Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 10:57
Prix Walter Benjamin sans frontières 2022 - Steffen Haug : Une collecte d'images à la BN (Paris)- Conférence de Pierre COUREUX à Banyuls/MER le 17 juin 2022 - Police de Perpignan -

Prix Walter Benjamin sans frontières 2022 (WBSF) :

 

Steffen Haug : Une collecte d'images à la BN (Paris) 

 

Après la parution des Sonnets de W. Benjamin (Prix WBSF 2021), nous sommes heureux de mettre l'accent sur cette nouvelle actualité : la publication en France des matériaux visuels accumulés par le philosophe dans les bibliothèques de Berlin et Paris (surtout à partir de son exil dans la capitale en 1933 jusqu'à sa mort en 1940). 

 

 

Voici un WB très moderne, qui comprend vite que son livre des Passages parisiens doit être accompagné d'images. Cette étude monumentale, commente les gravures, vignettes...toute une imagerie populaire montrant le XIX° siècle, en accompagnant les textes de WB.

 

A lire en même temps que les livres sur l'Oeuvre d'art...et la petite histoire de la photographie.

 

 

Ce livre inattendu arrive au moment même où, à Banyuls/Mer, nous avons consacré nos dernières conférences, très récentes -avril et mai 2022- à

-l'image (de Cosquer aux réseaux sociaux, par André ROGER, psychanalyste)

et

-à la photographie (selon WB, F. Arago et Mérimée, par Clarisse REQUENA, docteur es-lettres, qui écrit dans la revue stendhalienne H et a publié sa thèse sur Mérimée chez Champion.)

L'association WBSF vous invite ce mois-ci : le

 

Vendredi17Juin

De 17:30 à 19:30

Conférence proposée par Walter Benjamin Sans Frontières présentée par Pierre Coureux, Président des AIAM Paris, intitulée « Le voyage des œuvres d'art dans l'histoire », 17h30, Salle Novelty, entrée libre.

J.P.Bonnel

 

 


***Entre 1927 et 1930 à Berlin, puis de 1934 à 1940 à Paris, Walter Benjamin travaille à accumuler des matériaux pour un projet de vaste envergure : retracer, à partir de l'étude des passages parisiens, une « préhistoire du XIXesiècle ».

 

La rédaction du texte est sans cesse différée, tandis que l’immense corpus préparatoire semble voué à croître indéfiniment, devenant une somme composite de citations que double parfois, à la manière d’une note de régie, une réflexion ou une remarque énigmatique.

 

Au fil de ses recherches, Benjamin se rend à l’évidence : il faudra que son Livre des passages soit enrichi par des images. Une « documentation visuelle » se constitue bientôt, écrit-il, glanée pour l’essentiel dans les recueils du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale où il travaille pendant son exil parisien.

 

Une centaine de notes témoignent de cette collecte et conservent, enfermée dans leurs plis, la mention d’une ou de plusieurs images qui sont restées pour la plupart inconnues jusqu’ici.

 

Steffen Haug a voulu retrouver cette réserve enfouie.

Gravures et dessins de presse, tracts, réclames, affiches et photographies, de Meryon et Grandville à Daumier, en passant par l’infinie cohorte anonyme et le tout-venant de la production visuelle à grand tirage du XIXe siècle : la moisson rapportée ici est surprenante.

 

Elle invite à lire ou relire les Passages en faisant à l’image toute la place qu’elle occupe dans la pensée du dernier Benjamin, à l’heure où s’élaborent, sous la menace de temps assombris, son essai « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », le projet de livre sur Baudelaire ou ses Thèses sur le concept d’histoire.

 

Édition Première édition 

Éditeur Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris

(550 pages - 30 euros -)

ISBN-10 2-7351-2854-7

---------------------------------------

Police tue ?????     suite –

Police à Perpignan : à voir

https://actu.fr/occitanie/perpignan_66136/la-police-municipale-de-perpignan-a-la-tele-sur-quelle-chaine-et-quand-voir-le-documentaire_51527368.html

 

George Orwell : « S’il faut définir la liberté, elle signifie, avant tout, le droit de prononcer des vérités que les gens ne veulent pas entendre ».

Partager cet article
Repost0
3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 10:51
La passion entre Walter Benjamin et Asja Lacis    (1) actualité : livre de Antonia Grunenberg
La passion entre Walter Benjamin et Asja Lacis    (1) actualité : livre de Antonia Grunenberg
La passion entre Walter Benjamin et Asja Lacis    (1) actualité : livre de Antonia Grunenberg
La passion entre Walter Benjamin et Asja Lacis    (1) actualité : livre de Antonia Grunenberg
La passion entre Walter Benjamin et Asja Lacis    (1) actualité : livre de Antonia Grunenberg

*La passion entre Walter Benjamin et Asja Lacis

 

(1) actualité : livre de Antonia Grunenberg

 

L'étude est passionnante, surtout pour les chapitres sur le théâtre (allemand et soviétique) et les années d'internement d'Asja, la communiste sincère et authentique. Le personnage de Walter apparaît peu: la rencontre à Capri est peu développée, le séjour à Moscou escamoté...Le lecteur est frustré car le thème de l'amour (réciproque chez Walter et Asja) n'est pas vraiment abordé...  JPB

 

Asja née Anna Liepina est née le 19 octobre 1891 en Lettonie, occupée en 1940 par l’armée rouge.

La famille s’installe à Riga, province balte de la Russie. Elle fait des études à Saint-Pétesbourg et lit les écrits de Meyerhold, célèbre homme de théâtre.

    Asja épouse son ami Julijs en janvier 1914. En 1915, cours d’art dramatique à Moscou : Anna prend alors le pseudo d’Asja. Elle crée le théâtre pour enfants dans son logement, puis dans une salle de l’Univers, théâtre populaire communiste. (page 24)

-Elle a une fille Dagmara (Daga) avec son mari J. Lacis avant de divorcer. (1919)

Walter fait sa connaissance à Capri en 1924, où elle voyage avec un compagnon. Il l’avait déjà vue à Berlin, lors d’une première au théâtre (p.32). Capri, lieu de l’élite européenne (p.41)

-Est évoqué le mythe de la jeunesse allemande : Haubida (p.34)

-Walter rencontre Jula Cohn (évoquée aussi en p. 63) : à Capri.

Polémique entre WB et Zweig.

-Un grand développement sur le théâtre : Piscator et le th. Prolétarien (p.48) -Bernard Reich, amoureux d’Asja. -

 

-Walter vu par Asja – le livre en commun sur Naples (p.59) – Surnom de WB « l’ordonnateur »

-Ils se revoient à Berlin (p.62) et à Riga, en novembre 1925 (nuits ensemble p. 70)

 

-Le livre Sens unique et la technique constructiviste (p. 72)

-Asja croit Walter marxiste. Avec Reich, elle dénonce Boulgakov à la bureaucratie stalinienne.

 

-Elle est atteinte d’une méningite (p.85) et demande à Walter de venir la rejoindre à Moscou, le 4.12.1926 (voir le Journal de Moscou de WB) – relation triangulaire.

 

-Elle condamne Joseph Roth et Gide qui ont critiqué la Russie.  (p.91)

-Elle revient à Berlin en 1928 et retrouve Walter.

 

-Évocation de Dora, épouse de Walter. (p. 99)

-Hanna Arendt à Moscou en 1930 (p. 105)

-Asja prend le train pour Paris (17.3.1933, p. 113)

-La dernière partie de l’étude est consacré au séjour d’Asja dans un camp de redressement : la communiste est internée par le régime « communiste »… Longue description qui montre la souffrance de la jeune femme et qui s’appuie sur ses mémoires, en particulier Profession : révolutionnaire

 

-A la fin du livre, on apprend que Brecht et Walter n’ont pas de nouvelles d’Asja, mais qu’ils croient encore au régime stalinien. Puis c’est 1940 : WB est évoqué rapidement dans son exil dans le sud de la France ainsi que son suicide à la frontière espagnole (quelques erreurs et même fautes grammaticales de la traduction !)

 

Résumé du livre de Antonia Grunenberg

            par J.P.Bonnel


- - - - - - Histoire d'amour

 

Walter Benjamin et Asja Lacis, passion trouble

Pendant six ans, la comédienne et directrice de théâtre a vécu avec le philosophe une liaison à éclipses, de Capri à Riga. Antonia Grunenberg retrace leurs parcours dans l’Europe intellectuelle du XXe siècle.


