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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 07:25
Sommet du Canigou © J.P.Bonnel

Sommet du Canigou © J.P.Bonnel

    

* Débat : à propos du CANIGOU, pourquoi montagne "sacrée"..?

 

 

 

 

    Lettre de Joseph Ribas (19 mars 2015)

 

 

    Cher M. Jean-Pierre Bonnel,

 

 

    Je reçois votre lettre.

    J'admets que le terme "sacré" ait pour vous surprendre. Il m'a posé problème. J'ai pensé même le remplacer par "mythique". Je m'en suis remis à la définition classique du mot "haut lieu". Le "haut lieu" désignait, dans l'Antiquité, une montagne où l'on élevait un autel aux dieux du paganisme.

 

    On peut penser que ce fut le cas pour le pic dominant du Canigou. Le dolmen de Tribe, aux limites du Conflent et des Fenouillèdes, apporte un élément de preuve. Sa table est orientée vers le sud, dans la direction du pic, bien apparent à cet endroit. La plupart des dolmens pointent généralement vers l'est. Cette singularité du dolmen deTribe a certainement du sens.

 

    M. André Suchet, universitaire à l'institue de Géographie alpine de Grenoble, intéressé par mes travaux sur le pyrénéite, m'a affirmé que le terme de "montagne sacrée" était scientifiquement recevable. La géographie moderne définit un "lieu" comme ma composante de trois figures de rhétorique : 

-le lieu-attribut, admis comme symbole

-le lieu générique, qui donne l'image d'une appartenance à une collectivité

-le lieu de condensation, à travers lequel s'exprime un système de valeurs dans lesquelles se reconnaît un groupe social ou politique….

 

    Le Canigou réunit ces trois figures.

 

    J'ai trouvé le propos séduisant.

 

    Au canigou, les attributs légendaires foisonnent. Des "Sept géants" à la représentation que nous donner ls textes anciens (Gervais de Tilbury, Salemsene de Adamo, 1285) -descriptions et allusions à des monstres, des sorcières et des fées.

 

    Le "haut-lieu" s'inscrit dans le cosmos entre espace profane et monde spirituel : un oint du territoire qu'il structure en mettant ce dernier en relations avec l'imaginaire spirituel. Et à l'inverse, glissement du cosmos spirituel au territoire social et politique où il s'exprime par l'adhésion d'une société à une pratique traditionnelle : exemple La Trobada ou les Feux de la Saint-Jean.

 

    Je ne vais pas vous décevoir. Je suis laïque, agnostique,je pourrais dire "athée" si ce terme n'excluait pas toute référence au religieux. La communauté des croyants existe. C'est une réalité. Je la respecte, mais je n'en fais pas partie. Je suis dans l'esprit de la loi républicaine sur la Séparation des Eglises et de l'Etat (loi de 1905), encore en avance sur notre temps.

 

    A propos de mon rapport à la nature, je vais vous donner mon sentiment personnel.

 

    J'ai gravi  la plupart des sommets pyrénéens. Là où Russell "voyant Dieu partout"; là où Schrader "parlait au divin", j'ai bu, moi, se lever des aurores sublimes. J'ai pensé aux tableaux de Turner ou de Constable : les formes et les ciels confondus dans des perspectives fuyantes de crêtes et de nuages. Mais est-il nécessaire d'ouvrir de grands livres d'art, de visiter des musées de peintres célèbres quand, dans nos yeux, à certaines heures du matin, le jour nous accompagne vers de fastueux spectacles.

 

    Là, je me reconnais le droit d'aimer sans mesure. Qu'ai-je besoin de parler de dieux, de monstres ou de fées…

 

    La montagne est belle, inépuisablement belle. La voir si belle, il me vient une inquiétude : la sourde prémonition de perdre un jour la jouissance de l'instant où je l'ai vue se coucher dans des crépuscules triomphants. Car c'est cet instant qu'il me faut vivre : ici et maintenant.

 

    Demain ? A tous les demains à venir, je préfère me réjouir du jour que je vis avec ses accrocs, ses reprises, sa belle étoffe tissée au fil du temps qui passe. Sentir chanter le monde. Consentir à vivre comme a grandi le vieil hêtre de la forêt.

 

    Pourquoi proclamer sa foi ? Comme l'ont fait Russell, Schrader, mes maîtres en pyrénéisme, et tant d'autres. Les religions catéchisent la morale et ne propagent pas nécessairement l'amour.

 

    Bien à vous.

 

    Joseph RIBAS.

 

 

    - - - rappel :

 

 

    Lettre à Joseph RIBAS, Canohès, le 17 mars 2015

 

 

    Bonjour et merci de m'avoir répondu de façon si sympathique au téléphone.

    C'est l'expression "Canigou, montagne sacrée" qui m'interroge : je voudrais en connaître les origines et les raisons… Formule venue des légendes anciennes, que vous abordez dans votre grand livre *, ou récupération par la religion et/ou le nationalisme catalan..?

 

    Vous m'avez parlé du divin et du sacré, merci d'expliciter !

    En ce qui me concerne, élevé dans le catholicisme (baptême, communions…à la Cathédrale Saint-Jean de Perpignan), mais athée, à présent (et depuis toujours, en fait), je suis assez choqué, sans être un laïcard intégriste, quand, une fois arrivé au sommet du CANIGO, je me trouve face à une crois (apportée par les ados de La Réal)…

 

    Laïque, je comprends quand même qu'on ne peut supprimer tous les signes ostentatoires religieux qui hantent la République (et encore moins les oeuvres d'art religieuses !), mais ici, dans ce paysage naturel, je ne voudrais voir que la nature, la beauté naturelle, pas cet objet, sous-entendant que l'ascension a été un chemin de croix… Non, la montée fut dure, mais ce fut d'abord un plaisir !

 

    Merci de me répondre. Bien à vous. JPB

 

 

Canigou, montagne sacrée des Pyrénées, Loubatières, 1993, 1ère édition.

 

- - - 

Canigou : Montagne sacrée des Pyrénées

 

 

A l'extrémité orientale des Pyrénées, dressé comme une vigie face à la mer, le Canigou exerça dès l'Antiquité une présence et un mystère tellement chargés de puissance et de fantastique qu'il inspira chez les peuples qui l'environnaient le sentiment du sacré. On ne comprend pas autrement l'attrait de cette montagne, son pouvoir symbolique, l'espèce de dévotion qui l'entoure encore de nos jours. Peu de montagnes ont connu le destin singulier d'avoir été d'abord des lieux de vie, prospères et populeux, un patrimoine humain qui essaima si bien que chaque Catalan, qu'il soit de la plaine ou du littoral, peut se trouver une ascendance venue en droite ligne du Canigou. Joseph Ribas fait revivre dans cet ouvrage l'épopée de cette montagne avec ceux qui l'ont peuplée, ceux qui l'ont conquise, ceux qui la pratiquent et ceux qui gèrent son avenir. Ce livre est à lui seul une petite bibliothèque. Il offre aujourd'hui la somme la plus importante d'informations érudites et pratiques. Livre de fierté régionale pour d'aucuns, il est surtout livre de référence pour tout amoureux de cette " montagne initiatique ", envoûtante et secrète.

 

 

 

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:21
Le Bazar Tour...

Le Bazar Tour...

 

Jean-pierre Bonnel

27 mars 2014 · 

la liste à 19 h, jeudi 27 : Signataires (liste provisoire) de l'appel contre "un Perpignan frontiste" :

 

- - -

 

27 mars 2015 :

   Un an déjà, et on a l'impression que rien n'a changé à Perpignan ! En pire, oui ! Suppressions (culture, emploi) et immobilisme. Cumul et promesses non tenues...

   Il y a un an, j'avais appelé à voter J.M.Pujol, simplement pour éviter le danger FN …(voir l'appel d'artistes, intellectuels…sur le site de l'Indépendant, du Site catalan, sur Facebook, dans mon livre récent : "365 jours avec (plutôt contre) J.Marc Pujol" .

 

    Un an après, c'est plus que de la déception, même si on ne se faisait pas d'illusions. Le maire a été élu grâce à la gauche, à des centristes, à des gens de bonne volonté. Le maire nous remercie avec la fameuse complainte "Ni…Ni": l'électeur UDI, le militant UMP ne doivent pas voter pour le candidat de gauche, ou "républicain" en tête !

 

    Alors, allez vous faire voir au Maroc, M.Le Maire en sursis, sans honneur, critiqué de toutes parts ! Nous serons sans doute nombreux à ne plus porter nos suffrages sur vous et vos candidats qui se maintiennent, comme pour offrir la victoire au FN !

 

Continuez à tenir les oppositions à distance, à mettre les drapeaux en berne, à commémorer l'OAS et votre nostalgie de l'Algérie coloniale..! Vous l'avouez (dans Le Monde daté du 27 mars :"Le désarroi d'une droite noyé par le FN") : "Si j'avais l'étiquette FN, je serai (sic : faute du rédacteur Matthieu Goar) élu à 80 % ici."

 

    Vous avouez votre idéologie non-républicaine, vous sortez enfin le non-dit, l'occulté, l'interdit, qui a fait exploser votre cerveau trouble et rongé par l'anti-républicanisme latent…

 

 

** Je voulais montrer aussi que Louis Aliot (FN), malgré son allure de premier de la classe, malgré sa phraséologie anticapitaliste, n'a rien d'un républicain. Je remets à plus tard, tant cette montée du mouvement naZional (selon le bon mot de Serge Llado !) 

 

   Dans son dernier entretien (avec N.Caudeville, dans l'Archipel contre-attaque), il critique les intellectuels qui lui demandent s'il est républicain : les problèmes pour lui, c'est la sécurité et l'immigration, thèmes de la peur qui servent à émouvoir et non pas à faire réfléchir l'électorat populaire…

 

   Ceci est à rapprocher du blog du maire de Perpignan, où, le 26 mars, il critique les intellectuels qui veulent analyser son idéologie…

 

C'est l'attitude permanente du fascisme, le combat contre la culture, mépris de l'intellect : "La mairie sera toujours à coté de l'intelligence." J.M.Pujol...

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 07:54
Joseph Ribas

Joseph Ribas

* Débat : à propos du CANIGOU, pourquoi montagne "sacrée"..?

Lettre à Joseph RIBAS, Canohès, le 17 mars 2015

Bonjour et merci de m'avoir répondu de façon si sympathique au téléphone.

C'est l'expression "Canigou, montagne sacrée" qui m'interroge : je voudrais en connaître les origines et les raisons… Formule venue des légendes anciennes, que vous abordez dans votre grand livre *, ou récupération par la religion et/ou le nationalisme catalan..?

Vous m'avez parlé du divin et du sacré, merci d'expliciter !

En ce qui me concerne, élevé dans le catholicisme (baptême, communions…à la Cathédrale Saint-Jean de Perpignan), mais athée, à présent (et depuis toujours, en fait), je suis assez choqué, sans être un laïcard intégriste, quand, une fois arrivé au sommet du CANIGO, je me trouve face à une crois (apportée par les ados de La Réal)…

Laïque, je comprends quand même qu'on ne peut supprimer tous les signes ostentatoires religieux qui hantent la République (et encore moins les oeuvres d'art religieuses !), mais ici, dans ce paysage naturel, je ne voudrais voir que la nature, la beauté naturelle, pas cet objet, sous-entendant que l'ascension a été un chemin de croix… Non, la montée fut dure, mais ce fut d'abord un plaisir !

Merci de me répondre. Bien à vous. JPB

* Canigou, montagne sacrée des Pyrénées, Loubatières, 1993, 1ère édition.

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Canigou : Montagne sacrée des Pyrénées

A l'extrémité orientale des Pyrénées, dressé comme une vigie face à la mer, le Canigou exerça dès l'Antiquité une présence et un mystère tellement chargés de puissance et de fantastique qu'il inspira chez les peuples qui l'environnaient le sentiment du sacré.

On ne comprend pas autrement l'attrait de cette montagne, son pouvoir symbolique, l'espèce de dévotion qui l'entoure encore de nos jours. Peu de montagnes ont connu le destin singulier d'avoir été d'abord des lieux de vie, prospères et populeux, un patrimoine humain qui essaima si bien que chaque Catalan, qu'il soit de la plaine ou du littoral, peut se trouver une ascendance venue en droite ligne du Canigou.

Joseph Ribas fait revivre dans cet ouvrage l'épopée de cette montagne avec ceux qui l'ont peuplée, ceux qui l'ont conquise, ceux qui la pratiquent et ceux qui gèrent son avenir. Ce livre est à lui seul une petite bibliothèque. Il offre aujourd'hui la somme la plus importante d'informations érudites et pratiques. Livre de fierté régionale pour d'aucuns, il est surtout livre de référence pour tout amoureux de cette " montagne initiatique ", envoûtante et secrète.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 10:17
Saint-Martin du Canigou
Saint-Martin du Canigou

L'objectivité, ce serait ce "point de vue depuis le Canigou" comme on parle de "point de vue de Sirius"...

Cette position de recul (pas de désengagement ou de retrait assimilable à une démission) permet de constater que :

1.La situation politique n'est pas le tripartisme comme on le claironne, mais le quadripartisme (ne pas oublier le 4° bloc du parti de l'abstention qui doit être reconnu car signifiant) : il peut, comme les autres partis, s'agrandir ou diminuer selon l'évolution du contexte économique et de la grandeur du mépris des élites à l'égard des citoyens...

On a désormais une lutte entre 4 gros blocs politiques qui lamine les petits mouvements, locaux (L'Olivier), "apolitiques" ou "sans étiquette"...

2. le FN serait un "parti républicain" parce qu'il joue le jeu des élections; or il provient d'une généalogie politique fondée sur le racisme et l'identité : JM.Le Pen, issu de l'extrême-droite doit à Tixier Vignancourt et aux guerres coloniales (tortures, attentats de l'OAS, contre les Français d'Algérie et le général de Gaulle), a engendré une fille qui se veut proche des valeurs républicaines (sauf quand elle danse avec des dirigeants néo-nazis autrichiens…

Marine Le Pen tente de gommer une mémoire historique trouble, mais nous ne sommes pas dupes !

La campagne électorale des départementales montre que, à part l'Europe ou la sécurité, le sujet récurrent abordé sur les marchés est l'immigration : "Trop d'immigrés en France", ce qui veut dire trop de juifs , et surtout trop d'Arabes… La direction du FN ne fait rien pour contrer ce préjugé, bien au contraire !

JPB.

- - -Questions à M. Louis ALIOT (FN) : ces questions, envoyées au vice-président du FN, n'ont pas eu de réponse. M. Aliot a sans doute estimé que ce blog avait peu d'audience (400 visites quotidiennes chaque jour, soit environ 12000 par mois), ou que les sujets proposés n'étaient pas intéressants… M. Aliot peut encore répondre ou rédiger des commentaires...

Bonjour M. Aliot, on ne se connaît pas de façon personnelle, mais je lis vos prises de position et vous avez la gentillesse de me suivre sur twitter et de me citer lors du débat municipal avec JM.Pujol (affaire Occident).

1.Je suis assez d'accord avec vous quand vous interrogez la commission européenne concernant l'insertion des populations nomades sédentarisées : il ne sert à rien de rénover des bâtiments, de dépenser de l'argent si on ne demande pas à ces populations de respecter le droit français, si on ne fait pas de la pédagogie, si on ne demande rien en échange (propreté, scolarisation des enfants, arrêt des divers trafics…). Voir un récent article du blogabonnel sur les ghettos.

Pouvez-vous expliciter vos solutions concernant l'insertion et l'assimilation ?

2. Quel bilan faites-vous de l'action municipale de JMPujol depuis un an..?

3. Croyez-vous crédible la formule de l'Indépendant (à partir de l'analyse de Nicolas Lebourg) : "L. Aliot peut prendre la ville en 2020." ?

4. Vous avez manifesté à Perpignan pour "Charlie" alors que le FN s'y est officiellement refusé. Est-ce pour l'esprit Charlie ou pour d'autres considérations (lutte contre l'islamisme radical, pour vous montrer…) ?

5. Compagnon de Marine, vous n'avez jamais renié ou contesté les prises de positions antisémites de votre "beau-père"… Pourquoi ? Vous ne semblez pas raciste et vous jouez la carte de la démocratie; votre discours est social, modéré, mais n'est-ce pas là séduction pour mieux tromper, comme vient de le montrer Cécile Alduy, analysant les discours de Marine, dans son livre récent..? (voir article dans le blogabonnel)

6. Pour poursuivre cette question sur les apparences et un discours hypocrite destiné à tromper l'électorat populaire, qui votait pour la gauche, je reviendrai sur votre déguisement lors de la procession de La Sanch à Perpignan : n'avancez-vous pas masqué derrière votre déguisement de pénitent… Pour attirer à vous l'électorat catholique, intégriste ou pas, de même que vous avez sillonné le quartier Saint-Jacques pour convaincre les Gitans..?

Merci, M. Aliot ! J.P.Bonnel

***A LIRE : 365 jours avec le maire de Perpignan :

Jean-Pierre Bonnel a réuni dans ce livre les articles politiques et polémiques publiés dans son blog, de novembre 2013 à janvier 2015. Le recueil couvre la chronique locale qui a tenté d’analyser les programmes et les promesses des candidats aux élections municipales à Perpignan. Les protagonistes principaux en sont J.M.Pujol, J. Cresta, Clotilde Ripoull, L. Aliot, J. Codognès, M. Pinell, M. Sitja....

Hors de tout groupe partisan, le blogabonnel a cependant pris parti pour la candidate «sans étiquette» C. Ripoull. Cet engagement ponctuel n’enlève rien à la liberté totale de son auteur, libre de toute influence financière ou idéologique.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 10:30
Canigou depuis Creus.

Canigou depuis Creus.

1. Images des départementales :

 

* M. Valls célèbre le Canigou, lors de sa venue à Argelès. Ségolène Neuville, alors : "Le Canigou ? La présidente, c'est moi !"

 

La secrétaire d'Etat peut sauver son canton CANIGO, mais elle sait aussi que la gauche va perdre le département, et que le FN peut le prendre !

 

**Jean-Marc Pujol a un humour irrésistible !!! Minoritaire dans sa ville, peu légitime donc, il contredit la réalité (échec de ses conseillers, rejet par la population et une partie des militants de droite, dont J.Paul Alduy). 

 

Il tente de sauver quelques cantons pour le second tour. 

 

En réalité, il prépare un remaniement municipal (exit Amiel, Gombert…), il va se séparer de son directeur de cabinet qui le conduit au désastre (ville gagnée par le FN), il va arrêter de concurrencer le FN en jouant la droite dure (19 mars 62, musée algérianiste, rues pour l'OAS…les électeurs préférant l'original, L. Aliot) : il va s'ouvrir au centre (en faisant appel au Modem et à Bruno Delmas) pour créer un "front républicain".

 

2. Images du département : Arles sur Tech

 

La vente P.Bergé du 19 mars dernier, à Paris, a révélé les origines de la photo (1837); 2 photos de la grande mission héliographie de 1851, en France, ont été vendus (estimation d'origine : 450 000 euros) : elles représentent le cloître d'Arles sur Tech ; or les photos ne montrent pas l'abbaye Sainte-Marie, mais, sous les colonnes, des habitants de la région et du photographe G.Le Gray…

 

3. Images des camps d'extermination : 

 

Il est d'actualité de lire l'essai du philosophe G. Didi-Huberman : "Images malgré tout" (éditions de Minuit) car le FN glorieux a un dangereux fonds idéologique négationniste…

 

En effet, en août 44, les membres du commando spécial de détenus qui géraient l'extermination de masse "ont éprouvé l'impérieuse nécessité, ô combien dangereuse pour eux, d'arracher à leur infernal travail quelques photographies susceptibles de porter témoignage sur l'horreur spécifique et l'ampleur du massacre. Arracher quelques images à ce réel-là…" Ils vont réussir à prendre des photos du crématoire V d'Auschwitz, situé dans un petit bois de bouleaux…Le homographe a dû se cacher dans la chambre à gaz…L'appareil était caché dans le fond d'un seau…Le bout de pellicule sera extrait de l'appareil, ramené au camp central et sorti d'Auschwitz dans un tube de pâte dentifrice où lavait caché Helena Danton, employée à la cantine SS (page 23)…I parviendra un peu plus tard, le 4 sept. 44 à la résistance polonaise de Cracovie, accompagné d'une note écrite par deux détenus…

 

Assassiner ne suffisait pas, il fallait effacer toute trace, toute image, d'où la politique de désimagination des nazis…Or ces photos ont "résisté" et sont des preuves des laboratoires de la mort !

Livre terrible, à relire chaque jour, pour ne pas oublier...

 

jpb

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 10:04
En route pour le Canigou. Les candidats de droite (Jean Castex, Bruno Delmas) ont pris le Canigou comme décor de leurs affiches.En route pour le Canigou. Les candidats de droite (Jean Castex, Bruno Delmas) ont pris le Canigou comme décor de leurs affiches.En route pour le Canigou. Les candidats de droite (Jean Castex, Bruno Delmas) ont pris le Canigou comme décor de leurs affiches.

En route pour le Canigou. Les candidats de droite (Jean Castex, Bruno Delmas) ont pris le Canigou comme décor de leurs affiches.

   Ils n'ont rien compris ! Nos politiciens, hier soir, dans les "débats" de la télé, bien que rejetés, méprisés par les électeurs, continuaient à parler du "ni...ni" et autres conneries...

 

   Le FN, lui, continuait à diffuser son discours social, son langage révolutionnaire, qui fait mouche et leurre les citoyens. Toutefois, il  faut se demander si les électeurs sont trompés et votent comme des naïfs. 

 

Si, au contraire (et je fais confiance à la majorité du peuple : il a toujours raison) ils étaient  conscients de voter, par défaut, excédés par les injustices, se défoulant, rejetant la classe politique, en sachant qu'ils vont vers le pire…

 

Le plus grave : si une partie de plus en plus grande de l'électorat votait par adhésion pour un parti dont les valeurs fondatrices sont le racisme, le rejet de l'étranger…

 

Au lieu de parler du fond : comment résorber le chômage, quels sont les responsables de la crise : financiers, banques, politique libérale européenne..? les irresponsables nationaux s'envoyaient des baffes virtuelles et logomachiques…

 

Ils se comportent comme s'ils étaient aveugles ou sourds aux appels du peuple : le FN, lui, est une machine qui avance, avec patience, mais de façon inéluctable; plus on l'insulte plus le citoyen vote pour lui ! 

 

Moi, pour l'instant, je me retire pour observer la situation du point de vue de Sirius : je monte au Canigou ! Demain et toute la semaine, je publie de beaux textes sur la montagne mystique (ou mythique), grâce au grand écrivain et pyrénéiste Joseph RIBAS

 

jpb

 

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 11:22

    Dieu est mort. Marx est mort. Et moi-même…

 

L'espoir est en berne. Eclipse de gauche. Traitrises, promesses non tenues. 

 

Députés unis pour s'augmenter : finiront bien pas nous écoeurer totalement. Arriveront bien à faire gagner le FN !

 

   Mort de l'union nationale, du réflexe républicain : le Ni Ni. Les électeurs de gauche n'iront plus, désormais, sauver le candidat de droite : chiche le pari, l'aventure ! Chiche le FN au pouvoir !

 

    Fin des utopies. Où l'esprit 68 ? Les intellos d'alors (Derrida, Foucault…) seraient responsables, avec leur "déconstruction" de la situation et du malaise (impasse, crise, absence de perspectives…) actuels. Et les intellos qui se taisent : Valls a beau crier…Il n'y a plus que les "intellos" médiatiques pour oser proférer une voyance; les autres travaillent, écrivent dans le silence…

 

    Où l'esprit Charlie ? Déjà oublié, deux mois après..? 

 

    Et on devrait voter, c'est vrai. Mais les Français sont écoeurés, désorientés. Abstention, piège à cons…Mais les politiciens font tout pour ça, à force de cumuler et de cacher la vérité ! 

 

L'Histoire revient sous d'autres formes : infinis avatars de la catastrophe !!

    

 

* …C’est que le grand retournement qu’on y voit s’opérer à ma petite échelle, il est en train de s’accomplir à l’échelle de la France. Il y avait certes des indices, depuis longtemps – des indices auxquels on pourrait donner des noms : Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, bien d’autres encore… (Renaud Camus)

 

 

  **Le grand retournement, film :

C'est la crise. Les banquiers aux abois sont réunis : la faillite est imminente. Il va falloir, pour éviter la catastrophe, faire appel au grand ennemi : l'Etat. Face à eux, un jeune président de petite taille et de grande assurance, des conseillers plus ou moins avisés, une journaliste, un trader... La valse des mesures désespérées commence. Les banquiers empruntent à l'Etat, l'Etat creuse sa dette, jusqu'à ce qu'il ne reste que l'humble contribuable pour rembourser aux uns et aux autres ce qu'ils ne lui ont jamais prêté.

Adaptant la pièce de Frédéric Lordon, c'est en alexandrins que Gérard Mordillat choisit de parler de la crise. Dans un décor post-apocalyptique (une usine désaffectée d'Aubervilliers), les banquiers en costume débattent et déambulent sans grande avancée, sans idée forte. La crise paralyse...

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/01/22/le-grand-retournement-la-crise-en-alexandrins_1819829_3246.html#c73zdjF2UFG9h68Z.99

 

 

 

- - - Le blog à bonnel :

 

 

**Les articles les plus lus : en tête Xavier Valls, père de Manuel

 

/article-xavier-valls-peintre-catalan-de-horta-119812332.html

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 10:51

****** Demain dimanche 22 mars 2015, nous devons voter (si la gauche, effondrée, mais est capable de rester au second tour, obtenant 12,5% des inscrits, le FN peut emporter le département à la faveur d'une triangulaire ..!!!),

ou/et voter pour les expositions de Céret :

* Galerie Odile OMS, à Céret (photos jointes - tableaux de portraits)

Du 17 mars au 23 mai 2015,

nous vous invitons à venir découvrir la nouvelle exposition d' Emmanuel Bolzoms.

Vous êtes conviés au vernissage qui aura lieu le vendredi 20 mars à 18 h en présence de l'artiste.

Emmanuel Bolzoms

Après avoir tenté avec élégance de dompter la peinture, il se laisse emporter par elle.

Après le noir qui éclairait la chair des trophées, puis le rose acidulé des «Goumis», après les vanités, la peinture fait œuvre.

Il faut inventer un décor, une scène, peindre sur motif, ce qui encombre l’atelier est là.

Quelques figurines de hussards, deux ou trois bidons de gazoline, une vierge de plâtre.

Et les trois couleurs du bidon de dégrippant pour les gammes.

Il n’y a rien de plus sérieux qu’un enfant qui joue.

Il joue même parfois jusqu’à atteindre la peur et l’angoisse.

Le bien et le mal s’affrontent.

Mais voilà, la peinture s’en mêle, le théâtre des opérations se met en place, la grande explication de l’artiste se trame sur la toile.

Il peint des batailles barbares, des étendards et des chasubles, des dolmans chargés de brandebourgs, Saint Longin et sa lance, des gambas.

Pourtant, la puissance est ailleurs.

Puisée dans l’inconfort de l’atelier, face à lui-même et non plus à l’ennemi, habité par la force de cette peinture qui emporte tout dans son sillage.

**Toujours à Céret :

DANY KARAVAN (voir au cimetière de Port-Bou)

Le Musée d'Art Moderne de Céret présente Dani Karavan

En ce moment au Musée d'Art Moderne de Céret ...

Dani Karavan imagine Passages, un monument en hommage au philosophe Walter Benjamin à Port-Bou, Espagne. Portrait de l'artiste en humaniste et coup d'oeil sur l'exposition et les sculptures de terre présentées pour la première fois au musée d’art moderne de Céret du 14 mars au 31 mai.

MUSEE-CERET-EXPO.COM

Passages - Port Bou

Dani Karavan est le créateur, à Port-Bou, de Passages, réalisation en hommage à Walter Benjamin, écrivain et philosophe juif allemand qui mit fin à ses jours dans la petite ville frontalière. Parvenu jusqu’à Port-Bou par un sentier montagneux et non sans grandes difficultés, Walter Benjamin, craignant d’être reconduit vers la France de Vichy par les autorités espagnoles, se suicida dans la nuit du 26 septembre 1940.

Les matériaux utilisés par Dani Karavan sont évocateurs de l’esprit qui guide sa démarche : de l’acier Corten, du verre, mais aussi et surtout un tourbillon naturel se formant sur la mer, un olivier, et une citation de Benjamin en hommage aux victimes anonymes des conflits : « Honorer la mémoire des anonymes est une tâche plus ardue qu’honorer celle des gens célèbres. L’idée de construction historique se consacre à cette mémoire des anonymes ».

Sculptures de terre

Vingt ans après l’inauguration de Passages, l’exposition présente également la part la plus contemporaine du travail de Dani Karavan. Conçues à la demande et pour les vastes et lumineux espaces de la Galerie Jaeger Bucher/Jeanne-Bucher à Paris, des sculptures et des bas-reliefs aux formes mi-architecturales, mi-sculpturales, réalisées en un béton de terre dont la matière vibrante et l’ocre jouent avec la lumière, évoquent les architectures de terre communes à de nombreuses cultures. Des formes ancestrales des villages d’Israël et de Palestine aux habitats traditionnels d’Orient, d’Afrique ou d’Asie, faisant naître dans notre esprit des images de ziggurats mésopotamiens, de la tour de Babel, de colombiers, de maisons entières ou de modestes refuges, elles sont pour Dani Karavan une autre manière de rendre hommage et de nous offrir en partage l’universalité qui relie ces cultures entre elles.

- - - - Le compositeur et guitariste perpignanais Fr. P. de FOSSA à Jouy :

Demain après-midi, Bruno Marlat fera une conférence sur le compositeur François de Fossa, à Jouy-en-Josas :

Le site du musée de la Toile de Jouy vous présente les collections et ... Concert "Guitaromanie et guitares anciennes ". Le 22/03/2015. Musée de la Toile de Jouy. Conférence "Oberkampf, révolutionnaire et patriote à Jouy-en-Josas"

Par Laurence et Murielle Legallet et l'association "La Rossiniane"

Le début du XIXème siècle marque un renouveau de la guitare. A cette époque, la guitare suscite un tel engouement qu’on dit alors que l’Europe entière est atteinte de "guitaromanie".

Les guitaristes français ne peuvent rivaliser avec la brillante pléiade de virtuoses-compositeurs qui sillonne l’Europe mais Paris jouit d’un prestige inégalé. Elle attire une foule d’artistes, séduits par une atmosphère musicale hors pair.

Dimanche 22 mars - 16h :

Sur réservation : Renseignements : 01 39 56 37 49 (Ecole de musique de Jouy)

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***JO FALIEU et L’UNIVERSITE POPULAIRE DU CONFLENT ouverte à tous entrée libre

POÉSIE DE LA RÉVOLTE

RÉVOLTE DE LA POÉSIE


Jo Falieu

poète philosophe

samedi 21 mars 2015

17h30

Salle du Pessèbre rue St Jean de Porto-Rico à Prades

1 Poésie révoltée - poètes insurgés
2 De l'indignation à la révolte: les témoins
3 La déstructuration du discours poétique

4 L' insurrection poétique; dada et les surréalistes
5 D'une poétique de la révolte

Renseignements : J FALIEU 06 28 02 68 62 / G. PAGE 06 86 92 68 56 /

G.TURREL 04 68 96 08 15.

Passages de D.Karavan (photo J.P.Bonnel) - Tableaux d'Emmanuel Bolzoms © Odile OMSPassages de D.Karavan (photo J.P.Bonnel) - Tableaux d'Emmanuel Bolzoms © Odile OMSPassages de D.Karavan (photo J.P.Bonnel) - Tableaux d'Emmanuel Bolzoms © Odile OMSPassages de D.Karavan (photo J.P.Bonnel) - Tableaux d'Emmanuel Bolzoms © Odile OMS

Passages de D.Karavan (photo J.P.Bonnel) - Tableaux d'Emmanuel Bolzoms © Odile OMS

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 00:05
Roberto Chichorro
Roberto Chichorro

* Je me suis permis de copier/coller ce beau texte (comme toujours) de J.Q. publié sur son site MET BARRAN, où il est urgent de se rendre, pour en savoir plus sur la mémoire de ce pays… Je ne sais si JQ me pardonnera pour ce vol de mots… JPB

CHICHORRO A CANET (66 000 P.O.)

S'il est un lieu d'art dont les cimaises sont braquées sur l'art de région, c'est bien la galerie des Hospices à Canet en Roussillon. Le catalogue des expositions présentées au cours de ces dernières années en est la preuve la plus patente. Lieu passant comme il est, entre Perpignan et les plages, elle ne pouvait se démettre d'un tel privilège. Prochaine affiche: Mario Chichorro. Pas moins! Voilà un créateur phare et il.lustre de notre région. Inscrit dans son paysage artistique comme il n'en est peut-être pas d'autre. Présent, sans être omniprésent, ni hausser le ton, en instances d'amour ou provocations par dédain. Toujours à sa place, humble et passionné poète. Reconnu localement et en de précieux coins d'Europe. Ne comptons plus les décennies d'activité mais soulignons que, parmi nous, il a développé une oeuvre de peintre et de sculpteur, ou de sculpteur de la peinture (pénibles sont les étiquettes toutes-faites) à la fois fidèle à quelques fondamentaux, relevant des techniques aussi bien que des structures de l'imaginaire ou des "motifs" que l'histoire de l'art des peuples a façonnés. Chichorro ne minimise rien. Des fondamentaux, tels des socles, sans cependant aucun déni des sollicitations du moment.

L'artiste peut-il se sentir vivant s'il fait fi du tout canon et de la saison où il respire. Le canon ne serait-ce que pour le chatouiller et lui "voler dans les plumes", au besoin. La saison sans en ramasser toutes les feuilles ou en cueillir les fruits. C'est que l'art est du côté du jeu, du délire, et il veille à ne jamais se laisser attraper par des rationalités gendarmesques. Mario Chichorro, sage parmi les sages qui ne se sont jamais laissé mettre la bride sur le cou, avec ses premiers bagages lusitaniens et des provisions acquises, en d'autres territoires et sous d'autres climats, traverse et fomente des styles avec la liberté d'un passe-murailles, qui traverse cloisons et plafonds, se pose, là où il est bien, s'y enracine (plus rhizome qu'arbre), y fait éclore des géographies iconiques données en partage, mais sait, ensuite (répéter n'est bon que si l'on s'autorise l'écart!) se détacher et s'envoler -ce maître en imagination qui s'appelait Marcel Proust, aurait dit "se décoller".

Reconnaître, faire siens des pays en papier et en bois, tracer ou creuser, peupler des territoires (des tableaux, des dessins, des reliefs), les peupler par des motifs aux formes plus ou moins cernées et colorées. Les tatouer pourrait-on oser pour récupérer une mode au vol. Être là, acteur et témoin de ses conquêtes. Parfois un fragment, un visage, un pied suffit (souvent d'ailleurs accompagné d'un pied de nez à l'orthodoxie des représentations, d'avant ou après Euclide). Quelquefois, il a besoin d'une silhouette, d'un phénomène pour marquer un ancrage temporel, anthropologique, stylistique, "païen" ou sexuel. Chichorro est avant tout un assembleur (et il y a en lui du mosaïste et du verrier). Fasciné, consciencieux, amoureux, inquiet, révolté, il met en plis et pages, il décompose et compose au gré de sa fantaisie (je tiens à souligner cette modalité de son exerce plastique), et les univers de ses tableaux se contrefichent de tout naturalisme ou réalisme pour s'adonner à une balade buissonnière (mais balade d'un homme de culture et d'expérience, qui connaît les vertus du "voyage immobile" d'un Pessoa autant que le "souffle épique" du grand Camoëns et pratique l'escarmouche iconoclaste par le truchement de l'humour et de l'ironie). Notre artiste, attardons-nous sur ses tableaux, n'est pas un adepte de la glisse ou du surf, ses planches ont de la profondeur, ne nous laissons-pas tromper par leurs surfaces, soyons attentifs à la dialectique de ce qui est montré ou non montré, de ce qui se trouve sur les bords, bords-limites (à ne pas dépasser), bords-seuils (à franchir). Chichorro ne remplit pas, il n'occupe pas un, des espaces délimités par son support, il "construit" un lieu et le fait vivre. Sans doute, ne vit-il vraiment que lorsqu'il touche le visiteur, celui qui regarde.

Peindre est une aventure et Mario Chichorro, notre imagier populaire baroque, ne cesse de nous le montrer. Sans necessité de glose ni de contre-glose. Son oeuvre est le récit en mille et un, et deux, et trois...mais ce n'est pas fini...chapitres. Un récit qui n'est pas toujours ordonné, avec une logique molle ou dégingandée. Un récit insensé (comme peut en donner l'impression toute architectonique surréalisante) mais volontairement falsifié. Le "dévidement" de l'intention plastique, de la pelote que cette intention de fait recouvre, a horreur -nous exagérons un peu, puisque nous ne savons pas précisément ce qui se passe-de tout code routier. Ce que l'on prenait pour des arrêts ce sont des départs et ce qui paraissait bien fixé est flottant et tournant (comme lorsque l'on ferme les yeux et que l'on se laisse griser par tout ce qui tourne dans notre tête, paupières baissées. Ne pas avancer! Chichorro ne craint pas le "tourner en rond". Ne se plaît-il pas (en tout cas, la joyeuseté de certains de ses tableaux invite à le croire) à avoir la tête retournée par le retour du souvenir, le poids de l'empreinte, la tentation du désir (à travers un saut-de- mouton fantasmatique), le souffle de l'utopie (mise à mal par les obstacles du parcours du combattant auquel tout être vivant, guerrier ou pacifiste, est engagé), et le mirage de tant de queues de comètes insaisissables. C'est un peu de tout cela que Mario Chichorro apporte aux visiteurs de son exposition à

Galerie des Hospices, av. Sainte-Marie, Canet Village

Vernissage ce vendredi 20 mars à 18 h

L'exposition restera ouverte au public du 21 mars au 13 mai 2015. Entrée libre.

Jacques Quéralt

L'éclipse de la gauche dans le 66

 

 

...dès dimanche 22 mars, aux départementales. L'éclipse du vendredi 20 était déjà un mauvais signe… Ce furent surtout les éclipses des promesses de F.Hollande qui jouèrent le plus grand rôle dans cette histoire…

 

 

La droite au niveau du 66 n'a pas pu, ces dernières années, vraiment s'exprimer : minoritaire, elle a surtout eu des élus pâlots, et manquant d'idées. Mais elle va devenir majoritaire et reprendre le département…

 

Au niveau municipal, le maire de Perpignan a montré, au bout d'un an (et plus, maire depuis 2009, et plus, au conseil municipal depuis 2001 !) que sa capacité à passionner les citoyens était nulle. Il essaie de gérer, il colmate, il ne se montre pas, tant il est critiqué au coeur même de sa majorité (*) et de ses alliés : Bruno Delmas a une voix et un projets beaucoup plus porteurs ! Pourtant M. Pujol va profiter, sur le plan culturel, par exemple, de l'élection de M. Castex (UMP), et récupérer ainsi le Palais des Rois de Majorque, et y installer des "Estivales"...

 

La majorité PS/PC du CG66 a acquis de l'expérience, dans la gestion et la captation du pouvoir local, grâce aux leçons machiavéliques de C. Bourquin. Celui-ci a placé une femme terne à la Présidence et une battante à l'assemblée puis au gouvernement. Ségolène Neuville, sur le terrain, dans les médias et les réseaux sociaux, assure sa promotion incessante et sa continuité politique : elle suit les dossiers, rencontre les habitants, mais elle ne pourra rien contre l'exaspération des gens d'ici et des Français. Ceux-ci veulent une rupture face aux comportements politiciens (cumul, avantages financiers, clientélisme, copinage, pots de vins…), face à la bureaucratie européenne, face à la finance omnipotente…

 

La rupture, c'est le FN qui l'incarne, ultime solution des Français désespérés, exaspérés…

 

Malgré ses réalisations significatives dans les domaines de la culture, du patrimoine, de l'entretien des routes, du versement du RSA…le conseil général se trouve face à un bilan social très négatif : chômage, misère accrus, quand le département possède à l'opposé un des plus grands taux d'imposés sur la fortune…

 

Le conseil général va être géré par des politiciens souvent peu connus des citoyens…Personne ne se fait d'illusion : il fallait bien se défouler…

 

JPB.

 

(*) C'est l'avis de J.Paul Alduy qui critique vertement, sans jamais le citer, J.Marc Pujol : 

 

"...La classe politique locale dont j’ai fait partie, même si j'ai été marginalisé depuis 2009, droite et gauche confondues, ne peut s’exonérer d’analyser les faiblesses de son action et de ses messages : manque de vision, de charisme et faible présence sur le terrain, laissant ainsi libre cours au ressenti, au sentiment d’abandon, aux rumeurs...

Elle devrait également comprendre que le cumul des mandats et la gérontocratie ont achevé de détruire son image.

Pour combattre la montée du FN il fallait …"

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:27

Jeudi 19 mars 2015, à l'heure où les représentants de l'Etat vont célébrer, au monument aux morts de Perpignan, la fin (officielle) de la guerre d'Algérie, aura lieu une éclipse ! Un jour avant la vraie, à observer vendredi à 10h46, maximum de l'éclipse totale du soleil.

 

 La nuit tombera sur Béziers et Perpignan. La lune s'interposera entre le soleil et la Terre. Ici, c'est le fanatisme (la nostalgie de l'Algérie française) qui s'interposera entre le passé et le présent. Ménard et Pujol (Jean-Marc, maire de Perpi, moins médiatique que le Renard biterrois !) jouent-ils les soleils…? Mais restons sur terre…

 

Ils ne veulent pas célébrer la date officielle de la paix signée à Evian… M.Pujol s'éclipsera; il se rendra comme chaque année, avec quelques conseillers municipaux anti-Algérie algérienne, devant le mur des lamentations du cercle algérianiste (ancien couvent Sainte-Claire)…

 

Le jour, ce maudit 19 mars, n'est pas pour eux la fin du conflit algérien. Et ce n'est pas faux car de nombreux massacres auront lieu dans les jours qui suivent, dus à des fanatiques des deux camps...Or, en célébrant le 12.3.62, nous luttons contre tous les extrémistes ! Mettre en berne le drapeau français, c'est donner de l'importance aux fanatiques des deux bords qui ont poursuivi le combat ! L'Histoire leur a donné tort : luttons contre l'extrémisme en reconnaissant le moment qui exigea la paix !

 

En outre, il fallait fixer une date (on a ensuite proposer le 5 décembre, qui date qui ne convainc pas) et les élus doivent respecter la décision de la République. Sinon, ils sont hors-la-loi : qu'ils démissionnent ! 

 

Une éclipse pujolienne, chiche ! Le départ de Ménard : hourra !!!

 

Ce que ne disent pas MM. Pujol-Ménard-Aliot et consorts, c'est que ce sont les activistes de l'OAS qui relancèrent la guérilla, furieux après la signature des accords d'Evian : je vous cite quelques phrases du livre d'Yves Courrière La guerre d'Algérie : les fils de la Toussaint, préface de J.Kessel…*

 

 

J.P.Bonnel

 

- - -

 

* édition Fayard, 1968 :

 

page 12 : "…apprenant que des négociations allaient s'ouvrir… Le 21 février, l'Etat-Major de l'OAS…les commandos se déchaînent, 23 morts le 22 février, 66 le 24 et une ratonnade à Bab-El-Oued le 25…19 musulmans massacrés. C'est l'hystérie….Au sin de l'armée secrète, on ne tient plus les jeunes…

 

page 13 : "En pleine conférence d'Evian, c'est le meurtre sur les hauts d'Alger de 6 dirigeants des centres sociaux. Parmi eux, le grand écrivain Mouloud Ferraoun, l'ami intime d'Albert Camus. L'action fut particulièrement atroce…

…Quand De Gaulle annonce le cessez-le-feu, c'est le déchaînement. Ou plutôt cela va être le déchaînement. Le général Salan, chef incontesté de l'OAS, décrète l'application du plan offensif de l'OAS…"

 

-page 15 : "L'OAS sait qu'elle joue sa dernière chance…Il faut amener les musulmans à descendre sur les quartiers européens. Il faut que le service d'ordre FLN qui tente désespérément contenir cette poudrière qu'est la Casbah, soit débordé. Il ne restera plus à l'armée qu'à choisir : tirer sur la foule musulmane ou abandonner les Européens…" etc….

 

- - -

 

   *** Le 19 mars 1962, à midi, prend officiellement effet un cessez-le-feu qui met fin à huit ans de guerre en Algérie.

La veille, le gouvernement français a cédé au gouvernement provisoire de la république algérienne ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara.

Un double référendum vient bientôt conforter cette décision. Le 8 avril 1962, les Français de métropole approuvent à plus de 90% le choix du général de Gaulle. Le 1er juillet 1962, les Algériens se prononcent encore plus massivement pour l'indépendance de leur pays.

L'indépendance devient effective le 3 juillet 1962. Le 4 juillet, Ahmed Ben Bella s'installe à Alger en qualité de président de la nouvelle république. Le 5 juillet, l'indépendance est officiellement proclamée.

 

Une transition sanglante

Pourtant, le cessez-le-feu du 19 mars est loin d'aboutir à un retour au calme immédiat. Les combats et les massacres se prolongent jusqu'au 3 juillet et redoublent même de violence. Leurs principales victimes sont les Pieds-noirs et les harkis, touchés par les représailles du FLN (Front de libération nationale). Les luttes entre fractions du FLN pour le pouvoir coûtent font également couler beaucoup de sang.

L'OAS (Organisation de l'Armée Secrète), créée en 1961 en réaction au «lâchage» de l'Algérie par le général de Gaulle, multiplie les attentats aveugles après le cessez-le-feu. Elle est responsable d'environ 2.400 assassinats de Français et surtout d'Algériens.

Le 26 mars 1962, des tirailleurs algériens de l'armée française font plus de cinquante morts en tirant à Alger sur une foule pacifique de manifestants européens. Ce massacre de la rue d'Isly et celui du 5 juillet 1962, à Oran, accélèrent la fuite des Pieds-Noirs et Juifs sépharades vers la France, où ils débarquent avec leurs valises pour seuls biens.

 

© site : Herodote.net

 

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