théorie de l'art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l'art issues des Lumières …. En bref, l'étude dévoile une façon de comprendre la nature de l'art qui n'est rien de moins qu'une révolution intellectuelle.

 

 

 Actualité malrucienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Guy TALON

 

« Combats politiques de Malraux – Itinéraire d’un

écrivain engagé »

 

Éditeur : Feel – Nouvelle édition augmentée

 

Guy Talon s'efforce de montrer la cohérence de la pensée politique de Malraux. Pour lui, il n'y a pas de frontières entre le journaliste de L'Indochine enchaînée, le combattant de l'antifascisme et d'Espagne, le résistant de la Zone R5 puis d'Alsace-Lorraine, et le compagnon de lutte de Charles de Gaulle, car on ne peut comprendre le combat politique de Malraux qu'en le considérant dans sa complétude. Il pense qu'au moment où l'auteur de La Condition humaine rencontra l'homme du 18-Juin, " il ne rompait pas avec ses préoccupations passées " - c'est-à-dire l'efficacité alliée avec le sens de la hiérarchie des périls et une certaine idée de la justice et de l'équilibre social - mais qu'au contraire " il arrivait au port. " (Mossuz-Lavau). Ainsi, d'un bout à l'autre de son itinéraire, Malraux s'enrichit d'expériences nouvelles mais, au fond, il reste fidèle à l'essentiel de lui-même, avec ses coups de génie et les quelques illusions qu'il n'a pas dissipées : une surestimation du Mao Zedong d'après 1949, par exemple. Dans l'ensemble, il se comporte comme un homme de bonne volonté au sens où l'entendait Jules Romains, doté en plus de cette dose homéopathique de folie sans laquelle il n'aurait pu réussir à lutter contre les énormes vagues de folie furieuse qui ont balayé le XXème siècle.

 

 

 

Hommage :

  Nous avons appris avec peine le décès, le 4 mars à l’âge de 80 ans, de notre ami l’artiste Carlo Maiolini qui travaillait souvent dans son atelier de Laroque des Albères, dans les Pyrénées-Orientales où la presse lui a rendu hommage. Il avait créé pour les « Amitiés Internationales André Malraux » cette grande fresque qui reprenait les attitudes caractéristiques d’André Malraux. Cette fresque, que beaucoup d’entre vous ont pu contempler, a été exposée à de nombreuses reprises, notamment au domaine de Port-Royal des Champs et sur le navire du DRASSM « l‘André Malraux », mais aussi lors de différents événements « malruciens », en France et à l’étranger. Carlo Maiolini reste et restera à nos côtés …

ET N’OUBLIEZ PAS de CONSULTER RÉGULIÈREMENT NOTRE SITE https://www.andremalraux.com 

 

 

 

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 12:13
Souvenir affectueux avec Eliane Comelade - entretien à Perpignan, décembre 2015

Souvenir affectueux avec Eliane Comelade - entretien à Perpignan, décembre 2015

 

Entretien avec Eliane COMELADE, chez elle, à Perpignan

(extraits)

En échangeant sur mon projet de livre sur "La mémoire culturelle au XX° siècle, en pays catalan", on s'interroge pour cerner le problème de façon géographique; problème du mot exact qui devrait délimiter ce "pays catalan" : Catalogne du Nord (sauf les Fenouillèdes), ou département du 66, Pyrénées-Orientales..?

 

* Le premier thème qui découle de ces interrogations sur le vocable adéquat, tourne autour de la langue.

 

Eliane : On ne parle guère le catalan depuis une dizaine d'années. Mais on a une génération de gens, d'écrivains, de talent, tels Joan Luis-Luis, Peytavi, Vincent Pérez…une génération qui est allée à l'université; c'est un renouveau littéraire, avec un langage châtié…

 

Hormis "Terra Nostra" de Ramon Goual, nous n'avons pas de maison d'édition en langue catalane, mais des auteurs importants : Pere Verdaguer, pour la grammaire; Miquela Valls, spécialiste de Josep Sebastia Pons; Joan Tocabens, romancier, comme Vincent Pérez; Raimon Gual, éditeur de Terra Nostra; Joan Peytavi, de l'IEC (Institut d'Etudes catalanes) à Barcelone, Bezonoff, Renada Portet, Joan Becat le géographe...

 

** Les origines :

 

Mes parents ont connu les heures de gloire de ce pays et les personnalités de leur époque, Bauzil, les Pams, Bardou et Arthur Comte.

Mon père était directeur de l'école Jules Ferry et du collège Jean Macé. Il est à l'origine de la SFIO avec Jean Olibo et Emile Roudières, après la Libération.

Ma mère était directrice de l'école maternelle Maurice Bouchor, sur la route de Thuir, près des entrepôts Byrrh. On était logé à l'école.

 

J'ai fait mes études à Perpignan, Toulouse et Montpellier, je suis ensuite entrée à l'ENST* , à Paris, au lieu de Sciences-Po. C'est un regret. Je suis restée trois ans dans la capitale, avec le sentiment d'être une étrangère.

 

Mes parents possédaient une maisonnette à Argelès-plage : ils rencontraient là la grande bourgeoisie de Perpignan, très catholique, réactionnaire…J'ai passé tous les étés de mon enfance à Argelès, plage entre mer et forêt de pins.

 

Cette grande bourgeoisie catalane était prise entre le désir d'être française, parisienne - on concoctait la cuisine d'Escoffier- et, en même temps, elle aimait s'exprimer en catalan, réciter du S. Pons, écrire dans "Le coq catalan", dans un Roussillonnais douteux.

 

Pour paraître, il fallait parler français; en outre, on ne dansait pas la sardane à Perpignan, mais au Perthus, au Boulou, en Vallespir, lors des fêtes d'Amélie et d'Arles sur Tech, secteur frontalier. 

Puis on allait passer le mois de septembre à Formiguères; là, ce n'était pas la même mentalité, la bourgeoisie voulait singer le Parisien. 

 

Lors de la Retirada, à Argelès, en 1939, on a appris qu'il y avait un camp d'internement des Républicains : "On ne savait rien…"

 

On entendait dire …Alors on est allé voir ce camp sur le sable; quelques images demeurent en moi : je revois les Spahis, sabre au clair, et à cheval. Un boulanger était venu apporter du pain qu'il jetait par-dessus les barbelés…

Mon père a demandé à la municipalité l'autorisation de faire sortir de cet enfer deux frères peintres, les frères Nicolau.

 

Il leur a trouvé un logement à Perpignan; ensuite, ils sont partis au Venezuela.

 

Je me souviens aussi du camp des Haras, en face du café Figueres. Certains habitants ont osé troquer des aliments contre des bijoux...

 

A l'époque de la zone occupée, un régiment de la Vehrmarcht 

occupait l'école.

Je suis alors envoyée dans le Cantal, à Murat jusqu'à la Libération. 

Ce secteur abritait un maquis important; les Résistants ont fait sauter le viaduc de Garabit. J'ai assisté à la rafle de tous les hommes âgés de plus de quatorze ans… Seul est revenu Raymond Portefaix, qui à son retour a écrit un ouvrage sur la vie au camp de Dachau : L'enfer que Dante n'avait pas prévu.

 

J'ai ainsi passé mon adolescence à Murat...

 

Je suis revenue à Perpignan pour entrer au lycée, rue Emile Zola, situé en face de l'actuelle médiathèque afin de préparer le baccalauréat.

