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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 14:45
Livre : Mélancolie de gauche - Enzo Traverso (photo jean-pierre Bonnel)
Livre : Mélancolie de gauche - Enzo Traverso (photo jean-pierre Bonnel)

Livre : Mélancolie de gauche - Enzo Traverso (photo jean-pierre Bonnel)

 

  • Colloque de Gérone (Université - 28/29 septembre 2017 - 
  •  
  • Les intellectuels et les compromissions
  • (Faye, Traverso, Jordi Font, Mari Paz Balibrea, Ferran Gallego, Maximiliano Fuentes…)

Enzo Traverso répond à Emmanuel FAYE, qui a montré l'influence du penseur nazi Heidegger sur H.Arendt 

 

Il est d'accord sur l'analyse d'Emmanuel FAYE, qui a déclaré que

 

Arendt occupe une position centrale; elle est une ressource pour la démocratie.  Mais sa conception de la polis est élitiste : les  hommes seraient naturellement inégaux (voir ses lettres à Scholem : "Je n'ai jamais été de gauche."

Pourtant elle est une référence pour l'intelligentsia française (et européenne) : paradoxe de la réception...

 

Après son passage d'Allemagne aux USA (après trois mois d'internement au camp de Gurs), Arendt devient l'agent d'Heidegger, son appui majeur et elle relégitime le très ambigu Carl Scmitt. 

 

L'essayiste Enzo Traverso répond ensuite à E. Faye en rendant hommage à son travail salutaire qui s'attaque à l'iconisation des auteurs, aux lieux communs de la pensée…

 

"J'essaie de faire de l'Histoire intellectuelle", précise-t-il, en affirmant qu'il existe un marxisme heideggérien;

Ainsi le livre horrible d'Hanna Arendt sur la révolution; d'autres textes sont jubilatoires, sur Rosa Luxembourg et les Conseils juifs…

La révolution conservatrice est hybride, paradoxale; c'est une tentative de faire coexister les contre-Lumières avec un culte de la technique tout à fait moderne...

 

Carl Schmitt n'est pas un nazi tout court; il a utilisé des catégories nazies, mais il vient de la tradition conservatrice catholique…

 

-Arendt met sur le compte de Juifs ce qui leur arrive : autodéstruction…

-Le paradigme du camp, diffusé par Heidegger et Arendt :

Celui-là est pour la technique moderne (livre de 1938 où le philosophe critique cette modernité et le national-socialisme. En 36, il dresse l'éloge de Mussolini; il occultera plus tard lors de la réécriture de ses livres.

Celle-ci n'a pas d'intentionnalité génocidaire, mais elle affirme l'essor de la technique. Elle ignore les écrits de Heidegger, mais pas la rumeur; pour elle, son ancien prof et amant devient Le Penseur: elle le disculpe.

Arendt ne distingue pas camps et de concentration et camps d'extermination; il y a une interchangeabilité entre victimes et bourreau. Les victimes peuvent devenir un jour de bourreaux…

Les camps sont les laboratoires de la modernité : chambres à gaz…C'est un phénomène irrationnel; rebut place la haine du côté des Juifs : c'est un renversement de l'Histoire, une façon de créer un nouveau mythe…

C'est vrai, le 6 février 1951, Arendt revient en Allemagne  et retrouve Heidegger dans un hôtel…

"L'ennemi, c'est le libéral, le penseur individualiste" : elle croit en la vertu du marché et à la dérégulation…

rend hommage à E. Faye, à son travail salutaire qui s'attaque à l'iconisation des auteurs, aux lieux 

communs de la pensée… 

 

On a canonisé Arendt car elle représente un planche de salut pour les intellos des années 60/70, orphelins du communisme.

Il ne faut pas faire table rase (en limitant Platon à l'esclavagisme, les Lumières au colonialisme…), sinon il n'y a plus de référence…

Arendt est inclassable : ni de droite, ni de gauche, car elle s'arqueboute sur la révolution conservatrice. Je suis contre Jen-Luc Nancy et Alain Badiou qui écrivent la banalité du nazisme heideggerien, en reprenant l'expression célèbre d'Arendt sur la "banalité du mal") : de 1945 à 51, Heiddeger est interdit d'enseignement, mais Jaspers va le défendre…

 

(JPB)

 

 

 
 
édition abonné
Enzo Traverso, la lucidité d’un « vaincu »

Avec son nouvel essai, « Mélancolie de gauche », l’historien des idées, né dans une famille « catho-communiste » italienne, s’efforce de maintenir vivant un idéal d’émancipation menacé par l’oubli.

LE MONDE DES LIVRES |  • Mis à jour le  |

image: http://img.lemde.fr/2016/12/20/2043/0/4912/3274/534/0/60/0/bfba93f_17406-1tppyw9.cj8oe3tyb9.jpg

Enzo Traverso, 2016.

 

L’effervescence gauchiste des années 1960-1970 est impensable hors d’un certain bain communiste. Pour la génération qui naît alors à la politique, la radicalisation se fait souvent contre ces parents communistes que « tout le monde n’a pas eu la chance » d’avoir. Plus tard, en 1989, les anciens soixante-huitards, qui s’étaient révoltés contre leurs papas et leurs mamans « staliniens », verront soudain disparaître ce bain-là, non seulement son eau mais ses bébés et même les bébés de ses bébés… Au moment où ils étaient censés assumer leurs propres responsabilités de parents, ils se retrouvaient doublement orphelins : de leur révolte et du monde contre lequel ils s’étaient cabrés.

En ce sens, le parcours d’Enzo Traverso paraît assez classique. L’historien des idées, qui enseigne aujourd’hui à l’université Cornell (Etats-Unis), a vu le jour à Gavi, dans le nord de l’Italie, en 1957. Son père, employé d’une chocolaterie, devient maire communiste de la ville. Sa mère est institutrice, catholique de gauche. « Bref, une famille très italienne, une famille catho-communiste »,résume Traverso. On lui demande quel est son premier souvenir politique :« Des réunions, à la maison, avec des ouvriers, quelques paysans, d’anciens résistants aussi et, au milieu, mon père qui, sans être allé à l’université, avait un diplôme et faisait office d’intellectuel. »

Et sa première manif ? « En 1973, j’ai participé, lycéen, à la campagne contre le putsch de Pinochet au Chili. Par la suite, la gauche radicale a été mon lieu de sociabilisation, celui où j’ai découvert la littérature, le cinéma, la sexualité. » Une époque aujourd’hui difficile à imaginer, où le père communiste pouvait se réjouir à mi-mots de voir son fils devenir trotskiste et ses filles féministes, pour cette raison que « les jeunes du PC lui apparaissaient comme de petits arrivistes »,précise Traverso dans un sourire d’adolescent.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/12/22/enzo-traverso-la-lucidite-d-un-vaincu_5052767_3260.html#2hbW6jxTSDpu5THi.99

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 09:17
Emmanuel FAYE et Jordi FONT (Directeur Musée de l'Exil, La Jonquera) à l'Université de Gérone (photo J.P.Bonnel) - Enzo TRAVERSO dans le public - E. FAYE avec M. PARAIRE et JP.Bonnel - M. PARAIRE (Banyulsinfos)
Emmanuel FAYE et Jordi FONT (Directeur Musée de l'Exil, La Jonquera) à l'Université de Gérone (photo J.P.Bonnel) - Enzo TRAVERSO dans le public - E. FAYE avec M. PARAIRE et JP.Bonnel - M. PARAIRE (Banyulsinfos)
Emmanuel FAYE et Jordi FONT (Directeur Musée de l'Exil, La Jonquera) à l'Université de Gérone (photo J.P.Bonnel) - Enzo TRAVERSO dans le public - E. FAYE avec M. PARAIRE et JP.Bonnel - M. PARAIRE (Banyulsinfos)
Emmanuel FAYE et Jordi FONT (Directeur Musée de l'Exil, La Jonquera) à l'Université de Gérone (photo J.P.Bonnel) - Enzo TRAVERSO dans le public - E. FAYE avec M. PARAIRE et JP.Bonnel - M. PARAIRE (Banyulsinfos)

Emmanuel FAYE et Jordi FONT (Directeur Musée de l'Exil, La Jonquera) à l'Université de Gérone (photo J.P.Bonnel) - Enzo TRAVERSO dans le public - E. FAYE avec M. PARAIRE et JP.Bonnel - M. PARAIRE (Banyulsinfos)

***Colloque Walter BENJAMIN de Girona (Gérone - Udg, 29 septembre 2017) : Les intellectuels et les compromissions

(Faye, Traverso, Jordi Font, Mari Paz Balibrea, Ferran Gallego, Maximiliano Fuentes…)

 

    Heidegger et Hannah Arendt sous le scalpel d’Emmanuel Faye

 

 

A l’occasion du colloque international Walter Benjamin qui s’est déroulé à Gérone le 29 septembre, les membres de l’association « Walter Benjamin sans frontières » ont pu assister à la conférence d’un de nos plus éminents germanistes, le professeur Emmanuel Faye, auteur, notamment, de Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie (2005). Cet ouvrage qui a fait date en démontrant, par l’analyse des textes, la compromission idéologique et pratique totale du philosophe allemand Martin Heidegger, durant la période nazie (1933-1945), constitue un travail philologique et philosophique absolument remarquable.

 

Le thème de son intervention à l’université de Gérone, « De la Révolution conservatrice à la postmodernité, Heidegger et Arendt », abordait plus précisément la question du fond conservateur de la pensée d’Hannah Arendt, célèbre philosophe juive-allemande, auteur des Origines du totalitarisme et de Condition de l’homme moderne. S’interrogeant sur les liens complexes qui unissent ces deux penseurs - Hannah Arendt fut, avant-guerre, la disciple et la maîtresse de Heidegger -, le professeur Emmanuel Faye s’est également intéressé à la question de l’influence sous-terraine qui irrigue parfois la pensée dite de gauche, ou d’extrême gauche et qui puise ses références à l’extrême droite. Il a ainsi étudié en détail des penseurs du type de Carl Schmitt, théoricien, comme Heidegger, du nazisme, dont les distinctions conceptuelles (par exemple le rapport Ami/Ennemi, en politique) ont parfois été réintroduites dans le débat philosophico-politique, hors de toute référence, cependant, au contexte nazi qui avait pu donner naissance à leur élaboration.

 

Dans la mesure où Hannah Arendt, comme l’a rappelé le professeur Emmanuel Faye était à la fois une lectrice attentive de Heidegger et de Carl Schmitt, quid donc de cette influence sur la pensée d’une des icônes de la « gauche antitotalitaire » ? Sans aller jusqu’à parler d’un « fonds nazi » de la pensée d’Hannah Arendt, ce qui aurait, du fait de l’engagement politique de la célèbre philosophe, constitué une grave erreur de jugement, le professeur Faye, n’en a pas moins manqué de constater l’admiration conceptuelle constante qu’Hannah Arendt a pu témoigner à Heidegger, même et surtout après 1945. Il a notamment insisté sur le fait qu’elle n’hésitait pas à qualifier l’auteur d’Etre et Temps de « Roi secret de la pensée ». Il s’est également demandé si sa thèse sur la « banalité du mal » et sur Eichmann comme « non-penseur » ne participait pas d’un « dispositif bipolaire » tendant à opposer d’un côté Heidegger, le « Penseur », à Eichmann, le « Non-penseur » et si la conséquence de l’application des catégories heideggériennes à l’histoire contemporaine ne conduisait pas à perdre de vue la dimension intentionnelle du génocide juif par les nazis.

 

On sait, en effet, que Heidegger a élaboré, à travers sa célèbre « critique de la technique » et son concept de « Gestell » ou « dispositif », une thèse visant à assimiler la Shoah à une simple résultante de développement du « dispositif technique » déployé à l’échelle planétaire, ce déploiement aboutissant  à la « fabrication de cadavres », de façon mécanique, autrement dit aveugle. Or cette thèse, comme l’a justement fait remarquer le professeur Faye, fait perdre toute dimension d’intentionnalité aux crimes contre l’humanité perpétrés par les nazis, et tend, - en tout cas dans la pensée de Heidegger -, à dédouaner les criminels nazis de leur volonté d’extermination (Vernichtung). Si, comme le remarque Emmanuel Faye, tel n’est pas le but d’Hannah Arendt, cela n’en marque pas moins les limites des « emprunts conceptuels » à Heidegger ou à Schmitt, dans le cadre d’explications historiques même les mieux intentionnées du monde : les thèses arendtiennes sur la « banalité du mal », l’interchangeabilité des « victimes » et des « bourreaux » ou la non distinction entre « camps de concentration » et « camps d’extermination », apparaissant du point de vue historique, - dans la mesure où elles perdent de vue le caractère programmatique de l’extermination nazie - clairement fautives.

 

Une question néanmoins reste posée : dans quelle mesure la critique d’une icône de la « gauche antitotalitaire » peut être récupérée par la gauche antitotalitaire elle-même ? C’est, en effet, un des clichés de la pensée antitotalitaire, celle de Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann en tête, que de nous expliquer, depuis quarante ans, avec force anathèmes, comment la pensée de la gauche révolutionnaire (celle de Marx, Proudhon, Lénine etc…) est à la source de tous les totalitarismes. N’est-ce pas à cette antienne qu’a cédé le professeur Emmanuel Faye lorsque, pour illustrer la thèse de la porosité de certaines pensées politique de gauche avec l’extrême droite, il a cité l’exemple de Maduro et de certains actes de répression commis au Venezuela, en relation avec le « Führerprinzip » de Heidegger ou la distinction « Ami/ Ennemi » de Carl Schmitt ? Pourtant, outre le fait que Maduro ne nous semble pas être un lecteur de ces deux auteurs, il nous parait clair qu’il n’y a pas dans l’action du gouvernement vénézuélien, malgré ses errements répressifs, de volonté de « Vernichtung » c’est-à-dire d’extermination, au sens nazi, heideggérien ou schmittien du terme. A l’exception de ce point, où nous divergeons, dans l’analyse, avec le professeur Faye, nous pouvons dire que nous avons assisté à une conférence d’une très haute tenue conceptuelle, dont nous n’avons d’ailleurs pas, ici, pu reproduire toute la richesse. Un exemple de conférence auquel nous aimerions assister plus souvent dans l’université française.