Antonia Grunenberg

 

Antonia Grunenberg, née le 2 mai 1944 à Dresde, est une politologue allemande.

Antonia Grunenberg a étudié la sociologie, la philosophie et la culture allemande à TübingenFrancfort-sur-le-Main et Berlin. Elle obtient en 1975 un doctorat en philosophie à l'université libre de Berlin sous la direction de Jacob Taubes et passe en 1986 son agrégation en sciences politiques à l'université technique de Rhénanie-Westphalie à Aix-la-Chapelle.

 

Grunenberg est cofondatrice et directrice du prix Hannah-Arendt qui récompense chaque année une personnalité qui s'est distinguée par ses œuvres sur la politique et de l'action publique dans la tradition de la politologue germano-américaine Hannah Arendt. Elle est notamment membre du conseil de la Maison de l'Histoire de la République fédérale d'Allemagne de Bonn. Depuis 1998, elle occupe un poste de professeur en sciences politiques à l'université Carl von Ossietzky d'Oldenbourg. Elle est membre depuis 2006 de la commission scientifique de la Fondation fédérale pour le travail de mémoire sur la dictature de l'Allemagne de l'Est.

Ses travaux portent principalement sur la vie et l’œuvre de la philosophe politique Hannah Arendt. Elle est fondatrice et lectrice du Centre Hannah Arendt de l'université d'Oldenburg.

 

- - - - -

***ASJA LACIS

 

 

Spécialiste reconnue des travaux et de la vie d'Hannah Arendt, Antonia Grunenberg entraîne son lecteur dans une narration philosophique en vue de résoudre une énigme captivante: comment la passion amoureuse vécue par Walter Benjamin avec Asja Lācis, femme de théâtre, metteuse en scène, dramaturge et comédienne, a-t-elle pu faire de l'intellectuel assuré de ses convictions, de l'auteur de Paris, capitale du XIXe siècle, un marxiste convaincu et un admirateur enthousiaste du communisme apparu au berceau de l'Union soviétique?

Le lecteur n'aura pas la clef de l'énigme mais verra s'ouvrir, chemin faisant, de nombreuses portes sur l'œuvre de Benjamin et sur la vie intellectuelle, la culture, le théâtre, à Berlin, Riga, Moscou dans l'entre-deux-guerres. Sur la scène défilent les figures intellectuelles d'Adorno, Horkheimer, Kracauer, Marianne Weber et les inventeurs d'un nouveau théâtre, Brecht, Piscator, Bernhard Reich et bien d'autres.

Le destin tragique des deux protagonistes, le suicide de Benjamin à quelques encablures de l'exil, la souffrance d'Asja Lācis dans les camps de travail de Staline, au lieu de clore les deux biographies dans une version romantique de l'amour contrarié, incite avec une grande sobriété le lecteur à une réflexion interminable: est-il vrai qu'il ne restait plus à Benjamin que «la tête et le sexe», comme l'écrivit son épouse Dora Sophie, désorientée par cette conversion idéologique, à leur ami commun Gershom Scholem? Peut-être Asja avait-elle, à l'encontre de Walter, ses propres convictions «chevillées au corps». Une énergie de la personne toute entière qui la conduisit à rester en Union soviétique jusqu'au bout.

Une expérience de structure religieuse

Pour inventorier les dédales de l'énigme, il ne suffit pas en effet d'invoquer le messianisme de Benjamin, de qualifier sa nouvelle orientation idéologique de «conversion», et de reprendre les poncifs éculés sur le caractère religieux de la croyance au communisme.

Pour comprendre le rôle de la passion amoureuse, ne faut-il pas avant tout saisir la rencontre entre Walter et Asja, telle bien d'autres rencontres amoureuses, comme une expérience de structure religieuse? Ne faut-il pas la configuration de ces trois figures: le coup de foudre, l'idéal communiste et l'attente, l'espoir, la vision d'un monde meilleur d'autant plus pressante que l'on pressent, avec Benjamin, la catastrophe et que l'on ressent, avec Asja, la montée de la terreur stalinienne?

Dans son commentaire sur Siegfried Kracauer, l'auteur de Les Employés – Aperçus de l'Allemagne nouvelle, Walter Benjamin avait salué chaleureusement «un chiffonnier à l'aube de la révolution». Dans les méandres de la passion qui unit Walter et Asja, le lecteur perçoit les affinités secrètes et les correspondances qui relient l'amour à l'émancipation.

Walter et Asja – Une histoire de passions

Antonia Grunenberg

Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni

Payot

2022

224 pages

18 euros

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 11:39
Clarisse Requena

Clarisse Requena

Conférences de l'association Walter BENJAMIN

à Banyuls/Mer

 

Saison 2022 - entrée libre, ouvert aux adhérents (adhésion 20 euros/an) et à tous les publics :

 

*** FEVRIER : 
 conférence de Serge Barba (à partir de son livre sur Machado, Trabucaire editorial) vendredi 11 – 17h30

Mars :
*Conférence d'André Roger, psychanalyste, intitulée "Les images : de la grotte Chauvet au cinématographe" 
 
SAMEDI 12 MARS - 17 h 
Salle Novelty 
 
AVRIL :
*Conférence de Maurice Piferrer, écrivain, intitulée "Récit de mon action humanitaire en Afrique" 
D'après son livre : "l'eau de l'étranger" (Cap Béar éditeur)
SAMEDI 9 AVRIL - 17 h
Salle Novelty 
 
MAI :
*Conférence de Clarisse Requena, docteur en lettres (thèse sur Mérimée et la Vénus d'Ille publiée chez Champion), intitulée : "La photographie selon François Arago et Walter Benjamin".

SAMEDI 21 MAI - 17 h
Salle Novelty
 
JUIN :
*Conférence de Pierre Coureux, Président des AIAM Paris (Amitiés internationales André Malraux),  intitulée "Le voyage des œuvres d'art dans l'histoire".


Vendredi 17 juin à 17h30
Salle Novelty
 
 
 
Avec nos remerciements
Cordialement

Association Walter Benjamin Sans Frontières
J.Pierre BONNEL 06 31 69 09 32
 
Michèle Martel 


 
Partager cet article
Repost0
26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 12:09
Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide.  1300 Perpignan
Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide.  1300 Perpignan
Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide.  1300 Perpignan

philo/Théologie

 

Moïse Narboni ou Moshe ben Josué ben Mar David de Narbonne est un rabbin, philosophe, exégète, traducteur et médecin catalan du XIVᵉ siècle. Il a été grandement influencé par la philosophie d'Averroès et de Maïmonide. 
1300, Perpignan - 1362, Soria, Espagne
 
...  

    A la mémoire de Moshé  Narboni,      

               Kader Fouka, S.                                                                                           

suite ...et fin (mais on attend vos commentaires, développements...)

 

   Par là, notre brillant exégète du Roussillon, vient de flanquer un discrédit sérieux, sur les intentions des "Intentions", pour ne pas dire extensivement, sur le restant de ses écrits Or, considérée de la sorte, la critique Ghazalienne de la philosophie, et si admirée parfois, est-elle dés lors, vraiment si identique à celle d'un Blaise Pascal ?

 

 Mais le procédé dont Al Ghazali usa, n'est pas sans rappeler en Orient tout d'abord, Al Jahiz, cet autre dialecticien, et qui mourra quant à lui, par l'éffondrement de son imposante bibliothèque sur sa tête, au cours de son sommeil. Ni même, sans appeller, toute cette constellation de poètes-mystiques, à l'instar d'un Khayam, comme lors du quatrain suivant. Mais pour comprendre, sans doute, le stratagème dans son poème, clarifions-en quelque peu son imagerie.

Pour al Khayam, l'aube signifierait la première des cinq prières rituelles, et la taverne, le lieu partagé de ses prosternations. Quant à la coupe de vin pleine, elle signifierait l'amour du divin, cheminant sur une extase. A présent, savourons-en le quatrain: 

" Dés l'aube, à la taverne une voix me convie, disant: folle nature au plaisir asservie, lève-toi et remplissons notre coupe de vin, avant qu'on ait rempli la coupe de ta vie". Ainsi, sommes-nous réllement certains que le philosophe, et poète, et mathématicien du XII ème siècle, ne s'adressait ici en réalité, qu'au dévot ? 