 

Après les études déjà mentionnées,  je vais vivre à Montpellier, de 1955 à 1987. Nous participons activement à l'Association des étudiants catalans appelée l'Alzine. Dans les années 1968/72, chez moi, c'était "le consulat de Catalogne"; j'y recevais les jeunes musiciens de la "Nova Canç". Nous recevions  Madeleine Attal, Frédéric Jacques-Temple, Lluis LLach, Teresa Rebull, Pi de la Serra, Ovidi Montllor... Celui-ci, originaire d’Alcoy, près de Valence, fut d’abord comédien au théâtre National de Madrid avec Nuria Espert, puis devint un chanteur contestataire comme Raimon.


J’ai aussi fait la connaissance d’Enric Barbat, humoriste acerbe, architecte qui créa un mouvement à Minorque et évita la bétonnisation de l’île. J’ai fréquenté encore Maria del Mar Bonet, la Majorquine, qui vint après les autres et préférait  être seule… Enfin, dix ans plus tard, Marina Rossell…Nous sommes abonnés à Terra Nostra ; nous aidons l'Ecole Arrels, puis la Bressolla. 

 

A Montpellier, j’ai connu Jorge Semprun, qui avait créé une librairie, rue de l'Université. Après le décès brutal de son mari,  neuro-psychiatre, chef de clinique des Hôpitaux de Monrpellier, Eliane s’installe à Perpignan ; elle participe à l’aventure du journal satirique TRUC, avec Louis Monich et Alain Paul, à la revue « Le Roussillon gourmand…et participe aux émissions de Radio Arrels en catalan.

 

...  à suivre dans un livre à paraître en 2021 :

Une Mémoire culturelle du pays catalan (entretiens avec des écrivains, directeurs de musées...)

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 10:30
Pistes cyclables sur les trottoirs à Villeneuve de la Raho - Camus à Lourmarin
Pistes cyclables sur les trottoirs à Villeneuve de la Raho - Camus à Lourmarin
Pistes cyclables sur les trottoirs à Villeneuve de la Raho - Camus à Lourmarin
Pistes cyclables sur les trottoirs à Villeneuve de la Raho - Camus à Lourmarin

Pistes cyclables sur les trottoirs à Villeneuve de la Raho - Camus à Lourmarin

LA TENDRESSE AU BORD DES YEUX

Rencontres de Lourmarin

 

Devant ma mère, je sens que je suis d’une race noble : celle qui n’envie rien. 

Albert Camus, Carnets.

 

Sur la place du Château de Lourmarin.

Marie-Jeanne Coutagne, philosophe, s’apprêtait à donner une communication « Camus : mesure et gloire, de l’absurde à l’amour». Le film de Georges-Marc Benamou « Les vies d’Albert Camus » lui fera suite.

 

A la demande des organisateurs, une minute de silence est observée à la mémoire de Samuel Paty par un public nombreux.Marie-Jeanne a eu une chance extraordinaire « ... au lycée à Paris, notre professeur Jeanne Delais de Fréminville, nous abreuvait de Camus, on avait à le lire. Nous avions l’impression qu’il était tout près, qu’il nous accompagnait. Je la salue avec énormément de tendresse ... »

 

La gloire pour Albert Camus, qui s’est senti statufié par le prix Nobel, n’est jamais la célébrité.«La gloire renvoie à un excès qui est celui de l’amour, l’amour un fil conducteur, une promenade qu’il faut travailler... Cet amour tremblant et doux, dont on ne peut douter, cet amour qui est la seule réponse possible à l’injustice... Cet excès s’accorde avec le sens de la mesure auquel Camus est très fortement attaché, l’équilibre entre ombre et soleil, la pensée de midi... A travers l’expérience de la pauvreté, sans rancœur, Camus perçoit une exigence de justice, se battre pour tous ceux qui comme sa grand-mère, sa mère, les pauvres, ceux qui subissent tout de plein fouet... La justice, que mes petits mangent à leur faim... L’amour dans sa fragilité, qui descend du ciel sur la terre, la reconnaissance pour sa mère silencieuse...Dans cette voie, l’amour en sa démesure donne sens à la mesure, il peut sauver...»

Camus a expérimenté l’unité avec le monde : « ... oui, ma mère m’aime, et je l’aime, et en même temps le monde est beau et Tipasa est habité par les dieux.»

La très belle amitié avec René Char sera également évoquée, « une correspondance entre les deux hommes au niveau de la parole poétique...».

Cette parole que nous passons à Georges-Marc Benamou.

 

« Tout ce qui peut être fait aujourd’hui est une victoire », ainsi s’exprimait ce dernier, en présentant son film. Ce fut l’occasion pour le réalisateur d’évoquer son histoire algérienne, sa famille camusienne, son amitié avec Catherine Camus et Alexandre Alajbegovic.

Il a ainsi expliqué comment il a travaillé, au plus près des rythmes d’une vie, des ruptures, apparentes ou non : « La misère, ce n’est pas de la légende pour Camus... La période de l’Occupation aussi, méconnue...»

Il nous fera part également de l’émotion de Vincent Lindon, pleurant au téléphone : «Pourquoi tu ne m’as pas confié la voix? »

La projection pouvait commencer.

L’émotion était décidément au rendez-vous de toutes ces journées à Lourmarin.

Et la tendresse.

Alberte ASTAUD

 

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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 09:14
Alduy et la boîte à livres du parc de Perpignan

La boîte à livres

 

Elle est donc ici, la cabine anglaise, d'un rouge à faire vomir les canards et les cygnes du parc central de Perpi, près du Palais des Congrès... Elle date du jumelage entre Lancaster et notre ville. Oui, ç date, j'étais bien jeune quand je suis parti en Angleterre grâce à ce jumelage. Depuis, la ville a cessé ces échanges, pourquoi..? On nous cache tout...

 

On ne nous a pas dit non plus pourquoi cette boîte à livres (et à rire), objet insolite, dans cet environnement vert, a quitté la place des Poilus pour atterrir ici...

J'avais écrit qu'on l'avait volée, et Virginie Barre m'a répondu qu'elle serait installée ailleurs, sans expliquer...Je pensais que ce serait dans le jardin de Madame Pujol du parc Ducup...

 

Décidément, on nous occulte tout ! Les élus ne font pas participer les citoyens: pas de commissions extramunicipales, pas de référendum local, pas de possibilité de parler dans un journal ou un site municipal...

 

Mais revenons à la boîte, que je nommerais plutôt "bibliothèque citoyenne", de prêt, d'échanges, de dialogues, et gratuite... J'y ai donc trouvé hier le petit opuscule de propagande électorale de l'ancien maire J.Paul Alduy sur "Perpignan demain" : il y avait de la perspective et de la pensée chez lui et cette obsession de faire dialoguer les communautés en constatant qu'elles vivent en archipel, sourdes aux autres et qu'il faudrait bien des ponts pour les faire vraiment vivre ensemble... Alduy fils a échoué; restent ses livres et ses aquarelles...

 

Surtout, je suis effrayé par les notes écrites par le lecteur anonyme sur la première page : "Le maire qui a fait l'une des plus pauvres villes de France. Perpignan la musulmane ! Bravo !"

Là se trouve le succès du maire actuel, qui surfa, sans accrocs, sur cette population bigarrée et désemparée...

