Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 09:13
Crimes coloniaux : Macron a raison et le maire de Perpignan non plus !

***CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ - Macron a eu raison

Réponse de M.Pujol, maire de Perpignan :

 

Bien sûr, il n'aurait pas dû utiliser l'expression, concept juridique forgeé pour juger les crimes nazis; le mot est anachronique, inadéquat, mais la réalité est là ! 

Et un tel jugement a déjà été utilisé par Condorcet, au 18° siècle, pour qualifier l'esclavage de "crime contre la morale", voir la biographie par R. Badinter.

C'est le vice-président des USA, L. Johnson, qui s'exclame dans le film récent "Jackie" : "Nous sommes des barbares !"

Barbares, oui, criminels car le citoyen américain (ou la mafia ou…) peut liquider son président, et il y en eut, Lincoln, Kennedy…

La démocratie, et la civilisation aux racines chrétiennes, de nos ancêtres européens partis vers le nouveau monde, ont commis les pires crimes : esclavage, exploitation des Noirs, élimination de leurs leaders pacifistes, guerres coloniales : Vietnam…où l'on expérimente des armes nouvelles… Il y eut les Nazis, et il y a aujourd'hui les Barbares encore plus raffinés de Daesch, mais Européens et Américains, nous avons donné l'exemple… Normal, la religion catholique est en avance de plusieurs siècles sur la musulmane…

 

A Alger, Emmanuel Macron a donc parlé de "crime contre l'humanité" à propos de la colonisation en Algérie. A Paris, peu avant, il avait dit que la colonisation avait eu "des éléments de civilisation et des éléments de barbarie". 

Bien sûr, ce n'est pas le peuple travailleur, qui vivait, parfois depuis plusieurs générations en Algérie et qui a dû dans la douleur la quitter en 1962, l'auteur de crimes contre l'humanité….mais une minorité dirigeante, les colons qui possédaient la plus grande partie de l'Algérie.

Et il y eut, hélas, d'autres atteintes aux droits de l'homme : la torture, les massacres de villages marocains, la répression contre la révolte malgache de 1947, jusqu'à la guerre d'Algérie, les massacres de Sétif et la révolution "barbare" des Arabes, contre, souvent, des populations civiles innocentes et contre les harkis et les Berbères… (1)

 

Tous les partis français actuels critiquent Macron car ils sont complices : les Socialistes qui se rappellent l'action colonialiste de Mitterrand (et la complicité des communistes) quand il était ministre de l'Intérieur…La droite "républicaine" qui se souvient du "Je vous ai compris" de De Gaulle, qui abandonna les Pieds-Noirs et laissa les Arabes égorger les "supplétifs de l'armée française"…Et ne parlons pas du FN et de la droite radicale, algérianiste de plusieurs villes du Midi de la France, qui vante encore le rôle civilisateur de la colonisation… Comme M. Pujol, maire de Perpignan (2)

 

Macron a eu le courage de se fâcher avec ces partis complices, quitte à perdre des voix : voulaient-il gagner par là celles des descendants de l'immigration maghrébine en France depuis 1962..? Et montrer aux quartiers révoltés qu'un futur président les entend..? Certes, il sait que la rétroactivité est impossible (création de la cour pénale de 1998 pour punir, non les crimes du passé, mais ceux à venir…mais le rappel du passé ignoble peut taire prendre consciences des horreurs du présent..? 

 

Cependant il est prouvé que  l'État français a commis, à plusieurs reprises, des crimes de guerre, dont certains s'apparentent vraiment à des crimes contre l'humanité. 

 

 (1)... C'est une armée qui mitraille la population algérienne, bombarde les douars, par l'aviation et par les croiseurs en rade de Bougie, et fait plusieurs milliers de morts : officiellement au moins 1500 ; selon les Algériens qui commémorent chaque année ce drame, 45 000 morts ; selon Paul Teitgen, secrétaire général de la police à Alger, qui démissionna pour dénoncer la torture, 15 000 morts, ainsi qu'il me l'indiqua il y a plus de 30 ans (son père avait été l'avocat des victimes). Cet événement terrible est considéré par beaucoup comme étant l'élément déclencheur de la guerre d'Algérie. Voir mon billet sur Mediapart (j'avais également interviewé sur le sujet Charles Tillon, ancien chef des FTP et ministre communiste de l'Air dans le gouvernement de De Gaulle à la Libération). 

 

https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/120513/8-mai-1945-les-massacres-de-setif-et-le-temoignage-que-m-avait-livre-charles-tillon

[j'ajoute que si ces faits sont copieusement renseignés, dans des livres, dans la presse, sur internet, ils furent, à l'époque et pendant des décennies, totalement occultés]

 

- - -(2) Non M. Macron !, nous n’avons commis aucun crime contre l’humanité

 

16 Février 2017, 17:40pm | Publié par Jean-Marc Pujol

Lamentables, scandaleux, honteux, désastreux, funestes, insultants, indignes… Les mots de la colère ne manquent pas pour exprimer le dégoût face aux propos tenus, hier depuis Alger en Algérie, par l’ex-ministre de l’Economie socialiste et candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron, qui n’a pas hésité à qualifier « la colonisation française en Algérie de crime contre l’humanité ». Nous pourrions nous interroger sur « A quoi joue M. Macron ? », mais son propos est d’une telle gravité qu’il n’inspire pas à l’amusement.

M. Macron devrait savoir, au moins, qu’une campagne électorale pour exercer la fonction suprême, la Présidence de la République Française en l’occurrence, n’a rien d’une tournée musicale, ou d’une succession de dîners de gala. Il ne s’agit pas d’enchaîner les concerts et les « Unes » sur papier glacé, de paraître…

Qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité » comme le fait M. Macron est – pour reprendre le propos de l’historien Jean Sévillia dans le Figarovox – « un non-sens historique (…). La présence française en Algérie a duré 130 ans, avec ses échecs, ses pages grises, mais aussi ses réussites, ses motifs de fierté (…). Dans les événements tragiques de la fin de l’Algérie française, des Européens d’Algérie ou des musulmans fidèles à la France, les Harkis, ont été victimes d’actes constitutifs du crime contre l’humanité (…) ».

Face à l’Histoire, aux faits et aux événements qui ont contribué à bâtir cette Histoire, M. Macron fait preuve d’un condamnable mépris… à moins qu’il ne s’agisse-là d’une farce (et attrapes), d’une ignorance. Cela serait encore plus grave, plus inquiétant, pour celui qui brigue la succession à son ami François Hollande.

Ce n’est pas en agissant de la sorte que M. Macron s’érigera en « symbole de la réconciliation des mémoires à construire entre nos peuples ». Nous l’avons bien compris, M. Macron est allé à « Canossalger » dans un pur intérêt électoraliste, pour tenter de courtiser : les voix des 20 000 Français recensés à Alger… et les 1,5 million de binationaux franco-algériens.

Non M. Macron mes parents, mes grands-parents et arrière grands parents, comme ceux d'Albert Camus, de Jacques Derrida ou d'Enrico Macias, et du million de Français de toutes confessions et origines qui ont fait ce pays n'ont commis aucun crime contre l'humanité. Ils venaient d'Espagne, de Catalogne, d'Italie, de Malte, et puis des provinces de France, ils ont travaillé dur pour construire un pays où ils sont restés 130 ans et d'où ils ont été chassés il y a 65 ans dans des conditions atroces. Ce que vous ignorez M. Macron, c’est que les troupes françaises d’Algérie au rang desquelles les tirailleurs algériens et les Tabors marocains ont subi de lourdes pertes pour libérer le territoire français du nazisme et de ses complices. Considérer aujourd’hui qu’ils sont le produit du « crime contre l’humanité », c’est insulter la mémoire de ceux qui sont tombés pour la France, car ils croyaient en une Algérie française.

Cela est bien dommageable à un rapprochement entre nos deux peuples. Car M. Macron n’a fait que jeter de l’huile sur le feu, souffler sur la braise, en s’aventurant inconsciemment et dans l’impartialité sur un terrain glissant, alors même qu’Algériens et Français auraient un bel avenir en commun à (re)construire. L'attitude de M. Macron est irresponsable, elle ravive une mémoire douloureuse de part et d’autre de la Méditerranée, au moment où le rapprochement se fait entre nos deux peuples au travers d’intellectuels qui recherchent la vérité historique et qui démontrent que la colonisation, voulue par des hommes de gauche je le rappelle, a bien sûr des côtés négatifs, mais que les côtés positifs l’emportent, si on en juge d’ailleurs le nombre important d’Algériens qui depuis l’indépendance veulent rejoindre la France.

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans débat - polémique
commenter cet article
19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 08:06
Machado à Collioure - Retirada, événements - Guinovart à Paris
Machado à Collioure - Retirada, événements - Guinovart à Paris
Machado à Collioure - Retirada, événements - Guinovart à Paris
Machado à Collioure - Retirada, événements - Guinovart à Paris

Machado à Collioure - Retirada, événements - Guinovart à Paris

 

*** Collioure : Journée Hommage Machado

 

Grâce à la ténacité et l’enthousiasme des responsables de la Fondation Antonio Machado (la FAM), la mémoire, l’histoire et l’écriture du poète disparu n’ont jamais été aussi vives. Soledad Arcas Jorda, vice-présidente témoigne : « Depuis la création de la Fondation en 1977, sa première action a été de créer un prix international de littérature. 

En 2007, sous l’impulsion de Joëlle Santa-Garcia, présidente, nous avons associé les lycéens à cette belle aventure littéraire. » Ainsi les lycéens et depuis quatre ans les collégiens participent à ce travail d’écriture dont l’inspiration est puisée dans les textes, la vie, le parcours littéraire et plus dramatique, l’exil sur les chemins de la Retirada de Machado, en français ou en espagnol. « Pour cette édition du prix des lycéens, nous avons proposé à des élèves de faire partie du jury. Soutenus par l’inspecteur pédagogique de l’Académie, nous contribuons à développer l’esprit critique de nos élèves, en même temps que leurs capacités d’analyse et leur sens de l’objectivité », poursuit Soledad satisfaite également de produire l’affiche de la commémoration réalisée par les élèves qui recevront tous leurs récompenses lors de la cérémonie officielle du dimanche 19 février.

 Le conseil départemental qui finance le prix des collégiens, la municipalité de Collioure, partie prenante de la journée d’hommage à Machado, participent de l’élan qui anime la FAM, « L’écriture, c’est notre liberté, sans frontière, qu’il faut conserver et à travers la liberté d’expression, nous préparons les citoyens de demain. » Après la conférence de Guadalupe Adamez Castro et le témoignage de Manuela Parra, un jury prestigieux composé de professeurs des Universités de Perpignan, de Grenoble, de Clermond-Ferrand et de Madrid, remettra le Prix international de littérature Antonio Machado dimanche 19 février, journée qui clôture les commémorations de l’exil républicain avec le traditionnel dépôt de gerbe au cimetière et un concert de Luisa y Cuco Pérez.

(Cà Claudine. Lavail-Darder. Journal L'Indépendant

 

PROGRAMME DE LA JOURNEE

9h30 - Accueil café

9h45 - Accueil et bienvenue par Monsieur Manya, Maire de Collioure et Président d’honneur de la FAM, Monsieur Moly , 1ere Vice Président du conseil Départemental et Joëlle Santa-Garcia, Présidente de la FAM.

10h15 - Conférence de Guadalupe Adámez Castro : "Caravanas de tristeza". Los refugiados españoles y Antonio Machado.

11h00 - Remise du Prix descollégiens

11h15 - Remise du Prix deslycéens

11h30 - Manuela PARRA témoignage et présentation de son livre

11h45 - Remise du Prix International

12h30 - Départ au cimetière, dépôt de gerbes.

15h30 - Concert-récital d’accordéon et chansons " “Nuestras canciones de la retirada”De Luisa y Cuco Pérez - Entrée : 10 €

17h00 - Clôture de la journée.

 

*Lire : Machado, de Séville à Collioure, par J.Pierre BONNEL (Cap Béar éditeur)

- - - - -

Pays catalan

***

Réunion publique lundi 20 février 18h30
PORT-VENDRES Cinéma Le Vauban
Nous aborderons plusieurs thématiques
Economie, Culture, Institution, Elections ect...
 
Nous sollicitons de votre part le partage de cette information auprès
de vos proches, connaissances et famille.
 
Cordialement.
Georges Francès, administrateur.
 
Allez sur le site de Oui au Pays Catalan

Georges Francès, administrador.
 
 
 
Visiteu la pàgina de Sí al País Català
Repost 0
Published by leblogabonnel - dans littérature
commenter cet article
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 10:15
Jordi Barre - Hanna Fiedrich et W.Benjamin - Débat sur les Communautés à Thuir -
Jordi Barre - Hanna Fiedrich et W.Benjamin - Débat sur les Communautés à Thuir -
Jordi Barre - Hanna Fiedrich et W.Benjamin - Débat sur les Communautés à Thuir -
Jordi Barre - Hanna Fiedrich et W.Benjamin - Débat sur les Communautés à Thuir -

Jordi Barre - Hanna Fiedrich et W.Benjamin - Débat sur les Communautés à Thuir -

*Ce vendredi 17 février 2017, à 18h30, échanges à propos du livre de Paul Gérard et J.Pierre BONNEL sur les communautés libertaires en pays catalan (de 1968 à aujourd'hui)., publié aux éditions Trabucaire.

Avec la participation de témoins, communautaires, de la librairie de Thuir "Le Presse papier"...

Entrée libre à la médiathèque de THUIR, centre ville, 7 passage Violet.

 

Dans le sillage de mai 68, les années 1970 sont une formidable explosion de jeunesse, de désir, de libération.
Le vieux monde craque de partout. C’est le temps rêvé des ruptures, des révoltes, des expériences.

Dans ces années-là, ils avaient 20 ans, ils voulaient échapper à la routine « métro, boulot, dodo », réagir contre le mode de production capitaliste et la société de consommation, s’associer avec d’autres pour vivre autrement et porter ensemble un projet commun libérateur.

Ce fut le temps des communautés, rurales, urbaines, agricoles, artistiques et autres collectifs, d’esprit libertaire pour la plupart.

Dans ces années-là, en pays catalan, les 40 personnes qui racontent, dans ce livre, leur expérience communautaire, ont fait ce choix. Ils ont loué des mas et des terres dans des espaces en voie de désertification. Ils y ont vécu, travaillé et mis en pratique leurs idéaux. Les Carboneras, le mas Julia, Vilalte, Montauriol, St Jean de l’Albère, Malabrac, Fontcouverte, Cailla, Opoul, le mas Planères, Canaveilles, Fillols... autant de noms qui claquent comme des symboles de liberté, de sens et d’humanité.

