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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 08:23
Collioure: hommage à Machado - Banyuls : la Coûme de Mosset et fête de l'orange - Henri Iglésis
Collioure: hommage à Machado - Banyuls : la Coûme de Mosset et fête de l'orange - Henri Iglésis

*Hommage à Antonio Machado

Programme du 21 février – journée hommage à Antonio Machado

Programme de la journée hommage Antonio Machado

 

9h15                   Accueil café

9h30                 Accueil et bienvenue par Monsieur Manya, Maire de Collioure et Président d’honneur de la FAM, et Joëlle            Santa-Garcia, Présidente de la FAM.

9h45               Conférence de Manuel Rico « Intimidad e Historia en la poesía de Antonio Machado ».  Conférence en espagnol traduite en français sur écran.

10h30                Présentation par les élèves du Lycée Pablo Picasso de la pièce:« les derniers jours d’Antonio Machado à Collioure », inspirée du livre de Jacques Issorel « Collioure 1939, les derniers jours d’Antonio Machado »

11h                 Remise du  Prix des  collégiens et du Prix des  lycéens

11h25             Signature de la  convention avec la Fondation Miguel Hernandez de Quesada
En présence de : Manuel Vallejo, Maire de Quesada,  Juan Antonio Lopez, conseiller à la culture, Paco Escudero, gestionnaire de la Fondation Miguel Hernández.

12h                 Remise du Prix International

12h30             Départ au cimetière, dépôt de gerbes. Manuel Vallejo, Maire de Quesada prendra la parole.

15h00              Hommage à Teresa Rebull  avec la participation :
Des conférenciers :Antonina Rodrigo:“la vida de Teresa Rebull”   et Michel Arnaudiès : “Teresa Rebull i la pintura “.
Des musiciens: Pedro Soler , Olivier Bensa,  Elie Buxeda, Cécile Cardinot  et Thierry Parcé, Elie Buxeda.
Et la présence exceptionnelle de Marina Rossell.

16h30        Concert- récital  : »Música,sentimiento y poesía en Machado y García Lorca » a cargo del conjunto  Algarabía.(Música de García Lorca y Manuel de Falla).

18h00          Clôture de la journée.

------------

Banyuls

20e Fête de l’Orange organisée par la Confrérie des oranges stressées :
Animations musicales, quads, jeux géants en bois, exposition et balades avec les voitures anciennes des Vieilles Soupapes Catalanes, découverte guidée du village, vente d’agrumes, tombola, marché des producteurs...

Toute la journée en centre-ville (en cas de mauvais temps salle Bartissol)
Programme complet à l’Office de tourisme, à la Mairie ou sur www.banyuls-sur-mer.com

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Samedi 20 février

Présentation de Madeleine CLAUS & Michèle BAYAR :
"La coume de Mosset : refuge antifasciste", proposée par Bibliothèque pour tous.
16h - Bibliothèque (place Dina Vierny) - Entrée libre
Contact : 06.83.39.95.54 / bibliothequebanyuls66@orange.fr

 

- - - - 

Henri IGLESIS, sculpteur sur tôle ondulée

 

Le meilleur article de la presse locale, cette semaine est à décerner à "AMC", ce chroniqueur anonyme du Petit Journal cataln (daté du 5 février)

En effet, notre ami Henri subit l'épreuve du feu avec cette cavalcade de jeux sur les mots : "Il ne manque pas de savoir-fer"...."Un monde ferrique et féérique"..."Les idées s'oxydent"..."La rouille routinière"..."Son ateleier...ce qui a forgé sa passion..."

 

Pour en savoir plus sur cet artiste insolite, rechercher mon reportage dans ce blog... JPB.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:19
Où es-tu, Valentine ? - Poèmes de Jean Iglésis - Culture et cultures, par Gildas Richard

Premier Café philo de l'année 2016, sur le thème de La culture et les cultures.

Débat animé par Gildas Richard et organisé par l’association culturelle Les Rendez-Vous de Saint Estève.

Le dimanche 14 février, à 18h, au Théâtre de l’Étang.

Entrée libre et gratuite.

"Appartenir à telle ou telle culture" et "avoir une plus ou moins grande culture" : l'on sent bien intuitivement que, de l'une à l'autre expression, le sens du terme "culture" n'est pas le même. En y regardant de plus près, on peut même considérer que ces sens s'opposent : tout le monde appartient nécessairement et naturellement à une certaine culture, alors qu'être cultivé paraît être le résultat d'un travail, voire d'une lutte ; dans un cas il suffit de laisser agir l'extérieur, alors que dans l'autre il faut le mettre à distance. Et s'il y a bien chaque fois une distinction entre culture et nature, c'est de façon si différente que l'usage, ici, d'un seul et même mot, risque d'entraîner bien des méprises.

Gildas Richard est professeur de philosophie à Perpignan. Il anime régulièrement des séances ciné philo au cinéma Castillet.

Ce Café Philo est parrainé par T.A.S.

Pour tous renseignements : Les Rendez-Vous de Saint Estève Mel : rdvse@rdvse.fr Tel : 06 32 47 21 14

---

Prochains CEPS :

Lundi 7 mars, Histoire du royaume de Majorque par Jean Villanove.

Lundi 4 avril, L’ultime chemin de Walter Benjamin par Jean-Pierre Bonnel.

Lundi 9 mai, Les catastrophes naturelles en Méditerranée par Henri Got.

Lundi 13 juin, Les chemins de la Retirada par Serge Barba.

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Poèmes pour la Saint-Valentin

 

Jean Iglesis

 

 

Credo (je t’aime…)

 

Comme l’enfant rêvant sous le ciel étoilé

Qui laisse sur la mer s’enfuir tous les voiliers

Je t’aime

 

Comme le chêne voit les ombres une à une

Mourir sous le soleil qui rend la terre brune

Je t’aime

 

Comme le mendiant aux portes de l’église

Qui tend la main vers le destin malgré la bise

Je t’aime

 

Comme l’oiseau volant vers des climats féconds

Quitte  soudain sa voie pour d’autres horizons

Je t’aime

 

Comme le marinier découvre au cœur de l’huître

Une perle d’espoir à l’éclat blanc ou bistre

Je t’aime

 

Comme le paysan au sortir du printemps

Délaisse les moissons pour n’écouter qu’un chant

Je t’aime

 

Comme la pluie des pleurs qui brise le silence

Pour offrir au maudit une nouvelle chance

Je t’aime

 

Comme l’esclave aux bras meurtris qui prend la fuite

Laisse derrière lui une geôle détruite

Je t’aime

 

Comme le loup-garou au soir de pleine lune

Hurle passionnément sa douleur sur la dune

Je t’aime

 

Et simplement pour ne le dire qu’en deux mots

Sachant ce que j’éprouve au creux de tous mes maux

Je t’aime

                       Dans le regard des femmes

 

Le retour du roi qu'on acclame,

Sa mise en échec par la dame,

Reflets d'un verre ou d'une lame, 

Brillent dans le regard des femmes.

 

Je n'ai nul besoin de sésame

Pour entrer au cœur d'une trame.

Je vois le glaive, avant le blâme,

Poindre dans le regard des femmes.

 

Amant de quelque psychodrame

Ou simple client de Paname,

Chaque soir donne le programme

D'un film, dans le regard des femmes.

 

De wagon-lit en vague à l'âme,

Je voyage tout feu tout flamme

Et les draps sont des oriflammes,

Battant dans le regard des femmes.

 

Les espoirs vont en télégrammes,

Plaintes déposées sans réclame, 

Baisers écrits en calligrammes,

Perdus dans le regard des femmes.

 

 

 

Dans l'or de tes cheveux

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai vu grandir le monde,

Chaque jour éclairé par l'astre de ton cœur,

Mon amour s'étendant comme une plaine blonde

Aux épis frémissant sous ton rire moqueur.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai découvert des plages,

Chaque matin baignées de soupirs et de pleurs,

Mon amour embarquant sur des rêves volages,

Promesses de marins ivres de chants menteurs.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai retrouvé l'enfance,

Chaque soir oubliée à la lune naissant,

Mon amour scintillant au creux du ciel immense,

Reflétant un bonheur tracé, luminescent.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai vu luire la flamme

Chaque nuit ravivée au lit de nos ébats,

Mon amour parcourant tous tes sentiers de femme,

Paysages mêlés dans l'ardeur des combats.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai réécrit l'histoire,

Chaque page effeuillée au souffle de mes vœux,

Mon amour relisant les lignes d'un grimoire

Aux mots nés puis éteints dans l'or de tes cheveux...

 

 

 

Des choses de la vie

 

Me passerais-je même des milliers de fois

"Les choses de la vie" en vidéocassette, 

Je n'oublierais jamais le timbre de ta voix, 

Un jour heureux de mars, vibrant de 5 à 7.