 

J.P.Bonnel 

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 09:49
Villeneuve de la Raho : le mât du château d'eau

Villeneuve de la Raho : le mât du château d'eau

Villeneuve de la Raho - Semprun, avec Florence Malraux (à droite), Françoise Wagener et son mari, à Collioure, festival Un livre à la mer consacré à Malraux (photo J.P.Bonnel)- Le dernier n° de l'UMPLO.
Villeneuve de la Raho - Semprun, avec Florence Malraux (à droite), Françoise Wagener et son mari, à Collioure, festival Un livre à la mer consacré à Malraux (photo J.P.Bonnel)- Le dernier n° de l'UMPLO.

Villeneuve de la Raho - Semprun, avec Florence Malraux (à droite), Françoise Wagener et son mari, à Collioure, festival Un livre à la mer consacré à Malraux (photo J.P.Bonnel)- Le dernier n° de l'UMPLO.

La mort rôde toujours à Villeneuve de la Raho: les ondes et l'omerta - 

Villeneuve de La Raho

 

Ainsi, malgré le courage et l'obstination de quelques citoyens, luttant depuis dix ans contre le pouvoir aveugle d'un maire, contre l'omerta et l'indifférence d'une population bobo et âgée...malgré le courage de quelques médias nationaux (Le Point, Le Monde, ci-dessous...), l'association se saborde. Abandonne le combat, amère, fatiguée, ne comprenant pas la maigre opposition des habitants...Après avoir réussi à repousser plus loin les autres opérateurs, c'est Orange qui reste sur place, autorisé par le conseil municipal de la mairesse Irles, en dépit des promesses. La 5G va se développer, plus dangereuse, au coeur du village, et d'autres leucémies ou décès d'enfants del 'école toute proche, sont à redouter...

La mort rôde encore à V.de La Raho...

JPB

...Lu dans Le Monde :

Villeneuve-de-la-Raho, des antennes-relais accusées de propager des "troubles en pagaille"

Planté en plein cœur de Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), un village de près de 4 000 habitants proche de Perpignan, un château d'eau est hérissé d'antennes-relais de téléphonie mobile.Publié le 15 octobre 2009 à 16h28 - Mis à jour le 15 octobre 2009 à 16h28 

Un des quatre médecins du village, dont le cabinet est situé à proximité du château d'eau et dont la clientèle est constituée de ces mêmes riverains, confirme "formellement", lui aussi, "une augmentation des cancers, des leucémies et tout un tas d'autres plaintes", sans pouvoir assurer qu'elles sont liées à une électro-sensibilité ou à une pathologie des ondes.

Pour tous, la conclusion s'impose : il faut éloigner ces antennes, estime l'association Un mât pour les ondes (Umplo). Un sigle qui n'a rien à voir avec la couleur politique de la députée (UMP) et maire de la commune, Jacqueline Irles, accusée de faire le jeu des trois opérateurs, SFR, Bouygues et Orange, en refusant toute solution d'éloignement des "maudites" antennes.

Du coup, la querelle sanitaire se double d'une querelle de personnes, opposant des administrés dont beaucoup ont "voté pour elle" à une élue qui se demande si "le déplacement (des antennes) n'aggraverait pas le problème". A quoi s'ajoute le fait que le château est sous concession de la communauté d'agglomération. Des difficultés qui font de Villeneuve-de-la-Raho un cas d'école du casse-tête des antennes...

 

"On ira jusqu'au bout"

Pour la présidente de l'association Umplo, Maryse Batlle, l'inquiétude a commencé en 1998, année de l'installation des premières antennes. En 2002, elle est atteinte d'un cancer. Entre-temps, elle s'est "documentée sur les ondes électromagnétiques". Elle dit prendre conscience que les maladies se multiplient dans le quartier. "Sur un plan, j'ai mis un point jaune pour les cancers, vert pour les Alzheimer et rouge pour les AVC." Aussi, quand, en 2007, on annonce aux habitants que "la rue va être bouchée pour des travaux afin d'installer de nouvelles antennes", son sang - et celui des riverains alertés - ne fait qu'un tour.

L'association est créée en avril 2008, une pétition recueille la signature de 750 personnes, la vitrine de la boulangerie se couvre de tracts. Le 15 décembre, les membres d'Umplo s'allongent sur la chaussée pour empêcher le stationnement d'un camion-nacelle. Depuis, les événements s'enchaînent, aggravant l'incompréhension entre la mairie et Umplo. C'est mesures (des émissions) contre mesures, spécialiste contre spécialiste. La solution, un temps envisagée, de placer les antennes sur des terrains communaux est abandonnée.

"On nous prend pour des doux dingues, mais on ira jusqu'à bout", assure Paulette Palau, un des membres actifs de l'association. Radicalisés, les (anciens ?) électeurs UMP s'emploient à construire un réseau pour leur combat. Le Déplacement des antennes-relais dangereuses tente de fédérer des associations au niveau départemental. Le Comité régional ondes santé est en gestation. Un procès aussi, des riverains ayant décidé d'assigner les trois opérateurs en justice.

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 10:11
Eliane Bedu, présidente,fille de l'écrivain Jean-Jacques Bedu, 2 rue de l'Argenterie, à Perpignan
Eliane Bedu, présidente,fille de l'écrivain Jean-Jacques Bedu, 2 rue de l'Argenterie, à Perpignan

Eliane Bedu, présidente,fille de l'écrivain Jean-Jacques Bedu, 2 rue de l'Argenterie, à Perpignan

Association Mare Nostrum à Perpignan -

Eliane Bedu

 

L'association littéraire, qui n'a que quelques mois d'existence, propose déjà de belles rencontres sur son site -chroniques, compte-rendus de lectures, entretiens...) et présente de nombreux collaborateurs et partenaires ainsi que des correspondants un peu partout en Europe et dans le monde. L'ambition et les perspectives sont grandes : lire les déclarations d'Eliane Bedu, ci-dessous. La crise sanitaire permet à l'association de vivre et de se développer grâce à l'internet, au contraire des autres associations qui restent silencieuses, privées de rencontres réelles, de conférences, de salons de livres...

Mare Nostrum s'annonce comme la résurrection du Centre méditerranéen de littérature, qui ne programme plus d'événements et semble moribond, depuis le départ d'André Bonet auprès du nouveau maire de Perpignan.

D'ailleurs la présence de plusieurs anciens du CML, autour de J.Jacques Bedu : Michel Bolasell, Emmanuelle Mallé...et d'amis écrivains, plus "intellectuels qu'au CML"...

Longue vie à cette sympathique association vouée à l'ouverture, à l'esprit méditerranéen, à Midi le juste, à la spiritualité issue de notre antique mer intérieure ...

 

J.P.Bonnel (26.2.2021)

 

 

Mettre en valeur le patrimoine méditerranéen dans toute sa diversité et sa richesse, c’est le défi que s’est lancé l’association Mare Nostrum - Une méditerranée autrement. Lancée le 14 septembre, elle a pour siège social Perpignan et est accompagnée d’un site disponible dans 46 pays et 36 langue. 

 

Pour Eliane Bedu, sa présidente, le voeux de l’association est de "préserver les grands sentiments de solidarité sociale, de fraternité humaine, de lutte contre les inégalités, de révolte contre la force opprimant le droit et la culture". Pour y atteindre ses objectifs, Mare Nostrum propose de nombreuses chroniques d’ouvrages sur son site, des rencontres physiques ou en visio conférence d’écrivains, poètes, penseurs, musiciens… 

Ce projet souhaite également mettre en lumière les ouvrages de ceux "qui sont oubliés" explique Jean-Jacques Bedu, l’un des fondateurs de l’association, "On privilégie les auteurs qui n’ont pas de grande surface médiatique, on veut parler d’autres auteurs." Le site met d’ailleurs les libraires indépendants à l’honneur grâce à un lien direct vers le Syndicat de la librairie française. Où que soit, le lecteur, durant la période de confinement, trouvera donc l'ouvrage qui l'intéresse dans une librairie qui pratique le "clic and collect"

L’association remettra un prix littéraire intitulé Grand Prix méditéranéen de littérature et de spiritualité qui soutient la "beauté et la richesse" de la littérature méditerranéenne.