 

  En Occident comme promis, le stratagème, pour faire écho à un Schopenhauer, ne sera point là non plus inexistant, comme en témoignera ici, particulièrement la philosophie Italienne, aussi bien avec un Pietro Pomponaci qu'un Cremonini, ou bien, avec le philosophe pré-nietzschéen et talentueux, visionnaire et courageux, Giordiano Bruno, et Vanini, qualifié, si ce n'est taxé, comme étant le "Jules César des athées" durant l'époque classique a minima.

Et c'est à propos de Vanini, que Borris Donné, nous rapporte, dans une étude magnifique et historique qu'il consacra, pour le 400 ème anniverssaire de la disparition du philosophe sous les flammes d'un bûcher ardent, 19 ans après Bruno, le tableau qu'en dressa à ses débuts, Marin Mersenne, futur correspondant et fidèle ami de Descartes:

"C'est ainsi, dit-on, que Vanini s'est efforcé d'essaimer l'athéisme à Paris: en feignant d'abord de s'insurger de façon véhémente contre les athées,...simulant en cela les termes les plus vifs; mais, en fait, ensuite, faisant semblant de s'en indigner, il répétait leurs arguments avec insistance, il les insinuait et les justifiait avec force et finesse, et enfin il y répondait si mal et si faiblement, qu'il les imposait facilement aux inexpérimentés, ébranlant leur esprit de telle sorte que ceux-ci en jugeaient à partir de ces réponses sans chaleur, et en concluaient qu'il n'y a nulle raison qui permette de prouver que Dieu existe, tandis qu'il y en a beaucoup qui semblent démontrer qu'il n'existe aucune divinité. (Vanini, Portrait au noir, Borris Donné, édit Allia p 46. 2019).                                 

  Ainsi, en tenant compte du procédé dialectique d'al Ghazali, dans lequel habile il fut, au même titre je crois qu'un Schokus aux Pays-bas, nous pouvons mieux entendre maintenant, l'affirmation du profond spécialiste Belge d'Avicenne, Jean-Yahia Michot, lorsque le professeur d'Oxford affirmait en effet, qu'al Ghazali fut Avicennien, alors qu'il n'a jamais cessé de l'attaquer, du moins en surface, à travers "les Intentions" précisément, mais également, au travers de cet autre écrit :

"De l'effondrement des philosophes", et auquel Averroës répondra, aussi bien rationnellement qu'agilement par "L'effondrement de l'effondrement". Et à cet égard non plus, les Latins, ne s'y étaient point trompés, à vrai dire, en soutenant pourtant curieusement, et cela d'ailleurs à partir de ses mêmes "Maqasid", qu'al Ghazali était un disciple d'Avicenne. Une "ironie du sort" suivant une tonalité heureuse de Gilson, mais dans une intentionnalité subtile certainement, ou feinte...

   Mais le rapprochement succint entre nos deux philosophes catalans, à cependant ses limites. C'est qu'il n'y a pas, pour tout dire, entres les deux, que des interférences. En effet, entre Narboni et Lulle, des différences il y a, surtout. L'approche de Narboni, vis-à-vis de l'héritage arabe par exemple, diffèrera très clairement et très distinctement de celle du majorquin, dans la mesure où l'oeuvre lullienne, se placera quant à elle, très souvent, sur le terrain de la conversion des mMhométans.

 

 Et du philosophe Arabo-andalou, Ibn Bajja de Sarragosse, si évoqué par les Latins sous le nom d'Avempace, notre exégète perpignanais, commentera, quelques-uns de ses ouvrages, comme à l’instar de « L’Epître de l’adieu », ou du célèbre « Régime du solitaire », ou bien encore, « Le livre de l’âme ».

Et pour l'historiette à nouveau, alors que l'original du "Régime" fut perdu pendant plusieurs siècles, la pensée d'Avempace restera tout de même accessible et lisible, grâce particulièrement, aux commentaires et aux paraphrases qu'en fit, voire, qu'en offrit, le philosophe de Perpignan.

 

 Mais il n'y a pas, chez Narboni de distinction, au moment de son intellection, entre son être et sa lettre, que si adroitement, il inttelige à chaque fois. Sans confusion aucune, entre l'être et la lettre, tout est histoire chez lui certes, mais de connexion, d'union, de fusion. Et parmis les multiples originalitées du commentator de Perpignan, Narboni, aborda les philosophes de la Falsafa, non pas qu'à partir des Grecs, comme le font trop souvent certains historiens bien incertains, mais plus-tôt, à partir de la Falsafa elle-même. Et c'est pourquoi également, il commentera si élégamment, l’œuvre du « Hay ibn Yaqzan », du philosophe Arabo-andalou, Ibn Toufayl, le créatif, l'"Abou bakeur" des Latins.

 En plus des traductions hébraïques anonymes, ou bien privées du Hay, ici ou là, l'ouvrage, sera officiellement traduit en Latin, par l'éminent orientaliste Anglais, Edward Pocock (1608-1691), en 1671. Le Hay, paraîtra alors en imprimerie cette fois, sous le nom de "Philosophus autodidactus", c'est-à-dire, du "Philosophe autodidacte" pour le dire plus aisément. Quant à son influence, brièvement, l'aventure philosophique, scientifique et métaphysique du Hay, qui se situe originalement sur une île, se constitue à vrai dire, comme étant un antécédent convoqué, du Robinson Crusoé d'un De Foe tout d'abord, voire même, du roman anglais, mais encore, du Criticon de Gracian, ou de Tarzan, entres autres. Et l'on retrouvera l'oeuvre du médecin de Grenade et maître d'Averroës, chez des philosophes post-Cartésiens par exemple, comme chez Spinoza en Hollande, au moment de l'inventaire de sa propre bibliothèqque.

En Allemagne, Leibniz, le qualifiera d' "excellent": "Les Arabes, écrira-t-il lors d'une lettre de son corpus épistolaire, ont eu des philosophes, dont les sentiments sur la divinité ont étaient aussi élevés que pourraient être ceux des plus sublimes philosophes chrétiens. Cela se peut connaître par l'excellent livre du philosophe autodidacte que monsieur Pocok a publié de l'arabe" (Lettre de Leibnitz à l'abbé Nicaise, 1697).

Enfin, le roman philosophique d'Ibn Toufayl, peut facilement être rapprocher sur le genre, d'un Voltaire, ou sur le plan pédagogique, d'un Jean Jacques Rousseau lors de l'"Emile ou de l'éducation", ou bien, du philosophe encyclopédiste Denis Diderot, durant l'époque des Lumières à nouveau. 

 

 Quant au commentaire du Hay, ou de "L'éveillé", pour le traduire très justement à la façon d'un Léon Gauthier, de sa plume même, Narboni, nous apprend qu'il le fit presque spécialement, à la demande "d'"éminents compagnons de la ville de Perpignan" (M.R.Hayoun, Narboni, p 23).

Cette précision, nous renseigne d'une part, de la présence de l'oeuvre d'Ibn Toufayl tout d'abord, dans certains milieu Perpignanais, et ce, vers la moitié du XIVème siècle déjà, ainsi que de son impact à cette même époque. Mais davantage il y a, à vrai dire. Elle nous indique effectivement, si ce n'est point définitivement, à quel niveau ses semblables plaçaient la flèche du curseur à son égard, et revendique simultanément, de toute son ingéniosité accordée.

 

  In fine, notre exégète du Roussillon, commentera les commentaires eux-mêmes d’Averroës, dans différents traités. Ainsi, à partir de notre angle, Narboni, fut non pas seulement un subtil connaisseur et commentateur de la Falsafa, mais également, un fidèle admirateur utile, si ce n’est même, un véritable continuateur de celle-ci, dans l'histoire de la pensée juive aussi. C'est que de ses auteurs, Narboni, en saisissait, autant ses profondeurs que ses hauteurs. Avec aisance, il en décelait l'essence, si ce n'est même la "quinte-essence", si chère au Nolain, et cela, quelque soit le type du récit qu'il abordait, aussi bien exotérique qu'ésotérique. De la "hokma" des Hébreux en effet, ou pour le dire grecquement, de la "sophia" comme chez Platon, c'est-à-dire "De la sagesse", si chère au théologien et philosophe, humaniste et universaliste Français Pierre Charron, Narboni, en percevait et en perçait alternativement, ses énigmes et ses mystères. Et c'est dans le livre "De la sagesse"; maintes fois mis à l'index, qu'effectivement le contemporain et aussi ami de Montaigne, affirma que " nous sommes circoncis, baptisés, juifs, mahométans, chrétiens, avant que nous sachions que nous sommes des hommes".     

