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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 10:42
L. Roque - Dictionnaire Le Maitron - 2 photos d'Eysses 1944
L. Roque - Dictionnaire Le Maitron - 2 photos d'Eysses 1944
L. Roque - Dictionnaire Le Maitron - 2 photos d'Eysses 1944

L. Roque - Dictionnaire Le Maitron - 2 photos d'Eysses 1944

Léopold ROQUE 

 

Après avoir publié un premier témoignage sur L. Roque "personnage de Louis ARAGON, dans Les Communistes, Galliamrd" le 17 octobre 2014, je donne à lire aujourd'hui, 13 mars 2019, un 2e extrait :

Le Récit de ses activités durant 40 ans, à partir de ses écrits manuscrits (journal intime détenu par ses deux filles)

Prisonnier et Déporté politique – Témoignage 1939 – 1945 

 

Au fil des jours, entre deux voyages, deux réunions, le soir avant le coucher, le matin bref, des moments où je pouvais rassembler mes souvenirs, aligner les mots, les phrases plus ou moins correctement.  

 

Je restais à la prison de Perpignan, jusqu’à la veille de Noël 1939, pour être transféré à la  prison centrale de Nîmes, jusqu’au 26 mars 1941. J’étais l’un des premiers détenus politique arrivant dans cette prison centrale. Cependant, je dois avouer avoir bénéficié de quelques égards de la part du personnel de surveillance. Au bout d’un mois, je fus appelé pour aller à l’atelier de menuiserie avec un seul droit commun, au lieu d’être mêlé à des dizaines de condamnés à de lourdes peines pour des délits de toutes sortes. Je n’avais plus de promenade muette aux pas cadencés, en sabots, dans la cour. Il m’arrivait assez souvent d’avoir des conversations avec le personnel de surveillance les uns attirés par la curiosité de mes petits travaux de tonnellerie, d’autres venant m’assurer de leur sympathie. 

Lorsqu’arriva le jour de ma libération, le 26 mars 1941, je fus informé la veille, que je risquais d’être cueilli, à ma sortie à 7 heures du matin, par la police qui, déjà amenait mes camarades dans les camps de concentration. Profitant de ce que les petits travaux que j’avais effectués à l’atelier pour le personnel et pour lui, le Directeur passant devant moi, je lui remis les quelques lignes que j’avais rédigées, lui demandant l’autorisation de quitter la prison à 5 heures du matin, afin d’avoir mon train à 6 heures. 

Le 26 mars 1941 à 5 heures du matin, je franchissais libre, les portes de la prison centrale de Nîmes. 

Le temps de récupérer, reprendre contact, me réadapter au grand air et préparer mon départ.  

J’arrivai à Limoges, le 27 avril et me rendis à l’adresse convenue : « restaurant d’Aguesseau, rue d’Aguesseau », tenu par des camarades très sympathiques.

La liaison était établie avec Victor Michaut, qui était le maillon rattachant Limoges à la Direction Centrale du parti.

Mon deuxième voyage, vers la fin mai, fut Châteauroux. Les risques étaient plus grands, c’était la ligne de démarcation qui divisait la France en deux zones : Nord et Sud. 

En ce lieu, c’était le point de rencontre de la police de Vichy avec la Gestapo. Je dois à la connaissance parfaite des lieux par les cheminots, d’avoir passé entre les mailles de la police et au dévouement de l’un d’entre eux, qui me conduisit assez loin de la gare, où  un ouvrier du bâtiment nous attendait.  Il me conduisit à son tour, chez le camarade qui devait me recevoir et habitait un quartier ouvrier, en périphérie de la ville de Châteauroux. Je n’avais pas mission de demander les noms. 

Après avoir prolongé la conversation et donné quelques indications, nous partagions le  repas du soir. Alors que je me disposais à passer la nuit en m’appuyant sur la table, je dus me conformer à leur décision, ils avaient un grand lit, de la place pour tous les trois : la femme du camarade, lui et moi. 

En fait, ces deux déplacements se firent sans grandes difficultés, c’est probablement les plus beaux souvenirs que j’ai de cette période de guerre, car je crois que c’est l’image même de cette fraternité qui lie les communistes entre eux. 

Cette fraternité, je la retrouve à l’occasion d’un autre déplacement, qui n’eut pas le même succès, mais qui a eu le don de m’écarter du danger. 

 Vers la mi-juin 1941, je me rendis à Périgueux où le rendez-vous était fixé en face de la porte du cimetière, devant un café à l’enseigne : « On est mieux ici qu’en face ». J’avais connu ces lieux en 1938.   

Toujours sous la protection des cheminots, au moment où le train stoppait en gare de Périgueux, un cheminot se dirige vers la locomotive. Le mécanicien qui avait mission de me diriger dans la gare, vient me dire : « Tu me suis au dépôt, tu ne peux pas aller en ville, il y a danger ». 

Je me conformai aux décisions et je regagnai Limoges par le train suivant.  

Cette descente de police à Périgueux n’était pas étrangère à la recherche des évadés du camp de Nexon, évasions à laquelle Vigne (militant syndical) et moi n’étions pas étrangers, en mai 1941.    

J’ajoute aussi que la venue de Pétain à Limoges, le 1er mai 1941, avait mis la police sur les dents, car des jours et des semaines après, on pouvait lire sur les murs de la ville et des campagnes : « Pétain trahison », « Pétain le boche », « Pétain vendu », etc…   

Faire évader des camarades des camps de Nexon et St Paul d’Eyjaut était une de nos préoccupations essentielles avec Arthur Vigne. 

Un jour de juin, j’étais place Carnot à Limoges où j’attendais un camarade. Avant son arrivée, je vis du côté opposé de la place, un groupe d’une dizaine de personnes, parmi lesquelles je reconnus le camarade Licart détenu au camp de St Paul. Il vint me serrer la main. Il était  secrétaire d’une section du parti de Perpignan, employé à l’hôpital de cette ville. L’entrevue dura quelques secondes.

*Ce fut, je crois, le dernier fait marquant des 95 jours de liberté que j’ai vécus pendant la guerre 1939-1945 du 26 mars 1941 au 30 juin 1941.    

- - - 

Le 30 juin 1941 - c’était un dimanche - par un beau soleil d’été, Arthur Vigne et moi, nous nous sommes rendus sur les bords de la Vienne.   

La police était à nos trousses, Michaut et Georgette, avaient été arrêtés la veille, mais hélas, ils n’étaient pas les seuls. Dans les locaux de la police nous n’avons pas pu nous compter, au palais de justice nous nous sommes retrouvés 56.  Le commissaire Pigeau, et sa brigade, venu expressément de Vichy ne manquait pas de zèle, un nombre assez important de personnes arrêtées fut relâché sur le champ ou par les juges, faute de preuves. 

Lajoix de Limoges, représentant de commerce,  avait beau protester de son innocence, que notre rencontre était pour affaire, il fut embarqué dans la même galère que nous. 

Nous étions incarcérés dans la prison cellulaire de Limoges. Entassés à plus d’une dizaine par cellule, à raison de 2 ou 3 d’entre nous parmi les droits communs.

Le lendemain de notre incarcération, nous nous retrouvions dans le hall de la prison. Evidemment, nous discutons des conditions de notre existence en cellule : je ne pense pas qu’il puisse exister des mots pour  décrire l’état infect de ces lieux. 

A part Victor, Arthur, je ne connaissais personne d’autre, et au cours de la conversation, Victor Michaut me dit : « Toi qui as l’habitude de la prison, tu sors de l’une pour rentrer dans une autre, à notre nom à tous, tu devrais écrire au chef de la prison de Limoges pour lui demander le régime politique ». 

Je rédigeais la lettre le jour même, le chef de la prison me fit appeler pour me dire que ma lettre serait remise au procureur. Quarante-huit heures après, je fus rappelé par le surveillant chef : « Il n’est pas possible de vous accorder le régime politique, mais le Procureur de la République donne son accord pour que vous soyez ensemble ». 

 

Je crois que c’est dans la journée même que nous fûmes amenés au premier étage de la prison dans les 3 cellules communicantes  par l’intérieur, appelées l’infirmerie. C’était une belle victoire. Cette opération fut bénéfique du point de vue moral, pour l’ensemble des camarades, comme en ce qui concerne l’hygiène et enfin, écartés de cette promiscuité. 

 

C’était aussi, du point de vue approvisionnement et solidarité, nous, qui venions de loin et ne pouvions voir les nôtres, étions adoptés par  les camarades de Limoges et des environs, qui  avaient des visites fréquentes. C’était déjà un gourbi, comme nous les avons constitués par la suite à Eysses. 

Mais ce qui était nécessaire, c’est que nous avions répartis nos tâches pour l’organisation de notre défense au procès, sans savoir s’il y aurait procès et comment nous serions jugés. Ce qui était important surtout,  ce qu’il ne fallait pas dire.

Nous sommes restés ainsi, à l’infirmerie de la prison de Limoges durant deux mois et demi. Deux ou trois jours avant le procès, nous étions transférés à la prison de Périgueux. Je retrouve une connaissance qui me met à l’aise, le surveillant chef de la prison de Périgueux était un ancien premier surveillant de la centrale de Nîmes, qui venait très souvent à la menuiserie et son attitude n’était pas hostile. 

 

Le 21 septembre à 9 heures du matin, dans la salle des assises du Palais de Justice de Périgueux, nous comparaissions devant la section spécialiste du tribunal militaire de Périgueux : juridiction d’exception. 

A l’arrivée des juges militaires, c’était déjà prévu, dans notre emploi du temps, nous nous levions à nos bancs d’accusés pour chanter la Marseillaise.  L’écho de la voix de 56 personnes résonnait dans ce palais de justice,  le sous-officier et la douzaine de jeunes militaires qui nous accompagnaient, commanda le « garde à vous » et le « présenter armes ». Je dois dire que nous ressentions quelque fierté, mes camarades et moi, de voir ces officiers supérieurs figés au garde à vous pendant que nous chantions l’hymne national. 

 

Pendant les autres séances, nous avons repris le chant de la Marseillaise, mais ce fut sans succès, les gendarmes avaient remplacé les jeunes soldats et ceux-ci restèrent impassibles : il n’y avait plus pour eux d’hymne national français. 

Notre procès dura deux jours, les 21 et 22 septembre 1941, divisé en quatre séances. Et contrairement à ce qui s’était produit à d’autres procès du même genre, il n’y eut  pas de condamnation à mort. 

Dans son réquisitoire, le colonel Roques, fit état de notre attitude « intempestive », puis il ajouta « Il n’y aura pas de martyrs au sortir de ce tribunal. » Ce fut une autre victoire pour nous. Le bilan fut le suivant : Michaut : travaux forcés à perpétuité, Vigne et moi : 20 ans, Lajoix : 10 ans, Georgette : 9 ans etc…

De retour à la prison de Périgueux, le surveillant chef nous attendait à la porte pour connaître le résultat et lorsque nous lui annoncions : travaux forcés, il nous dit « travaux forcés » apparemment surpris de notre attitude, il s’attendait à nous voir effondrés sous le poids des condamnations. Nous lui avons répondu : « Nous ne moisirons pas dans votre prison. »

 

Effectivement, à partir de ce 22 septembre 1941, commençait une longue épopée de prison à prison qui devait se terminer en Allemagne : Dachau et ses commandos où tant des nôtres périrent. 

Quelques jours après le 22 septembre, nous étions transférés à Pau. 

 

-Pau, la ville des Rois, avec une prison aux salles communes et des murs lézardés, le plâtre arraché faisant apparaître les pierres recouvertes de punaises, les paillasses étaient infectées de gros poux. A cette physionomie de la prison, répondait un surveillant-chef qui est assurément l’un des personnages les plus abjects que nous ayons rencontrés, jugez-en ! 

Il avait instauré un règlement intérieur : «  Les distributions de colis aux prisonniers auraient lieu le 30 de chaque mois.»

Hors, le premier novembre 1941, la femme de notre camarade Lajoix est venue de Limoges,  voir son mari,  pendant quelques minutes, à travers les grillages, séparés par un long et large couloir. Elle était porteuse d’un colis avec quelques friandises, charcuterie et un lapin rôti. 

Le colis ne fut remis à Lajoix que le 30 novembre : sucre, confiture, charcuterie, tout mélangé, un lapin rôti recouvert de moisissure. Vigne et moi avons découpé ce lapin, sans couteau, bien entendu, et tous les morceaux ont été lavés au seul robinet dont nous disposions, celui de la chasse d’eau. Interdiction de jeter le moindre aliment ; tenaillés par la faim,  nous avons mangé ce lapin.

Courant décembre, nous étions transférés à la prison cellulaire de Tarbes, avec le désir de l’administration pénitentiaire d’aggraver notre condition de prisonnier. Nous étions soumis au régime de l’isolement pendant quelque temps. 

 

A la centrale de Nîmes, avec mon pécule de prisonnier, j’avais acheté un dictionnaire, « Tout en un » où figurait l’enseignement du morse. J’ai copié quelques alphabets sur des morceaux de papier que, au moyen d’une ficelle, nous transmettions par les hautes fenêtres des cellules, les faisant balancer de droite à gauche, et sans nous voir. C’était vraiment un drôle d’exercice. 

Quelques notions de morse acquises, avec un objet, crayon, cuillère, etc… la frappe sur le mur indiquait les points ou les traits, dont le nombre et les coups désignaient la lettre. C’est ainsi que nous parvenions à nous communiquer les nouvelles de l’extérieur. Dans ce genre d’exercice, le camarade Plauque, ancien postier, était le plus fort. 

Je remarquais, par-delà les barreaux de la fenêtre de ma cellule, la présence fréquente d’un merle, sur les branches d’un arbre du jardin. Je récupérais toutes les miettes de pain, j’attrapais des mouches et après avoir nettoyé la fenêtre, partie extérieure des barreaux, je répandais chaque jour, le produit de ma collecte, pour celui qui était devenu quotidiennement mon fidèle compagnon. 

Il y avait trois ou quatre mois que durait notre isolement lorsque, par un beau dimanche ensoleillé du printemps 1942, le surveillant de service (probablement en accord avec son chef), nous rassembla dans une cour où nous nous retrouvions pour la première fois, depuis notre arrivée à Tarbes. 

Pour nous détendre, nous avons joué à saute-mouton. J’avais une envie folle de sauter, Fontbonne était debout : je passe par-dessus ses épaules, mais à la reprise de contact avec le sol, mon pied gauche se pose sur une pierre grosse comme une noix, se tord : je tombe, les camarades me relèvent : je m’étais fait une entorse. Encore maintenant, aux changements de temps, mon pied me rappelle ce souvenir de prison. 

Pendant un mois,  des camarades appelés pour travailler à la cuisine, m’ont préparé journellement des bains d’eau salée. 

Progressivement nous améliorions nos conditions de détenu. Nous avons d’abord obtenu d’être groupés à 3 par cellule. Chaque cellule que nous occupions a été désinfectée. Nous avions régulièrement, tous les quinze jours, le change des draps. Puis nous avons eu la possibilité de nous grouper dans la journée dans une même  cellule, de prendre nos repas ensemble et puis,  enfin, d’avoir dans la journée les portes de nos cellules ouvertes, ce qui nous permettait de mieux nous organiser et parfois d’entreprendre des parties de belotte qui duraient toute la journée. 

 

 Un jour à la fenêtre de la cellule que je partageais avec Arthur et Victor, je vis un ouvrier maçon travaillant à l’extérieur avec l’intention de communiquer  avec nous. 