© Livres-hebdo 2020

 

 

Bilan de Mare Nostrum après 3 mois d'existence

Chers Amis, Chers Adhérents,

 

J’ai attendu la centième chronique parue le vendredi 12 février (2021) pour prendre la plume et faire – à travers cette lettre d’information – un premier bilan, après trois mois d’existence de Mare Nostrum.

Il se résume en une seule phrase : un succès exceptionnel et inattendu !

En effet, je vous livre quelques chiffres : Plus de 100 000 pages vues sur notre site internet ; notre compte Facebook est arrivé à saturation nous obligeant à créer une page professionnelle, et déjà 1 500 adhérents venus de tous horizons. 

Notre site internet, qui peut être traduit en 37 langues, a permis instantanément, de donner à notre association une dimension internationale. Les États-Unis sont le second pays en nombre de connexions. Preuve que le succès est au rendez-vous, et que les interactions sur les réseaux sociaux sont très importantes : « Mare Nostrum » est en 4e position en « référencement naturel » sur les moteurs de recherche ! En seulement 3 mois c’est un exploit, car des entreprises dépensent des fortunes pour un tel résultat.

Ce succès auquel nous ne nous attendions pas est dû à l’engagement exceptionnel de nos amis chroniqueurs, et surtout à la grande qualité de leur travail. Je les en remercie car – sans eux – nous n’existerions pas. Ils sont déjà au nombre de 20, et chaque semaine le comité de rédaction s’enrichit de nouveaux membres.

L’enthousiasme et la confiance de nos amis éditeurs ont été unanimes, comme si un besoin s’était fait immédiatement sentir ou que nous avions comblé une lacune. Il est vrai que l’article de « Livre Hebdo », qui nous a d’office adoubé auprès de la profession, a été primordial. 

Nous recevons tous les catalogues avant parution de tous les éditeurs. Nous obtenons désormais pour nos chroniqueurs tous les ouvrages bien avant leur sortie en librairie. Les épreuves non corrigées nous permettent de faire coïncider notre critique avec le jour de sortie du livre. Les agences indépendantes d’attachés de presse nous ont repérés, et nous font de nombreuses propositions. Nous sommes également très attachés à chroniquer les maisons d’éditions indépendantes et les écrivains qui disposent d’une faible surface médiatique.

Suite à nos chroniques, nous avons eu d’excellents et touchants retours de la part des éditeurs et des auteurs. Désormais, ce sont des maisons d’édition d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, de Suisse, de Belgique qui nous sollicitent régulièrement. Nous publions des chroniques parfois inédites en France et – ces jours-ci – un éditeur canadien au catalogue exceptionnel nous a adressé 10 ouvrages ! De mon côté, je vais m’employer à sceller des partenariats avec des éditeurs anglais et américains, tout en élaborant la page Facebook en langue anglaise. Dans les semaines qui viennent, nous activerons notre chaîne YouTube avec des interviews exclusives du Professeur James Thabor, du Professeur Armand d’Angour de l’Université d’Oxford, et même d’un acteur vedette de la série « Outlander », dont nous avons chroniqué l’ouvrage. D’autres interviews exclusives sont prévues avec les auteurs que nous chroniquons.

Notre association a vu le jour à Perpignan. Nous n’avons pas oublié les écrivains et les éditeurs de la Région. En effet, les éditions Cap Bear, les Presses Littéraires, et les éditions Balzac nous font confiance, et nous ont permis de découvrir et de publier des critiques d’auteurs de grand talent.

Toutes nos chroniques bénéficient de liens vers des librairies indépendantes. Dans le strict respect des conditions sanitaires, La Librairie Torcatis à Perpignan nous a permis d’animer une belle rencontre - signature avec Eugène Ébodé, auteur d’un ouvrage chez Gallimard en rapport avec les Pyrénées-Orientales : « Brûlant était le regard de Picasso ». D’ores et déjà, libraires et éditeurs nous ont invités à animer de nouvelles rencontres lorsque les conditions sanitaires le permettront. Nous répondrons bien sûr présents.

Nous avons également été sollicités par des professeurs de collèges, de lycée et d’Université. En collaboration avec les éditeurs, ce seront des collégiens, des lycéens et des étudiants, qui feront certaines chroniques. Ils seront mis à l’honneur sur notre site et sur tous les réseaux sociaux. Notre Manifeste a émis le vœu de se tourner vers la jeunesse. Nous avons conscience que nous vivons avec la Covid une situation particulière, mais la digitalisation de la culture méditerranéenne a permis la naissance de Mare Nostrum. Nonobstant, cette digitalisation a ses limites. Nous espérons très vite accueillir les auteurs dans les établissements scolaires pour de fructueux échanges.

Concernant les finances de notre association, je précise que nous avons fait le choix d’autofinancer tous nos projets. Dans le cadre de la Covid, et face au désarroi et à la souffrance du monde de la culture, il serait indécent de réclamer des aides publiques qui leur reviennent en priorité. Je l’ai bien précisé dans notre Manifeste : l’indépendance est notre force !

 

Enfin, je terminerai par les perspectives. Nous allons persévérer dans notre rythme de chroniques avec une ouverture vers les « Actualités Littéraires », qui ne sont pas toujours en rapport direct avec la thématique méditerranéenne. C’est un souhait de nos adhérents et de l’ensemble des éditeurs. Nous avions l’espoir de publier 2 chroniques par semaine. Désormais, elles sont quotidiennes ! Il est évident, au regard des chiffres, que n’aurons pas de mal à dépasser les 20 000 pages vues par mois sur notre site. Notre ambition est de devenir l’une des associations littéraires incontournables en Méditerranée.

 

C’est dans cette optique que nous sommes fiers de vous annoncer que nous avons déposé, et a été validé, auprès de la Société des Gens de Lettres et surtout de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), la marque « Grand Prix Méditerranéen de Littérature et de Spiritualité ». 

Devant l’enthousiasme général de la profession, il verra le jour cette année. Son originalité et sa probité vont surprendre, car vous y serez toutes et tous associés. Nous sommes d’ores et déjà vivement encouragés par les éditeurs qui saluent notre initiative et nous font une confiance absolue. Avec le concours d’un huissier qui sera chargé de contrôler chaque étape de notre système de vote, vous pouvez être assurés que ce sera un vrai Prix littéraire. J’en dirai plus lors de notre prochaine lettre d’information.

 

Chers Amis, Chers Adhérents, nous vous remercions pour vos soutiens, vos messages chaleureux. Ils nous encouragent à persévérer afin de nous consacrer à la littérature en général, et à la Méditerranée en particulier. Nous mettons tout en œuvre pour que « Mare Nostrum » soit – demain – le grand média de culture au service des auteurs, et une association de partage et de fraternité.

 

Éliane BEDU, présidente.