 

 C'est qu'il y a, chez Pierre Charron, comme chez Narboni, comme chez Pic de la Mirandole, bien notamment, une certaine  déférence mais certaine vis-à-vis de la différence, là où à contrario, d'autres manifestes sans complexe, de l'in-déférence par rapport à la différence, si ce n'est même conçue, comme étant de la: "diff-errance".

                       

   En somme, sans conteste aucun, l'oeuvre Narboniene, remise dans son contexte, consistera particulièrement à en livrer, minutieusement, mais toujours de façons subtiles, ses secrets. Et c'est par là je crois, que tout le génie de Narboni, ou une partie, se créer. Enfin, à la question constamment sous-jacente à ces quelques lignes : Mais comment, réhabiliter notre si élogieux prédécesseur, sur le plan départemental tout d'abord ?

En premier lieu, nous osons espérer, qu'un centre culturel, à l'instar de la bibliothèque de Cerbère, ou de l'un de ses espaces, puisse librement et même presque orgueilleusement, porter le nom de notre philosophe. Et pourquoi pas, en second lieu, la ville de Perpignan elle-même, ou bien à commencer, par l'une de ses inoubliables ruelles, traversées, autant par ses propres pas et son esprit pensant si pénétrant et si brillant ?

                   

    A la mémoire de Moshé  Narboni,   par   

               Kader Fouka, S.                                                                                           

 

 
 
Partager cet article
Repost0
24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 11:17
Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni
Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni
Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni

Kader Kouka - Averroès - Philosophie et théologie de M. Narboni

             philosophie, théologie

 NARBONI

 

            "Moïse de Narbonne, le philosophe illustre de Perpignan"

 

 El païs catalan a vu naître, tout un archipel de grands maîtres, archi-bel, à l'instar d'un François Arago en physique, et d'un Maillol en sculpture, ou bien, d'un Jean-Sébastià Pons au travers de son art poétique exceptionnel, et sans omettre bien sûr, un Narboni en philosophie, et un Rigaud aussi, le talentueux portraitiste et tapissier de Louis XIV, de Versailles, avec son firmament de beauté.

 

 Mais il y a, quelque chose d'impensable, en conséquence à tout cela. C'est que si Narboni mena une vie plutôt rayonnante, et crayonnante surtout, notre philosophe, toutefois, demeure de nos jours encore si méconnu. Narboni, cet inconnu. D'ailleurs, un romancier, sachant mêler si admirablement le vrai du fabulesque, comme Descartes le fit sans doute si ingénument en métaphysique, entre le rêve et la réalité, mais toujours à escient, pourrait même qualifier cette affaire, ou ce paradoxe, suivant votre choix, comme: "l'impensable, ou presque".

 

 Mais cette impensabilité ci, est-elle vraiment condamnée à rester dans l'impossibilité de sortir de cette impasse-là, d'en surgir ? Dès lors, essayons au cours de ces quelques lignes, moins absconses, j'espère, de remédier à cette méconnaissance si criante, sans prétendre cependant la penser complètement, mais de commencer, par prétendre uniquement, la penser. 

 

   Tout ceci étant situé, mais qui donc, Moïse de Narbonne, était-il ? Et pour essayer de le constituer, suivons, explorons et poursuivons quelques-uns de ses pas, afin de faire connaissance, de façon plus utile sans doute, avec le profond et subtil, philosophe perpignanais, de ce XIV ème siècle naissant. Cependant, au cours de cette invitation initiatique, si courte, c'est volontiers, croyez-le, que l'on se référera, pour tout élément quasiment, aussi bien biographique que bibliographique, à son principal spécialiste francophone, à savoir, l'érudit et en même temps très éclairé, Maurice Ruben Hayoun. 

 

 C'est aux environs de l’an 1300 par conséquent, que Moîse de Narbonne voit ses tout premiers jours, dans la ville de Perpignan. Cette affaire-là, est entendue. Ses parents, quant à eux, étaient originaires de la ville voisine, de Narbonne, comme d'ailleurs, son nom patronymique, pouvait déjà l’indiqué si clairement. Et durant toute sa vie, Moshé, pour les Hébraïsants, vivra harmonieusement, dans la tradition religieuse de ses parents, le Judaïsme. C'est précocement, dés l’âge de 13 ans plus exactement, que le jeune Moshé, s'est vu mettre à l'apprentissage, par son père, à l'étude de l'incroyable "Guide des égarés" de Moïse Maïmonide, véritable maître en plus de la théologie, aussi bien en philosophie qu'en médecine, à Cordoue, durant une partie du siècle d'Averroës. Mais dans ce prélude, l'on se souviendra presque avec facilité, de l'attitude aussi perceptrice et préceptrice d'Etienne Pascal à l'égard de Blaise, son fils, et qui conduira Pascal, en mathématique entres autres, dans de si belles altitudes. Mais ici, n'éludons pas non plus, de relever que Narboni fut aussi, le contemporain, tout au moins pour les quinze premières années de sa vie, d'un autre philosophe Catalan, mystique et apologiste chrétien, Raymond Lulle, dit aussi « le majorquin », compte tenu, de son lieu de naissance sur l'île, tout simplement.

 

 Et concernant derechef, cette première période de sa vie, notre jeune philosophe d'en Roussillo, admirera sans doute, les finitions du colossal Palais des Rois de Majorque de Perpignan, orné en passant, de ses plafonds d'un style mudéjar, et en outre, de ses éternelles arabesques murales, perceptibles de nos jours encore, et dont le visiteur, prend le temps d'observer minutieusement et simultanément conservées par notre ville. Ces calligraphies, quant à elles, témoignent avec moult élégances, de la présence d’artistes Arabes, ou de spiritualité Mohammédienne c'est sûr, à Perpignan, durant la fin du 13 ème et l'embryon du 14 ème siècle, venus d’Espagne, pour contribuer à la création de son magnifique et historique palais. Du palais, le jeune Narboni, ne devait pas y vivre bien loin je crois, dans le « call » (quartier juif) certainement, où l’aljama se réunissait habituellement. 

 

* Lire : Pierre Vidal, les juifs des anciens comté du Roussillon et de Cerdagne, p 22. 

 

 

   Ceci étant entre aperçu, et à l’exemple aussi bien d'Ibn Sina, d’Ibn Zohr, d’Ibn Bajja, ou bien d’Ibn Tufayl, ou encore d'Ibn Roschd et derechef d’un Maïmonide, Narboni, fut lui-même un médecin original. Mais à cause de sa foi, très regrettablement, Narboni, sera victime de persécutions. D'ailleurs, durant son exil, dans la Cerbère actuelle pour être plus précis, Narboni nous informe tristement et de sa propre plume que « J’ai perdu une grande partie de ma bibliothèque à Cervère » (Maurice Ruben Hayoun, La philosophie et la théologie de Moïse de Narbonne, p 62-63). Et c'est seulement du village Espagnol d'à côté, de Port-bou, que Walter Benjamin, vivra plus récemment, cette espèce de désaccord entre son âme et son corps, et dont passionnément, l'intellectuel et écrivain Jean-Pierre Bonnel, dans une sorte d' en-quête, nous en retrace si précisément et si précieusement "l'ultime chemin".