Tarbes est une ville où je venais fréquemment pendant mes tournées de propagande dans l’année 1938. Je connaissais les camarades de la Direction Fédérale du parti et je  leur ai fait parvenir la liste de prisonniers politiques. J’ai retrouvé le camarade Perpret, l’un des rares survivants de cette époque. C’était en 1967, à l’occasion de la tenue du Comité National de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes), dont j’étais Président. Il avait été maire de Tarbes à la Libération, il est à présent Conseiller Général d’un canton de Tarbes.

Le 15 octobre 1943, (jour de la fête de ma mère et la veille de mon trente huitième anniversaire), nous quittions la prison de Tarbes en fourgon cellulaire : nous étions deux, durant le parcours de Tarbes – Hautes Pyrénées -  à  Eysses  – Haute Garonne -  soit plus de 250 kilomètres. 

(à suivre)

ROQUE Léopold

Né le 16 octobre 1905 à Laroque-des-Albères (Pyrénées-Orientales), mort le 6 septembre 1978 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; ouvrier tonnelier ; secrétaire à la propagande de la Région catalane du Parti communiste puis secrétaire de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales (1945-1947) ; résistant dans la Haute-Vienne ; déporté ; ouvrier à Vénissieux (Rhône) ; mlilitant des Pyrénées-Orientales après 1970.

 

Fils d’un tonnelier — Joseph Roque, âgé de trente ans en 1905 — qui mourut au front pendant la Première Guerre mondiale et de Thérèse Soler âgée de vingt-neuf ans en 1905, Léopold Roque fut déclaré pupille de la nation le 8 janvier 1920 par le tribunal de Céret (Pyrénées-Orientales). Il se maria une première fois le 20 novembre 1926 à Laroque-des-Albères avec Marguerite Guichet née dans cette commune le 13 juin 1906. Le divorce fut prononcé le 11 décembre 1962 par le tribunal de Perpignan. Il se remaria le 8 avril 1963 à Villeurbanne (Rhône) avec Françoise, Élisa Romaguera.

Ouvrier tonnelier domicilié à Elne (Pyrénées-Orientales), Roque adhéra au Parti communiste en 1929. Il fut candidat au conseil d’arrondissement de Perpignan dans le canton de Perpignan-est, le 18 octobre 1931. Membre du bureau de la Région catalane du Parti communiste et secrétaire du comité local de Rassemblement populaire d’Elne, il publia en août 1934 un article intitulé : « Pour un large front unique d’action révolutionnaire » dans L’Avant-Garde. Il entra au conseil municipal d’Elne le 19 mars 1935 et y siégea jusqu’à sa déchéance le 24 octobre 1940.

Léopold Roque se présenta dans la circonscription de Perpignan aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936. Il arriva en tête des candidats du Rassemblement populaire au 1er tour. Bien que Louis Noguères, candidat de la SFIO, se fût désisté en sa faveur, Delcos, radical hostile au Front populaire et soutenu officieusement par le leader départemental de la SFIO, Jean Payra, l’emporta de justesse au second tour.

Léopold Roque participait activement à l’organisation de l’aide et de la solidarité à l’Espagne républicaine. Il eut l’occasion d’effectuer des passages clandestins en Espagne en empruntant les sentiers de sa commune natale, Laroque-des-Albères, située près de la frontière. Candidat au conseil général, le 10 octobre 1937, dans le canton de Perpignan-est, il ne réussit pas à arracher ce siège à la SFIO.

Léopold Roque était alors secrétaire délégué à la propagande au sein du bureau de la Région catalane du Parti communiste. Très proche d’André Marty et soutenu par lui, il succéda à Pierre Terrat au poste de secrétaire de la Région catalane en mars 1939.

Arrêté peu après la dissolution du PC, Léopold Roque fut condamné à dix-huit mois de prison. Libéré, il gagna la Haute-Vienne où il participa à la lutte clandestine contre Vichy. Il fut à nouveau arrêté en juillet 1941, condamné à vingt ans de travaux forcés et incarcéré à Tarbes puis à Eysses où il fut un des dirigeants de la lutte clandestine. Il participa à une tentative d’évasion collective qui échoua et fut déporté à Dachau (Allemagne).

Il revint en 1945 dans les Pyrénées-Orientales et, toujours appuyé par André Marty, succéda peu après à Marcel Monteil au secrétariat de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales. Il y resta jusqu’en 1947 date à laquelle il gagna la région lyonnaise.

Ouvrier chez Berliet à Vénissieux, Léopold Roque y travailla jusqu’en 1970 et fut un militant actif du PCF et de la CGT. Pendant plusieurs années, il fut délégué au comité d’entreprise. Il présida une amicale d’anciens déportés qu’il fonda dans le Rhône. Il assura également le secrétariat de la section du Rhône de la FNDIRP, présida la section du Rhône de l’UFAC et siégea au Bureau national de l’Amicale des anciens détenus patriotes de la centrale d’Eysses.

Après son retour à Laroque-des-Albères, Léopold Roque fut secrétaire de la cellule communiste locale jusqu’en 1978 et présida la section de la Côte Vermeille de la FNDIRP.

 

POUR CITER CET ARTICLE :

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article129588, notice ROQUE Léopold par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 13 décembre 2018.

photo Pierrot Berchoud, Tarare.

Archives André Balen

 

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, liasse 169. — Arch. com. Laroque des-Albères, état civil, acte de naissance de Léopold Roque et mentions marginales ; acte de mariage entre Léopold Roque et Marguerite Guichet. — Le Travailleur catalan, 1936-1939, 14 septembre 1978. — L’Avant-Garde (Prades), août 1934, avril 1936. — Horace Chauvet, La politique roussillonnaise de 1870 à nos jours, Perpignan, 1934. — Supplément Rhône-Alpes del’Humanité, septembre 1978 [nécrologie]. — Lettre de Madame Roque. — Témoignage de Fernand Cortale. — Rens. mairie d’Elne.

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 09:47

Pour les GJ

Les Gilets jaunes dans les livres, vus par les intellectuels

 

Alors que les analystes du Monde diplomatique écrivent que les GJ sont la manifestation d'une nouvelle lutte des classes, (S.Halimi, F. Lordon), et que  le livre collectif: Le fond de l'air est jaune, une révolte inédite (1) affirme que la structure sociologique des mobilisations actuelles correspond à celle des sans-culottes, l'historien G.Mazeau avance que les GJ sont en majorité issus du monde rural, qu'ils ne ressemblent pas du tout aux sans-culottes, qui provenaient de l'artisanat et du petit commerce urbain, surtout parisien...

 

Alors, qui sont-ils ? Des pauvres, des déclassés, des révoltés populistes, des quasi fascistes issus des radicalités de droite et de gauche..? Ce "peuple" imaginaire, fantasmé est-il une émanation de l'extrême-droite,  identitaire, nationaliste, raciste, appuyée par instants par la gauche anar, révolutionnaire..?

 

L'historien Patrick Boucheron critique le mouvement, qui n'a pas un mot d'émotion pour la misère sociale aux sources de cette insurrection : l'intellectuel ne voit dans l'émeute que l'occasion de "vendre la petite came identitaire ou insurrectionnelle…"

 

Au contraire, l'écrivain Hervé Le Corre, auteur du polar récent Dans l'ombre du brasier (3), écrit que les GJ montrent la vitalité de populations considérées comme perdues, exclues, indifférentes. "Leurs revendications sociales, une plus grande justice fiscale…correspondent à ce que la gauche réclame depuis 50 ans. La gauche syndicale et politique semble face aux GJ comme une poile devant un couteau…"

 

En tout cas, le recueil Le fond de l'air est jaune contient des remarques passionnantes sur la violence : pages 24, 36, 39, 176, 199 et 206, les symboles utilisés par les GJ (p.41), sur la révolution occultés (p. 41/43), sur le peuple et ses propositions (p.112/115), sur la censure (algorithmes de FBook), sur l'Europe, page 173 et 192, avec la contribution éclairante de Pierre Rossanvalon…

 

La partie la lus intéressante concerne sans doute les portraits sociaux des catégories sociales qui manifestent (pages 99, 174, 177) : salariés et fonctionnaires des classes moyennes, employés et travailleurs pauvres, familles monoparentales ou recomposées…"citoyens qui ont perdu confiance dans l'idée qu'un contrôle démocratique sur les politiques gouvernementales était crédible"… " ce n'est d'ailleurs as la société des exclus, des chômeurs, des RMIstes qui a pris la rue et occupé les ronds-points, alors même qu'il y a en France 4,5 millions de personnes vivant des minimums sociaux…"

 

Mouvement populaire, libertaire, à la base, il s'agit d'un mouvement sympathique exprimant une révolte légitime. La violence qu'il a utilisée est illégale mais peut sembler à beaucoup normale, légitime, face aux violences de l'Etat (inégalités, cassure sociale…) et à la répression policière. Celle-ci, comme la longueur de l'émeute sans perspective claire, l'épuisement, la monotonie du rituel des samedis, et surtout la récupération par des minorités à la trouble idéologie, a ralenti le mouvement.

 

Les GJ tiennent encore la clef du futur : le président devra tenir compte des revendications, opérer de vastes avancées populaires, sinon la catastrophe est devant nouveau : le "système" libéral, comme "Europe injuste et incohérente peuvent s'effondrer, s'ouvrant sur la crise financier, la chaos, la guerre, le repli sur soi, l'isolement d'un continent...

JPB

- - -

1. Le Seuil, 224 pages, 14,5 euros.

2. Editions La Découvete, 12 euros.

3. Editions Rivage noir, 22,50 euros.

12 mars – 18 h30
Médiathèque centrale Emile Zola

 

Lire et donner à lire Mathieu BENEZET Hommage conduit par Dominique DELPIROU

 

Réflexions et témoignages
avec les poètes Bernard NOEL, Yves Di MANNO, Patrick LAUPIN, Claude ADELEN, Michaël GLUCK
Lectures par le comédien Jean-Marc BOURG

 

Mathieu Bénézet, né en 1946 à Perpignan, est mort, il y a cinq ans, et « avec lui s’en est allée un peu de notre âme » a dit l’un de ses amis. Son œuvre a exploré presque tous les registres de la littérature, de la poésie à la prose, en passant par le théâtre, l’essai, les revues..., dans une grande diversité de formes: mélange, biographie, dédicace, apostille, rime, strophe, contre-strophe, épode, miscellanées, imitation ou imprécation. Reconnu dès ses débuts par Louis Aragon, Mathieu Bénézet a joué un rôle essentiel dans la transmission de la mémoire des poètes, par le canal des revues, (Digraphe, avec Philippe Lacoue-Labarthe), et de la radio où il produisit sur France Culture, des émissions comme Reconnaissance à ou encore Entre-revues.

 

Dominique Delpirou Comédien et metteur en scène, il a participé pendant plusieurs années au festival Voix de la Méditerranée à Lodève. Partenaire du Musée Mallarmé à Vulaines-sur-Seine, il a publié en 2016 La mort de Mallarmé, aux Presses universitaires de la Sorbonne (Prix Henri Mondor de l’Académie française 2017).

 

Bernard Noël, figure majeure de la poésie contemporaine, est né en 1930, à Sainte-Geneviève- sur-Argence, dans l’Aveyron. Parmi les plus récentes publications : La Comédie intime, P.O.L (2015), Monologue du nous, P.O.L (2015), La Place de l’autre, P.O.L (2012), L’Outrage aux mots, P.O.L (2011).

 

Yves di Manno est né en 1954. Depuis les années 1970, il a collaboré à de nombreuses revues, traduit plusieurs poètes américains importants et publié une trentaine d’ouvrages. Yves Di Manno dirige depuis 1994 la collection Poésie chez Flammarion. Il a réalisé, avec Isabelle Garron, une anthologie de la poésie française : Un nouveau monde. Poésies en France 1960-2010 (Flammarion 2017, Grand Prix de l’Académie française).

 

Patrick Laupin est né en 1950 à Carcassonne. Il a publié une vingtaine d’ouvrages (poésie, prose, récits, philosophie).Il a obtenu le Grand Prix de poésie de la Société des Gens de Lettres 2013. En 2018, il a reçu le Prix Ganzo pour l'ensemble de son œuvre poétique. Publications récentes : Impasse de l’Azur (La passe du Vent, 2018), L’Alphabet des oubliés (La Rumeur libre, 2017), Le Dernier Avenir (La Rumeur libre, 2015, Prix Kowalsky).

 

Michaël Glück est né en 1946 à Paris. Écrivain, poète, dramaturge et traducteur, il a été enseignant, lecteur dans l’édition, directeur du Centre Culturel Municipal puis du théâtre la Colonne à Miramas. Il a multiplié les collaborations artistiques : théâtre, danse, arts plastiques, musiques. Publications récentes : Commence une phrase (Lanskine, 2019) Grand cœur, Rumeurs n°4, (2018), Écailles de tortue, La Margeride (2018), Exil/exit Bérénice, Lanskine (2015)

 

Claude Adelen est né en 1944. Il a écrit régulièrement des chroniques de poésie dans Action poétique, La Quinzaine littéraire, La NRF, Europe, Aujourd'hui poème. Il est l’auteur d’une dizaine de livres de poèmes, dont Soleil en mémoire (Dumerchez, 2002, Prix Apollinaire 2002), D'où pas même la voix, Dumerchez, 2005 (Prix Louise Labé), Légendaire, Poésie/Flammarion, 2009, (Prix Théophile Gautier 2010 de l’Académie française) L'Homme qui marche, Poésie/Flammarion, 2015. Jean Marc Bourg est comédien, metteur en scène, fondateur de la Maison d’édition de poésie contemporaine et livres d’artistes Faï Fioc.

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 10:22
Expo assoc.Mosaïque, St-Jacques, Perpignan - Expo d'Alvaro Sànchez-Montanès, à Paris
Expo assoc.Mosaïque, St-Jacques, Perpignan - Expo d'Alvaro Sànchez-Montanès, à Paris

Expo assoc.Mosaïque, St-Jacques, Perpignan - Expo d'Alvaro Sànchez-Montanès, à Paris

                                                         

« Ne touchons pas à nos sapeurs-pompiers »

 

Je suis attaché aux sapeurs pompiers, professionnels et volontaires d’Argelès-sur-mer. Dans notre commune, leurs effectifs représentent un service public de 14 professionnels, auxquels s’ajoute une cinquantaine de volontaires, dont 11 femmes. Je salue ce collectif humain extrêmement dévoué, mobilisable à toute heure. Ses membres connaissent parfaitement le territoire, ses rues et ses chemins. Ils disposent d’une connaissance irremplaçable. Dans les Pyrénées-Orientales, on compte 2141 sapeurs-pompiers volontaires, qui s’ajoutent à 264 professionnels. Ils donnent de leur temps et de leur énergie pour sauver des vies, ils garantissent la protection de proximité en matière de santé, d’incendies, de danger. Leur investissement sauve des vies, protège la nature, évite le pire. Parfois, comme nous le savons particulièrement à Argelès-sur-Mer, ils donnent parfois leur vie dans l’accomplissement de leur mission.