 

Des mots, mots démodés dans cet aréopage

D'aveux et de refus, éclatants et secrets,

Et puis toi, proue aimée, brisant de ton visage

Le calme de la mer, infini de regrets.

 

De la suite des ans, peuplés d'instants volages,

Je voudrais conserver la passion et le miel

Qui fixent à jamais les banales images,

Aux anges refusant de remonter au ciel.

 

Quel amour mensonger - dût-il brûler la chair ! -

Serait assez puissant pour effacer nos rêves ?

Le cœur, dissimulé sous le masque de fer,

Bat pour toi sans faillir, ma Princesse de Clèves.

 

 

Elle... (Loulou – La garçonne)

 

Elle entrouvre les yeux, efface de son cou

Les baisers oubliés  d'un dernier rendez-vous.

Elle quitte son lit, mis sens dessus-dessous,

Et rejoint un miroir qui lui redira tout.

 

Elle éclaire ses yeux, sourit, puis fait la moue,

Gomme d'un rien de fard dix années sur ses joues,

Arrache un blanc cheveu qui luttait vent-debout

Et narguait sa beauté, mortelle malgré tout.

 

Elle voile ses yeux d'un regret à cent sous,

Feint d'aimer à jamais, toujours d'un amour fou.

Elle cherche en son cœur les serments un peu flous

De ceux qui l'ont chérie et lui ont repris tout.

 

Elle ferme les yeux, s'endort d'un sommeil doux,

Ses rêves dominant des jours mis bout-à-bout.

Elle rit aux bonheurs, façonnés à son goût,

De ceux qu'elle a perdus, lesquels ont perdu tout...

 

 

 Elle

 

Elle

A la chevelure insoumise,

Aux yeux donnant sur la tendresse,

Aux lèvres gercées par l'hiver...

 

Elle

Dont les paroles sont autant de rayons de soleil

Que les silences sont des jours de pluie...

 

Elle 

Qui sourit à ma venue

Et sanglote à mon départ...

 

Elle

Qui est à chaque jour présente à mes côtés

Pour me faire oublier les tourments de la vie...

 

 

Femme

 

Longtemps, j'ai erré sur les rives de l'ennui.

Longtemps, j'ai crié ton nom aux vents du hasard.

Je t'ai appelée dans les matins froids.

Je t'ai appelée dans les soirs fiévreux,

Femme.

 

J'ai rencontré des sirènes qui chantaient comme toi.

J'ai connu des amours qui aimaient comme toi.

J'ai contemplé des feux qui se consumaient comme toi.

J'ai cru en des mensonges qui auraient pu être les tiens,

Femme.

 

Dans ma quête sans fin, j'avais foi en ta découverte.

J'aurais tout renié pour pouvoir étreindre ta main.

Je me serais tu à jamais pour pouvoir t'entendre.

Je serais devenu aveugle pour t'avoir comme canne ou comme chien,

Femme.

 

Je t'ai donné le visage d'une de ces madones qui peuplent les églises  et qui éclairent  le cœur des manants de leur seule présence.

Je t'ai donné la voix de la mère qui chante pour apaiser l'enfant qui a peur de s'endormir.

Je t'ai donné le pas de l'étrangère qui passe dans l'indifférence et que l'on reconnaît soudain, au détour d'un éclat de rire. retrouvée, redécouverte, ressuscitée.

Je t'ai donné le parfum qu'ont au printemps les prés, bénis et rebaptisés par la rosée du matin,

Femme.

 

Au cri du mot amour,

J'ai accroché ton sourire dans mon ciel sans astre

Pour le meilleur des soirs de noces

Et pour le pire des jours sans pain,

Femme.

 

 

Je t'aime pour tes yeux...

 

Je t'aime pour tes yeux, pareils à des miroirs

Dans lesquels j'entrevois mon image docile.

Ton amour me pétrit comme on pétrit l'argile

Et me rend plus heureux, meilleur au fil des soirs.

 

Je t'aime pour tes yeux, tels deux lumières vives

Qui guident mon navire en cette obscurité

Où je confonds sans fin mensonge et vérité...

Quand tes bras suppliants ressemblent à des rives.

 

Je t'aime pour tes yeux, creusant au fond de moi

Pour extraire au grand jour l'homme que tu passionnes,

Mélancolique amant qui souffrit des automnes,

Ces automnes fiévreux où je cherchais ta voix.

 

Je t'aime pour tes yeux, impalpables délices

Que je n'échangerais pas pour d'autres trésors

Et que je sens, posés sur moi, lorsque je dors,

Rêvant à des pays emplis d'ambre et d'épices.

 

Je t'aime pour tes yeux, saphirs fins et sacrés,

Luisant de tous leurs feux au midi de ma route,

Tandis qu'un vent nouveau vient abolir le doute

D'abandonner ce port où tes yeux sont ancrés.

 

 

 

L’amour est tel ...

 

L’amour est tel un fruit dispos

Que tu veux croquer sans ambages.

Veuille ne pas en prendre ombrage

Si nous en conservons la peau.

 

L’amour est tel un feu de joie

Qui s’éteint au soir sous la cendre

Et, tandis que le corps festoie,

De mon mal je te dois défendre.

 

L’amour est tel un long repas

Qu’alimentent les mois qui passent.

J’en oublie, quand mes bras t’enlacent,

L’arrière-goût d’un seul faux pas.

 

C’est un jour noir sur l’agenda…

Ne montre pas mon coeur du doigt.

Si je suis porteur du sida,

Il n’ira jamais jusqu’à toi.

 

 

 

La captive

 

Longtemps, je vous ai vue, altière, inaccessible,

Bravant les mécréants de la plus haute tour,

Égrenant les baisers, donnés jour après jour

Aux lèvres d'un printemps qui me prenait pour cible.

 

J'étais le fier gardien dont la ronde insensible

Foulait sans s'émouvoir le trèfle de la cour.

A mon devoir soumis, je guettais alentour 

Les murmures naissant d'une armée invisible.

 

Les merles, captivés par vos chants inaudibles,

 Rivalisaient de leurs couleurs, de leurs discours,

Portant au bois secret l'éclat de vos atours,

Rais de lumière offerts aux chênes impassibles.

 

Combien d'heures, peuplées d'un silence terrible, 

Vous ai-je devinée, heureuse en contre-jour ?...

Levant malgré la loi le front vers cette tour

Où vous rêviez, victime d'un sort intangible.

Ton sourire

 

Ton sourire offre au jour qui point son équilibre.

C’est le sextant qui guide à l’horizon tous les navires.

Contre vents et marées mon cœur chavire

Devant tes yeux vainqueurs et ton sourire.

 

Ton sourire est un champ de blé dessous la brise

Ondulant au poids des épis qu’octobre grise,

Un chant profond rompant un silence électrique

Qui lézarde les murs d’oubli aux teintes brique.

 

Ton sourire éveille les désirs et les délires.

Il éclaire d’un trait tous les masques de cire,

Chassant les vieux démons et les vampires

Terrorisés au ciel de ton sourire.

 

Ton sourire ouvre les cachots aux hommes libres.

Aux lèvres des manants telle une arme qui vibre,

Il tourne en dérision reines et tristes sires,

Ridicules pantins qui dans l’orgueil se mirent.

 

Ton sourire est l’île qu’on se plait à découvrir

Entre bonheurs passés et peines à venir.

Le parfum de la mer qui gronde ou se retire

Naît et s’évanouit au gré de ton sourire.

 

Ton sourire est une musique volatile

Qui court, résonne, fuit dans les rues de la ville.

Qui l’entend ne saurait pourtant la retranscrire

Tant elle est impossible à saisir.

 

Sous la cendre des ans, sous le vent qui soupire,

Sous l’écorce des bois que l’hiver veut meurtrir,

Au-dessus des sentiers que le temps sait détruire,

Comme un astre éternel, sur moi luit ton sourire.

