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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 09:47

Pour les GJ

Les Gilets jaunes dans les livres, vus par les intellectuels

 

Alors que les analystes du Monde diplomatique écrivent que les GJ sont la manifestation d'une nouvelle lutte des classes, (S.Halimi, F. Lordon), et que  le livre collectif: Le fond de l'air est jaune, une révolte inédite (1) affirme que la structure sociologique des mobilisations actuelles correspond à celle des sans-culottes, l'historien G.Mazeau avance que les GJ sont en majorité issus du monde rural, qu'ils ne ressemblent pas du tout aux sans-culottes, qui provenaient de l'artisanat et du petit commerce urbain, surtout parisien...

 

Alors, qui sont-ils ? Des pauvres, des déclassés, des révoltés populistes, des quasi fascistes issus des radicalités de droite et de gauche..? Ce "peuple" imaginaire, fantasmé est-il une émanation de l'extrême-droite,  identitaire, nationaliste, raciste, appuyée par instants par la gauche anar, révolutionnaire..?

 

L'historien Patrick Boucheron critique le mouvement, qui n'a pas un mot d'émotion pour la misère sociale aux sources de cette insurrection : l'intellectuel ne voit dans l'émeute que l'occasion de "vendre la petite came identitaire ou insurrectionnelle…"

 

Au contraire, l'écrivain Hervé Le Corre, auteur du polar récent Dans l'ombre du brasier (3), écrit que les GJ montrent la vitalité de populations considérées comme perdues, exclues, indifférentes. "Leurs revendications sociales, une plus grande justice fiscale…correspondent à ce que la gauche réclame depuis 50 ans. La gauche syndicale et politique semble face aux GJ comme une poile devant un couteau…"

 

En tout cas, le recueil Le fond de l'air est jaune contient des remarques passionnantes sur la violence : pages 24, 36, 39, 176, 199 et 206, les symboles utilisés par les GJ (p.41), sur la révolution occultés (p. 41/43), sur le peuple et ses propositions (p.112/115), sur la censure (algorithmes de FBook), sur l'Europe, page 173 et 192, avec la contribution éclairante de Pierre Rossanvalon…

 

La partie la lus intéressante concerne sans doute les portraits sociaux des catégories sociales qui manifestent (pages 99, 174, 177) : salariés et fonctionnaires des classes moyennes, employés et travailleurs pauvres, familles monoparentales ou recomposées…"citoyens qui ont perdu confiance dans l'idée qu'un contrôle démocratique sur les politiques gouvernementales était crédible"… " ce n'est d'ailleurs as la société des exclus, des chômeurs, des RMIstes qui a pris la rue et occupé les ronds-points, alors même qu'il y a en France 4,5 millions de personnes vivant des minimums sociaux…"

 

Mouvement populaire, libertaire, à la base, il s'agit d'un mouvement sympathique exprimant une révolte légitime. La violence qu'il a utilisée est illégale mais peut sembler à beaucoup normale, légitime, face aux violences de l'Etat (inégalités, cassure sociale…) et à la répression policière. Celle-ci, comme la longueur de l'émeute sans perspective claire, l'épuisement, la monotonie du rituel des samedis, et surtout la récupération par des minorités à la trouble idéologie, a ralenti le mouvement.

 

Les GJ tiennent encore la clef du futur : le président devra tenir compte des revendications, opérer de vastes avancées populaires, sinon la catastrophe est devant nouveau : le "système" libéral, comme "Europe injuste et incohérente peuvent s'effondrer, s'ouvrant sur la crise financier, la chaos, la guerre, le repli sur soi, l'isolement d'un continent...

JPB

- - -

1. Le Seuil, 224 pages, 14,5 euros.

2. Editions La Découvete, 12 euros.

3. Editions Rivage noir, 22,50 euros.

12 mars – 18 h30
Médiathèque centrale Emile Zola

 

Lire et donner à lire Mathieu BENEZET Hommage conduit par Dominique DELPIROU

 

Réflexions et témoignages
avec les poètes Bernard NOEL, Yves Di MANNO, Patrick LAUPIN, Claude ADELEN, Michaël GLUCK
Lectures par le comédien Jean-Marc BOURG

 

Mathieu Bénézet, né en 1946 à Perpignan, est mort, il y a cinq ans, et « avec lui s’en est allée un peu de notre âme » a dit l’un de ses amis. Son œuvre a exploré presque tous les registres de la littérature, de la poésie à la prose, en passant par le théâtre, l’essai, les revues..., dans une grande diversité de formes: mélange, biographie, dédicace, apostille, rime, strophe, contre-strophe, épode, miscellanées, imitation ou imprécation. Reconnu dès ses débuts par Louis Aragon, Mathieu Bénézet a joué un rôle essentiel dans la transmission de la mémoire des poètes, par le canal des revues, (Digraphe, avec Philippe Lacoue-Labarthe), et de la radio où il produisit sur France Culture, des émissions comme Reconnaissance à ou encore Entre-revues.

