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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 10:49
Camp de Rivesaltes
Camp de Rivesaltes

VALLS hors du CAMP !

*Ce vendredi 16 octobre 2015 est rouvert le camp d'internement avec l'inauguration du Mémorial.

Cet hommage a été voulu par Christian Bourquin (voir articles précédents dans le blog) et la Région a financé le projet avant que l'Etat ne s'engage. D'où la venue du premier ministre Valls aujourd'hui pour couper le ruban.

On a envie de lui dire, à ce premier ministre "nouvelle droite", à ce Catalan de pacotille : "Fous le camp de ce camp !" Il est dédié à ceux qui n'acceptent pas la violence des idéologies, des chefs, des petits chefs, des délateurs, d ceux qui traitent les salariés, victimes des violences sociales et psychologiques, de "voyous"..!!!

JPB

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*Le « OFF » de l’inauguration du mémorial de Rivesaltes Les élèves du lycée Aristide Maillol et les élèves du collège Marcel Pagnol ont mis tout leur potentiel imaginatif et créatif au service du « Journal de Rivesaltes 1941 – 1942 » de Friedel-Bohny Reiter. Ce texte et le film qu’il a inspiré à la cinéaste Jacqueline Veuve jouent un rôle fondateur dans la constitution d’une conscience locale concernant le camp d’internement de Rivesaltes.

Une équipe d’enseignants du lycée Maillol est impliquée dès 1997 dans de nombreux projets pédagogiques qui ont contribué à éveiller l’intérêt pour cette mémoire. C’est lors de ces projets que nous avons pu rencontrer avec nos élèves l’infirmière Friedel-Bohny Reiter. Ce sont les élèves de Maillol qui, en 2000, ont pu présenter à Friedel Bohny-Reiter la baraque K 12 où elle accueillait les enfants et qui n’avait pas pu être localisée lors du tournage du film (voir photo ci-dessous). Cette dynamique s'est poursuivie depuis et, cette année, à l'occasion de l'inauguration du Mémorial, les équipes pédagogiques du lycée Maillol et du collège Marcel Pagnol, ont souhaité travailler sur ce thème avec l'artiste berlinois Roman Kroke (www.Roman-Kroke.de/fr/) . C’est la qualité pédagogique exceptionnelle de cet artiste, que nous avons pu expérimenter à plusieurs reprises, qui nous a motivé à refaire appel à lui pour préparer nos élèves à cet évènement majeur pour notre région. Les élèves du lycée Aristide Maillol ont travaillé avec lui une demie journée sur le camp et trois jours dans un lieu emblématique, lié également à des chapitres de l’histoire du camp de Rivesaltes: La Coûme à Mosset. Nous sommes heureux et fiers de pouvoir vous montrer dans la ville de Rivesaltes même les œuvres créées par eux lors de ces ateliers. L’exposition sera visible aux Dômes de Rivesaltes du 16 au 30 octobre 2015.

Les équipes du lycée A. Maillol et du collège Marcel Pagnol .

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**Témoignage (extraits oubliés sur les réseaux sociaux, octobre 2015) de Michel Lloubes : merci à l'ancien journaliste de L'Indépendant !