 

Michael Paraire pour l’association Walter Benjamin sans frontières

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 09:57
Catalogne de Barcelone à Paris : sur l'indépendance et l'art - Amitiés Malraux à Paris - Exposition Jean-Pierre Gilly
Catalogne de Barcelone à Paris : sur l'indépendance et l'art - Amitiés Malraux à Paris - Exposition Jean-Pierre Gilly
Catalogne de Barcelone à Paris : sur l'indépendance et l'art - Amitiés Malraux à Paris - Exposition Jean-Pierre Gilly

 

Perspectives : pour que la cata n'atteigne pas la Catalogne !

 

Après la répression inacceptable du pouvoir espagnol en Catalogne,

après le référendum illégal, une déclaration d'indépendance

unilatérale (pas dans le cadre de l'Europe comme le Pays de

Galles), après les pressions financières (banques et entreprises se

délocalisant), après l'absence générale de solidarité avec le

gouvernement catalan, il ne reste qu'une solution : parler avec

Madrid.

 

Il s'agit d'amender la constitution espagnole pour qu'un nouveau

référendum ait lieu (sans violence, sans pression, sans fraude: des

Catalans ont pu voter 5 ou 6 fois !): la "nation" catalane n'est pas

sûre d'obtenir la majorité; elle restera alors une "nationalité" dans

l'Etat espagnol, mais Madrid doit élargir l'autonomie de la Cata-

logne, dans le domaine fiscal. 

A ce stade, l'Europe pourra éviter le démentèlement, être

déchirée en confettis, ne représentant plus une force sociale,

économique, culturelle... face aux Russes et aux Américains ou

aux Chinois. L'Europe ne pouvant accepter que s'instaure une

force "centrifuge" qui la morcelle et impose de nouvelles frontières...

JPB

 

- - -Communiqué de la Caixa bank

 

Hola : te invitamos a profundizar en la obra de los artistas de nuestras exposiciones actuales, De Chirico y Warhol, a través de nuestros ciclos de conferencias. Además, esta semana reivindicaremos la curiosidad como paso indispensable hacia el conocimiento y la creación con reconocidos artistas nacionales.

 

 

 

 

 

* Barcelona : CONFERENCES

 

BAÑOS MISTERIOSOS. LA NOSTALGIA DE LA PLAYA Y OTRAS FÓRMULAS DE MODERNIDAD

 

Martes 10 de octubre, a las 19 h

 

En esta ocasión, a través de algunos ejemplos de la obra de Giorgio de Chirico, analizaremos la playa como lugar relacionado con cierto territorio de la memoria.

 

 

 

 

 

 

 

 

QUIERO IR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ENTRADA 4 €

CLIENTES CAIXABANK 50% DTO.

 

CONFERENCIA

 

SILVERSCREENS: WARHOL Y EL CINE

 

Miércoles 18 de octubre, a las 19 h

 

Para muchos investigadores, es en el cine donde Warhol se manifiesta como un artista verdaderamente revolucionario. En este coloquio, dos de los mayores expertos de la obra fílmica del artista analizan sus aportaciones a la historia del cine.

 

- - - CATALOGNE :

 

*Lire : Géopolitique de l'indépendantisme en Catalogne

Cyril Trépier

L'harmattan, 2015

 

 

 

* CATALANS de Paris et d'ailleurs : Institut Ramon Llull :

BUREAU DE PARIS

 

TOULOUSE,  08/10/2017

 

Focus sur le Nouveau Cinéma Catalan à Cinespaña Toulouse

 

Une « Nouvelle Vague » de Jeune Cinéma Catalan semble faire irruption dans le panorama cinématographique international. Le Festival Cinespaña Toulouse, qui aura lieu du 29 septembre au 8 octobre, en témoigne avec la projection de six films, dont Oleg y las raras artes, La película de nuestra vida, Estiu 1993, Les amigues de l’Àgata, La maldita primavera i Sobre la marxa grâce à une carte blanche au Festival D’A de Barcelone.

+ info >>

 

FRANCE,  10/10/2017

 

Parution de 'La décision de Brandes' d'Eduard Márquez en langue française

 

La décision de Brandes sera disponible en librairie dès le prochain 10 octobre, grâce aux éditions DO qui l'a publié en traduction d'Edmond Raillard. Ce roman d'Eduard Márquez, lyrique et moral, explore les petites formes d'opposition à l'arrogance et à l'abus de pouvoir.

+ info >>

 

* à consulter : 

: #Catalogne  "les autorités européennes regardent ailleurs et laissent  une nation se  déchirer". La totalité de ma prise de parole au Parlement  européen ici :  https://t.co/KLkctcB75Jhttps://t.co/qg62ABv0Ab

: Video sobre Portbou sl dia  1 d octubre wn llengua francesa. És una televisió local de Banyuls de la Marenda.

: https://youtu.be/iZQTfgeBqBA

 

 

BARCELONA / Référendum / dossier de presse

 

L'indépendantisme catalan est-il un égoïsme ?

 Par Romaric Godin  |  14/11/2014

 

Le vote des Catalans dimanche a mis en lumière la force de l'indépendantisme. Mais ce sentiment repose-t-il sur un simple égoïsme financier vis-à-vis des régions moins riches de l'Espagne ?

Deux millions de votants, 80 % de voix en faveur d'un État catalan indépendant. Les indépendantistes catalans ont réussi leur pari ce dimanche 9 novembre dans un scrutin que le tribunal constitutionnel espagnol avait déclaré illégal. Certes, ces chiffres ne représentent pas la majorité des quelques 6 millions d'électeurs inscrits dans la région. Mais compte tenu des conditions du vote et du fait qu'il reste encore quelques jours pour voter, cette consultation a clairement montré la montée en puissance de l'indépendantisme en Catalogne. 1,8 millions de Catalans ont voté pour l'indépendance, soit autant que les votes pour les partis régionalistes et indépendantistes en 2012 avec une participation pratiquement deux fois plus élevée.

La montée de l'indépendantisme

C'est donc désormais près d'un électeur sur trois qui soutient activement et franchement l'option de l'indépendance. Or, traditionnellement, depuis le retour de la démocratie en 1977, les partis ouvertement indépendantistes ne dépassaient guère les 15 %. Ce vote du 9 novembre a donc prouvé clairement une évolution de l'opinion catalane vers la séparation avec Madrid. Or, ce mouvement est souvent observé non seulement dans le reste de l'Espagne, mais aussi en Europe - et particulièrement en France - avec méfiance, si ce n'est avec hostilité.  Plus encore que le réflexe centralisateur traditionnel de nos compatriotes qui voient immanquablement un danger dans ce type de mouvement, l'indépendantisme catalan est souvent considéré comme la conséquence de « l'égoïsme » d'une région riche ne souhaitant plus payer pour les régions plus déshéritées d'Espagne. Une sorte de nationalisme de riche qui ne serait pas sans rappeler les mouvements autonomistes flamands ou de l'Italie du nord. Ce sentiment est-il justifié ?

 

Le déficit fiscal

En apparence, oui. Une des questions clés de la Catalogne, c'est le « déficit fiscal » de cette région, autrement dit sa contribution nette au budget du reste de l'Espagne. La « communauté autonome » catalane est une des plus riches du pays et elle est soumise au même régime de répartition que les autres, à l'exception, on verra pourquoi, du Pays Basque. Son « déficit fiscal » est immense, il représente 8 % du PIB catalan. « Aucune région en Europe ne souffre d'un tel déséquilibre », explique Ferran Requejo, professeur de sciences politique cité par Henry de Laguérie dans son récent ouvrage Les Catalans aux éditions Ateliers Henry Dougier. Les Catalans auraient donc plus de raison de se plaindre que les Flamands ou les Italiens du Nord, pourtant fort habitués aux jérémiades contre les « paresseux wallons » et les « voleurs romains. »

Égoïstes Catalans ?

Ce qui est frappant en Catalogne, c'est qu'il est fort rare d'entendre dans le monde politique de tels slogans contre les Andalous ou les Extrémaduriens. Depuis le dix-neuvième siècle, le mouvement catalaniste cherche une voie à l'intérieur de l'Espagne pour sauvegarder cette solidarité interne tout en affirmant son autonomie et sa capacité à faire des choix économiques. Ce fut le fédéralisme de Francisco Pi i Margall, puis celui des leaders catalans de la deuxième république. A chaque fois, le centralisme espagnol à mis à bas ces espoirs. Pourtant, depuis la chute du franquisme jusqu'en 2010, les Catalans n'ont jamais remis en cause la solidarité inter-espagnole. Ils utilisaient souvent même ce « crédit » pour obtenir des concessions de Madrid sur d'autres terrains. Autrement dit, il est difficile d'accuser les Catalans « d'égoïstes » dans la mesure où ils ont longtemps accepté une situation que bien des régions - qu'on pense seulement aux riches Länder allemands - auraient bien du mal à accepter.

La chance de l'Estatut de 2006

A la longue, la question de ce large déficit fiscal a néanmoins fini par se poser. Mais là encore, pas en « négatif », autrement dit sur le refus de la solidarité, mais en « positif » : donner à la Catalogne la capacité de mener une vraie politique économique et sociale autonome. Autrement dit accepter au sein de l'Espagne, une identité économique catalane. C'est cette idée qui a présidé aux premières réflexions sur le nouveau statut (Estatut) au sein de la monarchie espagnole au milieu des années 2000. Là encore, comme le souligne Ferran Requejo, il ne s'agissait pas de briser les liens de solidarité, mais de « ne plus être une communauté autonome comme les 17 autres. »

L'exemple basque

Or, la Catalogne pouvait se prévaloir d'un exemple : le Pays Basque. Après le franquisme, pour obtenir le ralliement du Parti national basque (PNV) à la Constitution, les autorités de Madrid ont donné à l'Euskadi un statut fiscal très autonome. A l'exception de certains impôts « régaliens » (droits de douanes, par exemple), les taxes et impôts basques sont collectées par une agence fiscale basque qui, ensuite, reverse un « quota » de ces recettes à l'Etat central pour les dépenses qu'il engage sur le territoire basque. Ce quota est régulièrement renégocié entre le gouvernement régional et Madrid. Ce statut très avantageux a été obtenu au nom des « droits historiques » de l'Euskadi. Et c'est là que le bât blesse, car la Catalogne, en raison de son identité revendique aussi des « droits historiques. » Pourquoi alors refuser à Barcelone ce qu'on accorde à Bilbao ?

Le rejet de l'Estatut

L'Estatut adopté par référendum et par les chambres législatives régionales et espagnoles en 2006, était cependant beaucoup plus modéré que le statut basque. Mais il prévoyait la création d'une agence tributaire catalane (ATC) chargé de collecter les impôts catalans, et la réduction du déficit fiscal à 4 % du PIB. Autrement dit, il permettait d'allier maintien de la solidarité et large autonomie fiscale. Une solidarité nouvelle qui avait été acceptée par les Catalans. Mais le recours de députés du Parti populaire devant le Tribunal Constitutionnel a conduit à la censure de plusieurs mesures de l'Estatut, notamment les dispositions financières. La Catalogne s'est donc retrouvée au point de départ et l'ATC est une quasi coquille vide. L'Espagne a alors laissé passer une chance historique de conserver une Catalogne « autonomiste. »

Négocier d'État à État

De l'avis de beaucoup, cette censure, en juin 2010, a été une rupture. Bien des Catalans se sont alors dit que discuter avec Madrid en tant que simple « communauté autonome » ne pourrait mener à rien et que l'Etat espagnol, trop heureux du déficit fiscal catalan, ne ferait rien qui puisse le réduire. Mieux même, en raison de ce déficit, la Generalitat, le gouvernement catalan reste dépendant de Madrid : pour preuve en 2012, elle a dû demander une aide au gouvernement central pour faire face à ses obligations. Mais cette aide n'aurait sans doute pas été nécessaire en cas de déficit fiscal réduit. Dès lors, pour une partie des Catalans, la seule option serait de prendre sa pleine indépendance pour pouvoir négocier « d'égal à égal. » C'est bien le refus de prendre en compte l'identité économique catalane qui a brisé la longue acceptation catalane de demeurer dans le cadre de l'Etat espagnol, pas le refus de la solidarité.

La rupture de l'austérité

L'autre point de rupture économique a été l'austérité mise en place à partir de 2010 en Espagne. Le retour encore fragile à la croissance l'a un peu fait oublier, mais ce mouvement a été d'une grande violence. Il a été particulièrement mal accepté en Catalogne, région où l'on est très attaché au welfare state. Il l'a été d'autant plus mal que la contribution de la Catalogne aux finances espagnoles est, on l'a vu, forte. Là encore, bien des catalans ont mal perçu les coupes budgétaires imposées par Madrid. Et en ont conclu qu'une Catalogne indépendante pourrait mieux défendre son « modèle social. » C'est le point de vue qui est aujourd'hui défendu par le parti indépendantiste de la Gauche Républicaine (Esquerra Republicana Catalana, ERC). Il est résumé dans une interview accordé la semaine par son leader, Oriol Junqueras, dans une interview à the Nation : « nous ne soutenons pas les coupes budgétaires mais au final ceux qui décident sont à Madrid. Nous sommes donc contraints pour protéger notre Etat providence, d'avoir notre propre Etat. »

Un « nationalisme » ouvert

Ce refus de l'austérité met en avant une particularité du nationalisme catalan : il s'agit de créer une Catalogne plus solidaire, ce que la domination espagnole peinerait à réaliser. Cette solidarité inter-catalane ne concerne pas seulement les « Catalans de souche », mais bien tous les habitants de la Catalogne, d'origine espagnole ou immigrée. Il existe certes un mouvement xénophobe catalan (Plataforma per Catalunya), mais, significativement, il ne s'agit pas d'un mouvement indépendantiste. La plupart des mouvements indépendantistes, eux, restent fidèles à cette phrase de l'ancien président de la Generalitat Jordi Pujol : « Est Catalan, celui qui vit en Catalogne. » C'est là une différence de taille avec Flamands et « Padaniens », souvent marqués par des conceptions xénophobes et visant à couper dans les aides sociales. Bref, « l'égoïsme » vis-à-vis de l'Espagne se justifie par une solidarité interne.