 

contacts :

Mare Nostrum 

2, rue de l'Argenterie

66000 Perpignan

contact@marenostrum.pm

 

 

 

 

 

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 10:18

Gabriele Russier chez Claude Simon à Salses, par Raymond Jean

 

Grâce à ces petites bibliothèque de rue alimentées par la foule anonyme des lecteurs qui veulent faire partager leurs coups de foudre, je me suis emparé des Lettres de G.Russier, publiées dans la collection Points (éditions du Seuil).

 

A l'époque de cette tragédie -le suicide d'une jeune agrégée de Lettres d'Aix-en-Provence, qui allait être nommée prof de linguistique à l'université, après sa liaison avec un élève de 16 ans, la cabale des parents, de la société, de la morale hypocrite et de l'indifférence du président Pompidou...- je n'avais pas lu le recueil des lettres, éditées avec i-une longue et belle préface de R. Jean.

Celui-ci, écrivain raffiné, prof de Lettres à l'Université de Provence, a voulu aider sa jeune collègue. Il le fit mais, hélas, la dépression conduit la jeune femme au suicide, à 41 ans...

Ses lettres sont remplies et d'émotion et sont un appel au dialogue, à la justice, sans colère, mais avec désespoir, dans une solitude extrême. La préface explique le contexte. J'ai été intéressé par les deux pages consacrées à la venue de G. Russier en Roussillon pour rendre visite au futur prix Nobel de littérature. R. Jean connaissait l'auteur de Salses et, comme G.Russier préparait une thèse sur le Nouveau Roman, il lui proposa de se rendre à Salses.

Le texte est admirable, dans sa simplicité même : "Claude Simon; Il se trouve que, de tous les romanciers qu'elle étudiait, il était celui dont l'oeuvre le fascinait le plus..."

JEAN retrace ce voyage en auto d'avril 1965; il décrit avec naturel le soleil de printemps sur l'étang de Leucate, la maison du vigneron, les conversations, la simplicité de C.Simon et de Rhéa Axelos, leur cordialité, les photos et collages de l'écrivain, le paravent aux montages érotiques...

Il faut revenir à ces pages 19/21 de l'édition de poche, modeste amis combien émouvante...

 

J.P.Bonnel

 

 

G. Russier - Pompidou devant le cadavre de G.R?
G. Russier - Pompidou devant le cadavre de G.R?

G. Russier - Pompidou devant le cadavre de G.R?

 

L’affaire Gabrielle Russier, un amour hors la loi 

A la toute fin des années 1960, le suicide de Gabrielle Russier, condamnée pour avoir eu une relation amoureuse avec l’un de ses élèves du lycée, a déchiré la France. Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard ont mené une enquête auprès de plus d’une centaine de témoins qui leur ont livré leurs souvenirs et donné accès à leurs archives personnelles. Parmi eux, 21 anciens élèves de Gabrielle Russier et d’autres anciens élèves du lycée Nord de Marseille entre 1967 et 1970.

Leur récit a été publié dans Le Monde du 26 au 31 juillet. Pour nos lecteurs qui l’auraient manqué, voici rassemblés les six épisodes qui le composent.

Episode 1 : une professeur unique

« Je vous rappelle qu’il est interdit de fumer dans les couloirs, dit le pion en lui tapotant l’épaule.

Même pour les profs ?

– Ah, pardon. Je ne vous avais pas reconnue au milieu des élèves. »

Gabrielle Nogues, née Russier, tire sur sa Gauloise bleue. Elle a 30 ans. Trois mois plus tôt, elle a brillamment réussi l’agrégation de lettres modernes. Ce 14 septembre 1967, elle effectue sa première rentrée comme professeure de français et de latin au lycée Nord de Marseille…

Elle rit, elle est heureuse. L’a-t-elle déjà été autant qu’en ce printemps glorieux ? La vague de contestation partie de Paris, début mai 1968, a déferlé sur Marseille. Sur le parvis du lycée Nord, un groupe se relaie autour du piquet de grève et distribue des tracts enflammés, pleins de majuscules et de points d’exclamation. Les filles goûtent au plaisir de s’asseoir en rond sur l’asphalte tiédi par le soleil. A l’intérieur, un vieux professeur de philosophie erre, désemparé, dans les couloirs. Le proviseur gaulliste ne fait plus peur, d’ailleurs où est-il ? On ne le voit plus. Au fond de la classe, les chaises et les tables sont dressées en pyramide victorieuse, du haut de laquelle un garçon chevelu harangue ses camarades et leur explique que la révolution est en marche. Les élèves réclament le droit d’être entendus, ils veulent des délégués de classe, ils parlent, ils n’arrêtent pas de parler, se coupent la parole, s’interpellent, grisés par ce bonheur tout neuf. Leur professeure de français, Gabrielle Nogues, les écoute, les encourage, elle les comprend, elle les aime, comme elle les aime !

Le juge d’instruction Bernard Palanque feuillette le mince dossier qui vient de lui être confié. Une plainte pour « enlèvement et détournement de mineur », des procès-verbaux d’interrogatoire, des comptes rendus de filature, une rapide enquête de voisinage.

La plainte est signée de Mario et Marguerite Rossi, professeurs à l’université d’Aix-en-Provence. Le mineur est leur fils Christian, lycéen âgé de 16 ans et demi, qui n’a pas donné signe de vie depuis quinze jours. La personne visée, Gabrielle Nogues, née Russier, est une professeure de français et de latin au lycée Nord de Marseille qui entretient depuis quelques mois une liaison amoureuse avec son élève. Elle a été placée en garde à vue la veille et se trouve toujours dans les geôles du palais de justice. Bernard Palanque comprend mieux pourquoi le procureur l’a appelé alors qu’il n’était pas de service ce jeudi 5 décembre 1968.« L’affaire est délicate », lui a t-il soufflé…

Le 28 avril 1969, à 0 h 11, un communiqué est envoyé depuis Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne). « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »Désavoué par les Français qui ont voté non à son référendum, Charles de Gaulle, 79 ans, s’en va.

Dans la courte campagne présidentielle qui s’ouvre, l’ancien premier ministre Georges Pompidou fait déjà figure de favori à droite, le maire de Marseille, Gaston Defferre, est désigné pour porter les couleurs de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO, ancêtre du Parti socialiste). Partout sur le territoire, gronde la colère des petits commerçants et artisans. Tout le monde se fiche du sort réservé à une professeure de français de Marseille qui vient d’être incarcérée pour la deuxième fois à la prison des Baumettes sous l’inculpation d’« enlèvement et détournement de mineur ». Le 29 avril, elle a eu 32 ans ;Christian, l’élève avec lequel elle entretient une liaison amoureuse, en a quinze de moins…

 

Ce dimanche 20 juillet 1969, Gabrielle Russier pousse le portail d’une vieille bâtisse de briques rouges, La Recouvrance, à Boulin, près de Tarbes. La jeune professeure de français a quitté Marseille en train pour rejoindre ce centre psychothérapeutique installé au pied des Pyrénées. Dans quelques heures, deux hommes vont marcher sur la Lune.

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la mission d’Apollo-11, elle tourne et retourne dans sa tête les événements des dernières semaines. L’épreuve du procès, le 10 juillet, où sa relation amoureuse avec un de ses élèves de 17 ans a été livrée en pâture aux débats d’un tribunal. L’incompréhension à la lecture des mots sévères du jugement qui, le lendemain, l’a condamnée pour « enlèvement et détournement de mineur ». Le lâche soulagement face à la peine prononcée – un an d’emprisonnement avec sursis – qui devait lui permettre de bénéficier de l’amnistie présidentielle.