 

Jean Iglesis

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 10:09
Photo de Grégory Herpe (album "Catalogne")

Photo de Grégory Herpe (album "Catalogne")

Poésies

 

Le vent

 

Nous partirons dans le vent mon amour                     

       tu m'emmèneras dans le vent mon amour

nous laisserons un peu les enfants                            

    et nous courrons sur la  grand route

nous regarderons l'eau sous le vent    et ses claques    et ses gifles

et ces rides et ces vagues  et ces giclées qui nous font rire et nous émoustillent

nous irons dans le vent       sous le vent        et contre le vent

    pour rire beaucoup sans rime ni raison

il nous entourera       nous serrera       nous poussera     nous aveuglera

       il nous enveloppera      nous emplira les oreilles

    les tourbillons nous surprendront et nous étonneront

 

pourtant nous partirons sur la montagne

où la nature frissone    se tord   se défait   s'agite    se noue

mon dieu    comme nous rirons     tout nous sera surprise   même l'amour

oui nous laisserons les enfants et dans notre course échevelée      les nuages fuiront

nous nous enfuirons aussi tels des oiseaux       sur la grande aile du vent

        que trouverons-nous en haut de la colline    dans les senteurs ?

     dis mon amour    qu'y trouverons-nous ?

dans ce grand souffle tiède et un peu froid bien brusquement

   que deviennent les cistes ?     Comment les chênes verts résistent-ils ?

comment se tiennent les raisins et toutes les baies d'automne ?

        reste-t-il quelques fleurs menues ?

d'où vient ce grand vent subit qui nous gifle de l'est

   mais n'apporte pas de marin

        et où va-t-il en ces tourbillons imprévus ?

toute la rivière se balance    un coup à gauche   un coup à droite

           toute la forêt est en marche    les feuilles tournent

 

j'y suis montée sans toi mon ami    sur la colline

le vent calmé soufflait de l'ouest en feu

les grands fenouils fouettés se courbaient bas

et tremblaient les fins micoucouliers

toute la colline frissonnait dans la lumière

et j'ai fermé la cheminée quand  cognait le vent d'ouest

avant une grande nuit apaisée

qui tombait dans un trou  

        dans un trou

 

 

                    Marie-Josèphe Garand

 

- - -

 

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Audrey n’avait qu’un an...

 

Audrey n'avait qu'un an... et déjà les lavandes

Croulaient dessous le faix du printemps attardé,

Tiges écartelées, capiteuses offrandes

Dont l'amour aime à se farder.

 

Audrey n'avait qu'un an... et, telles deux amandes,

Ses yeux s'écarquillaient sous l'ardeur de l'été.

J'y découvrais le ciel plus bleu, la mer plus grande,

Sans cesse au voyage invité.

 

Audrey n'avait qu'un an... L'automne en sarabande

Entraînait les éclats d'un bois émietté

Au fond duquel jouaient les fées de Brocéliande

Et les gueux du Mont-de-Piété.

 

Audrey n'avait qu'un an... et l'hiver sur la lande

Répliquait sa candeur en neigeuse gaieté,

Façonnant sous le gel les héros de légende

Qui seraient morts pour sa beauté.

 

 

 

Jean Iglesis

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 13:11
Portraits de femmes - Portraits de l'amour - Jean IGLESIS

* Portraits de femmes :

Elle... (Loulou – La garçonne)

Elle entrouvre les yeux, efface de son cou

Les baisers oubliés d'un dernier rendez-vous.

Elle quitte son lit, mis sens dessus-dessous,

Et rejoint un miroir qui lui redira tout.

Elle éclaire ses yeux, sourit, puis fait la moue,

Gomme d'un rien de fard dix années sur ses joues,

Arrache un blanc cheveu qui luttait vent-debout

Et narguait sa beauté, mortelle malgré tout.

Elle voile ses yeux d'un regret à cent sous,

Feint d'aimer à jamais, toujours d'un amour fou.

Elle cherche en son cœur les serments un peu flous

De ceux qui l'ont chérie et lui ont repris tout.

Elle ferme les yeux, s'endort d'un sommeil doux,

Ses rêves dominant des jours mis bout-à-bout.

Elle rit aux bonheurs, façonnés à son goût,

De ceux qu'elle a perdus, lesquels ont perdu tout...

Elle

A la chevelure insoumise,

Aux yeux donnant sur la tendresse,

Aux lèvres gercées par l'hiver...

Elle

Dont les paroles sont autant de rayons de soleil

Que les silences sont des jours de pluie...

Elle

Qui sourit à ma venue

Et sanglote à mon départ...

Elle

Qui est à chaque jour présente à mes côtés

Pour me faire oublier les tourments de la vie...

Femme

Longtemps, j'ai erré sur les rives de l'ennui.

Longtemps, j'ai crié ton nom aux vents du hasard.

Je t'ai appelée dans les matins froids.

Je t'ai appelée dans les soirs fiévreux,

Femme.

J'ai rencontré des sirènes qui chantaient comme toi.

J'ai connu des amours qui aimaient comme toi.

J'ai contemplé des feux qui se consumaient comme toi.

J'ai cru en des mensonges qui auraient pu être les tiens,

Femme.

Dans ma quête sans fin, j'avais foi en ta découverte.

J'aurais tout renié pour pouvoir étreindre ta main.

Je me serais tu à jamais pour pouvoir t'entendre.

Je serais devenu aveugle pour t'avoir comme canne ou comme chien,

Femme.

Je t'ai donné le visage d'une de ces madones qui peuplent les églises et qui éclairent le cœur des manants de leur seule présence.

Je t'ai donné la voix de la mère qui chante pour apaiser l'enfant qui a peur de s'endormir.

Je t'ai donné le pas de l'étrangère qui passe dans l'indifférence et que l'on reconnaît soudain, au détour d'un éclat de rire. retrouvée, redécouverte, ressuscitée.

Je t'ai donné le parfum qu'ont au printemps les prés, bénis et rebaptisés par la rosée du matin,

Femme.

Au cri du mot amour,

J'ai accroché ton sourire dans mon ciel sans astre

Pour le meilleur des soirs de noces

Et pour le pire des jours sans pain,

Femme.

Je t'aime pour tes yeux...

Je t'aime pour tes yeux, pareils à des miroirs

Dans lesquels j'entrevois mon image docile.

Ton amour me pétrit comme on pétrit l'argile

Et me rend plus heureux, meilleur au fil des soirs.

Je t'aime pour tes yeux, tels deux lumières vives

Qui guident mon navire en cette obscurité

Où je confonds sans fin mensonge et vérité...

Quand tes bras suppliants ressemblent à des rives.

Je t'aime pour tes yeux, creusant au fond de moi

Pour extraire au grand jour l'homme que tu passionnes,

Mélancolique amant qui souffrit des automnes,

Ces automnes fiévreux où je cherchais ta voix.

Je t'aime pour tes yeux, impalpables délices

Que je n'échangerais pas pour d'autres trésors

Et que je sens, posés sur moi, lorsque je dors,

Rêvant à des pays emplis d'ambre et d'épices.

Je t'aime pour tes yeux, saphirs fins et sacrés,

Luisant de tous leurs feux au midi de ma route,

Tandis qu'un vent nouveau vient abolir le doute

D'abandonner ce port où tes yeux sont ancrés.

La captive

Longtemps, je vous ai vue, altière, inaccessible,

Bravant les mécréants de la plus haute tour,

Égrenant les baisers, donnés jour après jour

Aux lèvres d'un printemps qui me prenait pour cible.

J'étais le fier gardien dont la ronde insensible

Foulait sans s'émouvoir le trèfle de la cour.

A mon devoir soumis, je guettais alentour

Les murmures naissant d'une armée invisible.

Les merles, captivés par vos chants inaudibles,

Rivalisaient de leurs couleurs, de leurs discours,

Portant au bois secret l'éclat de vos atours,

Rais de lumière offerts aux chênes impassibles.

Combien d'heures, peuplées d'un silence terrible,

Vous ai-je devinée, heureuse en contre-jour ?...

Levant malgré la loi le front vers cette tour

Où vous rêviez, victime d'un sort intangible.

La rêveuse

Lors tu rêvais, et s’esquissaient sur ton visage

Les pins d’Alep veillant les étangs apaisés,

Le tremblement des joncs, par le vent épuisés,

Que ponctuait l’envol soudain d’une oie sauvage.

Un rictus incongru perdit ce paysage...

Les branchages brisant sous les pas empressés

Des chasseurs, haletant sous les fusils dressés,

Ont fait fuir jusqu’au souvenir de ton passage.

Ce monde médiéval craignait l’ombreux présage

De ton retour, sorcière aux poings et pieds blessés,

Et s’il gardait toujours les volets abaissés,

Il montait le bûcher, ce jour, à grand tapage.

Tu quittais cependant cet hostile bocage,

Prenant d’un geai les traits... Et tes cris offensés

Déchiraient le linceul de charmes insensés,

Tandis qu’un long soupir parcourait ton corsage.

Le nouvel amour

Mon cœur vient de ressusciter.

Lui qu'on avait réduit en cendres,

Il est prêt à ré-exister

Pour ne plus pouvoir me défendre.

Mon cœur qui errait dans les rues

A quitté le profond sommeil

D'une existence sans soleil

En rencontrant une inconnue.

Mon cœur, tel que par le passé,

Est à nouveau prêt à souffrir

Pour un sanglot qu'on a versé

Ou pour ne guetter qu'un soupir.

Il attend à nouveau l'orage

Qui va éteindre ma passion

Ou qui va chasser la vision

Qu'il a d'un amour sans nuage.

Il croit encore en ces promesses

Qui l'ont jadis martyrisé

Et tisse mille et une tresses

Avec des mots qui l'ont brisé.

Il croit voir la vie belle et tendre

Et se fait fort de tout comprendre

Depuis que le printemps est né

Dans son univers malmené.