 

Dans notre société, les sapeurs-pompiers sont hautement respectés, et ils doivent le rester. Combien de nos proches ont été confiés à leurs bons soins ? Combien de catastrophes environnementales ont été évitées lorsque le feu, menaçant nos forêts, a été circonscrit à temps ? Pourtant, le statut de ces acteurs valeureux de notre quotidien est menacé. En effet, le 21 février 2018, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a classé un sapeur-pompier volontaire belge, du nom de Rudy Matzak, parmi les travailleurs non bénévoles. Ce choix s’est aligné sur la Directive Européenne sur le Temps de Travail. Si ce texte est appliqué à la lettre, l’activité des sapeurs-pompiers volontaires, en astreinte ou en garde opérationnelle, sera rendue impossible. Ce corps non rémunéré ne pourra plus prêter main forte aux professionnels en quittant son poste de travail pour venir maîtriser un incendie, contenir une inondation, procéder à une évacuation d’urgence.

 

L’application de règles européennes, nécessaire à l’organisation générale de notre pays, ne doit pas comporter de conséquences négatives. Pour cela, je m’oppose à la disparition du du statut de nos sapeurs-pompiers sous l’effet d’une directive dévastatrice.

 

Nos sapeurs-pompiers volontaires, soldats du feu et protecteurs de nos existences, doivent continuer de pouvoir agir. J’adresse mon soutien sans failles à ces hommes et ces femmes pétris d’altruisme.

 

 Argelès-sur-Mer, 7 mars 2019


COMMUNIQUÉ DE PRESSE - PRISE DE POSITION

 

CONTACT PRESSE : Esteve Vaills · Collaborateur de cabinet

Mairie d’Argelès-sur-Mer

Allée Ferdinand Buisson, 66700 Argelès-sur-Mer

Tel. 04 68 95 34 62 · 06 76 55 12 53

e.vaills@mairie-argelessurmer.com

Salle omnisports : STOP AU GASPILLAGE !

 

Le 15 février le Maire de Perpignan invité de l’émission " Face à la presse" a confirmé la construction d’une salle omnisports au Vernet pour un coût de 20 millions d’euros.

La destination de cette salle et son utilité pour les Perpignanais restent encore difficilement compréhensibles: salle de sport pour professionnels ou pour clubs amateurs? salle de concerts ? salle de spectacles? Sa capacité, dans un premier temps de 2000 places, a également de quoi les laisser perplexes. 

Des objections s'imposent en effet devant ce projet:

- Sans club de basket professionnel, pas d'utilisation bi-mensuelle pour le rentabiliser. 

- Pour les associations et les clubs-amateurs de la ville, qui ont d'évidence d'autres besoins plus urgents, elle est surdimensionnée. . 

- Ce nouvel équipement, en centre-ville où rien n'est aménagé pour le sport au quotidien, ne permettra pas d’y accéder plus facilement. 

- Pour les spectacles, la capacité de cette nouvelle salle entre en concurrence avec des équipements déjà existants et de capacités d’accueil similaires, le Palais des Expositions et le Théâtre de l’Archipel. Ce nouvel outil ne permettra pas d’attirer d’autres catégories d’artistes ou d’événements dans la capitale catalane. 

- Le coût annuel de fonctionnement grèvera immanquablement les impôts de la ville. 

- Le parking de 500 places seulement ne pourra pas suffire en cas d’affluence et aucun plan de transport n’est prévu à ce jour. 

Beaucoup de questions se posent: n'y avait-il pas d’autres priorités? Pourquoi tant d’acharnement? Faire plaisir à quelques amis redevables ? Relancer l’ancien club de basket de l’adjointe municipale au sport? 

Les dernières explications face à la presse du maire Jean-Marc Pujol ont de quoi inquiéter : « Un tourneur et un contact à Canal+ m’ont affirmé que c’était la bonne dimension.» Espérons que son conseiller n'est pas le producteur du « Journal du Hard »…Nous conseillons à la municipalité d’être plus à l’écoute des Catalans et de leurs vrais besoins plutôt qu’aux « sachant parisiens » pour justifier et assouvir ses besoins d’égo-construction.

A ce jour, la seule réponse concrète que nous avons c’est que la note sera bien salée et devra être payée, comme toujours, par les contribuables!

Oui Au Pays Catalan dénonce ce gaspillage outrancier qui fera augmenter les impôts dans notre capitale et n’apportera rien de plus à nos concitoyens ! Nous travaillerons, dans les prochains mois à la construction d’un vrai projet remettant l’intérêt des Perpignanais au centre des décisions et des actions politiques.

 

Communiqué de presse - 04 Mars 2019.

Contact presse : press@ouiaupayscatalan.com

Oui au Pays Catalan - 22 Boulevard Aristide Briand 66000 Perpignan - Tel. 09 67 51 45 88

press@ouiaupayscatalan.com - www.ouiaupayscatalan.com - www.ouiaupayscatalan.tv

 

Lundi 11 mars 2019 à 18h30
au Théâtre de l'Étang

 

Les ouvrages d'art, les ponts

de l'antiquité à nos jours

 

par Bernard LOPEZ

 

 

 

Bernard Lopez

Désormais retraité, il a été chef de secteur en génie civil pour l’Aude et les Pyrénées-Orientales au sein d’une entreprise nationale du BTP. De ce fait, pendant quarante ans, il a participé à la construction de plus d’une centaine d’ouvrages d’art : murs de soutènement, canaux d’arrosages, réservoirs d’eau potable, stations d’épuration, ponts…

 

Et, plus récemment, il a été responsable de la réalisation du rond-point sur la RD 900 (Auchan), du pont sur la Têt (OA7, face à la clinique Saint-Pierre), des démolition et reconstruction du pont sur la Têt, au Soler...

 

Les ouvrages d'art, les ponts

de l'antiquité à nos jours.

 

Nous découvrirons l’évolution des ponts dans le temps depuis la réalisation des premières passerelles en bois, qui ne permettaient que le passage d’une seule personne, jusqu’aux ouvrages en béton armé avec les techniques de construction moderne. 

Nous passerons par les ouvrages en pierre de l’époque romaine, encore debout de nos jours, puis par les ponts de la période de la Renaissance et ceux de la période de la Révolution industrielle du XVIIIème siècle avec l’apparition des ouvrages métalliques et des ponts en maçonnerie. 

 

Trois vidéos, concernant la construction du nouveau pont sur le Tech, à Reynès, la démolition et reconstruction du pont sur la Têt, au Soler et la suppression du passage à niveau N°1, à Perpignan, quartier Saint Assiscle, illustreront notre propos.

 

 

 

C.E.P.S. en entrée libre et gratuite

Ce C.E.P.S. est parrainé par

 

 

Renseignements : www.rdvse.fr - rdvse@rdvse.fr - 06 72 80 39 86
Facebook : Les-rendez-vous-de-saint-esteve

Retrouvez toute la programmation de la saison 2 : 

14, 15 et 16 mars 2019
au Théâtre de l'Étang

 

 

"Le cinéma fantastique"

 

 

 

De tous les genres, le fantastique est peut-être celui qui est resté le plus fidèle aux origines foraines du cinéma. Georges Méliès en fut un pionnier (La Maison du diable, 1896).

Le cinéma expressionniste allemand constituera dès 1920, un laboratoire de recherches thématiques et surtout formelles (Le cabinet du Docteur Caligari, 1920). Puis, suivirent l’apparition des vampires, des monstres (Frankestein, 1925). Et cela a continué jusqu’à nos jours, puisqu’un film fantastique, La forme de l’eau a obtenu cette année 2018, l’Oscar du Meilleur film à Hollywood.

 

 

Nous présenterons 5 films sur ce thème du cinéma fantastique. Le premier, Ouvre les yeux (1997) d’Alejandro Amenábar, nous emmènera dans le monde de la psychiatrie. Puis viendra L'Étrange histoire de Benjamin Button (2008) de David Fincher, d'après une nouvelle de Scott Fitzgerald. Suivront une transposition très libre à l'époque contemporaine de l’histoire biblique avec Le Tout Nouveau Testament (2015) de Jaco Van Dormael, puis un drame fantastique,L'autre vie de Richard Kemp (2013) signé Germinal Alvarez, et, pour terminer, un thriller The end (2012) de Jorge Torregrossa.

 


Cinq films :

 

 

 

Attention :

Nous n'avons pas pu obtenir l'autorisation de diffuser 3 films initialement prévus dans cette TOILE. Les films qui les remplacent sont mentionnés ci-dessous en vert.

 

 

  • Jeudi 14 mars, 20h 30 – Film : Ouvre les yeux (1997 - 1h57 - VOSTF)
  • Vendredi 15 mars, 20h 30 – Film : L'étrange histoire de Benjamin Button (2008 - 2h39 - VOSTF)
  • Samedi 16 mars, 14h 30 – Film : Le tout Nouveau Testament(2015 - 1h53 - VF)
  • Samedi 16 mars, 17h – Film : L'autre vie de Richard Kemp(2013 - 1h42 - VF)
  • Samedi 16 mars, 20h 30 – Film : The end (2012 - 1h30 - VOSTF)

 

Festival LES TOILES en entrée libre et gratuite

 

 

 

 

Renseignements : www.rdvse.fr - rdvse@rdvse.fr - 06 72 80 39 86
Facebook : Les-rendez-vous-de-saint-esteve

 

PARIS ET POITIERS,  11/03/2019

 

Jordi Savall, citoyen du monde. Conversation avec Natacha Polony, à l'occasion de ses concerts en hommage à la Syrie à Paris et à Poitiers

 

Avec son ensemble Orpheus XXI ouvert à des musiciens réfugiés, Jordi Savall prend part au week-end que la Philharmonie consacra à la mi-mars à la Syre, avec Waed Bouhassoun entre autres. A cette occasion, il dialogue avec la journaliste, femme politique et essayiste Natacha Polony à propos de son parcours et de ses engagements. La rencontre aura lieu le lundi 11 mars à 18h30 à l’amphythéâtre Richelieu de la Sorbonne, co-organisée par le Centre d'études catalanes, la Délégation du Gouvernement de la Catalogne en France et l'Institut Ramon Llull, avec le soutien du service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

PARIS,  12/03/2019

 

La photographie d'Álvaro Sánchez-Montañés, les romans de Ramon Solsona, et un colloque sur la Barcelona des années 70, à l'agenda de mars du Centre d'études catalanes à Paris

 

Ce mois de mars l’agenda du CEC Sorbonne-Université démarre avec le vernissage de l’exposition du photographe Álvaro Sánchez-Montañés , jusqu’au 17 avril, suivi par la rencontre avec l’écrivain Ramon Solsona dans le cycle La literatura catalana en tots els accents, le 19 mars. Pour conclure dans le même esprit, le colloque sur la Barcelona des années 70Antifranquisme et contreculture, qui se déroulera sur 3 jours, réunira des chercheurs autour des divers aspects de cette époque complexe, tant sur le plan historique que littéraire et artistique.

+ info >>

 

PARIS,  14/03/2019

 

Oques grasses : le combo bouillant du reggae-pop catalan présente son nouvel album au Café de la Danse

 

Pour la première fois à Paris de la main de Petxina Lliure et de Dinonysiac Tour, l’un des groupes reggae-pop-folk le plus populaire de la scène barcelonaise, les « oies grasses », présente au public parisien les prémices de son nouvel album :Fans del sol. Un combiné d’humour et d’énergie euphorisante qui dynamite la chanson du genre.

+ info >>

 

STRASBOURG ET CERGY,  19/03/2019

 

Les compagnies catalanes Pere Faura et Societat Doctor Alonso au festival Extradances de Strasbourg et à la Nouvelle Scène Nationale de Cergy-Pontoise

 

L’enfant terrible de la danse catalane qui s’approprie les mythes pop pour déconstruire la société contemporaine fait échelle en Alsace, au festival du CDCN Pôle Sud, alors que la compagnie Societat Doctor Alonso présente pour la première fois en France sa nouvelle création sur la mémoire et les disparus avec Y los huesos hablaron.

  

BUREAU DE PARIS Raül David Martínez

  50, rue Saint-Ferdinand 75017 París  Tél.: +01 42 66 02 45

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 09:10
Coltilde Ripoull (C) Magdalena Julliard

Coltilde Ripoull (C) Magdalena Julliard

Pour le 8 mars, M. Pujol écrit à une dame...

 

 

Le maire de Perpignan profite du 8 mars, fête des droits de la femme, pour écrire dans son blog, pas un mot doux, pas un quatrain séducteur, mais une bafouille pas très courtoise… à une femme. 

 

Fiscaliste, roi du budget en équilibre, M. Pujol n'a pas l'esprit d'un poète, mais son nègre, a commis un libelle assez comique et caustique : M. X, qui s'ennuie et gâche son temps, contre un salaire rondelet... a compulsé les oeuvres complètes de La Bruyère et de La Rochefoucault, pour tenter de rivaliser avec les moralistes du XVII° siècle…(1)

 

En ce 8 mars, ce n'est pas glorieux de s'attaquer à une dame. C'est petit, c'est farcesque !

Si cet hommelet a décidé de s'attaquer à Madame Ripoull, c'est pour un hommage implicite, à élucider dans les coulisses obscures du théâtre d'ombres malsain des élections municipales à venir.

 

En effet, quel honneur rendu par le premier édile, non dépourvu , pourtant, d'idylles, à cette femme politique, jeune, courageuse, intelligente, volontaire, qui lui titille le cervelet , ou de ce qu'il en reste, depuis belle lurette… qui joue le rôle indispensable de poil à gratter pour des hommes se croyant irremplaçables et tout-puissants.

 

S'en prendre à Clotilde, c'est tenter de supprimer de la tragédie politicienne une concurrente, qui, du haut de ses nobles cothurnes, veut tuer le père injuste, le maire inculte, qui veut mettre en scène une comédie en plaçant un amphi dans le théâtre, un prof face à des élèves dans un théâtre à l'italienne : la pédagogie, Monsieur, n'est pas une farce, même si la farce a des vertus didactiques…

 

A propos de farce, revenons à la dinde : M. Le Maire voudrait plumer la belle noiseuse, qui l'irrite au plus haut point. Il se cantonne à des noms d'oiseaux, il croit que sa ville est une basse-cour et que le répertoire du théâtre se limite au "Dindon"…

 

Normal pour un élu mal élu, qui joue une mauvaise pièce depuis des années avec le patrimoine culturel et architectural de notre ville.

 

Ses anciens amis ou alliés, ceux qui veulent pas jouer les courtisans d'une cour basse, le quittent....

M. Pujol s'en prend alors à une dame, en croyant faire diversion. C'est lui faire beaucoup d'honneur et avouer que cette candidate à la démarche pensée et cohérente fait trop d'ombre à son soleil défraîchi…

 

Il est temps pour vous, M. le blogueur de quitter l'amphithéâtre que nous ne voulons pas. Le rideau va tomber sur un règne inutile...

 

JPB

(1) Suite aux infos de M. Sitja, j'efface le passage qui ne le concerne pas. J'avoue que mon "nègre" n'avait pas les bonnes infos... Las, nostalgie du bon temps des colonies...

 

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 10:10
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -
Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -

Place Cassanyes, quartier St-Jacques, autour de Lino -

Quartier Saint-Jacques 

 

Un après-midi à la terrasse d'un café marocain:

 à parler avec des membres de la communauté gitane, le groupe "radical" de Lino Jimenez, qui a su mobiliser 200 jeunes (500 à présent, dit-il) fin juillet 2018, et descendre sur la préfecture, pour arrêter les démolitions d'îlots, voulues par le maire de Perpignan.

