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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 10:11
Frelon européen (à gauche)
Frelon européen (à gauche)

Frelon européen (à gauche)

* En attendant que je vous raconte ma rencontre -inattendue- avec le maire de Perpignan (hier soir vendredi, à 18h, à la librairie Torcatis, devant une quarantaine de témoins surpris), vous pourrez écouter la vidéo sur "L'Archipel contre-attaque" de Nicolas Caudeville...

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a le plaisir de vous inviter à la conférence qu'elle organise

le dimanche 7 février 2016 à 17 heures

Salle Novelty - Banyuls-sur-Mer

La côte du Roussillon (1750 - 1850 ) Infrastructures et activités commerciales

par Georges SENTIS

Le Commerce maritime du Roussillon à la fin de l’Ancien Régime

On ne peut évoquer les échanges maritimes de la province du Roussillon dans la deuxième moitié du XVIII° siècle sans parler des « sorties » de vins et d’eaux de vie à partir des plages de Saint-Laurent-de-la-Salanque et de Collioure, des importations de marchandises venant de la foire de Beaucaire pour les marchands de Perpignan via la plage de Canet, la contrebande de sel et de tabac, spécialité des Banyulencs, les travaux effectués pour le « rétablissement » du port de Port-Vendres, les tartanes louvoyant pour échapper à un coup de vent ou à un corsaire.

Mais l’étude des trafics animant les « ports » du Roussillon permet de se faire une idée de l’économie de la province et de poser une question toujours d’actualité : la médiocrité tant du commerce maritime que de l’agriculture ou de l’artisanat est-elle due au rattachement du Roussillon au royaume de France ou à l’idéal de « vivre noblement » poursuivi par la bourgeoisie roussillonnaise ?

Georges Sentis, docteur en Histoire, évoquera ces différents aspects le dimanche 7 février prochain à la salle Novelty de Banyuls lors de la conférence organisée par l’association CULTURE ET PATRIMOINE EN CÔTE VERMEILLE.

Vous rappelle la conférence qu'elle organise le dimanche 7 février 2016 à 17 heures

Salle Novelty - Banyuls-sur-Mer - Entrée libre

La côte du Roussillon (1750 - 1850 ) Infrastructures et activités commerciales

par Georges SENTIS

Dominique BAUDRY

Secrétaire

Dominique.baudry@wanadoo.fr

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* Samedi 6, Musée de l'exil (MUME) de La Jonquera

Ens plau de convidar-vos a l’acte d’inauguració de l’exposició “Vencedors i vençuts”, que tindrà lloc el pròxim dissabte, 6 de febrer, a les 11h, a la sala d’exposicions temporals del MUME.

AQUESTA MOSTRA, PRODUÏDA PEL MEMORIAL DEMOCRÀTIC, TÉ COM A OBJECTIU PRINCIPAL LA PRESENTACIÓ D’UNA PANORÀMICA GLOBAL SOBRE LA CATALUNYA DE 1939, OCUPADA PER LES TROPES FRANQUISTES DESPRÉS DE LA DERROTA REPUBLICANA A LA GUERRA CIVIL.

LA REPRESSIÓ SOBRE ELS VENÇUTS, L’EXILI I EL NOU ORDRE, D’INSPIRACIÓ TOTALITÀRIA, ERIGIT PELS VENCEDORS DEL CONFLICTE SÓN ELS EIXOS CENTRALS D’UNA EXPOSICIÓ QUE, MITJANÇANT L’APLEC D’UNA DOCUMENTACIÓ EXHAUSTIVA, CONTRIBUEIX A LA RECUPERACIÓ DE LA MEMÒRIA D’UNS ANYS CONVULSOS QUE VAN TENIR UNA INCIDÈNCIA MOLT NEGATIVA EN LA MAJORIA DE LA SOCIETAT CATALANA.

A L’ACTE D’INAUGURACIÓ DE L’EXPOSICIÓ HI ASSISTIRAN LA DIRECTORA GENERAL DE RELACIONS INSTITUCIONALS, CARME GARCIA, I L’ALCALDESSA DE LA JONQUERA I PRESIDENTA DEL CONSORCI DEL MUME, SÒNIA MARTÍNEZ.

*Trobareu més informació sobre l’exposició a la nota de premsa que s’adjunta.

*LA INAUGURACIÓ DE L’EXPOSICIÓ S’INSCRIU TAMBÉ EN EL MARC DE LA SORTIDA CULTURAL I COMMEMORATIVA QUE, AMB MOTIU DEL 80È ANIVERSARI DE LA GUERRA CIVIL, HAN ORGANITZAT EL MUME I EL MUSEU D’HISTÒRIA DE GIRONA DURANT EL MATEIX DIA, 6 DE FEBRER. Més informació a: jornada commemorativa

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 10:50
Mairie de Banyuls, journées commémoratives par l'Association Walter Benjamin (sept.2015- Dany Karavan à Port-Bou, octobre 2015 (avec J.P.Bonnel)
Mairie de Banyuls, journées commémoratives par l'Association Walter Benjamin (sept.2015- Dany Karavan à Port-Bou, octobre 2015 (avec J.P.Bonnel)

Mairie de Banyuls, journées commémoratives par l'Association Walter Benjamin (sept.2015- Dany Karavan à Port-Bou, octobre 2015 (avec J.P.Bonnel)

* Rencontre littéraire à la librairie TORCATIS

Vendredi 5 février, à partir de 18h00

 

 

 

Présentation de l'association Walter Benjamin (Président d'honneur : Dany KARAVAN), à la librairie Torcatis, et lectures 

 

par quelques membres, écrivains, tels Madeleine Claus, Michèle Bayar,  J.P.Bonnel, psychanalyste comme Alain Badia, Marie-Laure et Jean-Maurice HAKIM, Michèle Martel, trésorière...

 

 

 

 

L'Association Walter Benjamin, transfrontière (créée par des Allemands, Catalans, Français, Espagnols), dont le projet est de faire connaître la vie et la pensée du philosophe juif allemand, mort à Port-Bou, en septembre 1940, présentera ses activités et procédera à des lectures d'extraits d'oeuvres de l'auteur de Enfance berlinoise. Les sujets abordés seront ceux de l'exil, de la traversée des Pyrénées, de la réflexion sur l'Histoire et sur l'oeuvre d'art.

 

A ce propos, Madeleine Claus parlera de son livre Communauté d'antifascistes allemands dans les PO 1934-1937 La Coume (Ed. Harmattan), Michèle Bayard de son dernier livre "Les combattants de l'Humanité", paru aux Presses littéraires, et J.P.Bonnel de "L'ultime chemin de W.Benjamin" (Cap Béar éditions).

 

 

 

Entrée libre.

 

(on peut se faire dédicacer un livre et/ou adhérer à l'association: 20 euros)

SAMEDI 6 FEVRIER A PARTIR DE 16H30 VINCENT CALVET présentera son recueil de poésie

De cendre et d'écume, une ville

éd. La Rumeur Libre collection "Plupart du temps".

"En présence de l'éditrice de la Rumeur Libre, Dominique Iacovella" et "accompagnement musical par Félix Lacquement (création de la musique, interprétation guitare) et Lucien Lacquement (interprétation clarinette)"

Après la thématique de la mer (Solitude des rivages, Encre et Lumière, 2006; La Haute Folie des mers, Cheyne, 2007; Coquillage limitrophe, Rafaël de Surtis, 2009) et celle de l'univers (Principe d'indétermination, éditions Gros Textes, 2012; Roses d'Espace, éditions du Petit Pois, 2015), voici le thème de la grande Ville, mais que j'oppose toujours à la mer et au ciel, à l'amour poursuivi (Continuum amoureux, Rafael de Surtis, 2011) comme son envers négatif.

De cendre et d'écume, une ville, se divise en trois parties. La première partie est intitulée "Sortir de l'Enfer?" et décrit la ville comme le lieu de la violence et de la fermeture existentielle, face négative de l'inconscient. La ville est le lieu de la chute d'une civilisation entière, celle de la modernité. La troisième partie, intitulée "Echappée vers le bleu", en est le contrepoint lumineux, face positive de l'inconscient. La mer, le ciel, les plaines d'Aubrac,la montagne, tous les horizons sans limites viennent offrir une échappatoire au sentiment d'enfermement et de violence engendré par la ville. La poésie est ce qui ouvre une brèche dans l'opaque, introduit de l'illimité dans le limité, ce qui fait que le réel, quel que soient nos expériences, reste fondamentalement un réel ouvert. La partie centrale, "Face au réel" est constituée de poèmes de type réflexif qui développent ce thème. Le langage humain, par la poésie, est un langage ouvert : la poésie est un clinamen réintroduit dans la langue, la maintenant en état d'ouverture sur le monde par la prolifération du signifiant, maintenant en état d'ouverture le réel lui-même, ce qui en permet le renouvellement permanent. La violence est le plus souvent une sclérose de la langue qui ferme le réel. La mer nous invite à ne pas oublier cet état d'ouverture de la langue et du monde. Le livre se termine par une postface : "Ethique et poésie". Comme le titre l'indique, j'y propose une vision de la poésie qui fonctionne avec l'éthique, l'opposé de la poésie étant la langue de l'oppression et de la violence. Vivre en poésie est ce qui rend possible un "Vivre ensemble", pour reprendre un titre d'un dernier livre de Léon-Paul Fargue, poète qui m'est cher.

VINCENT CALVET

Éléments biographiques :

Né le 9 novembre 1980 à Carcassonne, Vincent Calvet a grandi à Perpignan. Après des études de lettres modernes à l'Université du Mirail de Toulouse (mémoire de maîtrise sur l'expérience du temps dans l’œuvre poétique de Léon-Paul Fargue), il passe le concours des écoles. Il exerce actuellement comme instituteur spécialisé dans la région toulousaine, dans le cadre duquel il organise un Printemps des poètes et anime des ateliers d'écriture poétique à destination d'élèves déficients intellectuels légers, travail qui devrait donner naissance à un manuel pédagogique publié au CRDP.

A publié des poèmes dans deux anthologies publiées par la maison de la poésie à Paris : Les jeunes poètes font leur printemps (2001), Le nouveau printemps des jeunes poètes (2002). En 2005, il remporte le Grand Prix de la Ville de Béziers pour Solitude des rivages. En 2007, il est le lauréat du Prix de la Vocation de poésie organisé par la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet de Paris et le Printemps des poètes pour La Haute Folie des mers. Il donnera des lectures de ce texte dans divers lieux, en particulier à l'Alliance Française de Paris, présenté par Pierre Oster. Lectures publiques à Perpignan, Rodez, Toulouse, Pont-Saint Esprit, au Festival international de poésie de Saint-Martin d'Hères (Maison de la poésie de Rhône-Alpes), au Festival de la parole poétique en Bretagne et au Festival international de poésie actuelle de Cordes sur Ciel. Intreventions à l'école française et à l'Institut Français de Saint-Petersbourg, Russie. Il dirige la revue poétique Mange- Monde qui défend une certaine vision de la poésie tout en se voulant ouverte à la diversité des courants et des expressions (neufs numéros parus, biannuel), publiée chez Rafael de Surtis. Vincent Calvet est également dessinateur, caricaturiste, a réalisé diverses expositions de ses œuvres et illustré certains de ses recueils.

L'arrière-grand-père de Vincent Calvet, Édouard Mouly, était écrivain, bien connu des amateurs de la littérature aveyronnaise. Vincent Calvet a fait rééditer l'ouvrage principal de son aïeul, Alades, devenu introuvable dans l'édition originale, aux éditions Ixthus. Il prépare un volume d'inédits d’Édouard Mouly.

Articles sur la pédagogie de la poésie à l'école publiés dans Médiapart et sur la page Facebook du Printemps des poètes.

Bibliographie :

Les jeunes poètes font leur printemps (Collectif, Maison de la poésie de Paris, 2001). Le nouveau printemps des jeunes poètes (Collectif, Maison de la poésie de Paris, 2002). Solitude des rivages (Encre et Lumière, 2006).
La Haute Folie des mers (Cheyne, 2007).
Coquillages limitrophes (Rafael de Surtis, 2009).
Blasons (Encres Vives, 2010).
Du plu nu de nos voix (Collectif, Rafael de Surtis, 2010).
Femme-Océan (Trames, 2010).
Continuum amoureux (Rafael de Surtis, 2011).
Principe d'indétermination (Gros Textes, 2012).
44 grenouilles (éditions du Petit Pois, 2013).

Préface à De neige et d’écume 3 de Bruno Geneste et Serge Torri (Rafael de Surtis, 2014). Rose d'Espace (éditions du Petit Pois, 2015).
De cendre & d'écume, une Ville (La Rumeur Libre éditions, 2015).

À paraître :
Nouvelle solitude des rivage
s (Encre et lumière, 2016).

Publications en revue et Presse :

Inédit-Nouveau, Le coin de table, Lieux d'être, La revue du Rouergue, Arachné, Bacchanales, Ecrits du Nord, Sémaphore, Centre Presse (quotidien régional), Invece.

Lectures publiques :

Alliance française de Paris, Festival de poésie actuelle de Cordes sur Ciel, Festival de la parole poétique de Moëlan sur mer, en Bretagne, Festival international de poésie de Saint- Martin d'Hères (Isère), festival Humanisme et culture, Frontignan, librairies de Perpignan, Pont Saint-Esprit, Verdun sur Garonne, Rodez, Toulouse. Lectures pour 2015 : Toulouse, Perpignan, Pont Saint-Esprit, Aurillac (festival), Ille sur Têt (Galerie le 13). Institut français et école française de Saint-Petersbourg, Russie.

Expos de dessins :

Raphaël, salon de coiffure et dépendances, Perpignan, P.O, 2005. Office de Tourisme de Millau, Aveyron, 2006.
Petit château de Roquetaillade, Aveyron, 2006.
Église Troglodyte de Peyre, Aveyron, 2007.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 08:59
Le maire de Perpignan, dans le patio de la mairie. ©DR

Le maire de Perpignan, dans le patio de la mairie. ©DR

Perpignan : le maire entre rumeurs et vérités

 

 

 

-M.Pujol habiterait Pollestres.

-Le maire actuel aurait été élu une première fois par l'ancien maire J.P.Alduy.

-Il aurait été réélu par la gauche.

-Pour la remercier il aurait créé des commissions extra-municipales, avec des représentants des partis de gauche et des citoyens.

 

-Le maire habiterait à Marrakech.

-S'il va souvent au Maroc, ce serait pour gérer des affaires immobilières.

-Il partirait aussi en week-end pour plonger dans des eaux exotiques.

 

-L'édile habiterait au parc Ducup.

-Le maire aurait décidé de fermer l'école des Beaux-Arts et d'ouvrir un bordel : "La partie carrée d'or".

-Le haut responsable de la cité catalane aurait détruit un presbytère et construit une passerelle.

-Jean-Marc Pujol louerait le théâtre de l'archipel aux associations musulmanes pour que culte rime avec culture.

-Il n'y aurait pas d'insécurité dans les quartiers de St-Mathieu, St-Jacques et autres saints que nous ne saurions cacher. 

-JMP aurait déclaré  :"Ce sont pas des ghettos puisque nommés secteurs sauvegardés ! D'ailleurs vous n'avez que vous y rendre ente 23 h et 5 heures du matin. Le jour, z'avez qu'à prendre un bus, si vous en trouvez un, non caillassé. 

Moi, dans les ghettos, j'y vais : Château-Roussillon, Les Aviateurs, Porte d'Espagne, le Parc Ducul...

 

-Le maire habiterait dans son bateau.

 

-Jean-Marc Pujol aurait des copines. Quant aux copains, ce seraient des coquins.

 

-Le maire-président aurait déclaré à propos des  les trains TGV passagers qui continueraient à passer par le Centre del Mon. "Les clients sont à Perpignan; un train, c'est bien quand il y a des clients dedans. Et les clients, c'est à Perpignan qu'on les trouve".

 

 

-Grand surveillant du parti des Républicains, il aurait fait élire un jeune loup sarkozyste pour barrer la route à Fillon et autre Jupette.

 

-Le maire de Perpignan n'habiterait pas à Perpignan. Ou une chambre de bonne…dame, à la rigueur.

 

-Afin d'agrandir le Grand Rigaud, il ferait tomber les maisons de la rue des Augustins pour créer un big musée. Son adjoint haussmanien lui aurait soufflé l'idée un beau soir de tramontane.

 

-Le cercle algérianiste serait ouvert à d'autres cercles : Retirada, exils en tous genres. Surtout aux cercles de ses copains nostalgiques d'un glorieux passé. Ce lieu de docu et de mentation serait rebaptisé : "Cercle Suson Niquébaise."

 

-Le maire aurait baissé les subventions à des associations culturelles et s'occupant de la lecture en milieu difficile. Pour le nier, il aurait organisé une conférence de presse pour dire que la médiathèque dépensait beaucoup d'argent pour acheter des livres, des vidéos, des ordis…

 

-Le maire ferait abattre tous les platanes de la promenade pour y planter des palmiers, son copain, créchant près de la déchèterie, ayant beaucoup d'invendus avec cette espèce exotique.

 

-M. Le Maire démissionnerait bientôt : pour devenir sénateur, pour aller faire de la plongée sous-marine, pour raffermir sa prostate, pour se concentrer sur la communauté urbaine, pour laisser la place une copine…pine, pine…

 

-Monsieur Jean-Marc Pujol n'aurait que mépris pour ces allégations malfaisantes, issues du commerce et d'anciens amis politiques du centre-ville : "Ah ragots !" Mépris encore pour les individus malsains qui hantent les blogs et les réseaux sociaux.

 

-Et il aurait bien raison…

 

 

JPB

* Rencontre littéraire à la librairie TORCATIS

Vendredi 5 février, à partir de 18h00

Présentation de l'association Walter Benjamin à la librairie Torcatis,

par quelques membres, écrivains, tels Madeleine Claus, Michèle Bayar, Françoise Dumas, J.P.Bonnel, psychanalyste comme Alain Badia…

L'Association Walter Benjamin, transfrontière (créée par des Allemands, Catalans, Français, Espagnols), dont le projet est de faire connaître la vie et la pensée du philosophe juif allemand, mort à Port-Bou, en septembre 1940, présentera ses activités et procédera à des lectures d'extraits d'oeuvres de l'auteur de Enfance berlinoise. Les sujets abordés seront ceux de l'exil, de la traversée des Pyrénées, de la réflexion sur l'Histoire et sur l'oeuvre d'art.

A ce propos,Madeleine Claus parlera de son livre Communauté d'antifascistes allemands dans les PO 1934-1937 La Coume (Ed. Harmattan), Michèle Bayard de son dernier livre "Les combattants de l'Humanité", paru aux Presses littéraires, et J.P.Bonnel de "L'ultime chemin de W.Benjamin" (Cap Béar éditions).

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 09:25
Jordi Pere CERDA/Jordi BARRE

Jordi Pere CERDA/Jordi BARRE

Célébration de la Catalogne:

 

1 -La Catalogne, une fenêtre ouverte sur l’avenir…

 

Catalunya més que mai…

Première puissance industrielle, seconde force agricole de l’Espagne, la Catalogne se révèle aujourd’hui  comme un vivier de projets, d’espoirs et de dynamiques dans l’espace européen qui se dessine et qui s’installe.

Dans une société en mouvement perpétuel, être catalan c’est choisir son destin, c’est mesurer tout ce que le passé nous a légué, c’est appréhender avec lucidité mais non sans humilité ce que l’avenir nous propose…

 

La Catalogne, c’est la force tranquille d’un destin contrarié. Née d’un passé  millénaire, elle a connu des heures glorieuses, sublimées par le règne du Royaume de Majorque (1262-1349), elle a perdu sa couronne lors du Compromis de Casp (1412), le Traité des Pyrénées lui a ravi son identité (7 novembre 1659), sa capitale : Barcelone a capitulé devant les troupes espagnoles (l1 septembre 1714) sa langue a été proscrite, bafouée, interdite (en France, édit royal du 2 avril 1700)…. Mais elle ne s’est jamais déclarée vaincue…

 

Au long des générations qui ont suivi, au cours de décennies baignées par plus d’ombre que de lumière, la lutte de la Catalogne s’est organisée… mesurée, patiente, clandestine… Fortement affectée au siècle dernier par  la dictature franquiste (1936-1975), la Catalogne – saluée en exemple par des écrivains militants et visionnaires tels George Orwell - a accédé au statut d’autonomie en 1979. Forte d’une conscience collective, forgée de jour en jour, d’événement en événement, elle rayonne aujourd’hui de par sa singularité, de par sa diversité et de par son esprit d’ouverture…

Etre catalan ici et maintenant, c’est moins un héritage acquis qu’une vigilance et qu’un combat de chaque instant. Tout comme en Catalogne Sud, dans la région de Valence, aux Iles Baléares, en Andorre, dans la Frange d’Aragon,  à l’Alguer (Sardaigne), dans le Val d’Aran, nous sommes fiers, Catalans du Nord, de défendre au quotidien notre terre, notre langue, nos traditions, notre passé …et ce pour mieux forger notre avenir. Nous sommes fiers de faire partie de ces douze millions d’êtres humains qui ont été, sont ou ont choisi d’être catalans… comme le philosophe Ramon Llull, comme le sculpteur Aristide Maillol, comme le violoncelliste Pau Casals, comme Jordi Barre, artiste et chanteur, qui porte notre foi…oui, nous sommes fiers d’être catalans !… « sempre endavant, mai morirem… »

 

2 -Le Canigou : plus qu’une montagne, un véritable symbole…

Elevé à 2 785 mètres d’altitude, il culmine, majestueux… « Montagne sacrée des Catalans », comme l’a péremptoirement baptisé  Joseph Ribas, écrivain et chantre de ce massif nourricier et ô combien loué, le Canigou s’impose, au fil  de l’Histoire, comme une incarnation de l’identité et de la résistance catalanes. Contrairement aux idées reçues, une montagne ne peut objectivement constituer une frontière. Le Canigou s’est d’ailleurs inscrit, dès son peuplement, en exemple d’exception géographique. En lieu et place d’entraver les liaisons et les échanges entre les hommes, il a de toujours représenté un espace de vie, un vivier économique et social. Réserve de neige, et de fait source d’énergie hydraulique, il n’a jamais manqué de s’orienter vers l’exploitation de la forêt et du sol  (gisements de fer et de marbre, aujourd’hui abandonnés…). Il a favorisé la concentration du bétail (estives et pâtures). Il propose encore maintenant, face à l’avenir et à l’incertitude, outre le tourisme et les sports de montagne (marche, ski, alpinisme…) des pistes parcourues  depuis des siècles, et à nouveau recommencées telles le thermalisme et le solaire… 

 

Pour Jacint Verdaguer, poète de la Renaissance, le Canigou - titre de son fameux poème épique,  cristallise l’union de la Catalogne, divisée le 7 novembre 1659 par le Traité des Pyrénées…

Par temps clair, lorsque la Tramontane caresse  - parfois un tant soit peu rudement -le littoral méditerranéen, on peut voir le Canigou pointer son pic enneigé de loin, de fort loin, depuis Marseille même… Et quand on a vu une seule fois le Canigou, magnifique sous la lumière du printemps, on s’en souvient à jamais….

 

3 – Catalogne-Nord ou Pyrénées-Roussillon : depuis la nuit des temps, une terre en constant développement durable…

Si l’on évoque aujourd’hui les énergies renouvelables, comme autant d’alternatives à la protection de la planète, on en vient à oublier  que le département des Pyrénées-Orientales a depuis toujours bénéficié de ressources naturelles et, qu’en espace avant-gardiste, ce coin de terre, localisé à mi-chemin de la mer et du ciel, était bien avant l’heure  engagé dans les voies du développement environnemental,…

Le soleil…Le département comptabilise des heures d’exposition atteignant un chiffre record en France. A l’appel du photovoltaïque, l’Histoire nous rappelle au siècle dernier les travaux du Padre Himalaya à Sorède, les recherches scientifiques entreprises à Mont-Louis, les expériences techniques réalisées à Odeillo par le professeur Félix Trombe, les avancées effectuées avec hardiesse à Targasonne surThémis (il y a 35 ans déjà, un programme ambitieux basé sur le solaire).

 

Le vent…et si soufflent - aujourd’hui plus qu’hier dans l’actualité - les projets d’éoliennes, la vie du Catalan lambda a de tout temps respecté - dans son rituel vernaculaire -   la rose des vents : Tramontane, Marinade, Llevant, Migjorn, Ponent, Garbí, Canigonenc… l’éventail est assez vaste pour nous rappeler que nous sommes quelque peu à l’origine de la voile latine et que nos ancêtres étaient des  marins dans l’âme – marchands plus que pêcheurs, précisons le.

 

L’eau… force est de constater que les montagnes et les vallées se montrent bien généreuses en notre faveur, du Canigou au Péric, en passant par le Costabonne, et ce du point de vue hydrologique.  La neige et la glace font partie intégrante de notre espace  montagneux. L’eau, élément vital  s’il en est, se trouve conservée et préservée grâce aux  étangs (Salses, Canet Saint-Nazaire…), aux barrages et lacs (Vinça, Villeneuve de la Raho et Caramany, Nohèdes, Les Bouillouses, Le Lanoux…) …

 

La chaleur de la terre… Les Pyrénées constituent une  montagne jeune, sujette à des mouvements telluriques, à des soubresauts volcaniques et à des plissements hercyniens. L’activité magmatique et éruptive nord-catalane s’exprime depuis l’époque latine au travers des thermes et des bains que  nous ont légués les Romains, en autant de réminiscences des entrailles de la Terre : Dorres, Thuès, Saint-Thomas, Amélie-les-Bains (Els Banys d’Arles)… 

 

Parler de développement durable, c’est mesurer que les énergies  dites « autres » ont toujours fait partie de notre existence. Confrontés à la pénurie du pétrole et à l’hégémonie du nucléaire, il nous suffit de regarder autour de nous. Moins qu’un effort d’imagination…Portons un regard  lucide sur les éléments basiques et légitimes que nous possédons, que nous pressentons à chaque souffle et à chaque étincelle du présent. Ces atouts, spécifiques à notre territoire,  nous les pensions – pour autant que nous étions occupés à nous soucier de choses et autres -éminemment sans importance et voués à être portés disparus…  Et nous les redécouvrons aujourd’hui, vrais, justes, beaux quoique fragiles… mais  indispensables au devenir de nos enfants. 

 

4-Jordi Barre et les poètes catalans

Bienheureux celui qui en peignant jour après jour son coin de ciel peut atteindre l’Eternité. Cette éternité, Jordi Barre l’a conquise à la force de ses chansons.

Jordi Barre était un artiste exigeant certes, mais un artiste avant tout.

Il était la générosité et l’humanité incarnées… Cet homme de cœur donnait tout, tout sans compter et sans rien attendre en retour…

La poésie, qui émeut et meut les forces internes de l’individu qui s’y adonne, se plaçait au cœur-même de sa démarche.

Jordi Barre a fait beaucoup plus que défendre ou que préserver notre langue. Il en a enrichi le patrimoine en mettant les poètes sur le devant de la scène.

Les poètes de Catalogne Nord, ceux qu’on avait oubliés ou qu’on méconnaissait sont sortis de l’ombre ou de l’oubli, et ce grâce à Jordi.

 

Une chanson phare : « Crec » (credo vell i sempre nou) de Joan Amade (fondateur du mouvement régionaliste Nostra Terra en 1934) donne le la en 1977 et Jordi Barre va, avec ce 33 tours remarquable,  s’imposer comme le héraut de notre langue et de notre culture. Du héraut au héros, il n’y avait qu’un pas à franchir. Jordi l’a franchi, mettant en musique Jordi Père Cerdà (« Canta canta Perpinyà », « Sóc un mariner »…) et un poète qui va compter dans sa carrière : Joan Cayrol. Cet homme va lui offrir ses plus grands succès. L’empathie sera telle entre Jordi Barre et Joan Cayrol que les titres vont se multiplier : « Toquen les hores », « Torna venr Vicens », « El xiprer vert », « La nit on vam fugir » (un hymne à la Retirada), « Tant com me quedarà », « Jo sóc de Perpinyà », « Deixeu-me el temps »…. Avec le groupe « Pa amb oli » que Jordi forme et dirige, les chansons de Jordi vont devenir plus revendicatives. Elles vont quitter la mélancolie passéiste pour affirmer une identité qu’elle ira réclamer jusqu’à Paris. En 1983 « Pa amb oli » monte à Paris, pour faire l’Olympia.  Ce sera « Parlem català »,  « La cançó del vent », « Llibertat condicional »… Cayrol disparu, Jordi Barre va rencontrer en la personne de Joan Tocabens un poète et un parolier avec lequel il va faire un nouveau bout de chemin.  Trente ans de collaboration vont nous offrir  « Una revolta dins el ventre », « Amb la força de l’amor », ainsi que plusieurs spectacles historiques mis en scène  avec talent par Jean-Pierre Lacombe-Massot  (l’épopée des Rois de Majorque et « les Angelets de la terra » obtiendront chacun  un succès largement mérité…).

 

Outre les poètes de Catalogne Nord, Jordi Barre  a mis en musique Joan Maragall (« Pregària per un cant espiritual » - traduit par Albert Camus), Joan Salvat-Papasseit (auteur avant-gardiste anarchiste), Josep Carner,  Salvador Espriu…

 

Aujourd’hui, la poésie catalane est en deuil… Pour tous ces hommes de plume que tu as mis en lumière, gràcies Jordi… et Adéu.

 

Jean Iglesis

 

Tàpies : Parla, parla : du 12 février au 22 mai 2016, les Abattoirs

*Vernissage jeudi 11 février à 18h

Tàpies : Parla, parla : du 12 février au 22 mai 2016, les Abattoirs

Vernissage jeudi 11 février à 18h

Plus importante monographie consacrée à l'artiste en France depuis sa disparition en 2012, en collaboration avec la Fundació Tàpies, cette exposition parcourt l’œuvre d’un des principaux artistes européens de la seconde moitié du XXe siècle. Des dessins surréalistes des années 1940, aux grands murs et assemblages de la fin des années 1990, une cinquantaine de pièces seront présentées dans un déroulé à la fois chronologique et thématique.

Expérimentations sur la matière ou inclusion dans le tableau de l’écriture et de la vie quotidienne, le travail de Tàpies accompagne les grands mouvements artistiques de ces cinquante dernières années.

La Fundació Antoni Tàpies à Barcelone et les Abattoirs ont un lien commun : l'œuvre d'Antoni Tàpies. Ce dernier est représenté à travers 8 œuvres dans la collection française (dont une rare peinture de sable de 1956), et la Fundació détient un ensemble exceptionnel de ses travaux, de par la volonté même de l'artiste. Davantage encore, c'est sur un moment historique partagé de l'histoire de l'art, celui de l'expérimentation artistique dans l'après-guerre dans un contexte international nourri par les leçons des avant-gardes, que les deux institutions se retrouvent.

Au début de l'année 2016, les Abattoirs et la Fundació Antoni Tàpies collaborent sous la forme d'un échange de leurs collections. Leur ambition est de permettre au public de situer l'émergence et le développement de l'œuvre de Tàpies dans le contexte d'une redéfinition forte de l'art dans les années 1950 et d'approcher le caractère résolument expérimental de son travail sur plus d'un demi-siècle.

À Barcelone, l'exposition "Documents d'acció. Obres de les col·leccions Denney i Cordier (1947-1965)" (27 janvier 2015 - 22 mai 2016) de la Fundació Antoni Tàpies propose la présentation d'une soixantaine d'œuvres de la collection des Abattoirs - et plus particulièrement du fonds Anthony Denney, un des premiers collectionneurs de l'artiste autour de la notion d'un "art autre" développé par le critique Michel Tapié en 1952. Cette présentation situe l'œuvre dans une constellation où se croisent Henri Michaux, Alberto Burri ou encore les peintres japonais du mouvement Gutaï, tous engagés selon les mots de Michel Tapié dans une "fantastique proposition d'aventure totale de ce que nous savons être notre avenir."

À Toulouse, l'exposition débute par la présentation complète de la série Història natural (Histoire naturelle) réalisée par Tàpies en 1951. C'est par cette entrée, qu'elle entreprend, à travers une soixantaine d'œuvres, un parcours qui culmine avec Parla, Parla, une des œuvres maîtresses de l'artiste. L'exposition est conduite sur l'hypothèse d'une lecture de l'œuvre qui procède par analogie, par sympathie pour agglomérer à partir de ses formes une suite de discours sur le quotidien, la mémoire, la nature ou encore l'illusion.

L'exposition ne se déroule pas selon un parcours chronologique mais se décline en sept ensembles, déduits à partir d'une œuvre ou d'un groupe de travaux. "Terre d'illusion", "Histoire naturelle", "Complémentaire", "Combinaisons", "Envers", "Dépose" et "Quotidien" sont les sept chapitres de cette exposition.

Si elle est notée comme centrale dans la seconde moitié du XXe siècle, l'œuvre de Tàpies garde une pertinence contemporaine décisive. Aussi, c'est dans une structure conçue par Guillaume Leblon en 2012 (Je jouais avec les chiens et je voyais le ciel et je voyais l'air) que sont présentées certaines de ses sculptures. Ce dialogue est prolongé par la présentation à l'étage inférieur de National Monument, œuvre offerte aux Abattoirs en 2014 par l'artiste français. © Les Abattoirs.

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:07
le plus bel oranger de Banyuls (photo JPB)

le plus bel oranger de Banyuls (photo JPB)

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*** Léger lapsus sur le blog du maire du Barcarès :

 

"Lors de l’année écoulée, Le Barcarès a continué à ternir son rang de ville créatrice d’évènements."

 

 

Oui, il a bien écrit "ternir son rang", au lieu de "tenir",et ça n'a pas été corrigé...

 

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spectacle à l'Echappée - Perpignan

Publié le 30/01/2016 à 22:47 par leblogcultureldyl

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Aprés leur tournées triomphales au Maroc et en Charente maritime, ILS SONT DE RETOUR!!!!

 

Pour DEUX REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES au théâtre de l 'ECHAPPEE.C’est une bande de joyeux lurons, des comédiens issus de l’Atelier Théâtre de l’Echappée. Leur mission sacerdotale? : Rire et partager le rire.Si vous aimez le décalé, l'iconoclaste, le bon gout français, le deuxième degré (voire le 3ème ou 13.5ème), si vous n'avez pas froid aux yeux, si vous avez le cœur bien accroché, si le ‘’Figaro et Valeurs Actuelles’’ vous font hurler de rire, et si vous êtes assuré social, alors vous allez aimer !

 

 

RENDEZ VOUS au THÉÂTRE de l’ÉCHAPPÉE

10, avenue de l’ancien champ de Mars PERPIGNAN

Vendredi 5 février21h

Dimanche 7 février18h

 

Participation : 5 euros adhérents, 10 euros non adhérents, groupes et tarifs réduits

 

 

 

 

*Chansons catalanes (choix de Jean Iglesis)

 

 

El meu avi

 

El meu avi va anar a Cuba
a bordo del "Català"
el millor barco de guerra
de la flota d'ultramar.

El timoner i el nostre amo
i catorze mariners
eren nascuts a Calella
de Palafrugell.

Quan el "Català" sortia a la mar
els nois de Calella feien un cremat
mans a la guitarra solien cantar:
Visca Catalunya. Visca el "Català!

Arribaren temps de guerres
de perfídies i traïcions
i en el mar de les Antilles
retronaren els canons.

I els mariners de Calella
-el meu avi enmig de tots-
varen morir a coberta,
al peu del canó.

Quan el "Català" sortia a la mar
cridava el meu avi:
Apa, nois, que és tard!
però els valents de bordo
no varen tornar,
tingueren la culpa els americans.

 

Els segadors

 

Catalunya triomfant,
tornarà a ser rica i plena
Endarrera aquesta gent
tan ufana i tan superba

Bon cop de falç!
Bon cop de falç,
defensors de la terra!
Bon cop de falç!

Ara és hora, segadors!
Ara és hora, d'estar alerta!
Per quan vingui un altre juny
esmolem ben bé les eines!

Bon cop de falç!
Bon cop de falç,
defensors de la terra!
Bon cop de falç!

Que tremoli l'enemic,
en veient la nostra ensenya
Com fem caure espigues d'or,
quan convé seguem cadenes!

Bon cop de falç!
Bon cop de falç,
defensors de la terra!
Bon cop de falç!

 

En Joan Petit

En Joan Petit quan balla
Balla,balla,balla,
En Joan Petit quan balla,
Balla amb el dit.

Amb el dit,dit,dit,
Ara Balla en Joan Petit !

En Joan Petit quan balla
Balla,balla,balla,
En Joan Petit quan balla,
Balla amb la mà

Amb la mà,mà,mà,
Amb el dit,dit,dit,
Ara balla en Joan Petit !

Reprendre le Couplet avec,
Amb el puny
Amb el cap
Amb el peu
Amb el nas
Amb el cul……

 

 

Joan del riu

Joan del Riu est un personnage très populaire, farfelu et burlesque qui fait son apparition à l'époque du carnaval, sur les places de nos villages.

Rien d'étonnant donc que son chargement soit disparate et extravagant : des singes, un violon, de la confiture, du bon vin, etc., etc. et surtout beaucoup de joie délirante et communicative. 

 

Joan del riu n'és arribat
Amb un pot de confitura.
Joan del riu n'és arribat
Amb un pot de raïmat.

N'ha portat un violon
Per fer ballar les minyones.
N'ha portat un violon
Per fer ballar els minyons.

Joan del riu n'és arribat
Amb una carga de monines.
Joan del riu n'és arribat
Amb una carga d'escarbats.

N'ha portat un violon
Per fer ballar les minyones.
N'ha portat un violon
Per fer ballar els minyons.

Joan del riu n'és arribat
Amb una bota de vi ranci.
Joan del riu n'és arribat
Amb una bota de moscat.

N'ha portat un violon
Per fer ballar les minyones.
N'ha portat un violon
Per fer ballar els minyons.

 

L'estaca 

L'avi siset em parlava
De bon mati al portal
Mentre el sol esperàvem
I els carros vèiem passar.

Siset, que no veus l'estaca
A on estem tots lligats ?
Si no podem desfer-nos-en
Mai no podem caminar !

Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar,
Segur que tomba, tomba, tomba
Ben corcada deu ser ja.

Si tu l'estires fort per aquí
I jo l'estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem alliberar.

Peró, Siset fa molt temps ja,
Les mans se'm van escorxant
I quan la forca se me'n va
Ella és més ampla i més gran.

Ben cert sé que no està podrida
Peró es que, Siset pesa tant
Que a cops la forca m'oblida
Torna'm a dir el teu cant :
                                                                  …/…

 

Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar,
Segur que tomba, tomba, tomba
Ben corcada deu ser ja.

Si tu l'estires fort per aquí
I jo l'estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem alliberar.

L'avi Siset ja no diu res,
Mal vent que se l'emportà
Ell qui sap cap a quin indret
I jo sota el portal

I mentre passen els nous vailets
Estiro el coll per cantar
El darrer cant d'en Siset,
El darrer que em va ensenyar.

Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar,
Segur que tomba, tomba, tomba
Ben corcada deu ser ja.

Si tu l'estires fort per aquí
I jo l'estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem alliberar. 

 

La Santa Espina

Som i serem gent catalana,
tant si es vol com si no es vol,
que no hi ha terra més ufana
sota la capa del sol. (bis)

Déu va passar i en primavera
i tot cantava al seu pas,
canta la terra encara entera
i canta que cantaràs.

Canta l'ocell, el riu, la planta,
canta la lluna i el sol.
Tot treballant, la dona canta
i canta al peu del bressol.

I canta a dintre de la terra,
el passat jamai passat,
i jorns i nits, de serra en serra
com tot, canta el Montserrat.

Fill meu per Catalunya
vull veure't gran i fort ;
fes cara als que l'ultratjant
I per ella, viu i mort.

Som i serem gent catalana
tant si es vol com si no es vol,
que no hi ha terra més ufana
sota la capa del sol.

De Catalunya a València,
de Mallorca a Rosselló
tot és la branca d'un arbre 

 

Venim del Nord Venim del Sud 

Venim del nord, venim del sud
De terra endins, de mar enllà.
I no creiem en les fronteres
Si darrera hi ha un company
Amb les seves mans esteses
A un pervindre alliberat.
I caminem per poder ser
I volem ser per caminar.

Venim del nord, venim del sud
De terra endins, de mar enllà.
I no ens mena cap bandera
Que no es digui llibertat
La llibertat de vida plena
Que és llibertat dels meus companys
I volem ser per caminar
I caminar per poder ser.

Venim del nord, venim del sud
De terra endins, de mar enllà.
I no sabem himnes triomfals
Ni marcar el pas del vencedor,
Que si la lluita és sagnant
Serà amb vergonya de la sang.
I caminem per poder ser
I volem ser per caminar.

Venim del nord, venim del sud
De terra endins, de mar enllà.
Seran inútils les cadenes
D'un poder sempre esclavitzant,
Quan és la vida mateixa
Que ens obliga a cada pas.
I caminem per poder ser
I volem ser per caminar. 

 

Venim del nord, venim del sud
De terra endins, de mar enllà. 

 

Parlem català

Nosaltres aquí parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
Es el nostre ser, és el nostre pa

Parlem català, per te dir t'estimi
Parlem català per collir la flor
Per esgrunar els anys
d'aquest temps que passa
Parlem català per riure i cantar

Nosaltres aquí parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
Es el nostre ser, és el nostre pa

Per dir la tristor, tenim català
Per calmar les penes, tenim català
Tenim català per cantar l'amor
i per fer les festes, saltar i ballar

Nosaltres aquí parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
Es el nostre ser, és el nostre pa

                                                                         …/…

 

Alguns no voldrien aquest català
Arreu si podien el farien callar
Peró per tant que facin
Juntarem les mans
I tots cantarem el sempre endavant

Nosaltres aquí parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
Es el nostre ser, és el nostre pa

A sota el cel blau del nostre país
Cantarem la pau, l'amor i l'encís
L'amor de la terra,
l'amor del germans
I per tant que facin, serem catalans

Nosaltres aquí parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
Es el nostre ser, és el nostre pa
Catalans, voilà quatre bonnes raisons d'aimer

et de comprendre notre langue et notre culture!....

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 10:20
Tags (Saleilles) - Théâtre de L'Echappée (5 et 7 février, 21h) - Lumière (Guy Jacquet)
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*Quelques heures sans portable !

 

 

*Quelques heures sans portable ...J'avais décidé de partir, samedi, tout seul, à l'aventure, et sans téléphone ! La liberté totale, la vraie, l'absolue, j'en étais tout grisé ! Se débarrasser de cet objet qui vous sollicite, auquel on pense sans cesse car il vous transmet des messages, des infos, des mails, des sms, des alertes, des pubs, des bêtises...

 

Je pensais soudain à Finki, le nouvel académicien, oui le nouveau réac, Finkielfraut Alain, le penseur qui n'a pas de portable, jamais ! Un vrai philosophe, lui…Alors, j'avais l'impression d'être devenu sage, à mon tour…

 

Pensez-vous : j'avais le silence dans les oreilles ! Au lieu d'entendre des bruits médiatiques et des paroles inutiles, elles entendaient la nature, le soleil, le vent sur la mer, la brise sur l'étang, l'aboiement d'un toutou et le sifflement heureux d'un rossignol… C'en était trop, certes, ca...

 

... tout d'un coup, l'inquiétude s'empara de moi : je me sentis seul, soudain, sans attache amicale, sans cordon de secours, sans onde bienfaitrice…Dépourvu de racines, de cordon ombilical…

Si je crevais, avais un accident, que faire, impossible d'appeler le 15 ou le 16 ou le je sais plus quoi… 

Ils sont raison, les parents, d'acheter un portable à leur bambin: sont sereins ainsi; la mère peut faire les soldes et le papa aller voir sa maîtresse. C'est le smartphone qui s'occupe de vous…

J'tais vide, soudain, il me manquait ma protèse !

J'étais pris d'angoisse, je ne goûtais plus à la douceur du dernier jour de janvier. J'étais livré à la sauvagerie du monde, à la barbarie du temps qui peut vous blesser, vous tuer…

C'était abominable, intenable…Vite, retour à la maison, en quête de mon portable abandonné et bien triste dans un coin de ma maison…

 

JPB

 

 

 

***Rencontre à la librairie Torcatis : Walter Benjamin

 

Publié le 30/01/2016 à 22:49 par leblogcultureldyl

 

Vendredi 5 février, à partir de 18h00

 

 

 

Présentation de l'association Walter Benjamin à la librairie Torcatis,

 

par quelques membres, écrivains, tels Madeleine Claus, Michèle Bayar, Françoise Dumas, J.P.Bonnel, psychanalyste comme Alain Badia…

 

 

 

L'Association Walter Benjamin, transfrontière (créée par des Allemands, Catalans, Français, Espagnols), dont le projet est de faire

 

connaître la vie et la pensée du philosophe juif allemand, mort à Port-Bou, en septembre 1940, présentera ses activités et procédera à des lectures d'extraits d'oeuvres de l'auteur de Enfance berlinoise. Les sujets abordés seront ceux de l'exil, de la traversée des Pyrénées, de la réflexion sur l'Histoire et sur l'oeuvre d'art.

 

 

 

A ce propos,Madeleine Claus parlera de son livre Communauté d'antifascistes allemands dans les PO 1934-1937 La Coume (Ed. Harmattan), Michèle Bayard de son dernier livre paru aux Presses littéraires, et

 

J.P.Bonnel de "L'ultime chemin de W.Benjamin" (Cap Béar éditions).

 

(blog d'Yvette LUCAS)

 

 

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Ce n'est pas la beauté qui m'attire

 

On n'écrit jamais sans un certain malaise, de honte ou d'orgueil. 

À quoi bon compter les jours, la vie ne dure qu'une seconde. 

Je n'ai aucun respect pour les institutions, encore moins pour leurs représentants. 

Je n'écris pas pour celui qui se rend en limousine dans une clinique privée, mais celui qui tâtonne en chaise roulante pour poireauter six heures dans une salle d'attente. 

Ne croyant pas en Dieu, je garde toujours en moi un peu d'espoir. Après tout, c'est sûrement pour le désert que les orages existent. 

Je reste ce ringard qui tisonne le feu, 

pas celui qui a peur des routes inconnues. 

Pour supporter les pincements du froid, 

il fait faire chanter les blancs sanglots de neige, arracher les épines 

au pied de chaque mot 

lorsque la phrase boite, 

trouver quel rapport existe entre la langue et le pays, 

 

entre l'écriture et le climat. 

Il y a toujours la peur derrière chaque rature, 

un doute derrière le geste. 

À la vitesse où l'homme dilapide ce qu'il a, 

le mot demain n'a déjà plus de sens. 

On écrit de plus en plus sur du vide. 

On marche sur du verre avec nos gros sabots. 

Au bout de chaque soif, les trois syllabes de l'eau viennent humecter la page. J'avance sur le papier des jours. 

J'y tombe aussi quand mon stylo dérape. 

On ne voit pas ce que l'on nie. 

On est rarement ce que l'on dit. 

On fait rarement ce que l'on veut. 

Ce que j'aime dans la beauté, 

ce sont les petites imperfections qui la rendent plus vraie 

et nous rapprochent d'elle.

 

 

Le capital a troqué les ailes d'un ange pour les pales d'une éolienne .... 

Brasser du vent ou des affaires ne mène pas plus loin qu'à l'enfer 

À force de chercher l'or dans la boue, on ne trouve qu'un ver dans la pomme.

On ne finit jamais vraiment par être ce qu'on écrit, 

mais on finit toujours par être ce que l'on vit. 

Les cœurs, puisqu'ils sont tous à gauche, ne se font jamais face. 

Les cœurs des amoureux se cherchent l'un dans l'autre. 

Je ne veux pas de la tendresse qui rassure, mais de celle qui permet. 

Les masques tombent sur un visage embrumé d'émotions. 

La vie nous pousse dans le dos. ...Elle traverse les choses. 

La pluie annonce le dégel. ...La glace fond déjà. 

 

L'angle du lac reste ouvert. Ce n'est pas la beauté qui m'attire, mais ce qui s'en approche. 

Je ne cherche pas des preuves, mais des signes. 

Je transporte avec moi mes seaux de chagrin, de bonheur, d'espoir, ma valise de mots, mes sacs d'ignorance. 

J'ai peur, quand la bombe aura sautée, qu'il ne reste que les cons, ces mêmes vieux planqués qui recomptent leurs sous...faux-culs jouant le monde aux cartes. 

Ni fantômes ni zombies ne survivent à la guerre, mais des graines germent encore sous la cendre et la boue…

Voilà de quoi nous pousser au cul !

 

G*più

 

 

 

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*Conférence d'Alain BADIA, le vendredi 12 février, à partir de 18h 15 (entrée libre), salle Novelty.

 

« Passages, paysages, visages du patrimoine culturel au XX° siècle : Soleil et ombre en Roussillon ».

Cette conférence se présente sous forme d’un triptyque dont le premier volet porte sur l’histoire de l’art en Roussillon (fauvisme et cubisme), le second sur la Retirada, l’arrivée du poète Antonio Machado à Collioure et la fondation de la Maternité d’Elne par Elisabeth Eindenbenz, le dernier sur le passage impossible de Walter Benjamin à Port-Bou mais aussi sur le mémorial « passages » de Dani Karavan. 

Le fil conducteur réside dans les métaphores du « soleil » et de « l’ombre », ce qui explique l’approche poétique, littéraire de situations historiques.

 

PS. On peut adhérer (20 euros par an)

ou acheter un livre d'un auteur membre de l'association (ex. L'Ultime chemin de W.Benjamin: 13 euros au lieu de 16)

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 09:21
Na LI, Haomin YANG, Fau CHENG - Fau et Na - Wei YAN - 2 toiles de Na
Na LI, Haomin YANG, Fau CHENG - Fau et Na - Wei YAN - 2 toiles de Na
Na LI, Haomin YANG, Fau CHENG - Fau et Na - Wei YAN - 2 toiles de Na
Na LI, Haomin YANG, Fau CHENG - Fau et Na - Wei YAN - 2 toiles de Na

Na LI, Haomin YANG, Fau CHENG - Fau et Na - Wei YAN - 2 toiles de Na

 

        Artistes chinois à Perpignan (2) : Fau CHENG et Wei YAN

 

 

 

Fau CHENG vit à Nîmes; il présente en ce moment ses dernières oeuvres à Paris, boulevard Saint-Germain, sous le titre "The Fan's club". 

 

En effet, depuis deux ans, Fau concentre ses recherches sur le bleu; cette couleur est synonyme d'élan vital : "C'est un axe de la vie…J'ai grandi au bord de la mer… L'influence de Matisse n'est pas anodine, il faut dire…"

 Et il connaît bien aussi Yves Klein…

Le bleu est issu de la couleur des porcelaines; il exprime de douces sensations de tranquillité…

 

En ce moment, c'est à partir de personnages mythologiques que l'artiste parle de la culture traditionnelle, avec une infinité de détails sur Zeus, Hercule, Vénus…Avec ironie, surtout… Et dans une ambiance asiatique plus "calme, plus propre, pour la pensée" que dans l'esprit occidental. Son humour décapant et la confrontation des civilisations se propagent dans le cadre d'estampes japonaises où se côtoient des "stars", telle Marilyn Monroë, et des marques commerciales célèbres : Chanel… Ou Lacoste, dont l'image de marque célèbre, le crocodile, se retrouve dans le logo officiel de la ville de Nîmes…

 

Fau Cheng a présenté encore une exposition en 2012 en Afrique du Sud, sur les animaux avec des images de porcelaine sur le corps : toujours ce travail sur les contradictions culturelles à partir d'animaux légendaires (le sphinx) ou de personnalités (Einstein) …

 

On peut voir toutes les oeuvres et obtenir des informations sur :

chenfau@weebly.com

 

Pour terminer ce tour d'horizon des quatre artistes chinois en résidence à Perpignan, jusqu'en mars 2016, il faut revenir sur Yan Wei, le catalyseur du groupe, le plasticien qui a un rôle de messager entre l'Association de Céline Marcadon et les jeunes artistes de Chine.

 

Le travail pictural de Wei consiste en une recherche personnelle sur toutes les formes de violence. Il me montre des dessins de mains agressées de façon cruelle  : difficile à soutenir ! Il me fait entendre des vidéos qui expriment les craquements des os des mains et des pieds : étrange, originale symphonie du corps malaxé, remué… Wei exprime par là le dur travail qu'il exerce dans la restauration, pour un peu d'argent car il est difficile de vivre de son art. 

 

La violence des sadomasochistes alimente aussi ses recherches; la réflexion sur le point de vue est passionnante : pour les sadomasochistes, il s'agit de la recherche du plaisir; pour le regard extérieur des gens "normaux", il s'agit de souffrance, de violence… De même, en apparence la civilisation orientale semble remplie de calme, de sérénité, mais la quête des limites, traduite par exemple dans le cinéma (dans le film "L'empire des sens") peut aboutir sur la violence extrême qui débouche sur la mort…

 

Yan note des traces sur le corps, les résultats, les stigmates de la souffrance, avec ces dessins sur l'empreinte de cordages autour du buste, autour du cou… Enfin, la violence contemporaine est montrée dans des peintures fortes sur la maltraitance des enfants, à partir d'histoires vraies…

 

 

Rendez-vous est pris avec nos quatre amis pour l'exposition de leurs oeuvres à la Maison de la Région, le 18 février, à Perpignan, (avenue de la gare)

 

 

J.P.Bonnel

 

 

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:58
Fan CHENG - Wei YAN - Na LI - Haomin YANG (photo C.Marcadon) - Avec Fan Cheng © Céline Marcadon
Fan CHENG - Wei YAN - Na LI - Haomin YANG (photo C.Marcadon) - Avec Fan Cheng © Céline Marcadon

Fan CHENG - Wei YAN - Na LI - Haomin YANG (photo C.Marcadon) - Avec Fan Cheng © Céline Marcadon

ARTISTES CHINOIS en résidence à Perpignan (1)

 

Ici, dans la cité catalane, on se lamente : désertification du centre ville, atteintes au secteur historique, fermeture de l'école des BeauxArts, de galeries et de nombreux commerces, montée de l'insécurité, de la pauvreté et du chômage dans les quartiers défavorisés… 

 

Et pourtant, Perpignan est bien connue en… Chine !

Pas seulement pour Dali, le « centre du monde » rivalisant avec l'Empire du Milieu, mais pour son école, moribonde, hélas, des Beaux-Arts ! Si la municipalité avait contacté des responsables chinois -comme le département pour la diffusion des vins du Roussillon-, si, simplement, elle avait pris contact avec Wei YAN, qui habite dans la rue des Augustins, depuis des années, elle aurait su tout cela...

 

Céline Marcadon, qui prépare avec Julien Dumas Artfabetic dictionnaire biographique des artistes plasticiens de France, ouvrage de référence des artistes contemporains, le savait. Et, surtout, elle l'a fait ! Et dans des quartiers délaissés, ghettoïsés , tel Saint-Mathieu, elle a eu la bonne idée.

 

 Laissons lui la parole :

« Mon association, CONCORDIA PATRIMOINE et CULTURE organise une résidence d'artistes chinois, de janvier à mars 2016.

C'est une première, mais ce projet est de longue durée puisque le but est de multiplier le nombre d'artistes en résidence, qui seront par la suite aussi des étudiants. Pour la première fois, nous invitons des artistes professionnels, et enseignants, l'un d'eux expose à Paris, dans une galerie du boulevard Saint-Germain !!! »

Deux autres artistes devaient venir à Perpignan, mais les événements du 13 novembre dernier les a fait reculer et ils se sont désistés."

Céline ajoute qu'elle a eu l'idée de développer une résidence d'artistes avec des Chinois car les Beaux-Arts de la ville de Perpignan sont très reconnus là-bas, d’excellents professeurs y ayant enseigné... 

 

Le Conservatoire de Perpignan, bien malin lui, utilise actuellement la renommée de Paris « Centre du Monde » pour s'ouvrir à la Chine…

 

L’exposition des artistes en résidence aura lieu à Perpignan et sera la première exposition de la maison de la Grande Région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, le 18 février (avenue de la gare).

Cette exposition, bien nommée, s’intitulera :  « Du Centre au Centre". 

Le public perpignanais pourra faire connaissance avec les quatre artistes en résidence : la jeune Na LI et ses trois amis et compatriotes : Fan CHENG, Haomin YANG et Wei YAN, déjà cité. C’est lui qui a attiré ses copains de la province de Canton à Perpignan !

 

Yan WEI, cheville ouvrière de ce collectif, donne des cours de calligraphie ; il a obtenu des diplômes en Chine, a vécu un an à Béziers pour apprendre le français, puis s'est installé à Perpignan pour suivre les cours aux Beaux-Arts et en sortir brillamment diplômé. Son axe de travail est centré les faiblesses et les failles humaines, les addictions, le lâcher-prise particulièrement féminin. Cette thématique un peu dramatique l’oriente vers le travail du portrait. Il compose aussi ensuite d’adorables aquarelles poétiques. 

 

Fan Cheng habite actuellement à Nîmes, et est déjà exposé à paris. Son univers est facétieux, poétique et pourtant solide comme un roc. Il mêle les symboliques des mondes et joue parfois de influence encore gréco-romaine qui nous évoque le classicisme, mais qu’il anime avec ironie pour nous montrer notre époque. 

 

Tous ces artistes rencontrés dans leurs ateliers éphémères à Saint-Mathieu, ont comme point commun, outre l'âge autour de 35 ans, l'ouverture d'esprit, le pouvoir de créativité, un esprit nouveau capable de faire cohabiter les cultures orientale et occidentale.

 

Na LI et Haomin YANG, qui ont suivi les cours de l'Ecole des Beaux-Arts de Nîmes et ont obtenu un master, ils sont tous deux actuellement professeurs des Beaux-Arts à Gangxi.

 

Haomin travaille sur la transformation du corps et de l’esprit ; installé pendant sept ans en France, il explique qu’au début l'adaptation était difficile puisqu’il devait  se confronter à la culture et à l'état d'esprit occidentaux. Il s'est peu à peu occidentalisé et cette confrontation a été positive puisqu'elle a débouché sur la création d'oeuvres nouvelles, inédites, insoupçonnées… 

Haomin recrée sa vison du monde, en ré-interprétant les images et symboles occidentaux et asiatiques. Il se situe toujours entre la vision macroscopique et son extrême, microscopique. 

 

Na LI, jeune femme charmante, explique, d'un ton serein, qu'elle travaille sur le thème du temps qui passe, sur le souvenir... Ses portraits deviennent de plus en plus abstraits : le visage évolue, disparaît... Il s'estompe, ombre légère, dans l'estampe, épurée dans l'espace du blanc du papier... Na me montre une belle série d’aquarelles douces et poétiques ; elles expriment ces métamorphoses du corps. On imagine le changement intérieur, psychologique, à l'oeuvre dans l'intimité de la peinture… Soudain éclate une couleur vive : le rouge surgit, voulant signifier une sensation de blessure, un traumatisme personnel et lointain dans la mémoire.

Le dessin se livre à la poursuite de ce souvenir cruel pour le magnifier, pour guérir afin que le temps perdu soit l'objet d'une quête positive et une victoire sur la mort quotidienne… Dans ses peintures à l'huile, aussi, le visage est évanescent : des parties de la nature, des membres du corps glissent vers l’abstraction ; il s'agit de saisir le processus mutuel du temps et du geste pictural.

 

Le tableau donne vie à un mouvement qui suggère le passage temporel, l'évolution des choses et des hommes… Les installations de Na, à Nîmes, en particulier, à l’occasion d'une exposition, en 2012, sont des oeuvres « libres » ; en effet, le spectateur peut intervenir : il a la liberté de toucher, d'ajouter une touche, une couche, de prolonger la structure offerte. La phrase de Duchamp exprimant que le regardeur est un créateur à son tour, n'est pas loin...

 

Na me fait remarquer le motif du "rond" dans ses peintures : cette forme géométrique représente la culture orientale, alors que le carré est européen. Le rond, c'est le centre, le milieu, le signe de l'Empire chinois. « La culture orientale est complexe, mais elle recherche l'harmonie, la sérénité...

 

En Chine, c'est la permanence du figuratif, de la peinture académique, pas top conceptuelle… » Toutefois, Na se livre à l'innovation. En ce moment, elle travaille sur "le paysage du rêve" et on désirerait en savoir plus sur cette thématique au nom si suggestif ! C'est une exploration de « l'âme" du contexte local : influence du décor perpignanais, de son architecture, et de l'esprit catalan...

 

 

Jean-Pierre BONNEL  (à suivre)

  

*Contact : Céline MARCADON, Présidente de Concordia Patrimoine et Culture  -  06 81 42 98 75  -  cmarcadon@gmail.com

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 09:32
Marie-Christine Huyghe (conférence sur La sophrologie) - Photo pour le texte de G.Jacquet
Marie-Christine Huyghe (conférence sur La sophrologie) - Photo pour le texte de G.Jacquet

Marie-Christine Huyghe (conférence sur La sophrologie) - Photo pour le texte de G.Jacquet



** Après le SPOT de Cantem Jordi, le jeudi 28 janvier, le prochain rendez-culturel est la conférence de Marie-Christine Huyghe sur La sophrologie.


Lundi 1 février, à 18h 30, au Théâtre de l’Étang, à Saint Estève.
Un C.E.P.S. (Cours d’Éducation Populaire Stéphanois) organisé par l’association Les Rendez-Vous de Saint Estève  avec le parrainage d’Alyzé Beauté.
 


Titulaire d’un master en spécialité sophrologie caycédienne, maîtrisant les 12 degrés de cette discipline, pratiquant l’hypnose Ericksonienne, référente Bien-Être pour les manifestations organisées par le groupe AG2R La Mondiale et PREMALLIANCE, Marie-Christine Huyghe nous expliquera comment un entraînement du corps et de l’esprit peut développer sérénité et bien-être.
 
La sophrologie a été développée dans les années 60 par le docteur Alfonso Caycedo. Son approche résolument médicale et scientifique vise alors à apporter à ses patients une amélioration de leur qualité de vie. La sophrologie caycédienne est une discipline qui aide chacun à développer une conscience sereine au moyen d’un entraînement personnel basé sur des techniques de relaxation et d’activation du corps et de l’esprit. Elle se fonde sur l’observation et l’étude de la conscience, de la perception corporelle et de la relation corps-esprit, ainsi que leur influence sur le mode de vie. Son objectif est d’aider à renforcer les attitudes et valeurs positives au quotidien, dans le champ professionnel comme personnel, ainsi que de développer les capacités de gestion active du stress et des émotions négatives. La pratique régulière de la sophrologie caycédienne permet d’optimiser ses propres capacités au quotidien, de façon autonome et dans le respect de la personnalité de chacun.
Entrée libre et gratuite.


Prochains CEPS :
Lundi 7 mars, Histoire du royaume de Majorque par Jean Villanove.
Lundi 4 avril, L’ultime chemin de Walter Benjamin par Jean-Pierre Bonnel.
Lundi 9 mai, Les catastrophes naturelles en Méditerranée par Henri Got.
Lundi 13 juin, Les chemins de la Retirada par Serge Barba.


Pour tous renseignements : Les Rendez-Vous de Saint Estève   Mel : rdvse@rdvse.fr   Tel : 06 72 80 39 86




- - - Gérard Jacquet:


J'écris surtout la nuit, 

à la lueur de la lune, avec du vrai papier, avec du sang bouillant, de la sueur et de l'encre.
Chaque phrase est comme un creux du lit, un coin d'oreiller mouillé de fièvre où une poupée de porcelaine est assises à poil. 
Où vont-ils ceux qui n'arrêtent jamais?
Tous les aéroports se ressemblent, tous les hôtels de luxe, et les bus à clim glacées des tous les voyages organisés tout inclus. 
Ils se perdent de tarmac en tarmac.
Je préfère un ticket vers l'imaginaire, un nord sans boussole, une plage de sable sans fille à aimer.
Le bruit du cœur quand il aime enterre le bruit des balles.
 
Il y a quelque chose dans les yeux qui fait qu'on monte ou qu'on descend d'un manège de travers.
Il y a du bruit dans les oreilles qui trinque sa musique.
Il y a des gestes dans les mains qui sont toujours en amour.
Il y a des mots sur du papier qui rejoignent les arbres.
Sous le blanc seing du monde, la pointe d'un stylo excrète encore du songe. 
Que reste-t-il du vieux chemin que les cocoricos prolongent en rêve? 
peut-être le chœur désaccordé des heures prétentieuses qui s'éveillent, 
et le petit cœur d'enfant qui fait battre le mien?
De mes plumes perdues dans un combat de coq me reste celle qui écrit et mon rêve d'enfant.
Dans le passé recomposé, les fantômes ont une pioche. 
Ils creusent la mémoire et je m'enfonce dans les trous.
Les mots sont des troll . Ils sortent quand ils veulent. 
Ils pleurent où je veux rire, 
sautent à la corde avec Tamara, mettent du rouge aux joues de Lucas, 
à cause d'une claque sur le cul ou d'un baiser dans le sommeil.
Ils parlent de mon père qui s'est toujours moqué des médailles. 
Faut-il abattre les chênes pour vivre.. disait-il ?
Il a dit non et a préféré aimer ma mère. 
Par eux j'ai toujours su que la guerre était nulle. Pas seulement conne, mais vaine !
Ils ne me trompaient pas. 
Ils étaient plus près des enfants que je ne le serais des miens...aussi bien !
Dans la rue un vieux pochtron  chante le blues comme un blanc de banlieue.
C'est atroce !
Qui suis-je pour juger? 
Un Blanc n'est jamais Noir sur une ligne de montage. 
Quand on parle d'un Saint Galmier aviné sans se laver les mains...on la boucle !
Les miennes sont tachées des peines de l'homme .


G*più


- - - - - 

       

Marie SIRERA, conférence-débat sur le FENG SHUI (ZEN)

Marie SIRERA, conférence-débat sur le FENG SHUI (ZEN)

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 08:45
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)
Dessins racistes (sauf la première image)

Dessins racistes (sauf la première image)

* Personnalité d'exception, c'est un personnage tranchant : on l'aime ou on la déteste.

Je l'estime, comme d'autres figures politiques : J.P.Chevènement, Simone Veil. Je cherche d'autres noms, en vain...

Femme intelligente, les imbéciles la haïssaient.

Femme cultivée, oratrice talentueuse, les ignorants la maudissaient….

Femme de gauche, au souffle révolutionnaire, les conservateurs, les politiciens de droite l'auraient bien installée au bagne de Cayenne...

Sa présence forte et sa parole en archipel révélaient les démons intimes des racistes et faisaient parler l'inconscient pervers des fascistes….

Ces dessins prouvent que la France est encore un pays de Barbares et de Terroristes. Ils sont chez nous, ces Blancs, ces Médiocres porteurs de béret et de baguette, prêts à sortir le fusil de famille pour chasser l'Etranger, le Migrant, le Noir, l'Arabe, le Sans-papier, le Gauchiste, le Coco…bref, celui qui ne lui ressemble pas...

J.P.Bonnel

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Christiane Taubira : Je suis une bête sauvage : quand je ne suis pas contente, ça se voit ! Si je suis heureuse, ça se voit aussi.

Christiane Taubira

Christiane Taubira, née le 2 février 1952 à Cayenne (Guyane), est une femme politique française.

Elle commence sa carrière politique comme militante indépendantiste, puis participe à la création du parti politique guyanais Walwari. Députée de la première circonscription de la Guyane de 1993 à 2012, elle est à l'origine de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.

Candidate du Parti radical de gauche (PRG) à l'élection présidentielle de 2002, elle arrive en 13e position du premier tour de scrutin, avec 2,32 % des voix.

Elle est garde des Sceaux, ministre de la Justice du 16 mai 2012 au 27 janvier 2016, dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault I et II, puis Manuel Valls I et II. À ce titre, elle défend au Parlement le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Son travail à la tête du ministère de la Justice est salué par la gauche alors que l'opposition juge sa politique pénale laxiste1,2,3,4.

Formation et carrière professionnelle

Née à Cayenne, Christiane Taubira est issue d'une famille éclatée — sa mère, Bertille, aide-soignante, morte à 49 ans, élevait seule ses onze enfants, dont cinq avec le père de Christiane, Georges Taubira, épicier à Cayenne, qui les avait abandonnés.

Elle est divorcée en 2002 du leader indépendantiste Roland Delannon après 20 ans de mariage, et mère de quatre enfants ; ils s'étaient séparés sur fond de crise politique, après qu'il eut constitué une liste dissidente à son épouse lors des élections régionales de 19985.

Titulaire d'un diplôme de troisième cycle en sciences économiques, d'une licence en sociologie et d'un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris, elle a également suivi un troisième cycle en agroalimentaire du Centre français de la coopération agricole6,Note 1.

Elle devient professeur de sciences économiques en 19787.

Cofondatrice de l'association agricole Caricoop pour la Guyane (Confédération caraïbe de la coopération agricole)8, elle en est la directrice générale de 1982 à 1985. Depuis 1990, elle est membre de l'Office de coopération et de commerce extérieur de la Guyane (OCCE-G), un organisme dépendant du conseil régional de la Guyane.

Parcours politique

Militante indépendantiste et création de Walwari

Elle commence sa carrière politique en 1978 comme militante indépendantiste, notamment au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE)9, que son mari Roland Delannon a fondé en 197410. Elle dirige la revue indépendantiste Mawina11. Selon Robert Chaudenson, « ces mouvements anticolonialistes, impliqués dans nombre d'attentats, étaient très violents. » Roland Delannon, avec l'aide de l'UTG, prépare un attentat contre les installations pétrolières de Guyane qui échoue (le complot de Noël)12. Il est alors arrêté le 13 décembre 1974 avec 12 autres personnes. Elle affirme qu'elle a alors été obligée de vivre en clandestinité13,14. Roland Delannon est emprisonné pendant dix huit mois15 et l'arrestation des 13 personnes impliqués dans l'opération déclenche une grève générale de la part de l'UTG16.

Après l'arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, elle cesse le militantisme indépendantiste, constatant qu'il n'est plus soutenu par les Guyanais13 et fonde son activité professionnelle et devait signer un contrat de professeur-chercheur à l'Université du Québec à Montréal lorsqu'elle est sollicitée pour s'investir en politique. En 1993, elle cofonde avec son mari le parti Walwari et en devient présidente17.

Députée de Guyane (1993-2002)

En 1993 elle est élue députée « non inscrite » de Guyane et vote, dans l'hémicycle, l'investiture du gouvernement Édouard Balladur. Elle intègre un petit groupe parlementaire, République et liberté. L'année suivante, elle est quatrième de la liste Énergie radicale menée par Bernard Tapie lors des élections européennes de 1994. En avril 1994, elle est observateur parlementaire aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud18.

À sa réélection en juin 199719, elle rallie le groupe socialiste, et se voit confier par Lionel Jospin un rapport sur la recherche de l'or en Guyane. En 1998, elle se sépare de son mari après que celui-ci s'est présenté contre Walwari aux élections régionales de 1998 sans l'en avertir, fatigué de l'hégémonie politique de son épouse. En 2014, elle exprime des remords dans la presse sur ce passage de sa vie15.

Jusqu'en novembre 2001, elle est apparentée PS. Elle rejoint ensuite le groupe RCV (PRG-MDC-Verts-PCR).

Article détaillé : Loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.

Christiane Taubira a donné son nom à la loi française no 2001-434, votée le 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité, la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté, jusqu'à l'abolition de l'esclavage. La loi prévoit également l'insertion de ces faits historiques dans les programmes scolaires et le développement des recherches scientifiques s'y rapportant. Une des conséquences de cette loi est la création d'une journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, qui se tient tous les 10 mai.

La loi est critiquée car elle est considéré comme loi mémorielle se limitant à la traite européenne. Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l'histoire de l'esclavage, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira parce qu'il rappelait que « la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des Blancs, mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l'arrivée des négriers européens »20.

Candidate à l’élection présidentielle de 2002

En avril 2002, elle est la candidate du Parti radical de gauche à l'élection présidentielle avec une campagne axée sur l'« égalité des chances ». Elle obtient 2,32 % des voix au premier tour et réalise l'essentiel de son score en France d'outre-mer, notamment en Guyane, où elle obtient 52,7 % des suffrages exprimés21.

Selon certains socialistes, cette candidature a contribué à l'éparpillement des voix de gauche et a été une des causes de l'échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l'élection présidentielle22. D'après d'autres observateurs, comme Jacques Séguéla, Christiane Taubira avait proposé une alliance à Lionel Jospin, qui n'aurait pas donné suite à cette demande23.

Députée de Guyane (2002-2012)

Elle est de nouveau élue députée avec 67,22 % des voix24 le 16 juin 2002, pour la XIIe législature, dans la première circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe socialiste. Tout en demeurant membre du parti guyanais Walwari, elle devient, après le congrès de Toulouse (septembre 2002), première vice-présidente du Parti radical de gauche, poste spécialement créé pour elle et supprimé au congrès de 2004. Elle est en tête de la liste « Europe fraternelle » du PRG aux élections européennes de 2004, dans la circonscription Île-de-France : cette dernière n'obtient que 1,54 %, et aucun élu25.

En 2004, elle est condamnée par le conseil des prud'hommes de Paris pour licenciement injustifié et rupture de CDD « abusive » concernant son ancienne assistante parlementaire, et doit lui verser 5 300 euros26.

En 2006, elle considère que le nombre des immigrés clandestins expulsés de Guyane (7 500 sur 50 000) est dérisoire27. En 2007, à propos de la minorisation des Guyanais de souche, elle déclare : « Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre28. »

Le 12 juillet 2006, elle se déclare candidate à l'investiture du PRG pour l'élection présidentielle de 2007. Le 22 octobre, le PRG réuni en Congrès renonce à présenter une candidature, préférant un accord avec le Parti socialiste sur les élections présidentielle et législatives29. Le 20 janvier 2007, Christiane Taubira rallie l'équipe de Ségolène Royal, où elle est nommée « déléguée à l'expression républicaine30 ». Par la suite, lors de la campagne des législatives de juin 2007, elle déclare avoir été « approchée » par l'entourage de Nicolas Sarkozy « avant la fin de la présidentielle » pour faire partie du gouvernement, mais « avoir alors décliné l'offre »31. Elle est réélue députée avec 63,41 % des suffrages le 17 juin 2007 pour la XIIIe législature, dans la Première circonscription de la Guyane32. Elle est apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

En avril 2008, elle est chargée par le président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission sur les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP33. Son rapport, remis deux mois plus tard34, émet de lourdes critiques envers ces dispositifs, et formule des préconisations jugées audacieuses35, mal reçues par l'Élysée, le chef de l'État n'ayant fait aucun commentaire.

Christiane Taubira est candidate, à la tête d'une liste divers gauche à l'élection régionale de 2010 en Guyane. Arrivée en tête des quatre listes de gauche en présence, elle conduit une liste d'union de la gauche au second tour. Le 21 mars 2010, avec 43,9 % des voix, elle est battue par le maire de Cayenne, soutenu par l'UMP, Rodolphe Alexandre (56,1 %)36. Elle siège dès lors dans l'opposition.

Le 14 décembre 2010, elle annonce son soutien à Arnaud Montebourg dans le cadre des primaires du Parti socialiste de 2011 pour l'élection présidentielle de 201237.

Garde des Sceaux, ministre de la Justice (2012-2016)

À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, elle est nommée pour la première fois au gouvernement le 16 mai 2012 en devenant garde des Sceaux, ministre de la Justice38 au sein du gouvernement Ayrault (dont 30 membres sur 35 sont issus du Parti socialiste). Dès sa nomination, elle est la cible des critiques de l'UMP et du FN39, qui, en particulier après l'évasion d'un détenu lors d'une manifestation sportive opposant détenus et gardiens à laquelle elle assistait, lui reprochent du laxisme.

Après l'annonce du nouveau Premier ministre stipulant que tout ministre de son gouvernement qui se présente aux législatives et qui serait battu devrait démissionner40, les médias annoncent que Christiane Taubira renonce à briguer un nouveau mandat parlementaire41,42.

Les premières mesures qu'elle désire appliquer sont une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel43 et supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs pour garantir la spécificité de la justice des mineurs44. L'annonce de cette suppression, prévue dans le programme du candidat Hollande, est qualifiée de laxisme par l'UMP45, mais est favorablement accueillie par les représentants de l'USM, le syndicat majoritaire de la magistrature46.

Au premier trimestre 2013, confrontée à une vague de départs, la ministre est contrainte de remanier son cabinet ; elle embauche ainsi l'épouse d'un proche de François Hollande, Bernard Rullier, conseiller chargé des affaires parlementaires à l'Élysée. Son prétendu compagnon serait également membre de son cabinet47, mais cette information est vigoureusement démentie par les intéressés48.

En tant que garde des Sceaux, elle porte le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, qu'elle qualifie de « réforme de civilisation »49. Lors des débats au Parlement, où elle est particulièrement présente, ses nombreuses prises de parole et son habileté suscitent le respect, plus que l'approbation, de l'opposition, qui avait pourtant fait d'elle une cible privilégiée lors de ses débuts au gouvernement, faisant de ce débat un « moment » particulier de sa carrière politique50,51,52,53. Le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe est approuvé par l'Assemblée nationale en seconde lecture par 331 voix contre 225 (opposition) et 10 abstentions.

À l'été 2013, elle met en œuvre un projet de réforme pénale, qui voit notamment la création de la « contrainte pénale ». Si la garde des Sceaux considère qu'il s'agit de la fin du « tout-carcéral », certaines de ses prises de position ont donné lieu à des divergences avec le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et à un « procès en laxisme » intenté par la droite54. La loi est promulguée le 15 août 2014.

Un an plus tard, sa loi d’adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne fait l'objet d'une censure de 27 sur 39 articles par le Conseil constitutionnel le 13 août 2015, dont des mesures visant la lutte contre la pédophilie et le financement de l'aide aux victimes, considérées comme des cavaliers législatifs55.

Lors de l'élection territoriale de 2015 en Guyane, elle figure en 11e position sur la liste Walwari (section de Cayenne), qui recueille seulement 7,10 % des voix au premier tour56,57. Elle ne parvient ainsi pas à retrouver son mandat de conseillère régionale, qu'elle avait abandonné en août 2012[réf. nécessaire].

Elle est au centre d'une polémique, en décembre 2015, pour avoir annoncé sur une radio algérienne, Alger Chaîne 3, que le gouvernement français renonçait à l'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux convaincus de terrorisme alors que le Conseil des ministres du lendemain a maintenu cette proposition dans son projet de réforme constitutionnelle58,59.

Le 27 janvier 2016, la démission de Christiane Taubira est annoncée par l’Élysée. Elle est remplacée par Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et président de la commission des lois à l'Assemblée nationale60,61. Sur le réseau social Twitter, elle explique le jour même62:

« Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit. »

Travaux et prises de position

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !

Christiane Taubira est fréquemment considérée par les politiques comme un « électron libre », en raison de ses prises de position personnelles entrant peu dans une logique de parti63.

Loi sur les signes religieux dans les écoles publiques

Contrairement au PS et au PRG, elle s'oppose ainsi, en 2004, au vote de la loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques, considérant que « Faire œuvre législative plutôt que mission pédagogique, c’est perdre foi en la République, alors que sont soigneusement évités les terrains où se nouent les tensions les plus lourdes de sens dans l’affrontement éthique64. »

Référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe

En 2005, elle prend position pour le « non » lors du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe65, contrairement au PRG, dont elle est, à l'époque, encore vice-présidente.

Référendum sur le statut de la Guyane

Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique envers le caractère flou du projet, elle appelle à voter « oui » au sein du mouvement Guyane 7466.

Victime d'attaques racistes

Comme d'autres femmes ministres, dites de la diversité, elle fait face à de nombreuses insultes racistes67 et sexistes68.

En novembre 2013, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme condamne les propos, qu'il considère comme des attaques racistes, tenus dont elle fait l'objet depuis plusieurs semaines, et notamment la couverture d'un hebdomadaire d'extrême droite, Minute, publié avec la photo de la ministre accompagnée de la légende : « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane »69. L'hebdomadaire repousse l'accusation de racisme, arguant qu'il n'a fait qu'utiliser deux expressions françaises, « dont la seconde — la partie sur la banane — est familièrement utilisée pour décrire une personne en bonne forme70. »

Le 30 octobre 2014, le directeur de l'hebdomadaire est condamné à 10 000 euros d'amende pour sa une, Le Monde avec AFP rappelant alors que la ministre avait dénoncé des propos « d'une extrême violence » déniant son « appartenance à l'espèce humaine »71. Le parquet ayant jugé la peine trop clémente fait appel72. Lors du procès en appel qui se tient le 4 juin 2015, le parquet requiert une amende identique ainsi qu'une peine de prison de deux mois avec sursis73. Lors du délibéré rendu le 17 septembre 2015 la condamnation du directeur de Minute à 10 000 euros d’amende est confirmée74.

Détail des fonctions et des mandats

Mandat local

Mandats parlementaires

Fonction ministérielle

Ouvrages

De Christiane Taubira

  • L'Esclavage raconté à ma fille, Paris, Bibliophane, coll. « Les mots à coeur »,‎ 2002 (réimpr. 2006 et 2015), 165 p.
  • Codes noirs : de l'esclavage aux abolitions, Paris, Dalloz, coll. « A savoir »,‎ 2006, 150 p.
  • Rendez-vous avec la République, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres »,‎ 2006, 195 p.
  • Égalité pour les exclus : le politique face à l’histoire et à la mémoire coloniales, Paris, Temps Présent,‎ 2009, 93 p.
  • Mes météores : combats politiques au long cours, Paris, Flammarion,‎ 2012, 551 p.
  • Paroles de liberté, Paris, Flammarion, coll. « Café Voltaire »,‎ 2014, 138 p.

Sur Christiane Taubira

  • Carolien Vigoureux, Le mystère Taubira, Plon, 210 pages, 2015.

Notes

  1. ↑ Pendant de nombreuses années, les portraits médiatiques de Christiane Taubira lui attribuent un, voire deux doctorat(s), en économie, en ethnologie ou en agroalimentaire, selon les sources (Les diplômes des ministres du gouvernement Ayrault - Orientations, 23 mai 2012 [archive]). Dans son ouvrage Contre la justice laxiste (éditions L'Archipel, avril 2014), Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d'assises de Paris, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son curriculum vitæ : « Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...]. ». Sollicité, le cabinet de Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, affirme que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes et explique que ces mentions sont dues aux journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia » (Taubira et ses prétendus doctorats : « C’est la faute aux journalistes » Rémi Noyon [archive], Rue89, 28 mars 2014). « À première vue, l'erreur semble venir d'une confusion entre le « troisième cycle d'économie » qu'elle a entrepris (qui pouvait conduire à l'époque à un DEA ou un DESS) et l'acquisition d'un doctorat, qui suppose d'avoir soutenu une thèse avec succès » — (Le Monde, 28 mars 2014). Selon certaines enquêtes journalistiques, la ministre n'aurait pas affirmé détenir ces diplômes mais n'aurait pas non plus démenti publiquement de façon explicite ceux qui lui prêtaient leur obtention (Christiane Taubira et l'intox des doctorats - Maxime Vaudano, Le Monde, 28 mars 2014 [archive] et « On a vérifié les mensonges présumés de Christiane Taubira sur son niveau de diplôme » - Europe 1, 28 mars 2014 [archive]).

Références

  1. Le Monde du 27 janvier 2016 [archive]
  2. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/27/31003-20150727ARTFIG00132-baisse-du-nombre-de-detenus-la-consequence-de-la-politique-penale-de-taubira.php [archive]
  3. http://www.ledauphine.com/france-monde/2014/05/31/la-reforme-penale-controversee-de-taubira-examinee-mardi-a-l-assemblee [archive]
  4. http://www.franceinfo.fr/emission/votre-france-info/2013-2014/la-tres-controversee-reforme-taubira-10-04-2013-15-15 [archive]
  5. ↑ Mariana Grépinet, « Le livre de la semaine - Le mystère Taubira », Paris Match no 3444, semaine du 21 au 27 mai 2015, page 39.
  6. Biographie - Site officiel de Christiane Taubira, députée de Guyane
  7. Biographie [archive] - les-elections-presidentielles-2012.com
  8. Biographie de Christiane Taubira [archive] - Portail du Gouvernement
  9. Sur franceinter.fr. [archive]
  10. « Résistance et lutte armée aux Antilles-Guyane » [archive], sur etoilerouge.chez-alice.fr.
  11. Sur rfi.fr. [archive]
  12. « Taubira-ti ? Taubira-ti pas ? » [archive], Robert Chaudenson sur blogs.mediapart.fr, 13 novembre 2013.
  13. ↑ a et b Interview de Christiane Taubira [archive], dans StreetPress.com, 6 janvier 2011.
  14. « Enquête. La face cachée de Taubira » [archive], Geoffroy Lejeune, valeursactuelles.com, 9 décembre 2013.
  15. ↑ a et b « Roland Delannon, la “blessure” de Christiane Taubira » [archive], Le Figaro, 3 janvier 2014.
  16. - Chronologie des luttes aux Antilles [archive], p. 15
  17. ↑ Samba Doucouré, « Christiane Taubira: « La première fois de ma vie que j'ai voté, c'était pour moi » » [archive], streetpress.com,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 13 août 2015)
  18. Ancien site de Christiane Taubira
  19. Résultats des élections législatives de 1997 Cayenne-Macouria (1re circonscription) [archive], sur le site assemblee-nationale.fr
  20. Encore aujourd'hui [archive], Eric Conan, L'Express.fr, 4 mai 2006.
  21. http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Presidentielles/elecresult__presidentielle_2002/(path)/presidentielle_2002/003/973/03973.html [archive]
  22. ↑ Pascal Virot, « 2007 : Taubira rejoint les postulants de gauche » [archive], Libération, 13 juillet 2006.
  23. ↑ Jacques Séguéla : Autobiographie non autorisée, Plon, 2009.
  24. Résultats des élections législatives de 2002 Cayenne-Macouria (1re circonscription) [archive]
  25. Résultats [archive], sur le site du ministère français de l'intérieur.
  26. « Députés et… patrons » [archive], Thomas Bronnec, L'Express, 4 octobre 2004.
  27. ↑ Jeanne Ridereau, « Des mesures spécifiques pour lutter contre les clandestins », publié le 10 mai 2006 sur le site INFOAntilles [archive].
  28. ↑ Jean Piel, « Questions internationales (1) Les territoires français d’outre-mer s’alarment de l’afflux d’immigrés clandestins », MFI Hebdo, 20 avril 2007, en ligne [archive]. Christiane Taubira avait déjà fait une déclaration analogue en 2005 ; voir Marianne Payot, « La bombe migratoire », L'Express, 1er décembre 2005, en ligne [archive].
  29. ↑ « Le Parti radical de gauche ne présentera pas de candidat à la présidentielle », dépêche AFP citée par le Monde, 22 octobre 2006.
  30. ↑ Jean-Baptiste de Montvalon, « La campagne de la candidate PS "bat de l'aile" ? Mme Taubira veut "l'amplifier" », Le Monde, 21 janvier 2007.
  31. « Christiane Taubira affirme "avoir été approchée" par l'entourage de Nicolas Sarkozy » [archive], dépêche AFP citée par le Monde, 14 juin 2007.
  32. « Résultats des élections législatives 2007 - Ministère de l'Intérieur » [archive], sur interieur.gouv.fr,‎ 17 juin 2007 (consulté le 15 juin 2013)
  33. ↑ « Christiane Taubira chargée d'une mission sur les accords de partenariats économiques », Le Monde, 22 avril 2008.
  34. [PDF] « Les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP. Et si la politique se mêlait enfin des affaires du monde ? » [archive], rapport à monsieur le président de la République remis par Mme Christiane Taubira, députée de Guyane, 16 juin 2008.
  35. ↑ Lauranne Provenzano, « Accords économiques UE-ACP : Christiane Taubira jette un pavé dans la mare [archive] », afrik.com, 2 juillet 2008.
  36. ↑ Élections régionales de 2010 - résultats en Guyane [archive] sur le site du ministère de l'Intérieur.
  37. « Primaires du PS : Taubira "conjugue" sa candidature avec celle de Montebourg » [archive], Mediapart.
  38. Christiane Taubira, une indépendante à la justice [archive], Le Monde, 18 mai 2012.
  39. Christiane Taubira sous le feu des attaques de l'UMP [archive] Le Monde, 22 mai 2012
  40. Gouvernement Ayrault : tout ministre battu aux législatives devra partir [archive], Le Figaro, 16 mai 2012.
  41. Législatives : Taubira n'est pas candidate [archive], Le Figaro, 18 mai 2012.
  42. ↑ AFP, « Christiane Taubira ne sera pas candidate aux législatives » [archive], Le Monde,‎ 18 mai (consulté le 19 mai 2012)
  43. « Taubira confirme une loi “très vite” sur le harcèlement » [archive], Le Figaro, 17 mai 2012.
  44. « Mineurs : Taubira réaffirme la fin des tribunaux correctionnels » [archive], Le Figaro, 20 mai 2012.
  45. « Accusé de "laxisme" sur la sécurité, le PS reste serein » [archive], L'Express, 21 mai 2012.
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  47. ↑ Pascal Ceaux, « Justice: pourquoi les collaborateurs de Taubira la quittent » [archive], sur lexpress.fr,‎ 27 mars 2013 (consulté le 15 juin 2013)
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  51. ↑ Charlotte Rotman, « Veil, Badinter et… Taubira » [archive], sur Libération,‎ 4 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  52. ↑ Sylvain Courage, « Dix jours de Taubiramania à l'Assemblée » [archive], sur Le Nouvel Observateur,‎ 8 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  53. ↑ Gaël Vaillant, « Taubira se révèle dans l'hémicycle » [archive], sur Le Journal du dimanche,‎ 6 février 2013 (consulté le 27 mai 2013)
  54. ↑ Jérôme Sage, « Réforme pénale : l'Élysée conforte Taubira », in Le Figaro, samedi 31 août-dimanche 1er septembre 2013, pages 8-9.
  55. ↑ lefigaro.fr, « Plusieurs mesures portées par Taubira sabrées par le Conseil constitutionnel » [archive] (consulté le 27 août 2015)
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  57. Régionales. La liste sur laquelle Taubira était candidate a fait…7% [archive], sur le site valeursactuelles.com du 9 décembre 2015, consulté le 6 janvier 2016.
  58. Déchéance de nationalité, déchéance de Christiane Taubira [archive], sur le site lefigaro.fr du 23 décembre 2015, consulté le 6 janvier 2016.
  59. Christiane Taubira plus fragilisée que jamais [archive], sur le site lemonde.fr du 23 décembre 2015, consulté le 6 janvier 2016.
  60. « La ministre de la Justice Christiane Taubira a démissionné » [archive], Le Figaro, 27 janvier 2016
  61. Démission de Taubira : « Parfois résister c’est partir » [archive], Le Monde, 27 janvier 2016
  62. « Christiane Taubira (@ChTaubira) | Twitter » [archive], sur twitter.com (consulté le 27 janvier 2016)
  63. Christiane Taubira chavire l’Outre-mer [archive], sur le site rfi.fr, 2002
  64. Position de Ch. Taubira sur la loi sur le foulard islamique [archive], sur le site christiane-taubira.org
  65. Entretien avec Rosa Moussaoui [archive], L'Humanité, 2 mai 2005.
  66. Dans l'ombre des régionales [archive], L'Express du 6 janvier 2010
  67. ↑ Hélène Pillon, « Ces femmes politiques dans le viseur des racistes » [archive], sur lexpress.fr, L'Express,‎ 13 novembre 2013 (consulté le 10 août 2015).
  68. Nouvelobs.fr, Najat Vallaud-Belkacem, cible des réac' : comme Taubira, elle subit racisme et sexisme, 12 mai 2015 [archive]
  69. Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, Press briefing notes on France / Racism, Albinism, Cambodia protests and Human Rights Day [archive], 15 novembre 2013.
  70. ↑ Le Monde.fr avec AFP, « L'ONU s'alarme des attaques « racistes » à l'encontre de Taubira » [archive], sur lemonde.fr,‎ 15 novembre 2013 (consulté le 2 janvier 2014).
  71. ↑ Le Monde.fr avec AFP, « 10 000 euros d'amende pour le directeur de Minute ayant comparé Taubira à un singe » [archive], sur lemonde.fr,‎ 30 octobre 2014 (consulté le 9 août 2015).
  72. ↑ Le Monde.fr avec AFP, « Une » de Minute sur Taubira : le parquet fait appel de la peine, jugée trop clémente » [archive], sur lemonde.fr,‎ 12 novembre 2014 (consulté le 9 août 2015).
  73. « Taubira comparée à un singe à la Une de « Minute » : prison avec sursis requise en appel » [archive], sur lcp.fr, LCP Assemblée nationale,‎ 4 juin 2015 (consulté le 9 août 2015).
  74. « Minute » condamné en appel pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe [archive], Le Monde,‎ 17 septembre 2015 (consulté le 22 septembre 2015)

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

« Rien n’interdit de faire sens avec beauté »

L’art oratoire est de retour. Après une succession de campagnes présidentielles marquées par la « pipolisation » et la volonté de casser les codes, celle de 2012 se distingue par le nombre de beaux discours « à l’ancienne » qu’elle donne à entendre.

A gauche, en particulier, cela faisait longtemps que le public n’avait pas été aussi bien servi – même si Besancenot avait montré de vraies qualités de tribun : Mélenchon succède à Hue et Buffet, Hollande à Jospin et Royal... Et leurs prestations suscitent un certain engouement : on voit des électeurs se réunir pour les suivre sur les chaînes info ou en streaming sur Internet.

La persistance du meeting comme ingrédient majeur des campagnes électorales peut sembler incongrue, anachronique.

On a eu envie d’en discuter avec une des meilleures oratrices françaises, Christiane Taubira. La députée PRG de Guyane, qui fut candidate à l’élection présidentielle de 2002, savoure chaque mot « comme une friandise ». Et pour elle :

« Un grand discours, ça dit l’essentiel au moment où cet essentiel doit être dit sans qu’il soit facile de dire cet essentiel-là. »

Rue89 : On a l’impression qu’une émission de télé peut faire basculer une élection. Et pourtant, le meeting existe encore. Comment l’expliquez-vous ?

Christiane Taubira : Parce que c’est l’exercice de relation par excellence. La télévision démultiplie la parole publique, elle touche infiniment plus de monde qu’on ne pourrait en rassembler dans un meeting. Mais le meeting reste l’exercice politique majeur. C’est une rencontre, à la fois cathartique, affective, politique donc le meeting est absolument irremplaçable.

Et pourtant cela se résume souvent à prêcher des convaincus...

Souvent, c’est vrai, les meetings rassemblent des partisans. Par contre j’ai vécu pendant la primaire des situations extrêmement inhabituelles. J’ai soutenu Arnaud Montebourg, nous avons fait beaucoup de terrain et j’ai vécu des meetings, des ambiances, que je n’avais pas vécus avant. C’était un public à l’écoute, demandeur de paroles, de réponses, de précisions, qui n’applaudissait pas tout le temps.

J’aime bien les débats : c’est un langage explicite, très clairement formulé. Le meeting, lui, est un langage codé : le dialogue se joue dans les applaudissements, dans les rires, dans les soupirs. Le meeting est plein de chaleur, plein d’enthousiasme. Je crois que c’est vraiment l’exercice que je préfère. ll y a aussi un côté festif, déclaration d’amour ; un côté « nous sommes ensemble mais nous restons à votre écoute avec notre vigilance citoyenne »...

Ce sont des choses que vous présupposez. Peut-être que, dans la salle, des tas de gens ont été traînés là par leur conjoint, qu’ils attendent juste que ça finisse le plus vite possible...

Ça arrive probablement mais c’est marginal. Les gens ont trop d’occupations, trop d’opportunités, trop de choses à voir à la télé... S’ils sont là, c’est qu’ils sont passionnés. A l’exception, encore une fois, des meetings de la primaire, où beaucoup de gens venaient se faire une opinion.

Quels sont les ingrédients à réunir pour faire un bon discours ?

Je ne suis pas un modèle parce que je suis une sensitive, une intuitive et une sensuelle. En meeting, j’ouvre les vannes. Je suis vraiment avec le public, je parle aux gens. C’est pas un exercice pour la télé.

On m’a déjà dit de penser à quelques phrases que la presse puisse reprendre. Mais je n’y pense pas. J’ai vraiment besoin de sentir les gens. Je suis dans l’instant. Ma fréquence se branche sur les gens et du coup les gens me portent.

Je ne saurais pas vous dire quels sont les ingrédients. Je pense qu’il ne faut pas être trop long, en même temps il faut prendre le temps de dire des choses. J’ai un présupposé qui m’arrange : je pense que les gens sont intelligents et instruits.

Il faut que ce soit beau, enthousiasmant, enchanteur. Les gens sont sensibles à la poésie. Pas la poésie pour montrer sa culture et son érudition. Mais la poésie parce qu’une très belle pensée formulée admirablement par un grand esprit colle à la situation. Cette poésie-là percute les gens tout droit dans leur cœur.

« Rien n’interdit de faire sens avec beauté »

Qu’en savez-vous, quand vous êtes à la tribune ?

On le sent. J’ai des regards, dans la salle. Et ces regards-là parlent. Souvent il est arrivé qu’à la fin d’un meeting des gens viennent me saluer et je leur dis : « Vous étiez assis à tel endroit, j’ai vu votre regard. »

Je balaye sans arrêt, je scanne, comme on dirait aujourd’hui, je tombe sur des regards qui sont des bornes. Je continue à circuler mais je sais que là, il y a une fontaine.

Ils sont touchés par la musique des mots ou parce que ça fait sens ? Comment distinguer les deux ?

La magie, c’est les deux. On peut dire des choses avec beaucoup de sens mais avec un vocabulaire très aride, très rêche. Sadi Carnot aimait dire au début de ses discours : « Je ne suis pas venu pour vous séduire mais pour vous convaincre. »

Moi je pense que rien n’interdit de faire sens avec beauté, avec lyrisme. Je pense que si les gens s’accrochent à un propos, c’est parce qu’il y a les deux. On leur parle de quelque chose qui résonne chez eux, mais on leur dit dans une musique qui est agréable.

Cette part de « musique » prend-elle de plus en plus de place dans les discours ?

Il y a des gens qui toute leur vie feront des discours rêches, ils sont comme ça. Moi je n’ai pas le souci des phrases. Je les aime naturellement musicales. Alors elles me viennent musicalement.

Vous dites-vous parfois que vous avez cédé à la facilité en faisant de belles phrases capables d’emporter l’assistance ?

Non, pour une raison toute simple : je n’ai jamais fait de meeting sans en avoir vraiment envie, sans être complètement dans le combat, sans savoir vraiment ce que je fais là. Ceux qui cèdent à la facilité sont ceux qui font meeting sur meeting en service commandé ou les vrais démagogues, ceux qui veulent éblouir ou estourbir les gens – estourbir est un créolisme.

« Je suis une bête sauvage »

Mais quand on est dans une longue campagne, que soir après soir on doit répéter un peu la même chose, les mots prononcés dégagent-ils encore de la sincérité ?

La répétition n’exclut pas la sincérité. La spontanéité recule mais si on est convaincu le premier jour, on l’est toujours le dixième jour. Moi j’ai toujours eu ce souci de ne pas répéter. On peut formuler différemment une même idée. J’ai une structure, un plan, je sais ce que je veux dire. Mais une situation peut me faire faire une digression, une citation ou une plaisanterie peuvent me venir...

Avec l’expérience que vous avez, vous connaissez désormais les ficelles, vous savez ce qui marche.

Franchement, je n’ai pas de ficelles et je n’en connais pas. La seule recette que je connaisse, c’est que je sois bien et heureuse d’être là parce que sinon ça se verra. Je suis une bête sauvage : quand je ne suis pas contente, ça se voit ! Si je suis heureuse, ça se voit aussi.

Je me souviens d’un conseil que m’a donné un député à l’Assemblée il y a très longtemps. Il m’a dit : « Quand tu interviens, souviens-toi que tu parles à tes électeurs. » Je l’ai regardé complètement éberluée. Je n’ai jamais suivi ce conseil : quand je suis à l’Assemblée, je suis à l’Assemblée. Je suis là dans le lieu et dans l’instant.

Je ne suivrai jamais de ficelles : la politique est un moment de ma vie et je ne veux pas trahir ce qu’a été ma vie avant ni compromettre ce que sera ma vie après. J’ai toujours refusé de transiger sur les principes : ils ont une durée plus longue que la parenthèse de ma vie politique. Je préfère rater un meeting que d’avoir des problèmes de conscience.

Il vous est arrivé de rater un meeting ?

J’ai tout le temps cette impression. Après les émissions et après les meetings. Même si on me dit que c’était excellent, je suis lucide et je connais les failles de mes interventions. Je sais que là je n’ai pas été assez claire, que là j’ai oublié une idée... Au début ça me rendait insomniaque et ça me donnait mal à la tête, je prenais deux aspirines. Maintenant je dissèque et j’essaye de ne pas refaire les mêmes erreurs.

« Quatre fois sur cinq, ça ne se passe pas de la façon prévue »

Est-ce que vous considérez qu’il existe deux catégories d’hommes politiques selon qu’ils écrivent eux-mêmes leurs discours ou qu’ils acceptent qu’on les écrive pour eux ?

Il y a même une troisième catégorie : ceux qui ne font pas du tout de discours et qui préfèrent répondre à des questions. Vous êtes alors dans une autre gestuelle et une autre logique intellectuelle.

Vous prononcez des discours, vous participez à des débats, vous donnez des interviews : est-ce que votre langue change en fonction des exercices ?

La langue reste la même. D’abord parce que vous vous retrouvez souvent dans des situations d’improvisation. Ça m’est arrivé une fois à la Guadeloupe avec Hollande. On m’appelle à la tribune, je regarde François avec surprise, il me regarde froidement. Le lendemain on voit dans la presse « Taubira a réveillé la salle »... Bon. Mais personne n’avait eu l’amabilité de me prévenir.

En politique, quatre fois sur cinq, ça ne se passe pas de la façon prévue. La nécessité d’improviser fait que la langue reste la même.

Mais la méthode d’expression peut changer : il y a des exercices plus pédagogiques que d’autres. Le meeting n’est pas un exercice pédagogique. Dans un colloque où je dois expliquer pourquoi il faut que l’Europe soit une Europe des peuples, des territoires, des cultures, de la créativité, je ne le ferai pas de la même façon que si je viens chanter dans un meeting l’aventure européenne comme défi extraordinaire et extravagant que les hommes se sont donnés.

Parmi les candidats à la présidentielle, y en a-t-il que vous admirez en tant qu’orateurs ?

En tant qu’orateurs, je ne pense pas...

Même Mélenchon ?

C’est indiscutablement un orateur. Et Hollande est extrêmement brillant dans la réactivité, le rebond sur un propos qui peut venir de la salle, ou un sujet d’actualité.

Et Marine Le Pen ?

Je n’ai vraiment aucune envie de l’écouter. Ce qui m’intéresse, en politique, c’est la sincérité, l’expression de convictions réelles. Qu’on soit d’accord ou pas, ça nourrit le débat démocratique. Mais je pense que Marine Le Pen, comme son père, est dans un jeu.

Je vous posais cette question parce que je me demandais si les modérés n’étaient pas condamnés à être de moins bons orateurs.

On peut très sérieusement se poser la question. C’est sûr qu’on peut avoir des envolées enflammées si on appelle à la révolution. Mais l’exercice a ses perversions : on franchit vite le cap de la crédibilité. A la fin, c’est comme si on était allé à un beau spectacle. On n’est pas dans l’accolade d’une vie qu’on empoigne ensemble et qu’on va porter ensemble.

Dans les derniers meetings auxquels j’ai assisté, la salle vibre plus quand l’orateur parle de lui-même, de son histoire, que quand il expose ses projets. Est-ce une part qui prend de l’importance ?

Dans les discours du passé que j’ai lus, en effet, il n’y avait pas de parenthèse personnelle. Cela va certainement crescendo parce que nous vivons une période où les hommes politiques sont plus exposés que jamais et où on considère que leur vie privée, leur tempérament, leur caractère, tout cela fait partie de leur engagement public.

« Les mots, je les ai sur la langue »

Je vous avais demandé de sélectionner des discours qui vous ont marquée. Qu’avez-vous choisi ?

Un grand discours, ça dit l’essentiel au moment où cet essentiel doit être dit sans qu’il soit facile de dire cet essentiel-là. La personne qui parle sait où elle est, à quel moment elle est, et où est le nœud. Et elle attaque le nœud. C’est courageux et pertinent.

On peut dire de très belles choses qui auront des effets dans vingt ans ou qui valaient il y a quinze ans. Mais là, la personne dit ce qu’il faut au moment où il faut et alors que ça doit lui rapporter des baffes.

J’ai choisi Mandela : son discours de premier président élu d’Afrique du Sud, en 1994. C’était le 10 mai. Il y a des dates fétiches, comme ça, qui construisent elles-mêmes leur fétichisme. Louis Delgrès avait publié son très beau discours de résistance au rétablissement de l’esclavage le 10 mai 1802. C’est aussi notre date, choisie par Chirac, de souvenir national de la traite négrière...

Bon, je ne suis pas bonne en lecture parce que j’ai l’habitude de parler sans lire mais allons-y.

« Nous, le peuple d’Afrique du Sud, nous sentons profondément satisfaits que l’humanité nous ait repris en son sein, et que le privilège rare d’être l’hôte des nations du monde sur notre propre terre nous ait été accordé, à nous qui étions hors-la-loi il n’y a pas si longtemps... »

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Discours de Nelson Mandela du 10 mai 1994

Il sort de 26 ans de prison ! Il sort de 26 ans de prison et il dit ça à la face du monde ! Là, sur la terre sud-africaine ! Les Noirs sont majoritaires, ils égorgent tout le monde [s’ils le veulent]. Ils peuvent dire qu’ils font des expropriations de biens et une distribution nationale. Mandela peut dire mille choses mais il dit ça. C’est fabuleux. C’est pas spécialement lyrique mais... Wow ! I feel so great !

Vous les relisez souvent, les discours que vous jugez importants ?

Je peux relire des passages, je peux me remémorer des passages. Vous savez, les mots, je les ai sur la langue, comme un bonbon, une sucrerie, une friandise. Il y a des paroles de gens que j’aime beaucoup, que je relis et que je suce. Non, ce n’est pas joli : je les savoure. Mais ce n’est pas juste la musique des mots. C’est la force de la pensée amplifiée par la beauté des mots qui l’expriment.

Quel est votre deuxième choix ?

Par ordre chronologique, c’est le discours d’Yitzhak Rabin, quelques minutes avant son assassinat. Et là non plus, ce n’est pas spécialement lyrique.

J’avais une tendresse particulière pour cet homme qui avait fait la guerre toute sa vie et qui a pris cet avion pour aller à Oslo rencontrer l’ennemi héréditaire, cet homme qui ne la ramenait pas, qui s’était dépouillé des insignes militaires, qui avait fait le choix de la paix. J’ai évidemment pleuré quand il a été assassiné. Comme j’ai pleuré pour l’assassinat de Thomas Sankara. Je n’ai pas pleuré pour l’assassinat de Maurice Bishop mais j’étais en rage.

Je ne lis pas l’hébreu mais les phrases étant sobres et la construction simple, je pense que cette traduction donne vraiment à entendre sa parole.

« La voie de la paix reste encore préférable à celle de la guerre. Je l’affirme en tant que militaire et ministre de la Défense, qui assiste trop souvent à la douleur des familles de soldats de Tsahal... »

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Discours d’Yitzhak Rabin du 4 novembre 1995

C’est la sobriété qui vous touche ?

La sobriété, la crédibilité de celui qui parle compte-tenu de ce qu’a été sa vie, et cette humilité extraordinaire.

« Si je suis dans la difficulté, je cogne »

Passons au dernier choix.

C’est l’inévitable, c’est Barack Obama. Il faut se rappeler qu’il dit ça au moment où on l’accuse à la fois de ne pas être assez noir et d’être trop noir et où le révérend Wright a fait des déclarations tonitruantes et intempestives contre l’Amérique blanche.

On l’attaque de partout et il dit ça :

« J’ai choisi de me présenter à la présidence à ce moment de l’Histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons faire face aux défis de notre temps sans que nous ne les résolvions tous ensemble... »

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Discours de Barack Obama du 18 mars 2008

Je vais finir par l’histoire qu’Obama raconte à la fin de son discours :

« C’est l’histoire d’une jeune Blanche de 23 ans nommée Ashley Baia qui a organisé notre campagne à Florence, en Caroline du Sud. Elle a travaillé à organiser une communauté principalement afro-américaine depuis le début de cette campagne et un jour elle assistait à une table-ronde où chacun racontait son histoire et pourquoi il était là.

Et Ashley a dit que, quand elle avait 9 ans, sa mère fut atteinte d’un cancer. Et parce qu’elle a dû rater des jours de travail, elle a été renvoyée et a perdu son assurance maladie. Elles ont été contraintes de se faire déclarer insolvables et c’est à ce moment-là qu’Ashley a décidé de faire quelque chose pour sa mère.

Elle savait que la nourriture représentait l’un de leurs principaux postes de dépense, et donc Ashley a convaincu sa mère que ce qu’elle aimait vraiment manger n’était rien d’autre que des sandwiches à la moutarde. Parce que c’était ce qu’il y avait de moins cher à manger.

Elle a fait cela jusqu’à ce que sa mère aille mieux et elle a dit à tout le monde lors de cette table-ronde que la raison pour laquelle elle avait rejoint notre campagne était d’aider les millions d’autres enfants qui, dans ce pays, veulent et doivent aider leurs parents, eux aussi.

Or Ashley aurait pu faire un choix différent. Peut-être que quelqu’un lui a dit, à un moment, que la source des problèmes de sa mère était les Noirs qui vivaient du “Welfare” et qui étaient trop paresseux pour travailler, ou les Hispaniques qui venaient dans le pays illégalement. Mais elle ne l’a pas fait. Elle a cherché des alliés dans son combat contre l’injustice.

Ashley termine son histoire et fait le tour de table en demandant à chacun pourquoi il soutient la campagne [...]. Arrive le tour de cet homme âgé noir qui est resté, pendant tout ce temps, assis silencieusement. Et Ashley lui demande pourquoi il est là. Et il ne soulève pas de problème spécifique. Il ne parle pas de la santé ou de l’économie. Il ne parle pas de l’éducation ou de la guerre. Il ne dit pas qu’il est là à cause de Barack Obama. Il dit simplement à tout le monde : “Je suis ici parce qu’Ashley existe.” »

La première fois que j’ai lu ça, je l’ai lu en anglais, j’ai pleuré, pleuré, pleuré...

Savez-vous pourquoi ?

Elle est magnifique, l’histoire de cette gamine qui, au lieu de macérer dans des frustrations, se retrouve à s’engager.

Je viens d’un milieu très humble, je suis d’une famille monoparentale, ça me rappelle le courage de ma maman, qui ne se plaignait jamais avec ses onze gamins, elle n’avait pas d’aides, elle trimait, mais elle se montrait joyeuse.

Les belles choses me font pleurer. Mais je ne pleure jamais sur moi. Si je suis dans la difficulté, je cogne.

« Avec Sarkozy, il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise »

Les cogneurs peuvent exceller dans un autre exercice rhétorique : la petite phrase. Quand j’en discute avec des députés, ils prétendent souvent qu’au fond d’eux-mêmes, ils n’aiment pas ça, mais que le système médiatique les y contraint...

Je pense qu’ils peuvent résister, et qu’ils doivent résister. Et que s’ils avaient résisté, au moment où le phénomène a surgi, je pense que la politique aurait plus de consistance aujourd’hui. Ils portent une responsabilité dans la désaffection des citoyens pour la politique.

Si c’est pour entendre untel dire une méchanceté sur untel autre, que l’on voit ensuite furtivement ensemble à la buvette... C’est un jeu de rôle, qui pousse à ne plus croire personne.

Beaucoup de gens partent d’ailleurs du principe que les politiques ne disent pas la vérité. Comment intégrez-vous cette difficulté-là quand vous vous exprimez ?

Le seul remède à ça, c’est la sincérité, c’est ne pas raconter de salades aux gens. Les gens sentent la sincérité. On me dit depuis des années : « Ce qui est bien, avec vous, c’est qu’on sent que vous croyez à ce que vous dites. »

On entendait aussi cela dans les meetings de Nicolas Sarkozy en 2007.

Je ne crois pas qu’on l’ait jamais dit comme ça. Des gens l’ont cru quand il a dit qu’il avait changé. Ceux qui étaient désarmés ou ceux qui voulaient vraiment le croire. Mais il ne surgissait pas de nulle part. Il avait été ministre de l’Intérieur.

En 2007, j’ai subi un harcèlement pour entrer au gouvernement ; des amis de gauche m’ont dit aussi qu’il fallait y aller. Mais j’avais bataillé contre lui pendant cinq ans ! C’est quand même l’homme de la loi sur la sécurité intérieure de juillet 2002 ! C’était l’homme du racolage passif, l’homme anti-Tziganes, l’homme de l’emprisonnement pour stationnement dans les halls d’immeuble !

Je ne pouvais pas faire semblant de le croire quand il disait qu’il avait changé, qu’il nous resservait Jaurès et Blum... Les gens se sont étonnés du discours de Dakar mais on en avait entendu les prémices pendant la campagne. Il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise.

Entretien initialement publié le 26 février 2012.

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  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
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