Malgré tout, je me sens heureux

De vouloir embrasser la vie,

Même si demain me ravit

Celle dont je suis amoureux.

Ma femme

Ma femme

Aux traits polis comme la pierre,

Aux yeux verts légués par sa mère.

Ma femme

Si douce et sauvage à la fois,

Qui m'aime sans savoir pourquoi.

Ma femme

Qui sait si tendrement sourire

Et voit quand je ne peux rien dire.

Ma femme

Qui a depuis longtemps compris

Que ce qu'elle m'offre est sans prix.

Ma femme

Que je découvre chaque jour

Comme voilée par un mystère

Même quand je sais que l'amour

La rend démunie et sincère.

Ma muse

Elle n'est pas issue de la lignée des dieux.

Elle n'est pas non plus un ange aux tendres ailes.

Ses paroles, lèvres et joues sont bien réelles

Et je vais rechercher tous mes vers en ses yeux.

Elle n'a jamais lu Guillaume Apollinaire

Et je me sens heureux et honteux à la fois

De la surprendre réciter à demi voix

Mes poèmes qu'à ceux des grands elle préfère.

Elle ignore la poésie, toutes ses lois ;

Cependant, chaque fois que je revois ma muse,

Vers mon âme éclairée je sens soudain que fuse

L'inspiration qui me fait si défaut parfois.

Et, lorsque ingénument elle me dit "bonjour",

Je voudrais demander pardon à Paul Verlaine

De me sentir imbu de l'impression certaine

De vivre le plus beau des poèmes d'amour.

Mon ange

Tu étais tout mon paradis

Et maintenant l'enfer survient

Avec ses démons et ses chiens

Qui gardent ce monde maudit.

Pas de souci que cela change

Car le rêve est fini, mon ange.

Tu m'as conjugué au passé

Et l'univers vite bâti

Sur du sable s'est englouti.

Pardonne à deux coeurs enlacés

D'avoir fait des projets piteux

Sur un chêne aujourd'hui honteux

Qui garde les traces pénibles

D'un amour qui l'a pris pour cible.

Pardonne à l'espoir qui s'éteint

Et qui ne luira plus jamais

Dans l'aventure où tu m'aimais.

Et si je reste encore étreint

Par la vision de ton sourire,

Si j'ai voulu encore écrire,

Si ma mémoire te dérange,

C'est parce qu'au fond de ma nuit

Je combats l'angoisse et l'ennui

Car je ne t'oublie pas, mon ange.

Ouvre grand...

Ouvre grand tes yeux

L'amour est un mirage soudain

Ouvre grand tes oreilles

L'amour est un serment murmuré

Ouvre grand tes lèvres

L'amour est un baiser ardent

Ouvre grand ton cœur

L'amour est pressé d'y entrer

Sur la façade de mon coeur

Sur la façade de mon coeur,

Est peint à l'encre indélébile

Ton visage au regard moqueur

Qu'éclaire un sourire immobile.

A chaque paroi de mon coeur,

Mes mains ont pendu une montre

Arrêtée au moment vainqueur

Où j'ai pu faire ta rencontre.

De la fenêtre de mon coeur,

Je peux voir briller tes yeux d'ange,

Caresser tes accroche-coeurs,

Respirer ta fraîcheur d'orange.

Et, à la porte de mon coeur,

Il n'y a ni fleurs ni poème,

Pas plus d'espoir que de rancoeur,

Simplement ces trois mots : "je t'aime."

Tes yeux

Tes yeux sont deux îles désertes

Qu'une aube de mars m'a offertes

Lors d'un naufrage merveilleux,

Deux portes closes de ton mieux

Par un jour de grand vent ouvertes.

Tous les paysages inertes

Semblent aujourd'hui vivre, certes,

Dessous ces astres dans les cieux,

Tes yeux.

Et, au coeur de mes découvertes,

J'admire ces mondes alertes

Qu'irise un sourire insidieux,

Ces miroirs aux reflets curieux,

Douces perles aux lueurs vertes,

Tes yeux.

Ton sourire

Ton sourire offre au jour qui point son équilibre.

C’est le sextant qui guide à l’horizon tous les navires.

Contre vents et marées mon cœur chavire

Devant tes yeux vainqueurs et ton sourire.

Ton sourire est un champ de blé dessous la brise

Ondulant au poids des épis qu’octobre grise,

Un chant profond rompant un silence électrique

Qui lézarde les murs d’oubli aux teintes brique.

Ton sourire éveille les désirs et les délires.

Il éclaire d’un trait tous les masques de cire,

Chassant les vieux démons et les vampires

Terrorisés au ciel de ton sourire.

Ton sourire ouvre les cachots aux hommes libres.

Aux lèvres des manants telle une arme qui vibre,

Il tourne en dérision reines et tristes sires,

Ridicules pantins qui dans l’orgueil se mirent.

Ton sourire est l’île qu’on se plait à découvrir

Entre bonheurs passés et peines à venir.

Le parfum de la mer qui gronde ou se retire

Naît et s’évanouit au gré de ton sourire.

Ton sourire est une musique volatile

Qui court, résonne, fuit dans les rues de la ville.

Qui l’entend ne saurait pourtant la réécrire

Tant elle est impossible à saisir.

Sous la cendre des ans, sous le vent qui soupire,

Sous l’écorce des bois que l’hiver veut meurtrir,

Au-dessus des sentiers que le temps sait détruire,

Comme un astre éternel, sur moi luit ton sourire.

Yeux

Yeux tendres de l'amour et tristes de la peine,

Yeux pleins de toutes les menaces de la haine,

Yeux sereins de la vie et vitreux de la mort,

Yeux comblés de bonheur ou chargés de remords,

Éclairés par la joie, éteints de déceptions,

Noyés par les sanglots, attisés de passions,

Traîtres de mon présent, miroirs de mon passé,

Reflets des sentiments et tableaux des pensées,

Yeux de cette inconnue qui est loin aujourd'hui,

Qui n'a plus désiré que nous souffrions ensemble

Et qui n'a pas voulu que l'amour nous rassemble

Guident dans le brouillard l'aveugle que je suis.

Poète et correspondant de presse, Jean Iglesis est un passionné des mots, des images et de la poésie. Le cinéma, la littérature, la langue catalane qu'il a toujours étudiée et développée sont d'autres passions contingentes qui s'inscrivent dans sa démarche. La leçon de vie qui soutient sa poésie est que quels que soient les événements qui nous frappent, il nous convient de toujours garder la capacité qui nous a été tout naturellement léguée de nous étonner, de nous émouvoir et de nous émerveiller...

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 09:06
Collioure : sur le chemin du fort Saint-Elme

Sur le sentier du Fort Saint-Elme

Ecrit, trouvé, ramassé, lettre ou brouillon.

Ecrit, non pas écrit, mais retranscrit, à peine mis en ordre, je veux dire en syntaxe,

colonne vertébrale de la langue pour les uns, dure baguette sur les doigts encrés pour les autres…

Sur le sentier du château ramassés quelques mots perdus, sans collier ni nom du maître…Qui disent un texte long, pareil à un poème, car écarquillé devant un étrange monde blanc, car écartelé par les quatre vents de la page muette…

Saint-Elme, elle scandait la narratrice, parce que l'écriture dansait comme le corps d'une qui s'invente !

Saint-Elme, je t'aime, et autres mots aux tendres atours.

Toi, le seul soleil de la pensée de mes baisers,

le soleil de mes deux fleurs jaunes qui font avancer ma poitrine.

Il fera jour un beau jour. Il sera une bonne fois pour toutes, quelque chose d'unique et d'irreprésentable.

Un jour…

Quand tu auras décidé de m'aimer, de me prendre, de m'apprendre..Le jeu de la bête à deux dos, ce préhistorique geste d'amour.

Alors je, et tu, je deviendrai moi, quand tu viendras à moi, vers ma conque, ma coquille saint-elme…

Quand tu m'appelleras de mon prénom, qui bat de ses deux ailes impatientes.

Et l'on s'aimera, tels deux collégiens qui ne veulent pas rompre le lien, le cordon blanc des escargots, jusqu'au seuil du mariage, qui sera un recommencement d'amour.

Mais nous avons le temps. Tranquille est la glisse du serein escargot dont la bave vernit le soleil et les galets du Boramar…

Alors, dit l'écrit, dans la feuille tournée, versée, investie par mes yeux de loup :

"Le bahut plein le cul…le français plein le nez…"

Finie la poésie, finis ses cortèges courtois dans les ornières du sentier saint-elme.

Nicher la nudité des corps, la rondeur du désir…

Plaisir et désir, mais, auparavant, je te tends, amante, la perche avec les mots !

Je te le dis, je vois dans tes yeux un amour grand, chaud tel l'infini désert, cet amour qui est mien, je le veux nôtre !