Puis, quelques heures plus tard, l’abattement, la terreur même, en découvrant que le procureur avait fait appel de la décision et que tout était à recommencer…

Le 22 septembre 1969, dans la salle des fêtes de l’Elysée, où se tenait la deuxième conférence de presse de Georges Pompidou, le journaliste de Radio Monte Carlo, Jean-Michel Royer, s’était levé pour la dernière question : « Monsieur le Président, je voudrais vous faire sortir carrément de l’épure et vous interroger sur un fait divers. A Marseille, une femme, un professeur, 32 ans, est condamnée pour détournement de mineur. Elle se suicide. Vous-même, qu’avez-vous pensé de ce fait divers qui pose, je crois, des problèmes de fond ? »

Le silence qui suit dure dix longues secondes. Le président a un étrange sourire, regarde à droite, puis à gauche. Appuie son menton sur ses deux mains. Semble hésiter. Ouvre la bouche. Ne dit rien. Ecarte ses mains, les croise, les noue. Et répond enfin :

« Je ne vous dirai pas tout ce que j’ai pensé sur cette affaire…

Nouveau silence de cinq secondes.

Ni même… Ce que j’ai fait…

Passent encore cinq secondes.

Quant à ce que j’ai ressenti… Comme beaucoup… Eh bien…

Passent sept secondes.

“Comprenne qui voudra,

Moi mon remords ce fut

La victime raisonnable

Au regard d’enfant perdue,

Celle qui ressemble aux morts,

Qui sont morts pour être aimés.”

C’est de l’Eluard. Merci, mesdames et messieurs. »

 

(C) Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard

Publié le 16 août 2020 (Le Monde)

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 09:19
L'ancienne équipe du CML - Couverture du livre sur l'histoire du CML - A.Bonet aujourd'hui -
L'ancienne équipe du CML - Couverture du livre sur l'histoire du CML - A.Bonet aujourd'hui -
L'ancienne équipe du CML - Couverture du livre sur l'histoire du CML - A.Bonet aujourd'hui -

L'ancienne équipe du CML - Couverture du livre sur l'histoire du CML - A.Bonet aujourd'hui -

Nostalgie : Lire en Méditerranée, revue du CML, Perpignan - André BONET -

 

(demain : G.Russier chez Claude SIMON à Salses )

 

Miracle du virus : il vous cloue chez vous ou dans votre lit et vous lisez, écrivez... Je n'ai pas été happée par la covid, qui me suggère la "movida" des bobos de Madrid, aujourd'hui, c'est la covida !), mais je reviens aux archives... Pour revivre le passé comme pour se rajeunir.

 

Et voici la belle revue éditée en 2003 à Perpignan "Lire en Méditerranée" : forme et contenu étaient de qualité, avec des articles sur M.Déon, J.Carrière, L. Amade (par l'ami Michel Perpigna), A. Conte par P.Bosc, le Caravage par J. Reynal...et les chroniques de M.Halimi, G.Belledent, André Bonet le patron, J.P.Pelras le contestataire paysan, Casagran le pujolesque, Christine Lavaill des éditions Balzac et désormais au conseil municipal de Baixas...

Et moi-même, avec un article sur mon livre Moi, Matisse à Collioure, qui va être réédité, sous une autre forme, en avril, par Encre rouge...

 

Car le temps a passé et les gens ont changé... Tous sont vivants, sauf M.Déon, Odette Coste de la librairie Torcatis et le très regretté Jacques Quéralt...

Mais Robert Triquère se porte à merveille, pourtant écartelé depuis des décennies entre Europe et Amérique du Nord...

 

C'est A.Bonet qui a le plus changé : ne pouvant pas assurer la survie de la revue, délaissant le moribond CML, et l'ami J.-M. Pujol (il figurait pourtant sur la liste de l'ancien maire, en queue, de façon symbolique), le voici qui s'adonne à la culture aliotique : crèche, traditions locales, bigoterie, comme la reflète son actualité sur facebook : Lourdes plus que Perpi, le Curé d'Ars plus que C.Trénet ou Bausil, la Bernadette plus que l'Hélénette (Legrais)...

Lâché par les anciens amis littérateurs, en raison de son engagement aux côtés d'un des piliers du RN, André Bonet file du mauvais coton. Qu'il revienne en Méditerranée !

 

JPB

 

*Le CML 

Prix Méditerranée de Littérature

Printemps 1982. A l’initiative d’André Bonet, le Centre Méditerranéen de Littérature (CML) est créé à Perpignan.

 

L’éclosion de cette entité culturelle est une véritable aubaine pour tous les Roussillonnais qui aiment les livres mais aussi leurs auteurs. En effet, la vocation principale du CML est d’accueillir en terres catalanes les écrivains qui animent l’actualité du livre et de les confronter lors de rencontres informelles chaleureuses avec leur public. Les séances de signatures recèlent bien souvent des instants magiques au chapitre des émotions partagées.

 

L’alchimie a bien pris et les auteurs répondent présents. Des vedettes de l’édition comme Jean d’Ormesson, Hervé Bazin ou Robert Sabatier se plaisent à venir à Perpignan présenter leurs ouvrages. La ville est également devenue, de Jean Rouaud à Jean-Christophe Rufin, le passage obligé des prix Goncourt. Outre ces rendez-vous littéraires, le CML organise des colloques animés sur des personnalités ou des thèmes qui ont marqué l’histoire comme ceux consacrés à André Malraux, au général de Gaulle, ou à la littérature latino-américaine avec la participation de Luis Sepulveda.

 

Dans ce bouillonnement culturel, le CML a pris, dès 1985, une nouvelle dimension avec la création d’un prix littéraire : le prix Méditerranée récompensant, chaque année, un ouvrage écrit en prose et en français traitant d’un sujet méditerranéen. Décerné à Paris au printemps, il est remis à Perpignan en septembre. Au fil des années, cette récompense est devenue une référence dans le monde de l’édition. Doté de 4573, 47 euros, ce prix dispose d’un jury prestigieux composé de personnalités comme Patrick Poivre d’Arvor ou André Stil.

 

Succédant à Jean d’Ormesson de l’Académie Française, François Nourissier de l’Académie Goncourt en est l’actuel président. Depuis 1993, c’est devenu une habitude, le ministre de la culture préside la remise des prix à Paris. Une belle preuve de reconnaissance pour ce prix qui s’est donné pour ambition de construire, au fil des ans, le récit épique des diversités fondatrices de l’identité méditerranéenne.

Au palmarès du prix Méditerranée, on retrouve des noms illustres comme Jules Roy, lauréat 1989 pour ses « Mémoires barbares » (Albin Michel), Tahar Ben Jelloun en 1994 avec « L’homme rompu » (Le Seuil), Hector Bianchotti en 1996 pour son œuvre « Ce que la nuit raconte au jour » (Grasset), Edmonde Charles-Roux en 2001 pour « L’homme de Marseille » (Grasset), Jean-Paul Mari en 2002 pour « Il faut abattre la lune » (Nil Editions).

 

Sans aucun lien de cause à effet, il est à noter qu’Hector Bianchotti est, depuis, entré à l’Académie Française. En 1991, Tahar Djaout avait reçu le prix Méditerranée pour « Les vigiles » (Le Seuil). Assassiné en 1993, il est devenu le symbole de la résistance algérienne. Couronné par le prix Méditerranée pour « L’Abyssin » (Gallimard), Jean-Christophe Rufin a, depuis, reçu le prix Goncourt en 2001 pour « Rouge Brésil ».