 

Où en est-on ? Après de nombreuses rencontres plus ou moins ratées avec les responsables et suscitées par Nick Jimenez, le "sage", adepte du compromis avec la municipalité depuis 50 ans,c'est encore l'immobilisme, comme si tous attendaient les élections municipales de mars 2020 : ne pas trop s'engager, sauf Romain Grau, invité ces jours-ci par Lino, ou Clotilde Ripoull, sur le terrain, elle aussi, récemment. Attendre mais les millions de l'Etat réservés pour la réhabilitations de ce quartier du secteur sauvegardé ? Il semble que cet argent commence à être utilisé pour d'autres quartiers en déshérence, tel St-Mathieu..

 

Quant au maire, il est occupé par les affaires culturelles : départ de son adjoint à la culture, fronde autour de l'amphi du théâtre municipal. Quant au préfet, secondé par J.Michel Feudon, il risque de se lasser de ces réunions avortées -celle à l'atelier d'urbanisme fut annulée avec l'arrivée du groupe de Lino, non invité et énervé par le représentant du préfet utilisant de façon maladroite le mot "patron" du quartier… Cependant, une rencontre est prévue le 12 mars prochain avec tout le monde, responsables, associations, population…

 

Mais Lino se méfie, il recherche d'autres appuis, il compte avant se rendre à Paris et rencontrer Stéfan Bern, des députés, le sénateur chargé du secteur sauvegardé…

 

En attendant, avec Nasser, Nathalie, travaillant sur la représentation des Gitans, un journaliste du Guardian, désirant écrire sur la complexité de la situation…on évoque les thèmes de l'éducation des enfants du quartier, du chômage dans le département, Lino avançant que les Gitans veulent travailler, mais le racisme les empêchent de s'insérer.

 

J'ose avancer qu'il faut hélas partir, les jeunes ne trouvant pas de travail ici, et travailler à l'école, obtenir un diplôme… Lino me rétorque que je ne comprends pas les valeurs et traditions de son peuple… 

Lino a sans doute raison. Je n'arrive pas à sortir de mon cocon bourgeois…

Tout, ici, est complexe…

 

JPBonnel

 

- - - L'Histoire des ROMS :

 

Les historiens estiment que l’ampleur des massacres dont les Tziganes furent victimes du temps du nazisme a été sous-estimée

Un soir d’ennui, Margit Sztojka, une Rom hongroise, regarde la télévision chez elle, au sud de Budapest, avec l’un de ses petits-enfants, Ani. Alors que la première chaîne diffuse un documentaire évoquant les crimes commis par les nazis, elle ne peut s’empêcher de laisser couler de grosses larmes devant son petit-fils, surpris. Jamais elle n’a évoqué sa propre histoire et les ténèbres de sa longue déportation.

Une décennie après, nous la retrouvons chez elle. C’est l’été. Il fait très chaud. Une ribambelle de marmots jouent dans le jardin. La vieille dame est à l’intérieur, assise dans le canapé, étonnée qu’un journaliste vienne la faire parler de « tout cela ». A 91 ans, au bout de ses forces, elle préférerait ne plus évoquer le génocide des Roms, un peuple majoritairement sédentaire d’Europe centrale et orientale, et de leurs cousins Sintis, itinérants à l’Ouest. Margit Sztojka voudrait juste manger quelques douceurs, et puis dormir. Seulement voilà : elle est le dernier témoin, ou presque, de cette extermination. Les survivants ne sont plus qu’une poignée. Alors, dans un élan d’énergie et avec l’aide de son petit-fils, elle déroule le récit de ses « onze mois en enfer », en serrant, de temps à autre, sa médaille en or de la Sainte Vierge.

Au début de l’année 1944, alors qu’elle n’a que 17 ans, elle est raflée à Budapest, avec toute sa belle-famille (elle s’est mariée à 15 ans), par des membres des Croix fléchées hongroises, un parti fasciste et pro-nazi. D’abord envoyée dans une usine à briques de la banlieue nord de la ville, elle est ensuite transférée dans les camps de Dachau, Bergen-Belsen puis dans un commando de travail forcé à Munich. « Partout, c’était le même traitement, raconte-t-elle. J’étais “Kinder”, c’est comme cela que les Allemands nommaient les enfants. Nous n’avions rien à manger, à part des betteraves. On était battus. Les gardiennes nous disaient : “Vous, les Tziganes, vous êtes des cochons.” Les gens mourraient à cause des maladies. Je dormais sur des corps en me grattant les poux. »

« Enfin libre, je n’ai bu que du thé »

Tandis que Margit Sztojka poursuit son récit, plusieurs de ses descendants prennent place autour d’elle, attirés par ses premiers mots. La vieille dame a eu dix enfants, elle a des dizaines d’arrière-arrière-petits-enfants, et tous ne connaissent pas parfaitement son histoire. La voici maintenant qui montre sa main gauche : son index est déformé ; la marque d’une fracture soignée trop tardivement, à l’arrivée des troupes alliées. « Les Allemands voulaient nous emmener à Auschwitz, raconte-t-elle. Heureusement, les Américains sont venus. Ils avaient des cigarettes et du chocolat. Avant de nous cuisiner un premier repas, ils ont pensé à faire goûter la nourriture à un chien. L’animal est mort : avant de partir, les nazis avaient empoisonné toutes les casseroles ! Enfin libre, je n’ai bu que du thé. J’avalais de toutes petites boulettes de pain. Ceux qui ont mangé trop vite n’ont pas supporté le choc. »

© Le Monde, Publié le 03 octobre 2018 à 07h29 - Mis à jour le 03 octobre 2018 

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Roms, Tsiganes, Gitans, "gens du voyage"...De qui parle-t-on ?

Ceux que l’on appelait autrefois les « Bohémiens » ou les « Romanichels » sont aujourd’hui définis par les termes génériques de « Tsiganes » ou de « Roms ». Dans le langage commun comme scientifique, ces nouvelles appellations désignent l’ensemble des populations présentes en Europe et originaires du Nord de l’Inde, qu’elles ont quitté vers le Xe siècle pour migrer lentement vers l’Europe occidentale. Leur présence est attestée pour la première fois dans l’Hexagone en 1419. Par des emprunts linguistiques, culturels et religieux dans les pays d’installation, ces populations sont définies en différents groupes : Roms, Manouches, Yéniches, Gitans et Sintis. En 1971, des membres de ces différents groupes ont choisi le terme générique de Roms pour s’autodéfinir comme mouvement politique au sein de l’Union internationale romani. Le choix du terme « Rom » s’explique par la référence à leur langue, le romani, dérivé du sanskrit, et par le rejet de la connotation péjorative du terme « tsigane ». Au sens sociologique cependant, les Roms ne représentent qu’un « sous-groupe » des Tsiganes – le plus important certes – et présent essentiellement en Europe centrale et orientale. C’est ce sens sociologique que nous retiendrons ici pour le terme « Rom ». Parmi les autres Tsiganes, les Gitans se sont durablement installés dans la péninsule ibérique, puis dans les villes du Sud de la France. Originaires des pays germaniques, les Manouches, Yéniches et Sintis sont, à l’instar des Roms, plus présents dans l’Est de la France et en région parisienne.

L’ensemble de ces appartenances ethniques ne doit pas être confondu avec l’expression « gens du voyage », laquelle ne constitue qu’une catégorisation administrative. D’origines ethniques diverses, les « gens du voyage » sont souvent semi-sédentaires, leurs déplacements s’effectuant surtout pour des raisons professionnelles et des fêtes familiales et religieuses. Beaucoup sont des forains ou des commerçants ambulants, qui utilisent les aires d’accueil dont chaque commune de plus de 5 000 habitants a obligation de disposer depuis la loi Besson de juillet 2000. Une très large majorité a la nationalité française et parle français. En 2002, on recensait 156 000 « gens du voyage » de plus de 16 ans. Une catégorie qui inclut une part non négligeable de Tsiganes, mais aussi tout autre citoyen dont le mode de vie consiste à loger en caravane.

Le langage courant assimile fréquemment ces « gens du voyage » aux « Roms ». Ces derniers sont pourtant très majoritairement sédentaires, mais ont été poussés à la migration par des conditions de vie difficiles dans leur pays d’origine. Les Roms se sont sédentarisés en France par vagues successives d’immigration entre les années 1920 et 1990, sans jamais poser de problèmes. Mais ceux arrivés à partir des années 1990 connaissent des problèmes d’intégration sur le territoire national plus importants. Il s’agit de quelque 15 000 Roms, de nationalité essentiellement roumaine et bulgare, mais venus aussi de l’ex-Yougoslavie et de Hongrie, qui peuplent – parfois depuis plus de quinze ans – les squats et bidonvilles des friches des villes françaises. Ils sont aujourd’hui identifiés comme le problème politique numéro un par l’actuel gouvernement français, et devenus la cible d’un important dispositif de démantèlement de leurs camps et de reconduites à la frontière. La circulaire du 5 août 2010 émanant du ministère de l’Intérieur, adressée aux préfets, stipulait que « 300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms ».

Les Tsiganes : première minorité ethnique en Europe ?

Environ dix millions de Tsiganes estimés en Europe, dont la moitié n’aurait pas 20 ans. Sur le million et demi présent en Europe occidentale, 400 000 personnes se trouvent en France et 720 000 en Espagne. Les populations tsiganes vivent donc principalement dans les pays d’Europe centrale et orientale : la Roumanie et la Turquie en comptent chacune près de deux millions, la Bulgarie et l’ex-Yougoslavie chacune près d’un million, et la Hongrie 700 000.

Les Tsiganes constituent dès lors la minorité ethnoculturelle la plus nombreuse d’Europe. Mais face à la diversité culturelle qu’elle recouvre, peut-on vraiment parler d’une « communauté rom » ou « tsigane » ?

Prenons pour exemple la composition de la population tsigane de Seine-Saint-Denis. Qu’ont en commun les migrants roms des pays de l’Est, errant au rythme des démantèlements de leurs habitats de fortune, avec les Gitans et Manouches venus respectivement du Sud et de l’Est de l’Europe il y a plus d’un siècle ? Mais la distance est également importante entre ces migrants roumains et bulgares, d’une part, et les Roms arrivés des pays de l’Est dans les années 1920-1930, puis 1960-1970 et fuyant l’ex-Yougoslavie. À l’instar des Tsiganes arrivés avant les années 1990 en France, ces derniers ont généralement la nationalité française, parlent le français, et résident fréquemment en habitat « standard » (appartement ou maison).

Source : Dossier d’actualité de la Veille scientifique et technologique, n° 30, octobre 2007

Carte : Population rom en Europe

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Une longue histoire d'exclusion

Dès la fin du Moyen Âge, les populations tsiganes s’enracinent au sein de nations européennes. Souvent qualifiés de voleurs de poules, de sorciers…, « leur existence même apparaît comme une dissidence », selon le sociologue Jean-Pierre Liégeois, qui dresse la liste des discriminations historiquement subies par les Tsiganes.

En 1682, Louis XIV les condamne aux galères. En 1907, la Chambre des députés français invite à débarrasser le pays des « incursions des bandes de Romanichels ». En Suisse et aux Pays-Bas, des panneaux de bois sont exhibés à l’entrée des communes. Y figure mention de la pendaison des Tsiganes qui ne rebroussaient pas chemin. En 1835, 260 hommes, femmes et enfants tsiganes constituent le tableau d’une chasse officielle et primée organisée au Danemark.

Les Roms de Valachie et de Moldavie, deux principautés qui en 1859 s’unissent pour former la Roumanie, ont également connu cinq siècles d’esclavage (1). Un esclavage qui constitua une part importante de l’économie roumaine jusqu’au milieu du XIXe siècle, et qui marque encore profondément aujourd’hui la conscience sociale des Roms roumains. J.-P. Liégeois cite aussi les « politiques d’assimilation » qui ont pour objectif la disparition des particularismes culturels tsiganes. En 1912, la France instaure le fichage des nomades par un carnet anthropométrique obligatoire.

Durant la Seconde Guerre mondiale, 90 % des familles tsiganes du territoire du Grand Reich ont disparu dans les camps nazis. Le gouvernement de Vichy procédera, dès avril 1940, à leur internement forcé dans une trentaine de camps en France.

Dès 1958, tous les États du bloc communiste avaient promulgué des lois antitsiganes et interdit le nomadisme. Et l’extermination pure et simple de cette minorité fut également au cœur des poli­tiques publiques.

Aujourd’hui, de l’Ukraine à l’Espagne, les discriminations n’ont rien perdu de leur actualité. Les minorités roms enregistrent les violences les plus criantes : avatars de pogroms et vagues de meurtres racistes en Hongrie et Roumanie, émeutes contre l’emménagement et la scolarisation de Roms en Slovénie, incendies criminels de campements en Italie, etc. En 2006, le parti politique bulgare Ataka en appelle à « transformer les Tsiganes en savon » tandis que le parti hongrois Jobbik réclame ouvertement la « solution finale » pour les Roms (2).

NOTES :

(1) Petre Petcut, « La valeur des esclaves tsiganes en Valachie (1593-1653) »,Études tsiganes, n° 38, 2009.
(2) Frédéric Sarter, « Roms, une question européenne », Études, n° 4122, 2010

 

Un tiers-monde de l'Europe ?

En 2008, le Parlement européen constatait que les Roms sont victimes de « pauvreté », d’« exclusion sociale », de « ghettoïsation patente », d’« expulsions forcées » et de « conditions de vie déplorables et insalubres ». Tandis qu’en Slovaquie, les 600 communautés de Roms vivent sans électricité, sans égout ni eau courante, en Roumanie, les « Romi » apparaissent dix fois moins alphabétisés et six fois moins scolarisés que le reste de la population. Plus de 60 % des Roms de Roumanie vivent dans des communautés de plus de 500 habitants, majoritairement situées en zone rurale et considérées comme pauvres. C’est le profil d’une population du tiers-monde, et non d’une population européenne, que dresse l’anthropologue Alain Reyniers au sujet des Roms des pays de l’Est : espérance de vie inférieure de dix ans à la moyenne, enfants en bas âge malnutris, prostitution des jeunes filles, mariages précoces et grossesses fréquentes…

Il faut toutefois nuancer ce tableau. Environ 40 % des Roms de Roumanie ont réussi leur intégration socioéconomique, et parfois même rejoint les classes sociales supérieures. Par ailleurs, la dégradation de la situation économique des Roms ces vingt dernières années est comparable à celle enregistrée par les Roumains et Hongrois des zones rurales et provinciales, dans le prolongement de la fermeture des fermes collectives et des entreprises d’État.

 

Une culture rom ?

Le nomadisme n’est en rien une caractéristique tsigane. Selon Henriette Asséo, « 80 % des Tsiganes n’ont jamais bougé depuis le XVIe siècle ». Pour cette historienne, l’idée d’un « nomadisme tsigane sans frontière » relève d’une pure instrumentalisalisation politique. En fait, le rêve d’un métier fixe et d’une maison individuelle est largement généralisé chez les Roms migrants, réfugiés économiques ou de guerre. Les camps de fortune qu’ils établissent aux abords de nos villes constituent, non pas des camps de nomades, mais « une transplantation du mahalla rom », quartier périphérique rom de Roumanie ou d’ailleurs.

Les Roms ont en outre un sens sublimé de la famille, en particulier l’amour et la protection des enfants. Leurs traditions culturelles, proches de celles de tous les Tsiganes, restent dominées par les valeurs d’honneur masculin et de pudeur féminine (les femmes doivent rester vierges avant le mariage). Il existe chez les Roms une frontière identitaire marquée entre un « nous » communautaire – considéré comme pur – et le monde des Gadjés (non-Roms) – impur.