 

Dominique Delpirou Comédien et metteur en scène, il a participé pendant plusieurs années au festival Voix de la Méditerranée à Lodève. Partenaire du Musée Mallarmé à Vulaines-sur-Seine, il a publié en 2016 La mort de Mallarmé, aux Presses universitaires de la Sorbonne (Prix Henri Mondor de l’Académie française 2017).

 

Bernard Noël, figure majeure de la poésie contemporaine, est né en 1930, à Sainte-Geneviève- sur-Argence, dans l’Aveyron. Parmi les plus récentes publications : La Comédie intime, P.O.L (2015), Monologue du nous, P.O.L (2015), La Place de l’autre, P.O.L (2012), L’Outrage aux mots, P.O.L (2011).

 

Yves di Manno est né en 1954. Depuis les années 1970, il a collaboré à de nombreuses revues, traduit plusieurs poètes américains importants et publié une trentaine d’ouvrages. Yves Di Manno dirige depuis 1994 la collection Poésie chez Flammarion. Il a réalisé, avec Isabelle Garron, une anthologie de la poésie française : Un nouveau monde. Poésies en France 1960-2010 (Flammarion 2017, Grand Prix de l’Académie française).

 

Patrick Laupin est né en 1950 à Carcassonne. Il a publié une vingtaine d’ouvrages (poésie, prose, récits, philosophie).Il a obtenu le Grand Prix de poésie de la Société des Gens de Lettres 2013. En 2018, il a reçu le Prix Ganzo pour l'ensemble de son œuvre poétique. Publications récentes : Impasse de l’Azur (La passe du Vent, 2018), L’Alphabet des oubliés (La Rumeur libre, 2017), Le Dernier Avenir (La Rumeur libre, 2015, Prix Kowalsky).

 

Michaël Glück est né en 1946 à Paris. Écrivain, poète, dramaturge et traducteur, il a été enseignant, lecteur dans l’édition, directeur du Centre Culturel Municipal puis du théâtre la Colonne à Miramas. Il a multiplié les collaborations artistiques : théâtre, danse, arts plastiques, musiques. Publications récentes : Commence une phrase (Lanskine, 2019) Grand cœur, Rumeurs n°4, (2018), Écailles de tortue, La Margeride (2018), Exil/exit Bérénice, Lanskine (2015)

 

Claude Adelen est né en 1944. Il a écrit régulièrement des chroniques de poésie dans Action poétique, La Quinzaine littéraire, La NRF, Europe, Aujourd'hui poème. Il est l’auteur d’une dizaine de livres de poèmes, dont Soleil en mémoire (Dumerchez, 2002, Prix Apollinaire 2002), D'où pas même la voix, Dumerchez, 2005 (Prix Louise Labé), Légendaire, Poésie/Flammarion, 2009, (Prix Théophile Gautier 2010 de l’Académie française) L'Homme qui marche, Poésie/Flammarion, 2015. Jean Marc Bourg est comédien, metteur en scène, fondateur de la Maison d’édition de poésie contemporaine et livres d’artistes Faï Fioc.

 

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 10:53
Mesures contre l'antisémitisme (et l'antisionisme quand il cache la haine des Juifs)

Mesures contre l'antisémitisme (et l'anti-sionisme quand il cache la haine des Juifs)

 

Photo : Dieudonné ( Manuel Valls, premier ministre, a été le premier à interdire ses spectacles).

 

Face au mal qui revient, il s'agit d'agir :

 

avec une loi à venir, en mai  (par Laetitia Avia, députée de LRM :

-obligation pour les plates-formes d'internet de retirer tous es contenus manifestement illicites

-mécanisme de signalement simplifié pour les victimes-levée de l'anonymat "le masque des lâches", selon E. Macron, quand ces délit sont commis

-blocage définitif des sites propageant des contenus haineux

-sanctions financières dissuasives à hauteur de plusieurs millions d'euros

-les plates-formes doivent appliquer la loi française

-procédure simple et rapide en passant toujours par une autorité judiciaire : sanction pénales pour les sites qui ne veulent pas coopérer

-créer un observatoire de la haine en ligne

Se pose le problème de l'anti-sionisme : plusieurs sens dans ce mot, selon que l'on critique la politique expansionniste d'Israël, qu'on veille remettre en cause l'existence d'Israël, ou que l'on se cache sous ce terme pour exprime son racisme, sa haine des Juifs... Une même loi ne peut punir ce mot, pluriel, à expliciter et l'antisémitisme, qui est évident et est un délit.