Deux autres prix Méditerranée sont également attribués chaque année. Créé en 1992, le prix Méditerranée « étranger » a eu pour principaux lauréats Ismaël Kadare pour « La pyramide » en 1993, Boutros Boutros Ghaly en 1998 pour « Les chemins de Jérusalem » et, en 2002, le grand écrivain italien Umberto Eco pour « Baudolino » (Grasset). Le prix Méditerranée des Jeunes a, quant à lui, vu le jour en 1994 et compte notamment Dominique Bona parmi ses lauréats.

En 2000, le Centre Méditerranéen de Littérature poursuivait son rayonnement avec la création du prix Spiritualités d’Aujourd’hui. Ce prix, à la différence des autres, vise moins à récompenser un livre qu’à distinguer une œuvre pouvant jouer le rôle de balise dans un cheminement spirituel. Le Dalaï Lama avec « L’art du bonheur » (Laffont) en constituait le premier lauréat.

Des prix, des rencontres, des colloques, la participation aux « Allées du Livre » sur le quai Vauban à l’occasion de la Sant Jordi le 23 avril, le CML donne la place qu’ils méritent aux livres et aux auteurs qui les signent. Ces façonneurs d’histoires, fidèles aux rencontres du CML, aiment à venir flâner dans Perpignan la romanesque. Pour le plaisir des bibliophiles et le leur. C’est au nom de ce ce plaisir que le CML a également donné le jour à la revue gratuite « Lire en Méditerranée ».

 

PS. André Bonet a publié une histoire du CML (trop courte et superficielle, à mon goût, sans anecdote originale, ni style particulier, alors qu'A.B. sait si bien raconter avec humour... Editions Talaïa.

 

 

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 11:31
Pilhes, l'Ariégeois, appelé en Algérie, a montré, dans un dialogue avec B.Stora, les tabous et l'omerta sur la guerre d'Algérie (voir Youtube)

Pilhes, l'Ariégeois, appelé en Algérie, a montré, dans un dialogue avec B.Stora, les tabous et l'omerta sur la guerre d'Algérie (voir Youtube)

 

Hommage à René-Victor Pilhes

Hommage de Jean-Pierre Chevènement

 

René-Victor Pilhes était un écrivain doté d’un talent, d’une puissance de création, d’une verve remarquables. 

La Rhubarbe (Prix Médicis, 1965) l’avait rendu immédiatement célèbre. Le succès impressionnant de L’Imprécateur (Prix Fémina, 1974) témoignait de la prescience d’un auteur qui avait su deviner dès le mitan des années 1970 la montée d’un capitalisme sans frontières ni scrupules, essentiellement mû par l’avidité. 

René-Victor Pilhes était mon ami. C’était aussi un homme pour qui l’engagement avait un sens. C’était un créateur, un homme profondément sensible, hanté de visions hélas souvent prémonitoires. 

René-Victor Pilhes laisse derrière lui une œuvre romanesque considérable. Il était doté pour la souffrance mais s’est éteint doucement, il y a quelques jours, dans le calme refuge de sa famille. 

J’assure sa femme et ses enfants de ma tendre sollicitude.

Jean-Pierre Chevènement

L’écrivain René-Victor Pilhes est mort

L’auteur de « L’Imprécateur », immense best-seller distingué par le prix Femina 1974 et adapté pour le cinéma, est décédé le 6 février, à l’âge de 86 ans.

Par 

Publié hier à 15h05, mis à jour hier à 17h42 

Temps de (C) Le Monde

 

René-Victor Pilhes, le 21 juin 1993.

L’écrivain René-Victor Pilhes est mort le samedi 6 février à Paris. Il avait 86 ans. En 2016, il avait fait paraître, après plus de quinze ans de silence, un roman, La Nuit de Zelemta (Albin Michel). A nos confrères de L’Obs il confiait alors son dépit de se voir devenu un« mort-vivant », quelque peu oublié. Son œuvre était désormais introuvable en librairie à l’exception de son plus grand succès,L’Imprécateur (Seuil, 1974, prix Femina) – qui avait été l’un des premiers romans sur la violence du libéralisme et ses effets sur le monde du travail, un précurseur par bien des aspects à qui, vingt-cinq ans plus tard, Frédéric Beigbeder rendrait hommage dans99 Francs (Grasset, 1999). « J’ai été proscrit des librairies parce que je ne vendais plus assez », disait alors cet homme à la longue et brillante carrière de publicitaire, qui fut aussi un militant de gauche, passé par la CGT et le PSU, et proche de Jean-Pierre Chevènement.

Il avait pourtant connu le succès dès son premier roman, La Rhubarbe (Seuil, 1965), d’emblée remarqué pour son écriture baroque, son souffle et son goût d’une forme d’outrance, et couronné par le prix Médicis. Evoquant la bâtardise, dont lui-même a souffert en tant qu’enfant illégitime, né le 1er juillet 1934 et élevé par sa grand-mère maternelle à Seix (Ariège), La Rhubarbe met en scène un homme aux rêves de vengeance.

Lire aussi (archive de 1965) : Critique de « La Rhurbarbe », de René-Victor Pilhes

Le Monde écrit à propos de cet « extraordinaire roman » : « Sans doute y relève-t-on les influences conjuguées de Kafka, notamment dans les scènes oniriques, de Joyce dans cette tendance à agrandir jusqu’au mythe un drame personnel, de Günter Grass dans le ton de bouffonnerie fantastique et dans la truculence érotique de certaines scènes. L’ombre de ces maîtres n’empêche nullement René-Victor Pilhes de faire une œuvre personnelle qui a de l’accent et du ton. »

Veine dénonciatrice

Quatre ans plus tard, le même sujet lui inspire Le Loum (Seuil), où un fils et sa mère gravissent un pic pyrénéen, en s’écharpant pour le pouvoir. Cette « épopée psychanalytique », selon l’auteur, transgresse un interdit après l’autre et ne rechigne pas aux scènes scatologiques. La quatrième de couverture avertit : « L’éditeur ne peut pas se contenter, en présentant ce livre, d’une formule comme : “A ne pas mettre entre toutes les mains”. Il se sent tenu de prévenir sérieusement le lecteur. »

Lire aussi (archive de 1969) : Un beau monstre « Le Loum », de René-Victor Pilhes

Point de semblable mise en garde pour son troisième roman,L’Imprécateur, cet immense best-seller, adapté trois ans plus tard au cinéma par Jean-Louis Bertuccelli, avec Jean Yanne et Michel Piccoli. Loué de L’Humanité au Figaro (Claude Mauriac évoque « un certain génie »), en passant par Le Monde (Jacqueline Piatier salue « sa manière qui mêle le réalisme de l’observation et les fantasmes de l’angoisse », et le directeur, André Fontaine, l’évoque dans un éditorial), il se vend à 400 000 exemplaires et est traduit dans vingt langues.

Lire aussi (archive de 1977) : « L’Imprécateur », de Jean-Louis Bertuccelli

René-Victor Pilhes poursuivra dans cette veine dénonciatrice dansLa Bête (Seuil, 1976), pamphlet contre les risques de totalitarisme du« libéralisme avancé », et plus tard La Médiatrice (Albin Michel, 1989), situé dans le monde de la télévision, que l’auteur connaît fort bien pour avoir été administrateur de TF1 entre 1983 et 1986. L’univers des médias est aussi présent dans La Pompéi (Albin Michel, 1986), roman n’hésitant pas, selon son auteur même, à recourir à un style « pompier » pour s’emparer du XXe siècle finissant et des ombres du passé qui planent sur lui. On retrouvera le souvenir de l’Occupation dans L’Hitlérien (Albin Michel, 1989).

Mais l’épisode historique qui « l’obsède » intimement est la guerre d’Algérie. Il a servi en Algérie entre 1955 et 1957, où il a obtenu le grade de sous-lieutenant. Il évoque cette période pour la première fois dans Le Fakir (Albin Michel, 1995), à une époque où ce que l’on appelle encore « les événements d’Algérie » n’occupent guère de place dans la fiction française. Ce roman s’interroge sur la notion de trahison en temps de guerre, et sur le mal qu’a fait la torture à ceux qui l’ont pratiquée.

Vingt et un ans plus tard, il reviendra à cette époque avec La Nuit de Zelemta, où un jeune pied-noir est fasciné par l’un des chefs du FLN, Abane Ramdane (assassiné au Maroc en 1957). Au Temps, René-Victor Pilhes confie alors qu’il a passé les années séparant La Jusquiame (Albin Michel, 1999) de La Nuit de Zelemta à lutter contre un cancer et à travailler à ce roman. Ainsi qu’à un autre, Sous le Golem, « synthèse de La Rhubarbe et du Loum ». Il l’avait remis à son éditeur, avant d’avoir perdu la force d’écrire.

René-Victor Pilhes en quelques dates

1er juillet 1934 Naissance à Paris

1955-1957 Appelé en Algérie

1965 « La Rhubarbe », prix Médicis (premier roman)

1974 « L’Imprécateur », prix Femina

1985 « La Pompéi »

6 février 2021 Mort à Paris

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 09:15
Jaume Cabré -  Alain Jaubert
Jaume Cabré -  Alain Jaubert

Jaume Cabré - Alain Jaubert

 

LITTÉRATURE

 

« Quand arrive la pénombre » : la dernière traduction de Jaume Cabré, en librairie le 8 janvier

  

Après avoir conquis les lecteurs avec des romans qui traversent l’histoire, la mémoire et les valeurs de la civilisation européenne, les derniers ouvrages de Jaume Cabré excellemment traduits par Edmond Raillard pour Actes Sud démontrent sa maîtrise du subtil art architectural de la nouvelle. Après les récits de Voyage d’hiver (Actes Sud 2017, publié en catalan en 2000) reliés par la reprise de leitmotiv musicaux, ce nouveau recueil de treize nouvelles rédigé en 2017 le remet à l’œuvre autour de sa thématique de prédilection : la banalisation du mal.

 

Treize nouvelles saisissantes où, l'œil rivé au judas, on observe avec un trouble croissant des personnages qui exercent le mal sans remords aucun, tel l'assassin qui n'aime rien tant que le mélange de danger, de mystères, de petites filles et d'aventures...  Comme toujours, l'auteur de Confiteor agrémente le mal de naturel, de cynisme et d'humour, le démystifiant et le rendant ordinaire, le présentant pour ce qu'il est : un banal ingrédient de notre quotidien.

Né à Barcelone en 1947, Jaume Cabré est l’un des écrivains catalans les plus reconnus par la critique et les lecteurs, récompensé par le prix d’honneur des Lettres catalanes en 2010. En 2013 a paru chez Actes Sud son magistral roman Confiteor, suivi en 2014 par L’Ombre de l’eunuque et, en 2017, par Sa Seigneurie et par le recueil Voyage d’hiver. Aussi disponible en français aux éditions Christian Bourgois : Les voix du Pamano (2009).

 

Quan arrive la pénombre

Traduit du catalan par Edmond Raillard

Actes Sud / Lettres hispaniques

Janvier 2020 / 11,5 x 21,7 / 272 pages

 

** Institut Ramon LLULL - Raül-David Martínez 

paris@llull.cat 

50, rue Saint-Ferdinand

75017 PARIS, France

Tel. +33 142 66 02 45

 

 

Lundi 13 janvier 2020 à 18h30

au Théâtre de l'Étang à Saint Estève

Les terres rares

par Alain JAUBERT

D’après les discours des chantres de l’écologie politique, repris par les médias et les politiques, l’alliance de la transition énergétique et de la révolution numérique serait la clef d’une mutation écologique, nous conduisant vers un monde meilleur, libéré des énergies fossiles et donc protégé du réchauffement climatique et de ses conséquences, débarrassé des pollutions et même des tensions géopolitiques.

Dans ce scénario, les terres rares jouent un rôle central et pourtant, ils sont encore plus rares ceux qui savent ce qu’elles sont !

Or l’utilisation massive des terres rares pourrait à terme nous conduire à une nouvelle impasse : rareté de la ressource, extraction polluante, recyclage difficile et dépendance géopolitique, voilà quelques-uns des défis auxquels nous soumettent ces nouveaux matériaux.

Pour vous forger votre propre opinion, venez découvrir :

ce que sont les terres rares,

ce qu’elles nous apportent,

mais aussi ce qu’elles nous révèlent de notre monde et de ses futurs possibles.

Alain Jaubert

Agrégé de Chimie, il a fait la totalité de sa carrière en enseignant la Physique et la Chimie en classes préparatoires au Lycée Thiers de Marseille. Il est co-auteur de plusieurs séries de manuels scolaires de Chimie, de la Seconde à la Spé.

Passionné d’histoire et de généalogie, il s’intéresse également à l’impact de la science sur l’évolution de nos sociétés.

CEPS en entrée libre et gratuite

 

Le Grenat de Perpignan s’expose pour 3 ans au Palais des rois de Majorque

 

L’Institut du Grenat signe la plus riche exposition jamais consacrée au sujet

 

Plongeant ses racines dans les siècles, le grenat de Perpignan est montré comme jamais auparavant dans une grande exposition qui décrit son art et son histoire, au Palais des rois de Majorque.

Une grande exposition consacrée au Grenat de Perpignan est présentée depuis ce mercredi 18 décembre au Palais des Rois de Majorque. Cette réalisation de l’Institut du Grenat donne à voir l’art et histoire d’un bijou inscrit dans le patrimoine et les savoir-faire du Pays Catalan. La pierre semi-précieuse reliant tradition et modernité se raconte avec l’oeuvre des orfèvres et bijoutiers, du Moyen Âge à nos jours. Au total, plus de 70 bijoux, documents, objets et œuvres variées composent cet ensemble. L’évolution des goûts et des modes à travers le bijou en grenat et la transmission des techniques offrent au public une vue panoramique sur le sujet.

 

Cette exposition de longue durée est visible pendant 3 ans, jusqu’en 2022. Elle est le fruit d’un partenariat noué entre le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et la région « Occitanie », avec le soutien du Syndicat artisanal des Métiers d’Art et de Création des bijoutiers des Pyrénées-Orientales, et grâce aux prêts consentis par les particuliers ainsi que l’Association diocésaine de Perpignan-Elne et les communes de Calmeilles, Elne et Thuir.


Le grenat, longtemps confiné dans quelques bijouteries du Roussillon et dans les familles du pays, retrouve son prestige depuis le début du siècle. Le Grenat de Perpignan est reconnu depuis novembre 2018 en France par une Indication Géographique, qui le protège de la contrefaçon et garantit la transparence sur son origine et ses procédés de sa fabrication.

 

© Institut du grenat

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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