Ils témoignent, 40 ans après, des gestes simples, de la solidarité, des échanges, des rires et des drames, des rêves et de l’amour qui ont forgé leurs existences.
Avec cette expérience, ils ont participé à l’évolution des mentalités, ils ont fait bouger les lignes et provoqué en quelque sorte les grands débats sociétaux de la fin du XXe et début XXIe siècles.

Ils sont les 40 auteurs de ce livre, un livre collectif, dont Jean-Pierre Bonnel a été le moteur, le scribe et le passeur et Paul Gérard le coordinateur attentif. Le temps d’une préface, Ronald Creagh a bien voulu joindre sa réflexion à la leur.

 

**BESZONOFF & BONNEL  (par Jacques Quéralt, ancien prof aux Beaux-Arts, ancien journaliste à L'Indépendant) :

Dans la production des livres qui s'étalera samedi 23 avril sur les stands de la sant Jordi 2016, quai Vauban à Perpignan, ou ailleurs dans le département, deux titres méritent d'être "convoités" pour des raisons différentes mais parce qu'elles illustrent la curiosité et le brio de deux écrivains, J.-D. Beszonoff et J.Pierre Bonnel, particulièrement actifs, féconds et polémistes…

C'est ensuite la concrétisation d'un projet de Jean-Pierre Bonnel aux Editions du Trabucaire sous le titre "Les communautés libertaires agricoles et artistiques en pays catalan (1970-2000)". 

Réalisé en collaboration avec Paul Gérard et préfacé par Ronald Creagh, l'ouvrage explore une thématique à peine effleurée par l'histoire et la sociologie régionales. Il est constitué d'une série d'enquêtes témoignages qui reconstituent les enthousiasmes, les bienfaits ou les insatisfactions d'expériences plus que sexagénaires pour quelques unes d'entre elles. Mythiques et nostalgiques (peu-être), Carboneras, Planères, Opoul... 

Parmi la quarantaine de contributions, celles du peintre Michel Pagnoux et du romancier critique d'art Jean-Philippe Domecq, alors insouciants de ce qu'ils allaient devenir, elles composent une mosaïque de sensibilités qui, loin s'en faut, ne sont pas toutes éteintes.  Jean-Pierre Bonnel, co-auteur du livre est romancier, essayiste (notamment attaché à la mémoire de Walter Benjamin), et blogger en constante alerte.

* blog de Jacques Quéralt - Metbarran, du vendredi 22 AVRIL 2016.

 

 

                                        Jordi Barre, six ans déjà!... 

  par Jean IGLESIS                                                                                                          

 

Mercredi 16 février 2011, en soirée, en son domicile de Ponteilla, entouré de l'affection des siens, Jordi Barre, « la voix de Catalogne Nord », s'éteignait... Jordi Barre, chantre et héraut de la poésie et de la chanson catalanes, nous quittait... Six ans déjà !... Malgré le temps, la peine se réclame toujours entière et intarissable, et le respect se déclare infini quand le cœur s'épanche et quand tous les humbles que nous sommes évoquent le musicien, le chanteur, l'homme, le symbole... Bienheureux celui qui, en peignant, jour après jour, son coin de ciel, parvient à atteindre l’Éternité. Cette éternité-là, Jordi Barre l’a conquise à la force de ses chansons, mais encore à la grâce de tous ces petits mots et de tous ces petits gestes qui constituaient sa personnalité, profonde et entière... Jordi Barre était la générosité et l’humanité incarnées… Cet homme de foi et d'espérance donnait tout, tout sans rien compter, et tout sans rien attendre en retour… La poésie – et la poésie catalane en particulier- se plaçaient au cœur-même de sa démarche.. Jordi Barre a fait beaucoup plus que  défendre ou que préserver la chanson, la poésie et la langue catalanes. Fort de son talent et confiant en ses initiatives, il en a enrichi le patrimoine, et ce en plaçant  au-devant-même de la scène, avec un respect des autres et avec un don de soi exemplaires, les poètes catalans des côtés sud et nord des Pyrénées. Pour le passé, les poètes de Catalogne Nord - ceux que l'on avait oubliés ou que l'on méconnaissait - ont quitté les limbes de l'ombre, grâce à l'action artistique, humaine et musicale de Jordi Barre.  Saluant le développement démocratique de la Catalogne-sud, dans sa phase postfranquiste, Jordi Barre a su ressusciter la «Pregària per un cant espiritual » de Joan Maragall (poète « noucentista »), le tendre et intime « Escolta »  de  Joan Salvat-Papasseit (écrivain anarchiste, mais encore porte-voix de l'amour dans ses arcanes et ses entrelacs les plus intimes), ou le triomphal mais si humble « Retorn a Catalunya » de Josep Carner, humaniste identitaire s'il en fût... A l'orée du devenir et des attentes de Catalunya-Nord,  que Jordi Barre avait esquissés dans la perspective lucide qu'on lui reconnaissait, trois auteurs ont compté dans son parcours  fulgurant et lumineux et ont été mis à l’ouvrage puis mis en lumière comme il se devait, trois écrivains et poètes si différents dans leurs parcours mais si proches dans leurs démarches, tant Jordi Barre se voulait à-même de rassembler, de fédérer, d'unir... Trois personnages qui ont pris leur hauteur, en tant qu'auteurs, et ce à la grâce de « notre chanteur ». Pour les nommer chronologiquement : Jordi Pere Cerdà, Joan Cayrol et Joan Tocabens...

 Au préalable et à l'aune du parcours de Jordi Barre, une chanson phare : « Crec » (Credo vell i sempre nou) de Joan Amade (fondateur du mouvement régionaliste « Nostra Terra » en 1934) donne le la et montre la voie, en 1979... Jordi Barre, en proposant, cette année-là, un 33 tours hardi et remarquable, soumis à l'écoute et à la sensibilité du microcosme roussillonnais - lequel recherche son identité dans un flou multiculturel - va s'imposer derechef  comme le héraut de la langue et de la culture nord-catalanes. Du héraut au héros, il n’y a qu’un pas à accomplir que Jordi Barre franchit courageusement, avec ce bienheureux disque vinyle de facture noir et blanc, qui prend et affirme, à contre-courant d'une vague musicale jacobine et franco-française,  tous les risques qu'il a toujours eu à cœur de prendre, et en  offrant à son corps défendant à un public qu'il va séduire et faire adhérer à sa cause les adaptations musicales des textes de Jordi Pere Cerdà (dont on retiendra« Canta canta Perpinyà », « El meu país » , « Sóc un mariner ».)... Seconde phase – et non des moindres - : par la suite, Jordi Barre va mettre en musique et  vulgariser un poète qui prendra et occupera une place immense voire incommensurable dans sa carrière : en la personne de Joan Cayrol, précisément. Cet alchimiste de l'émotion, qui sait jouer et user des mots, des vécus historiques et sociologiques, de la fibre familiale et identitaire ainsi que des sentiments viscéraux... cet épicurien qui se plait dans le détail à dépeindre ce qu’ 'il voit, ce qu'il ressent et ce dont il se souvient, cet écorché vif qui n'en finit pas d'aimer la terre catalane et qui ne nourrit pas moins d'espoirs à son égard...cet homme dont le destin s'écrit au quotidien, oscillant entre le bonheur de vivre et la douleur  de voir l'humanité vaciller, ce chantre mû par un humanisme surhumain, submergé par  l'émotion, l'abnégation et l'amour de la vie, inscrira sa verve et sa science poétiques dans le cœur du peuple... « poble menut », formé de petites gens, peuple riche de ses infimes joies et pauvre de ses peines inextinguibles, mais peuple infiniment sensible et attentif à tout ce qu'il aime, à tout ce dont il rêve et à tout ce qu'il désire exprimer... En quelque cinq ans, Joan Cayrol va offrir à Jordi Barre ses plus grands succès : le texte appellera la mélodie ; la musique reviendra en effet boomerang à l'écriture... et au verbe dont elle est originellement issue... L’empathie créatrice sera telle entre Jordi Barre et Joan Cayrol que les titres – baignés de flammes, de pleurs, de salive, de sang et de lumière – s'enchaîneront et se multiplieront presque naturellement, dans la fulgurance  et dans la force prolifique d'une poignée d'années sublimes, singulières, mémorables, incontournables et décisives... L'idylle tumultueuse Barre-Cayrol a enrichi et remis à flot en un tournemain le patrimoine nord-catalan qui eût pu prendre l'eau, sur la mer de la catalanité. Sont nés près de 50 textes magnifiques qui affranchissent le patrimoine nord-catalan de deux siècles de retard. Désormais, grâce à Joan Cayrol et à Jordi Barre, notre héritage culturel, nos chansons, nos poèmes, sont à-même d''affronter l'avenir...                                                               

Qu'ils surgissent comme des cris de foi et de révolte ou comme des soupirs de sagesse, les chansons nées du tandem Barre-Cayrol restent identifiables pour qui les a entendues.  Elles demeurent marquées du double-sceau de la foi et de l'espoir. Lyriques, passionnées, elles proviennent des entrailles de l’homme et de la terre. On ne peut que s'incliner devant « Toquen les hores », « Torna venr Vicens », « El xiprer vert », « La nit on vam fugir » (un hymne à la Retirada), « Tant com me quedarà », « Jo sóc de Perpinyà », Jo sé » « Una nit », « Si me'n vaig »,  « Deixeu-me el temps »…. Autre parenthèse salutaire initiée dans les années 80 ou interviendra un nouveau tempo : une nouvelle verve qui va flirter avec les années disco, la décentralisation et l'apparition d'une nouvelle vague régionaliste : c'est le rendez-vous intergénérationnel que  Barre fixe au groupe « Pa amb oli », une formation musicale que Jordi  va constituer et diriger. Les textes et les propos vont devenir plus revendicatifs, les mélodies plus incisives... Les chansons de « Pa amb oli » s'emparent d'une saine révolte qu'elles exaltent. Elles abandonnent une mélancolie passéiste pour affirmer une identité qu’elles iront au final réclamer jusqu’à Paris-même. En effet, en 1983, « Pa amb oli » prend d'assaut « la capitale ».  1983 : un événement national : « Pa amb oli » fait  l'Olympia ».... Les chansons affirment et réclament une légitimité catalane enfouie, bafouée, déniée... Les chansons du groupe : « Pa amb oli » bien sûr issu du « traditionnel catalan », mais plus encore « Parlem català », « La cançó del vent », « Llibertat condicional », « Titelles » et bien d'autres… Cayrol disparu en 1981, Jordi Barre va rencontrer en la personne de Joan Tocabens un poète et un parolier avec lequel il va parcourir un nouveau bout de chemin. Trente ans de collaboration vont donner naissance à « Una revolta dins el ventre », « Amb la força de l’amor »... ainsi qu'à plusieurs spectacles historiques, lesquels seront mis en scène avec talent par Jean-Pierre Lacombe-Massot (« L’épopée des Rois de Majorque » et « les Angelets de la terra » obtiendront chacun en leur temps auprès du public un succès amplement mérité…). Au terme de cinq années d'absence, Jordi Barre s’inscrit aujourd'hui et plus encore que jamais  dans la mémoire collective de ce petit pays qui est le nôtre et qui nous est si désespérément cher... un petit pays dont rien ne semble  pouvoir altérer ni le sang, ni l’or qui le symbolisent et l'incarnent au cœur de chacun d'entre nous.  Voilà six ans déjà que Jordi Barre nous a quittés... Et le vide qu'il nous a laissé demeure irrésolument béant...

 

Jean Iglesis

 

Photo jointe : Jordi Barre – Congrès des feux de la Saint-Jean à Saint-Laurent de la Salanque (juin 2003) – Photo Jean Iglesis -                                    

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans chanson
commenter cet article
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:40
Communautés libertaires en Pays catalan

Communautés libertaires en Pays catalan

*Ce vendredi 17 février 2017, à 18h30, échanges à propos du livre de Paul Gérard et J.Pierre BONNEL sur les communautés libertaires en pays catalan (de 1968 à aujourd'hui)., publié aux éditions Trabucaire.

Avec la participation de témoins, communautaires, de la librairie de Thuir "Le Presse papier"...

 

Entrée libre à la médiathèque de THUIR, centre ville, 7 passage Violet.

Dans le sillage de mai 68, les années 1970 sont une formidable explosion de jeunesse, de désir, de libération.
Le vieux monde craque de partout. C’est le temps rêvé des ruptures, des révoltes, des expériences.

Dans ces années-là, ils avaient 20 ans, ils voulaient échapper à la routine « métro, boulot, dodo », réagir contre le mode de production capitaliste et la société de consommation, s’associer avec d’autres pour vivre autrement et porter ensemble un projet commun libérateur.

 

Ce fut le temps des communautés, rurales, urbaines, agricoles, artistiques et autres collectifs, d’esprit libertaire pour la plupart.

Dans ces années-là, en pays catalan, les 40 personnes qui racontent, dans ce livre, leur expérience communautaire, ont fait ce choix. Ils ont loué des mas et des terres dans des espaces en voie de désertification. Ils y ont vécu, travaillé et mis en pratique leurs idéaux. Les Carboneras, le mas Julia, Vilalte, Montauriol, St Jean de l’Albère, Malabrac, Fontcouverte, Cailla, Opoul, le mas Planères, Canaveilles, Fillols... autant de noms qui claquent comme des symboles de liberté, de sens et d’humanité.

 

- - -

 

***Patrimoine : « Stop à la destruction du centre historique de Perpignan »

Collectif pour la sauvegarde du centre historique de Perpignan

 

14 FÉVR. 2017

En quelques jours, vous avez déjà été plus d’un millier à signer notre pétition pour que le patrimoine de Perpignan soit enfin considéré à sa juste valeur !

Ce succès et la qualité des nombreux commentaires qui ont accompagné votre signature, nous conforte dans la justesse de notre dénonciation des pratiques barbares actuelles et pour ne pas obérer un avenir prometteur pour notre belle cité catalane.


Pour ne pas apparaître comme les « mauvaises langues » ou les « réactionnaires de service », nous avons ajouté un paragraphe plus explicite sur notre démarche au texte de la pétition :

"NOUS AFFIRMONS :
Que le centre-ville historique de Perpignan doit faire l’objet d’un plan ambitieux de rénovation, prenant également en compte la question sociale de ses habitants ;

Que ce plan doit se baser sur l’expertise la plus actuelle en matière de conservation et de réhabilitation du bâti, avec le souci d’en préserver l’authenticité ;

Que la valorisation du patrimoine bâti du centre ancien de Perpignan peut être le socle d’une véritable stratégie de dynamisation économique de notre ville ;

Que cette rénovation et cette mise en valeur doivent être conduites sans jamais porter atteinte de manière irréversible à notre patrimoine historique ;

Que pour cela, le strict respect du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) actuel est une précaution incontournable ;

Que toute actualisation de ce PSMV doit être menée sans aucune précipitation, dans la finesse et la totale concertation. "

Nous espérons que vous partagez aussi l'ajout de cette précision dans le texte que vous avez signé.
En fin de semaine, nous envisageons une diffusion médiatique de notre pétition afin de sensibiliser également les personnes qui n’utilisent pas les réseaux sociaux.
Nous faisons aussi appel à vous pour diffuser notre pétition auprès de votre entourage et de vos réseaux pour que nos préoccupations soient bien entendues des décideurs actuels.


En plus de votre signature, vous pouvez aussi rejoindre le collectif, individuellement ou via une association, en envoyant un simple message à notre adresse de messagerie électronique :
sauveperpi@gmail.com

À partir de cette adresse, nous pourrons bientôt vous faire parvenir une version imprimable de la pétition pour la diffuser plus aisément. Nous prévoyons aussi la tenue d’un rassemblement sous forme d’une conférence publique au cours de laquelle seront exposés les motifs de notre mobilisation et à laquelle vous serez invités à participer.

En vous remerciant encore de votre implication
dans les initiatives du Collectif « Stop à la destruction du centre historique de Perpignan »,

Les porte-paroles : Philippe Assens, Laurent Fonquernie, Jean-Bernard Mathon, Clotilde Ripoull, Étienne Rouziès



*********************************************************************************
Benvolguts signataris de la petició "Stop a la destrucció del centre històric de Perpinyà"

Amb pocs dies ja heu estat més d'un miler a firmar la nostra petició per tal que, al final, el patrimoni de Perpinyà sigui considerat com es mereix !
Aquest èxit i la qualitat dels nombrosos comentaris que van acompanyar les vostres firmes conforten la validesa de la nostra denúncia de la barbaritat de les presents actuacions i la voluntat. Això per tal de no trencar el pas al futur prometedor que desitgem per a la nostra magnífica ciutat catalana.
Per tal que no ens considerin com les « males llengües » o els reaccionaris de sempre, hem afegit el paràgraf següent, més explícit, que precisa el sentit de la nostra iniciativa :

AFIRMEM :

Que el centre històric de Perpinyà ha de ser l'objecte d'un ambiciós pla de renovació, tenint en compte, també, el problema social dels seus habitants;

Que un pla com aquest ha de tenir per base l'experiència la més actual relativa a la conservació i rehabilitació dels edificis, tenint la cura de preservar-ne l'autenticitat;

Que la renovació i la valorització del patrimoni construit del casc antic de Perpinyà pot ser el fonament d'una estratègia de dinamització econòmica de la nostra ciutat;

Que aquests objectius han de ser duts a terme sense danyar mai de manera irreversible el notre patrimoni ;

Que, per aquest motiu, l'estricte respecte de l'actual "Plan de Sauvegarde et de mise en valeur (PSMV)" és una precaució imprescendible;

Que qualsevol modificació del PSMV ha de ser portada a terme, sense cap precipitació, amb subtilesa i total concertació.

Esperem que compartireu també amb nosaltres el nostre afany d'haver esmenat, amb aquestes precisions, el manifest que heu firmat.
A la fi d'aquesta setmana, preparem una difusió de la nostra petició prop dels mitjans de comunicació públics, per mor de sensibilitzar els que no són usuaris habituals de les xarxes socials.

Sol·licitem també el vostre concurs per a la difusió de la petició en el vostre entorn personal o relacional, escampant-la les vostres xarxes personals o relacioanls, aixó per tal d'assolir que les nostres preocupacions arribin a les autoritats competents, als que han de decidir.
A més de firmar, podeu també reunir-vos al col·lectiu, a títol individual o a través d'una associació, enviant un missatge a la nostra adreça :
sauverperpi@gmail.com

Des d'aquesta adreça, aviat podrem enviar-vos una versió imprimible de la petició, que podreu difondre fàcilment.
També tenim prevista l'organització d'una conferència pública on farem l'exposició dels motius de la nostra mobilització. Estareu convidats a participar-hi.

Agraïnt una vegada més la vostra implicació
a les iniciatives del col·lectiu "Stop à la destruction du centre historique de Perpignan",

Els portantveus : Philippe Assens, Laurent Fonquernie, Jean-Bernard Mathon, Clotilde Ripoull, Étienne Rouziès

- - -

 

*OUI au PAYS catalan

 

Philippe Simon, coordinateur.

LES AUTORITÉS MARGINALISENT LA LANGUE CATALANE
 

La réforme des collèges fragilise l’enseignement en langue catalane, particulièrement dans les filières bilingues du secondaire. Ces cursus, présents dans la moitié des collèges des Pyrénées-Orientales, diffusent le catalan en continuité des écoles maternelles et élémentaires, où l’égalité horaire est offerte avec le français. Le Rectorat de Montpellier a ainsi supprimé 1 heure parmi les 3 heures de catalan hebdomadaires et stoppé son développement comme langue véhiculaire en mathématiques, Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et Education Physique et Sportive (EPS). Au Collège Pierre Fouché d’Ille-sur-Têt, le catalan pourrait disparaître et dans de nombreux autres établissements, l’option de catalan a été sauvagement supprimée en septembre dernier car le rectorat n’a pas attribué d’horaires à la langue sans laquelle notre territoire perd son sens.

 

Selon Najad Vallaud Belkacem, ministre de l’Education nationale, la réforme des collèges devait « développer l’enseignement des langues régionales », en s’appuyant sur l'arrêté ministériel du 12 mai 2003 : « L'enseignement bilingue à parité horaire est dispensé pour moitié en langue régionale et pour moitié en français ». A Toulouse, l’exécutif régional n’a pas exigé au ministère ni au rectorat l’application réelle de l’arrêté. La présidente Carole Delga souligne un « attachement inconditionnel de la Région à la culture catalane » et lance un fantasque Office Public de la Langue Catalane (OPLC), pour entretenir le clientélisme envers les enseignants. Paralèllement, nos élus catalans à Paris, membres des partis traditionnels, nient le fait que 75 % de notre population souhaite un enseignement du catalan généralisé.

 

A l’heure de la mondialisation ravageuse, des vacillements identitaires et sociaux et de la perte de repères, nous exigeons le respect de notre territoire et de ses habitants, comme au Pays Basque et en Corse, où l’Etat satisfait la demande massive d’enseignement de la langue.

Communiqué de presse · Perpignan, 13 février 2017

 

- - -

Repost 0
Published by leblogabonnel
commenter cet article
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:47
Michel BERTRAND, Copie conforme - Alain CLEMENT (photo Y. Lucas : remerciements)
Michel BERTRAND, Copie conforme - Alain CLEMENT (photo Y. Lucas : remerciements)

Michel BERTRAND, Copie conforme - Alain CLEMENT (photo Y. Lucas : remerciements)

MICHEL BERTRAND

Du 4 mars au 14 mai 2017 à Collioure

Le Musée d'art moderne de Collioure présente, du 4 mars au 14 mai 2017, une exposition rétrospective en hommage à Michel Bertrand, 1935-2009.

Nommé à l’École des Beaux-arts de Perpignan en 1968, Michel Bertrand y effectuera toute sa carrière. Artiste important sur la scène des années 1960-1970, autour de Support/Surface et Fluxus, il est intervenu dans les actions novatrices à Perpignan et notamment dans le projet de la rue Mailly en 1972, avec les artistes marquants de cette époque : Ben, Boltanski, Fancony, Jacquard, Viallat, Rabascall, Desbouiges, Fauchier, Fisher, Jude,Vila

Aujourd’hui les actions menées dans les années 1960-70 font partie de l’histoire de l’art, le musée d'art moderne de Collioure propose de les revisiter et donner à lire le travail de ces artistes avant-gardistes.

• Horaires d’ouverture : de 10h à 12h et de 14h à 18h. fermé le mardi.
• Tarifs : 3 €,  2€ réduit, gratuit jusqu’à 12 ans.

Plus d'information :
Musée d’art moderne de Collioure 

 

**Michel Bertrand, né le 1er août 1935 à Montpellier (Hérault) et mort le 17 mars 2009, est un peintre et sculpteur français.

 

 

Michel Bertrand a vécu à Montpellier, Perpignan et Rivesaltes (depuis 1989) où il a travaillé et résidé. Il est élève à l'école des Beaux-Arts de Montpellier et de Paris (de 1954 à 1960). C'est à Montpellier qu'il rencontre Jean Pierre Suc [archive] (1927-1960) peintre, poète et chanteur (ami de Georges Brassens). Suc fera les beaux-jours du cabaret parisien Le Cheval d'Or, une scène où se succèderont des artistes comme Henri Serre (rôle de Jim dans Jules et Jim), Bobby Lapointe, Pierre Étaix, Christian Marin, Raymond Devos, etc. Fréquentant ce lieu mythique, Michel Bertrand a fait en 1958 un portrait réaliste de son ami Suc. Puis, intégré à la classe de Raymond Legueult, Bertrand reçoit l'enseignement d'artistes qui comptent comme Jean Aujame, Roger Marx, Michel Rodde, Gustave Singier,Jean Souverbie, etc.. Il s'affronte aux Maîtres dès les années 1960-64, copiant Ucello, Delacroix et Bazille. Sa peinture reste cependant libre dans une touche puissante d'un grand classicisme humaniste et novateur. Il peint le Picador, comme l'aboutissement de son travail de fin d'étude aux Beaux-Arts, consacré au « Taureau dans les fêtes Languedociennes »suite d’illustrations commentées, diplôme passé le 1er décembre 1958, agréé le 25 janvier 1959). Il est alors finaliste (logiste) du Prix de Rome qui couronne ses études à l’École des Beaux Arts de Paris. Mais conscient d'être « issu d'une facture École de Paris » il oriente son travail vers le graffiti à partir de 1962, incluant « croûte et sable » (par exemple « sans titre », signés et datés 1970). Il enseigne à son tour dès 1968 à l'école des Beaux-Arts de Perpignan1.

C'est vraisemblablement durant ces années qu'il agrémentera notamment deux livres d'Antoine Saint Marc, La Dame de Plaisance et les Veilleurs, par des aquarelles certifiées par l'éditeur Marcel CASTEL (Presse de l'Atelier du Maître Artisan du Livre Jack Oriac, édition originale éditée par le Club des Cinquante).

Les premiers « bitumes » ou « goudrons » apparaissent vers 1970, son travail figuratif sera alors remis en cause par lui-même. Cette période lui permettra la transition entre une peinture « classique » et ses nouvelles aspirations jalonnées de graffitis, goudrons, stûpas, reliquaires. La Presse saluera ses nouveaux travaux (goudrons), bien que la critique soit unanime pour saluer son Œuvre peint tel L'Indépendant du 26 avril 1976 qui titrait à son sujet : « un regard neuf sur la représentation ». Il aborde le travail du papier mâché à cette époque, écrivant dans les notes relues par Bernard Gouttenoire, son biographe, « le contact, le touché, le plaisir accompagnent les techniques qui exultent ces matériaux ». Il va alors côtoyer (vers 1971-72) Christian Boltanski, ainsi que les membres de Support-Surface, et avec eux, lors d'expositions dans la région deNice où le groupe s'est fait remarquer. Son nom est associé à ceux de Claude Viallat, avec lequel il tisse une véritable amitié, mais aussi avec ceux de Benjamin Vautier (Ben) ou de Vincent Bioulès (exposition de groupe à Perpignan, 1972). En 1979, il participe à une exposition thématique collective « le tondo de Monet à nos jours » exposant Polyptyques (bitume et pâte à papier) au Mirail (université de Toulouse, en 1979). Une importante acquisition de six œuvres grand format (de la série « chantier interdit » et « les grands journaux ») est décidée par le Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou (Paris) 1981, positionnant -parmi ses contemporains- le nom de l'artiste.

À Villeneuve-lès-Avignon, la présence au vernissage du Ministre de la Culture d’alors, Jack Lang, est remarquée, lors de l’exposition « Présence des formes », 1984. Le 17 novembre 1986, Maître Pierre Cornette de Saint-Cyr –commissaire-priseur à Paris- entreprend de vendre aux enchères publiques, une rare « robe » (dite « de l’Infante ») en papier mâché avec son présentoir (85 x 90 cm).

Dans L'Indépendant du 8 février 1988, Catherine Millet (rédactrice d’Art Presse), faisant un inventaire des artistes contemporains majeurs de la région- cite Michel Bertrand aux côtés de Vincent Bioulès et de Gérard Garouste.

Mais loin de stagner dans des cloisonnements qui risquent de l'enfermer, "Michel Bertrand est de ceux qui cherchent sans cesse des voies plus essentielles, bousculant ses propres références" selon les propos de Bernard Gouttenoire. Ainsi va-t-il travailler sur des supports diamétralement opposés et différents, inventant les « Stūpas » et les « reliquaires », dans l'esprit des rites funéraires tribaux. Il dit alors, dans une série de textes intitulés « le goût et le faire » et non datés en ses carnets personnels, parlant de la globalité de ces recherches récentes ce mot révélateur « enfin, aussi proche du grenier que de la crypte » justifiant ainsi ses choix qui ont amené son Œuvre de la figuration narrative (avant 1975) à une sacralisation des matières, vécue –selon son sentiment- comme une véritable sanctification de l’humain.

Après sa mort, l'association des "Amis de Michel Bertrand" est créée en 2013 pour valoriser l'œuvre et saluer sa mémoire.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages

  • 1 973 A propos d'une pratique (texte de Michel Bertrand)
  • 1974 Peinture et espace contenant (texte de Michel Bertrand)
  • 1976 Hors texte, grand format, éd.Generation Plus, 30ex signés et numérotés
  • 1977 Papiers illustrations textuelles (texte de J.-L. Roure), 10ex.signés et numérotés
  • 1978 Cinq cahiers de papier, 4 ex. signés et numérotés
  • 1979 Mole, texte de Robert Allen, collectif génération, 12 ex. sur feutre goudronné.
  • 1979 Pintura de uéi en occitània, René Pons, Université occitane d'été
  • 1983 Goudrons et papiers, Perpignan, Musée Puig, 19832
  • 2015 Michel Bertrand : Le geste, le dessin, l'écriture. Editions Montchalin, (texte de Bernard Gouttenoire. Préface Claude Viallat)

Articles et contributions

  • 1972 L'art vivant no 33
  • 1972 Opus international no 38
  • 1974 L'art vivant no 51
  • 1974 Opus international no 51
  • 1975 Opus international no 55
  • 1975 Art et Communication marginale d'Hervé Fischer éd.Balland
  • 1976 Bulletin ADDA
  • 1979 Articules éd.G.R.A.T. 4e trimestre
  • 1979 Les Nouvelles Littéraires no 3 (mai)
  • 1986 Catalogue exposition du Château de Jau, textes de S.Fauchier et M.Fourquet (L'Œil et demi)

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1958 galerie Mirage, Montpellier
  • 1961 galerie Jadoul, Montpellier
  • 1963 galerie Fontgrande, Carcassonne
  • 1965 galerie de Poche, Nîmes
  • 1967 galerie Jadoul, Montpellier
  • 1968 galerie du Dauphin, Sête
  • 1969 galerie Simone Boudet, Toulouse
  • 1969 centre Léonard de Vinci, Toulouse
  • 1970 galerie La Discothèque, Montpellier
  • 1974 Centre culturel, Aix en Provence
  • 1975 galerie Eric Fabre, Paris
  • 1976 Atelier A16, Perpignan
  • 1976 ADDA, Marseille
  • 1981 Paperolles, Angoulème
  • 1983 CDACC, Musée du Puig, Perpignan
  • 1995 galerie les grands bains douches, Marseille
  • 1996 IUFM, Perpignan
  • 1999 espace Bonnefoy Toulouse (avec Joële Schlumberger)
  • 2001 Quatre saison de l'Art
  • 2002 Totems in Kijkhuis labo art à Oudenaarde Belgique

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Donation Vicky Remy au musée d'art moderne de Saint-Étienne [archive]
  2. Bibliothèque de l'École supérieure des Beaux arts de Nîmes [archive]
  3. Collections du Musée de Céret [archive]
  4.  

 

* Texte de Jacques QUERALT :

Met Barran > Messages janvier 2016 > Michel Bertrand, l'artiste, LE Livre

SAMEDI 9 JANVIER 2016

Michel Bertrand, l'artiste, LE Livre

Un livre sorti, il n' y a guère, rappelle à notre bon souvenir la vie et l'itinéraire créatif du peintre MICHEL BERTRAND (1935-2009). Un rappel d'autant plus salutaire qu'il nous plonge dans la diversité des champs prospectés par ce trop modeste artiste, dont la richesse du port-folio des oeuvres, fera regretter à plus d'un amateur d'art, collectionneur ou simple curieux de ne pas lui avoir porté une attention suffisante. Ce livre, que l'on le doit à la plume informée, savante et fine de Bernard Gouttenoire et porte le titre "Le geste, le dessin et l'écriture",abonde en iconographie documentaire et plastique et permet de se mettre à jour, de rattraper (un peu) le temps perdu quant à une pleine considération de l' acteur prosélyte et pédagogique de la vie artistique qu'il fut en Languedoc-Roussillon. Plusieurs villes sont en droit de revendiquer sa mémoire et de lui exprimer une dette. Celle de Montpellier, où il se forma au dessin et à l'art pictural.

Celle de Perpignan où il vécut, enseigna à l'école des Beaux-Arts de la rue Foch (école qu'il contribua à promouvoir, à élever au rang d'école pilote dans les enseignements issus des réformes post-68), où il finit sa carrière professionnelle ayant formé des dizaines et dizaines d'étudiants, jusqu'à l'un de ses directeurs (1990-1999): Jean-Louis Vila ). Ce dernier, à juste titre figure au sommaire du magistral hommage en y signant une sobre et très affective Préface ( "La fraîcheur de l'enfance retrouvée"). 

Il est difficile, pour qui a pu connaître le peintre disparu voilà six ans, de caresser et feuilleter ce livre (qui incline délibérément vers le genre livre d'art plutôt que catalogue raisonné définitif) sans nul étonnement ni pointe d'émotion. A quelque moment que ce soit, époque des goudrons comme époques des stüpas. Le texte et l'image ne sont pas présents ici pour l'épate ou la frime. Le biographe n'est pas un hagiographe. Il sait de quoi il parle, l'enquête paraît ample. Il donne à voir pour mieux nous faire entendre ce qui nous paraît évident (art ou sociologie, matérialisme ou spiritualisme?) et nous fait entendre avec un oeil perspicace et critique ce que nous n'avons pas vu ou bien laissé dans la marge sinon dans l'ombre. On s'enrichit à sa lecture, et le portrait qui en résulte de Michel Bertrand est de haut relief. C'est ce que laisse espérer l'"Avant-propos" de Léonard Bertrand, président de l'association "Les Amis de Michel Bertrand". Plusieurs artistes ou responsables d'institutions ont tenu à verser leur sentiment à l'oeuvre.

Claude Viallat qui le croisa aux Beaux-Arts de Montpellier, Vincent Bioulés ---l'énoncé de ces deux patronymes dit assez clairement  le compagnonnage de M. B. avec les fondateurs de Support/Surface; mais aussi Benqui ne manque pas de mettre en exergue sa fidélité à l'Occitanie et à la Catalogne, "qui n'a voulu jamais mettre genou à terre devant Paris". On lira avec beaucoup d'intérêt ou de surprises d'autres témoignages.

Celui des deux dames clefs de la géographie artistique locale: Sabine Dauré et Joséphine Matamoros, mais aussi celui, très tendre, de Lison Minet, petite-fille de l'artiste, et celui, subtilement reconnaissant, de Jack Lang.  Loin de tout copinage ce livre est un geste de reconnaissance pour "ses" auteurs et une belle occasion pour (re) découvrir l'itinéraire d'un plasticien de la deuxième moitié du XX° siècle.

"Michel Bertrand (1935-2009) Le geste, le dessin et l'écriture de Bernard Gouttenoire est publié par les Editions Montchalin."

 

 

Exposition Alain Clément | Musée d’Art Moderne – Céret (66)

 

 

Du 11 février au 14 mai 2017 

 

https://www.musee-ceret.com

L’exposition s’ouvre sur les oeuvres réalisées après un long séjour en Toscane, caractérisées par leur architecture de bandes de couleur droites et régulières, s’entrecroisant de façon orthogonale.
La première salle fait la part belle aux oeuvres sur papier, feuillets de carnets, aquarelles, petits panneaux de bois. Il s’agit de la source figurative de l’oeuvre d’Alain Clément, qui se nourrit de ses voyages, de ses notations du monde qui l’entoure, de sa grande 

 

connaissance de l’Histoire de l’art et de son goût pour les oeuvres du passé.
L’exposition vise à mettre en relief cette part sensible et issue du réel dans la construction de l’oeuvre abstrait d’Alain Clément, dont le nom est souvent associé aux mouvements avant-gardistes des années 70. De nombreuses gouaches sont ainsi présentées dans l’exposition, témoignant du passage à l’abstraction et de la recherche de forme et de couleur incessante qui est celle de l’artiste.
Le dialogue entre peinture et sculpture est présent dès l’entrée dans le musée. Alain Clément a réalisé pour l’exposition une sculpture monumentale suspendue dans le hall d’entrée. Elle accueille le visiteur ainsi qu’un tableau réalisé en 2008, dont la ligne fluide découle d’un 

 

voyage éclair à Tanger, d’une admiration profonde 

 

pour l’oeuvre de Matisse, des vers de Baudelaire « On dirait un serpent qui danse / Au bout d’un bâton »…
Les carnets et gouaches réalisés d’après le voyage à Tanger éclairent la création des tableaux et sculptures des années 2000. L’oeuvre sur papier est très présent dans l’exposition, au travers d’une série de monotypes qui témoignent du goût de l’artiste pour la gravure.
La dernière salle met en perspective les tableaux de grand format réalisés en 2009 et un ensemble de sculptures montrant l’évolution de cette création, des premières réalisations en bois aux courbes d’acier, de béton, parfois du mariage des deux, qui composent les plus récentes.
Pour cette deuxième exposition d’importance au musée d’art moderne de Céret – la première eut lieu en 1996 et constitua une étape importante pour l’artiste – Alain Clément a réalisé de nouvelles sculptures réalisées à partir de galets du Tech, et offre au visiteur ses derniers carnets de Céret, dévoilant ainsi la part poétique et visuelle de son inspiration.

PAR PHILIPPE CADU · 03/02/2017

 

* CERET, l'artiste Alain CLEMENT expose au MAMOC (Musée d'Art MOderne de Céret)

Humour et sentiment

 

Céret, la Toscane, Tanger. Tels sont les trois thèmes d’inspiration, parmi tous ceux qui ont animé sa vie d’artiste, qui président à cette exposition d’Alain Clément. Le compagnonnage du peintre avec Céret est ancien : en 1966, à la rencontre de Claude Massé, en 1996 pour une grand exposition et maintenant pour trois bons mois. Avec un nombre important de sculptures qui constituent une nouvelle étape.

 

Alain Clément était à Céret le 10 février pour présenter ses œuvres. A l’appui de son propos des dessins figuratifs des lieux cités s’offrent à suivre sa démarche. En voyant comment il fait émerger des contours, souligne de larges bandes, stylise les couleurs  on comprend comment il évolue du dessin figuratif aux volutes, arabesques,convulsions selon ses propres mots, qui couvrent les grands panneaux aux couleurs vives déployés d’une salle à l’autre.

 

Alain Clément a longtemps enseigné ; il est un remarquable pédagogue, s'exprimant autant par le geste que par les mots. « Un tableau ce n’est pas l’illustration d’une théorie ni un bréviaire d’expérience optique » dit le peintre. Il y faut du sentiment, un plaisir d’être, le mouvement de l’artiste, « qui converse avec son tableau », qui l’empoigne dans un corps-à-corps. En même temps la peinture est mutique, c'est une autre vision du monde que la description par les mots. En s'installant devant les panneaux faits d'aplats de couleurs franches, de fusain et d'encre rouge, on décèle le mouvement, on vibre intimement.

 

Pour mieux faire vivre ses œuvres, Alain Clément est passé à la sculpture, acier, vinyle, bois, née des tableaux mais qui s’enrichit de la différence d’échelle, de l’air qui s’y faufile, « des ombres dans la lumière qui y circule et l’anime ». Dès le hall d’entrée, un tourbillon d’acier noir s’élève au-dessus de la volée d’escalier. De petites sculptures aux formes joyeuses et aériennes sont dispersées dans les salles. Dans la grande galerie on les découvre en nombre, belle enfilade, faites de couleurs et de matériaux divers, de formes qui s'harmonisent entre elles. Une autre sculpture est installée en ville, devant le café des peintres.

Un humour léger émane de ce corps-à-corps avec la matière, avec la couleur qui bouge, avec ces sensations qui respirent la vie.

(C)  Yvette LUCAS 

Publié le 12/02/2017 à 19:53 par leblogcultureldyl

 

Jusqu’au 14 mai au Musée d’Art moderne de Céret

Horaires du Musée : Fermé le lundi. Ouvert les autres jours de 10h à 17h30

Tarifs : Plein 8€, réduit 6€. Gratuit jusqu’à 12 ans.

Tél. 04 68 87 27 76. www.musée-ceret-expo.com

 

Repost 0
Published by leblogabonnel
commenter cet article
14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 11:26
Martin FOURCADE - Article de L'Indépendant
Martin FOURCADE - Article de L'Indépendant

Martin FOURCADE - Article de L'Indépendant

*Bombe et rumeur...

 

A défaut de venir sur place, Laure Moysset, spécialiste du fait divers, qualifie (dans  le quotidien catalan l'Indépendant de ce mardi 14/2) l'explosion de la rue du figuier (voir mon texte d'hier) de "rumeur"... Selon elle, ce sont quelques blogueurs, et non des lanceurs d'alerte, qui ont causé de la chose...

Quant un "journaliste" officiel rabaisse un événement et la personne qui a informé... Mépris pour dire : on n'a rien écrit là-dessus car c'est une rumeur des réseaux sociaux... ça ne valait donc pas la peine de se déplacer...

Pourtant les alertes au terrorisme sont nombreuses en France et à Perpignan aussi... Ne pas informer pour ne pas inquiéter, ajouter du trouble à un contexte déjà bien troublé..?

 

JPB

 

Merci à Jean IGLESIS pour ces merveilleux poèmes...

 

 

 

Poèmes pour la Saint-Valentin

 

 

 

 

Jean Iglesis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Credo (je t’aime…)

 

Comme l’enfant rêvant sous le ciel étoilé

Qui laisse sur la mer s’enfuir tous les voiliers

Je t’aime

 

Comme le chêne voit les ombres une à une

Mourir sous le soleil qui rend la terre brune

Je t’aime

 

Comme le mendiant aux portes de l’église

Qui tend la main vers le destin malgré la bise

Je t’aime

 

Comme l’oiseau volant vers des climats féconds

Quitte  soudain sa voie pour d’autres horizons

Je t’aime

 

Comme le marinier découvre au cœur de l’huître

Une perle d’espoir à l’éclat blanc ou bistre

Je t’aime

 

Comme le paysan au sortir du printemps

Délaisse les moissons pour n’écouter qu’un chant

Je t’aime

 

Comme la pluie des pleurs qui brise le silence

Pour offrir au maudit une nouvelle chance

Je t’aime

 

Comme l’esclave aux bras meurtris qui prend la fuite

Laisse derrière lui une geôle détruite

Je t’aime

 

Comme le loup-garou au soir de pleine lune

Hurle passionnément sa douleur sur la dune

Je t’aime

 

Et simplement pour ne le dire qu’en deux mots

Sachant ce que j’éprouve au creux de tous mes maux

Je t’aime

                       Dans le regard des femmes

 

Le retour du roi qu'on acclame,

Sa mise en échec par la dame,

Reflets d'un verre ou d'une lame, 

Brillent dans le regard des femmes.

 

Je n'ai nul besoin de sésame

Pour entrer au cœur d'une trame.

Je vois le glaive, avant le blâme,

Poindre dans le regard des femmes.

 

Amant de quelque psychodrame

Ou simple client de Paname,

Chaque soir donne le programme

D'un film, dans le regard des femmes.

 

De wagon-lit en vague à l'âme,

Je voyage tout feu tout flamme

Et les draps sont des oriflammes,

Battant dans le regard des femmes.