A LA MEMOIRE DU CAMP DE RIVESALTES ET DES RIVESALTAIS Lorsque je me suis vu hier soir sur FR3, embrumé et elliptique, j’ai compris l’inutilité de ma démarche. Je connaissais pourtant bien le grand zapping de l’information, l’utilisation de l’émotion, devenue fondations murs, toit, foyer et âme même du reportage télévisuel… Le réalisateur ne m’a pas piégé du tout, et je comprends ses embarras lorsqu’il dut réduire une bonne demi-heure d’interview non pas en deux minutes trente-cinq de bonheur, comme chantait Sylvie Vartan, mais en moins d’une minute ! Bon, ce n’est pas grave, l’essentiel n’est pas là, mais dans ce qui va se jouer demain. Avec l’inauguration de ce mémorial seront mobilisées les caméras carnivores du monde entier toujours aussi réductrices et requérantes. Elles vont nous balancer toute l’histoire du camp de Rivesaltes, plus celui de Gurs, du camp des Milles, du Vernet, de Bram, de Beaune la Rolande, de Drancy, plus l’ensemble de la déportation, de la Retirada, des guerres coloniales, plus tous les Sangatte du monde, le tout concentré dans ce bref espace de ma terre natale ! Il y aurait de quoi être secoué ! Eh bien non, demain sera pour moi un jour de fête. Oui, demain, au moment où le Premier Ministre coupera le ruban tricolore, je cesserai enfin mon travail de deuil, comme l’on dit désormais. Vingt et un ans que cela dure. Depuis mes premiers pas avec Claude Delmas et Claude Vauchez et quelques autres au sein de ce collectif exclusivement formé de bénévoles et de militants, au bon sens du terme, d’enseignants passionnés, (à l’époque, c’était un pléonasme), voulant retrouver la mémoire de ce camp… Tout un travail oublié des politiques et des professionnels de la mémoire qui prirent la suite et qui ont aujourd’hui, quelles que soient leurs motivations profondes, ce qu’ils voulaient. Bien sûr, il fallait faire, garder trace, c’était d’ailleurs notre but à tous, mais je ne me reconnais pas aujourd’hui dans ce grand parallélépipède qui ose à peine sortir de terre, dans cette énorme et couteuse trace dont je me demande si elle deviendra sillon… Le camp, pour moi, a aussi fini son travail de deuil, il entre désormais dans le temps du tourisme mémoriel. Nul doute que l’été, lorsque la tramontane (ah que qualificatifs terribles lui a-t-on fait subir à cette vieille comparse), soufflera sur nos plages, tongs et marcels, afflueront. Bien sûr, fils et filles, petits-enfants, neveux et cousins, y trouveront, et à raison, l’hommage tardif qui leur est dû… Mais pour demain, que dis-je demain, aujourd’hui ! Pour toutes ces « unes » et ces directs sanglants, la réponse est-elle dans ces quatre murs, aussi magnifiques soient-ils ? Quand les clameurs se seront tues, les caméras parties, et ma vieille amie la tramontane hivernale revenue chasser les multitudes, il faudra que j’aille retrouver la fresque de Friedel. Je suppose qu’elle doit y occuper la place d’honneur, car elle a été découpée pour cela. La première fois que je l’ai vue, la fresque, c’était à la préhistoire de la découverte du camp, que nous ratissions sans plan, et avec la jeep du capitaine A., à nos trousses. J’avais enfin l’immense bonheur de toucher du doigt le témoignage, la seule preuve sur le terrain, qu’ILS n’avaient pas été totalement abandonnés. La certitude qu’il était venu d’un pays très riche et très en paix, dans une terre accablée de malheurs, des hommes et des femmes capables de solidarité et d’amour. Cette portion d’humanité souriante que Friedel Bohny Reiter voulait évoquer dans ces paysages alpestres, verdoyants, aux longs sapins sombres, chalet, fontaine et vaches tout résonnants du chant de l’alphorn. Cette espérance de paix, de vie, de bonheur, c’est tout ce que Friedel portait en elle et qu’elle offrit généreusement. Elle ne sera pas là demain et je ne crois pas qu’elle aurait aimé être de ces grands discours, qui plus est, si politiquement et mémoriellement corrects et si régionalement opportuns, autour de petits fours fourrés au rutabaga et ronds de jambes perchées sur des semelles en bois !

Bien sûr que sera bien rendue la cruelle réalité. Bien sûr que l’on s’y croira et que l’on y pleurera. Mais j’ai un doute quant à ceux qui sont partis loin, trop loin et tous ceux qui aujourd’hui arrivent, je pourrais presque dire reviennent dans un pays cette fois en paix et riche, presque très riche mais qui les accueille comme en ce temps-là. Alors, champagne, et musique, pour et avec tous ceux qui ne seront pas de la fête ! Le deuil est fini, enlevez vos brassards, vos robes et vos voiles noirs de dessus vos têtes, la vérité est là, au fonds de ce puits où la lumière ne vient que du ciel, il n’y a qu’à se baisser… A moins que de ramasser la poussière et s’en couvrir la tête, comme jadis on le faisait avec des cendres.

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 10:33
Avec Marcel PAUL, avril 1970
Avec Marcel PAUL, avril 1970

(photo G. Roullier, Venissieux : L. Roque avec Marcel PAUL, à l'exposition sur la Déportation, à la nouvelle bibliothèque de l'usine Berliet, avril 1970)

Léopold ROQUE

EXTRAIT DU RECIT DE SES ACTIVITES EN 40 ANS

Au fil des jours, entre deux voyages, deux réunions, le soir avant le coucher, le matin bref, des moments où je pouvais rassembler mes souvenirs, aligner les mots, les phrases plus ou moins correctement.

J’ai eu du mal pour faire un choix des situations et j’en ai oubliées. La vie de quelqu’un qui est mêlée à la vie des autres, « du parti, des organisations de masses, des couches les plus diverses des populations » est tellement mouvementée, attrayante, que je pourrais raconter encore longtemps.

Faire un choix sur 40 ans ?

Etre communiste.

Je pense qu’il n’y a pas de chose plus naturelle, si on aime la vie, la liberté, la paix.

Il y a à mon sens plusieurs chemins qui mènent au communisme, les origines familiales, les influences du milieu dans lequel on vit, le goût de l’étude, la soif d’apprendre.

Personnellement, issu d’une famille de vigneron et artisan, en 1918 à 13 ans, j’étais orphelin de guerre.

L’absence de mon père anéantit tous les projets d’avenir familiaux.

L’école était terminée, je devins aide-maçon, puis ouvrier agricole.

A quatorze ans, j’étais à l apprentissage du métier de tonnelier (ancien métier de mon père).

A 18 ans, je devançais l’appel pour être incorporé au 7e génie à Avignon, c’est sous l’uniforme de ce régiment que mon père perdit la vie.

Au bout de 8 mois Caporal, puis Sergent après 11 mois de service.

Le fait d’être sous-officier, devait m’amener à 19 ans à faire connaissance du journal de Jean Jaurès.

Je pouvais alors rentrer à la caserne à 23 heures au lieu de 21 heures. Cette circonstance m’amena à fréquenter des ouvriers du bâtiment dont l’un d’eux tenait dans ses mains le journal où je lis « fondateur Jean Jaurès ». Ceci me rappela le récit qu’avait fait mon père sur la mort du leader socialiste.

Démobilisé le 25 mars 1925, j’avais 19 ans ½, je repris mon métier de tonnelier et pratiquais le rugby en hiver, natation et pelote basque en été .

Etre joueur de rugby, décida de mon installation à Elne, en juin 1926. J’étais en contact avec des ouvriers du bâtiment, des agricoles. J’appris ce qu’était la vie des salariés en entreprise.

Lecteur assidu de « l’huma » j’étais particulièrement intéressé aux mouvements de grève où, pour ma part, je n’avais jamais participé.

Dans la ville, il n’y avait qu’un seul syndicat, celui des ouvriers agricoles. Au début de l’année 1927, j’adhérais à ce syndicat.

Je constituais la cellule locale, en juillet 1929, au moment où presque tous les membres du comité central étaient en prison, pour l’action que menait le parti contre les guerres coloniales. Notre carte portait la signature du secrétaire général Pierre Sémart.

La création de notre cellule nous mit en contact avec des camarades des villages voisins, St Cyprien, Alenya, Bages. Nous avions contribué à renforcer le « rayon de Perpignan », c’est ainsi que s’appelait l’organisation du parti pour les Pyrénées Orientales, rattaché à la Région du Languedoc, dont le secrétaire était un instituteur : Etienne Fajon.

L’activité de notre cellule locale se manifesta par des articles sur le travailleur catalan.

Aux élections municipales de 1935, la liste communiste obtint « 3 élus et moi-même ».

Cette même année, le maire socialiste d’Elne a voulu licencier la directrice de l’hospice, vieille dame d’une honnêteté scrupuleuse, catholique très pratiquante, nous avions pris sa défense. Elle a fait appel à un bâtonnier du barreau de Limoges.

La ville a été condamnée à lui verser la somme de 60 000 francs. Cette dame a fait un testament sur le champ reversant cette somme à l’hospice.

Ces résultats locaux ont été à l’origine de notre désignation comme candidat aux élections législatives de 1936, dans la circonscription de Perpignan.

Bataille électorale menée dans l’enthousiasme avec deux jeunes de moins de vingt ans : Léo Figuères et André Tourné.

Il s’agissait de remplacer le député maire de Perpignan, élu sénateur, le socialiste Jean Payra.

Le candidat socialiste était Louis Noguères, avocat au barreau de Paris, le candidat des partis et groupes de droite était François Delcos, notaire à Perpignan.

Au premier tour nous avons devancé le candidat socialiste, qui nous a apporté son désistement. Au deuxième, nous étions candidat du front populaire. Delcos qui s’était parée d’une étiquette radicale, n’effaroucha pas les voix de droite et « officiellement » il nous a battus de quelques voix. Ce fut tout de même un résultat positif.

En 1937, la fédération des Pyrénées Orientales dirigée par Pierre Terrat décida de m’envoyer à l’école centrale d’Arcueil. Ce fut une période extraordinaire, quelques jours avant la fin de l’école, j’ai eu en charge de parler de la vie et de l’œuvre de Lénine devant les élèves et les professeurs.

Le 30 juillet, j’eus l’honneur d’offrir à Maurice Thorez, le cadeau des élèves, une collection J. J. Rousseau. Un camarade breton fit de même pour Marcel Cachin.

A partir de 1939, le parti décida que je devais rester dans les Pyrénées Orientales.

La situation empirait en Espagne pour nos camarades républicains.

J’eus comme mission de coordonner la solidarité et je devins secrétaire du Comité International d’aide à l’Espagne Républicaine en liaison avec Paris.

Notre bureau était situé à proximité de la gare de Perpignan. Avec cette fonction qui m’accaparait pas mal, la conférence fédérale d’avril 1939 me désigna pour remplir la fonction de Secrétaire Fédéral.

Je me souviens que 2 ou 3 jours à peine avant la dissolution du parti, le 26 septembre 1939, en plein centre ville de Perpignan, place Arago, trois interlocuteurs dirigeants du parti socialiste voulaient me démontrer sur un ton doctrinal l’erreur commise par notre parti sur le plan national.

Le 25 septembre c’était à Elne, une conversation qui tourna en réunion publique sur la place. Cette réunion provoqua mon arrestation le 26 septembre sur plainte du responsable du parti radical.

J’eus ma revanche. Ce fut à mon retour de Dachau, de retrouver à la direction fédérale des Pyrénées Orientales, mes interlocuteurs de 1939 qui avaient adhéré à notre « parti clandestin ».

Ce n’était pas ceux qui étaient responsables de mon arrestation au début de la guerre, élus au Conseil Municipal de la ville d’Elne avec des socialistes et des radicaux.

Arrêté le 26 septembre 1939, je fus condamné par le tribunal correctionnel de Perpignan, le 8 novembre, à 18 mois de prison : motif propagande anti-nationale.

Ce jugement, le premier dans mon département et l’un des premiers dans le pays, contre un militant communiste.

Alors que j’étais enchaîné de la prison au palais de justice et que j’eus à parcourir le centre de la ville à pied (environ 1000 m), je m’attendais à des cris hostiles. Il n’en fut rien, courageusement des hommes et femmes formèrent un cortège, me plaçant au milieu avec mes deux gardiens et c’est avec des cris de « bravo » et d’applaudissements que je franchis l’escalier du palais.

Il me plait à signaler que le greffier du tribunal en robe, alors que j’étais enchaîné et que je passais, s’est levé, m’a serré la main droite en me disant « courage ». Ce sont des gestes qui ont une certaine signification dans de telles circonstances. Tout comme ceux des quelques deux cents personnes qui formaient une haie sur les escaliers du tribunal et me raccompagnèrent malgré l’interdiction du service d’ordre qui s’était considérablement renforcé.

Je restais à la prison de Perpignan, jusqu’à la veille de Noël 1939, pour être transféré en prison centrale de Nîmes où je restais jusqu’au 26 mars 1941.

Arrêté à nouveau le 30 juin 1941 à Limoges, transféré en décembre à la prison de Tarbes. A nouveau transféré le 15 octobre 1943 à la prison d’Eysses.

Notre groupe venu de Tarbes était le premier de ceux que nous devions constituer par la suite, le bataillon FFI de la centrale d’Eysses.

Le 2 juin 1945, je me retrouvais à Perpignan, puis à Elne.

Après une période de réadaptation je revins à la direction fédérale des Pyrénées Orientales.

En 1948 je me retrouve dans le département de la Loire et en 1950 dans le département du Rhône.

* Journal L'Indépendant du 4 Mai 1936, élections législatives à Perpignan : le candidat radical-socialiste est élu face à L. Roque, candidat communiste; 532 voix, à peine, les séparent.

Léopold Roque, de Laroque des Albères, un des Communistes d'Aragon (2) Déportation, biographie, 40 ans de militantisme
Léopold Roque, de Laroque des Albères, un des Communistes d'Aragon (2) Déportation, biographie, 40 ans de militantisme
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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 09:36
L. Roque et son épouse
L. Roque et son épouse

Léopold Roque

(merci à sa famille, en particulier sa fille et son épouse, qui m'ont fourni photos et documents pour cet hommage à une figure importante et méconnue des Pyrénées-orientales)

L. Roque, né le 16 octobre 1905 à Laroque des Albères (66), est décédé dans on village catalan le 5 septembre 1978.

Ouvrier tonnelier, il adhéra au PCF en 1929 et y occupa rapidement d'importantes responsabilités pour le Languedoc-Roussillon.

Il contribua à organiser l'aide et la solidarité aux Républicains espagnols et ses voisins catalans puisque seule la crête des Albères sépare son village de la Catalogne.

Militant communiste, Résistant, il est arrêté le 30 juin 1941 à Limoges (Hte Vienne) par la brigade politique du régime de Vichy; les causes et circonstances de son arrestation : activité anti-allememande, selon le certificat pour l'obtention de soldes de captivité). Léopold est envoyé à Dachau le 30 mai 1944; il en reviendra le 2 juin 1945.

Le certificat d'appartenance aux forces françaises de l'intérieur stipule son appartenance aux F.T.P.F. du Lot et Garonne, bataillon de Contraie d'Esses (du 9.12.43 au 30.5.44) - Domicilié en 1953 (date du certificat) à ELNE, route Neuve.

Après la douloureuse épreuve de la Déportation, il s'installe dans la région lyonnaise; ouvrier chez Berliet, il milite à la CGT; élu délégué au comité d'entreprise, il reçoit et discute avec de nombreuses personnalités (Kossyguine, Pompidou, Duclos, Marcel Paul…) comme le montre son album de photos.

Il continua aussi à défendre les droits des déportés et internés de l'entreprise.

A la retraite, il exerça les plus hautes responsabilités à la FNDIRP et à la présidence départementale de l'UFAC.

Combattant toute sa vie pour la paix, la défense de son pays, . Roque dénonça jusqu'au bout toute complaisance envers la renaissance du fascisme…

**Louis ARAGON, dans son roman Les Communistes (février 1939-janvier 1945), décrit toute une époque tragique, de la fin de la guerre d'Espagne à la seconde guerre mondiale.

Le premier volet de cette fresque (février/sept.39) débute par l'arrivée des exilés républicains à Perpignan et dans le sud de la France. Voici l'incipit où apparaît Léopold Roque, originaire des Albères, militant communiste et syndical, qui sera emprisonné par le régime de Pétain, puis déporté. Voici l'incipit (le tout début) de ce roman :

"Depuis cinq jours, par les brèches du pays, le flot sombre des vaincus, un peuple portant dans ses yeux la révolte de la défaite et l'étonnement du destin, déferlait à travers les Pyrénées-Orientales, mal endigué, brutalement accueilli par les soldats et les gendarmes, où il ne croyait rencontrer que le deuil et la générosité française, depuis cinq jours, par toutes les routes, à pied, sur des charrettes, dans des camions blindés...

A Perpignan un homme de trente-cinq ans environ, grand et mince, brun et assez haut en couleur, qui avait l'air de ce qu'il était, un pédagogue, descendait du train, envoyé par un comité d'aide aux intellectuels espagnols...

Il ne demandait pas son chemin, ayant autrefois professé à Perpignan. Le va-et-vient inhabituel, à la fois morne et fébrile, arrangez-vous, lui fut plus sensible qu'à un étranger débarquant ici sans rien connaître de la ville. On voyait beaucoup de police. Des voitures officielles animaient les rues d'une vie artificielle...

Et s'il fallait écouter les gens d'ci… Tenez, par exemple, ce Léopold Roque…pour lui tout est simple comme un gâteau coupé enjeux…,il y a les bons communistes, et les autres tous des affreux… Vous pensez si je le connais ! A chaque réunion électorale, je le vois rappliquer et je me dis : allons bon, voici mon Léopold…"…

à suivre...

Discours de L. Roque lors d'un meeting.

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