 

Cependant, l’anthropologue Martin Olivera conteste l’idée de « communauté rom ». Les Roms de Roumanie, en effet, ne se reconnaissent pas en « minorité ethnique nationale », mais se définissent en référence à une ville ou une région d’origine, elle-même porteuse d’une identité locale particulière. D’où la multitude des communautés roms roumaines encore aujourd’hui, qui, des « Montreurs d’ours » aux « Chaudronniers » en passant par les « Tsiganes au foyer », rendrait réductrice toute unification culturelle à une échelle autre que locale (1).

 

De façon globale, les Tsiganes ont généralement adopté la religion, la langue et nombre de traits culturels dominants du pays où ils se sont durablement installés : en France, ils sont surtout catholiques ou, de plus en plus, protestants pentecôtistes. Le profil culturel et religieux des Roms de Roumanie et de Bulgarie reste assez proche de celui de leur modèle national : 82 % des Roms roumains sont orthodoxes, comme 86 % de la population de ce pays.

 

(1) Martin Olivera, « Introduction aux formes et raisons de la diversité rom roumaine », Études tsiganes, n° 38, 2009.

 

Quelle situation sociale en France ?

Depuis la suppression des visas en Europe, les Roms migrent vers l’Ouest de l’Europe le plus souvent en famille. En France, ils sont rapidement contraints d’organiser leur habitat dans des squats regroupant jusqu’à quelques dizaines de personnes, ou en bidonvilles. Ces sites peuvent compter entre 50 et 300 personnes. Lorsqu’ils sont occupés par des personnes originaires d’une même région, les relations internes peuvent alors être proches de celles des quartiers et villages d’origine. Mais dans la majorité des bidonvilles, les origines sont éclatées et l’atomisation sociale domine (1). Selon la sociologue Alexandra Nacu, les regroupements collectifs sont un moyen de parer partiellement aux attaques et rackets, parfois très violents, venus d’autres bandes roms. Insalubrité, promiscuité, insécurité : dans ces campements surviennent incendies accidentels où périssent des enfants, épidémies de tuberculose, saturnisme (la mortalité néonatale est neuf fois supérieure à la moyenne nationale). À ces conditions viennent s’ajouter les expulsions répétées (de la part des propriétaires des lieux, ou des municipalités ou préfets).

De quoi alors ces populations vivent-elles ? De la mendicité le plus fréquemment. Certains procèdent à la collecte de métaux pour les centres de recyclage, à la vente de fleurs et de journaux pour sans-abri, à la pratique de la musique… D’autres recourent au vol ou à la prostitution… Autant de comportements qui s’expliquent par l’absence d’accès aux droits de ces populations, mais ne vont pas sans augmenter la méfiance collective à leur encontre.

(1) Alexandra Nacu, « Les Roms migrants en région parisienne : les dispositifs d’une marginalisation », Revue européenne des migrations internationales, n° 26, 2010.

 

Des citoyens européens de "seconde zone" ?

Depuis 2007, la Roumanie et la Bulgarie sont membres de l’Union européenne, mais maintenues par Paris en « régime transitoire ». En France, leurs ressortissants sont soumis à un titre de séjour et à une autorisation de travail : des démarches qui concrètement leur interdisent l’accès au travail. En effet, pour pouvoir travailler, une promesse d’embauche est requise de la part d’un employeur. Ce dernier doit aussi accepter les démarches et délais administratifs, et s’acquitter d’une taxe allant de 900 à 1 600 euros. Si le poste concerné n’est pas inscrit dans la liste des 150 métiers ouverts aux étrangers, l’employeur doit de surcroît prouver qu’il est en pénurie de main-d’œuvre. Le traitement administratif prend généralement plusieurs mois, durant lesquels l’employeur ne peut pas recruter le candidat. Un scénario kafkaïen qui veut qu’au-delà de trois mois de séjour, le même candidat est considéré en situation irrégulière… s’il est sans emploi (sic) ou sans « ressources nécessaires ».Parallèlement, le droit d’asile leur est quasiment inaccessible depuis la loi Ceseda de juillet 2006. Cette loi a entériné une liste de pays d’origine « sûrs », dont les États d’ex-Yougouslavie et l’Ukraine, où persistent pourtant de lourdes discriminations envers les minorités roms. Depuis, tout ressortissant de ces pays se voit systématiquement débouté dans sa demande d’asile adressée à la France. Autre fait : aucun ressortissant d’un pays membre ne peut recevoir l’asile politique d’un autre pays membre, car son pays d’origine est par définition tenu pour « sûr ». Une qualité pourtant contestée par le Canada, qui depuis 2008 a accordé le statut de réfugié à plus d’un millier de Roms tchèques et hongrois.

Exclus en France des droits du travail, de circulation et d’asile, les Roms le sont également des prestations et du logement social. Une situation qui les empêche de s’établir durablement et les maintient dans la misère.

 

Du rejet à la discrimination positive

Après l’Église catholique et l’Onu, le Parlement européen a condamné la politique française envers les Roms. Si Paris clame le caractère légal des reconduites massives aux frontières de Bulgares et Roumains sans titre de séjour, Strasbourg rétorque que les expulsions de ressortissants communautaires doivent s’appliquer de façon exclusivement individuelle, et en aucun cas à un groupe national ou ethnique.

Depuis janvier 2010, la France a organisé plus de 8 000 reconduites à la frontière de Roms. En la matière, la France est aujourd’hui championne d’Europe, devant l’Italie. Elle l’a battue sur un terrain que pourtant elle-même connaît bien : outre des expulsions par milliers, l’Italie manipule les stigmates antiroms à l’envi. En 2008, des expéditions punitives embrasaient les camps roms de Naples et de Rome, tandis que la police italienne jetait des cocktails Molotov (1). D’autres pays d’Europe de l’Ouest expulsent, parfois de façon massive, comme en Allemagne, mais de façon plus discrète. Les populations visées sont par ailleurs des Roms non communautaires : des Kosovars en Allemagne, en Suisse et en Irlande du Nord ; des Serbes et des Macédoniens en Suède, en Autriche et en Belgique.

D’autres pays ont préféré la voie de l’intégration. Comme l’Espagne, qui accueille de nombreux Roms de Roumanie, ou la Turquie qui, en mars dernier, a lancé un programme de discrimination positive envers ses minorités roms, avec au programme la gratuité du transport scolaire, l’accès à l’éducation et au logement. Des initiatives encouragées par la Commission européenne qui, suite aux émeutes antiroms en Italie en 2008, a reconnu l’urgence de la situation rom en Europe.

Quatre axes prioritaires ont alors été identifiés : l’éducation, l’emploi, la santé et l’habitat. Les fonds structurels de l’Union européenne furent mobilisés pour améliorer leur accès à l’éducation, au microcrédit ou encore pour sensibiliser les États aux discriminations subies. En avril 2010, la Commission européenne a pris acte de « progrès significatifs » au niveau de la prise de conscience des États, mais admet que la « situation concrète » des Roms n’a pour sa part guère évolué (2).

NOTES :

(1) Geraldina Colotti, « Un vent mauvais souffle en Italie », Le Monde diplomatique, juillet 2008. 

(2) Commission européenne, « L’intégration sociale et économique des Roms en Europe », Bruxelles, 7 avril 2010, http://eur-lex.europa.eu/

 

Chronologie

Fin XIIIe-début XIVe siècle : Les premiers Tsiganes arrivent en Europe depuis Byzance.
1419 - Arrivée en France des premières familles de « Bohémiens ». Une appellation due au fait qu’ils étaient porteurs de lettres de recommandation du roi de Bohème, leur région d’origine.
1749 - Rafle des Gitans en Espagne : 10 000 à 12 000 Gitans sont internés au simple motif de leur tsiganité.
1850 - Après cinq siècles d’esclavage, les Roms de Moldavie et de Valachie commencent à être affranchis.
1895 - Premier recensement des « Bohémiens et nomades » en France. 25 000 Bohémiens et 400 000 nomades sont dénombrés.
1907 - Vote d’un ordre du jour sur l’interdiction du pays aux Romanichels par la Chambre des députés français.
1912 - Adoption du carnet anthropométrique pour les professions ambulantes et les nomades à partir de 13 ans révolus. Conçu sur la méthode de fichage des criminels, il recense la composition de la famille, les empreintes digitales, les caractéristiques anthropomorphiques, des photos de face et de profil. Il devait être validé à chaque déplacement. Supprimé en 1969, il a été remplacé par un « titre de circulation »
1939-1945 - Au moins 300 000 Tsiganes périssent au cours du génocide nazi.
1940-1946 - Le 6 avril 1940, les Tsiganes, soupçonnés d’espionnage, sont assignés à résidence. Puis sont internés dans près de 30 camps en France, dont celui de Montreuil-Bellay, le plus important.
1958 - Tous les États du bloc communiste interdisent le nomadisme et promulguent des lois antitsiganes.

1971 - Organisation du Premier Congrès international romani.
2000 - Adoption de la loi Besson relative à l’accueil des « gens du voyage ». 42 000 places sont jugées nécessaires sur les aires d’accueil des communes de plus de 5 000 habitants. En 2008, moins de la moitié d’entre elles ont été aménagées.
2010 - L’Église catholique, l’Onu et le Parlement européen condamnent la politique française de reconduite aux frontières des Roms. Entre janvier et septembre 2010, plus de 8 000 Roms sont concernés par ces procédures.

 

Bibliographie

Les Tsiganes
Une destinée européenne
Henriette Asséo, Gallimard, 1994.

Roms et Tsiganes
Jean-Pierre Liégeois, La Découverte, 2009.

« Roms de Roumanie.
La diversité méconnue »

Études tsiganes, n° 38, 2009.

Eternels étrangers
de l’intérieur ?

Les groupes tsiganes
en France

Christophe Robert, Broché, 2007.

« Étude et propositions
sur la situation
des roms et des Gens
du voyage en France »

Commission nationale consultative des Droits de l’homme, 2008.

Les Tsiganes en France
Un sort à part 1939-1946
Emmanuel Filhol et Marie-Christine Hubert, Perrin, 2009.

 

© Lydie Fournier

Novembre 2010 - www.scienceshumaines.com/qui-sont-les-roms_fr_26185.html

 

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 10:24
Tableau de Michel Hadji (expo au local ATD-Mosaïque, quartier St-Jacques, Perpignan) -
Tableau de Michel Hadji (expo au local ATD-Mosaïque, quartier St-Jacques, Perpignan) -
Tableau de Michel Hadji (expo au local ATD-Mosaïque, quartier St-Jacques, Perpignan) -
Tableau de Michel Hadji (expo au local ATD-Mosaïque, quartier St-Jacques, Perpignan) -

Tableau de Michel Hadji (expo au local ATD-Mosaïque, quartier St-Jacques, Perpignan) -

Force et combats des femmes dans l’histoire

 

18h30 Vernissage de l’exposition Ravensbrück, la force des femmes

 

19h. Lecture musicale : Il faudra que je me souvienne, plus tard, de ces horribles temps

par Nicole Rey accompagnée au violoncelle par Joël Pons

 

- - -

MAR 8

Vernissage de l'expostion de Rosa Burgat et tertulia

Public · Organisé par Librairie Torcatis

 

 

  • Aujourd’hui de 18:00 à 20:00

 

  • Librairie Torcatis10 rue Mailly, 66000 Perpignan


    A 18h00: Vernissage Rosa Brugat pour son exposition "Une leçon de vie et d'art" accompagnée de Pilar Parcerisas...
  • Rosa Brugat est une artiste espagnole contemporaine dont le travail se concentre sur la création de projets et d'actions qui répondent aux problèmes sociaux et en particulier ceux liés aux femmes dans la société en utilisant diverses techniques telles que performances , travestisme , photographie , art vidéo et des installations pour recréer différents personnages.
  • Suivi à 18h45 par una "Tertulia" avec Karine Miermont pour son roman "Grace l'intrépide", Georges Bartoli et son nouvel ouvrage "De la vie des femmes" , Pilar Parcerisas et Rosa Brugat. 

 

- - -Programme de la Journée Internationale des Droits des Femmes 2019 à Perpinyà. 

Organisé par le Jove Moviment Feminista Perpinyà et le Collectif Droits des Femmes avec la collaboration de El Casal de Perpinyà :

 

CASTILLET 17h30 (Pl.de la Victòria): 

-MANIFESTATION

-Représentation féministe de "Castells" avec Arreplegats de la Zona Universitària (AZU).

 

CASAL 19H (23, Av. del Liceu):

-Conférence autour d'Olympe de Gouges. Par Anne Gaudron.

-Exposition "17 femmes: l'égalité, un combat".

-Vide-dressing JMF.

-Apéro Musical.

-Chorale Révolutionnaire.

-DJS The Violets Northern Sound.

Actes del Dia Internacional del Dret de les Dones 2019 a Perpinyà.

Organitzats pel Jove Moviment Feminista Perpinyà i el Collectif Droits des Femmes 66 amb la col.laboració d' El Casal de Perpinyà:

 

CASTILLET 17h30 (Pl.de la Victòria): 

-MANIFESTACIÓ 

-Representació castellera feminista amb Arreplegats de la Zona Universitària (AZU).

 

CASAL 19H (23, Av. del Liceu):

-Conferència al voltant d'Olympe de Gouges. Per Anne Gaudron.

-Exposició "17 femmes: l'égalité, un combat".

-Vide-dressing JMF.

-Apéro Musical.

-Chorale Révolutionnaire.

-DJS The Violets Northern Sound.

 

- - -

Oui au Pays Catalan  

conférence de presse ce vendredi 8 mars à 11h30, Quai Vauban, devant les galeries Des Halles.

 

A cette occasion nous ferons état de notre campagne  pour le "Département Pays Catalan", nous commenterons la politique du Conseil Départemental : 

- d'une part les effets de ses déclarations d'intentions

- le pseudo-débat territorial organisé par le C.D.

- "l'écrasement" de notre Assemblée devant l'annexion par l'Occitanie

 

En effet, nous expliquerons le manque de leadership de notre Assemblée pour assurer le nécessaire marcage territorial, sa passivité pour promouvoir notre attractivité identitaire et économique, en réalité l'abandon de responsabilités dans la défense et la promotion de notre spécificité. Cette attitude passive a facilité et facilite la politique de Mme Delga, madame Occitanie, laquelle va bien au-delà du fait administratif car elle vise à effacer toute trace de l'identité millénaire des Catalans.

 

Jordi Vera, Coordinateur.

Communiqué de presse

 

La Casa de la Generalitat a Perpinyà lance l’appel à candidatures pour le prix Ramon Juncosa de journalisme transfrontalier 2019

 

  • La période de dépôt des candidatures termine le 5 avril 

 

  • Le prix sera décerné lors de la Nit de Sant Jordi d’Òmnium Catalunya Nord 

 

L’appel à candidatures pour le prix Ramon Juncosa de journalisme transfrontalier 2019 est déjà ouvert. Comme chaque année, la Casa de la Generalitat a Perpinyà organise ce prix récompensant des travaux journalistiques ou de vulgarisation qui mettent en valeur des aspects de l’Espace Catalan Transfrontalier, composé des comarques de Girona et du territoire de la Catalogne Nord.

 

Les travaux se portant candidats doivent être :

  • Des textes publiés sur papier (presse professionnelle, revues d’associations, publications institutionnelles, publicité)
  • Des productions audiovisuelles (radio, télévision)
  • Des documents sur support numérique (toutes modalités confondues) 

 

Sont éligibles les travaux publiés entre le 1 avril 2018 et le 31 mars 2019. Seulement les travaux en langue catalane y peuvent concourir et doivent faire un usage non-sexiste et non-androcentrique de la langue.