Aimer. Se briser d'amour, les genoux sur les pierres, comme ils n'ont jamais osé, les Anciens, les inventeurs d'amour, les premiers du sexe…

Comme on n'a jamais osé se montrer. Le mot jamais osé !

S'aimer dans les nids terreux, sur les plages vierges, dans l'orbe rocheuse d'une crique, dans l'écume fraîche d'une mer, sur le bois d'une barque de ce pays d'or et de sang, dans la cabane faite de lauzes d'un vignoble en terrasses…

Mais un jour, la campagne jalouse nous a ceinturés, son ombre sur la mer dit que cet amour doit finir à jamais puisque seul le jamais sait clore le poème.

Dernier crépuscule sur le golfe du Lion…

"Quoi qu'il en soit", finit Carmen, celle qui, en écrivant, le vent inventa, "le marteau de ton nom aura gravé quelque part, dans son corps, dans son coeur, dans mon écorce de yeuse, le mot brûlant qui anéantit l'éternité même…

JPB

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 11:11
Rêves absents
Rêves absents

La terrasse au soleil

Comme tous, j’ai rêvé de conquérir la Ville.

J’avais vingt ans. J’avais une âme de vainqueur.

Je croyais arracher à la Gloire indocile

Tous les baisers, tous les lauriers et tous les cœurs.

Chaque jour, éveillé par l’appel des chimères,

Je frémissais d’impatience sur mon seuil.

Paris m’apparaissait, là-bas, dans ses lumières,

Comme une citadelle ouverte à mon orgueil.

De triomphes parmi la foule qui m’acclame

Et de la griserie exquise des encens

Je m’enivrais déjà. Je portais dans mon âme

Des rêves fous d’imperators adolescents.

-Un soir, que fatigué d’espérer et d’attendre

J’étais allé m’asseoir sur la route d’été,

Une enfant a passé, grave, amoureuse et tendre...

Mes yeux ont rencontré ses yeux. Je suis resté.

Alors, pour moi, la gloire a perdu son mirage.

Mes espoirs ont fleuri vers une autre clarté ;

Je n’ai plus eu devant ma foi que son image,

Je n’ai plus eu d’autre flambeau que sa beauté.

Et parmi la torpeur de la petite ville,

Près de la mer, parmi la lumière et les fleurs,

Je me suis endormi dans mon rêve tranquille,

Bercé d’insouciance et de calmes bonheurs.

Je suis resté. Les voix du sol et de la race

Ont retenu l’essor au moment de l’éveil.

Le Soleil a doré la treille et la terrasse,

Et j’ai chanté devant la Terrasse au Soleil.

Albert Bausil (1881-1943)

Sur le poème « La terrasse au soleil »....

« La terrasse au soleil », de mon point de vue, est la rencontre improbable, impondérable et infinie du fugace et de l'éternel, du local et de l'universel, de l'intime et du public, du raffiné et du populaire, de la gloire et de la misère, du dérisoire et de l’essentiel, du tout et du presque rien...

"La terrasse au soleil", c'est un partage entre Hugo, Verlaine, Apollinaire et Rimbaud... tous quatre réunis dans un cocktail d'émotions, de perceptions, de senteurs, de souvenirs et d'espérances...

C'est encore la paranoïa de l'artiste - poète en l'occurrence – maîtrisée et canalisée dans la métrique et dans les rimes de la prosodie...C'est le chant profond qui s'élève, d'en deçà jusque au-delà de nos souffrances, et de nos incertitudes. C’est un hymne forgé à l’aune de notre terre, de notre mer et de nos vents, un texte minéral et sidéral à la fois, écrit - sans nul doute dans la foi mutine, mais encore dans la passion affirmée et conjuguée de notre passé et de notre devenir – en vue de nous construire ou de nous reconstruire… Espoir renaissant revenu et ressouvenu afin de nous permettre d'affronter les aléas et les vicissitudes d'un monde qui doute, qui chavire et qui s'enlise dans l’ombre, dans la défiance, voire dans le néant...

"La terrasse au soleil" est plus qu'un poème... c'est une prière contemplative ou naturaliste, aux accents rémanents de Jean-Jacques Rousseau ou de Joan Maragall - qui donne espoir, qui donne force et qui construit ou reconstruit le quidam qui se hasarde, se plaît puis se complaît, à la lire ou à l’entonner...

A l'instar de "Marie" de Guillaume Apollinaire", du "Chant des partisans " de Maurice Druon et de Joseph Kessel, du" Nevermore" ("Les sanglots longs des violons de l'automne...") de Paul Verlaine, du "Dormeur du val" d'Arthur Rimbaud, "La terrasse au soleil" occupe une place singulière, inédite, inclassable dans la découverte et dans l’appréhension de la poésie…une discipline ou un art –pour autant que ces termes s’avèrent réducteurs ou approximatifs – que l’on pratique et que l’on dispense non avec les oreilles et la voix de la raison, mais avec les oreilles et les oreillettes du cœur…

Jean Iglesis

* Voir le blogabonnel du 10 décembre 2012 pour d'autres textes sur Bausil, par Jean Iglesis.

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 11:56
Expo à Argelès
Expo à Argelès

** Jean Iglesis

MERE

Les larmes dans des yeux qui n'ont jamais pleuré,

On pense avec regret à sa mère chérie.

On vit dans le remords tout ce qui a péri.

L'on reste à contempler ce qui n'a pas duré.

On revoit des soirées à veiller le sommeil

D'un insolent bambin qui n'est jamais heureux,

Des sourires dictés par un coeur généreux

Dont le feu est plus pur et brillant qu'un soleil.

Et l'on ressent sa peau soudainement nourrie

Par un passé empli de sincères baisers

Plus doux que son parfum et plus chauds qu'un brasier.

Les larmes dans des yeux qui ont toujours souri.

Jean Iglesis

Maman

J'ai crié "au secours" quand je suis né, un jour,

Car je me trouvais seul, car j'avais soif et faim

Et tu m'as répondu en m'offrant de ton sein

Et de ce premier don je me souviens toujours.

Quand, plus tard, j'avais peur de la vie ou du noir,

Tu te penchais sur moi et, en me souriant,

Ma peur disparaissait et j'étais tout brillant

De ne plus être seul en ce monde d'espoir.

Les nuits que tu passais, veillant sur mon sommeil,

Les berceuses chantées de ta voix si suave

Me faisaient oublier toutes ces choses graves

Qui rodent près de nous et guettent notre éveil.

C'est à toi, ô Maman, que je veux ce poème

Pour te dire merci de m'avoir tant aidé

Quand on est tout petit, quand on ne peut plaider,

Quand on ne peut parler mais qu'on pense : "je t'aime".

Jean Iglesis

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ELNA, DIA DE LA MEMÒRIA

Remembrança de la Massacre del 25.05.1285

Diumenge, 31 de maig de 2015

Enguany, els actes del DIA DE LA MEMÒRIA, celebrats amb la col·laboració de Mossèn Oriol, arxipreste d’Elna i de l’ajuntament, tindran lloc al centre històric, a la Vila d’Amunt, tant al matí com a la tarda. Cada any es commemora, a Elna, l’episodi tràgic de la Croada francopapista contra Catalunya al segle XIII: la massacre de la gent d’Elna refugiada a la catedral i el saqueig de la vila, després d’un setge de tres dies (25 de maig del 1285) per les tropes franceses i europees capitanejades per Philipe le Hardi. Felip l’Ardit, empès pel papa, volia destronar el rei Pere el Gran –a Barcelona– per imposar el seu propi fill.

Com sempre, ens honoren, amb llur presència i suport actiu, els membres del prestigiós IPECC, Institut de Projecció de la Cultura Catalana, d’ençà del compromís del seu fundador i president, Enric Garriga Trullols, de sostenir i promoure la catalanitat a la Catalunya del Nord.

En el decurs del matí, el programa inclou un acte religiós, un acte cívil i un àpat de germanor; i, a la tarda, unes visites relacionades amb el tema: la importància del “deure de memòria”, imprescindible per a nosaltres, catalans del Nord, perquè la nostra història és ignorada per la gran majoria dels habitants.

Volem recalcar el caràcter singular d’aquesta diada: la missa –oficiada en català per Mn. Oriol– és l’única missa en la nostra llengua en tot l’any i arreu de la Catalunya del Nord. Enguany comptarem amb la participació de la coral Santa Eulàlia d’Elna, d’uns infants de les classes bilingües –que faran lectures en català– i de la cantant nordcatalana Maria Andrea, que va debutar amb el cantant rossellonès Joan Pau Giné, i, l’any 2014, va participar en el seu disc d’homenatge.