JPB

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 11:02
jacques Gautrand
jacques Gautrand

Invité du blog, l'ami Jacques GAUTRAND, journaliste, économiste, originaire d'Elbe et vivant depuis de nombreuses années à Paris - cet article extrait du site CONSULENDO :

http://www.consulendo.com/La-democratie-d-opinion-et-le.html

Léditorial de Jacques Gautrand - Septembre 2014

La démocratie dopinion et le poison insidieux de la "transparence"

Nous sommes définitivement entrés dans la démocratie dopinion.

La démocratie dopinion est le stade actuel de la démocratie repsentative dont les bases avaient été jetées au 18ème siècle dans les pays industrialisés.

Rappelons le principe de la démocratie repsentative : la « souveraineté nationale » appartient au peuple qui en fait délégation à des repsentants élus pour exercer le pouvoir législatif et exécutif en son nom.

Ce système qualifié par Winston Churchill de « pire système à lexception de tous les autres » a fonctionné pendant deux siècles.

Lexpansion planétaire des médias de masse, leur pouvoir grandissant dans la formation des opinions publiques, et surtout, depuis une vingtaine dannées, lessor fulgurant des médias électroniques et le sacre de lInternet, ont bouleversé le fonctionnement de la démocratie repsentative : au motif que les citoyens réclament plus de "démocratie directe" et plus de "transparence"...

Parallèlement, la multiplication des sondages dopinion - utilisant des techniques de psychologie sociale développées aux Etats-Unis - a donné naissance à une nouvelle source de légitimation politique : lOpinion publique.

La combinaison de ces différents facteurs conduit à lavènement de la démocratie dopinion.

LOpinion publique : une souveraine toute-puissante, capricieuse et versatile ...

De même que les révolutionnaires de 1789 avaient remplacé le Roi par le Peuple souverain, les démocraties modernes ont remplacé le Peuple par lOpinion publique...

LOpinion publique peut paraître une entité abstraite, mais elle nest pas une chimère : tous les acteurs publics s’y réfèrent, soit pour s’en réclamer, soit pour tenter de la séduire et de s’en servir.

LOpinion publique, par la place centrale quelle occupe dans notre société des écrans et des médias, a une existence propre et peut être qualifiée de fait social.

Omnipsente, envahissante, toute-puissante, cette Opinion publique est la cristallisation dune opinion dominante, formatée et diffusée par le système des médias et des écrans.

Et cette opinion dominante devient la norme qui s’impose à tous…

Cette nouvelle souveraine, versatile et capricieuse, qui régente notre quotidien, le politologue Jacques Julliard la surnommée « La Reine du monde » dans un petit livre percutant, sous-titré : « essai sur la démocratie dopinion » (1)

La caractéristique de cette Opinion publique ? Elle varie, fluctue, change et brûle souvent dès le lendemain ce quelle a adoré la veille ...

LOpinion publique :
une "souv
eraine" inconstante et capricieuse

LInternet et la multiplication des médias d’information en continu - qui se nourrissent mutuellement - dune part, et, dautre part, lexplosion desseaux sociaux (plus justement appelés en anglais social medias) ont libéré, au delà de tout ce que lon pouvait imaginer, un déchaînement dexpressions qui s’agrègent dans ce flux perpétuel de lOpinion publique, mouvant, changeant, capricieux et versatile.

Or le problème, c’est que le fonctionnement de nos Etatspend toujours des "rouages" de la traditionnelle démocratie repsentative : des dirigeants élus pour un mandat de plusieurs années. Un fonctionnement qui entre directement en conflit frontal avec les codes de la démocratie dopinion, laquelle exige instantanéité, réactivité et aussi "transparence" ...

Conflits de légitimi

Cette contradiction insurmontable conduit aujourdhui à des conflits de légitimi dont on peut observer chaque jour les dégâts. Car

Le temps médiatique nest pas le temps de la décision politique ;

Le temps médiatique nest pas le temps de la Justice ;

Le temps médiatique nest pas le temps de léconomie, de lentreprise, de l’investissement….

Quelles en sont les conséquences pour les dirigeants politiques et pour les chefs dentreprise ?