 

 Narboni, quant à lui, ira vivre en Espagne, à Tolède notamment. Tolède justement, beau lieu, où les trois cultures, coexistaient depuis quelques siècles déjà, comme le signe de façon artistique de nouveau, toute l'expression ou quasi, de l’art mudéjar, de la splendide, de la mirifique synagogue Halévy, sur un sol à la fois chrétien et Européen. Tolède encore, ce haut lieu du savoir, comme l'atteste savamment cette fois, le grand mouvement de traduction que connu la ville, à partir des manuscrits Arabes en Latin, et qui permettront à cet égard, des progrès considérables dans l’histoire des sciences, comme l'astronomie, la médecine, la philosophie… 

 

Kader Fouka

...à suivre 

Partager cet article
Repost0
20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 09:33
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste
Poésie et philosophie : les sonnets de Walter Benjamin enfin traduits ! Jean Lacoste

Edition des sonnets de W Benjamin

 

Walter Benjamin  Sonnette / Sonnets

 

Les soixante-treize sonnets inédits en français de Walter Benjamin, écrits en mémoire de son ami Fritz Heinle – poète suicidé à 19 ans par désespoir ou protestation face à l'avancée de la Première Guerre mondiale –, dévoilent une dimension méconnue de son œuvre et de sa pensée par le prisme de la poésie (édition bilingue).

De Walter Benjamin, le lecteur français est surtout familier des essais, des proses à caractère biographique et de la correspondance, mais pas des poèmes. La disqualification contemporaine de l'écriture poétique est un des facteurs de cette longue ignorance. Voici qu'un traducteur, Michel Métayer, s'est attelé à la tâche d'introduire dans notre langue les soixante-treize sonnets écrits par W. Benjamin à la suite du suicide à vingt ans de son ami Fritz Heinle en 1914. Ils constituent une intense et soudaine « crise de vers » au sein de l'œuvre benjaminienne. 

W. Benjamin fut aussi un traducteur (Baudelaire, Proust, etc.) et un théoricien de la traduction. Antonia Birnbaum commente ici son essai sur La Tâche du traducteur

 

« La poésie de Walter Benjamin enfin traduite : plus de 70 sonnets écrits sur dix ans, de 1914 à 1924, sont maintenant disponibles en français. Tout un pan de l'œuvre de cet intellectuel juif allemand, surprenant, tragique, d'un hermétisme assumé, se révèle et offre une clef peut-être pour l'œuvre ultérieure. »

Jean Lacoste, En attendant Nadeau 

 

« Quelques dizaines de lecteurs de poésie connaissent les élégants plis de huit pages expédiés par poste, qui paraissent à l'enseigne de Walden n. Voici qu'un livre de deux cent pages nous parvient. On croirait que la maison d'édition est née pour cela : réparer un oubli datant de 1945 ; combler à son tour le trou de l'histoire [...]. Puisse cet ouvrage longtemps attendu nous rappeler à quel point le penseur était préoccupé par la dimension artistique de la langue, comme par sa mise en forme visuelle dans le volume, à l'image d'une cité de mots dont il aurait été autant l'architecte que le crieur public. »

Patrick Beurard-Valdoye, Sitaudis.fr

- - -

Philosophe, historien de l'art, critique littéraire, critique d'art et traducteur allemand, Walter Benjamin (1892-1940), rattaché à l'école de Francfort, est considéré comme l'un des théoriciens les plus importants du XXe siècle.

Traduction et postface de Michel Métayer.

Avec un essai d'Antonia Birnbaum.

édition bilingue (français / allemand)

12 x 17 cm (broché)

208 pages  15.00 €

Si Nathalie Raoux, sur le site Hypothèses, se contente de copier/coller les infos données par l'éditeur, J. Lacoste, essayiste, grand traducteur, critique littéraire (voir En attendant Nadeau), rédige cette analyse :

-Jean LACOSTE

 

La poésie de Walter Benjamin enfin traduite Jean Lacoste (En attendant Nadeau) C’est le suicide à Berlin du jeune poète Christophe Friedrich Heinle et de son amie Rika Seligson en août 1914, à l’entrée en guerre de l’Allemagne, qui a conduit Walter Benjamin, bouleversé au plus intime, à composer ces sonnets : plus de 70 sur dix ans, de 1914 à 1924. La poésie de Walter Benjamin enfin traduite...

Walter Benjamin a ainsi construit un tombeau de virtuosité...linguistique en souvenir de ce « bel ami » de 20 ans : « Que cherches-tu mon âme toujours le bel ami » (poème numéro 45). Ce suicide marquait pour Benjamin la fin d’une innocence, celle qui l’avait amené à participer activement au Jugendbewegung de Gustav Wynecken, et de façon générale à ce mouvement d’exaltation de la spécificité de la jeunesse et de célébration de la nature : à l’illusion classique d’une Grèce enfin retrouvée. La guerre industrielle qui va suivre pendant quatre ans va faire exploser ces illusions et devenir l’expérience vécue (das Erlebnis) centrale de l’œuvre de Benjamin (« notre bonheur […] découvrait un monde mauvais et fini », n° 39). Ces sonnets, qui suivent le schéma habituel des deux quatrains suivis de deux tercets, sont à l’évidence une œuvre de transition, ce qui explique qu’ils ne furent jamais publiés avant le tome VII.1 des Gesammelte Schriften. Benjamin cherche sa voix, s’inspire encore comme toute sa génération de la poésie hiératique, élitiste, et d’allure prophétique de Stefan George, il commente Hölderlin, il n’est pas encore parvenu à l’esthétique subtile de ses œuvres en prose comme Sens unique ni à la poétique de sa traduction des Tableaux parisiens de Baudelaire. Il s’agit ici pour lui, dans une sorte de thrène baroque, de préserver l’émotion et le deuil dans leur intensité mais sans céder à l’affect, à l’exposition du « je » et au romantisme ; il n’est pas à l’abri d’une transfiguration de la mort : « sa jeunesse se couronna de mort » (n° 64). Le sonnet impose sa loi formelle, bride le pathos : « inflexible le sonnet qui me lie » (n° 51). Il n’est pas sûr que le choix de ces inflexibles contraintes, ce refus par principe du lyrisme dissipent la réputation d’hermétisme qui s’attache à la pensée et à l’écriture de Benjamin.

Benjamin offre des clefs pour comprendre ce « chant sans mot » qui cherche à s’élever au-dessus de l’expressif, de l’affect, de l’émotion. Ce sont des images pour ainsi dire figées qu’il propose, des images juxtaposées, en parataxe, qui sont comme des images de beauté dans un monde de catastrophe et de mort. Des constellations dans la nuit. Il est frappant de découvrir que la page d’introduction du recueil porte une strophe de Hölderlin dans son poème « Patmos ». « Qu’est-ce ? », « was ist dies ? », se demande Hölderlin, si la jeunesse et la beauté peuvent elles aussi disparaître : « si meurt / Celui à ui le plus / S’attachait la beauté, si bien u’en sa figure était merveille » (traduit par Michel Métayer). Citation clef, d’autant plus précieuse que c’est aussi dans ce poème, « Patmos », que Hölderlin introduit das Rettende, la notion d’un « salut ui croît à mesure ue croît le péril ». D’une manière générale, on devine chez Benjamin, dans cet exercice intime du sonnet comme dans ses textes autobiographiques ultérieurs, à la fois une volonté de dire son expérience et le désir d’une confession qui reste cryptée. N’est-ce pas l’enfant d’Enfance berlinoise qui observera que « tout bonheur comblé est retour » (n° 37) ? Et, dans le sonnet n° 52, n’est-ce pas un principe que l’on retrouverait à l’œuvre dans nombre d’essais de Benjamin qui se formule selon cette dialectique de la mélancolie ? : « En toute beauté il est un deuil secret » (n° 52). Dans sa traduction des Tableaux parisiens de Baudelaire, Benjamin fait entrer la ville comme lieu de misère, de solitude et de mort dans la poésie.