A continuació, l’acte cívil tindrà lloc al recinte de la catedral: al claustre, hi haurà els parlaments i, al jardí de la catedral, l’ofrena de flors de l’IPECC, davant la placa commemorativa. El text d’aquesta placa, instal·lada el 1985 per Jordi Vera amb el vistiplau del batlle Narcís Planas, és un extracte de la cèlebre crònica d’en Bernat Desclot, contemporani dels fets, que ressalta la ignomínia de la matança amb violacions, profanacions de relíqües, esclafaments de nens contra les parets i destrucció de la ciutat.

Aquest acte cívic té també, a la Catalunya del Nord, un caràcter únic, perquè s’homenatgen els qui, a Elna al segle XIII, van morir per Catalunya, per fidelitat als comtes-reis.

Després del dinar de germanor, el programa inclou també dues exposicions singulars: l’exposició inèdita de trenta obres del pintor il·liberenc Esteve Terrús (Elna 1857- Elna1922), coneixedor de totes les tendències artístiques, apreciat pels grans pintors del seu temps, amic de Matisse i dels Fauves que el van inspirar, d’A. Maillol. Mai no va voler expatriar-se a París; les seves pintures demostren que l’arrelament i l’amor a la pròpia terra són el millor mitjà per accedir a l’universalisme. La Sra. Odeta Traby, artífex de la creació del museu Terrús, a Elna, presenta aquestes obres en nom de les associacions Amics d'Illiberis i Amics del museu Terrús, que organitzen una subscripció per tal que pertanyin al patrimoni d'Elna.

La segona exposició té una rellevància extraordinària amb la presentació del Llibre del Sindicat Remença de 1448, de l’Arxiu municipal de Girona. Aquest llibre conté, en 237 folis, les 553 actes de reunions de pagesos fetes en 912 parròquies dels bisbats catalans – el d’Elna hi és inclòs– amb el vistiplau del rei Alfons el Magnànim. En aquelles reunions, 10.425 pagesos de remença, serfs, van escollir els seus representants, els síndics, per defensar l’abolició de la servitud individual.

Aquestes reunions tenen un caràcter excepcional durant l’Edat Mitjana, perquè es contraposen a l’estructura jerarquitzada de la societat. D’una banda, anticipen el sindicalisme d’època contemporània, segons l’historiador Paul Freedmann, i, d’altra banda, anticipen l’abolició, a Catalunya, uns decennis més tard, de les servituds dels pagesos (Mals Usos) pel rei Ferran II de Catalunya-Aragó: la Sentència Arbitral de Guadalupe, de 1486, va ser la primera abolició legal i oficial de la servitud a Europa.

Els pagesos catalans posseïen, ja al HYPERLINK "http://ca.wikipedia.org/wiki/Segle_XV" \o "Segle XV" segle XV, una llibertat personal que, a la resta de la península Ibèrica i d'Europa, en molts casos, no aconseguirien fins al

"http://ca.wikipedia.org/wiki/Segle_XVIII" \o "Segle XVIII" segle XVIII i

"http://ca.wikipedia.org/wiki/Segle_XIX" \o "Segle XIX" XIX. Segons l’historiador A. Rovira i Virgili (Història de Catalunya, 1934), «La redempció dels remences és un dels fets més transcendentals de la Història de Catalunya, un dels que més han influït en la seva prosperitat posterior. Catalunya va ser l'únic país de la Península que tingué […] una pagesia rica, lliure i culta».

"http://ca.wikipedia.org/wiki/Ferran_Soldevila" \o "Ferran Soldevila" Ferran Soldevila (Història de Catalunya, 1963) ho corroborà: “Catalunya era, així, el primer país d'Europa […] que trencava els lligams d'ignomínia en què es debatia una part de les seves classes rurals».

Per aquestes raons, el Llibre del Sindicat Remença de 1448 va ser integrat, el 2013, en el registre de la Unesco «Memory of the World», que preserva el patrimoni mundial de l’amnèsia col·lectiva.

Amb el Dia de la Memòria, a Elna, intentem lluitar contra l’amnèsia imposada per l’Estat francès des de l’annexió del nord de Catalunya.

Daniela Grau (Comissió Organitzadora, Elna) - Catalunya del Nord 13.05.2015

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 18:50
Antoine Cayrol avec son fils Chris.
Antoine Cayrol avec son fils Chris.

Eut lieu à Alénya une table ronde autour du poète Antoine Cyarol et de son œuvre, à l'occasion de la Sant Jordi, rendait hommage à Jordi Pere Cerdà, avec des lectures de quelques-uns de ses poèmes.

Les amis de Jordi Pere Cerdà s'étaient donné rendez-vous ce samedi 25 avril à Alénya. Entourant Hélène Cayrol, son épouse, Hyacinthe Carrera, Chris Cayrol son fils, Marie Grau et Jacques Queralt célébraient la nouvelle édition, la troisième, de son œuvre poétique : « Poesia completa » aux éditions El Far de Vienna.

La comédienne Neus Vila, Jacques Pumareda étaient à leurs côtés pour dire des poèmes, elle en catalan, lui en français. Le choix des poèmes qui se retrouvent dans ce recueil respecte la volonté du poète qui en avait lui-même délimité les contours.

En fait, expliquait Marie Grau, qui a coordonné l’édition, il y a encore une bonne partie des poèmes d’Antoine, un tiers peut-être, un tiers au moins, qui sont encore inédits. Mais le choix qui est ici offert est celui que lui-même avait fait, que les éditeurs d’aujourd’hui ont choisi de respecter.

Dans sa note éditoriale, Marie Grau détaille les différents épisodes de la publication des poèmes de Jordi Pere Cerdà, parfois limitée à quelques textes, étant donné les vicissitudes de son existence et la particularité de son talent.

Ecrire en catalan dans la France jacobine du XXe siècle, alors que du côté sud la férule franquiste avait ostracisé une langue pourtant jusque là bien vivante, écrire en catalan la geste d’un poète qui chantait sa terre, ses montagnes, ses pierres, ses arbres et ses oiseaux mais qui avait aussi fait le passeur aux temps maudits de l’invasion nazie, qui avait choisi le combat prolétarien et qui avait écrit pour le Travailleur Catalan, son journal, une ode à Lluis Companys, c’était à la fois déployer le lyrisme qui imprégnait sa vie et mener quotidiennement un combat des plus âpres.

Que Jordi Pere Cerdà soit un grand poète, non pas un versificateur de terroir, mais un poète universel, c’est aujourd’hui une certitude. Mais c’est dire aussi que, après sa disparition récente, il nous reste encore à le hisser à sa place véritable.

Editer, pour ceux qui connaissent et lisent sa langue, ce volume de Poesia Completa était donc indispensable. En particulier parce qu’un tel ensemble montre son évolution, le perfectionnement incessant de son œuvre. Cette nouvelle édition bénéficie en outre, grâce à la transmission qu’en a faite Hélène, son épouse, des annotations et corrections qu’il avait lui-même consignées ; elle lui est donc, si l’on peut dire, encore plus fidèle.

L’hommage fait au poète méritait que des poèmes soient lus, comme l’ont fait Neus Vila et Jacques Pumaréda, bénéficiant en outre des commentaires de Marie Grau, si familière de l’œuvre du poète. Chris son fils a lui aussi lu quelques poèmes extraits du volume Ocells /Oiseaux. Il avait choisi le parti-pris de l’humour, beau témoignage de complicité avec le père aimé. Un point d’orgue touchant que paracheva l’évocation de la voix du poète accompagnée en musique par Pascal Comelade.

© voir le blog d'Yvette Lucas.

A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL
A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL
A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL
A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL
A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL
A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL

A.Cayrol avec Claude Delmas, Garcia-Fons © photos J.Pierre BONNEL

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 10:49
En haut du Canigou (JPB et la fameuse croix que je ne saurais plus voir !)
En haut du Canigou (JPB et la fameuse croix que je ne saurais plus voir !)

*AZNAVOURIAN :

J'ai beaucoup aimé l'article d'AZNAVOUR publié dans le journal LE MONDE daté du 19/20 avril 2015 : "Cent ans de solitude pour les Arméniens" Très beau texteempli de tolérance "…La lecture de cette enquête (sondage auprès des jeunes Turcs) m'a empli de joie. Elle m'a conforté dans mon respect pour ce peuple turc qu'il ne s'agit pas de montrer du doigt pour un crime qu'il n'a pas commis. Elle m'a fait entrevoir qu'un jour peut-être cette région du monde sera comme la famille AZNAVOUR, qui compte des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans que j'aime d'un même amour…"

**Jacques Quéralt :

Depuis 2001, La Licorne d’Hannibal, revue artistique, littéraire & sans baise-main du Cercle des Authentiques Cabochards de l’IF d’Elne, a publié 34 numéros. Aujourd’hui, “La Licorne d'Hannibal change de peau (bye! bye! l'éléphant) et entame une nouvelle ère sous le signe de l'alouette numérique. Elle fait, donc, blog !” La plupart des plasticiens, poètes, écrivains, musiciens présents sur ce blog ont participé à l’aventure de la revue.