Les dirigeants politiques ne peuvent plus prendre de décisions difficiles pour le long terme : prisonniers de leur courbe de popularité, ils agissent en fonction des fluctuations erratiques de l’opinion publique, et cherchent davantage à « plaire » à cette opinion quà agir pour ce qui est l’intérêt général du pays.

La production de lois et de règlements s’emballe dans une vaine tentative de « coller » aux attentes de l’opinion publique. On dit que les dirigeants "courent" derrière l’opinion ...

Laction publique obéit de plus en plus à des considérations démagogiques ou populistes. Doù des décisions absurdes ou lourdes deffets pervers. Ainsi le "principe de précaution" inscrit dans la Constitution ; lobsession de légalitarisme qui conduit à des décisions purement quantitatives, à l’imposition de quotas dans différents domaines ou à l’adoption de mesures fiscales anti-économiques ; ou encore lexigence de "transparence" à tout bout de champ - un point sur lequel nous reviendrons.

Des élites "suspectées"

Dans la démocratie dopinion, la vie publique donne cette impression d’impulsivité, de décousu, de chaos, sans ligne directrice, sans vision davenir ... face à ce déferlement désordonné d’images, de déclarations, d’événements que déverse, à jet continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le système des médias et des écrans, les dirigeants politiques semblent davantage emportés par ce torrent impétueux que capables den dominer le cours. Doù ce sentiment d’impuissance qu’ils donnent face au désordre du monde et cette défiance à l’égard des élites dirigeantes que les sondeurs recueillent dans les profondeurs de la population (à moins que cela ne soit encore un des nombreux effets pervers de la démocratie d’opinion) ...

Pour les dirigeants dentreprise, le sacre de lOpinion publique a aussi des conséquences . En cas de crise, daccident, de restructurations, de conflits, de plans sociaux le nom de lentreprise est instantanément mis sous les projecteurs de lactualité, ses dirigeants deviennent suspects, soupçonnés de vouloir "cacher" la vérité à l’Opinion, et il s’ensuit souvent des dégâts irrémédiables pour l’image de marque (on se souvient des affaires Buffalo Grill ou Spanghero) ...

L’image est devenue plus importante que la réali : cela vaut autant pour les hommes politiques que pour les entreprises ... Ces dernières ont pris conscience que l’image de marque est désormais un capital immatériel essentiel. Mais cest un actif ambivalent : il peut être vite valorisé et tout aussi rapidement dévalué, au moindre incident, dans le tohu-bohu médiatique et le cancan perpétuel des médias sociaux...

La tyrannie de la "transparence"

Une des dérives pernicieuses de la démocratie dopinion est lexigence systématique de "transparence" : tout doit être montré, avoué, "dévoilé", "révélé", exposé en public...

Autant il est légitime de demander de tout dirigeant qu’il fasse preuve de franchise, de loyauté, et de cohérence entre ses paroles et ses actes, autant exiger de tout connaître de lui - y compris les détails de sa vie personnelle voire intime - et que toutes les informations le concernant soient accessibles au public (cest à dire online !) devient inquisitorial : un travers très dangereux qui ppare un totalitarisme soft...

La société des écrans et des médias produisant des images sur tout en permanence, flatte la pulsion trop humaine du voyeurisme. L’exigence de "transparence" brandie à l’égard de certains ne flirte -t-elle pas avec une curiosité malsaine ?

Le fait que la société des écrans et des médias soit une société dexhibition personnelle ou chacun "affiche" les images de lui même et de ses proches sur les murs du cybermonde - avec les effets pervers que l’on sait (cf. l’affaire récente de détournement par un hacker de photos intimes de stars américaines), explique aussi cet engouement actuel pour la "transparence".
Mais il ne peut le justifier.

Il nous faut réaffirmer haut et fort le droit imprescriptible de chacun au secret, au respect de sa vie privée et intime. Cétait une grande conquête des démocraties face aux régimes totalitaires qui visaient à nier la vie individuelle et à refuser la liberté de conscience ou de culte, au nom d’une idéologie collective s’imposant à tous.

Le diktat de la "transparence" absolue conduit à une société de robots.

Non, dans la Cité comme dans lEntreprise, tout ne peut pas être dit à tout le monde, du moins à un moment donné : il ne peut pas y avoir de décisions ou dactions pertinentes et pérennes sans des espaces de confidentialité, sans une part de secret. On ne peut pas demander à un dirigeant dagir de façon responsable si, dans le même temps, on le prive de "son âme et conscience" ; si on lui dénie son intériorité et son quant à soi.

Jacques Gautrand

jgautrand [ @ ] consulendo.com

(1) Éditions Flammarion, coll. "Café Voltaire" - janvier 2008

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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