À leur manière les sonnets organisent le deuil avec des éléments de mythologie grecque. On sait ce que représente la Grèce pour la littérature allemande et les romantiques : un lieu de nostalgie qui fait espérer un retour en fait sans remède. Une proximité et une terre à distance. Ici, les figures mythiques sont partout : les libations des dieux et les tribulations des héros, Ulysse, Pénélope, Hélène, et bien sûr Orphée et Eurydice. Le traducteur hésite à l’affirmer, mais il n’est que trop clair que Benjamin se voit ici, se rêve en nouvel Orphée qui tente par son chant d’arracher à la mort la belle figure d’Eurydice, autrement dit son ami Heinle. Le mythe est rapporté au présent, « présentifié », actualisé, il récupère sa force salvatrice (das Rettende) face au « péril ». Il est troublant de songer qu’à la même époque Rilke de son côté redonnait également vie à la figure d’Orphée, avec ses propres Sonnets à Orphée de 1922-1923. Les sonnets de Benjamin restent à découvrir dans leur modernité lucide : « Si j’entame un chant / Il cesse à l’instant / Et si je t’aperçois / C’est une illusion (Schein) ».

mediapart.fr    Sitaudis.fr, Patrick Beurard-Valdoye

En attendant Nadeau / Mediapart.fr, Jean Lacoste

Thierry-guinhut-litteratures.com, Thierry Guinhut

Partager cet article
Repost0
19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 09:10
Terrassons le virus ! - Egoïsme du 19 mai - L'Equipe célèbre le 19 mai avec 4 visuels : chaises à la Ionesco !
Terrassons le virus ! - Egoïsme du 19 mai - L'Equipe célèbre le 19 mai avec 4 visuels : chaises à la Ionesco !
Terrassons le virus ! - Egoïsme du 19 mai - L'Equipe célèbre le 19 mai avec 4 visuels : chaises à la Ionesco !
Terrassons le virus ! - Egoïsme du 19 mai - L'Equipe célèbre le 19 mai avec 4 visuels : chaises à la Ionesco !

Terrassons le virus !

L'Equipe célèbre le 19 mai, avec des visuels, chaises à la Ionesco...

 

 

A l'air libre, en groupe, en équipe, vive le collectif des amis, des copains !

Mais il va pleuvoir, fait friquet, et les prix flambent ! ça fait rien, on paiera, on a économiser pendant un an... Maintenant on se lâche, on se défoule...

Chaises, fauteuils, transats, on lit Eugène Ionesco (Les chaises) et on oublie les variants, les métamorphoses et avatars du covida, les cinq mille virus qui rôdent de par le monde...

On verra bien demain ! En attendant on vit égoïstement, avec l'amour et l'amitié ! On oublie le monde (Inde, Palestine, Brésil...les horreurs, les crimes...) ce 19 mai : ça fait du bien de boire et chanter, de se fermer oreilles et yeux intérieurs..!

 

jpb

Le journal L’Equipe célèbre la réouverture des terrasses le 19 mai avec une campagne signée DDB  

Pour « célébrer » la réouverture partielle des cafés et restaurants ce mercredi 19 mai, le journal L’Equipe lance une campagne de communication dédiée. 

Conçue par l’agence DDB Paris, la campagne vous rappelle qu’à partir du 19 mai, vous allez de nouveau pouvoir lire L’Equipe en terrasse. Pour l’occasion, 4 visuels ont été conçus et diffusés du 16 au 19 mai.

Confortablement installé sur votre terrasse préféré, prévoyez plusieurs cafés pour pouvoir lire en intégralité votre quotidien préféré. Il y a quelques semaines, notre rédacteur Thibaut vous dévoilait combien de temps il fallait pour lire L’Equipe en totalité, un test réalisé sur l’édition du jeudi 1er avril.

Par  - Le 17 mai 2021

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 10:59
le Centre Walter Benjamin à Perpignan : un lieu peu entretenu (à l'extérieur) et un seul panneau, bien haut, signale le nom WB

le Centre Walter Benjamin à Perpignan : un lieu peu entretenu (à l'extérieur) et un seul panneau, bien haut, signale le nom WB

Les leçons de l'Histoire et la mémoire courte - Un escape-game retrace la fin tragique de Walter Benjamin, à Port-Bou - Vente du Centre de Perpignan ?

* Photo : le Centre Walter Benjamin à Perpignan : un lieu peu entretenu (à l'extérieur) et un seul panneau, bien haut, signale le nom WB...

Une programmation picturale est annoncée (avant les élections de mars, bien sûr...) mais si l'occasion se présente, le Centre sera vendu... (Autour de 650 000 euros. Les travaux d'aménagement ayant coûté un million...)

 

 

** Scandale : exploitation commerciale et touristique de la mémoire du philosophe juif allemand

 

Un escape-game retrace la fin tragique de Walter Benjamin. 

 

Rencontre avec Nathalie Raoux, historienne à l'EHESS (Centre Georg Simmel) et spécialiste de Walter Benjamin.

(membre du jury 2020 du prix européen de l'essai WB - assoc. WB sans frontières créée à Banyuls il y a 5 ans)

 

 

Un « escape game » polémique retrace la fin tragique de Walter Benjamin

À Portbou, où le penseur Walter Benjamin s'est donné la mort, un « jeu d'évasion » propose de revenir sur ses pas. Les spécialistes crient à l'indécence.

lepoint.fr

Après la polémique, cet article est inaccessible sur le site du journal...

 

Autocensure..???

 

- - -Résultats de recherche

Résultats Web

www.lepoint.fr › Culture

Un « escape game » polémique retrace la fin tragique de ...

 

À Portbou, où le penseur Walter Benjamin s'est donné la mort, un « jeu d'évasion ... Un «escape game » polémique retrace la fin tragique de Walter Benjamin ... Modifié le 16/01/2020 à 14:40 - Publié le 16/01/2020 à 14:15 | Le Point.fr ... Consultez les articles de la rubrique culture, suivez les informations en temps réel et ...

 

 

- - -Ce site est inaccessible

Il se peut que la page Web à l'adresse https://www.lepoint.fr/culture/un-escape-game-polemique-retrace-la-fin-tragique-de-walter-benjamin-16-01-2020-2358198_3.php soit temporairement inaccessible ou qu'elle ait été déplacée de façon permanente à une autre adresse Web.

 

- - - Jean IGLESIS :

 

Qu’avons-nous retenu des leçons de l’Histoire ?...

 

Qu’avons-nous retenu des leçons de l’Histoire :

Les champs d’honneur, peuplés de soldats morts sans gloire ?

Les veuves éplorées, les enfants sans mémoire ?

Les crève-cœurs, inscrits en tête des grimoires ?

Les monuments et leur hommage ostentatoire

Aux combattants de guerres lasses, illusoires ?

 

Qu’avons-nous retenu des leçons de l’Histoire :

Les peuples décimés au pied d’un oratoire?

Les chants de foi, noyés dans les chansons-à-boire ?

Les idéaux si flous qu’ils sont aléatoires ?

Les statues exaltant le jour dans la nuit noire,

Oublieuses du sang versé dans leurs victoires ?

 

Qu’avons-nous retenu des leçons de l’Histoire :

L’impuissance d’épouvantails sans trajectoire ?

La verve de tyrans aux discours péremptoires ?

L’ego de dictateurs aux serments dérisoires,

Fous adulés, pâles meneurs de champs-de-foire,

Pantins rendus héros, au fiel invitatoires ?

 

Qu’avons-nous retenu des leçons de l’Histoire :

La misère d’Etats noyés dans leurs déboires?

Les adeptes de dieux, aux vers blasphématoires?

Les prières aux libertés attentatoires ?

Les crimes d’innocents, devenus faits notoires ?

L’unique vérité, vouée sur l’écritoire

Au culte de l’argent, désespérant l’espoir ?

 

Avons-nous bien compris les leçons de l’Histoire ?...

 

Jean Iglesis

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 09:26
Affiche du Prix Wa,ter Benjamin 2019 - Marc Berdet le lauréat - Livre sur les Fantasmagories du capital
Affiche du Prix Wa,ter Benjamin 2019 - Marc Berdet le lauréat - Livre sur les Fantasmagories du capital
Affiche du Prix Wa,ter Benjamin 2019 - Marc Berdet le lauréat - Livre sur les Fantasmagories du capital

Affiche du Prix Wa,ter Benjamin 2019 - Marc Berdet le lauréat - Livre sur les Fantasmagories du capital

Communiqué de presse de l'Association Walter Benjamin sans frontières (Banyuls)

 

*Le Prix européen Walter Benjamin 2019 a été décerné  au sociologue et philosophe Marc BERDET *

 

Après une année de lectures et d'échanges, le jury du prix W.Benjamin, en hommage au grand intellectuel allemand mort à Port-Bou le 26 septembre 1940, a choisi le lauréat 2019.