La volonté de coopérer avec l'Espagne

Dernier point : il n'y a pas de volonté « d'abandon » de l'Espagne. Si l'indépendance doit arriver, elle fera l'objet d'une négociation où, notamment la question de la répartition de la dette sera nécessairement traitée. Si Oriol Junqueras peut menacer de ne pas accepter de reprendre une partie de la dette espagnole, il ne s'agit que d'une rodomontade pour forcer Madrid à négocier. Il est historiquement très rare qu'un Etat prenne son indépendance sans reprendre une partie de la dette (ce fut le cas de Cuba en 1898 suite à la guerre d'indépendance contre l'Espagne, mais avec l'appui des Etats-Unis). Dans le cadre de cette négociation, la question d'une contribution catalane à la solidarité avec l'Espagne pourrait être posée. Le mouvement indépendantiste n'entend pas couper les ponts avec un pays dont seront originaire de nombreux Catalans et propose la création d'un « Conseil Ibérique » regroupant Andorre, la Catalogne, l'Espagne et le Portugal et instaurant des compétences et des solidarités communes sur le modèle du Benelux. C'est une vieille idée puisque déjà, en octobre 1934, le président de la Generalitat d'alors, Lluis Companys (exécuté en 1940 par les Franquistes) avait proclamé la création d'un Etat catalan « dans une fédération ibérique. »

La question européenne

Surtout, les nationalistes catalans, comme les Ecossais, ne veulent pas de rupture avec l'UE qui, en théorie, est une structure qui favorise la solidarité entre les Etats. L'enjeu pour Madrid ne devrait donc pas être de bloquer le vote des Catalans, mais de renforcer la solidarité interne à l'UE. Or, en s'alignant sur Berlin, le gouvernement espagnol dirige l'UE dans le sens inverse : celui d'une UE où chaque pays doit assumer seul sa compétitivité en limitant la solidarité aux cas de crise. Nul ne peut accuser les Catalans de cette situation où l'UE peine à assumer sa propre solidarité interne. Et nul ne peut leur demander une solidarité « contrainte » que l'Allemagne refuse avec obstination au reste de la zone euro. 

 

Alors que le Canada et le Royaume-Uni ont laissé voter les Québécois et les Ecossais, l'Espagne veut empêcher le référendum catalan le 1er octobre. Sans guère de réactions de ce côté-ci des Pyrénées.

"L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant?" Le 18 septembre 2014, les Écossais se rendent en masse aux urnes pour trancher cette question, à l'issue d'un débat démocratique de haute tenue, organisé avec l'accord du Royaume-Uni. A 55,3 %, ils choisissent le "No". 

"Acceptez-vous que le Québec devienne souverain?" Le 30 octobre 1995, une très courte majorité de Québécois (50,6%, exactement) rejette cette perspective. 15 ans plus tôt, près de 60% d'entre eux s'étaient déjà prononcés contre toute idée de "souveraineté-association". Les deux consultations avaient été acceptées par l'Etat canadien. 

 

LIRE AUSSI >> L'autodétermination, une vieille histoire 

Rien de tel en Espagne où, face à une situation similaire sur bien des points, Madrid est résolu à empêcher les Catalans de dire si, oui ou non, ils veulent "que la Catalogne devienne un État indépendant sous forme de République". Et, pour cela, il n'hésite pas à employer la méthode forte: arrestations de hauts-fonctionnaires, saisie des bulletins de vote, fermeture de sites web... Pourtant, des centaines de milliers de personnes ont défilé à plusieurs reprises pour exiger cette consultation, sans qu'à aucun moment les indépendantistes n'aient prôné ni exercé la violence. 

Globalement, en France, la gêne prédomine

 

Ecosse, Québec, Catalogne: la comparaison, à l'évidence, ne tourne pas à l'avantage de nos voisins espagnols. Or, curieusement, cela ne suscite guère de réactions côté français. D'ordinaire, pourtant, nos intellectuels ne manquent pas une occasion pour s'offusquer, s'indigner ou s'enthousiasmer. Et il en va de même chez les politiques. Benoit Hamon est l'un des rares à avoir marqué ses distances: "Le gouvernement espagnol a tort d'attiser la tension", a prudemment regretté l'ancien candidat du PS à la présidentielle. Mais globalement, la gêne prédomine.  

Cette attitude atypique est très révélatrice. Et tient principalement aux idées reçues qui circulent en France au sujet du régionalisme. En voici quelques-unes: 

1. "Le référendum est illégal"  

C'est la thèse du gouvernement espagnol, qui s'appuie sur une décision du Tribunal constitutionnel allant dans ce sens. Or, il n'est pas difficile de démontrer que ledit Tribunal est tout sauf neutre. Non seulement sa composition est biaisée (la grande majorité de ses membres a été nommée par deux mouvements unionistes, le Parti populaire de Mariano Rajoy et le Parti socialiste), mais, sur le fond, il est surtout l'expression d'un pouvoir centralisateur. Dès lors que la Constitution prévoit "l'unité indissoluble de la nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols", le débat est biaisé. Pour mémoire, la Cour suprême d'Ottawa, saisie par le gouvernement fédéral, avait estimé que la souveraineté était un objectif légitime et que seuls les Québécois avaient le droit de voter. 

Le droit international est plus complexe. L'Espagne a en effet ratifié la déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies, laquelle stipule (article 3) que "les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination". Elle est également signataire des accords d'Helsinki, dont l'article 8 est ainsi rédigé: "Les États participants respectent l'égalité de droits des peuples et leur droit à disposer d'eux-mêmes, en agissant à tout moment conformément (...) aux normes pertinentes du droit international, y compris celles qui ont trait à l'intégrité territoriale des Etats". La France a également approuvé ces deux textes. 

Juridiquement, le "droit des peuples à l'autodétermination" est toutefois encadré. Il faut déjà définir ce que l'on entend par "peuple", ce qui ne va pas de soi. Et tenir compte des résolutions 1514 et 2625 des Nations Unies qui en restreignent le champ d'application en excluant "toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays et précise que ce droit ne peut être interprété "comme autorisant ou encourageant une action, quelle qu'elle soit, qui démembrerait ou menacerait, totalement ou partiellement l'intégrité territoriale ou l'unité politique de tout État souverain et indépendant". 

En clair ? Ces concepts totalement contradictoires se gèrent au cas par cas, comme l'ont montré récemment la création de l'Erythrée, le démembrement de la Yougoslovie et de l'URSS. 

Cependant, à moins de considérer que le droit à l'autodétermination doit être réservé aux peuples qui s'autodéterminent déjà, il paraît difficile de condamner les Catalans en se référant uniquement à la décision du Tribunal constitutionnel de Madrid. Au demeurant, les intellectuels français savent parfaitement dénoncer les légalités nationales lorsque celles-ci contreviennent aux grands principes universels. Pourquoi cette exception quand il s'agit de l'Espagne? Parce qu'il s'agit d'une démocratie et du souvenir de la guerre civile que connut le pays il n'y a pas si longtemps ? Bien sûr, mais ce ne sont pas les seules explications. Pour comprendre l'attitude française, il faut se plonger dans notre histoire nationale. 

2. "Le régionalisme, c'est ringard" 

La cause régionaliste, en France, n'a jamais trouvé de grands soutiens. Seul l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard fit exception, en estimant que notre pays s'était "créé par la destruction de cinq cultures, bretonne, occitane, alsacienne, corse et flamande".  

Ce mépris tient pour une part à une forme de snobisme. Dans un pays où la vie intellectuelle est concentrée à Paris, défendre les Catalans, les Basques ou les Alsaciens sent affreusement sa province et vous écarte de "ceux qui comptent" dans la capitale. Quand l'on aspire à être reconnu, il s'agit là d'une erreur à ne pas commettre. 

Cette condescendance est d'autant plus ancrée que nos intellectuels n'ont guère de culture en la matière. Lesquels ont lu Frédéric Mistral, prix Nobel de Littérature pour une oeuvre écrite en provençal? Lesquels savent qu'au XIIe siècle, le prestige littéraire du picard était largement supérieur à la langue du roi en usage à Paris? Lesquels ont étudié l'histoire de la Bretagne, de la Franche-Comté ou du Béarn avant leur rattachement à la France? Lesquels, pour revenir aux Catalans, savent comment Louis XI et sa soldatesque menèrent le terrible siège de Perpignan? Aucun ou presque. A leur décharge, l'école de la République ne s'attarde guère sur ces vérités parfois dérangeantes. 

Cette méconnaissance ne les aide évidemment pas à émettre un jugement éclairé sur les événements de Barcelone. 

3. "Le régionalisme, c'est la réaction" 

Chez nous, les régionalismes ne sont pas seulement moqués ; ils sont aussi jugés réactionnaires. Il est vrai que, du Maréchal Pétain en passant par Charles Maurras, l'exaltation de "nos belles provinces" trouva dans l'Histoire ses meilleurs appuis à la droite de la droite.  

Depuis, Mai 68 a nettement inversé la tendance: dans les années 1970, le régionalisme français a majoritairement basculé à gauche.Cela, visiblement, n'a pas suffi à venir à bout de la méfiance qu'il suscite. 

C'est que les esprits, en la matière restent marqués par la Révolution française. A l'époque, les langues régionales - parlées par 80 % de la population - furent carrément assimilées à... l'Ancien Régime. "Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton; l'émigration et haine de la République parlent allemand... La Contre-révolution parle l'italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommage et d'erreurs", lance ainsi le conventionnel Barrère, le 27 janvier 1794. 

C'est à ce titre qu'elles furent combattues avec acharnement et symboliquement ravalées au rang de "patois". Un terme incroyablement méprisant quand on connaît son étymologie: "Agiter les mains, gesticuler pour se faire comprendre comme les sourds-muets" (dictionnaire historique de la langue française). Et ce malgré les enseignements de tous les linguistes. "Les langues régionales possèdent une richesse de vocabulaire au moins comparable, sinon parfois supérieure, à celle du français, et leur syntaxe est souvent plus riche", souligne Claude Hagège, l'un des plus célèbres d'entre eux. 

Cela n'empêchera aucunement l'abbé Grégoire, auteur en 1794 d'un effrayant rapport "sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois", d'entrer... au Panthéon en 1989. Ni Emmanuel Macron de recourir à ce même terme de "patois" pour décrire les langues régionales voilà quelques semaines. Révélateur. 

4 "Le régionalisme, c'est le repli sur soi" 

Cette ignorance et ces a priori profondément ancrés ont fini par emporter la conviction de nombre d'intellectuels: défendre une identité locale serait nécessairement synonyme de repli sur soi, voire de xénophobie. Certains nationalistes bretons n'ont-ils pas collaboré avec les nazis? 

Sans surprise, le très jacobin Jean-Luc Mélenchon vient ainsi de s'opposer aux revendications catalanes sur sa chaîne You tube. Y céder équivaudrait, selon lui, à revenir "à la période du Saint-Empire Germanique, avec des principautés, des duchés, des baronnies et, au-dessus de tout cela, le fric!" A ses yeux, seuls les Etats permettent aux individus de s'extraire de leur communauté et d'accéder à l'universel. 

Ce raisonnement, très répandu en France, est toutefois contesté. "Il existe, c'est indéniable, des dérives liées aux réflexes identitaires. Mais en quoi celles-ci seraient-elles l'apanage des identités régionales? Dois-je vous rappeler le nombre de guerres provoquées par les identités nationales? Propose-t-on pour autant de faire disparaître les nations?" interroge François de Rugy, le président (écologiste) de l'Assemblée nationale. 

D'autre part, comme l'explique l'historienne Mona Ozouf, spécialiste de la République dans son livreComposition française, l'identité française constitue aussi, à l'échelle mondiale, un particularisme. Faudrait-il pour autant y renoncer? 

En réalité, quel que soit l'échelon géographique, on trouve des tenants d'une identité "ouverte" et des défenseurs d'une identité "fermée". Mais rien ne permet de poser une équivalence entre régionalisme et repli sur soi. N'est-ce pas en France que le Front national prospère depuis plusieurs décennies? Et dans la très identitaire Bretagne qu'il obtient ses plus faibles scores?  

5 "La Catalogne est trop petite pour constituer un Etat" 

Là encore, le raisonnement est curieux. Avec une population de 7,5 millions d'habitants, la région est plus peuplée que des pays comme le Danemark, la Finlande, la Croatie ou L'Irlande. Sans parler du minuscule Luxembourg (560 000 habitants), membre fondateur de l'Union européenne. 

6. "Les Catalans sont égoïstes" 

En réclamant leur autonomie, les Catalans sont également soupçonnés de penser d'abord à leur portefeuille, dès lors qu'ils habitent l'une des régions les plus riches d'Espagne. Ce n'est pas impossible, mais il est cocasse de remarquer que, ailleurs, le raisonnement s'inverse. La Corse, trop pauvre, est ainsi accusée de n'avoir pas les moyens d'une éventuelle indépendance. Comme quoi les Etats sont capables d'une grande habileté rhétorique quand il s'agit de défendre leurs intérêts... 

La crainte d'un précédent catalan

7. "Cela créerait un effet boule de neige" 

Cette crainte est à prendre au sérieux et joue d'évidence en faveur de l'Espagne. Si la Catalogne obtenait son indépendance, il y a fort à parier que les Basques s'engouffreraient dans la brèche. Et peut-être, à leur suite, les Galiciens et les Andalous. 

Cela ne suffit pourtant pas à rejeter la revendication de Barcelone, sauf à considérer que l'unité d'un pays est systématiquement préférable au droit à l'autodétermination des peuples. Cela peut être vrai dans certaines situations (la "balkanisation" débouche parfois sur des conflits entre les Etats nouvellement créés), mais pas nécessairement. La République Tchèque et la Slovaquie se sont ainsi séparées sans drame.  

Il demeure que le précédent catalan pourrait faire tache d'huile en Europe. Le Royaume-Uni s'en inquiète, notamment depuis que le Brexit a relancé les velléités écossaises (voire irlandaises). Il en va de même en Belgique, où les Flamands observent de près la situation. Et bien sûr en France, où les nationalistes corses, notamment, engrangent de spectaculaires succès électoraux depuis quelques années. Et qui compte aussi sur son sol une forte communauté catalane. 

Ainsi s'explique l'étroite solidarité de Paris avec Madrid. Interrogé lors d'une conférence de presse tenue en compagnie de Mariano Rajoy, Emmanuel Macron lui a apporté un soutien sans réserves, déclarant: "Je connais seulement un partenaire et un ami qui est l'Espagne.L'Espagne tout entière." Une déclaration qui s'inscrit dans une realpolitik très cohérente, mais qui écorne néanmoins l'image de "pays des droits de l'Homme" dont s'enorgueillit régulièrement la France. 

Oui, vraiment, tout cela pourrait fournir un beau sujet de méditation pour nos intellectuels...  

+ Plus d'actualité sur : L'indépendance de la Catalogne, question qui divise la région et l'Espagne

 

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 08:38
Affiches J.Dauriach - Salon du livre et du chocolat
Affiches J.Dauriach - Salon du livre et du chocolat

Affiches J.Dauriach - Salon du livre et du chocolat

Objet : INVITATION de Jean Dauriach

 

Je vous invite à découvrir ces lieux de souffrance et de solidarité.

 Très  chaleureusement 

 jean Dauriach

 

- - -

 

ANIMATIONS PRÉVISIONNELLES BANYULS-SUR-MER

De Septembre à Décembre 2017

Programme non exhaustif et sous réserve de modifications

[Visite de l’aquarium sur rendez-vous, se renseigner auprès de l’Office de tourisme (04.68.88.31.58)]

OCTOBRE

Expositions :

  • Du 25 septembre au 10 octobre : Peintures & Vins avec Romer Kitching, allée des cuves bicentenaires, Grande cave Terre des Templiers, infos au 04.68.98.36.92.
  • Du 28 juin au 31 octobre : « Ra’anan Levy : Vertigo », peintures, œuvres sur papier et gravure récentes, au Musée Maillol.
  • Du 16 au 30 octobre : Fetiye Boudevin (sculptures), Hall Mairie / Ditte Mark (photos), salle Conseil Municipal.

 

• Tous les jeudis : Visite guidée d’une oliveraie dans l’arrière pays par le producteur Olivier Borrat, découverte des huiles d’olives authentiques, préparations aux huiles originales, moulin et bar à huile, RDV à 15h au moulin des Oliveraies de la Baillaury au Mas Reig (réservation obligatoire à l’Office de tourisme au 04.68.88.31.58 au plus tard la veille).

 

Dimanche 1er octobre : Concert de l’Ensemble vocal du Haut Vallespir (chants du monde, sacrés, catalans, contemporains), sous la Direction d’Olivier Sans. 17h, Eglise de la Rectorie, entrée libre participation.

 

Du jeudi 5 au dimanche 8 octobre : Fête des vendanges

Programme complet ici >>> http://www.banyuls-sur-mer.com/fr/decouvrir/oenotourisme/fete-des-vendanges 

Du samedi 7 au samedi 14 octobre : Fête de la science au Laboratoire Arago

Vendredi 13 octobre : Café philo de l’association Walter Benjamin autour de la pensée du philosophe allemand : le thème choisi est « Walter Benjamin et l'expérience de la drogue », à partir de son texte "Haschich à Marseille", Dialogue convivial avec André ROGER, psychanalyste. De 18h à 20h, Les 9 Caves, entrée libre. 

Samedi 14 octobre : Conférence proposée par Culture & Patrimoine en Côte Vermeille « Balades romanes dans les Pyrénées-Orientales » présentée par Michel Sauvant, 17h, Hall Mairie, entrée libre.

Mercredi 18 octobre : Conférence proposée par Culture & Patrimoine en Côte Vermeille, 17h, salle Novelty.

ATTENTION ! Changement de dates pour le FIDOM initialement prévu du 26 au 29 octobre

Du jeudi 19 au dimanche 22 octobre : Festival International du DOcumentaire Méditerranéen FIDOM

Plus d’infos ici >>> http://www.fidom.tv/ 

Dimanche 22 octobre : Concert L’heure musicale des amis d’Alain Marinaro, 17h, salle Novelty.

Dimanche 29 octobre : Castanyada del Foment de la sardana, salle Novelty.

 

Mardi 31 octobre : 

- Spectacle d’Halloween en collaboration avec le Point Jeunes de Banyuls, 14h, salle Novelty, entrée libre.

- Animation musicale avec Seven (rock), 21h, bar Le Banyulenc.

NOVEMBRE

Expositions :

  • Du 1er au 15 novembre : Banyuls Images « Faune et flore » (photographies), Hall d’honneur et salle du Conseil Municipal Mairie.
  • Du 16 au 30 novembre : Les peintres des Arts’Cades (peintures), Hall Mairie.

 

• Tous les jeudis : Visite guidée d’une oliveraie dans l’arrière pays par le producteur Olivier Borrat, découverte des huiles d’olives authentiques, préparations aux huiles originales, moulin et bar à huile, RDV à 15h au moulin des Oliveraies de la Baillaury au Mas Reig (réservation obligatoire à l’Office de tourisme au 04.68.88.31.58 au plus tard la veille).

 

Mercredi 1er novembre : Ciné-goûter, de 15h à 17h, salle Novelty, entrée 3€.

 

Samedi 4 et dimanche 5 novembre : Stage « corps en mouvement, venez expérimenter les contraires » proposé par l’association Fama, salle de judo. Renseignements et inscriptions au 06 61 43 47 34 - https://associationfama.jimdo.com/ Tarifs : 90€ / 130€

Samedi 4 novembre : Concert « Les Divas des années folles », salle Novelty (heure et tarif à définir).

 

Dimanche 5 novembre : Grande rifle d’Echanges & Partage (actions humanitaires au Sénégal), 15h, salle Novelty.

 

Dimanche 12 novembre : Concert L’heure musicale des amis d’Alain Marinaro, 17h, salle Novelty.

Mercredi 15 novembre : Conférence grand public par Les amis du Laboratoire Arago : « La fabrique d’un organisme » présentée par Jean-François Nicolas, 18h, Amphithéâtre Alain Guille, Observatoire Océanologique,  entrée libre. Contact : 04 68 88 73 00.

 

Samedi 18 novembre : Concert L’heure musicale des amis d’Alain Marinaro, 17h, Eglise de la Rectorie.

Dimanche 19 novembre : Conférence proposée par Culture & Patrimoine en Côte Vermeille « L’Indochine et Maraux ou comment Malraux est devenu Malraux » présentée par Raoul-Marc Jennar, 17h, Hall Mairie, entrée libre.

Vendredi 24 novembre : Réception en mairie du lauréat du « Prix européen de l'essai philosophique Walter Benjamin » (inédit en France), organisée par l’association Walter Benjamin sans frontières. 18h, Hall Mairie.
Un communiqué de presse sera rédigé en temps voulu.

Samedi 25 novembre : Assemblée Générale del Foment de la sardana, salle Novelty.

Dimanche 26 novembre : Bal country et new line organisé par les Marenda’s Dancers 66, à partir de 14h, salles 1, 2 et 3 immeuble Novelty, entrée payante.

 

Mercredi 29 novembre : Ciné-goûter, de 15h à 17h, salle Novelty, entrée 3€.

DÉCEMBRE

• Tous les jeudis : Visite guidée d’une oliveraie dans l’arrière pays par le producteur Olivier Borrat, découverte des huiles d’olives authentiques, préparations aux huiles originales, moulin et bar à huile, RDV à 15h au moulin des Oliveraies de la Baillaury au Mas Reig (réservation obligatoire à l’Office de tourisme au 04.68.88.31.58 au plus tard la veille).

 

CONCOURS DE NOËL

  • Concours des illuminations de Noël : Décorez votre maison, balcon, fenêtre, quartier et tentez de remporter des bons cadeaux ! Inscriptions à la Mairie jusqu’au 22 décembre dernier délai ou b.soub@banyuls-sur-mer.com ou c.lafue@banyuls-sur-mer.com.
  • Concours des sapins fait-maison et récup’ : Faites un sapin de Noël « maison » avec des objets de récupération et venez l’exposer dans le Hall de la Mairie. Du 1er au 31 décembre 2017. Inscriptions à la Mairie ou b.soub@banyuls-sur-mer.com ou c.lafue@banyuls-sur-mer.com.

Samedi 2 décembre : Conférence proposée par Culture & Patrimoine en Côte Vermeille « Portus Veneris : Port-Vendres, un mouillage riche en épaves antiques » présentée par Georges Castellvi de l’Aresmar (Association d'archéologie sous-marine et subaquatique en terre catalane), 17h, Hall Mairie, entrée libre.

 

Dimanche 3 décembre : Grande Rifle de PeaCV (Parents d’élèves autonomes de la Côte Vermeille), 15h, salle Novelty.

 

Mercredi 6 décembre : Conférence grand public par Les amis du Laboratoire Arago : « La connectivité entre les aires marines protégées » présentée par Katell Guizien, 18h, Amphithéâtre Alain Guille, Observatoire Océanologique,  entrée libre. Contact : 04 68 88 73 00.

 

Jeudi 7 décembre : Don du sang, de 14h à 18h, Hall Mairie.

 

Dimanche 10 décembre : Concert de l’avent, L’heure musicale des amis d’Alain Marinaro, 17h, Eglise de la Rectorie.

 

Mercredi 13 décembre : Ciné-goûter, de 15h à 17h, salle Novelty, entrée 3€.

 

Samedi 16 décembre : Concert des chorales banyulencques L’Orphéon Banyulenc, Libera-Me et Fasolabo. Heure et lieu à préciser.

 

Dimanche 17 décembre : Grande rifle de l’Amicale du Personnel Communal, 15h, salle Novelty.

 

Samedi 23 décembre : Concert du Fanal San Vicent, 14h, Eglise St Jean-Baptiste.

 

Dimanche 24 décembre : En attendant le Père Noël : jeux pour enfants, animation musicale, arrivée du Père Noël par la mer, distribution de bonbons, à partir de 14h, centre-ville.

 

Du 26 au 29 décembre : Fête de l’huile d’olive nouvelle

 

Programme non exhaustif, sous réserve de modifications

 

Ville de Banyuls-sur-Mer

Contact : 04.68.88.00.62 / 04.68.88.31.58

www.banyuls-sur-mer.com

 

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 10:56
"Pensée" de Maillol, au musée F. Mares de Barcelona (photo jean-pierre bonnel)

"Pensée" de Maillol, au musée F. Mares de Barcelona (photo jean-pierre bonnel)

    Picasso, Dora Maar, Maillol et Paul Pugnaud

(lectures, JPB)

 

"Picasso, comme Maillol, avait l'habitude d'uriner sur les bronzes pour leur donner une patine, que Dora qualifiait de "vert dégoûtant". La tête de Dora Maar, qui était supposée symboliser Apollinaire, avait été soumise au traitement de l'urine."

 

…"Le 22 juillet parvint à Picasso la nouvelle du décès de Vollard. Le galeriste voyageait dans sa voiture, conduite par un chauffeur prénommé comme le sien, Marcel, lorsqu'un brusque coup de frein entraîna la chute d'une statue de Maillol placée sur le siège, qui lui fractura le cou…" 

 

(C) Alicia D. Ortiz ; Dora Maar, prisonnière du regard (Grasset, 2003) Edition de poche 2005, pages 171 et 246.

 

- - -

"L'automne et l'hiver sont les saisons idéales à Banyuls; la maison de Maillol se trouve dans le quartier du Cap Doune, admirablement situé au soleil à l'abri de la tramontane.

...

Dans la profusion végétale d'un printemps d'Ile-de-France, déjà sensible dans les avenues et jardins de Paris, mais ici amplifiée et toujours étonnante pour un Méditerranéen, j'arrive un après-midi de juin à Marly.

Du chemin, je reconnais facilement l'atelier, que révèle une épreuve de "l'Action Enchaînée", cette puissante figure d'une stature bien plus grande que nature. J'aperçois Maillol, en vareuse bleue et pantalon ocre, en train de modeler une statuette posée devant lui sur un haut escabeau, au milieu d'une pelouse ombragé…"

Maillol est resté l'artisan qu'il fut au début de sa carrière, lorsqu'il allait, par exemple, dans la montagne de Banyuls, à la recherche d'herbes pour colorer ses tapisseries, lorsque, plus tard, il mettait au point e fabriquait, avec les moyens les plus rudimentaires, le luxueux papier de Montval...

Quand la guerre fut venue, Maillol, délaissant Marly, ne devait plus quitter Banyuls. Sauf pour participer, à Paris, à l'inauguration de l'exposition d'Arno Brecker. Cela devait lui être souvent reproché. Les incompréhensions nées de l'affaire Kessler en 1914 allaient-elles recommencer ? Les gens ne savaient pas que, par ce geste, Maillol avait réussi à sauver son modèle, emprisonnée par la Gestapo et promise au pire destin. Ce ne fut qu'un bref aller et retour.

A Banyuls, la triste vie de l'Occupation continuait. Maillol, de plus en plus, se concentrait sur son art. Sa dernière oeuvre, d'abord appelée "La Rose", puis "Harmonie", l'occupait durant ces années-là. Il y travaillait chez lui, dans la maison du Cap Doune, dans un atelier de dimensions très réduites, sous la terrasse, qui aurait bien surpris ceux qui situent les grands artistes dans des décors à la mesure de leur renommée !

 

…Devant lui, la chaîne des Albères ceinturait la sauvage vallée de la Roubire *, et, à côté de lui, l'enclos de cyprès, plantés de sa main, bien des années auparavant, délimitait l'emplacement où il avait prévu et demandé que son corps, plus tard, repose…

- - -

L'art de Maillol n'arien d'un art "classique", au sens figuré du terme. Il est plus proche des "Primitifs" grecs ou romans, que de la sérénité triomphante de l'art dorien. Connaît-on ses petites statuettes, qui ne sont pas du tout une part mineure de son oeuvre…

...

"La Pensée", "Méditerranée" ? Les deux sens ici se rejoignent. La référence géographique dépasse les malentendus, que souvent elle suggère et fait éclater ici toutes les limitations. La Méditerranée n'est pas seulement la "mer latine", symbole des académismes négateurs de toute poésie profonde, elle est essentiellement la mer grecque. De même que la pensée et l'art grecs présentent une humanité ouverte à toutes les voies du monde et de l'être, unissant en eux toutes les antinomies sans les déséquilibrer…"

 

* Vallée de la Rome..?

 

(C) Aristide MAILLOL, par Paul PUGNAUD (revue Conflent, Prades, 1992)

BARCELONA / Référendum / dossier de presse

 

A plusieurs reprises, des milliers de Catalans ont manifesté pour réclamer un scrutin sur l'indépendance de la région (ici le 22 septembre 2017 à Barcelone). afp.com/LLUIS GENE

Alors que le Canada et le Royaume-Uni ont laissé voter les Québécois et les Ecossais, l'Espagne veut empêcher le référendum catalan le 1er octobre. Sans guère de réactions de ce côté-ci des Pyrénées.

"L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant?" Le 18 septembre 2014, les Écossais se rendent en masse aux urnes pour trancher cette question, à l'issue d'un débat démocratique de haute tenue, organisé avec l'accord du Royaume-Uni. A 55,3 %, ils choisissent le "No". 

"Acceptez-vous que le Québec devienne souverain?" Le 30 octobre 1995, une très courte majorité de Québécois (50,6%, exactement) rejette cette perspective. 15 ans plus tôt, près de 60% d'entre eux s'étaient déjà prononcés contre toute idée de "souveraineté-association". Les deux consultations avaient été acceptées par l'Etat canadien. 

 

LIRE AUSSI >> L'autodétermination, une vieille histoire 

Rien de tel en Espagne où, face à une situation similaire sur bien des points, Madrid est résolu à empêcher les Catalans de dire si, oui ou non, ils veulent "que la Catalogne devienne un État indépendant sous forme de République". Et, pour cela, il n'hésite pas à employer la méthode forte: arrestations de hauts-fonctionnaires, saisie des bulletins de vote, fermeture de sites web... Pourtant, des centaines de milliers de personnes ont défilé à plusieurs reprises pour exiger cette consultation, sans qu'à aucun moment les indépendantistes n'aient prôné ni exercé la violence. 

Globalement, en France, la gêne prédomine

 

Ecosse, Québec, Catalogne: la comparaison, à l'évidence, ne tourne pas à l'avantage de nos voisins espagnols. Or, curieusement, cela ne suscite guère de réactions côté français. D'ordinaire, pourtant, nos intellectuels ne manquent pas une occasion pour s'offusquer, s'indigner ou s'enthousiasmer. Et il en va de même chez les politiques. Benoit Hamon est l'un des rares à avoir marqué ses distances: "Le gouvernement espagnol a tort d'attiser la tension", a prudemment regretté l'ancien candidat du PS à la présidentielle. Mais globalement, la gêne prédomine.  

Cette attitude atypique est très révélatrice. Et tient principalement aux idées reçues qui circulent en France au sujet du régionalisme. En voici quelques-unes: 

1. "Le référendum est illégal"  

C'est la thèse du gouvernement espagnol, qui s'appuie sur une décision du Tribunal constitutionnel allant dans ce sens. Or, il n'est pas difficile de démontrer que ledit Tribunal est tout sauf neutre. Non seulement sa composition est biaisée (la grande majorité de ses membres a été nommée par deux mouvements unionistes, le Parti populaire de Mariano Rajoy et le Parti socialiste), mais, sur le fond, il est surtout l'expression d'un pouvoir centralisateur. Dès lors que la Constitution prévoit "l'unité indissoluble de la nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols", le débat est biaisé. Pour mémoire, la Cour suprême d'Ottawa, saisie par le gouvernement fédéral, avait estimé que la souveraineté était un objectif légitime et que seuls les Québécois avaient le droit de voter. 

Le droit international est plus complexe. L'Espagne a en effet ratifié la déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies, laquelle stipule (article 3) que "les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination". Elle est également signataire des accords d'Helsinki, dont l'article 8 est ainsi rédigé: "Les États participants respectent l'égalité de droits des peuples et leur droit à disposer d'eux-mêmes, en agissant à tout moment conformément (...) aux normes pertinentes du droit international, y compris celles qui ont trait à l'intégrité territoriale des Etats". La France a également approuvé ces deux textes. 

Juridiquement, le "droit des peuples à l'autodétermination" est toutefois encadré. Il faut déjà définir ce que l'on entend par "peuple", ce qui ne va pas de soi. Et tenir compte des résolutions 1514 et 2625 des Nations Unies qui en restreignent le champ d'application en excluant "toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays et précise que ce droit ne peut être interprété "comme autorisant ou encourageant une action, quelle qu'elle soit, qui démembrerait ou menacerait, totalement ou partiellement l'intégrité territoriale ou l'unité politique de tout État souverain et indépendant". 

En clair ? Ces concepts totalement contradictoires se gèrent au cas par cas, comme l'ont montré récemment la création de l'Erythrée, le démembrement de la Yougoslovie et de l'URSS. 

Cependant, à moins de considérer que le droit à l'autodétermination doit être réservé aux peuples qui s'autodéterminent déjà, il paraît difficile de condamner les Catalans en se référant uniquement à la décision du Tribunal constitutionnel de Madrid. Au demeurant, les intellectuels français savent parfaitement dénoncer les légalités nationales lorsque celles-ci contreviennent aux grands principes universels. Pourquoi cette exception quand il s'agit de l'Espagne? Parce qu'il s'agit d'une démocratie et du souvenir de la guerre civile que connut le pays il n'y a pas si longtemps ? Bien sûr, mais ce ne sont pas les seules explications. Pour comprendre l'attitude française, il faut se plonger dans notre histoire nationale. 

2. "Le régionalisme, c'est ringard" 

La cause régionaliste, en France, n'a jamais trouvé de grands soutiens. Seul l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard fit exception, en estimant que notre pays s'était "créé par la destruction de cinq cultures, bretonne, occitane, alsacienne, corse et flamande".  

Ce mépris tient pour une part à une forme de snobisme. Dans un pays où la vie intellectuelle est concentrée à Paris, défendre les Catalans, les Basques ou les Alsaciens sent affreusement sa province et vous écarte de "ceux qui comptent" dans la capitale. Quand l'on aspire à être reconnu, il s'agit là d'une erreur à ne pas commettre. 

Cette condescendance est d'autant plus ancrée que nos intellectuels n'ont guère de culture en la matière. Lesquels ont lu Frédéric Mistral, prix Nobel de Littérature pour une oeuvre écrite en provençal? Lesquels savent qu'au XIIe siècle, le prestige littéraire du picard était largement supérieur à la langue du roi en usage à Paris? Lesquels ont étudié l'histoire de la Bretagne, de la Franche-Comté ou du Béarn avant leur rattachement à la France? Lesquels, pour revenir aux Catalans, savent comment Louis XI et sa soldatesque menèrent le terrible siège de Perpignan? Aucun ou presque. A leur décharge, l'école de la République ne s'attarde guère sur ces vérités parfois dérangeantes. 

Cette méconnaissance ne les aide évidemment pas à émettre un jugement éclairé sur les événements de Barcelone. 

3. "Le régionalisme, c'est la réaction" 

Chez nous, les régionalismes ne sont pas seulement moqués ; ils sont aussi jugés réactionnaires. Il est vrai que, du Maréchal Pétain en passant par Charles Maurras, l'exaltation de "nos belles provinces" trouva dans l'Histoire ses meilleurs appuis à la droite de la droite.  

Depuis, Mai 68 a nettement inversé la tendance: dans les années 1970, le régionalisme français a majoritairement basculé à gauche.Cela, visiblement, n'a pas suffi à venir à bout de la méfiance qu'il suscite. 

C'est que les esprits, en la matière restent marqués par la Révolution française. A l'époque, les langues régionales - parlées par 80 % de la population - furent carrément assimilées à... l'Ancien Régime. "Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton; l'émigration et haine de la République parlent allemand... La Contre-révolution parle l'italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommage et d'erreurs", lance ainsi le conventionnel Barrère, le 27 janvier 1794. 

C'est à ce titre qu'elles furent combattues avec acharnement et symboliquement ravalées au rang de "patois". Un terme incroyablement méprisant quand on connaît son étymologie: "Agiter les mains, gesticuler pour se faire comprendre comme les sourds-muets" (dictionnaire historique de la langue française). Et ce malgré les enseignements de tous les linguistes. "Les langues régionales possèdent une richesse de vocabulaire au moins comparable, sinon parfois supérieure, à celle du français, et leur syntaxe est souvent plus riche", souligne Claude Hagège, l'un des plus célèbres d'entre eux. 

Cela n'empêchera aucunement l'abbé Grégoire, auteur en 1794 d'un effrayant rapport "sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois", d'entrer... au Panthéon en 1989. Ni Emmanuel Macron de recourir à ce même terme de "patois" pour décrire les langues régionales voilà quelques semaines. Révélateur. 

4 "Le régionalisme, c'est le repli sur soi" 

Cette ignorance et ces a priori profondément ancrés ont fini par emporter la conviction de nombre d'intellectuels: défendre une identité locale serait nécessairement synonyme de repli sur soi, voire de xénophobie. Certains nationalistes bretons n'ont-ils pas collaboré avec les nazis? 

Sans surprise, le très jacobin Jean-Luc Mélenchon vient ainsi de s'opposer aux revendications catalanes sur sa chaîne You tube. Y céder équivaudrait, selon lui, à revenir "à la période du Saint-Empire Germanique, avec des principautés, des duchés, des baronnies et, au-dessus de tout cela, le fric!" A ses yeux, seuls les Etats permettent aux individus de s'extraire de leur communauté et d'accéder à l'universel. 

Ce raisonnement, très répandu en France, est toutefois contesté. "Il existe, c'est indéniable, des dérives liées aux réflexes identitaires. Mais en quoi celles-ci seraient-elles l'apanage des identités régionales? Dois-je vous rappeler le nombre de guerres provoquées par les identités nationales? Propose-t-on pour autant de faire disparaître les nations?" interroge François de Rugy, le président (écologiste) de l'Assemblée nationale. D'autre part, comme l'explique l'historienne Mona Ozouf, spécialiste de la République dans son livreComposition française, l'identité française constitue aussi, à l'échelle mondiale, un particularisme. Faudrait-il pour autant y renoncer? 

En réalité, quel que soit l'échelon géographique, on trouve des tenants d'une identité "ouverte" et des défenseurs d'une identité "fermée". Mais rien ne permet de poser une équivalence entre régionalisme et repli sur soi. N'est-ce pas en France que le Frontnational prospère depuis plusieurs décennies? Et dans la très identitaire Bretagne qu'il obtient ses plus faibles scores?  

5 "La Catalogne est trop petite pour constituer un Etat" 

Là encore, le raisonnement est curieux. Avec une population de 7,5 millions d'habitants, la région est plus peuplée que des pays comme le Danemark, la Finlande, la Croatie ou L'Irlande. Sans parler du minuscule Luxembourg (560 000 habitants), membre fondateur de l'Union européenne. 

6. "Les Catalans sont égoïstes" 

En réclamant leur autonomie, les Catalans sont également soupçonnés de penser d'abord à leur portefeuille, dès lors qu'ils habitent l'une des régions les plus riches d'Espagne. Ce n'est pas impossible, mais il est cocasse de remarquer que, ailleurs, le raisonnement s'inverse. La Corse, trop pauvre, est ainsi accusée de n'avoir pas les moyens d'une éventuelle indépendance. Comme quoi les Etats sont capables d'une grande habileté rhétorique quand il s'agit de défendre leurs intérêts... 

La crainte d'un précédent catalan

7. "Cela créerait un effet boule de neige" 

Cette crainte est à prendre au sérieux et joue d'évidence en faveur de l'Espagne. Si la Catalogne obtenait son indépendance, il y a fort à parier que les Basques s'engouffreraient dans la brèche. Et peut-être, à leur suite, les Galiciens et les Andalous. 

Cela ne suffit pourtant pas à rejeter la revendication de Barcelone, sauf à considérer que l'unité d'un pays est systématiquement préférable au droit à l'autodétermination des peuples. Cela peut être vrai dans certaines situations (la "balkanisation" débouche parfois sur des conflits entre les Etats nouvellement créés), mais pas nécessairement. La République Tchèque et la Slovaquie se sont ainsi séparées sans drame.  

Il demeure que le précédent catalan pourrait faire tache d'huile en Europe. Le Royaume-Uni s'en inquiète, notamment depuis que le Brexit a relancé les velléités écossaises (voire irlandaises). Il en va de même en Belgique, où les Flamands observent de près la situation. Et bien sûr en France, où les nationalistes corses, notamment, engrangent de spectaculaires succès électoraux depuis quelques années. Et qui compte aussi sur son sol une forte communauté catalane. 

Ainsi s'explique l'étroite solidarité de Paris avec Madrid. Interrogé lors d'une conférence de presse tenue en compagnie de Mariano Rajoy, Emmanuel Macron lui a apporté un soutien sans réserves, déclarant: "Je connais seulement un partenaire et un ami qui est l'Espagne.L'Espagne tout entière." Une déclaration qui s'inscrit dans une realpolitik très cohérente, mais qui écorne néanmoins l'image de "pays des droits de l'Homme" dont s'enorgueillit régulièrement la France. 

Oui, vraiment, tout cela pourrait fournir un beau sujet de méditation pour nos intellectuels...  

+ Plus d'actualité sur : L'indépendance de la Catalogne, question qui divise la région et l'Espagne

 

Michel Lloubes

CATALUNYA : L’ECRASANTE VICTOIRE DES POINTS DE SUTURE
« M’enfin », pourrait dire Gaston Lagaffe, frère en naïveté, s’il débarquait soudainement au milieu des affaires de Catalogne : - qu’est ce qui est l’essentiel d’un référendum, compter les voix, ou les matraques levées et les points de suture ?


Les images, aussi sanglantes qu’elles soient, doivent-elles occulter le fond de l’affaire, le fameux référendum pour lequel tout un peuple a été expressément prié et poussé à participer massivement ? Un appel lancé par Puigdemont en parfaite connaissance de clause répressive annoncée, mais surtout largement amorcée, une semaine avant, par les néo franquistes du gouvernement Rajoy… Le peuple catalan, lui, a de sérieuses excuses, car voilà anys i panys qu’il rêve fièrement de réécrire la suite des comtés catalans, des glorieux Almogavares, quitte à les revêtir d’armure républicaine. Un rêve peut-être trop fortement ancré dans ses gênes par des siècles de gestation difficile pour lui permettre de voir avec réalisme combien le monde a évolué depuis la mort de Franco, y compris à l’intérieur de la société catalane. Et ce n’est pas parce qu’une partie de la société espagnole vit encore, elle aussi, avec quarante ans de retard sur son rêve à elle, diamétralement opposé, qu’il faut se couper avec l’Espagne toute entière et croire qu’un avenir pavé de roses attend en candaleta la Catalogne indépendante. De toutes façons, ça se discute !


Ce vrai débat là, n’a pas eu lieu. La faute à Rajoy bien sûr, qui, en bon franquiste a fait donner ses troupes, comme dans le temps, sur l’Ebre de ses limites intellectuelles. Mais ce débat de fond, avant toute proclamation unilatérale, doit avoir lieu, si l’on ne veut pas se retrouver surpris, comme les anglais, au lendemain de leur brexit.


Alors, si, en toute logique démocratique, il est impossible de considérer l’émotion soulevée comme suffisante pour justifier la proclamation de l’indépendance ; s’il est difficile de comprendre que le but essentiel de la veille, « votarem », se retrouve, dès le lendemain, rétrogradé au rôle de simple accessoire, quel bilan dresser de cette folle journée ?
Peut-être, d’abord, consulter avec les yeux bien ouverts les résultats officiels validés et proclamés par la Généralitat elle-même. Ils sont en soi limpides : 2 millions de Si, sur 5, 3 millions d’inscrits, le compte n’y est pas, cela fait à peine 40 % d'électeurs favorables à l'indépendance ! Ajoutez à cela : 90 % de SI, parmi les suffrages exprimés, il y a quelque chose de plus qui cloche, ce n’est plus un référendum, mais un étrange plébiscite qui rappelle des scores de non moins étranges démocraties, non ? On ne peut pas créer un nouvel état, une nouvelle nation libre et une si grande espérance pour des millions d'hommes, sur des bases aussi fragiles. 

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 11:00
Matisse, par Helen Downey

Matisse, par Helen Downey

A sota la bandera…

 

Només vull recordar la música lleugera
De la cobla encisant la terra encara entera.
Vull saludar la sang i l’or de la senyera,
Bategada per la història mentidera.
Perquè la llibertat visqui plena i sincera
Jo només vull cantar a sota la bandera.

 

Només vull somniar a sota l’olivera,
Bressolat pels esclats de la llum jogassera.
Vull encantar el vent bufant per la bosquera,
Entendre el murmurí de la font fugissera.
Perquè la llibertat visqui plena i sincera
Jo només vull cantar a sota la bandera.

 

Només vull ensumar la dolça primavera
Quan desperta el fullam de l’alzina surera.
Vull sentir els obrers xiulant per la pedrera,
Oir els nins cridant sobre la carretera.
Perquè la llibertat visqui plena i sincera
Jo només vull cantar a sota la bandera.

 

Només vull compartir una festa llunyera:
Nit de Sant Joan a prop d’una jove estrangera.
Vull reviure el caliu de l’amistat sencera
De companys i d’amors perduts per la sendera.
Perquè la llibertat visqui plena i sincera
Jo només vull cantar a sota la bandera.

 

Només vull escoltar la merla riallera
Que es burla dels afanys de la vila feinera.
Vull contemplar el rossinyol damunt la serra,
Esborrant d’un sol vol una mala frontera.
Perquè la llibertat visqui plena i sincera
Jo només vull cantar a sota la bandera.

 

Joan Iglesis

 

 

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***MOBILISATION CE LUNDI A PERPIGNAN, POUR LA DEMOCRATIE

 

Communiqué de presse · Perpignan, 2 octobre 2017

 

Oui au Pays Catalan condamne énergiquement la répression espagnole contre le référendum catalan. Cette échéance, qui s’est tenue ce dimanche 1er octobre, répondait à un engagement démocratique, car les électeurs de sud-catalans ont voté sa mise en place deux fois, en 2012 et 2015. Malgré cette demande démocratique sans équivoque, le gouvernement espagnol est resté sourd. Il a choisi la répression en violant les droits d’expression et de réunion, en procédant à des arrestations sans mandat, en fermant des centaines de sites internet. Cette attitude archaïque diverge de la position britannique. En effet, après le succès électoral des indépendantistes écossais, Londres a accepté un référendum.

 

Aujourd’hui, la violence physique exercée par la Guardia civil contre des citoyens pacifiques, souhaitant s’exprimer, est insupportable : les plus de 800 blessés identifiés rappellent le franquisme. Madrid a violé les valeurs de l’Europe et du Traité sur l’Union Européenne qui garantit la liberté et les droits fondamentaux des citoyens dans son article 1er. Au motif de toutes ces raisons, nous demandons à la France et aux autres Etats européens d’appliquer l’article 7 du Traité de l’Union qui prévoit la condamnation d’un Etat lorsque celui-ci viole le droit de citoyens.

 

Afin de réprouver la répression antidémocratique de l’Etat espagnol, Oui Au Pays Catalan appelle toutes les personnes attachées au respect des Droits de l’Homme et aux principes démocratiques à se rassembler ce lundi 2 octobre à 18h30 face au consulat d’Espagne, à Perpignan, 12, rue Franklin (secteur gare / Place de Catalogne).

 

 

***Les Rendez-Vous de Saint Estève

 

***Lundi 2 octobre 2017 à 18h30 au TDE

 

Le passage 

du roman au gothique

 

par Henri LORETO

 

 

 

 

Henri Loreto.
Toute une carrière de petit professeur de Lettres au petit collège du petit village d’Arles sur Tech ! et pendant 18 ans, conservateur délégué des Antiquités et Objets d’art des Pyrénées Orientales. 

 

Le conférencier passera d’abord en revue l’essentiel des caractères de l’art roman dans les domaines de l’architecture, de la sculpture et de la peinture, puis il exposera surtout les grandes mutations dans le domaine des mentalités, plus précisément dans l’ordre politique et social qui voit l’émergence d’une classe nouvelle, la bourgeoisie. 

 

 

 

 

 

C’est alors le temps de la naissance des universités, le temps aussi d’une religiosité nouvelle initiée par François d’Assise… et ce sera « le temps des cathédrales ». Le tout aboutissant à la conquête du réalisme, reflet aussi d’une culture libérée de la stricte tutelle de l’église.

 

C.E.P.S. en entrée libre et gratuite

 

Mel : rdvse@rdvse.fr

 

Tel : 06 72 80 39 86

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CYCLE REVOLUTION RUSSE

 

Les 17 et 19 octobre Institut Jean Vigo Salle Marcel Oms

 

Le dixième anniversaire de la Révolution d’Octobre vit le pouvoir soviétique multiplier les commandes artistiques pour célébrer l’événement et le cinéma fut au premier rang. Après Eisenstein, Boris Barnet et Vsevolod Poudovkineillustrèrent la geste révolutionnaire. Le subtil auteur de La jeune fille au carton à chapeau releva le défi en filmant, avec Moscou en octobre, les effets de la prise de pouvoir dans la vieille capitale, subtil pas de côté, comme une sorte de reportage avec une certaine liberté de ton ; pas son meilleur film mais un des plus intéressants sur le cinéma de propagande.

 

Poudovkine, lui, choisit d’être au cœur de l’événement dans La Fin de Saint- Pétersbourg, et d’en relater les tenants et aboutissants dans une fresque historique construite autour d’un personnage central, un jeune paysan qui chemine vers la révolution. La Révolution d’Octobre comme prise de conscience et une utilisation didactique du montage alterné !

 

Michel Cadé, Président de l’Institut Jean Vigo, historien

 

Mardi 17 Octobre à 19h30 Octobre(Oktjabr)Serguei M. EISENSTEIN URSS, 1927, 1h43, MUET

Jeudi 19 octobre

A 19h30Moscou en octobre(Moskva v oktyabre) Boris BARNET, URSS, 1927, 44’, MUET

A 20h15La Fin de Saint-Petersbourg(Konets Sankt-Petersburga) Vsevolod POUDOVKINE, URSS, 1927, 1h27, MUET

 
 
 

 

***Le mythe de l'exception culturelle française

 

 

José Maria Aznar a dit dans le journal L'Humanité en 2004 : “L'idée de créer une exception culturelle vient des pays dont la culture est en déclin, ceux qui ne connaissent pas ce problème n'ont rien à craindre.”

À l'époque la phrase a provoqué l'ire de la France tant elle était une critique en règle de la politique française depuis Malraux, renforcée par le Ministère de la Culture de Jack Lang.

 

En effet, dès 1981 Jack Lang a fait passer de nombreuses lois, renforcées au cours des années, pour créer un terreau favorable à la création française. Loi sur le prix unique du livre, mise en place des Fonds régionaux d'art contemporains (les Frac), soutien au Spectacle Vivant, création d'une taxe sur les ressources des chaînes de télévision qui vient alimenter le compte de soutien du CNC... . Aujourd'hui, outre le fait que l'on entend très peu parler de Culture au sein des partis politiques et leurs programmes de gouvernement, l'exception culturelle française s'essouffle, confrontée à un épuisement des crédits tant au niveau du Ministère qu'en régions où la décentralisation a fait supporter aux collectivités le financement de leurs actions ; dès lors, les structures culturelles (musées, monuments, théâtres...) sont sommées de trouver des financements privés afin d'assurer la pérennité de leurs activités (le domaine de Versailles multiplient les expositions d'oeuvres contemporaines pour plaire aux mécènes et attirer le public, étranger notamment).

 

Cette politique, si elle a permis le déploiement de la diversité culturelle, a aussi créé de l'entre-soi, renouvelant des rentes établies de structures proches des différents pouvoirs en place, provoqué des dissensions entre le privé et le public (voir la bataille entre les théâtres privé et le théâtre public ravivée par Bernard Murat), mais ne peut rien face à la logique économique de la distribution notamment (billeterie de spectacles, salles de cinéma...) qui cherche la rentabilité. 

Le secteur culturel, qui compte environ 500.000 emplois (les effectifs des professions culturelles ont progressé de +30% ces vingt dernières années), a surtout généré de la précarité : 1 travailleur culturel sur 5 est un indépendant, le temps partiel concerne 25% des actifs et plus d'1 salarié sur 4 a un contrat à durée déterminée.

En matière culturelle, il y a les intentions face à la réalité, le plus souvent cachée sous les bonnes intentions.

 

 

La France compte :

- 1200 musées

- 14 200 monuments historiques classés

- 1100 théâtres publics et privés

- 2045 cinémas (sur les 10 films les plus vus en 2016 dans l'Hexagone, 8 sont américains, 1 français et 1 britannique)

- 10 000 maisons d'éditions (20 éditeurs ont plus de 5 000 titres chacun ; 5 000 éditeurs ont moins de 10 titres chacun)

 

En 2015

- 61,5 millions de visites dans les musées 

- 205 millions d'entrées dans les cinémas

- un peu plus d'1 million d'entrées dans les centres dramatiques nationaux

- 25 millions d'entrées dans les représentations payantes de spectacles de variétés

- 363 millions de livres vendus 

 

Le secteur culturel rassemble 2,5% de l'emploi total en France

 

 

© ÉDITION ET INNOVATION

la newsletter qui déchaîne la chaîne du livre

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 10:10
photos jean-pierre Bonnel -
photos jean-pierre Bonnel -

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Les intellos et la question du référendum et de l'Indépendance de la Catalogne

 

Après le maigre appel de quelques universitaires et "intellectuels" roussillonnais, pétition à la va-vite reprenant les noms connus de Catalanistes, témoignant de l'esprit fermé de certains cercles attentifs à leur ego…on pet s'intéresser aux 7OO écrivains, artistes... prenant parti pour l'Indépendance ou, au moins, pour le référendum du 1er octobre, jugé illégal par 3000 intellectuels, juristes, et écrivains catalans comme Juan Marsé, Javier Cercas, Javier Marias...

Les premiers, autour de la figure symbolique du chanteur, écrivain, parlementaire catalan Luis LLACH (Le Monde du 24 juin 2017), proclament "le droit d'un peuple à décider de son avenir", et on ne peut que respecter cette forte parole de ce personnage mythique et consensuel ! Il fait l'histoire de la revendication indépendantiste et critique le Parti socialiste de n'avoir pas eu le courage d'avoir placé , en 1982, l'Espagne au rang des grands pays de droit en Europe, de n'avoir pas voulu que la Catalogne devienne une République et ne dépende plus d'un pouvoir central  dirigé par la Royauté et un parti nostalgique du franquisme.

 

De là, des histoires de corruption, par exemple dans la famille de Jordi Pujol, grande figure du catalanisme, mais désormais disqualifié... La situation politique est complexe, une partie de la droite corrompue se liant à une partie de la gauche, et extrême-gauche pour défendre l'indépendance, tandis que la gauche classique (socialistes et communistes) refusent la séparation, avec des personnalités de gauche radicale (la maire de Barcelone, une partie de Podemos), mais il faudrait nuancer, c'est complexe...

 

Statut de 2006 illégal, référendum illégal (par rapport à la constitution de 1978 de l'Etat espagnol), Puigdemont l'a reconnu lui-même dans un entretien récent au Monde, ainsi l'épreuve de force ne pouvait qu'arriver, face à un pouvoir jacobin qui ne peut accepter cette force centrifuge, ce départ d'une région qui assure 1/5ème de son PIB, par rapport à une Europe qui doit se consolider au lieu de partir en confettis et de  créer de nouvelles frontières…

 

Le nationalisme est critiqué, au nom du droit, du souverainisme ou de l'idéal internationaliste, par de nombreux intellos castillans et catalans, comme le dramaturge catalan Albert Boadella (compagnie Els Joglars) comparant le nationalisme catalan à l'extrême-droite émergente en Europe (Pologne, France, Allemagne…).

L'ancien directeur des Teatros del Canal, à Madrid, est très dur avec les indépendantistes: " endoctrinement des écoliers grâce à l'obligation de parler catalan dans le primaire…haine de tout ce qui est espagnol…le gouvernement a contaminé l'enseignement et a discrédité l'Etat…la politique nationaliste m'a valu des injures…la Catalogne nationaliste a utilisé de façon frauduleuse les fonds publics pour se présenter à l'étranger comme la victime d'une Espagne intolérante, qui lui refuse le droit supposé de décider unilatéralement e son avenir."

(Le Monde du 24.6.2017)

 

Dans le même registre, l'écrivain et universitaire de Gérone, Javier CERCAS, écrit que "L'indépendantisme catalan est un populisme" (Le Monde du 30 septembre 2017) : tout en reconnaissant que la langue catalane fut réprimée sous le franquisme, il écrit que le "référendum illégal n'a pas pour objectif de décider de l'avenir de la Catalogne, mais de l'avenir de l'Espagne tout entière, qui devrait relever de la décision de tous les Espagnols, et pas seulement des Catalans."

 

Dans la même pare de "débats" l'écrivain de Perpignan, Joan LLUIS-LLUIS, lui aussi modéré, mais favorable au référendum anti-constitutionnel, écrit que la "démocratie doit pouvoir s'exprimer."  Il a raison et il faut laisser voter les citoyens, ne serait-ce que pour constater que le résultat (si les urnes ne sont pas bourrées, etc…) n'offrira pas une majorité aux Indépendantistes. Si le pouvoir central ne commet pas de violence et une répression encore plus accrue que la semaine passée, le peuple catalan reviendra sans doute à un réflexe de sécurité, de solidarité avec les autres peuples de la péninsule, l'attentat terroriste récent jouant un rôle de repli sur l'union nationale…

 

D'accord avec le refus de Juan Marsé, J. Cercas, Javier Marias…Antonio Munoz Molina redoute un avenir quand "une partielle l'organisation de l'Etat se déclare en sédition…"

 

 Jaume Cabré, lui, au contraire, penche pour l'indépendance, comme son collègue romancier Quim Monzo, estimant que "l'indépendance sera toujours considérée comme illégale par l'Espagne: nous n'avons pas d'autres choix que de faire ce référendum." 

 

Entre ces deux positions, l'écrivain Sergi Pamiès est partagé, classable au milieu de deux opinions inconciliables : "Nous sommes nombreux à ne pas nous reconnaître ni dans l'indépendance ni dans l'immobilisme chronique au nom de la Constitution…" Il pe,se que "ça va mal se terminer." (Le Monde du 30.9.2017, page 4, "témoignages".

 

Méditons, pour finir, la réflexion du philosophe Fernando SAVATER : "Lier la citoyenneté à un territoire est un archaïsme médiéval"…

 

J.P.Bonnel

 

***VENDANGES LITTERAIRES DE RIVESALTES 2017 (j'y serai encore ce dimanche)

 

Sous le grand platane de Rivesaltes, 

le 30 septembre et le 1er octobre de 14 à 19 h, 

une barrique de 225 litres, soit 300 bouteilles des meilleurs vins, 

sera offerte à

Didier DECOIN pour «Le Bureau des jardins et des étangs »

Grand Prix de nos Vendanges Littéraires pour l’année 2017

J.Y. LAURICHESSE obtient le prix Jean Morer pour «Un passant incertain »

Maïté PINERO le prix Odette Coste pour «Cremada » (recueil de nouvelles)

et Michel EMBARECK le prix Coup de Foudre 

pour «Jim Morrison et le diable boiteux».

Pour plus d’informations :

http://vendangeslitteraires.overblog.com/

Contact : 04 68 38 51 71

 

LE MEILLEUR ARTICLE SUR LA CATALOGNE:

 

Si l’indépendance de la Catalogne peut remettre en cause la souveraineté espagnole, elle n’est pas forcément une menace pour l’Europe. La fédéralisation s’inscrit aussi dans le projet européen. Le projet européen, fondé sur la paix et la démocratie, est aussi un projet de fédéralisation qui, à plus long terme, souhaite aller au-delà des frontières étatiques. Il s’agit de rendre compatibles le souhait des peuples de s’autogouverner avec le vivre-ensemble de tous les Européens qui partagent une même citoyenneté. L’article 2 des traités communautaires (TUE) consacre la démocratie, mais aussi le respect des personnes appartenant à des minorités, comme des valeurs fondatrices de l’Union avec la dignité humaine, la liberté, l’égalité et l’Etat de droit.

  1. Le référendum d’indépendance du 1er octobre en Catalogne est un enjeu européen qui touche le cœur des valeurs du projet communautaire. Pour le comprendre, il faut d’abord en finir avec l’idée que tout ce qui remet en question la sacro-sainte souveraineté étatique est aussi dangereux pour l’avenir communautaire. La demande d’autodétermination de la minorité catalane est légitime, pacifique et démocratique et ne met pas en danger l’avenir de l’Europe entière.
  2. Il faut comprendre ce qui a mené le Parlement catalan à mettre en place une stratégie référendaire unilatérale et à approuver une «loi référendaire» qui n’a rien de surprenant en politique comparée. L’Ecosse (2014), le Québec (1980, 1995) ou Puerto Rico (2017), pour ne nommer que ces exemples, n’ont-ils pas voté sur leur avenir constitutionnel ?
  3. Depuis le refus de la part du Tribunal constitutionnel espagnol, en 2010, du projet d’amélioration de l’autonomie politique catalane par une réforme statutaire (votée par référendum par le peuple catalan), le gouvernement et le parlement catalans ont demandé une quinzaine de fois la permission à Madrid d’organiser une consultation sur l’indépendance catalane. Deux lois référendaires et une initiative législative régionale ont été refusées par les institutions centrales. Après des mobilisations populaires historiques, le 9 novembre 2014, la société civile et le gouvernement du président Artur Mas ont organisé une consultation non contraignante sur la question de la souveraineté avec la participation de plus de 2,3 millions d’électeurs (environ 40 % du corps électoral).
  4. Le refus de Madrid d’entendre la demande d’un référendum concerté a poussé les forces politiques catalanes à former un gouvernement souverainiste issu d’une coalition électorale idéologiquement diverse qui s’appuie sur une majorité parlementaire (72 députés) et 48 % du vote populaire. Selon les sondages, plus de 75 % des Catalans souhaitent la tenue d’un référendum sur l’indépendance.
  5. Malheureusement, les efforts du catalanisme politique pour se faire entendre au pouvoir central n’ont pu empêcher l’imposition d’un projet étatique centraliste de la part de Madrid. L’Etat est prêt à dépasser toutes les limites, même les droits fondamentaux de ses propres citoyens, contre un mouvement pacifique et démocratique plutôt que de chercher une issue négociée à la crise constitutionnelle. La Constitution espagnole est devenue une camisole de force pour le peuple catalan. Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy a profité de la crise économique pour restreindre les pouvoirs régionaux et a saisi le Tribunal constitutionnel contre des lois sociales régionales qui ont été suspendues ou déclarées inconstitutionnelles.
  6. Le cœur de beaucoup de Catalans reste attaché à l’idée d’une fédération avec les autres peuples ibériques. Mais pour cela, il faut d’abord faire reconnaître son existence comme sujet politique souverain. Le projet souverainiste catalan ne cherche pas à bâtir des frontières mais, au contraire, à les ouvrir aux autres peuples. L’Europe doit choisir entre soutenir une monarchie ancrée sur son passé autoritaire, incapable d’héberger ses propres minorités, et l’opportunité de mettre en valeur son projet libéral-démocratique.
  7. Marc Sanjaume-Calvet, chercheur et conseiller à l’Institut d’Estudis de l’Autogovern et professeur invité à l’Universitat Pompeu Fabra (Barcelone)

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Non, la Catalogne ne donnera pas la nationalité catalane à 825 000 étrangers le 2 octobre 29/09/2017 – 11h50 Barcelone (Lengadoc-info.com) – Alors que les tensions s’accumulent à l’approche du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, un bruit court depuis quelques jours sur la toile à propos d’une naturalisation massive des immigrés présents en Catalogne en cas de victoire des indépendantistes. Lengadoc Info est remonté à la source de cette rumeur, or l’information originale est très différente.

825 000 immigrés naturalisés d’office en cas de victoire des indépendantistes ?

Voilà une information qui devait plaire aux défenseurs d’une Espagne unie. En cas de victoire des indépendantistes lors du référendum du 1er octobre, le gouvernement catalan aurait naturalisé, le lendemain même, pas moins de 825 000 immigrés.

Seulement voilà, cette information est, tout simplement, fausse !

La rumeur a été diffusée par le site La Gaceta Europea qui écrit le 24 septembre que la « Generalitat de Catalunya [le gouvernement catalan] donnera la nationalité catalane à 825 000 immigrés le 2 octobre ». L’article précise tout de même qu’il faudra pour cela résider en Catalogne depuis cinq ans. Or l’article ne cite aucune source.

On imagine mal comment la Catalogne pourrait, quelques heures après l’annonce du résultat du référendum, naturaliser massivement autant d’immigrés. A ce moment là, les priorités du gouvernement seront sûrement ailleurs.

La naturalisation des immigrés dans le futur État catalan sera identique à la France

En réalité, cette rumeur est le résultat d’une déformation d’une annonce qui a été faite par le secrétaire à l’immigration du gouvernement catalan, Oriol Amoros, le 22 septembre. Celui-ci déclare :

« Si le Oui l’emporte au référendum, 825 000 personnes qui résident légalement en Catalogne depuis cinq ans pourront demander la nationalité ».

Lengadoc-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 09:07
Images d Girona (Gérone, 29.9.2017 - J.P.Bonnel) -
Images d Girona (Gérone, 29.9.2017 - J.P.Bonnel) -
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Images d Girona (Gérone, 29.9.2017 - J.P.Bonnel) -

Images d Girona (Gérone, 29.9.2017 - J.P.Bonnel) -

La CATALOGNE doit pouvoir choisir son destin. 

JPBonnel

 

* Je serai au salon du livre de Rivesaltes ce samedi après-midi et dimanche 1er octobre, sur le stand des éditions philosophiques et libertaires de L'Epervier...Michaël PARAIRE, historien de la philosophie, éditeur, auteur de nombreux livres et préfaces d'anthologies...

Lire son beau livre sur Maillol et Rodin : l'aura de l'oeuvre d'art (L'Indépenfdant du 28 septembre 2017)``

 

 

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la Fabrica en balade (Ille sur Têt)

 

 

Un parcours littéraire théâtralisé en compagnie du poète...

Dans le cadre des "Diades Ponsianes" annuels, organisés par les amoureux du poète illois Josep Sebastia Pons, la Fabrica propose, en collaboration avec l'Hospice d'Ille, une promenade pas comme les autres. Ici tout le monde connait le hameau médiéval de Casenoves, sa petite église dans laquelle furent découvert les fameuses fresques, qu'on arracha de ses murs, et qui disparurent dans les coffres d'antiquaires peu scrupuleux, jusqu'à ce qu'une courageuse élue à la culture les récupère, au prix d'années de transactions, dans un musée suisse...on connait aussi cette atmosphère hors d'âge, ce paysage idyllique, le souffle de Casenoves - on s'y promène, on y pique-nique, on y ramasse des champignons, on y chasse -  C'est un endroit chéri pour beaucoup d'illois.

Alors ne boudez pas une promenade Casenovienne en compagnie de celui qui l'a le mieux chanté, en catalan et en français, avec ses lecteurs qui vous présenteront sa prose et sa poésie tout le long d'un parcours (2h environ). On vous fournira des petits pliants afin de pouvoir admirer le paysage en toute quiétude lors des haltes !

DIMANCHE 1er OCTOBRE 

rendez-vous  à 10h au plan d'eau - entrée libre

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 09:59
Bruno Tackels (édition Actes-Sud sept. 2017) - Brochure du MUME : colloque W. Benjamin - Film italien sur WB (inédit à ce jour)
Bruno Tackels (édition Actes-Sud sept. 2017) - Brochure du MUME : colloque W. Benjamin - Film italien sur WB (inédit à ce jour)
Bruno Tackels (édition Actes-Sud sept. 2017) - Brochure du MUME : colloque W. Benjamin - Film italien sur WB (inédit à ce jour)
Bruno Tackels (édition Actes-Sud sept. 2017) - Brochure du MUME : colloque W. Benjamin - Film italien sur WB (inédit à ce jour)

Bruno Tackels (édition Actes-Sud sept. 2017) - Brochure du MUME : colloque W. Benjamin - Film italien sur WB (inédit à ce jour)

  Intel·lectuals i compromisos a l’època contemporània

Cent anys després de la Revolució d’Octubre

Col·loqui Internacional Walter Benjamin

del 28 al 30 de setembre i 8 d’octubre de 2017

  •  El pròxim dijous, 28 de setembre, a les 18:00h, s’inaugurarà a la Facultat de Lletres de la Universitat de Girona el Col·loqui Internacional Walter Benjamin.
    El col·loqui, que organitzen la Càtedra Walter Benjamin, Memòria i Exili de la Universitat de Girona (CWB) i el Museu Memorial de l’Exili (MUME), té com a eix temàtic els compromisos i les actituds dels inte·lectuals en l’època contemporània.
    El col·loqui compta amb la co-organització de l’Institut Català Internacional per la Pau (ICIP), el Memorial Democràtic, l’Observatori Europeu de Memòries de la Fundació Solidaritat de la Universitat de Barcelona (EUROM).
    En l’organització hi col·labora també l’Ajuntament de Portbou, l’Associació Passatges de Cultura Contemporània, el programa europeu MEFRO (Memòries Europees de les Fronteres) vinculat a la Universitat de Perpinyà, el col·lectiu Guerrilla Comunicacional, Radio 3 i la Nau Côclea. Així mateix, el col·loqui té el suport de la Diputació de Girona. 
  •  El dijous, 28 de setembre, i el divendres, 29 de setembre, el col·loqui tindrà lloc a la Sala de Graus de la Facultat de Lletres de la UdG. En el marc del col·loqui, el 29 de setembre, a les 19:30h, es farà l’acte de lliurament de la III Edició del Premi Internacional Walter Benjamin (“Reconeixement a un treball assagístic inèdit”) 
  •  El dissabte, 30 de setembre, les ponències del col·loqui continuaran a Portbou (Centre Cívic Ca l’Herrero), on també es portarà a terme, durant la tarda, una visita guiada al Memorial Passatges de Dani Karavan i una sessió dedicada a cinema, memòria i compromís que comptarà amb la realització oberta al públic del programa “El séptimo vicio” de Radio 3 i la projecció de la pel·lícula "Equí y n'otru tiempu", amb la presència del seu director Ramón Lluís Bande. 

       

Hi haurà un bus a disposició dels participants i assistents al col·loqui per al desplaçament de Girona a Portbou el dia 30 de setembre que sortirà a les 8:30h. Les places són limitades.

El diumenge, 8 d’octubre, a partir de les 8h, es farà la ruta a peu de Banyuls a Portbou en homenatge a Walter Benjamin i a totes les persones que fugien del nazisme durant la II Guerra Mundial. De la mà del Centre de Creació Contemporània Nau Côclea, el col·lectiu “Nicomedes Mendes”, durant el trajecte, realitzarà la intervenció poètica i artística “Emboscada”.

Sortida en bus des de Portbou. Cal apuntar-se abans del 30 de setembre a l’Oficina de Turisme de Portbou (0034) 972 125 161.

Informacions pràctiques per a participar als actes del Col·loqui Internacional Walter Benjamin:

    

Assistència gratuïta al Col·loqui Internacional Walter Benjamin Inscripció fins al 24 de setembre de 2017
info@museuexili.cat
+34 972556 533

Les seus del col·loqui seran:
Girona: Sala de Graus, Facultat de Lletres (Barri Vell), Universitat de Girona Portbou: Centre Cívic Ca l’Herrero

    

Les llengües del col·loqui seran les originals dels ponents i hi haurà traducció simultània del francès al català, i del català i el castellà al francès.

    

Per fer la ruta a peu del 8 d’octubre, que comença a les 8 del matí des de Portbou, cal inscriure’s prèviament per telèfon al 972125161. L’autobús que duu la gent de Portbou a Banyuls on comença el camí té un preu de 5€. Cal anar ben calçat i tenir una preparació física suficient. La ruta dura unes tres hores de pujada (700 m de desnivell) i dues de baixada.

Accediu al programa complet del col·loqui a: Col·loqui WB 2017

Més informació general: 972 556533 www.museuexili.cat info@museuexili.cat, i Càtedra Walter Benjamin cwb@udg.edu

 

 

*Association Walter Benjamin sans frontières (Banyuls)

***Vendredi 13 octobre, à Banyuls : CAFE PHILO sur "W. Benjamin et les expériences de la drogue", par André ROGER, psychanalyste. 

 

Au restaurant/bar-tapas de Banyuls, avenue Gal de Gaule, premier étage, entrée libre.

 (pas d'obligation de consommer, ni stupéfiant, ni café, ni apéro…) Dialogue, échanges…

 

 

***17 octobre :

Mardi 17 Octobre à partir de 18h00 LIBRAIRIE TORCATIS

Rencontre avec SEBASTIEN RONGIER

pour son ouvrage LES DESORDRES DU MONDE - Walter Benjamin à Port-Bou 

paru aux éd. Pauvert

 

Conscient que sa tentative de fuir l'Europe était vouée à l'échec, Walter Benjamin s'est suicidé à Port-Bou en 1940. Avec lui, c'est une part de la conscience européenne qui a trouvé la mort.

 

Avec l'association Walter Benjamin

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 15:30
Catalogne : DUO pour le PLAISIR, chant   - Endavant Pesillà - ROCA-SASTRE à la Villa CASAS - Cerbère : photos au Rayon Vert - Yannick Fournié : Expo chez Duflot - Théâtre de Canohès (pays catalan) -
Catalogne : DUO pour le PLAISIR, chant   - Endavant Pesillà - ROCA-SASTRE à la Villa CASAS - Cerbère : photos au Rayon Vert - Yannick Fournié : Expo chez Duflot - Théâtre de Canohès (pays catalan) -
Catalogne : DUO pour le PLAISIR, chant   - Endavant Pesillà - ROCA-SASTRE à la Villa CASAS - Cerbère : photos au Rayon Vert - Yannick Fournié : Expo chez Duflot - Théâtre de Canohès (pays catalan) -
Catalogne : DUO pour le PLAISIR, chant   - Endavant Pesillà - ROCA-SASTRE à la Villa CASAS - Cerbère : photos au Rayon Vert - Yannick Fournié : Expo chez Duflot - Théâtre de Canohès (pays catalan) -

***CATALOGNE :

 

Jean-paul Martin <martin.jean-paul0104@orange.fr>

 

Le « DUO POUR LE PLAISIR » a arrangé et enregistré « Avui vull agrair » (Amazing garce) à l’occasion des graves évènements survenus en Catalogne. Ce magnifique chant  mondialement connu est destiné à fortifier l’espérance en la liberté dans le cœur de nos frères Catalans face à l’autoritarisme d’un pouvoir central.

 

Extrait des paroles en Catalan

…Avui renaixeré un altre cop, faré que la foscor sigui llum. Viuré sense cap por, gaudint del món. Ja tindré a prop el meu amor. Lluitem perquè estimem, no ho dubtis mai. L'amor dóna sentit a aquest món. Vencerem, som més soferts, no ploris més, creiem en l'esperança avui….

 

Traduction en français:

Aujourd'hui, je renaîtrai à nouveau, je transformerai l'obscurité en lumière. Je vivrai sans peur, en profitant du monde. J'aurai mon amour proche. Nous nous battons parce que nous aimons, n'hésitez pas. L'amour donne du sens à ce monde. Nous gagnerons, nous ne souffrons plus, ne pleurons plus, nous croyons aujourd'hui en l'espoir...

 

Monica Naranjo al costat de la Polifònica de Puig-reig, la Jove Orquestra Simfònica de Barcelona (JOSB) i la Banda de Gaitas

- - -

 

*** VERNISSAGE/EXPO Céline Marcadon

à proximité de Perpignan, Languedoc-Roussillon · 

 

A la Villa Duflot, Jeudi 28 septembre je présente le VERNISSAGE de l'exposition de Yannick FOURNIE à 18h30. 

Le Domaine Dom Brial et le duo Blue Bop seront présents. Réservez vite votre soirée !

- - -

***Stages artistiques

au Théâtre du Réflexe à Canohès

TOUTES vacances scolaires

juillet, août, Toussaint, Noël, février, Pâques

pour enfants de 3 à 15 ans

initiation théâtrale, improvisation, diction, articulation, respiration,

gestuelle, création d’un masque de théâtre, maquillage artistique.

On peut s'inscrire :

à la demi-journée (15 €)

à la journée (30 €)

à la semaine (150 €)

On peut panacher.

On vient quand on veut..

- de 7 h 30 à 10 h        jeux (vous amenez vos enfants quand bon vous semble)

- de 10 h à 12 h          activités artistiques

- de 12 h à 14 h          repas tiré du sac et jeux

- de 14 h à 16 h          activités artistiques

- de 16 h à 18 h 30     jeux (vous venez chercher vos enfants quand bon vous semble)

Prochaines dates :

- du 23 au 27 octobre 2017

- du 30 oct au 3 nov 2017

- du 27 au 29 décembre 2017

- du 1 au 5 janvier 2018

- du 19 au 23 février 2018

- du 26 février au 2 mars 2018

- du 16 au 20 avril 2018

- du 23 au 27 avril 2018

- du 7 au 11 mai 2018

- du 9 au 13 juillet 2018

- du 16 au 20 juillet 2018

- du 23 au 27 juillet 2018

- du 30 juillet au 3 août 2018

- du 6 au 10 août 2018

- du 13 au 17 août 2018

- du 20 au 24 août 2018

- du 27 au 31 août 2018

____________________________________________________________________________

Mercredis artistiques

 

TOUS les mercredis

du 6 sept 2017 au 4 juillet 2018

initiation théâtrale et activités artistiques

pour enfants de 3 à 12 ans

On vient quand on veut :

la ½ journée (15 €) ou la journée (30 €)

 ___________________________________________________________________________

Ateliers théâtre annuels

4 à 6 ans lundis de 17 h 30 à 18 h 30

6 à 8 ans mardis de 17 h 30 à 18 h 30

8 à 12 ans lundis de 18 h 30 à 20 h

Ados  vendredis de 18 h 30 à 20 h

Adultes lundis de 20 h à 22 h

 ___________________________________________________________________________

Programmation 2017-2018

programmation Jeune Public et Tout Public

au Théâtre du Réflexe (100 places)

à Canohès (banlieue de Perpignan)

Voir la programmation sur notre site

www.theatredureflexe.com

EXCEPTIONNELPROGRAMMATION à la CARTE pour :

tous les diffuseurs,  établissements scolaires, centres de loisirs,

mairies, offices de tourisme,comités d’entreprise, comités

d’établissement, bibliothèques, comités des fêtes, centres de

vacances, maisons de retraite, campings, CCAS, cliniques, clubs de séniors, etc…

Vous pouvez choisir un de nos spectacles parmi tous ceux que nous proposons

(voir ci-dessous) et nous le jouons au jour et  heure de votre choix,

soit dans notre théâtre, soit dans votre propre lieu.

 ___________________________________________________________________________

Spectacles Jeune Public

La Fée du Froid (pour enfants de 1 à 5 ans)

Chut (à partir de 6 ans)

Pitipopiépla et l'extravagante Isabella (à partir de 3 ans)

Mélinda et l'ogre (à partir de 3 ans)

A la recherche du Flocon de Noël (à partir de 3 ans)

Rondouille et Pipelette (à partir de 3 ans)

Le Petit Poussin rouge (pour enfants de 2 à 7 ans)

Contes de Noël per la Reine des neiges et le Lutin (+ de 3 ans)

Parade de Noël

Le Père Noël a disparu (à partir de 3 ans)

Scènes d'anthologie de Molière (à partir de 8 ans)

 

Pour un minimum de 75 enfants, nous jouons

un de nos spectacles à votre choix,

soit dans notre théâtre à Canohès,

soit dans votre propre lieu,

le jour de votre choix et à l'heure de votre choix

au tarif de 3,50 € par enfant

(sauf en décembre)

 ___________________________________________________________________________

Spectacles Tout Public

Gros mensonges   comédie

Farcissimo   farces burlesques médiévales

Le Petit Chaperon bleu   spectacle familial

Notre compagnie possède la licence qui vous ôte tout souci administratif :

notre service comptable rédige et envoie contrat et facture

et se charge des salaires et charges sociales.

Notre compagnie est autonome sur tous ses spectacles (son et lumière).

Nos tarifs sont TTC. Ne sont à rajouter que les frais de déplacement.

Lien pour voir de courtes vidéos de nos spectacles :

 http://www.theatredureflexe.com/nos-videos

___________________________________________________________________________

Anniversaires au Théâtre

organisation au théâtre de l’anniversaire de votre enfant

deux formules :  250 € sans spectacle ou 400 € avec spectacle

 ___________________________________________________________________________

Maquillages artistiques :

250 € la demi-journée

 ___________________________________________________________________________

Pour  tout renseignement   :   06 . 52 . 19 . 49 . 69

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