... Mondes neufs ?
On entend la balade des pavés cœurs meurtris
et la marche des épis de blé
qui ne veulent pas être moissonnés avant l'été.
Combien de fruits,
dans les vergers de l'utopie?
Combien de ruines,
dans les contrées pour nos avant-gardes?
Combien de pénitents
aux vendredis pieds-nus ?
Combien d'ânes,
dans l'enclos, à braire,
ou bâtés à attendre la fessée ?

Jacques Quéralt Poissons d'eau douce (extrait)

Publié le 11 avril 2015 par Jacques Queralt

** J'aime les allusions ironiques de JQ au-sujet des pénitents; J'ai été heureux d'écouter Alexandre Adler à la télé, affirmant qu'il était opposé aux signes religieux ostentatoires dans l'espace public et , en particulier, contre les processions religieuses (voir mon blog sur La SANCH à Perpignan). La journaliste du journal LA CROIX lui a répondu que le Conseil d'Etat a toujours donné raison aux organisateurs de tels événements, considérés comme traditionnels, touristiques...

***Crec - Poème de Joan Amade

« Crec » (« Credo vell i sempre nou ») est un texte de Joan Amade, poète et universitaire, à l'origine du mouvement régionaliste « Nostra Terra » en Catalogne Nord.

« Crec », est un poème extrait du recueil de« L'oliveda » (publié en1934).

« Crec » (ce credo) affirme une réaction culturelle et sociale en Roussillon (terminologie de l’époque).

Il rejoint d'autres textes d’Amade, aussi singuliers que « Ai desperta't Rosselló », « Al peu de les Alberes », «Pastor, pastor », « Com toca la campana », qui composent le recueil...

On connaît deux versions chantées de « Crec » : la première par Jordi Barre, la seconde par Pere Figueres.

Dans ce poème, en alexandrins, formé de trois quatrains, des éléments aussi quotidiens qu'essentiels, captés dans une perception sensitive et sensorielle de ce qui entoure l’homme dans son quotidien – et ce dans un style dépouillé au possible -, se transforment en de véritables symboles : annonce d’une catalanité renaissante.

Le rustique devient mystique, le quotidien sacré.

L’éphémère rejoint l’éternel, dans la dialectique du poète, dont le lyrisme conduit à la magnification de la terre catalane, élevée dans la foi que Joan Amade lui porte et dans l’espoir qu’il nourrit en son devenir.

L’amor d’una mare Crec (Credo vell i sempre nou…)

Crec a la llum del dia, a l’amor de ma mare,

a la canço del rabadà sus del serrat,

a l’humil pa de segle, al pobre taulat,

al clavell de pastor i les fonts d’aigua clara.

I crec a la mar blava, a l’infinit del cel,

a l’estiu ple de sol, de perfums i de força,

al castanyer que pensa i viu sota l’escorça,

a l’abella que sap el secret de la mel.

Crec a l’estela, a la maduixa bosquetana,

al plany enyoradis de l’innocent tudo,

a les Alberes, a ta gloria, Canigo,

a la bellesa de la terra catalana!…

Je crois (credo ancien et toujours nouveau)

Je crois à la lumière du jour, à l'amour de ma mère,

A la chanson du pâtre, sur la montagne,

A l'humble pain de seigle, en la pauvre chaumière,

A l'œillet de poète et aux sources d'eau claire.

Et je crois à la mer bleue, à l'infini du ciel,

A l'été plein de soleil, de parfums et de force,

Au châtaignier qui pense et vit, sous son écorce,

A l'abeille qui sait le secret du miel.

Je crois à l'étoile, à la fraise des bois,

A la plainte nostalgique de l'innocent ramier,

Aux Albères, à ta gloire, Canigou,

A la beauté de la terre catalane.

Joan Amade (« L'oliveda »1934)

Traduction de Jean Iglesis

- - -

Daniel DEIXONNE poète

*Présentation et dédicace le vendredi 24 avril 2015, au mas Carbasse à 19 h, de son recueil "A toi, intimes confessions"

exposition deJean-Christophe PAGES, illustrateur du livre

en musique avec Gérard TICHADOU

entrée libre le samedi 5 et le dinanche 26 avril de 14h30 à 19h, en présences des auteurs.

**Jen IGLESIS :

Je ne veux rien, que parler d’Elne…

Je veux me souvenir de l’ère de Pyrène :

Cité grecque, bravant le soleil incessant,

Bâtie au long de mois, pétris d’or et de sang,

Témoins des jours perdus de quelque histoire ancienne…

Je ne veux rien, que parler d’Elne…

Je veux me souvenir du temps d’Illibéris :

Colline souveraine au-dessus des limons,

Ouverte aux conquérants qui viennent et s’en vont,

Aux peuples dont l’espoir illumine l’iris…

Je ne veux rien, que parler d’Elne…

Je veux me souvenir des ans d’Helenae :

Ville érigée au pied de quelque foi soudaine,

Face à demain, qui se décline et qui s’égrène

Dans la douce ferveur d’un hier suranné…

Je ne veux rien, que parler d’Elne…

Je veux me souvenir de moments bien vivaces :

Les arcs de marbre blanc du cloître millénaire,

La cathédrale, enivrant l’air de sa lumière,

Images que la pluie, ni que les pleurs n’effacent…

Je ne veux rien, que parler d’Elne…

Elne le 17 avril 2015 - Jean Iglesis

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 07:07
Michel Pinell, délégué à la culture et à la médiation, ville de Perpignan.

Michel Pinell, délégué à la culture et à la médiation, ville de Perpignan.

* C'était bien beau de défiler, de s'émouvoir, de se qualifier de "Charlie"...Et aujourd'hui, quatre mois après la tuerie, où en sommes-nous..? Qui est Charie ? Suis-je Charlie ? Mais, au fait, ça veut dire quoi..?

 

*Photo de l'adjoint à la culture concoctée par la haute école d'art de Perpignan qui ne se résigne pas à sa suppression...La population semble indifférente, atone...Et vous, vous êtes résigné(e)s..??? JPB

 

 

Charlie    Charlie

 

 

Les larmes à fleur de paupière

                      comment laisser filer 

                              cette limpidité des mots

                                                quand la gorge se fige

    qu'il devient difficile de penser       

                          les mots s'entrechoquent

                                comme des salves mouillées

        tempête dans le cerveau

                        blessure

                            ils ont tué Charlie

Ils m'ont tué 

           dans mon Charlie à moi

                       comme une possibilité de vivre 

                                     un temps pour les poètes      

                                            qui s'en va

Il faudra recoudre       avec des fleurs     

                    avec des mots    

                              avec des chansons     des dessins

                  s'introduire 

                        dans cet univers magique qu'ils ont créé

    Charlie        dessine moi un mouton

                         une libellule       

                            une colombe de liberté

 

Ils étaient douze chevaliers de la liberté ce jour-là

                                               innocents        sans malice

        égarés dans la tendresse de la création

                        avec des couleurs        des idées    

     des rires       des crayons

                ils façonnaient un monde à leur façon

                                       comme un rêve pour nous

        Etre Charlie     rien qu'une heure dans sa vie      dans un jour

                                            être en partance 

                                         comme en poésie

                 avec cette suspension du sens 

                                qui colle tant aux images

              

   Les caricatures ne déforment pas 

                elles accentuent

                                   elles perforent        pénétrent

                                        demeurent                           elles sont encore là      même après la tuerie

                                encore plus fort

                        encore plus vraies

    Charb        quand tu dis        

                  qu'ils ont jusqu'à fin janvier      

                                  pour les vœux

               image plus forte que tout autre discours

                                          sur l'insondable connerie humaine

     Ils étaient douze chevaliers de la liberté

                        qui ne le savaient pas

                nous étions cent                 nous étions mille

                                     à vibrer de douleur

        Pourquoi ?

                  Venger cette image du Prophète        Dérisoire

                     tout                 l'image       

                                        le prophète     les assassins

Se trouver là ce jour        à bosser          à se marrer

                            au local de Charlie

        sans imaginer un instant la tornade

                        la peur enfouie      

                                pour pouvoir vivre

         Et puis d'un coup   saccage

                    carnage     

                          furie de ces poupées Ninja en collants noirs

           kalachnikov au poing

                  arrosant avec discernement       avec méthode

                                            sang froid

            la haine des crayons     

                     la haine des mots      qui touchent juste

 

                Ils allaient comme des robots

                                incarnation grotesque d'un dieu de soumission

        endoctrinement 

                misère de la pensée      

                            ridicules et cruels

                                       paroles d'illuminés

    barbarie     bestialité

                 pauvre Prophète

                                dur dur d'être aimé par des cons

Ils tirent sur l'intelligence fine

                  l'insolence        la liberté absolue de penser   

                                     de dire     de dessiner

        ravalant le prophète au statut de sombre brute

                                         image définitive de la violence et du Mal

    la caricature faite chair

                   jusqu'à inverser le sens 

                                  petitesse d' Allah                         

Grandeur de ce que représentait Charlie

                        dont nous n'avions pas toujours conscience

        nous ne les avons pas assez aimés

                            trop seuls

     toujours en première ligne

                 nous le savions bien sûr

                pour ce courage-là 

                                               nous étions déjà Charlie

                                                         pour ce bain de clarté

    que balançait l'humour 

                comme des vagues de feu

 

                                et puis ils ont osé

Nous ne savions pas alors

            tout ce que nous avons perdu        

                            colère       insoumission

                                            révolte

    toute cette fureur de vivre sans entraves       

                             dans la plénitude de la pensée

                     insurrection

                           contre la servitude 

                                         sus à l'infâme 

        le fanatisme religieux   

                    idéologique     

                                           l'inhumain

Ils étaient tout cela à Charlie

                 cette extraordinaire résistance

                                     le courage en plus        

             le courage de fustiger l'étroitesse d'esprit

                                     la médiocrité

                                       malgré les menaces

le danger de mort à chaque instant

                dès que tu prends ta plume

                           ton crayon      

                                      tes couleurs

                                               cette fluidité du rire

    Le gouffre maintenant

                alors bien sûr     "je suis Charlie"

                                     je suis cette pensée qui cravache

        qui hurle dans le silence de la cruauté

                                je pleure sur ce vide

              ce silence assourdissant qui devient clameur

                                       dans la peau de Gavroche

 

         Se reconnaître dans ce souffle de liberté

                    se savoir encore de cette engeance 

                                    qui hurle dans la rue

                qui refuse qu'on tue la liberté d'expression

 

                          Bien sûr 

                        ils auraient préféré la Marseillaise de Gainsbarre

                     même dans les sillons de la haine 

                                                    le sang brûle la possibilité d'une île

 

             Alors il faut accepter de se dire 

                qu'on n'a pas su aimer 

                         qu'on n'a pas su éduquer

                                qu'ils sont devenus des monstres

                    et qu'ils nous ont tués    

Ils ont tué ceux de Charlie

             chevaliers de la pensée libre    

                                insaisissables libertaires

                                    défiant les menaces

            mais poussant jusqu'au bout leur combat

                                la liberté pour tous

    pour les poupées Ninja    

                    pour les femmes voilées

                                    pour le droit au "blasphème"

Ils ont assassiné même une femme

                et ce policier     

                    qui avait le même visage qu'eux

                                        et qui les implorait

            Folie     Folie

                    lâcheté      

                        délire de grandeur ou d'avilissement

 

        Comment peut-on assassiner le sourire de Cabu

                                       ce grand Duduche pour l'éternité

        l'impudeur fraternelle de Wolinski ? 

                           La pensée splendide d' "Oncle Bernard" ?

    Les délires troublants de Tignous

                    Le monde en interfaces d' Honoré ?

La caricature ou la mort

               tout un art de vivre

                        de s'insurger

                cet art de faire tenir l'idée dans un seul trait

                                un coup de crayon iconoclaste

        avec sa bulle de cristal             

                        et tout est dit

Dire que nous ne savions pas 

                nous avions tendance à oublier 

                                toute cette richesse

    toute la poésie qui se tient comme en suspens 

                              dans la caricature

        cet art de provoquer la réflexion ou le plaisir

                                comme dans un geste   un clin d'œil

mieux qu'un texte         mieux qu'une parole     

                        ça se décline dans un sourire

        et tout est là     étalé 

                    à la vue de tous

                               au délire de chacun

"Comprenne qui pourra" disait Eluard

            subtilité du sens qui glisse

                        avec ses arcanes de lucidité 

                                       et de complicité tacite

    Même quand ça choque          

                        surtout quand ça choque

                                      on rit

Et nous sommes meurtris

              de tant de génie dans la tombe

                            

                               Là on ne rit plus       on pleure

       comme on pleure une amante   

                       perdue et retrouvée 

                                         et repartie                    

            comme on pleure un frère

                                                                            un copain d'abord

                                          on crie dans son cœur

                        pour tant d'humanité      à jamais disparue

Déjà les chiens

         hurlent à la porte

                  "ils l'avaient bien cherché "                 logique de haine       

                                         loi du talion

                      reprendre tout à zéro

                                depuis la maternelle

                                                  cicatriser l'appel du djihad

apprendre à ne pas céder au chant des sirènes

                                              ne plus laisser les imams de la mort

                                                             travailler en terrain fertile

                              assassins    

    Garder l'esprit Charlie après ça    

                     Remonter la pente    

                                   le cœur dans les talons...

           Nous sommes orphelins

                                  mais d'autres viendront

                                       demain encore Charlie   

                                             déjà  Charlie

                            et son image de pardon

       Ne pas céder

              toujours un dernier espoir pour la liberté de dire

                                        même le couteau sous la gorge         jusqu'au bout      jusqu'à la mort

                                        l'humour 

                                      comme un ultime retranchement

                                            Ils étaient seuls

         trop seuls     

            à peine symboliquement protégés   

                            et les voici soudain dans ce rôle de héros

       Ceux de Charlie

                         il faudra se souvenir             

                        continuer le combat      

                                      pour la liberté

                        chacun à la mesure de son talent

                            sur tous les fronts

    ceux de l'humour 

                de l'art            de la laïcité

        partir en chemin 

                    avec l'innocence de Gavroche

                                   et ne rien lâcher

            vivre dans la chaleur des mots d'amour

                               des images qui chantent 

                                dans le rire ou dans la peur

      Orphelins de Charlie

                  alors tous Charlie          

                     comme en écho

                            Charlie   Charlie  

                                                

                                            Jo   Falieu

                                                7  fevrier  2015 

- - - - -

 

Suis je grand'chose ?

Je suis Sean l'Ecossais avec sa cornemuse agaçante
jouant dans le froid de Noël
dans la rue piétonne Gleneagles d’Édimbourg 

Je suis Ali,  Harki Berbère
qui ne sait où aller
et pense à tous ceux comme lui qui buttent dans des impasses 
les Juifs de Moscou

Je suis Buggle Bill et sa trompette rouillée sur le trottoir de Memphis 

Je suis un des Indiens Shoshone de Montréal
un des Kurdes de Bagdad

un des Kabyles d'Alger largué dans G.

Je suis Ismet le Turc de Berlin
qui regarde, les pieds dans la neige
la vitrine de Fram
avec l'affiche d'Istambul ensoleillé.

Je suis Ahmed, Marocain de Beauvais
qui baisse une tête au sourire mauve
quand au Bistrot on lui crie :
"Hé,Ahmed tu demandes pas mieux que de rester ici, toi,pas vrai ?"

Je suis Tonio l'Italien de Barri

assis à la Pizzeria de Pino-Shoën 

28 Bahnhofstrasse à Bâle... 

 

Je suis l'un 

je suis l'autre

je ne suis rien 

et je ballotte 

Bref : je suis Charlie...

 

Guy Jacquet

 

- - - - - -

 

    Regarder la lune

 

 

     Viens ! Mais viens te dis-je ! Quitte cette page, quitte ce siège et regarde lhorizon de ce jour mourant pour cette nuit naissante. Dans la fraîcheur de cette soirée de printemps balayée par un vent indiscipliné, lève les yeux et contemple. 

 

    La lune, à peine éveillée dans ce firmament lilas apparaît là, tel un sourire suspendu dans les cieux. Une étoile lui fait un grain de beauté à la commissure des lèvres.


Attendons un peu, ne baissons point les yeux. Dans lobscurité grandissante, deux ou trois constellations malicieuses vont bien lui dessiner un nez ou des pupilles ensorceleuses.


Enfin, dotée de narines elle pourra humer le doux parfum des fleurs, et quand ses paupières de lumière souvriront sur notre terre qui sendort lentement comme un enfant turbulent, fatigué davoir joué toute la journée, penses-tu quelle sera émerveillée par le spectacle qui lui est donné ?


Prendra-t-elle le temps de se refléter dans la Méditerranée et de se créer une coiffe ondulée de souples et sombres nuages ? Ou bien préfèrera-t-elle sen voiler le haut du visage pour nous laisser pour tout horizon quun gigantesque « oh! » de stupéfaction ?


Viens ! Rentrons ! Laissons-la à sa méditation. Laissons-la se parer de ses plus beaux attraits. Respectons son intimité, je ne veux pas la froisser.
Fermons les volets, allumons la cheminée, le froid commence à rentrer.


Demain, à nouveau, nous lèverons les yeux et admirerons linfini des cieux, juste un moment, juste un peu, pour élever notre imagination ou trouver une nouvelle inspiration.

 

JPB

Je suis Charlie - SOC Charlie - I Am Charly...

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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