 

Proclamation du Prix Européen Walter Benjamin 2019

 

Après Bruno Tackels il y a deux ans, et Anne Roche, l'année dernière, le philosophe Marc Berdet a obtenu, le 15 juin dernier, le Prix européen Walter Benjamin pour sa contribution significative à la connaissance de l’œuvre et de la pensée du penseur allemand, au travers de trois livres publiés : Fantasmagories du capital (La Découverte/Zones, 2013) - Walter Benjamin. La passion dialectique (Armand Colin, 2014) - Le chiffonnier de Paris (Vrin, 2015).

En outre, le prix spécial du jury a été attribué, à l’unanimité, à l’édition des Œuvres et inédits de Walter Benjamin, dont les deux volumes, Critiques et Recensions, publiés en novembre 2018, constituent la première étape. Il rend hommage au travail éditorial entrepris par les éditions Klincksieck, les éditeurs scientifiques allemands (Heinrich Kaulen) et français (Michel Métayer, Florent Perrier) ainsi qu’aux traducteurs de ces volumes, Marianne Dautrey, Philippe Ivernel (disparu en 2016) et Michel Métayer. 

 

*3e Prix Européen Walter Benjamin  2019 – 

 de 09h30 à 12h30, hall de la mairie de Banyuls/mer. 

Le lauréat sera accueilli par Monsieur Jean-Michel Solé, Maire de Banyuls.

-10h15 – Présentation du lauréat : Jean-Pierre Bonnel, président de l'asociation  lira la présentation de l’œuvre du lauréat, analysée par Anne Roche, universitaire (Aix-Marseille), lauréate 2018.

- Lectures d’extraits de livres par Dominique Delpirou, acteur, vice-président de l'assoc.

- Lecture d’un texte de WB par l’acteur Denis Lavant (sous réserve).

-Parole à  nos partenaires : CD 66, Centre Méditerranéen de Littérature, Assoc. Passatges (Port Bou), L'Etoile, Le Miradou, Hôtel Le Catalan, librairie Torcatis, sites Ouillade, Journal catalan…

-Interventions de Madeleine Claus et de Pilar Parcerisas sur le Mémorial de Rivesaltes et celui de Port-Bou.

-Exposé du lauréat, Marc Berdet : sur le thème des Fantasmagories et sur l'Histoire, la Mémoire, pour développer l'analyse publiée dans la revue Cités et parler de l'utilité d'un Mémorial, comme ici, à Rivesaltes...le pays catalan, lieu de passages, de la Retirada...

 

-12 h -  Discours d’Olivier Capell – Adjoint à la culture - Réception - Apéritif  dans le hall de la Mairie.  Entrée libre .

 

Fin d'après-midi, un bout du chemin WB…

 

*DIMANCHE 20 OCTOBRE:

 

-Réception du lauréat à Port-Bou par la municipalité, au Centre Civic - présentation par Pilar Parcerisas, présidente de l'association Passatges. Déjeuner - Visite du Mémorial.

 

*MERCREDI 23 OCTOBRE  à PARIS :

 

-à partir de 18 h - Librairie Vrin, place de la Sorbonne.

 

* Le Prix Européen Walter Benjamin sera également décerné à Paris, en présence du lauréat Marc Berdet, de Bruno Tackels (lauréat 2017, qui lira l'analyse des livres de M.Berdet), de Jean Lacoste, traducteur de WB, d'Emmanuel Faye, philosophe, universitaire, qui présentera l'édition en français des oeuvres complètes de W.Benjamin (en cours, chez Klincksieck) de Denis Lavant (sous réserve), et des membres du bureau de l'association : Pilar Parcerisas, Madeleine Claus, Dominique Delpirou, Michèle Martel, Jean-Pierre Bonnel...) , exposés, apéritif (Banyuls L'Etoile, cuvée W.Benjamin).

 

Entrée libre.

 

*Marc Berdet, après avoir été chercheur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, à l’université de Potsdam et au Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne, enseigne aujourd’hui les sciences humaines et sociales à l’université de São Paulo, au Brésil.

 

*Le jury du prix européen Walter Benjamin, présidé par Jean-Pierre Bonnel, est composé de 11 membres. 

Dani KARAVAN, président d’honneur de l’association Walter Benjamin sans frontières,

André BONET, président du Centre Méditerranéen de Littérature, Secrétaire général des Prix Méditerranée.

Jean-Pierre BONNEL, romancier, conférencier, Président de l’association Walter Benjamin Sans Frontières. 

Madeleine CLAUS, docteur en littérature allemande, professeur agrégée d’allemand, et membre fondateur de l’Association « Trajectoires » pour la mémoire autour du camp de Rivesaltes.

Dominique DELPIROU, metteur en scène, essayiste, auteur de La mort de Mallarméaux Presses Universitaires de la Sorbonne (Prix Henri Mondor de l’Académie française 2017). 

Emmanuel FAYE, universitaire, essayiste (Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie ; Hanna Arendt et Heidegger : extermination nazie et destruction de la pensée) 

Jean LACOSTE, philosophe et germaniste, traducteur de Walter Benjamin (Sens Unique, Enfance Berlinoise, Paris, capitale du XIXe siècle, le livre des Passages), auteur de L’Aura et la rupture, et de Walter Benjamin : Les chemins du labyrinthe. Directeur éditorial de la revue En attendant Nadeau. 

Maria MAILAT, universitaire, romancière, anthropologue, conférencière.

Pilar PARCERISAS, présidente de l’association «Passatges» à Port-Bou, commissaire d’expositions, essayiste, vice-présidente de l’Association Walter Benjamin sans frontières.

Anne ROCHE, universitaire, essayiste, lauréate du Prix européen Walter Benjamin sans frontières, 2018 pour Exercices sur le tracé des ombres (les éditions chemin de ronde)

Bruno TACKELS, universitaire, essayiste, lauréat du Prix européen Walter Benjamin 2017 pour Walter Benjamin. Une vie dans les textes (Actes Sud, 2009 et Babel 2013).

 

Chers amis et amies, 

 

Nous vous invitons à la présentation du

 

PRIX D'ESSAI EUROPÉEN WALTER BENJAMIN 2019,

qui aura lieu dimanche prochain, le 20 octobre à 11h30

à la gare internationale de Port-Bou, dans le cadre de l'exposition

 

Paysages souhaités,

par des artistes de La Escocesa, Barcelone.

 

Conversation avec le lauréat MARC BERDET

Intervenants 

 

Madeleine Claus, Assoc. Walter Benjamin "sans frontières" de Banyuls.

Vicent Ordóñez, Université Jaume I de Castellón

Salvador Cuenca, Université de València

Enric Puig Punyet, directeur de La Escocesa et collaborateur de La maleta de Portbou

 

Annonce le prix: "Association Walter Benjamin sans frontières" par son Président, Jean-Pierre Bonnel.

 

Organisé à Port-Bou par:

Fondation Angelus Novus et Association Passages

 

www.walterbenjaminportbou.org

www.passatgescultura.org 

 

Partager cet article
Repost0
5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 09:12
ASSOCIATION W.BENJAMIN SANS FRONTIERES  à Banyuls, Port-Bou et Paris

 Conférence de Claude RAZOULS,

 

le samedi 5 octobre, salle Novelty, à Banyuls, à partir de 17 heures

 

 Claude Razouls, Docteur ès Sciences, ancien Maître de Conférences, 

Université Sorbonne (ex P.et M.Curie) Paris -

 

  Spécialité scientifique: Océanographie biologique

 

  Capitaine de Frégate (H)- Branche "recherche 

scientifique"

 

Dernières publications :

"Diversity and geographic distribution of Marine Planktonic Copepods" 

 

(voir le site "Copepodes Banyuls-sur-mer)"

 

"Histoire électorale de banyuls sur mer, de 1945 à 2017"(voir le site: 

 

http://banyulselections.canalblog.com)

 

** le même jour, de 15h à 16h30, présentation des livres du lauréat 2019 (Prix W.Benjamin), Marc BERDET, par A.Roger et J.P.Bonnel, hall de la mairie de Banyuls.

 

entrée libre aux  2 événements.