 

Les espoirs vont en télégrammes,

Plaintes déposées sans réclame, 

Baisers écrits en calligrammes,

Perdus dans le regard des femmes.

 

 

 

Dans l'or de tes cheveux

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai vu grandir le monde,

Chaque jour éclairé par l'astre de ton cœur,

Mon amour s'étendant comme une plaine blonde

Aux épis frémissant sous ton rire moqueur.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai découvert des plages,

Chaque matin baignées de soupirs et de pleurs,

Mon amour embarquant sur des rêves volages,

Promesses de marins ivres de chants menteurs.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai retrouvé l'enfance,

Chaque soir oubliée à la lune naissant,

Mon amour scintillant au creux du ciel immense,

Reflétant un bonheur tracé, luminescent.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai vu luire la flamme

Chaque nuit ravivée au lit de nos ébats,

Mon amour parcourant tous tes sentiers de femme,

Paysages mêlés dans l'ardeur des combats.

 

Dans l'or de tes cheveux, j'ai réécrit l'histoire,

Chaque page effeuillée au souffle de mes vœux,

Mon amour relisant les lignes d'un grimoire

Aux mots nés puis éteints dans l'or de tes cheveux...

 

 

 

Des choses de la vie

 

Me passerais-je même des milliers de fois

"Les choses de la vie" en vidéocassette, 

Je n'oublierais jamais le timbre de ta voix, 

Un jour heureux de mars, vibrant de 5 à 7.

 

Des mots, mots démodés dans cet aréopage

D'aveux et de refus, éclatants et secrets,

Et puis toi, proue aimée, brisant de ton visage

Le calme de la mer, infini de regrets.

 

De la suite des ans, peuplés d'instants volages,

Je voudrais conserver la passion et le miel

Qui fixent à jamais les banales images,

Aux anges refusant de remonter au ciel.

 

Quel amour mensonger - dût-il brûler la chair ! -

Serait assez puissant pour effacer nos rêves ?

Le cœur, dissimulé sous le masque de fer,

Bat pour toi sans faillir, ma Princesse de Clèves.

 

 

Elle... (Loulou – La garçonne)

 

Elle entrouvre les yeux, efface de son cou

Les baisers oubliés  d'un dernier rendez-vous.

Elle quitte son lit, mis sens dessus-dessous,

Et rejoint un miroir qui lui redira tout.

 

Elle éclaire ses yeux, sourit, puis fait la moue,

Gomme d'un rien de fard dix années sur ses joues,

Arrache un blanc cheveu qui luttait vent-debout

Et narguait sa beauté, mortelle malgré tout.

 

Elle voile ses yeux d'un regret à cent sous,

Feint d'aimer à jamais, toujours d'un amour fou.

Elle cherche en son cœur les serments un peu flous

De ceux qui l'ont chérie et lui ont repris tout.

 

Elle ferme les yeux, s'endort d'un sommeil doux,

Ses rêves dominant des jours mis bout-à-bout.

Elle rit aux bonheurs, façonnés à son goût,

De ceux qu'elle a perdus, lesquels ont perdu tout...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Elle

 

Elle

A la chevelure insoumise,

Aux yeux donnant sur la tendresse,

Aux lèvres gercées par l'hiver...

 

Elle

Dont les paroles sont autant de rayons de soleil

Que les silences sont des jours de pluie...

 

Elle 

Qui sourit à ma venue

Et sanglote à mon départ...

 

Elle

Qui est à chaque jour présente à mes côtés

Pour me faire oublier les tourments de la vie...

 

 

Femme

 

Longtemps, j'ai erré sur les rives de l'ennui.

Longtemps, j'ai crié ton nom aux vents du hasard.

Je t'ai appelée dans les matins froids.

Je t'ai appelée dans les soirs fiévreux,

Femme.

 

J'ai rencontré des sirènes qui chantaient comme toi.

J'ai connu des amours qui aimaient comme toi.

J'ai contemplé des feux qui se consumaient comme toi.

J'ai cru en des mensonges qui auraient pu être les tiens,

Femme.

 

Dans ma quête sans fin, j'avais foi en ta découverte.

J'aurais tout renié pour pouvoir étreindre ta main.

Je me serais tu à jamais pour pouvoir t'entendre.

Je serais devenu aveugle pour t'avoir comme canne ou comme chien,

Femme.

 

Je t'ai donné le visage d'une de ces madones qui peuplent les églises  et qui éclairent  le cœur des manants de leur seule présence.

Je t'ai donné la voix de la mère qui chante pour apaiser l'enfant qui a peur de s'endormir.

Je t'ai donné le pas de l'étrangère qui passe dans l'indifférence et que l'on reconnaît soudain, au détour d'un éclat de rire. retrouvée, redécouverte, ressuscitée.

Je t'ai donné le parfum qu'ont au printemps les prés, bénis et rebaptisés par la rosée du matin,

Femme.

 

Au cri du mot amour,

J'ai accroché ton sourire dans mon ciel sans astre

Pour le meilleur des soirs de noces

Et pour le pire des jours sans pain,

Femme.

 

 

Je t'aime pour tes yeux...

 

Je t'aime pour tes yeux, pareils à des miroirs

Dans lesquels j'entrevois mon image docile.

Ton amour me pétrit comme on pétrit l'argile

Et me rend plus heureux, meilleur au fil des soirs.

 

Je t'aime pour tes yeux, tels deux lumières vives

Qui guident mon navire en cette obscurité

Où je confonds sans fin mensonge et vérité...

Quand tes bras suppliants ressemblent à des rives.

 

Je t'aime pour tes yeux, creusant au fond de moi

Pour extraire au grand jour l'homme que tu passionnes,

Mélancolique amant qui souffrit des automnes,

Ces automnes fiévreux où je cherchais ta voix.

 

Je t'aime pour tes yeux, impalpables délices

Que je n'échangerais pas pour d'autres trésors

Et que je sens, posés sur moi, lorsque je dors,

Rêvant à des pays emplis d'ambre et d'épices.

 

Je t'aime pour tes yeux, saphirs fins et sacrés,

Luisant de tous leurs feux au midi de ma route,

Tandis qu'un vent nouveau vient abolir le doute

D'abandonner ce port où tes yeux sont ancrés.

 

 

 

L’amour est tel ...

 

L’amour est tel un fruit dispos

Que tu veux croquer sans ambages.

Veuille ne pas en prendre ombrage

Si nous en conservons la peau.

 

L’amour est tel un feu de joie

Qui s’éteint au soir sous la cendre

Et, tandis que le corps festoie,

De mon mal je te dois défendre.

 

L’amour est tel un long repas

Qu’alimentent les mois qui passent.

J’en oublie, quand mes bras t’enlacent,

L’arrière-goût d’un seul faux pas.

 

C’est un jour noir sur l’agenda…

Ne montre pas mon coeur du doigt.

Si je suis porteur du sida,

Il n’ira jamais jusqu’à toi.

 

 

 

La captive

 

Longtemps, je vous ai vue, altière, inaccessible,

Bravant les mécréants de la plus haute tour,

Égrenant les baisers, donnés jour après jour

Aux lèvres d'un printemps qui me prenait pour cible.

 

J'étais le fier gardien dont la ronde insensible

Foulait sans s'émouvoir le trèfle de la cour.

A mon devoir soumis, je guettais alentour 

Les murmures naissant d'une armée invisible.

 

Les merles, captivés par vos chants inaudibles,

 Rivalisaient de leurs couleurs, de leurs discours,

Portant au bois secret l'éclat de vos atours,

Rais de lumière offerts aux chênes impassibles.

 

Combien d'heures, peuplées d'un silence terrible, 

Vous ai-je devinée, heureuse en contre-jour ?...

Levant malgré la loi le front vers cette tour

Où vous rêviez, victime d'un sort intangible.

 

 

 

 

La petite fille aux yeux verts

 

La petite fille aux yeux verts, aux bruns cheveux,

Sourit de cent soleils et brûle de cent feux,

Ne se souvient jamais d'hier, rit de demain

Et construit le bonheur en me tenant la main.

 

La petite fille aux yeux verts, aux traits d'un ange,

Me regarde parfois d'une façon étrange,

Dit que la vie, l'amour n'ont aucun sens sans moi

Et apaise mes pleurs de sa plus tendre voix.

 

La petite fille aux yeux verts, aux mots faciles,

Éclaire chaque jour un peu plus mon chemin

Et me rend chaque jour l'aspect d'un être humain

En me faisant croire à des sentiments fragiles.

 

La petite fille aux yeux verts, aux joues de reine,

Ne paraît éprouver ni la joie ni la peine ;

Et je me dis alors que, si elle me ment,

C'est pour ne pas blesser par trop d'attachement.

 

Elle me restitue tous mes rêves d'enfance, 

Moi qui n'avais jamais pu rencontrer la chance,

Moi que le hasard a jeté dans l'univers

Du grand coeur de la petite fille aux yeux verts. 

 

 

 

 

La rêveuse

 

Lors tu rêvais, et s’esquissaient sur ton visage

Les pins d’Alep veillant les étangs apaisés,

Le tremblement des joncs, par le vent épuisés,

Que ponctuait l’envol soudain d’une oie sauvage.

 

Un rictus incongru perdit ce paysage...

Les branchages brisant sous les pas empressés

Des chasseurs, haletant sous les fusils dressés,

Ont fait fuir jusqu’au souvenir de ton passage.

 

Ce monde médiéval craignait l’ombreux présage

De ton retour, sorcière aux poings et pieds blessés,

Et s’il gardait toujours les volets abaissés,

Il montait le bûcher, ce jour, à grand tapage.

 

Tu quittais cependant cet hostile bocage,

Prenant d’un geai les traits... Et tes cris offensés

Déchiraient le linceul de charmes insensés,

Tandis qu’un long soupir parcourait ton corsage.

 

 

 

 

 

 

L'amour à cent sous

 

L'amour

A cent sous

- Pour sûr -

Ne rassure

Que le dessous

De la ceinture.

 

L'amour 

A cent sous

Ne dure

Qu'un sou -

rire et nous

Abjure

Au fur

Et à mesure.

 

L'amour

A cent sous,

Qu'on soit pour

Ou pur,

Ne laisse pas sourds

Les mous et les mûrs.

 

L'amour 

A cent sous,

J'en bois tout mon saoul

Et au petit jour

Je n'ai pas toujours

Trouvé chaussure

A ma pointure.

 

Mais

L'amour

A cent sous

Met 

Sens dessus -

dessous 

Tous les su -

jets du verbe aimer. 

 

 

 

 

 

L'amour que tu n'as pas connu

 

L'amour que tu n'as pas connu

Brillait hier sur mon visage

Et me portait le paysage 

De ton corps dans mes bras tenu.

 

Un jour, vers toi, je suis venu,

Les mains pleines de ce seul gage,

L'amour que tu n'as pas connu

Et qui tenait mon âme en cage.

 

Alors que mon cœur était nu,

Tu as brisé mon doux mirage.

Et je vis depuis le naufrage,

Agrippé à ce fil ténu,

L'amour que tu n'as pas connu.

 

 

 

 

 

L'atoll

 

J'ai croqué sur le planisphère 

Le visage heureux de ma mie

Sans craindre le regard sévère 

Des Messieurs de l'Académie.

 

J'ai dessiné en filigrane 

Aux géographes étonnés

Un atoll sous le jour diaphane

Sans abscisse ni ordonnée.

 

Puis, d'une plume indéchiffrable, 

J'en ai tracé la voie lactée

Pour que l'explorateur affable

Ait soin de bien s'en écarter. 

 

 

L'attente

 

L’an passé, je venais chaque soir vous attendre 

A la sortie des cours en jeune homme anxieux

Et je guettais l’instant où, naissant de vos yeux,

Un long regard sur tout mon corps allait descendre.

 

Il me semblait déjà percevoir votre voix,

Découvrant ce que je vous remettais, fébrile,

Une lettre où mon âme, instrument malhabile,

Avait gravé des mots que je pensais parfois.

 

Puis, ne vous voyant pas venir à ma rencontre,

Je répétais des vers appris rien que pour vous,

Quand le palpitement de mon coeur à genoux

Se confondait avec le tic-tac de la montre.

 

Soudain, un bruit de pas montait dans le lointain ;

L’espérance inondait alors mon front de fièvre

Et je restais figé, songeant à votre lèvre

De laquelle choirait un aveu incertain.

 

Lentement, votre approche abolissait l’attente

Et la foi criait à mon être à demi sourd

Que  tout allait être pareil au premier jour,

Lorsque vous n’étiez rien d’autre qu’une passante.

 

Enfin, vous arriviez, pressant tout contre vous

Le roman d’un adolescent au rire tendre

Qu’une princesse s’amusait à faire attendre,

Tandis que le bonheur emplissait mes yeux fous.

 

 

 

Le clown blanc

 

Un sourire est peint sur sa face.

Une larme perle en ses yeux.

On croit que son cœur est de glace

Mais le clown blanc est amoureux.

 

Une larme perle en ses yeux.

On rit devant ses maladresses

Mais le clown blanc est amoureux

D'une étudiante aux blondes tresses.

 

On rit devant ses maladresses

Mais le clown n'entend que la voix

De l'étudiante aux blondes tresses

Pour laquelle son grand cœur bat.

 

Le clown blanc n'entend que la voix,

Dans sa vie où s'éteint l'espoir,

De celle pour qui son cœur bat

Et qui n'est pas venue ce soir.

 

Dans sa vie où s'éteint l'espoir,

Un sourire est peint sur sa face.

Elle n'est pas venue ce soir

Et son cœur doit être de glace.

 

Un sourire est peint sur sa face.

Une larme perle en ses yeux.

On croit que son cœur est de glace

Mais le clown blanc est amoureux.

 

 

 

Le nouvel amour 

 

Mon cœur vient de ressusciter.

Lui qu'on avait réduit en cendres,

Il est prêt à ré-exister 

Pour ne plus pouvoir me défendre.

 

Mon cœur qui errait dans les rues

A quitté le profond sommeil

D'une existence sans soleil

En rencontrant une inconnue.

 

Mon cœur, tel que par le passé,

Est à nouveau prêt à souffrir

Pour un sanglot qu'on a versé

Ou pour ne guetter qu'un soupir.

 

Il attend à nouveau l'orage

Qui va éteindre ma passion

Ou qui va chasser la vision 

Qu'il a d'un amour sans nuage.

 

Il croit encore en ces promesses

Qui l'ont jadis martyrisé

Et tisse mille et une tresses

Avec des mots qui l'ont brisé.

 

Il croit voir la vie belle et tendre

Et se fait fort de tout comprendre

Depuis que le printemps est né

Dans son univers malmené.

 

Malgré tout, je me sens heureux

De vouloir embrasser la vie,

Même si demain me ravit

Celle dont je suis amoureux. 

 

 

Le rêve

 

Mon sommeil est bercé d'un rêve

Me portant chaque soir l'image

Du bonheur peint sur un visage

Qui brille et me sourit sans trêve.

 

Je découvre en ce songe tendre

Les yeux tristes et langoureux

Et les joues au teint de la cendre

D'une fille au coeur amoureux.

 

Elle pourfend tous les ennuis 

Qui tentent d'envahir mes nuits

Et guettent les instants propices

A m'infliger de longs supplices.

 

Chaque jour, je prie la venue,

Au coin de ma folle espérance,

Dans l'ombre de mon innocence,

De cette charmante inconnue.

 

Elle me semble un témoignage

Surgi d'une époque effacée

Dans les cachots de mon passé,

Souvenir d'un antique orage.

 

Elle est pour moi bien plus qu'un phare ;

Ses yeux ne s'éteindront jamais.

Et sa peau, embaumée de fard,

Luit sur le monde où je l'aimais.

 

Ma femme

 

Ma femme

Aux traits polis comme la pierre,

Aux yeux verts légués par sa mère.

 

Ma femme

Si douce et sauvage à la fois,

Qui m'aime sans savoir pourquoi.

 

Ma femme

Qui sait si tendrement sourire

Et voit quand je ne peux rien dire.

 

Ma femme 

Qui a depuis longtemps compris

Que ce qu'elle m'offre est sans prix.

 

Ma femme

Que je découvre chaque jour

Comme voilée par un mystère

Même quand je sais que l'amour

La rend démunie et sincère.

 

 

 

Ma muse

 

Elle n'est pas issue de la lignée des dieux.

Elle n'est pas non plus un ange aux tendres ailes.

Ses paroles, lèvres et joues sont bien réelles

Et je vais rechercher tous mes vers en ses yeux.

 

Elle n'a jamais lu Guillaume Apollinaire

Et je me sens heureux et honteux à la fois

De la surprendre réciter à demi voix

Mes poèmes qu'à ceux des grands elle préfère.

 

Elle ignore la poésie, toutes ses lois ;

Cependant, chaque fois que je revois ma muse,

Vers mon âme éclairée je sens soudain que fuse

L'inspiration qui me fait si défaut parfois.

 

Et, lorsque ingénument elle me dit "bonjour",

Je voudrais demander pardon à Paul Verlaine

De me sentir imbu de l'impression certaine

De vivre le plus beau des poèmes d'amour.

 

 

Ma voisine

 

J’étais allé chercher le bonheur bien trop loin.

Il n’était pas reclus dans une tour antique.

Il ne dormait pas dans un palais fantastique.

Il ne se lamentait pas non plus dans un coin.

Il s’était seulement perdu

De l’autre côté de la rue

Et sa petite voix câline

Était celle de ma voisine.

 

Je m’étais toujours battu pour en conquérir,

Des bonheurs aux aspects divins et enchanteurs.

J’en avais trop souvent rencontré de menteurs

Et tous mes idéaux avaient cru en périr.

Mais le mien a une autre mine ;

Celui que j’ai tant attendu

Et que l’on m’a tant défendu

Vit dans les yeux de ma voisine.

 

Je ne l’avais jamais rencontrée, jamais vue.

Mais quand elle m’a dit "Vous êtes mon voisin?",

Souriant derrière son armée de fusains,

Il m’a semblé que je l’avais toujours connue.

Les départs que la vie dessine

Sont en songe bien douloureux

Car je suis à jamais heureux

Dans l’univers de ma voisine.

 

Mon ange

 

Tu étais tout mon paradis

Et maintenant l'enfer survient

Avec ses démons et ses chiens

Qui gardent ce monde maudit.

 

Pas de souci que cela change

Car le rêve est fini, mon ange.

Tu m'as conjugué au passé

Et l'univers vite bâti

 

Sur du sable s'est englouti.

Pardonne à deux coeurs enlacés

D'avoir fait des projets piteux

Sur un chêne aujourd'hui honteux

 

Qui garde les traces pénibles

D'un amour qui l'a pris pour cible.

Pardonne à l'espoir qui s'éteint

Et qui ne luira plus jamais

 

Dans l'aventure où tu m'aimais.

Et si je reste encore étreint

Par la vision de ton sourire,

Si j'ai voulu encore écrire,

 

Si ma mémoire te dérange,

C'est parce qu'au fond de ma nuit

Je combats l'angoisse et l'ennui

Car je ne t'oublie pas, mon ange.

 

Ouvre grand... 

 

Ouvre grand tes yeux

L'amour est un mirage soudain

 

Ouvre grand tes oreilles

L'amour est un serment murmuré

 

Ouvre grand tes lèvres

L'amour est un baiser ardent

 

Ouvre grand ton cœur

L'amour est pressé d'y entrer

 

 

          

 

 

  

 

             

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Pandore

 

A l'instar des statues, superbes de silence,

Stoïque sous le drap constellé de la nuit,

Tu sais braver le temps qui sans fin me poursuit

Et conjurer les sorts qu'un noir sorcier me lance.

 

Tu sais le cri du loup : sa plainte inconsolable

Déchirant le matin de son écho maudit.

Tu sais pourquoi le Paradis m'est interdit

Et combien le destin peut être misérable.

 

Tu sais le vagabond, dans son lit d'infortune,

Implorant de l'hiver un bienheureux redoux.

Tu sais qu'il faut tricher lorsqu'on n'a plus d'atout.

Tu sais vers quel point d'eau le vent pousse la dune.

 

Tu sais le pas léger de la pluie sur la feuille,

La fuite du soleil dans le bois sinueux,

La halte des soldats sur le chemin poudreux

Et l'enfant revenu que le village accueille.

 

Mais jamais ne dis mot... car semblable à Pandore,

Tu gardes ces secrets en tes lèvres liées,

Consciente des maux que sa boîte a livrés

Et garante du frêle espoir qui brûle encore.  

 

 

Petite fille

 

Le monde t'a blessée et tu verses des larmes

Sur ce que tu as fait dans un moment d'erreur

Mais oublie les ennuis, le passé, le malheur

Et tu verras la vie déployer tous ses charmes.

 

Le destin s'est joué de ta triste innocence

Mais sache que l'amour que tu as désiré

Viendra lorsque l'ennui se sera retiré,

Laissant derrière lui une traînée de chance.

 

Je sais que ça fait mal d'avoir la peine au coeur.

Je sais ce que ça fait d'être soudain déçu

Mais oublie donc un peu ce que tu as reçu

Et sèche tes yeux clairs qu'enlaidissent les pleurs.

 

Tiens, prends donc ce mouchoir que je garde sur moi.

Il m'a été donné par une belle dame

Et, quand son souvenir fait sangloter mon âme,

Je sens comme sa joue en séchant mon émoi.

 

Et elle aussi, un jour, se trouvait ici même

A geindre vainement sur ce qui a été

Et à vouloir mourir par un beau jour d'été

Et je l'ai consolée en lui disant "je t'aime."

 

 

 

Souviens-toi

 

Souviens-toi

Petite fille

Tu étais si gentille

Tu étais si fragile

Au cœur de ce printemps

Que tu m'avais offert.

 

Souviens-toi

Mon ange

Tout ce que tu étais

Comment tu me hantais

Et combien je pleurais

Quand mon cœur t'adorait.

 

Souviens-toi

Mon amour

Quand tu pensais «jamais»

Quand tu disais «toujours»

Et combien je souffrais

Et comment je mentais.

 

Et souviens-toi

Ma belle

Combien tu fus cruelle

Pour notre amour entier

Qui s'est blotti en moi

Et ne peut t'oublier.

 

 

 

Sur la façade de mon coeur

 

Sur la façade de mon coeur,

Est peint à l'encre indélébile

Ton visage au regard moqueur

Qu'éclaire un sourire immobile.

 

A chaque paroi de mon coeur,

Mes mains ont pendu une montre

Arrêtée au moment vainqueur

Où j'ai pu faire ta rencontre.

 

De la fenêtre de mon coeur,

Je peux voir briller tes yeux d'ange,

Caresser tes accroche-coeurs,

Respirer ta fraîcheur d'orange.

 

Et, à la porte de mon coeur,

Il n'y a ni fleurs ni poème,

Pas plus d'espoir que de rancoeur,

Simplement ces trois mots : "je t'aime."

 

 

 

Tes yeux

 

Tes yeux sont deux îles désertes

Qu'une aube de mars m'a offertes

Lors d'un naufrage merveilleux,

Deux portes closes de ton mieux

Par un jour de grand vent ouvertes.

 

Tous les paysages inertes

Semblent aujourd'hui vivre, certes,

Dessous ces astres dans les cieux,

Tes yeux.

 

Et, au coeur de mes découvertes,

J'admire ces mondes alertes

Qu'irise un sourire insidieux,

Ces miroirs aux reflets curieux,

Douces perles aux lueurs vertes,

Tes yeux.

 

 

Ton sourire

 

Ton sourire offre au jour qui point son équilibre.

C’est le sextant qui guide à l’horizon tous les navires.

Contre vents et marées mon cœur chavire

Devant tes yeux vainqueurs et ton sourire.

 

Ton sourire est un champ de blé dessous la brise

Ondulant au poids des épis qu’octobre grise,

Un chant profond rompant un silence électrique

Qui lézarde les murs d’oubli aux teintes brique.

 

Ton sourire éveille les désirs et les délires.

Il éclaire d’un trait tous les masques de cire,

Chassant les vieux démons et les vampires

Terrorisés au ciel de ton sourire.

 

Ton sourire ouvre les cachots aux hommes libres.

Aux lèvres des manants telle une arme qui vibre,

Il tourne en dérision reines et tristes sires,

Ridicules pantins qui dans l’orgueil se mirent.

 

Ton sourire est l’île qu’on se plait à découvrir

Entre bonheurs passés et peines à venir.

Le parfum de la mer qui gronde ou se retire

Naît et s’évanouit au gré de ton sourire.

 

Ton sourire est une musique volatile

Qui court, résonne, fuit dans les rues de la ville.

Qui l’entend ne saurait pourtant la réécrire

Tant elle est impossible à saisir.

 

Sous la cendre des ans, sous le vent qui soupire,

Sous l’écorce des bois que l’hiver veut meurtrir,

Au-dessus des sentiers que le temps sait détruire,

Comme un astre éternel, sur moi luit ton sourire.

 

 

 

 

 

Yeux

 

Yeux tendres de l'amour et tristes de la peine,

Yeux pleins de toutes les menaces de la haine,

Yeux sereins de la vie et vitreux de la mort,

Yeux comblés de bonheur ou chargés de remords,

 

Éclairés par la joie, éteints de déceptions,

Noyés par les sanglots, attisés de passions,

Traîtres de mon présent, miroirs de mon passé,

Reflets des sentiments et tableaux des pensées,

 

Yeux de cette inconnue qui est loin aujourd'hui,

Qui n'a plus désiré que nous souffrions ensemble

Et qui n'a pas voulu que l'amour nous rassemble

Guident dans le brouillard l'aveugle que je suis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poète et correspondant de presse, Jean Iglesis est un passionné des mots, des images et de la poésie. Le cinéma, la littérature, la langue catalane qu'il a toujours étudiée et développée sont d'autres passions contingentes qui s'inscrivent dans sa démarche. La leçon de vie qui soutient sa poésie est que quels que soient les événements qui nous frappent, il nous convient de toujours garder  la capacité qui nous a été tout naturellement léguée de nous étonner, de nous émouvoir et de nous émerveiller...

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans littérature
commenter cet article
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 10:36
Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier
Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier
Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier
Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier
Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier
Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier

Fresque de Vinz - vitres brisées rue du figuier

Une bombe explose rue du figuier en plein coeur du centre historique de la Révolution française

 

Un habitant du quartier m'appelle dimanche matin 12 février, car aucun media n'avait relaté l'affaire : fait divers ou volonté de nuire à quelqu'un..? Ce témoin -auditif, comme la plupart des gens rencontrés, et impressionnés par cette déflagration- connaît mon blog et son audience...

 

Je contacte d'abord M. Peyrac, au 5 rue du figuier; cet ancien vendeur de L'Indépendant a trouvé anormal qu'aucun journaliste ne soit venu sur place...Volonté de taire un attentat qui ternirait l'image de la ville..? Ou simplement parce que c'est le week-end..?

Il me dit : "Une bombe a soufflé 80/100 vitres tout au long de la rue; les preuves, ces vitres cassées (les habitants ont fermé les volets à cause du froid) et un impact sur la grande fresque de "street art", peinte par Vinz, il y a quelques années et rénovée durant l'été 2016. 

 

Aurait-on visé ce dessin et pourquoi ..? Parce qu'une fille a une grosse langue rouge, parce que la fresque quelque peu "provocante" contient le mot "conart" (sic) et le nom de l'auteur : dans VINz, il y a VIN : des islamistes qui auraient été choqué..? Ou simplement des jeunes qui ont voulu "s'amuser" dans cette ruelle étroite dépourvue de caméra (alors qu'il y en a rue de la Révolution française, toute proche)…Ou un entrainement pour un acte terroriste à venir..?

 

M. Peyrac a téléphoné à la police nationale qui a refusé de venir. Aucun responsable municipal n'est venu…mais ce témoin, cloitré dans son immeuble, n'a peut-être pas tout vu…

En effet, tous les témoignages sont flous, personne n'a vu clairement les coupables : rapidité, nuage de poussière dans la rue, peur de se montrer...

 

Je discute ensuite avec deux jeunes, habitant au rez-de-chaussée: ils ont entendu la déflagration, puis un nuage de poudre, partout… Ils me disent que la police municipale est venue à vélo, vers 21h, après que la balayeuse a tout nettoyé, au bout d'une heure...

Puis les pompiers qui frappent aux immeubles est semblent près de casser les portes…Puis des agents d'EDF et du gaz, une brigade cynophile (ou police scientifique..?)… Ordre d'arrivées de ces groupes et minutage sont très imprécis...

 

Je rencontre une dame qui habite dans la rue parallèle, plus bas; elle me conduit chez sa fille, habitant à l'étage, rue du figuier, qui était présente, elle aussi, avec son mari : la police municipale est venue dimanche matin et une enquête est ouverte pour agression volontaire contre des habitants de la rue, célèbre pour son arbre, son restaurant et la maison du musicien De Fossa, un peu plus loin, destinée à devenir une fondation ou une annexe artistique du musée Rigaud…

 

Déborah me dit qu'à 19h 04, elle a pris deux photos de la rue, -ci-jointes -, avec vitres brisées, ombres des voisins qui sont descendus…Elle sait que l'artiste Madhi, de la galerie 16 de la rue de la Révolution française a aperçu 2 personnes : ni basanés, ni marron, mais bien blancs…de type européen…

Reportage bien flou, peu précis…mais les voisins ont besoin d'être rassurés et de raconter ce qu'ils ont ouï plus que vu...

 

JPB

 

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans journalisme
commenter cet article
12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 09:40
Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT
Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT
Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT
Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT
Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT
Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT

Evénements à la librairie Jaimes (Fantin-Latour...) - Toile de Jeanne RIOT - Cétacé, par Clément et Jeanne RIOT

 

***L'argent des voeux :

 

Les cérémonies de voeux sont un abus caractérisé

 

Communiqué de presse · Perpignan, 3 février 2017

 

Les vœux à la population ont mobilisé le calendrier de janvier en Pays Catalan. Parfois, ces cérémonies ont été détournées en meetings politiques à visées électoralistes. Souvent, nos maires ont mesuré leurs performances en invitant à tour de bras, notamment un maximum de notables de notre département. Dans certains cas, des hauts fonctionnaires ont côtoyé des élus de tous bords, selon un savant mélange d’intérêts. Députés, sénateurs, conseillers départementaux, maires et conseillers communautaires… le beau monde des professionnels de la politique s’est congratulé, avant d'échanger politesses et remerciements. Une fois la Marseillaise entonnée, le public conquis a profité des buffets fastueux « offerts par la municipalité », mais financés par lui-même. A n’en pas douter, la démocratie de proximité est malade !

 

Oui au Pays Catalan (OPC) dénonce la dépense honteuse des deniers publics, par des élus qui imposent des hausses d’impôts à leurs administrés. Cette attitude cynique devra être punie aux élections législatives des 11 et 17 juin. En choisissant OPC, vous accorderez votre confiance à des candidats scrupuleux et consciencieux, humbles et soucieux du bien commun.

 

 

 

 

 

*Librairie JAIMES à Barcelone:

14/02/2017 19:00

Atelier Littéraire : Émile Zola, L'oeuvre : Découvrez le secret des grands textes littéraires

 

Écrire un roman c'est raconter une histoire. Mais comment arriver à émouvoir le lecteur? Comment le troubler? Le faire sourire?

 

14/02/2017 19:00

Presentació de la traducció del llibre: "Esperant Mister Bojangles" d'Olivier Bourdeaut

 

Amb la presència de l'autor i de l'escriptor i traductor Yannick Garcia

 

15/02/2017 16:00

Fantin-Latour et ses amis écrivains, exposition au Musée du Luxembourg

 

Conférence cycle Art et littérature par Véronique Michel, Conférencière diplômée de l’École du Louvre

 

 

15/02/2017 19:00

"També el vertigen" Presentació del llibre de Vicent Almela

 

A càrrec de Vicent Almela, de Joanaina Font i amb un recital d'Anna Garcia

 

21/02/2017 19:00

Presentació de l'obra de teatre "Dybbuk" de Jan Vilanova Claudín, sobre Romain Gary

 

Veniu a parlar amb els actors, director i autor de l'obra i en Romain Gary

 

22/02/2017 16:00

Monsieur Loo, l'étrange marchand d'art

 

Conférence cycle Art et littérature par Véronique Michel, Conférencière diplômée de l’École du Louvre

 

22/02/2017 19:00

"La Octava caja" Presentación del libro de Dory Sontheimer

 

La historia de Dory Sontheimer, narrada en Las siete cajas, reconstruía la memoria de sus antepasados. Ahora cuenta las vidas de Catherine, Peter, Michael, Tommy y Pavel, que compartieron el drama del silencio y la impotencia de haber vivido en un mundo que permitió el horror y la impunidad. Dory viaja, se documenta, interpreta, revive y rescata las vidas de quienes, en circunstancias mucho más trágicas que las suyas, no tuvieron el privilegio de poder vivir para contarlo.

Entrada libre

L'amour libre : une utopie libératrice ?

 

Dans un ouvrage brassant l'histoire des utopies libertaires, un chercheur remet en cause l’idée reçue : n'en faire que selon ses "désirs" rend malheureux. Petit parcours critique, du libertinage du XVIIIe siècle jusqu'à Mai 68.

Dans cette réédition d’un livre paru en 2008) Michel Brix, chercheur à l’Université de Namur, concentre son analyse sur les utopies qui reposent sur le libre échange des partenaires. Ces utopies postulent que le malheur existe parce que les humains sont frustrés. Pour que règne le bonheur, il faut donc s’attaquer aux doctrines morales qui briment les passions amoureuses et aux interdits qui frappent les penchants sexuels. On pourrait croire que ces utopies «permissives» sont plus sympathiques que les autres. Hélas. Michel Brix le démontre avec brio et une bonne dose de vitriol. L’utopie est mortifère en soi, dit-il. Qu’elle encourage ou réprime la sexualité, peu importe : il ne s’agit jamais que d’un programme d’épuration.

 

Sa démonstration s’appuie sur le prédicat suivant : l’utopie est un monde dans lequel le Mal n’existe plus. Platon, «le premier grand utopiste de la pensée occidentale» oppose ainsi le monde des essences, celui des Vérités parfaites, au monde réel qui en est la «copie dégradée, corrompue». Dans le monde réel, les humains ont des corps pesants. Ils sont malades, ils vieillissent, ils souffrent de la faim, de la soif et de l’ignorance ; ils se trompent et s’entre-tuent quand ils ne sont pas anéantis par des catastrophes naturelles. Dans le monde des essences, ils volent telles des entités pures, détachées de toutes contingences, en direction du Beau. C’est de cette bipartition du monde que dérivent les utopies, explique Michel Brix, car «les utopistes –forts de l’assurance platonicienne que l’on peut séparer le bon grain des Idées de l’ivraie des impuretés terrestres– construisent sur terre la république parfaite, délivrée du Mal».

Le problème, c’est que chaque utopiste a une idée bien à lui de ce qu’est le mal. Pour Thomas More, par exemple, il faut punir l’adultère d’esclavage ou de mort. Platon, dans La République, préconise au contraire que les femmes des guerriers soient mises en commun ainsi que les enfants nés de ces unions libres (1). Non sans incohérence, Platon ajoute 50 lignes plus loin que les «chefs» de la République auront pour devoir de lier par mariages des individus sélectionnés pour créer une race parfaite. Les enfants hors union seront exclus du système et les handicapés tués à la naissance. Michel Brixsouligne le hic : «Recourant s’il le faut à l’eugénisme […], l’utopie transforme les individus en êtres supérieurs, angéliques, proches autant que possible des dieux ou même semblables à eux ; ces hommes nouveaux meurent très tard, ou parfois même ne meurent plus du tout. Ainsi –allant plus loin encore que Tommaso Campanella et ses «solariens» à la santé parfaite–, le situationniste Raoul Vaneigem […] proclame, après Antonin Artaud : «On ne meurt pas parce qu’il faut mourir ; on meurt parce que c’est un pli auquel on a contraint la conscience un jour, il n’y a pas si longtemps».»

Toute utopie dérive «peu ou prou» d’une vision binaire du monde : le mal, le bien. Il faut choisir. De cette obligation, Michel Brix dénonce l’aspect arbitraire, voire oppressif : la première partie de son livre expose –dans l’ordre chronologique– les utopies de l’amour libre, leurs idéaux et leurs aberrations. Il commence par l’utopiste Charles Fourier (1772-1837) dont le projet, a priori, ne peut que séduire. S’inspirant des libertins qui, au XVIIIe siècle, prétendent que la quête du plaisir correspond aux décrets divins –«l’amour est un devoir, l’ennui seul est un crime» (2)–, Fourier affirme que les passions sont faites pour être vécues. En réaction au dolorisme chrétien et aux discours d’abnégation, Fourier pense que l’ascétisme provoque le malheur. Pour être heureux, en harmonie avec dieu et l’équilibre du monde, il faut que les humains réalisent leurs envies, «sans en réprimer aucune», même celles «de l’abondance, du luxe voire du superflu». Cette morale en apparence hédoniste (qui préfigure le consumérisme naissant) cache cependant une forme pernicieuse d’encadrement autoritaire.

La société idéale de Fourier –le «Phalanstère»– est une organisation qui doit permettre à l’individu de se livrer «aveuglément à ses passions», dit-il. Dans son ouvrage Le Nouveau monde amoureux (3), Fourier prône à la fois l’égalité entre les sexes et l’abolition du mariage, synonyme d’esclavage de la femme. Les phalanstériens seront priés de changer de partenaire toutes les nuits. «Les amants «exclusifs» seront les cibles de persécutions qui les dissuaderont […] de se fermer égoïstement au reste de la communauté», explique Michel Brix. Chaque soir, lors d’une Bacchanale à laquelle personne ne pourra se soustraire, les hommes et les femmes se livreront à des orgies chorégraphiées par des prêtres(ses) chargés d’assembler les partenaires en fonction de leurs fantasmes. «Le phalanstère sera un foyer d’expérimentations insatiables». Les copulations y laisseront la place à des interactions d’un raffinement érotique inouï, touchant à l’art et à l’extase. «Les individus les plus beaux – les plus sollicités – seront invités à faire preuve d’un esprit de charité, ou de philanthropie, sexuelle qui les apparentera –dixit Fourier, bien sûr– à des saints». Il sera interdit de se refuser sexuellement plus de deux ou trois fois. Il sera également interdit de s’unir trop souvent à la même personne. Moyennant quoi, le monde –contaminé par cette explosion de plaisir– se métamorphosera en jardin d’Eden, assurant l’avènement d’une «société d’abondance, où s’accroîtront sans cesse les richesses» (sic).

Fourier, en son temps, ne provoque guère que le fou rire. André Breton le cite d’ailleurs dans son Anthologie de l’humour noir. Mais André Breton le considère aussi sérieusement comme un inspirateur du surréalisme. Il dédie ainsi une Ode, en 1947, au réformateur («Fourier es-tu toujours là») puis un hommage appuyé dans des Entretiens réalisés en 1952 : Breton y chante «la plus grande œuvre constructive qui ait jamais été élaborée à partir du désir sans contrainte». Que Fourier ait mis en place un système coercitif d’échanges sexuels obligatoires, les surréalistes l’ignoraient probablement… Ils ne retiennent de son utopie que ce qui «colle» avec leur propre programme : déchaîner les forces d’Eros, afin que l’humanité –libre, enfin, de se soumettre au «jeu libre des passions» (comme dit Klossowski)– se débarrassent des carcans mentaux ou moraux qui l’empêche de trouver son salut. Le programme est alléchant, servi par une prose admirable. On ne peut que succomber à la lecture de l’Amour fou : «Il n’y a jamais eu de fruit défendu. La tentation seule est divine.» Mais… il y a toujours des mais.

La femme idéale des surréalistes se doit d’être émancipée, c’est-à-dire ouverte aux désirs masculins. Breton, Aragon, Benjamin Péret ou Marcel Noll condamnent «chez une femme la pudeur, l’absence d’expérience sexuelle ou toute autre forme de «manières»», ce qui les pousse à condamner, par exemple, la seconde femme de Charlie Chaplin qui, lors d’un procès en divorce (1927), reproche à son mari de lui avoir imposé la pratique de la fellation. Les surréalistes prirent «d’une seule voix la défense de Chaplin dans un manifeste, Hands off love, où ils dénoncèrent vigoureusement la puérilité des dégoûts de Mme Chaplin : «Si la libre discussion des mœurs pouvait raisonnablement s’engager, il serait normal, naturel, sain, décent, de débouter de sa plainte une épouse convaincue de s’être inhumainement refusée à des pratiques aussi générales et parfaitement pures et défendables». Pour les surréalistes, une femme qui refuse de sucer est donc inhumaine ? Michel Brix souligne avec acuité la perversité de cette logique qui assigne à la femme le double statut de déesse et d’esclave sexuelle : c’est la muse muselée, asservie au devoir de satisfaire les «manies» de ceux qui chantent sa gloire. Gare à elle si elle se refuse. Un piédestal est si vite retiré : «Si tu ne suces pas, c’est que tu es coincée». On connaît la chanson.

La troisième utopie recensée par Michel Brix est mise au point par un Autrichien, Wilhelm Reich (1897-1957), tour à tour élève de Freud, militant communiste puis créateur de systèmes fonctionnant à l’énergie vitale cosmique (orgone) permettant de faire tomber la pluie ou de guérir les cancers. Condamné pour charlatanisme, Reich meurt en prison aux USA. Sa théorie est très proche de celle de Fourier : le Mal est indissociable de la frustration, qui génère des troubles psychiques tels que «la perversion appelée «sadisme» (4), les inégalités homme/femme, l’oppression et la haine. Pour Reich, «la continence charnelle serait une faute contre Dieu, qui nous a dotés d’organes sexuels […], explique Michel Brix. C’est pourquoi il conviendrait d’assimiler la chasteté à un blasphème.» Pour se libérer, non seulement il faut jouir mais accéder au «bon» orgasme, dont Reich s’évertue à définir un modèle idéal, en termes de spasmes et d’acmés proche de la commotion. «Pas question de parler ou de rire pendant l’étreinte», indique Michel Brix. Pas question non plus de rester avec la même personne plus de 4 ans car le désir s’émousse. Le mariage est une pathologie. Le nombre minimum d’orgasmes requis pour être révolutionnaire est estimé à 3000. Encore faut-il que ces 3000 orgasmes se distinguent des frottements génitaux dont les «opprimés» se contentent (5).

En 1957, Reich meurt et Guy Debord (1931-1994) fonde l’Internationale Situationniste qui se veut le moteur d’une révolution mystique dont le but ultime «ne consiste pas à implanter un nouveau système économique, mais à assurer le triomphe de la loi du désir. C’est la quête enfin devenue possible des plaisirs sans limites qui abolira l’ancien ordre répressif et instaurera –ou réinstaurera– la vie édénique.» En 1967, Raoul Vaneigem, dans le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, invite «la jeunesse des pays occidentaux […] à briser tous les conditionnements» tels que le couple, le travail, la maladie mentale (6) ou la vieillesse. «On croit vieillir, on croit que le temps file et s’envole. Erreur, explique Vaneigem : l’«illusion» du temps procède de notre refus de vivre. Nous nous réfugions –s’il faut en croire les situationnistes– dans le rêve d’un temps qui passe, pour échapper à la conscience douloureuse de nos frustrations. Le temps s’écoule ? Non : nous nous écoulons lentement dans le temps, comme des corps qu’on laisserait, sans réagir, se vider de leur sang. […] La quête des plaisirs, enfin libérée de toute censure, doit nous permettre de nous émanciper à jamais de la propension à nous laisser mourir.» Assimilant la faiblesse et la finitude à des préjugés bourgeois, les situationnistes proclament qu’il est possible d’être éternellement jeune et désirant. «Vivre sans temps morts» devient le nouveau diktat (7). Pour le meilleur ou pour le pire ?

Lire l’ouvrage de Michel Brix provoque cependant le malaise car sa démonstration, d’abord rigoureuse, s’enlise dans le règlement de compte. Sa critique devient acerbe, voire anachronique : faisant fi de tout contexte historique, il critique les propos de Reich, de Breton ou de Vaneigem sans les placer en perspective, ni reconnaître la part d’aspirations légitimes qui ont suscité la naissance de ces utopies. Pourquoi tant de sévérité à l’égard de nos rêves de jeunesse ? Pourquoi tant de haine contre ces «maîtres» dont les pensées nous ont portés quand nous en avions besoin et qui ont fondé nos choix de vie ? On se sent perturbé, voire coupable à la lecture de ce qui devient presque une diatribe, dont il faut démêler la pertinence de la partisanerie.

Pour finir, Michel Brix condamne de façon péremptoire la prostitution, accuse sans nuances les femmes échangistes d’être soumises aux désirs masculins et affirme que le mariage protège les femmes car même si elles vieillissent et deviennent laides, un homme continuera à vivre avec elles. «À l’évidence, sans le mariage, les femmes ne possèdent plus aucun recours contre l’affaiblissement du désir physique et se trouvent ainsi livrées à elles-mêmes dans un monde entièrement soumis au fantasme amoureux masculin et où elles peuvent tout au plus prétendre – tant qu’elles inspirent le désir – au rang d’esclaves heureuses.» Cette apologie du mariage –pour le moins discutable– ne doit cependant pas décourager le lecteur. Même tendancieuse, la critique de Michel Brix est roborative, mieux encore constructive. Dans la deuxième partie de L’Amour libre, prenant pour prétexte l’analyse de ces deux anti-utopistes que sont Baudelaire et Sade, le chercheur propose en effet une vision réconciliée du monde : à l’utopie préférez l’anti-utopie, suggère-t-il. L’utopie est une croisade contre le mal. L’anti-utopie… fera l’objet d’un autre article.

A LIRE : L’Amour libre, brève histoire d’une utopie, Michel Brix, éditions Molinari, deuxième édition revue et augmentée (deux articles consacrés respectivement à Michel Onfray et Houellebecq ont été rajoutés), 2016 [2008]. Ce livre constitue la suite d’un ouvrage publié en 2001 «L’Héritage de Fourier», dans lequel Michel Brix faisait déjà l’historique des utopies basées sur le principe de l’amour libre.

A LIRE EGALEMENT : un dossier sur «Pourquoi le sexe stresse ?». Première partie : «Six applis pour suivre son activité sexuelle» ; deuxième : «Datasexuels, les obsédés de la performance» et dernière : La méditation clitoridienne rend-elle heureux ?

 

AGNÈS GIARD 29 JANVIER 2017 (MISE À JOUR : 31 JANVIER 2017)

NOTES

(0) Le mot «utopie» est créé au XVIe siècle par Thomas More. Il accole deux mots grecs (ouk-topos : «non-lieu», «nulle part») pour en faire le titre d’un livre, publié en 1516 –L’Utopie–, dans lequel ce terme désigne «une île imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux.» Ce n’est bien sûr pas la première fois qu’un penseur imagine à quoi pourrait ressembler «le meilleur des mondes».

(1) Ces enfants nés d’unions libres «ne connaîtront pas leurs parents et leurs parents ne les connaîtront pas» (Source : La République, de Platon, traduit et annoté par Robert Maccou, Flammarion, 1966, p. 212).

(2) «Fragment d’Alcée», dans les Poésies érotiques d’Évariste de Parny (Paris, Veuve Duchesne, 1778).

(3) Cet ouvrage fut publié un siècle et demi après la mort de Fourier, et pour cause : il s’agissait pour les fouriéristes de ne pas choquer les éventuels donateurs qui apporteraient les fonds nécessaires à l’établissement d’une phalange d’essai, première étape sur la voie de la réforme universelle.

(4) La Fonction de l’orgasme, cité par Charles Rycroft, Wilhelm Reich, trad. Annie Louaver, Paris, Seghers, 1972, p.47-48.

(5) Pour en savoir plus : L. De Marchi, Wilhelm Reich. Biographie d’une idée, trad. Paul Alexandre, Paris, Fayard, 1973, p.227.

(6) «La maladie mentale n’existe pas» (Source : Le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, réédition de 1992 : Paris, Gallimard «Folio-Actuel», p.77)

(7) «[L]’ennui est toujours contre-révolutionnaire» (Source : troisième fascicule de L’Internationale situationniste).

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans littérature
commenter cet article
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 09:43
PIECE DE THÉATRE   "LE PE_DU" de Jean-Christophe Gary, à 100mètresducentredumonde, galerie d'art - Guitares cubaines au Soler avec le trio Obdaratorio.

 

PIECE DE THÉATRE   "LE PE_DU" de JC Gary

Du 11 au 15 février 2017

Durée : 1h30
Samedi 11, lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 février : 21 heures
Dimanche 12 février : 15 heures

Entrée : 10€ // Réservations indispensables au 04 68 34 14 35 ou
contact@acmcm.fr

A cent mètres du centre du monde / Centre d'Art contemporain.

3, AVENUE DE GRANDE BRETAGNE 66000 PERPIGNAN

04 68 34 14 35

 

“LE PE_DU” de JC Gary
Coproduction Amnesik Théâtre et Théâtre Volubilis

Une série exceptionnelle de cinq représentations est organisée

À CENT MÈTRES DU CENTRE DU MONDE
3 avenue de Grande Bretagne à Perpignan

à la suite d'une résidence de création des Compagnies Amnésik Théâtre, Théâtre Volubilis et de l'auteur - metteur en scène JC Gary.

Les représentations seront accompagnées d'une installation.

A et B gardent... un pendu. Pas grand-chose à faire. Pour passer le temps, ils jouent... au pendu. Et ils s'engueulent. Le temps passe, et cyclique nous livre des moments toujours recommencés. A moins qu'il ne passe plus.

A et B ne rencontrent personne d'habitude. Aujourd'hui, la roue semble s'être remise à tourner et, défilent, chacun son tour, divers fonctionnants – comme autant d'étapes initiatiques vers un ailleurs. Un nouveau monde, ou un nouveau soi.

La dramaturgie du PE_DU opère sur plusieurs strates : la référence au théâtre de l'absurde est assumée, elle offre un ancrage permettant une réflexion politique, philosophique – et avant tout poétique. Représenter le monde, réinventer le monde – plonger le spectateur dans un hors-temps, un lieu suspendu, à l'image de ce que nous sommes, ou ser(i)ons... au bout de la route.

 

 

Une écriture

Un auteur - metteur en scène

Deux compagnies théâtrales

Un laboratoire d’un an et demi
 

Une création…

LE   PE_DU

de JC Gary

Une série exceptionnelle de cinq représentations est organisée
À CENT MÈTRES DU CENTRE DU MONDE
- 3 avenue de Grande Bretagne à Perpignan -
à la suite d’une résidence de création des Compagnies Amnésik Théâtre, Théâtre Volubilis et de l’auteur - metteur en scène JC Gary.


Les représentations seront accompagnées d’une installation.


Horaires des représentations : (durée 1h30)

samedi 11, lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 février : 21 heures.

dimanche 12 février : 15 heures.

Entrée: 10€ 

La jauge étant très limitée, les réservations sont indispensables.

contact@acmcm.fr  | 04 68 34 14 35
 




B : Tu veux qu'on cause?
A : De quoi ?
B : J'en sais rien...

A et B gardent... un pendu. Pas grand-chose à faire. Pour passer le temps, ils jouent... au pendu. Et ils s'engueulent. Le temps passe, et cyclique nous livre des moments toujours recommencés. A moins qu'il ne passe plus.
 

Sur cet ancrage beckettien assumé, la fable se développe, philosophique, poétique – symbolique, offrant ainsi plusieurs niveaux de lecture.

A et B ne rencontrent personne d'habitude. Aujourd'hui, la roue semble s'être remise à tourner et, défilent, chacun son tour, divers fonctionnants – comme autant d'étapes initiatiques vers un ailleurs. Un nouveau monde, ou un nouveau soi.

Si tout semble fini – c'est donc que tout commence.

 

 

  1. JC GARY: http://www.jcgary.com
    Théâtre volubilis: http://theatre-volubilis.over-blog.com Amnésik Théâtre: http://www.amnesiktheatre.fr

 
 

 

***RENDEZ-VOUS GUITARE

Guitares cubaines au Soler avec le trio Obdaratorio.

 

La musique cubaine est avant tout un mélange, un métissage. Ses principaux ingrédients sont la culture espagnole et africaine, mais tout au long de son histoire elle intégra beaucoup d’autres influences.

Le voyage proposé  sera guidé par les allées et venues entre les Caraïbes, l’Espagne et les Etats Unis, au travers de la contribution des principaux créateurs cubains

Dans le cadre des « Rendez-Vous Guitare » organisés par la municipalité de Le Soler en collaboration avec l’Association Guitar’Arte, le Vendredi 17 Février à 20 h30 à la Salle Martin Vives

 

J.Francisco Ortiz présentera l’ensemble  Obdaratrio composé de Walfrido Dominguez (cubain) Farid Bechara (Colombie) et Bartolome Garcia Plata (Espagne) qui nous révèlera la complexité du mélange des trois cultures qui défini les rythmes de la musique cubaine. Une soirée riche en couleurs.

 

Entrée : 5 Euros;  - 16 ans Gratuit

-- 

J.Francisco Ortiz

11 Rue des Palmiers

66270 - LE SOLER (France)

Web : jpacortiz66.fr

jpacortiz66.blogspot.com

You Tube : J.Francisco Ortiz

Repost 0
Published by leblogabonnel - dans théâtre
commenter cet article
10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 10:20
Banyuls (C) J.P.Bonnel

Banyuls (C) J.P.Bonnel

à Banyuls, 

 

* ce vendredi : 

L'actrice Hanna FIEDRICH présente une nouvelle performance à Banyuls sur Mer : lecture théâtralisée du "Chemin ultime de Walter BENJAMIN".

En effet, l'actrice d'origine allemande retracera les derniers instants du destin tragique du philosophe allemand mort à Port-Bou, le 26 septembre 1940, après avoir traversé les Pyrénées, à partir de Banyuls. Hanna a choisi des passages du livre de Jean-Pierre Bonnel (publié chez Cap Béar éditeur) et président de l'Association W.Benjamin, la seule en France, créée à Banyuls en avril 2015.

H. Fiedrich est connue pour avoir joué ses propres textes (Frida, Contes pour enfants...) dans le département et des auteurs célèbres tels que Racine, Cocteau, Rabelais, Jarry, Rainer Maria  Rilke... au Théâtre National à Toulouse. Hanna publie aussi en ce début d'année un recueil de textes poétiques aux "Presses littéraires".

 

*Vendredi 10 février, à 18h30, au restaurant-caviste-bar à tapas "Les 9 caves",  56, avenue du Général de Gaulle. à Banyuls - 

Entrée libre - Spectacle gratuit sous l'égide de l'Association W. Benjamin "sans frontières".

Contact : 06.31.69.09.32.

 

Fillon et Villon François,

 

Certes Fillon n'est pas un poète; ses discours sont secs et austères, à son image; ils ne parlent que de rigueur et de suppression de quelque homme ou de quelque chose...

Il s'est forgé une carrure d'autorité, une armure de morale : c'est "moi ou le chaos", accusant les opposants, les médias, les méchants canards et médiapart d'un complot universel, d'un lynchage cynique...

Mais Fillon François tend vers la fiction, avec tous ces emplois "fictifs", furtifs : de vrais romans, d'énormes épopées, des gestes poétiques à déclamer !

Ainsi le FILLON vire au VILLON : sous son heaume pesant, perce le poète médiéval, le doux délinquant, le voleur des petits chemins, le gamin aimant le sexe et les plaisirs...Un peu comme l'ancien premier ministre, conviant Pénélope à pondre cinq enfants, s'amusant avec ses voitures de courses, quêtant de l'argent pour entretenir le château, les bolides, la couvée familiale, les vacances exotiques...

Un sacré farceur ce F/Villon..!

JPB

 

- - -

-dimanche :à BANYULS :

Le pianiste Guillaume Vincent à Banyuls sur Mer

 

A Banyuls-sur Mer, salle Novelty dimanche 19 février.

Le pianiste Guillaume Vincent

 

A 25 ans, Guillaume Vincent s’affirme dans la cohorte de tête de la jeune génération de pianistes Français : tout lui est plaisir dans son travail et les jurys de concours ne lui résistent pas, comme en témoigne la liste impressionnante de ses récompenses, de 2008 à 2016 avec notamment en 2009, le troisième grand prix du concours Marguerite Long et le prix de l’orchestre national de France.

 Son premier disque consacré aux préludes de Rachmaninov est paru en 2012 chez Naïve. En 2015, son CD Warner Classics avec Camille et Julie Berthollet est élu disque d’or.

C’est avec enthousiasme que les Amis d’Alain Marinaro le produiront le dimanche 19 février 2017 à 17h à la salle Novelty de Banyuls sur Mer.

Entrée 10 € (8 € pour les adhérents), pot convivial, renseignements au 04 68 89 65 96.

 

Repost 0
Published by leblogabonnel
commenter cet article

Présentation

  • : Le blogabonnel
  • Le blogabonnel
  • : Création et information culturelle en Catalogne et... ailleurs.
  • Contact

Profil

  • leblogabonnel
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...
  • professeur de lettres, écrivain, j'ai publié plusieurs livres dans la région Languedoc-Roussillon, sur la Catalogne, Matisse, Machado, Walter Benjamin (éditions Balzac, Cap Béar, Presses littéraires, Presses du Languedoc...

Recherche

Liens