 

L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au vendredi 5 avril. Le dépôt des candidatures peut s’effectuer soit sur Internet soit sur place auprès de la Casa de la Generalitat a Perpinyà (1, rue de la Fusteria, F-66000 Perpinyà) et de la Delegació Territorial del Govern de la Generalitat a Girona (place de Pompeu Fabra, 1, 17002 Girona).

 

Le prix Ramon Juncosa de journalisme transfrontalier est doté de 1 200 euros.

Le prix sera décerné lors de la Nit de Sant Jordi, la soirée de remise de prix littéraires organisée par Òmnium Catalunya Nord. La Nit de Sant Jordi aura lieu le jeudi 26 avril à Perpinyà.

 

Plus d’informations :

Eduard Lladó i Vila

Comunicació | Cultura | Llengua Catalana

ellado@gencat.cat | +33 (0)4 68 35 17 14

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 09:57
J.Capdeville au musée de Céret (photo J.P.Bonnel) - J.C. (DR) - Rosa Brugat à Cadaqués (DR)
J.Capdeville au musée de Céret (photo J.P.Bonnel) - J.C. (DR) - Rosa Brugat à Cadaqués (DR)
J.Capdeville au musée de Céret (photo J.P.Bonnel) - J.C. (DR) - Rosa Brugat à Cadaqués (DR)
J.Capdeville au musée de Céret (photo J.P.Bonnel) - J.C. (DR) - Rosa Brugat à Cadaqués (DR)

J.Capdeville au musée de Céret (photo J.P.Bonnel) - J.C. (DR) - Rosa Brugat à Cadaqués (DR)

Chers amis,

 

Au delà du grand peintre qu'était Jean Capdeville, il était aussi une personne fascinante. Helena Michie a su capter ces deux aspects du personnage. Nous aimons beaucoup son film et pensons qu'il mérite vraiment un soutien.

Bien amicalement

madeleine & pedro soler

 

*** Notre objectif de base est de faire face aux frais du mixage audio et ainsi terminer le film.Nous sommes très heureux d'annoncer le lancement de la campagne crowdfunding sur la plate-forme ULELE  pour mon film  JEAN CAPDEVILLE Voyage vers le Noir.

 

Pour la visualiser, je vous invite à cliquer sur le lien suivant  : https://www.ulule.com/jean-capdeville-voyage-vers-le-noir/

 

Si vous avez des amis qui seraient susceptibles à soutenir cette action et ainsi à s'impliquer à son aboutissement, merci de diffuser ces informations.

 

Bien entendu, en reconnaissance de la générosité des participants dans cette action, nous proposerons des contreparties intéressantes, y compris la possibilité de voir leurs noms dans le générique et assister à son avant-première.

 

Vous trouverez des renseignements sur le nouveau site de notre association, ainsi que pour recevoir les dernières mises à jour de l’évolution de cette campagne :

https://www.filmbandits-fr.org/

à Perpignan, librairie Torcatis, ce vendredi 08/03/2019 : VERNISSAGE R.BRUGAT ET TERTULIA

 

A 18h00: Vernissage Rosa Brugat pour son exposition "Une leçon de vie et d'art" accompagnée de Pilar Parcerisas...
Rosa Brugat est une artiste espagnole contemporaine dont le travail se concentre sur la création de projets et d'actions qui répondent aux problèmes sociaux et en particulier ceux liés aux femmes dans la société en utilisant diverses techniques telles que performances , travestisme , photographie , art vidéo et des installations pour recréer différents personnages.

Suivi à 18h45 par una "Tertulia" avec Karine Miermont pour son roman "Grace l'intrépide", Georges Bartoli et son nouvel ouvrage "De la vie des femmes" , Pilar Parcerisas et Rosa Brugat. 

 

 

Rosa Brugat Batlle 

Nacimiento

1956

La Junquera, Gerona

Residencia

Madrid

Nacionalidad

española

 

Ocupación

artista militante feminista

Género

Femenino

 

Sitio web

brugatrosa.com/es

[editar datos en Wikidata]

Rosa Brugat.jpg Rosa Brugat Batlle (La Junquera, Gerona 1956) es una artista contemporánea española cuyo trabajo se centra en crear proyectos y acciones que responden a problemas sociales y principalmente los relacionados con las mujeres en la sociedad empleando diversas técnicas como performances, transvestismo, fotografía, vídeoarte e instalaciones para recrear diferentes personajes.1

Biografía y trabajos

Nacida en el municipio de La Junquera, estudió arquitectura de interiores, artes visuales y guion de cine. El inicio de su trabajo y carrera artística comienza a principios de la década de los 90 en las Galerías de Figueres2 (Galería d´art y Galería Fòrum), y posteriormente en colaboración con la Galeria Broadway en la ciudad de Nueva York. Años después volvería a trabajar en 2003 y 2006 con la exposición de "La feme" en la Galería Trece3 y en la Galería Rene Metras, y más tarde (en 2013) con el Festival de video-art Loop. Actualmente, y desde el año 2015, trabaja con la Galería Magda Bellotti.

Su obra ha sido presentada en varios museos, como el Museo de l´Empordà, Museo de Arte en Gerona, con exposiciones como" Asuntos del corazón" o " Històries del cor". Participó en el Maratón de vídeo de Mujeres en las Artes Visuales5 realizado en La Casa Encendida (2013-2014) comisariado por Susana Blas.

Siendo característica la reflexión planteada en 2013 en el contexto del Museo Darder de Banyoles por el poeta Jordi Colomer donde Rosa Brugat junto con las artistas Elena Font Roda y Clara Oliveras se servirían de las piezas expuestas para crear un imaginario con el fin de convertirse en las ilustraciones del poemario “L’ull del recol.lector", desencadenando una exposición temporal en el mismo museo, conocida como "Historia Artificial". Rosa Brugat dentro de esta revisión de los fondos del museo plantea el estudio de la Historia a modo de regresión.

Uno de sus últimos trabajos realizado durante su viaje a Japón, es el vídeo "Aligatou Gozaimasu" (2015), donde estudia a través de su cámara las costumbres, el tiempo y la vida del mundo de las geishas. Posteriormente formará parte del proyecto Bienal Miradas de Mujer (2016) organizado por MAV.

Cuestiones de género también son tratadas en sus obras, como por ejemplo en el vídeo "¿Qué piensan las sirenas?"expuesto en Gerona en el interior de la capilla de San Nicolas de Bolit premiado por la Beca Kreas, o dentro de otro de sus trabajos como "Mona de Seda", presentado en la Casa de la cultura de Gerona.

Como artista feminista forma parte de la junta directiva de la asociación Mujeres en las Artes Visuales.

 

Semaine des Droits des femmes à Thuir

 

Dans le cadre de « Semaine des DROITS DES FEMMES » organisé par le Département 66, la ville de Thuir, l’Office Municipal de la Culture et la Médiathèque organisent une exposition et plusieurs autres événements durant cette période.

 

 l’exposition « LUTTE DES FEMMES, PROGRÈS POUR TOUS »à l’Espace Culturel Lambert Violet. Le vernissage sera accompagné par la chorale du Chœur de l’Aspre.

 

Samedi 9 mars à 17h, rendez-vous à la l’Espace Culture Lambert Violet pour une balade commentée à la (re)découverte des nombreuses sculptures féminines installées dans la ville – Durée 1h

 

Du 1er au 15 mars à la Médiathèque une exposition « Portraits de femmes » sera présentée par les élèves de l’Atelier d’Arts Plastiques adultes et enfants « L’Atelier Libre comme l’Art ».

 

Exposition LUTTE DES FEMMES, PROGRÈS POUR TOUS ouverte du 8 au 15 mars (fermée le dimanche)

Accès par la Médiathèque de 15h à 18h – Entrée libre

 

Renseignements Médiathèque : 04 68 53 39 49

Renseignements Office de la Culture : 04 68 84 67 87

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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 09:03
Michel Pinell (photo JPB) - Avec J.Quéralt, lors d'un hommage à De Fossa (C) JPB -
Michel Pinell (photo JPB) - Avec J.Quéralt, lors d'un hommage à De Fossa (C) JPB -
Michel Pinell (photo JPB) - Avec J.Quéralt, lors d'un hommage à De Fossa (C) JPB -

Michel Pinell (photo JPB) - Avec J.Quéralt, lors d'un hommage à De Fossa (C) JPB -

Perpignan 2020 : le maire fait le Louis d'ALIOT - Culture en danger : le départ de Michel Pinell, adjoint 

 

L'adjoint à la culture a démissionné : j'avais annoncé ce départ, dans "un poisson d'avril" très lu, et qu'il avait peu apprécié (ci-dessous). Un texte méchant contre cet homme pour qui j'éprouve une certaine tendresse...

 

Il a pourtant tenu 5 ans, malgré les couleuvres avalées et les coups portés au patrimoine culturel de la ville : les Beaux-Arts, la Centre d'art contemporain menacé, les destructions à St-Jacques, lui qui habita longtemps ce quartier... Il estimait le maire et a laissé faire une machine qui broie le centre-ville, comme une sorte de folie de laquelle il faudra bien sortir un jour... Avec qui ? Michel Pinell croit à présent en Romain Grau...

 

Il ne faudrait pas que la ville soit encore plus violée par un Aliot qui estime que la culture, c'st d'abord les traditions...

 

En effet, le maire semble aveuglé par son ambition de bouleverser la ville en créant la faculté de droit, en détruisant la mémoire et le secteur sauvegardé : méprisant une population qui le lâche de jour en jour, il se qualifie de seul "rempart" contre le candidat extrémiste, alors que c'est lui, le maire, qui fait le lit d'Aliot... 

 

Il reste un an avant la catastrophe annoncée. Les travaux continuent. Le théâtre municipal est dévasté. Les citoyens vont avoir une adjointe à la culture obéissante et conformiste. Elle arrive, elle était là, depuis longtemps, silencieuse. Et nous, nous partons...

C'est la culture, surtout, qui fout le camp...

JPB

 

 

LES 100 JOURS DE MICHEL PINELL À LA CULTURE (2) ACTION ET MÉDIATION À PERPIGNAN

 

 

Hier, la première partie de l'entretien avec le nouvel adjoint à la culture a été bien lue sur mon blog;, malgré les réactions à "l'affaire Lola" (ouf, je n'avais rien écrit sur ce fait divers créé de toutes pièces…)

Bien sûr, au-sujet de Michel Pinell, des critiques se firent jour : conception populiste de la culture, mégalomanie (il prend tous les domaines culturels à la mairie : avec la démission du directeur de la culture, il faudra un peu partager le gâteau…), autoritarisme…comment un banquier peut s'intéresser à la culture, il ne connaît que l'art contemporain…

 

 

M. Pinell aura tout loisir pour répondre; c'est surtout son action et ses réalisations qui plaideront pour lui.

 

Pour l'instant, il travaille avec le comité territorial d'éducation, avec la Drac (Direction régionale de l'action culturelle), rétablissant les relations entre la DRAC et le Ministère; il lance des APU (appel à projet unique) et veut que les expositions ou les événements culturels soient préparés six mois à l'avance, afin d'informer les publics, de faire participer les scolaires, d'expliquer les "installations" déroutantes ou difficiles, ce qui n'a pas été fait, jusqu'à prédent, au Centre d'Art Contemporain. 

 

Il s'agit ainsi de bien préparer la prochaine expo du CAC sur la "valise mexicaine", autour des photos de Capa : la pédagogie ne peut qu'aider l'art et la culture ! Le 20 septembre, le vernissage de l'exposition se fera en présence de tous les écrivains qui seront primés par le Centre méditerranéen de littérature, afin d'établir des "ponts" entre tous les domaines culturels.

 

J'ai parlé hier du travail sur le terrain qui a commencé : poser des pierres, ouvrir des espaces dans les quartiers, à Cassanyes, en particulier, pour des actions durables, à demeure. 

 

Autre exemple, avec les préoccupations des commerçants qui préfèrent que la culture et l'animation se déroulent en centre-ville ; pour Michel Pinell, il faut les deux : action périphérique, aux Minimes, au figuier et centrale, place Gambetta, avec "Perpignan sur scènes", offrant des spectacles gratuits, de qualité, créés par des artistes locaux.  

 

En ce moment, la municipalité, après les soirées plus "élitistes" des Estivales, propose des actions culturelles "populaires" : les concours de fresques, de graffitis avec le street art du MOS, du FIT (à la Casa Musicale et aux Minimes) et l'expo de dessins de Berberian au Castillet. 

 

Dans l'immédiat, Michel Pinell travaille à la réorganisation des services (les bureaux seront regroupés rue Rabelais, dans le bâtiment laissé par l'Evêché); il y a des urgences : rétablir les liens entre le FILAF et la ville; Michel a été très présent à ce festival du film et du livre d'art… Mais il tient à ce que tous, animateurs, associations, gens du spectacle vivant, agissent dans la plus grande liberté. il demande cette liberté de mouvement pour lui-même : le maire ne lui demande pas (pour l'instant) des comptes; Michel voit peu J.M.Pujol: il n'est pas de ces courtisans qui le flattent à tout moment…

 

La rénovation du musée H.Rigaud (pour un coûte 8 millions d'euros) : dès le 15 septembre, deux salles du rez-de-chaussée seront ouvertes au public, montrant des reproductions des oeuvres majeures du musée des Beaux-Arts et surtout une vidéo permettant de visualiser les travaux (le work en progress), le projet scientifique, architectural et les maquettes (gratuité durant la durée des travaux- à noter que le CAC sera payant, des expos plus accessibles et motivantes permettant de faire venir le public).

 

En outre, le budget de la culture étant consacré au spectacle vivant, il s'agit d'opérer un transfert vers les arts plastiques, la peinture et la photo.  "Cependant, il faut faire des économies dans tous les domaines…On peut avoir un autre modèle économique…", suggère l'adjoint à l'action et à la médiation culturelles.

 

En tout cas, il tient à ce qu'un budget précis soit dévolu à la médiation, aux acteurs locaux : en témoigne l'opération "Perpignan en scènes".

 

Quant à L'Archipel, c'est une EPCC, il est autonome et c'est le directeur artistique, M. Reixat, qui choisit le programme et décide d'éventuelles "créations". Quant au poste de directeur administratif occupé par J.Paul Alduy -M.Pinell est vise-président), je corrige ma mauvaise source d'information : il ne touche aucun salaire !

 

Enfin, je fais part à Michel P. de mes préoccupations : l'image, et le slogan, de "Perpignan la Catalane" est-il toujours d'actualité ?  L'idée de "catalanité" n'est-elle pas réductrice ? La ville ne doit--elle pas s'ouvre sur la Méditerranée et l'Europe..? 

 

"Le problème de l'identité n'a pas encore été évoqué; pour l'instant, on pratique une communication culturelle avec la population (mails, affiches); J.Marc Pujol veut que Perpignan devienne une "destination"; une agence de développement est créée dans ce sens."

 

Je lui dis que, à mon avis, le rôle du délégué à la culture est de changer le visage de la ville et d'abord de réconcilier les citoyens avec leur ville, leur quartier (après les élections qui ont vu la poussée de l'extrémisme, en raison de l'indifférence et de l'absentéisme de la population) : Michel P. est d'accord avec cette idée de "réconciliation", d'où son action de médiation. Il veut qu'un nombre plus important de citoyens soient bien dans leur environnement urbain; il va mettre en chantier des groupes de réflexions, sur le livre, par exemple, avec des libraires, écrivains; il va être très attentif (avec l'aide de M.Saez, directeur de la médiathèque) au problème de la lecture, "qui n'est pas une pratique culturelle comme les autres"…

 

On souhaite beaucoup de réussite au responsable de la culture, qui nous tiendra, on l'espère, de façon régulière, de l'avancée de ses projets…

 

- - - -

 

 

20 NOVEMBRE 2014

CULTURE À PERPIGNAN : LA VÉRITÉ DE MICHEL PINELL, DÉLÉGUÉ À LA CULTURE ET À LA MÉDIATION CULTURELLE

 

     Michel Pinell, silencieux depuis des mois (il veut qu'on lui laisse du temps pour agir, mais nous sommes pressés, voulons tout, tout de suite, merdeux enfants de 68…), est sorti du bois et de ses bureaux rabelaisiens… Il a eu raison, il faut s'expliquer, sans polémiquer, et accepter la critique, même si elle est parfois méchante et injuste...

 

   Et c'est avec bonheur car l'adjoint cultureux, qui a la passion de l'art contemporain, apporte de bonnes nouvelles. Surtout -et c'est le rôle de la culture dans une municipalité- il vient assurer de la cohérence dans une équipe municipale à l'action bien floue et peu fidèle à ses promesses électorale… Michel Pinell dessine désormais l'ossature du projet global de Perpignan : devenir une destination culturelle et touristique reconnue (même si je suis sceptique sur la possibilité de concrétiser cette démarche louable, la mairie manquant de financement pour une offre culturelle inédite, séductrice, et la perspective d'un arrêt du TGV à Perpi étant désormais nulle…)

 

   En effet, dans son entretien de l'Indépendant daté du 19 novembre, pressé par les questions judicieuses de Julien Marion, M.Pinell s'explique sur les infrastructures culturelles (Archipel, Théâtre municipal, Musée des Beaux-Arts, Ecole des B.A. ) : le but est de faire des économies (Archipel : moins de représentations, mais il faudrait aussi parler des salaires d'un personnel pléthorique -  Ecole des BA prise en charge par l'université) et surtout d'ouvrir les salles municipales à toutes les troupes des quartiers : leur permettre de créer et de jouer dans une salle prestigieuse dotée de tous les moyens techniques.

 

   On ne peut qu'être d'accord avec ce voeu, mais on revient là au fameux "Archipel des théâtres" voulu naguère par JP. Alduy, dirigé un temps par Jacques Viñas, et qui fut enterré…On est donc là encore sceptique, mais la volonté de M.Pinell est à respecter ! 

 

   Car il montre le chemin ! C'est le bon sens, près de chez vous ! Cependant il ne faut pas user de l'ancien slogan d'une banque, rivale de celle du délégué à la culture, directeur d'un fameuse succursale BP… 

 

   C'est d'ailleurs ce qu'on lui reproche le plus souvent au banquier (à droite, surtout, chez ceux qui devraient être ses soutiens politiques, et mes articles parfois méchants ne sont que pure urine de chamois par rapport à la bave venimeuse de leurs jugements ..!) : de servir ses intérêts que la culture, alors que notre ami est linge candide et probité, j'en suis garant !!!

 

   Oui, Michel Pinell est populaire dans l'âme et la génétique, issu de Saint-Jacques, il envisage une culture "populaire" pour Perpignan (Tiens, beau slogan : "Perpi la pop" !); il emploie d'ailleurs le qualificatif :

   "On est dans une culture populaire" et je le saits sincère quand il veut irriguer les quartiers - c'est son expression - et demander à tous les acteurs culturels, et d'abord à ceux qui sont aidés par la ville, d'aborder aux rives de la périphérie urbaine, auprès des HLM et espaces gangrénés par la pauvreté, la délinquance ou la propagande religieuse. 

 

    La cohérence est là. La route est tracée. Espérons que M. Pinell sera suivi par le maire, ses amis politiques, et par le directeur de cabinet de J.Marc Pujol, M.Sitja le grand marionnettiste, décideur, architecte, manipulateur politique, qui est sans doute le vrai maire de Perpignan…

 

JPBonnel 

- - -

 

1 AVRIL 2016

PERPIGNAN : L'ADJOINT À LA CULTURE DÉMISSIONNE - MICHEL PINELL SE CONFIE AU BLOGABONNEL

 

Je jette l'éponge !

 

La culture à Perpignan c'est pas que le street art ! Or, avec ce Sitja (Michel, directeur du cabinet du maire- Note du blogueur) on ne voit que ça sur les murs de la ville : du SLIP ART ! ça suffit ! Je l'ai pourtant toujours aidé, le Sitja, populairement parlant, moi l'ex-directeur de banque...

 

 

Et basta des destructions du patrimoine : le Presbytère, je l'aimais bien, avec ses galets, ses briques et ses cayroux... Et la fresque que j'avais commandée pour le mur de la médiathèque : pour y installer des locaux d'étudiants...Une idée du Front national, quelle honte !

 

J'avais le projet d'une vaste rétrospective Jean Capdeville : on me colle Cosme-Estève ! "C'est un grand peintre." (cf. Catalogue de l'expo au CAC W.Benjamin)…sans doute, mais Cap..!!!

 

Et puis ce Centre d'art contemporain, je voulais le faire vivre dans l'esprit du philosophe W. Benjamin ! Mais avec cet inculte de J.M.Pujol, pas question de parler d'AURA, de reproductibilité de l'oeuvre d'art, d'allégorie, de fantasmagorie, de Perpignan, capitale du XIXème siècle… Et puis, Walter, c'est un juif, qu'il pense le maire, alors…qu'ils se débrouillent entre eux, je leur ai autorisé une synagogue en plein centre, près du Théâtre, alors…

 

Quant à l'Ecole d'art, j'ai tout fait pour la maintenir : interventions auprès du ministère, de la Région, de l'Université…Ce Llorente, président arriviste de la fax, il a récupéré le projet en créant une section art, com et tourisme, il est prêt à tout pour se faire mousser…

 

Alors, la culture, je veux pas qu'elle se résume aux "jeudis", à la Procession de cette nullasse de Cabanas se, qui ne connaît que le patrimoine religieux ! Moi, le laïc, je suis trahi : que des grenouilles et magouilles de bénitiers !

 

Je me casse ! Pas au Maroc pour y placer mes billes, mais dans mon appart artiste où je vais contempler Capdeville, for ever…

Mal de cap, c'est sûr…

 

M.P.

(textes repris dans deux recueils "politiques" de JPB : 365 jours avec JM.Pujol et : Perpignan, une ville en sursis.

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 10:41
Prison de Perpignan - Théâtre municipal
Prison de Perpignan - Théâtre municipal

Prison de Perpignan - Théâtre municipal

«Elle était morte et je ne le savais pas»
  •  
En septembre 2016, Fatouma, détenu
au centre pénitentiaire de Perpignan, apprend
la mort de sa mère au cours d’un parloir.
Dès lors, sa douleur sera doublée d’un
sentiment d’incompréhension : plusieurs jours se sont écoulés entre la date du décès et celle de son
annonce. Un récit qui fait écho aux trauma
tismes des nombreuses personnes
incarcérées privées d’assister aux obsèques
d’un proche.

Témoignage recueilli par Sarah Bosquet de l'Observatoire international des prisons-section française. "Proches de détenus", 12/15.

Ma mère est morte le 30 septembre 2016 et j’ai été mise au courant presque deux semaines plus tard. Le jour où on l’enterrait, je passais devant le prétoire. J’ai atterri au mitard et j’y suis restée huit jours. À ma sortie, ils m’ont mise en cellule avec O. Ça allait, enfin, je faisais ma détention comme tout le monde. Le 12 octobre, coïncidence, O. me propose de rester en cellule pour regarder un film sur la guerre d’Algérie, l’indépendance, etc. D’habitude, je n’aime pas trop m’intéresser à tout ça, parce que je suis née en France et que mes parents viennent d’Algérie. J’aime la France comme j’aime l’Algérie, vous voyez, j’aime les deux. Mais là, je décide de regarder avec elle. Et finalement, je n’arrête pas de commenter : « Là, ma mère – c’était une activiste à l’époque – elle avait tel âge, là, elle faisait ça », etc. Au moment où je parlais d’elle, où je pensais fort à elle, elle était morte et je ne le savais pas.

 

 © Bertrand Desprez/VU© Bertrand Desprez/VU
Je vais toujours en promenade l’après-midi, j’ai besoin de bouger. Cet après-midi-là – je n’oublierai jamais ce moment – on m’appelle au haut-parleur de la cour. Je ne sais pas pourquoi, je ne voulais pas entendre mon nom. Je suis allée vers une fille, une Belge, et je l’ai embrouillée : « Vas-y toi, ils sont en train de t’appeler. » Elle m’a répondu : « Non Fatou, je te jure que c’est toi. Mais si ça peut te faire plaisir, je vais y aller. » Quand elle est revenue, elle m’a dit : « Fatou M., c’est bien toi ? C’est toi qu’ils appellent. » Donc j’y vais, et là, je vois que la surveillante ne me regarde pas dans les yeux, alors que ce n’est pas son genre. À ce moment-là, je ne vais pas vous mentir, je crois que c’est la police qui vient me rattraper pour une connerie que j’avais faite avant. Et puis je vois qu’il y a aussi un surveillant, qui d’habitude ne vient pas chez les femmes. Elle lui dit : « Vas-y toi, moi je ne peux pas. » Alors il me dit seulement : « Parloir avocat. » C’était bizarre, parce qu’il n’était jamais venu me voir avant, l’avocat. Et je me rends compte qu’il est 16 heures, qu’il n’y a pas de parloirs avocats à cette heure-là. Le surveillant marche devant moi, alors que d’habitude, ils marchent derrière nous – je m’en rappelle parce qu’il était très grand, balèze et tout. Et là, dans le parloir, je vois ma grande sœur et ma cousine. Elles avaient fait la route jusqu’à Perpignan depuis la Normandie, alors qu’il ne me restait qu’un mois à faire ; j’ai compris direct. Mais je ne savais pas si c’était mon père ou ma mère.

« Je me suis mise à parler de tout et de rien – sauf de ça »

Ma sœur a commencé par prendre des pincettes… puis elle m’a annoncé. Je pensais qu’elle allait me dire que quelqu’un venait de mourir, mais elle me lâche qu’elle rentre d’Algérie, que ça y est, ma mère a été enterrée. Le jour où je passais au prétoire. Elle m’a dit que ça a été très dur pour eux mais que ma mère n’a pas souffert. Elle m’a aussi raconté qu’elle avait appelé la prison pour les informer, pour que je sache, et qu’on lui avait raccroché au nez. Je n’ai pas pleuré sur le coup, parce que je ne voulais pas qu’elle reste. Comme je sortais du mitard, j’étais épuisée, habillée comme une pouilleuse… Je n’étais pas bien. Je me souviens que je me suis mise à parler de tout et de rien – sauf de ça. Ma sœur, elle ne vient pas du même milieu que moi. Elle travaille pour le Conseil général, elle a son pavillon, sa résidence secondaire, son mari, les enfants… Moi, c’est la rue et tout ça. Je me suis excusée de l’avoir fait rentrer dans ma vie, dans mon milieu. J’avais déjà fait plusieurs fois de la prison, mais jamais je n’avais demandé qu’on vienne me rendre visite. Je ne voulais pas de mandat, rien. Alors ma sœur est partie. Elle avait fait mille kilomètres pour à peine plus de cinq minutes de parloir. Et là, d’un coup, j’ai eu froid, mais d’une force… Quand je suis rentrée en détention, je ne pleurais toujours pas. Là, dans la coursive, je croise S. Je me rappellerai toujours d’elle. Quand je suis arrivée en prison, S., elle était dans le coma, elle avait fait une overdose. Même si je ne la connaissais pas, j’avais peur qu’elle meure, c’était bizarre. J’ai eu envie de lui parler : « Il faut que je te dise un truc. Je viens de perdre ma mère. On vient de me le dire. » Elle a été choquée, elle m’a dit qu’elle était désolée pour moi. J’ai continué à avancer, et j’ai croisé B. Au début, elle voulait me mettre à l’amende, mais par la suite nos relations se sont améliorées, et on a fini par devenir amies. B. me raconte qu’elle venait de voir sa fille au parloir. Elle était trop contente. Je n’allais pas lui casser son délire en lui disant que ma mère était morte. Alors je lui ai répondu : « C’est bien… Je suis contente pour toi. » Et puis la surveillante cheffe est venue me voir avec sa collègue, et c’est là que j’ai craqué. J’ai commencé à pleurer. Elles ont fait ce qu’elles pouvaient pour me réconforter. On a parlé. La cheffe m’a dit qu’elle avait perdu son père. Je n’étais plus une détenue, elles n’étaient plus des surveillantes.

« J’étais là sans y être »

Plus tard, un gradé avec qui j’avais eu des différends m’a appelée. Il m’a dit : « Je suis sûr que vous êtes quelqu’un de bien », il m’a présenté ses condoléances et tout. Mais juste après, un autre m’a annoncé que j’allais repasser au prétoire, pour des insultes à une surveillante. Je venais de perdre ma mère, alors vous pensez bien que je m’en foutais, mais à un point… Je leur ai dit : « Vous pouvez me mettre au mitard direct si vous voulez, qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ? Si c’était à refaire, je le referai. » Je me suis dit : je viens de perdre ma mère et eux, ils m’expliquent que je dois être sanctionnée pour des insultes ! Quand je suis rentrée en cellule, j’ai voulu préserver O., parce qu’elle était jeune. Mais elle a vu que j’avais une drôle de tête, du coup elle m’a demandé ce qu’il se passait. Je lui ai dit qu’on venait de m’annoncer le décès de ma mère. « Nooon ! Tu me parlais d’elle ce matin en plus… » Elle était choquée. Je me rappelle qu’elle a mis du rap après. Moi je pétais les plombs, je me demandais comment j’allais faire pour tenir ici. Ma tête n’était plus en prison, je pensais à la tombe de ma mère, à dix mille choses. J’étais là sans y être.

Quand je suis ressortie en promenade, les filles ont essayé de me réconforter. Il y en avait une qui venait de perdre son père, dans l’Oise. Elle ne voulait parler qu’avec moi. Elle avait peur qu’on ne la laisse pas sortir pour assister aux funérailles. Elle avait une audience en visioconférence avec le juge. Je lui ai dit : « Essaye, parle avec ton cœur, pour moi c’est foutu. » Une autre détenue de Perpignan a perdu son fils de 19 ans, il est mort d’un accident. C’est pire, la pauvre. Elle n’a pas pu assister aux obsèques, elle n’a pas su faire les démarches… Le père de S. est décédé aussi. Au moment où c’est arrivé, son frère était en prison à Perpignan. Leur mère avait fait les démarches et le frère attendait sa permission de sortie. Les obsèques étaient à Perpignan, pas en Algérie ou en Normandie. Mais il n’a pas pu y aller finalement, faute d’escorte… Et on ne lui a dit que c’était impossible qu’au bout de 48 heures.

Ils ne se rendent pas compte des conséquences psychologiques du fait de ne pas pouvoir être présent aux funérailles. Et encore, moi je n’ai pas eu à attendre, à me demander si oui ou non j’allais pouvoir sortir. Ils ne se rendent pas compte des conséquences sur la famille aussi. Après, j’ai eu très peur de perdre aussi mon père… J’ai pu lui téléphoner, en cachette – c’est quelqu’un de l’administration pénitentiaire qui a été adorable et m’a laissée l’appeler. J’ai pu le rassurer, lui dire que je tenais le coup. Heureusement, il m’a dit qu’il ne m’en voulait pas – comme ma mère est morte trois jours après mon incarcération, j’avais peur que ce soit à cause de ça. Ma sœur m’avait déjà dit de ne pas m’inquiéter, que ma mère s’y été faite, à la longue ; c’est vrai que je faisais des allers-retours depuis dix ans… D’ailleurs, si je n’avais pas été en prison à ce moment, peut-être qu’ils m’auraient retrouvée et arrêtée devant ma mère alors qu’il ne lui restait que trois jours à vivre, ça aurait été pire.

Je n’ai jamais compris pourquoi je n’avais pas été prévenue pour le décès. J’ai eu beau écrire pour raconter cette histoire à la juge, au procureur, à tout le monde, je n’ai jamais eu d’autre réponse que celle des services de madame Hazan, qui m’a un peu réconfortée. Jusqu’à récemment, je ne pouvais plus repasser devant la prison, parce que c’était là que j’avais appris la mort de ma mère – même en voiture, je demandais à mon copain de faire un détour. Aujourd’hui, je n’arrive toujours pas à réaliser.

Non au saccage du théâtre municipal de Perpignan
 

Le théâtre municipal de Perpignan a été édifié sous le Ier empire, en 1812. C'est ainsi une des premières salles "à l'italienne", sur les 170 construites en France, dont l'acoustique remarquable est appréciée des professionnels et des spectateurs. Il porte depuis peu le nom de Jordi Pere Cerdà, illustre poète et dramaturge catalan du XXe siècle.

Cet édifice est classé en catégorie 5 au Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du Site patrimonial remarquable de Perpignan, donc il ne peut être ni démoli, ni modifié, ni altéré et sa restauration et ses aménagements doivent tenir compte de son histoire et de son état d'origine.

Beaucoup de théâtres à l'italienne de France ou d’Europe viennent d’être restaurés ou sont en voie de l’être. Afin d'assurer une meilleure conservation future du théâtre de Perpignan, l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Artistique et Historique Roussillonnais (ASPAHR) a sollicité, il y a un an, le préfet de la région « Occitanie » pour une protection au titre des Monuments historiques : cette demande est restée sans suite.

Une importante mobilisation a eu lieu au dernier trimestre 2017 pour que le théâtre municipal Jordi Pere Cerdà reste un lieu de spectacle et ne soit pas transformé en amphithéâtre pour l'université, comme le souhaitait le maire, puisque cela ne peut qu’altérer considérablement la salle pour l'adapter à ce nouvel usage. La pétition pour sauver le théâtre avait alors déjà recueilli près de 9000 signatures.

Nonobstant l'opposition à son projet, le maire a lancé des appels d'offre et il vient de signer une déclaration préalable de travaux : le chantier démarre, sans qu'il ait été fait appel à un architecte et sans permis de construire. Il y a quelques mois, le maire déclarait qu'il ne s'agissait que de remplacer les sièges et de quelques travaux de mise aux normes : en fait, il s'agit bien d'un gros chantier de 1,3 million d'€, qui va dénaturer notablement et surtout irrémédiablement ce théâtre historique de Perpignan.

Jugez-en !

Le plancher, en partie en bois, va être remplacé par une dalle en béton armé de 20cm qui va modifier l'exceptionnelle acoustique de la salle. A l'occasion, le sous-sol va être creusé de 80cm, alors que nous sommes à l'emplacement de l'ancien Collège des Jésuites et de la ville médiévale !

Les 6 loges donnant sur la scène vont être neutralisées pour faire passer des gaines de climatisation et les dessous des balcons vont être ornés de tuyauteries de ventilation, qui, même masquées par des faux-plafonds, créeront une altération esthétique et acoustique. La salle Cocteau, transformée en sarcophage, va subir une réduction et sera rendue quasi inaccessible. Partout, les espaces libres seront désormais cloisonnés pour créer des sanitaires supplémentaires.

Le hall d'accueil va se trouver réduit à un couloir de 2 mètres, afin de permettre l'installation de quatre blocs de sanitaires, dont les portes vont faire la « haie d’honneur » à l’entrée du public !

Le théâtre va perdre 200 sièges, la capacité va passer de 550 places assises à 350, alors qu'il est prévu d'accueillir 400 à 450 étudiants.

Ces travaux et ces aménagements, très invasifs, vont altérer grandement (donc saccager) ce théâtre historique, et sont contraires au règlement d'urbanisme ; ils sont bien destinés à permettre un changement d'affectation, dont la décision relève du seul ministre de la Culture, lequel n'a pas délivré son accord, à ce jour.

L'ASPAHR a saisi le ministre de la Culture et le préfet de la région « Occitanie » sur l'irrégularité des travaux et le changement, de fait, d'affectation. L'ASPAHR dépose une requête auprès du tribunal administratif de Montpellier, doublée d'une requête en référé.  

 

Les soussignés demandent :

- à Monsieur le maire de Perpignan :

  • de stopper immédiatement les travaux sur le théâtre municipal ;
  • de revoir le projet, en faisant appel à des architectes qualifiés et en consultant les usagers et les associations.

 

- à Monsieur le ministre de la Culture :

  • de refuser tout changement d'affectation du théâtre       ;
  • de s'opposer à des travaux non conformes au règlement du PSMV ;
  • de lancer l'instruction du dossier de protection au titre des Monuments historiques.

Courriel : aspahr2017@gmail.com

Web : http://aspahr.ouvaton.org/

Facebook : https://www.facebook.com/groups/aspahr2017/

 
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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 17:22
B.Lorquin - Maillol (un des catalogues de la Fondation - Sur la tombe de Maillol : Olivier Lorquin entre M.Solé, maire de Banyuls et M. Moly, conseiller général - Olivier Lorquin et son épouse -
B.Lorquin - Maillol (un des catalogues de la Fondation - Sur la tombe de Maillol : Olivier Lorquin entre M.Solé, maire de Banyuls et M. Moly, conseiller général - Olivier Lorquin et son épouse -
B.Lorquin - Maillol (un des catalogues de la Fondation - Sur la tombe de Maillol : Olivier Lorquin entre M.Solé, maire de Banyuls et M. Moly, conseiller général - Olivier Lorquin et son épouse -
B.Lorquin - Maillol (un des catalogues de la Fondation - Sur la tombe de Maillol : Olivier Lorquin entre M.Solé, maire de Banyuls et M. Moly, conseiller général - Olivier Lorquin et son épouse -

B.Lorquin - Maillol (un des catalogues de la Fondation - Sur la tombe de Maillol : Olivier Lorquin entre M.Solé, maire de Banyuls et M. Moly, conseiller général - Olivier Lorquin et son épouse -

Mort de Bertrand LORQUIN, à 66 ans, fils cadet de Dina VIERNY

 

 

Bertrand Lorquin était conservateur du Musée Maillol, à Paris et auteur de Maillol aux Tuileries et autres monographies sur divers artistes de l'époque...

 

Je l'avais rencontré (handicapé, c'était un homme très discret, loin des médias, travaillant à l'oeuvre de Maillol) avec son frère Olivier à la Fondation D. Vierny de Paris, quand je suis allé faire apporter le manuscrit de la brochure consacrée à Maillol, écrite avec André Roger, lors de la rétrospective de 2000 au palais des Congrès de Perpignan.

 

Dans son bureau à l'étage du musée parisien, rue de Grenelle, accessible par un ascenseur, j'ai regardé Dina lire attentivement tous les textes, au milieu de nombreuses statues et de multiples catalogues, observant si la vérité ("sa" vérité) était bien décrite, avant de signer le "bon à tirer".

 

La brochure fut mise en vente à la fondation, puis Olivier, né en 19249, directeur du musée et désormais seul héritier, décida, selon les dires de Dina, de ne plus exposer ces modestes études.

 

Cependant, la brochure fut exposée et vendue pendant des années au musée de Banyuls, ancien atelier du sculpteur, où il repose désormais...

 

Ces souvenirs à Banyuls (repas à la maison rose, avec Bertha-Maillol et quelques amis...) ont été racontés dans mes recueils "Catalognarts", "Peintres en Catalogne"...

J'adresse mes condoléances à la famille d'O.Lorquin et à celle de Berta-Maillol.

 

JPB

__ 

Né à Paris, Bertrand Lorquin a fait des études de philosophie et d'histoire de l'art. Il est actuellement conservateur du Musée Maillol. Il a collaboré à de nombreuses expositions Maillol dans le monde, Tokyo, Taïwan, Sao Paulo, Baden Baden, Mexico, Valence. Depuis l'ouverture du musée Maillol, Bertrand Lorquin travaille au co-commissariat d'expositions comme Le Nu dans l'oeuvre de Félix Valloton, Diego Rivent et Frida Kahlo, Maillol Peintre, Pierre Bonnard, L'expressionnisme autrichien, l'Ecole de Londres. A participé à la rédaction du catalogue raisonné de l'oeuvre de Maillol. Principales publications : Marcel Duchamp et ses frères, Paris 1988, Maillol aux Tuileries, Paris 1991, Bauchant 1998 et Toulouse Lautrec et l'affiche, Paris 2001.

 

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Maillol, par D.Vierny et B.Lorquin

Fondation Dina Vierny Musee Maillol et RMN, 2001. in4, souple, couverture rempliée, 215p (+ 23p de traduction du texte en anglais en fin d'ouvrage)

 

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Les 2 fils, ayants-droit du sculpteur

 

Artiste connu pour ses sculptures de femmes aux formes rondes et douces, Aristide Maillol est « tombé » dans le domaine public depuis le 1er janvier 2015. Les œuvres du catalan, natif de Banyuls-sur-mer, peuvent donc être reproduites librement mais sans nuire à leur intégrité. Une intégrité que les descendants de Maillol entendent bien faire respecter.

C’est un peu rébarbatif mais rappelons ici quelques notions de droit : une œuvre tombe dans le domaine public quand le monopole d’exploitation sur cette œuvre cesse. Inutile alors de demander au titulaire des droits d'auteur son autorisation préalable pour reproduire ou représenter l'œuvre. Inutile aussi de verser des droits d'auteur. 

 

En France, la durée de ces droits est calculée de la façon suivante : la durée de vie de l’auteur auquel on rajoute soixante-dix années après sa mort ; ces dernières sont calculées  à partir du 1er janvier de l’année qui suit la date du décès de l’auteur.

 

Ainsi pour Aristide Maillol : l’artiste est décédé en septembre 1944. La durée des droits d’auteurs a été calculée à partir du 1er janvier 1945. Nous sommes en 2015, le délai légal des 70 ans est donc achevé. Concrètement, cela signifie que le public pourra prendre en photos les statues de Maillol et les partager librement sur quelque support que ce soit, reproduire des statuettes et même utiliser le nom « Maillol » sans demander l’autorisation des descendants de l’artiste.

 

Pour autant, pas question de faire n’importe quoi. Il existe un droit moral qui est lui, perpétuel, inaliénable. Si la famille de Maillol juge que l’intégrité d’une œuvre de l’artiste est atteinte, elle peut ainsi porter plainte.

 

Pour preuve, ce précédent judiciaire qui concerne justement des œuvres de Maillol. Le 17 janvier dernier, le Tribunal de Grande instance de Paris a condamné le magazine de mode Purple Fashion à verser 100.000 euros de dommages et intérêts. Il avait publié des photos du mannequin Laetitia Casta posant de façon un peu trop érotiques ou en tout cas suggestives sur cinq statues d'Aristide Maillol installées dans le jardin des Tuileries à Paris. Pour la justice le magazine avait "commis des actes de contrefaçon" en publiant ces photos sans autorisation de Bertrand et Serge Olivier Lorquin, ayants droit du sculpteur. La société éditrice du magazine a été condamnée à leur verser 50.000 euros de dommages et intérêts, et la même somme à la société des Auteurs dans les arts graphiques et plastiques (ADAGP), gestionnaire des droits patrimoniaux. De quoi faire réfléchir...

 

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Bertrand LORQUIN, Auteur de nombreux textes :

20 documents

  • Allemagne
    les années noires, [exposition, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 31 octobre 2007-4 février 2008]
    Description matérielle : 1 vol. (247 p.)
    Description : Note : Notes bibliogr.
    Édition : Paris : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : Gallimard , impr. 2007
    Autre auteur du texte : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol. Paris, Annette Vogel, Hans Wilderotter

    disponible en Haut de Jardin
    [catalogue]
  • Aristide Maillol
    Description matérielle : 199 p.
    Description : Note : Titre de jaquette : "Maillol". - Bibliogr. p. 195
    Édition : Genève : Skira ; Paris : Seuil , 2002

    disponible en Haut de Jardin
    [catalogue]
  • L'École de Londres
    de Bacon à Bevan, [exposition, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 10 octobre 1998-20 janvier 1999]
    Description matérielle : 239-XV p.
    Description : Note : Textes en français et en anglais
    Édition : Paris : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : Réunion des musées nationaux , 1998
    Autre auteur du texte : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol. Paris, Jill Lloyd, Michael Peppiatt

    disponible en Haut de Jardin
    [catalogue]
  • Contenu dans : Botero
    Entretien avec Fernando Botero. - Bertrand Lorquin. - [1]
    Description matérielle : 167 p.
    Description : Note : Contient : "Entretien avec Fernando Botero" / Bertrand Lorquin. - Bibliogr. p. 166-167
    Édition : Paris : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : Hazan , 2003
    Auteur du texte : Fernando Botero

    [catalogue]
  • Erik Boulatov
    [exposition, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 21 octobre 1999-20 janvier 2000]
    Description matérielle : 111 p.
    Édition : Paris : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : Réunion des musées nationaux , 1999
    Autre auteur du texte : Erik Vladimirovič Bulatov, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol. Paris, Dina Vierny (1919-2009)

    disponible en Haut de Jardin
    [catalogue]

VOIR LES 20 DOCUMENTS

 

  • La dernière séance
    Bert Stern, dans la collection de Michaela et Leon Constantiner, New York, [exposition, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 29 juin-30 octobre 2006]
    Description matérielle : 1 vol. (125 p.)
    Édition : Paris : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : Gallimard , impr. 2006
    Auteur du texte : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol. Paris

    [catalogue]
  • Jacques Doucet "collagiste"
    Description matérielle : 89 p.
    Édition : Paris : Galilée , 2001
    Auteur du texte : Andrée Doucet
     
  • Maillol peintre
    [exposition, 6 juin-20 octobre 2001, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol]
    Description matérielle : 215-XXIII p.
    Description : Note : Texte français et trad. anglaise à la suite. - Bibliogr. p. 203-207
    Édition : Paris : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : Réunion des musées nationaux , 2001
    Auteur du texte : Fondation Dina Vierny-Musée Maillol. Paris

    disponible en Haut de Jardin
    [catalogue]

 

Pages dans data.bnf.fr

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Sources et références

Voir dans le catalogue général de la BnF

Sources de la notice

  • Marcel Duchamp et ses frères / textes par F. M. Naumann, B. Lorquin, P. Cabanne, 1988
    Aristide Maillol / Bertrand Lorquin, 1994
    Fondation Dina Vierny-Musée Maillol : guide du visiteur / Bertrand Lorquin et Jean-Luc Daval, 1995 [et déclaration de dépôt légal pour la date de naissance]

 

 

 

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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