 

Contact : 06 31 69 09 32

ASSOCIATION W.BENJAMIN SANS FRONTIERES

 

Walter Benjamin à Banyuls, Port-Bou et Paris :

 

*SAMEDI 19 OCTOBRE – Hall Mairie – BANYULS S/MER

 

*3e Prix Européen Walter Benjamin  2019 – 

-09h30 – Le lauréat sera accueilli par Monsieur Jean-Michel Solé, Maire de Banyuls, Jean-Pierre Bonnel,  président, le bureau, les adhérents, les invités. 

-10h15 – Présentation du lauréat 

-Jean-Pierre Bonnel  lira la présentation de l’œuvre du lauréat analysée par Anne Roche – Lauréate 2018.

- Lectures d’extraits de livres par Dominique Delpirou 

- Lecture d’un texte de WB par l’acteur Denis Lavant (sous réserve)

-Parole à  nos partenaires : CD 66, CML, Assoc. Passatges (Port Bou).

 

-Exposé du lauréat, Marc Berdet : sur le thème des Fantasmagories et sur l'Histoire, la Mémoire, pour développer l'analyse publiée dans la revue Cités et parler de l'utilité d'un Mémorial, comme ici, à Rivesaltes...le pays catalan, lieu de passages, de la Retirada...

Après les interventions de Madeleine Claus et Pilar Parcerisas sur le Mémorial de Rivesaltes et celui de Port-Bou.

 

-12 h -  Discours d’Olivier Capell – Adjoint à la culture - Réception - Apéritif  dans le hall de la Mairie.  Entrée libre.

 

13 h - Repas ver le lauréat, au restaurant le Miradou sur réservation uniquement 

06 31 69 09 32  - Prix 27 € 

 

 

Fin d'après-midi, un bout du chemin WB…

 

*DIMANCHE 20 OCTOBRE  – PORT-BOU 

 

-Réception du lauréat à Port-Bou par la municipalité, au Centre Civic - présentation par Pilar Parcerisas, présidente de l'association Passatges. Déjeuner - Visite du Mémorial.

 

 

*MERCREDI 23 OCTOBRE  à PARIS :

 

-à partir de 18 h - Librairie Vrin, place de la Sorbonne.

 

* Le Prix Européen Walter Benjamin sera également décerné à Paris,  en présence du lauréat Marc Berdet, de Bruno Tackels (lauréat 2017), de Jean Lacoste, traducteur de WB, d'Emmanuel Faye, philosophe, universitaire, qui présentera l'édition en français des oeuvres complètes de W.Benjamin (en cours, chez Klincksieck) de Denis Lavant (sous réserve), et des membres du bureau de l'association : Pilar Parcerisas, Madeleine Claus, Dominique Delpirou, Michèle Martel, Jean-Pierre Bonnel...) , exposés, apéritif (Banyuls L'Etoile, cuvée W.Benjamin).

 

Entrée libre.

 

*Le Prix européen Walter Benjamin 2019 a été décerné par le CML et l'Assoc. W.Benjamin au jeune philosophe Marc BERDET

 

Après une année de lectures et d'échanges, le jury du prix W.Benjamin, en hommage au grand intellectuel allemand mort à Port-Bou le 26 septembre 1940, a choisi le lauréat 2019.

 

Il a pris de la hauteur, aussi spirituelle que géographique, en se réunissant chez  Madeleine Claus et Pedro Soler, guitariste renommé, dont le mas domine la beauté de Banyuls la lumineuse, avec Françoise Claverie, vice-présidente du CML, André Bonet, président, et tous les autres jurés, le choix s'est porté sur un universitaire, actuellement en poste au Brésil, qui propose un éclairage nouveau sur l'oeuvre de W.Benjamin. : sur le concept d'Histoire et de Mémoire.

 

 

Livres de Marc BERDET :

 

-Fantasmagories du capital (La Découverte/Zones, 2013)

-WB, La passion dialectique (A.Colin, 2014)

-Le chiffonnier de Paris (Vrin, 2015)

 

Contact : O6.31.69.09.32

 

 

Proclamation du 

Prix Européen Walter Benjamin 2019

 

Après Bruno Tackels il y a deux ans, et Anne Roche, l'année dernière, le philosophe Marc Berdet a obtenu, le 15 juin dernier, le Prix européen Walter Benjamin pour sa contribution significative à la connaissance de l’œuvre et de la pensée du penseur allemand, au travers de trois livres publiés : Fantasmagories du capital (La Découverte/Zones, 2013) ; Walter Benjamin. La passion dialectique (Armand Colin, 2014) ; Le chiffonnier de Paris (Vrin, 2015).

 

En outre, le prix spécial du jury a été attribué, à l’unanimité, à l’édition des Œuvres et inédits de Walter Benjamin, dont les deux volumes, Critiques et Recensions, publiés en novembre 2018, constituent la première étape. Il rend hommage au travail éditorial entrepris par les éditions Klincksieck, les éditeurs scientifiques allemands (Heinrich Kaulen) et français (Michel Métayer, Florent Perrier) ainsi qu’aux traducteurs de ces volumes, Marianne Dautrey, Philippe Ivernel (disparu en 2016) et Michel Métayer. 

 

Marc Berdet, après avoir été chercheur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, à l’université de Potsdam et au Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne, enseigne aujourd’hui les sciences humaines et sociales à l’université de São Paulo, au Brésil.

 

Le jury du prix européen Walter Benjamin, présidé par Jean-Pierre Bonnel, est composé de 11 membres. 

Dani KARAVAN, président d’honneur de l’association Walter Benjamin sans frontières,

André BONET, président du Centre Méditerranéen de Littérature, Secrétaire général des Prix Méditerranée.

Jean-Pierre BONNEL, romancier, conférencier, Président de l’association Walter Benjamin Sans Frontières. 

Madeleine CLAUS, docteur en littérature allemande, professeur agrégée d’allemand, et membre fondateur de l’Association « Trajectoires » pour la mémoire autour du camp de Rivesaltes.

Dominique DELPIROU, metteur en scène, essayiste, auteur de La mort de Mallarméaux Presses Universitaires de la Sorbonne (Prix Henri Mondor de l’Académie française 2017). 

Emmanuel FAYE, universitaire, essayiste (Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie ; Hanna Arendt et Heidegger : extermination nazie et destruction de la pensée) 

Jean LACOSTE, philosophe et germaniste, traducteur de Walter Benjamin (Sens Unique, Enfance Berlinoise, Paris, capitale du XIXe siècle, le livre des Passages), auteur de L’Aura et la rupture, et de Walter Benjamin : Les chemins du labyrinthe. Directeur éditorial de la revue En attendant Nadeau. 

Maria MAILAT, universitaire, romancière, anthropologue, conférencière.

Pilar PARCERISAS, présidente de l’association «Passatges» à Port-Bou, commissaire d’expositions, essayiste, vice-présidente de l’Association Walter Benjamin sans frontières.

Anne ROCHE, universitaire, essayiste, lauréate du Prix européen Walter Benjamin sans frontières, 2018 pour Exercices sur le tracé des ombres (les éditions chemin de ronde)

Bruno TACKELS, universitaire, essayiste, lauréat du Prix européen Walter Benjamin 2017 pour Walter Benjamin. Une vie dans les textes (Actes Sud, 2009 et Babel 2013).

 

 

* Partenaires : Mairie de Banyuls - CD66 - CML (Centre méditerranéen de littérature) - Hôtel Le Catalan - Restaurant Le Miradou - Cave l'Etoile - 

Médias : L'Indépendant, Libération, Banyuls-infos, Le Petit Journal, Le Journal catalan - Site catalan - Ouillade -

 

          - - -

 

*VENDREDI 22 NOVEMBRE - salle Jean-Jaurès à partir de 18 h : Café Philo par André Roger : La guerre décrite par les auteurs allemands Walter Benjamin et Jünger. - Entrée libre

 

Site de l'association :

 

www.walterbenjaminsansfrontieres.fr

 

adresse mail : wbsf@gmail.com

 

https://www.walterbenjamin.fr

 

- - -

sur Youtub :

 

L'últim camí de Walter Benjamin TEASER Juliane Heinemann

 

Juliane Heinemann

 

Ajoutée le 7 févr. 2019

"L'últim camí de Walter Benjamín", de Juliane Heinemann
Concert d'homenatge a l'escriptor i filòsof alemany en el 80è aniversari de la seva mort

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens